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TH 726 • mars-avril 2011 Imagerie Dossier

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Danielle Fabrega Martine Decouvelaere
Hospices Civils de Lyon Présidente de l’ASSOCIATION FRANÇAISE
Françoise Gosso DES INGÉNIEURS BIOMÉDICAUX (AFIB)
Assistance Publique Hôpitaux de Paris CHU de Toulouse

RSNA 2010
Une approche multidisciplinaire
centrée sur le patient

A u-delà de la crise économique des pays occiden-


taux, la période actuelle est surtout marquée au
niveau international par le changement d’équilibre
niques et du cancer en particulier. L’amélioration de
la prise en charge des patients doit également se tra-
duire par le développement de collaborations entre
déplaçant le centre de gravité de la croissance vers généralistes et spécialistes sous la forme de plate-
les pays dits « BRIC » (Brésil, Russie, Inde, Chine). Les formes d’échanges de données médicales annoncées
modifications d’organisation sur le plan international et par les industriels.
en conséquence l’adaptation des stratégies industrielles Ainsi les mots-clefs sont-ils l’accès aux soins et leur
des années précédentes affirment à un degré raison- sûreté, le maintien à domicile des personnes et la maî-
nable l’optimisme d’un nouveau marché en expansion. trise des coûts de santé. Pour l’imagerie, cela signifie
Le thème choisi pour la séance d’inauguration du tout autant la maîtrise de la dose de rayonnements
RSNA1 2010 est la personnalisation de la médecine. ionisants et le développement de projets de plate-
Une médecine personnalisée résumée dans le slo- formes régionales d’échange des données que l’aug-
gan « The right care to the right patient at the right mentation constante de la productivité des plateaux
time » qui recouvre plusieurs notions : une méde- techniques d’imagerie.
cine performante en termes de moyens mis à dispo- Sur le plan médical, le cancer est devenu la principale
sition, une médecine raisonnée qui traduit une prise cause de mortalité dans le monde, et la recherche se
de conscience de la dosimétrie, une médecine atten- poursuit dans le sens de la médecine dite personna-
tive aux coûts qu’elle engendre. Sur ce dernier point, lisée, dont l’objectif est d’adapter le traitement au
l’accent est mis sur le développement de bio-mar- patient et à sa tumeur. Annoncée depuis de nom-
queurs permettant de prédire la réponse d’un patient breuses années, cette évolution se traduit désormais
à un traitement médicamenteux, évitant une perte à en pratique, et l’imagerie morphologique, fonction-
la fois de chance et d’argent dans le choix d’une thé- nelle et moléculaire en devient un des piliers pour la
rapeutique inappropriée. Ce thème met en avant l’ab- détection, l’aide à la décision, la planification, le gui-
solue nécessité d’un travail collaboratif entre radiolo- dage et le suivi du traitement.
gues, médecins nucléaires, physiciens, informaticiens Sur le plan technique, la machine TEP/IRM intégrée
et ingénieurs biomédicaux au service du patient. dans le même anneau apparaît comme la seule inno-
vation technologique du millésime 2010. De plus,
Tendances générales l’imagerie médicale bénéficie des progrès constants
Sur le plan politique, les gouvernements ont la pré- de l’informatique et des télécommunications, avec les
occupation d’assurer l’accès aux soins du plus grand capteurs « sans fil », la généralisation de l’interface
nombre de personnes atteintes de maladies chro- utilisateur « unique et multimodalités », la réparti-

1- Un glossaire est disponible pages 14 et 16.


