Vous êtes sur la page 1sur 24

EXPEDITION ET CHARGEMENT

SOMMAIRE

A - SITUER LA FONCTION EXPEDITION DANS LE PROCESSUS LOGISTIQUE Page 24


A.1 Définir l’expédition et ses objectifs Page 24

B - PREPARER LES OPERATIONS D’EXPEDITION Page 27


B.1 Organiser la zone de travail Page 27
B.2 Définir les modes de transport Page 29
B.3 Mettre en place une tournée de livraison Page 31

C - ORGANISER LES OPERATIONS DE CHARGEMENT DE LA MARCHANDISE Page 36


C.1 Accueillir les transporteurs Page 36
C.2 Interpréter les documents d’expédition Page 36
C.3 Evaluer la charge de travail Page 38
C.4 Contrôler les marchandises à expédier Page 43

D - VALIDER LES DOCUMENTS ET RENDRE COMPTE Page 44


D.1 Renseigner les documents d’accompagnement de la marchandise Page 44
D.2. Informer sur le déroulement de l’expédition Page 44

Filière : Technicien en logistique 1/24


Guide de soutien, Module 16 : Expédition et chargement
A - SITUER LA FONCTION EXPÉDITION DANS LE PROCESSUS LOGISTIQUE

A.1 Définir l’expédition et ses objectifs

Tout produit provenant d'une fabrication ou encore d'une zone de stockage doit être acheminé vers une
fabrication (magasin industriel) ou encore à une zone de stockage ou à la consommation (magasin
commercial). La concrétisation de cet acheminement se fera par le transport.

Le transport pose ses problèmes spécifiques et variables pour chaque opération envisagée. Ce sont des
problèmes :

 Physiques ;
 commerciaux ;
 financiers, légaux, fiscaux ;
 administratifs, …etc.

Ces problèmes ne peuvent être résolus par le transporteur en tant que tel, ce n'est pas sa vocation. Cette
mission est confiée à la fonction expédition.

Le service expédition est donc la charnière à laquelle s'articulent les fonctions fabrication, stockage et la
fonction transport.
De l'efficacité du service expédition résultera l'écoulement régulier des produits et l'utilisation économique
des moyens de transport.
Etant le maître d'œuvre de la fonction transport de l'entreprise même s'il n'en n'est pas l'exécutant, il est le
dernier maillon de la chaîne commerciale et en conséquence il participe à l'image de marque de cette
entreprise.

Rôle du service expédition :

Son rôle s'analyse sous deux aspects :

 Optimisation dans le service rendu en veillant à la qualité du travail exécuté dans les délais impartis.
Un soin particulier doit être porté à la marchandise expédiée, vis-à-vis du destinataire.
Les livraisons doivent s'effectuer :
- à la date prévue,
- dans le meilleur état,
de manière à ce que la marchandise puisse être aisément décharge, identifiée, et contrôlée.

 Minimisation des coûts par une organisation fonctionnelle du service, une amélioration constante des
manutentions, une recherche permanente de réduction des frais d'emballage et de transport.
Il faut procéder à une analyse de la valeur :
- pour des pièces de faible valeur  emballage coûteux
- pour des pièces de valeur  emballage peu coûteux

La recherche d'un équilibre satisfaisant entre ces deux contraintes nécessite une étude minutieuse des
résultats obtenus et la mise en question quasi permanente des dispositions mises en application.

Filière : Technicien en logistique 2/24


Guide de soutien, Module 16 : Expédition et chargement
Une fois la commande préparée, les marchandises sont confiées au service expédition qui est chargé de
les remettre au client.
L’importance de cette fonction est donc primordiale car l’image de marque de l’entreprise est engagée.
Dans le processus logistique global, le service expédition se situe donc en bout de chaine.
Des dysfonctionnements peuvent apparaître tout au long de cette chaîne, mais une fois passés le filtre du
service expédition, c’est le client directement qui les subira.

Etant le dernier maillon de la chaîne dans l'entreprise, en cas de litige, il sera recherché en responsabilité.
Ses obligations peuvent se définir sous trois aspects :

 l'aspect matériel,
 l'aspect économique,
 l'aspect psychologique.

Filière : Technicien en logistique 3/24


Guide de soutien, Module 16 : Expédition et chargement
L'aspect matériel :

Il doit assurer des livraisons conformes aux commandes et en état, ce qui signifie :

 pour le client
que les marchandises soient livrées en bon état et qu'elles correspondent en qualité et en quantité à
son attente,
 pour l'entreprise
que les mouvements de marchandises soient conformes aux documents établis, ce qui permet de
connaître avec exactitude le niveau d'activité du service et de l'entreprise par les inventaires
statistiques, etc.

