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UNIVERSITE D’ANTANANARIVO

ECOLE SUPERIEURE POLYTECHNIQUE


SCIENCE DE L’INGENIEUR
MENTION GENIE DE PROCEDES CHIMIQUES
ET INDUSTRIELS

Mémoire de fin d’études en vue de l’obtention du diplôme de


LICENCE EN GENIE DE PROCEDES CHIMIQUES ET INDUSTRIELS

VALORISATION DU MANIOC
POUR LA FABRICATION DE
BIOETHANOL

Présenté par : RAKOTONDRAVAO Haingomaholy Michelle

Soutenu le : 11 Mars 2014

Membres du jury :

Président : Monsieur ANDRIANARY Philippe

Examinateurs : Monsieur RAKOTOSAONA Rijalalaina

Monsieur RANAIVOSAMOELINA Noelson

Encadreur : Monsieur RAKOTOMAMONJY Pierre

Année Universitaire : 2013-2014


Remerciements
Je rends grâce à Dieu l'éternel pour le temps, le courage, la force et la santé qu'il m'a
donnés afin de parvenir à l'achèvement de ce mémoire de licence. Le présent travail n'aurait
pu être réalisé sans la collaboration étroite, l'aide précieuse, l'appui moral et matériel de
nombreuses personnes auxquelles je souhaite adresser ma reconnaissance.
Je tiens vivement à remercier Monsieur ANDRIANARY Philippe, Professeur Titulaire
et Directeur de l'Ecole Supérieure Polytechnique d'Antananarivo, qui m'a permis d'effectuer
mes études au sein de son établissement et également membre du jury. Mes remerciements
les plus respectueux s'adressent à M. RAKOTONDRAMANANA Samuel, Chef du
département Génie de Procédés Chimiques et Industriels.
J'exprime ma profonde gratitude à Monsieur RAKOTOMAMONJY Pierre, Maître de
conférences à l'Ecole supérieure Polytechnique d'Antananarivo et Chef du Département
Premier cycle, pour avoir accepté d'être mon encadreur et de m'avoir accordé beaucoup de
son temps durant la réalisation de ce travail. Ces conseils ont été les plus précieux.
Mes vifs remerciements vont également à tous les membres du jury d'avoir voulu
examiner l'ensemble du travail, à savoir :
> Monsieur RAKOTOSAONA Rijalalaina, Maître de conférences à l'Ecole
Supérieure Polytechnique d'Antananarivo
> Monsieur RANAIVOSAMOELINA Noelson, Enseignant-Chercheur au
sein de l'Ecole Supérieure Polytechnique d'Antananarivo
J'adresse aussi mon plus grand respect à :
> Tous les Enseignants et personnels du laboratoire de la filière Génie de
Procédés Chimique et Industriel de l'Ecole Supérieure Polytechnique durant les trois
années que j'ai travaillé avec eux ;
> Tout l'ensemble du corps Administratif de l'Ecole
Je tiens à remercier vivement mes parents et les membres de ma famille pour leur
soutient tant moralement, financièrement que spirituellement et leur amour sans égard.
Je remercie également mes collègues et toute personne qui ont contribué de
près ou de loin à l'élaboration de ce présent mémoire.

I
Sommaire
Introduction générale

Première partie : LE MANIOC


Chapitre 1 : Généralités sur le manioc
Chapitre 2 : Culture et exploitation du manioc
Chapitre 3 : Ecologie du manioc
Chapitre 4 : Utilisation et transformation
Chapitre 5 : Problématique de la filière manioc

Deuxième partie : LE BIOETHANOL


Chapitre 1 : Généralités sur le bioéthanol
Chapitre 2 : Procédés de fabrication du bioéthanol issu de l'amidon du manioc
Chapitre 3 : Technologie de production Chapitre 4 : Utilisation du bioéthanol

Troisième partie : IMPACT ENVIRONNEMENTALE ET SOCIO-ECONOMIQUE


Chapitre 1 : La culture du manioc par rapport aux autres cultures
Chapitre 2 : Le bioéthanol par rapport au carburant fossile
Chapitre 3 : Impact environnementale du bioéthanol
Chapitre 4 : Atouts et faiblesses du bioéthanol
Chapitre 5 : Les adaptations du moteur et du véhicule

Conclusion générale

II
Liste des abréviations
AIE Agence internationale de l'énergie
AIRMAD Air Madagascar
CAF Coût, Assurance, Fret
CARE Cooperative for Assistance and Relief Everywhere, Inc.
CEPC California Environmental Policy Committee
DER Distinguished Encoding Rules
DER Directive sur les Energies Renouvelables
DRDR Direction Régionale du Développement Rural
DREF Direction régionale de l'environnement et forêt
E85 Ethanol 85% dans 1l d'eau
EARRNET Eastern Africa Root Crops Research Network
ENSup Ecole Normale Supérieure
ETBE Ethyl-tertio butyl éther
FCFA Franc des colonies françaises d'Afrique
FFVs Flexible Fuel Vehicles
FO Fuel Oil
FOFIFA Foibe Fikarohana momba ny Fambolena (Centre National
de la Recherche Appliquée au Développement Rural)
GES Gaz à effet de serre
GO Gaz Oïl
HFS Hydrolyse et fermentation séparées
HQCF High quality of cassava farina
IITA International Institut or Tropical Agriculture
INSTAT Institut National de la STATistique Madagascar
JIRAMA Jlro sy RAno Malagasy
MEK Méthyl-éthylélique
MON Indice d'octane moteur
MTBE Méthyl tertio Butyl Éther
NPK Azote-acide phosphorique-potasse
OMO Organisation mondiale du commerce
PAC Politique agricole commune

III
Pac Prêt à cuire
PCI Pouvoir calorifique inférieur
PROBO Produits du Boina
RFS2 Normes sur les carburants aux Etats-Unis, faisant partie de
la loi sur la politique de l'énergie
RON Indice d'octane recherché
SFS Saccharification et fermentation simultanées
SP95 Sans plomb 95%
USA Etats-Unis
USD United States Dollar

IV
Notations et unités
H3PO4 Acide phosphorique
(C 6 H 1 0 O 5 ) n Amidon
atm Atmosphère
N Azote
Cal/kg Calorie par kilogramme
Cal/l Calorie par litre
cm Centimètre
KCI Chlorure de potasse
Vs Contre
° Degré
°GL Degré alcoolique défini par Gay-Lussac
°C Degré Celsius
CO2 Dioxyde de carbone
H2O Eau
C 2 H 5 OH Ethanol
EUR/t. Euro par tonne
C6Hl2O6 Glucose
G Gramme
g/mol Gramme par mole
ha Hectare
SF6 hexafluorure de soufre
HFC Hydrofluorocarbure
H/C Hydrogène sur carbone
kPa Kilo pascal
kg Kilogramme
kg/ha Kilogramme par hectare
kg/m3 Kilogramme par mètre cube
kJ/kg Kilojoule par kilogramme
kJ/L kilojoule par litre
kWh/l Kilowatt heure par litre

V
l/ha Litre par hectare
MJ/I Mégajoule par litre
CH4 Méthane
m Mètre
mg Milligramme
mm Millimètre
mn Minute
PAN Nitrate de peroxyacétyle
N2O Oxyde nitreux
PFC Perfluorocarbure
pd Poids
KOH Potasse
pH Potentiel hydrogène
% Pourcent
rpm Rotation par minute
t Tonne
t/an Tonne par an
t/a Tonne par are
t/ha Tonne par hectare

VI
Liste des figures
Figure 1: La plante de manioc .................................................................................... 6
Figure 2: Boutures de manioc à planter .................................................................... 11
Figure 3: Opération de buttage ................................................................................. 14
Figure 4: Opération d'écimage ................................................................................. 14
Figure 5: Récolte du manioc ..................................................................................... 15
Figure 6: Plantes malades de mosaïque .................................................................. 18
Figure 7: Les produits alimentaires issus du manioc ................................................ 23
Figure 8 : Les différentes filières de transformation pour l'obtention de biocarburants
................................................................................................................................. 31
Figure 9 : Fermenteur Industriel ............................................................................... 38
Figure 10 : Colonne de distillation industrielle .......................................................... 39
Figure 11 : Transformation industrielle pour obtenir le bioéthanol ............................ 40
Figure 12 : Schéma de la production du bioéthanol-carburant à partir du manioc.... 41
Figure 13 : Montage d'hydrolyse .............................................................................. 42
Figure 14 : Montage de fermentation aérobie ........................................................... 43
Figure 15 : Courbe de variation de la pression dans le fermenteur en fonction du
temps ........................................................................................................................ 44
Figure 16 : Schéma de transformation du manioc en éthanol .................................. 45
Figure 17 : Broyage artisanale à l'aide d'une râpeuse à la main .............................. 48
Figure 18 : Presse à manioc à 2 vis ......................................................................... 49
Figure 19 : Tamis semi-automatique version mécanisée ......................................... 49
Figure 20 : Installation industrielle pour la production de bioéthanol ( exemple de la
betterave à sucre)..................................................................................................... 50
Figure 21 : Réchaud à éthanol (modèle fondue) ...................................................... 52
Figure 22 : Réchaud à éthanol (type LAFYA) ........................................................... 53
Figure 23 : Réchaud à éthanol pressurisé ................................................................ 53
Figure 24 : Diagramme de l'évolution de la population agricole selon le procédé .... 60
Figure 25 : Graphe représentant le prix du riz par rapport à cekui du manioc au cours
d'une année .............................................................................................................. 61
Figure 26 : Vision de l'évolution des biocarburants dans le monde .......................... 65
Figure 27 : Phénomène d'effet de serre ................................................................... 70
Figure 28 : Piston ..................................................................................................... 76
Figure 29 : Rampe d'injection ................................................................................... 76
Figure 30 : Bougie .................................................................................................... 77
Figure 31 : Capteur de taux d'alcool d'une Ford Focus ............................................ 78

VII
Liste des tableaux
Tableau 1: Les principaux compôsants nutritionnels du manioc................................. 6
Tableau 2: Les principales maladies de la plante du manioc.................................... 17
Tableau 3 : Classification des types de biocarburants .............................................. 30
Tableau 4: Les sources de sucre généralement utilisés ........................................... 33
Tableau 5 : Les sources d'amidon généralement utilisées ....................................... 34
Tableau 6 : Utilisation du bioéthanol comme carburant ............................................ 55
Tableau 7 : Evolution de la production desz 5 principaux produits vivriers de 2005 à
2010 (en tonnes) ...................................................................................................... 58
Tableau 8 : Evolution de la population agricole entre 2005 et 2009 ......................... 59
Tableau 9 : Consommation des produits pétroliers de 2008 à 2012......................... 62
Tableau 10 : Comparaison entre bioéthanol-essence standard-ETBE ..................... 66
Tableau 11 : Effet du bioéthanol sur l'indice d'octane de l'essence .......................... 67
Tableau 12 : Récapitulation des effets des GES ...................................................... 69
Tableau 13 : Avantages et inconvénients du bioéthanol .......................................... 74
Tableau 14 : Comparaison à partir de mesures effectuées sur véhicuke ................. 78

VIII
Introduction générale
Le manioc est cultivé pour ses racines tubérisées qui entrent pour une grande partie
dans l'alimentation quotidienne de nombreux pays, surtout africaines. Ces pays principaux
producteurs de manioc sont le Nigéria, la Thaïlande, le Brésil, l'Indonésie et la République
Démocratique du Congo. Aliments pour les ménages, fourrage pour le bétail et matière
première pour une large gamme de produits à valeur ajoutée, de la farine grossière aux gels
d'amidon issus de technologies avancées, le manioc est vraiment une culture polyvalente.
A Madagascar, l'agriculture occupe une place majeure dans l'économie tant dans sa
contribution à l'emploi qu'aux exportations de produits. Par ailleurs, la situation du secteur
détermine les conditions de vie de la majorité des ménages malagasy puisque la plupart de
la population vie grâce à l'agriculture.
Grâce à un taux élevé d'amidon fermentescible, le manioc peut être aussi transformé
en éthanol pouvant avoir plusieurs fins industrielles comme solvant, produit pharmaceutique
et même comme substituant de l'essence-carburant.
Le bioéthanol a aujourd'hui un grand avenir pour le monde. Depuis les chocs
pétroliers allant à la dégradation massive de l'environnement, plusieurs pays du
monde se sont tournés à la production de ce nouveau produit. Il est préparé en
grande partie à partir de canne-à-sucre et de la betterave à sucre mais de récentes
recherches ont permis d'en fabriquer à partir de céréales et même des produits
riches en amidon tel que le manioc dont il est l'objet au cours de ce travail.

1
Première partie : Le manioc
Chapitre 1 : GENERALITES SUR LE MANIOC
[2][6][7][8][10][23]

Le manioc, adapté à tous les types de climats et de sols, est une plante aux mille
vertus tant alimentaires qu'énergétiques. Dans ce chapitre, ces aspects seront développés
ainsi que ses utilités ayant des impacts à la vie humaine et animale.

I. Bref historique
1. Origine
Le manioc, appelé aussi tapioca, yuca, cassava ou encore mandioca dans différentes
parties du monde, aurait son origine chez les indigènes du Tupinamba ou les Indiens
d'Amazonie de l'Est du Brésil. Au XVIème siècle, les navigateurs constatèrent que les
autochtones se nourrissaient presque exclusivement de la racine d'une plante inconnue en
Europe : le « MANYOC » qui signifie « Don de Dieu ». De là, il a été dispersé vers les autres
parties du globe par les explorateurs portugais. Les premières cultures de manioc en Afrique
ont eu lieu après 1558. Au début, il a été exclusivement cultivé pour l'approvisionnement des
bateaux transportant des esclaves jusqu'en 1600. Puis les Africains ont diffusé sa
consommation qui est maintenant réparti dans plus de 80 pays des régions tropicales et
subtropicales.

2. Début de la plantation du manioc à Madagascar :


Avant 1972, les régions productrices de manioc à Madagascar étaient Antananarivo,
le Lac Alaotra, la Mahavavy, le Sambirano, et la Mahajamba où des plantations industrielles
ont été gérées par des sociétés privées. Madagascar disposait de six féculeries (Marovitsika,
Mangoro, Ampangabe, Anjiro, Mahajamba, Ambanja) qui lui permis d'exporter vers la France
de la fécule (amidon) et du tapioca de l'ordre de 10 000 t/an. Ces féculeries travaillaient avec
les paysans environnants en fournissant les appuis nécessaires (techniques, intrants
agricoles, etc.).
Actuellement, la filière manioc ne fait plus l'objet de promotion particulière
faute de débouchés. L'exportation des produits dérivés du manioc se trouvait

2
suspendue depuis le départ des Français vers 1972. L'exportation de manioc est
devenue alors insignifiante (5tonnes en 1999, 3 tonnes en 2000 et 16 tonnes en
2003).

3. Milieu naturel de la plante :


Le manioc est une plante qui ne pousse que dans les régions tropicales et tempérées
chaudes. L'optimum de rendement peut être obtenu avec 1000-2000 mm de pluie, une
température moyenne de 23°C-25°C. Au-dessous de 10°C et au-dessus de 40°C la
végétation est réduite. La culture du manioc s'étend entre 30° Nord et 30° Sud et peut réussir
jusqu'à 2000 m d'altitude.
Sur le plan édaphique, le manioc pousse sur des types de sols extrêmement variés
(alluviaux, ferralitiques, tourbeux) à condition que les textures et les structures permettent la
circulation de l'air et de l'eau ainsi que le développement des tubercules (sols légers,
meubles, profonds et de pente faible). Les pH des sols doivent être compris entre 4 et 7,5.
Ces conditions étant remplies à Madagascar, la culture du manioc est pratiquée dans
toutes les régions et constitue le deuxième aliment énergétique de base de la population.

II. Botaniques et variétés de manioc :

Le manioc est une plante vivace qui peut croître plusieurs années si on ne l'arrache
pas. Ces quelques paragraphes décrivent généralement la plante de manioc tant dans sa
classification et son développement végétatif.

1. Classification

Voici une classification simple de la plante de manioc dans le règne végétale :


Règne : Plantae
Sous-règne : Tracheobionta
Division : Magnoliophyta
Classe : Magnoliopsyda
Sous-classe : Rosidae
Ordre : Euphorbiales
Famille : Euphorbiaceae
Genre : Manihot

3
2. Description de la plante de manioc
Quelques descriptions utiles de la plante de manioc nous permettront de mieux cerner
son exploitation.
a. Racines
C'est la partie utile de la plante. Ces racines sont fasciculées et se renflent en se
gorgeant d'amidon. La plante forme une centaine de racines mais quelques-unes seulement
se tubérisent. Les tubercules ont de 20 à 80 cm de long et de 5 à 15 cm de diamètre. Ils sont
attachés au collet de la plante par un pédoncule plus ou moins long, parfois inexistant. Ils se
situent à quelques centimètres de la surface du sol. Une coupe transversale d'un tubercule
montre :
 Une écorce externe grise violacée, jaunâtre ou brune formée de liège.
 Une écorce interne de 2 à 10 mm d'épaisseur, le "phelloderme", blanche ou rose plus
ou moins violacée, pauvre en fécule et riche en produit toxique, la "manihotoxine".
 Un cylindre central blanc ou jaune clair riche en fécule (85 à 92%).

