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BASIQUE II - 2130

Compréhension des écrits

Nouvelles habitudes alimentaires confinées... et parties


pour durer ?
Repéré par  Daphnée Leportois — 15 mai 2020 - http://www.slate.fr/

La réclusion (confinemment) à domicile et la peur du virus modifient nos façons de faire les courses
comme la cuisine. Il est fort probable qu'il n'y aura pas de «retour à la normale» en masse.

«Depuis six semaines, je n'ai pas avalé (devorar) un seul plat industriel transformé. Je mange ultra
sain», se réjouit Ingrid, 42 ans, responsable marketing digital. La raison de ce régal (treat) culinaire
renouvelé: le confinement. Facteur corrélé : la présence à domicile de son compagnon, qui a
emménagé chez elle mi-mars. «Je me suis mise à cuisiner midi et soir et notamment à me lancer dans
des nouvelles recettes élaborées. Au début, c'était aussi pour l'épater –c'est la première fois qu'on vit
réellement ensemble.»

Elle est loin d'être la seule à trouver dans la concoction de bons petits plats un exutoire. La cuisine est
un des loisirs confinés de 29% des Français·es, révélait une enquête menée par Odoxa-CGI pour
Franceinfo et France Bleu entre le 25 et le 30 mars 2020. «Je prends beaucoup plus le temps de
cuisiner, alors qu'habituellement je déteste cuisiner pour moi seul», s'étonne Alexis, journaliste de 27
ans.

Sixtine, avocate de 27 ans, a quant à elle une autre stratégie anxiolytique : «Je suis plus aventureuse
dans les choix de recettes. Je cuisine beaucoup avec mon copain en choisissant des recettes
étrangères pour casser la routine et apporter un peu d'exotisme malgré le confinement et l'interdiction
de voyager, donc on choisit des plats asiatiques (thaï, chinois, coréen) ou autres (turc, espagnol), en
essayant parfois des plats qu'on n'avait jamais goûtés avant.»

Si 65% des Français·es jugent que la vie quotidienne sera complètement ou relativement différente
post-crise, d'après une étude menée par Kantar du 9 au 13 avril, il semble que la nourriture fasse partie
de ce hiatus avant-après. «Le fait-maison devrait rester dynamique pendant un temps encore», estime
ainsi Gaëlle Le Floch, la directrice «Stratégies Insights» de Kantar. Car, même si «l'alimentation est un
sujet où l'on ne change pas du jour au lendemain», pointe Pascale Hébel, «le contexte a des
répercussions sur les façons de manger» et le confinement pourra bien incarner un point de bascule
chez certaines personnes.

Risques
Bien sûr, il ne faudrait pas négliger les autres contraintes alimentaires qu'instaure ce confinement.
D'après les premières données d'une enquête menée auprès de 6.000 personnes en France et en
Suisse, début avril, 42% avaient fait évoluer leurs achats. Par exemple, la proximité du lieu
d'approvisionnement, critère de choix pour 70% des sondé·es, l'emporte sur la variété de l'offre (19%);
47% passent aussi «le moins de temps possible en magasin»; et 17% optent pour le drive.

«Le rituel des courses est devenu anxiogène (peur de contracter le virus dans les magasins par le
contact ou du fait de la promiscuité avec les autres personnes présentes dans le magasin) et cela
déteint un peu sur l'alimentation. Je deviens méfiant au possible en ayant peur que les aliments soient
infectés», confiait Pierre au Monde fin mars.

Conséquence directe: la vente des fruits et légumes frais est en baisse. Sur le live du quotidien, une
certaine Aude énonce même faire une entorse, qu'on suppose temporaire, à son végétarisme. Et ce,
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sans culpabiliser, «parce que c'est plus simple actuellement mentalement parlant». Question d'hygiène
et de fréquence d'achat. «Ce sont des produits qui inquiètent plus et, comme on fait moins souvent les
courses, on achète plus de conserves et de surgelés. Le sens de ce qui est sain change un peu: il y a
une diminution du vrac; on veut être plus “safe” donc qu'il y ait moins d'emballages est moins le sujet»,
appuie Pascale Hébel.

Le journaliste Hervé Gardette, dont «le congélateur déborde de surgelés» et les bocaux en verre «ne
contiennent plus que du riz et des pâtes, sortis de leur emballage», comme il l'avouait le 23 avril sur
France Culture. Si la consommation de pâtes et de riz augmente, comme cela avait déjà été le cas lors
de la crise de 2008, glisse l'experte en modélisations statistiques et prospective, c'est parce que ces
ingrédients permettent de préparer des repas simples et à moindre prix. Tout le monde ne veut ni ne
peut (mentalement, matériellement comme financièrement) se lancer dans des menus travaillés.

