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Université

Mohammed V
Faculté des Sciences Juridiques,
Economiques et Sociales

Rabat - Agdal

Diagnostic financier et méthode des


ratios II



Pr. A. KANDROUCH

1
Sommaire

Introduction ………………………………………………………………………3

I- Les ratios : cadre général ……………………………..………………….4

1- Définition ………………………………………………………………………….4

2- Objectifs…………………………………………………………………………...5

3- Conditions d’utilisation ………………………………………………………...5


A-L’homogénéité ……………………………………………………………………..5
B- La comparaison dans le temps ……………………………..............................7
C- La comparaison dans l’espace ………………………...………………………..7

II- Le choix des ratios …………………………………….............................8

1- Les ratios de structure financière …………………………………………….9


A- L’autonomie financière …………………………………………………………...9
B- L’endettement …………………………………………………………………..10
C- Les ratios de fonds de roulement ……………………………………………...11
D- Le ratio de composition des actifs ………………………………………….....13
E-Les ratios de liquidité ……………………………………………………...….....13

2- Les ratios de gestion ………………………………………………………….15


A- Les ratios d’activité ……………………………………………………………..16
B- Les Ratios de productivité ……………………………………………………..19

3- Les ratios de rentabilité …………………………………….........................20


A- Les ratios de marge …………………………………………………………….21
B- Les ratios de rentabilité ………………………………………........................22

2
III- Les intérêts et les limites de la méthode des ratios…………26

1- les intérêts de la méthode des ratios ………………………………………26

2- Les limites et les insuffisances de la méthode des ratios……………...27


A- Les ratios et l’information comptable ………………………………………....27
B- Le caractère rigide des ratios ……………………………………………….....28
C- Les ratios et les stratégies d’entreprise …………………………………...….29
D- Les ratios et le facteur humain …………………………………………...……29
E- Les ratios et les stratégies de groupe …………………………………..…….29

Conclusion………………………………………………………………..… ;;…30

Bibliographie …………………………………………………………..… ;;…...31

3
Introduction

La situation économique et financière d’une entreprise à un moment donné est la


résultante de plusieurs facteurs qui interagissent ou qui agissent séparément :
⇒ Facteurs financiers : niveau des fonds propres, niveau et coût de
l’endettement, etc. ;
⇒ Facteurs économiques : chiffre d’affaires, charges, amortissements, fiscalité,
etc. ;
⇒ Facteurs humains : qualité du management, productivité du travail, etc. ;

Le résultat des interactions entre des divers facteurs est synthétisé par les données
chiffrées des états de synthèse de l’entreprise. Cependant, si l’analyse des données
brutes en valeurs absolues, extraites des états de synthèse, peut être intéressante,
elle n’en demeure pas moins insuffisante. C’est pourquoi elle doit obligatoirement
s’accompagner d’une analyse de valeurs relatives où il s’agit de procéder à des
rapprochements de grandeurs comptables pour en dégager des relations
caractéristiques à travers les ratios. La méthode des ratios, étant basée sur des
données des états de synthèse établis à un instant t est réputée statique par
opposition à l’analyse des flux financiers qui repose sur l’analyse dynamique des
données comptables.

Dans ce présent rapport, on situera en premier lieu les ratios dans leur cadre
général. En deuxième lieu, on dénombrera sans pour autant prétendre l’exhaustivité
les différents types de ratios. On s’intéressera enfin aux intérêts et limites de la
méthode des ratios.

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I- Les ratios : cadre général
1-Définition

Un ratio financier peut se définir comme un rapport arithmétique, une fraction qui met
en rapport deux ou plusieurs masses financières provenant du bilan, du compte de
résultat ou même des annexes. Les masses financières issues du bilan constituent
des stocks alors que celles provenant du compte de résultats constituent des flux.
Ce rapport exprimé très souvent en pourcentages, vont permettre de réaliser des
analyses des comptes afin de dégager des informations destinées à gérer
l’entreprise, suivre son évolution et informer les différents acteurs économiques
autour de l’entreprise.

Il existe une multitude de ratios et chacun peut en « inventer » des nouveaux. En


effet, le fait de mettre en relation un chiffre avec un autre correspond à un ratio.
Ainsi, les banques définiront des ratios types pour suivre des entreprises auxquelles
elles ont accordé des prêts et autres financements. Les grandes entreprises suivront
leurs ratios spécifiques à leur activité et les intégreront dans le cadre du reporting
mensuel par exemple. D’autres entreprises utiliseront les ratios pour fixer des
objectifs à atteindre et suivront donc l’évolution des bilans de leurs filiales à travers
déterminés à l’avance.

Le ratio financier permet de simplifier considérablement l’information financière et de


la résumer. Il présente le grand avantage de l’exprimer sous une forme aisément
compréhensible et interprétable, telle que des pourcentages et des indices. Exprimer
la rentabilité sous la forme d’un pourcentage est, pour les praticiens et la plupart des
utilisateurs de l’information financière, beaucoup plus évocateur que sous la forme
d’un résultat exprimé en valeur monétaire. Les ratios servent ainsi à mesurer la
rentabilité, la structure des coûts, la productivité, la solvabilité, la liquidité, l’équilibre
financier, etc.

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La méthode des ratios n’a pas véritablement de fondements théoriques, elle a été
développée par des praticiens, des banquiers essentiellement, qui avaient besoin
d’un instrument simple pour les aider à prendre des décisions d’octroi de crédit.