Les tubercules ont des formes très variables et pèsent de 100 g à 3 Kg chacun. Un
pied de manioc peut produire 5 à 6 Kg de tubercules et parfois plus.

b. Tiges
Le manioc peut se présenter avec une ou plusieurs tiges, plus ou moins verticales et
atteignant 1 à 6 m de haut. Elles sont de couleur variée : blanc verdâtre, gris, jaunâtre,
violacé, rouge, brun,... Leur diamètre est de 3 à 4 cm en moyenne. A une certaine hauteur,
ces tiges peuvent se ramifier en 2 ou 3 branches, qui à leur tour peuvent se ramifier jusqu'à
dix fois au cours du cycle. Cette ramification provoquée par la floraison, est sous contrôle
variétal. La tige porte également de nombreux nœuds portant chacun un œil protégé par le
pétiole de la feuille.

c. Feuilles
Elles sont caduques, car elles tombent durant la phase de repos du manioc,
alternes et palmilobées : 3 à 11 lobes. Les feuilles mesurent de 10 à 20 cm de long
et sont portées par un pétiole qui peut être réduit à quelques millimètres ou qui peut

4
atteindre 6 cm de long et dont la couleur va du jaune clair au rouge en passant par le
vert.

d. Inflorescences
Elles apparaissent aux points où les tiges et les branches se ramifient. Ce sont des
grappes qui comprennent en général 80 à 120 fleurs mâles et 4 à 10 fleurs femelles. De ce
fait, on peut dire que le manioc est une plante dicline-monoïque : les étamines et l'ovaire sont
sur des fleurs différentes mais portées par le même plant.

e. Fleurs
Elles ont 1 cm environ de diamètre et sont généralement jaunâtres. Les fleurs mâles
comprennent un calice de 5 sépales soudés à la base et 10 étamines. Les fleurs femelles
comprennent un calice de 5 sépales libres, un ovaire divisé en 3 loges et surmonté d'un style
portant un stigmate divisé en 3parties portant de nombreuses protubérances. Les fleurs
mâles et les fleurs femelles ne s'ouvrent pas en même temps : la fécondation est donc
croisée, de plus les fleurs mâles ne sont pas toujours fertiles.

f. Fruits
Ce sont des capsules déhiscentes. Elles mûrissent en 5 mois et projettent les graines
à 10 m environ. Elles sont de la même couleur que les rameaux et comportent à leur surface
externe 6 ailes plus ou moins sinueuses. Elles renferment 3 loges contenant chacune 1
graine.

g. Graines
Chaque graine a 5 à 13 mm de long sur 3 à 7 mm de large et possède un
tégument marbré. A la base, on trouve un renflement ou "caroncule ". Les graines
sont oléagineuses. Elles mettent plusieurs mois à germer.

5
Figure 1: La plante de manioc

3. Composition nutritionnelle des feuilles et racines du manioc


On distingue les maniocs doux comme le manioc Camanioco contenant moins de
0,012% d'acide cyanhydrique (HCN) et les maniocs amers dont le manioc Bouquet
contenant plus de 0,014% d'acide cyanhydrique. Mais les principaux composants
nutritionnels du manioc sont résumés dans le tableau suivant :

Tableau 1: Les principaux compôsants nutritionnels du manioc

Feuilles Racines
Eau 80% 62 à 68%
Glucides 7% 35% (dont 20 à 25% d'amidon)
Lipides 1% 0,3%
Protéines 6% Env. 1%
Vitamine C 200 mg/100g 35 mg/100g
Vitamine Bi 0,2 mg/100g Négligeable
Vitamine B2 0,3 mg/100g Négligeable

Les feuilles tendres contiennent environ 25% de protéines en poids sec, et sont une
source appréciable de fer, de calcium, et de vitamines A et C. La teneur en acides aminés
essentiels de la protéine de feuilles de manioc est comparable à celle de la protéine d'œuf de

6
poule. De ce fait, la valeur marchande des feuilles de manioc, là où elles sont consommées,
est souvent supérieure à celle des racines tubéreuses.

4. Phases végétatifs de la plante de manioc


Le manioc se multiplie par boutures et son cycle végétatif varie de 6 à 24 mois et plus
selon les conditions climatiques ou d'altitude.

a. Phase de reprise
5 jours après sa mise en terre, la bouture émet ses premières racines puis de
minuscules feuilles plissées apparaissent. Cette phase dure 15jours.

b. Phase d'installation
Les jeunes racines s'allongent et les premières tiges apparaissent. Cette phase dure
une quinzaine de jours mais peut se prolonger durant un mois et parfois plus.
c. Phase de développement foliaire
Les tiges se développent, se ramifient et les feuilles apparaissent. La surface foliaire
atteint son maximum en 3 mois. Cette phase dure 4 mois environ, c'est à dire jusqu'à la fin de
la saison des pluies. Quelques racines commencent à se tubériser.

d. Phase d'accumulation des réserves


L'accumulation des réserves d'amidon dans un nombre variable de racines
(tubérisation) a lieu dès les premières semaines, mais ne devient visible à l'œil qu'à partir du
2ème mois et continue au rythme des conditions du milieu.

e. Phase de repos
En altitude et en zone à saison sèche prolongée, le manioc perd complètement ses
feuilles et le bois prend sa teinte définitive. Cette phase dure 1à 2 mois Le manioc n'entre
jamais complètement en repos en zone humide (saison sèche courte ou peu accusée).

f. Seconde phase de développement foliaire


Pour des cycles culturaux de plus d'un an, les yeux terminaux donnent des pousses
et la plante se couvre rapidement de feuilles. Cette phase dure 5 mois.

7
g. Seconde phase d'accumulation des réserves
La fécule s'accumule à nouveau dans les racines qui prennent leur taille définitive en
7 mois environ

h. Seconde phase de repos


Le manioc perd à nouveau ses feuilles et on le récolte.

5. Variétés
A Madagascar, toutes les variétés locales cultivées appartiennent au genre Manihot -
espèce Utilissima dont
o Manioc du pays : bon rendement mais sensible à la mosaïque ;
o Criolina ou Sao Pedro convient en terres pauvres ;
o Bouquet de la Réunion-Medakely : en terres humides ;
o Bogor : en terres riches.
Par ailleurs, on cultive des hybrides artificiels qui proviennent de croisements entre diverses
espèces de manioc. Plus de 300 variétés sont cultivées à Madagascar, mais on recommande
l'utilisation des hybrides suivants :
 H.45 : Très doux - Demande des sols riches, alluvionnaires, légers et bien
drainés. Résiste à la mosaïque et assez bien à la pourriture ;
 H.53 : Le meilleur manioc doux - Donne de bons résultats sur les sols riches
de collines et sur les alluvions bien drainées. Résiste à la mosaïque et assez
bien à la pourriture. Préconisé pour le séchage ;
 H.54 : Demi-doux, gros rendements - Résiste à la mosaïque. Peut-être séché
(cossettes et rondelles) ;
 H.58 : Demi- doux. Très bonne reprise des boutures. Bons rendements.
Couvre bien le sol.

Mais d'autres variétés existent aussi dans différents pays tels au Côte d'Ivoire, les
variétés améliorées de manioc vulgarisées sont :
 IM84 et TMS4(2)1425 sont récoltés au plus tard 13 mois après plantation pour avoir
une bonne cuisson. Les données sont obtenues de 12 à 13 mois après plantation ;
 Yacé (12-20 mois, 20 t/ha) taux de matière sèche élevé, sensible à la mosaïque, aux
acariens et aux cochenilles ;

8
 Bonoua (12-20 mois, 15 t/ha) taux de matière sèche élevé, sensibilité à la mosaïque
et aux cochenilles, rendement faible, bonne cuisson et bon goût. Ce cultivar a les
pétioles rouges, la tige noirâtre (à 1 an), les tubercules à épiderme brun et à
phelloderme rose ;
 IM84 (12-20 mois, 30 t/ha) bonne adaptation aux sols, sensibilité à la mosaïque,
rendement élevé, récolte facile, goût doux ;
 IM89 (12-20 mois, 28 t/ha) taux de matière sèche élevé, sensibilité aux acariens,
bonne cuisson ;
 IM93 (12-20 mois, 28 t/ha) ramification forte, résistance à la mosaïque, sensibilité aux
acariens, goût doux, mauvaise cuisson ;
 TMS4 1425 (12-20 mois, 30 t/ha) ramification forte, rendement élevé, résistance à la
mosaïque, sensibilité aux acariens, récolte facile, bon goût ;
 TMS30 572 (12-20 mois, 30 t/ha) ramification forte, rendement élevé résistance à la
mosaïque, sensibilité aux cochenilles et aux acariens.

A part les variétés locales, les variétés améliorées développées en


collaboration avec l'EARRNET et l'MTA, les plus connues sont : TME 5, TME 10,
TME 12, TME 14, NASE 10, NASE 12, Oko lyawo, Migyera, SS4, MM96/4466,
MM96/1871, M M96/3868, MH95/0185, MM96/7151 et bien d'autres. Ces variétés
sont résistantes aux insectes nuisibles et aux maladies telles que les araignées
vertes et les infections virales. Mais actuellement, des études portent sur la
caractérisation de toutes les variétés améliorées selon les utilisations spécifiques
finales, tant pour l'utilisation domestique que pour la commercialisation. Le
Département de Sciences des Alimentations et de Technologies de l’Université de
l’Agriculture et de la Technologie Jomo Kenyatta est maintenant en train
d’entreprendre cette étude en collaboration avec NARO-Serere près de Soroti en
Ouganda.

Conclusion partielle :
D’après cette étude, la plantation du manioc ne nécessite guerre de
difficultés pour les cultivateurs. Il existe aussi beaucoup de variétés alors le choix se
porte sur le type de culture et le climat de la région à cultiver.

9
Chapitre 2 : CULTURE ET EXPLOITATION
[2][3][6][32][33][34]
Comme toute plantation, il existe aussi des techniques spécifiques pour la culture du
manioc en vue d'un rendement avantageux. Ces techniques résident dans la préparation des
éléments essentiels pour l'épanouissement de la plante et des appareils de culture.

I. Le sol de culture

1. Choix
Préférer des sols sablo-argileux et éviter les sols hydro morphes (gorgés d'eau et mal
drainés)

2. Préparation selon le type de sol

Selon la culture :
o En culture manuelle : défricher, brûler, labourer, butter ou billonner (conseillé pour les
sols lourds).
o En culture mécanisée : gyrobroyer, labourer, pulvériser, billonner (conseillé pour les
sols lourds).
En terre déjà cultivée, le manioc est en général précédé d'un engrais vert que l'on
enfouit (crotalaria, tephrosia, ambrevades, antaka, pois Mascate, vohem, etc...).
En terre de défriche : il faut sous-soler à 60 cm de profondeur.
Puis on procède à l'épandage du fumier et des engrais minéraux NPK, s'ensuit le
labour du terrain à 20-25 cm de profondeur. Puis repos de la terre durant un mois. L'affinage
se fait à l'aide d'un pulvériseur à disques que l'on fait passer plusieurs fois et d'une herse. Si le
terrain est humide ou en pente, il faut faire des billons suivant les courbes de niveau.

II. Les boutures

1. Choix
D'abord choisir des variétés adaptées au terrain où l'on veut planter et à la région,
Prendre des boutures pendant les phases de repos du manioc de 20 à 30 cm de long (4 à 6
nœuds) sur des tiges saines âgées d'au moins 6 mois et éviter les parties fortement aoûtées

10
ou tendres. Si on les prélève durant les phases d'activités, la teneur des racines en amidon
diminue. L'âge des boutures est important :
 Les boutures de 1 an reprennent vite mais sont sensibles par la suite aux insectes et à
la sécheresse ;
 Les boutures de 2 ans ont une reprise plus lente mais résistent bien mieux par la
suite.
Choisir les boutures sur des bois assez gros (15 à 20 mm) et présentant beaucoup de
« nœuds ». Il est bon de posséder une pépinière de manioc ne servant qu'à la production de
bonnes boutures : 1 ha de pépinière permet de planter 5 à 6 ha.

Figure 2: Boutures de manioc à planter

2. Préparation
L'époque de bouturage ne correspond pas toujours à l'époque de récolte. Les bois de
boutures seront mis en jauge en attendant cette époque favorable. On fait des fagots avec
les tiges de manioc récoltées et on enterre la base de ces fagots dans des trous de 20 à 25
cm de profondeur, faits en plein air, semi-ombragés, protégés contre les prédateurs et dans
un sol sec. Les boutures sont inclinées à 45°. On peut les conserver ainsi durant 2 à 4 mois.
Juste avant la plantation, on coupe les tiges avec un sécateur ou un outil bien tranchant tous
les 20 à 25 cm en gardant 4 à 6 yeux par bouture. On laisse en général le tiers supérieur des
tiges qui est généralement herbacé et mal pourvu en substances de réserves. Les sections
doivent être nettes pour que les cals cicatricielles se forment bien.

11
III. Mise en place et densité de plantation

Planter en début de saison des pluies. Lorsque le sol est fatigué, planter
10.000 pieds par hectare (1 m x 1 m) et lorsque le sol est fertile (après forêt ou
jachère de longue durée), planter 12.500 pieds par hectare (1 m entre les lignes et
0,8 m entre les plants sur la même ligne), voire 15.625 pieds par hectare (0,8 m x 0,8
m). On peut planter les boutures soit droites, soit inclinées dans le sol à 45°, soit
couchées à plat dans le sol :
 on plante verticalement lorsque les boutures sont courtes ;
 on plante à 45° dans la majeure partie des cas en enfonçant les boutures sur les 2/3
de leur longueur.
Dans les deux cas précédents, il faut veiller à ne pas mettre les boutures la "tête en
bas", ce qui diminue les rendements.
 La plantation à plat ne peut se faire que dans les terres bien préparées et non
humides. Elle semble donner de très bons résultats. La profondeur sera de 3 à 5 cm.

Si le terrain a été billonné, il faut planter les boutures sur la crête des billons. Le mode
de mise en place des boutures dans le sol influence très nettement la phase de reprise.

IV. Entretiens

1. Désherbage de la terre de culture


Maîtriser l'enherbement pendant les 4 premiers mois de la culture.
- Binage-sarclage : Ils se font un mois après la plantation pour détruire les
mauvaises herbes, c'est-à-dire, lorsque les jeunes maniocs ont de 20 à 30 cm de haut. Les
binages peuvent se répéter à volonté lorsque le terrain est sale : 3 à 5 fois pendant les 4
premiers mois après la plantation. Au total on compte 2 à 3 sarclages pour un manioc de 12
à 15 mois et 4 sarclages pour un manioc de 2 ans.
- Désherbage chimique : Utiliser le Gramoxone, à la dose de 3 litres par hectare
lors de la préparation du sol ou en prélevée si les boutures sont entièrement couvertes de
terre. Lorsque les plants ont levé, il faut faire un traitement dirigé entre les pieds.

12
2. Fertilisation (en culture continue)
Il existe plusieurs types de fertilisation selon les pays et le type de sol. A Madagascar,
il existe deux types de fumures utilisés par les agriculteurs :
 Fumure organique : 30 à 40 T/ha de fumier de ferme bien décomposé enfoui lors du
labour. On admet que le manioc produit 1 tonne de plus de tubercules par tonne de
fumier apporté.
 Fumure minérale : elle est destinée, d'une part à corriger les déficiences éventuelles
de certains sols et d'autre part, à compenser les exportations des éléments minéraux
par les récoltes.

Les formules préconisées peuvent donc être :


 Azote (N) : on ne conseille pas en général son apport sauf en terrain pauvre à raison
de 30 à 40 unités/ha ;
 Acide phosphorique (H3P04) : 50 à 60 unités/ha ;
 Potasse (KOH): 120 à 150 unités/ha.
Soit : NPK 11.22.16 = 275 kg/ha enfouis lors du labour
 Chlorure de potasse (KCI) : 70 kg/ha en 2 apports
 Urée 46% : 40 kg/ha.

Application de la fumure azotée et potassique :


 1/2 dose à la phase d'installation (1 mois environ après plantation)
 1/4 dose à la seconde reprise de la végétation (vers 11 - 12è mois après plantation)

3. Remplacement des manquants


Il doit se faire le plus tôt possible, après la phase de reprise. Utiliser des boutures
spécialement conservées à cet effet.

4. Buttage
Le buttage est une opération culturale qui consiste à ramener la terre en forme de
butte au pied de la plante. On l'effectue lorsque les plants ont 40 à 60 cm de haut.

13
Figure 3: Opération de buttage

5. Ecimage
Elle est une taille sanitaire effectuée sur la plante afin d'enlever les branches mortes,
présentant des anomalies de croissance ou des blessures importantes. Elle consiste alors en
la suppression de la partie haute de la plante.
Il peut être utile à ce moment-là pour les pieds qui n'ont pas encore ramifié. Par la
suite, les pieds du manioc couvrent bien le sol et il n'y a pas de façons d'entretien jusqu'à la
récolte.

Figure 4: Opération d'écimage

V. Récolte, rendement et conservation

1. Récolte
 Selon l'âge :
Une des grandes qualités du manioc est de ne pas avoir de saison de récolte
spécifique. Les racines tubéreuses peuvent être récoltées n'importe quand, de six mois à
deux ans après la plantation. En période de pénurie alimentaire, on peut les récolter au fur et
à mesure des besoins. La récolte pour consommation humaine se fait de 12 à 20 mois après

14
la plantation; pour les utilisations industrielles, attendre un peu plus permet normalement un
rendement racine et amidon plus élevé.
- Sur la Côte-Est malagasy: on peut récolter lorsque le manioc a 6 à 12 mois pour la
consommation de racines fraîches.
- Sur les Hauts-Plateaux : la récolte ne peut se faire que vers l'âge de 18 à 24 mois. On
conseille de récolter durant la saison froide, c'est-à-dire, de Mai à Octobre afin de bénéficier
de la richesse maximale des racines en fécule.

 Procédés de récolte :
A Madagascar, l'arrachage se fait essentiellement à la main. La récolte des racines
tubéreuses se fait généralement en coupant la tige environ 20 cm au-dessus du sol, puis en
déracinant complètement la plante en tirant sur la souche. Si le sol est trop dur ou les racines
trop profondes,

Figure 5: Récolte du manioc

Il peut être nécessaire de creuser autour des racines tubéreuses avec une houe, une
bêche ou une pioche, pour enlever le sol en veillant à ne pas blesser les racines tubéreuses.
Une fois les racines tubéreuses récoltées, les parties aériennes sont souvent laissées sur le
sol pour sécher, et ensuite enfouies pour aider à entretenir la fertilité du sol.

2. Rendements
Les rendements varient de 3 à 15 T/ha en racines, mais ils peuvent atteindre 60 T/ha
en terres fertiles. Le record mondial atteint 150 T/ha.

