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L’HYPOTHESE D’ANTICIPATIONS

RATIONNELLES

Définition :
Hypothèse selon laquelle les probabilités subjectives des agents sur les
données futures sont les mêmes que celles fournies par la vraie
distribution conditionnée par l'information qui pour eux est disponible

Soit le modèle élémentaire (les variables sont en logarithme):

(1) m=p+y fonction de demande de monnaie


(2) p = E-1 p + d (y - y*) fonction d'offre à la SW
(3) m = m* + u fonction d'offre de monnaie affectée d'un aléas u

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La résolution se fait en trois phases:
-Phase 1: On traite E-1 p comme exogène
(4) m* + u = E-1 p + (1+ d) y - dy*

-Phase 2: On écrit le modèle en espérance


E-1 p = m* - y* et E-1 y = y*
-Phase 3: On remplace dans (4)

y = y* + 1/ (1+d) u

p = m* - y* + d / (1+d) u

Stricte séparation entre la part anticipée et la part non anticipée de la


variable considérée.

Anticipations adaptatives:
Forme générale: xe - xe-1 = a (x-1 - xe-1 ) ==>xe=a Σ·(1-a)ix-i-1 .

(2) devient p = pe+ d (y - y*) =a· Σ(1-a)ip-i-1 + d (y - y*)

Les prix attendus ne dépendent pas de l'offre de monnaie, mais


d'événements connus.

Si on programme l'offre de monnaie telle que y = y* qui implique p = pe


le modèle s ’écrit: (1) m=p+y
(2) p = pe+ d (y - y*) y =y* + 1 (m-m*)
/ (1+d)
(3) m*= pe + y*
de chocs aléatoires
y dépend de m-m* qui provient de l'incapacité de programmer
l'offre de monnaie

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Conséquence fondamentale de la REH (SW 1975)
y ne dépend pas de la règle d'offre de monnaie si elle est
connue des agents
Supposons que les autorités cherchent à stabiliser y par l'offre de monnaie
(3) s'écrit par exemple: m = m* + h (y - y*)-1 + u

la résolution du modèle donne


y =y* + 1/ (1+d) u
p = m* - y* + d / (1+d) u - h / (1+d) u-1

y n'est pas affecté par la politique de stabilisation

On note que la variance des prix a augmenté de h / (1+d) σ2u .

L'introduction de variables futures :


Modèle d'hyper-inflation de Cagan (56)
La demande de monnaie dépend négativement de l'inflation anticipée
Revient à remplacer l'équation (1) du modèle de base par:

m = p + y - a ( E-1 p+1 - E-1 p ).

Phase 1: m* + u = p + 1/d (p - E-1 p ) + y* -a (E -1 p+1 - E-1 p ).

Phase 2: m* - y*=(1+a)E -1 p - aE-1 p+1 E-1 p dépend de E-1 p+1

On décale le modèle m* - y*=(1+a)E -ip+i - aE-ip+i+1 pour i ≥0.

équation de récurrence : pei+1 - (1+a) /a pei = - (m* - y*)/ a

dont la solution est :


pei = (m* - y*) +[pe0 - (m* - y*)][(1+a) /a]i

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Il existe plusieurs sentiers en fonction de pe0
Les solutions peuvent être instables si [(1+a) /a] >0 .

La procédure n'est pas satisfaisante


Pour résoudre le problème, on va introduire une nouvelle condition dite
condition de stabilité. Dans ce modèle, on raisonnera comme suit:
L'émetteur de la monnaie tire profit de son utilisation et pour éviter
qu'elle soit remplacée, va réduire l'offre pour compenser la baisse des
encaisses réelles. L'inflation sera donc stoppée en N.
p i - p i -1 =0 pour i ≥N+1 donc
e e peN= m* - y*

[pe0 - (m* - y*)] = 0 soit E-1 p = m* - y*


Phase 3: en remplaçant il vient:

y =y* + 1/ (1+d) u p = m* - y* + d / (1+d) u.

La méthode directe de résolution en cas de variables futures est souvent


très lourde
On utilise alors d'autres techniques telle la méthode de Sargent, de
Muth ou de Lucas
Principe de la méthode de Muth: p = p* + Σ∞Ωi u-i
La solution générale peut toujours s'écrire
y = y* + Σ∞µi u-i
où p* est tel que E-1 p+1 = E-1 p = p* et y* tel que E-1 y+1 = E -1 y = y* .
1. On exprime toutes les variables en fonction de Ωi , µi et u-i
2. On détermine la valeur des coefficients Ωi et µi pour i = 0 .....∞
3. On remplace.