L'aspect économique :

Comme tout autre service, le service expéditions est responsable de sa rentabilité, c'est un élément
important de réussite commerciale.
La recherche de minimisation des charges d'expédition doit-être permanente pour ne pas influer de façon
trop importante sur le prix de revient des produits.

L’aspect psychologique :

Le service expédition représente l’image de marque de la société. Son action est souvent déterminante
auprès de la clientèle :

Un plan de chargement bien pensé fera également gagner de précieuses minutes au déchargement
aux quais de réception. La correction, la présentation t l’ordre d’un bon chauffeur seront encore des
éléments déterminants.

 Par la ponctualité des livraisons


La clientèle apprécie toujours l’exactitude, la rapidité de l’exécution de ses commandes  ; il est
extrêmement profitable sur le plan économique pour le client de pouvoir programmer ses réceptions de
marchandises avec certitude tant au point de vue de l’organisation de son travail que la gestion de ses
stocks et de sa trésorerie.

(1) Le respect d’un des engagements pris par le Service Commercial aux termes du contrat de vente.

Filière : Technicien en logistique 4/24


Guide de soutien, Module 16 : Expédition et chargement
B - PRÉPARER LES OPÉRATIONS D’EXPÉDITION

B.1 Organiser la zone de travail

Implantation des quais et des aires d'expéditions : (voir M12)

La surface et la configuration des locaux ou des aires d'expéditions doivent prendre en considération :

 l'emplacement, la surface et la configuration des lieux de production ou de stockage ;


 la nature des marchandises produites ou stockées ;
 les tonnages et cubages unitaires et totaux manutentionnés aux expéditions ;
 les modes de transport exploités et leurs accès (rail, route) ;
 la charge et le volume utiles des véhicules de transport utilisés ;
 le type, la nature, le poids et volume d'une expédition moyenne, minimale, maximale ;
 la cadence des arrivées de colis aux expéditions.

Implantation des postes de travail :

Il faut tenir compte de la surface des aires nécessaires à chacune des attributions du service expéditions :

 aire de reconnaissance et contrôle ;


 aire de regroupement des commandes ;
 postes d'emballage, cerclage, étiquetage ;
 poste de pesage ;
 poste de tri ;
 stockage d'attente ;
 poste de chargement route, fer ;
 planning.

Le service expédition étant le dernier maillon de la chaîne logistique du magasin, il emporte que celui-ci ne
provoque pas un goulot d’étranglement dans l’évacuation des marchandises expédiées.

Il convient d’organiser et de réguler les quais ou aires d’expédition de façon à :

 éviter les attentes prolongées des véhicules devant effectuer le transport des marchandises ;
 respecter les délais fixés par le service commercial avec le client ;
 évacuer le plus rapidement possible les marchandises en attente de départ (pour éviter a perte de
place) ;
 minimiser les coûts d’exploitation du service ;
 assurer un maximum de sécurité au personnel circulant sur les quais ou aires d’expédition ;
 utiliser au mieux les engins de manutention pour diminuer les consommations d’énergie.

Trois éléments sont à considérer et étudier pour atteindre ces objectifs :

 les surfaces occupées,


 les équipements utilisés,
 le personnel employé.

Filière : Technicien en logistique 5/24


Guide de soutien, Module 16 : Expédition et chargement
Les surfaces occupées :

Par ailleurs, la surface doit être suffisamment spacieuse pour que les activités, notamment de :

 reconnaissance des produits ;


 emballage, cerclage, étiquetage, pesage ;
 mise en zone d’attente (bien souvent utilisé comme zone de tri, voir ci-après) ;
 chargement des véhicules ;
 accès des mêmes véhicules aux quais ou aires de chargement.

puissent s’effectuer dans des conditions rationnelles de travail.

Des quais ou aires d’expédition exigus ne peuvent que freiner l’efficacité du service et surtout augmenter
les risques d’accidents de la circulation d’engins parmi le personnel.

Pré-stockage avant l’expédition : (voir M14)

Les marchandises prêtes à l’expédition sont rarement chargées immédiatement sur les véhicules devant
les évacuer. Il est donc nécessaire de prévoir une aire de stockage d’attente à proximité immédiate du
poste de chargement où la marchandise stationnera pendant un laps de temps aussi court que possible,
ceci afin d’éviter l’immobilisation d’une surface qui parfois pourrait être utilisée à d’autres fins.

Le stockage d’attente tiendra souvent lieu de poste de tri, par exemple, pour séparer les différentes
destinations des marchandises, ou regrouper les différents postes de commandes.