2-Objectifs

La méthode des ratios permet de déterminer, des seuils, des standards auxquels
l’entreprise va devoir se confronter afin de se positionner financièrement et
économiquement parlant grâce à la comparaison de la valeur des ratios dégagés au
sein de l’entreprise aux valeurs de référence qui peuvent être soit :

Ø Du secteur d’activité ;
Ø Des concurrents ;
Ø D’une firme jugée exemplaire par rapport à laquelle l’entreprise tient à se situer ;
Ø Des objectifs que la direction de l’entreprise souhaite atteindre ;

La dynamique des flux dans l’entreprise conduit donc à s’interroger sur sa


performance. Pour apprécier tel ou tel élément de résultat, il est difficile de porter un
jugement dans l’absolu. Le reflexe de base de la méthode des ratios est de faire des
comparaisons et de décomposer de l’autre : décomposer signifie identifier et
analyser les éléments constitutifs de la performance et de la rentabilité de l’entreprise
afin de les rapprocher de décisions de gestion. C’est ainsi que la rentabilité
d’exploitation est appréciée dans le cadre de l’analyse coût-volume-profit, et que la
rentabilité financière conduit à l’étude de l’effet de levier.

3- Conditions d’utilisation

Le ratio doit satisfaire un certain nombre de conditions : si celles-ci ne sont pas


remplies, la fiabilité et la valeur significative de son résultat seraient mises en cause.
Il est nécessaire de réunir les conditions suivantes :

A-L’homogénéité

Un ratio est donc un rapport entre deux quantités variables entre lesquelles existe
une relation logique de nature économique ou financière.

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Sans ce lien logique, un ratio est un simple chiffre inexploitable dans le diagnostic
financier. La nature du lien est très large. Ca peut être :

Ø Une relation de simple comparaison relative d’éléments appartenant à un


même ensemble.

Tel est le cas des ratios de structure qui comparent en pourcentage la valeur d’un
poste du bilan financier au total de l’actif ou du passif. Il s’agit ici d’identifier le poids
relatif d’un élément de stock sous forme d’un rapport stock/stock.

Ø Une relation de cause à effet : on cherchera, par exemple dans les ratios de
rentabilité, à mettre en rapport le résultat obtenu avec les moyens mis en œuvre
dans ce but. C’est le cas aussi des ratios de productivité détaillés dans les points à
venir. Les ratios de gestion relèvent aussi de ce cas. Ils établissent un lien entre un
lux d’activité et un stock dans l’entreprise.

Ø Une relation d’origine ou de répartition lorsqu’un flux « en amont » est à


l’origine d’un flux « en aval » après des opérations d’imputation de coûts ou de
répartition. On obtient un rapport du type :

Flux ou Solde
Flux Flux

Dans le dernier cas, lorsqu’au numérateur figure un solde, on aura un ratio de


marge.

Ø Une relation de temps ou d’écoulement dans la durée : il s’agit de mesurer le


délai d’écoulement d’un poste comptable sous la forme d’un rapport :

Stock
Flux d’entrée ou de sortie

Les ratios de rotation sont l’illustration même de la mesure de délais d’écoulement


dans l’entreprise.

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L’existence d’une relation logique entre le numérateur et le dénominateur d’un ratio
signifie que les deux variables considérées sont homogènes. Cela veut dire que les
unités dont on fait le rapport sont cohérentes avec ce que l’on cherche à mesurer.

L’homogénéité consiste par exemple à diviser les dirhams par les dirhams et non les
euros par les dirhams.

L’utilisation de ratios ne peut se faire que par comparaison. Or, en matière de


gestion, il ne peut y avoir de références absolues er intangibles. La comparaison est
donc forcément relative en prenant comme référence soit l’entreprise elle-même
dans le temps, soit des entreprises similaires.

B- La comparaison dans le temps

Les ratios sont calculés annuellement ou plus fréquemment. Dans le cas d’une
analyse chronologique, il s’agira de saisir l’évolution d’une situation ou d’un
comportement en essayant d’identifier une amélioration ou une dégradation. Cette
évolution permet de situer l’entreprise dans la dynamique générale d’une conjoncture
économique et/ou sectorielle. Il faut pour cela disposer d’au moins trois à quatre
observations.

C-La comparaison dans l’espace

Le second cas conduit à comparer les ratios de l’entreprise aux ratios analogues
d’autres entreprises (concurrents) ou aux moyennes du secteur. L’entreprise
appréciera ainsi sa position concurrentielle en termes de performances et de
contreperformances. Il est aussi possible de créer des valeurs de références fictives
sous forme de moyennes constatées par rapport aux entreprises du secteur ou de la
branche d’activité.

C’est l’utilité des informations proposées par les centrales du bilan qui assurent une
centralisation et un suivi des données financières et comptables d’un échantillon
d’entreprise parfaitement représentatif de l’ensemble.

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Ce suivi leur permet de dégager des tendances qui dépassent la simple évolution
industrielle. Les sources d’information sont en général constituées des liasses
fiscales des entreprises qui présentent l’avantage d’une information standardisée.

III- Le choix des ratios :

Avant d’aborder la classification des principaux ratios, il convient de préciser que,


compte tenu de la quantité d’informations comptables qui peut être disponible, il est
possible d’établir un très grand nombre de ratios.

Cependant, le recours à une batterie de ratios trop lourde entraine des redondances
et risque de rendre peu opératoire l’outil d’analyse en l’alourdissement.
C’est pourquoi, la sélection des ratios doit être faite essentiellement sur des critères
de simplicité et de pertinence.

