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CHAPITRE 3 : La vérité

Analyse de la notion :
Vérité est une de ces notions première dont il est difficile de donner une définition sans
embrouiller encore plus ce qu’on veut définir. C’est un terme polysémique, sens différent
selon les expressions : ce raisonnement est vrai ≠ de c’est un vrai délice ≠ de cette personne
est sincère et vrai et encore ≠ de c’est une histoire vrai. Ponspilate a demandé qu’est ce que la
vérité ? Réponse Je suis la joie la vérité et la vie. Cela est tout aussi compliqué si on examine
les contraires : erreur≠ de mensonge qui lui est ≠d’illusion etc. Définition classique de la
vérité mais est insuffisante car elle remonte à la philo médiévale : Albert Le grand 1189-1249
« Adaequatio intellectus et rei » = adéquation de l’intellect et de la chose. En latin du moyen
âge le mot adéquation signifiait égalisation comme dans une équation. Le vrai serait
l’annulation d’une différence, là où ça serait différent il n’y aurait pas de vérité. Tout ces sens
expriment ce qui est vrai, mis en lumière rendu manifeste d’une certaine manière d’où les
termes moyens de clarté, de révélation. En revenant à l’étymologie vérité vient de Veritas =
l’exactitude du jugement et aussi la droiture morale. Si on regarde le mot grec Alèthêia
signifie la même chose qu’en latin mais aussi le sens de dévoilement et de quelque chose
arraché à l’obscurité, il y a le mot Léthé qui signifie l’oubli.

I L’opinion et la vérité
1) Pourquoi tient on les opinions pour vrai ?
Chacun est persuadé que les opinions sont les siennes nous le voyons dans l’expression
« donner son opinion ». Cependant il se pourrait que le sujet à son insu exprime des opinions
qui lui sont extérieurs. On ne ferait que répéter sans s’en rendre compte un discours dominant.
Pour Freud même si c’est nous qui avons construits notre langage la contenu viendrait de
l’extérieur. Naturellement certaines personnes seraient des introverties et d’autres des
extraverties : inconsciemment on ferait plus confiance à l’opinion des autres qu’à la leur
(extra). Concept de Jung si extravertie d’accord avec les autres cela remonte à Démocrite
d’Abdère (530-455 AV JC) « Il n’y a rien de véritable, l’opinion de tous fait l’opinion de
chacun. » De ce fait on peut penser que l’opinion d’autrui serait la source de notre opinion.
Mais Freud remarque que l’opinion vient des impressions, des sentiments, des sensations c’est
à dore là où le corps joue un rôle fondamentale : de ce point de vue les opinions seraient
effectivement les nôtres. Pour toutes les opinions on s’en attribue la paternité. Cela a été
théorisé un peu + par Wittgenstein (1889-1951) De la certitude 1949 « Un enfant pourrait dire
à un autre je sais que la Terre est vieille de plusieurs centaines d’années et cela voudrait dire
que je l’ai appris. La difficulté c’est de nous rendre compte du manque de fondement de nos
croyances. » Cela est vrai, on se pose pas la question des fondements, on répète ce que l’on a
appris.

2) Peut on dire à chacun sa vérité ?


On peut être convaincu de la vérité d’une opinion mais ne pas pouvoir la dire à autrui sans
qu’elle perde de sa force. Platon livre 7 de la république, le mythe de la caverne. Mythe,
histoire qui n’est pas vrai historiquement mais dont la vérité est symbolique = toujours vrai
symboliquement et concerne tous les hommes à toutes les époques. Mythe plus grand que
toutes les interprétations qu’on peut donner. Il va imaginer des prisonniers dans une caverne
qui n’ont connus que ça, ils sont étroitement enchainé à la paroi et ne peuvent pas se voir eux-
mêmes et les autres, ils ne voient que des ombres, donc pour eux le monde c’est ça.
Symbolise : voilà ce que nous sommes nous.
Idée : nos sens nous trompent, on ne peut pas bâtir une connaissance vraie sur nos seuls sens.
Celui qui arrive à se détacher va symboliser le philosophe (avoir des doutes) : il s’arrache à la
perception sensible. La personne faible symbolise le début de la connaissance, puis il ya
augmentation de la connaissance et il sort de la caserne : tout d’abord i est ébloui, ne peut pas
avoir une connaissance établie d’un seul coup, ça se travail, après il s’accoutume et se
construit une véritable connaissance. Quand il retourne dans la caserne les autres ne le croient
pas : comment convaincre ? Platon fait la différence entre 3 choses : la polémique,
l’argumentation et la démonstration. La démonstration va mener à la vérité mais c’est l’affaire
des spécialistes.
L’argumentation consiste à convaincre l’autre honnêtement avec des arguments qui
s’enchainent d’une manière logique et rigoureuse.
L’évidence est ce qui est vue comme vraie : l’évidence rationnelle. Le critère de vérité
(Descartes) ne suffit pas, il ya des évidences qui peuvent être fausses. Lorsqu’il s’agit d’une
opinion faire partager une opinion ne dépend pas de sa valeur de vérité car elle a être ni vraie
ni fausse contrairement à une connaissance. Donc faire partager une opinion ne dépend pas de
sa valeur de vérité.
Le philosophe a le souci d’une recherche désintéressée d’une connaissance vraie tandis que le
sophiste se contente de l’apparence du savoir et va s’en tenir à l’opinion commune qu’il
essaye de faire passer pour vrai = « doxa »

