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Société 

: Le Coran et les plantes peuvent-ils soigner le cancer et le sida ?


le 9/7/2007 11:47:09 (628 lectures)
Trois grands guérisseurs ont marqué les esprits au Maroc ces derniers temps. Selon eux,
le Coran, les plantes, ou seulement "la Baraka" permettent de tout guérir, y compris le
cancer et le sida. Il s’agit du Yéménite Zendani, du Jordanien Hachimi (tous deux venus
récemment au Maroc) et du Marocain - célèbre à Skhirate - Mekki... Dossier.

UN « docteur » qui prétend soigner le Sida ou le cancer est un charlatan qui, comme
beaucoup d’autres, « médecins ou gourous de petites sectes », profite du désespoir des
patients atteints de maladies mortelles. La plupart de ceux qui recourent à ces faux soigneurs
sont analphabètes et sans moyens pouvant leur permettre d’avoir la thérapie adéquate. C’est là
le principal argument avancé par des adeptes de la médecine moderne contre les guérisseurs
qui prétendent soigner des malades atteints du sida, du cancer... C’est la même appréciation
qui a été portée par des associations marocaines sur Abdelamjid Zendani. Le pharmacien et
fkih yéménite qui jure à qui veut l’entendre avoir trouvé un médicament pouvant guérir les
malades du sida. Des sidéens marocains se disent même prêts à se déplacer jusqu’au Yémen
pour rencontrer le fkih sauveur dans son université de foi (jamiât al imane) afin qu’ils puissent
recevoir son traitement. Pour ce faire, ils attendent toujours d’avoir le visa.

L’un d’eux a déjà effectué un premier déplacement chez Zendani, l’a rencontré, mais n’a pas
été soigné (lire l’interview avec Jamal Khalid).

En Jordanie, Mohamed Hachimi est un autre guérisseur qui prétend, lui aussi, pouvoir vaincre
le cancer et bien d’autres maladies graves par la médecine traditionnelle ou alternative (des
plantes). Ou simplement par la récitation du Coran. C’est ce qu’il appelle « Rokia ». Ce «
docteur » s’est même créé une chaîne de télévision pour bien se faire de la pub. Ce qui lui
assure une large audience et... de nombreux clients. M. Hachimi effectue des déplacements
d’un pays à l’autre pour recevoir ses patients. Lors de son récent passage à Rabat, de longues
files de malades l’y attendaient.

L’autre phénomène, bien de chez nous celui-là, concerne Mekki Torabi. Lui, sans recours à
aucun médicament, prétend pouvoir soigner ses patients par un « pouvoir surnaturel » qu’il
effectue même à distance. Nul besoin pour lui d’une quelconque pub, à Skhirat (à quelques
kilomètres de Rabat) où il est établi, une foule immense vient chaque jour d’un peu partout du
Maroc et même d’ailleurs solliciter sa baraka pour combattre un cancer, une tuberculose, une
hépatite...

Certains patients sacrifient parfois leur traitement médical pour recourir à cette médecine
alternative en laquelle ils ont une foi aveugle. Ce que certains d’entre eux découvrent, souvent
trop tard, c’est qu’ils sont de pauvres dindons d’une farce habilement jouée par de véreux
charlatans.

Abdelamajid Zendani sollicité par des Marocains

Un groupe de cinq personnes cherche des visas afin qu’il puisse se rendre au Yémen. Ce
groupe veut à tout prix rencontrer Abdelmajid Zendani, pour se soigner du sida. A. Zendani,
le président du Conseil international du « miracle scientifique du Coran » et ex- parlementaire
yéménite affirme avoir trouvé « un miraculeux médicament contre le sida ».

« L’inventeur » a fait parler de lui en novembre dernier, lors de la tenue au Koweit de la


conférence internationale scientifique islamique, organisée par la Commission internationale
pour les miracles scientifiques dans le Coran. Là, avec un groupe de scientifiques yéménites,
Cheikh Zendani a annoncé avoir réalisé des avancées spectaculaires dans la lutte contre le
VIH Sida. Mieux, il a clairement annoncé qu’il venait de découvrir le remède qui guérit cette
maladie jusque là incurable.