En effet, le choix des ratios à utiliser dépend étroitement des problèmes que l’on
cherche à résoudre :

Ø L’analyse « liquidité/exigibilité » fondée sur le bilan financier privilégie les ratios


exprimant le risque d’illiquidité. Les établissements bancaires et les autres bailleurs
de fonds, en tant que partenaires privilégiés de l’entreprise pour assurer la
couverture des besoins financiers, sont les premiers à utiliser une batterie de ratios
capable de mesurer la capacité de l’entreprise à honorer ses engagements.

Ø L’analyse « fonctionnelle » fondée sur une démarche d’investigation interne


privilégie les ratios donnant une vision dynamique de la gestion.

Quelle que soit l’analyse, les grandeurs à rapprocher dans un ratio doivent satisfaire
à un certain nombre de conditions, si celles-ci ne sont pas remplies, la fiabilité et la
valeur significative du résultat du ratio seraient mises en cause. Ces conditions sont
les suivantes :

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§ Chacune des grandeurs rapprochées doit être suffisamment bien définie, et couvrir
sur plusieurs exercices le domaine étudié afin d’observer une évolution,

§ Les deux grandeurs faisant l’objet du rapprochement doivent être homogènes, et


apporter une réponse significative aux problèmes posés.

Les ratios retenus bien qu’en nombre limité, doivent être capables de délivrer une
information utile sur les différents aspects de la gestion de l’entreprise
C’est pour cette raison que la présentation qui suit sera limitée aux ratios qui nous
paraissent être les plus significatifs et les plus représentatifs de la situation de
l’entreprise.

1- Les ratios de structure financière :

Calculés à partir du bilan, ils ont pour objet de définir les caractéristiques de
l’établissement dans la composition de l’actif et du passif et de tester sa solidité et
son indépendance.

A-L’autonomie financière :

Capitaux propres
Passif total

Ce ratio permet de mesurer le niveau d’autonomie financière ou d’indépendance


financière de l’entreprise et reflète les choix de politique financière. Il permet de
mesurer le risque qui pèse sur les créanciers de l’entreprise, qui ont intérêt à voir les
fonds propres prédominer dans la structure de financement.
A l’inverse les actionnaires peuvent préférer assurer le financement sur fonds
d’emprunt et contrôler l’entreprise moyennement des fonds propres réduits, d’autant
plus que la déductibilité fiscale des charges d’intérêt peut améliorer la rentabilité des
capitaux propres, phénomène connu sous le nom d’effet de levier.

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Ø On peut aussi calculer le ratio suivant :

Capitaux propres >1


Dettes à long terme

Ce ratio permet de répondre à la question suivante : l’entreprise n’a-t-elle pas


contracté trop d’emprunts ?
Ce ratio permet de déterminer si l’entreprise est ou non dépendante des banques.
L’endettement d’une entreprise ne doit pas excéder le montant de ses ressources
propres.
Dans le cas contraire, elle représente une source de dangers pour les banques aussi
bien que pour les entreprises.

Ø Le ratio d’autonomie financière à long terme

Capitaux propres
Capitaux permanents

Ce ratio indique si l’entreprise dispose d’une capacité d’emprunt. Selon les normes
bancaires traditionnelles, on estime que la capacité d’emprunt de l’entreprise est
saturée lorsque le ratio est inférieur à 0,5%, c'est-à-dire lorsque les capitaux propres
deviennent inférieurs aux dettes à plus d’un an.
Pour reconstituer sa capacité d’emprunt et améliorer sa structure financière, il est
alors conseillé à l’entreprise de réaliser une augmentation du capital.

B-L’endettement :

Ø L’endettement à terme :

Dettes à moyen et long terme < 1


Capitaux propres

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Ce ratio traduit soit une capacité d’endettement potentielle, signe de flexibilité
financière, soit la saturation de cette capacité et la nécessité de recourir à des fonds
propres.

Ø Capacité de remboursement :

Dettes à moyen et long terme <3


Capacité d’autofinancement

Ce ratio traduit le nombre d’années nécessaires à l’entreprise pour assurer le


remboursement total des dettes à terme, au moyen de sa capacité
d’autofinancement. Les banquiers considèrent comme risquée la situation financière
de toute entreprise dont les dettes à terme excèdent trois années de capacité
d’autofinancement.
Il est évident que ce ratio doit être le plus faible possible car, dans la réalité, la CAF
permet de financer les investissements, de rémunérer les actionnaires…, elle ne
peut servir exclusivement au remboursement des dettes financières.
Donc, plus ce ratio est élevé, plus l’entreprise montre des signes de difficulté quant
au remboursement des emprunts contractés.

C- Les ratios de fonds de roulement :

L’équilibre financier à long terme peut s’exprimer en valeur relative par le ratio de
fonds de roulement :

Capitaux permanents
Actif immobilisé

Ce ratio permet de répondre à la question suivante : Les immobilisations sont-elles


financées par des ressources permanentes ?
La comparaison des ressources permanentes avec l’actif stable constitue une notion
fondamentale appelée « fonds de roulement ».

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Le ratio doit normalement être supérieur à 1, ce qui signifie que le fonds de
roulement est positif, cela veut dire que l’entreprise dispose d’une marge de sécurité,
c’est-à-dire de capitaux permanents pour financer les besoins nés du cycle
d’exploitation.
Un ratio inférieur à 1 signifie que le fonds de roulement est négatif.

