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Techniques d’exposé ou la communication publique

Les questions qui se posent :


Comment pouvez-vous préparer un exposé ou un discours efficace ? Quel genre
d’introduction donnera les meilleurs résultats ? De quelle manière pouvez-vous
conclure un exposé ? Quels comportements devez-vous éviter au moment
d’amorcer un discours et de le conclure ? Craignez-vous de prendre la parole en
public ? Comment pourriez-vous calmer cette appréhension et même en arriver à
prendre plaisir à la communication publique ?

La communication publique est une forme de communication où un orateur


s’adresse à un auditoire assez nombreux en prononçant un discours relativement
continu. Un étudiant qui présente un exposé à sa classe, un enseignant qui donne
un cours, un politicien qui fait un discours électoral offrent autant d’exemple de
la communication publique.

La communication se fait en trois temps : avant ; pendant ; après/


AVANT L’EXPOSE
Avant, c’est la période de la PREPARATION de l’exposé.
On doit compléter huit étapes pour préparer un discours efficace :
1 : choisir le sujet du discours et établir son but
2. Analyser son auditoire
3. Se documenter sur le sujet
4. Enoncer la thèse de l’exposé et définir les principales propositions à examiner
5. Etayer les principales propositions formulées
6. Organiser le contenu du discours
7. Composer le discours (et choisir son titre)
8. Préparer la conclusion et l’introduction
I. Choisir le sujet du discours et établir son but
Le sujet. La première étape consiste à choisir le sujet duquel on traitera et à
définir le but général ainsi que les objectifs particuliers que l’on souhaite
réaliser.
(il faut choisir un sujet qui saura intéresser l’auditoire)
Le but général. On reconnaît deux grands buts aux exposés ou discours, soit
informer les gens soit les persuader : L’exposé informatif amène la
compréhension ; il clarifie un sujet, fait la lumière, dissipe les idées fausses,
explique le fonctionnement de quelque chose ou décrit sa structure. Lors d’un
exposé de ce type, on recourt surtout à des éléments qui permettent d’amplifier
les idées émises, tels qu’exemples, définitions, témoignages et matériel
audiovisuel. Le discours persuasif, quant à lui, influe sur les attitudes ou les
comportements. Il renforce ainsi les attitudes existantes de l’auditoire ou pousser
ce dernier à modifier ses croyances. Pour renforcer ou modifier les attitudes et
les comportements, il ne suffit pas de développer certaines idées. On doit aussi
fournir des preuves, apporter des arguments et mobiliser les enthousiasmes.
Le but particulier. Le but particulier du discours indique soit l’information que
l’on compte transmettre (dans le cas d’un discours informatif), soit l’attitude ou
le comportement que l’on désire modifier (dans le cas d’un discours persuasif)

II. Analyser son auditoire


Pour être à même d’informer ou de persuader ses auditeurs, il faut les connaître.
Que savent-ils déjà ? sur quoi voudraient-ils en apprendre davantage ? quelles
sont les attitudes, leurs opinions et leurs croyances ? quelle est leur position en
ce qui a trait aux questions que l’on souhaite aborder ? on pourrait choisir de
s’attarder sur certains éléments :
L’âge/ quel est l’âge moyen des auditeurs ? l’âge des auditeurs impose-t-il
certaines restrictions quant au sujet, au langage ou aux exemples que l’on peut
choisir ?
Le sexe/ y- a-il une prédominance d’hommes ou de femmes au sein de
l’auditoire ? est ce que les hommes et les femmes ont une vision différente du
sujet que l’on traitera,
La profession/ la religion/ l’environnement physique (l’éclairage ; le nombre de
siège par exemple sont ils suffisant ?)

III. Se documenter sur le sujet choisi


Tout orateur doit se documenter sur son sujet s’il veut présenter un discours
valable qui lui profitera et apportera quelque chose à son auditoire. Les
recherches documentaires par ordinateur dans les bibliothèques… il faut savoir
utiliser les bases de données et faire des recherches par critères pertinents..
Quelques sources à consulter lors d’une recherche :les ouvrages ; dictionnaire et
encyclopédies ; index : monographies : manuels généraux ; les études
particuliers : les ouvrages biographiques……

