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En Médecine

Traiter la fièvre avec de l’eau

Par le Dr Mohammed Nizar AL-DAKR

D’après Ibn Omar (que Dieu les agrée), le


prophète (PBSL) a dit : « la fièvre est une bouffée de chaleur
de l’enfer, faites-la disparaître avec de l’eau », hadith rapporté
par les deux Imam.

D’après Fatima Bent Al-Monzer ; quand on amène une femme


fébrile à Asma Bent Abi-Bakr, elle lui répand de l’eau sur le
front et dit : « le prophète (PBSL) nous demandait de la
rafraîchir avec de l’eau »1

Selon Rafé Ibn Khadij, le prophète (PBSL) a dit : « la fièvre est


une bouffée de chaleur de l’enfer, rafraîchissez-la avec de
l’eau»2

Selon Abi Jamra Nasr Ibn Imran ; j’accompagnait Ibn Abbas


quand je suis trouvé atteint de fièvre, alors, il m’a conseillé de
la faire baisser avec de l’eau bénite de Zamzam car le prophète
(PBSL) avait dit : « la fièvre est une bouffée de chaleur de
l’enfer, faites-la baisser avec de l’eau – ou peut-être a-t-il dit :
avec de l’eau de Zamzam», rapporté par Al-Boukhari.

D’après Samra (que Dieu l’agrée) ; le prophète (PBSL) a dit : «


la fièvre est un tison de feu, éteignez-la avec de l’eau fraîche
», et le prophète (PBSL), en cas de fièvre, répand de l’eau sur
sa tête, et il se lave.3

D’après Anas Ibn Malek (que Dieu l’agrée), le prophète (PBSL)


a dit : « si la fièvre s’empare de l’un parmi vous, qu’il se lave
continuellement avec de l’eau, (dans une autre version : qu’il
se lave de temps en temps) pendant trois jours ».4

Ibn Hajar a dit : (une bouffée de chaleur de l’enfer signifie son


état torride et caniculaire, et cette ressemblance à l’enfer a été
expliquée de maintes façons par les savants ; certains
croyaient que c’est une assimilation au sens propre car le sujet
fébrile se sent brûlé par un tison de feu, et le Bon Dieu a fait
d’elle une épreuve pour que les serviteurs en tirent des leçons,
exactement comme le plaisir et la joie qui font partie de la
jouissance du paradis, et ils ne sont que des épreuves ici-bas.
D’autres savants disaient que c’est plutôt au bien acquis [par
la fièvre que le prophète (PBSL) a fait allusion], or, la chaleur
de la fièvre est comparée à celle de l’enfer au sens figuré, pour
attirer l’attention sur son état caniculaire, et que cette chaleur
est presque comme l’enfer qui n’épargne pas quiconque s’en
approche).

De sa part, Ibn Al-Kaïem considère que : (le propos du


prophète (PBSL) visait les habitants d’Al-Hijaz et son
entourage, car ils s’étaient trouvés la plupart du temps frappés
par la fièvre occasionnelle et consécutive provoquée par l’excès
de chaleur, et celle-ci exige l’hydratation avec l’eau fraîche ;
boire ou se laver. La fièvre s’apaise quand le patient fébrile
boit ou se lave avec de l’eau fraîche. Il se peut également que
le terme de la fièvre soit pris dans un sens plus large pour
désigner toute sorte de fièvre, Galien voyait que l’eau fraîche
pourrait faire baisser la fièvre). (… quant à « l’eau », il y avait
deux avis : l’un en voit l’eau quelle que soit sa source, et celui-
ci est le vrai, l’autre se penche vers l’eau de Zamzam en se
référant à la version d’Al-Boukhari, d’après Abi Jamra qui a
entendu Ibn Abbas rapporter que le prophète (PBSL) a dit :
faites-la baisser avec de l’eau – ou peut-être a-t-il dit : avec de
l’eau de Zamzam. Mais le rapporteur de ce hadith était
sceptique quant à son exactitude, et s’il en était sûr, il viserait
les habitants d’Al-hyjaz seulement puisque l’eau de Zamzam
était à leur portée).

Al-Nassimi dit : (le fait de désigner l’eau de Zamzam n’est pas


obligatoire, mais quand elle est là, son utilisation aura des
effets avantageux aussi bien pour l’âme que pour le corps).

Al-Kahhal Ibn Tarkhan dit : (quant à son propos (PBSL) : « la


fièvre est une bouffée de chaleur de l’enfer, faites-la baisser
avec de l’eau », il signifie apparemment toute sorte de fièvre
sauf celle causée par un coup de soleil, car elle était fréquente
chez les habitants d’Al-Hyjaz, mais pour les autres fièvres,
l’eau de Zamzam n’est pas obligatoire).