Ø Couverture des capitaux investis :

Capitaux permanents
Actif immobilisé+BFRE

Ce ratio nous permet de savoir si les ressources permanentes suffisent-elles à


financer non seulement les immobilisations, mais également les BFRE ?
Une entreprise industrielle se caractérise par des immobilisations importantes et des
stocks lourds à gérer. De ce fait, les immobilisations sont en général financées par
des ressources permanentes, ce qui explique le fonds de roulement positif.
Ce fonds de roulement constitue une ressource pour l’entreprise. Il va servir à
financer certains besoins tels que les stocks. Or, les stocks appartiennent au BFRE.
Le BRFE étant fondamentaux pour le fonctionnement de l’entreprise et de plus très
lourds à financer, l’entreprise préfère les financer par des capitaux stables tels que
les ressources permanentes.

Ø Pour apprécier l’importance du fonds de roulement, il est intéressant de


comparer le fonds de roulement et les stocks, pour cela il est intéressant de calculer
le ratio suivant :

Fonds de roulement
Stocks et en cours

C’est le ratio de couverture des stocks par le fonds de roulement, il indique dans
quelle proportion les stocks sont financés par des capitaux permanents.

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D-Le ratio de composition des actifs :

Ø Stratégie de croissance interne :

Immobilisations corporelles
Actif immobilisé

Ø Stratégie de croissance externe :

Titres de participation
Actif immobilisé

Ces deux ratios nous permettent de savoir si l’entreprise poursuit une stratégie de
développement interne ou externe.
Si le premier ratio est prépondérant par rapport au second, cela signifie que
l’entreprise investit en priorité dans les machines pour gagner des parts de marché
en augmentant l’offre des produits à vendre.
Dans le cas inverse, l’entreprise mise sur un développement externe.
Il est important de suivre ce ratio dans le temps.

E-Les ratios de liquidité :

Les ratios de liquidité comparent des éléments relatifs à l’actif circulant (c’est-à-dire
des avoirs susceptibles d’être transformés en monnaie à moins d’un an) et des
éléments relatifs aux dettes à court terme (c’est-à-dire des dettes venant à échéance
à moins d’un an). En rapprochant ainsi liquidités potentielles et exigibilités
potentielles ces ratios éclairent bien les conditions d’équilibre financier à court terme.

Les trois ratios suivant sont calculés dans une optique liquidative permettant ainsi
aux tiers de mesurer le risque de non paiement encourus dans leur rapport avec les
sociétés :

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Ø Ratio de liquidité générale :

Le ratio de liquidité générale est le rapport des actifs circulants (stocks, créances et
comptes rattachés, disponibilités) sur les passifs circulants (dettes exigibles à moins
d’un an).

Ratio de liquidité générale = Actif circulant (y compris trésorerie)


Passif circulant (y compris trésorerie)

Ce ratio permet de mesurer la capacité de l’entreprise à honorer ses dettes exigibles


à moins d’un an grâce à la réalisation de son actif circulant.

⇒ Lorsqu’il est supérieur à 1, il traduit l’existence d’un fons de roulement positif ce


qui signifie que l’entreprise est apte à honorer ses dettes exigibles à court terme.
L’entreprise est alors solvable à court terme. Toutefois elle doit surveiller ses crédits
clients, ses crédits fournisseurs et les délais d’écoulement de ses stocks, car elle
risque d’être confrontée à des problèmes de trésorerie pour régler ses dettes.

⇒ S’il se révèle inférieur à 1, ce ratio indique l’absence de fonds de roulement, les


dettes à court terme de l’entreprise excédant la valeur des actifs à court terme
possédés par celle-ci. Une telle situation d’incapacité de paiement peut entraîner la
faillite de l’entreprise.
Un redressement financier s’impose alors à l’entreprise (demander un
rééchelonnement des dettes, augmenter le capital en numéraire…).

Ø Ratio de liquidité réduite :

Egal au rapport de l'actif circulant hors stocks à l'exigible à court terme, il exprime la
liquidité de l'entreprise en excluant les stocks. Il suppose d'une part qu'une partie de
ceux-ci, correspondant à la valeur minimale indispensable à l'activité, représente une
véritable immobilisation, d'autre part que le volant de stocks conservé par l'entreprise
peut s'avérer insuffisamment liquide.

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Ratio de liquidité réduite = Actif circulant - stocks
Passif circulant

Ce ratio permet de mesurer l’aptitude de l’entreprise à honorer ses dettes à court


terme grâce à l’argent dont elle dispose et l’argent qu’elle attend de ses créanciers.

Le ratio de liquidité réduite doit être proche de 100 %. En effet pour éviter des
problèmes de trésorerie, il est préférable que ce ratio avoisine les 100 % afin de
pouvoir faire toujours faire face aux échéances des fournisseurs.

Ø Ratio de liquidité immédiate :

Mesure la part des dettes à court terme qui pourrait être remboursé par prélèvement
sur l’encaissement déjà disponible.

Ratio de liquidité immédiate = Disponibilités


Dettes à moins d’un an

Ce ratio semble présenter un intérêt limité du fait de son ambiguïté :

⇒ Un ratio supérieur à 100 % peut signifier une mauvaise gestion de la trésorerie,


l’entreprise subit un coût d’opportunité et ne profite de la possibilité de faire fructifier
les sommes excédentaires dans placements à long terme.
⇒ Un ratio inférieur à 1 peut s’avérer au contraire parfaitement compatible avec le
maintien de la solvabilité si l’entreprise minimise le montant de son encaisse oisive
mais détient par ailleurs des valeurs de placement , des créances et des stocks
aisément mobilisable.

2-Les ratios de gestion :

Les ratios de gestion sont construits en utilisant des données du compte de résultat
(chiffre d’affaires, achats, ….) et des éléments du bilan.

