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ÉNERGIE :
RESSOURCES, CONVERSION,UTILISATION

Monique LALLEMAND La maîtrise de la demande future d’énergie


et des conditions d’approvisionnement constitue
Jean-Pierre Bertoglio un enjeu politique majeur pour l’ensemble de
Alain Bonneville la planète. Elle est rendue d’autant plus difficile
Yves Brunet que l’humanité doit faire face à un double défi.
Jean Delsey Celui de la satisfaction des besoins énergéti-
Édouard Fabre
ques d’une population mondiale, qui croîtra
Dominique Finon
encore au cours des prochaines décennies,
et dont une large part aspire à un dévelop-
François Forest
pement économique et social fondé sur une
Édouard Freund
demande accrue d’énergie. Celui posé par la
Alix Gicquel
nécessaire diminution des émissions des gaz à
Gérard Goma
effet de serre (GES), inhérentes à l’utilisation
Patrick Hug
des combustibles fossiles, et des émissions
André Lallemand
d’autres gaz polluants, qui menacent les équi-
Claude Lamy libres climatiques et environnementaux de la
Christian Le Brun Terre. C’est tout l’enjeu du développement
Thierry Lebey durable, notion dans laquelle le mot de dévelop-
Jacques Lédé pement n’est pas moins important que l’idée de
Arnold Migus responsabilité vis-à-vis des générations futures
Jean-Michel Most qu’implique la notion de « durabilité », dans
Claude Mirodatos ses trois dimensions économique, sociale et
François Penot environnementale. Le développement durable
Dominique Perreux implique une approche qui doit viser, d’une
Jérôme Perrin part, à limiter la consommation d’énergie,
Denis Pesme d’autre part, à remplacer les énergies fossiles
Jean-Bernard Saulnier par d’autres sources d’énergie.
Bernard Spinner
Michel Trinité
Tous les responsables des Groupes d’Analyse Thématique
du Programme Interdisciplianire Énergie du CNRS

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RAPPORT DE CONJONCTURE 2004

1 – LES DÉTERMINANTS La demande énergétique mondiale, soit


9,8 Gtep (1 tonne équivalent pétrole ~ 12 MWh)
DU FUTUR en 2000, pourrait doubler d’ici 2050 vers un niveau
de 20 Gtep si le rythme de croissance économique
Croissance des besoins, contraintes proba- se maintient au rythme des 30 dernières années,
bles sur l’exploitation des ressources épuisables sans découplage entre croissance et énergie. Pour
et concurrence entre impacts environnementaux aller vers des niveaux de 12 à 15 Gtep qu’il serait
des différentes filières énergétiques condition- nécessaire d’atteindre pour au moins stabiliser
nent les réponses scientifiques, techniques et les émissions de GES, il faudra agir radicalement
économiques. Celles-ci nécessitent de nouvelles sur la demande par la poursuite de la dématériali-
connaissances en vue de développer l’innova- sation et la mise sur le marché d’équipements de
tion et les technologies adaptées. plus en plus efficaces, et par un infléchissement
marqué des modes de consommation.

1.1 UNE CROISSANCE DES BESOINS


D’ÉNERGIE, FLÉCHISSABLE
1.2 LES CONTRAINTES
SUR LE POTENTIEL
PAR LE PROGRÈS TECHNIQUE
DES RESSOURCES FOSSILES

Croissance démographique, répartition de


la croissance mondiale, contenu des croissances Les ressources fossiles représentent
nationales, habitudes de consommation et tech- environ 85 % de la consommation énergétique
nologies sont les cinq facteurs déterminants du mondiale. En termes de ressources, la situation
niveau des besoins. Certes, depuis 1973, les est très différente pour les trois grands types
évolutions ont joué dans un sens plutôt favorable d’énergie fossile.
à la préservation des ressources car la croissance
démographique se réduit plus rapidement que Pour le pétrole, les pessimistes prédisent
prévu et la population mondiale devrait se un maximum de production imminent, vers
stabiliser à partir de 2030 aux alentours de 8 à 2010, suivi d’un lent déclin, avec une hausse
9 milliards d’individus. On a observé égale- importante du prix. Au contraire, les optimistes
ment un certain découplage entre croissance repoussent le pic de production du pétrole
économique et consommation énergétique, conventionnel au-delà de 2030, sans effet sur
phénomène qui est dû à la dématérialisation les prix. Les modérés considèrent que, compte
des économies riches (tertiarisation, allègement tenu des progrès technologiques en exploration
des procédés et des produits) et à une certaine pétrolière et des taux de récupération dans les
amélioration des efficacités énergétiques. gisements existants, l’offre en pétrole conven-
tionnel permettra de satisfaire une demande
Mais le défi énergétique du futur est loin même croissante au rythme actuel jusque vers
d’être gagné. Il existe un facteur fort jouant en 2020. De plus, les ressources en pétroles lourds
sens inverse, qui résulte du fait que la croissance et extra-lourds, au moins équivalentes à celles
des pays en voie de développement se traduira en pétrole conventionnel, seront d’un apport
par une augmentation plus que proportionnelle considérable grâce aux progrès à attendre sur
des besoins de transport et de confort d’une toute la chaîne allant de leur production à leur
population qui aspire au mode de vie des transformation.
pays riches. De plus, du côté des pays riches,
leur capacité et leur volonté de modifier radi- Les évaluations sont plus conver-
calement leurs modes de consommation tout gentes pour le gaz, dont la croissance de la
en maintenant leur niveau de richesse et leur production se poursuivra pour ne culminer
croissance demeure une inconnue. qu’au-delà de 2040, malgré des progrès tech-

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6 – ÉNERGIE : RESSOURCES, CONVERSION,UTILISATION

nologiques plus faibles à attendre en produc- de fracture. Un potentiel supplémentaire est


tion et l’apport controversé de ressources constitué par la géothermie profonde, dont
supplémentaires récupérables des gisements l’évaluation est pour l’instant impossible en
d’hydrates de méthane. Les débouchés du gaz l’absence de technologies crédibles.
seront complétés par sa conversion en pétrole
synthétique de haute qualité ou directement en Au-delà du développement à soutenir
carburant par la technologie Fischer-Tropsch. pour l’exploitation de ces EnR, les efforts de
recherche se portent sur l’énergie solaire et
Enfin, pour le charbon, les réserves sur la biomasse, qui présentent les plus gros
actuellement reconnues – dans le cadre d’une verrous scientifiques et technologiques à
exploration très peu active – sont suffisantes lever. La biomasse est la principale ressource
pour satisfaire les besoins très au-delà de 2100, renouvelable actuellement (plus de 10 % de
même avec une demande largement accrue, l’offre mondiale). Sa transformation thermochi-
notamment dans les grands pays en développe- mique par voie sèche permet de préparer des
ment. Là encore les technologies industrielles charbons, huiles ou gaz de synthèse (H2, CO)
en progression permettent de transformer une utilisables pour la production de chaleur,
large gamme de charbons en pétrole synthé- d’électricité, de carburants de substitution. La
tique par liquéfaction directe ou indirecte via production de biocarburants par voie humide
la gazéification.
pourrait constituer un apport de plus en plus
important et se substituer de façon significative
aux carburants pétroliers en complémentarité
avec ceux obtenus par voie sèche. À l’avenir,
1.3 LES ÉNERGIES RENOUVELABLES l’apport de la biomasse sera limité par les
(ENR) contraintes de mobilisation des sols pour les
productions énergétiques et la concurrence
avec les cultures alimentaires. Pour la France,
Les EnR offriront dans le long terme un le potentiel de cette filière est de l’ordre de
potentiel limité par leur faible densité et les 30 Mtep.
problèmes d’acceptation sociale. L’énergie
hydraulique (6 % actuellement du bilan L’utilisation directe de l’énergie solaire a
mondial) a encore un potentiel de croissance, un potentiel considérable, mais ses voies d’appli-
notamment dans certains pays en voie de déve- cation se heurtent à des contraintes économi-
loppement (Chine et Amérique latine), mais ques, ainsi qu’à des contraintes physiques.
limité par les problèmes d’environnement et Le premier usage, la production de chaleur
d’occupation de l’espace associés aux grands à basse température, dédiée uniquement aux
barrages, qui posent d’importants problèmes besoins de chauffage et d’eau chaude, doit
d’acceptabilité sociale. L’énergie éolienne est progresser par l’amélioration des capteurs et
déjà une technologie mature, qui ne nécessite leur intégration dans l’habitat. Le deuxième
plus véritablement de recherche amont, mais usage, la production d’électricité photovol-
une veille technologique. Cependant, elle a taïque, présente des coûts encore trop élevés
un potentiel de croissance important dans et les performances doivent être améliorées
certaines régions du globe. En dehors des pour connaître une diffusion commerciale
problèmes d’encombrement des paysages et au-delà de 2020-2030. Enfin, la production à
d’acceptabilité, son développement sera lié à la haute température à usage industriel requiert
maîtrise de la gestion des réseaux électriques, des surfaces importantes pour concentrer la
comprenant une part importante de sources puissance nécessaire. Du fait de l’intermittence
intermittentes, et à la résolution du problème de cette énergie, son introduction nécessitera
de stockage de l’électricité. La géothermie des avancées significatives dans les systèmes
en roche sèche a un potentiel variable selon de stockage pour satisfaire les besoins d’une
les régions, qui sera important dans les zones demande régulière d’énergie.