15
3. Conservation
♦ Conserver les tiges en position verticale ou horizontale dans un endroit bien
ombragé et aéré (4 à 6 semaines au plus);
♦ Conserver le manioc sur pied de préférence;
♦ Conserver les tubercules dans des sacs en jute enroulés dans des bâches en
plastique (2 à 3 semaines) ou à l'intérieur de tranchées sous un hangar (6 à 8 semaines).

VI. Accidents, maladies et ennemis

1. Accidents
 Grêle : provoque parfois d'importants dégâts. Les rendements sont fortement
diminués.
 Pourriture des tubercules : due à des conditions de milieu défavorables comme
l'excès d'humidité. D'autres fois, il apparaît une nécrose du cœur des tubercules et
ceci est peut-être dû à une carence en oligo-éléments.
 Lignification des tubercules : la proportion de bois et de cellulose des tubercules peut
parfois augmenter dans les terres argileuses, par exemple si l'on garde les tubercules
durant 3 ans dans le sol. Ces tubercules lignifiés ne donnent qu'un faible pourcentage
de fécules.
 Malformation des racines : due à des sols mal préparés.

16
2. Maladies
Tableau 2: Les principales maladies de la plante du manioc
Maladie Mosaïque Anthracnose Bactériose Acariens

Agent virus champignon bactéries acariens


pathogène
Vecteur aleurodes ou Pseudotheraptus Diptères, boutures —
mouche blanche et devastanset et infectées, opérations
boutures infectées boutures culturales, pluies,
infectées vents

Symptômes taches jaunes ou lésions profondes des taches foliaires taches


vert-pâle, (chancres) et angulaires d'aspect chlorotiques sur la
déformations des dessèchement des humide entraînant des feuille présentant
feuilles et réduction extrémités, brûlures, flétrissement de petits points
de l'appareil nécroses brunes et défoliation, blanchâtres
végétatif sur les feuilles brunissement des
tissus vasculaires,
exsudation de gomme
et nécrose apicale

Pertes de 20 à 90 % en racines les tiges infectées= baisse de 20 à 100% de jusqu'à 80 %


rendement plantation de la production
mauvaise qualité
Luttes utiliser des variétés utiliser des utiliser des variétés Planter des
résistantes et planter boutures saines et résistantes et planter boutures saines,
des boutures saines éliminer les débris des boutures saines effectuer des
de récolte rotations
culturales, planter
en début de saison
des pluies et
maintenir la parcelle
propre

17
Figure 6: Plantes malades de mosaïque

Pour lutter contre ces maladies, la voie la plus prometteuse est l'emploi de variétés
tolérantes et la création de variétés résistantes.

3. Ennemis : les insectes


Sur les boutures :
Les coléoptères de la famille des hétéronychus rongent les jeunes boutures qui
finissent par mourir. Parfois aussi ils dévorent la partie centrale de ces boutures.

Sur les tiges :


❖ Les punaises piquent les jeunes pousses qui flétrissent ce qui les
noircissent.
❖ Les cochenilles sucent la sève et finissent par faire mourir les
extrémités des jeunes tiges. Le symptôme est l'aspect buissonnant au sommet de la
plante avec réduction ou non de la surface foliaire et des entre-nœuds, d'où une perte
de rendement pouvant atteindre jusqu'à 75 %. Les luttes sont simples : planter des
boutures saines, effectuer des rotations culturales, planter en début de saison des
pluies et maintenir la parcelle propre.
❖ Les coléoptères rongent et écorcent les tiges.
❖ Les termites, parfois, creusent des galeries dans les tiges

18
Sur les feuilles :
❖ Les cochenilles sucent la sève.
❖ Les charançons dévorent le parenchyme foliaire.
❖ Les coléoptères dévorent le limbe des feuilles.
❖ Les chenilles rongent les feuilles.
❖ Les hémiptères dont les larves rongent les feuilles; ce sont des
Bemisia, vecteurs de la mosaïque.
❖ Les sauterelles dévorent le limbe des feuilles.
❖ Les bœufs consomment les feuilles et les jeunes pousses.

Sur les racines :


❖ Les nématodes provoquent des déformations des racines et favorisent
l'apparition des pourritures.
❖ Les rats rongent les tubercules.
❖ Les sangliers apprécient les tubercules non amers.

Conclusion partielle :
D'après ce qu'il a été dit, la plante de manioc, même avec de grandes préparations au
préalable, peut rencontrer de nombreuses difficultés comme les maladies, les accidents
climatiques et même les petits insectes. Afin d'éviter certains d'entre eux, il est nécessaire de
suivre de près l'évolution de la culture.

19
Chapitre 3 : ECOLOGIE DU MANIOC
[6][10]

Le manioc est une plante vivrière de la zone tropicale humide, mais qui résiste bien à
la sécheresse. Deux saisons tranchées : chaude et pluvieuse-sèche et ensoleillée sont
favorables au rendement et à la conservation du produit.

I. Besoins en chaleur

Le manioc ne pousse normalement que dans les régions tropicales et tempérées -


chaudes : à 0°C le manioc meurt, vers 1 à 2° C seul le bois meurt tandis que les racines
restent vivantes, vers 8°C seules les branches supérieures sont tuées. Il faut pratiquement 25
à 30°C de moyenne durant la végétation du manioc.

II. Besoins en eau

Le manioc supporte des régimes de pluies très diverses qui vont de 550 mm par an
jusqu'à 4 m. Les meilleurs rendements s'obtiennent avec des hauteurs de pluies variant de
1000 à 2 000mm annuellement avec 3 mois de saison sèche. Au-dessus de 2.000 mm de
pluies/an, les racines de manioc pourrissent en terre.
La teneur en fécule des racines est maximale durant la saison sèche. Sur les Hauts-
Plateaux et dans la région de l'Ouest de Madagascar, la saison sèche bien marquée favorise
l'accumulation de la fécule. Ces régions constituent les zones d'élection de la culture
industrielle (Lac Alaotra, Sakay, Mahajamba et le Sambirano).

III. Besoins en lumière

Le manioc est essentiellement une plante de lumière. La formation d'amidon dépend


directement de l'ensoleillement.

20
IV. Besoins en sols

Le manioc demande des sols légers, meubles, profonds, à pente faible et riches en
humus et en matières minérales. Il peut se contenter de terres relativement pauvres (latérites)
à condition qu'elles ne soient pas soumises aux inondations et qu'il n'y ait pas d'eau
stagnante. Enfin, le manioc n'aime pas les terres lourdes et argileuses. Le sol idéal est de
texture sablo argileuse, profond, non compact, bien drainé et avec un pH de 6.

V. Besoins en altitude

Le manioc pousse depuis le niveau de la mer jusqu'à 1 500 m d'altitude environ où les
températures trop basses limitent sa culture. A Madagascar, le manioc est cultivé aussi bien
dans les régions humides de la Côte-Est que dans les contrées sèches du Sud.

Conclusion partielle :
Lorsque tous ces facteurs indispensables sont réunis au même endroit, on ne peut
qu'espérer un meilleur rendement et une bonne récolte pour les cultivateurs. Cependant, ces
critères ne sont observables que dans les régions tropicales tempérées, alors qu'en est-il des
autres régions du globe ?

21
Chapitre 4 : UTILISATION ET TRANSFORMATION
[3][7][29]

Le manioc a de multiples usages. Le manioc frais ou sec, riche en glucides est utilisé
en alimentation humaine et animale. C'est un aliment essentiellement glucidique : pauvres en
lipides, protides et vitamines alors pour équilibrer la ration, il faut l'associer à d'autres aliments
: viandes, graisses, légumes et fruits.

I. Niveau domestique

1. Aliments
Les feuilles sont riches en protéines et pilées fraîches ou séchées. Cuites avec du
porc, elles constituent un plat malagasy renommé le ravitoto. Il fait partie des valeurs
culturelles malgaches.
Les racines de manioc sont hautement périssables et doivent être préparées dans les
quelques jours suivant la récolte :
 Farinha (Brésil):racines fraîches râpées, pressées pour éliminer l'essentiel de cyanure
et chauffée ; farine grossière étalée sur de nombreuses préparations culinaires
brésiliennes ;
 Gari (Afrique) : pâte obtenue par râpage, fermentée avant d'être rôtie sur une plaque
chaude ;
 Foufou (Afrique) : pâte obtenue par râpage, séchée au soleil et moulue puis mêlée à
de l'eau ;
 Attiéké (Bénin et Côte d'Ivoire) : pâte obtenue par râpage cuit à la vapeur ;
 Chickwangue ou kwanza (République démocratique du Congo) : pilonnage de la
pulpe de manioc puis enveloppée dans des feuilles de bananier et cuite plusieurs
heures à la vapeur ;
 Gaplek (lndonésie) : racines tubéreuses épluchées, coupées en tranchés dans la
longueur, et séchées au soleil puis entreposés ou vendus au marché ;
 Tiwul : gaplek pilonné et réduit en farine, délayée dans une petite quantité d'eau, cuits
à la vapeur, soit séparément soit en même temps que du riz ;
 Krepek (lndonésie) : aliment de grignotage populaire ; racines tubéreuses
épluchées et coupées en tranches fines avec une trancheuse à main ou

22
électrique puis passées à l’eau, égouttées puis frittées à l’huile bouillante
pendant quelques minutes.

Figure 7: Les produits alimentaires issus du manioc

Dans beaucoup de pays, le haut vert de la tige, feuilles et pétioles compris, est donné
aux vaches et aux buffles, tandis que les feuilles vertes servent à nourrir les poules et les
porcs. Le manioc est donc aussi une excellente base pour l'élevage.

2. Outils
Les tiges sont utilisées comme boutures à planter et servent aussi de fourrage, de
paillis pour amender le sol, de combustible. En Chine, en Thaïlande et au Viet Nam, les
feuilles vertes servent à élever des vers à soie. Les souches servent de bois de chauffage, et
les tiges ligneuses sont broyées pour fournir un substrat de culture pour champignons.

II. Niveau industrielle

1. Industrie alimentaire
Les racines matures d'au moins quinze mois contiennent 25-35% d'amidon.
Les produits dérivés du manioc sont les provendes, l'amidon, la fécule et le sirop de
glucose.
o la provende contient des proportions variables de manioc selon les espèces,
et sert à l'alimentation du bétail, des volailles et essentiellement à
l'engraissement des porcs ;

23
o l'amidon extrait de la farine est utilisé : dans les industries alimentaires
(produits sucrés, produits épaississants, fabrication du tapioca, charcuterie,
confiserie, biscuiterie...), dans les industries du textile, du papier et
contreplaqué...

S'il a été extrait dans les règles de l'art, l'amidon de manioc est d'un blanc pur, avec
une faible teneur en lipides et en protéines et dépourvu de goût de céréale, il a une viscosité
élevée. L'extraction de l'amidon peut se faire à n'importe quelle échelle - depuis l'unité de
production artisanale dans une cour jusqu'à l'usine à grande échelle, entièrement mécanisée.
Le manioc a beaucoup d'avantages pour la production d'amidon tels que sa pureté élevée,
son excellent pouvoir épaississant, sa saveur neutre, les caractéristiques de sa texture et le
fait d'être une source à bon marché de matières brutes contenant une concentration élevée
d'amidon (d'après la matière sèche).
o la farine de manioc de haute qualité(HQCF) est de la farine de manioc qui n'a pas subi
de fermentation et peut être utilisée en remplacement de la farine de blé et autres
sources d'amidon en boulangerie et en confiserie. La production de HQCF à partir des
racines tubéreuses se fait par épluchage, lavage, râpage, pressage, désagrégation,
tamisage, séchage, mouture, blutage, conditionnement et entreposage
o la fécule est utilisée en biotechnologie comme matière première en glucoserie, en
pharmacie pour la fabrication des comprimés, en industrie textile pour l'encolure de
tissus, en industrie chimique pour la fabrication de colle et pile.
o en sirop de glucose, il est utilisé en chocolaterie et en confiserie.

Le sirop de glucose est une solution aqueuse concentrée de glucose, maltose et


d'autres saccharides nutritifs issus de l'amidon comestible. Il est utilisé en grande quantité
dans les fruits, les liqueurs, les fruits confits, les produits de boulangerie, les produits
pharmaceutiques et les produits de brasserie. La production de sirop de glucose à partir du
manioc peut être subdivisée en trois étapes : la liquéfaction, la saccharification et la
purification.

Avant les années 60, il y avait 8 féculeries à Madagascar. Aujourd'hui n'existent que
les féculeries PROBO d'Antanimalandy à Mahajanga, et de Marovintsika à Moramanga.

24
2. Industrie énergétique
Est-il vraiment possible de produire de l'agrocarburant à base de manioc ?
Le manioc est de plus en plus utilisé pour la production d'alcool carburant ou éthanol.
La conversion en éthanol est appelée à devenir une des principales utilisations des racines
fraîches et des cossettes séchées de manioc.
En Colombie, le manioc est utilisé pour fabriquer de l'agrocarburant. Encore en phase
d'expérimentation, ce projet est mené par le CIAT (Centre de Recherche en Agriculture
Tropicale) de Colombie. Le test réalisé consiste à équiper une voiture classique avec un kit
de conversion du biocarburant disponible sur le site Internet du CIAT à seulement 84€. Munie
de ce kit, la voiture est alimentée avec l'agrocarburant à base de manioc. Ainsi équipée, la
voiture est ensuite testée sur un trajet mesurant environ 700 km. Afin d'apporter une meilleure
performance au bioéthanol à base d'alcool, une modification génétique de l'amidon de
manioc a été prévue, ceci permettra à la plante d'avoir une meilleure teneur en sucre
augmentant ainsi sa puissance énergétique. En plus de son utilisation dans le biocarburant,
le manioc pourrait d'ici quelque temps servir dans la production d'électricité. Selon les
techniciens du CIAT, une culture de manioc étendue sur trois à cinq hectares permettra
d'alimenter en électricité une petite agglomération six heures par jour. Reste à savoir, si le
projet est assez fiable pour convaincre les investisseurs.

Conclusion partielle :
Si les moyens y sont fournis, l'utilisation de la plante de manioc pourrait apporter
plusieurs bienfaits pour l'alimentation et la consommation énergétique. Pour réduire alors les
dépenses énergétiques, son exploitation en vue de l'obtention du bioéthanol doit être
développée surtout pour les pays dépendant énergétiquement comme Madagascar.

25
Chapitre 5 : PROBLEMATIQUE DE LA FILIERE
MANIOC
[7][8]

Même si tous les atouts pour la culture de manioc résident à Madagascar, d'autres
problèmes subsistent encore et sont des facteurs qu'il faut absolument résoudre pour le
développement de la filière.

I. Atouts
 Large gamme de conditions climatiques favorables à la culture.
 Grandes potentialités en superficies cultivables (Moyen Ouest, Sud-Ouest et Hauts
Plateaux).
 Présence du FOFIFA qui travaille en coopération avec des institutions de recherche
internationales.
 Technologies améliorées de production existantes et disponibles pour la relance de la
filière.
 Existence d'organisations motivées pour la relance de la filière (CARE Madagascar).
 Existence des techniciens d'encadrement au niveau DRDR.
 Savoir-faire et expérience des producteurs en matière de transformation primaire
(séchage, cossettes, farine...)

II. Handicaps
 Inexistence de promotion de la filière.
 Vétusté des matériels de transformation pour les féculeries restantes.
 Difficultés d'approvisionnement en manioc frais (prix du transport et enclavement des
zones de production).
 Absence d'organisation des producteurs permettant une relance de la filière.
 Crédit peu accessible aux paysans.
 Disparition progressive des cultures industrielles et des industries de transformation
depuis la nationalisation des sociétés privées vers 1975.
 Rendement à l'hectare faible de 7 t/ha contre des possibilités d'obtenir 12 t/ha ou plus.
 Faible maîtrise des techniques de stockage.

26
 Difficulté d'extension des superficies cultivées pour des raisons d'ordre foncier et
insécurité en milieu rural (vols sur pied).
 Manque d'information sur le marché (local et extérieur).
 Faible développement des modes de transformation artisanale.

III. Défis

Les défis à relever sont de :


 surpasser le niveau de rendement moyen actuel,
 réussir à incorporer davantage de manioc ou de produits dérivés dans la couverture
des besoins alimentaires de la population, et pas seulement pour les couches sociales
vulnérables,
 arriver à une plus grande utilisation industrielle engendrant une plus forte valeur
ajoutée sur place
 passer d'une simple culture vivrière à une nouvelle culture de rente ou industrielle
respectueuse des normes de qualité.

Conclusion partielle :
Lorsque ces défis seront relevés, le développement de la filière pourrait avoir
un impact considérable sur l'économie malagasy allant au développement durable du
pays.

27
Deuxième partie : Le bioéthanol
Chapitre 1 : GENERALITES SUR LE BIOETHANOL
[11][12][13][20][21][22]

Avant toute chose, le bioéthanol peut être utilisé en carburant. Alors afin de mieux
cerner le sujet, parlons d'abord du biocarburant.

I. Approche historique

A la naissance des industries automobiles, le pétrole et ses dérivés n'étaient pas


encore très utilisés. D'ailleurs, les moteurs conçus ne sont pas encore destinés pour le
pétrole. En 1898, Rudolf Diesel utilisait de l'huile d'arachide pour faire fonctionner son premier
moteur à allumage par compression ; en 1908, Henry Ford concevait son modèle T de sorte
qu'il puisse fonctionner à l'éthanol. A cette époque, beaucoup de gens ont donc pensé que
les biocarburants vont faire un bon marché, mais ce n'était pas le cas. En outre, le 28 février
1923, Edouard Barthe a fait des efforts pour la promotion d'un carburant national à base
d'alcool de grains, et ces efforts sont confirmés par la loi. Mais, au milieu du XXe siècle, le
pétrole s'est trouvé abondant et de bon marché. Cette situation explique le désintérêt des
industriels pour les biocarburants. Pourtant, les premiers et seconds chocs pétroliers (1973 et
1979) les rendirent à nouveau attractifs, pour des questions stratégiques et économiques.
Par conséquent, de nombreuses études furent ainsi menées à la fin des années 1970 et au
début des années 1980. Toutefois, la baisse des prix du pétrole en 1986 et le lobbying des
multinationales pétrolières ont diminué l'enthousiasme pour les biocarburants. Mais la
recherche sur les biocarburants a toujours continué. En 2000, le pétrole constatait une
nouvelle hausse du prix. Il y a aussi la nécessité de lutter contre les effets de serre, les
menaces sur la sécurité d'approvisionnement et la surproduction des produits agricoles. Ces
diverses situations ont conduits les gouvernements à renforcer les discours et les promesses
d'aides pour le secteur des biocarburants. C'est ainsi que les biocarburants ont trouvé leur
place en tant que source alternative aux carburants fossiles.

