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Ministère de l'enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique

Université de Sousse
Institut des Hautes Etudes Commerciales de Sousse

Rapport de Stage en vue de l’Obtention du diplôme de


licence appliquée en comptabilité

Les entreprises en
difficultés économiques :
Cas de la société AW
Présenté et soutenu publiquement par :
AKERMI Firas

Encadrant académique: KHADHRAOUI Noureddine


Encadrant Professionnel : EL KAFSI Ahmed

Année universitaire 2018/2019


Remerciements

A l'issue de ce travail, je tiens à remercie Dieu tout puissant de m'avoir gardé jusqu'à
l'aboutissement de ce rapport de stage.

Mon remerciement s'adresse à tous mes enseignants de l'IHEC pour leurs précieux efforts
déployés pour guider mon pas et enrichir mes connaissances et mon savoir-faire, tout au
long de mes études universitaires de 5 ans. Ils sont à la base de ma formation et de mon
éducation et ont très souvent fait preuve avec moi d'attention, de tolérance et de
magnanimité.

Je tenais à exprimer toute ma gratitude et mes hautes considérations à Mr. KHADHRAOUI


Noureddine pour avoir aimablement encadré mon travail, pour ses qualité humaines, pour
la confiance qu'elle m'a accordées en me confiant ce sujet, ses conseils avisés et judicieux
et ses remarques pertinentes qui m'ont permis de mettre à terme ce rapport. Je lui exprime
mon honneur d'avoir acceptée l'encadrement de ce travail.

Je remercie également Mr. EL KAFSI Ahmed, qui par leur précieux conseil et directives
m'a initié à la recherche et dirigé mon travail avec les sérieux et la compétence qui le
caractérisent pour le soutien qu'il m’a toujours accordé tous au long de mon travail.

Je remercie également Mr. Abdelwaheb BELAIBA pour m'avoir intégré rapidement au


sein de cabinet et m'avoir accordé toute sa confiance pour le temps qu'il m’a consacré tout
au long de cette période sachant répondre à toutes mes interrogations, sans oublier sa
participation au cheminement de ce rapport.

Mes gratitudes sont adressées à tous les membres de jury de bien avoir voulu accepté
d'évaluer ce travail. Qu'ils trouvent ici le témoignage de mon vive reconnaissance et mes
profondes gratitudes.
Dédicaces
Avec tout respect et amour je dédie ce modeste travail

À ma très chère mère FAOUZIA

Tu représente pour moi la source de tendresse et l’exemple de dévouement qui n’a pas
cessé de m’encourager. Tu as fait plus qu’une mère puisse faire pour que ses enfants
suivent le bon chemin dans leur vie et leurs études.

Je te dédie ce travail en témoignage de mon profond amour. Puisse Dieu, le tout puissant,
te préserver et t’accorder santé, longue vie et bonheur.

À mon très cher père AMOR

Aucune dédicace ne saurait exprimer l’amour, l’estime, le dévouement et le respect que


j’ai toujours pour vous. Rien au monde ne vaut les efforts fournis jour et nuit pour mon
éducation et mon bien être. Ce travail et le fruit de tes sacrifices que tu as consentis pour
mon éducation et ma formation le long de ces années, que dieu te préserve et te procure
santé et longue vie.

À mes adorables frères, sœurs

AZZA, FADI

Merci d'être toujours à mes côtés, par votre présence, par vos amours dévoués et votre
tendresse pour donner du goût et du sens à ma vie. En témoignage de mon amour et de ma
grande affection, je prie pour que ma joie soit complétée, ma sœur réussira à l'examen du
baccalauréat avec mention.

À mes adorables amis

IKRAM, WALID, BRAHIM, OUAIS, ALA, FATMA, MANEL, MOHAMED, ALI...

Je vous remercie de votre soutien et de vos encouragements continus. Je prie Dieu de vous
donner ce que vous souhaitez.

A tous mes enseignants depuis mes premières années d’études.

AKERMI Firas
Liste d’abréviation

CC : Code de Commerce

CSC : Code de Sociétés commerciales

ART : Article

RA : Règlement amiable

RJ : Règlement judiciaire

CSEE : Commission de suivi des entreprises économiques

CAC : Commissaire aux Comptes

CP : Cessation de paiements

AJ : Administrateur judiciaire

PO : Période d’observation

JC : Juge commissaire

PR : Plan de redressement
Sommaire

Introduction générale ................................................................................................. 1.

Chapitre 1 :Présentation du cabinet et cadre du stage ............................................... 3.

Introduction ............................................................................................................... 4.

Section 1 : Présentation du cadre de stage ............................................................... 4

Section 2 : Les tâches effectuées au sien de stage ................................................... 10

Conclusion................................................................................................................ 19.

Chapitre 2 :Redressement des entreprises en difficultés économiques ..................... 19.

Introduction ............................................................................................................. 21.

Section 1 : La prévention des entreprises en difficultés ........................................ 21.

Section 2 : Règlement amiable .............................................................................. 25.

Section 3 : règlement judiciaire ............................................................................ 30.

Section 4: Les sorts d'entreprise en difficulté ....................................................... 32.

Conclusion................................................................................................................ 37.

Chapitre 3 :Les entreprises en difficultés économiques: Cas de la société AW ........ 38.

Introduction ............................................................................................................. 39.

Section 1. Présentation de la société ...................................................................... 39.

Section 2 : Les procédures de règlement judiciaire ............................................... 42.

Section 3 : Le plan de redressement ...................................................................... 45.

Conclusion générale ............................................................ 50Erreur ! Signet non défini.

Bibliographie ............................................................................................................. 55
Les entreprises en difficultés économiques

Introduction générale

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Les entreprises en difficultés économiques

Dans le cadre de ma formation théorique en vue de l'obtention du diplôme de licence


appliquée en comptabilité et de finaliser mes études à l'Institut des Hautes Études
Commerciales de Sousse IHEC, il s'avère nécessaire de compléter cette formation par une
expérience pratique pour acquérir les connaissances et les compétences indispensables afin
d'accéder au marché d'emploi.

Dans ce sens, j'ai effectué un stage durant 3 mois (allant du 01 février jusqu'au 30 avril
2019) dans un cabinet d'expertise "CAEK" (Cabinet Ahmed El Kafsi).

Les entreprises, durant leur cycle d'exploitation, sont confrontées à des difficultés
juridiques, économiques ou financières de nature à compromettre leur survie. Celles-ci
peuvent prendre des propositions importantes les conduisant rapidement vers une cessation
d'activité si elles ne sont pas traitées suffisamment tôt.

A cet effet, le législateur tunisien a prévu un ensemble d'outils et de techniques afin de


venir en aide aux entreprises qui éprouvent des difficultés économiques ou qui risquent de
les éprouver. Le législateur tunisien est intervenu en 1995 pour introduire une réforme du
droit de procédures collectives à travers la loi n°95-34 du 17 avril 1995 relative au
redressement des entreprises en difficultés économiques telle que modifiée à trois reprises
par la loi n°99-63 du 15 juillet 1999, par la loi n°03-79 du 29 décembre 2003 et par la loi
n°16-36 du 29 avril 2016.

Grâce à la loi n°36 de 2016 date du 29/04/2016 le législateur à abrogée le 4éme livre de
code de commerce pour le remplacer par un nouveaux chapitre intitulé "la procédure
collective", Ce mécanisme juridique est né pour aider les entreprises à atteindre plusieurs
objectifs qui sont principalement : d'offrir la possibilité aux entreprises de sauvegarder leur
activité économique (emploi et croissance), de les sauver et non pour les mettre en faillite,
les aider à surmonter les difficultés et à assurer leur survie, leur pérennité et leur durabilité.

Classiquement la procédure de cette loi passe par trois étapes importantes : règlement
amiable, règlement judiciaire et redressement.

La loi tunisienne donne la priorité au sauvetage de l'entreprise en difficulté, afin de


sauvegarder les emplois puisque le maintien de l'activité de l'entreprise permet le maintien
des emplois donc moins de chômage sur le marché. C'est dans ce sens que l'article 1er de la
loi prévoit que " le régime de redressement tend essentiellement à aider les entreprises qui

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Les entreprises en difficultés économiques

connaissent des difficultés économiques à poursuivre leur activités et à maintenir les


emplois et à payer leur dettes".

Les causes de ce problème ne sont pas seulement d'ordre financier (manque de liquidité,
manque de financement, volume d'activité en baisse...) mais il peut être aussi d'ordre social
(dégradation de climat sociale grève, mauvaises gestion personnels, nombreux départs ou
un sous effectifs.).

Pour faire face à cette mauvaise situation, il existe plusieurs solutions procédurales pour
tenter de stabiliser la situation. Ces procédures ne sont pas nouvelles même s'ils ont subis
de nombreuses reformes ces dernières années.

L'article 413 nouveaux de Code de Commerce(CC) à définis la procédure collective par la


procédure de redressement de l'entreprise en difficulté économique ainsi que la procédure
relative à la faillite.

La procédure de prévention comprend deux phases :

- Une première phase représentée par une procédure d'alerte.

-Une deuxième phase prévoit la constitution d'un accord amiable entre le débiteur et le
créancier pour sauver l'entreprise.

Lorsque la prévention est insuffisante, il est nécessaire de passer à la phase judiciaire :


celle le redressement ou parfois même celle de la faillite.

Le redressement occupe une place centrale dans la loi 29/04/2016 cet objectif qui apparait
comme la priorité de législateur peut passer soit par la continuation de l'activité de
l'entreprise, soit sa cession ou encore par la location gérance qui sont les trois solutions
proposée par la loi.

Quant à la faillite le législateur n'a voulus lui donner qu'un rôle secondaire, c'est à dire
comme une dernière solution au cas où il n'existe aucune chance de redressement.

Nous pensons alors, que l'importance du sujet tient d'abord de l'importance de l'entreprise
en tant qu'agent économique créateur de richesses et noyau du tissu économique, il faut
donc acquérir des compétences en matière de prévention et de redressement des entreprises
en difficulté économique. Alors, comment pouvons-nous aider les entreprises à passer
au barreau de la paix selon les procédures collectives?

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Les entreprises en difficultés économiques

Chapitre1 :
Présentation générale du
cabinet CAEK

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Les entreprises en difficultés économiques

Introduction
Dans cette partie nous visons de présenter l'importance du stage comme un lieu
privilégié entre la formation et l'emploi des étudiants. Le stage nous aide à développer les
capacités d'analyse et de synthèse et de faire une comparaison entre la définition théorique
et l’application pratique. Dans le cadre de la réalisation du projet de fin d’études j’ai choisi
d’effectuer mon stage dans le cabinet de l’expert comptable AHMED EL KAFSI.

Enfin, je vais détailler les différentes missions et tâches que j'ai pu effectuer au sein
de ce cabinet, et les nombreuses choses que j'ai pu acquérir.

