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TD N° 4 

: Commentaire de Boissonnade : Projet de civil Japonais

Le code civil français est un modèle intellectuel pour le monde entier tout au long du 19e siècle et
étonnamment pour le Japon, civilisation opposée.

Le texte est un extrait de la préface écrit par Gustave Boissonnade à Tokyo au 19e siècle en 1890.
Cette préface a une valeur doctrinale et personnelle. Cette préface fait en quelque sorte l’éloge Du
code français ce qui participera à sa diffusion. La préface présente le cadre dans lequel le travail a été
fait pour souligner aux yeux du monde le rayonnement français. Boissonnade est un prof de droit en
France il passera 20 ans au Japon sous l'autorité du ministre de la Justice pour participer à la
modernisation du droit japonais en 1875. Il travaillera sur le droit pénal plus exactement le code
pénal et le code de procédure pénale qui seront adoptés, Suite à ce succès le gouvernement japonais
l'invite à préparer un code civil japonais et de participer à l'enseignement du droit d'origine français
pour l'adapter en japonais. Depuis 1867 au Japon, l’empereur centralise le pouvoir et fait mettre fin à
la féodalité japonaise. La société japonaise du 19ème siècle est une société féodale, il n’y a pas
d’autorité souveraine, elle est constituée par une agrégation de petit seigneurie autonome à la tête
desquelles on trouve des chevaliers, que l’on appelle les samouraïs, c’est une aristocratie qui
appartient à une chevalerie seigneuriale et exerce un pouvoir sur ces principautés autonomes.
Ces seigneurs disposent d’un pouvoir de police autrement dit de répression, de maintien de l’ordre,
de juridiction et par ailleurs d’une compétence législative en matière civil et pénal. Il y a autant de
droits locaux qu’il y a de principauté autonome.
La société japonaise de la 1ère moitié du 19ème siècle ressemble donc au moyen Age médiévale
français. La codification du droit apparaît comme un instrument politique, comme ce fut le cas en
France en 1804 ou en Italie.
La codification du japon a été envisagé dans la seconde moitié du 19 ème siècle comme un instrument
politique cette codification a elle aussi été utilisé comme un instrument technique.
Le droit japonais est pluraliste et le juriste japonais éprouve des difficultés à trancher les litiges. On
peut le voir notamment lorsque Le gouvernement de Meiji cherchera à renégocier les Traités inégaux
mais fut confronté au rejet des pays concernés en raison de l'absence d'une législation moderne au
Japon. L’empire Meiji veut mettre fin à l'ancien monde des samouraïs. Le droit français est vu comme
un modèle pour le Japon. Le Japon est alors au « Moyen Âge européen » point le droit japonais et du
droit non écrit : les japonais ont codifié le droit pénal et la procédure pénale et veulent poursuivre
avec la codification du droit civil sur le modèle du droit français. Concernant cette extrait
Boissonnade parle des étapes pour arriver au code civil japonais point dans la première partie
l'auteur dit qu'il a déjà travaillé sur le droit criminel avec les Japonais. Ensuite il explique la raison
pour laquelle il travaille sur un code civil.

De quelle manière la législation au Japon c’est elle mise en place à l’aide du modèle français  ?

Pour répondre à cela, nous verrons dans un premier temps, vers une modernisation de la législation
japonaise à l’aide du modèle français, puis dans un deuxième temps l’acheminement compliqué de la
législation au japon qui conduira au déclin du modèle français

I) Vers une modernisation de la législation japonaise à l’aide du modèle français.


Tout d’abord, nous verrons premièrement, La codification essentielle au système juridique
japonais(A) qui conduire à la réussite, de l’adoption du modèle français pour la législation au Japon.
(B)

A) La codification essentielle au système juridique japonais

Lorsque Boissonnade nous dit « Plusieurs mois avant notre départ, nous avions été appelés par le
Ministre du Japon à Paris, M Sameshima à l’honneur de faire des conférences de droit
constitutionnel et de droit criminel à sept délégués du ministère venus en France pour étudier ces
mêmes principes ... » ici, Boissonnade nous explique qu’il a été appelé par le Ministre de du Japon à
Paris, pour enseigner le droit français dans les universités. Ils sont ensuite appelés pour rédiger un
code pénal et un code procédure pénale. Lorsque Boissonnade dit «, bientôt, nous étions invités à
aller propager plus largement dans leur pays et près du gouvernement lui-même […] »il parle
notamment de ces codes. Ensuite, le droit japonais est pluriel et le juriste japonais éprouve des
difficultés à trancher les litiges, des solution concrète face à ce désordre, l'absence de droit civil clair
ordonner. La codification au japon comme ce fut le cas partout est un instrument politique au service
de l’unicité politique et un instrument technique qui vise à clarifier rationaliser le droit. Cette
codification s’inscrit dans un mouvement d’ambition de moderniser le droit japonais et de faire du
japon un état moderne au même titre que la France et l’Allemagne, c’est donc également un élément
culturel. La volonté de créer un code était très présente, c’est pourquoi comme le dit Boissonnade
« les premiers Commissions furent créées au ministère de la Justice pour la préparation des Codes
criminels […] et nous devînmes leurs collaborateur », donc des Commissions ont été créés
spécialement pour cette codification, une autre preuve qui montre la codification et l’unification du
droit urgente et essentielle pour le système juridique Japonais.