Rupture consommée
C'est justement parce que la situation actuelle est un tel bouleversement général de nos pratiques
alimentaires et n'est pas seulement provoquée par un gain de temps qu'elle peut conduire à en faire
perdurer certaines, si tant est que celles-ci nous conviennent.

Certes, Marie doute de poursuivre sur le long terme ses essais de pâtisseries et de plats: «Si la vie
d'avant reprend, je pense que je reprendrai mes vieilles habitudes!» Probablement parce qu'elle était
déjà en phase avec son alimentation bio pré-confinement comme ses sorties aussi gourmandes.
Possible aussi que ses tentatives culinaires confinées soient avant tout une façon de faire passer le
temps et de s'occuper. Pas sûr non plus que le grignotage (qui a fait succomber 41% des sondé·es en
temps de confinement) persiste. Les habitudes considérées comme mauvaises et les relâchements
acceptés parce que perçus comme temporaires seront combattus, et les passades culinaires
dépaysantes un lointain souvenir.

À l'inverse, Ingrid «n'envisage plus d'acheter des plats tout préparés le midi ni de manger sur le pouce
le soir et redoute même le déconfinement à cause de ça: la reprise d'un rythme de travail effréné, de
longues journées et peu de temps pour cuisiner». Elle se sent «en meilleure forme» grâce à sa
nouvelle alimentation et entend bien conserver cette harmonie.

Ces nouvelles pratiques alimentaires avec lesquelles elle se trouve en adéquation n'ont aucune raison
de rester confinées. «Une crise, c'est sûr que ça change quelque chose en matière de façons de
consommer. Mais ce sont souvent des choses un peu latentes. On ne se découvre pas des choix
nouveaux parce qu'il y a un changement de contexte, insiste la chercheuse du Crédoc. Cela accélère
des mouvements.» Signe que ce temps de réclusion a le pouvoir non de nous transformer mais bien de
nous transporter.

Atelier individuel
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Compréhension des écrits

1. Donnez un synonyme pour les mots surlignés dans le texte ou essayez d'expliquer leur sens en
fonction du contexte dans vos propres mots

- L'épater : impressionner

-Anxiogène : angoissant, effrayant, inquiétant

- Bouleversement :bruscement

Gourmandes : Qui aime manger en quantité les bonnes choses : Être gourmand


comme un chat.
SYNONYMES :
glouton - goinfre - goulu
-

2. Répondez si l'énoncé est vrai ou faux et recopiez l'extrait littéral du texte qui justifie votre
réponse.

Énoncés du texte V F
Tous les Français ont le goût de la cuisine et profitent de toutes les occasions pour cuisiner,
seuls ou en compagnie.
Justification : F
pour Franceinfo et France Bleu entre le 25 et le 30 mars 2020. «Je prends beaucoup
plus le temps de cuisiner, alors qu'habituellement je déteste cuisiner pour moi seul»,
s'étonne Alexis, journaliste de 27 ans.

Pour certaines personnes, le confinement a été l'occasion d'explorer différentes saveurs au


sein de la cuisine. V
Justification :
Sixtine, avocate de 27 ans, a quant à elle une autre stratégie anxiolytique : «Je suis
plus aventureuse dans les choix de recettes. Je cuisine beaucoup avec mon copain
en choisissant des recettes étrangères pour casser la routine et apporter un peu
d'exotisme malgré le confinement et l'interdiction de voyager, donc on choisit des plats
asiatiques (thaï, chinois, coréen) ou autres (turc, espagnol), en essayant parfois des
plats qu'on n'avait jamais goûtés avant.»

Les Français ont changé leurs habitudes d'achat de nourriture après la pandémie. F
Justification :

Après le confinement, les Français continuent d'acheter des produits surgelés, conservés et
non conservés dans la même mesure.
Justification :
Si 65% des Français·es jugent que la vie quotidienne sera complètement ou
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relativement différente post-crise, d'après une étude menée par Kantar du 9 au 13


avril, il semble que la nourriture fasse partie de ce hiatus avant-après. «Le fait-maison
devrait rester dynamique pendant un temps encore»,

3. Pourquoi acheter de la nourriture peut être anxiogène pendant une pandémie ?

4. Donnez au moins deux conséquences du confinement dans les habitudes alimentaires et


consuméristes.

5. Que pensez-vous de ce qu'ils nous racontent dans l'extrait de « Rupture consommée » ? Pensez-y
et encouragez-vous à le partager plus tard avec vos collègues.

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