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RAPPORT DE CONJONCTURE 2004

1.4 L’ÉNERGIE NUCLÉAIRE des politiques publiques et faire obstacle au


vaste déploiement des combustibles fossiles
dans l’avenir. Le charbon sera en principe
L’énergie nucléaire de fission est beaucoup plus pénalisé que le gaz naturel,
actuellement produite à partir du seul noyau dont l’utilisation pour la production d’un kWh
fissile existant sur terre, l’uranium-235 (0,7 % émet deux fois moins de CO2, les hydrocar-
de l’uranium naturel) dans des filières à bures liquides se situant entre les deux. Ces
neutrons thermiques et à eau légère (REP, contraintes inciteront au développement de
réacteur à eau pressurisée, en France). Au techniques de séquestration du carbone si la
rythme actuel de production d’électricité d’ori- taxation des émissions de GES rentabilise ces
gine nucléaire, les réserves mondiales prouvées solutions. Elles orienteront aussi le courant
dépassent 250 ans. Les développements ont technologique vers les techniques conduisant
porté sur la sûreté, le taux de combustion et ont à l’hydrogénation du charbon et des pétroles
abouti à des concepts du type EPR (European lourds et, en production électrique, vers les
Pressurised water Reactor). Ils sont poursuivis techniques couplant gazéification du charbon
par des recherches sur des filières à neutrons
et conversion efficace. Elles inciteront à une
thermiques et caloporteur gaz, mais qui visent
centralisation de la conversion d’énergie et à
à travailler à très haute température pour
augmenter les rendements, permettre les cycles une distribution en réseau fixe pour faciliter la
combinés et si possible la production d’hydro- capture du CO2.
gène par voie thermochimique. Le défi se situe Ces contraintes se manifestent à travers
nettement au niveau de la tenue des matériaux
les conflits et les préférences des utilisateurs,
à haute température et sous irradiation.
industriels et citoyens, vis-à-vis des nouvelles
Quelle que soit la filière, la production techniques et de l’implantation des équipe-
de déchets, majoritairement présents dans les ments énergétiques. Au travers des problèmes
combustibles déchargés, doit être correctement de sensibilité environnementale et d’accep-
gérée. Ces déchets, dont la toxicité est essen- tation sociale, on voit se dessiner une logique
tiellement liée à la radioactivité, sont de deux d’échanges de risques entre filières. Dans les
types : les produits de fission, dont la majorité scénarios du Conseil Mondial de l’Énergie de
est à durée de vie courte et moyenne, et les doublement des besoins d’énergie en 2050, le
transuraniens (plutonium + actinides mineurs) cumul d’émissions de carbone entre 1990 et
à durée de vie longue. 2050 sera 50 % plus élevé, dans l’hypothèse où
L’énergie de fusion thermonucléaire, le nucléaire atteindrait un niveau de 1500 GW
qui répond pour le long terme au problème en 2050 (320 GW actuellement), ce qui double-
de pénurie des ressources fossiles et aux rait le volume des déchets nucléaires cumulés.
problèmes environnementaux, n’offrira cepen- Ainsi, les techniques de séquestration du
dant pas de relais possible avant la deuxième carbone, comme la mise au point de nouveaux
moitié, voire la fin de ce siècle. réacteurs moins producteurs de déchets de
vie longue seront des réponses utiles, mais
pas suffisantes pour relever les défis du long
terme. Face à la contrainte climatique, qui
1.5 CONTRAINTES conduit à afficher des objectifs ambitieux de
ENVIRONNEMENTALES ET SOCIALES réduction des émissions de 75 % d’ici 2050, les
États industrialisés, confrontés aux difficultés
d’acceptabilité du nucléaire, portent leur effort
Les contraintes environnementales, technologique sur les EnR et l’amélioration de
en particulier celles relatives à l’effet de serre, l’efficacité des techniques de conversion et
pourraient se concrétiser par le durcissement d’utilisation d’énergie.

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6 – ÉNERGIE : RESSOURCES, CONVERSION,UTILISATION

2 – SITUATION DE LA l’énergie nucléaire pourrait répondre à un quart


de la demande énergétique mondiale en 2050.
RECHERCHE ET REFLEXIONS Les recherches sur ces filières se font dans le
PROSPECTIVES cadre du forum mondial Génération IV et de
programmes EURATOM ; en France, le CEA
travaille davantage sur les filières rapides à
La recherche dans le domaine de l’énergie l’uranium et le CNRS sur la faisabilité scienti-
est motivée par l’amélioration de l’indépen- fique des filières thorium.
dance énergétique et une limitation drastique
La recherche mondiale sur le devenir
des émissions de GES. Cet objectif pourra être
atteint par des recherches sur quatre plans des déchets nucléaires se focalise sur trois
complémentaires : pôles : la séparation poussée et la trans-
mutation, le stockage géologique profond
– la production de vecteurs énergétiques réversible ou non, le conditionnement pour
sans émissions ; un entreposage de longue durée en surface.
La séparation chimique poussée, en prolon-
– l’amélioration des efficacités énergéti-
geant les techniques actuelles existantes au
ques des processus ;
laboratoire ou par pyrochimie, permet d’avoir
– la compréhension des dynamiques des les corps séparément et de leur appliquer le
grands secteurs consommateurs d’énergies traitement le mieux adapté. En particulier,
finales ; l’incinération par fission ou la transmutation
par capture permettent de réduire les produits
– la socio-économie des questions éner- radioactifs à vie longue en produits stables ou
gétiques et l’analyse des politiques publiques à vie courte mais ils nécessitent des flux très
aux niveaux nationaux et mondiaux.
importants de neutrons que seuls des réacteurs
peuvent fournir. Ces réacteurs doivent fonc-
tionner en spectre rapide plus efficace pour
transmuter, remplir les conditions de sûreté
2.1 SOURCES D’ÉNERGIE souvent dégradées pour les actinides mineurs
ET VECTEURS ÉNERGÉTIQUES et aussi disposer de neutrons supplémentaires.
Ceci a entraîné une importante recherche sur
le concept et les conditions de fonctionnement
L’énergie nucléaire de fission des réacteurs sous-critiques, où le réacteur est
piloté par les neutrons fournis par un accélé-
L’avenir de l’énergie de fission passe par rateur via une source de spallation. Les condi-
des filières plus sûres, l’utilisation de noyaux tions pour la conception et la réalisation d’un
fertiles et la réduction de la production des démonstrateur européen de réacteur hybride
déchets. Les deux noyaux fertiles sont l’ura- semblent maintenant remplies. Les difficultés
nium - 238, qui multiplie la ressource par 140, attendues pour la réalisation des combustibles
et le thorium, qui est encore plus abondant. solides à base d’actinides mineurs ont relancé
L’uranium ne peut être utilisé que dans une le concept de réacteurs à sels fondus, qui
filière à neutrons rapides alors que le thorium est la première voie envisagée pour la filière
peut l’être aussi dans une filière à neutrons thorium. Au CNRS, les recherches se font dans
thermiques, ce qui demande une quantité de le cadre du programme PACE, qui regroupe
combustible en cœur dix fois plus faible. Le cinq GDR formés avec les principaux acteurs
déploiement en est évidemment facilité. En du nucléaire (CEA, EDF, Framatome, ANDRA
utilisant les REP, et les réacteurs rapides néces- et COGEMA) et travaillant sur les déchets et
saires pour brûler le plutonium produit dans les filières innovantes. Les nouvelles filières
les REP, pour produire l’uranium - 233 néces- basées sur l’uranium devraient produire cent
saire au démarrage des réacteurs au thorium, fois moins d’actinides mineurs et la filière au

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RAPPORT DE CONJONCTURE 2004

thorium devrait permettre de gagner encore du transport thermique, de l’hydrodynamique,


un facteur 70, rendant ainsi le problème des des équations d’état de la matière dense et
déchets beaucoup moins critique. chaude, de la physique atomique des plasmas
chauds. Les verrous technologiques de cette
filière, qui se situent autour du concept d’allu-
meur rapide, concernent la mise au point
L’énergie nucléaire de fusion de sources d’énergie initiales efficaces, qui
mettent le plasma en condition avec une bonne
Le contrôle de la fusion thermonucléaire cadence, et la résolution des problèmes liés à la
est un objectif extrêmement prometteur puis- fabrication des cibles, contrainte par le critère
qu’il s’agit de produire de l’énergie à partir d’homogénéité.
de deutérium abondant dans l’eau de mer. La
France s’est engagée dans deux projets simul-
tanés de construction de grosses machines
(tokamak et laser mégajoule) correspondant Biomasse
aux deux filières, magnétique et inertielle, de
la fusion thermonucléaire contrôlée. De par sa capacité à réaliser recyclage,
captage et stockage du CO2, la biomasse est
Dans la filière magnétique, le mélange de une source d’EnR dont la production par voie
deutérium-tritium, à l’état de plasma chaud, est photosynthétique est le puits de CO2 naturel
confiné par des champs magnétiques dans un le plus important sur la planète.
tokamak. L’effort international porte sur l’étape
de démonstration de faisabilités scientifique et Sa transformation thermochimique
technologique : c’est le projet ITER, un tokamak (pyrolyse ou gazéification) permet de préparer
de très grande taille, qui vise la maîtrise sur des des charbons, huiles ou gaz utilisables pour
temps longs de plasmas produisant une énergie la production de force et de chaleur, d’électri-
de fusion une dizaine de fois supérieure à cité, de carburants de substitution ou d’H2. Le
l’énergie injectée. Le CNRS se positionne dans développement industriel de ces technologies
le cadre de la physique amont de ce projet, nécessite des actions de recherche couvrant
porté par le CEA au niveau national. Les théma- l’ensemble de la chaîne, depuis la production
tiques clés pour l’optimisation de la configu- de biomasse jusqu’à l’utilisation chimique
ration magnétique sont : équilibre et stabilité ou énergétique des effluents. Les principaux
du plasma, compréhension et diagnostic de la verrous identifiés sont :
turbulence et son impact sur le confinement, – mauvaise connaissance des processus
génération de courant en phase stationnaire primaires de dégradation thermique de la
et dynamique des particules alphas issues des biomasse ;
réactions de fusion.
– propreté des effluents : des recherches
Dans la filière inertielle, le plasma chaud doivent être poursuivies dans le domaine
est comprimé à l’aide de faisceaux laser ou du craquage des vapeurs et goudrons, et de
de faisceaux de particules. Le CNRS dispose l’élimination des poussières, aérosols, alca-
d’un « grand instrument » consistant en un lins, NOx, etc. ;
ensemble de chaînes laser de grande puis-
sance, situé au laboratoire LULI, avec lequel – maîtrise et rentabilité des procédés :
la communauté CNRS et académique effectue il convient de définir des solutions adaptées
des expériences de physique fondamentale. aux couplages optimaux entre nature, variabi-
Par ailleurs, le CNRS a favorisé la création de lité, disponibilité, transport et stockage de la
l’Institut Laser Plasma. Les recherches amont biomasse ; type, contrôle et capacité de trai-
de cette filière portent sur l’interaction laser tement du réacteur haute température ; opti-
plasma à haute intensité, non linéaire ou rela- misation énergétique ; type d’utilisation visée ;
tiviste, en vue de l’analyse du chauffage laser, données géopolitiques et socio-économiques.