IV. Énoncer la thèse du discours et définir les principales


propositions à examiner
La thèse que l’on soutiendra lors d’un discours constitue la principale
affirmation que l’on avancera, c'est-à-dire l’essentiel de ce que l’on veut
communiquer à l’auditoire.
Il faut :
*Formuler sa thèse : une thèse se définit comme l’idée principale que l’on veut
transmettre à son auditoire. Dans le cas d’un exposé persuasif, par exemple
imaginons un discours devant inciter les membres de l’auditoire à voter pour
untel. La thèse de ce discours pourrait s’énoncer comme suit : « Nicolas sarkozy
est le meilleur candidat à la présidentielle ». c’est en effet de cela que l’on
souhaite convaincre les membres de l’auditoire ; c’est ce que l’on veut qu’ils se
rappellent même s’ils oublient tout le reste.
Dans un exposé informatif, par contre, la thèse doit indiquer ce que l’on désire
apprendre à l’auditoire.
Au moment de formuler sa thèse, on doit s’en tenir à un seul objectif
central ou à une seule grande idée.
*Générer les idées directrices du discours à partir de la thèse énoncée : « si vous
voulez que je parle pendant dix minutes, je viendrai la semaine prochaine, si
vous voulez que je parle durant une heure, je viendrai ce soir » Woodrow
Wilson. L’individu qui prépare un discours doit mettre à profit pour trouver les
grandes idées qu’il développera. Une fois cette thèse énoncée, les principales
divisions de son exposé lui viendront à l’esprit : (les principales réponses à la
problématique). Les idées ou les réponses trouvées n’ont pas toutes la même
importance et certaines touchent moins le sujet. Il faut donc réduire le nombre
des réponses pour que les idées retenues aient plus de poids/ Voici quelques
suggestions sur la manière à procéder :
 Eliminer les idées qui semblent moins importantes.
 Combiner les idées qui se rattachent à un même élément
 Choisir les idées qui touchent le plus l’auditoire. Il faut se demander ce qui
intéressera le plus les membres de l’auditoire (cela suppose donc de le
connaître)
Voici quelques règles additionnelles à appliquer au moment de trouver et de
développer les idées principales d’un discours :
 Retenir deux, trois ou quatre idées directrices au maximum. (s’abstenir
d’apporter trop d’information surtout lorsqu’on est limité par le temps)
 Formuler ses propositions en adoptant une structure parallèle. Il convient de
donner la même structure à toutes les principales propositions que l’on
émet.
 Élaborer ses idées de manière qu’elles soient séparées et distinctes. Les idées
émises ne doivent pas se chevaucher les unes les autres
V. Étayer les principales propositions formulées.
ARGUMENTATION
Après avoir défini la thèse et les principales propositions d’un discours, il faut
les appuyer, les soutenir. Dans le cas d’un discours informatif, on souhaite avant
tout développer les concepts dont on parle- les décrire, les clarifier et en apporter
des exemples. Dans le cas d’un discours persuasif, on s’efforcera par contre de
prouver ce que l’on avance. Pour ce faire, on utilisera des preuves, des
arguments tout en s’assurant d’établir sa crédibilité et sa réputation en tant
qu’orateur. Ex. Si on veut convaincre d’acheter un produit, on avance
l’argument du prix le moins cher : il faut que l’information soit réelle.

VI. Organiser le contenu du discours. STRUCTURATION


Il faut que le contenu soit structuré pour que les membres de l’auditoire puissent
le compendre et le garder en mémoire. Il existe cinq types de plan :
1. Le plan chronologique : on ordonne souvent les idées directrices d’un exposé
informatif sur la base d’une relation temporelle quelconque/ (sujets à caractère
historique ou sur une notion ayant eu une évolution récente, ex loi nouvelle
ayant modifié une loi ancienne sur un concept).
2. Le plan problème-solution : il est fréquent de structurer un discours persuasif
en exposant ses idées principales sous la forme de problème et de solution : une
partie consacrée aux problèmes et une autre aux solutions/
3. Le plan thématique : le plan par lequel on organise un exposé en fonction de
grands thèmes (ex : les pouvoirs de l’Etat)
4. Le plan spatial qui correspond le plus aux discours informatif (les villes de
France à visiter en vacances !!)
5. Le plan causal : il ressemble au plan problème-solution et fait en sorte que
l’on examine d’abord les causes puis les effets ou vice-versa.
VII. Composer le discours. SOIGNER LE STYLE
Au moment de composer le discours, il importe de présenter ses idées
principales et ce qui les étaie dans un style facilement compréhensible. En effet
l’auditoire n’entendra ce discours qu’une seule fois, de sorte que tout ce que l’on
dit doit être instantanément intelligible. Il ne faut pas adopter un ton de
bienveillance supérieure, mais s’assurer que toutes les idées que l’on avance
seront faciles à comprendre peu importe leur complexité.
On choisira des mots simples plutôt que complexes et concrets plutôt
qu’abstraits. Il convient de s’exprimer d’une manière personnelle et
décontractée plutôt qu’impersonnelle.
Il faut prendre garde de ne pas offenser certains membres de l’auditoire. A cette
fin, on doit se rappeler que tous les médecins ne sont pas des hommes et toutes
les secrétaires ne sont pas des femmes/

VIII. Préparer la conclusion et l’introduction


On doit accorder une attention spéciale à la conclusion et à l’introduction parce
qu’elles déterminent en grande partie l’efficacité d’un exposé.