Section 1 : Présentation de Cabinet :


1. Historique de cabinet :
Le cabinet CAEK est une société d’expertise comptable et de commissariat aux
comptes inscrit à l’ordre des Experts comptables de Tunisie et elle se trouve à Sahloul,
Sousse .Il est fondé par son propriétaire Mr. AHMED EL KAFSI en 2006. Il est constitué
d’une équipe homogène et bien formée.
Expert comptable
Mr Ahmed El Kafsi

Personnel adminstratif

Chef de Département
Chef de Département
audit et commissariat
comptable et fiscale
aux comptes

Assistance Comptable Chef de mission

Assistance Fiscale Réviseur

Schéma 1 : Organigramme du cabinet

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Les entreprises en difficultés économiques

Fiche signalétique du Cabinet :


 Dénomination sociale : cabinet Ahmed El Kafsi (CAEK)
 Forme : entreprise individuelle
 Secteur : profession libérale
 Type d’activité : Commissariat, Révision des comptes, Audit, Conseil de
gestion, Assistance, Organisation et Etude.
 Responsable du Cabinet : Mr. Ahmed El Kafsi expert-comptable, membre de
l’OECT, ancien enseignant à l’IHEC de Sousse et actuel président du conseil
régional du centre des experts comptables.
 Le cabinet est assisté par :
 04 Experts comptables stagiaires
 12 Maîtrisards en sciences de gestion et études comptables
 01 Personnel administratif
 Adresse du Cabinet : Rue Yasser Arafat immeuble Jiaiem bloc A sahloul1,
4054 Sousse.
 Matricule fiscale : P/A/978938/B.
 Téléphone : 73 821 760 / 73 821 761.
 Fax : 73 821 762.
 E-mail : cabinetkafsi@aek.com.tn.

2. Les services assurés par le cabinet :


2.1. Les travaux d'assistance comptable
La loi n° 96-112 du 30 décembre 1996, relative au système comptable des entreprises
stipule dans son deuxième article que :
« La tenue de la comptabilité s'appuie sur des pièces justificatives et comporte la tenue des
livres comptables ainsi que l'élaboration et la présentation des états financiers et ce
conformément aux dispositions de la présente loi. »
En se basant sur cet article, on peut révéler que la première étape dans la tenue de la
comptabilité est la collecte des documents comptables.

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Les entreprises en difficultés économiques

2.2. Les documents comptables


Ce sont les factures d’achats et de vente, les bons de caisse, les bordereaux, les relevés
bancaires, les chéquiers, les déclarations sociales et fiscales, les journaux de paie et tous
autres documents de charge et de produits.
En premier lieu, nous devons classer ces documents dans le but de faciliter leur traitement
et consultation et permettre la saisie informatisée des données.
Le classement se fait par référence de date ou par nature des documents (Achat, vente,
banque…)
2.3. La saisie des écritures comptables
Pour constater les écritures comptables, nous utilisons les cinq journaux auxiliaires
suivants :
· Un journal d’achat
· Un journal de vente
· Un journal de caisse
· Un journal de banque
· Un journal d’opérations diverses
Nous passons les écritures comptables en s’appuyant sur un tableau qui s’affiche sur
l’écran de l’ordinateur, celui-ci contient les comptes de bilan, les comptes de charges, et les
comptes de produits selon la nomenclature du plan comptable tunisien.
Nous pouvons aussi ajouter manuellement des sous comptes selon le besoin pour
distinguer les fournisseurs et les clients divers, les différents comptes bancaires, les taxes ...
Ensuite, la centralisation dans les journaux généraux sera faite automatiquement par le
logiciel.
2.4. Les travaux d’inventaires
Pour déterminer le résultat, le comptable doit réaliser plusieurs tâches qui sont
essentiellement :
· Constatation des amortissements et des provisions
· Etat de rapprochement bancaire : qui est un pointage entre le relevé bancaire et l’extrait
du compte banque qui permet de détecter les opérations qui n’ont pas été constatées en
comptabilité.
· Régularisation des comptes des charges et des produits : toutes les charges ayant
concouru à la réalisation des revenus doivent être déterminés et rattachées à un même
exercice.

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Les entreprises en difficultés économiques

· Balance après inventaire : La balance doit contenir seulement les comptes de situation et
de régularisation puisqu’on a soldé les comptes des charges et des produits.
2.5. Préparation des états financiers
2.5.1. L’état de résultat
Il retrace les revenus et les gains, les charges et les pertes découlant d’un exercice et
reflétant aussi la performance financière et la rentabilité de la société.
2.5.2. L’état de flux de trésorerie
L'état des flux de trésorerie renseigne sur la manière avec laquelle l'entreprise a obtenu et
dépensé des liquidités à travers ses activités d'exploitation, de financement et
d'investissement et à travers d'autres facteurs affectant sa liquidité et sa solvabilité.
2.5.3. Le bilan
Le bilan fournit l'information sur la situation financière de l'entreprise et particulièrement
sur les ressources économiques qu'elle contrôle ainsi que sur les obligations et les effets
des transactions, événements et circonstances susceptibles de modifier les ressources et les
obligations.
2.5.4. Les notes aux états financiers
Les notes doivent :
_ Informer sur les bases retenues pour l’élaboration des états financiers et sur le choix des
principes comptables
_ Divulguer les cas de non-respect des normes comptables
_ Fournir des informations supplémentaires ne figurant pas dans le corps des états
financiers.
2.6. Les travaux d’assistance et de conseil fiscal
Cette mission comporte l’établissement des déclarations ainsi que le dépôt de cellesci
à la recette des finances ou bien au bureau de control d’impôt y afférent.
Lors de mon stage dans le cabinet CAEK, j’ai eu l’occasion d’établir mois même quelques
déclarations qu’on peut les classer selon leurs périodicité.
2.6.1. La déclaration mensuelle d’impôt
Elle doit être déposée à la recette des finances locale par les :
_ Personnes physiques : dans les 15 premiers jours du mois suivant.
_ Personnes morales : dans les 28 premiers jours du mois suivant.
Les différents impôts à payer dans cette déclaration sont la TVA, TFP, FOPROLOS,
FODEC, Retenu à la source …

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Les entreprises en difficultés économiques

2.6.2. Les acomptes provisionnels


Ils sont acquittés en trois échéances égale chacune à 30% de l’IRPP ou IS dû au titre de
l’année précédent.
Les délais de paiement des acomptes provisionnels sont les suivants :
Avant le 25ème jour du 6ème, 9ème et 12ème mois de chaque année pour les personnes
physiques,
Avant le 28ème jour du 6ème, 9ème et 12ème mois de chaque année pour les personnes
morales.
La déclaration d’impôt sur les sociétés/ Impôt sur les revenues des personnes
physiques (IS et IRPP)
_ L’impôt sur les sociétés :
Le bénéfice fiscal soumis à l'impôt est déterminé à partir du bénéfice comptable
moyennant des réaménagements fiscaux selon la législation fiscale.
Le taux général de l’IS est de 30%, mais il existe un taux réduit de 10% qui est applicable
sur les bénéfices des activités agricoles, de pèche, artisanales et aussi le bénéfice provenant
de l’exportation (réalisés à partir du 1er janvier 2011).
Alors que le taux de 35% est appliqué aux secteurs financiers, d’hydrocarbure et la
télécommunication.
_ Impôt sur les revenues des personnes physiques :
Le revenu net soumis à l'impôt est déterminé sur la base d'une comptabilité conforme à la
législation comptable des entreprises et après déduction des dépenses et charges
professionnelles et des revenus non soumis à l'impôt.
Le calcul de l’IRPP dû consiste à appliquer au revenu net global des taux concernant
chacune une tranche de revenu, ces taux varient entre 0 et 35% en fonction des tranches de
revenus réalisées : c’est ce qu’on appelle les taux progressifs des tranches.
2.6.3. La déclaration employeur
Il s’agit d’une déclaration récapitulative de tous les retenus à la source payés par une
entreprise dans les déclarations fiscales mensuelles de toute une année .cette déclaration
doit être déposé au bureau de control approprié le 28 février de chaque année.
2.7. Les travaux d’assistance sociale
2.7.1. La déclaration C N S S
La déclaration et le versement des cotisations doivent être opérés par l’employeur et ce
dans :

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_ Le quinzième jour du mois qui suit le trimestre échu. Cette échéance est portée : au
vingtième jour du mois qui suit le trimestres échu pour les entreprises de bâtiment et de
travaux publics employant plus de 50 salariés et disposant de chantiers dispersés
_ Au vingt-cinquième jour du mois qui suit le trimestre échu pour les entreprises
exportatrices.
La déclaration doit être présentée sur la base d’un formulaire (imprimé CNSS) comportant
une liste exhaustive des salaires distribués mentionnant pour chaque salarié :
· Le numéro d'immatriculation de l’employé.
· Le nom et prénom
· La rémunération servie pour tout le trimestre pour chaque salarié.
· Etat récapitulatif des salaires mentionnant :
· la raison sociale de l’employeur
· Son numéro d’affiliation à la CNSS
· Le trimestre objet de la déclaration
· Le total des salaires bruts servis pendant le trimestre
Le montant à acquitter qui est égale à : 9,18% retenus sue le salaire revenant à l’employé
16.57% pris en charge directement par l’employeur (cotisation patronale)
2.7.2. Préparation de la paie
L’employeur doit tenir un livre de paie, un registre pour les congés payés et un livre de
pointage (présence), il doit fournir à chaque employé à l’occasion du paiement de la
rémunération, une pièce justificative appelée bulletin de paie.
Pendant ce stage, j’ai assisté aux différentes missions de comptable et j’ai bénéficié de la
collaboration de l’équipe travaillant au cabinet.

Section 2 : Les tâches effectuées :


Durant la période de mon stage, mon maître m’a confié plusieurs tâches à savoir :
1. Classement des pièces comptables :
Le classement est une tâche très importante par laquelle débute le travail d'un comptable.
Tel que : les factures d'achat et de vente, dépense de caisse, les bordereaux, les relevés
bancaires, les chèques, les documents juridiques, les bulletins du paie, les déclarations
sociales et fiscales et d'autre documents des charges et de produits, ces pièces comptables
relatives à chaque dossier sont classées chronologiquement et idéologiquement en
plusieurs sous dossiers. Chaque client possède son propre classeur (dossier permanent,
dossier annuel et boite d'archive).

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Les entreprises en difficultés économiques

Il faut classer les documents d'une manière permettant de faciliter aux différents
utilisateurs leur traitement, leur consultation, à optimiser le temps, Un bon classement évite
les erreurs et les anomalies qui peuvent surgir.

J'ai aussi découvert le logiciel de comptabilité Compta-sig : pour tous enregistrements des
opérations comptables tels que les opérations d'achat et de vente, les opérations bancaires,
le salaire, le loyer, les retenues à la source....

2. Enregistrement comptable
Après avoir classé les documents, nous comptabilisons les écritures dans les journaux, et
chaque journal doit traduire les mouvements et les opérations comptables, Plusieurs
journaux sont à notre disposition :

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Les entreprises en difficultés économiques

2.1 Journal achat


Pour les achats, on crédite le compte fournisseur 401 (chaque fournisseur a un code
spécifique selon un plan comptable) par le montant TTC (tout taxe comprise), et on débite
le compte TVA déductible 436 par le montant de TVA et le compte charge 607 (achat
marchandises) par le montant HTVA, et pour le libellé FCT N° (facture numéro) et le nom
de fournisseur.

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Les entreprises en difficultés économiques

2.2 Journal vente


Pour les factures des ventes, pratiquement les mêmes étapes sauf les comptes seront
modifiés, on débite le compte client 411 et on crédite le compte 436 (tva collectée) par le
montant de TVA , et le compte 437 droit de timbre (0.600) et le compte 707( vente de
marchandises)par le montant HTVA.