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6 – ÉNERGIE : RESSOURCES, CONVERSION,UTILISATION

Les procédés de production de biocar- modes de production actuels sont basés sur le
burants par voie humide sont actuellement reformage catalytique d’hydrocarbures d’ori-
développés suivant deux filières : les esters gine fossile comme le gaz naturel (méthane
méthyliques d’acides gras (biodiesel/additif et alcanes légers) et les gaz issus du pétrole
diesel) et le bioéthanol/additif essence. Le ou du charbon. Ces technologies éprouvées
respect de la réglementation européenne pour des applications stationnaires à large
nécessitera en 2010 une production nationale échelle (par exemple production de H2 pour la
de biocarburants de 3 Mt (soit 6 fois la produc- synthèse de l’ammoniac) requièrent aujourd’hui
tion actuelle) et européenne de 17 Mt portant un nouvel effort de recherche lié à l’émergence
sur les additifs essence et diesel. Le problème de nouvelles applications et/ou contraintes. Ainsi
du biohydrogène est aussi posé. en est-il de la conversion du gaz naturel en gaz
de synthèse (CO et H2) sur les sites d’extraction
Sur ces filières traditionnelles, la prio- (plates-formes offshore) ou la génération de H2
rité doit être mise sur le développement de comme carburant de pile à combustible pour
nouveaux micro-organismes, d’enzymes et des applications embarquées ou domestiques.
de procédés performants par intégration des Ces applications envisageables sur le court et
connaissances conventionnelles et celles moyen terme induisent des axes de recherche
amenées par les technologies de rupture post novateurs et des ruptures technologiques comme
génomiques. Des programmes, intégrant l’ingé- la miniaturisation des procédés (nouvelles tech-
nierie moléculaire (protéines/enzymes) ainsi nologies des mini- et micro-réacteurs/échangeurs,
que l’ingénierie cellulaire (micro-organismes de co-générateurs de chaleur et d’énergie électrique),
performance) et l’ingénierie de produits (valeurs ou l’ultra-purification de H2 (teneur requise infé-
d’usage) et de procédés (techniques d’élabora- rieure à 10 ppm de CO, pour les PEMFC) ou
tion), doivent être confortés en les plaçant sous des réacteurs de stockage. Comme alternative
contrôle d’écobilans et de critères de développe- au reformage d’hydrocarbures d’origine fossile,
ment durable. Les recherches de biocarburants le reformage catalytique de ressources issues de
ou additifs doivent conduire à la réalisation la biomasse (biogaz, bioéthanol, biohuiles) limite
de filières de synthèse de produits chimiques
par définition l’accroissement global du carbone
intégrant les problématiques de technologies de
atmosphérique, mais requiert un large effort de
rupture liées aux sciences du vivant : nouvelles
recherche pour développer à moyen et long
plantes et nouveaux biocatalyseurs.
terme de nouveaux procédés compétitifs avec
les procédés actuels. La production par électro-
lyse de l’eau pose, selon l’origine de la ressource
L’hydrogène électrique, le problème du CO2 (développement
de procédés de capture et de séquestration du
L’hydrogène est considéré comme un des carbone en cas d’utilisation d’énergies fossiles),
vecteurs d’énergie du futur particulièrement ou celui des déchets (cas du nucléaire). De plus,
performant. Son utilisation dans des applications l’énergie nucléaire pourrait apparaître comme une
mobiles, en particulier pour le transport terrestre, voie intéressante si la mise au point de réacteurs à
est une des clés pour son développement. Pour haute température et de procédés catalytiques de
cela, il faudra apporter des réponses scientifiques thermolyse de l’eau était engagée sérieusement.
et technologiques à trois problèmes principaux : Reste à évoquer les cycles thermochimiques
la maîtrise de la production, du stockage et de qui présentent aujourd’hui un vaste éventail de
la conversion en énergie dans des conditions températures opératoires. Outre le reformage à
économiques acceptables. partir de la biomasse, d’autres contributions des
EnR à la production de H2 pourraient être envi-
Son développement nécessitera une forte sagées, comme l’utilisation de l’énergie solaire
évolution vers des modes de production concentrée, ou encore des bioprocédés en cours
durables et une augmentation considérable d’exploration : biophotocatalyse et réacteurs
de cette production en terme de volume. Les biomimétiques associés.

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RAPPORT DE CONJONCTURE 2004

Les méthodologies de stockage de point de vue des ressources et pour la préser-


l’hydrogène par voies liquide ou gazeuse vation de l’environnement est très important.
ont été largement évaluées au cours des La communauté française de la recherche sur
dernières années. Pour le stockage en usage les échangeurs compacts et multifonctionnels,
mobile, aucune des solutions n’est actuel- internationalement reconnue, doit être signi-
lement satisfaisante. Le stockage par gaz ficativement renforcée. Les verrous actuels
sous pression, actuellement le plus avancé, concernent la maîtrise de la physique du
n’a pas atteint un degré de maturité suffisant changement de phase, en particulier dans le
pour l’utilisation de réservoirs à haute pres- domaine de la microfluidique diphasique, des
sion. Les problèmes liés à la fiabilité/sécurité hautes températures et de la thermomécanique
et surtout à la durabilité de ces réservoirs des fluides complexes. Par ailleurs, les efforts
(70 MPa) restent encore ouverts. Le stockage en cours sur le stockage par chaleurs sensible
liquide semble difficile pour l’usage mobile et latente, avec des applications pratiques
car, aux difficultés physiques et techniques réalistes au niveau industriel, sont à poursuivre
liées aux faibles températures, s’ajoute le fort et ils restent à développer au niveau de l’habitat
niveau d’énergie nécessaire à la liquéfaction. et du tertiaire.
Le stockage par adsorption ou réaction, avec
l’utilisation soit d’hydrures métalliques dans L’existence de sources d’énergie ther-
des réservoirs à la pression atmosphérique, mique mal, voire non utilisées comme les
soit de matériaux carbonés nanostructurés centrales d’incinération, imposent de concevoir
dans des réservoirs à haute pression (environ des moyens plus efficaces de transport de la
20 MPa), sont des solutions pour lesquelles chaleur ou du froid que les réseaux existants :
l’effort de recherche doit être maintenu. En ce les réseaux urbains, transportant de l’eau
qui concerne les hydrures, l’effort actuel porte chaude ou de la vapeur, ne peuvent s’étendre
principalement sur la recherche de systèmes en longueur sous peine de pertes thermiques
légers à base de magnésium, d’alanates, voie importantes. Les réseaux de distribution de
qui apporte actuellement le maximum de froid, sous forme de chaleur latente, doivent
sécurité en terme d’utilisation. Pour les maté- être développés pour atteindre une économie
riaux nanostructurés, la compréhension des acceptable sur sites commercial ou résidentiel.
mécanismes d’adsorption/désorption et leur De nouveaux concepts, comme celui du trans-
modélisation sont à poursuivre. L’élaboration port d’un gaz actif en circuit fermé assurant, par
et la caractérisation du matériau idéal restent un des réactions endo- et exo-thermiques vis-à-vis
verrou scientifique à lever. Un bilan réaliste sur de solides bien choisis, le transport de chaleur
les deux modes de stockage solide devra être ou de froid sur de longues distances, doivent
effectué. En conclusion, l’effort de recherche être développés et expérimentés. L’installation
dans le domaine du stockage de H2 est encore de tels procédés satisferait l’adéquation
très insuffisant compte tenu de la criticité de ressources et demandes, locales et régionales,
ce point pour ce vecteur. avec l’économie correspondante.

L’utilisation de l’hydrogène comme vecteur


énergétique conduit cependant à des risques
liés à la sécurité de son utilisation (contrôle des L’électricité
pertes d’hydrogène).
Le vecteur électricité est le plus répandu
en raison de sa facilité d’utilisation et de
transport à longue distance. Du fait de la
La chaleur libéralisation des marchés, sa gestion devient
un problème très important, qui nécessi-
La forme chaleur des besoins énergé- tera de nouvelles architectures de réseaux.
tiques en France représente plus de 80 % des L’introduction de nouvelles technologies de
usages des combustibles fossiles. L’enjeu du production décentralisées et, en particulier les