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A- Les ratios d’activité :

Dans la mesure où ils sont définis sur des encours de bilan arrêtés à une date
donnée, les ratios de structure présentent un caractère statique.

Les ratios de rotation fournissent au contraire des indications dynamiques


puisqu’elles permettent d’introduire une dimension temporelle dans l’analyse du bilan
grâce au à la mise en évidence du rythme imprimé au renouvellement de certaines
de ses composantes.

Ø Le ratio de rotation des stocks :

Il est particulièrement important de surveiller la vitesse de rotation des stocks, un


alourdissement des stocks se répercute aussitôt au niveau de la trésorerie.
La vitesse de rotation des stocks est mesurée par :

R= Approvisionnement
Stocks
A l’inverse de la vitesse de rotation qui mesure le nombre de fois où les stocks
tournent, le délai moyen d’écoulement exprime le nombre de jours d’achat ou de
consommation représenté par le stock.

R= Stock *360
Approvisionnement

⇒ Dans les entreprises industrielles on calcule :

§ Temps d’écoulement de matières premières =

Stock moyen des matières premières


Achat consommé de matières et fournitures

Ce ratio mesure la durée de détention en stock des matières premières (en nombre
de jours) depuis l’achat jusqu’à leur consommation dans le processus de fabrication.

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Ce ratio doit être comparé dans le temps et par rapport aux entreprises de même
activité.

§ Temps d’écoulement des produits finis = Stock moyen des produits finis
Production vendue

Ce ratio mesure la durée de détention en stock, des produits finis (en nombre de
jours) depuis le jour de mise en stock (fin de fabrication) jusqu’à leur vente.

Une augmentation très nette de la durée de stockage peut être le signe d’une
difficulté de l’entreprise à écouler ses stocks, il faut alors chercher l’origine de cette
crise que rencontre l’entreprise : provient-elle de la perte d’un marché ou d’une
agressivité soudaine de la concurrence ? Les clients sont-ils mécontents ? S’agit-il
d’une crise du secteur d’activité … ?

⇒ Dans les entreprises commerciales on calcule :

§ Le temps d’écoulement des marchandises =

Stock moyen des marchandises *360


Achat revendu de marchandises
Ce ratio mesure la durée de détention en stock des marchandises depuis l’achat
jusqu’à leur vente. L’entreprise a tout intérêt d’écouler rapidement ses stocks afin de
réduire le besoin en fonds de roulement tout en évitant le risque de rupture des
stocks qui peut entraîner un détournement de la clientèle à la concurrence.

Ø Le ratio de rotation des créances commerciales :

Mesure le nombre de jours que mettent les clients pour régler l’entreprise à compter
de la vente.

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Crédit moyen accordé aux clients = Clients et comptes rattachés *360
Chiffre d’affaire TTC

L’objectif de toute entreprise est de baisser le nombre de jours accordés au client


pour régler. Ainsi, en règle générale, il est préférable que ce ratio tende a la baisse
puisque le temps d’attente des encaissements est alors plus court, ce qui signifie que
les besoins en fonds de roulement diminuent.

Si par contre les crédits clients ne cessent d’augmenter, il convient de s’interroger


sur la raison de cette augmentation (une crise conjoncturelle affectant les clients d’un
secteur d’activité, l’entreprise ne surveille pas ses règlements clients, l’entreprise a
traité avec ses clients sans aucun souci de vérification de solvabilité……..)

Ø Le ratio de rotation des dettes fournisseurs :

Ce ratio mesure la durée moyenne de crédit accordée à l’entreprise par ses


fournisseurs :

Crédit moyen accordé par les fournisseurs =

Fournisseurs et comptes rattachés *360


Achats TTC

L’entreprise s’efforce en général d’obtenir des crédits de plus en plus longs, afin de
voir diminuer d’autant les besoins en fonds de roulement.

Ainsi si dans le temps, on assiste à une augmentation du crédit fournisseur, il peut y


avoir deux origines très contradictoires :
-Soit cette augmentation provient d’une bonne négociation de l’entreprise avec ses
fournisseurs ;
-Soit, du fait des difficultés accrues de trésorerie, elle retarde volontairement les
paiements à ses fournisseurs.

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B- Les ratios de productivité :

Les ratios de productivité permettent d’analyser les performances des facteurs de


production de l’entreprise ainsi que leur évolution, et de procéder à des
comparaisons inter entreprises :

Ø R1= valeur ajoutée / production

Ce ratio mesure le degré d’intégration des activités de l’entreprise et sa contribution


à l’économie.

Ø R2= valeur ajoutée / effectif moyen

Ce ratio mesure la valeur ajoutée générée par personne employée et donne une
première idée de la productivité. Ce ratio peut être décomposé comme suit :

Valeur ajoutée/ effectifs= (Immobilisation d’exploitation+ BFRE / effectifs) X


(Valeur ajoutée/ immobilisation d’exploitation + BFRE)

Ø Productivité du travail

Degré de capitalisation de l’entreprise X la productivité d’investissement

o Productivité de travail : comparer la production réalisée à la quantité de travail


utilisé.

o Degré de capitalisation de l’entreprise : le moyen le plus sécuritaire de faire face à


ces obligations, c’est aussi le moyen le plus direct d’accroître la capacité de
l’entreprise à faire ses propres choix et de maintenir son autonomie de gestion.

o Productivité de l’investissement : a pour objectif d’augmenter la productivité, c'est-


à-dire de produire en économisant du travail et / ou du capital et/ou des matières
premières.

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Une nouvelle machine par exemple va permettre de fabriquer plus vite que la
précédente, il faudra donc moins de travail, et moins de capital pour fabriquer un
produit. On remarque que l’objectif ici n’est pas de produire plus mais de produire
mieux c'est-à-dire baisser les coûts de production.

