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La conscience

Analyse de la notion :
Comme tous les mots il a plusieurs sens (7). Premièrement avoir conscience de ses actes, 2
possibilités : être conscient de ce qu’on fait dans le présent et être conscient de ses actes au
sens moral. Deuxième sens lorsqu’on n’a pas conscience de ses actes, on agit machinalement
(l’acte de marcher). Troisième sens il y a le remord de conscience : ceux qui n’ont pas le
courage du remord de conscience implique un autre sens se donner bonne conscience. Autre
sens le fait de juger en son âme et conscience : juger franchement et honnêtement. Enfin il y a
la conscience professionnelle, c'est-à-dire que quels que soient les considérations on fait son
travail. De tous ces sens il en ressort 2 significations : d’une part on peut parler de conscience
psychologique, cela concerne toutes les représentations portant sur des faits ou évènements
présent et d’autre part sur la conscience morale qui porte sur des jugements de valeurs
moraux. Cette dernière est toujours seconde par rapport à la conscience psychologique. Il est
tout à fait possible d’être conscient de ce que l’on fait psychologiquement mais pas au niveau
de la conscience morale = amoral. Dire que l’homme est un sujet conscient implique que la
conscience est un certain savoir, manifester de 3 manières différentes : tout d’abord par les
sens, nos 5 sens permettent de nous faire connaître la réalité extérieure. Ensuite il y a la
connaissance de la réalité intérieure, conscience de ses sentiments et états d’âmes, le fait de
pouvoir se représenter le passé et l’avenir.
Ce savoir correspond à l’étymologie « com scientia » c'est-à-dire avec du savoir, on ajoute à
un fait une connaissance immédiate de ce fait. La conscience de quelques choses n’implique
pas forcément que la conscience soit une entité autonome ayant une existence propre face à la
matière ou à la chose. Les behavivanismes nient l’existence de la conscience, ils parlent que
de faits psychiques. Finalement on emploi le car c’est pratique pour désigner une présence au
monde de ce fait « le fait d’être une conscience de soi, le fait de pouvoir dire JE constitue une
dimension essentielle de l’existence humaine. » Kant

I La découverte de la conscience
1) La conscience est elle une invention de la philosophie moderne ?
Il n’y a pas d’équivalent exact pour les grecs. Psyché traduit par âme mais la meilleure
traduction est esprit. Chez Aristote le mot ousia a évolué au sens de l’âme religieuse.
Pneuma : le souffle, ce qui va nous faire vivre. Zopyra : le feu intérieur. L’expérience d’un
individu est toujours tourné vers le dehors, individu ne se défini pas par rapport à lui-même
mais par rapport à un groupe ou cité : l’ostracisme.
Cette représentation est à l’opposée même de l’introspection psychique « connaît toi, toi-
même » Socrate, ça voulait dire étudier l’âme : mettre en lumière toutes fonctions et principes
qui animent les corps vivants, de nos jours se sont les biologistes = rien avoir avec la
psychologie moderne. Idéal grec : équilibre entre le corps et l’esprit. Dans l’antiquité une fois
le christianisme là la conscience va s’implanter sous la forme de l’introspection morale ; la
conscience n’est que le sens moral. On va commencer à parler de conscience qu’à partir du
XVII avec Descartes, donc oui la conscience est une invention de la philosophie moderne.

2) La conscience de soi est il ce qu’il y a de plus connaissable ?


A-t-on besoins de savoir qui on est pour savoir ce qu’est la conscience ?
Bergson : la conscience c’est une donnée immédiate. Cette connaissance ne procède non pas
d’un jugement mais d’une intuition sensible. Kant : le temps, expression de mon sens interne
= si pas cette intuition ne peut pas me penser moi-même. Espace tout ce qui n’est pas nous,
l’expression du sens externe, pas une évidence première.
Descartes va pas dire que c’est une intuition mais c’est toujours un jugement : le fameux
cogito « je doute donc je pense, je pense donc je suis ». Descartes Les réponses aux secondes
objections aux méditations méditations métaphysiques. 1641 « par le nom de penser je
comprends tout ce qui est tellement en nous, que nous en sommes immédiatement
connaissant. » Puisqu’il s’agit d’une connaissance c’est un jugement donc un concept. On ne
s’est pas si la conscience de soi est ce qu’il y a de plus connaissable

3) Faut-il distinguer radicalement les phénomènes psychiques des réalités physiques ?


Pour Descartes une substance est « ce qui n’a besoins d’aucun être pour être ce qu’il est. » Il
va y avoir une opposition entre la réalité de la pensée « chose pensante = res cogitans » et la
réalité matérielle « la matière étant une chose corporelle = rescorporea ». Il y a donc un
dualisme absolu. Ce qui relève de la conscience ne relève absolument pas de la matière.
Distinction entre phénomène psychique et réalité physique pour Descartes. Pour lui il faut
radicalement distinguer les phénomènes psychiques des réalités physiques.
Spinoza va distinguer la pensée de l’étendue mais au lieu de penser à 2 identités distinctes il
va dire qu’aussi bien l’étendue que la pensée est de même nature, donc des liens entre les 2
sont possibles. Les sentiments pour Descartes sont les pensées des sentiments.
Hobbes (1588-1679) Les troisièmes objections aux méditations métaphysiques « si le sujet est
activité de la pensée alors pourquoi ne pas en conclure que je suis une promenade du simple
fait que je me promène. » Tout ce qu’on fait devient substantivé.