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6 – ÉNERGIE : RESSOURCES, CONVERSION,UTILISATION

EnR à apport intermittent, conduisent à des aux composants électrochimiques qu’il est
problèmes de raccordement à grande échelle, nécessaire de perfectionner en matière de
d’augmentation et de suivi du trafic, de conges- capacité volumique, durée de vie, recycla-
tion des réseaux et de viabilité économique bilité, performances et coût. D’autres solutions,
des développements envisagés, elle-même telles que le stockage inertiel ou le stockage
contrainte par l’acceptabilité des implantations. électromagnétique, de plus faible énergie volu-
Un effort particulier doit être envisagé pour mique, mais dont la cyclabilité potentielle est
résoudre le problème du stockage de manière plus élevée, devront également être envisagées.
économique et adaptée aux usages requis. Comme pour la plupart des autres aspects, ce
domaine du stockage nécessitera d’importantes
L’accroissement inévitable de la produc- études sur les matériaux.
tion d’énergie décentralisée et la transfor-
mation de l’énergie électrique en un produit L’autonomie de certains équipements
marchand vont nécessiter la construction mobiles et de microsystèmes nomades,
de nouvelles méthodologies de pilotage, de alimentés par des piles, pourrait être augmentée
gestion, de surveillance de la production et des par l’utilisation de microsources d’énergie.
réseaux, ainsi que la conception de nouvelles Pour un usage faible, l’utilisateur peut servir lui-
structures matérielles capables de répondre même de source primaire d’énergie. Ainsi, des
à la dynamique correspondante. Les travaux recherches doivent porter sur des matériaux
de recherche devront faire intervenir de fortes aux propriétés électromécaniques ou ther-
composantes informatiques et automatiques, moélectriques adaptées pour les systèmes de
tandis que les architectures des systèmes de conversion de quelques watts. Pour des puis-
production décentralisée devront être repen- sances supérieures ou des usages plus intenses,
sées et optimisées (microréseaux). la miniaturisation de systèmes de conversion
à base de combustible (principalement H2) :
Que ce soit au niveau des réseaux ou des micro -turbines, -moteurs, -PACo, constitue une
appareils électriques utilisés par les usagers, voie prometteuse à développer. La miniaturisa-
les recherches sur l’amélioration des rende- tion des composants semi-conducteurs entraîne
ments sont basées sur l’utilisation généralisée des contraintes thermiques, qui nécessitent de
de convertisseurs d’électronique de puissance nouveaux concepts de radiateurs (caloducs par
et sur une approche multiphysique et socio- exemple). Des avancées significatives restent
économique de la conception des produits. liées au développement de nouveaux maté-
Dans le cas des convertisseurs électromé- riaux : supraconducteurs à haute température
caniques, les efforts portent sur l’accroissement critique, semi-conducteurs plus performants
des rendements et de la puissance volumique, que Si, diélectriques, matériaux à effet magné-
avec des études sur les matériaux constitutifs. tocalorique géant, etc.
Dans le cas des appareillages de réseaux, la
tendance est d’aller vers des convertisseurs
d’électronique de puissance statiques à très
haute tension, pour lesquels les composants et
les architectures restent à inventer. L’intégration
2.2 CONVERSION DE L’ÉNERGIE
généralisée de l’électronique de puissance
dans des dispositifs de plus faible puissance
implique de nombreux efforts de conception, Amélioration
de choix de nouveaux matériaux et techno- des efficacités énergétiques
logies de mises en œuvre et d’assemblage.
L’efficacité énergétique, mesurée par le
Enfin, dans une logique forte de dévelop- rapport entre la quantité d’une forme utilisable
pement durable, le stockage de l’énergie à de l’énergie et la quantité d’énergie primaire
usage final électrique va devenir une problé- mise en œuvre, gomme, dans la plupart des
matique majeure. Il fera essentiellement appel cas, l’aspect qualitatif de l’énergie (lié au type

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133-156-Chap6-T2 141 18/08/05, 17:04:26


RAPPORT DE CONJONCTURE 2004

d’énergie ou au niveau de température pour la Pompes à chaleur, machines


chaleur) ou la réalité des irréversibilités dans frigorifiques et thermotransformateurs
les processus de transfert et de conversion
énergétiques. Le remède à cette situation passe La technologie sur les machines à
par une généralisation des analyses exergé- compression est mature, à l’exception de celle
tiques du fonctionnement des systèmes et des relative à la substitution des fluides classiques
procédés, qui associent quantité et qualité des par des fluides complexes (mélanges non azéo-
divers types d’énergie. Il conviendra d’aller tropiques). Cependant, l’amélioration de leurs
encore plus loin en y intégrant les aspects performances nécessite des études de leur
économiques, voire les techniques des sciences comportement en régime transitoire et de leur
économiques. commande. Les recherches sur les machines à
gaz carbonique, qui n’ont pas d’impact environ-
Pour des installations complexes, une
nemental, sont en phase de démarrage. Des
telle optimisation nécessite de penser en
efforts accrus de recherche doivent porter sur la
terme d’intégration énergétique, c’est-à-dire
connaissance des transferts de masse et de chaleur
de couplage des systèmes et procédés. Un
d’un fluide supercritique en minicanaux.
développement volontariste des installations
de cogénération (chaleur-force) ou de Au niveau des procédés à sorption,
trigénération (énergies thermique, frigorifique absorption gaz-liquide ou à sorption gaz-solide
et électrique), ainsi que les centrales à cycles (adsorption ou réaction), qu’ils soient dédiés à
combinés (gaz-vapeur), qui s’inscrivent dans la production de froid, la production combinée
cette logique, est nécessaire. Ceci nécessite de froid et chaleur ou encore la thermotrans-
le développement de nouveaux concepts formation, les efforts de recherche doivent être
comme la thermodynamique en temps fini et orientés vers des machines à triple effet (avec
de méthodes d’analyses exergo-économiques. combinaison des deux types de sorption :
Ces modèles, également utilisables pour double effet à absorption et simple effet à sorp-
une conduite optimisée, seraient de nature tion solide) pour atteindre des coefficients de
à engendrer des économies d’énergie performance (énergie utile/énergie primaire)
substantielles. De manière plus large, les du même ordre que les pompes à chaleur à
cascades énergétiques, dans lesquelles des compression en mode de production de froid
procédés présents sur un site plus ou moins positif. Les possibilités de gestion des systèmes
étendu sont assemblés en fonction de la nature à sorption solide dans des phases temporelles
et de la qualité des énergies mises en jeu, différentes sont intéressantes et permettent
doivent conduire à des économies d’énergie d’envisager leur couplage avec des sources
conséquentes. Leur développement se heurte énergétiques solaires, tout en produisant du
à des problèmes technico-économiques et à froid par exemple de manière continue ou sur
l’absence de modèles performants prouvant demande découplée avec la source.
leur intérêt. Le surdimensionnement des
composants de transfert ou de conversion
d’énergie est aussi une cause manifeste de
mauvaise utilisation de l’énergie primaire, Combustion industrielle
dont l’origine est la méconnaissance de leur et moteurs thermiques
comportement en régime transitoire ou hors
nominal. Afin de l’éviter, l’effort de recherche Les recherches développées pour la
doit porter sur le développement de modèles production industrielle d’énergie par combus-
précis et fiables, intégrant le couplage avec des tion et la motorisation ont pour objectif prin-
stockages d’énergie, ce qui autoriserait une cipal la diminution des rejets dans l’atmosphère :
minimisation de la taille des composants, donc oxydes d’azote, particules et GES. Pour réduire
des pertes exergétiques. l’émission de CO2, on cherche à accroître les
rendements énergétiques et diminuer le nombre
d’atomes de carbone du combustible.

142

133-156-Chap6-T2 142 18/08/05, 17:04:27


6 – ÉNERGIE : RESSOURCES, CONVERSION,UTILISATION

Les verrous scientifiques résident dans acousticiens, sans oublier les biologistes pour
le développement et la maîtrise de régimes de ce qui concerne les effets des rejets sur la
combustion moins polluants et plus efficaces santé. Un domaine important est aussi celui du
(foyers, chaudières ou turbines à gaz terres- contrôle (notamment, stabilisation des flammes
tres), tout en étant flexibles à un changement par contrôle actif des écoulements) et de la
de combustible (gaz de synthèse issus de la commande faisant intervenir l’informatique et
biomasse, résidus de raffinerie, gaz sidérur- l’électronique embarquée.
giques, gaz fortement enrichis en hydrogène,
etc.). Les flammes sont dans ce cas particu-
lièrement instables et possèdent des cinéti-
ques de combustion encore mal connues. Énergie solaire photovoltaique
La sécurité des installations et la capture du
CO2 sont également des thèmes à prendre en L’énergie solaire photovoltaïque ne repré-
considération. sente qu’une part infime de la production
d’énergie électrique mondiale (~ 0,01 %), mais
Les problèmes d’émission de polluants elle connaît une forte croissance : 35 % par an
ont mobilisé les laboratoires de combustion depuis 1997. La principale filière de fabrication
ces dernières années, en particulier, la combus- (90 % du marché mondial) est à base de sili-
tion de mélanges pauvres dans les moteurs à cium cristallin en plaquettes. Actuellement, les
injection directe. La recherche est engagée sur meilleurs rendements commerciaux de conver-
quatre axes principaux : sion photovoltaïque atteignent 16 % sur de
– les jets diphasiques et la pulvérisation grandes surfaces. Un des verrous de cette filière
des carburants (cavitation, instabilités interfa- est le coût élevé de la matière première. Le temps
ciales) ; de retour énergétique est aussi particulièrement
élevé (4 ans). Outre le problème industriel de
– le mélange turbulent dans les moteurs créer une source spécifique de Si « solaire », il
(micro-mélange et mélange tourbillonnaire faut améliorer la méthode de purification du Si
soumis à une compression) ; métallurgique par des techniques plasma. Il faut
aussi diminuer l’épaisseur des plaques minces ou
– la combustion en milieu stratifié (propa- rubans par un sciage innovant (électro-chimique).
gation et stabilité de flamme en milieu inhomo- Enfin, le piégeage optique et la structure des
gène en richesse) ; contacts doivent être améliorés.
– la chimie de la combustion (pour les
Pour les couches minces sur substrat de
nouveaux carburants en particulier).
verre ou plastique, on distingue la filière au Si
Ces travaux débouchent actuellement sur amorphe hydrogéné (rendement 6-8 %) et les
de nouveaux modes de combustion dans les filières émergentes à base de composés du type
moteurs. Le défi scientifique des prochaines Cu(InGa)Se2, CdTe, etc. dont les rendements sont
années est focalisé sur la combustion homo- meilleurs, mais les méthodes de fabrication indus-
gène, sans propagation de flamme, où le trielle se cherchent encore. À moyen terme (5-15
mélange est auto-inflammé par compression. ans), l’enjeu est le développement industriel de
Le procédé nécessite la poursuite de recherches ces couches avec la mise au point de procédés
fondamentales sur l’aérodynamique, le mélange à haut débit et grande surface (rendement 12-
turbulent et la cinétique du carburant utilisé. 15 %). Trois solutions doivent être explorées :
L’allumage et la dépollution par plasma consti-
tuent également des pistes intéressantes. – une voie silicium à haute température
permettant la cristallisation en gros grains de
Les avancées nécessitent une coordina- couches de plusieurs microns d’épaisseur et
tion pluridisciplinaire entre mécaniciens des le report de ces couches, soit par épitaxie en
fluides, combustionistes et cinéticiens, ainsi phase liquide, soit par dépôt chimique en
que mécaniciens et physiciens des solides, phase vapeur ;