La conclusion
Il faut préparer la conclusion d’un exposé avec soin.
Par la conclusion, on doit conclure d’une manière précise et non confuse, il ne
faut pas laisser l’auditoire se demander si on a bel bien terminé. On peut
conclure de différentes façons :
Avancer des recommandations
Faire une ouverture sur d’autres questions susceptibles d’être traitées en relation
avec le sujet.
Utiliser une citation
Faire mention d’événements à venir
L’introduction
« la dernière chose qu’on trouve en faisant un ouvrage est de savoir celle qu’il
faut mettre la première » généralement l’introduction est faite après avoir une
idée d’ensemble des principales idées que l’on souhaite traiter. Mais ce n’est pas
une règle générale.
Dans l’introduction, on doit s’efforcer d’élaborer une introduction qui captera
l’attention des membres de l’auditoire et qui leur permettra de s’orienter.
Voici quelques moyens d’y parenir :
→Capter l’attention : poser une question ; faire allusion à des membres de
l’auditoire en les associant à son discours d’une façon directe ; faire mention
d’événements récents ; fournir un exemple ou raconter une anecdote sérieuse ou
humoristique ; utiliser du matériel audiovisuel
→Orienter l’auditoire : l’intro devrait permettre aux membres de l’auditoire de
s’orienter, de suivre de plus près le cours des pensées de l’orateur et cela de
diverses manières : donner à l’auditoire un aperçy général du sujet que l’on va
traiter : ce soir, j’aimerai vous parler de la réforme fiscale proposée ; je vais me
pencher sur les différences liées au sexe en manière de communication…
→Fournir un aperçu détaillé des principaux thèmes que l’on examinera. On peut
choisir de faire connaître quelques éléments que l’on étudiera. Ex au cours de ce
bref exposé, je parlerai de quatre grandes attractions de la ville de Paris : ses
activités nocturnes, ses théâtres, ses restaurants et ses musées/
→Indiquer l’objectif que l’on espère atteindre.

Quelques erreurs souvent commises lors de l’introduction et de la


conclusion
Il importe d’éviter les erreurs suivants que commettent beaucoup d’orateurs
*Présenter des excuses. In s’excuse fréquemment de quelque chose lorsqu’on
prononce un discours. Or, il faut s’en abstenir : je ne suis pas un spécialiste en la
matière ; je n’ai pas lu autant de chose sur ce sujet que j’aurais du le faire
Je ne suis pas très doué pour prendre la parole en public…
*Annoncer l’introduction : il faut éviter de l’erreur répandue qui consiste à
entreprendre un discours par un énoncé inefficace du genre : je suis plutôt
nerveux, mais autant me jeter à l’eau ; avant de commencer, je voudrais
simplement dire….j’espère ne rien oublier en cours de route
*apporter des éléments nouveaux lors de la conclusion. A cette étape, on
renoncera à présenter de nouveaux éléments pour tenter plutôt de renforcer ce
qu’on a déjà dis
Avant l’introduction d’un exeposé
Tout orateur doit comprendre qu’il entreprend son discours avant même d’ouvrir
la bouche, soit dès que l’attention de l’auditoire se porte sur lui. Il faut se
montrer enthousiaste lorsqu’il se dirige à l’endroit d’où il prononcera son
discours. On doit éviter de laisser paraître des signes de gêne ou de
mécontentement. En effet, personne ne voudra écouter un orateur visiblement
malheureux de prendre la parole. Il faut se tenir face à l’auditoire en ayant la
maîtrise de soi.
On s’abstiendra en outre d’entreprendre son discours dès que l’on se lève ou
même dès que l’on se trouve devant l’auditoire. Il vaut mieux prendre le temps
de balayer ses auditeurs du regard, d’établir un contact visuel avec eux et
d’attirer leur attention.

