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Mastère Spécialisé en

Management des Services Publics

Le contrôle financier et son impact sur le


management et la bonne gouvernance des
Etablissements Publics :
cas du système des Contrats Spéciaux de Formation
de l’Office de la Formation Professionnelle et de la
Promotion du Travail

Thèse professionnelle présentée par


Ali MOUSSAOUI

Directeur de recherche
Mustapha EL BAZ

Promotion 2004-2005

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Le contrôle financier et son impact sur Ali MOUSSAOUI – MSP 2005/2006
le management et la bonne gouvernance
des Etablissements Publics
REMERCIEMENTS

Je tiens à exprimer ma reconnaissance à mon directeur de recherche


Monsieur Mustapha ELBAZ dont le dévouement et la compétence
m’ont permis de mener à bien mon travail en si peu de temps. Je
souhaite également remercier l’ensemble du corps professoral de
l’ISCAE et de l’ESSEC pour leur coopération et leurs éminents
conseils.

Je voudrais également vivement remercier les responsables de l’OFPPT


pour leur aide précieuse depuis le début de mes travaux de cette thèse.

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Le contrôle financier et son impact sur Ali MOUSSAOUI – MSP 2005/2006
le management et la bonne gouvernance
des Etablissements Publics
TABLE DES MATIERES

INTRODUCTION

1ERE PARTIE :CONTROLE FINANCIER ET GOUVERNANCE


ECONOMIQUE :CONCEPTS ET DEFINITIONS
I- LA GOUVERNANCE ECONOMIQUE
a) la gestion des entreprises publiques
b) la passation des marchés publics
c) le processus budgétaire
d) la gestion de ressources humaines
d) le contrôle financier
II- LES DISPOSITIONS DU CONTROLE FINANCIER
1) la finalité des contrôles
2) objectifs du contrôle
3) missions et champs d’application
4) types de contrôle
III- UN CONTROLE FINANCIER AU SERVICE DE LA BONNE
GOUVERNANCE

2-EME PARTIE :LE CONTROLE FINANCIER APPLIQUE AUX


ETABLISSEMENTS PUBLICS :CAS DE L’OFPPT

I- PRESENTATION DE L’OFPPT
1) création de l’OFPPT
2) organe de gestion de l’OFPPT
3) OFPPT en quelque dates, chiffres et évolution à l’horizon 2007
4) types de formation

II- SYSTEME DES CSF :


1) Présentation générale
2) Objets du système
3) Objectifs du système
4) Gestion du système
5) Procédure de remboursement
III- ANALALYSE CRITIQUE DE LA GESTION DU SYSTEME DES
SF :
1) Un contrôle interne insuffisant
2) Un contrôle externe dépassé
3) Des intervenants multiples
4) Un système d’information très faible

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IV-FONDATION DE L’OFPPT POUR LE CONTROLE DES CSF
1. POURQUOI CREER CETTE FONDATION
2. OBJECTIFS DE LA FONDATION
3. FONCTIONNEMENT DE LA FONDATION
4. COMMENT LA FONDATION REND COMPTE DE SES
ACTIVITES ?
5. LE CONTROLE FINANCIER EXERCE PAR LA
FONDATION
6. LES AMELIORATIONS APPORTEES PAR LA
FONDATION
V- LES CONDITIONS POUR LA BONNE GOUVERNANCE DE LA
FOCCSF:
1- Évaluation du système et adaptation permanente aux
changements
2- Transparence et diffusion de l’information
3- Mise en place des fondements d’un système efficace des CSF
4- Responsabilités des unités de gestion
5- Sécurité et Contrôle
6- Droits des intervenants et protection de deniers publics
VI- LE CONTROLE FINANCIER AU SERVICE DE LA BONNE
GOUVERNANCE DE LA FOCCSF
VII- LA CHARTE DE LA FOCCSF
CONCLUSION
BIBLIOGRAPHIE

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INTRODUCTION

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des Etablissements Publics
Les problèmes de gouvernance affectent négativement les activités de
développement. La faiblesse des acteurs de gestion et l’absence de contrôle
financier et budgétaire, le manque de transparence et la corruption dans la
gestion des affaires publiques portent atteinte aux principes démocratiques et au
développement des normes de droit.

En effet la gouvernance économique fait actuellement l’objet d’un regain


d’intérêt depuis quelques années en raison des faiblesses constatées en matière
du management public ce qui constitue l’un des freins les plus sérieux à la
croissance économique, à la réduction de la pauvreté et au développement
durable.

Cette situation montre que les mécanismes de contrôle financiers des


activités des Etablissements Publics et de l’Administration en général sont
largement remis en cause. Ce constat justifie l’intérêt considérable porté à
l’approche juridique de la gouvernance économique et de contrôle financier
aussi bien sur le plan théorique que sur le plan pratique.

La régularité des opérations comptables, la transparence, l’amélioration de


la gestion, l’information et l’équité sont les objectifs d’un contrôle financier
efficace et efficient qui permettent l’amélioration des conditions d’instauration
d’une bonne gouvernance économique.

Le lien entre la gouvernance économique et le contrôle financier a été


prouvé à travers les études et les recherches opérées par les organismes
internationaux dans plusieurs pays comme le Maroc en s’appuyant sur les
principes du management public appliqué aussi bien aux administrations qu’aux
Etablissements Publics.

Cette thèse se propose d’appréhender le sujet du contrôle financier et son


impact sur le management et la bonne gouvernance des Etablissements Publics.
Elle sera l’occasion pour justifier encore ce lien à travers une étude de cas d’un
système de remboursement de la formation continue au Maroc (CSF) géré par
l’Office de la Formation Professionnelle et la Promotion du Travail « OFPPT ».

L’importance de la formation professionnelle ne fait aucun doute. Ils joue


un rôle central dans le développement des qualifications, des compétences, du
savoir-faire et du savoir que chaque individu apporte sur son lieu de travail.

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En outre, cette importance semble s’accroître à mesure que les mutations
technologiques et la demande croissante de flexibilité au travail contribuent à
l’accélération de la dépréciation des qualifications, des compétences, du savoir-
faire et du savoir spécifiques à un emploi donné. Bref, l’économie de la
connaissance met l’accent sur un processus d’apprentissage continu, et la
formation et l’enseignement professionnels en constituent les ressources
essentielles.

Cependant, à en juger par les schémas de participation, l’accroissement


de la formation continue semble Questions liées à son financement qui
demeure loin en deçà du volume nécessaire pour rendre la formation continue
accessible à tous en quantité suffisante, non seulement afin de remédier aux
faibles niveaux d’alphabétisation et de qualifications chez certains adultes, mais
également pour offrir des possibilités de mise à jour et de perfectionnement
appropriées aux travailleurs expérimentés.
Le défi posé consiste donc à s’assurer que la formation et l’enseignement
professionnels soient accessibles et abordables financièrement. Relever ce défi
implique que l’on s’attaque à un certain nombre de problèmes d’ordre
organisationnel, institutionnel, financier ou de motivation (pour les entreprises).

C’est ainsi, que nous allons définir dans une première partie la
gouvernance économique et le contrôle financier tel qu’il s’exerce au sein de
l’OFPPT avant examiner dans une deuxième partie le système des contrats
spéciaux de formation.

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1ERE PARTIE

CONTROLE FINANCIER ET
GOUVERNANCE ECONOMIQUE :
CONCEPTS ET DEFINITIONS

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I- LA GOUVERNANCE ECONOMIQUE

La gouvernance économique dans le secteur public est définie par la


chambre du commerce internationale « CCI » comme étant un système qui
couvre cinq domaines :

a) la gestion des entreprises publiques :

Instaurer une bonne gouvernance au sein des organismes publics


permettra l’assainissement et la modernisation de la gestion de ces organismes.
Ceci n’est possible que par la mise en place de mesures suivantes :
• Engager une mise á niveau comptable pour améliorer le traitement de
l’information financière ;
• Engager les audits financiers et les cabinets de conseil en gestion pour
moderniser, restructurer, et améliorer la gouvernance, le processus
opérationnel et la fiabilité financière ;
• Préparer des contrats de gestion privés pour instaurer un management
moderne ;

b) la passation des marchés publics :

Il s’agit d’un indicateur principal pour mesurer la bonne gouvernance


dans les Établissements publics. En effet, un système de passation des marchés
publics transparent est de nature à renforcer la crédibilité des Établissements et
améliorer ses images vis-à-vis des fournisseurs et clients. Ceci étant, les
directives suivantes sont recommandées pour améliorer la gouvernance :

• Emettre les décrets, directives ou arrêtés sur le fonctionnement et contrôle


des marchés publics
• Mettre en place une commission nationale intérimaire des marchés publics
• Renforcer la transparence, la coordination interministérielle des bases de
données, la formation, l’éthique et la publication des informations sur les
marchés publics
• Engager des agents spécialistes de passation des marchés et assistance
technique
• Appuyer la participation élargie des entreprises privées nationales à la
passation des marchés publics.

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c) le processus budgétaire :

Un processus budgétaire efficient, transparent et crédible est de nature à


traduire les priorités des établissements. Ceci n’est possible que si les
organismes ne mettent pas en place :
• Des procédures claires pour l’élaboration du budget
• Un suivi d’exécution rigoureux
• Un respect de lois et règlements en vigueur pour son établissement et son
exécution

d) la gestion de ressources humaines :

Le facteur humain est un facteur clé pour la réussite du processus de


bonne gouvernance au sein du secteur public. Ainsi, des efforts sont nécessaire
pour établir des mécanismes de renforcement des ressources humaines à court et
moyen termes afin d’assurer une meilleure formulation de politiques et une mise
en œuvre efficiente des programmes. Il s’agit principalement de
• Former les ressources humaines existantes pour le court et le moyen
• Retenir les ressources humaines qualifiées par le biais de système d’incitation
• Préparer des reformes des statuts pour les rentres plus avantageux et
motivants
• Encourager du recrutement de profils bien qualifié et adéquats aux besoins

d) le contrôle financier :

Pour réussir le processus de bonne gouvernance au sein des


Établissements publics, Le contrôle financier (voir ci après) doit être réaffirmé
l’importance du contrôle financier et renforcer les mécanismes de contrôle de
l’utilisation des finances publiques et la protection de deniers publics. Ainsi, il
est recommandé de :
• Mettre le cadre réglementaire en adéquation avec les dispositions de loi sur le
contrôle financier
• Appuyer les structures de contrôle des finances publiques notamment dans
leur transition pour s’adapter au nouveau cadre réglementaire afin de
s’acquitter de leurs attributions
• Mettre en place un dispositif performant de contrôle des organismes.

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II- LES DISPOSITIONS DU CONTROLE FINANCIER

1) la finalité des contrôles :

La condition sine qua non pour atteindre les objectifs de la gouvernance


économique est le renforcement de mécanismes du contrôle financier et ses
structures bénéficient d’une grande indépendance d’opinion. Cela nécessite une
volonté politique et une implication et l’information des populations.

C'est ainsi que dans un souci d'information générale des établissements et


de comparaison de leur situation respective, sont abordés à la fois les contrôles
relatifs aux EPIC et aux EPA. Il est intéressant de remarquer que si certains
organes ou modalités de contrôles diffèrent, d'autres se réalisent dans des
conditions identiques, quelle que soit la catégorie juridique de l'établissement
public national concerné.