En décembre, une délégation de sidéens, parmi eux l’un des membres de l’association
Annahar (faisant partie du groupe des cinq désireux de se rendre au Yémen) qui se trouvait à
Sanaa, au Yémen, a rendu visite à l’université Al Imane (foi) où est installé Zendani. Ce
dernier leur a présenté un exposé sur sa découverte et les a invités à venir se soigner (lire
entretien avec Khalid Jamal).

Selon Zendani et son équipe, durant une année, des patients atteints du VIH Sida auraient été
traités avec l’extrait d’une plante dont les chercheurs n’ont pas souhaité divulguer le nom
mais qui, selon eux, fut recommandée par le Prophète de l’islam.

Sur un groupe de 13 patients suivis par l’équipe, 10 auraient complètement guéri. Pour les
trois autres patients, le virus aurait diminué de 30 à 50%.

Il est à signaler que les Etats-Unis lient le nom de Zendani à celui d’Oussama Ben Laden,
parce que ce dernier avait suivi beaucoup de ses conférences en Arabie Saoudite. Abdelmajid
Zendani fait actuellement partie des personnes qualifiées de terroristes par les USA.

Après l’annonce de la découverte du remède du sida, le président Yéménite, Abdellah Saleh


puis le fils de Moamar Kadafi, Sayf Al islam, ont rendu visite à Zendani. C’est alors que ce
dernier aurait reçu plusieurs offres de laboratoires lui proposant de commercialiser ce
médicament. Mais il a refusé la proposition de peur, dit-il, que la formule du médicament lui
soit volée. Certains ont même laissé entendre qu’il aurait mis à profit son invention pour
demander à des laboratoire américains de faire pression sur les USA pour que son nom soit
retiré de la liste des terroristes. A d’autres laboratoires, il aurait exigé que le médicament soit
commercialisé à un faible prix dans les pays en voie de développement.

Les associations de lutte contre le sida, notamment l’ALCS et l’Association Marocaine des
Jeunes Contre le SIDA (AMJCS) estiment que c’est un charlatan qui profite du désespoir des
malades. Les membres de l’association Annahar restent les seuls au Maroc qui tiennent à
vouloir aller essayer le « médicament miracle » de Zendani.

Entretien avec...

Khalid Jamal, atteint de sida et président de l’association Annahar :

« Qu’on nous laisse partir au Yémen et on verra si le traitement de Zendani est bidon ou pas »

Khalid Jamal est atteint du sida. Il est le président de l’association Annahar qui regroupe des
personnes atteintes du sida. Il s’était rendu au Yémen et en était revenu avec l’idée d’y
retourner accompagné d’autres membres de son association pour se faire soigner par
Abdelmajid Zendani.

Dans cet entretien, il explique comment il a rencontré Zendani, ce qu’il pense de son
médicament, ce qu’il a vu au Yémen...

Comment êtes vous entrés en contact avec Abdelmajid Zendani ?

Nous avions pris part à un meeting organisé par le fonds mondial de lutte contre le sida, la
tuberculose et le paludisme tenu à Sanaa au Yémen avec la participation de plus d’une
vingtaine de délégations ministérielles (représentés par les ministères de la santé, des
ONG,...). Là tout le monde a entendu parler de la nouvelle de la découverte annoncée par
Abdelmajid Zendani sur la chaîne Al Jazeera.

L’un des représentants de Zendani nous a ensuite invité à nous rendre à l’université « Al
Imane » (la foi) pour constater de plus près sa découverte.

Le lendemain, une délégation de toutes les personnes atteintes par le VIH (virus du sida) a
visité les lieux pour se rendre compte qu’il y a effectivement un centre de soins dans cette
université de foi. Nous avons constaté qu’il y avait environ trois cent personnes hospitalisées
entre atteints de sida et du cancer de sang (leucémie).

J’ai rencontré moi-même une dizaine de personnes qui s’apprêtaient à rentrer chez elles : des
Saoudiens, des Emiratis... Ces personnes étaient guéries. Elles paraissaient en bonne forme.