L’empereur du japon demande à un juriste japonais, de traduire le code pénal français, Mr Mitzukuri
car le droit pénal historiquement appartient plus au droit public. Et au moment où on réforme l’état
on s’intéresse d’abord au droit pénal.
Ainsi, Boissonnade, nous dit « Avant même que la mission japonaise dont nous parlons vînt en
France, les Codes français étaient déjà traduits en japonais par M. Mitzuruki …  »  Cela signifie que
c’est à l’aide de Mr Mitzuruki que le le modèle français servira de référence. Malheureusement, cette
1ère tentative c’est soldé par un échec en raison des difficultés pour traduire et la difficulté de
transposer le droit français avec la langue japonaise.
L’empereur du japon a décidé de poursuivre ce travail, le gouvernement invita successivement
Georges Hilaire Bousquet (1846-1937) puis Gustave Émile Boissonnade (1825-1910) pour qu'ils
élaborent les codes juridiques japonais, il part au japon en 1873 et des 1879 Boissonnade est chargé
par l’empereur du japon de rédiger un code civil par le japon, il demande donc cela à un Français. De
plus Boissonnade dit, « C’est ce premier et très méritoire travail qui avait attiré tout d’abord
l’attention du Gouvernement japonais sur la législation français », c’est-à-dire que c’est grâce au
travail de Mr Mitzuruki que le gouvernement c’est intéresser à la législation française.

B) La réussite, de l’adoption du modèle français pour la législation au Japon.

Boissonnade, ensuite nous explique qu’après avoir été tirés par la législation française grâce au
travail de Mr Mitzuruki. Ils ont remarqué que la législation française s'adapter très bien au Japon, « 
trouver sous une forme précise, claire et suffisamment brèves , toutes une législation civil,
commercial pouvant être substitué » c'est à dire que le modèle français s'adapte très bien au
système juridique japonais mise à part, « quelques exception et précautions aux , coutumes variés,
souvent incertaine » c'est à dire que mise à part quelques élément ne coïncident avec les coutumes,
culture japonaise mais que dans l'ensemble elles resteront d'après Boissonnade «  une heureuse
surprise, et une puissante séduction » . Le poids qu’a eu la France sur ces domaines, en particulier au
début du processus de modernisation durant lequel le Japon apprit beaucoup de ce pays. Pour les
Japonais de l'ère Meiji, la pensée politique française était une inspiration pour la recherche d'un
système politique idéal. De même, lors du processus d'élaboration de la législation moderne, le droit
français, à commencer par le « Code Napoléon », fut un modèle de première importance.  À tel point
que le droit français sera le modèle et la référence de nombreux pays. Le code civil français a été
imposé dans certains pays tel que La Belgique, le Luxembourg, L'Italie du Nord ... parmi c'est pays,
certains comme la Belgique et le Luxembourg consacrer le code civil français, tandis que d'autres se
sont affranchis de son influence. On peut citer qu’il a inspiré, la législation de l'Espagne, ou du
Portugal. De plus, un peu après, Boissonnade nous dit  «  en nous reportant par la pensée à
l'apparition de cette traduction de Mr Mitzuruki, ton nous avions reconnu les heureux effet, nous
avons souvent songé à la découverte à Pise du manuscrit des pandectes qui produisit En Europe la
renaissance du droit Romain, ... », Boissonnade nous parle du  «  manuscrits des pandectes » qui est
un recueil des décisions faites par les anciens jurisconsulte Romain, auxquelles justinien, empereur
Romain, les fit compiler, et donna force de loi. Boissonnade, nous explique que cela a créé «  la
renaissance du droit Romain ». Il essaie en quelque sorte de comparer cela avec la législation
française, et la reprise faites par Mr mitzuruki et sa traduction. Il donne l’impression, d’avoir été l’un
des rédacteurs du code civil tel que Portalis et que ce travail aurait la même importance que la
renaissance du droit romain. Il estime alors que le modèle français peut à la suite de venir un pilier
pour les autres pays tels que le droit Romain avec la France. Boissonnade donne une sorte de force
de supériorité a la législation française en comparaison à celle du Japon.

Ainsi, le modèle français est un modèle universel pour l’époque, il va être demander alors pour le
droit civil.

II) Un acheminement compliqué qui conduira au déclin du modèle français.