143

133-156-Chap6-T2 143 18/08/05, 17:04:29


RAPPORT DE CONJONCTURE 2004

– une voie à base de silicium amorphe, intégrés aux capteurs photovoltaïques pour
micro-cristallin ou polymorphe. Il s’agit de permettre le développement de systèmes de
transférer des solutions qualifiées en labo- cogénération chaleur/électricité dans l’habitat.
ratoire en procédés viables industriellement Au niveau mondial, la filière électricité solaire
et d’intégrer ces nouvelles couches dans de à haute température a fait ses preuves, mais
nouvelles structures du type tandem Si/SiGe son développement industriel est freiné par les
et Si/µcSi ; investissements lourds nécessaires. En France,
aucune réalisation industrielle n’est envisageable
– une voie à base de chalcogénures, où sans disposition financière incitative. Les progrès
la maîtrise du matériau, de ses interfaces et de sont attendus par les recherches sur des maté-
son dopage est critique. Les deux méthodes de riaux à changement de phase ou sur des cycles
dépôt concurrentes sont l’électrochimie et la de transport de la chaleur intégrant la fonction
co-évaporation. L’enjeu est le développement de stockage depuis le concentrateur jusqu’à la
de modules (30 x 30 cm2). centrale thermique, permettant ainsi une produc-
Une troisième filière à base de semi- tion continue d’électricité. L’utilisation d’instru-
conducteurs organiques commence à être ments solaires à grande concentration permet
étudiée, mais les meilleurs rendements n’attei- aussi d’étudier des cycles thermochimiques
gnent que 3 % en début de vie (500 h). Enfin de production d’H2 (> 1 000 °C), pouvant être
une recherche fondamentale a été initiée sur les associés dans le futur aux centrales nucléaires de
dispositifs à matériaux nano-structurés. trigénération (électricité, chaleur et H2).
Pour une échéance à long terme La recherche de capteurs solaires plans
(> 15 ans), il convient d’explorer les poten- permettant de délivrer de la chaleur entre 150 à
tialités de matériaux à très bas coût et les 200 °C, avec une fonction de stockage de la
concepts de cellules innovantes à très haut chaleur intégrée, est à développer car de tels
rendement. Pour les matériaux organiques, capteurs hybrides seraient des plus utiles et
les principaux verrous sont la stabilité dans économiquement acceptables en site isolé.
le temps et sous éclairement, ce qui implique Le développement de nouveaux systèmes
des études de base sur les matériaux (co- thermochimiques utilisant des capteurs solaires
polymères, nouvelles molécules, dérivés des hybrides à basse température est à privilégier :
fullerènes, pigments), sur les couches actives la source de chaleur issue de tels capteurs doit
(réseaux interpénétrés, films de Langmuir- être transformée en chaleur utile quel que soit
Blodgett, cristaux liquides) et sur les dispo- son niveau (eau chaude sanitaire, chauffage) et
sitifs (rôle des interfaces). Pour les nouveaux en froid comme le froid positif (climatisation,
dispositifs à structure tandem, la conversion réfrigération) ou fortement négatif (congéla-
par luminescence et multi-photons, avec des tion). Ainsi, la domotique thermique du futur,
matériaux nanocomposites, doit être étudiée. Il au niveau de l’habitat individuel comme celui du
faudra envisager l’intégration de la conversion tertiaire, pourrait voir le jour et compléter réelle-
en puissance à l’échelle de la cellule. Enfin, il ment le concept de la maison « zéro énergie ».
conviendra d’améliorer la gestion des systèmes
intégrés aux réseaux et dans l’habitat. Ces efforts sont à conjuguer avec la levée
de verrous se situant au niveau des structures
optiques et des vitrages autonettoyants.
Conversion
du rayonnement solaire en chaleur
Piles à combustible (PACo)
Le solaire thermique suscite un regain
d’intérêt grâce au développement de nouvelles Les PACo permettent de transformer direc-
générations de capteurs à basse température tement l’énergie chimique de combustion d’un
plus efficaces, permettant notamment d’être combustible (hydrogène, alcools, hydrocarbures,

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133-156-Chap6-T2 144 18/08/05, 17:04:30


6 – ÉNERGIE : RESSOURCES, CONVERSION,UTILISATION

etc.) en énergie électrique. Les avantages de ceux issus de la biomasse (éthanol, etc.).
cette conversion résident dans une réduction Des membranes anioniques permettront de
des nuisances à l’égard de l’environnement (pas concevoir des PACo alcalines, tout solides,
d’émission de gaz nocifs, faible bruit) et dans un fonctionnant à température ambiante avec des
rendement de l’ordre de 40 % (qui peut être nette- combustibles alcools (applications portables).
ment supérieur si l’on opère en cogénération).
Les applications visées concernent le transport
(véhicule électrique, auxiliaires de puissance), la
production localisée d’énergie électrique (centrale Capture et séquestration du CO2
de 1 à 10 MW, habitat de 1 à 10 kW, avec cogé-
nération de chaleur) et les appareils électroniques La capture du CO2 au moment de sa
portables (micro-ordinateur, téléphone, etc.). production (principalement par la combustion
du charbon et d’hydrocarbures), son transport
Le CNRS concentre ses efforts sur les et sa séquestration sont les points clés de la
PEMFC (piles à membranes polymères protoni- protection environnementale.
ques opérant de 70 à 90 °C) et les SOFC (piles à
oxydes solides opérant de 850 à 1 000 °C), qui Les méthodes de capture du CO2 diffèrent
font l’objet de recherches importantes tant au notablement selon les sources d’émission (sites
niveau européen qu’au niveau international. industriels centralisés ou sources diffuses). Les
trois voies actuellement envisageables pour
Il faut développer de nouveaux compo- capturer le CO2 sont : la cryogénie, la sorption
sants du cœur de pile ayant des propriétés et la séparation membranaire. Des recherches
spécifiques améliorées et de nouveaux concepts sont développées actuellement dans ces trois
de gestion des fluides, de la chaleur et des flux domaines, en particulier sur l’adsorption et la
d’énergie. La maîtrise des champs thermiques séparation membranaire. Pour les procédés
et des champs d’humidité est cruciale pour leur de sorption, les verrous actuels sont surtout
durée de vie. Pour les PEMFC (et leur variante d’ordre technologique et, pour mieux appré-
à combustion directe du méthanol, DMFC ou hender le problème, une approche technico-
d’alcools), de nouvelles membranes protoniques économique sera nécessaire. Pour la séparation
visant à remplacer le Nafion® et fonctionnant à membranaire, l’élaboration de nouveaux maté-
plus haute température (120 à 150 °C) sont à riaux (forte perméabilité et sélectivité accrue),
mettre au point, afin d’augmenter la vitesse des la conception de procédés innovants pour
réactions électrochimiques et de mieux évacuer fabriquer les membranes et la mise au point
la chaleur. De nouveaux catalyseurs doivent être de procédés hybrides intégrant la transforma-
développés, notamment du côté de la réduction tion du CO2 par réaction chimique pour une
de l’oxygène, où les surtensions sont respon- utilisation comme source de carbone sont les
sables d’un tiers des chutes de rendement éner- voies sur lesquelles doivent porter les efforts
gétique et il faut améliorer leur dispersion. Par de recherche.
ailleurs, il serait important de développer des
catalyseurs spécifiques pour utiliser des alcools Pour séquestrer le CO2, plusieurs solutions
dans une pile à combustion directe. sont possibles mais la plus prometteuse tant sur
Pour les SOFC, il faut mettre au point de le plan de la sécurité à long terme que sur le plan
nouvelles céramiques permettant un fonction- économique semble être le stockage géologique
nement à plus basse température (650 à 700 °C) du CO2. Ce stockage pourrait être réalisé dans
avec de meilleurs matériaux de cathode. Des des gisements pétroliers ou gaziers épuisés ou en
catalyseurs anodiques permettant le reformage phase de récupération assistée, dans des aquifères
interne du combustible sont à développer. profonds (roches sédimentaires ou plutoniques)
ou dans des couches de charbon. Afin de pouvoir
Pour résoudre les problèmes de stockage passer du laboratoire, ou du site pilote, à un site
et de transport de l’hydrogène, des combusti- de stockage industriel, de nombreuses questions
bles alternatifs sont à rechercher, notamment fondamentales doivent être résolues :

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RAPPORT DE CONJONCTURE 2004

– en géochimie : la réactivité chimique, thermique et photovoltaïque, PACo, géothermie


à différentes échelles de temps et d’espace, de surface, etc.) et leur intégration au bâti (en très
de fluides riches en CO2 avec les principaux grande majorité existant déjà), de la gestion des
minéraux de l’encaissant. Plus précisément, il vecteurs (chaleur, électricité, H2, etc.), du stoc-
faut mieux connaître la stabilité des phases kage (chaud et froid, gestion de l’inertie, etc.). La
qui incorporent du CO2, les mécanismes et les modélisation doit devenir un élément fédérateur
médiateurs d’incorporation (biogéochimiques, majeur, impliquant des outils de dialogue qui
géochimiques), les cinétiques de formation/ manquent actuellement entre diverses échelles
destruction de ces phases et les transferts de (usager/activité/confort, interaction sources/
matière associés ; thermo-aéraulique/enveloppe, relation bâtiment/
environnement) et donnant accès à une vision
– en géophysique : modéliser et système (intégration des composants, contrôle
surveiller la stabilité physique du réservoir actif, etc.). Elle doit progresser vers la réduction de
lors de la montée en pression, la perméabilité/ modèles non linéaires (convection, rayonnement)
porosité du réservoir en réponse à l’injection et permettre le développement de plates-formes
de CO2, le fluage des roches soumises à une virtuelles destinées à la validation des modèles de
circulation d’un fluide réactif, l’évolution à long composants, de systèmes et de bâtiments. Cette
terme (pour quelques siècles, voire plus) des démarche devrait permettre de concevoir jusqu’à
propriétés mécaniques du réservoir. des bâtiments producteurs d’énergie, couplés en
réseaux (quartiers, villages, etc.) et qui devront
être assortis de démonstrateurs.
Il est enfin indispensable d’analyser les
2.3. GRANDS SECTEURS verrous institutionnels et sociétaux susceptibles
D’UTILISATION DE L’ÉNERGIE de freiner l’insertion de ces nouvelles techno-
logies économes, voire productrices d’énergie,
dans les bâtis neufs et existants.
Bâtiments résidentiels et tertiaires