Ainsi, la productivité du personnel dépend du degré capitalistique de l’entreprise ou


rapport entre les facteurs capital et travail. Un ratio faible signifie que l’entreprise
utilise beaucoup de main d’œuvre et peu de capital. Un ratio élevé est le signe a
contrario d’un degré capitalistique élevé de l’entreprise. La productivité du travail
dépend ensuite de la productivité des équipements, c'est-à-dire de la valeur ajoutée
produite par dirham investi. L’utilisation des ratios de productivité est relativement
malaisée pour les comparaisons inter entreprises, car la quantité des produits et des
facteurs consommés est lié à l’activité de l’entreprise, aux catégories et à l’effectif du
personnel employé, …

3- Les ratios de rentabilité :

Un ratio de rentabilité établit une relation entre le résultat d’une action ou d’une
activité et les moyens mis en œuvre dans ce but. Ces moyens font référence à un
capital économique ou à un capital financier. Le souci d’homogénéité doit viser à
comparer un résultat économique avec une définition « économique » du capital
utilisé, de même si l’on adopte une vision plus financière.

Dans ce domaine, il existe également une multitude de ratios. Nous présenterons


successivement les ratios dits de marge et les ratios de rentabilité. Nous avons
sélectionné un nombre limité de ratios qui nous ont paru particulièrement pertinents
pour analyser la rentabilité de l’entreprise du point de vue des différents apporteurs
de fonds et pour mettre en évidence l’influence de l’équilibre financier, et en
particulier de la structure de capital sur la rentabilité.

21
A- Les ratios de marge :

Les ratios de marge ont pour objectifs d’évaluer l’efficacité de l’activité d’exploitation
courante de l’entreprise. Ils mettent en regard une mesure du résultat d’exploitation
avec le niveau des ventes hors TVA, réalisé par l’organisation.

⇒ Un premier ratio, appelé ratio de marge brute sur ventes, mesure la rentabilité
des ventes avant charges décaissées. Il se calcule de la façon suivante :

Excédent brut d’exploitation

Ventes (HT) + Autres produits d’exploitation

Ce ratio permet de mesurer la contribution de la politique commerciale, de la


politique de production et de la gestion du personnel à la rentabilité des ventes.
L’impact de la politique d’amortissement est neutralisé dans le calcul de ce ratio.

⇒ Un deuxième ratio de marge mesure la rentabilité des ventes après


amortissement, appelé ratio de marge nette sur ventes, il se calcule de la façon
suivante :

Résultat Brut de l’exploitation

Ventes (HT) + Autres produits d’exploitation

Ce ratio complète le premier en incluant la politique d’amortissement (y compris les


réductions de valeur et provisions pour risques et charges). Une évolution divergente
des deux ratios indiquerait une modification de la politique d’amortissement qui
pourrait réduire ou doper la performance en matière d’activité courante.

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B- Les ratios de rentabilité :

Il existe une infinité de combinaisons de résultat et de mesures de l’activité ou de


capital. C’est pourquoi nous nous bornerons à présenter les critères de rentabilité qui
nous paraissent les plus significatifs et que nous pouvons classer en deux
catégories :

• Les ratios de rentabilité économique ;


• Les ratios de rentabilité financière ;

Ø Les ratios de rentabilité économique

La rentabilité économique est une mesure de la performance économique de


l’entreprise dans l’utilisation de l’ensemble de son capital employé, autrement dit de
l’ensemble de son actif financé par les capitaux stables.

Elle rapporte le capital économique aux flux de résultat générés par l’exploitation.
Deux mesures de soldes sont concevables, l’excédent brut d’exploitation ou le
résultat d’exploitation :

EBE Résultat d’exploitation


Ou
Capital économique Capital économique

Ces deux ratios mesurent la performance des différentes divisions qui sont
responsables de l’exploitation généré par l’ensemble des capitaux investis par les
investisseurs (actionnaires et prêteurs) et qui ne gèrent ni la politique de financement
ni la politique fiscale de l’entreprise.

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La rentabilité économique d’une entreprise s’explique comme la combinaison d’une
marge et d’un taux de rotation. D’où la décomposition du ratio précédent en un
produit de deux facteurs :

Résultat d’exploitation Résultat d’exploitation CA


= X
Capital économique CA Capital économique

Le ratio résultat d’exploitation / CA est un ratio de marge d’exploitation. Il exprime le


caractère plus ou moins profitable des ventes de l’entreprise, c'est-à-dire son
efficacité commerciale. Le chiffre d’affaire est en quelque sorte un « capital »
commercial tiré des clients ; le ratio de marge d’exploitation permet de suivre si
l’entreprise l’utilise bien.

Le ratio CA/ Capital économique est un ratio de rotation de l’actif économique. Il


décrit le flux de chiffre d’affaires que génère un capital économique donné.

L’analyste cherche à voir l’efficacité de l’entreprise à utiliser efficacement ses


ressources productives et à transformer son capital économique en chiffre d’affaires.

La rotation de l’actif de l’actif économique est l’expression de l’intensité capitalistique


du processus économique mis en œuvre.

Cette décomposition est importante pour analyser l’évolution de la rentabilité


économique de l’organisation dans la durée.

On déduit de cette dernière que la rentabilité économique dépend à la fois du taux de


marge d’exploitation et du taux de rotation de l’actif économique qui mesure
l’efficacité du capital économique.