28
II. Définitions
1. Une vue générale sur les biocarburants
a. Etymologie
Le mot « biocarburant» vient du grec « bios» qui veut dire « vie», « vivant» et de «
carburant». Cette expression indique que ce carburant est obtenu à partir des matières
organiques (biomasse) par opposition aux carburants issus des ressources fossiles.
L'appellation « biocarburant » a été promue par les industriels de la filière et certains
scientifiques.
Le mot « agro carburant» vient du latin « ager» qui veut dire « champ» et de
«carburant». Cette expression est la plus récente (2004) et elle indique que le carburant est
obtenu à partir de produits issus de l'agriculture.

b. Définition
Quel que soit sa dénomination, « biocarburant» ou « agro carburant», leur
signification est la même. Les biocarburants ou agro carburants sont des carburants
renouvelables dérivés directement de matières biologiques vivantes, ou qui étaient vivantes
jusqu'à tout récemment (biomasse). Ils ont l'avantage de réduire la pollution et les émissions
de gaz à effet de serre tout en étant une solution de rechange aux autres sources d'énergie.

c. Technologie
On peut classer les biocarburants en fonction de leur origine et de leur type.
Généralement, ils se présentent sous trois formes: solides, liquides et gazeux. Au sein de
chaque groupe, on distingue différents types de combustibles et, dans certains cas, une
interaction ou un inter traitement entre les types de combustibles.

29
Tableau 3 : Classification des types de biocarburants

Classe des Type des Principales utilisations


biocarburants
biocarburants
Solide primaire combustible dans de nombreuses chaudières et appareils
générateurs de chaleur
ex : bois de feu, charbon de bois ou briquettes de bois
Uquide
Biohuile secondaire brûlé pour produire de la chaleur dans des chaudières,
produire de l'électricité dans des turbines et matière
première pour toute une gamme de produits chimiques et de
résines naturelles
Biodiésel secondaire utilisé dans les moteurs à combustion interne à pleine
concentration ou mélangé avec du pétrodiésel pour réduire
les émissions atmosphériques

Bioéthanol secondaire biocarburant liquide le plus largement utilisé : utilisé pour


augmenter la performance des véhicules et comme composé
oxygéné pour le carburant

Gazeux
Biogaz secondaire brûlé pour obtenir de la chaleur industrielle, pour générer de
la vapeur et de l'électricité, ou utilisé directement dans
certains moteurs et turbines à combustion interne pour
produire de l'électricité
Gaz de secondaire utilisé comme combustible ou comme matière première dans
biosynthèse
d'autres procédés chimiques

30
Figure 8 : Les différentes filières de transformation pour l'obtention de biocarburants

d. Type
On distingue également entre les biocarburants primaires (non transformés) et
secondaires (transformés):
 Les biocarburants primaires, comme le bois de feu, les copeaux et les briquettes de
bois, sont ceux où la matière organique est utilisée dans sa forme naturelle (telle
qu'elle est récoltée). Ils fournissent en général le combustible servant directement à
cuire les aliments, à produire de la chaleur ou de l'électricité dans des applications
industrielle à petite et grande échelle.
 Les biocarburants secondaires sous la forme de solides (par exemple, le charbon de
bois), liquides (l'éthanol, le biodiesel, les huiles biologiques, etc.) ou de gaz (biogaz,
syngaz et hydrogène) peuvent servir dans un éventail d'applications plus large
notamment dans les transports et les processus industriels à température élevée.

31
2. Le bioéthanol
a. Propriétés physiques
L'éthanol est un liquide très mobile, inflammable, insipide, incolore et légèrement
toxique, de formule semi-développé CH3-CH2-OH. Il devient visqueux à -80°C et se congèle à -
117.3°C. Il bout à 78.35°C sous 1 atm. Sa masse moléculaire est de 46.07g/mol. Sa densité
à 20°C et sous 1 atm est de 0.7893 et son indice de réfraction est de 1,3611.

b. Propriétés chimiques
Pratiquement l'alcool pur n'attaque pas les métaux usuels : fer, cuivre, zinc, plomb,
etc. Mais il attaque l'aluminium et forme un ortho aluminate d'éthyle. L'oxydation totale de
l'alcool est obtenue par sa combustion. L'alcool est bien moins inflammable que les essences
naturelles, son point d'éclair est +16°C, le pouvoir calorifique inférieur est 6642 cal/Kg soit
5300 cal/l. De par son pouvoir calorifique élevé l'alcool est une source d'énergie considérable.
Pour l'air chargé de vapeur d'alcool, les limites d'inflammabilité s'échelonnent à 75°C de 90 à
400mg par litre d'air, alors que pour l'essence elles vont de 47 à 200mg. L'alcool peut être
oxydé partiellement et le premier stade est l'aldéhyde. L'oxydation par l'air a déjà lieu à froid
mais elle est lente. Elle explique pourtant la difficulté de conserver de l'alcool exempt de
traces d'aldéhydes à la lumière. La vapeur d'alcool peut être dissociée vers 500-600°C sans
catalyseur.
Remarque: on entend par bioéthanol l'éthanol obtenu à partir de la biomasse et non du
craquage des hydrocarbures dans une raffinerie de pétrole brut.

3. Les principales sources de bioéthanol


En 2010, l'AIE, Agence internationale de l'énergie, a défini clairement ce que
constituent les biocarburants de première génération et de deuxième génération. Les
premiers sont principalement le bioéthanol à base de sucre de canne, d'amidon ou de maïs et
le biodiesel. Les matières premières utilisées dans la production de biocarburant de première
génération sont soit des plantes à haute teneur en sucre, amidon ou huile, ou des graisses
animales, qui, dans la majorité des cas, conviennent également à l'alimentation humaine et
animale, soit des déchets alimentaires. Les biocarburants de deuxième génération, eux, sont
produits à partir de cellulose, d'hémicellulose ou de lignine. Le bioéthanol tiré de matières
cellulosiques et les carburants Fischer-Tropsch sont deux exemples de biocarburants de
deuxième génération.

32
a. Les sources de sucre
Les types le plus communs de matière première pour la production de l'éthanol sont des
matières sucrés. Des matières sucrées peuvent être directement fermentés par des types
spécifiques de levure. Dans le procédé de fermentation, les molécules de sucre sont coupées
en deux molécules de C02et en deux molécules d'éthanol selon la formule Gay-Lussac :

L'équation montre que de 180 g de sucre, 92 g sont convertis en éthanol, ce qui est
égal à 51 % en poids. Ce taux de conversion est le maximum imaginable et ne peut pas être
réalisé dans des conditions pratiques. En réalité une efficacité de conversion d'environ 90%
peut être réalisée avec des processus industriels, signifiant un taux de conversion pratique de
sucre en l'éthanol de 46% pd.

Tableau 4: Les sources de sucre généralement utilisés


Source de sucre Pays Taux du sucre Sous-produits Utilisation Rendements

utilisateurs fermentescible
Canne-à-sucre Amérique du environ 14% bagasse directement 80 l/t soit
Sud et Inde fibreuse de convertis en 55001/ha
canne à sucre éthanol
Betteraves à sucre Europe environ 17% pulpes production environ 100 l/t
betteraves d'éthanol ou 7 000 l/ha.

Mélasses (résidu de Amérique du de 45% jusqu'à C'est un sous- production 300 1 en


la transformation Sud, Inde et 60% produit d'éthanol moyenne.
du jus de canne ou Europe
de betterave)
Fruits : pomme Europe 6-7% — pour l'alcool de environ 30 l/t
d'anacardier consommation
Sorgho doux Etats-Unis, 15-17% bagasse de production 60 l/t de canne
Australie et Inde canne et grains d'éthanol soit 7 000
de sorgho l/ha/an

33
L'essentiel de la production mondiale d'éthanol repose sur le sucre de canne ou le
maïs; l'essentiel d'éthanol produit au Brésil l'est à partir de la canne à sucre, le rendement
moyen d'éthanol par ha de canne est 55001/ha. Aux États-Unis d'Amérique la production
d'éthanol se fait à partir du maïs et son rendement est approximativement de 3 000 litres par
ha.

b. Les sources d'amidon


L'amidon est un terme générique pour des types d'hydrate de carbone se composant
de molécules complexes constituées de chaînes des centaines voire milliers de molécules de
glucose. Ces chaînes peuvent être décomposées en glucoses simples par hydrolyse :

L'hydrolyse de 162 g d'amidon exige ainsi 18 g de l'eau et résulte dans la formation


de 180 g de glucose, qui alternativement peut produire 92 g d'éthanol. Le taux de conversion
global de l'amidon en éthanol est alors 57%, ou 51% si un facteur d'efficacité de 90% est
assumé.

Tableau 5 : Les sources d'amidon généralement utilisées


Source de sucre Pays Taux du sucre Sous-produits Utilisation Rendements

utilisateurs
fermentescible
Maïs Amérique du 60% d'amidon un résidu éthanol
400 l/t soit 3
Nord (Etats- 000l/ha
Unis)

Blé Europe environ 65% — éthanol 400 l/t soit 2


d'amidon 000l/ha

Pommes de dans le — l'éthanol de


90l/t
terre
monde entier consommation
Manioc 22% environ — éthanol
140 l/t soit 2
d'amidon 100 l/ha

34
c. Les matières à bases cellulosiques
La biomasse cellulosique est le matériau biologique le plus répandu sur terre. La mise
au point de biocarburants de la deuxième génération à base de cellulose pourrait déboucher
sur une forte augmentation du volume de la production des matières premières et sur leur
plus grande diversification dont les déchets cellulosiques, notamment ceux provenant de
l'agriculture (pailles, tiges, feuilles) et de la sylviculture, ceux des industries de transformation
(coques de noix, bagasse de canne à sucre, sciures). Parmi les espèces ligneuses à rotation
rapide offrant un potentiel intéressant, citons le saule, les peupliers hybrides et l'eucalyptus ou
certaines graminées comme le miscanthus, le panie érigé et le Phalaris roseau. La biomasse
cellulosique offre plus de résistance à la dégradation que les amylacés, les sucres et les
huiles. Sa conversion en carburant liquide présente des difficultés, ce qui rend cette méthode
de production plus coûteuse que les autres en dépit du prix de revient relativement moindre
de la matière première cellulosique elle-même, par rapport aux matières premières utilisées
pour la production des biocarburants de la première génération. Par conséquent,
l'avancement de la recherche et du développement en matière de bioéthanol cellulosique ne
permet pas encore d'envisager une production à grande échelle.

Conclusion partielle :
Ce chapitre nous a expliqué ce qu'est le bioéthanol et quels en sont ses
origines. Mais qu'en est-il de sa fabrication ?

35
Chapitre 2 : PROCEDES DE FABRICATION DU
BIOETHANOL ISSU DE L'AMIDON DU MANIOC
[9][13][19][22][27][31][35][36][37]

La manière la plus commune de produire l'éthanol est par la conversion biologique


(fermentation) des sucres ou des amidons, par exemple le jus de betteraves et de canne à
sucre, ou les amidons transformés du maïs, du blé ou du manioc. S'il y a lieu, l'éthanol produit
peut être purifié par une ou plusieurs étapes de séparation. Le processus général de la
production de bioéthanol pur peut être divisé en cinq phases distinctes :

I. Rendre disponibles les ressources de sucre ou d'amidon

Une grande partie des sucres disponibles ou des amidons sont confinées dans la
biomasse (maïs, canne à sucre, manioc, etc...), signifiant qu'elles ne sont pas facilement
disponibles. En décomposant les structures, les sucres deviennent disponibles.

II. Hydrolyse des sucres polymères

Avec l'hydrolyse, les sucres polymères sont réduits en sucres monomériques. Les
méthodes pour l'hydrolyse sont entre autres: application de chaleur, d'acides, d'enzymes ou
une combinaison de ceux-ci.

1. Hydrolyse enzymatique
Les amylases catalysent l'hydrolyse de l'amidon, polymère du glucose. La molécule
d'amidon est en effet constituée de molécules de glucose enchaînées les unes aux autres.
Ce corps représente la principale forme de réserve des glucides produits par les plantes au
cours de la photosynthèse. On le trouve dans les graines et dans les organes de réserve
comme les tubercules de pommes de terre ou de manioc. La mobilisation de cette réserve
lors de la reprise d'activité est assurée par les amylases. Ces enzymes sont également
présentes dans les sucs digestifs des consommateurs animaux ; par exemple, chez l'homme,
dans la salive, le suc pancréatique et le suc intestinal. L'α-amylase coupe la molécule
d'amidon à l'intérieur des chaînes ; la β-amylase coupe aux extrémités ne libérant des
molécules de maltose, dimère du glucose.

36
2. Hydrolyse acide
L'hydrolyse acide de l'amidon se fait généralement par l'acide chlorhydrique HCI.
Pour le procédé, il suffit d'ajouter à l'amidon une proportion adéquate d'acide, de le mélanger
et de mettre le tout dans un bain-marie bouillant pour faire agir l'acide.

III. Fermentation

C'est l'étape la plus délicate de la production d'éthanol, car elle est très vulnérable aux
infections microbiennes qui peuvent dévorer des millions de dollars en cours de production.
Les paramètres importants de la fermentation sont un teneur en alcool élevée et une faible
consommation d'énergie et une réduction de la durée de l'opération.
Les trois éléments nécessaires à la fermentation sont le sucre, l'eau et la levure. La
fermentation peut se faire en lot ou en continu. La conversion de l'amidon peut être combinée
pour en faire un procédé appelé saccharification et fermentation simultanées (SFS) ou un
procédé séparé appelé procédé d'hydrolyse et de fermentation séparée (HFS). Le procédé
de saccharification et de fermentations simultanées a l'avantage de réduire les exigences en
matière d'énergie et le coût d'investissement. Le procédé HFS permet aux enzymes et à la
levure de s'activer selon leur température optimale, augmentant la vitesse de la réaction.
Les levures utilisées pour la fermentation sont les Saccharomyces Cerevisiae qui sont
une levure de distillerie. Pour résoudre le problème de coût onéreux des amylases
commerciales utilisées, plusieurs scientifiques ont testé l'aptitude de souches de levures
amylolytiques à convertir directement l'amidon en éthanol. Sills et Stewart (1982) ont montré
que l'utilisation de Saccharomyces Diastaticus, souche de levure amylolytique qui sécrète
une glucoamylase réduit le coût de la saccharification. Des travaux similaires ont été
effectués avec les souches de Schwanniomyces alluvius, Schwanniomyces occidentalis,
Endomycopsis fibulîgera, Picha membranœfaciens, mais ces souches de levures
amylolytiques ont un pouvoir alcooligène très faible. Les travaux effectués par Verna et al ont
montré que la co- culture d'une souche de levure amylolytique avec la levure de distillerie
Saccharomyces cerevisiae augmentait considérablement le rendement de production
d'alcool.

37
Figure 9 : Fermenteur Industriel

IV. Distillation

La distillation est une technologie bien connue pour la séparation des mélanges des
liquides avec différents points d'ébullition. La solution alcoolisée provenant de la fermentation
doit ensuite être concentrée par rectification au moyen de vapeur afin d'extraire le bioéthanol
(« vins spiritueux ») et de laisser les solides. La distillation permet d'obtenir un contenu en
éthanol jusqu'à 96% par unité de volume. Son principe est simple : l'alcool passe de l'état
liquide à l'état gazeux à une température de 78,4°C, tandis que l'eau se transforme en vapeur
à 100°C. L'équipement de distillerie est généralement composé des colonnes de distillation et
de rectification, des échangeurs de chaleur, de l'équipement de pompage et de l'équipement
de support inclus par le concepteur le tout entreposé dans la salle de distillation aussi appelée
« salle du Palais ».

38
Figure 10 : Colonne de distillation industrielle

V. Déshydratation

On ne peut pas dépasser 95°GL par la distillation. Lorsqu'on veut obtenir de


l'alcool absolu, on est obligé de déshydrater le produit en recourant à d'autres
méthodes physiques ou chimiques. Cet alcool absolu n'est autre que l'éthanol
carburant. Dans cette dernière étape l'éthanol est séparé de l'eau pour obtenir une
teneur en eau de moins de 0,3% par unité de volume, signifiant un éthanol avec plus
de 99,7% de pureté. Pour cette séparation, des technologies habituelles sont
employées comme des membranes ou des tamis moléculaires (billes de zéolite) qui
adsorbent l'eau de la solution. Les tamis moléculaires améliorent l'efficacité de la
déshydratation du bioéthanol.

Selon la matière première utilisée et la pureté exigée de l'éthanol, une ou


plusieurs étapes peuvent être omises. Par exemple, des matières de base contenant
du sucre peuvent être directement fermentées si les sucres sont disponibles, alors
que des produits amidonnés doivent d'abord être hydrolysés (étape 2). Pour la
production de combustible domestique éthanol, la déshydratation (étape 5) n'est pas
exigée

39
Figure 11 : Transformation industrielle pour obtenir le bioéthanol

VI. Quelques types de procédés de fabrication du bioéthanol issu


du manioc

1. Processus de fermentation du manioc au niveau laboratoire


Tout le processus de production, depuis le traitement des racines jusqu'à l'obtention
du bioéthanol est résumé par la figure ci-dessus.