En outre, le service expédition doit chercher, en liaison avec le service commercial-transport et en s’aidant
des informations collectées pour la constitution du planning, à réduire au strict indispensable ou inévitable
la quantité des marchandises en attente.

Les équipements : (voir M12 et M14)

Les équipements provoquent des valeurs d’amortissement annuel du matériel appartenant au service, les
frais d’entretien et de réparation du matériel, les consommations d’énergie…

Pour rentabiliser au mieux ces coûts d’équipement, le service expédition devra :

 tout d’abord, choisir judicieusement les matériels assurant la manutention des marchandises sur
les quais ou aires d’expédition ;
 ensuite, veiller à un engagement normal, une utilisation rationnelle de ces mêmes matériels ;
 et enfin, confier ces engins à du personnel qualifié et habilité à les conduire.

Le choix de ces équipements doit se faire en fonction des installations existantes de l’entreprise et des
moyens de transports retenus pour évacuer les marchandises.

L’engagement des matériels de manutention doit être optimum car en-deçà et au-delà d’un engagement
normal des engins, les coûts augmenteraient exagérément.

Filière : Technicien en logistique 6/24


Guide de soutien, Module 16 : Expédition et chargement
Le personnel

Le personnel peut se diviser en trois classes :

 le personnel d’exécution
 le personnel administratif
 le personnel d’encadrement.

Dans chaque classe, on peut reconnaître :

 le personnel d’exécution :
- manutention
- conducteur d’engins
- emballeurs
- contrôleurs, pointeurs
- chauffeurs-livreurs

 le personnel administratif
- agent de planning
- rédacteur des documents d’expédition et de transport
- fichiste (gestion des emballages)

 le personnel d’encadrement
- responsable du service
- chef d’équipe de manutention
- responsable de l’emballage.

Chacun d’entre eux doit être compétent pour mener à bien la tâche qui lui est impartie.

Enfin, comme pour le matériel, un personnel pléthorique ne peut freiner l’activité et la qualité du service.

B.2 Définir les modes de transport

Le choix du mode de transport :

Le choix du mode de transport est fait en fonction des définitions et des particularités des divers modes :

 les transports terrestres :


- routiers,
- ferroviaires,
- fluviaux,
- combinés rail-route,
 les transports maritimes
 les transports aériens.

Chacun de ces modes de transport est caractérisé par des avantages et des inconvénients et les
contraintes qu'il impose.

Filière : Technicien en logistique 7/24


Guide de soutien, Module 16 : Expédition et chargement
Les divers modes de transport :

 La route :

La qualité maîtresse du transport routier est une souplesse qui lui permet de réaliser le porte-à-porte grâce
au développement du réseau routier qui est de loin le plus important des autres réseaux (ferroviaires,
fluviaux).
Un autre avantage se traduit également par une très grande vitesse d'exécution et par la possibilité de
grouper dans un même véhicule des envois en provenance ou à destination de plusieurs utilisateurs situés
sur un même parcours ou circuit.

 Le chemin de fer

Pratiquement insensible aux variations climatiques, le chemin de fer allie une régularité remarquable à une
grande sécurité d'exploitation. Toutefois, le chemin de fer supporte un handicap sérieux du fait qu'il est lié
à sa propre infrastructure (réseaux ferrés, gares).
Le porte-à-porte nécessite des ruptures de charges.
Cet inconvénient peut être pallié par des envois importants, par des techniques telles que les conteneurs,
les remorques rail-route et surtout les embranchements particuliers qui permettent d'assurer le porte-à-
porte des transports massifs.
Une autre faiblesse du chemin de fer réside dans le fait que les wagons isolés sont nécessairement
groupés en convois et dégroupés ensuite dans les centres de triage, ce qui augmente considérablement
les délais d'acheminement. Seuls les convois de trains complets échappent à cette servitude du triage.

 La navigation maritime

Elle offre un très large éventail de possibilités de transport qui concerne aussi bien la nature des
marchandises que leur tonnage.
Elle suppose toujours ou presque des parcours d'approche par un mode de transport terrestre
quelconque, ce qui peut poser de délicats problèmes de coordination et de stockage au port.

 La navigation aérienne

Outre une vitesse inégalée, la qualité dominante du transport aérien est une remarquable sécurité qui
autorise le déplacement sans risque d'avarie des marchandises les plus fragiles.
La navigation aérienne permet d'atteindre des points du globe inaccessibles dans des délais raisonnables
par tout autre moyen.
L'inconvénient du transport aérien est qu'il impose dans tous les cas des transports initiaux et terminaux
par voie terrestre ce qui peut parfois diminuer sa rapidité propre au déplacement par air.