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La rentabilité économique peut procéder d’une politique de marges faibles associée
à une forte rotation de l’actif économique comme c’est le cas pour la grande
distribution, ou de marges fortes accompagnées d’un faible taux de rotation des
capitaux engagés c’est le cas pour certains producteurs de liquide confrontés à la
nécessité du vieillissement de leurs stocks.

Ø les ratios de la rentabilité financière :

La rentabilité économique n’est toutefois pas significative pour les apporteurs des
capitaux, ce qui est pertinent pour eux est la rentabilité non pas de l’ensemble des
capitaux mais seuls des capitaux propres ce qui exprime la rentabilité financière.

La rentabilité des capitaux propres est le ratio de rentabilité financière par


excellence.

Il compare le résultat net aux capitaux propres et se situe bien dans l’optique de
l’actionnaire qui met a disposition de l’entreprise des fonds et reçoit en retour le
résultat net.

Résultat net

Capitaux propres

Ce ratio exprime la capacité des capitaux investis par les actionnaires et associés à
dégager un certain niveau de profit.

La rentabilité financière des capitaux propres se prête à une décomposition en 3


termes qui sont chacun susceptibles d’une analyse :

Résultat net Résultat net CA Capitaux investis


X X
Capitaux propres = CA Capitaux investis Capitaux
Le premier ratio représente classiquement la marge nette de l’entreprise. propres
Il exprime

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-Le premier ratio représente classiquement la marge nette de l’entreprise. Il exprime
la politique commerciale, par exemple, en termes de prix. La marge prend en compte
aussi la situation concurrentielle sur le marché des biens et des services produits par
l’entreprise.

La politique commerciale, par exemple, en termes de prix. La marge prend en


compte aussi la situation concurrentielle sur le marché des biens et des services
produits par l’entreprise.

-Le second ratio (CA / Capitaux investis) est un ratio de rotation qui informe sur
l’efficacité productive de l’entreprise.

-Le troisième ratio exprime la politique de financement de l’entreprise. Plus


précisément il mesure le taux d’endettement de l’entreprise puisque les capitaux
investis sont constitués des capitaux propres et de l’endettement.

De ceci on peut déduire que la rentabilité financière est à la conjonction de trois


politiques de l’entreprise :

o Une politique de marge (politique commerciale) qui exprime le comportement


commercial sur le marché ;

o Une politique de rotation qui est le résultat de choix techniques et industriels


concernant la production ;

o une politique d’endettement qui joue un rôle d’amplification des décisions


commerciales et industrielles. (la structure des ressources financières de l’entreprise)

En conclusion, La rentabilité des capitaux propres, ou rentabilité financière, se


mesure par le rapport résultat net/capitaux propres. Elle est égale à la somme de la
rentabilité économique et de l'effet de levier. L'analyse de la rentabilité des capitaux
propres doit donc séparer nettement ces deux composantes.

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En effet, si le recours à l'endettement peut permettre d'obtenir une rentabilité des
capitaux propres nettement supérieure à la rentabilité économique, il fait aussi peser
un risque financier plus lourd sur les actionnaires, dont l'exigence de rentabilité croît
d'autant.

Sur le long terme, seule une rentabilité économique élevée peut donc permettre de
créer de la valeur pour les actionnaires.

III- Intérêts et limites de la méthode des ratios :


1- les intérêts de la méthode des ratios :

La méthode des ratios bénéficie d’un certain nombre d’avantages. Ces derniers
peuvent être illustrés par sa facilité de mise en œuvre et la simplicité des calculs
qu’elle demande.

A titre d’exemple, citons le cas de la décision d’octroi de crédit pour le traitement de


laquelle chaque banque a développé une batterie de ratio qui lui permet d’analyser le
risque crédit de ses clients qui souhaitent emprunter. Une fois que les ratios
considérés sont pertinents relatifs à la décision d’octroi de crédit ont été
sélectionnés, l’étude est facilement automatisée par le recours à un tableur par
exemple. La méthode des ratios permet donc une très grande facilité d’utilisation.

Un deuxième avantage est la rapidité de mise en application. Lorsque le choix des


ratios a été établi, le calcul peut être automatique et très rapide. La méthode est
donc particulièrement appropriée et appréciée quand il s’agit de prendre une
décision rapide en réponse à une demande précise d’un client pour un octroi de
crédit ou une décision de prise de participation dans le capital d’une autre entreprise.
Et comme on l’a vu précédemment, la méthode des ratios permet d’apprécier dans le
temps, l’évolution d’un certain nombre d’éléments de la situation financière et des
performances de l’entreprise et permet aussi de comparer l’entreprise à ses
concurrents du même secteur, ou à d’autres entreprises de secteurs différents.

27
En raison de son champ d’investigation (bilan fonctionnel, bilan financier, compte de
résultat, solde intermédiaire de gestion), la méthode des ratios constitue un
instrument du diagnostic financier.

La facilité d’utilisation, la possibilité d’automatiser les calculs ainsi que la rapidité


d’obtention des résultats expliquent le grand succès de la méthode auprès des
praticiens de la finance. La méthode des ratios est incontestablement une méthode
d’analyse financière très populaire et très pratiquée.

Cependant, les avantages de cette méthode ne doivent pas masquer les


insuffisances et les limites qu’elle connaît.

2-Les limites et les insuffisances de la méthode des ratios :


La méthode des ratios souffre cependant des limites et des insuffisances importantes
dont il importe d’être conscient si on veut l’utiliser à bon escient. Voyons quelques
unes :

A-Les ratios et l’information comptable :

Le calcul des rations est établi à partir de l’information contenue dans les états de
synthèses de l’entreprise.