PENDANT L’EXPOSE
Dans un exposé, la séquence incitative est une étape importante. En effet, elle
permet d’organiser l’information que l’on présente d’une manière qui incite
l’auditoire à réagir favorablement au but que l’on vise/ elle compte cinq étapes :
1. capter l’attention : si on exécute bien cette première étape, les gens auxquels
on s’adresse devraient être avides d’entendre ce qu’on a à leur dire. ( plusieurs
moyens pour capter l’attention.. v. intro)
2. Démontrer l’existence d’un besoin. La 2e étape consiste à prouver l’existence
d’un besoin. Il faut donner aux membres de l’auditoire le sentiment qu’ils
doivent en apprendre davantage ou faire quelque chose en raison de ce besoin :
en décrivant le besoin ou le problème ou qu’il peut se manifester ; apportant des
exemples, des témoignages , des statistiques ; en indiquant ses effets sur la
situation financière, les objectifs professionnels..
3. Expliquer comment satisfaire le besoin révélé. A cette étape, on présente la
solution permettant de satisfaire le besoin que l’on a mis en évidence.
4. Donner une vision de l’avenir. Donner une vision de l’avenir vient renforcer
les sentiments ou les croyances de l’auditoire.
5. Inciter à l’action. On indique ici aux membres de l’auditoire ce qu’ils
devraient faire pour combler le besoin mis en évidence.

Pendant l’exposé : Le trac ou l’appréhension de l’orateur


De tous les éléments reliés à la communication publique, l’appréhension ou le
trac de l’orateur est celui dont on se préoccupe le plus.
Comment remédier au trac :
Cinq facteurs influent tout particulièrement sur la crainte que la communication
publique inspire aux étudiants. Leur bonne compréhension aide à les maîtriser et
combattre le trac.
1. La nouveauté. Les situations nouvelles et différentes rendent les gens
anxieux. (accumuler les expériences en com publique)
2. Le sentiment d’infériorité. Lorsqu’une personne a l’impression que les
autres s’expriment mieux qu’elle en public ou possèdent des connaissances plus
étendues que les siennes, elle se sentira davantage craintive. (adopter une image
positive de soi et en préparant ses discours avec minutie) « les apparences sont
primordiales dans notre métier et il est très important de donner l’impression
d’avoir confiance en soi. Sitôt que l’on paraît douteux, on se fait manger tout
cru »
3. Le fait d’être le centre d’intérêt. une personne deviendra plus craintive si
tous les regards se portent sur elle, comme c’est le cas dans la prise de parole en
public. On doit par conséquent essayer d’envisager toute communication
publique comme une sorte de conversation. Si on n’éprouve aucune gêne de
s’exprimer devant un petit groupe, on devrait se représenter tout auditoire à la
manière d’un groupe restreint élargi.
4. La dissimilitude. On se sent craintif lorsqu’on juge avoir peu de choses en
commun avec son auditoire. il faut donc préparer tout discours et le présenter en
s’efforçant de mettre en évidence les points que l’on a en commun avec ses
auditeurs.
5. Les expériences antérieures malheureuses. Toute personne qui a déjà
souffert du trac court un plus grand risque d’être de nouveau anxieuse. Des
expériences positives en matière de communication publique aident à réduire
l’ampleur de cette source d’appréhension.

Voici quelques suggestions additionnelles pour réagir au trac et le maîtriser :


* Se préparer et s’exercer le mieux possible : une préparation inadéquate, tel un
manque de répétition suffit à engendrer une certaine crainte. Celle-ci résulte
alors de la peur d’échouer. En se préparant bien, on réduit la possibilité d’un
échec et l’appréhension qui en découle.
* Acquérir de l’expérience : l’expérience aidera les orateurs qui souffrent d’un
trac modéré. Elle leur permettra de constater qu’ils sont en mesure de prononcer
un discours efficace malgré leurs craintes.
* Garder le sens des proportions : il faut conserver des attentes réalistes à son
propre égard et à celui de son auditoire. On n’a pas à être le meilleur orateur de
la classe, ni même à s’exprimer aussi bien que la personne assise à côté de soi.
L’important est de faire de son mieux, c’est avec soi même qu’il faut rivaliser.
* Avoir recours à l’activité physique, à la respiration abdominale et
l’hydratation : on peut généralement faire baisser son degré d’appréhension
grâce à l’activité physique – à des mouvements amples du corps et à des
mouvements restreints des mains, des muscles faciaux et de la tête. Ainsi,
l’orateur qui a le trac devrait préparer un discours où il pourra écrire au tableau
ou faire une démonstration pour avoir à bouger.
La respiration abdominale apporte quant à elle une détente physique. en prenant
quelques inspirations profondes avant de se lever pour faire un discours, on sent
son corps se détendre.

APRES L’EXPOSE
Si l’on présente un discours devant être suivi d’une période de questions que
l’on animera soi même, il convient de marquer un temps d’arrêt à la fin de son
exposé. Après seulement, demandera-t-on aux membres de l’auditoire s’ils ont
des questions. Une fois l’exposé fini, on continuera de regarder l’auditoire
pendant une seconde ou deux avant de regagner son siège en marchant (et non
en courant ni en soupirant)