40
Figure 12 : Schéma de la production du bioéthanol-carburant à partir du manioc

a. Matériels et méthodes
Les tubercules de manioc, de variété douce, ont été râpés à la main en trois
opérations après épluchage. Une boîte de conserve de tomate percée de trous à l'aide d'une
pointe en acier a servi de râpeuse.
Toutes les expériences ont été menées dans le Laboratoire Biomasse, sis à l'Ecole
Normale Supérieure (ENSup). Les conditions difficiles de travail dues au manque de certains
matériels adéquats ne nous ont pas permis de maîtriser certains facteurs expérimentaux
comme : la température de germination, les conditions d'extraction de l'amidon et des
enzymes, la température de brassage et de fermentation, l'activation de la fermentation
(CaClz), le contrôle du taux de sucre avant et pendant la fermentation, la sélection de la
souche de levure. Le pH du moût à fermenter est acide et l'agitation pendant la fermentation
reste modérée (510 rpm). Deux types d'hydrolyses ont été faits :
 enzymatique (amylases provenant du malt de sorgho, du malt d'orge et de la ptyaline
de la salive) ;
 chimique (par une solution d'acide sulfurique).

41
Dans les deux cas d'hydrolyse, nous nous sommes servis du montage de la
figure suivante :

Figure 13 : Montage d'hydrolyse

Dans le cas de l'hydrolyse acide, nous avons ajouté une solution d'acide sulfurique
normale à l'empois dans une proportion de 20% en volume, le tout chauffé pendant trois
heures au bain-marie bouillant sous agitation de 866 rpm. Comme les enzymes sont
dénaturées aux hautes températures, nous avons procédé par un chauffage modéré à 65°C,
un thermomètre permettant de contrôler la température et l'agitation restant toujours à 866
rpm.
L'alcool est obtenu soit par fermentation aérobie soit par fermentation
anaérobie dans un erlenmeyer de 2 litres à température ambiante avec une
agitation modérée à 510 rpm. La levure sauvage utilisée est du genre
Saccharomyces. Elle assure la fermentation « haute ». Le montage de la
fermentation anaérobie est privé du système d'aération.

42
Figure 14 : Montage de fermentation aérobie

La fermentation prend théoriquement fin quand les 95% des sucres sont fermentés en
éthanol. Il y a alors cessation du dégagement de gaz carbonique. La fermentation peut
prendre un à six jours.

b. Résultats
Trois catalyseurs enzymatiques (la salive, le malt de sorgho, le malt d'orge) et un
catalyseur chimique (l'acide sulfurique) furent utilisés pour réaliser la saccharification
(hydrolyse) de l'amidon de manioc. Les durées de saccharification pour la salive, l'acide
sulfurique, le malt de sorgho et le malt d'orge ont été respectivement de 1 heure, 3 heures, 4
heures, 1 heure. Le suivi à l'eau iodée a permis de les déterminer.
Nous avions le choix entre la levure de culture (genre Saccharomyces) vendue en
sachets et la levure sauvage du même genre largement utilisée en milieu rural pour la
fabrication de la bière de sorgho. Les expériences ont été menées avec la levure sauvage
pour bénéficier de deux avantages: sa popularité et sa grande vivacité, c'est-à-dire son
aptitude à la production immédiate de bioéthanol. Immédiatement après ensemencement de
l'empois d'amidon par la levure, la respiration précède la fermentation. Le tube
manométrique monté sur l'erlenmeyer a permis de tracer la courbe de la figure suivante :

43
Figure 15 : Courbe de variation de la pression dans le fermenteur en fonction du
temps
On remarque les phases ci-après :
 ab : phase de respiration. L'oxygène est absorbé. Cette phase dure 15 minutes.
 bc : phase de fermentation. Le gaz carbonique dégagé élève la pression dans
l'erlenmeyer tandis que le bioéthanol est produit. La fermentation peut durer jusqu'à 7
jours.

2. L'éthanol de manioc à l'échelle pilote


Les procédés de conversion du manioc en bioéthanol carburant ne sont pas à présent
généralisés et font l'objet de recherches. Actuellement, le grand intérêt du manioc réside
dans l'alimentation humaine et animale. Afin d'obtenir la farine de manioc, les racines,
fraîches ou sous forme de cossettes séchées, sont nettoyées, lavées et broyées.

44
Figure 16 : Schéma de transformation du manioc en éthanol

VII. Autres consommations nécessaires pour la production

1. L'énergie
Dans le processus de production d'éthanol, l'hydrolyse des amidons et la distillation
exigent en particulier beaucoup d'énergie. L'hydrolyse implique généralement le chauffage et
la cuisson des amidons. La distillation implique l'évaporation du mélange d'eau-éthanol
résultant après fermentation, pour laquelle beaucoup de chaleur (énergie) est nécessaire,
habituellement sous forme de vapeur. La quantité de chaleur requise dépend principalement
de la teneur en éthanol du matériel fermenté et de la technologie utilisée (c.-à-d. son efficacité
énergétique globale). Les besoins de chaleur peuvent s'étendre de 5MJ/I d'éthanol pour de
grandes installations en utilisant la mélasse, à 10MJ/I et plus pour les usines moyennes en
utilisant les matières de base féculentes.
Indépendamment de la chaleur, une source d'électricité est nécessaire pour activer
les pompes par exemple. Les valeurs typiques pour de plus grandes installations sont 0,10-
0,15kWh/l.

2. Les additifs nécessaires


- Levure : Pour la fermentation et enzymes pour l'hydrolyse d'amidon.
Les systèmes industriels modernes ont généralement une forme recyclage de la
levure en récupérant les particules au niveau du lavage pour le retourner à l'unité de
fermentation. En tant que tels, la quantité de levure peut être contrôlée sans

45
nécessité d'y ajouter de la levure fraîche au processus. Cependant, quelques
installations peuvent exiger un levurage continu.

- L'eau : La plupart des matières premières ont besoin d'un certain genre de
traitement préparatoire qui exige l'addition d'eau, par exemple hydrolyse pour l'amidon ou
dilution pour la mélasse. La consommation d'eau des usines modernes d'éthanol sont
approximativement de 5-10 litres d'eau par litre d'éthanol.

- Agents dénaturants, tels que le méthanol, la cétone méthyl-éthylelique (MEK),


et/ou le benzoate de benatonium (Bitrex) pour rendre l'éthanol impropre à la consommation
humaine. Souvent, une combinaison est appliquée. Les quantités requises dépendent des
conditions de la loi.

- quelques installations peuvent exiger des quantités limitées de produits


chimiques pour contrôler des paramètres de processus (par exemple urée, huile d'écumage).

3. Les mains d'œuvres


Les exigences de personnel pour une usine d'éthanol, indépendamment de la
gestion, concernent principalement les opérateurs et les techniciens de processus. Il y a un
effet prononcé d'échelle: une petite usine (1000t/a) pourrait être dirigée par environ 5-
10personnes, alors que de plus grandes usines (10000t/a)pourraient faire appel à 15-
20personnes.

Conclusion partielle :
On a pu comprendre de ce chapitre comment on obtient le bioéthanol. Le
procédé suit à peu près celui de la fabrication du vin mais nécessite plusieurs
améliorations afin d'aboutir au produit fini, d'appareils plus sophistiqués et de
beaucoup de consommation énergétiques

46
Chapitre 3 : TECHNOLOGIE DE PRODUCTION
[5][30][38]

La production de l'éthanol peut avoir lieu à n'importe quelle échelle, de très petite
(quelques dizaines de litres par jour) à très grande (million de litres par jour ou plus). Une
différentiation utile peut être faite selon la technologie :

I. Systèmes à échelle réduite (artisanal)

Ces types de systèmes sont caractérisés par leur petite échelle (milliers de litres par
an, ou douzaines de litres par jour), et leur construction de type artisanal. Les installations ne
sont pas généralement optimisées en termes de matériel et d'efficacité énergétique. Elles
sont généralement directement approvisionnées par du bois ou du charbon de bois. L'éthanol
produit est généralement prévu pour la consommation humaine (eau de vie).
La production artisanale est très accessible aux producteurs ruraux à faible
revenu à cause de la faiblesse des coûts d'immobilisation du capital et de
distribution au niveau local; cependant, ce processus livre une faible qualité et force
d'éthanol au moyen de l'utilisation d'efficacités médiocres de conversion. De
grandes quantités de bois de chauffe sont utilisées (impliquant plus de bois de
chauffe utilisé par litre d'éthanol), et davantage de raffinage mènerait à un coût plus
élevé du produit, le rendant non-viable pour un programme répandu d'éthanol
ménager. L'étroite association de ce type de production avec le fait de boire de
l'alcool, le prix sur le marché plus élevé par litre pour cette application, et les
difficultés de maintenir l'ordre dans la production à cette échelle interdisent le fait
qu'il soit pris en sérieuse considération pour la création de marché d'éthanol
ménager.

47
Figure 17 : Broyage artisanale à l'aide d'une râpeuse à la main

II. Systèmes pour la taille d'une ferme (semi industriel)

Les installations pour une ferme sont toujours d'une échelle relativement petite (jusqu'à
plusieurs milliers de litres par jour), bien qu'elles utilisent des installations (semi)industrielles
pour la fermentation et/ou la distillation. Le matériel et l'efficacité énergétique sont légèrement
limités par la taille. Les coûts d'investissement spécifiques sont dans la gamme de 400-
600EUR/t.
La micro-distillation est une échelle de production relativement nouvelle mais elle
paraît, à partir de l'expérience internationale, offrir une grande partie des avantages
d'efficacité d'énergie et de qualité d'éthanol en matière de production à grande échelle, mais
avec l'accroissement des niveaux de décentralisation de production et la dispersion
correspondante des occasions et des avantages. Les technologies de micro-distillation
disponibles au niveau international paraissent être compétitives par litre d'éthanol produit par
comparaison avec les installations de grande échelle. Le faible total de coût par installation
permet à la production d'être dispersée, centrée plus près de la production de matière
première et des consommateurs d'éthanol ménager, et réduit les obstacles de capital à
l'entrée au marché et réduit les coûts de transport. Cela est surtout significatif à Madagascar,
où les grandes distances et la médiocrité des infrastructures mènent à des coûts élevés de
transport.
Voici quelques appareils utilisés à l'échelle semi-industrielle :

48
Les presses à 2 vis nécessitent deux opérateurs
pour l’utilisation.
Capacité : 200 à 350 kg en 5 heures
Performance : une opération de pressage en
une demi-journée.
Encombrement : 1500 mm*400 mm*1020 mm

Figure 18 : Presse à manioc à 2 vis

Elle permet de tamiser le manioc en


poudre et d’obtenir une qualité meilleure
du produit fini, nécessité une personne.
Performance : 1000 kg/h
Mailles : fines en matières plastiques et
inoxydables.
Facile à nettoyer avec un pinceau.
Encombrement : 1500 mm*800 mm*950
mm
Figure 19 : Tamis semi-automatique version mécanisée

III. Systèmes à grande échelle (industrielle)

Ces systèmes sont complexes, fortement automatisés et très efficaces en terme de


rendement en éthanol par unité de matière première et d'énergie utilisée. Les coûts
d'investissement spécifiques, selon la taille, sont dans la gamme de 300-500 EUR/t.
La plupart de l'éthanol produit aux Etats-Unis, au Brésil et en Europe est produite
dans des usines de grande taille (centaines de millions de litres par an), et offre de
bonnes efficacités, qualité, force et faible coût par litre. Cependant, les usines
centralisées ne contribueront pas nécessairement à la promotion de la distribution
maximale d'avantages le long du circuit d'approvisionnement, et les obstacles de
capital élevé excluent les populations locales de la participation directe, autrement

49
qu'en tant que main d'oeuvre salariée ou fournisseurs de matières premières. Dans
cet état de choses, la structuration des accords avec les fournisseurs de canne à
sucre de plantations artisanales, par exemple, peut avoir une forte influence sur le
caractère inclusif et les impacts sur le développement. Cette échelle de production
convient au mélange de combustible dans le secteur du transport, mettant cette
utilisation en concurrence avec le secteur d'énergie ménagère.

Figure 20 : Installation industrielle pour la production de bioéthanol ( exemple de la


betterave à sucre)

50
Chapitre 4 : UTILISATION DU BIOETHANOL
[13] [14] [21] [22]

Cet éthanol d'origine biologique n'est rien d'autre que de l'alcool éthylique, le même
que celui que l'on trouve dans toutes les boissons alcoolisées. Indépendamment de son
utilisation dans ces derniers, sous une forme plus pure il est employé couramment comme
combustible, dissolvant, désinfectant et matière première dans l'industrie chimique. L'éthanol
est employé comme source d'énergie depuis plus d'un siècle, pour cuire les aliments, comme
source d'éclairage ou comme combustible de moteur.

I. Solvant utilisé dans l'industrie

L'alcool absolu est un solvant parfait pour certain corps organique comme les alcools,
les éthers-sels (réaction d'éthérification), les carbures, les cétones, etc. L'addition d'eau
diminue en général ou supprime la solubilité.
Les sels sont en général insolubles dans l'éthanol ainsi que les sulfates et les
carbonates. Les bases des métaux alcalins sont solubles, celles des alcalino- terreux sont
insolubles. Les chlorures sont souvent solubles, cependant moins que dans l'eau. L'acétate
de potasse est soluble.

II. Usage pharmaceutique

L'alcool titrant à 90° GL peut être utilisé pour la désinfection des plaies ainsi que pour
la stérilisation des appareils médicales tels que les scalpels, bistouris, seringues, etc. Il tient
donc une énorme place dans l'industrie pharmaceutique.

III. Matières premières pour la production de nombreux


composés

La liste n'est pas exhaustive mais voici quelques exemples de composés issus de
l'éthanol :
• Acétate d'éthvle :
CH3COOH + C2H5OH CH3COOC2H5 + H20
• Chlorure d'éthvle :

51
C2H5OH + HCl C2H5Cl + H20
• Nitrate d'éthvle :

IV. L'éthanol dans les réchauds de cuisson

L'éthanol dans les concentrations au-dessus de 50% peut être employé comme un
combustible pour la cuisson. Il est facile d'emploi et peut être appliqué directement dans les
cuisinières. Il brûle sans fumée et ne crée pas de pollution à l'intérieur. Afin d'employer
l'éthanol pour la cuisson, un type approprié de réchaud devra également être rendu
disponible. Il y a plusieurs options :
- Réchauds non pressurisés, tels que le modèle conventionnel de fondue et
le modèle de LAFYA trouvé au Burkina Faso. Le modèle de fondue est très simple :
l'éthanol est dans un petit récipient, dans lequel une ouate est placée pour
empêcher le renversement. L'air de combustion entre par une série de trous autour
de l'ouverture au milieu. Le rendement de puissance du réchaud peut être réglé (en
partie) en réduisant l'entrée d'air. L'efficacité en plein pouvoir est autour 40-45%; ce
qui est substantiel pour ce type d'application.

Figure 21 : Réchaud à éthanol (modèle fondue)

52
Figure 22 : Réchaud à éthanol (type LAFYA)

- Les réchauds pressurisés ont été développés récemment en Inde


(Rajvanshi). Le réchaud peut utiliser des mélanges d'eau-éthanol de 50% et plus,
augmentant sa sûreté par rapport aux fourneaux qui ont besoin des mélanges plus
purs d'éthanol. D'autres avantages sont la puissance élevée et l'efficacité élevée du
combustible (jusqu'à 45%). L'inconvénient principal est son coût de production,
estimé à approximativement 10 000 FCFA.

Figure 23 : Réchaud à éthanol pressurisé

Il y a aussi des réchauds viables à Madagascar comme le Clean Cook avec


une réduction de pollution très bonne (virtuellement zéro particules), avec un coût
d'environ 55 USD, de rentabilité juste (très propre), coûts élevés de début mais
longue durée de vie (app.10 ans). Ce type de réchaud a besoin d'un bon circuit
d'approvisionnement d'éthanol, et de personnes capables de se permettre d'accéder
au combustible et au réchaud.

53
- Le bioéthanol s'utilise aussi à amorcer le feu du réchaud de type PRIMUS et de la lampe
PETROMAX.

V. L'éthanol comme carburant

A l'heure actuelle, la principale application à des fins énergétiques de l'éthanol se


situe au niveau du carburant pour moteur. Afin d'empêcher l'éthanol d'être consommée
comme boisson alcoolique et pour éviter les niveaux élevés de taxes (l'alcool est fortement
taxé), l'éthanol doit être dénaturé et coloré pour servir à des fins d'énergie. Il est rendu non
comestible en ajoutant une substance toxique (par exemple, méthanol) et en lui donnant un
goût amer (par exemple en ajoutant le benzoate de benatonium).

54
Tableau 6 : Utilisation du bioéthanol comme carburant
Filière Avantages Inconvénients Applications
Ethanol hydraté Possibilité d'utiliser -les moteurs doivent être Voiture 100% éthanol (Brésil)
directement le bioéthanol modifiés ou conçus à cet ainsi que plus de 400 bus
hydraté avec un coût de effet -problème de développés par Scania à partir de
production moins cher que fonctionnement à froid moteur diesel (Suède)
l'éthanol anhydre pour le moteur diesel,

Ethanol anhydre en -Mélange jusqu'à 15% sans -coût plus élevé lié à la aux Etats-Unis, Suisse ou
mélange avec nécessité de modification du fabrication de l'éthanol - Suède : garantie des fabricants
l'essence moteur -De 0 à 85%, il existe risque de démixtion du de voitures pour l'utilisation de
la solution des "flexible fuel mélange l'éthanol jusqu'à hauteur de 10%
vehicles" (FFVs) qui peuvent -augmentation de la (Toyota, Ford, Opel, Volvo,
utiliser indifféremment de pression de vapeur Honda, Audi, Peugeot, Citroën et
l'éthanol ou de l'essence, Renault)
dans le même réservoir -Brésil : utilisation à hauteur
d'environ 24%

dans les véhicules à


essence sans modification du
moteur -Suède : Ford propose
deux modèles de FFV, la Ford
Taurus et la Ford Focus
Ethanol anhydre en -éthanol mélangé à hauteur Phase pilote, technique -mélange à 3% testé au
mélange avec le de 3% sans modification du nouvelle Brésil
diesel moteur ni additif -mélange à 10-15% testé en
- éthanol mélangé à hauteur Suède et au Danemark (autobus)
de 10-15%
ETBE -indice élevé d'octane -faible La production nécessite Filière d'utilisation du
pression de vapeur des infrastructures et bioéthanol la plus largement
-tolérance parfaite à l'eau surtout une matière développée en Europe (initiée
première par la France, suivi par
l'Espagne, la Hollande et l'Italie)
Estérol -Moins d'émissions, Phase de test En phase de test aux USA
réduction des gaz à effet de et en Suède
serre -meilleure densité
énergétique que l'éthanol -
prix compétitif -pas de
modification du moteur

55
NB :
 Estérol : C'est un mélange de bioéthanol et de biodiesel. Ce carburant est prévu pour
fonctionner dans des moteurs diesel.
 ETBE (Ethvle tertio Butvle Éther) de formule CH3CH2OC(CH3)3provient de la
synthèse de l'éthanol (47 %) avec l'isobutène, un composant fossile qui est produit en
raffinerie par craquage catalytique du naphta ou par craquage à la vapeur après
extraction du butadiène. Ce carburant est utilisé actuellement car il est plus facile à
mettre en œuvre d'un point de vue logistique avec une proportion allant jusqu'à 15 %
dans l'essence. Sa réaction de formation est la suivante :
C2H5OH + H2C=C(CH3)2 CH3CH2OC(CH3)3

Remarque: L'ETBE est parfois remplacé par le MTBE (Méthyl tertio Butyl Éther) qui présente
des propriétés chimiques similaires. Le MTBE est produit à partir de méthanol (biogaz) et il a
comme inconvénient de générer une pollution des sols.