2.3 Journal opérations diverses


On utilise ce journal "JOD" pour la comptabilisation de certaines opérations telle que :

- Saisie de l'écriture de l'imputation de TVA.

- Saisie de l'écriture de loyer (selon un contrat classée au niveau du dossier juridique).

- Saisie de l'écriture d'amortissement.

-Saisie de l'écriture de l'IS

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Les entreprises en difficultés économiques

3. Préparation d'une déclaration mensuelle d'impôt

La préparation des déclarations fiscale se fait sur la base des pièces justificatives : factures
d'achat, factures vente, fiches de paie, certificats de retenu à la source, déclaration du mois
précédent.

Pour les personnes soumises au régime réel :


- Le 15 de chaque mois qui suit le mois d'imposition pour les personnes physiques.
- Le 28 de chaque mois qui suit le mois d'imposition pour les personnes morales.
Pour les personnes soumises au régime forfaitaire :
- 15 du premier mois de chaque trimestre civil.

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Les entreprises en difficultés économiques

La déclaration mensuelle contient :

 Retenu à la source :

 Retenue sur le salaire (IRPP)

Cette retenue est calculée à l'aide d'un logiciel paie selon un barème.
Tranche Taux Taux effectif à la limite
supérieur

0% 0%

26% 19.50%
5.000,001 à 20.000 Dinars

28% 22.33%
20.000,001 à 30.000 Dinars

32% 26.20%
30.000,001 à 50.000 Dinars

35% .....
Au-delà de 50.000 Dinars

 Retenue sur le marché (retenue fournisseurs)

Le taux de retenues à la source sur les marchés fournis par les tiers est de 1.5% pour tout
règlement supérieur ou égal à 1000 DT, note commune n°3/2015.

 Retenue sur honoraire

Le pourcentage de retenu à la source payé aux personnes physiques ou morales est de 5%


du montant TTC et des factures des bénéficiaires soumis au régime réel et de 15% pour les
honoraires soumis au régime forfaitaire.

 Retenue sur loyer

Le taux du retenu est de 15% effectué sur les loyers à partir des certificats de retenu
d'impôt.

 TFP : taxe de formation professionnelle

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Les entreprises en difficultés économiques

En vertu de l'article 364 du code de travail : " toute personne physique ou morale exerçant
une activité industrielle, commerciale, ou agricole soumise à l'impôt sur le revenu dans la
catégorie des bénéfices industriels ou commerciaux ou à l'IS est soumise à la TFP".

Le taux de la TFP est de 1% sur les salaires bruts servis dans le secteur des industries
manufacturières et 2% pour les autres secteurs d'activité.

 FOPROLOS : Fond Propre des Logement Sociaux :

Cette taxe est une taxe parafiscale fixée à 1% du salaire brut mensuel de la part tout
employeur public ou privé, personne physique ou morale.

 TVA : taxe sur valeur ajouté :

C'est la différence entre TVA collectée et TVA déductible en imputant le report de TVA
du mois précédent s'il existe

 TCL : taxe de collectivité locale :

C'est une taxe appliquée sur l’établissement à caractère industriel, commercial ou


professionnel, égale à 0.2% du chiffre d'affaire local TTC du mois, et de 0.1% sur le chiffre
d'affaire de l'export.

 Doit de timbre :

C'est un impôt applicable aux actes écrits et formules administratives expressément taxé
par la loi, égale à 0.600 DT par facture de vente établie.

4. Préparation d'une déclaration d'employeur


C'est une récapitulation des retenues à la source de l'année entière : les retenues sur salaire,
les retenus sur honoraires, les retenus sur loyer, les retenus sur marché. Cette déclaration
doit être déposée dans un délai n'excédant pas le 30 Avril de chaque année au bureau de
contrôle des impôts.

5. Rapprochement bancaire
Les opérations bancaires doivent faire l'objet d'une comptabilisation au niveau du journal
banque:

-les règlements chèques.


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Les entreprises en difficultés économiques

-les virements

-les encaissements chèques.

-les commissions bancaires

J'ai ensuite fait les rapprochements bancaires grâce aux relevés reçus chaque mois auprès
de la banque.

J'ai également observé la saisie des bulletins de paie à travers le logiciel paie sig.

6. Saisie de paie
En se référant aux conventions collectives pour déterminer le salaire de base et les primes
accordées aux personnels.

Le calcule se fait comme suit :

 salaire de base
+
 toutes les primes
=
 salaire brut
-
 CNSS (9.18%) (cotisation CNSS)
=
 salaire imposable

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Les entreprises en difficultés économiques

-
 RS (IRPP) (selon un barème)
=
 salaire net

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Les entreprises en difficultés économiques

Conclusion
Ce stage de fin d'étude pour l'obtention du diplôme de licence, au sein de la société
d'expert-comptable consiste un élément indispensable à notre formation.

Au cours de ce stage, j'ai passé le plus clair de mon temps à visualiser les travaux effectués
par les employés, de prendre note sur les faits qui me paraissent nouveaux ou différents à
ce que j'ai étudié et à ce que réellement en pratique se déroulent, de consulter certain
dossiers, de comprendre les outils utilisés pour la mission comptable et fiscale
certainement les déclarations fiscales, les déclarations d'employeurs, les relevés
bancaires....etc.

Ce stage malgré sa courte durée (3mois) m'a permis de tester mes capacités d'analyse et de
synthèse, et de faire une comparaison entre application théorique et application pratique, il
m'a donné l'envie d'être dans la peau d'un vrai professionnel, car tout simplement ce
cabinet représente le bon climat de travail qui met à la disposition de tout son personnel de
la compétence et de professionnalisme dans le domaine de la comptabilité, de la gestion
fiscale et financière.

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Les entreprises en difficultés économiques

Chapitre2 :
Fondements théoriques du
redressement des
entreprises en difficultés
économiques

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Les entreprises en difficultés économiques

Introduction
Au cours de leurs cycles d'exploitation, les entreprises peuvent tomber dans le piège de la
faillite et ne pas en sortir et perdre beaucoup de clients. Partant de l'adage :"mieux vaut
prévenir que guérir», la politique dans le pays a changé et le droit a évolué, et nous
parlons maintenant des "difficultés" qui constituent un obstacle pour toutes les entreprises,
ce qui les oblige à arrêter leurs activités et ce ne sera pas dans l'intérêt du pays. Le
législateur a mis en place des mesures de prévention afin de prévenir les difficultés et de
les corriger.

Donc ce chapitre aura pour objectif de présenter les mesures préventives de l'entreprise
(section1), le règlement amiable (section 2), le règlement judiciaire (section 3), et les sorts
de l'entreprise en difficulté (section 4).

Section 1 : La prévention des entreprises en difficultés


La Loi n° 95-34 du 17 avril 1995, relative au redressement des entreprises en difficultés
économiques vise essentiellement à assurer la sauvegarde ces derniers et ne recours à la
faillite qu’en dernier ressort. Aussi Le code de commerce de 1959 prévoyait deux
procédures afin d’assurer le sauvegarde des entreprises en difficultés économiques. D'une
part le concordat préventif est proposé au commerçant honnête qui prend l’initiative de
déposer son bilan. D'autre part la faillite est envisagée pour le commerçant qui a cessé ses
paiements.

La prévention est basée essentiellement sur trois types de mécanismes préventifs :

 la prévention par l'information comptable et financière


 les procédures d'alerte interne et externe
 le règlement amiable

Le régime de redressement tend à aider les entreprises qui connaissent des difficultés
économiques à poursuivre leurs activités, à y maintenir les emplois et à payer leurs dettes.
Le régime de redressement comprend la notification des signes précurseurs de difficultés
économiques, le règlement amiable et le règlement judiciaire.

1. Définition des entreprises en difficulté économiques


Il est difficile de donner une définition précise du concept de l'entreprise en difficultés
économiques. Dans la pratique, l’entreprise confronte plusieurs difficultés, c’est-à-dire
qu’elle a cessé de travailler de manière harmonieuse et n’est pas bien gérée
AKERMI Firas Page 21
Les entreprises en difficultés économiques

économiquement et juridiquement, c’est-à-dire qu’il ya eu une rupture dans la continuité


de son cycle d’exploitation. La plupart des entreprises du monde rencontrent des obstacles
et des difficultés au cours de leur vie.

Selon BRILMAN (1986) "l'entreprise en difficulté n'est pas seulement une entreprise qui a
des problèmes financiers mais c'est aussi une entreprise qui, rencontrant ou prévoyant des
difficultés, prend des mesures immédiates afin de ne pas connaitre d'ennuis financiers. Ces
entreprises se caractérisent par une faible rentabilité, un volume d'activité en baisse, une
dégradation du climat social voire des grèves, elles traversent aussi, pour nombre d'entre
elles, une conjoncture difficile."

2. La notification des signes précurseurs des difficultés économiques


Le législateur n'a pas précisé les indicateurs de l'alarme, mais a révélé deux critères pour
évaluer les menaces liées à la continuité des opérations de la société, à savoir la perte d'un
tiers de son capital, en revanche, le non-paiement de dettes à l'État, à la Caisse nationale de
sécurité sociale et aux institutions financières 6 mois après leur échéance.

3. La procédure l'alerte
Conformément à la loi du 17 avril 1995, l'auditeur interne est le seul organe interne de
l'entreprise auquel il est habilité à faire rapport. Cependant, avec le développement de la loi
de 1995 qui a adopté la réforme de décembre 2003, elle reconnaît le droit des actionnaires
qui possèdent 1/10 du capital d'une société à responsabilité limitée. À la réparation du
29/04/2016, le gestionnaire ou le propriétaire doit informer le CSEE, ainsi que le ou les
partenaires qui possèdent au moins 1/5 du capital d'une société à responsabilité limitée ou
d'une société à capital.

3.1 Procédure d'alerte interne

Généralement l'alerte interne est déclenchée soit par le commissaire aux comptes, les
associés, ou les dirigeants ou les propriétaires de l'entreprise.

3.1.1 Droit d'alerte du commissaire aux comptes

L’intervention du commissaire au compte est prévue à l’article 3 de la loi n°95-34 du 17


avril 1995qui stipule : « Bénéficie de ce régime toute personne physique ou morale
assujettie au régime d'imposition réel, exerçant une activité commerciale, industrielle ou
artisanale, ainsi que les sociétés commerciales agricoles ou de pêche.
Ne bénéficie pas de ce régime toute entreprise qui, bien que solvable, s'abstient de payer
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Les entreprises en difficultés économiques

ses dettes, ainsi que toute entreprise qui a cessé son activité depuis au moins un an.
Peut bénéficier de ce régime toute entreprise dont les pertes ont atteint la totalité des fonds
propres ou ayant enregistré des pertes dépassant trois quarts de ses fonds propres sur trois
années successives s'il se révèle au juge qu'il y a des chances sérieuses pour son
redressement. », Il concerne les SARL dont le capital est supérieur à 20 000 dinars ainsi
que les S.A.

Cette procédure d'alerte comprend trois phases pour SA et deux phases pour SARL:

• Phase 1: le commissaire au compte demande des clarifications aux dire agents sociaux
qui doivent répondre par écrit pour clarifier les mesures proposées pour remédier à cette
situation.

 Si la réponse des dirigeants est convaincante, l'action sera clôturer sinon, il y a une
transition vers la deuxième étape.

• Phase 2: le commissaire au compte doit soumettre un ordre au conseil d'administration ou


au conseil de surveillance.

