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Chapitre 2 : L’Interprétation

Analyse de la notion :
A la différence de la démonstration, qui est une démarche rationnelle et savante,
l’interprétation est une activité commune à tous les hommes et certains pensent que c’est vrai
pour les animaux. Si on peut définir l’interprétation comme une activité où une situation
appelle à une réponse, à un message, ou à une stimulation. Etymologiquement interprétation
vient de « interpres » qui signifie médiateur ou intermédiaire entre 2 parties. Le mot
« interpretatio » correspond exactement au mot grec « hermêneia » c'est-à-dire attrait à
l’interprétation. Cela vient du dieu Hermès, le messager des dieux, notion de message. Cela
implique la nécessité d’une interprétation. « Interpretatio » a également le sens d’interprète.
Cela s’applique au commentaire de la théologie. Cette dernière ce représente comme une
interprétation cela s’appelle l’exégèse. L’interprétation est une manière ordinaire et
fondamentale pour un être humain.

I Le besoin d’interpréter
1) Qu’est ce qui est objet d’interprétation, qu’est ce qu’il ne l’est pas ?
Certains phénomènes n’ont pas besoins d’être interpréter car leur sens est univoque = un et un
seul sens. Par extension ceci s’applique à tout langage technique et scientifique. Cependant
dans le langage courant, cela correspond à l’opposition qui existe entre dénotation et
connotation (interpréter). Hans Georg Gadamer ? Vérité et méthode 1960 « L’interprétation
n’est pas un acte qui s’ajoute après coût et occasionnellement à la compréhension.
Comprendre c’est toujours interpréter. En conséquence l’interprétation est la forme explicite
de la compréhension. » Ce qui est objet d’interprétation c’est tout ce qui n’est pas univoque et
inversement. Ce qui fait l’objet de l’interprétation c’est le langage courant.

2) Pourquoi a-t-on besoin de donner un sens ?


Comprendre 1 phénomène n’est pas forcément connaître sa signification, Auguste Comte
(1798-1859) cours de philosophie positive 1830 1er théoricien à avoir montré qu’il y avait une
histoire du savoir. Il a inventé la loi des 3 états tout d’abord l’état théologique, là tous les
objets ont une âme, explication liée à la volonté de l’objet, il y a des dieux partout = monde
enchanté. Deuxièmement l’état métaphysique, il attribue une différence entre le physique et
ce qui est au-delà de la nature. Généralement 1 ou des dieux qui sont créateurs dans le monde
métaphysique, correspond à la vision des scientifiques d’aujourd’hui, essaye de savoir l’ordre
de la nature. Enfin l’état positif correspond au discours de la science. Propose des explications
rationnelles, montrer que les causes sont nécessaires. C’est en ce sens qu’Auguste Comte est
dépassé car le positivisme va interdire tout progrès en science, donc ne peut pas comprendre
qu’une vérité scientifique est une vérité relative.
La mentalité pré scientifique a été inventée au XVII par une remarque de Descartes. Une
mentalité vraiment rationnelle ferait intervenir le mot impossible. Ceux qui ont pensé les
mythes les ont pensé réellement comme vrai, pas comme une vision allégorique qui elle est
une vision immanente et littérale. Exemple les sectes interprètent à la lettre les textes
religieux.
Friedrich Von Schelling, idéaliste allemand, introduction à la philosophie de la mythologie
écrit en 1827 « Les représentation mythologiques ne sont ni inventées, ni librement acceptées
en tant que produits d’un processus indépendant de la pensée et de la volonté elles urent pour
la conscience soumise à ce processus une réalité indubitable et inéluctable. » Les grands
mythes d’origines n’ont pas été inventés par un seul homme mais cela ai dut à la tradition
orale. Mythe récent qui est le fait d’un seul homme. C’est un phénomène culturel, le besoin de
donner un sens serait un besoin de rassurer, correspond psychologiquement à l’âge de
l’enfant.

3) Qu’est ce qu’une bonne interprétation ?