Nous verrons tout d’abord, l’usage des traductions du droit français comme droit naturel(A) puis
dans un second temps, l’élaboration complexe du code civil, et l’arrivée de nouveaux concurrents.(B)

A) L’usage des traductions du droit français comme droit naturel.

Ensuite, Boissonnade nous dit, «  le droit français le code civil sur tout devenait à son tour pour le
Japon, la raison écrite que les tribunaux commencèrent à appliquer, non comme législation positive,
mais comme droit naturel », ici il nous explique que le code civil ne servira pas seulement à la  « 
législation positive, mais comme droit naturel ».Tout d'abord, Lorsqu'il nous dis les mots «  raison
écrite » la raison signifie la faculté qui permet à l'être humain de connaître, juger et agir
conformément à des principes, c'est à dire que cette raison écrite faîtes des français par le code civil
deviendra aussi la raison écrite pour les japonais. De plus, la législation positive signifie l'ensemble
des règles juridiques en vigueur dans un espace juridique donné. Alors que le droit naturel signifie
l'ensemble des droits que chaque individu possède du fait de son appartenance à l'humanité et non
du fait de la société dans laquelle il vit. Alors le droit français commence peu à peu à s'incorporer
dans le système juridique japonais. Le droit naturel et le contraire de la réglementation. Boissonnade
tente de montrer l'importance et surtout l'influence du droit français au Japon point c'est à dire que
le code civil français, commencera à être considéré non pas comme législation mais plutôt, comme
les droits que chaque individu possède qui est naturel et innée relevant de l'humanité. C'est
pourquoi à la suite, l'auteur nous dira que même un peu plus tard durant « la préparation du code
civil japonais et du code de commerce, ce sont presque toujours les deux codes français du droit
privé qui ont fourni aux tribunaux la solution pratique des litiges », le code français a été utilisé de
nombreuses fois pour de nombreux litiges. On constate alors que le code civil français a été adopté
et apprécié par le Japon. Mais pas seulement on peut prendre l'exemple de l'Amérique latine, la
rédaction d'un véritable code civil pour Haïti qui va reprendre les dispositions du code français. Alors,
Boyer en 1818, imite le modèle français, le premier code civil haïtien et promulguée le 27 mars 1825
ce code reprend dans les grands axes, le contenu, et la forme du code civil français. Ensuite,
Boissonnade nous dit « le code de procédure civile lui-même a été mis à contribution jusqu'ici,
spécialement pour les voies de recours contre les jugements […]. » On comprend alors que le code
civil français était essentiel à tel point que le code de procédure civile à bénéficier de la spécialité
pour les voies de recours contre les jugements. Boissonnade essaye de nous faire prendre conscience
l’utilité du code français pour les Japonais.

B) L’élaboration complexe du code civil japonais, à l’aide du modèle français qui finira en
désuétude avec les modèles concurrents.

Un peu plus loin Boissonnade explique que « la rédaction du projet de code civil était terminée », il
nous annonce alors la fin de ce projet qui était de codifier la législation au Japon en créant un code
civil. Mais qu'elle a été très complexe « nous y avons consacré 10 années, alors que nous avions eu la
témérité de croire que cinq ans suffiraient » Boissonnade aurait oublié en quelque sorte qu'il y a eu
une longue marche vers l'unification du droit français, environ 15 ans d'effort c'est à dire que pour
devenir un modèle tel que celui de la France, celui-ci a été extrêmement long, et a nécessité l’aide de
nombreuses personnes, tel que des juristes reconnus ou encore l’aide de la doctrine. La marche vers
l’unification et sa codification du droit a été très longue pour la France, il aura fallu des siècles. Alors
lorsque qu’il nous dit « c’est la grandeur du but qui nous avait fait trop présumer de nos forces.  » il
comprend lui-même à ce moment qu’ils ce sont en quelques sortes surestimés. Malheureusement
après toutes ces années à tenter de codifier la législation au Japon ce code a été ajourné. En effet, la
crainte première de ce projet était qu'elle ne respecte pas les coutumes japonaises, des juristes l'ont
reproché mais également que le code était trop marqué par le droit français. C'est donc le modèle
étranger qui est rejeté par crainte qu'il ne prenne pas en compte les coutumes et traditions
japonaises, c'est la raison pour laquelle en 1893 une nouvelle commission est nommée et a pour but
de rédiger un nouveau code, composé de trois juristes japonais et le choix de trois juristes japonais
qui démontre la volonté politique de faire priver la politique nationale japonaise sur la politique
étrangère et occidentale . Le code civil du Japon entrera en vigueur le 16 juillet 1898 après l'échec du
projet français, c'est donc le succès du projet japonais, ce code devra beaucoup au modèle allemand,
le premier code civil a été adopté en 1896. Cela marque un point de rupture dans là dans le
rayonnement du modèle français car l’édiction de Boissonnade, l'ajournement de son code et les
emprunts faits au droit allemand témoigne le déclin du modèle français et à l'inverse la montée en
puissance du modèle allemand.

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