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tion « en nuage » (cloud-based) des traitements et le monde occidental, on parle de croissance à deux
des données et l’archivage « neutre » (indépendant chiffres pour les pays du BRIC. Il est d’autant plus dif-
du fournisseur de l’image) et « universel » (indépen- ficile de tirer des enseignements des chiffres annoncés
dant de la nature du format de l’image ou de la don- qu’ils masquent aussi des disparités entre modalités.
née : DICOM, JPEG, etc.). Les États-Unis semblent reprendre le chemin d’une
Les majors de l’imagerie en coupe développent leurs croissance timide (quelques pour cent) tandis que
gammes en de multiples produits pour s’adapter aux l’Europe stagne globalement. Devant l’ampleur des
différents marchés. Simultanément, on constate la déficits publics, l’Espagne et le Portugal passent ainsi
confirmation de l’offre de salles et appareils de radio- à de nouveaux modèles de gestion de leurs plateaux
logie dite « conventionnelle » proposée par les indus- techniques externalisés. La France enregistre selon
triels fournisseurs de surfaces sensibles. les industriels une bonne voire une très bonne année,
Les aspects techniques à souligner sont : soutenue par le marché de l’IRM.
• la généralisation du tunnel large et des antennes Les pays du BRIC continuent à doper le marché : mar-
matricielles en IRM ; ché de volume, marché haut de gamme également.
• la poursuite des solutions techniques de maîtrise de Pour cela, les industriels y répondent à la fois par
la dose en scanner qui semble maintenant bien ancrée l’implantation d’usines « champignons » pour produits
en tant que performance technique ; standards ou spécifiques à ce marché mais aussi par la
• l’approche technologique différente des trois majors fourniture de produits « premium » fabriqués encore
vis-à-vis de la PET/MR ; dans les unités des maisons mères. L’impact indirect
• le principe d’une imagerie de la femme multimodale ; sur le marché occidental est aujourd’hui la conception
• la disparition des arceaux en U de la gamme des de produits adaptés aux besoins de base et non la
fournisseurs ; recherche de produits à visée purement technologique.
• la généralisation de capteurs sans fil (Wi-Fi ou équi- En un mot, l’industriel cherche à s’adapter au marché
valents) dans les salles à capteur-plan ; et cela se traduit par une attention particulière portée
• l’adjonction d’un échographe portable dans la à la clientèle, et la recherche de produits avec plus de
gamme des industriels qui n’en disposaient pas en confort pour le patient, d’une image de marque plus
propre ; lisible pour le client, et d’un réseau commercial avec
• le positionnement du PACS comme nœud de plate- un point d’entrée unique pour le client. Parallèlement,
forme d’échanges : pour les spécialistes, une offre logi- il affiche l’impérieuse nécessité de continuer à investir
cielle étendue alternative aux consoles des modalités ; dans la recherche et le développement (R&D) pour res-
pour les généralistes, appelés aussi clients « légers », ter visible pour le client grâce à des produits innovants.
une interface simplifiée à visée iconographique ; La part du chiffre d’affaires de la division médicale
• la notion d’interopérabilité des PACS ou des serveurs reste stable, les profits réapparaissent. On n’enregistre
d’application de toutes marques. pas de mouvement particulier à l’exception du rappro-
On observe une tendance chez quelques industriels de chement des sociétés Hitachi et Aloka par complément
dépasser le cadre de leur métier de fournisseur d’équi- de leur gamme d’échographie. Les organisations se
pement en s’orientant vers le service et la notion de stabilisent après un nouveau découpage de leurs acti-
« client partenaire » : soit par le développement d’une vités ou de leur clientèle. Au bilan, l’année 2010 est
activité de conseil, voire d’« infogérance » en réponse vécue comme une année de reprise.
aux difficultés financières des établissements de soins,
soit par le développement de la télémédecine avec une France
division de surveillance à domicile des malades chro- Bilan de l’année écoulée
niques. Plus éloignés encore de l’imagerie, certains Les industriels annoncent globalement une année
développent des produits grand public orientés sur le 2010 avec de bons résultats soutenus en particulier
bien-être : cosmétiques, soins du corps. par un marché de l’IRM florissant. Cependant, deux
phénomènes traduisent bien les difficultés financières
Marché de l’imagerie des établissements. Tout d’abord le constat d’une
Monde baisse des prix des configurations retenues, due prin-
La vision des industriels de leur marché est aujourd’hui cipalement à une concurrence plus aiguë. Ensuite,
bipartite. Ainsi, si l’on parle d’année post-crise pour l’augmentation du nombre de dossiers de consultation
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où une réponse de type leasing est demandée soit de « conventionnelle », la médecine nucléaire et les tech-
base soit en variante. La solution du paiement à l’acte nologies de l’information ;
est encore embryonnaire. • un marché à la baisse pour les ultrasons.
Sur le plan institutionnel, et à un niveau plus orga- Dans un monde en crise, les industriels qui tirent leur
nisationnel, l’Agence nationale d’appui à la perfor- épingle du jeu sont ceux qui présentent des nouveau-
mance des établissements de santé et médico-sociaux tés, donnant ainsi une meilleure visibilité de leur
intervient à la demande des établissements, en diffi- savoir-faire vis-à-vis de la concurrence. On assiste
culté financière ou non, dans le cadre de l’optimisa- d’une année sur l’autre à des ajustements de gammes
tion de leur fonctionnement, et pour permettre aux entre industriels… sans réel bond technologique.
agences régionales de santé d’établir des contrats de En IRM, plus d’une centaine de dossiers a été traitée
performance avec les établissements de santé. Concrè- cette année où la différenciation par la largeur du
tement, l’Anap aborde en premier lieu l’objectif en tunnel a été un élément déterminant dans le choix.
termes d’activité pour positionner en face les moyens Le marché français des machines 3 T progresse mais
nécessaires qu’ils soient matériels ou humains. reste en retrait par rapport au marché européen où
Côté fournisseurs, ces derniers mesurent l’impact des cela concerne une machine sur cinq.
groupements d’achat dans les structures publiques Au-delà de l’implantation en bloc opératoire, la radio-
(Ugap, UniHA) ou privées (CLCC, mutualistes…) qui logie interventionnelle se décline par une approche
représentent de 30 à 40 % du volume des affaires trai- combinée de plusieurs modalités aussi appelée
tées. Un non-référencement peut se traduire par une « hybride » : angiographie et IRM, angiographie et
absence du marché pour deux à trois ans. Des équipes scanner, voire une association des trois. Il s’agit d’un
dédiées ont été constituées pour répondre spécifique- décloisonnement des modalités mais également des
ment à ce type de dossiers. activités médicales spécialisées.
L’évolution la plus marquante est la création chez deux Concernant la radiologie conventionnelle, on peut
fournisseurs au moins d’une division conseil et info- s’étonner du nombre toujours plus important de
gérance pour répondre au besoin exprimé par certains compétiteurs sur un marché beaucoup moins attrac-
hôpitaux de maîtriser l’évolution de leur plateau tech- tif que celui des équipements lourds, tant en rentabi-
nique sur le plan financier à long terme, sous forme lité qu’en nombre de dossiers traités. Les fournisseurs
d’objectifs et non plus de moyens. La division conseil mettent volontiers en avant la complémentarité des
et infogérance, qui nécessite des compétences nou- capteurs plans et des plaques phosphore, illustrant
velles en audit et en analyse financière, réalise un bien la recherche d’une solution économique maîtrisée
bilan de l’existant et s’appuie sur le projet médical par accompagnement du client. Cette évolution est
pour proposer une optimisation du plateau technique : particulièrement sensible en mammographie où deux
amélioration du flux patient, transfert d’actes entre industriels s’engagent sur des capteurs « à aiguille »
modalités, renouvellement d’équipements. dont les performances se rapprochent de celles des
Dans le cas de l’infogérance, pratiquée en dehors de capteurs plans.
nos frontières en Europe, sur la base d’une analyse de La branche « IT », pourtant annoncée comme promet-
risques, le fournisseur se positionne en tant que ges- teuse l’an dernier, avec entre autres le projet « France
tionnaire et non plus uniquement en tant que four- sans film », reste au point mort dans l’attente de déci-
nisseur d’équipements. Sur le plan technique, il est sions de financement (grand emprunt). Les premiers
susceptible de proposer des équipements de sa marque projets en mode service viennent de se concrétiser.
mais également des équipements concurrents en l’ab- Il faut donc faire le constat que la France est encore
sence de réponse appropriée à son catalogue. L’enga- grande consommatrice de films, et que les sociétés
gement doit être sur une période d’au moins quinze historiques du secteur réalisent encore au moins un
ans et peut couvrir tous les domaines : équipement, tiers de leur chiffre d’affaires sur ce produit, part en
mais également bâtiment ou personnel, sans toucher diminution régulière, loin d’être en chute libre comme
à l’acte médical. annoncé mais très profitable dans la mesure où elle ne
L’analyse du marché par modalité montre : nécessite pas d’investissement en R&D.
• un marché dynamique voire très porteur pour l’IRM Le marché de la médecine nucléaire se maintient à un
et les salles interventionnelles ; niveau stable essentiellement grâce à la progression
• un marché atone pour le scanner, la radiologie des machines hybrides.
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Glossaire
A ADSL asymmetric digital subscriber line
Afib Association française des ingénieurs
biomédicaux
Afssaps Agence française de sécurité sanitaire
Le secteur des ultrasons est en baisse continue mal-
gré l’augmentation du nombre d’appareils au lit du
patient. Il est vrai que le volume est à nuancer avec
le coût unitaire en baisse de ces appareils.
des produits de santé
AIDR adaptive iterative dose reduction Perspectives
Dans le contexte volontariste de maîtrise du budget de
Anap Agence nationale d’appui à
la sécurité sociale, la pression financière sur les éta-
la performance des établissements de santé
blissements de santé se précise. Elle se traduit par une
et médico-sociaux
durée de vie des équipements allongée, une recherche
Arhif Agence régionale de l’hospitalisation de nouveaux modes de financement, et dans certains
d’Île-de-France cas une délégation de la gestion de plateaux tech-
ARS agence régionale de santé niques à un prestataire extérieur.
ASIR adaptive statistical iterative reconstruction Sur le segment de l’IRM, les prévisions sont bonnes
BGO oxyde de germanium de bismuth pour l’année à venir correspondant au renouvellement
BRIC Brésil, Russie, Inde, Chine du lot de machines autorisées en 2002. Complémen-
CA chiffre d’affaires tairement, des discussions entre les acteurs profes-
CLCC centre de lutte contre le cancer sionnels sont en cours pour définir la meilleure façon
Cloud computing déportation sur des serveurs distants de libérer les machines polyvalentes des vacations
des traitements informatiques traditionnelle- actuellement dédiées à l’ostéo-articulaire : soit par
une machine spécifique soit par une machine conven-
ment localisés sur des postes utilisateur
tionnelle « simplifiée ».
ou des serveurs centraux
Sur le plan scientifique, la création des instituts hos-
CMOS complementary metal oxide semiconductor
pitalo-universitaires est attendue par les industriels,
CR computed radiography au-delà de la possibilité d’équiper des plateaux tech-
CsI iodure de cesium niques haut de gamme, comme une opportunité de
CT computed tomography, valoriser les équipes médicales françaises.
tomographie assistée par ordinateur, dite
aussi scanner ou TDM Stratégies industrielles
CZT cadmium zinc telluride
DICOM  Digital imaging and communications General Electric Healthcare
in medicine, standard devenu en 2006 La crise a eu pour effet un repositionnement de GE sur
une norme ISO et CEN ses activités industrielles « énergies » et « technolo-
DQE  detective quantum efficiency, efficacité gies d’infrastructure : santé, aviation et transport » au
détriment des activités « finances » et « audiovisuel ».
de détection quantique
La branche « santé », qui représentait environ 11 %
DR digital radiography, radiologie numérique
du chiffre d’affaires total de GE avant la crise, tend à
DSI direction des systèmes d’information
se rapprocher de 15 %.
FDA Food and Drug Administration L’année 2010 est une année de stabilisation sur le
FDG fludeoxyglucose marché nord-américain qui représente aujourd’hui
FNa fluorure de sodium 50 % des ventes de GE contre 90 % il y a trente ans.
Gadox oxyde de gadolinium Le déplacement des marchés a donné lieu chez GE à la
Gold standard référence création de cinq pôles reflétant l’économie mondiale :
IHU institut hospitalo-universitaire États-Unis, EMEA (Europe, Moyen-Orient, Afrique),
IRM imagerie par résonance magnétique Chine, Inde, Asie-Pacifique (Asie hors Chine et Inde,
IT information technology (cf. TIC) Japon, Australie).

J
JPEG Joint Photographic Experts Group, La stratégie « Healthymagination » annoncée en 2009
groupe d’experts qui édite des normes se poursuit, prônant un nouveau modèle de fonction-
nement par rapport au modèle de vente en cours
de compression pour l’image fixe
jusqu’à présent, avec trois axes majeurs : faciliter l’ac-
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cès aux soins ; améliorer la qualité (workflow et équi- toire à l’hôpital et au domicile, montre l’importance
pements) ; réduire les coûts. qu’accorde Philips au développement d’une branche
L’orientation vers le client se traduit par le slogan « santé à domicile », secteur en plein essor qui pour-
« One GE » concrétisé par un interlocuteur privilégié rait dépasser l’imagerie en pourcentage du chiffre d’af-
pour chacun. faires dans les années à venir.
Le marché français reste le premier de GE en Europe. L’année 2010 est marquée par une réorganisation com-
L’évolution du chiffre d’affaires en croissance de 3 % plète de la société, avec le découpage du monde en
est largement dopée par le marché de l’IRM et cache 105 districts (six en France). La nomination de res-
des inégalités entre modalités. Pour répondre à l’évo- ponsables de district chargés de suivre l’ensemble
lution du marché français, GE : des produits et services proposés de la branche santé
• dédie une équipe pour les groupements d’achat qui illustre la volonté d’être au plus près du client pour
représentent 20 % de son chiffre d’affaires ; réagir rapidement.
• a créé une branche audit constituée de vingt per- Face aux restrictions budgétaires des établissements
sonnes, en partie grâce au rachat de la société Sanesco de santé, Philips propose une offre de service de type
en 2010, pour se lancer dans une activité de conseil infogérance avec la gestion complète (mise à dispo-
et d’audit des établissements de santé. C’est ainsi que sition et maintenance) d’équipements d’imagerie et
le consortium constitué entre GE et le cabinet Deloitte pouvant prendre en compte même la totalité du pla-
a été sélectionné par l’Anap, et est candidat aux pro- teau technique.
jets d’études en cours et à venir. À noter le succès du
consortium GE-Orange qui a remporté le marché PACS en Siemens Healthcare
Île-de-France en mode pay per procedure (projet Arhif). Dans un contexte économique difficile, Siemens clôture
Sur le plan de la recherche, GE souhaite s’appuyer sur l’exercice 2010 avec des résultats en hausse : aug-
les équipes de 400 ingénieurs et chercheurs localisées mentation de 3 % des commandes (soit 91,2 milliards
à Buc pour développer l’axe R&D dans le secteur de la d’euros) et chiffre d’affaires stabilisé à 76 milliards
santé annoncé dans le grand emprunt. d’euros. Cette reprise apparaît dans les trois secteurs
d’activité de Siemens :
Philips Healthcare • le secteur « Energy » présente une activité sou-
Les activités de la société Philips se répartissent en tenue grâce au dynamisme affiché par les activités
trois secteurs : la santé, les produits grand public et liées aux centrales thermiques classiques, aux sys-
l’éclairage, avec comme devise générale « Du sens et tèmes d’énergies renouvelables et aux systèmes de
de la simplicité » et un objectif identique « santé et transport d’électricité. Ce secteur représente environ
bien-être ». Cela se traduit par une volonté d’être au 35 % du CA réalisé par la société ;
plus près du patient, du personnel, du client… • le secteur « Industry », marqué par une évolution
Après une année 2009 stable, Philips retrouve en 2010 favorable des activités dites à cycle court des divi-
le chemin d’une croissance à deux chiffres tous sec- sions « Industry Automation » et Osram, est en phase
teurs d’activités confondus. Cette croissance est plus de redémarrage d’après crise ; il représente plus de
modérée pour la branche « santé » à l’exception des 46 % du CA de la société ;
pays émergents, la Chine au premier plan. Une usine • le secteur « Healthcare » peut se prévaloir d’une
a été ouverte en 2010 dans ce pays, pour la construc- année remarquable dans le domaine de l’imagerie
tion des IRM et des scanners afin de répondre au mar- médicale. Avec 13 milliards d’euros de CA, il repré-
ché domestique exclusivement. D’une manière géné- sente 17 % du CA du groupe.
rale, l’objectif de Philips est de produire au plus près Le secteur Healthcare a connu une année 2010 mar-
des lieux de vente, indépendamment du coût de la quée par la concrétisation de la stratégie d’offre sur
main-d’œuvre qui représente seulement 8 % du coût l’ensemble du continuum de soins, en associant dis-
de l’équipement : la délocalisation n’est pas d’actualité positifs médicaux de diagnostic in vivo, in vitro et thé-
pour ce type de produit. La branche « santé » repré- rapeutique ; il comprend trois divisions :
sente 34 % du chiffre d’affaires dans le monde (22 % • « Diagnostic in vitro » pour les activités de labo-
en France) mais 50 % des résultats. ratoires d’analyses médicales, qui est constituée des
Le rachat en 2010 de la société Respironics, spécia- acquisitions réalisées ces dernières années (Bayer, Dade
liste de la prise en charge de l’insuffisance respira- Behring et DPC) ;
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L • « Systèmes d’imagerie et thérapie », qui regroupe les