Pour Auguste Comte qui a montré l’évolution du savoir, mythe, religion est science se sont
succéder pour remplir cette fonction. La bonne démarche scientifique consisterait à remplacer
l’interprétation par l’explication ou du moins à faire de l’explication la bonne interprétation,
c'est-à-dire celle qui parvient à rendre compte de manière adéquate des signes. Problème de la
théorie scientifique de Karl Popper = model hypothético déductif, quand la théorie est réfutée
elle devient incomplète. Gaston Bachelard (1885-1962) a pensé la notion d’obstacle
épistémologique, quand l’obstacle est dépassé cela implique une coupure épistémologique,
décale un certain nombre de phases différentes. Comment passe t on d’une connaissance à une
science élaborée ? Il y a 4 phases de développement : tout d’abord la description puis la
classification ensuite la théorie descriptive et pour finir la théorie explicative. Exemple de la
Zoologie : au début on connaît rien des animaux c’est le fond biblique qui va nous aidé avec
l’anthropomorphisme, décrire selon le caractère. Lié au bon goût du chercheur (1ère phase)
Aristote Des parties des animaux. Certains auteurs ont pensé que les animaux avaient un plan
d’organisation. Jean Baptiste Buffon (1707-1787) et Karl Von Linné (1707-1788). Buffon est
rentré dans une phase de description, c’est sous ces ordres que les grandes expéditions
scientifiques ont ramené des animaux. Il a donc inventé des mots qui sont devenus des
concepts scientifiques, ce qui correspond à une 2ème définition de la science « Pour qu’un
discours soit scientifique il faut qu’il obéisse à 2 concepts : Il faut qu’il est forgé ces propres
concepts d’une manière autonome et il faut qu’il soit opératoire (pertinent), inscrit dans un
système d’opération scientifique. Buffon a inventé les ordres : mammifères, vertébrés,
invertébrés… C’est la phase de classification : là où sont produits l’essentiel des concepts. Il
va y avoir des choix qui doivent être pertinents. Obstacle épistémologique : problème de l’âge
de la Terre, vision biblique.
Lamarck a imaginé la transformation des animaux, on arrive à la théorie descriptive (= théorie
de l’évolution) elle est juste pas selon les critères de Darwin, il va l’expliquer par l’adaptation
au milieu mais elle n’est pas liée aux animaux eux-mêmes mais par l’extérieur. Il n’explique
pas le processus de spéciation car il est faux on a jamais trouvé d’espèce intermédiaire. Donc
on a trouvé une théorie explicative : l’unité de vie c’était l’espèce après on va la définir par
l’individu au XIX et on va mesurer la distance génétique. La transformation se fait par la
mutation génétique, la théorie est interne. Autre type d’interprétation : l’interprétation des
rêves.

II L’interprétation et ses écueils


1) Faut-il se méfier de la multiplicité des interprétations ?
Pour ce qui est des textes religieux, juridiques, plusieurs interprétations sont possibles. La
religion différente de la théologie. Pour le droit il y a la loi puis son interprétation qui va
donner la jurisprudence. Ces différents types d’interprétations sont généralement la cause de
guerre et de mouvement pacifiques = causes normatives. Mais il se trouve que l’interprétation
peut être médiatrice, pensé par saint Thomas D’Aquin, 1er en occident à avoir fait opposition
entre sens littérale et figurée = différence entre lettre et esprit, il y a le texte et son
interprétation. Saint Paul « L’esprit vivifie, la lettre tue. » Si on commence à interpréter
n’importe qui peut interpréter ma religion comme il le veut. Concile de Nicée 325 puis celui
de Chalcédoine. Pour le juridique faut-il interpréter la loi ou pas ? Pour certains auteurs non.
Philosophe italien Cesare Beccaria (1738-1794) Des délits et des peines 1764 il fallait
absolument ne pas interpréter la loi. « Rien n’est + dangereux que l’action connue selon
lequel il faut consulter l’esprit de la loi. On verrait le même tribunal punir les mêmes délits
différemment à un moment différent, pour avoir consulté la voix constante et précise de la loi
mais l’instabilité trompeuse des interprétations. »

2) Faut il favoriser la liberté d’expression ?


Oui il faut favoriser la liberté d’expression mais cela dépend du domaine. Si il s’agit du
domaine artistique il faut que l’interprété ait du talent. Si l’œuvre écrite n’est plus qu’un
prétexte de l’interprétation cela risque de dénaturer l’objet de l’auteur. Dès l’instant qu’une
interprétation est normative elle va tuer l’activité, il faut donc une interprétation médiatrice.
Interprétation historique est une exigence de rigueur qui implique une méthode interprétative :
c’est en comparant les textes qu’on pourra faire une reconstitution, l’historien doit avoir une
valeur objective. Oui il faut laisser la liberté d’expression quand elle est médiatrice mais non
lorsqu’elle est normative et excessive.

3) Peut-on interpréter ce que l’on n’a pas compris ?


Cercle vicieux herméneutique. Schleiermacher « Toute compréhension de la partie est
conditionnée par une compréhension du tout. » Paradoxe pour comprendre un texte dans
sa totalité il faut passer par la compréhension de telle ou telle de ces parties, mais pour les
comprendre il est nécessaire d’avoir compris sa totalité. Sujet auteur d’une interprétation
n’est pas neutre et ne fait manifester qu’un présupposé. Tant qu’il s’agit de l’art
(subjectivement) les deux interprétations se valent, mais dès qu’il s’agit d’une science,
elle se veut objective = poser le problème de l’interprétation.

