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III / Les langages humains / les autres langages

Le langage est une caractéristique distinctive de l’être humain, l’homme peut


être défini comme un locuteur. Emile Benveniste: problème de linguistique
générale tomeI, « communication animale et langage humain », (P.56-62),
l’exemple des abeilles. Les recherches de Von Frisch ont trouvé une sorte de
communication chez les abeilles.
On distingue deux types de danses:
1. Ronde: qui signifie que le butin se situe à moins de cent mètres.
2. Frétillante : en faisant un parcours en huit qui signifie que le butin
se situe entre cent mètres et six kilomètres.
La communication chez les abeilles n’est pas vocale comme chez les êtres
humains mais elle est gestuelle. Elle s’effectue nécessairement dans des
conditions qui permettent une perception visuelle (contact), sous l’éclairage du
jour, c’est-à-dire qu’elle ne peut avoir lieu dans l’obscurité ; alors que le
langage humain ne connaît pas cette limitation. Le message des abeilles
n’appelle aucune réponse de l’entourage, sinon une certaine conduite qui
n’est pas une
réponse, cela signifie que les abeilles ne connaissent pas le dialogue qui est la
condition de langage humain. Le message d’une abeille ne peut être reproduit
par une autre qui n’aurait pas vu, elle-même, les choses que la première annonce.
L’abeille ne construit pas le message à partir d’un autre message. Chacune de
celles qui, alertées par la danse de la butineuse, sortent de la ruche et vont se
nourrir à l’endroit indiqué, reproduit quand elles rentrent la même information,
non d’après le premier message mais d’après la réalité qu’elles venaient de
constater; or le caractère du langage humain est de procurer un substitut de
l’expérience transmise dans le temps et l’espace. Le message des abeilles
ne se laisse pas analyser, car il est indécomposable.
Benveniste peut alors conclure que le langage des abeilles n’est pas un langage
mais juste un code de signaux.
La décomposition du langage humain nous conduit à parler de « la doute
articulation du langage » d’André Martinet.

1. La double articulation du langage


Angliciste de formation, le français André Martinet participe aux travaux
de l’école de Prague. Ces sortes d’intérêt le portent vers la phonologie
diachronique vers la linguistique générale. André Martinet fait la distinction
entre deux articulations du langage :
La première articulation concerne les choix qui ont une valeur
significative. Le choix s’opère entre différentes unités pauvres de sens. Ces
unités significatives élémentaires sont appelées « monèmes ». Ainsi,
les monèmes verbaux (-ai, -ais) s’opposent les formes (-je montrai –je montrais).
Le premier exprime les valeurs du passé simple et le second les valeurs de
l’imparfait.
La seconde articulation concerne des choix qui ont une valeur distinctive.
Le choix s’opère entre deux unités dépourvues du sens, dont la fonction est
de permettre la distinction des monèmes, ces unités distinctives élémentaires
sont les phonèmes. Les phonèmes « p » et « b » n’ont pas des significations
propres. Cependant, ils permettent de distinguer des monèmes comme « pain » et
« bain ».

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