équipements d’imagerie en coupe (CT, IRM), de théra-
pie (radiothérapie et salles interventionnelles) et de
médecine nucléaire ; elle sera chargée des offres en
Lyso lutétium yttrium orthosilicate
matière de systèmes d’informations spécialisés (visua-
MBIR model based iterative reconstruction lisation et traitement avancé, PACS) ;
MN médecine nucléaire • « Produits cliniques » comprenant la radiologie
PACS picture archiving and communication system conventionnelle, les amplificateurs chirurgicaux, les
Pay per procedure paiement à l’acte appareils mobiles, la mammographie et les ultrasons.
PET  positron emission tomography ou tomographie Pour soutenir une stratégie fondée sur l’innovation,
par émission de positrons (TEP) Siemens maintient en 2010 ses investissements en
PHRC programme hospitalier de recherche clinique R&D à hauteur de 4 milliards d’euros avec un effectif
Potter support de la plaque sensible de plus de 30 000 chercheurs réalisant près de 9 000
R&D recherche et développement inventions par an, avec près de 1 000 partenariats de
R&F radiofréquences recherche externe.
RAM random access memory
Dans le secteur de la santé, cette innovation se
retrouve sur les appareils haut de gamme (MR/PET
RIS radiology information system
par exemple), mais aussi avec des équipements conçus
Roadmapping cartographie
pour leur caractère « essentiel » : sans compromis sur
RSNA  Radiological Society of North America, les fonctions de base, cette offre apporte une réponse
http://radiologyinfo.org économique performante tant aux niveaux de l’achat,
SaaS  software as a service, fourniture de logiciels de la maintenance et de la logistique que de l’exploi-
sous forme de services tation.
SAV service après-vente Pour Siemens, la délocalisation de la fabrication n’est
SPECT  single photon emission computed tomography pas un enjeu majeur car les équipements d’imagerie
ou gamma caméra représentent un faible volume en nombre ; en revanche
Statif socle comportant une tige verticale pouvant les sites de production doivent être au plus près des
recevoir divers dispositifs ou appareils lieux de vente, dans les grandes régions du monde.
de laboratoire, de photographie (Larousse) Le marché français de l’imagerie, à l’instar du marché
Streaming transfert de données multimédia en continu
européen, est resté globalement stable. Les variations
ont porté, pour l’essentiel, sur une forte augmenta-
sur internet
tion des achats IRM, une relative stabilité du marché
TDM tomodensitométrie, dite aussi scanographie,
des scanners et un repli plus prononcé sur les équipe-
CT ments de radiologie conventionnelle et les ultrasons.
TIC technologies de l’information et de la commu- Trois thèmes illustrent les messages véhiculés par Sie-
nication mens lors de ce RSNA :
TOF time of flight ou « temps de vol » d’un ion • l’ « hybridation », qui se décline par le couplage
U-arm bras en forme de U de différentes modalités : TEP/TDM, TEP/IRM, SPECT/
Ugap Union des groupements d’achats publics TDM, salle interventionnelle couplée à un scanner et/
UniHA Union des hôpitaux pour les achats ou une IRM ; et par l’installation d’une salle d’imagerie
US ultrasons interventionnelle dans un environnement de bloc opé-
WIP work in progress, travail en cours ratoire ; cette hybridation de l’approche diagnostique
Workflow gestion du flux et thérapeutique sous imagerie verra son importance

Z
Xray rayons X
augmenter dans les années à venir ;
• la dosimétrie, qui reste un élément très important,
avec le développement de nouvelles techniques de
réduction de la dose mais aussi par une démarche
d’information et de sensibilisation des acteurs, qu’ils
soient utilisateurs ou patients sur les doses délivrées ;
• la « visualisation avancée des images » avec le ser-
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veur Syngo Via qui permet de s’interconnecter avec général d’Alsace. L’activité R&D de Toshiba s’associe les
les différentes modalités et les équipements de la compétences médicales d’équipes françaises comme
concurrence. l’institut Gustave-Roussy en échographie (dépôt
d’un brevet) ou le CHU de Nancy en scanner dans le
Toshiba Medical domaine ostéo-articulaire.
Sur un chiffre d’affaires qui s’élève à 60 milliards Toshiba prend conscience des efforts marketing à pro-
d’euros dans le monde, la division médicale du groupe duire dans les prochaines années pour promouvoir les
représente 3 milliards d’euros du chiffre d’affaires au valeurs technologiques que détient la société.
sein de la branche « Infrastructure sociale » et consti-
tue l’activité la plus rentable du groupe. Entre un Hitachi Medical Systems
marché nord-américain convalescent et une Europe Après une année 2009 difficile pour le monde de
fébrile, l’activité orientée vers les pays émergents se l’échographie, 2010 est marquée par une stabilité du
traduit à la fois par des ventes de machines haut de marché en Europe et une forte croissance (11 %) en
gamme et par la fabrication locale (Chine) de produits Asie. Hitachi en a profité pour confirmer son implan-
« d’entrée de gamme » en échographie et scanner. tation aux États-Unis à travers sa filiale HMSA. Avec
Contrairement au scanner où Toshiba se positionne sa devise « Inspire the next », l’entreprise oriente son
comme un des tout premiers acteurs du marché, l’IRM activité sur des domaines stratégiques liés à l’amélio-
est une activité naissante pour l’entreprise qui pro- ration sociale et environnementale apportée par ses
gresse depuis cinq ans avec une gamme complète (1,5 innovations technologiques. Le monde de la santé
et 3 T). En France, elle enregistre une très bonne se trouve à l’intersection de ses trois autres secteurs
année 2010 et voit son chiffre d’affaires progresser d’activités : « information et systèmes de télécommu-
de 15 %. nication », « énergie » et « industrie, transport et sys-
La vision de la gamme Toshiba en France est incomplète tème de développement urbain ». Le secteur « santé »
– des pans d’activité comme la radiologie convention- comprend les activités d’imagerie et de diagnostic,
nelle et la médecine nucléaire n’y sont pas représen- cette dernière étant présente uniquement au Japon à
tés –, reflétant la volonté d’une pénétration ciblée du ce jour. La part de l’activité santé représente actuel-
marché européen. La répartition des activités d’ima- lement plus de 8 % du chiffre d’affaires du groupe et
gerie de Toshiba au niveau mondial s’affiche à 35 % CT, augmente régulièrement.
20 % Xray, 20 % US et < 10 % IRM. Le fait marquant de la fin de l’année 2010 est l’acqui-
En France, les activités de Toshiba se répartissent à sition de la société Aloka permettant au groupe de
parts égales entre échographes, équipements lourds disposer d’une gamme complète d’échographes et de
et services. La création d’une division dédiée « équipe- figurer parmi les tout premiers fournisseurs du secteur.
ments lourds » a permis d’augmenter significativement Cette acquisition doit aussi permettre de renforcer la
sa part de marché, fait à souligner en l’absence de collaboration qui existait déjà en matière de R&D entre
référencement sur les principaux groupements d’achat. les deux sociétés.
L’activité de salles interventionnelles reste modeste. Hitachi développe également d’autres axes de colla-
En position de leader renforcée en échographie pour boration : avec des sociétés chinoises pour la fabri-
la radiologie, Toshiba compte maintenant développer cation et la commercialisation d’échographes pour le
son activité cardiologique avec l’identification d’un marché chinois, avec la société Pentax dans le domaine
réseau commercial spécifique. de l’écho-endoscopie.
Les axes de développement de l’activité médicale de Hitachi France a été réorganisée en 2010, avec la dis-
Toshiba sont de deux ordres : tinction de deux réseaux et la constitution d’une
• l’imagerie interventionnelle au sens de la complé- équipe dédiée aux hôpitaux en échographie, scan-
mentarité des modalités : salle hybride alliant le scan- ner et IRM. Pour 2011, un partenariat avec la société
ner à l’angiographie, navigation assistée avec la firme Stephan’X, acteur sur le marché de la radiologie, devra
Brainlab ; permettre une collaboration active pour les modali-
• la télémédecine au sens de suivi à domicile des tés scanners et IRM. Hitachi confirme la tendance 2010
patients, utilisant un poste de télévision et un PC de l’augmentation de ventes via les centrales d’achat :
tablette Toshiba : c’est le projet pilote lancé en parte- près de 50 % des ventes d’échographes en France se
nariat avec Orange et en collaboration avec le conseil font via des organisations comme l’Ugap.
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Agfa Healthcare diapason de la dose d’un capteur plan, en offrant en