Non on ne peut pas dire à chacun sa vérité car une vérité il y en a qu’une et ce n’est pas la
même pour tous mais on peut dire à chacun son opinion.

3) Comment distinguer le vrai de l’opinion ?


Les jugements de vérité ont pour but de dire les choses non comme les sujets les jugent mais
comme elles sont indépendamment de tout jugement particulier : correspond à l’adéquation
de l’intellect et de la chose. Contrairement à l’opinion la connaissance ne se limite pas à un
jugement isolé, elle tend à lier les propositions entre elles dans un ordre donné rationnel et
déductif dans un système correspondant : définition de la science par Bachelard « pour qu’un
discours soit scientifique il faut qu’il obéisse à 2 conditions : premièrement forgé ses propres
concepts d’une manière autonome et qu’il soit opératoire. » Le jugement isolé n’a aucune
valeur de vérité. Cette deuxième exigence suffit à distinguer le vrai de l’opinion. Descartes
Regulae 1628 « Ce que le sujet connaît objectivement ne lui ai pas propre. N’importe qui fait
un usage réglé de la raison devrait pouvoir comprendre la même chose. » On doit dire à
chacun ses opinions et à tous la même vérité. Kierkegaard pour lui on peut reconnaître
l’existence de vérité subjective mais à condition de se déplacer sur un plan existentiel. On
privilégie l’intériorité du sujet. C’est ce qu’on fait Kierkegaard et Sartre. Kierkegaard (1811-
1855) Le post scriptum définitif et non scientifique aux miettes philosophiques 1846 il ne
prétend pas à une connaissance objective. Lorsqu’on sort de la théorie d’existence on fait
intervenir des éléments subjectifs : être et penser, être et valeur.
« La subjectivité étant la vérité, la définition de la vérité doit aussi comporter un terme qui
exprime son opposition à l’objectivité. Un souvenir du point où l’on a changé de direction, ce
point exprime aussi la tension de l’intériorité. »
Problème de la liberté : si on se place de la philosophie de connaissance c’est le déterminisme
si on l’applique aux humains : ils ne sont pas libres : conformer à l’ordre dominant ou
affirmer sa subjectivité et vivre autrement. On ne peut pas se mettre à la place de quelqu’un
d’autre cette vérité subjectivité n’est pas une opinion.
II L’accès au vrai
1) De quoi la vérité nous libère t-elle ?

Lorsqu’on est conforté à la diversité des opinions souvent confuses et contradictoires, la