Les contrôles sur les établissements publics ont pour finalité de s'assurer
de la correcte exécution des missions qui leur ont été confiées et qui justifient
leur existence. Ils permettent également le cas échéant d'assister un
établissement afin qu'il parvienne à une meilleure réalisation de ses objectifs.

C'est dans cette perspective qu'il convient de situer l'action du ou des


ministère(s) de tutelle technique ainsi que du ministère chargé des finances.

2) objectifs du contrôle :

2.1 La régularité des opérations

Le contrôle des agents de contrôle financier a pour premier objectif de vérifier


sur place la régularité des opérations, c'est-à-dire leur conformité à la
réglementation.

2.2 L'amélioration de la gestion

La tenue d'une vérification offre également l'occasion, pour les agents de


contrôle financier comme pour les responsables de l'établissement, de
s'interroger sur l'adéquation des moyens aux objectifs, sur la pertinence des
structures et des méthodes.

Dans les établissements publics, les trésoriers-payeurs ne disposent pas


réglementairement du droit d'apprécier l'efficacité et la qualité de la gestion
(missions attribuées aux contrôleurs d’Etat), de mener un véritable audit de

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l'établissement. Néanmoins, les observations et les propositions éventuelles des
vérificateurs ont pour objectif l'amélioration de la gestion.

2.3 L'information des tutelles

Enfin, le contrôle financier est destiné à informer les autorités de tutelle,


essentiellement sur le fonctionnement de l'établissement public, mais aussi sur
les difficultés liées à la réglementation.

3) missions et champs d’application :

Le contrôle financier s'exerce selon les principes de la loi 69-00 relative


au contrôle financier de I'Etat sur les entreprises publiques et autres organismes
promulgué par le Dahir n° 1-03-195 du 16 ramadan 1424 (11 novembre 2003). Il
s’applique aux organismes publics ( l'Etat, les collectivités locales et les
établissements publics), sociétés d'Etat (dont le capital est détenu en totalité par
des organismes publics), filiales publiques (dont le capital est détenu à plus de la
moitié par des organismes publics), sociétés mixtes (dont le capital est détenu au
plus à hauteur de 50% par des organismes publics) et entreprises
concessionnaires (chargées d'un service public en vertu d'un contrat de
concession dont l'Etat est l'autorité contractante).

Ce contrôle est exercé à priori ou à posteriori, selon la forme juridique et


les modalités de gestion des entités contrôlées.

Ainsi selon l’article 2 de la loi 69-00, ce contrôle a pour objet, selon les
cas :

• d'assurer le suivi régulier de la gestion des organismes soumis au contrôle


financier ;
• de veiller à la régularité de leurs opérations économiques et financières au
regard des dispositions légales, réglementaires et statutaires qui leur sont
applicables ;
• d'apprécier la qualité de leur gestion, leurs performances économiques et
financières ainsi que la conformité de leur gestion aux missions et aux
objectifs qui leur sont assignés ;
• d'oeuvrer à l'amélioration de leurs systèmes d'information et de gestion ;
• de centraliser et analyser les informations relatives au portefeuille de l'Etat et
à ses performances économiques et financières.

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4) types de contrôle :

4.1-1a- contrôle à priori :

Les établissements publics sont soumis à un contrôle préalable exercé par le


ministre chargé des finances, un contrôleur d'Etat et un trésorier payeur.

• le ministre chargé des finances (art 7 et 8) :


1. fixe les modalités d'application de la présente loi, par établissement
ou groupe d'établissements publics
2. arrête les procédures de préparation, d'adoption et de visa des
budgets et états prévisionnels pluriannuels, les modalités de tenue
de la comptabilité de l'ordonnateur, les diligences devant être
effectuées par le contrôleur d'Etat ainsi que les registres et autres
supports devant être tenus par le trésorier payeur.
3. approuve les actes suivants :
- les budgets ;
- les états prévisionnels pluriannuels ;
- le statut du personnel ;
- l'organigramme fixant les structures
organisationnelles et leurs attributions ;
- le règlement fixant les règles et modes de passation
des marchés ;
- les conditions d'émission des emprunts et de recours
aux autres formes de crédits bancaires, telles
qu'avances ou découverts ;
- l'affectation des résultats.

• Le contrôleur d'Etat (art 9) :

1. Le contrôleur d'Etat assiste, avec voix consultative, aux séances du


conseil d'administration ou de l'organe délibérant ainsi qu'aux
réunions des commissions ou comités constitués en application des
dispositions législatives, réglementaires, statutaires ou
conventionnelles relatives à l'organisme contrôlé.
2. Il dispose d'un droit de communication permanent tant auprès de
l'organisme que de ses filiales et participations et peut effectuer, à
tout moment, sur pièces et sur place, toutes vérifications et tous
contrôles qu'il juge opportuns et peut se faire communiquer toutes
les pièces qu'il estime utiles à l'exercice de sa mission et notamment

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tous contrats, livres, documents comptables, registres et procès-
verbaux.
3. Il peut obtenir, sous couvert du ministre chargé des finances, toutes
informations utiles à l'exercice de sa mission auprès des tiers qui
ont accompli des opérations avec l'organisme.
4. Il dispose, dans la limite des seuils fixés par le ministre chargé des
finances, d'un pouvoir de visa préalable sur les acquisitions
immobilières, tous contrats ou conventions de travaux, de
fournitures et de services ainsi que sur l'octroi de subventions et
dons.
5. Il exerce également un droit de visa préalable des actes de gestion
du personnel dans les établissements publics ne disposant pas d'un
statut du personnel approuvé.
6. Le contrôleur d'Etat peut, également, donner son avis sur toute
opération relative à la gestion de l'organisme, à l'occasion de
l'exercice de ses fonctions et qu'il fait connaître par écrit, selon le
cas, au ministre chargé des finances, au président du conseil
d'administration ou de l'organe délibérant ou à la direction.

• Le trésorier payeur (art 10) :


1. Le trésorier payeur en tant que comptable public est responsable de
la régularité des opérations de dépenses, tant au regard des
dispositions légales et réglementaires, que des dispositions
statutaires et budgétaires de l'organisme.
2. Il doit s'assurer que les paiements sont faits au véritable créancier,
sur un crédit disponible et sur présentation de pièces régulières
établissant la réalité des droits du créancier et du service fait.
3. La responsabilité du trésorier payeur est dégagée lorsque, après
avoir adressé un rejet motivé au directeur de l'organisme, il est
requis par ce dernier de viser un moyen de paiement. Il est tenu de
se conformer à cette réquisition qu'il annexe à l'ordre de paiement.
Il en avise sans délai le ministre chargé des finances.
4. Le trésorier payeur signe, conjointement avec le directeur ou la
personne habilitée de l'organisme, les moyens de paiement tels que
chèques, virements et effets de commerce.
5. Le trésorier payeur peut être habilité, par arrêté du ministre chargé
des finances, à effectuer un contrôle des recettes.

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4.2- contrôle d’accompagnement (art 17 et 18):

Le contrôle d’accompagnement est applique aux :

• établissements publics justifiant de la mise en oeuvre effective d'un


système d'information, de gestion et de contrôle interne dûment approuvés
par le conseil d'administration ou l'organe délibérant comportant,
notamment, les instruments suivants:

- un statut du personnel fixant en particulier les conditions de


recrutement, de rémunération et de déroulement de carrière du
personnel de l'établissement ;
- un organigramme fixant les structures organisationnelles de gestion et
d'audit interne de l'établissement ainsi que leurs fonctions et
attributions ;
- un manuel décrivant les procédures de fonctionnement des structures
et de contrôle interne de l'établissement ;
- un règlement fixant les conditions et formes de passation des marchés
ainsi que les modalités relatives à leur gestion et à leur contrôle ;
- une comptabilité permettant l'établissement d'états de synthèse
réguliers, sincères et certifiés, sans réserves significatives, par un ou
plusieurs auditeurs externes habilités à exercer la profession de
commissaire aux comptes ;
- un plan pluriannuel couvrant une période d'au moins trois ans,
actualisé annuellement, devant comporter, notamment, par activité et
sous forme consolidée, les programmes physiques et les projections
économiques et financières ;
- un rapport annuel de gestion établi par le directeur de l'établissement.

• établissements publics liés à l'Etat par des contrats de programme : ces


derniers définissent, pour une période pluriannuelle, notamment les
engagements de l'Etat et de l'organisme contractant, les objectifs
techniques, économiques et financiers assignés à l'organisme et les
moyens pour les atteindre ainsi que les modalités de suivi de leur
exécution.
• sociétés d'Etat à participation directe.

4.3- contrôle conventionnel (art 5, 15 et 16):

Il s’agit du contrôle exercé par un commissaire du gouvernement et


appliqué aux :

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- filiales publiques à participation directe majoritaire de l'Etat ou d'une
collectivité locale à travers une convention de contrôle à conclure avec
l'Etat dont le suivi est assuré par un commissaire du gouvernement
nommé auprès de la filiale publique ;

- filiales publiques autres que celles visées au paragraphe ci-dessus et les


sociétés d'Etat dans lesquelles l'Etat ou une collectivité locale ne détient
pas une participation directe, dans le cadre d'une convention de contrôle à
conclure avec l'entreprise mère dont le suivi est assuré par le commissaire
du gouvernement nommé auprès de la filiale publique ou la société d'Etat.

- La convention de contrôle doit comporter les obligations de la société


d'Etat ou de la filiale publique contractante notamment en ce qui concerne
les actes à soumettre à l'autorisation préalable de son conseil
d'administration ou celui de son entreprise mère, les comités devant être
créés auprès de son conseil d'administration, les procédures de contrôle
interne à mettre en place ainsi que les informations à communiquer à
l'entreprise mère.

II- UN CONTROLE FINANCIER AU SERVICE DE LA BONNE


GOUVERNANCE

A l'heure où le gouvernement des entreprises et les principes de


gouvernance sont adoptées partout dans le monde comme modèle global, une
exigence d'efficacité de la gestion publique et de transparence, en un mot, une
exigences de la démocratie économique et financière est aujourd’hui une
condition sine qua non pour réussir toute modernisation de la gestion des deniers
publics.

Ainsi, instaurer contrôle financier efficient et efficace est de nature à


permettre la mise en fonctionnement aussi bien que les instruments de
programmation et de suivi des dépenses publiques rationalisés et rénovés
(guides méthodologiques en matière de programmation et de budgétisation,
instruments d'évaluation, formation des agents…) que le système d'information
sur les dépenses publiques.

De plus, les Etablissements publics seront bien outillés dans les domaines
de la préparation d’un budget unifiée, l’amélioration de la nomenclature
budgétaire, le contrôle et le suivi des projets et programmes à travers notamment

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la poursuite de la mise en place et du renforcement des Cellules " Politiques,
Planification et Evaluation ".

