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Espace Biographies

Guy de Maupassant
1850-1893

I- Vie de Maupassant • Les années de jeunesse


• L'école du naturalisme

• Le romancier à succès

II- Œuvres de Maupassant • L'art du conteur


• Une vision pessimiste
• Du réalisme au fantastique

• Les œuvres romanesques

III- Bibliographie sélective de Maupassant

Espace des Citations: Quelques citations de Maupassant

Espace des Liens Utiles...

I- Vie de Maupassant:
1. Les années de
jeunesse:
Né à Fécamp, et non au
château de Miromesnil,
comme sa mère voulut
le laisser croire par
snobisme, Guy de
Maupassant développa
précocement une
sensibilité particulière à
la violence dans ses
manifestations
quotidiennes.
Ses premières années le
familiarisèrent avec la
campagne normande,
ses paysans, son patois
et ses scènes typiques,
qui devaient lui fournir
un inépuisable champ
d'inspiration pour ses
contes et ses nouvelles.
À douze ans, il entra au collège religieux d'Yvetot, et termina ses études secondaires au
lycée de Rouen. En 1870, il fut mobilisé lors de la guerre contre la Prusse et, après la
défaite, commença une carrière médiocre de fonctionnaire à Paris. Parallèlement, il se mit
à écrire, sous l'influence de Flaubert, ami d'enfance de sa mère, qui lui servit de mentor et
de père spirituel. Par l'intermédiaire du maître, il rencontra les écrivains de son
temps, Zola, Huysmans, Daudetet les frères Goncourt.

2. L'école du naturalisme:
C'est dans la mouvance du naturalisme qu'il participa à l'élaboration du recueil collectif
des Soirées de Médan(1880), manifeste de l'école naturaliste. Il y publia son tout premier
récit, Boule-de-Suif, qui remporta un très vif succès et le fit connaître des milieux
littéraires parisiens. L'héroïne de cette nouvelle cynique est une prostituée candide qui, à
l'occasion d'un épisode scabreux, apparaît bien plus respectable que ne le sont les honnêtes
bourgeois prêts à la sacrifier sans état d'âme à un officier allemand. On trouve déjà là une
thématique récurrente dans les nouvelles de Maupassant, celle de la très ordinaire
cruauté des êtres humains.

3. Le romancier à succès:
Dès lors, Maupassant abandonna son poste au ministère de l'Instruction publique pour se
lancer dans l'écriture. En une douzaine d'années, il publia environ quinze recueils de contes
et de nouvelles , six romans et de très nombreux articles de journaux. Ses thèmes
d'inspiration étaient variés: il s'agissait aussi bien du monde rural de sa Normandie natale,
avec sa férocité brutale et rustique, que du monde des petits bourgeois et des médiocres
employés de bureaux, mais aussi de l'univers cruel et sans pitié de la haute bourgeoisie
parisienne, qu'il avait appris à côtoyer.
Fêté, choyé dans les salons parisiens, grand amateur de femmes, romancier à succès,
Maupassant finit sa vie dans les souffrances de la maladie. Atteint de la syphilis, contractée
dans sa jeunesse, il sombra petit à petit dans un délire hallucinatoire. La démence s'étant
emparée de son esprit, il termina ses jours à la clinique du docteur Blanche.

II- Œuvres de Maupassant:


1. L'art du conteur:
Plus qu'aucun autre écrivain français, Maupassant est un conteur. Les quelque trois
cents contes et nouvelles qu'il publia sont regroupés dans des recueils comme la Maison
Tellier (1881), les Contes de la bécasse (1883) et les Contes du jour et de la nuit (1885).
Dans ces récits , l'acte de la narration et l'atmosphère dans laquelle la parole du conteur
s'élève ont parfois une place aussi importante que l'histoire racontée. Un conte initial peut
parfois (c'est le cas dans les Contes de la bécasse) mettre en scène une société de conteurs
(en l'occurrence une assemblée de chasseurs, réunie au coin du feu). Chaque nouvelle est
alors narrée à tour de rôle par l'un des personnages de ce conte initial et l'organisation
générale de l'ouvrage mime celle d'une soirée entre amis.

2. Une vision pessimiste:


Inspiré par Flaubert et, comme d'autres écrivains contemporains, par la pensée de
Schopenhauer, Maupassant dépeint un monde profondément désespérant. L'inconscience,
l'égoïsme, la cruauté y règnent en maîtres, et l'homme n'y est, pour reprendre ses propres
termes, qu'« une bête à peine supérieure aux autres ». Des paysans âpres au gain aux grands
bourgeois insensibles, l'inhumanité et la bêtise sont omniprésentes.
Le style des nouvelles de Maupassant reprend quelques-uns des traits typiques de
l'écriture réaliste et de l'école naturaliste. Ses récits comportent en outre des mots
empruntés au patois normand (comme c'est le cas aussi dans les romans de Barbey
d'Aurevilly); les propos et les pensées des personnages sont d'ailleurs souvent rapportés
au style indirect libre, ce qui permet de mêler étroitement leurs idiolectes (langages
spécifiques) à la narration.
3. Du réalisme au fantastique:
Digne élève de Flaubert, Maupassant se montre dans ses récits un observateur très fin.
Lorsqu'il met en scène des univers et des personnages qui lui sont familiers, il n'a pas d'égal
pour en rendre le trait caractéristique, l'aspect le plus frappant ou le plus signifiant.
Cependant - s'éloignant en cela de la leçon du réalisme -, il s'attache aussi à rendre compte
de la vérité intime et cachée d'un milieu, d'un trait de caractère, d'un personnage ou d'une
histoire en fixant son attention de façon soutenue sur un détail en apparence anodin.
Certains de ses récits sont donc construits autour d'un objet pour ainsi dire focal (la Ficelle,
la Chevelure, la Parure, la Main gauche) ou d'une obsession (la Folle, le Horla): le réalisme y
rejoint alors le fantastique en ce que la réalité se charge d'une dimension expressionniste
et presque magique.
Les thèmes de la peur, du double et de la folie sont également privilégiés dans cet univers
où choses et êtres, par leur fixité et leur évidence même, finissent, à force d'être
contemplés, par ouvrir des abîmes d'inconnu. En outre, les notations énigmatiques d'un
narrateur en proie au doute, puis à une terreur panique font insensiblement basculer des
récits comme le Horla et la Chevelure dans le plus pur registre fantastique .

4. Les œuvres romanesques:


Parallèlement à ses récits courts, Maupassant écrivit également des romans, notamment Une
vie (1883), qui décrit la triste existence d'une jeune femme mal mariée et malmenée
impitoyablement par le sort et Bel-Ami (1885), histoire de l'irrésistible ascension sociale d'un
journaliste cynique et beau garçon, auquel une série de succès féminins permettent de
réaliser ses ambitions sociales. Citons aussi Pierre et Jean (1888), Fort comme la mort (1889)
et Notre cœur (1890).