Les recherches sur l’usage de l’énergie


en thermique de l’habitat se classent en quatre Secteur des transports
rubriques, relatives aux volumes intérieurs et aux
ambiances, aux enveloppes, à l’interaction bâti- Les transports sont d’importants utilisateurs
ment /environnement proche et aux systèmes. d’énergie. Si l’on excepte le cas des systèmes à
Elles combinent approches expérimentales et alimentation électrique extérieure, tels que les
numériques pour maîtriser les ambiances inté- motrices ferroviaires alimentées par caténaire,
rieures, identifier des stratégies de contrôle de les véhicules doivent transporter à la fois le
ventilation hybride ou optimiser la conception réservoir de carburant et le système de conver-
des enveloppes, intégrant composants solaires sion, c’est-à-dire le moteur. Cette contrainte
et matériaux composites, par exemple. Divers conditionne le choix des solutions techniques
outils de simulation sont développés pour faci- relatives au système de conversion et au type
liter l’éco-conception des bâtiments (analyse du de carburant utilisé. Pour les véhicules routiers
cycle de vie), comprendre l’impact du micro- (78,5 % de la consommation de ce secteur), le
climat urbain sur le bâti, analyser différentes moteur thermique à mouvement alternatif paraît
solutions de stockage. incontournable pour de nombreuses années
encore, parce qu’en terme de pollution locale
Les besoins de recherche concernent l’opti- les solutions existantes sont efficaces (cataly-
misation (efficacité, durabilité, etc.) des matériaux seur et filtre à particules) et surtout parce que
(superisolants, revêtements, etc.), des composants le rendement énergétique est sans concurrence
(murs diodes, double peau, vitrages et façades prévisible à moyen terme (en particulier dans le
actives, etc.), de l’hybridation des sources (solaire cas du moteur diesel à injection directe à haute

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133-156-Chap6-T2 146 18/08/05, 17:04:32


6 – ÉNERGIE : RESSOURCES, CONVERSION,UTILISATION

pression). L’emploi de véhicules à motorisation déjà progressé sur cette voie –, c’est souvent
hybride nécessite aussi de disposer d’un moteur l’optimisation de la qualité du produit final
classique à haut rendement. Pour le transport qui demande aujourd’hui des recherches
ferroviaire (4,9 %) à motorisation thermique, on nouvelles impliquant la gestion énergétique
ne voit pas, à moyen terme, d’autre système que des procédés. Deux secteurs importants – eu
le moteur diesel (ou éventuellement la turbine, égard à leur budget énergie – sont analysés :
dont le rendement reste cependant compara- sidérurgie et agro-alimentaire.
tivement bas). En aéronautique (10,4 %), le
réacteur double flux sera probablement présent La sidérurgie utilise la thermique pour
pour au moins 50 à 60 ans ; cependant, l’utilisa- conférer aux produits de nouvelles propriétés
tion de l’H2 est à envisager. d’emploi, via des traitements thermo-
métallurgiques ou thermomécaniques. C’est
Les progrès à court et moyen termes le cas de certains procédés sidérurgiques où
portent donc essentiellement sur l’amélio- interviennent des solides dont une partie du
ration des procédés de combustion et les gains carbone diffuse dans le matériau final ou réduit
potentiels sont importants, ce qui explique les les oxydes du produit initial. Il est évident que
efforts des motoristes. Pour la traction routière, la liaison thermique-propriété d’usage, notam-
la PACo est envisagée à long terme et devrait ment via les refroidissements par ébullition
s’imposer à court terme pour les auxiliaires. convective, est particulièrement souhaitée : il
Pour le carburant, le contenu énergétique volu- s’agit de développer une science du refroidis-
mique et massique de l’essence et du gazole sement de produits défilant sous des jets d’eau.
reste sans concurrence : le gaz naturel, le gaz Il faut également noter, qu’en matière de déve-
de pétrole liquéfié ou l’hydrogène exigent des loppement durable, une utilisation optimale de
réservoirs embarqués très lourds. Pour les véhi- l’eau dans tous les procédés énergétiques doit
cules de transport, on risque donc de continuer être mise en œuvre (Voir échangeurs).
à utiliser longtemps un carburant hydrocarboné
liquide à température ambiante et à pression Le secteur agro-alimentaire (7,5 Mtep,
atmosphérique, provenant des pétroles fossiles, proche de celui de la sidérurgie) fait appel à
classiques ou non, de la transformation du gaz trois grands types de traitements thermiques :
naturel, du charbon ou de la biomasse. Les la pasteurisation/stérilisation à visée sanitaire,
recherches à mener portent sur l’optimisation la transformation (séchage, cuisson, etc.) et la
énergétique de la fabrication de ces carburants. conservation, principalement sous régime de
Le cas de H2 comme carburant, soit avec un froid. Les efforts de recherche doivent porter
moteur thermique classique, soit avec une sur l’amélioration énergétique des équipements
PACo doit faire l’objet de recherches et d’ana- (cycles thermiques et fluides utilisés), et sur
lyses technico-économiques intensives. les systèmes énergétiques intégrés (co- ou tri-
génération). Parallèlement, l’amélioration de
la performance énergétique des procédés de
traitements thermiques nécessite :
Procédés industriels
– une meilleure compréhension des
L’industrie est un utilisateur important lois de comportement des fluides complexes,
d’énergie (# 25 %) sous toutes ses formes : liquides et semi-liquides alimentaires, au cours
charbon, fuel, gaz et électricité, essentiellement de leur traitement thermique (suspensions,
pour le chauffage ou le refroidissement des émulsions, fluides diphasiques à forte teneur
procédés de transformation des fluides, des en phase solide, etc.) ;
matériaux, des produits et des systèmes. Dans
de nombreux cas, le type d’énergie employé – l’étude des interactions et rétroactions
est intimement lié au procédé mis en œuvre. des traitements thermiques, principalement sur
Ainsi, au-delà d’une utilisation rationnelle de ces fluides alimentaires, dans les échangeurs
l’énergie en termes de Mtep – et l’industrie a multifonctionnels ;

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RAPPORT DE CONJONCTURE 2004

– la recherche et le développement de nationaux d’innovation. De même, la contri-


techniques alternatives aux procédés thermi- bution de la sociologie à la compréhension
ques classiques (ultrafiltration, lumière pulsée, des mécanismes de percée de nouveaux
haute pression, traitement flash Hyper Haute systèmes techniques comme ceux associés au
Température, etc.). vecteur hydrogène ou des conditions de reprise
du développement d’autres grands systèmes
comme le nucléaire doit être encouragée. En
sociologie, le besoin de mieux comprendre les
comportements de consommation dans diffé-
2.4 SOCIO-ÉCONOMIE DES
rents secteurs nécessite plus de recherches sur
QUESTIONS ÉNERGÉTIQUES les relations entre la consommation d’énergie,
les modes de vie, l’organisation spatiale (loge-
ment, mode de transports, petite et grande
Depuis les années soixante-dix, les recher- distribution). De plus la compréhension
ches économiques et sociologiques appliquées des verrous sociaux liés à l’acceptabilité des
aux questions d’offre et de demande d’énergie techniques nucléaires et de certaines EnR font
ont été guidées par trois enjeux : la compéti- aussi l’objet de recherches importantes, qui se
tivité, la sécurité énergétique et la protection portent sur les modalités de participation du
de l’environnement. Les recherches récentes public aux décisions.
ont été orientées par le besoin d’évaluation
des impacts environnementaux, l’analyse des Dans le domaine de la modélisation,
innovations énergétiques et la modélisation l’urgence des questions adressées à la socio-
économique, qui permet désormais de tester économie va se renforcer avec le durcissement
de façon satisfaisante les chocs de prix énergé- des objectifs de réduction des émissions et le
tiques mondiaux, l’impact de surprises techno- renouveau actuel de sensibilité aux problèmes
logiques et l’effet des politiques climatiques. de sécurité énergétique. Cela suppose de conce-
voir des politiques technologiques volontaires et
Dans le futur les progrès sont à faire dans d’imaginer des modifications des comportements
le prolongement des trois axes précédents. de consommation sans mise en question du bien-
D’abord l’évaluation des nouvelles filières être. Cela nécessite un certain nombre de progrès
technologiques et de leur prolongement en de méthodes pour concevoir des scénarios cohé-
terme d’analyse de cycle de vie devrait être effec- rents, évaluer les coûts et analyser les contraintes
tuée de façon approfondie pour les nouvelles liées à la difficulté de percée de nouveaux
options technologiques se présentant aux déci- systèmes comme les techniques hydrogène.
deurs : filières de l’H2, de la biomasse et de la
séquestration du CO2 venant en complément Trois voies de progression sont à privilégier.
des filières classiques. Le développement d’une Il y a d’abord un effort à faire pour asseoir une
approche globale de comparaison du risque de prospective « normative » de très long terme, qui
changement climatique et du risque nucléaire doit décrire un futur de réduction volontaire des
aurait une pertinence sociale. L’approche émissions et de prélèvements sur les ressources
multicritère devrait être formulée pour tester à l’horizon 2050-2100 et tracer la trajectoire vers
des compromis entre points de vue variés sur cette cible à l’aide de modèles dynamiques. Il
les coûts et risques environnementaux et les convient ensuite d’allonger l’horizon de réfé-
retombées technologiques et industrielles de rence des modèles existants à 2050. Enfin une
différentes options. intégration plus poussée des recherches socio-
économique et climatique doit être poursuivie par
En économie de l’innovation, il convient la mise en chantier de modèles dits « intégrés »,
d’améliorer la compréhension de l’efficacité des associant modèles de prospective énergétique et
politiques de R&D et d’innovation de moyen macroéconomiques avec des modèles climatiques
et de long terme dans la lignée des travaux permettant d’intégrer la boucle de conséquences
actuels de l’OCDE sur l’efficacité des systèmes du changement climatique sur l’économie.