• Phase 3: le commissaire au compte saisie la commission de suivi des entreprises


économiques (CSEE).

3.1.2 Le droit d'alerte des associés

L'alerte des associés ne figure pas dans la loi du 17/04/1995 mais elle a été introduite lors
de la promulgation du Code de Sociétés Commerciales(CSC) en 2000. L'article 64 du
CSC prévu que " Les associés non-gérants ont le droit de prendre connaissance deux fois
par an, au siège de la société, des documents comptables. Ils ont également le droit de
poser des questions écrites sur la gestion sociale. Les réponses à ces questions doivent être
faites par écrit dans un délai ne dépassant pas un mois."

Tel est le cas de l'article 138 CSC " tout associé non gérant pourra deux fois par exercice
poser une question écrite au gérant sur tout acte ou fait de nature à exposer la société à un
péril. Le gérant est tenu de répondre par écrit, dans le mois de la réception de la question.
Sa réponse doit obligatoirement être communiquée au CAC s'il en existe un."

La loi 29/04/2016 à élargir la base d'alerte interne pour être faite par l'associé ou les
associés détenant au moins 5% du capital d'une société en difficultés économiques s'il

AKERMI Firas Page 23


Les entreprises en difficultés économiques

s'agit d'une société de capitaux ou d'une société à responsabilité limitée. Dans les autres
sociétés, elle doit être faite par tout associé nonobstant la part du capital social qu'il détient.

3.1.3 Le droit d'alerte du dirigeant ou du propriétaire de l'entreprise


Le président de la société a toujours tendance à cacher les difficultés économiques de son
entreprise et refuse de reconnaître son échec commercial et financier. Cette réaction de
chef de société a un effet sur le retard de l’ouverture des procédures de recouvrement, à un
tel point que la situation économique et financière de la société est très difficile, ce qui
rend possible la possibilité de recouvrement.

Au moment de la promulgation de la loi de 1995, le dirigeant ou le propriétaire de


l'entreprise n'avait pas le droit de notifier de l'existence de signe précurseur des difficultés
quoiqu'il soit la personne la plus informée sur la situation de l'entreprise. L'intervention
directe de dirigeant est absente puisque aucun rapport n'existait avec CSEE. Le dirigeant
devrait être intervenu par l'incitation soit de CAC lors de demande des éclaircissements
soit de président de première instance pour prendre les mesures de redressement adéquates.

Avec la réforme de la loi 2016 a renforcé la procédure d'alerte et ajouter que Tout
dirigeant ou propriétaire d’une entreprise doit notifier à la CSEE les signes précurseurs
des difficultés économiques de l'entreprise qui peuvent entraîner, si elles persistent, sa
cessation de paiement.

Le dirigeant ou le propriétaire de l'entreprise sont puni d'emprisonnement de six mois à


trois ans et d'une amende de mille à dix mille dinars ou de l'une de ces deux peines qui
refuse d'accomplir son rôle d'alerte ou en cas de fausse déclaration.

3.2 Procédure d'alerte externe


L'alerte externe est basée essentiellement sur le président du tribunal qui connait un
renforcement de ses pouvoirs dans le domaine de redressement des entreprises en
difficultés économiques. Il est créé auprès de Ministre de l'Industrie une CSEE qui
intervient pour détecter et analyser les signes précurseurs des difficultés économiques.

La commission est un collecteur d'information des autres organes à savoir l'inspection de


travail, les services de comptabilité publique et la CNSS, La loi du 15/07/1999 a renforcé
la liste des organes habilités à notifier les signes précurseurs des difficultés économique
par les institution financières et la nouvelle loi a ajouté un autre organe est les services de
contrôle fiscal.

AKERMI Firas Page 24


Les entreprises en difficultés économiques

Ces organes sont chargés d'informer la commission de tout acte constaté par eux et
menaçant la continuité de l'activité de l'entreprise, notamment en cas de non-paiement de
ces dettes 6 mois après leur échéances.

Selon l'article 418 la CSEE doit s'adresser au président de tribunal dans le cas ou toute
entreprise dont les pertes atteint le tiers de son capital social ou toute entreprise qui connait
une situation susceptible à menacer la continuité de son activité est établie sur la base d’un
rapport motivé. La communication des informations est faite soit à la demande du
président du tribunal soit d'office.

Ainsi lorsque le président de tribunal de première instance décide l'ouverture de procédure


de règlement amiable il peut demander au CSEE toute information concernant l'entreprise
en difficulté ainsi que le diagnostic et l'étude de sa situation dans un délai maximum un
mois.

La CSEE joue le rôle d'intermédiaire entre le CAC el l'autorité judiciaire, et ce par la


promulgation de la loi 1999 mais avec la loi avril 2016 cette étape est supprimé et une
nouvelle relation directe est établie entre le CAC et le président de tribunal.

Cette notion de difficulté semble être large, elle peut concerner tous les difficultés qui
risque de compromettre l'équilibre de l'entreprise (surtout son équilibre financier).

Enfin, lorsque les procédures d’alertes mentionnés ci-dessus ne conduisent pas à la reprise
des entreprises qui éprouvent des difficultés, on ouvre une deuxième phase appelée
règlement amiable, l'objet de notre deuxième partie.

AKERMI Firas Page 25


Les entreprises en difficultés économiques

Section 2 : Règlement amiable


Le règlement amiable (RA) est une procédure destinée à résoudre les difficultés de
l'entreprise avant la survenance de l'état de cessation de paiement et assurer son sauvetage.

1. La demande d'admission au bénéfice du règlement amiable


La demande ouverte de RA n’est soumise à aucune procédure formelle spécifique, il suffit
d’envoyer une demande écrite au président du tribunal de première instance par le
dirigeant ou le propriétaire de la société , la demande doit accompagner d'une série des
documents exigés par l'article 417 nouveaux du CC, ces documents devraient permettre de
révéler la situation réelle de l'entreprise c'est à dire ses états financiers, le nombre des
salariée, la liste des dette et leur échéances qui représentent le caractère imminent ou non
de l'état de cessation des paiement et le plan de redressement proposé il doit révéler les
moyens que l'entreprise compte mettre en ouvres pour poursuivre son activité, maintenir
les emplois et désintéresser les créanciers. Il doit fixer des délais pour le paiement et le
transfert de dettes pour atteindre ces objectifs.

2. Les conditions d'ouverture de règlement amiable


La procédure de recouvrement amiable permettra au tribunal de statuer sur la société pour
surmonter ces difficultés, à condition que cela ne se produise pas en cas de cessation de
paiement. À la réception de la demande d’admission au règlement à l’amiable, le président
du tribunal procède à une enquête pour rendre une décision.

3. Les investigations avant la décision


Avant de déclarer le début de la procédure de la RA, le président de tribunal a le pouvoir
d’enquêter et d’investiguer pour évaluer la véritable situation de la Société.

L’Article 10 alinéas 2 de la loi n°95-34 stipule : «le président du tribunal peut demander
tout renseignement sur la situation de l'entreprise à toute administration ou établissement
administratif ou financier et en particulier à la commission de suivi des entreprises
économiques. Il peut également charger un expert afin de procéder à la vérification de sa
situation».

Selon cet article, le président du tribunal demande à un expert de procéder à la vérification


de son statut, mais à la réforme de la loi. 29/04/2016 Le recours à l'expert a été supprimé
car elle est considérée comme un motif de la lenteur de l'ouverture du dossier, car le
rapport doit être envoyé au CSEE pour analyser la situation.

AKERMI Firas Page 26


Les entreprises en difficultés économiques

Il peut obtenir tous les renseignements relatifs à l'entreprise concernée auprès des
administrations publique ou financier et auprès de la CSEE qui doit établir un diagnostic
préliminaire et une étude sur la situation générale de l'entreprise pour déterminer si elle est
en cessation de paiement et le transmettre dans un délai ne dépasse pas un mois. Le
président du tribunal transmet immédiatement toutes les informations, le diagnostic et
l’étude dont il a eu connaissance au conciliateur.

4. La décision de président de tribunal


Après avoir reçu les données du responsable et procédé aux enquêtes, le président du
tribunal évaluera le sort de la demande de règlement à l'amiable. Cette évaluation aboutit à
une décision qui peut être acceptée ou rejetée. (Le rejet de la demande doit être
obligatoirement motivé et basé sur des arguments).

Si toutes les conditions sont remplies pour ouvrir RA, le Président du tribunal peut décider
d'ouvrir une procédure et la nomination d'un conciliateur pour faciliter la négociation et
l'accord entre le débiteur et les créanciers. Le président du tribunal peut confier cette tâche
au CSEE si le débiteur l'accepte et, dans ce cas, le conciliateur est gratuit. (Conformément
à l'article 424 de la loi 2016, le CSEE est rajoutée)

Dans le cas de rejet de la demande:

*Si le dirigeant adresse un dossier incomplet au tribunal contrairement à la disposition de


l'article 417 sans couse justifier.

*Si le juge constate l'ouverture de RA est rechercher par le débiteur ont tant que manœuvre
pour échapper au paiement de ces créances ou lorsqu'il constate l'existence d'un état de
cessation de paiement.

5. La désignation d'un conciliateur


La conciliation entre le débiteur et ses créanciers se fait par l'intermédiaire « d'un
conciliateur désigné par le président du tribunal. Celui-ci peut assurer lui même cette
mission »

Le conciliateur doit être choisi parmi une liste fixée par un arrêt de ministre de la justice
(celle des administrateurs judiciaire ou bien un expert-comptable, CAC...) le président du
tribunal doit fixer le montant de ses honoraires qui seront à la charge du débiteurs.

À la demande de débiteur le juge décide de remplacer le conciliateur pour un motif sérieux,


dans un délai ne dépassant pas 8 jours à compter de sa désignation.
AKERMI Firas Page 27
Les entreprises en difficultés économiques

Selon l'ART 10 de la loi 1995 le conciliateur est précisément chargé de favoriser le


fonctionnement de l'entreprise et de permettre la conclusion d'un accord amiable entre le
débiteur et ses créanciers dans un délai qui ne dépasse pas 3 mois prorogés seulement d'un
autre mois.

Au cours de cette phase de conciliation le conciliateur peut demander des informations sur
la situation de l’entreprise auprès de toute administration ou établissement public ou
financier ou auprès de la CSEE.

En effet, le conciliateur doit adresser un rapport sur l'état d'avancement de sa mission et


formule toutes observations utiles au président du tribunal qui met fin à sa mission.

6. La suspension des procédures d'exécution


À fin de faciliter les sauvetage de l'entreprise les législateurs à prévus une règle très
important pour les débiteurs mais aussi très contestée par les créancier c'est le règle de
suspension de procédure d'exécution et d'action de récupération prévus par l'article 12 de la
loi 1995.

Le président de tribunal ne peut pas décider la suspension des procédures d'exécution qui
ont pour but de paiement d'une créance antérieur à l'ouverture de RA ou celles qui ont pour
objectifs la récupération des biens meubles ou immeubles et lorsque le tribunal considère
que ces biens sont nécessaires au poursuivi de l'activité de l'entreprise et le paiement
d'une créance à en conséquence d'aggraver la situation de l'entreprise et de constituer
un obstacle à son redressement.