Après la prière d’Al Maghreb (crépuscule), Abdelmajid Zendani est venu et a exposé
comment il a découvert le médicament. Il nous a expliqué, accompagné de trois médecins,
dont son fils, que c’était un médicament qui a été essayé cliniquement et qui a donné de bons
résultats. Ils nous a affirmé qu’aucun effet secondaire n’a été relevé contrairement aux autres
médicaments utilisés jusqu’à présent.

Le remède proposé par Zendani est composé, selon lui, de « Tib nabaoui » (médecine du
prophète), une forme de médecine traditionnelle à base d’herbes...

Pourquoi ne vous a-t-il pas traité vous ?

D’abord parce que nous avions rendu une simple visite à son centre pour avoir des
explications et nous assurer de la véracité de la découverte.

Zendani s’est excusé de ne pas pouvoir nous donner le médicament (à emporter) parce qu’il
craint, dit-il, que sa découverte soit exploitée par des laboratoires. Si des laboratoires arrivent
à commercialiser ce médicament, ils vont essayer d’en tirer profit et de le rendre inaccessible
aux malades pauvres.

Mais, il nous a dit que nous étions, nous et tous les malades, les bienvenus pour venir nous
faire soigner gratuitement. A condition de nous prendre, nous-mêmes, en charge :
hébergement, nourriture, transport... Car, les 300 lits dont il dispose sont déjà occupés par
d’autres patients.

Zendani vous a-t-il expliqué comment il procède pour le traitement de ses malades sidéens et
combien cela prend-il de temps ?

Il nous a expliqué que les malades qui sont récemment atteints du VIH peuvent être guéris en
45 jours de traitement. Tandis que ceux qui sont atteint du virus du sida depuis des années,
ceux-là peuvent être guéris au bout de trois mois.

C’est pour cela que vous tenez à vous faire soigner par lui ?

Quand nous sommes revenus de notre voyage organisé par le fonds mondial de lutte contre le
sida, la tuberculose et le paludisme, j’ai raconté ce que j’ai vu dans l’université de la foi aux
membres de mon association, Annahar. Avec quatre membres de l’association nous avons
alors décidé de nous rendre au Yémen pour nous soigner et revenir pour envoyer d’autres
malades.

Au début du mois de mai, nous sommes allés à l’ambassade du Yémen pour demander des
visas. Nous avons été bien accueillis et nous avons déposé nos dossiers. On nous a demandé
de revenir dans une quinzaine de jours. Quand je suis revenu, les responsables de l’ambassade
m’ont montré les passeports qui portent les visas. Mais, ils m’ont dit : « nous attendons une
réponse des pouvoirs publics du Yémen concernant la prise en charge de votre hébergement...
». Puis une deuxième fois, ils nous ont dit de nous référer à notre ministère de la santé qui n’a
rien fait pour nous aider.

Par ailleurs, nous avons appris que d’autres sidéens issus d’autres pays qui ont essayé de se
rendre au Yémen pour se soigner ont été empêchés de s’y rendre (Egyptiens, Libanais...). Ils
n’ont pas pu non plus obtenir le visa, sans qu’aucune explication ne leur ait été donnée.

Lors de ma première visite au Yémen j’ai pu avoir mon visa sans aucun problème.

Et comment expliquez-vous ce refus ?

Je crois, comme l’explique Abdelmajid Zendani lui-même, que c’est à cause de l’intervention
des USA qui ne veulent pas que l’information concernant Abdelmajid Zendani et ses soins
prenne de l’ampleur. Zendani est déclaré persona non grata par les USA. Il est même
recherché par la CIA.

Pourquoi votre association est-elle la seule qui croit en le médicament d’Abdelmajid


Zendani ?

Les autres ne peuvent pas en juger car ils n’ont rien fait pour voir de quoi il s’agissait
réellement. Mais aussi parce qu’elles craignent pour leur gagne pain. C’est évident, s’il y a un
médicament qui guérit les sidéens, elles vont disparaître. C’est la même chose pour les
médecins concernés... Nous ne demandons qu’une seule chose, c’est qu’on nous laisse partir
tester ce traitement et nous saurons tous si c’est un vrai remède ou un placebo.