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6 – ÉNERGIE : RESSOURCES, CONVERSION,UTILISATION

3 QUELLES ORIENTATIONS l’environnement et le développement durable


sont les priorités affichées dans les deux pays,
POUR LES RECHERCHES l’indépendance énergétique revient au premier
SUR L’ÉNERGIE rang. C’est une des priorités aux USA, alors
que le retour à une dépendance dans le futur
en Grande-Bretagne amène à en faire aussi un
La recherche dans le domaine de objectif important. La ressource charbon reste
l’énergie est une composante fondamen- aux USA une ressource pour le futur, ce qui
tale de toute politique de développement n’est pas le cas de la Grande-Bretagne.
durable. Face à ce problème mondial, la La primauté du marché et des incita-
réponse à une demande croissante d’énergie tions de la concurrence sur les stratégies de
avec une réduction des émissions de GES ne R&D et d’innovation des firmes est forte dans
peut être réalisée qu’à partir du développe- les deux pays, plus forte en Grande-Bretagne
ment d’énergies non émettrices de CO 2 qu’aux USA ; la Grande-Bretagne cherche à
et de la capture du CO 2 avec sa séques- intégrer sa politique de R&D dans le cadre
tration. Cependant, la mise en place d’une de partenariats européens.
base de ressources plus large et plus flexible
nécessite d’encourager l’amélioration des Les priorités affichées aux États-Unis sont
efficacités énergétiques et les économies relatives à la technologie H2, la capture du CO2
d’énergie. Une brève analyse des orienta- et sa séquestration, sans oublier la biomasse
tions de certains pays industrialisés, diffé- et un effort significatif sur la croissance des
rentes selon leurs ressources présentes ou rendements énergétiques. La technologie de
potentielles et de leur vision des problèmes fission commence à être reprise en considé-
socio-économiques, est présentée afin de ration, avec des projets d’étude de nouveaux
positionner les directions des recherches à concepts. En Grande-Bretagne, la R&D et la
privilégier : l’hydrogène, l’énergétique de politique d’innovation sont orientées vers
l’habitat, la chaîne du carbone et l’énergie les EnR, les techniques efficaces et surtout
nucléaire. Elles doivent largement être la technologie hydrogène. En Allemagne, un
accompagnées de recherches en sciences retour très marqué vers l’exploitation propre
humaines et sociales. du charbon est à souligner.
L’Europe a édicté ses priorités : 21 % de
la production électrique doit être d’origine
renouvelable (hydraulique y compris), 4 à
3.1 OBSERVATION 6 % des additifs pour la combustion doivent
DE LA SITUATION À L’ÉTRANGER être issus de la biomasse. Enfin « Génération
Hydrogène » est l’un des programmes priori-
taires de la Communauté ainsi que le photo-
L’impact de la prise en compte des voltaïque avec la création d’une plate-forme
problèmes environnementaux et de sécurité photovoltaïque européenne. La position de
dans les politiques énergétiques condition- l’Europe face à l’énergie nucléaire n’est pas
nent l’orientation des efforts technologiques unique pour la fission ; en revanche la fusion
vers la recherche d’un « mix » technologique thermonucléaire est un de ses objectifs à
et d’une efficacité supérieure, qui limitent les long terme.
prélèvements sur les ressources épuisables,
les impacts sur la dépendance énergétique
et les performances environnementales.
En considérant deux pays importants, qui
se sont positionnés récemment, les États-
Unis et la Grande-Bretagne, on voit que si

149

133-156-Chap6-T2 149 18/08/05, 17:04:36


RAPPORT DE CONJONCTURE 2004

3.2 PROPOSITIONS Par ailleurs, une analyse des risques devra


être menée, sous contrainte d’acceptation par
ET RECOMMANDATIONS
le public.

Pour faire face au double défi induit par


le changement climatique et l’évolution des L’énergétique de l’habitat :
besoins énergétiques au niveau mondial, il l’hybridation des sources
faut réduire les émissions des GES par quatre
d’ici 2050 et développer des sources d’énergie Les apports en EnR au niveau du rési-
et des systèmes énergétiques performants et dentiel et du tertiaire sont à intensifier et à
compétitifs. Provoquer des ruptures technolo- diversifier pour assurer une progression du
giques qui permettent d’accéder à un avenir confort, d’excellentes conditions de santé,
meilleur ne sera possible que grâce à des enfin l’évolution de la demande sociétale.
avancées des connaissances significatives, Les ressources, rayonnement solaire converti
nécessitant des recherches dans les diffé- en chaleur/froid et électricité, la chaleur/
rentes disciplines de base mentionnées dans fraîcheur issue de la géothermie de surface
le corpus du texte. Cinq axes de recherche à doivent être exploitées tout en respectant
privilégier ont été définis. l’adéquation entre besoins et ressources. Il
en est de même, surtout en site isolé, pour
la pyrolyse-gazéification de la biomasse en
vue de la production de gaz utilisés pour de
Vecteur Hydrogène la cogénération ou l’alimentation de PACo.
Les fonctions de stockage et puissance
variable devront être intégrées aux procédés
La recherche de méthodes de production à mettre en place dans l’habitat en respectant
durable doit rester une priorité, elle ne sera la distinction : résidentiel ou tertiaire neuf,
toutefois pas monomode. L’effort de recherche et ancien. Dans le cas du neuf, l’intercon-
sur l’amélioration des rendements énergétiques nexion entre les habitats voisins devra être
et sur les méthodes à faible génération ou à privilégiée, par la mise en place de réseaux
séquestration du carbone est pour le moyen de gestion thermique (chaud et froid) et de
terme à poursuivre. Le challenge pour le réseaux électriques, pouvant conduire à
stockage reste le développement de solutions des habitats producteurs d’énergie. Dans le
performantes et sûres. L’effort sur la fiabilité cas de l’existant, du confort et du bien-être
des stockages par gaz sous pression et sur les nouveaux (silence, qualité de l’air) doivent
performances du stockage solide (hydrures permettre l’acceptation, au sens écono-
légers, matériaux-nanostructurés, etc.) doit être mique, de l’intégration de ces nouvelles
poursuivi. Des solutions hybrides ou compo- ressources. De nouveaux procédés sont donc
sites (gaz-hydrure, gaz-basse température, à concevoir et à développer pour atteindre
hydrure-matériaux nanostructurés, etc.) sont à ces objectifs.
explorer de façon importante car elles peuvent
être le compromis optimal. Aux efforts sur les
méthodologies précédentes, il faut adjoindre
des recherches sur les systèmes de stockage La chaîne du carbone :
(enveloppes externes, échangeurs thermiques, des ressources fossiles et de la
etc.). Le développement de l’utilisation de ce biomasse à la séquestration du CO2
nouveau vecteur, en particulier dans les piles
à combustibles doit s’intensifier, en particu- La stabilisation de la concentration en
lier pour le secteur mobile. Des actions sont CO2 dans l’atmosphère, avec les contraintes
à engager pour trouver d’autres systèmes du doublement de la demande énergétique
d’exploitation de ce vecteur. mondiale d’ici 2050 et la division par quatre

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6 – ÉNERGIE : RESSOURCES, CONVERSION,UTILISATION

des émissions de CO2 nécessite d’agir sur – matériaux pour des convertisseurs et
l’ensemble de la chaîne productrice de CO2 transformateurs d’énergie (matériaux pour
et de pouvoir capturer et séquestrer efficace- cycles thermochimiques, convertisseurs élec-
ment le gaz émis. tromécaniques, etc.) ;
En matière de combustion classique, les – matériaux pour le stockage et le trans-
carburants issus de la biomasse, des résidus de port des vecteurs énergétiques (hydrogène,
raffinerie, des charbons et des déchets doivent électricité, chaud ou froid) ;
permettre une combustion propre des gaz de
– matériaux de cœur de PACo à propriétés
synthèse H2 et CO, ce qui nécessite de dominer
structurales et électriques contrôlées (PEMFC
la stabilité des flammes, l’allumage du mélange
ou SOFC) : nouveaux polymères pour les
combustible par plasma froid. L’effort de
membranes protoniques, nouveaux cataly-
recherche au niveau pyrolyse-gazéification de
seurs d’électrodes, couches minces, électrolytes
la biomasse nécessite la maîtrise du génie des
solides à conductivité ionique élevée, etc.
procédés correspondants. Les biocarburants
peuvent être produits à court et moyen terme En liaison avec le développement de
par les filières bioéthanol et éthers méthyliques, nouveaux matériaux et de leurs procédés
le long terme visant la production d’hydrogène. d’élaboration, les démarches globales, du
Des voies nouvelles comme la photodissocia- type « Analyse du cycle de vie », devront être
tion de l’eau par les algues visent des résultats encouragées pour relier matériaux, fonction-
sur le long terme. nalités énergétiques, contenu énergétique et
pollution environnementale.
Si la capture du CO2 peut être résolue à
court terme mais avec un surcoût, sa séques- Le développement de ces thèmes de
tration nécessite le développement de recher- recherche nécessite de :
ches amont à long terme, centrées sur les
géosciences : piégeage sous forme de liquide – prévoir des plates-formes avec des
ou fluide supercritique, dissolution dans une démonstrateurs pour l’intégration et l’évalu-
phase fluide, piégeage hydrodynamique, sans ation de nouveaux concepts ;
oublier la biologie végétale (augmentation du – renforcer les équipes CNRS et univer-
rendement de la photosynthèse). sitaires trop peu nombreuses dans ces domaines
où l’on attend beaucoup de la recherche ;
– rechercher une synergie avec des orga-
Matériaux nismes nationaux et l’implication de partenaires
industriels (par exemple, CEA, IFP, EDF, pétro-
La mise au point de nouveaux matériaux, liers, INRA, CIRAD, BRGM, CSTB, ADEME,
avec des fonctionnalités spécifiques à l’appli- Saint-Gobain, Bouygues, etc.) ;
cation visée, est nécessaire pour concourir
aux nombreuses avancées évoquées dans ce – structurer l’implantation en réseaux et la
document. Parmi les verrous correspondants, création de pôles scientifiques et techniques.
on peut citer :
– matériaux pour la capture et la trans-
formation de l’énergie solaire (capteurs ther- Énergie nucléaire
miques et photovoltaïques) ;
Les recherches sur l’utilisation de l’énergie
– matériaux résistant à haute tempé- de fission dans le cadre de Génération IV et
rature, pour un fonctionnement à haut de l’EURATOM sont clairement orientées vers
rendement de certaines machines comme l’utilisation durable des ressources : utilisation
les moteurs thermiques, les chaudières, les des noyaux fertiles, accroissement des rende-
turbines, etc. ; ments par la montée en température, cycle