II La conscience objet de connaissance


1) La conscience de soi peut elle être objet de connaissance ?
Le moi ou conscience de soi accompagne peut être toute représentation mais on ne peut
jamais le saisir comme « moi » pure, c'est-à-dire indépendamment des contenus des
représentations qui l’accompagne, cela implique que conscience de soi présenter comme un
fait d’expérience évident est justement pas évident. Contre le cogito Cartésien : pensée qui
implique l’existence de soi. Critique de David Hume (1711-1783) traité de la nature humaine
« pour ma part quand j’entre dans le plus intimement dans ce que j’appelle moi-même je bute
toujours sur quelques perceptions particulières ou sur une autre, de chaud de froid, d’amour et
de haine, de douleur ou de plaisir je ne peux jamais à aucun moment me saisir moi-même sans
une perception et jamais je ne puis observer autre chose que la perception. Quand les
perceptions sont supprimées on peut vraiment dire que je n’existe pas. »
Kant c’est dit « Hume m’a réveillé de mon sommeil dogmatique » aucune connaissance n’est
pas possible si nous n’avons pas aucun de nos 5 sens. Pour Hume tout savoir est fondé sur
l’expérience alors que pour Descartes tout savoir est fondé sur le jugement rationnel.
Pour Kant la perception est indispensable mais elle repose sur les intuitions pures et les
intuitions seules ne suffisent pas. Hume et Descartes ont torts. Si la conscience de soi est un
fait relevant de l’expérience immédiate que le sujet, si de lui-même comme moi pensant
comment le connaître autrement que par observation directe. Contradiction la perception
directe se modifie à chaque instant ce qui implique que le sujet est jugé parti. Auguste Comte
Cour de philosophie positive 1830 « par une nécessité invincible l’esprit humain peut
observer directement tous les phénomènes exceptés les siens propres. » Pour nous nous ne
pouvons pas être objet de connaissance : impossible de nous conceptualiser nous même.

2) Peut-on connaître les autres consciences ?


Sartre (1905-1980) remarqué déjà dans Lettre et néant 1944 « si la conscience est sujet et en
tant que telle inobjectivable c’est qu’on y accède jamais de l’extérieur. » C’est pareil pour le
conscience d’autrui : ni observable, constatable directement, on peut toujours extrapoler à
partir de conduite observable et constatable. Représentation médiatiser implique qu’on va nier
les faits de consciences si on les nie : si on ne reconnaît pas dans les faits de quelqu’un d’autre
une subjectivité on tombe dans un excès réductionniste. Nous serions programmés, position
des neurobiologistes actuels : ce qu’on pourrait dire ou faire ne serait réduit qu’à une
explication physicochimique. Francis Crick prix Nobel de médecine « le psychisme est un
ensemble de neurones. » Cette thèse s’oppose radicalement aux phénoménologues qui eux
décrivent précisément et dans le détail pour me représenter le plus objectivement possible ce
que je vois.
Husserl (1859-1938) 3la conscience d’autrui est accessible en ceci que les hommes forment
originellement une communauté de conscience. » C’est ce qu’il appelle une intersubjectivité.
Si on ne considérait pas autrui comme un autre sujet on ne serait pas gêner, l’autre va être
pensé comme un alter égo c'est-à-dire un autre moi-même. Le fait de penser que c’est une
autre conscience provient du mouvement de l’un comme de l’autre = intentionnalité. Autrui
est un autre moi-même et sa connaissance est envisageable par le biais de l’intentionnalité.
Du point de vue de Husserl on peut connaître les autres consciences grâce à l’intentionnalité
mais en général on ne peut pas.

3) Une psychologie scientifique doit elle renoncer à parler de conscience ?


La conscience ne serait en fait qu’une notion écran gênant la connaissance objective. Cela
a pour conséquence qu’on peut abandonner le mot et renoncer à un présupposer de type
métaphysique : pétition de principe « petitio principi » c’est le fait qu’il y ait une
différence entre une pierre et un homme : on peut toujours penser qu’une pierre aussi bien
qu’un homme réagit aux conditions extérieur, il n’y a pas une différence de nature mais
une différence de degré, cela va impliquer qu’il va falloir changer de vocabulaire, ce qui a
été fait par la psychanalyse, on ne parle jamais de conscience, mot qui appartient à la
métaphysique ou à la morale. Soit on fait une analyse psychologique soit une analyse
phénoménologique, analyse les états d’âmes mais ce n’est pas objectivable.