De même, les instruments de mobilisation des recettes budgétaires seront


modernisés et le système de suivi de l'exécution en cours d'année sera amélioré
(plan de trésorerie à 12 mois avec un système de préservation des ressources
alloués aux secteurs prioritaires) ce qui va permettre un suivi des dépenses
publiques pour qu’elle s’orientent de plus en plus vers les résultats

Ceci doit être accompagné par la mise en place d’un certain nombre de
mesures d’accompagnement :

• Un manuel de procédures sur la dépense publique bien préparé


• Un code des marchés publics mis en œuvre pour accroître la transparence
et lutter contre la corruption
• Un système d'information sur les finances publiques plus transparent et
plus exhaustif
• Une politique de contrôle de la dépense publique définie et appliquée
• Un circuit du contrôle de la dépense raccourci et simplifié
• Une capacité logistique bien renforcée
• Une animation permanente et soutenue des mécanismes de concertation
• Une amélioration de la production des données financières

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2-EME PARTIE

LE CONTROLE FINANCIER
APPLIQUE AUX ETABLISSEMENTS
PUBLICS :CAS DE L’OFPPT :

Après avoir traité d’une manière succincte en première partie, les


différentes facettes de la bonne gouvernance et les modalités d’application
du contrôle financier en général, nous allons examiner au cours de cette
deuxième partie le système des contrats spéciaux de formation géré par
l’OFPPT et présenter un projet d’organisation de ce système pour lequel un
contrôle financier efficient et intelligent sera recommandé pour qu’il soit
bien gouverné.

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I- PRESENTATION DE L’OFPPT :

L’importance de la formation professionnelle ne fait aucun doute. Elle


joue un rôle central dans le développement des qualifications, des compétences,
du savoir-faire et du savoir que chaque individu apporte sur son lieu de travail.
En raison de l’impact qu’elle a, à leur tour, sur l’employabilité et la productivité
des individus, ainsi que sur la compétitivité des entreprises et des économies
nationales, la formation professionnelle exerce une influence considérable sur le
bien-être des sociétés.

En outre, cette importance semble s’accroître à mesure que les mutations


technologiques et la demande croissante de flexibilité au travail contribuent à
l’accélération de la dépréciation des qualifications, des compétences, du savoir-
faire et du savoir spécifiques à un emploi donné. Bref, l’économie de la
connaissance met l’accent sur un processus d’apprentissage continu, et la
formation professionnelle en constitue les ressources essentielles.

Avec plus de 200 établissements, l'Office de la Formation Professionnelle


et de la Promotion du Travail (OFPPT) a pour vocation, d'une part de
développer la formation professionnelle en tant qu'instrument de valorisation des
ressources humaines et, d'autre part, d'améliorer constamment la qualité de la
formation pour une meilleure adéquation Formation-Emploi.

Ainsi, chaque année, plus de 50.000 jeunes stagiaires et 120.000 salariés


bénéficient des services de l'OFPPT tant en matière de formation initiale que de
formation continue.

Des instruments d'accompagnement sont ainsi mis en place à la


disposition de l'entreprise en termes de mesures incitatives pour la création de
l'emploi et le développement de programmes de formation de son personnel.

1. création de l’OFPPT :

Crée par Dahir en mai 1974, l’Office de la Formation Professionnelle et


de la Promotion du Travail (OFPPT) a pour vocation de développer une
formation professionnelle adaptée aux besoins des entreprises. Il a pour missions
principales de satisfaire les besoins des entreprises en ressources humaines
qualifiées et contribuer à l’amélioration de leur compétitivité, développer les

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compétences nécessaires aux entreprises et favoriser l’insertion des jeunes dans
la vie active.
L’OFPPT est financé par le budget de l’État et les dons pour
l’investissement alors que le budget de fonctionnement est financé par la Taxe
FP (1,6 % de la masse salariale), ressources propres et subvention d’équilibre ;

2. organe de gestion de l’OFPPT :


Doté de la personnalité morale et de l’autonomie financière, l’OFPPT est
un organisme à gestion tripartite, administré par un Conseil d’Administration
présidé par le Ministre chargé de la Formation Professionnelle. Celui-ci (le CA)
comprend 28 membres dont 14 représentants de l’Etat, 7 représentants des
travailleurs et 7 représentants des employeurs.
Les membres administrateurs au nom de l’Etat représentent les
départements ministériels chargés de :
• La Primature ;
• L’Emploi et la Formation Professionnelle ;
• L’Economie et les Finances ;
• L’Intérieur ;
• L’Industrie et le Commerce ;
• La Formation des Cadres ;
• L’Education Nationale ;
• L’Agriculture et le Développement Rural ;
• L’Energie et les Mines ;
• L’Equipement ;
• La Jeunesse et Sports ;
• La Santé ;
• Le Tourisme ;
• La Pêche Maritime ;
• L’Artisanat.
Les membres représentant les travailleurs sont désignés à raison de six
membres du Syndicat ″Union Marocaine du Travail″ (UMT) et d’un membre du
Syndicat ″Union Générale des Travailleurs du Maroc″ (UGTM).
Siègent au nom des employeurs :
• Deux représentants de la CGEM ;
• Un représentant de l’AMITH ;
• Un représentant de la FNBTP ;
• Un représentant de la FIMME ;

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• Un représentant de la FEDIC ;
• Un représentant de la FCCI ;
Un Comité de gestion de l’OFPPT, présidé par le Président du Conseil
d’Administration ou par son représentant, est chargé, dans l’intervalle des
réunions du conseil d’Administration, de suivre la gestion de l’Office.
Ce Comité est composé, outre le président, des administrateurs suivants :
• Un représentant du Ministère chargé du Commerce et de l’Industrie ;
• Un représentant du Ministère chargé de l’Economie et des Finances ;
• Un représentant du Ministère chargé de la Formation des Cadres ;
• Deux représentants des employeurs (CGEM-AMITH) ;
• Deux représentants des travailleurs (UMT).

3. OFPPT en quelque dates, chiffres et évolution à l’horizon 2007

■ Dates :
• 1974 : Création de l’OFPPT
• 1984 : Réforme du système de la formation professionnelle
• 1987: Contractualisation des formations avec les Associations
Professionnelles
• 1993 : Instauration niveau technicien spécialisé (Bac+2)
• 1996 : Réforme du système de Formation Continue
• 2002 : - Réforme des Contrats Spéciaux de Formation et des
prestations des EFP
- Régionalisation accrue de gestion
• 2003 : -Démarrage du programme Gouvernemental visant la formation
de 400.000 jeunes à l’horizon 2007 par l’optimisation et le
développement du dispositif
- Réforme des Cours du Soir
• 2004 : Certification ISO 9001 version 2000 de 10 EFP

■Chiffres et indicateurs :
• 210 Établissements contre 28 en 1974, 148 en 1984 et 170 en 1994
• 104.000 stagiaires en formation initiale contre 2200 en 1974, 31.000
en 1984 et 47. 500 en 1994
• 188 filières couvrant 11 secteurs d’activités
• 4 niveaux de formation : qualification, spécialisation, technicien et
technicien spécialisé
• 7350 participants en cours du soir

19
Le contrôle financier et son impact sur Ali MOUSSAOUI – MSP 2005/2006
le management et la bonne gouvernance
des Etablissements Publics
• 160.000 salariés en formation continue
• 14 EFP dans les zones industrielles

Dispositif National

210 Etablissements :
• Grand Casablanca : 47
• Nord Ouest I : 27
• Chaouia Tadla : 26
• Tensift Atlantique : 25
• Centre Nord : 18
• Centre Sud : 15
• Nord Ouest II : 15
• Oriental : 15
• Souss Massa Drâa : 11
• Provinces du Sud : 11
18

4. types de formation :
- Formation initiale : il s’agit de la formation résidentielle, formation par
apprentissage, formation accélérée, formation qualifiante, FPA
- Formation continue :
• Ingénierie de formation
• Formation intra entreprise (actions spécifiques)
• Formation inter entreprise (actions planifiées)
• Cours du soir
• Alphabétisation fonctionnelle des salariés
• Soutien au développement des compétences par le Système des
Contrats Spéciaux de Formation que nous allons développer ci après.

20
Le contrôle financier et son impact sur Ali MOUSSAOUI – MSP 2005/2006
le management et la bonne gouvernance
des Etablissements Publics
II- SYSTEME DES CSF :

1- Présentation générale :

Le système des contrats spéciaux de formation « CSF » est mis en place


par les pouvoirs publics pour encourager le développement des compétences des
salariés par la formation. Il a pour principes :
• La mutualisation de la TFP au profit de la PME ;
• L’encouragement à la planification de la formation ;
• L’implication des partenaires sociaux.

C’est un système qui est régi par un manuel de procédures qui décrit
les dispositions générales et particulières relatives à leur gestion. Ce
manuel précise les rôles des différents intervenants en matière de Contrats
Spéciaux de Formation et décrit les règles de fonctionnement de ce
système.

Les intervenants du système sont :


• Le Comité de Gestion (CG) de l’OFPPT;
• Le Comité Central des Contrats Spéciaux de Formation (CCCSF)
;
• Le Comité Régional des Contrats Spéciaux de Formation
(CRCSF) ;
• L’Office de la Formation Professionnelle et de la Promotion du
Travail (OFPPT).

2- Objets du système

Il s'agit d'une modalité particulière qui permet aux entreprises assujetties à


la Taxe de Formation Professionnelle de bénéficier d'une participation financière
de l'OFPPT aux frais engagés pour la réalisation de leurs programmes spéciaux
de formation, dans le cadre d'un contrat.

3- Objectifs du système

• Amener l'entreprise à intégrer la formation dans son développement et à


exprimer ses besoins en compétences.

21
Le contrôle financier et son impact sur Ali MOUSSAOUI – MSP 2005/2006
le management et la bonne gouvernance
des Etablissements Publics
• Perfectionner les travailleurs et adapter leur Savoir-Faire aux techniques
nouvelles.
• Accroître la productivité du travail.
• Intégrer la formation comme vecteur stratégique du développement des
entreprises.
• Favoriser l'émergence de la demande en formation dans les entreprises.
• Inciter les entreprises à planifier leurs besoins en formation.

4- Gestion du système

Les Contrats Spéciaux de Formation (CSF) sont régis par un manuel


de procédures qui décrit les dispositions générales et particulières relatives
à leurs gestion.

Il précise les rôles des différents intervenants en matière de Contrats


Spéciaux de Formation:

• Le Comité de Gestion (CG) de l’OFPPT;


• Le Comité Central des Contrats Spéciaux de Formation (CCCSF) ;
• Le Comité Régional des Contrats Spéciaux de Formation (CRCSF) ;
• L’Office de la Formation Professionnelle et de la Promotion du
Travail (OFPPT).

4.1 Le Comité de Gestion

Conformément aux dispositions de l’article 9 du Décret n° 2.73.633,


du 29 rabii II (22 mai 1974) portant création de la taxe de la formation
professionnelle (TFP), fixant le taux et les conditions de recouvrement de
ladite taxe et déterminant les conditions relatives à la conclusion des
contrats pour la réalisation des programmes spéciaux de formation
professionnelle tel qu’il a été modifié et complété, le Comité de Gestion
est titulaire de la compétence de conclusion des CSF avec les entreprises.

délègue l’exercice de cette attribution au CCCSF et aux CRCSF


sous réserve des dispositions du présent manuel de procédures.

propose à l’approbation de l’autorité gouvernementale chargée de


la formation professionnelle et de l’autorité gouvernementale
chargée des finances, le manuel de procédures des CSF

22
Le contrôle financier et son impact sur Ali MOUSSAOUI – MSP 2005/2006
le management et la bonne gouvernance
des Etablissements Publics
propose aux dites autorités l’augmentation de la fraction du
produit de la taxe de formation professionnelle affectée à la
réalisation des actions de formation en cours d’emploi.

fixe la proportion de cette fraction qui sera affectée aux actions


prévues ci-dessus.

propose à l’approbation de l’autorité gouvernementale chargée de


la formation professionnelle et de l’autorité gouvernementale
chargée des finances, le manuel de procédures définissant les
conditions dans lesquelles sont conclues les conventions entre
chacun des GIAC et l’OFPPT pour la réalisation des actions
indiquées ci-dessus.