Les critères de choix


Le mode de transport est-il ?
 adapté à la marchandise, distance, tonnage,
 plus ou moins rapide,
 utilisé au maximum des charges utiles,
 compatible avec la nature et l'encombrement des marchandises,
 en rapport avec la valeur de la marchandise (protection contre le vol, les intempéries, les
détériorations etc.),
 susceptible de faciliter les diverses opérations de chargement et de déchargement,
 en mesure de favoriser l'arrimage, etc.

Filière : Technicien en logistique 8/24


Guide de soutien, Module 16 : Expédition et chargement
La réponse à ces différentes questions ne peut s'effectuer qu'à travers les informations relatives :

 à l'expéditeur,
 au destinataire,
 à la marchandise,
 aux délais.

Elle est en dernier ressort fonction des coûts de diverses solutions satisfaisantes.

Enfin, une connaissance de l'évolution des tarifs et des coûts de transport sera nécessaire au service
expédition.

B.3 Mettre en place une tournée de livraison

But de l’organisation des tournées de livraison :


Les tournées de livraison constituent la phase terminale des opérations de distribution physique.
Rechercher une solution optimum (ou en s’approchant) minimisant les distances à parcourir (temps
minimum) ainsi que l’occupation maximum des véhicules (chargement maximum sans surcharge), cela
revient à minimiser le coût de livraison.

Filière : Technicien en logistique 9/24


Guide de soutien, Module 16 : Expédition et chargement
Il existe trois types de tournées :
- Tournées fixes : le circuit est établi une fois pour toutes (simplification du travail d’organisation,
remplissage du véhicule faible et rigidité du parcours).
- Tournées semi-variables : les secteurs géographiques sont fixes mais les tournées sont élaborées
en fonction des commandes reçues et du cumul des tonnages (taux de remplissage correct).
- Tournées variables : les tournées sont réactualisées chaque jour d’après les commandes recueillies.
(optimisation des ressources matérielles et humaines).

La méthode des écarts permet, à partir d’un parc de véhicules, d’établir une tournée de livraison, de
répondre aux besoins des clients de manière logique tout en respectant les règles économiques.

Elle a pour objectifs :


- d’évaluer les coûts d’une tournée de livraison,
- de réduire les coûts d’une tournée de livraison,
- d’optimiser les circuits de livraison.

Détermination des coûts :

 Il s’agit d’un point essentiel. En effet il est nécessaire de fixer le prix de vente de la prestation de
transport en fonction des coûts d’exploitation.
 Les coûts d’exploitation d’une tournée sont fonction de la durée d’utilisation du véhicule et du
kilométrage parcouru. Ils s’obtiennent en faisant l’addition des frais fixes (amortissement du
véhicule, salaire du chauffeur, ...) et des frais variables proportionnels au kilométrage parcouru
(carburant, pneu, ...).

Réduction des coûts :

 Le principal élément, majorant les coûts d’exploitation, est la durée de la tournée. Il convient donc
d’influer sur toutes les composantes permettant de réduire cette durée :
- Réaliser le chargement avant l’arrivée du chauffeur ou pendant les temps morts (ex. : pause
déjeuner du chauffeur).
- Réduire la durée des arrêts chez le client (moyen de manutention approprié, réduction au
maximum des tâches administratives).
- Réduire le nombre de clients par tournée pour diminuer le temps d’arrêt fixe (mise à quai, contact
avec le client, ...).
- Minimiser le nombre de kilomètres parcourus.
- Adapter les véhicules au trafic (trop petit : beaucoup de tournées ; trop grand : hausse du coût et
baisse du taux de remplissage).
- Localiser l’entrepôt d’éclatement au meilleur endroit.

Optimisation des circuits :

 Une des méthodes d’optimisation utilisées est celle dite « des écarts ». Pour la mettre en œuvre, il
est nécessaire de connaître :
- les distances séparant les clients de l’entrepôt,
- les distances séparant les clients entre eux,
- le nombre de véhicules et leur charge utile,
- le poids des marchandises à livrer en chaque point.