III Interprétation et connaissances scientifiques


1) Dans quelle mesure une science rigoureuse doit elle avoir recours à la méthode
interprétative ?
On oppose communément science exacte des sciences humaines depuis Auguste Comte.
La science exacte a systématiquement recours à la mesure alors que les sciences humaines
ont recours à la logique. La science humaine étudie l’homme dans ses activités ;
René Thom (1923-2007) Stabilité structurelle et morphogénèse 1972 il fait la différence
entre science exacte et an exacte (psychanalyse). La science d’une manière ou d’une autre
à recours à la mesure, mais certaines mesures ne sont pas envisageable, pour certaines
connaissances spécialisées il faut avoir fait des sciences. Pour Auguste Comte les sciences
exactes sont méthodiques et rigoureuses alors que l’autre on ne pourrait l’intégrer dans un
projet de lois. C’est faux voir le discours de Karl Popper. La pensée des philosophes du
XIX est totalement dépassée. Tendance fausse considérait que seules les sciences
humaines laisseraient place à l’interprétation.
Problème de la mesure quantique : définie par sa fonction, l’équation de Schrödinger,
qu’est ce que représente cette équation ? Pour certains auteurs dits positivistes la
mécanique quantique est une description de tous les discours de tous ce que nous pouvons
connaître de la réalité mais pas la réalité elle-même. Hawkins : « Je ne demande pas
qu’une théorie corresponde à la réalité car je ne c’est ce qu’est la réalité. Tout ce qui
m’importe c’est que la théorie m’apporte le résultat d’une expérience. » Pour toutes les
expériences extrêmement précises ceux qu’ils ont dit est correct : toutes nouvelles théories
tant qu’elle n’a pas d’interprétation n’est pas vraie = empêche le progrès.
Les réalistes pensent que l’équation de Schrödinger exprime toute la réalité d’une
particule tant qu’on n’a pas mesuré la particule il peut y avoir plusieurs états à la fois =
personne ne sait tant que ce n’est pas mesurer.
La théorie de la cohérence : tant qu’on est à l’échelle de la particule ça va mais dès qu’on
augmente l’échelle cela va influencer les particules. Comment la décohérence est elle
possible ? Est-ce qu’on peut modifier l’équation ? Cela va générer plusieurs
interprétations : en physique tout n’est qu’interprété alors que c’est de la science exacte.
Tout le temps il faut regarder la norme et ne faut surtout pas croire qu’une vérité
scientifique est vrai une fois pour toute (positivistes)

2) Faut-il épurer la connaissance de toute interprétation ?


Position radicale : + grave que le positivisme logique. Groupement du cercle de vienne
(1929-1933) Rudolph Carnap, Kurt Gödel. Pour les positivistes classiques le seul progrès
ne peut être donné que par les sciences : générer le scientisme, c’est le fait d’affirmer va
résoudre tous les problèmes de l’humanité = méthode scientifique. Consisterait à ce que
les constructions intellectuelles comme la philosophie qui se font passer pour des théories
rigoureuses ne sont en fait vide de sens car sont incapables de construire un discours
testable. Ludwig Wittgenstein (1889-1951) Le tractatus logico philosophicus 1922 écrit en
hommage à Spinoza « La méthode correct en philosophie consisterait proprement en ceci :
ne rien dire que ce qui laisse dire à savoir les propositions, les sciences de la nature.
Quelque chose qui par conséquent n’a rien à faire avec la philosophie, puis quand
quelqu’un d’autre dire quelque chose de métaphysique, lui démontrer toujours qu’il a
oublié dans ses propositions une signification à certains signes. Cette méthode serait la
seule strictement correcte. » Paragraphe 6.54 « Les propositions sont des éclaircissements
en ceci que celui qui me comprend les reconnaît à la fin comme dépourvu de sens lorsque
passe sur elle, il les a surmonté. Il lui faut dépasser ses propositions pour voir
correctement le monde. Sur ce dont on ne peut parler il faut garder le silence. » Les
discours de la science physique sont les seuls testés. La philosophie à un rôle celui de
répondre à des questions que la science ne peut pas répondre. Toutes les propositions
démontrées et comprises on voit que se sont des définitions incomplètes et
approximatives.

3) Y a-t-il de réel dans l’interprétation ?


L’interprétation est partout présente dans la culture à coté des démonstrations propre au strict
domaine scientifique. N’est ce pas parce que l’interprétation est une dimension in errante à la
vie elle-même et à la réalité dans son ensemble. Pour Nietzche c’est la vie elle-même qui
interprète et c’est ce qui est au fond de la vie volonté de puissance qui fait que la vie est un
perpétuel interpréter. Par delà le bien et le mal 1888 « L’idée que la physique est elle aussi
qu’une interprétation du monde et non pas l’interprétation du monde commence peut à
poindre dans 5 ou 6 cerveaux. » (Planck, Hertz, Maxwell, Lorenz, Poincaré) Fragment
posthume 1884 « Avoir le regard objectif du point de vue philosophique peut donc être une
preuve de pauvreté, volonté et de force, car la force organise ce qu’il y a de plus proche et de
plus voisin. Les « connaisseurs » veulent fixer seulement ce qui est, ne pense rien fixer de ce
qui doit être. Les artistes fixent du moins les symboles de ce qui doit être ils sont productifs
tant qu’ils changent et transforment véritablement non point comme les connaisseurs qui
laissent telle que cela est. » Il critique les positions scientistes, positivistes, réductionnistes qui
empêchent le progrès.