III La conscience, le corps et le monde


1) la conscience est elle réductible à un état du corps ?
Si chaque sujet est un mystère pour lui-même est ce que cela implique que la transparence de
soi de la conscience n’est qu’en fait une illusion ?
Pour Descartes il y a une séparation nette entre le corps et l’esprit (dualiste).Depuis Spinoza la
pensée est moniste. Pour Descartes « la nature m’enseigne par les sentiments de douleurs, de
faim, de soif etc. que je ne suis pas loger dans mon corps comme un pilote en son navire mais
que je lui suis conjoint très étroitement et que je compose comme un seul tout avec lui. » pas
de différence entre esprit et corps or pas vrai pour Descartes, il y a une différence de nature ce
qui procède de l’esprit ne procède pas du corps pour Descartes. L’âme est partout dans le
corps mais de nature différente car oppose la pensée comme chose pensante et matière comme
chose corporelle.
Spinoza (1632-1677) L’Ethique 1670 il ya la substance au dessus : c’est quelque chose qui est
cause de soi même la substance a une infinité d’attribue mais nous les humains nous n’en
possédons que 2 : l’étendue et la pensée, mais elles sont de mêmes nature. « Les décrets de
l’esprit ne sont rien d’autres que les désirs eux-mêmes et varient en conséquences selon les
dispositions variable du corps. » L’homme est soumis à ses passions et est un être de désir.
Nietzche va critiquer le concept même de conscience, Les fragments posthume 1882 « la
conscience, cet instrument parce qu’il est le dernier apparu n’est ni l’instrument le plus
nécessaire ni le plus admirable. » Pense que c’est une invention de l’homme pour pouvoir de
justifier, pense que la conscience ce n’est pas le fondement de la subjectivité. Freud montre
que l’humanité avait connu 3 grandes ruptures :
Copernic : l’homme n’est plus au centre de l’humanité ; Darwin l’homme se considérait
comme un homme à part, Darwin montre qu’on est l’évolution d’un rameau d’évolution ;
Freud découverte de l’inconscient psychique.
La phénoménologie : pour ces auteurs la vie spirituelle et corporelle sont incomparables, le
corps n’est pas un simple morceau de matière d’où le concept de Maurice Merleau Ponty
(1908-1961) Ce corps propre n’est pas encore objet mais sujet. Phénoménologie de la
perception 1945 « Le sujet n’a pas un corps, il est un corps de ce point de vue le corps est bien
en tout cas le site de la conscience que se soit sur le plan de la vision, motricité, sexualité. »
Nous avons toujours été dans notre corps, tout le rapport au monde va dépendre de cela. Le
corps est fondamental à la définition du sujet. Pour Freud nous construisons nous même notre
corps, à l’âge de l’adolescence nous sommes le reflet de notre entourage, à l’âge adulte ce
corps façonné non pas par nous on sera maitriser notre corps. Non car le corps est le
fondement de la conscience.

2) Comment décrire l’activité psychique du sujet ?


Comment se constitue concrètement les diverses représentations d’un sujet doué de
conscience, le tout s’en ramené cela à des causes naturelles ou organiques. Les causes
organiques sont sujets de la neurobiologie ou des neurosciences. Si on ne fait pas cela on fait
de la phénoménologie = décrire son objet d’étude le plus précisément possible : évacuer la
subjectivité. Husserl (1859-1939) Heidegger (1889-1976) Jean Paul Sartre (1905-1980)
Merleau Ponty (1908-1961). Pour ces auteurs la conscience n’est pas une région de l’être
parmi d’autre, elle est le domaine fondamentale à partir du quel ce constitue pour cette
conscience tous les autres domaines de la réalité. Cela peut avoir des conséquences morales
puisque la conscience est au centre du monde, le début de la fin du monde est notre mort.

3) Faut il expliquer la conscience par les formations sociales dans lesquelles elle
s’incère ?
Il faut que le sujet existe, pensé culturellement, pas le cas des primitifs car il est rare dans une
langue primitive la présence du « JE » car on s’apparente à un membre de la
communauté,’existe pas en tant qu’être humain tant qu’il n’a pas passé les épreuves de liberté,
rapport au monde religieux qui va déterminer l’existence d’un être humain. Le concept de
conscience n’est pas évident : les cultes de la cargaison (cargo-cults) notre religion a raison,
tout ce que nous croyons c’est réalisé ? Aspect sociologique : pensée développé de Durkheim
ou Marx, le concept de conscience est social nous ne sommes rien d’autre que le reflet de
notre éducation (Durkheim). Marx va parler d’idéologie et par voie de conséquence
d’aliénation. Cette conscience passe par des appareils idéologique ceux que nous sommes est
le reflet du discours dominant. Montré qu’on pouvait dépasser ces structures idéologiques.
Jean Baudrillard (1928-2007) montre que de nous jours une société hautement industrialisée,
est aliéné celui qui veut bien l’être tous les rapports humains sont des rapports de séductions
donc il s’agit de rapport intersubjectif. Savoir si tel ou tel est déterminé par la séduction.
Non, on peut le faire mais il est insuffisant car il est réducteur.