Mohamed Hachimi : Docteur ès charlatanisme

Des dizaines de malades défilent devant la réception de ce grand hôtel de Rabat. Ils
demandent tous à voir le docteur Mohamed Hachimi, le propriétaire de la chaîne de télévision
Al Hakika, qui était en visite au Maroc...

Si des cancéreux et des sidéens savent que le docteur jordanien Mohamed Hachimi est en
visite au Maroc, c’est parce qu’il a lui-même pris le soin de l’annoncer sur sa chaîne de
télévision, Al Hakika. Ce docteur se dit hors du commun. Il se présente comme étant capable
de guérir des maladies incurables, dont les cas les plus désespérés de cancer, d’hépatite C. Sa
« potion magique » : des médicaments à bases de plantes, des « rokya » (la lecture du Coran
sur le malade ou sur un produit qu’il lui administre), la lecture de certaines sourates du
Coran...

Grâce aux opérations marketing qu’il sait si bien mener pour faire connaître ses « dons »,
partout où il se déplace, il est assuré d’avoir des centaines de patients qui croient en ses
miracles. Parmi les patients qui cherchaient à recevoir ses soins lors de sa visite au Maroc,
certains étaient des cancéreux en stade terminal. Ils s’accrochaient au moindre espoir de se
voir débarrassés de leur maladie. Des employés de l’hôtel où Mohamed Hachimi s’est installé
à Rabat affirment : « au début, le docteur assurait gratuitement les consultations. Puis, très
vite, le prix de la visite et des médicaments qui vont avec a été fixé à 5000 dirhams ».

« Quand le docteur a réalisé qu’il y avait trop de clients, il leur a demandé de lui expliquer par
lettre leur mal et de lui laisser leurs coordonnées. Il a promis de répondre à toutes les lettres
reçues et même d’envoyer, par poste, le médicament adéquat », souligne la même source.

De retour en Jordanie, Mohamed Hachimi a fait passer cette annonce sur sa chaîne : « nous
déclarons au peuple marocain que nous allons trier ses lettres et nous allons y répondre ». Ce
qu’il n’annoncera pas, c’est que ses services, même à distance, sont également payants et très
chers. Le docteur ne rate aucune occasion de développer son commerce.

Les astuces de Hachimi

Mohamed Hachimi est fort en communication. Il trouvait toujours le moyen de se faire de la


pub à travers plusieurs chaînes arabes de télévision. C’est ce qu’il lui a assuré la célébrité dans
tout le monde arabe. Il savait si bien appâter tous les patients désespérés qui voyaient en lui
leur sauveur. Dès qu’il a été, pour la première fois, piégé par un animateur qui a fait intervenir
l’une de ses victimes, il a vite fait de monter sa propre chaîne cathodique et l’a nommée « Al
Hakika » (la vérité). A travers sa télévision, il se met au centre de tous les programmes, de
toutes les émissions. Il veille à faire passer, en boucle, des témoignages de certaines personnes
présentées comme d’anciennes cancéreuses ou des malades qui étaient à l’article de la mort.
Tous affirment avoir recouvré leur bonne santé grâce à lui.

De plus en plus, nombreuses sont les voix qui s’élèvent pour crier à l’escroquerie. « Al Halika
n’est qu’un outil de propagande », peut-on lire dans différents sites internet qui s’en prennent
au « faux guérisseur ».

Mohamed Hachimi se plait à mettre en avant sa nationalité jordanienne. Pourtant, nombreux


sont ceux qui l’ont côtoyé qui révèlent qu’il est d’origine saoudienne. Il prétend également
détenir des autorisations délivrées par le ministère de la santé jordanien pour exercer. Il
prétend aussi avoir obtenu des autorisations des Emirats Arabes, de l’Arabie Saoudite et du
Sultanat d’Oman. Du reste, il avance avoir obtenu un diplôme de la médecine alternative
d’une université américaine. Ce qui a été démenti par les Américains et met en doute toutes
ses autres affirmations. En Jordanie, où il est installé et d’où il diffuse sa « Hakika » (la
vérité), M. Hachimi a créé un centre de soin : « le centre Hachimi pour les médicaments à
base de plantes ».