Le président du tribunal saisi de la demande de règlement ne peut ordonner la suspension


des procédures d'exécution d'un jugement relatif aux créances d'un salarié que si
l'exécution est à même d'empêcher le redressement de l'entreprise. Sont exclues les
créances insaisissables revenant aux salariés.

La suspension provisoire des poursuites permet de multiplier les chances de redressement


de la situation financière de l'entreprise en difficulté, mais elle n'est pas sans effet sur
l'équilibre qui doit être maintenu entre les intérêts du débiteur et ces créanciers.

7. L'élaboration de l'accord
La conclusion d'un accord à l'amiable est le résultat d'un accord entre le président de la
société et de ses créanciers sur le principe des difficultés de règlement amiable des
entreprises.

AKERMI Firas Page 28


Les entreprises en difficultés économiques

En principe, tous les créanciers peuvent participer au RA et la loi n’a fournit aucune
précision sur ces points, mais en pratique ce seront les créancier les plus important qui se
présenterons pour passer un accord de RA c'est sont les banque, les administrations fiscal,
CNSS, les principaux fournisseurs de l'entreprises, bien qu'aucun créancier ne soit obligé
de participer à la RA, il ne faut pas oublier qu'il s'agit d'une action amicale et volontaire,
qui doit être réalisée avec un recouvrement libre et éclairé.

Le président du tribunal homologue l'accord conclu entre le débiteur et l'ensemble de ses


créanciers. Il peut homologuer l'accord signé par les créanciers dont le montant des
créances représente les deux tiers du montant global des dettes.

AKERMI Firas Page 29


Les entreprises en difficultés économiques

Entreprises en difficultés
Économiques

Entreprises en Entreprise en
difficultés passagères cessation de
paiement

Les procédures
d'alerte Règlement
judiciaire

Prévention Prévention
interne externe

Règlement Impossibilité de
amiable conclure un accord
amiable

Décision du
tribunal

Refus de la Acceptation du Conclusion d'un


demande bénéficier de accord amiable
règlement amiable

Figure 1.Règlement amiable

AKERMI Firas Page 30


Les entreprises en difficultés économiques

Section 3 : Règlement judiciaire


Le règlement judiciaire (RJ) est l'une des composantes du redressement d'une entreprise
qui concerne l'ouverture de toutes les entreprises en cessation des paiements.

Pendant cette phase la loi impose certaines solutions afin de sauver les entreprises, pour
qu’ils ne tombent dans le piège de la faillite.

Définition d’entreprise en cessation de paiement :

Est considéré en état de cessation de paiement toute entreprise qui se retrouve dans
l’impossibilité de faire face à son passif exigible avec ses liquidités et actifs réalisables à
court terme. Tel est la définition de l’article 18 de la loi n° 95-34 du 17 avril 1995 tel que
modifié par la loi du 08 décembre 2003.

Le Passif Exigible :

On comprend par passif exigible le passif pouvant donner lieu à un paiement, c'est-à-dire le
passif échu. La dette impayée ne doit être contestée ni dans son existence, ni dans son
contenu ; elle doit être certaine et liquide.

L’Actif Disponible :

L’actif disponible est l’actif réalisable immédiatement. Il s’agit de l’ensemble des sommes
en caisse, de solde créditeur des comptes bancaires, des effets de commerce à vue, des
valeurs mobilières susceptibles de convention immédiate.

1. L'ouverture de procédure de règlement judiciaire


Le RJ est déclenché lorsque certaines conditions sont remplies et que la requête adressée
au président du tribunal de première instance est suivie.

1.1 La demande de règlement judiciaire


L'ART 435 NV de CC a identifié les personnes habilité à présenter une demande au
tribunal de première instance pour bénéficier du règlement judiciaire," le propriétaire de
l’entreprise, s’il s’agit d’une entreprise individuelle soumise au présent livre ; le président
directeur général ou le directeur général ou de la majorité des membres du conseil
d’administration, s’il s’agit d’une société anonyme disposant d’un conseil
d’administration... etc.".

AKERMI Firas Page 31


Les entreprises en difficultés économiques

Aussi les créanciers ont le droit de demander le RJ, en pratique la demande de RJ est
exercée surtout par les créanciers important tels que les principaux fournisseurs.

Le président du tribunal a le droit aussi d’ouvrir la procédure de RJ puisqu’il a entre ces


mains toutes les informations relatives qui a été discuté par le CSEE, CAC et aussi les
créanciers (à condition que la CP soit atteint).

Le dirigeant doit annoncer la CP qui doit être déposé au greffe de tribunal accompagner
des pièces justificatives prévus par l’ART 417 NV de CC et l’article 435 (dernier §). Il doit
fournir les données dans un délai de 15 jours à partir de la date à laquelle le RJ lui a été
notifié.

1.2 Décision de président du tribunal de première instance


Dés que le président de tribunal reçoit la demande auprès des personnes intéressées, il peut
accepter ou ignorer la demande.

1.2.1 Rejet de la demande


Le tribunal peut décider le rejet de la demande de RJ lorsque l'entreprise n'est pas en CP,
ou bien lorsque n'existe aucune possibilité de redressement, aussi dans le cas de défaut de
demande.

1.2.2 Acceptation de la demande


Une fois le président du tribunal conclut que l’entreprise est déjà en CP et que la demande
respecte les conditions, le tribunal doit donc déclarer le RJ et l’ouverture d’une période
d’observation, il peut aussi décider la cession de l’entreprise à un tiers sans passer par la
période d’observation.

Il faut préciser que la période d’observation n’est que si le tribunal estime que la situation

de l’entreprise n’est pas irrésistiblement compromise. A la fin de cette période il sera établi

un plan de redressement.

Selon l'ART438 "L’administrateur judiciaire (AJ) veille à l’inscription de tous les


jugements rendus en matière de règlement judiciaire au registre de commerce (RC) et à
leur publication au journal officiel de la république tunisienne (JORT) dans un délai ne
dépassant pas dix jours à compter de la date de leur prononcé aux frais du débiteur. Une
copie en est communiquée à La CSEE.

AKERMI Firas Page 32


Les entreprises en difficultés économiques

2. Période d'observation
Selon l'article 28 de la loi 1995 le tribunal désigne un administrateur judiciaire qu'il charge
de l'élaboration d'un plan de redressement et un ou plusieurs experts pour assister
l'administrateur à l'élaboration du plan de redressement, cette clause est supprimée par la
loi de 2016.

Dans le cadre des pouvoirs accorder au président de tribunal de première instance, lorsqu'il
accepte l'ouverture de RJ, à l’ouverture de la période d’observation (PO) pour une période
de neuf mois, prorogeable une seule fois, pour une période ne dépassant pas les trois mois,
ainsi doit désigner un juge commissaire( JC) qui suit et contrôle toutes les procédure ainsi
qu'un administrateur judiciaire charger de contrôler les acte de débiteur et d'étudier
l'opportunité de plans de redressement..

3. La situation des différentes parties à des la procédure


3.1 Les effets de RJ à l'égard de débiteur
Pendant la période d'observation, il est interdit au débiteur de à la cession ou à
l’hypothèque de l’actif immobilisé sans autorisation du président du tribunal. Aussi il est
interdit de payer les créances antérieures à l’ouverture des procédures de règlement
judiciaire. (Cette clause est ajoutée par la loi 2016 dans l'article 443)

3.2 Les effets de RJ à l'égard de créancier


Parmi les obligations citer pour les créancier et selon l'ART 35 de la loi 1995 on trouve que
les créanciers doivent s'assurer de l'inscription de leurs créances antérieurs à la date
d’ouverture de la procédure de RJ dans un délai de 30 jours à partir de la publication au
JORT, et de 60 jours pour les créanciers résidents à l’étranger.( cette clause est ajouter par
la loi 2016).

4. La suspension des poursuites individuelles dans la phase de règlement


judicaire
Au cours de la période d'observation, et pendant une période ne dépassant pas dans tous les
cas les douze mois, est suspendu tout acte d'exécution visant le recouvrement d'une créance
antérieure à la période d’observation ou la récupération de meubles ou d'immeubles en
raison du non-paiement d'une créance, ainsi que le cours des intérêts, dommages et intérêts
moratoires et les délais de déchéance.

AKERMI Firas Page 33


Les entreprises en difficultés économiques

Règlement judiciaire

Les conditions d'ouverture de procédure règlement judiciaire

Entreprise en En cas d'échec de


cessation de paiement règlement amiable

Ouverture d'une
période d'observation

Impossibilité de
poursuivre l'activité

Élaboration d'un plan de


redressement
Possibilité de
poursuivre l'activité

Figure 2.Règlement judiciaire

AKERMI Firas Page 34


Les entreprises en difficultés économiques

Section 4 : Les sorts d'entreprise en difficulté


1. Le plan de redressement
L'objectif principal du plan de redressement est de faire sortir l'entreprise de ses difficultés.
Dans la phase d’observation, on doit élaborer un plan de redressement (PR), ce plan
proposé par le débiteur être étudié selon l'ART 452 par l'AJ qui peut le rectifier, après
consultation de représentant de créancier concernant la diminution de leur dette ainsi que
l'avis de CSEE, cependant lorsque le PR prévoit l'arrêt de contrat de travail ou bien la
diminution de salaire, dans ce cas l'AJ doit informer l'inspection de travail et attendre 30
jours pour la conciliation( en 1995 le délai fixé de 15 jours), avant de transmettre le plan au
juge commissaire et sans dépasser le délais prévus par l'ART 439 (une période de neuf
mois, prorogeable une seule fois, pour une période ne dépassant pas les trois mois).

Le JC va élaborer un rapport dans lequel il donne son avis concernant l’opportunité de PR


( il peut proposer soit le redressement soit la faillite) s’il n’a pas dégager aucune chance de
redressement, ce rapport est soumis au tribunal qui statut au chambre de conseil en
présence de ministre publique sur le plan de redressement après avoir entendu le débiteur,
les représentants des créanciers et des cautions, garants et codébiteurs solidaires.

Et selon l'ART 453 § 2 qui assume que le tribunal adopte le plan de redressement
envisageant la poursuite de l'activité de l'entreprise, sa location, sa location en vue de
sa cession, sa location gérance ou sa cession à un tiers, fixe la durée du plan et choisit un
ou plusieurs contrôleurs de l'exécution qui pourrait être soit l'administrateur judiciaire, soit
le représentant des créanciers ou toute autre personne et il fixe la durée pour contrôler la
réalisation de plan de redressement et transmettre un rapport au président de tribunal
relative au phase différent au plan de redressement.

2. Plan de continuité de l'activité


2.1 Poursuit de l'activité
La poursuite d'activité se fait lorsque l'entreprise présente des possibilités sérieuses de
poursuivre elle-même ses activité avec le maintenir ou non des emplois et paiement de ses
dettes. En effet, le tribunal peut décider la cession de quelque bien qui permettre de
collecter des fond et payer les créanciers.

Le tribunal ne peut homologuer le programme de poursuite de l’activité de l’entreprise


qu’avec l'accord des créanciers dont le montant des créances représente au minimum la

AKERMI Firas Page 35


Les entreprises en difficultés économiques

moitié du montant global des dettes, le plan ne peut pas ordonner le report des délais de
paiement des créances au-delà de sept ans.

2.2 La location et la location gérance


La location de l'entreprise ce réalise en deux modalité :

D'une part : lorsque la location peut être décidé comme mesure qui procède la cession de
l'entreprise, il s'agit d'une mesure dépendante à la décision de cession. Cette location ne
peut jamais dépasser 2 ans.