L’année 2010 se traduit par un résultat stabilisé, dû il outre une solution plus économique.
est vrai à la forte croissance des pays émergents. Sur Agfa défend le principe d’un développement indépen-
le plan mondial, le chiffre d’affaires est de 1,3 mil- dant de ses activités imagerie et IT.
liard d’euros distribués sur les trois activités : films La démarche auprès de la clientèle est différenciée
radiologiques (42 %), IT (38 %) représentant l’acti- depuis le début de l’année 2010 avec une approche
vité PACS majoritaire mais également « Enterprise » directe des interlocuteurs hospitaliers (cinq régions)
(système d’information hospitalier), imagerie (20 %). et une approche via T2I Healthcare pour les acteurs
À l’échelle de la France, le chiffre d’affaires s’élève à privés à la recherche de solutions personnalisées. Un
155 millions d’euros. point commun : un réseau unique qui regroupe les
L’activité « films radiologiques » portée par les pays activités de l’installation, de la formation et du ser-
émergents concerne encore la France dans une propor- vice après-vente SAV.
tion équivalente à savoir 40 % du chiffre d’affaires et
traduit bien pour Agfa la faiblesse du marché du PACS Carestream Health
sur le territoire national dont le taux d’équipement Comme suite à une étude sur la reconnaissance de la
est estimé entre 20 et 40 %. marque qui a identifié deux perceptions antinomiques,
L’année écoulée est marquée par une forte croissance celle d’une société « historique » sur le segment des
de l’activité « IT-PACS » en Amérique du Sud et en films (Kodak) d’une part, et celle d’une « start-up »
Asie, tirée par la notion d’archivage neutre : collecte focalisée sur les nouvelles technologies en imagerie
d’informations multimodales et multimarques puis res- d’autre part, Carestream veut se repositionner comme
titution des images très rapide via un navigateur sécu- un leader de l’imagerie médicale de projection et de
risé ultrarapide Xero. l’IT.
En France, Agfa propose maintenant une solution d’ar- La société est présente dans quatre secteurs :
chivage adossée à l’opérateur SFR en mode pay per • le « médical » avec des équipements et des presta-
procedure. tions allant de la commande d’examens à la capture
L’activité « IT-Enterprise » autour du dossier-patient et au diagnostic des images, en passant par la distri-
(un tiers du total du « IT »), qui se caractérise par bution des résultats et la facturation des examens ;
une solution personnalisée pour chaque pays, est plus • le « dentaire » qui s’adresse surtout aux cabinets
longue à se mettre en place compte tenu des dévelop- libéraux et aux services d’odontologie (les équipe-
pements à la carte qu’elle nécessite. La progression est ments sont revendus sous la marque Kodak) ;
lente et inégale entre les pays : 40 % de la branche IT • l’imagerie « moléculaire » au niveau des centres de
en Allemagne, 15 % en France, naissante en Russie, à recherche ;
venir en Grande-Bretagne et au Canada. • l’imagerie industrielle (contrôle non destructif).
La branche imagerie comprend les équipements mais Le chiffre d’affaires du groupe est de 2,3 milliards
également les produits de contraste génériques et les de dollars en 2009. Pour le secteur médical, le CA
produits chirurgicaux. se répartit entre le film (45 %), la capture d’images
Le marché des équipements de radiologie très concur- (37 %) et l’IT (18 %). La R&D, répartie sur trois
rentiel oblige à innover pour se maintenir dans la centres (États-Unis, Italie, Israël), est un axe majeur
course. Ainsi, les deuxième et troisième trimestres pour la société (de 7 à 10 % du chiffre d’affaires).
2010 ont-ils vu une augmentation des affaires trai- Les résultats de l’année 2010 ont été variables sui-
tées en salles à capteur plan et en technologie à vant les régions : en Europe et aux États-Unis, période
aiguille. d’après crise, avec une légère reprise, en revanche une
Agfa cherche à se différencier en défendant le prin- croissance importante dans les pays émergents (Bré-
cipe d’une cohabitation CR/DR axée sur la technologie sil, Inde, Chine).
et sur la dosimétrie : complémentarité technologique Carestream reste très présente dans le secteur du film,
pour la réalisation de clichés libres, assurance d’un en continuant la fabrication de films dans deux usines
système toujours opérationnel en cas de panne, traite- localisées aux États-Unis et en Chine, pour ses clients
ment d’images harmonisé à partir d’outils identiques, mais aussi pour d’autres sociétés. Elle fabrique la
atout dosimétrique avancé par Agfa où la technologie totalité des équipements et capteurs qu’elle com-
du capteur CR à aiguille (de la gamme DX) se met au mercialise. C’est dans ce but qu’elle a acquis en sep-
TH 726 • mars-avril 2011 RSNA 2010. Une approche multidisciplinaire centrée sur le patient Dossier
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tembre 2010 la société américaine Quantum Medical Ima- Concernant les équipements DR de conception et
ging, fabricant de systèmes de radiographie numérique fabrication Fuji, des capteurs Wi-Fi sont maintenant
et conventionnelle. proposés sur tables télécommandées et salles os-pou-
En 2010, Frost & Sullivan a décerné à Carestream le mons. Fuji met l’accent sur son savoir-faire dans le
titre de « société de l’année en imagerie médicale » traitement des images à partir des stations Axon qui
pour ses capacités à s’adapter aux évolutions du mar- se déclinent en conventionnel et en mammographie.
ché. Carestream affiche clairement la volonté d’être la Le mammographe plein champ Amulet dispose main-
société la plus innovante dans son secteur. Dans son tenance de la biopsie et pourra se positionner plus
approche, elle propose des produits qui s’adaptent à facilement sur le marché hospitalier.
l’environnement existant (notion de capitalisation sur La branche « Équipements » concerne aussi les ultra-
les équipements en place) tout en répondant aux évo- sons et est présente sur le marché avec l’appareil
lutions technologiques et aux contraintes budgétaires. Zonare et demain avec un échographe portable pour
Un partenariat a été établi entre Carestream et Apelem les urgences conçu et fabriqué par Fuji.
pour permettre à cette première de proposer les tables Le fer de lance de Fuji cette année est le « IT » qui se
télécommandées R&F d’Apelem sur le marché européen, traduit par la création d’une branche autonome avec le
dont la France. recrutement de collaborateurs. Pour percer le marché
En France, comme ses concurrents, Carestream doit européen, Fuji envisage de se rapprocher de sociétés
faire face à une réduction des budgets d’investis- locales connaissant la réglementation de chaque pays
sement et de la consommation de films, ainsi qu’à dans le domaine du RIS.
un déremboursement de certains actes. Cela néces- Côté PACS, la société développe sur Synapse les fonc-
site d’améliorer la performance des équipements tionnalités habituellement dévolues aux stations
et du SAV mais aussi de développer de nouvelles constructeurs : serveur 3D aujourd’hui, serveur de car-
prestations en particulier dans le cadre des réseaux diologie demain.
d’images, avec le paiement à l’examen. Les solutions L’année écoulée n’a pas permis à Fuji d’être candidat
d’archivage, de PACS et de téléradiologie sont dispo- aux projets, aussi s’est-elle mise en quête d’un par-
nibles sur ce modèle. Carestream est agréée « héber- tenaire réseau pour se positionner sur les prochains
geur de données santé » dossiers en consortium.
Une solution de centre de conservation et de traite-
Fujifilm Medical Systems ment de données est annoncée pour 2011 en formule
Le chiffre d’affaires de Fuji France pour l’année 2010 traditionnelle ou en pay per procedure.
s’élève à 80 millions d’euros enregistrant une baisse L’activité médicale de Fuji en dehors de l‘imagerie n’est
de 3 %. Bien que plus modérée qu’en 2009, celle-ci pas représentée à ce jour en France, qu’il s’agisse de
s’explique par la poursuite de la baisse du film au cosmétologie (très forte progression de la demande en
rythme de –18 % en France. Dans la mesure où cette Chine), de produits de contraste (marché domestique
activité représente encore plus du tiers du chiffre japonais) ou de biologie. Des réflexions sont en cours
d’affaires, elle ne peut être compensée par les deux pour un avenir européen de cette dernière branche à
autres branches « Équipements » (28 millions d’euros) échéance de deux à trois ans.
et « IT » (10 millions d’euros). À noter que le SAV est
identifié comme une activité à part entière, représen- Tendances par domaines
tant 15 % du chiffre d’affaires. Les équipements de Échographie
radiologie représentent 30 % du CA. Les grandes tendances échographiques abordées les
Fuji affiche un marché majoritaire en CR (52 %), lar- années précédentes, comme l’élastographie, la fusion
gement dopé en France depuis trois ans par le marché d’images et les outils d’aide aux gestes intervention-
des lecteurs de mammographie à l’adresse du secteur nels, se concrétisent en 2010 chez les principaux four-
privé, réticent au basculement vers le mammographe nisseurs. Au-delà des applications pluridisciplinaires,
numérique plein champ trop coûteux. Fuji a enregistré le marché des appareils portables se dirige de plus
80 % de son chiffre d’affaires en lecteurs de plaques en plus vers des produits spécifiques aux besoins des
dans le domaine de la mammographie. Cette envolée anesthésistes et urgentistes. Par ailleurs, les sociétés
semble s’être arrêtée brutalement depuis six mois, et asiatiques sont de plus en plus représentées dans le
s’accompagne d’une chute des prix du marché. domaine des ultrasons et proposent des gammes com-
Dossier RSNA 2010. Une approche multidisciplinaire centrée sur le patient TH 726 • mars-avril 2011