4.2 Le Comité Central des Contrats Spéciaux de Formation


(CCCSF)

Le CCCSF a pour missions, par délégation du Comité de Gestion et


dans le cadre du budget alloué aux CSF, de :

• définir les objectifs de formation pris en compte par les CSF ;


• définir la politique d’information et de sensibilisation des entreprises
aux CSF et proposer un budget pour la mise en oeuvre de cette
politique ;
• arrêter la répartition du budget par région ;
• définir les priorités pour la réalisation des actions d’ingénierie de
formation et/ou des actions de formation ;
• arrêter les modalités d’engagement des CSF au bénéfice des
entreprises et notamment les taux de remboursement par les CSF de
chaque nature d’activités éligibles ;
• traiter les états des engagements approuvés et transmis par les
CRCSF. A partir de ces états régionaux, le CCCSF établit le montant
des engagements prévisionnels remboursables par les CSF au titre de
l’exercice budgétaire en cours ;
• proposer les modifications à introduire dans le manuel de procédures ;
• traiter les problèmes dont il est saisi soit par les CRCSF soit par les
entreprises et examiner les demandes de recours qui lui sont
présentées ou les faire instruire par une commission spécialisée qu’il
a constitué à cet effet ;
• approuver le contrat type à passer avec les entreprises pour la
réalisation des programmes spéciaux de formation ;

23
Le contrôle financier et son impact sur Ali MOUSSAOUI – MSP 2005/2006
le management et la bonne gouvernance
des Etablissements Publics
• instruire les demandes de formation sectorielle.

Dans le cadre de ses attributions et de la mission qui lui est déléguée,


le CCCSF :

• examine le bilan et les comptes des CSF de l’exercice écoulé avant le


30 avril de l’année ;
• prépare le programme d’action de l’année suivante ainsi que le projet
du budget correspondant avant le 30 septembre de l’année ;
• présente au Comité de Gestion un rapport d’activité semestriel.

Le CCCSF composé de manière tripartite comprend :

• un représentant du Ministère chargé de la Formation Professionnelle


désigné par le Ministre compétent ;
• un représentant du Ministère chargé des Finances, désigné par le
Ministre compétent ;
• un représentant du Ministère chargé du Commerce et de l’Industrie,
désigné par le Ministre compétent ;
• trois représentants des employeurs nommés par le Ministre chargé de
la Formation Professionnelle sur proposition des organisations
professionnelles représentées au CA de l’OFPPT ;
• trois représentants des employés nommés par le Ministre chargé de la
Formation Professionnelle sur proposition des organisations
professionnelles représentées au CA de l’OFPPT.

Le représentant du Ministère chargé de la Formation Professionnelle


assure de droit la présidence du CCCSF. Le CCCSF se réunit sur
convocation de son président, six (6) fois par an, et chaque fois que
nécessaire.

Le CCCSF ne peut valablement délibérer qu’en présence de cinq


membres au moins dont au moins un représentant par collège
(administration, représentants des employeurs, représentants des
employés). Les délibérations sont adoptées à la majorité simple des voix
exprimées. En cas de partage des voix, celle du président est
prépondérante.

Les délibérations du CCCSF sont exécutoires après signature du


PV par les membres présents.

24
Le contrôle financier et son impact sur Ali MOUSSAOUI – MSP 2005/2006
le management et la bonne gouvernance
des Etablissements Publics
A titre transitoire, les CSF avec les établissements publics à
caractère industriel (EPIC) et les sociétés d’Etat (voir liste jointe en annexe
12), les Banques et Sociétés d’Assurances sont domiciliés au niveau du
CCCSF qui peut constituer une commission spécialisée pour instruire les
dossiers présentés.

4.3 Le Comité Régional des Contrats Spéciaux de Formation


(CRCSF)

Dans la (ou les) Direction(s) de sa compétence, le CRCSF a pour


fonctions, par délégation du Comité de Gestion et dans le cadre des
orientations du CCCSF et du budget alloué à la région:

• l’instruction des demandes de financement au titre des CSF


présentés par les entreprises;
• le suivi, contrôle et évaluation des actions financées par les CSF;
• l’élaboration de l’état des engagements qu’il a approuvés lors de
chacune de ses réunions;
• l’élaboration et la proposition de son budget annuel au titre des CSF
au CCCSF.

Dix (10 ) CRCSF sont mis en place dans les neuf Directions
Régionales relevant de l’OFPPT dont deux (2) dans la Direction Régionale
du Grand- Casablanca; un de ces deux Comités est chargé de l’examen des
dossiers présentés par les PME-PMI.

Chaque CRCSF, composé de manière tripartite, comprend :

• un représentant du Ministère chargé de la Formation Professionnelle


désigné par le Ministre compétent ;
• un représentant du Ministère chargé des Finances, désigné par le
Ministre compétent ;
• un représentant du Ministère chargé du Commerce et de l’Industrie,
désigné par le Ministre compétent ;
• trois représentants des employeurs nommés par le Ministre Chargé de
la Formation Professionnelle sur proposition des organisations
professionnelles représentées au CA de l’OFPPT ;
• trois représentants des employés nommés par le Ministre Chargé de la
Formation Professionnelle sur proposition des organisations
professionnelles représentées au CA de l’OFPPT.

25
Le contrôle financier et son impact sur Ali MOUSSAOUI – MSP 2005/2006
le management et la bonne gouvernance
des Etablissements Publics
Le représentant du Ministère chargé de la Formation Professionnelle
assure de droit la présidence du CRCSF. Le CRCSF se réunit sur
convocation de son président, six (6) fois par an, et chaque fois que
nécessaire.

Le CRCSF ne peut valablement délibérer qu’en présence de cinq


membres au moins, dont au moins un par collège. Les délibérations sont
adoptées à la majorité simple des voix exprimées. En cas de partage des
voix, celle du président est prépondérante.

Les délibérations du CRCSF sont exécutoires après signature du PV


par les membres présents.

Les membres, représentants des employeurs et des salariés, sont


désignés pour un mandat renouvelable de 3 années. Le mandat des
représentants des employeurs est incompatible avec l’exercice d’activités
liées à la formation en cours d’emploi.

4.4 L’OFPPT

L’OFPPT est chargé des Unités de Gestion des CSF. A ce titre, il


assiste aux réunions des CRCSF et assure les fonctions suivantes :

• La préparation des dossiers à présenter à l’examen du CCCSF et des


CRCSF et notamment :
la réception des dossiers de demande de financement ;
la vérification de l’éligibilité des entreprises ;
le contrôle des données et informations constitutives des dossiers
de demande de financement des entreprises éligibles ;
L’analyse technique des demandes de financement et la
formulation d’un avis motivé sur la pertinence des études
d’ingénierie et des plans de formation présentés par les
entreprises. L’OFPPT adresse la note d’analyse des dossiers à
examiner, aux membres du CRCSF, 5 jours ouvrables avant la
tenue de la réunion.
la rédaction des procès-verbaux des réunions du CCCSF et des
CRCSF ;
• la notification aux entreprises des décisions des CRCSF ;

26
Le contrôle financier et son impact sur Ali MOUSSAOUI – MSP 2005/2006
le management et la bonne gouvernance
des Etablissements Publics
• la passation des contrats avec les entreprises sur la base des décisions
du CCCSF ou du CRCSF et leur liquidation ;
• le collationnement de l’état des engagements financiers au titre des
CSF;
• l’organisation du suivi des actions financées ;
• la tenue de la comptabilité des CSF.

L’ Unité de Gestion présente au CRCSF, dans le mois qui suit, une


situation consolidée des paiements effectués au profit des entreprises
bénéficiaires au cours du trimestre écoulé.

Par ailleurs, l’OFPPT est chargé d’une mission d’information des


possibilités offertes par les CSF auprès des entreprises.

5- Procédure de remboursement :

5-1 Participation de l’OFPPT :

La participation de l'OFPPT au financement des actions de formation


retenues par le Comité Technique tripartite peut atteindre :

• 70% à 80% maximum des frais d'étude pour l'élaboration du plan de


formation de l'Entreprise;
• 70% maximum des frais de formation réalisés dans le cadre d'un plan de
formation ;
• 40% maximum pour les actions de formation non planifiées ;
• 80% pour les actions d'alphabétisation pour un coût maximum de 2 000
DH par personne alphabétisée.

Le remboursement de la participation de l'OFPPT est effectué dans un


délai de 60 jours sur la base du montant fixé par le comité technique après
réception des pièces comptables justificatives.

La participation financière cumulée annuellement est déterminée dans les


conditions suivantes :

• Un coût de 800 DH au maximum par journée d'intervention pour


les formations intra réalisées par les salariés de l'entreprise ou d'une
entreprise du même groupe résidents au Maroc;
• 20.000 DH au maximum par personne et par année pour une
formation diplômante ou de longue durée ( plus de 30 jours) ;

27
Le contrôle financier et son impact sur Ali MOUSSAOUI – MSP 2005/2006
le management et la bonne gouvernance
des Etablissements Publics
• 20.000 DH en moyenne par salarié bénéficiaire et par année. Ce
montant peut être exceptionnellement dépassé si l'entreprise
présente des justifications acceptables par le CRCSF.
• Le montant maximum de 200.000 DH pour les entreprises dont la
contribution au titre de la TFP de l'année n-1 est inférieure à ce
montant ;
• Un montant maximum correspondant au montant de la TFP pour les
entreprises dont la contribution au titre de cette taxe de l'année n-1
est supérieure à 200.000 DH ;

5-2 Conditions de participation

Est retenue toute action de formation qui se caractérise par sa nature


spécifique et qui concerne :

• les actions d'études relatives à l'établissement de l'audit des besoins et des


plans de formation continue (ingénierie de formation).
• les techniques et moyens de production.
• les techniques de gestion de l'entreprise.
• l'apprentissage des langues vivantes,
• les actions en cours du soir, ainsi que celles ayant un caractère général
lorsqu'elles sont liées à la formation des agents de l'entreprise ou à son
activité.

5-3 Dossiers de participation

L'entreprise est tenue d'informer l'OFPPT par écrit avant le démarrage de


toute action au moins : 15 jours à l'avance pour toute action d'ingénierie de
formation 15 jours à l'avance, pour le démarrage d'un plan de formation 48
heures à l'avance pour les actions de formation non planifiées.

Le dossier de participation est constitué par:

• Une demande de participation selon le modèle fourni par l'OFPPT et qui


regroupe des renseignements généraux sur l'entreprise;
• Une copie des bordereaux de versement de la TFP à la CNSS
correspondant à l'année civile précédente (ou en cours pour les PME) ou
une attestation délivrée par la banque ou la CNSS
• La synthèse de l'étude stratégique réalisée pour les actions d'ingénierie de
formation;
• Une copie du plan de formation (contenu, durée, population concernée,
coût prévisionnel par action..)

28
Le contrôle financier et son impact sur Ali MOUSSAOUI – MSP 2005/2006
le management et la bonne gouvernance
des Etablissements Publics
• La fiche d'identification des actions de formation non planifiées

Ces imprimés disponibles dans les Directions Régionales (DR) de


l'OFPPT & la Direction Formation en Cours d'Emploi (DFCE/DCSF) doivent
être dûment remplis et retournés à la DR concernée.