Lorsque le locataire n'exécute pas ces engagement et surtout lorsqu'il refuse d'acquérir
l'entreprise dans le mois qui suit l'expiration du contrat, le tribunal décide de nouveaux la
cession de l'entreprise à une autre personne tant dit que le premier cessionnaire supporte
une certaine responsabilité.

D'autre part : la location de l'entreprise peut avoir lieu d'une manière directe et autonome
pour une durée ne dépasse pas 7 ans.
2.3 La cession
Dans la dernière solution, on peut céder l’entreprise mais cette opération doit être réalisée
d’une manière transparente pour respecter la règle de concurrence.

Afin de garantir la poursuite de l’activité de l’entreprise ou le maintien de la totalité ou


d’une partie des emplois, le tribunal doit choisie l’offre le plus intéressante. D’où le
cessionnaire devient le propriétaire de l’entité.

Selon l'article 465 (2016) et l'article 52 (1995), la cession de l'entreprise est considère par la
loi comme une opération de réaménagement par le code d'incitation aux investissements.

3. L'impossibilité de poursuivre l'activité

Lorsque le redressement de l'entreprise est impossible, la société doit être soumise à la


liquidation ou à la faillite.

3.1 La liquidation
La liquidation est une procédure collective qui entraine la dissolution de la société,
lorsqu'elle n'a plus aucune chance sérieuse de poursuivre son activité. La liquidation peut
être prononcée immédiatement sans passer par une période d'observation, peut aussi
intervenir au cours de la période d'observation lorsque les chances de survie de l'entreprise
sont limitées ou à la suite de l'échec du plan de redressement.

AKERMI Firas Page 36


Les entreprises en difficultés économiques

La liquidation judicaire peut être demandée par le débiteur, les associés, représentant des
créanciers ou par le tribunal notamment par conversion d'une procédure de sauvegarde ou
de redressement. La décision de mise en liquidation entraine l'ouverture des opérations de
liquidation et la désignation d'un liquidateur ou de plusieurs liquidateurs parmi ceux qui
ont obtenu l'accord des associés. A défaut d'accord, le liquidateur sera désigné par le
tribunal conformément aux dispositions de la loi, le liquidateur procède à la distribution
des fonds disponibles entre les créanciers suivant leurs rangs.

3.2 La faillite
Dans le cas où le redressement est absent, le tribunal peut déclarer la faillite de l’entreprise.
Cette procédure commencera dés la demande du débiteur et dans certains moment par les
créditeurs.

Donc le tribunal désigne un syndic qui va consulter les opérations de faillite sous le
contrôle de JC.

Décision de tribunal suite à la réception de rapport de


l'administrateur

La poursuivre de Impossibilité de poursuivre son


son activité activité

Plan de
redressement

Liquidation Faillite
judicaire
Plan de Plan de
continuation cession

Figure 3.Les sort des entreprises en difficultés

AKERMI Firas Page 37


Les entreprises en difficultés économiques

Conclusion
Le législateur tunisien a créé la loi du 17-04-1995 qui porte sur le redressement des
entreprises en difficultés économiques qui a pour but d’assurer le maintien de l’activité de
l’entreprise et de conserver les emplois ainsi que le paiement des créanciers. Cette loi
comprend la notification des signes précurseurs de difficulté économiques, le règlement
amiable, et le règlement judiciaire.

Si la première phase RA s'apparaît insuffisante, il est nécessaire de passer à la phase


judiciaire celle le redressement ou parfois de la faillite.

Le redressement occupe une place centrale dans la loi, peut passer soit par la continuation
de l'activité de l'entreprise, soit la cession ou encore la location gérance. Quant à la faillite
se présent au cas où il n'existe plus aucun chance de redressement.

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Les entreprises en difficultés économiques

Chapitre 3 :
Etude du Cas de la société
« AW »

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Les entreprises en difficultés économiques

Introduction
Pour comprendre le processus de redressement des entreprises en difficultés. Il est
nécessaire d'étudier un cas pratique. Notre choix a été porté sur une société anonyme, une
société « AW » répondent pleinement aux critères de sélection dictés par notre thème, car
ils sont confrontés à de sérieuses difficultés.

Section 1 : Présentation de la société AW


1. Caractéristiques générales :
 Raison social : AW
 Forme juridique : SA
 Capital social : 840 000.000 DT
 *8 400 Actions
 *VN= 100DT
 Localisation : Sousse Tunisie Sidi-A edlah id
 Date de création : 19/10/1997

 Activité principal : BATIMENT ; CONSTRUCTION


 Nombre de personnel : 130 salariés
 Nombre des actionnaires : 35 actionnaires
2. L'organisation de l'entreprise

La société AW se compose de 5 directions, la direction générale ainsi que quatre autres


directions se présente comme suit :

 Direction finance et comptabilité


 Direction production et technique : la direction de production chargé de la
fabrication, ainsi la direction de technique chargé de fournir des prestations
techniques et les services aux unités de production.
 Direction commerciale : la direction commerciale regroupe le département gestion
de stock, marketing, facturation, service vente...
 Direction d’approvisionnement : la direction d'approvisionnement permet d'assurer
la bonne gestion de la chaine d'approvisionnement.

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Les entreprises en difficultés économiques

3. Analyse de la situation de la société

La société AW a connue certaines difficultés dés l’année 2008 grâce à la mauvaise gestion
des ressources financières. Sa marge a atteint -59% par rapport aux charges supportées par
la société. En 2008 et 2013 elle continue sa diminution pour atteindre -32% et 24%.

La situation de l'entreprise "AW" est aggravée depuis l'année 2008 dès qu'elle connait une
perte qui excède deux fois son capital et malgré cet énorme risque l'assemblé générale
extraordinaire (AGEO) décide au sein d'une réunion en juin 2009 la continuation de
l'activité de l'entreprise.

Le chiffre d'affaires pour les quatre dernières années avant l'ouverture de la procédure de
redressement:

L'année 2009 2010 2011 2012

Chiffre 1 211.296 2 027.683 2 098.779 1 828.997


d'affaires

Résultat -57.187 166.904 32.166 -566.145


d'exploitation

Résultat net -145.164 38.505 -108.424 -708.801

Tableau 1: Le chiffre d’affaires des quatre dernières années


 La société connaît plusieurs difficultés financières graves ce qui nous montre le
tableau. Selon les quatre années on trouve qu’elle est déficitaire en 2009 par
145.164 DT, mais en 2010 elle est excédentaire de 38.505 DT. Dés 2011, « AW »
commence à faire d'énormes pertes de 108.424 DT et la situation devient plus grave
puisqu’elle attient un résultat déficitaire plus que les autres années de 708.801 DT.
Les dettes :

Le total de dettes : 3 809.238DT se répartie comme suit :

 La recette fiscale : 1 135.660 DT


 CNSS: 891.389 DT
 Les banques : 1 126.257 DT :
· AMEN BANK: 611.870 DT
· BH: 214.756 DT
· leasing: 259.631 DT
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Les entreprises en difficultés économiques

 Les créanciers : 655.932 DT

Les difficultés et les causes selon le directeur général de l'entreprise :

- Baisse de ventes.
- manque de liquidité nécessaire.
- L'incapacité de la société de rembourser ses dettes accumulées.
- à la date de 21/07/2013, l'huissier notaire a effectué, suite à la demande de la
banque l'habitat (BH), une saisie-exécution sur certaines des propriétés de
l'entreprise.

Section 2 : Les procédures de règlement judiciaire


1. La demande de règlement judiciaire
Dés l’apparition des premiers facteurs des difficultés financières, le président directeur
général (PDG) de la société « AW » a demandé par écrit à l’autorité judiciaire de lui
admettre de RJ. Cette demande doit être adressée au président de tribunal de première
instance de lieu de siège de l’entreprise et qu’elle doit être accompagnée avec tous les
documents nécessaires ainsi que le plan de redressement proposé par le PDG et les dettes
et son échéance.

La demande proposée par le PDG se présente comme suit :

-concernant le compte bancaire de la BH : Nous pouvons trouver une situation qui satisfait
mon entreprise, ce qui est un autre prêt qui couvre l’ancien (le contrat de consolidation est
régi par les articles 357 et suivants du code des obligations et des contrats)

-Rééchelonnement des dettes de recette des finances sur 15 ans avec un an de grâce.

-Rééchelonnement des dettes de la CNSS sur 10 ans avec un an de grâce.

 Futur plan pour les années postérieures :

L'année 1er année 2éme année 3éme année 4éme année

La recette 1600.000 1700.000 2000.000 2200.000

Les dettes 335.369 439.764 296.170 254.390

Liquidité 84.631 -9.764 3.830 5.220

Tableau 2 : Plan proposé par le débiteur


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Les entreprises en difficultés économiques

2. Le sort de la demande
Le 25/01/2014, le président de tribunal doit adresser une demande écrite au CSEE pour lui
donner son avis concernant le demande de RJ de la société "AW" dans un délai ne
dépassent pas 20 jours à compter de la date de notification de cette demande.

L'avis de la CSEE

Le CSEE s’est réuni le jeudi 21/02/2014 à 9h du matin avec les représentants des différents
ministres pour étudier le dossier de la société "AW". Le représentant de la banque centrale
a signalé que la dette de la société à la fin de janvier 2014 est de 1127 000 DT net sans
intérêts.

Après la discussion des membres de la commission et leur invités sur la situation de


l'entreprise et son plan proposé, il est conclu donc que la société a connu une énorme
difficulté structurelle qui nécessite de mettre un plan de redressement puisque la société
n'est peut plus être capable de faire face à son passif exigible avec ses liquidité et son actif
réalisable à court terme, et qu'elle est devenue en état de poursuites judiciaires auprès de
ses fournisseurs.

Le CSEE a décidé l'acceptation de l'ouverture de la procédure de règlement judiciaire pour


la société "AW".

3. La décision du président de tribunal

Après la réception de l'avis de CSEE, le 22/03/2014 le président de tribunal prononce


l'ouverture de procédure de règlement judiciaire.

Il désigne les organes chargés de la mission de redressement : il désigne un juge-


commissaire auquel il confie le dossier, et un administrateur judiciaire chargé d'élaborer le
plan de redressement dans un délai ne dépasse pas 3 mois à compter de la date de
l'ouverture. La société doit payer 500 DT à l'administrateur judiciaire au titre d'avance sur
ses honoraires.

Le président de tribunal ordonne de suspendre les procédures judiciaires aussi tout acte
d'exécution visant le recouvrement d'une créance antérieure à la période d’observation,
ainsi les intérêts des emprunts.

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Les entreprises en difficultés économiques

4. L'ouverture de période d'observation


Le 01/04/2014 le juge commissaire a demandé auprès de la CSEE toutes les informations
disponibles pour sauver la société AW selon les exigences de règlement judiciaire.

Aussi le CSEE a autorisé à l'administrateur judiciaire de commencer ses travaux et


présenter son résultat de travail dans le délai légal.

Après l'inscription de jugement de l'ouverture de période d'observation au registre de


commerce et la publication au JORT, l'administrateur judiciaire a commencé ces travaux
concernant le plan de redressement, à ce niveau-là les créanciers doivent s'assurer de
l'inscription de leurs dettes antérieures à la date du jugement pour bénéficier de leur droit
de la participation à la distribution d’argent , dans le cadre de l’exécution du plan de
redressement.