Mais, le ministère jordanien de la santé a diffusé un communiqué où il mettait en garde « ceux


qui recourraient aux soins de ce charlatan ». Le même ministère n’autorise pas la
commercialisation des produits préparés par le centre Hachimi. Il considère les annonces
louant les bienfaits de ce centre comme mensongères et souligne que les préparations à base
de plantes enregistrées et autorisées par le ministère sont celles vendues dans les pharmacies...

Au Maroc, les autorités n’ont pas réagi. La société civile non plus...

Hachimi remercie le Roi

D’une manière subtile, Hachimi laisse croire qu’il est soutenu par des chefs d’Etats. A l’issue
de chaque visite dans un pays, il diffuse sur sa chaîne des remerciements aux chefs d’Etat du
pays qu’il a visité. Et ce, en mettant sa propre photo à côté de la photo du chef d’Etat. C’est ce
qu’il a également fait après sa visite au Maroc. Des mots de remerciement et de
reconnaissance, c’est ce qu’il diffuse à longueur de journée sur sa chaîne.

Mekki Torabi soigne par « bluetooth »

« Le guérisseur de Skhirat fait des miracles, il soigne même le cancer, l’hépatite, le diabète...
». Cette publicité est véhiculée de bouche à oreille dans tout le Maroc. C’est ce qui permet à
Mekki Torabi que certains appellent plus affectueusement Ba Mekki (Père Mekki) ou encore
Chérif (descendant du prophète), d’avoir un nombre toujours de plus en plus croissant de
clients. Ces derniers viennent des quatre coins du royaume pour solliciter sa baraka. Ils
constituent chaque jour une interminable file d’attente devant la résidence du guérisseur, en
attendant son apparition.

Parce qu’il ne peut plus « soigner » tout ce monde par son habituel toucher de la main qu’il
passait sur le malade et sur une bouteille d’eau, Mekki change de méthode. Sa technique
devient encore plus simple. Il se contente désormais d’envoyer, de loin, ses ondes aux patients
attroupés devant lui. C’est comme s’il leur transmettait sa baraka par « bluetooth ». Il invente
ainsi un système inédit de guérison par télépathie.

A ses débuts, Mekki serrait la main à deux reprises du malade et empoignait la bouteille d’eau
apportée par ce dernier. « La première fois, j’injecte de l’énergie au patient et la deuxième je
récupère sa maladie et sa douleur dans mon corps », expliquait-il alors. Quelles explications
pourrait-il encore trouver pour justifier sa méthode « bluetooth » ?

Etant un riche terrien, Mekki Torabi laisse encore croire qu’il ne reçoit pas d’argent en
échange de ses services de guérisseur. Mais chaque patient doit apporter une bouteille d’eau et
pourquoi pas des pains de sucre. Au point que Mekki est surnommé chérif « Moul L’kaleb »
(le saint au pain de sucre). A la fin de chaque journée, les épiciers de la région viennent
acheter les pains de sucre pour les revendre, le lendemain, aux nouveaux clients de Mekki.

D’après les habitants de Skhirat, Mekki était un fermier de la région. Il s’était retiré pendant
un certain temps. Il ne parlait avec personne, s’isolant comme s’il avait un choc psychique. «
C’est à la suite de la maladie d’un de ses proches qu’il a découvert ses dons de guérisseur »,
explique, mezza voce, l’un de ses voisins.

« Mekki bluetooth » laisse croire que son bras gauche, de l’omoplate au bout des doigts,
dispose d’un don surhumain qui lui permet de guérir les « maladies diaboliques » et des
troubles psychiques des personnes possédées par les djinns. Quid de sa main droite ? Elle a le
pouvoir de guérir des maladies physiques et non des moindres : cancer, diabète, hépatite...

Mekki se met hors de lui à chaque fois qu’il est traité de charlatan. « Je ne suis pas à un
charlatan. Au nom d’Allah qui m’a délégué des pouvoirs, je guéris tout, y compris le sida et
les cancers. Demandez à ces gens si je ne les ai pas sauvés. Ils viennent de partout, même
d’Israël, d’Europe et du monde musulman... », s’est-il défendu en se confiant à l’AFP.

Source : Brahim Mokhliss - lerepoter.ma

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