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RAPPORT DE CONJONCTURE 2004

combinés et production d’hydrogène, sûreté. 4 – EN CONCLUSION


Le besoin commun à toutes les filières du
futur, en plus de la physique des réacteurs,
est la disponibilité de matériaux capables de Si nos capacités et connaissances actuelles
tenir à haute température sous irradiation et guident ces réflexions et éléments stratégiques,
souvent en atmosphère corrosive. La filière permettant la mise en place de dispositifs
thorium thermique à sels fondus, retenue en maîtrisés ou maîtrisables sans risquer de mettre
priorité par le CNRS, demande une étroite à mal l’équilibre socio-économique actuel, la
collaboration entre la physique des réac- vision à plus long terme doit être abordée dès
teurs et la chimie qui va se traduire par un aujourd’hui, bien qu’elle ne s’appuie que sur
programme commun de recherche en cours nos connaissances actuelles. Un effort impor-
d’élaboration. tant sur la recherche de nouveaux concepts ou
La fusion thermonucléaire, solution la recherche de ruptures est impératif.
d’avenir pour la production d’énergie élec- La mise en place d’une instance ou struc-
trique, réalise la convergence des critères ture de coordination de ces recherches sur
d’abondance des ressources et d’impact les énergies durables et acceptables devient
environnemental faible. Les recherches nécessaire. Au-delà de ses relations avec les
sur cette voie ont une échelle de temps industriels, elle devra s’intégrer dans la politique
très longue : la démonstration est à 30-50 européenne, y faisant apparaître la vision du
ans (ITER en 2010/20, DEMO en 2030/50) problème énergétique national, tout en partici-
pour une production mondiale vers la fin pant à des actions communes. Sur le plan inter-
du siècle. Le développement du programme national, un aspect important concerne les pays
fusion requiert autant de développements de en voie de développement : pour de tels pays,
haute technologie que d’études de physique énergétiquement dépendants, une politique de
fondamentale. Pour la fusion inertielle, recherches finalisées devra être développée en
l’effort engagé par le CNRS doit être main- coopération avec ces états.
tenu. La structuration et le développement
de la recherche, en synergie avec le CEA, Pour la mise en œuvre de ces recherches,
sont essentiels pour renforcer le potentiel une approche multidisciplinaire conjuguant les
de la filière magnétique. Le projet ITER, en dimensions scientifiques (liées aux lois de la
mobilisant les communautés CEA, CNRS nature), la dimension sociale, la dimension
et universitaires, permettra des collabora- économique et la dimension environnementale
tions sur les thèmes clés et de nouveaux s’impose. Le CNRS, organisme de recherche
problèmes spécifiques au réacteur (concepts regroupant l’ensemble de ces disciplines, a
de couvertures, neutronique, matériaux) donc tous les atouts pour se positionner sur
pourraient être abordés. ce terrain.

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6 – ÉNERGIE : RESSOURCES, CONVERSION,UTILISATION

ANNEXES PEMFC Pile à combustible à membrane


protonique
REP Réacteur à eau pressurisée
ANNEXE 1 : LISTE SOFC Pile à combustible à oxyde
DES ACRONYMES solide
tep Tonne équivalent pétrole
ADEME Agence de l’environnement et de
la maîtrise de l’énergie
ANDRA Agence nationale pour la gestion
des déchets radioactifs ANNEXE 2 : LISTE DES AUTEURS
BRGM Bureau de recherche géologique
et minière
Jean-Pierre Bertoglio
CEA Commissariat à l’énergie Laboratoire de mécanicanique des fluides
atomique et d’acoustique – LMFA (UMR5509),
École centrale de Lyon,
CIRAD Centre de coopération internatio- 36 avenue Guy de Collongue
nale en recherche agronomique 69134 Écully cedex
pour le développement Contributions : Analyse générale, combustion
CODEMA Compagnie générale des matières Alain Bonneville
nucléaires Laboratoire de géosciences marines – LGM
CSTB Centre scientifique et technique (UMR7097), Institut de physique du globe
du bâtiment de Paris, Tour 24-25 1er étage, 4 place Jussieu,
BP 89, 75252 Paris cedex 05
DMFC Pile à combustion directe Contributions : CO2
du méthanol
Yves Brunet
EnR Énergie renouvelable Laboratoire d’électrotechnique de Grenoble
EPR European pressurised water (UMR5529), ENSIEG – BP 46 –
reactor 38402 Saint-Martin-d’Hères cedex
Conctributions : Électricité
EURATOM Communauté européenne de
l’énergie atomique Jean Delsey
Institut national de recherche sur les transports
GEST Gaz à effet de serre et leur sécurité – INRETS, chemin
IFP Institut français du Pétrole de la croix blanche 13300 Salon de Provence
Conctributions : Transports
INRA Institut national de la recherche
agronomique Édouard Fabre
CNRS, Paris
ITER International thermonuclear expe- Contributions : Analyse générale
rimental reactor
Dominique Finon
LULI Laboratoire pour l’utilisation des Centre international de recherche
lasers intenses sur l’environnement et le développement
OCDE Organisation de coopération et de – CIRED (UMR8568),
développement économiques 45Bis, avenue de la Belle Gabrielle
94736 Nogent-sur-Marne cedex
PACo Pile à combustible Contributions : Socio-économie

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RAPPORT DE CONJONCTURE 2004

François Forest 86022 Poitiers cedex


Laboratoire d’électrotechnique de Montpellier Contributions : Piles à combustible
– LEM, Université Montpellier
Christian Le Brun
2, Case courrier 079, 860 rue St. Priest
Laboratoire de physique subatomique
34090 Montpellier cedex
et de cosmologie – LPSC (UMR5821),
Contributions : Électricité
Université Joseph Fourier (Grenoble I),
Édouard Freund 53 av. des martyrs 38026 Grenoble cedex 1
Institut Français du Pétrole – IFP, 1 – 4, Contributions : Énergie nucléaire fission
avenue de Bois-Préau Thierry Lebey
92852 rueil-Malmaison cedex Laboratoire de génie électrique de Toulouse
Contributions : Ressources fossiles – LGET (UMR5003), Université Paul Sabatier
Alix Gicquel (Toulouse III), bat. R1B3, 118 Route de
Laboratoire d’ingénierie des matériaux et Narbonne 31062 Toulouse cedex 4
des hautes pressions – LIMHP (UPR1311), Contributions : Électricité
Université Paris Nord (Paris XIII), Jacques Lédé
Institut Galilée, 99 av. J.B Clément, Laboratoire des sciences du génie chimique
93430 Villetaneuse – LSGC (UPR6811), Institut National
Contributions : Stockage hydrogène Polytechnique de Lorraine, ENSIC,
Gérad Goma 1 rue Grandville BP 451 54001 Nancy cedex
Laboratoire biotechnologie et bioprocédés – Contributions : Biomasse
LBB (UMR5504), Institut national des sciences Arnold Migus
appliquées de Toulouse, 135, av. de Rangueil Institut laser et plasmas – ILP, Talence
31077 Toulouse cedex 4 Contributions : Énergie nucléaire fusion
Contributions : Biomasse
Claude Mirodatos
Patrick Hug Institut de Recherches sur la Catalyse,
IRSID, Voie Romaine B.P.320 – 2 av. Albert Einstein
57214 Maizières-Les-Metz 69626 Villeurbanne Cedex
Contributions : Procédés industriels Contributions : Hydrogène
André Lallemand Jean-Michel Most
Centre de thermique de Lyon – CETHIL Laboratoire de combustion et de détonique
(UMR5008), Institut national des sciences (LCD (UPR9028), École nationale supérieure
appliquées de Lyon, Bât. Sadi Carnot, de mécanique et d’aérotechnique, Téléport 2,
Domaine Scientifique de La Doua 1 av.Clément ADER BP 40109
69621 Villeurbanne cedex 86961 Futuroscope cedex
Contributions : Efficacité énergétique Contributions : Combustion
Monique Lallemand François Penot
Centre de thermique de Lyon – CETHIL Laboratoire d’études thermiques (LET
(UMR5008), Institut national des sciences (UMR6608), École nationale supérieure de
appliquées de Lyon, Bât. Sadi Carnot, mécanique et d’aérotechnique, Téléport 2, 1
Domaine Scientifique de La Doua avenue Clément ADER BP 40109
69621 Villeurbanne cedex 86961 Futuroscope cedex
Contributions : Analyse générale Contributions : Bâtiments
Claude Lamy Dominique Perreux
Catalyse en chimie organique – LACCO Franche Comté Électronique Mécanique
(UMR6503), Université de Poitiers, Thermique et Optique (FEMTO-ST
bat. Chimie, 40 av. du recteur Pineau, (UMR6174), Université de Franche-Comté,

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6 – ÉNERGIE : RESSOURCES, CONVERSION,UTILISATION

UFR Sciences, route de Gray, 86961 Futuroscope cedex


25030 Besançon cedex Contributions : Analyse générale
Contributions : Hydrogène
Bernard Spinner
Jérôme Perrin Institut de science et de génie des maté-
Air Liquide, Jouy en Josas riaux eret procédés – IMP, Rambla de la
Contributions : Énergie solaire photovoltaïque Thermodynamique Tecnosud,
66100 Perpignan
Denis Pesme Contributions : Analyse générale
École Polytechnique, 91128 Palaiseau cedex
Contributions : Énergie nucléaire fusion Michel Trinité
Complexe de recherche interprofessionnel
Jean-Bernard Saulnier en aerothermochimie – CORIA (UMR6614),
Laboratoire d’études thermiques (LET Université de Rouen, Site Universitaire du
(UMR6608), École nationale supérieure de Madrillet BP 12
mécanique et d’aérotechnique, Téléport 2, 76801 St Étienne Rouvray cedex
1 av. Clément ADER BP 40109 Contributions : Combustion

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