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plètes d’échographes. Enfin cette année 2010 est mar- Certains fabricants comme Philips et Toshiba proposent
quée par le rachat de la société Aloka par la société la vibration corporelle, Hitachi, Aloka, Siemens et Medi-
Hitachi. son la compression manuelle, et GE et Esaote une tech-
nique mixte.
Nouvelles plateformes, nouvelles sondes De plus en plus d’études cliniques sont présentées par
Peu de nouvelles plateformes sont présentées cette les fabricants afin d’accompagner le clinicien dans le
année. diagnostic. Le sein, la thyroïde, la prostate et le foie
À noter que Fuji développe cette année son propre restent les organes les plus étudiés. En ce qui concerne
échographe, le Fazone, appareil portable destiné à être le sein, l’objectif est de différencier les nodules bénins
utilisé au chevet du patient. des nodules malins dans le cas des classifications diffi-
Esaote présente sa nouvelle conception d’échographe, ciles (ACR3 et ACR4a). Pour la thyroïde et la prostate,
le MyLab Twice, qui s’appuie sur deux machines : l’écho- au-delà de l’amélioration de la détection des cancers,
graphe principal et un échographe portable (le MyLab l’objectif est le guidage des biopsies.
Sat) pour la réalisation d’examens au chevet du L’élastographie se positionne comme alternative à la
patient, avec rapatriement des images par Wi-Fi vers biopsie : les études en cours visent à valider la dif-
le PACS ou vers la machine principale dans un souci férenciation des stades de fibroses. D’autres applica-
de simplification de gestion des données patients. tions voient également le jour : la caractérisation des
Philips propose une nouvelle technologie de sonde fibroses utérines (Supersonic Imagine, GE), l’exploration
volumique matricielle Xmatrix disponible sur son du col de l’utérus (Voluson), le suivi des déchirures
échographe IU22. Elle permet d’accéder à la fois aux musculaires (Supersonic Imagine).
images 2D et 3D en temps réel : les cliniciens peuvent Pour suivre l’évolution des explorations, l’éventail de
visualiser simultanément les deux plans, sans dépla- sondes s’élargit : Hitachi et Supersonic Imagine proposent
cer ni faire pivoter la sonde. Ce nouvel outil constitue une sonde volumique fonctionnelle en élastographie.
une aide précieuse pour tous les gestes de biopsie.
Aloka propose une nouvelle sonde d’expertise obsté- Fusion d’image et repérage spatial
tricale linéaire à très haute fréquence et à très large de l’aiguille de traitement
bande passante (4-16 MHz) qui permet d’anticiper les La fusion d’images permet l’affichage et la synchro-
conditions de visualisation du fœtus d’environ deux nisation en temps réel de l’image ultrasonore et des
semaines par rapport à une approche classique. images provenant d’autres modalités type CT, IRM,
La mesure de la vitesse ultrasonore qui dépend des tis- PET/CT.
sus traversés pourrait évoluer vers un outil de mesure Pour fusionner l’image ultrasonore au volume CT ou
d’élasticité des tissus. MR, nous avons besoin d’identifier un plan de référence
obtenu par le positionnement sur la peau de capteurs
Élastographie qui serviront de repérage pour le recalage des images,
Cette année encore, les constructeurs confirment leur à défaut de l’utilisation de repères anatomiques.
volonté de développer la technique d’élastographie sur La plupart des sociétés utilisent un système de repé-
leurs différentes plateformes et sondes. Pour rappel, rage spatial magnétique à l’exception de Toshiba qui
trois techniques sont utilisées à ce jour pour obtenir travaille en détection optique en association avec Sen-
des informations sur l’élasticité (ou dureté) des tissus : tinelle (rachetée par Hologic). Dans tous les cas, grâce
l’onde de cisaillement, la vibration corporelle ou tech- à une triangulation, on repère la position de la sonde
nique reposant sur les mouvements physiologiques et dans l’espace.
la compression manuelle. La fusion d’images est souvent associée à un repérage
La technique de l’onde de cisaillement est utilisée par spatial de l’aiguille de prélèvement grâce à un capteur
les sociétés Supersonic Imagine et Siemens mais de deux miniature qui permet d’afficher en temps réel la pro-
manières différentes. C’est la seule méthode capable gression du bout de l’aiguille ainsi que sa trajectoire.
d’obtenir une mesure locale et quantitative de l’élas- Le trajet de l’aiguille n’est pas vu en dehors du plan
ticité en temps réel comparativement aux deux autres de la sonde, générant une zone aveugle. Deux solu-
techniques d’élastographie (vibration corporelle et tions sont actuellement possibles pour suivre le tra-
compression manuelle) qui donnent uniquement une jet de l’aiguille : le mode biplan temps réel d’Hitachi
valeur relative d’élasticité des tissus. grâce à deux sondes de même fréquence connectées
TH 726 • mars-avril 2011 RSNA 2010. Une approche multidisciplinaire centrée sur le patient Dossier
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en même temps permettant en temps réel une visua- DR sont proposées par les fabricants. La première uti-
lisation de deux plans ; et le suivi des deux plans en lise le Gadox et la seconde le CsI. La première permet
temps réel avec la sonde X6-1 couplée à la technolo- à moindre coût de s’équiper en DR mais, malgré une
gie xMatrix de Philips. résolution proche de la seconde gamme, la DQE (detec-
Le repérage spatial peut servir à d’autres applications, tive quantum efficiency) de ces détecteurs est jusqu’à
comme le propose la société Esaote avec sa plateforme deux fois moins performante que les détecteurs à CsI.
intégrant un système d’échoguidage et un laser per- Ces derniers permettent à dose équivalente d’obtenir
cutané. Cet ensemble unique permet de réaliser des une meilleure qualité d’image. Les capteurs associant
ablations laser échoguidées des nodules thyroïdiens, des C-MOS (complementary metal oxide semiconduc-
hépatiques et prostatiques. tors) sont maintenant proposés pour certaines appli-
cations comme la mammographie.
Échographes portables et ultra-portables
pour les anesthésistes et urgentistes Radiologie conventionnelle numérique
Au sein du marché des échographes portables se Les mobiles de radiographie disposent de plus en
démarque une nouvelle gamme de matériels dédiés plus plus de détecteurs numériques filaires ou WiFi. Pas
particulièrement aux anesthésies locorégionales et à la de modification majeure sur les mobiles de radiosco-
pose de voies centrales et périphériques. Ces appareils pie. Les sociétés font évoluer leurs salles de radiologie
ont la particularité de présenter une grande facilité conventionnelle en ergonomie ou en donnant la possi-
d’utilisation pour les praticiens non formés à l’écho- bilité d’adjoindre des détecteurs supplémentaires. Agfa
graphie : clavier simplifié, commande à distance (télé- et Carestream complètent leur gamme. On note le retour
commande, ou à partir de la sonde ou pédale), parfois des suspensions plafonnières associées à une table et
outils pédagogiques. À cette gamme d’échographes un potter mural au détriment des statifs pendulaires
portables viennent s’ajouter les échographes ultra-por- de type U-arm. Ces suspensions sont associées à un ou
tables de débrouillage ou échographes de poche. plusieurs détecteurs fixes, filaires ou sans fil permet-
tant une combinaison adaptée à chaque utilisateur.
Radiologie numérique Au niveau des tables télécommandées à capteur dyna-
Le RSNA 2010 montre la volonté des constructeurs mique, l’offre s’élargit avec l’introduction de solutions
de vulgariser l’intégration des capteurs à tous les chez GMM (distribué par Numerix) avec l’Opera Swing et
niveaux par la mise sur le marché de deux gammes de Philips avec la Juno DRF.
détecteurs, les Gadox (oxyde de gadolinium) et les CsI
(iodure de césium), par la modularité des solutions Radiologie interventionnelle
d’intégration (de un à trois capteurs) et par l’émer- Aucune nouveauté ou évolution majeure pour les
gence des mobiles de radiographie numérique. quatre sociétés. Les annonces portent sur la gestion
Tous les produits existants ont fait l’objet d’amélio- de la dose et le développement d’outils intervention-
rations. L’ergonomie est plus particulièrement recher- nels (optimisation de la trajectoire de l’aiguille de
chée. On note des évolutions sur les différentes biopsie). Il est intéressant de noter la présence d’Imris.
interfaces utilisateurs (interface unique quelle que Cette société propose l’association d’une salle inter-
soit la gamme, préprogrammes facilitant la prise en ventionnelle à orientation neurologique et cardiolo-
charge…), la commercialisation d’accessoires (pieds gique avec une IRM mobile sur rails plafonniers. Cela
en charge, accessoires de tables…) et le développe- permet les contrôles per et post-opératoires.
ment de fonctionnalités supplémentaires (acquisition
grande longueur, tomosynthèse, roadmapping, aides Mammographie
au guidage…). Enfin, la maîtrise de la dose est une Le secteur de la mammographie est un marché hété-
priorité pour tous les constructeurs. rogène sur de multiples points : technologies utilisées
(analogique, CR et DR), options proposées (tomosyn-
Détecteur numérique (DR) thèse, biopsie et angio-mammographie), ergonomie
et lecteur de plaque (CR) des systèmes (en anneau ou en plateau). Ces élé-
On note un transfert progressif vers les systèmes DR, ments de diversité sont autant de leviers utilisés par
sauf pour Agfa qui conforte son choix de maintenir les constructeurs pour asseoir leur spécificité depuis
les deux technologies. Deux gammes de détecteurs plusieurs années.
Dossier RSNA 2010. Une approche multidisciplinaire centrée sur le patient TH 726 • mars-avril 2011