VI. Les filières biocarburants produisent également des protéines


alimentaires

Indépendamment de la gamme des sous-produits qui deviennent disponibles


pendant la production de la matière de base (par exemple bagasse et paille de canne),
plusieurs types de sous-produits sont produits pendant le procédé de production d'éthanol.
- Aliment de bétail - les sous-produits ont une valeur positive en tant
qu'alimentation des animaux, en particulier les procédés utilisant le maïs, betteraves (pulpes
betteraves) ou manioc (fibre de manioc). Par exemple une tonne de céréales donne 350 kg
de drèches; une tonne d'éthanol de betterave permet de récupérer 0,69 tonne de pulpe. En
2010, ce sont au total quelques 3,5 millions de tonnes d'aliments pour le bétail
supplémentaires qui seront produits en France grâce au développement des filières
biocarburants.
- Le résidu après la distillation de la mélasse (vinasse) peut être appliqué sur la
terre comme engrais. Cependant, quelques types de vinasse peuvent être appliqués
seulement jusqu'à un degré limité, spécifiquement ces types contenant des niveaux élevés
du potassium. Les moyens alternatifs suggérés au traitement sont la digestion anaérobique,
le compostage et concentration/combustion.

56
Autres : la bagasse fibreuse de canne à sucre, qui peut être employée pour la
production de l'énergie, la bagasse de canne de sorgho, qui peut être employée
comme source d'énergie, et des grains de sorgho, qui peuvent être employés pour
la production (limitée) d’éthanol ou comme aliment.

57
Troisième partie : Impact

environnemental et socio-

économique
Chapitre 1 : LA CULTURE DU MANIOC PAR
RAPPORT AUX AUTRES CULTURES
[1][4][23][25]

Le manioc, plante rustique, est la plante vivrière la plus importante de la zone


tropicale humide. En 2001, la production mondiale est estimée à 184 millions de tonnes dont
55 % en Afrique.

I. Les principaux produits vivriers de Madagascar

La structure par type de culture de la production agricole à Madagascar met en


lumière l'importance des cultures vivrières en général et de la riziculture en
particulier. Ceci confirme le grand rôle joué par l'agriculture dans la satisfaction
directe de la consommation finale des ménages. La production du paddy tient la
place importante dans la production agricole. En 2009, le volume de la production
des produits règne végétal, à part le riz, le maïs et la canne-à-sure, a légèrement
accru en pourcentage à l'année 2008 (1%).

Tableau 7 : Evolution de la production desz 5 principaux produits vivriers de 2005 à


2010 (en tonnes)

PRODUIT 2005 2006 2007 2008 2009 2010


Riz 3 392 460 3 484 950 3 595 700 3 914 200 4 540 400 4 737 966
Maïs 390 903 405 350 416 700 430 300 444 400 438 362
Manioc 2 963 942 2 982 500 2 993 500 3 021 000 3 048 200 3 015 660
Patate 878 560 886 500 894 550 902 600 910 850 919 127
douce
Haricot 78 361 79 100 79 850 80 600 82 100 820 153

58
II. La population agricole du pays

La population agricole est l'ensemble de tous les membres des ménages agricoles ceux-ci
étant définis à leur tour comme ceux ayant exploité au moins une parcelle au cours de
l'année de référence.
Près de 75% de la population malgache, estimée à 22,3 millions en 2013/14, habitent
dans les zones rurales. L'agriculture contribue pour 28,3% au PIB et emploie environ 70 % de
la main d'œuvre active. Cette population est jeune. Plus de 45% de cette population ont
moins de 15 ans et plus de 56% moins de 20 ans. L'âge moyen varie entre 20 ans et 23 ans
et l'âge médian entre 16 ans et 17 ans. La taille moyenne des ménages agricoles est de 4,8
personnes. Seuls 4% des ménages agricoles sont des familles nucléaires. Les enfants
mariés restent souvent sous l'autorité de leurs parents. Ce qui fait que l'âge moyen des chefs
de ménages est élevé atteignant 42 ans. L'analyse de la mobilité intergénérationnelle des
activités agricoles montrent que la plupart des ménages agricoles sont issus d'une famille
agricole.
Le niveau d'instruction des actifs est un facteur déterminant dans le comportement
productif et le développement d'un secteur d'activités. Concernant le secteur agricole
malagasy, la faiblesse du niveau d'instruction de la population constitue un de ses
handicaps majeurs. Sur l'ensemble de la population agricole de 6 ans et plus, 66% ont
fréquenté l'école et la durée d'études moyenne atteint 2,4 ans. Plus de 87% se sont arrêtés
à l'école primaire et seulement 12% ont pu accéder à l'école secondaire. Sur la population
de 15 ans et plus, à peine 57% savent lire ou écrire sans difficulté et moins de 3% parlent
couramment le français. Les ménages agricoles n'ont pas pu échapper à l'augmentation du
coût de l'éducation. Ils préfèrent que leurs enfants leur aident pour gagner immédiatement
des revenus supplémentaires plutôt que de dépenser à des investissements éducatifs trop
risqués.
Tableau 8 : Evolution de la population agricole entre 2005 et 2009
Faritany 2005 2006 2007 2008 2009
Antananarivo 3 271 401 3 363 000 3 457 164 3 553965 3 653 476
Fianarantsoa 2 769 421 2 846 965 2 926 630 3 008 627 3 092 869
T oamasina 1 876 038 1 928 567 1 982 567 2 038 079 2 095 145
Mahajanga 1 546 366 1 589 664 1 634 175 1 679 932 1 726 971
Toliara 1 865 612 1 917 849 1 971 549 2 026 792 2 083 501
Antsiranana 1435 984 1 476 192 1 517 525 1 560 016 1 603 696
TOTAL 12 757 556 13122 237 13 489 660 13 867 370 14 225 658

59
Figure 24 : Diagramme de l'évolution de la population agricole selon le procédé

III. Consommation et disponibilité du manioc dans le pays

En Afrique, le manioc est premièrement produit pour l'alimentation sous ses


différentes formes. Il représente environ un tiers de la production alimentaire totale en
Afrique. La production africaine de manioc est estimée à 50% de la production mondiale et
pourrait augmenter de 2,9% par année, ce qui augmenterait la production à 114 millions de
t/an. Le Nigeria (plus de 12 millions de tonnes), la République Démocratique du Congo (17
millions de tonnes), le Mozambique (plus de 5 millions de tonnes), l'Ouganda, le Ghana et
l'Angola sont les plus grands producteurs de manioc.
Au niveau national, il occupe la deuxième place aussi bien en superficie cultivée
qu'en volume de production annuelle après le riz selon les chiffres du tableau. Les
provinces de Fianarantsoa et de Toliary fournissent plus de 65% de la production,
respectivement 47% et 17% en 2002. Il représente 14% des calories figurant dans la ration
alimentaire. En effet, 15 t de maniocs frais fournit environ 15 millions de calories équivalent
à 6 t de paddy en culture traditionnelle et 45 t de manioc en culture intensive fournit 45
millions de calories soit équivalent de 191 de paddy.
Le manioc est essentiellement une culture de subsistance (60% auto consommée)
bien que la demande locale reste non satisfaite. Le manioc est aussi l'aliment de base par

60
excellence pendant les périodes de soudure ou de détresse (entre les semis et la récolte)
car il peut se substituer au riz grâce à son faible prix sur le marché, sa facilité de culture et
les calories qu'il apporte. De plus, les fluctuations saisonnières marquées du prix du riz,
accentue ce fait.

Figure 25 : Graphe représentant le prix du riz par rapport à cekui du manioc au cours
d'une année
L'évolution du prix du manioc semble être en moyenne un peu décalée par
rapport au prix du riz. Ce décalage fait en sorte que le prix relatif du riz par rapport au
manioc sec augmente pendant la période de soudure. Ce qui favorise le changement
de comportement des ménages pauvres se traduisant par la substitution du manioc
ou autres céréales au riz dans la composition alimentaire

61
Chapitre 2 : LE BIOETHANOL PAR RAPPORT AU
CARBURANT FOSSILE
[15][16][17][24]

I. Contexte énergétique de Madagascar

Dans le secteur pétrolier, ce sont quatre grandes compagnies multinationales


qui assurent l'offre en énergies de type combustible à Madagascar. Ce sont les
groupes : TOTAL, GALANA, JOVENNA et SHELL. Le tableau ci-après résume la
consommation en produits pétroliers de Madagascar récemment :

Tableau 9 : Consommation des produits pétroliers de 2008 à 2012


2008 2009 2010 2011 2012
Gaz en 1000 tonnes 7 6,7 7 7,1 10,4
métriques
Essence aviation en milliers 0,8 0,5 0,5 0,6 0,6
de m3
Jet fuel en milliers de m3 66,9 45,9 60,4 73,5 75,2
Super carburant en milliers 30,4 33,2 45 52,1 120,1
de m3
Essence tourisme en milliers 75,3 72,8 63,2 63,3 -
3
de m
Pétrole lampant en milliers 42 45,2 51,6 55,4 48,7
de m3
Gaz oil en milliers de m9 416,1 383,7 386,9 430,8 454,8
4
Fuel oil en milliers de m 62,1 67,6 91,1 110 110,6
Total en milliers de 700,6 655,7 705,7 792,9 820,5
m3consommation

La consommation de produits pétroliers en 2010 a été en hausse de 7,6% par


rapport à 2009. Cette hausse est imputable aux accroissements importants des
consommations de Super Carburant, du Fuel Oïl et de Jet Fuel de l'ordre respectif de
35,5%, 34,8% et de 31,6%. Les consommations de Gaz Oïl et le Fuel Oïl tiennent les
premiers rangs dans la structure de consommation avec respectivement des part de l'ordre

62
de 54,8% et 12,9%. Puis viennent l'Essence Tourisme 9,0% ; le Jet 8,6% et le Super
Carburant 6,4%. Après la crise sociopolitique qui a débuté en 2009, le marché des produits
pétroliers a repris progressivement pour atteindre son niveau de 2008 (année considérée
normale) à la fin de l'année 2010
En 2011, le marché a continué de progresser pour s'établir à 792 863 m3 en fin
décembre, soit une hausse de 12,3% de la consommation des carburants par rapport à
2010. Cette évolution est apportée en grande partie par l'importance de la consommation de
Gaz Oïl et de Fuel Oïl, faisant ensemble les 32,1% de la hausse globale. Après le GO et le
FO, le Jet y contribue activement en apportant 21,7% de la totalité de l'essor du marché.
En 2012, le marché de produits pétroliers s'établit à 820 467 m3, enregistrant une
hausse de 4,0% par rapport à l'année précédente. La croissance du marché est apportée
majoritairement par le Gaz Oïl Transport qui couvre 85% de la hausse globale du marché. La
JIRAMA reste également une composante importante dans cette progression du fait de la
location des groupes thermiques d'Aggreko, pour pallier à l'insuffisance de production
électrique. Le marché du Gaz a augmenté de 47,0% par rapport à 2011. 93,0% de cette
hausse globale du Gaz sont apportées par le projet Ambatovy qui utilise le produit dans son
exploitation. Pour le Jet, la prévision de début d'année d'une augmentation de 12,0% par
rapport à 2011 est réduite à 2,0%. Produit essentiellement lié au tourisme, le Jet est sensible
aux situations de crise. En 2012, les divers problèmes de gestion et de normes auxquels la
compagnie aérienne AIRMAD s'était confrontée n'étaient pas encore résolus et avaient abouti
à la suspension de vols pendant un certain temps. Cette situation a eu des répercussions
négatives sur le marché de Jet.

II. Tendance du prix du pétrole brut

Etant exclusivement importés à partir des marchés internationaux (dont notamment


Arab Gulf), les produits pétroliers vendus en Ariary à Madagascar sont achetés en devise
(USD). La facture pétrolière dépend alors des prix CAF unitaire, quantité importée et taux de
change du dollar.
En 2010, tous ces paramètres ont suivi des tendances haussières considérables
comparées à ceux de 2009. En effet, la quantité importée, le prix CAF unitaire en dollar et le
taux de change ont respectivement augmenté de +8%, +23% et +6%.

63
En 2011, le prix CAF unitaire et la quantité importée a augmenté tellement que la
facture pétrolière dépasse son niveau de 2008. Elle a atteint même son niveau le plus élevé
avec un montant de 1 259 897 Millions d'Ar, et a dépassé la barre de 1000 Milliards d'Ar pour
la première fois. Le prix moyen des produits pétroliers importés a atteint 969$/TM de janvier à
décembre 2011 contre 724$/TM au cours de la même période de 2010, soit un
renchérissement de +245$/TM (+34%) sur les marchés internationaux. Cet alourdissement a
été toutefois atténué par l'appréciation de l'Ariary en 2011 comparée à 2010. En effet, durant
cette période, l'Ariary s'est apprécié de +3,0% par rapport au dollar. Ainsi, la facture pétrolière
évaluée en dollar a augmenté de +56,0% contre une hausse de +51,0% pour celle en Ariary.

III. Vision du bioéthanol à Madagascar

L'industrie africaine des biocarburants se présente à l'heure actuelle comme une des
solutions aux problèmes de l'Afrique. Le continent pourrait devenir dans un futur proche un
gros producteur d'éthanol produit à partir de la canne à sucre mais également à partir du
sorgho à sucre, du manioc ou du maïs. Il existe actuellement beaucoup de projets qui vont
dans le sens du développement de l'industrie des biocarburants. Madagascar n'en est pas
moins dont voici quelques extraits :
- La fabrication d'une unité de production d'éthanol a été lancée début juin 2006 à
Tamatave. Les porteurs de ce projet malgacho-mauricien sont la Banque Mondiale, la
société GEAR et la Compagnie indienne Chandi Oil. Le projet vise une production de 27
millions de litres par an
- TOZZI Green, filiale de la branche énergétique du groupe Italien TOZZI, compte
exploiter 10 OOOha sur la zone d'Ihorombe pour les activités du projet BBI (Biomasse
Biocarburant Ihorombe), mais actuellement, 7 000 ha sont touchés par le projet. Après deux
ans d'existence dans la région d'Ihorombe, la grande firme TOZZI Green spécialisée dans la
production de biocarburant, de bioénergie et d'huile essentielle est toujours en phase
d'investissement et d'essai. Actuellement, une surface de 2 000 ha est cultivée. TOZZI Green
espère produire des biocarburants et des bioénergies vers 2015. Dorénavant, le biocarburant
peut être utilisé sur le moteur diesel; - La Plateforme agro-carburant durable (PAD) a
décidé de se mobiliser pour la « réglementation effective» de la production nationale d'agro
carburant de 2012 à 2014. Elle espère qu'en 2030, les agro carburants deviennent une

64
source d'énergie pour la Grande île avec une production de 386 000 m3d'agro éthanol et de
823 000 m3 d'agro diesel ;
- Pour la bioénergie, des études, des appuis, des reboisements proprement dits et
des suivis ont été effectués dans diverses régions du pays. Dans le Menabe, une étude de
faisabilité de la promotion de la technique améliorée de carbonisation est en cours en
collaboration avec la DREF Menabe. Dans les Régions d'Amoron'i Mania, Haute Matsiatra,
Atsimo Andrefana, des études sur l'organisation d'approvisionnement en combustible
domestique éthanol ont été réalisées. Par ailleurs, l'élaboration des textes régissant la filière
Bioénergie (agrocarburant, combustible) est en cours.

Figure 26 : Vision de l'évolution des biocarburants dans le monde

IV. Comparaison du bioéthanol et de l'essence standard


conventionnelle

1. Comparaison sur les propriétés


Le tableau suivant résume la comparaison des propriétés entre le bioéthanol, l'ETBE
et l'essence standard conventionnelle :

65
Tableau 10 : Comparaison entre bioéthanol-essence standard-ETBE
Caractéristiques Bioéthanol Essence ETBE
(standard)
Formule chimique
C2H5OH C7H16 C6H14O
Rapport H/C 3 2,29 2,33
Masse molaire (g/mol) 46,07 102,5 102
Densité (kg/m1) 794 735-760 750
\
Chaleur latente de vaporisation 842-930 330-400 321
(kJ/kg)
Distillation (°C) 78,4 30-190 -
PCI massique (kJ/kg) 26 805 42 690 35 880
PCI volumique (kJ/L) 21 285 32 020 26 910
Rapport air/combustible 8,95 14,4 12,1
stœchiométrique
RON 102-130 90-100 117
MON 89-96 80-92 101
Pression de vapeur (kPa) 15-17 40-65
Température d'allumage (°C) 420 220

Les avantages de l'éthanol sur l'essence sont les suivants :


• une bonne aptitude au mélange avec l'essence,
• un très bon indice d'octane,
• et un rapport H/C plus important (pour rappel, à isoénergie, plus le
rapport h/c est important, plus les émissions de C02sont faibles),
• un impact moindre de la combustion sur l'environnement (réduction du
C02 émis et des hydrocarbures consommés).