On trouve en premier lieu la CNSS demande l'inscription d'une autre dette de la taxation
d'office du premier trimestre de 2014. Aussi la Amen Bank présente ses dettes et demande
l'inscription à la liste des dettes des créanciers .La SONEDE a présenté ses dettes et
demandé l'inscription à la liste avec son droit de priorité ainsi Tunisie Télécom à
demander elle-même l'inscription à la liste.

Dès que l'AJ achève l'élaboration du plan de redressement, il demande obligatoirement


l'avis de la CSEE pour l'élaboration du plan, et consulte les représentants des créanciers, et
doit obtenir l'accord des derniers pour les remises de leurs dettes.

Il adresse aussi au Juge Commissaire une copie du plan proposé, une liste des créanciers
pour lui donner son avis et un rapport sur la situation de la société et des explications des
difficultés.

5. Le rapport de l'administrateur judiciaire

L'AJ présente les origines des difficultés de la société AW. La mauvaise gestion des
ressources financières est la cause principale des difficultés économiques depuis 2008
puisque son bénéfice atteint -59% par rapport aux charges d'exploitation. Ces problèmes
financiers ont engendré l'incapacité de la société à payer ses dettes fournisseurs et
l'accroissement des dettes bancaires pour atteint le 1310 000DT net. Ainsi, cette difficulté a
augmenté les charges sociales de la société vu la diminution de chiffre d'affaire par la suite
la productivité sera menacée puisque le rendement des employer baisse par le manque de
disponibilité des matières premières nécessaires.
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Les entreprises en difficultés économiques

Les commandes de la société et leur échéance large ont participé à la dégradation de la


situation financière (manque de liquidité), et l'augmentation des intérêts de dettes à court
terme qu'ils atteignent 651 607.888 DT.

Section 3 : Le plan de redressement et recommandations


1. Le plan de redressement
Ce plan se déroule dans trois étapes :

1ére étape :
 Réduire l'endettement de la Société a pour le bénéfice les institutions publiques
:

Il propose le rééchelonnement des dettes fiscales et sociales de CNSS sur 5 ans avec un an
de grâce.

 éliminer les intérêts de retard et les frais de contentieux :

Une demande adressée au président de tribunal d'homologuer l'élimination des intérêts de


retard et les frais judiciaires puisqu'ils atteignent 911 211.636 DT, Ce montant est réparti
comme suit :

Le créancier Le montant

CNSS 362 282.137 DT

IMPOT ET TAXE 367 847.695 DT

LEASING 854.149 DT

LES BANQUES 180 227.655 DT

LE TOTAL 911 211.636 DT

Tableau 3: Les intérêts de retard et les frais judiciaires

 Rééchelonnement des dettes bancaires :

Rééchelonnement des dettes bancaires et de leasing sur dix ans avec un an de grâce.

 La cession d'une partie de l'immobilier de SIDI ABDELHAMID :

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Les entreprises en difficultés économiques

Pour que la société aura une chance d'obtenir la liquidité nécessaire et pour garantir la
continuité de son activité, la société doit vendre un bien immobilier non lié à l'activité de
l'entreprise. Elle demande au président de tribunal d'accepter l'exécution de cette opération.

 Le rééchelonnement des autres dettes :

Le rééchelonnement des autres dettes sur cinq ans sans période de grâce.

2éme étape :
 ré-étude de coût de production et le prix de vente et faire un suivi de plan de
redressement.
 Choisir les fournisseurs avec les meilleurs prix.
 Contrôle des coûts et augmentation de bénéfice.
 Réorganisation de l'activité de l'entreprise et amélioration du rendement des
employeurs avec l'équilibre entre la qualité de travail et le salaire.
3éme étape :

L'AJ prépare un budget prévisionnel de dix ans à partir de 2015au 2024, il est basé sur ces
probabilités :

 Une augmentation de recette de 15%.


 des nouvelles actionnaires du 100 000 DT.
 cession de bien immobilier de 350 000 DT.
 augmentation des charges de 15%.

Les recettes Les dépenses Règlement des Solde final


prévisionnelles dettes dans RJ

2015 2063.394 1622.500 140.000 383.218

2016 2047.474 1818.125 503.600 108.967

2017 2458.166 2039.987 504.600 22.546

2018 2770.562 2251.785 493.600 47.623

2019 3159.602 2537.755 353.600 75.870

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Les entreprises en difficultés économiques

2020 3430.919 2862.750 353.600 290.269

2021 3945.557 3232.327 137.400 866.269

2022 4537.391 3652.855 137.400 1613.404

2023 5217.998 4131.633 137.400 2532.370

2024 6000.685 4677.027 137.400 3748.642

Tableau 4: Le budget prévisionnel


2. L'avis du juge commissaire sur le plan de redressement

Le 24/10/2014, le JC après avoir étudié la situation de la société et consulter la liste des


créanciers, la situation financière et économique, les causes des difficultés et le plan de
redressement élaborée par l'administrateur judiciaire, peut donner son avis sur la pertinence
de plan de redressement.

Et ce qui parait selon le plan de redressement proposé par l'administrateur judiciaire qui a
pris en considération l'obligation d'équilibrer les éléments principaux qui est la
continuation de l'activité le maintien d'emploi et le paiement des dettes. Il propose
l'exécution de plan de redressement avec certaines remarques.

 Il est nécessaire de prendre le consentement des créanciers qui sont AMEN BANK,
CNSS, BH, Leasing, la recette de finance pour la remise d'intérêt de retard et les
frais judiciaires qui atteignent 911 211.636 DT et les autres créanciers qui ne sont
pas présents pas à la réunion de délibérations.
 Il est nécessaire de demander à l'actionnaire nouvel de délibérer leur participation
au capital social après l'approbation des créanciers de leur participation de 60 000
DT.
 Il est nécessaire de modifier le statut de la société pour être conforme au capital
social.
 Il est nécessaire d'exclusion la suspension des procédures d'exécution d'un
jugement relatif aux créances d'un salarié puisque le rééchelonnement de son dettes
sur 5 ans n'est pas correspond avec son valeur, L'AJ propose de modifier le plan de

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Les entreprises en difficultés économiques

redressement au niveau de rééchelonnement des dettes de leasing sur deux ans avec
une année de grâce au lieu de dix ans.
 Doit désigner un contrôleur d'exécution pour assurer la bonne exécution du plan de
redressement.

3. Objection sur le plan de redressement :


AMEN BANK n'est pas d'accord avec ce plan sur deux points :

Premièrement : abandonner sur les intérêts de retard qui sont estimés de 80 761.395 DT.

Deuxièmement : le rééchelonnement des dettes de 883 681.746 DT sur 10 ans sans année
de grâce.

Puisque ce plan ne prend pas en compte leurs intérêts, néanmoins elle est prête d'aider
l'entreprise pour surmonter leurs difficultés financières à condition qu'il propose un plan de
redressement réaliste et raisonnable.

Le CNSS accepte le rééchelonnement de leurs dettes sur 5 ans mais sans une année
de grâce, elle n'est pas d'accord sur le délai de grâce.
La recette fiscale n'est pas d'accord sur deux points :

- Elle est prête de rééchelonner les dettes mais à condition que la société à donner des
avances de 10% de total de dettes maintenant et le reste soit rééchelonnée sur une période
ne dépasse pas cinq ans.

- Concernant la proposition d'éliminer les intérêts de retard et le frais judiciaires, la recette


fiscale n'accepte pas cette proposition "Aucun droit ou aucune dette ne peut être laissé à
l'État sauf par la loi".

4. L’issue du règlement judicaire

Vu que la société AW n'a pas respecté les engagements financiers pris dans le cadre du
plan de redressements, l'expert judicaire a préparé un rapport et disposé au président de
tribunal sur la situation de la société et le développement de l'exécution de plan de
redressement.

On trouve des créanciers qui refusent le rééchelonnement de leurs dettes notamment :

- Le CNSS a refusé le rééchelonnement de dettes postérieures à l'ouverture de règlement


judiciaire et rééchelonner les dettes antérieures à l'ouverture de RJ sur 5 ans sans un délai

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Les entreprises en difficultés économiques

de grâce, puisque la société n'arrive pas à payer ces dettes et parait non sérieuse de
bénéficier de ce redressement et son incapacité à remplir leurs engagements.

- Aussi la recette fiscale a des dettes postérieures à la date de l'ouverture de RJ.

- Le non-respect de nouvel actionnaire son engagement de libérer la somme de 100 000DT


objet de l'augmentation de capital.

- La société n'a pas cédé l'immeuble indiqué dans le plan de redressement mais elle a
effectué la cession d'un autre immeuble pour payer une dette n'est pas déclarée et n'est pas
inscrite à la liste des créanciers, cette cession a pour objectif de payer une dette illégale et
non pas de donner à l'entreprise une possibilité de sauver leur difficulté.

- Le rejet de la société de vendre un bien immeuble de superficie 3000 m² qui lui a permet
à l'entreprise de couvrir une côté de son déficit, mais la société a constaté que cette offre
peut provoquer à l'entreprise des énormes difficultés.

Le président de tribunal après consulter le rapport de l'administrateur judiciaire sur la


situation de l'entreprise et le rapport de contrôleur d'exécution qui ont indiqué que la
société ne respecte pas le continue de plan de redressement et être un déficitaire et
incapable de couvrir son énorme déficit à cause de l'augmentation des dettes postérieures
au RJ. Dans ce contexte le président de tribunal le 28/06/2014 a décidé la cession de
l'entreprise à un tiers.

La société a fait un appel contre le jugement de tribunal de première instance, le


12/05/2017 le cours d'appel a jugé l'adoption de la décision de tribunal de première
instance.

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Les entreprises en difficultés économiques

Conclusion
J’ai choisi La société « AW » pour l’étudier durant ce chapitre, cette société a confronté
des énormes difficultés dues à la mauvaise gestion des ressources financières, Ces
problèmes financiers ont engendré l'incapacité de la société à payer ses dettes fournisseurs
et l'accroissement des dettes bancaires.

Cette difficulté a augmenté les charges sociales de la société vu la diminution de chiffre


d'affaire par la suite le rendement des employer baisse par le manque de disponibilité des
matières premières nécessaires, la situation de la société est aggravée d'une année à une
autre ce qui provoque des pertes successives ce qui implique que la société demande
l'ouverture de règlement judicaire.

Vu le non-respect de la société de plan de redressement proposé par l'AJ, le président de


tribunal prononce que cette entreprise est incapable de poursuivre ses activités et sa cession
à un tiers est la meilleure solution. Sa propriété est transférée au cessionnaire dès qu'il a
exécuté tous ses engagements et payé l'intégralité du prix. Le produit de la vente sera
retenu au profit des créanciers.

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Les entreprises en difficultés économiques

Conclusion générale

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Les entreprises en difficultés économiques

Le stage que j'ai effectué au sein du cabinet CAEK m'a donné l'occasion de découvrir des
missions dans des différents secteurs, ce stage est une opportunité pour mettre en
application les enseignements reçus tout au long de notre parcours scolaire. Il fait
également appel à nos aptitudes personnelles.

La diversification avait comme objectif de diversifier mes connaissances et d'avoir


l'opportunité de choisir le sujet qui s'approchait le mieux de métier d'expert-comptable. J’ai
étudié le dossier d'une société en difficulté et j'ai choisi le redressement des entreprises en
difficultés comme sujet de mon rapport.