tendance de chacun d’entre nous est le doute et le scepticisme. Le doute sceptique exprimé
par Pyrrhon D’Elis (4 AV JC) préconisait la suspension du jugement dans le but d’atteindre
un état d’indifférence devant procurer le bonheur. Diogène le Cynique « on pourra jamais tout
savoir donc ce n’est pas la peine de commencer. » La vérité ne pourra jamais être atteinte,
jamais libérer du doute ni du scepticisme. Il faut dépasser les préjugés d’où la distinction qu’à
fait Kant entre opinion et savoir. La logique transcendantale « la croyance ou la valeur
subjective du jugement par rapport à la conviction présente les 3 degrés suivants : l’opinion,
la foi et le savoir. L’opinion est une croyance qui a conscience d’être insuffisante
subjectivement aussi bien qu’objectivement. Quand une croyance n’est suffisante que
subjective et quand même temps elle est tenue objectivement insuffisante elle s’appelle foi.
Celle qui est suffisante subjectivement aussi bien qu’objectivement elle s’appelle savoir. » La
suffisance subjective s’appelle conviction, la suffisance objective s’appelle certitude. Le
savoir doit se construire, idée reprise et développée par Descartes, Spinoza, Kant
Descartes (1596-1650) Méditations métaphysiques 1641, il essaye d’établir des bases solides.
Il oppose opinion et jugement. L’opinion c’est faux, remettre en doute tout ce qu’il sait il va
se dire « je vais douter de tout » = doute méthodique, il devient une méthode de savoir « si je
doute de tout je ne pourrais pas douter du doute. » évidence rationnelle qui est critère de
vérité : nos sens nous trompent. Si je doute cela implique que je pense et si je pense cela
implique que j’existe le fameux cogito, « doubito ergo cogito, cogito ergo sum » Je doute que
je doute donc je pense que je pense donc je suis = opinion vrai du point de vue de l’action,
aussi utile que le savoir. Le cogito suppose qu’il faut faire la différence entre objet
connaissant et objet de connaissance.
Monde extérieur ne fonde pas la connaissance sur la perception sensible. Le fait d’être seul
sur un plan théorique = solipsisme, forcer de montrer l’existence de dieu. Les empiriques :
John Locke (1631-1711), George Berkeley (1685-1753) pour lui la seule connaissance qui
existe est fondée sur la perception, on le sait par habitude.
Que puis-je savoir ? Qu’est ce qui est connaissable, qu’est ce qui ne l’est pas ? La nature était
d’un côté et de l’autre l’homme, le sujet connaissant. Plutôt que de partir de l’existence de la
nature, il vaut mieux analyser ce qu’il se passe dans la tête de l’homme. « Je vais faire en
philosophie ce que Copernic a fait en astronomie (renverser la perspective) Classer les
philosophes en 2 groupes : le scepticisme et le dogmatisme. Scepticisme Descartes, fondé sur
la raison, aucunement sur nos sens et il faut prouver l’existence de dieu. Dogmatisme Platon
affirme d’une part un monde idéal intelligible où la nature n’est qu’une mauvaise copie =
monde sensible : paysage perceptible à nos sens. Leibniz affirme qu’il y a une harmonie
préétablie de la nature ordonnée : présupposé de tous les scientifiques. Un processus de
connaissance ne peut exister s’il y a séparation entre un sujet connaissant et un objet à
connaître. S’il n’y a pas de séparation on n’a pas de connaissance. La nature est unique : cette
séparation est une opération intellectuelle car notre esprit est fondé sur des intuitions pures et
on en a 2 : formes a priori de la sensibilité avant toute expérience, s’oppose à a posteriori,
après toutes expériences : intuition sensible. A priori : universel et nécessaire s’oppose à
général, c’est un principe, opposition empirique. Temps et espace pas de définition objective
et conceptuelle. Le temps c’est l’expression de nos sens interne qui permet de m’intuition er
comme sujet et l’espace c’est l’expression du sens externe. Les formes a priori de la
sensibilité et des intuitions pures sont le temps et l’espace qui sont les fondements même
avant connaissance. Sensibilité : capacité de perception : données de nos sens, la pensée
n’intervient pas.
Entendement faculté de conceptualisation, il est nous, nature même de la pensée humaine. La
raison faculté d’établir des principes. Elle libère du doute, homme qui conceptualise dans le
monde dans lequel il est. La réalité on ne sait pas ce que s’est, on c’est juste qu’il y a des
concepts qui l’expriment. Théories qui ne sont pas complètes, le savoir est améliorable mais
le savoir provient de la nature de la pensée humaine.

2) Toutes les vérités sont elles bonnes à dire ?


La valeur d’un jugement ne relève pas du seul domaine de la connaissance, il y a d’autres
critères : science politique, moralité ou utilité. Si l’homme politique commence à dire la vérité
son action risque d’être entravé. Dans ce cas toutes vérités ne sont pas bonnes à dire.
D’un point de vue moral non plus car on peut toujours imaginer un enfant de 5 ans atteint
d’un cancer qui demande ce qu’il a pour noël alors qu’il ne le passera pas. Utilité, Platon va
nuancer les excès. On ne peut pas fonder la vérité sur nos opinions. Du point de vue de
l’action pas beaucoup de différence entre opinion vraie et savoir a proprement dit. Le Menon
« Pour arriver à la ville de Larissa une opinion juste a autant de valeur qu’une connaissance. »
Le problème du vraisemblable c’est que si il n’est pas critère de vérité il pourrait très bien le
devenir par le biais d’une analyse de probabilité. Leibniz (1646-1716) Nouveaux essais sur
l’entendement humain, écrit en 1703 « l’opinion fondée dans le vraisemblable mérite aussi le
nom de connaissance, si il en était autrement presque toutes les connaissances historiques et
beaucoup d’autres encore tomberai. Or ce n’est que si l’établissement de l’art d’estimer les
ressemblances ne seraient utiles qu’une bonne partie de nos sciences démonstratives et j’y ai
pensé plus d’une fois. » Une science la plus évoluée de tous c’est une science entièrement
fondée sur les probabilités. Non, quand il y a une analyse de probabilité solide il y a le
vraisemblable.