Les principaux inconvénients de l'éthanol par rapport à l'essence ont trait :


 au PCI (Pouvoir calorifique inférieur) : celui de l'éthanol est inférieur de 1/3 par rapport
à celui de l'essence,
 à l’augmentation de la tension de vapeur (en mélange à l’essence entre 0 et 40 %)
 et aux risques de démixtion en présence d'eau (séparation des phases essence et
alcool)

66
Finalement, les propriétés de l'éthanol et de l'essence montrent qu'il n'est pas si simple
d'obtenir un carburant de qualité en les mélangeant.
2. Coût du bioéthanol
a. En 2010
Les prix mondiaux du bioéthanol ont augmenté de plus de 30 % en 2010, dans le
contexte d'une nouvelle flambée de prix des matières premières utilisées dans la production
de bioéthanol, et d'une fermeté des prix des énergies. Cette situation est en net contraste
avec la période de 2007-2008, qui a vu les prix du bioéthanol évoluer à un rythme inférieur à
celui des prix des denrées et un recul des marges bénéficiaires du bioéthanol.

b. En 2011
Les prix mondiaux du bioéthanol et du biodiesel devraient continuer à remonter en
2011. Sur la période visée par les Perspectives, le prix du bioéthanol devrait rester ferme,
compte tenu de la mise en œuvre de politiques énergétiques visant à promouvoir l'utilisation
des biocarburants, et des prix du pétrole brut qui devraient se maintenir à des niveaux
élevés. D'après les projections, la production mondiale de bioéthanol progressera
rapidement au cours de la prochaine décennie.

3. Indice d'octane
L'effet du bioéthanol sur l'indice d'octane de l'essence peut être exprimé par le tableau
suivant :

Tableau 11 : Effet du bioéthanol sur l'indice d'octane de l'essence

Composition de l'essence Augmentation de l'indice d'octane avec :


5% de10% de15% de20% de
bioéthanol bioéthanol bioéthanol bioéthanol
Aromatiques Oléfiniques Saturés MON RON MON RON MON RON MON RON
50 15 35 0,1 0,7 0,3 1,4 0,5 2,2 0,6 2,9
25 25 50 0,4 1.0 0,9 2,1 1,3 3,1 1,8 4,1
15 12 73 1,8 2,3 3,5 4,4 5,1 6,6 6,6 8,6
11 7 82 2,4 2,8 4,6 5,5 6,8 8,1 8,8 10,6

67
Chapitre 3 : IMPACT ENVIRONNEMENTALE DU
BIOETHANOL
[11][13][14][15][28]

Le bioéthanol représente un bilan environnemental favorable.

I. La norme RFS2 Final Rule

La Norme RFS2 Final Rule exige des réductions d'émissions de GES spécifiques
pour chaque type de biocarburant. Les carburants renouvelables classiques doivent réduire
les rejets de GES de 20 %, par rapport à l'essence, le diesel à base de biomasse avancé et
les biocarburants non-cellulosiques avancés, de 50 %, et les biocarburants cellulosiques de
60 %. Les installations actuelles de production de bioéthanol classique ne sont pas soumises
à cette obligation, mais les nouvelles structures devront s'y conformer. La directive DER
stipule qu'un biocarburant donné doit permettre une économie d'émission de GES d'au moins
35 %. Ce seuil de 35 % passera à 50 % en 2017 pour les installations existantes et à 60 %
pour les installations à venir.

II. Le protocole de Kyoto

Le protocole de Kyoto est un traité international ayant pour objectif de réduire les gaz à
effet de serre. Acté en 1997, il est le prolongement de la Convention-Cadre des Nations
Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC) adoptée en 1992 au sommet de la Terre
à Rio de Janeiro (Brésil). L'objectif du protocole de Kyoto est de parvenir durant la période
d'engagement 2008-2012 à la réduction des émissions de gaz à effet de serre d'origine
anthropique de 5,5% en moyenne (dans les pays engagés) par rapport aux niveaux de 1990.
Une seconde période d'engagement a été fixée lors du sommet de Dohaen décembre 2012.
Elle s'étend du 1er janvier 2013 au 31 décembre 2020. Les six gaz énoncés dans le traité sont
les suivants :
 le gaz carbonique ou dioxyde de carbone (CO2), produit lorsque des composés
carbonés sont brûlés et en présence d'oxygène (combustion d'énergies fossiles,

68
éruptions volcaniques, respiration des plantes, des animaux et des hommes,
incendies naturels de forêts, etc.);
 le méthane (CH4), dû:
 aux fuites dans la gestion des gisements d'énergies fossiles (émissions des
mines de charbon, fuites lors de l'exploitation du gaz naturel -méthane- et
torchage incomplet du méthane relâché par l'industrie pétrolière) ;
 à la décomposition de la cellulose par les bactéries (fermentation anaérobie de
la biomasse dans les zones humides (marais, tourbières, rizières...), dans les
décharges, dans la panse des bovins) ;
 à la combustion incomplète de la biomasse notamment lors des feux de forêts ;
 deux halocarbures : les hydrofluorocarbures et les hydrocarbures perfluorés ou
perfluorocarbures (HFC et PFC) : les gaz réfrigérants utilisés pour la climatisation
et les gaz propulseurs des aérosols;
 le protoxyde d'azote ou oxyde nitreux (N20) issu d'engrais azotés et de certains
procédés chimiques;
 l'hexafluorure de soufre (SF6), utilisé dans des transformateurs électrique.

Tableau 12 : Récapitulation des effets des GES

69
III. L'effet de serre

L'effet de serre est un phénomène naturel de captation par l'atmosphère d'une partie
du rayonnement solaire renvoyé par le sol. Il joue un rôle important dans la régulation de la
température moyenne de notre planète.
Les gaz à effet de serre désignés par le protocole de Kyoto (1997) sont les suivants.
L'utilisation du bioéthanol permet de réduire de 60 % les émissions nettes de ces gaz
par rapport à la production et l'utilisation des carburants fossiles. Ceci s'explique par deux
raisons:
• Le CO2 émis en roulant au bioéthanol est d'origine renouvelable puisqu'il est
issu des plantes.
• Les céréales et les betteraves absorbent le C02importante grâce à la
photosynthèse.

Figure 27 : Phénomène d'effet de serre

Néanmoins, le principal inconvénient des carburants additionnés de bioéthanol est la


formation accrue d'acétaldéhyde qui est un composé très volatile (point d'ébullition - 21 °C à
pression atmosphérique), incolore et inflammable. Il peut contribuer à la formation de
brouillard photochimique lorsqu'il réagit avec d'autres substances à base de carbone
organique volatil dans l'air.
Toutefois, le CEPC (California Environmental Policy Commitee) a observé que
l'utilisation de l'éthanol entraînait une légère augmentation des taux d'acétaldéhyde et de
nitrate de peroxyacétyle (PAN), mais que la présence de ces composés était plus que

70
compensée par les réductions de formaldéhyde, un polluant atmosphérique toxique,
beaucoup plus nocif que l'acétaldéhyde.

IV. Conséquences sur le réseau hydrographique

Les conséquences sur la qualité de l'eau de la production de matières premières pour


les bioénergies proviennent des pratiques de gestion utilisées dans leurs cultures, y compris
l'utilisation de produits agrochimiques, tandis que les usines de traitement servant à convertir
les matières premières en biocarburants sont également susceptibles d'avoir un impact sur la
qualité de l'eau. La plupart des biocarburants sont produits à partir de maïs. Par conséquent,
la pollution par des sédiments et des éléments fertilisants issus des terrains agricoles est
susceptible de s'amplifier, surtout lorsque le maïs est cultivé sur des sols marginaux, qui
contribuent le plus fortement à l'augmentation des teneurs en nutriments et sédiments des
sols. Cette situation peut avoir d'importantes répercussions sur la qualité de l'eau, surtout pour
les rivières et les régions côtières. En ce qui concerne les plantations forestières servant de
matières premières aux bioénergies, le débroussaillement de la végétation bordant les cours
d'eau dans les systèmes de gestion des forêts peut également modifier les propriétés
physiques des réseaux hydrographiques : turbidité, température des cours d'eau et infiltration
de lumière dans les masses d'eau. Lorsque les plantations forestières nécessitent l'apport
d'éléments fertilisants, l'infiltration de fertilisants peut également présenter un risque pour les
eaux souterraines

71
Chapitre 4 : ATOUTS ET FAIBLESSES DU
BIOETHANOL
[12][13]
I. Opinion publique sur la production du bioéthanol

Beaucoup de pays européens ont vu, au cours des années 90, leurs excédents de
production augmenter à tel point que les mécanismes traditionnels des organisations
communes de marchés ne permettaient plus de gérer les excédents européens. La réforme
de la PAC de 1992 a introduit le gel des terres, afin de limiter les excédents de production
agricole, en particulier les excédents de céréales. L'évolution des débouchés à l'exportation
est par ailleurs soumise aux résultats des négociations communautaires et multilatérales
(OMC) qui visent à réduire les soutiens publics à l'exportation. Face à cette double contrainte
économique et commerciale, l'Europe a mis en place d'autres mesures réglementaires
contraignantes, en plus du gel des terres, pour limiter les exportations de certains produits. Le
développement de la filière éthanol produit à partir de betterave à sucre offre donc
d'intéressantes perspectives de reconversion pour la filière sucrière sans représenter le
moindre péril pour l'approvisionnement alimentaire De nombreux pays se sont orientés vers
la production de bioéthanol dans le but de conforter leur indépendance énergétique et de
réduire leurs factures pétrolières. Afin d'encourager la production de biocarburants et de
sécuriser les investisseurs, les grands pays producteurs, Brésil, Etats-Unis, Allemagne,
France ont mis en place des dispositifs de soutiens publics fondés essentiellement sur des
exonérations fiscales et des obligations d'incorporation. Certains d'entre eux, comme les
États-Unis, ont complété ces mesures par des aides à la production industrielle ou à la
recherche, au financement d'unités pilotes et en dressant des barrières douanières afin de
protéger leur production nationale.
Dans le cadre des discussions multilatérales (OMC), les pays en voie de
développement et les pays les moins avancés ont demandé une réduction des exportations
en provenance des pays développés. Leurs objectifs sont de limiter l'exode rural et de
stimuler les investissements agricoles (irrigation, mécanisation, augmentation de l'intensité de
travail par hectare...) propres à augmenter la production agricole de ces pays.

72
II. Atouts
 La dépendance est réduite vis-à-vis des sources d'énergie étrangères.
 Il y a amélioration de la balance des paiements pour les pays net importateurs de
pétrole brut.
 On peut constater la promotion d'un développement social et économique durable
dont la diversification des activités agricoles, la création ou maintien d'emplois et la
réduction des surcapacités.

On cite aussi la réduction de l'impact environnemental puisqu'il est utilisé à la place du


benzène (produit toxique cancérigène extrait de l'essence) donc il est non toxique, soluble
dans l'eau et rapidement biodégradable.
❖ Sur le plan sanitaire : l'éthanol réduit les émissions de particules,
notamment de particules fines qui constituent une menace pour la santé des enfants,
des personnes âgées et des personnes atteintes de troubles respiratoires.
❖ L'éthanol utilisé pur dans une base de motorisation essence adaptée à
ce type de carburant offre des performances et des gains en émissions de polluants
très intéressants.

Remarque : L'appellation de l'éthanol dit « pur » est E100, même si en réalité il s'agit d'un
mélange de 95,6 % d'éthanol et de 4,4% d'eau.

III. Faiblesses

❖ Moteurs fonctionnant à 100% de bioéthanol


L'usage du bioéthanol pur dans des véhicules de série n'est pas possible, les
caractéristiques de l'alcool étant trop éloignées de celles de l'essence. Son utilisation
nécessite donc certaines précautions et il s'agit d'avoir recours à diverses solutions
d'utilisation (mélange à faible taux de bioéthanol avec de l'essence ou du diesel, usage de
véhicules spéciaux, etc.).L'utilisation du bioéthanol « pur » pose des difficultés :
 problème lié aux capacités de production à grande échelle,
 problème de démarrage à froid des véhicules.
L'utilisation de l'éthanol pur est donc réservée aux pays chauds ayant des possibilités
de production importantes (Brésil, Etats-Unis...).

73
❖ Problème d'utilisation
Un problème important lié à l'utilisation d'éthanol en mélange à faible taux
d'incorporation (5-10%) est l'augmentation de la pression de vapeur (ou volatilité). Les
conséquences en sont une augmentation des émissions par évaporation, et un risque de
formation de bouchon de vapeur par temps très chaud et en haute altitude (typiquement lors
de l'ascension d'un col en pleine chaleur).
❖ Au niveau de l'appareil de production et de distribution
L'incorporation directe d'éthanol pourrait entraîner des coûts supplémentaires. Le
mélange essence-éthanol se fait hors raffinerie car il ne peut être acheminé par pipeline et ne
peut intervenir qu'au niveau du distributeur grossiste, soit au dernier stade, avant la vente à la
pompe.
Tableau 13 : Avantages et inconvénients du bioéthanol
Avantages Inconvénients
Moins d'émissions de C02 fossile que les carburants Son indice de cétane étant moins élevé que celui du diesel, le
conventionnels bioéthanol ne convient pas comme carburant propre pour les moteurs
diesels conventionnels, à moins qu'un accélérateur d'ignition ne soit ajouté.
Haut indice d'octane, permettant un fonctionnement plus efficace Emissions très élevées d'hydrocarbures par évaporation (environ 15% pour
des moteurs à allumage par étincelle. TE10G), ce qui requiert un réglage de la pression de vapeur de l'essence de
base à laquelle l'éthanol est ajouté.
Moins d'émissions de particules La pression de vapeur étant basse et la chaleur latente d'évaporation de
l'éthanol élevée, le démarrage à froid peut être plus difficile dans les climats
plus froids, à moins que l'éthanol ne soit mélangé à de l'essence ou qu'une
autre aide au démarrage ne soit utilisée

Moins d'émissions non-règlementées de benzène et de butadiène Sa combustion entraîne une formation accrue d'acétaldéhyde, mais les
1-3 ; les taux de benzène diminuent à mesure que la émissions de formaldéhyde formique sont moindres par rapport à l'essence
concentration d'éthanol dans l'essence augmente
Risque moins élevé de formation d'ozone que l'essence et le diesel Sa capacité lubrifiante peu élevée peut provoquer une corrosion du moteur
Pas de teneur en soufre Problèmes de stabilité de phase dans le mélange
d'essence en cas de présence d'eau
Biodégradable La combustion de l'éthanol pur produit une flamme invisible qui peut
provoquer des problèmes de sécurité
Moins toxique que le méthanol ou le biométhanol Les véhicules E85G produisent des émissions non-règlementées plus
élevées (éthylène et acétaldéhyde) que les véhicules d'essence
Il a été démonté que les véhicules à un seul carburant et les Lorsque l'éthanol non brûlé (E95D) réagit sur la surface du catalyseur, il peut
véhicules tous carburants, à moteurs à démarrage par étincelle s'échapper une odeur de vinaigre. Cette situation s'est améliorée avec la
alimentés du bioéthanol, présentaient un rendement énergétique nouvelle génération de catalyseurs
plus élevé que les moteurs à essence
Rendement à indice d'octane élevé pour un coût relativement
réduit

74
 Pour les constructeurs automobiles européens
L'affaire fut tout aussi complexe pour adapter les véhicules essence à la technologie
FFV (Flex Fuel Vehicle)
Pour adapter leur motorisation, les constructeurs ont dû se confronter aux problèmes
suivants :
• Les véhicules flex fuel doivent pouvoir fonctionner avec :
- du superéthanol E85,
-100 % d'essence sans plomb,
- un mélange des deux.
• Le bioéthanol est plus corrosif et possède un pouvoir de lubrification plus faible.
• Le bioéthanol possède un pouvoir énergétique inférieur.
Son indice d'octane est plus élevé que celui de l'essence

75
Chapitre 5 : LES ADAPTATIONS DU MOTEUR ET
DU VEHICULE
[15]

I. Les pistons

Les pistons et sièges de soupapes sont renforcés pour résister à la hausse de la


température, à la pression de combustion plus importante due à la chaleur latente de
vaporisation et à l'indice d'octane du bioéthanol plus élevé.

Figure 28 : Piston

II. Les iniecteurs

Un débit plus important est nécessaire car le PCI volumique plus faible du bioéthanol
nécessite une consommation plus importante (environ 25 à 30 %).

III. La rampe d'injection

Pour être renforcée, la rampe d'injection est construite dans un matériau prévu pour
résister au bioéthanol et à une pression de carburant plus élevée.

Figure 29 : Rampe d'injection

76
IV. Les bougies

Les températures de combustion plus importantes imposent une baisse du degré


thermique.

Figure 30 : Bougie

V. L'échappement

L'échappement reçoit également un nouveau matériau acier / inox plus résistant à la


corrosion.

VI. Le calculateur

Pour fonctionner correctement, le calculateur doit connaître précisément le taux


d'alcool présent dans le carburant. Pour cela, deux modes de reconnaissance sont
possibles :
 le capteur d'éthanol qui permet une mesure directe du taux d'alcool dans le carburant,
 et la reconnaissance logicielle au travers d'un calculateur qui reconnaît la proportion
d'éthanol grâce à l'exploitation de l'information richesse.

L'indice d'octane du E85 étant plus élevé et la chaleur latente de vaporisation


permettant un meilleur remplissage du cylindre, le calculateur adapte l'avance à l'allumage et
augmente ainsi les performances du moteur.