Filière : Technicien en logistique 10/24


Guide de soutien, Module 16 : Expédition et chargement
Méthode des écarts :

Fiche méthodologique :

1. Recueillir les données nécessaires :

- distances séparant les clients de l’entrepôt et les clients entre eux. (Distancier ou cartes routières)
- nombre de véhicules et leur charge utile (Documentation technique)
- poids de la marchandise à livrer en chaque point. (Commandes reçues ou liste des clients à desservir)

2. Calculer les écarts :

- déterminer le nombre d’écarts à calculer,

C = (n x (n - 1))/2, où n est le nombre de villes à desservir et C le nombre d’écart à calculer

- calculer les écarts

Écart entre les villes A, B et l’entrepôt O = distance OA + distance OB - distance AB

3. Classer les écarts dans l’ordre décroissant :

Plus l’écart est grand, plus le gain en kilomètres est important.

4. Constituer les tournées

En sélectionnant les couples les uns après les autres dans l’ordre du classement en évitant ceux qui
forment :
B
- une fourche,

A
C

- une boucle A B

avec les couples déjà retenus et en respectant la charge utile du véhicule.

5. Préciser le tonnage à livrer et le kilométrage par tournée et pour l’ensemble des tournées.

6. Calculer le taux de remplissage de chaque véhicule.

Taux de remplissage = (Charge/ Charge utile) x 100

Filière : Technicien en logistique 11/24


Guide de soutien, Module 16 : Expédition et chargement
Exemple :

Distancier

Localités Tonnage A B C D O
A 2 10 7 6 6
B 5 10 7 10 13
C 1,5 7 7 8 9
D 3 6 10 8 5
O 6 13 9 5

Carte schématique

XA

XB
XO
XC

XD

Calcul du nombre d’écarts

C = (n x (n - 1))/2  C = (4 x (4-1))/2 = 6

Calcul des écarts entre deux points clients

e (AB) = AO + OB – AB = 6 + 13 – 10 = 9
e (AC) = AO + OC – AC = 6 + 9 – 7 = 8
e (AD) = AO + OD – AD = 6 + 5 – 6 = 5
e (BC) = BO + OC – BC = 13 + 9 – 7 = 15
e (BD) = BO + OD – BD = 13 + 5 – 10 = 8
e (CD) = CO + OD – CD = 9 + 5 – 8 = 6

Classement des écarts par ordre décroissant

e (BC) e (AB) e (AC) e (CD) e (AD) e (BD)

Après avoir sélectionné l’ensemble des liaisons « clients », en suivant l’ordre établit ci-dessus
et en évitant les boucles et les fourches, comme on l’a vue plus haut, nous joignons chacune
des extrémités au dépôt.

Ecarts retenus

e (BC) e (AB) e (AC) e (CD) e (AD) e (BD)

Le troisième écart, e(AC) s’il avait été pris aurait fermé une boucle. Il a donc été laissé de côté, et l’écart
suivant a été pris.

Filière : Technicien en logistique 12/24


Guide de soutien, Module 16 : Expédition et chargement
XA
2° AB
XB
XO 1° BC
XC
3° CD

XD

Tournée retenue :

OABCDO = 11,5 tonnes (2 + 5 + 1,5 + 3)


= 36 km (6 + 10 + 7 + 8 + 5)

Cet outil a en effet pour objectif de réaliser la chaîne la plus courte possible pour joindre la totalité des
points.

Cette approche consiste à sélectionner les liaisons générant les écarts maximum pour approcher la
solution optimale.

Filière : Technicien en logistique 13/24


Guide de soutien, Module 16 : Expédition et chargement
C - ORGANISER LES OPÉRATIONS DE CHARGEMENT DE LA MARCHANDISE

C.1 Accueillir les transporteurs

L’accueil des chauffeurs consiste à leur transmettre différentes instructions et à effectuer différentes
vérifications.

Les instructions concernent :


 Instruction sur le lieu de chargement.
 Communication du protocole de sécurité.

Les vérifications :
 Vérifier que le chargement qu’ils apportent nous soit bien destiné.
 Heure et dates du rendez-vous (quand il y en a un).

C.2 Interpréter les documents d’expédition

La phase administrative de l'expédition consiste à établir les documents représentatifs de la marchandise


et créés en vue de son transport. Interviennent l'expéditeur, le transporteur (ou le commissionnaire de
transport) et le destinataire.

Tout envoi doit donc être sanctionné par l'établissement de documents, ceux-ci permettant de faire valoir
en cas de litige les transferts de propriété réalisés tant en quantité qu'en qualité.

Les principaux documents utilisés pour les expéditions se décomposent en :


 documents récapitulatifs des marchandises expédiées,
 documents de transport,
 documents d'identification des colis (étiquettes).

Documents récapitulatifs des marchandises expédiées :

C'est la liste détaillée des articles expédiés à un même destinataire par un même expéditeur et faisant
l'objet d'une expédition groupée.