Les actions relevant des CSF pouvant faire l'objet d'un financement
s'inscrivent dans l'une des catégories suivantes :

• Les actions d'ingénierie de formation


• Les actions de formation planifiées
• Les actions de formation non planifiées
• Les actions d'alphabétisation fonctionnelle
• Les programmes sectoriels de formation et les études d'ingénierie y
afférentes.

5-4 Procédures de gestion

5.4.1- Réception des dossiers :

La Direction Régionale de l'OFPPT doit s'assurer que chaque dossier de


participation est enregistré à l'arrivée (Secrétariat) dans un registre spécial,
domicilié auprès de l'entité chargée de la gestion des CSF. La date de réception
ainsi qu'un numéro d'arrivée doivent être portés sur chaque demande de
conclusion de contrat de formation. Aussi, elle doit s'assurer pour chaque dossier
de participation que l'entreprise a déposé un plan de formation ou un projet
d'intervention pour les actions d'ingénierie ou qu'elle a informé la DR du
démarrage des actions.

5.4.2-Etude des dossiers de participation

En général, l'étude portera sur :

• La vérification de l'éligibilité des entreprises;


• Le contrôle des données et informations constitutives des dossiers
• De demande de financement des entreprises éligibles.

5.4.2.1-Les actions d'ingénierie de formation

Une action d'ingénierie de formation consiste en une intervention qui a


pour objectif l'établissement d'un plan de formation pluriannuel pour l'entreprise
(globalement ou pour une tranche d'activité). Cette intervention peut
préalablement consister en un diagnostic des ressources humaines et complétée

29
Le contrôle financier et son impact sur Ali MOUSSAOUI – MSP 2005/2006
le management et la bonne gouvernance
des Etablissements Publics
par des évaluations de compétences. Pour les actions d'ingénierie, le dossier de
participation est constitué des documents suivants :

1. Une fiche de renseignements sur l'entreprise selon le modèle fourni par


l'OFPPT;
2. Une copie des bordereaux de versement de la TFP à la CNSS
correspondant à l'année civile précédente (ou en cours pour les PME) ou
une attestation délivrée par la Banque ou la CNSS;
3. Un document comprenant les données suivantes : Pour les entreprises
ayant bénéficié d'un concours d'un GIAC, synthèse de l'étude stratégique
réalisée;
• Les objectifs et résultats attendus de l'intervention d'ingénierie
sollicitée
• La proposition d'intervention (moyens et durée) du prestataire de
services
• Le coût prévisionnel de l'intervention.

5.4.2.2-Actions de formations planifiées

Une fiche de renseignements sur l'entreprise selon le modèle fourni par


l'OFPPT; Une copie des bordereaux de versement de la TFP à la CNSS
correspondant à l'année civile précédente ou une attestation en tenant lieu
délivrée par la Banque ou par la CNSS; Un document comprenant les données et
documents suivants :

1. Le rapport d'ingénierie (réalisé ou non dans le cadre des CSF) définissant


le plan de formation, objectifs, durée...
2. La programmation précise des actions de formation prévues dans le plan
de formation (contenu, durée, population concernée);
3. Le coût prévisionnel de chacune de ces actions de formation;
4. Le/Les organisme(s) de formation sollicité(s).

5.4.2.3-Les actions de formation non planifiées ou


d'alphabétisation

1. Une fiche de renseignements sur l'entreprise selon le modèle fourni par


l'OFPPT;
2. Une copie des bordereaux de versement de la TFP à la CNSS
correspondant à l'année civile précédente ou une attestation en tenant lieu
délivrée par la Banque ou la CNSS;
3. Un document comprenant les données suivantes:
4. La demande de participation financière;

30
Le contrôle financier et son impact sur Ali MOUSSAOUI – MSP 2005/2006
le management et la bonne gouvernance
des Etablissements Publics
5. Les fiches d'identification des actions de formation (objectifs, durée, liste
des participants, organismes de formation, coût).

5.4.2.4- Dossiers à soumettre au Comite regional des


CSF(CRCSF)

Le dossier à soumettre au CRCSF pour examen et approbation


comprend les documents suivants donnés en annexe :

• Un ordre du jour de la réunion;


• Un tableau de synthèse des demandes de participation;
• Un tableau d'analyse technique des actions d'ingénierie et de formation;
• Un tableau présentant l'état actualisé des engagements et réalisations au
titre du budget alloué aux CSF pour l'exercice concerné.

Par ailleurs, lors de la réunion du CRCSF, les représentants de la DR


auront en leur possession, en plus des documents ci-dessus :

• Le fond de dossier par entreprise constitué des fiches techniques et


diverses correspondances OFPPT/Entreprise ;
• Une note de présentation qui fait le point sur les réalisations ;
• L'état de suivi des contrats spéciaux de formation ;
• Les rapports ou notes d'information se rapportant aux résultats des études
des dossier ou des visites effectuées sur demande du CRCSF ou de la DR.

5.4.2.5-Examen et approbation des demandes

Les dossiers de demande de financement sont présentés pour


examen et approbation aux CRCSF dans un délai maximum de deux mois.
Les montants de la participation financière est calculé suivant les règles
définies ci-après (partie 3) et résumées dans les tableaux récapitulatifs
(partie 4) selon la catégorie d'entreprise (PMI/PME, secteur banque et
assurance), la nature de l'action, sur la base des dépenses engagées hors
taxes. A l'issue de chaque réunion du CRCSF, un procès verbal de la
réunion est rédigé par l'OFPPT et présenté pour approbation séance
tenante aux membres du CRCSF.

Une fois approuvé, des copies du procès-verbal doivent être


transmises immédiatement au Contrôleur Financier de l'OFPPT, et à la
Direction de la Formation en Cours d'Emploi et ce pour information.
Quant aux dossiers non approuvés par le Comité, une lettre précisant les

31
Le contrôle financier et son impact sur Ali MOUSSAOUI – MSP 2005/2006
le management et la bonne gouvernance
des Etablissements Publics
motifs du rejet, sera envoyée à l'entreprise concernée dans un délai
maximum d'une semaine.

5.4.3-Etablissement des contrats de formation

Chaque entreprise bénéficiaire signe un contrat avec la Direction


Régionale de l'OFPPT selon le modèle approuvé par le CCCSF. Le projet
de contrat est établi par la Direction Régionale de l'OFPPT qui le présente
au visa du représentant du Ministère des Finances. Ce contrat définit les
engagements de l'entreprise et le montant de la participation financière des
CSF.

Le contrat, établi en double exemplaire, est transmis à l'entreprise


concernée pour accord et visa dans un délai maximum de deux semaines.
L'entreprise retourne à la DR le contrat dûment visé et cacheté avec
apposition d'un timbre de 20 DH sur chaque page du document original.
Dans le cas où des compléments d'informations sont à apporter, les deux
exemplaires du contrat sont retournés à l'entreprise pour les compléter.
Les contrats dont le montant de la participation financière est inférieur ou
égal à 250.000 DH sont exemptés du visa du Contrôleur d’Etat.

5.4.4-Dossier de remboursement

Le remboursement de la participation financière s'effectue après


réception des documents suivants:

• Les pièces comptables justificatives des dépenses engagées pour la


réalisation des actions retenues (les copies de ces pièces doivent porter
le cachet de l'entreprise avec la mention "conforme à l'original"). Les
pièces non conformes et celles qui n'ont pas un lien direct avec l'action
de formation ne seront pas retenues.
• Un état récapitulatif des dépenses effectuées hors taxes (H.T.); Dès
réception de ces pièces, le dossier de remboursement doit être préparé et
adressé sous bordereau au fondé de pouvoir pour règlement, en lui
demandant de transmettre en retour une copie de l'ordre de virement
(OV) à la DR. Ce dossier de remboursement comprend: L'original du
contrat entre l'Office et l'entreprise; Un état récapitulatif des frais
d'ingénierie ou de formation; Les pièces comptables des dépenses
engagées.

32
Le contrôle financier et son impact sur Ali MOUSSAOUI – MSP 2005/2006
le management et la bonne gouvernance
des Etablissements Publics
5.4.5-Liquidation des dépenses

Au terme de la réalisation de l'action d'ingénierie ou de formation


prévue par le contrat de financement, chaque entreprise prépare un dossier
de remboursement défini ci-dessus, qu'elle adresse au Directeur Régional
qui en vérifie la recevabilité. La période entre la réception des demandes
de remboursement en règle par le Directeur Régional de l'OFPPT et le
remboursement à l'entreprise ne peut excéder une durée de deux (02)
mois.

Le Directeur Régional établit pour chaque entreprise concernée un


ordre de virement correspondant au montant contractuel de
remboursement des actions réalisées, financées au titre des CSF.

5.5- Contrôle de réalisation des actions de formation

La direction régionale de l'OFPPT déclenche le contrôle de la réalisation


de toute action de formation. Pour cela, elle saisit par écrit ou télex,
l'administration, qui est chargée d'effectuer ce contrôle.

Le service de recouvrement (Direction Financière et Comptable) de


l'OFPPT est chargée annuellement de vérifier que les entreprises bénéficiaires
des CSF, ont effectivement payé leur TFP, et ce avec la concertation de la
CNSS.

Les litiges ou les anomalies constatées lors des visites de contrôle ou lors
des recoupements avec la CNSS, sont transmis au Comité de Gestion de
l'OFPPT pour statuer sur les cas. Dans l'attente des décisions du Comité de
Gestion de l'OFPPT, les remboursements aux entreprises concernées sont
suspendus.

III- ANALALYSE CRITIQUE DE LA GESTION DU SYSTEME DES


SF :

Le système des contrats spéciaux de formation tel qu’il fonctionne


actuellement nécessite une mise à niveau globale de sa gestion du fait de
l’ampleur des anomalies et insuffisances constatées et qui font aujourd’hui
l’unanimité de l’ensemble des intervenants.

Ainsi, un manque de gouvernance suffisante et un contrôle financier


efficient et intelligent ont été le résultat d’un détournement important effectué

33
Le contrôle financier et son impact sur Ali MOUSSAOUI – MSP 2005/2006
le management et la bonne gouvernance
des Etablissements Publics
par 94 entreprises fictives et qui se sont toujours conformées (soit disant) aux
dispositions du manuel de procédures.

1) Un contrôle interne insuffisant

1.1 . Un manuel de procédure entaché de failles


Le manuel de procédures régissant le système des CSF ne répond pas aux
règles et aux normes qui peuvent sécuriser les deniers publics. Les règles
comptables exigées ne sont pas toujours respectées et la devise qui règne tout au
long du processus de remboursement est la souplesse.

Il faut ajouter certaines procédures contradictoires constatées ce qui laisse


possible toutes les voix d’interprétation.

1.2 . Non respect systématique des procédures :

Sous prétexte toujours de la souplesse, on a constaté aussi que le manuel


de procédure n’est pas respecté dans plusieurs cas. Ceci a donné lieu à la
présentation de dossiers avec manque de pièces nécessaires pour la vérification
suffisante de l’éligibilité : pièces permettant l’identification des sociétés et leurs
représentants légaux ou l’absence de formalité d’enregistrement et de timbrage
des contrats conclus entre l’OFPPT et ces entreprises.