Or, la comptabilité traditionnelle fondée sur l’enregistrement des opérations en coûts


historiques et le phénomène permanent d’inflation, font que l’information comptable
est déformée. C’est ainsi qu’on trouvera dans un bilan des terrains acquis en
dirhams de 1970, des constructions réalisées avec des dirhams de 1980 et des
stocks évalués en dirhams de 1998, alors que le pouvoir d’achat du dirham a
profondément évolué au cours de cette période. Le phénomène de l’inflation et les
plus-values latentes sont donc ignorés. Comme conséquences des principes de
comptabilisations aux coûts historiques, les capitaux investis sont sous-évalués et la
rentabilité apparente surévaluée.

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Soit une entreprise dont les capitaux engagés s’élèvent à 3000 (valeur comptable)
alors que la valeur réévaluée ressort à 6000. le bénéfice net de 450 permettra de
dégager un ratio de rentabilité apparent de 15%, contre 7,5% en terme réels.

En outre, la rigidité des principes comptables empêche le bilan de rendre compte de


la réalité économique de l’entreprise. C’est ainsi que des immobilisations importantes
financées en crédit-bail concourent à l’activité et à la formation du résultat de
l’entreprise, mais n’apparaissent pas dans ses actifs, en raison de la conception
juridique ou patrimoniale du bilan. De la même façon, l’application du principe de
prudence introduit des biais, et fausse ainsi l’analyse de certains ratios.

A cet égard, il est important de rappeler le caractère fondamental des divers


retraitements, à la fois au niveau du bilan et du compte de produits et charges de
l’entreprise, qui permettent de neutraliser pour les comparaisons interentreprises des
pratiques diverses d’ordre juridique, comptable ou fiscal.

B-Le caractère rigide des ratios :

L’analyse d’un ratio brut ou sa comparaison avec celui d’une entreprise concurrente
n’éclaire pas toujours sur les conditions et les circonstances qui ont amené
l’entreprise à la situation exprimée par les ratios.
Autrement dit, il s’agit de l’absence d’identification des causalités ; elle permet
seulement d’observer des tendances mais n’autorise pas la mise en évidence des
causes qui expliquent les faits observés.

Parlant aussi du caractère essentiellement saisonnier de l’activité qui amoindrit la


portée de certains ratios calculés à partir des données de bilan. Ce biais qui pourrait
être neutralisé par l’utilisation des données trimestrielles, ou mieux mensuelles, est
néanmoins partiellement corrigé par l’emploi de moyennes des postes bilanciels.
Alors que la méthode des ratios est purement statique, car elle traite des données
tirées des états de synthèses de fin d’exercice, qui occultent les phénomènes de
saisonnalités.

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Prenons l’exemple du bilan d’une société dont le compte « clients et comptes
rattachés » s’élève à 1000 au 31-12-N alors que les soldes des trois premiers
trimestres sont respectivement de 180, 150, et 170. Cette entreprise dont l’activité
est saisonnière concentre son activité au quatrième trimestre. Son chiffre d’affaires
annuel TTC est égal à 10500.

C-Les ratios et les stratégies d’entreprise :

Une entreprise investit et lance un nouveau produit qui va lui permettre de se


positionner en leader sur son marché et de réaliser des bénéfices très importants
dans un délai de 2 à 3ans.

Il est clair que les ratios calculés avant cette échéance ne sauront renseigner
l’analyste financier, ni sur la position stratégique de l’entreprise, ni sur les profits à
venir.

D-Les ratios et le facteur humain :

Bien des entreprises ne doivent leurs succès ou leur situation florissante qu’à un seul
dirigeant ou à une petite équipe en place. Ceci est particulièrement vrai pour les
petites et moyennes entreprises. En l’absence d’une structure de relève crédible et
compétente, il suffit que l’animateur principal décède pour que les tiers s’inquiètent et
que la situation de l’entreprise se détériore. Ce type de situation échappe
complètement aux ratios élaborés à partir de données chiffrées.

E-Les ratios et les stratégies de groupe :

Les ratios sont calculés pour une entreprise considérée isolément et éventuellement
comparés à ceux d’une entreprise concurrente peuvent paraître bons ou mauvais.
Mais si l’entreprise fait partie d’un groupe, leur signification sera assez relative car ils
n’expriment plus le résultat d’une stratégie propre à l’entreprise, mais celui d’une
stratégie de groupe qui peut en être éloignée.

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Ainsi, une entreprise multinationale adoptera des prix de transferts à sa filiale pour
faire remonter au niveau du groupe les bénéfices réalisés par sa filiale. L’étude de la
rentabilité et de la situation financière de la filiale n’aurait guère de signification dans
ce cas et il serait plus judicieux d’analyser les ratios à travers les comptes
consolidés du groupe.

D’une manière bien succincte, on cite d’autres limites de cette méthode étant :
• l’absence de fondements théoriques de la méthode des ratios ;
• la difficulté d’interprétation des ratios ;
• le danger d’interprétation erronée.

Conclusion

L’objectif du diagnostic financier est de parvenir à une connaissance parfaite de


l’entreprise en faisant apparaitre aussi bien ses points forts que ses points faibles.
La méthode des ratios constitue l’outil par excellence qui aide le décideur à effectuer
le diagnostic financier de son entreprise.
Pour l’entreprise, la prise de conscience des problèmes doit se faire le plus tôt
possible, d’où la nécessité de faire pratiquer un diagnostic régulier pour déterminer et
contrôler les clignotants.
Ce contrôle s’effectue par les calculs des ratios et leur analyse.

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