Le document est appelé "bon de livraison". Il est établi par l'expéditeur et il régit les rapports entre
l'expéditeur et le destinataire. Il précise le détail des marchandises expédiées en fonction de la commande
qui a été passée.

Le bon de livraison concerne directement le destinataire.


Transfert de propriété  échange commercial.

Les documents de transport : (voir M 12)

L'ordre d'expédition (appelé aussi déclaration d'expédition) est établi par l'expéditeur.
Ce document régit les rapports entre l'expéditeur et le transporteur.

Filière : Technicien en logistique 14/24


Guide de soutien, Module 16 : Expédition et chargement
Filière : Technicien en logistique 15/24
Guide de soutien, Module 16 : Expédition et chargement
Il doit comporter les renseignements suivants :
 identité de l'expéditeur, du transporteur,
 identité du destinataire,
 nature de la marchandise,
 désignation des emballages,
 nombre de colis et numéros,
 poids brut de l'envoi,
 éventuellement le volume, les dimensions,
 port (payé, dû).

L'ordre d'expédition fait obligatoirement apparaître le nombre total de colis et le poids total du chargement
(poids brut).
L'ordre d'expédition sert de décharge pour l'expéditeur vis-à-vis du transporteur.
Le récépissé d'expédition sert de décharge pour l'expéditeur, le transporteur et le destinataire.

Il est obligatoire pour tout envoi sur trois plans :


 juridique (preuve du contrat de transport),
 administratif (contrôle de la coordination des transports),
 fiscal (droit de timbre).

Le récépissé est établi par le transporteur ou en cas d'accord par l'expéditeur.


Le récépissé établi par l'expéditeur remplace l'ordre d'expédition mais n'exclu pas la rédaction du
bordereau de livraison.

Documents d'identification des colis

Ces documents permettent d'améliorer la fiabilité du transport tant à l'expédition qu'à la réception des
marchandises. Ils sont, en principe, collés sur les colis (étiquettes) ou attachés ou agrafés.

Dans le but de normaliser :

 les mentions indispensables ou souhaitables qui doivent y figurer,


 les différents emplacements de ces mêmes informations,
et enfin de faciliter la lisibilité du document pour en simplifier l'utilisation par le personnel d'exécution,
la commission tripartie (fabricant, transporteur, distributeur) a conçu le modèle d'étiquette :
- Dimensions maximales : 150 x 100 mm.
- Mentions indispensables :
 case expéditeur : nom, ville, code postal
 case destinataire (3 à 4 fois plus grande que la case expéditeur) : nom, adresse réelle de la
livraison, code de la commune, numéro du département,
 case "partie de x colis" : réservée au numéro du récépissé ou du bon de livraison.
- Mentions souhaitables :
 case réservée au transporteur pour préciser son nom, le dépôt d'où vient la marchandise, etc.,
 date de livraison (faciliter les recherches), numéro de colis (utile si l'expéditeur connaît le
contenu du colis),
 case de document : réservée au numéro d'identification, numéro de reconnaissance des
expéditions convenu entre l'expéditeur et le destinataire. Ce numéro est très important car il
permet d'éviter les tris par référence et les pertes.

Filière : Technicien en logistique 16/24


Guide de soutien, Module 16 : Expédition et chargement
Bordereau de groupage :
Document permettant de regrouper sur le même document l’ensemble des envois transportés. Il informe,
entre autre, sur les caractéristiques et le nombre de colis par client,


d'ordre   BORDEREAU DE GROUPAGE   date :  
   
Destinataire
Départ : Origine : :  
                   
Port
N° bon de Nombre
N° Expéditeur Destinataire Département Poids Nature Payé Dû
remise de colis
                   
                   
                   
                   
                   
                   
                   
                   
                   
                   
                   
                   
                   
        Total          

C.3 Evaluer la charge de travail

Au même titre que le service réception contrôle les marchandises livrées à l'entreprise, le service
d'expédition contrôle quantitativement les marchandises qui lui sont remises par l'unité de production ou
de stockage.
Le contrôle quantitatif (comptage des colis) peut suffire quand il s'agit de grandes quantités de produits
homogènes avec un petit nombre de références.

Filière : Technicien en logistique 17/24


Guide de soutien, Module 16 : Expédition et chargement
Dans le cas de produits hétérogènes, un contrôle détaillé visant à vérifier la concordance entre les ordres
d'expédition et les étiquettes, doit être réalisé.

Selon l'origine des marchandises, le service expédition émet un document en double exemplaire, dont un
est destiné au service fabrication ou gestionnaire de stock, et l'autre, restant en souche pour justifier de la
prise en charge de l'expédition.