1.3 . Non respect systématique du circuit d’acheminement des dossiers


des CSF :

Il s’agit d’un manque du contrôle interne ce qui a permet la présentation


de certain dossiers douteux soit au comité régional des CSF soit directement au
remboursement (actions non planifiées) sans vérification suffisante

2) Un contrôle externe dépassé

2.1. Vérification insuffisante de l’éligibilité des entreprises :

L’éligibilité des entreprises au financement que présente le système des


CSF doit être vérifié avant de présenter le dossier de participation au comité
régional pour traitement. Elle consiste en la vérification de l’existence de la
société et le paiement de la taxe de la formation professionnelle au titre de
l’exercice n-1. Cette vérification ne s’effectue pas d’une manière systématique

34
Le contrôle financier et son impact sur Ali MOUSSAOUI – MSP 2005/2006
le management et la bonne gouvernance
des Etablissements Publics
ce qui a donné lieu au glissement de plusieurs dossiers douteux appartenant à
des sociétés fictives.

2.2. Défaillance du contrôle de réalisation des actions :

Une insuffisante réside dans la faiblesse du contrôle physique de la


réalisation des cations de formation. Pire encore, cette vérification a concerné
les sociétés les plus structurés et sont connues sur le marché alors que certaines
sociétés non connues et qui présentent des demandes financement portant sur
des montants importants ne sont pas vérifiés !

2.3. Insuffisance et faiblesse du contrôle financier en aval :

Le contrôle financier appliqué au système des contrats spéciaux de


formation est très faible pour deux raisons : la première est imputé au manuel de
procédure qui présente des insuffisance en matière de règles comptables et de
contrôle de régularité du système. La deuxième est liée au nombre de dossiers
traités par l’agent chargé de contrôle financier sans structures suffisantes
(manque de moyens humains et matériels).

3) Des intervenants multiples

3.1. des responsabilités non clarifiées :

On constate aussi que le manuel de procédures des CSF ne définis pas


clairement les responsabilités de chaque intervenant notamment pour certaines
tâches très importantes tel que la vérification de l’éligibilité des sociétés et la
vérification physique de la réalisation des actions de formation.

3.2. Manque de coordination entre les organes :

Une autre insuffisante réside dans l’absence de coordination entre


l’OFPPT et le CRCSF notamment en matière d’instruction des dossiers et le
contrôle d’exécution ou à posteriori. Ce qui a permet de passer des dossiers sans
vérification préalable.

3.3. Faiblesse de moyens humains et matériels :

35
Le contrôle financier et son impact sur Ali MOUSSAOUI – MSP 2005/2006
le management et la bonne gouvernance
des Etablissements Publics
Les structures chargées du système (comité régional, unités de gestions et
contrôle physique et financier) souffrent d’un manque de moyens humains et
matériels leur permettant d’exercer dans des conditions convenables.

4) Un système d’information très faible :

4.1. Manque de base de données informatisée :

Les unités de gestion des CSF ne disposent pas de base de données qui
leurs permet de suivre le système et de vérifier au temps opportun les
informations financières, budgétaires et autres.

4.2. Manque de communication et d’information :

Le système souffre de manque de communication et d’information interne


(situations d’exécution, états budgétaires …) et externes (séminaires et
formation sur les CSF…)

4.3. Manque de coordination avec les partenaires :

La vérification de l’éligibilité des sociétés ne peut avoir lieu qu’à travers


un système d’information très développé et lié aux administrations concernées
(registre de commerce, OMPIC, CNSS…).

36
Le contrôle financier et son impact sur Ali MOUSSAOUI – MSP 2005/2006
le management et la bonne gouvernance
des Etablissements Publics
Un système CSF actuellement défaillant

Un contrôle interne insuffisant


Un contrôle externe dépassé
•Un manuel de procédure entaché de failles
•Vérification insuffisante de l’éligibilité des E/SES
•Non respect systématique des procédures
•Défaillance du contrôle de réalisation des actions
•Non respect systématique du circuit
•Insuffisance et faiblesse du contrôle financier en aval
d’acheminement des dossiers des CSF…

Un système d’information très faible


Des intervenants multiples
•Manque de base de donnée informatisée
•des responsabilités non clarifiées
•Manque de communication et d’information
•Manque de coordination entre les organes
•Manque de coordination avec les partenaires
•Faiblesse de moyens humains et matériels….

D’où la
nécessité d’améliorer
la bonne gouvernance
du système CSF

Pour remédier à ces insuffisante et améliorer la bonne gouvernance du


système des contrats spéciaux de formation et par conséquent améliorer les
conditions d’exercice du contrôle financier appliqué dans ce cadre, nous allons
proposer un projet d’organisation qui offre plus de sécurité et d’autonomie de
gestion. Il s’agit d’un projet de fondation dénommée « fondation de l’OFPPT
pour le contrôle les CSF »

IV- FONDATION DE L’OFPPT POUR LE CONTROLE DES CSF :

1. POURQUOI CREER CETTE FONDATION :

Le Maroc étant considéré comme en retard par rapport aux pays similaires
dans ce domaine. Les défis de la mondialisation, les accords de libre-échange et
la compétition acharnée sur les produits et les services rendaient urgente la mise
à niveau des ressources humaines.

De plus, de nombreuses études montraient qu’un des freins à


l’investissement direct étranger résidait dans le manque de qualification de la
main-d’œuvre et des techniciens.

37
Le contrôle financier et son impact sur Ali MOUSSAOUI – MSP 2005/2006
le management et la bonne gouvernance
des Etablissements Publics
C’est pour ces raisons que le développement de la formation continue est
une condition sine qua none pour la mise à niveau des qualifications du
personnel des entreprises. Pour cela les des mesures incitatives tel que le
remboursement des contrats spéciaux de formation sont nécessaire.

Cependant, pour permettre à toutes les entreprises assujetties à la taxe de


la formation professionnelle de bénéficier de ce système, une structure bien
organisée qui sera chargé de la gestion et le contrôle du système est
indispensable.

La structure de la fondation doit permettre de tirer profit du savoir-faire et


de la capacité décisionnelle. Elle a un pouvoir indépendant et peut développer
par conséquent une expérience et une connaissance directes des enjeux.

La fondation doit disposer d'un financement propre de sorte qu'elle puisse


jouir de la stabilité financière requise pour fonctionner convenablement à
moyen et à long terme.

2. OBJECTIFS DE LA FONDATION :

La Fondation de l’OFPPT pour le contrôle des CSF est une structure chargée
de remboursement des contrats spéciaux de formation ayant les objectifs
suivants :

- soutenir le développement de la formation continue du personnel des


entreprises marocaines pour "créer une main d'oeuvre qualifiée et
compétitive, laquelle représente la stratégie la plus efficace dans la lutte
contre le chômage et l'exclusion sociale": définition des besoins en
compétences et en formation, des priorités en matière de systèmes
d'enseignement et de formation professionnelle.;
- contribuer à la coordination et à l'évaluation de l'assistance fournie par
l'Etat aux entreprises par la mutualisation de la TFP;
- apporter l'assistance technique nécessaire à la mise en oeuvre des plans de
formation et d’ingénierie ;
- encourager les GIAC et les formations sectorielles par une assistance
soutenue et un suivi financier permanent ;
- contribuer à la restructuration du secteur de la formation continue au Maroc
à travers le système d’agrément des cabinets de formation et la
normalisation des coûts journaliers par module de formation ;
- offrir un service de qualité afin de toucher le maximum des entreprises
notamment les PME-PMI marocaines.

38
Le contrôle financier et son impact sur Ali MOUSSAOUI – MSP 2005/2006
le management et la bonne gouvernance
des Etablissements Publics
- Diffuser les informations et la promotion des échanges d'expériences
(publications, réunions, séminaires...).
- Assister les instances compétentes pour ce qui concerne la préparation et
l'organisation des procédures de remboursement et le contrôle de réalisation
de formation ainsi que le suivi des contrats et le paiement des
participations de l’OFPPT.

3. FONCTIONNEMENT DE LA FONDATION :

La fondation de l’OFPPT pour le contrôle des CSF est une structure


indépendante et autonome. Il aura un budget annuel qui émarge du budget de
l’OFPPT.
a) Les moyens humains :
La fondation doit être doté de moyens humains suffisant pour son
fonctionnement normal. Elle doit disposer de plusieurs cadres
spécialisés en ingénierie de formation pour l’étude et l’assistance
technique, de cadres et agents administratifs pour la gestion courante.
Ainsi, l’organigramme de la fondation sera comme suit :

DIRECTEUR

CELLULE CELLULE
PARTICIPATION REMBOURCEMENT

ETUDE INGENIEIRE RECEPTION

COMITE REGIONAL TRAITEMENT

CONTROLE PHYSIQUE CONTROLE FINANCIER

• Le Directeur : c’est le directeur de la DFCE de l’OFPPT qui sera


chargé de la direction de la fondation au niveau central
(Casablanca) assisté par les directeurs régionaux au niveau
régional. Sa mission sera la coordination avec les autres instances

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Le contrôle financier et son impact sur Ali MOUSSAOUI – MSP 2005/2006
le management et la bonne gouvernance
des Etablissements Publics
(CA, COMITE DE GESTION et CCSCF) et la gestion de la
fondation.

• Division de la participation : elle aura comme tâches :


- la réception des dossiers de participation (guichet 1)
- la vérification de l’éligibilité des entreprises, la
préparation des réunions de comité régional et
l’établissement des contrats de formation (service)
- l’étude et examen de plan de formation et les plans
d’ingénierie (service)
- le suivi des plans GIAC et les formations sectorielles
(service)

• Division remboursement : dont les principales sont les suivantes :


- La réception de dossiers de remboursement (pièces
justificatives) ; ce guichet sera géré par un Fondé de
pouvoir nommé par le Ministère des Finance (guichet
2)
- La vérification des dossiers de paiement et la
préparation des ordres de paiement et les virements
(service)

• Division contrôle : il s’agit là de deux services quasiment


indépendants :
- le contrôle physique des réalisations dirigé par le
secrétariat d’Etat chargé de la formation
professionnelle
- le contrôle financier des dossiers avant remboursement
exercé par le ministère des finances par le biais du
Trésorier Payeur.

b) Les moyens matériels et techniques:


La fondation doit disposer de moyens matériel et technique lui
permettant un fonctionnement normal et continu. A cet effet, il est
indispensable de mettre à sa disposition :
• des locaux modernes bien aménagés et qui répondent aux normes
de travail de qualité,
• le matériel technique suffisant (ordinateurs, bureaux …),
• les applications informatiques avec toutes les liaisons réseaux
nécessaires avec les services extérieurs et les administrations

40
Le contrôle financier et son impact sur Ali MOUSSAOUI – MSP 2005/2006
le management et la bonne gouvernance
des Etablissements Publics
(CNSS, OMPIC, Registre de commerce…) pour assurer le bon
fonctionnement de la fondation.

c) Les moyens financiers:


La fondation sera financé par un budget délégué et viré à partir du
budget de fonctionnement de l’OFPPT (rubrique : CSF) sous forme
d’un programme d’emploi annuel. Ce budget doit couvrir les frais de
fonctionnement et de gestion de la fondation ainsi que les dépenses
d’investissement nécessaire pour la bonne marche de la fondation.

d) Les relations externes:


La mission de la fondation ne peut être accomplie que si des relations
de partenariat avec des administrations et des institutions externes ne
soient établies. Ces relations doivent permettre à la fondation de
contrôler les dossiers de participation et de remboursement à partir
des bases de données mis à jour et actualisées tel que les bases de
données de la CNSS et l’OMPIC.

4. COMMENT LA FONDATION REND COMPTE DE SES


ACTIVITES ?