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Les systèmes analogiques font l’objet d’une vigilance IRM


particulière par l’Afssaps dans le cadre d’une poli- La technologie des systèmes IRM installée en France
tique d’assurance-qualité axée sur l’amélioration de est plutôt homogène comparée aux autres pays et
la résolution et la diminution de la dose notamment essentiellement répartie entre des systèmes 1,5 T et
pour les seins denses. Les systèmes CR seront visés 3 T. Les constructeurs disposent tous d’une gamme
prochainement par un nouveau protocole de contrôle complète autour de ces deux technologies afin de per-
de qualité dont la parution est attendue pour début mettre à chaque client de trouver une adéquation en
2011. Les systèmes CR sont donc condamnés à être termes de coût d’acquisition (diamètre de l’aimant)
aussi performants que les DR, et obligés à évoluer de et de performances cliniques.
la technologie des plaques phosphore vers la tech- La conjoncture financière actuelle et la recherche
nologie à aiguille mettant tous les systèmes sur un du « just enough » (« juste ce qu’il faut ») réin-
pied d’égalité. Autre conséquence : la réduction de troduisent en France le débat sur les IRM dédiées
dose attendue de 30 à 35 % va concurrencer les sys- (ou low cost) absentes du paysage. La Caisse natio-
tèmes DR sur ce point. Ce changement technolo- nale d’assurance maladie réétudierait actuellement
gique oblige les clients à remplacer l’ensemble de la classification des examens. Une des conclusions
leurs cassettes et, pour certains, à mettre à jour leurs pourrait être d’autoriser l’adossement d’une IRM de
lecteurs. Le coût financier peut inciter à se tourner bas champ à une IRM de haut champ afin de réorien-
vers de systèmes DR d’entrée de gamme proposés ter les examens d’ostéo-articulaires vers ces modèles
par GE et Philips. dédiés.
Les DR restent stables en termes d’évolution tech- De nouveaux constructeurs présentent cette année
nologique et sont toujours à la recherche d’éléments leur IRM 1,5 T et souhaitent à moyen terme pénétrer le
distinctifs de concurrence : biopsie, tomosynthèse, marché européen : Scimedix, Neusoft, Medison, Cerner-Phi.
angio-mammographie. La biopsie reste l’option la plus
généralisée, offrant même parfois une solution com- Les standards
plète avec table dédiée (Hologic et Siemens) ou com- Le large tunnel, initialement introduit sur les systèmes
plémentaire au mammographe (Giotto). Philips et Sectra 1,5 T pour son ergonomie, est devenu un standard
annoncent la sortie de leur kit pour 2011. aussi sur les modèles 3 T.
La tomosynthèse continue de diviser les fabricants, Cette année, tous les constructeurs proposent des
certains la proposant de base (Hologic), d’autres en antennes polyvalentes intégrées à la table d’examen.
option (Siemens) et les derniers en work in progess Ces antennes sont de moins en moins spécifiques et
(General Electric, Sectra et Philips). Giotto l’annonce en permettent d’améliorer la cadence et le confort des
juin 2011. patients. La numérisation du signal recueilli s’effec-
Pour s’affranchir des superpositions et surtout des tuait auparavant après les antennes. La société Phi-
seins denses, certains constructeurs s’investissent lips innove en réalisant la numérisation à l’intérieur
dans d’autres techniques comme l‘angio-mammogra- des antennes puis une transmission du signal par fibre
phie (General Electric et Siemens) ou l’imagerie spectrale optique.
sans injection (Sectra).
La mammographie s’ouvre radicalement vers la sénolo- Le déplacement de l’IRM dans le bloc opératoire
gie par le biais de consoles de post-traitement multi- En 2010, un nouveau concept organisationnel est
modalités permettant la revue des images MR, US, PET venu perturber le schéma habituel : l’IRM ne pour-
et MN. De plus, des techniques d’imagerie complémen- rait-elle pas se déplacer de la salle d’examen vers la
taires comme l’élastographie en échographie (à noter salle d’opération ? La société Imris propose indiffé-
l’entrée d’Hologic dans le capital de Supersonic Imagine) remment un modèle 1,5 T ou 3 T de la société Siemens.
ou des systèmes dédiés au sein (gamma caméra) se Ce concept innovant est exposé pour la première fois
développent de plus en plus. L’avenir de ces modali- au RSNA et a déjà séduit de nombreux utilisateurs en
tés dédiées reste néanmoins à fixer car l’objectif est peu de temps (environ 35 systèmes installés en moins
toujours de garantir qu’une mammographie puisse se de trois ans). Il permet de déplacer l’IRM dans deux
suffire à elle-même pour l’établissement du diagnos- salles d’opérations situées de part et d’autre du local
tic de dépistage du cancer. d’examen habituel. Au-delà de l’intérêt de la mutuali-
sation, cette disposition simplifie considérablement
TH 726 • mars-avril 2011 RSNA 2010. Une approche multidisciplinaire centrée sur le patient Dossier
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les examens pré ou postopératoire. Le premier système gorithme de reconstruction de première intention dans
de ce type en France sera opérationnel mi-2011 au le traitement des données (80 sites français équipés).
centre de l’énergie atomique de Grenoble. Philips annonce la nouvelle version de son algorithme
de reconstruction itérative I Dose (cent unités seraient
Le couplage PET/MR confirme son intérêt déjà commandées)
Siemens a relevé en 2010 un défi technologique, en Siemens propose Safire, solution comprenant un recons-
exposant une IRM 3 T intégrant un PET dans un seul tructeur dédié et un nouvel algorithme de reconstruc-
et même statif, le Biograph mMR. C’est en utilisant des tion itérative travaillant sur les données brutes sans
diodes en avalanches pour recueillir le signal PET que pénalisation du temps de reconstruction.
la société a réussi à intégrer l’ensemble de détection Toshiba annonce pour 2011 un logiciel de reconstruc-
dans le tunnel de l’IRM. Ce nouvel appareil devrait tion itérative AIDR nécessitant un nouveau recons-
permettre de réaliser la majeure partie des examens tructeur permettant de conserver la vitesse de recons-
hormis certains sur les poumons. Un exemplaire a été truction à 50 images par seconde. Il serait uniquement
installé courant novembre 2010 à l’hôpital universi- disponible mais proposé de base sur l’Aquilion One et
taire de Munich pour étude. l’Aquilion Premium.
Philips expose pour la première fois sa solution Inge-
nuity TF PET/MR basée sur deux systèmes espacés de Les appareils
trois mètres avec une table de transfert au milieu À l’exception notable d’Hitachi qui revient sur le mar-
permettant de déplacer le patient du PET vers l’IRM ché avec un nouvel appareil de 64 barrettes, aucun
3 T Achieva. fournisseur ne propose de nouvel équipement haut de
La société GE a quant à elle plutôt axé ses recherches gamme et chacun recentre sa gamme d’un point de
sur l’interopérabilité des solutions informatiques des vue économique.
deux systèmes PET et IRM. GE a sorti en 2010 le scanner Optima CT 660 équipé de
détecteurs Highlights 64 barrettes et 40 mm en Z de
Scanner fabrication japonaise.
Tous les constructeurs se sont attachés à améliorer le Hitachi présente pour la première fois le Scenaria, nou-
déroulement de l’activité scanner, soit par repérage veau scanner 64 coupes dont la première installation
automatique des zones anatomiques, soit par inté- européenne a eu lieu en octobre 2010 à Morlaix.
gration de l’injection, soit par intégration dans un Philips annonce un nouvel appareil : l’Ingenuity CT 128
même outil de l’ensemble des logiciels de traitement coupes, 64 barrettes et 40 mm en Z. Ce scanner équipé
et d’interprétation. d’un nouveau tube MRC Ice et d’un nouveau recons-
tructeur est une déclinaison économique du scanner
La dose Brilliance ICT 128 coupes (technologie de rotation par
Le lancement au RSNA 2010 de la campagne de la courroie et non sur coussin d’air). À noter l’arrivée du
réduction de dose « Image Wisely » (« Image à bon scanner Brilliance MX 16 coupes 24 mm en Z équipé de
escient »), couplé à la parution d’un rapport de la générateur et tube moins puissants fabriqué en Chine
FDA, désigne clairement la réduction de dose comme en joint-venture avec Neusoft.
le sujet d’actualité pour la modalité scanner. Avec ou Siemens conserve sa gamme Définition AS 20, 40, 64 et
sans corrélation, l’ensemble des constructeurs pré- 128 coupes ainsi que le Définition Flash : scanner bitube
sents annonce de nouveaux produits de réduction de et bidétecteur mais programme l’arrêt de sa gamme
dose basés sur de nouveaux algorithmes de recons- Emotion pour 2012.
truction itérative. Toshiba décline également sa gamme du point de vue
GE introduit au RSNA 2010 un nouveau calculateur économique en présentant en avant-première l’Aqui-
VEO basé sur le logiciel MBIR (Model based iterative lion Prime équipé de 80 détecteurs 40 mm en Z et un
reconstruction). Actuellement, le temps de reconstruc- nouveau scanner 16 coupes, l’Aquilion RX. La gamme
tion annoncé (entre 10 et 20 minutes selon l’organe comprend l’Aquilion One (247 appareils dans le monde,
exploré) et son coût l’orientent clairement vers un dont deux en France), fleuron de la gamme, seul appa-
marché haut de gamme. Il pourrait être également reil aujourd’hui capable d’acquérir en 0,35 seconde
partagé entre plusieurs scanners. ASIR (Adapatative un volume de 16 cm sur l’axe z sans mouvement de
statistical iterative reconstruction) reste cependant l’al- table. L’Aquilion Premium en est une déclinaison éco-
Dossier RSNA 2010. Une approche multidisciplinaire centrée sur le patient TH 726 • mars-avril 2011