D'une manière général le règlement des entreprises en difficulté obéit à une procédure
spécial, la Tunisie a mis un cadre juridique pour ces types des entreprises intitulé la loi de
95-34 relative au redressement des entreprises en difficultés.

L'importance de cette loi 95-34 est basée essentiellement sur des arguments statistiques :

Selon un rapport de ministre des affaires sociales sur les situations socio-économiques en
Tunisie en novembres 2016 : 52 entreprises (employant 15617) ont connu des difficultés
économiques en novembre 2016, contre 66 entreprises au cours du mois d'octobre 2016. La
statistique qui concerne l'importance de respect de démarche de la procédure indique que
depuis 1995 et jusqu'à juin 2015, 2767 entreprises sont passé sous le coup de cette loi, dont
: 1084 ont trouvé un accord amiable et 1437 sont passé a un règlement judicaire.

La loi 1995 à reformé en deux requise: d'abord à une loi de 15/07/1999 ensuite par une loi
de 29/12/2003, ces loi se sont intéressé par la premier fois aux entreprise économique qui
est considère comme une notion nouvelle.

En 2016, le législateur tunisien vient opérer un grand ménage du droit des procédures
collectives à travers la fameuse loi de 29/04/2016, cette réforme a touché les aspects les
plus fondamentaux du droit des entreprises en difficultés économiques et son ampleur est
encore à démontrer dans les années à venir.

Une fois les difficultés affichées, la société doit mettre en place les mécanismes d'alerte qui
sont prévus par le législateur tunisien, le but de ce mécanisme d'alerte tant au niveau
interne qu'externe est de permettre d'anticiper les difficultés rapidement et avant
l'aggravation de la situation.

Il prévoit également des procédures de redressement à l'amiable dans le cas où le dirigeant


de l'entreprise n'arrive pas à trouver des solutions par lui-même, En cas ou la procédure de
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Les entreprises en difficultés économiques

règlement amiable ne sera pas acceptée, le recours au redressement judicaire reste la


dernières alternative à condition que le tribunal prononce l'état de cessation de paiement.

Cette procédure permet de juger si la situation de la société est irrémédiablement


compromise ou non afin de décider son sort, cette procédure peut selon l'état de l'entreprise
en difficulté aboutir à l'établissement d'un plan de redressement, à poursuivre son activité,
à sa cession à autrui, à sa location gérance ou à sa liquidation.

La procédure de liquidation judicaire s'adresse aux entreprises qui sont en état de cessation
des paiements et dont le redressement judiciaire est impossible, la liquidation judiciaire ou
la faillite est une procédure destinée à mettre fin à l'activité d'une entreprise soumis au l'une
des procédures de redressement si celle-ci ne respecte pas les clauses du plan de
redressement proposé.

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Les entreprises en difficultés économiques

Liste des figures

Figure 1.Règlement amiable ............................................................. 30

Figure 2.Règlement judiciaire ........................................................... 34

Figure 3.Les sort des entreprises en difficultés ................................. 37

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Les entreprises en difficultés économiques

Bibliographie
Les ouvrages :

 BRAHMI Adel, Le droit de redressement des entreprises en difficulté, Tunis 2002


 MECHRI Farouk, Droit des entreprises en difficultés économiques, Tunis 2008
 KECHOU Moncef, Système de redressement des entreprises en difficulté
économique.

Les lois :

 Loi n°95-34 du 17 avril 1995, relative au redressement des entreprises en difficultés


économiques.
 Loi n°99-63 du 15 juillet 1999, portant des modifications de la loi n°95-34 du
17avril 1995, relative au redressement des entreprises en difficultés économiques.
 Loi n°2003-79 du 29 décembre 2003, modifiant et complétant la loi n°95-34 du 17
avril 1995, relative au redressement des entreprises en difficultés économiques.
 Loi n° 36-2016 du 29 avril 2016, portant des modifications de la loi n° 95-34 du 17
avril 1995, relative au redressement des entreprises en difficultés économiques.

Les codes:
 Code des sociétés commerciales.
 Code de commerce

Webiographie

 https://www.ladissertation.com/Sciences-Economiques-et-Sociales/Sciences-
%C3%89conomiques/L'audit-Des-Entreprises-En-Difficult%C3%A9-73104.html
 https://www.jurisitetunisie.com/tunisie/codes/entreprises/L2003-0079.htm
 https://docplayer.fr/68777203-Loi-n-du-29-avril-2016-relative-aux-procedures-
collectives.html
 https://www.jurisitetunisie.com/tunisie/codes/entreprises/ent1020.htm
 https://www.juriste-tunisie.com/tunisie/codes/entreprises/ent1025.htm
 https://leguide-asso.net/index.php/2016/03/10/presentation-du-redressement-
judiciaire/

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Les entreprises en difficultés économiques

Table des matières


Introduction générale ........................................................................................................ 1
Chapitre1 : ........................................................................................................................ 4
Présentation générale du cabinet CAEK ............................................................................. 4
Section 1 : Présentation de Cabinet : ......................................................................................... 5
1. Historique de cabinet : ........................................................................................................................... 5
2. Les services assurés par le cabinet :....................................................................................................... 6
2.1. Les travaux d'assistance comptable .............................................................................................. 6
2.2. Les documents comptables ........................................................................................................... 7
2.3. La saisie des écritures comptables ................................................................................................ 7
2.4. Les travaux d i ve taires .............................................................................................................. 7
2.5. Préparation des états financiers ................................................................................................... 8
2.5.1. L tat de r sultat .................................................................................................................. 8
2. .2. L tat de flux de tr sorerie........................................................................................................... 8
2.5.3. Le bilan ................................................................................................................................. 8
2.5.4. Les notes aux états financiers............................................................................................... 8
2.6. Les travaux d assista e et de o seil fis al .................................................................................. 8
2.6.1. La d laratio e suelle d i pôt ........................................................................................ 8
2.6.2. Les acomptes provisionnels .................................................................................................. 9
2.6.3. La déclaration employeur ..................................................................................................... 9
2.7. Les travaux d assista e so iale .................................................................................................... 9
2.7.1. La déclaration C N S S ........................................................................................................... 9
2.7.2. Préparation de la paie ........................................................................................................ 10

Section 2 : Les tâches effectuées : ............................................................................................ 10


1. Classement des pièces comptables :.................................................................................................... 10
2. Enregistrement comptable .................................................................................................................. 11
2.1 Journal achat ............................................................................................................................... 12
2.2 Journal vente ............................................................................................................................... 13
2.3 Journal opérations diverses ........................................................................................................ 13
3. Préparation d'une déclaration mensuelle d'impôt .............................................................................. 14
 TFP : taxe de formation professionnelle..................................................................................... 15
 FOPROLOS : Fond Propre des Logement Sociaux : ................................................................. 16
 TVA : taxe sur valeur ajouté :..................................................................................................... 16
 TCL : taxe de collectivité locale : ............................................................................................... 16
 Doit de timbre : ........................................................................................................................... 16
4. Préparation d'une déclaration d'employeur ........................................................................................ 16
5. Rapprochement bancaire .................................................................................................................... 16
6. Saisie de paie ....................................................................................................................................... 17
Conclusion ..................................................................................................................................................... 19

Chapitre2 : ...................................................................................................................... 20
Fondements théoriques du redressement des entreprises en difficultés économiques ....... 20
Introduction ........................................................................................................................... 21

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Les entreprises en difficultés économiques

Section 1 : La prévention des entreprises en difficultés ............................................................ 21


1. Définition des entreprises en difficulté économiques ......................................................................... 21
2. La notification des signes précurseurs des difficultés économiques ................................................... 22
3. La procédure l'alerte ............................................................................................................................ 22
3.1 Procédure d'alerte interne .......................................................................................................... 22
3.1.1 Droit d'alerte du commissaire aux comptes ........................................................................... 22
3.1.2 Le droit d'alerte des associés .................................................................................................. 23
3.1.3 Le droit d'alerte du dirigeant ou du propriétaire de l'entreprise ........................................... 24
3.2 Procédure d'alerte externe ......................................................................................................... 24

Section 2 : Règlement amiable................................................................................................ 26


1. La demande d'admission au bénéfice du règlement amiable ............................................................. 26
2. Les conditions d'ouverture de règlement amiable .............................................................................. 26
3. Les investigations avant la décision ..................................................................................................... 26
4. La décision de président de tribunal .................................................................................................... 27
5. La désignation d'un conciliateur .......................................................................................................... 27
6. La suspension des procédures d'exécution ......................................................................................... 28
7. L'élaboration de l'accord ...................................................................................................................... 28

Section 3 : Règlement judiciaire .............................................................................................. 31


1. L'ouverture de procédure de règlement judiciaire .............................................................................. 31
1.1 La demande de règlement judiciaire ........................................................................................... 31
1.2 Décision de président du tribunal de première instance ............................................................ 32
1.2.1 Rejet de la demande ............................................................................................................... 32
1.2.2 Acceptation de la demande .................................................................................................... 32
2. Période d'observation .......................................................................................................................... 33
3. La situation des différentes parties à des la procédure ....................................................................... 33
3.1 Les effets de RJ à l'égard de débiteur .......................................................................................... 33
3.2 Les effets de RJ à l'égard de créancier ........................................................................................ 33
4. La suspension des poursuites individuelles dans la phase de règlement judicaire ............................. 33

Section 4 : Les sorts d'entreprise en difficulté ......................................................................... 35


1. Le plan de redressement ..................................................................................................................... 35
2. Plan de continuité de l'activité............................................................................................................. 35
2.1 Poursuit de l'activité .................................................................................................................... 35
2.2 La location et la location gérance................................................................................................ 36
2.3 La cession .................................................................................................................................... 36
3. L'impossibilité de poursuivre l'activité ................................................................................................. 36
3.1 La liquidation ............................................................................................................................... 36
3.2 La faillite ...................................................................................................................................... 37

Conclusion ....................................................................................................................... 38
Chapitre 3 :...................................................................................................................... 39
Etude du Cas de la société « AW » ................................................................................... 39
Introduction ........................................................................................................................... 40
Section 1 : Présentation de la société AW ................................................................................ 40
1. Caractéristiques générales : ................................................................................................................. 40
2. L'organisation de l'entreprise .............................................................................................................. 40
3. Analyse de la situation de la société .................................................................................................... 41

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Les entreprises en difficultés économiques

Section 2 : Les procédures de règlement judiciaire ................................................................... 42


1. La demande de règlement judiciaire ................................................................................................... 42
2. Le sort de la demande.......................................................................................................................... 43
3. La décision du président de tribunal .................................................................................................... 43
4. L'ouverture de période d'observation ................................................................................................. 44
5. Le rapport de l'administrateur judiciaire ............................................................................................. 44

Section 3 : Le plan de redressement et recommandations ........................................................ 45


1. Le plan de redressement ..................................................................................................................... 45
2. L'avis du juge commissaire sur le plan de redressement ..................................................................... 47
3. Objection sur le plan de redressement : .............................................................................................. 48
. L issue du r gle e t judi aire .................................................................................................................. 48

Conclusion .............................................................................................................................. 50

Conclusion générale ........................................................................................................ 51


Liste des figures ............................................................................................................... 54
Bibliographie ................................................................................................................... 55
Webiographie ................................................................................................................. 55

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