Le Dr Mohammed Ali Al-Bar confirme la théorie d’Al-Kahhal :


(c’est tout à fait juste où les pèlerins sont victimes de coups de
soleil, et le traitement des patients consiste à les installer à
l’ombre, les bassiner, voire les asperger avec l’eau froide pour
faire baisser la température du corps. Dans les cas les moins
graves, il faut faire boire aux patients de l’eau fraîche petit à
petit, et leur arroser la tête). L’utilisation des compresses d’eau
froide est importante aussi, et il est recommandé d’ajouter du
sel aux boissons fraîches.

En fait, le rafraîchissement avec de l’eau est utile pour soigner


toute fièvre infectieuse, et comme Al-Nassimi le confirme, le
prophète (PBSL) ne visait seulement pas le coup de chaleur,
mais il a bien conseillé d’utiliser l’eau froide pour la fièvre ;
l’abaisser et atténuer de ses risques, sans qu’il en précise une
forme quelconque. Cette recommandation est sans doute un
des miracles du prophète (PBSL). Nous voici au XXème siècle,
n’est-ce pas le 1er conseil du médecin est d’appliquer des
compresses d’eau froide et des glaçons sur la tête du sujet
fébrile ?! Le prophète (PBSL), lors de ses moments d’agonie,
était atteint de fièvre, et il se rafraîchissait avec de l’eau.

La fièvre est une température corporelle anormalement élevée,


et on sait que la température de l’organisme est régie par un
groupe de neurones situés au niveau de l'hypothalamus
considéré comme le thermostat de notre organisme
(normalement réglé à environ 37°). Celui-ci provoqué par une
hausse de température, une réaction sudorale est enclenchée.
Elle consiste à évaporer la sueur sécrétée par les glandes
sudoripares, via les pores situés à la surface de l’épiderme.
Mais quand il fait chaud, plus de 40°, la chaleur du corps ne
peut pas dégager du corps, et il faudrait alors faire recours à
l’eau fraîche et aux glaçons.

Malgré la diversité des stimuli de la fièvre, mais à la fin, elle


est déclenchée par des substances pyrogènes qui provoquent
le centre hypothalamique, ce qui entraîne une hausse du
thermostat, accompagnée de frissons et une vasomotricité.
Des raisons principales de la fièvre sont le coup de soleil, le
rhume ou la malaria (la fièvre paludéenne), la grippe, la fièvre
typhoïde, la brucellose (fièvre de Malte), et autres… or, le
traitement avec les compresses mouillées à l’eau froide et la
hydratation est fortement conseillé pour éliminer les
symptômes de la fièvre.

Cependant, si l’origine des antipyrétiques ne remonte qu’aux


XIXème siècle, telles que l’aspirine et la quinine 5; l’utilisation
de l’eau froide était le premier traitement, et comme le
prophète nous a guidés vers ce traitement important, c’est là
que réside le miracle, car le fait d’abaisser la fièvre avec de
l’eau est toujours considéré comme le traitement occasionnel
le mieux adapté qui s’ajoute aux antipyrétiques.

Ainsi, pour faire baisser la fièvre, il est essentiel de recourir à


des moyens tels que :  

1- les compresses, les serviettes et les linges mouillés d’eau


froide : où l’on procède à envelopper certains certaines
parties du corps comme le front, la tête, les membres, ou
le corps tout entier. Ce moyen est utilisé pour soulager
les sujets fébriles atteints d’un coup de soleil, de la fièvre
typhoïde et autres… notamment en cas d’une
hyperthermie importante accompagnée des délires. Mais
l’enveloppement total du corps est contre-indiqué chez les
patients présentant des affections cardio-vasculaires ou
rénales où l’on se contente, dans ce cas, à utiliser des
compresses froides locales pour abaisser une forte fièvre.

2- Le bain à l’eau tiède : Brand a proposé de donner aux


patients atteints de la fièvre un bain avec de l’eau tiède
(15 – 20°) en cas de fièvre typhoïde car il baisse la
température, aide à produire l’urine, et active le corps.
Quant aux bains au degré de (20 – 25°), ils sont utiles
pour les névrotiques et certains sujets fébriles, mais le
degré idéal est (25 – 30°).