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nomique (160 détecteurs, 80 mm en Z). Toshiba pré- obtenu l’autorisation de mise sur le marché : le FNa
sente en work in progress une technique d’acquisition pour le cancer de la prostate, du sein et du pou-
hélicoïdale sur 160 détecteurs pour l’Aquilion One et mon et le F-fluorodopa pour la maladie de Parkin-
l’Aquilion Premium. son. Contrairement au FDG, ces deux produits sont
des traceurs spécifiques qui se fixent sur la même
Le traitement des images cible pharmacologique (récepteur, enzyme, trans-
L’ensemble des fournisseurs propose maintenant des porteur, gène) que le médicament à étudier. Alors
serveurs d’applications dont les performances sont qu‘actuellement 1 % des examens TEP sont réalisés
fonction du choix de l’établissement en termes de avec des traceurs spécifiques, certains laboratoires
nombre d’images visibles simultanément par plusieurs prévoient que ceux-ci devraient en représenter plus
utilisateurs. Pratiquement toutes les applications ont de la moitié en 2013.
été transposées sur ces serveurs. La deuxième ten- Certains traceurs, faisant actuellement l’objet soit de
dance est l’amélioration du workflow par la mise à dis- PHRC, tel que le F-Miso ayant pour cible l’hypoxie cel-
position de post-traitements automatisés. lulaire, soit d’études de stade 3 s’adressant à la mala-
Siemens propose des packages : repérage et reconstruc- die d’Alzheimer ou à l’angiogénèse, seront peut-être
tion automatiques de tous les étages du rachis dans parmi ceux-là. Ceci explique l’intérêt des trois grandes
le plan du disque, mise en place directe de la boîte de sociétés, seules ou adossées à des laboratoires, pour
reconstruction des coupes avec repérage automatique ces nouveaux traceurs.
des zones anatomiques.
GE a regroupé l’ensemble de tous les processus inter- Gamma caméras
venant dans la réalisation d’un examen scanner dans D’un point de vue général, le RSNA 2010 confirme les
un même module Dexus. Cette solution unifiée de tous deux tendances déjà observées l’année précédente :
les processus de traitement, de revue et de distribu- l’augmentation en nombre de fournisseurs et en parc
tion d’images concerne d’ailleurs toutes les modali- installé de caméras dédiées, et la confirmation des
tés d’imagerie. gamma caméras avec scanner.
Philips propose sa nouvelle solution Intellispace Portal Depuis juillet 2009, quinze gamma caméras dédiées à
(de 10 000 à 60 000 images actives en mémoire RAM) la cardiologie ont été installées en France, treize appa-
à déployer soit dans un département d’imagerie soit reils GE Discovery NM 530C et deux appareils de Spectrum
dans plusieurs établissements : le radiologue aurait Dynamics, tous deux équipés de détecteurs CZT. Pour sa
accès à distance aux logiciels depuis son domicile avec part, Siemens annonce huit installations de l’option IQs-
un simple accès internet et sur un iPad ! pec comprenant un nouveau collimateur convergent et
une acquisition rotationnelle focalisée.
Imagerie moléculaire La nouveauté est l’introduction de caméras dédiées
Cette année les nouveaux développements de l’image- à l’exploration des seins denses présentant cepen-
rie moléculaire coïncident parfaitement avec le thème dant une moindre sensibilité que la mammographie.
du RSNA 2010 : médecine personnalisée. L’imagerie Deux fournisseurs sont présents sur ce marché : Gamma
moléculaire a montré son intérêt dans le diagnos- Medica et GE avec la Discovery NM 750b également en
tic, la stadification et le suivi thérapeutique de nom- technologie.
breux cancers en permettant de détecter de façon non Concernant les caméras hybrides, pas de nouvelles
invasive des changements moléculaires précoces et machines mais implémentation de l’algorithme de
spécifiques de la maladie. De ce fait cette modalité reconstruction itérative sur les scanners. Philips
devrait permettre de monitorer la réponse des tumeurs annonce l’arrêt de commercialisation de la Skylight
au traitement le plus précocement afin d’adapter au pour se recentrer sur la gamme Brightview couplée à
mieux les traitements oncologiques toujours de plus un « scanner » à capteur plan.
en plus coûteux.
TEP/CT
Radiopharmaceutiques Avec plus de 3 000 appareils vendus dans le monde,
Ce domaine, moins « visible » que celui des appareils dont 90 en France, le TEP/CT est devenu le gold stan-
de médecine nucléaire, est au moins aussi dynamique dard de l’imagerie moléculaire. Les trois fournisseurs
et prometteur. En effet, deux nouveaux traceurs ont GE, Philips et Siemens se partagent équitablement le mar-
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ché français représentant annuellement dix appareils. plantation qui n’étaient jusqu’alors pas envisagées
GE propose actuellement trois modèles : le Disco- dans les services de médecine nucléaire.
very PET/CT 600 avec Cristal BGO, non TOF, le Disco- La réalisation d’un tel appareil nécessitait de rele-
very PET/CT 690 couplé au scanner Brightspeed Elite et ver plusieurs défis : rendre invisibles les détecteurs
le Discovery PET/CT 690 VCT couplé au scanner VCT. TEP à l’IRM, rendre les photodétecteurs insensibles
Ces deux derniers appareils sont équipés de cris- au champ magnétique, rendre les antennes « transpa-
taux Lyso (lutétium yttrium orthosilicate) et de deux rentes » aux positons et mettre en place de nouvelles
nouveaux logiciels, l’un permettant l’intégration du stratégies pour la correction d’atténuation nécessaire
gating respiratoire à l’acquisition et Sharp IR qui per- à l’obtention d’une image TEP. Aujourd’hui, l’approche
met d’augmenter la résolution grâce à la modélisa- technologique de chacun des trois constructeurs est
tion du détecteur. différente bien que tous incluent une IRM 3T dans
Philips présente pour la première fois sa nouvelle gamme leur appareil.
de TEP/CT : Ingenuity TF PET/CT adossée à la nouvelle GE a installé à Zurich un appareil TEP/MR comprenant
gamme de scanners Ingenuity disponibles en 16, 64 et un TEP/CT dans une salle et une IRM 3 T dans une
128 coupes. Ces appareils bénéficient du nouveau logi- salle voisine avec une logistique pour le transfert du
ciel Astonish TF, nouvelle évolution de la technologie patient adaptée.
temps de vol qui permet une augmentation de 50 % de Philips propose l’Ingenuity PET/MR comprenant une
résolution en contraste avec une diminution par quatre IRM Achieva 3T et un TEP temps de vol. Trois appareils
du temps de reconstruction. Ces appareils sont équipés de ce type sont installés dans le monde dont un à
de cristaux Lyso ; seul l’appareil Gemini LXL possédant Genève. L’appareil se compose d’un TEP et d’une IRM
des cristaux BGO (oxyde de germanium de bismuth) ne distants de trois mètres avec une plaque rotative au
permet pas l’acquisition temps de vol. sol permettant le pivotement du lit à 180 degrés pour
Siemens propose deux gammes de TEP/CT : le Biograph pouvoir présenter le patient de la même façon dans
True Point CT équipé d’un scanner Emotion et la gamme chaque appareil.
Biograph mCT équipée d’un scanner Definition S (24, 40, Siemens propose le Biograph mMR (tunnel de 60 cm de
64, 128 coupes). Siemens présente également un nou- diamètre) comprenant une IRM 3T inspirée du Verio
vel algorithme de gating respiratoire HD Chest, permet- (diamètre 70 cm) et un TEP non-temps de vol. L’in-
tant de diminuer de moitié la durée totale de l’examen novation réside dans le fait que cet appareil permet
grâce à sa capacité de détection de la phase. l’acquisition simultanée, sans bouger le patient, des
informations TEP et MR puisque les deux appareils
TEP/MR sont concentriques.
L’annonce marquante du RSNA 2010 est l’arrivée sur le Pour Philips et Siemens, l’examen dure entre trente
marché du TEP/MR. L’absence de rayons X, la meilleure minutes et une heure et se déroule de la façon sui-
performance de résolution en contraste sur les tissus vante : acquisition IRM pour la correction d’atténua-
mous de l’IRM alliées à l’idée de regrouper l’aspect tion et le gating, puis examen TEP et enfin examen
anatomique et fonctionnel de l’IRM et l’aspect fonc- IRM.
tionnel et métabolique du TEP devraient permettre un
engouement pour cette nouvelle modalité. Toutefois, PACS
compte tenu de la conjoncture économique et des Il convient de noter que les fonctionnalités principales
prix annoncés (de deux à trois fois le prix d’un TEP/ du PACS sont acquises : workflow ergonomique, inté-
CT temps de vol), cette modalité connaîtra-t-elle le gration de briques logiciels, consoles d’acquisition,
même impact que l’IRM lors de son entrée sur le mar- post-traitements sophistiqués, stockage, et archi-
ché ? L’arrivée de nouveaux traceurs spécifiques sera vage. L’un des enjeux concerne maintenant le panel
un élément de réponse déterminant. et la qualité des post-traitements localisés sur des
Différentes études cliniques ont permis de détermi- serveurs dédiés.
ner les premières applications de ce type de machine : On note que les constructeurs de modalités (GE, Phi-
diagnostic des cancers tête-cou, du poumon, de la lips, Siemens…) développent particulièrement les trai-
prostate et du sein. Ces applications seront toutefois tements où leurs machines excellent, comme la car-
à étendre pour rentabiliser cette technique qui reste diologie, le vasculaire ou encore le poumon, tandis
pour l’heure très onéreuse, avec des contraintes d’im- que les spécialistes du domaine comme Terarecon, Vitals
Dossier RSNA 2010. Une approche multidisciplinaire centrée sur le patient TH 726 • mars-avril 2011