77
Figure 31 : Capteur de taux d'alcool d'une Ford Focus

VII. La gestion du démarrage à froid

Le démarrage du moteur avec de l'éthanol pur (E100) devient difficile pour des
températures inférieures à 13 °C. La quantité d'essence injectée lors du démarrage dépend
de la température du moteur, de la proportion d'éthanol présente dans le réservoir principal et
du nombre de tentatives de démarrage.
Pour les versions commercialisées en Europe, les systèmes additionnels de
démarrage à l'essence étant interdits, le taux d'éthanol est fixé à 85 % maximum (E85) et sa
proportion par rapport à l'essence (SP95) varie en fonction des saisons pour permettre un
démarrage du moteur sans difficultés :
• en hiver, du 16 novembre au 15 mars, l'E85 commercialisé comprend
65 à 75 % d'éthanol, soit en moyenne 70 % d'éthanol (e70).
• à la mi- saison, c'est-à-dire du 16 mars au 1er mai et du 1er octobre au
15 novembre, l'E85 commercialisé comprend entre 70 et 80 % d'éthanol, soit en
moyenne 75 % d'éthanol (E75).
• en été, du 1er mai au 30 septembre, l'E85 commercialisé comprend
entre 75 et 85 % d'éthanol, soit en moyenne 80 % d'éthanol (E80).
Souvent complété par un système de réchauffage du carburant, l'usage de ces
proportions d'éthanol permet un démarrage plus facile du véhicule.

Tableau 14 : Comparaison à partir de mesures effectuées sur véhicuke

RENAULT MEGANE 1,6 L Essence E85 Ecart


Consommation (L/100 km) 6,8 9,2 +35%
Emissions de C02 (g/km) 160 151 -6%
Emissions de C02 (g/km) « du puits à 184 115 -38%
la roue »

78
Les émissions de CO2 « du puits à la roue » sur un véhicule e85 sont en moyenne
40 % plus faibles que sur un véhicule essence. En effet, ce calcul tient compte en particulier
de la quantité de CO2 absorbée par les plantes lors de leur développement et de la
valorisation des coproduits.

79
Conclusion générale
Le manioc est valorisé par son exceptionnelle adaptation écologique, son besoin
minime de travail, sa facilité de culture et son rendement élevé. Il est très cultivé car il peut
pousser avec succès dans les sois pauvres et malgré un manque de pluie. Il peut avoir des
rendements raisonnables sous des conditions difficiles et quand les conditions sont
optimales, il peut produire une quantité de calories par hectare supérieure à la plupart des
cultures tropicales destinées à l'alimentation. Ces qualités font du manioc une culture de
sécurité fiable particulièrement pour les pays pauvres. De cette étude, on peut légitimement
espérer que les féculeries retrouveront leur vitesse de croisière et une rentabilité qui leur
donnera les moyens de moderniser leurs équipements et de gravir quelques échelons dans
l'économie de Madagascar.
Le bioéthanol est un alcool utilisé essentiellement en mélange avec l'essence. Il est
produit par fermentation des sucres issus de cultures amylacées (manioc) ou de cultures
sucrières (canne à sucre) et dans un proche avenir à partir des matières cellulosiques. La
séparation des sucres se réalise par hydrolyse (cultures amylacées) ou directement par
extraction (cultures sucrières). La deuxième étape du processus est la transformation des
monosaccharides en éthanol par fermentation. Celui-ci est alors distillé et déshydraté pour
pouvoir être utilisé comme carburant. Ce processus génère des coproduits principalement
valorisables en alimentation humaine et animale. Toutefois, ils peuvent également être
utilisés pour fertiliser les sols ou pour générer de l'électricité et de la chaleur par cogénération.
Ayant un bilan positif sur l'environnement, le bioéthanol est recommandé par différents
organismes du monde et allège également les demandes en énergies fossiles qui tendent en
ce moment à se raréfier et même à disparaître mettant ainsi en cause le développement
industriel mondial et le confort qu'il offre aux consommateurs.

80
Bibliographies
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agricole à Madagascar en 1993, vue à travers l'enquête permanente auprès des
ménages », août 1996
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manioc en Côte d'Ivoire »Direction des programmes de recherche et de l'appui au
développement - Direction des systèmes d'information CNRA, 01 BP 1740 Abidjan 01,
Côte d'Ivoire - Tél. : (225) 23 47 24 24 - E-mail : info.sqr@cnra.ci,Août 2005
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amortisseur oublié des vulnérables », novembre 1999
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6. « Le manioc »
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Université de Youndé I, Cameroun, 2009
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modélisation et stratégie de conduite », thèse de doctorat en sciences écologiques,
vétérinaires, agronomiques et bioingénieries, Toulouse-France, 2006
13. Les biocarburants, un atout pour l'indépendance énergétique, l'agriculture et
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pour la Formation Automobile, ANFA / Édition 2009
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Les biocarburants en Afrique », 28, rue de Bruxelles - 75009 Paris -France www
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haute température du gaz, des goudrons et du résidu carboné issus de la pyrolyse de
biomasses », thèse doctorale, Toulouse-France, 22 Janvier 2008 Seydou GU IN DO :«
Production d'éthanol à partir du manioc par fermentation », DEA chimie appliquée, Mali,
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2012; 2012-2013»,
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82
Webographies
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consulte fe 7 février 2015
27. http://www.jeulin.TP.hydrolysedel'amidon par lamylase.html, consulte le
7Fevrier 2015
28. http://www.protocoledeKyoto:definition,enjeux,signataires,bilans.html,
consulte le 7 février 2015
29. http://www.lemanioc:labasedesfuturscarburants-Lemagazinebio.html,
consulte le 8 Novembre 2014
30. http://www.MATERIELDETRANSFORMATIONDUMANIOC.html, consulte
le 8 Novembre 2014
31. http://wwwMateriellndustrislAgroalimentaire_Pharmaceutique_Ferroviaire_
Aut omobile.html, consulte le 7 février 2015
32. http://www.wikipedia/buttage, consulte le 18 Février 2015
33. http://www.google/ecimage/image.jpg, consulte le 18 Février 2015
34. http://www.google/erimage/imageJpg, consulte le 18 Février 2015
35. http://www.google/fermenteur/image.jpeg, consulte le 01 Mars 2015
36. http://www.google/colonnededistillation/image.jpeg, consulte le 01 Mars 2015
37. http://www.google/transformationindustrielledubioethanol/deinocoques3.jpg,
consulte le 7 février 2015
38. http://www.google/transformationdubioethanol/ProcessFlowBioEthanolProd
ucti e-F.jpg, consulte le 7 février 2015

83
Annexes
Annexe 1 : Caractéristiques des biocarburants

Les principales caractéristiques des biocarburants comparées a celles des


carburants d'origine fossile auxquels ils peuvent être associes sont indiquées dans le
tableau suivant ;
Super- Huile
Caractéristiques Méthanol Ethanol ETBE Gazole EMHC
Carburant Végétale
Masse
835 à 870 à
volumique 748 à 762 790 794 745 916
845 900
(kg/m3)
Température
d'ébullition (degré 30 à 190 64,7 78,3 72,8 180 à 360
Celsius)
Pression de
vapeur Reid(a) 0,7 à 0,9 1,54 0,4
(bar)
PCI massique
42 836 19 674 26 807 36120 42 335 37 445 37 556
(kJ/kg)
Indice d'octane
95 à 98 122 120 118
IOR fb)
Indice de cétane 3-5 49 36,5 à 37 49 à 54
Viscosité a 20°C
0,55 4,2 77 6,9 à 8,4
(mm3/s)

(a) La pression de vapeur Reid (PVR) est mesurée à une température de 37,8°C (100°F)
(b) Les indices d'octane et de cétane des composes oxygénés ne sont pas toujours établis
avec une grande précision. Ceci est dû aux méthodes appliquées aux produits pétroliers, mal
adaptées dans les zones de valeurs non usuelles aux produits oxygénés considérés (alcools,
éthers, huiles végétales).

a
Annexe 2 : Législation sur la production de
bioéthanol à Madagascar
[23]
La production d'alcool à brûler dénaturé est régie par le CODE GENERAL DES
IMPOTS. TROISIEME PARTIE: IMPOTS INDIRECTS: DROIT D'ACCISES (DA),
CHAPITRE PREMIER, CHAMP D4APPLICATION, SECTION II, PRODUITS EXONERES,
Article 03.01.02 complété par d'autres articles sur la fabrication et utilisation des alambics et la
procédure de dénaturation de l'alcool. En outre, il y a aussi la loi sur la production et la
commercialisation de l'éthanol N° 013/2013 qui attend son décret d'application.

b
Annexe 3 : Quelques définitions
[27]
ALCOOL BRUT ou FLEGME
On appelle alcools bruts des alcools non raffinés obtenus à partir de vins, de
moûts ou de jus fermentés. On trouve des bruts de betteraves, des bruts de mélasse et
des bruts de vin. Leurs teneurs en éthanol sont variables (70 à 95 %) et ils contiennent
des impuretés (0,2 à 1 %).

ALCOOL DESHYDRATE
L'alcool a un degré de pureté > 99,7 %, le restant étant essentiellement de l'eau.

ALCOOL RECTIFIE EXTRA NEUTRE (REN)


Il s'agit d'un alcool épuré, fabriqué directement à partir de moût fermenté, de titre
alcoométrique supérieur à 96,4 %. Le vin est traité d'abord sur une colonne dite épuratrice
qui élimine les impuretés volatiles ; esters, aldéhydes. Le vin sortant en pied de cette
colonne épuratrice gagne ensuite une colonne dite « distillatrice-rectificatrice ».

ALCOOL SURFIN
Cet alcool a une composition analytique voisine de l'alcool rectifié extra-neutre.
Cependant, le fait de travailler en deux temps: production de bruts puis épuration des bruts
confère à cet alcool des qualités organoleptiques supérieures au REN. L'alcool surfin est
souvent dénommé alcool de bouche.

BIOETHANOL
Alcool brut déshydraté à destination de la carburation automobile

DÉNATURATION
Les alcools destinés à des usages industriels bénéficient de la franchise des droits
d'accises quand ils ont été dénaturés suivant un procédé autorisé et sous surveillance des
douanes. Les alcools dénaturés par le procédé général circulent librement. Il en va de même
pour les alcools dénaturés par un procédé spécial dans l'industrie pharmaceutique. Les
formules de dénaturation spéciales sont nombreuses et répondent aux exigences propres à
chaque type d'utilisation

c
Table des matières
Remerciements ........................................................................................................... I

Sommaire ................................................................................................................... II

Liste des abréviations ................................................................................................ III

Notations et unités ...................................................................................................... V

Liste des figures ....................................................................................................... VII

Liste des tableaux.................................................................................................... VIII

Introduction générale .................................................................................................. 1

Première partie : Le manioc........................................................................................ 2

Chapitre 1 : GENERALITES SUR LE MANIOC ...................................................... 2

I. Bref historique .............................................................................................. 2

II. Botaniques et variétés de manioc : .............................................................. 3

Chapitre 2 : CULTURE ET EXPLOITATION ......................................................... 10

I. Le sol de culture ......................................................................................... 10

II. Les boutures .............................................................................................. 10

III. Mise en place et densité de plantation ..................................................... 12

IV. Entretiens ................................................................................................. 12

V. Récolte, rendement et conservation ........................................................... 14

VI. Accidents, maladies et ennemis ............................................................... 16

Chapitre 3 : ECOLOGIE DU MANIOC .................................................................. 20

I. Besoins en chaleur ..................................................................................... 20

II. Besoins en eau........................................................................................... 20

III. Besoins en lumière ................................................................................... 20

IV. Besoins en sols ........................................................................................ 21

V. Besoins en altitude ..................................................................................... 21

d
Chapitre 4 : UTILISATION ET TRANSFORMATION ............................................ 22

I. Niveau domestique..................................................................................... 22

II. Niveau industrielle ...................................................................................... 23

Chapitre 5 : PROBLEMATIQUE DE LA FILIERE MANIOC................................... 26

I. Atouts ......................................................................................................... 26

II. Handicaps .................................................................................................. 26

III. Défis ......................................................................................................... 27

Deuxième partie : Le bioéthanol ................................................................................. 2

Chapitre 1 : GENERALITES SUR LE BIOETHANOL ........................................... 28

I. Approche historique ................................................................................... 28

II. Définitions .................................................................................................. 29

Chapitre 2 : PROCEDES DE FABRICATION DU BIOETHANOL ISSU DE


L'AMIDON DU MANIOC ....................................................................................... 36

I. Rendre disponibles les ressources de sucre ou d'amidon ......................... 36

II. Hydrolyse des sucres polymères................................................................ 36

III. Fermentation ............................................................................................ 37

IV. Distillation ................................................................................................. 38

V. Déshydratation ........................................................................................... 39

VI. Quelques types de procédés de fabrication du bioéthanol issu du manioc


40

VII. Autres consommations nécessaires pour la production ........................... 45

Chapitre 3 : TECHNOLOGIE DE PRODUCTION ................................................. 47

I. Systèmes à échelle réduite (artisanal) ....................................................... 47

II. Systèmes pour la taille d'une ferme (semi industriel) ................................. 48

III. Systèmes à grande échelle (industrielle).................................................. 49

Chapitre 4 : UTILISATION DU BIOETHANOL ...................................................... 51

I. Solvant utilisé dans l'industrie .................................................................... 51

e
II. Usage pharmaceutique .............................................................................. 51

III. Matières premières pour la production de nombreux composés .............. 51

IV. L'éthanol dans les réchauds de cuisson ................................................... 52

V. L'éthanol comme carburant ........................................................................ 54

VI. Les filières biocarburants produisent également des protéines alimentaires


56

Troisième partie : Impact environnemental et socio-économique ............................. 28

Chapitre 1 : LA CULTURE DU MANIOC PAR RAPPORT AUX AUTRES


CULTURES........................................................................................................... 58

I. Les principaux produits vivriers de Madagascar ........................................ 58

II. La population agricole du pays ................................................................... 59

III. Consommation et disponibilité du manioc dans le pays ........................... 60

Chapitre 2 : LE BIOETHANOL PAR RAPPORT AU CARBURANT FOSSILE ...... 62

I. Contexte énergétique de Madagascar ....................................................... 62

II. Tendance du prix du pétrole brut................................................................ 63

III. Vision du bioéthanol à Madagascar ......................................................... 64

IV. Comparaison du bioéthanol et de l'essence standard conventionnelle .... 65

Chapitre 3 : IMPACT ENVIRONNEMENTALE DU ................................................ 68

BIOETHANOL ....................................................................................................... 68

I. La norme RFS2 Final Rule ......................................................................... 68

II. Le protocole de Kyoto ................................................................................ 68

III. L'effet de serre ......................................................................................... 70

IV. Conséquences sur le réseau hydrographique .......................................... 71

Chapitre 4 : ATOUTS ET FAIBLESSES DU BIOETHANOL ................................. 72

I. Opinion publique sur la production du bioéthanol ...................................... 72

II. Atouts ......................................................................................................... 73

III. Faiblesses ................................................................................................ 73

f
Chapitre 5 : LES ADAPTATIONS DU MOTEUR ET DU VEHICULE .................... 76

I. Les pistons ................................................................................................. 76

II. Les iniecteurs ............................................................................................. 76

III. La rampe d'injection ................................................................................. 76

IV. Les bougies .............................................................................................. 77

V. L'échappement ........................................................................................... 77

VI. Le calculateur ........................................................................................... 77

VII. La gestion du démarrage à froid .............................................................. 78

Conclusion générale ................................................................................................. 80

Bibliographies ........................................................................................................... 81

Webographies .......................................................................................................... 83

Annexes...................................................................................................................... A

Annexe 1 : Caractéristiques des biocarburants....................................................... a

Annexe 2 : Législation sur la production de bioéthanol à Madagascar ................... b

Annexe 3 : Quelques définitions .............................................................................. c

g
RAKOTONDRAVAO Haingomaholy Michelle
AUTEUR :
CONTACT : 0342193006
NOMBRE DE PAGE : 83
NOMBRE DE TABLEAUX : 14
NOMBRE DE FIGURES : 29
NOMBRE D’ANNEXES : 3

RESUME
La plantation du manioc est la plus facile de toutes les cultures car elle ne nécessite pas beaucoup d'entretiens ni de
genre de sols. Il est adapté à tous les types de climats tropicaux. Le manioc, en tant que deuxième principale culture de
Madagàscar, peut être transformé en plusieurs produits : alimentaires qu'énergétiques dont le bioéthanol. Ce dernier,
ayant un bilan environnemental positif, est un alcool à plusieurs utilisations tels que solvant, matière première pour
différents composés chimiques, combustible pour les réchauds de cuisson et même additionné à l'essence. Il est obtenu
à partir de sucre ou d'amidon hydrolysé, suivi d'une fermentation, d'une distillation et d'une déshydratation en vue de
l'obtention d'alcool pur. Cependant la substitution totale de l'essence au bioéthanol est encore problématique et celui
issu du manioc n'est pas encore très développé. Pour Madagascar, l'exploitation du manioc en vue du bioéthanol-
carburant ne peut qu'alléger sa dépendance énergétique et excéder sa balance économique même si l'investissement
au début reste assez élevé.

Mots clés: manioc-bioéthanol-hvdrolvse-fermentation-distiHation-déshvdratation

ABSTRACT

The planting of cassava is the easiest of all cultures because it does require a lot of interviews or kind of soil. It is
suitable for all types of tropical climates. The cassava as a second main culture of Madagascar can be transformed into
several products: food energy including bio-ethanol. The latter, having a positive environmental balance, is an alcohol
with several uses such as solvent, raw material for different chemical compounds, fuel for cooking stoves and even
added to gasoline. It is obtained from sugar or starch hydrolyzed, followed by fermentation, distillation and
dehydration to obtain pure alcohol. However the total substitution of gasoline with bioethanol is still problematic and
that derived from cassava is not yet very developed. For Madagascar, the exploitation of cassava to the fuel-
bioethanol can only reduce its energy dependence and exceed its economic balance even if investment initially
remains quite high.
Key words: cassava-bioethanol-hydrolysis-fermentation-distillation-dehydration

Directeur de mémoire: RAKOTOMAMONJY Pierre, Maître de conférences

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