3- Plonger le patient dans une cuvette d’eau froide : cette


cure est proposée par Savil pour baisser la température
des sujets fébriles en les plongeant dans une cuvette
pleine au tiers d’eau au degré de (15.5°), mais il est
contre-indiqué de traiter ainsi les patients atteints de la
malaria, du catarrhe 6, des maladies cardiovasculaires ou
rénales.

La fièvre comme traitement :

D’après Abi Houraïra (que Dieu l’agrée), le prophète (PBSL) a


dit à un homme qui a insultait la fièvre en sa présence : «
n’insulte pas la fièvre, car elle efface les péchés comme le
soufflet de forge purifie le fer de ses scories», rapporté par Ibn
Maja. Aussi, Abou Houraïra (que Dieu l’agrée) disait-il : (la
maladie favorite pour moi est la fièvre car elle atteint toute
partie de mon corps, et le Bon Dieu récompense tout membre
atteint).

D’après Jaber Ibn Abdullah (que Dieu les agrée), le prophète


(PBSL) entra chez Oum Essaïb ou Oum ElMoussaïb, et dit : «
pourquoi trembles-tu ainsi, ô Oum Essaïb ? Elle dit : « c’est
cette maudite fièvre ô Messager d’Allah ! ». Il lui dit alors : «
n’insulte pas la fièvre, car elle efface les péchés des fils
d’Adam, comme le soufflet de forge purifie le fer de ses
scories», rapporté par Mouslim.

Ibn Al-Kaïem a dit : (la fièvre pourrait avoir des effets


bénéfiques sur le corps plus que certains médicaments. En une
journée, elle aiderait donc à décomposer des substances
nuisibles du corps, et à ouvrir les pores pour évacuer toutes les
impuretés… quant aux bienfaits de la fièvre sur le coeur, ils
sont connus pour les cardiologues qui trouvent vraie la parole
du prophète (PBSL) car la fièvre est bénéfique pour le corps et
le coeur, alors, le fait de l’insulter est tout à fait injuste).

La fièvre était considérée jusqu’au début du XXème siècle


comme un traitement pour le syphilis, l’ophtalmie, la paralysie
faciale, la paralysie causée par la fièvre où l’on injecte dans le
corps du patient des substances pyrogènes. Ce moyen de
traitement est toujours adopté par certains spécialistes pour
soigner certaines infections dermatologiques telles que les
furoncles, l’anthrax 7, et d’autres inflammations épidermiques.
Or, il est vraiment étonnant que le traitement par la fièvre soit
adopté pour soigner le sida, cette nouvelle a été diffusée par
les chaînes de télévision américaines en 1990. En fait, la fièvre
augmente la vitesse du métabolisme cellulaire, les réactions de
défense et les leucocytes s’en trouvent ainsi accélérées, et de
la sorte le système immunitaire entre en combat avec les
substances étrangères dans l’organisme.

« et il ne prononce rien sous l’effet de la passion, ce


n’est rien d’autre que révélation inspirée, que lui a
enseigné [l’Ange Gabriel] à la force prodigieuse », An-
Najm (l’étoile), 3 – 4 – 5.

*****

Références de l’article :

1- Ibn Hajar AL-ASKALANI, L’explication de l’authentique


d’Al-BOUKHARI.

2- Al-Kahhal bn Tarkhan, Les recommandations du prophète


en matière de la médecine.

3- Ibn Al-Athyr Al-Jazry, L’ensemble des authentiques des


hadiths du Prophète (PBSL).

4- Abd-Almalek Bn Habib Al-Andaloussi, La médecine


prophétique.

5- Dr Mohammed Ali Al-Bar, en marge de La médecine


prophétique d’Abd-Almalek Bn Habib.

6- Dr Mahmoud Nazem Al-Nassimi, La médecine prophétique


et la science moderne, volume 3.

7- Dr Hamed Al-Ghazali, Entre la médecine et l’islam, éd. au


Caire, 1967.

8- Dr Azza Maridyn, La pharmacologie.

 
*********

Traduit par Dr RIHAWI Fatima

1- Rapporté par Al-BoukhariI, Mouslim et Al-termuzi.

2- Idem.

3- Rapporté par Al-Bazzar, revu par Al-Hakem.

4- Rapporté par Al-Nassaï, revu par Al-Hakem, cité par Al-Tabarani dans Le
juste milieu, et les personnes qui font la chaîne de sa transmission sont dignes
de confiance.

5- Quinine : Substance extraite de l’écorce de quinquina, employée


comme fébrifuge et contre le paludisme. (NDT)

6-Inflammation des muqueuses avec hypersécrétion des glandes voisines.


(NDT)

7- Un amas de furoncles est appelé anthrax. (NDT)

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