En pratique, seuls un ou deux coefficients sont à déterminer.

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Le débat sur l'efficacité des politiques de stabilisation
Une politique de stabilisation consiste à chercher à réduire la
déviation de y (ou de l'emploi) par rapport à son niveau d'équilibre.

1° Le modèle de base avec une courbe d'offre à la SW.


(1) y = -a ( R-E-1 p+1 +E-1 p ) + kf (y-1 -y*)
fonction de demande sur le marché de B&S
R est le taux d'intérêt nominal et kf un paramètre de politique fiscale
(2) y = y* + b ( p - E-1 p ) fonction d'offre à la SW

(3) m = p + y + c R + v fonction de demande de monnaie; où v est


un aléas.
(4) m = m* + km (y-1 -y*) + u fonction d'offre de monnaie

où u est un aléas et km un paramètre de politique monétaire de


stabilisation

En portant R tiré de (1) dans (3) qu'on égalise avec (4), il vient:
m* + k (y-1 -y*) + w = p + (1-c/a) y - c(E -1 p+1 - E-1 p )
avec k= km+c/a kf et w = v - u
On remplace y par sa valeur tirée de (2):

m* + bk ( p-1 - E-2 p-1 ) + w =


p + b(1+c/a)( p - E-1 p ) - c(E -1 p+1 - E-1 p ) +(1+c/a)y*
La résolution par la méthode de Muth donne
p*= m*-(1+c/a)y*
y = y* + bµ0 w Avec µ0 = [1+b(1+c/a)]-1
µ0 ne dépend ni de km ni de kf
La politique de stabilisation est inefficace:

Principe d’invariance.

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2°Les conditions d ’efficacité des politiques de stabilisation.

1) Ensembles informationnels différents entre les agents:

a)Le gouvernement connaît le vrai indice de prix.


On prend ceci en compte dans le modèle précédent en intégrant
-nf( p - E-1 p ) et -nm( p - E-1 p ) aux équations (1) et (4)
En posant pour simplifier km=kf=0
La résolution du modèle par la méthode de Muth donne:
y = y* + bµ0 w avec µ0 = [1+b(1+c/a) + nm + c/a nf] -1

y dépend bien des paramètres de politique éco. qui est donc efficace.

b)Un groupe est mieux informé que les autres agents privés et le
gouvernement. Par exemple, les investisseurs bénéficient d'une
information en temps réel sur le marché financier qui n'existe pas sur
les autres marchés, notamment sur le marché du travail.
On prend ce phénomène en compte en remplaçant (1) par:
y = -a ( R - Ep+1 + p ) + kf (y-1 -y*)
La résolution donne:
y = y* + bµ0 w avec µ0 = [1-c+b(1+c/a) - bc (1-c) kf] -1 .

Le gouvernement peut donc exploiter cette asymétrie d'information


aux fins de stabilisation, même s'il n'en bénéficie pas.

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2) Les stabilisateurs automatiques.
Mécanismes qui provoquent immédiatement et automatiquement un
ajustement des déséquilibres.Par exemple, une taxe progressive sur le
revenu ou certaines procédures d'open market (Poole 70) (Parkin 78).
Ils sont différents d'une politique économique qui réagit à une
information macroéconomique.
En remplaçant l'équation (1) par y = -a ( R - E-1 p+1 +E-1 p ) - f t y

f t est un stabilisateur fiscal


où t est l'élasticité de la taxation et f l'élasticité de la dépense à une
variation temporaire des taxes.

on obtient en posant a' = a / (1+f t):


y = y* + bµ0 w avec µ0 = [1+b(1+c/a')] -1
µ0 est fonction de a' donc de f t dont l'augmentation réduit Var y.

Conclusions:
1.En présence d'une courbe d'offre à la SW, les politiques de
stabilisation sont inefficaces.
2.L'intégration de coûts d'ajustement ou la possibilité de substitutions
inter temporelles s'accompagnent d'une non neutralité fiscale et
monétaire s'il y a effets de richesse.
3.Toute asymétrie d'information induit une non neutralité. Il en est de
même en cas de contrats signés sur plusieurs périodes.

4.En cas de non neutralité, on peut calculer des paramètres de


politique optimale qui sont ceux qui minimisent Var y.