Il faut distinguer :
 Les expéditions sur fabrication qui vont contraindre le service expédition à procéder au
regroupement des divers éléments de la commande et donc à gérer un stockage d'attente
avant l'envoi.
 Les expéditions sur stock font l'objet de prélèvements directs. Il appartient au service
expédition d'organiser les tris par destinations, de pointer les bordereaux de livraison et de
veiller à l'acheminement correct des commandes.

Dans les deux cas, les divers éléments d'identification des marchandises à expédier :
 Nature,
 poids,
 volume et encombrement,
 conditionnement,
 particularités de conservation,
 restrictions de transport (périssabilité, fragilité),
 références de la commande,
 particularités du client (horaires d'ouverture, équipement),
 adresse de livraison,
 adresse de facturation,

sont des éléments indispensables devant être avance au service, pour bien réaliser sa mission.

Le chargement des véhicules :

L'étude des techniques de chargement dans un service expédition est un élément essentiel dans la
recherche d'optimisation économique du service.

En effet, ces opérations constituent très souvent un goulot d'étranglement dans l'évacuation des
marchandises du fait des ruptures de charge qu'elles suscitent (sauf dans le cas de chargement global).
Le développement de ce chapitre sera limité aux chargements palettisés ou conteneurisés et aux charges
isolées, transportés par route et par fer (cas les plus fréquents).

Une opération préliminaire au chargement consiste à déclencher la mise à disposition des véhicules, qu'il
s'agisse des véhicules propres à l'entreprise, comme des véhicules appartenant à des tiers. Ce n'est bien
évidemment qu'après cette précaution prise que le chargement pourra être envisagé.

Filière : Technicien en logistique 18/24


Guide de soutien, Module 16 : Expédition et chargement
Le choix des techniques de chargement :

Le choix de la technique de chargement doit être effectué en tenant compte de divers éléments :

 Composition de charges transportées


- charges palettisées ou conteneurisées
- charges isolées de faible poids
- charges isolées pondéreuses
 Accès au véhicule
- latéral
- dessus
- arrière
 Equipement du véhicule, en possibilités de chargement et/ou de saisissage.
 Installations fixes dans l'entreprise
- Existence ou absence de quai
 Equipement disponibles au lieu de chargement
 Moyens de manutentions utilisés
Certains de ces équipements sont imposés (composition des charges, équipement du véhicule...),
d'autres peuvent faire l'objet d'un choix entre diverses solutions possibles.
Le mode de chargement, soit global, soit à l'unité, est également déterminant dans le choix de la
technique de chargement.

Chargement global :

Cette méthode consiste à transférer en une seule opération l'ensemble d'un chargement du quai au
véhicule. Ce mode de chargement est réservé aux entreprises expédiant fréquemment des lots
importants.

Quelques procédés de chargement global :

 Chargement par transporteur à chaîne


Les palettes sont amenées automatiquement et mécaniquement sur le transporteur de pré-
chargement. Le camion équipé de rouleaux ou de glissières reçoit la charge, l'entraînement de la
chaîne fait avancer les palettes vers le véhicule à charger. L'opération de chargement ou de
déchargement demande 5 minutes pour 20 palettes.

 Chargement par pont gerbeur


Le pont gerbeur permet de manutentionner d'importantes unités de charge préalablement préparées
(on trouve fréquemment ce type de chargement dans les brasseries). Un camion plateau est ainsi
chargé en une opération.

Exemple : un véhicule à châssis pouvant recevoir trois palettes de 1300 x 1900 se décharge en 3
minutes.

 Chargement par coussin d'air


Technique encore peu utilisée. Le chargement est préparé à l'avance sur une plate-forme dont les
dimensions correspondent à celles du plancher du véhicule. La plate-forme repose sur deux
longerons permettant ainsi le passage de l'appareil équipé des dispositifs diffuseurs. Lors du
chargement, une source d'air comprimé alimente l'appareil. Ce dernier s'élève légèrement en
soulevant la plate-forme que l'on peut déplacer en tout sens avec un effort minime. Ce mode de
déplacement nécessite un sol en parfait état.

Filière : Technicien en logistique 19/24


Guide de soutien, Module 16 : Expédition et chargement
Chargement à l’unité :

L'accès des véhicules peut s'effectuer de différentes façons :

 par l'arrière (route)


 latérale (route-fer)
 par le dessus (route-fer, fluvial).

Pour chaque cas peuvent être envisagés des équipements ou moyens différents. Les tableaux
synoptiques nous montrent les différentes possibilités.