La fondation rend compte de ses activités au comité central des contrats


spéciaux de formation et au comité de gestion de l’OFPPT. La fondation rend
compte au comité central des CSF de l'utilisation des crédits versés par
l’OFPPT.

Les dispositions régissant les rapports publics de la fondation sont les


suivantes :

La fondation doit fournir des renseignements aux partenaires.


La fondation doit établir des rapports périodiques qui tracent l’exécution
budgétaire, l’état des remboursements, les contrôles physiques
effectués …
Le comité de gestion doit nommer un cabinet d’audit indépendant pour
vérifier les états financiers de la fondation, d’après les principes
comptables généralement reconnus.

41
Le contrôle financier et son impact sur Ali MOUSSAOUI – MSP 2005/2006
le management et la bonne gouvernance
des Etablissements Publics
5. LE CONTROLE FINANCIER EXERCE PAR LA FONDATION

5-1 Missions :

C’est un service rattaché administrativement au ministère des finances.


Il assume les tâches prévues par la loi 69-00 sur le contrôle financier et le
décret de la comptabilité publique et conformément à la réglementation en
vigueur.

Ainsi, le service chargé de contrôle financier doit :


• Veiller d'une manière générale à ce que le remboursement
effectué par la fondation soit bien conforme aux dispositions du
manuel de procédure,
• s'assurer que leur liquidation s'opère conformément aux
dispositions légales et réglementaires,
• S’assurer du respect du manuel de procédure des CSF,
• Exercer un contrôle de régularité au sens de la loi 69-00 et aux
règles comptables et budgétaires,
• Tenir les livres comptable, de trésorerie et budgétaire exigé par la
réglementation,
• Tenir informer la hiérarchie périodiquement sur l’exécution
budgétaire et l’état de remboursement ainsi qu’éventuellement de
problèmes et difficultés.

5-2 Pouvoirs du service :

Dans l'accomplissement de ses tâches, ce service dispose des pouvoirs les


plus étendus. Elle peut notamment :

a) accéder à tous les livres, registres, rapports, procès-verbaux, documents


et correspondance de la fondation et se les faire remettre;

b) procéder à tous contrôles, tant réguliers qu'inopinés;

c) édicter, lorsqu'elle l'estime utile, des propositions procédurales, de


portée générale ou particulière, concernant les CSF ;

e) se faire communiquer tous les règlements ou décisions adoptés par les


organes de la fondation ou certains de ces règlements ou décisions;

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Le contrôle financier et son impact sur Ali MOUSSAOUI – MSP 2005/2006
le management et la bonne gouvernance
des Etablissements Publics
6. LES AMELIORATIONS APPORTEES PAR LA FONDATION :

6-1 au niveau de la gestion :

La création de cette fondation va permettre une restructuration de l’unité


de gestion des CSF et par conséquent une amélioration du système
d’information et la mise en place d’un espace d’accueil et de communication
professionnels au services des entreprises bénéficiaires du remboursement CSF.

6-2 au niveau de procédures :

Une revue juridique des dispositions du manuel de procédures est


indispensable afin de simplifier les procédures et réduire les délais de
remboursement. Cette amélioration va permettre l’élaboration d’un manuel de
procédures plus adapté et plus verrouillé pour éviter tout dérapage ou
détournement de fonds publics.

6-3 au niveau de contrôle :

Les améliorations apportées par la FOCCSF en matière de contrôle vont


permettre d’effectuer un contrôle d’éligibilité en aval très fiable et instaurer par
conséquent un système d’information préventif ce qui va faciliter de constituer
une base de données sur les entreprises qui bénéficient du système CSF et un
agrément des opérateurs de formation.

La création de la FOCCSF va permettre d’organiser le contrôle physique


de réalisation des actions de formations et de le rendre efficace ainsi que
l’amélioration du contrôle interne et le contrôle financier qui doit être plus
souple, efficient et participatif.

V- LES CONDITIONS POUR LA BONNE GOUVERNANCE DE LA


FOCCSF:

Une gouvernance éclairée et transparente de la fondation de l’OFPPT


pour le contrôle des CSF accroît la confiance des entreprises et le
développement de la formation continue au Maroc et par conséquent une mise à
niveau des compétences humaines du tissu économique national.

43
Le contrôle financier et son impact sur Ali MOUSSAOUI – MSP 2005/2006
le management et la bonne gouvernance
des Etablissements Publics
Il résulte d'une bonne gouvernance une structure plus solide se
démarquant par son ouverture d'esprit et son sens de la responsabilité, qui est
davantage en mesure de composer avec le changement, d'enrichir les prestations
offertes aux entreprises et d'éviter les crises internes.

Ainsi, les conditions sine qua none pour la mise en place d’une bonne
gouvernance de la fondation sont :

Les principes de bonne gouvernance du SCSF (1)

Évaluation du système Transparence et Mise en place des


et adaptation diffusion de fondements d’un
permanente aux l’information système efficace des
changements. CSF

la transparence
Garantir la diffusion en
temps opportun
Audit et évaluation d’informations exactes
systématique sur les procédures L’efficience des
procédures

Actualisation des Mettre à la disposition


des unités de gestion la définition des
procédures et des textes responsabilités des
l’ensemble d’information
budgétaire et financière instances compétentes
en matière de
Célérité de réaction et surveillance, de
d’adaptation Développer un système
d’information interne et réglementation et
externe au profit des d’application des
entreprises bénéficiaires textes.
du système CSF

1- Évaluation du système et adaptation permanente aux changements :

La fondation doit disposer d’un système d’auto évaluation qui lui


permet de s’adapter aux changements et d’être réactive aux aléas et aux
risques éventuels de dérapage de gestion ou de fausse manipulation. Il
s’agit essentiellement de développer un système qui permet :

• Audit et évaluation systématique interne pour plus d’amélioration


• Actualisation des procédures et des textes
• Célérité de réaction et d’adaptation aux changements et aux risques
éventuels.

2- Transparence et diffusion de l’information :

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Le contrôle financier et son impact sur Ali MOUSSAOUI – MSP 2005/2006
le management et la bonne gouvernance
des Etablissements Publics
La fondation doit développer un environnement de transparence et
mettre en œuvre, en interne comme vers l’extérieur, une communication
simple, ouverte et dynamique.

Les actions suivantes sont nécessaires par conséquent pour un


système performant de management de l’information cible et crédible :

• Garantir la diffusion en temps opportun d’informations exactes sur


les procédures
• Mettre à la disposition des unités de gestion l’ensemble
d’information budgétaire et financière
• Développer un système d’information interne et externe au profit des
entreprises bénéficiaires du système CSF

3- Mise en place des fondements d’un système efficace des CSF :

La mise en place de ce système va permettre de prendre au sérieux


les préoccupations exprimées par les entreprises et de discuter des erreurs
et des propositions d’amélioration, et prendre les mesures d’amélioration
de manière systématique.

La FOCCSF doit fonder ainsi son action sur un système de


management par la qualité et mettre sur pied régulièrement des audits afin
de l’optimiser basé sur :

• la transparence
• L’efficience des procédures
• la définition des responsabilités des instances compétentes
• la surveillance, l’application de la réglementation et des textes.

45
Le contrôle financier et son impact sur Ali MOUSSAOUI – MSP 2005/2006
le management et la bonne gouvernance
des Etablissements Publics
Les principes de bonne gouvernance du SCSF (2)

Responsabilités Sécurité et Droits des intervenants


et protection de deniers
des unités de Contrôle publics.
gestion

Protéger les
Contrôle financier intervenants
efficace, efficient et
Pilotage stratégique du intelligent
système CSF Faciliter l’exercice des
missions
Contrôle physique et sur
Surveillance effective de place de réalisation Sécuriser les
la gestion sélectif et inopiné procédures de
paiements

Responsabilité et Contrôle interne actif,


loyauté des unités de indépendant et attentif
gestion vis-à-vis des basé sur le conseil et
partenaires (Patronat, l’amélioration des
syndicat, Etat) procédures

4- Responsabilités des unités de gestion :

La FOCCSF doit développer des relations professionnelles fondées


sur le respect et la confiance mutuelle et fixer des objectifs en pratiquant
une communication ouverte en vue de promouvoir

• Un pilotage stratégique du système CSF


• Une surveillance effective de la gestion
• Une responsabilité et loyauté des unités de gestion vis-à-vis des
partenaires (Patronat, syndicat, Etat)

6- Sécurité et Contrôle :
C’est la mission principale de la FOCCSF et qui consiste à mettre en
place :

• Contrôle financier efficace, efficient et intelligent


• Contrôle physique et sur place de réalisation sélectif et inopiné
• Contrôle interne actif, indépendant et attentif basé sur le conseil et
l’amélioration des procédures

46
Le contrôle financier et son impact sur Ali MOUSSAOUI – MSP 2005/2006
le management et la bonne gouvernance
des Etablissements Publics
7- Droits des intervenants et protection de deniers publics :

La dernière condition pour une bonne gouvernance de la fondation de


l’OFPPT pour le contrôle financier des CSF consiste en la définition claire et
simple des mesures adéquates pour :

• Protéger les intervenants


• Faciliter l’exercice des missions
• Sécuriser les procédures de paiements

VI- LE CONTROLE FINANCIER AU SERVICE DE LA BONNE


GOUVERNANCE DE LA FOCCSF :
Ce contrôle vise à assurer une bonne application de la réglementation et
des procédures en matière financière et consiste en des vérifications
systématiques et permanentes intégrées dans le système d'exécution de la
dépense imputée sur le budget CSF. Les principales missions de ce contrôle
sont :
• la conformité aux lois et règlements en vigueur ;
• la protection du patrimoine et des deniers publics ;
• la prévention et la détection des erreurs et des fraudes ;
• la fourniture d'informations financières fiables.

Le contrôle financier appliqué aux CSF est un contrôle à priori et par


conséquent de régularité. Il est exercé par le Trésorier Payeur nommé par le
Ministère des Finances et de la Privatisation auprès de l’OFPPT. Il dispose de
tout les moyens humains et matériels nécessaires pour accomplir sa mission
conformément à la réglementation en vigueur.

Le contrôle exercé par le Trésorier Payeur doit contribuer à la mise en


place de la bonne gouvernance de la fondation de l’OFPPT pour le contrôle
financier des CSF. Pour ce faire, ce contrôle doit être efficient, souple et
intelligent et le Trésorier Payeur doit être considéré alors comme un conseiller
privilégié permanent du directeur de la Fondation en matière financière et
comptable.

L'application à la FOCCSF des règles du contrôle financier donne la


possibilité d'apprécier l'activité de la fondation, en la rapportant à la mission qui
leur est confiée et aux moyens qui leur sont attribués, ou en la comparant à celle
d'autres entités.

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Le contrôle financier et son impact sur Ali MOUSSAOUI – MSP 2005/2006
le management et la bonne gouvernance
des Etablissements Publics
La tenue de la comptabilité permet de nourrir un système d'informations
indispensables à la prise de décision des responsables de la fondation et des
partenaires extérieurs.

Confiée au Trésorier Payeur, cette mission de conseiller revêt autant


d'importance que sa relation avec l'ordonnateur (le directeur de la fondation)
dans son rôle plus traditionnel de payeur et caissier. Son action dans ce domaine
ne se réduit pas à la passation des écritures, ni à la confection du compte
financier, elle s'étend à l'analyse des comptes, la proposition des solutions et
l’amélioration de procédures.