3) La valorisation du vrai repose t-elle sur une opinion ?


Si on quitte la perspective être et penser pour être et valeur alors la valeur respective de
l’opinion et connaissance par rapport à la vérité, sous entendrait que la vérité est plus
désirable que l’opinion. De ce point de vue le vrai est supérieur au faux. Un tel jugement de
valeur est si communément admis qui semble impossible d’être remis en question. Ce préjugé
en faveur du vrai pourrait ne bien pas valoir + que les autres opinions sur la connaissance car
il se peut que cette dernière ne soit pas le désir de vérité mais reposerait sur un critère
d’utilité. Nietzsche La volonté de la puissance « dans la formation de la raison de la logiques
des catégories, les besoins ont donné de la mesure, les besoins n’ont pas le rôle de connaître
mais de comprendre, résumer, schématiser en de l’intelligence du calcul. Mais quelle naïveté
de vouloir tirer de là la démonstration que nous possédons une vérité en soi. Le fait de ne pas
pouvoir contredire n’est pas la preuve d’une incapacité mais d’une vérité. » Si les sciences
ont existé c’est non pas pour connaître mais pour répondre à une véritable utilité. Nietzsche
s’attaque à Platon et aux positivistes qui pensaient qu’une fois qu’une chose démontrée es
testée était vrai une fois pour toute. L’absence de preuve n’est pas la preuve de l’absence.

III Les fondements de la vérité


1) En quoi rompre avec l’opinion fait il progresser la vérité ?
On peut se demander dans quelle mesure une connaissance qu’on disposerait une fois pour
toute comme résultat de son acte de connaître ne devient être pas bien vite. Karl Popper
(1902-1994) concept de réfutabilité : réfutable sa théorie dans son ensemble. Une fois un
phénomène parfaitement expliqué il appelle ça champs de positivité. Il devient nécessaire
dans la définition d’un discours scientifique. Problème : se contenter de la position actuelle.
Héraclite D’Ephèse « on se baigne jamais 2 fois dans le même fleuve. » Différence profonde
entre un concept et la réalité décrite par ce concept. Différence entre les mots et les choses.
Bachelard a appelé ça une « coupure épistémologique » existe lorsqu’on a dépassé un obstacle
épistémologique. Quelque chose dans la pensée d’une époque empêche le développement.
Bachelard, Le nouvel esprit scientifique 1934 « ce qu’il y a de faux dans l’opinion ce n’est
pas l’opinion elle-même c’est le fait de vouloir y rester. La vérité est dans le mouvement que
l’esprit fait contre lui-même à partir de son premier jugement. En ce sens là la différence de la
connaissance scientifique de l’opinion s’est qu’elle ne pense pas. » Dès qu’on a une
explication il faut dépasser la pensée positiviste, il faut admettre qu’elle est partielle et qu’il
faut en trouver une complète.

2) Quels sont les critères qui distinguent une connaissance vraie ?


Platon dans le mythe de la caverne montre que pour lutter contre l’opinion, il fallait non pas
seulement démontrer mais argumenter et que le modèle des 2 était démonter par les maths.
Les mathématiques ne sont pas susceptibles d’être remodifier, une fois la vérité établie cela ne
peut plus être modifiée. C’est quand il y a la possibilité d’avoir un support mathématiques,
problème : on ne peut pas tout représenter sous la forme des mathématiques. Descartes : pour
lui l’évidence rationnelle est critère de vérité. Si totalement cohérent et démontré alors c’est
vrai. Cette position est fausse, le fait de la réfutabilité en science. Argument ontologique. ST
Auselme de Cantorbéry (1034-1109) Proslogion « comment se fait-il que moi qui suis un être
imparfait je puisse penser la perfection ? Ce n’est pas possible car on ne peut pas la
perfection de l’imperfection. C’est donc qu’il y a en moi une trace de cette perfection. Et si il
y a en moi cette trace de cette perfection alors j’existe, dieu étant parfait alors j’existe. » C’est
une évidence rationnelle pour Descartes.
Kant qui a démontré dans la rumeur, critique de la raison pure va dire que Descartes confond
le réel et le possible « Dans la représentation que je me fais de 10 thalers possibles et de 100
thalers réels c’est pareil. » Ce n’est pas parce que la perception est possible que cela l’est
réellement, la raison elle-même n’est pas définie.
La logique mathématique mais dans les limites de la raison. Problème de décidabilité d’une
décision, c’est la différence entre un discours complet et consistant.