Filière : Technicien en logistique 20/24


Guide de soutien, Module 16 : Expédition et chargement
Disposition et arrimage à l’intérieur du véhicule (Transport par route ou par fer) :

Charges isolées

Divers paramètres doivent être pris en compte pour disposer les charges isolées dans un véhicule :

 la durée de séjour des marchandises,


 la hauteur de piles (s'assurer de la résistance à l'écrasement des emballages ou des produits eux-
mêmes),
 la charge reposant sur l'emballage inférieur dans le cas d'emballages non identiques,
 le produit (incompatibilité de voisinage même temporaire entre deux produits),
 s'il y a tournée de livraison, l'ordre de chargement du véhicule (inverse à l'ordre du déchargement),
 la surface d'appui sur et sous l'emballage, en effet le mode de gerbage est très important.
Exemple : si l'on dit que la résistance d'une caisse en carton est de 100, la résistance de ce même
carton est de 87 lorsque ce sont trois caisses empilées. Si ces caisses sont décalées les unes par
rapport aux autres, la résistance diminue.
 la répartition des charges par rapport aux essieux du véhicule en conformité avec les prescriptions
du code de la route.

Tout en ayant le souci d'occuper au maximum l'espace disponible du véhicule, il faut apporter un soin
particulier aux angles, cartons intercalaires de calage des charges qui peuvent être soumises à des chocs,
des vibrations durant le transport.

Filière : Technicien en logistique 21/24


Guide de soutien, Module 16 : Expédition et chargement
Charges palettisées ou conteneurisées

Les mêmes paramètres que pour les charges isolées peuvent être repris pour réaliser un chargement
rationnel et efficace.

Le positionnement des charges palettisées devra également tendre vers une occupation maximum de la
surface et de l'espace disponible.

Exemple :

un véhicule routier muni d'une caisse de dimensions intérieures de 2,44 m à 2,46 m permet le rangement
de deux palettes de 1200 x 1000 (de front sur la dimension 1200) ou encore de trois palettes de 800 x
1000 (de front sur la dimension 800).

Pour leur arrimage et leur calage, on peut l'effectuer horizontalement ou verticalement à l'aide de sangles.
Quelle que soit la solution retenue, l'ajustage des sangles s'effectue toujours par boucle de serrage à main
ou automatique.

L'arrimage des charges palettisées peut être également effectué à l'aide de rails d'arrimage soudés,
boulonnés ou vissés à l'ossature du véhicule soit horizontalement, soit verticalement. Les palettes sont
alors accrochées dans ces rails et deviennent solidaires de l'enveloppe du véhicule.

Le calage des charges peut aussi être assuré par des coussins en caoutchouc gonflables.

NOTA : Lors du chargement bien s'assurer de la répartition de la charge par rapport aux
essieux du véhicule (voir législation) de façon à obtenir une pression uniforme de la charge sur le plancher
du véhicule. Il y a risque de basculement du véhicule si la répartition est mauvaise. Veiller également au
poids maximum pouvant être embarqué dans un véhicule (pénalisation en cas de surcharge).

L'ordre de chargement doit être respecté au même titre que les charges isolées en cas de livraison
unitaire et successive des marchandises transportées (lot constitué pour plusieurs destinataires).

Dans certains cas, les charges palettisées devront être disposées dans un conteneur. Plusieurs solutions
pourront être envisagées en fonction :

 des dimensions du conteneur,


 des dimensions des palettes.

A noter que l'on constate qu'avec la palette 1200 x 1000, le taux de remplissage de tous les conteneurs se
situe entre 80 et 92 %, tandis que pour la palette 1200 x 800 le taux de remplissage n'atteint que 71 à 82 %.

C.4 Contrôler les marchandises à expédier

Voir contenu dans Module 12 - Réception et déchargement réception

Filière : Technicien en logistique 22/24


Guide de soutien, Module 16 : Expédition et chargement
D - VALIDER LES DOCUMENTS ET DE RENDRE COMPTE

D.1 Renseigner les documents d’accompagnement de la marchandise


(Voir M 12)

D.2. Informer sur le déroulement de l’expédition

Une expédition, comme toute opération effectuée dans un entrepôt, doit être « rentrée » dans le système
informatique. Cet enregistrement peut s’avérer plus ou moins complexe suivant le système informatique
en cours. (voir M 10)

Le tableau de bord doit également être renseigné (voir M 08)

Filière : Technicien en logistique 23/24


Guide de soutien, Module 16 : Expédition et chargement
Filière : Technicien en logistique 24/24
Guide de soutien, Module 16 : Expédition et chargement

Vous aimerez peut-être aussi