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Images ou encore Ziosoft (distribué par Global Imaging) peut parfois poser un problème (capacité/temps de
disposent de traitements très étendus en 3D avec une transmission). En cas de sous-traitance, il est impé-
ergonomie optimisée permettant des gains importants ratif de savoir qui est agréé en temps qu’hébergeur de
de productivité médicale. données médicales, au sens du décret ministériel, et
Une technique, connue dans les domaines informa- les conséquences possibles sur les contrats en cascade
tiques, émerge cette année, et arrive à point nommé engageant les responsabilités des uns et des autres.
pour les PACS car elle participe à la fois aux objectifs de La réponse faite à certains appels d’offres multi-
mutualisation (images ou post-traitements) et de mobi- sites, notamment dans le cadre de France sans films,
lité, mais également à la commercialisation en mode implique une association de raison entre les spécia-
« SaaS » (software as a service ou fourniture de logiciels listes télécoms et les fournisseurs traditionnels. Ainsi,
sous forme de services) : il s’agit du cloud computing. en Île-de-France, Orange est-il le mandataire de la maî-
Le cloud computing ou sa version francisée « informa- trise d’œuvre, et France Telecom et GE les cotraitants. Par
tique dans les nuages » est un concept de déporta- ailleurs, Agfa vient de signer un partenariat avec SFR.
tion sur des serveurs distants des traitements infor- Les techniques et algorithmes de télécommunication
matiques traditionnellement localisés sur le poste (streaming, compression, cryptage, sécurité), banali-
utilisateur ou sur les serveurs centraux de l’entreprise sées avec l’internet de notre quotidien, sont associés
ou de l’hôpital. C’est plus généralement la mise à dis- aux méthodes de compression de type DICOM dédiées
position de ressources informatiques distribuées sur à l’imagerie médicale.
internet et proposées sous la forme de services à de L’ensemble de ces techniques (cloud computing, SaaS)
multiples utilisateurs. sont pleinement intéressantes si elles sont partagées
Les serveurs ne sont pas identifiés physiquement par (financièrement), et plus encore si les utilisateurs
l’utilisateur, ni leur localisation géographique qui sont mobiles (radiologues travaillant entre plusieurs
n’est pas déterminante à condition que les débits des sites, télédiagnostic…). Souvent, par souci de sécu-
liaisons (cuivres, fibres optiques, ADSL, satellite…) rité, les services informatiques limitent fortement
soient adaptés. Ces ressources peuvent être par ail- les droits des utilisateurs et bloquent tout charge-
leurs partagées en toute transparence par des utili- ment (notamment les petits applicatifs PACS souvent
sateurs de plusieurs entreprises clientes avec à la clé incontournables) sur les machines. Ce sont les rai-
des questions de confidentialité, de disponibilité, de sons du concept « zero footprint » (sans trace) très à
charge, de rapidité des liaisons. Il est donc primordial la mode au RSNA 2010 : il permet d’utiliser un simple
de se renseigner sur le fournisseur et ses infrastruc- navigateur internet (Internet Explorer, Mozilla, Chrome,
tures, souvent sous-traitées. Le département informa- Opéra, Netscape…) sans autre additif ou téléchargement
tique d’un syndicat professionnel, le Syntec, a édité un (ActiveX, applet Java). Rien n’est fait sur la machine,
livre blanc en avril 2010 sur le sujet, livre mis à jour tout est fait sur le(s) serveur(s) distant(s).
en décembre 2010 par un volet sécurité. Le zero footprint connaît aussi un fort engouement
Le SaaS est la partie applicative du cloud computing. grâce aux tablettes informatiques avec des écrans de
Pour l’entreprise utilisatrice, il s’agit de l’accès à dis- taille suffisante et de très bonne qualité, et en parti-
tance via le réseau internet et de l’utilisation des culier le maintenant célèbre iPad. Sans prétendre pou-
applications hébergées et exploitées par un fournis- voir faire un diagnostic avec ces tablettes, on peut à
seur de services qui facture un droit d’usage. Google distance effectuer une revue de dossiers pertinente,
Apps est un bon exemple de cette technique au quo- ou gérer l’activité de son service en accédant au RIS,
tidien. Cette solution peut être intéressante et peut aux images, aux comptes rendus… Les tentatives pré-
paraître simple à déployer, mais il convient de faire cédentes et amusantes au RSNA 2009 sur téléphones
attention au « court-circuitage » intempestif des portables et autres smartphones n’ont pas réussi à
directions des systèmes d’information. convaincre. Mais nous sommes sans doute aujourd’hui
Même le stockage et l’archivage peuvent être pro- à la veille d’une petite révolution des comportements
posés sous cette forme de service. La contrepartie et des pratiques.
de cette « délocalisation » des serveurs applicatifs
ou des données est qu’il faut des liaisons à débit et  Les professionnels de l’imagerie médicale assurent
à disponibilité suffisants pour véhiculer les données et développent en permanence la qualité des images
brutes et les images issues des traitements, ce qui et de leur interprétation. Au-delà de l’aspect qualita-
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tif, cette activité est devenue essentielle par le besoin • propositions faites par la profession de pôles secto-
de données quantitatives pour le diagnostic, notam- riels d’imagerie médicale (Posim), pour associer com-
ment des tumeurs et le traitement du patient. pétences publiques et privées et assurer l’accès et la
Dans le contexte actuel, ils doivent également rendre permanence des soins ;
compte de la dose délivrée qui doit être justifiée et • évolution souhaitée par la profession vers l’auto-
optimisée. risation de l’activité d’imagerie médicale, et pas de
Mais le changement culturel le plus important qui chaque équipement isolément, comme il a été fait
s’opère aujourd’hui dans nos systèmes de santé, et en dans d’autres domaines tels que dialyse, cancer, neu-
particulier récemment en France, est celui de la pres- roradiologie et cardiologie interventionnelles.
sion économique décuplée par la crise et les perspec- La qualité du fonctionnement de ces plateformes et
tives de « fragilité financière » de certains des pays les conditions techniques d’utilisation représentent un
européens. L’industrie ressent que, dans les dossiers de défi pour les professionnels de l’imagerie, qui ressen-
choix d’équipements des structures publiques, la tech- tent eux-mêmes le besoin de s’adjoindre des compé-
nologie n’est plus seule au cœur du débat ; la priorité tences techniques d’ingénierie biomédicale et infor-
est donnée à l’appréciation du coût de possession des matique de terrain.
équipements, à la recherche de types de financement Ceci doit constituer une opportunité pour l’ingénie-
alternatifs à l’investissement mais aussi à l’évaluation rie biomédicale, dans sa contribution essentielle à
de la performance et de la rentabilité médico-sociale. l’optimisation du choix et à la disponibilité des équi-
En matière d’imagerie médicale, ce phénomène pements, mais aussi par sa capacité à comprendre
s’ajoute à celui de la pénurie des professionnels, avec in situ le fonctionnement des unités, les besoins
plusieurs conséquences : médicaux de clinique ou de recherche, et à résoudre
• recherche d’optimisation de l’utilisation des IRM les questions techniques quotidiennes rencontrées,
avec la notion de machine réservée à l’ostéo-articu- pour une meilleure qualité et efficience des struc-
laire, adossée à une machine polyvalente ; tures d’imagerie.  n

16es Journées de l’ingénierie biomédicale


Saint Malo • 19-21 septembre 2011
www.afib.asso.fr