En matière de conseil financier, le Trésorier Payeur recouvre trois


démarches complémentaires :

• La contribution permanente à la vie de la fondation L'analyse financière


constitue également un instrument d'aide à la décision indispensable à la
gestion de la fondation, qui dispose de l'autonomie financière.
• La concertation et le conseil en matière d’amélioration de procédures pour
plus de souplesse.
• le commentaire systématique des comptes et le suivi budgétaire. Les
commentaires doivent porter sur la recherche et l'interprétation des
informations comptables, et l'appréciation de la situation financière de la
fondation. Le commentaire de l'état de la trésorerie, dont la
communication à l'ordonnateur doit être de périodicité fréquente,
constitue un moyen commode d'exercice de cette mission. Le suivi
budgétaire permet le respect réglementaire de la discipline comptable des
budgets.

Par ailleurs, l'intervention du trésorier payeur en amont des décisions


permet fréquemment de suggérer et le plus souvent de préparer la procédure
financière adaptée, et évitera ainsi les éventuelles difficultés révélées au stade du
paiement.

La mission de conseiller doit être exercée avec discernement et mesure,


car le trésorier payeur doit à tout moment savoir à quel titre il intervient auprès
du directeur de manière à ce que cette mission de conseil n'interfère pas avec ses
attributions de comptable public :

• lorsqu'il agit en tant que conseiller de l'ordonnateur, le trésorier payeur est


appelé à donner son avis sur le projet envisagé par le directeur et peut
employer des arguments d'opportunité financière.
• son avis, bien entendu, ne lie pas la décision de l'ordonnateur.

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Le contrôle financier et son impact sur Ali MOUSSAOUI – MSP 2005/2006
le management et la bonne gouvernance
des Etablissements Publics
• en revanche, lorsqu'il exerce les contrôles de régularité qui lui incombent
en tant que comptable public, le trésorier payeur se doit d'exclure toute
appréciation de l'opportunité des actes de dépenses.
• dans l'exercice de ces fonctions, s'il s'avère que le trésorier payeur refuse
de procéder à l'encaissement ou au paiement du titre émis par
l'ordonnateur, son refus doit se fonder sur une irrégularité juridique et
s'impose alors à l'ordonnateur

VII-LA CHARTE DE LA FOCCSF :

1- Préambule :

La Fondation s'engage à offrir aux usagers qu'elle accueille les moyens


adaptés en terme d'organisation, de compétence, de qualité de l'accueil et de
conformité des lieux, permettant de promouvoir le développement de la
formation professionnelle au Maroc.

La Charte de bonne gestion a pour objectif de garantir les droits


fondamentaux d’une bonne gouvernance et la protection de deniers publics. Elle
vise à rendre les procédures de remboursement en matière des CSF plus souples
et le contrôle financier plus efficient et intelligent.

Les références éthiques et les principes méthodologiques énoncés à tous


les professionnels doivent offrir compétence et qualité des prestations aux
entreprises tout au long de processus de remboursement ainsi qu’une valeur
d’accueil de qualité.

2- Références éthiques :

• Dignité : L’entreprise est accueillie et accompagnée dans le respect


de son identité physique, morale, affective et professionnelle.
• Droits des entreprises : l’entreprise bénéficie d'un droit de parole et
d'écoute. Ce droit concourt à la qualité relationnelle et à la
reconnaissance de l’entreprise en général. La qualité de l'organisation
et de l'aménagement de la fondation et ses services soutient la mise

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Le contrôle financier et son impact sur Ali MOUSSAOUI – MSP 2005/2006
le management et la bonne gouvernance
des Etablissements Publics
en œuvre d'un accueil dans lequel l'usager est placé au centre du
dispositif.
• Devoir d'information : La Fondation a un devoir d'information
envers les entreprises sur le contenu du manuel de procédure et les
modalités de son application ainsi que sur les procédures
réglementaire de prise en charge de leurs dossiers de remboursement.
Ces règles doivent être écrites et portées à la connaissance des
entreprises dans une volonté de transparence. La Fondation doit
mettre à la disposition du public toutes les informations comptables
usuelles ainsi qu'un rapport d'activité mis à jour au moins sur une
base annuelle. La Fondation accepte d'office de rendre des comptes
sur ses activités en toute transparence à toute autorité légitime
(Ministères de tutelle, organes de contrôle ainsi que la Cour des
Comptes.

3- Protection et sécurité du système :

La Fondation s'engage à garantir la sécurité du système et veille à la


protection de deniers publics et ce à travers la multiplication du contrôle et de
vérification. Ainsi, La prévention contre les risques constitue une obligation
professionnelle applicable à l'ensemble du personnel de la fondation.

4- Confidentialité

Tout le personnel de la fondation est tenu au devoir de secret


professionnel et au respect du règlement interne du travail.

5- Traitement individualisé

L’entreprise doit être reconnue comme un partenaire privilégié et par


conséquent doit bénéficier d’un traitement spécial lui permettant le
remboursement que le système CSF offre. Ceci implique la constitution d'un
partenariat avec lequel la fondation ou le service concerné par la prestation
communique et met en place toutes les informations en réseau et à la
disponibilité de cette entreprise.

6- Relation contractuelle

L'accompagnement de l’entreprise accueillie se fonde sur un engagement


volontaire et réciproque entre la FOCCSF et l’entreprise pour l'élaboration d'une
relation de confiance indispensable entre les deux parties.

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Le contrôle financier et son impact sur Ali MOUSSAOUI – MSP 2005/2006
le management et la bonne gouvernance
des Etablissements Publics
Cette relation est formalisée par le contrat de participation signé par la
FOCCSF et l’entreprise (son représentant légal). Ce contrat décrit les modalités
et le cadre réglementaire ainsi que les aspects financiers et procédurale de
remboursement.

7- Citoyenneté et responsabilisation

La citoyenneté s'organise à partir d'un engagement réciproque permettant


dès l'accueil, à la FOCCSF et l'entreprise de contractualiser l’accord de
participation de l’OFPPT.

Les textes législatifs en vigueur et les documents internes propres au CSF


définissent les droits et devoirs de chacune des deux parties.

La Fondation de l’OFPPT pour le Contrôle des CSF s'engage à valoriser


cette citoyenneté, par :

• L’information régulière
• la mise en œuvre d'une concertation permanente entre les entreprises et la
fondation
• La mise à disposition des documents exposant le règlement, les missions
et objectifs de la FOCCSF.

8- Devoir moral

La Fondation doit être une force de propositions capables de répondre aux


attentes des partenaires, législateur et de ses Ministères de tutelle en matière de
remboursement des CSF et le développement de la formation continue.

9- Gestion de la trésorerie

La trésorerie de la Fondation doit être gérée en bon père de famille. En aucun


cas sa gestion ne peut être déléguée à un prestataire extérieur à la Fondation.
Aucun mandat de gestion de portefeuille ne peut être confié à un tiers.

51
Le contrôle financier et son impact sur Ali MOUSSAOUI – MSP 2005/2006
le management et la bonne gouvernance
des Etablissements Publics
CONCLUSION

Instaurer la bonne gouvernance dans le domaine public est donc une


préoccupation des pouvoirs publics au niveau national en vue de généraliser et
améliorer la performance du service public. Ainsi, parmi les indicateurs de la
bonne gouvernance du service public on peut citer la pertinence du contrôle
financier dont la vocation essentielle est la protection des deniers de l’Etat. Ce
contrôle doit être efficace et ses aspects préventif et pédagogique devraient
l’emporter sur son aspect curatif et répressif

Pour ce faire, trois actions prioritaires s'imposent :


• Un meilleur choix des hommes et femmes chargés non seulement
d'animer le contrôle des ressources, mais également au niveau des
différentes fonctions de management;
• Des moyens matériels suffisants pour permettre à l'Administration de se
moderniser ;
• Une culture de transparence basée sur l'accès à l'information.

Le contrôle tel qu’il se pratique actuellement ne répond pas aux attentes


des gestionnaires qui cherchent plus de liberté d’action et un allégement de ce
contrôle.

C’est pour cette raison qu’il faut aller vers un contrôle moderne, aller
vers des notions d'efficacité plutôt que de s'en tenir à des notions de contrôle
formel.

Le contrôle devra assumer de plus en plus un rôle de partenaire dans


l'accomplissement de l'ouvrage public.

Il est nécessaire d'aller vers la confirmation, la clarification et la


délimitation des responsabilités des entités engagées dans le processus de la
dépense publique que ce soit les ordonnateurs, les contrôleurs, les comptables,
les instances dirigeantes des entreprises publiques, etc... Plus de
responsabilisation permettra moins et mieux de contrôle.

Appliquer cette nouvelle image de contrôle au système des contrats


spéciaux de formation de l’OFPPT par la création d’une fondation dédié au
contrôle des CSF est par conséquent une mesure d’amélioration de la bonne

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Le contrôle financier et son impact sur Ali MOUSSAOUI – MSP 2005/2006
le management et la bonne gouvernance
des Etablissements Publics
gouvernance du système de l’OFPPT et une action primordiale pour offrir un
service public aux entreprises plus performant et de qualité.

Il va permettre aussi d’assurer une gestion optimale du système CSF et


participer activement dans la promotion de celui-ci pour qu’il devienne un outil
de développement des compétences des entreprises.

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Le contrôle financier et son impact sur Ali MOUSSAOUI – MSP 2005/2006
le management et la bonne gouvernance
des Etablissements Publics
BIBLOIGRAPHIE

OUVRAGES, ARTICLES ET PUBLICATIONS :

• Dahir n° 1-03-195 du 16 ramadan 1424 (11


novembre 2003) portant promulgation de la loi n°
69-00 relative au contrôle financier de l'Etat sur les
entreprises publiques et autres organismes.

• Le manuel de procédures relatif au CSF


OFPPT 2002

• Déclaration sur la Gouvernance à la BEI


Banque européenne d’investissement
17 Septembre 2004 page 1 / 4

• Gouvernance d'entreprise : Dis moi combien tu


gagnes
Article paru dans Domaine Public
No 1592 du 20.02.2004
Dépraz Alex

• Comment peut-on gérer sans budget ?


Nicolas Berland

• Mesurer et piloter la performance


Nicolas Berland
Editions de la performance

• La modernisation du secteur public :moderner


l’emploi public
Synthèses OCDE
Septembre 2004

• Principes de gouvernement de l’entreprise de l’OCDE


OCDE 2004
LES ÉDITIONS DE L’OCDE

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• Vers une meilleure gouvernance au Moyen-Orient et
en Afrique du Nord.
Banque Mondiale 2003

• Contrôle des ressources publiques (article)


M ; Abdelilah BEBRAHIM

• Le contrôle de la dépense publique(article)


M.Mohamed MOUMEN

WEBOGRAPHIE

• www.ofppt.org.ma
• www.finances.gov.ma
• www.finances.gouv.fr
• www.ocde.com
• www.wordlbank.org
• www.artemis.ma.url

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LISTE DES SIGLES

CNSS : Caisse Nationale de Sécurité Sociale


CCCSF : Comité central des contrats spéciaux de formation
CRCSF : Comité régional des contrats spéciaux de formation
CSF : Contrats Spéciaux de Formation
FOCCSF : Fondation de l’OFPPT pour le contrôle des CSF
GIAC : Groupements Interprofessionnels d’Aide au Conseil
OFPPT : Office de la Formation Professionnelle et de la Promotion du Travail
TFP : Taxe sur la Formation Professionnelle

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