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EXTRAIT DE COURS DE BERBERE

MAROCAIN

DIALECTES DU SOUS DU HAUT ET


DE L’ANTI-ATLAS

E.LAOUST 1921
CONTENU
LEÇON I ET II : LE GENRE <1-4>
LEÇON III-UN ET UNE <5-7>
LEÇON IV, V, VI – LE NOMBRE <8-18>
LEÇON VII - NOM DE NOMBRE. - PARTICULES DÉMONSTRATIVES <19-21>
LEÇON VIII -DU VERBE <22-24>
LEÇON IV -MANIÈRE DE TRADUIRE LE VERBE ÊTRE <25-27>
LEÇON X DE L’ADJECTIF <28-30>
LEÇON XI MANIÈRE DE TRADUIRE LE VERBE AVOIR <31-33>
LEÇON XII RAPPORT D’ANNEXION <33bis -34>
LEÇON XIII MANIÈRE DE TRADUIRE ET <35-37 >
LEÇON XIV DE LA POSSESSION <38 – 40>
LEÇON XV PRONOMS POSSESSIFS <41 – 43>
LEÇON XVI CONJUGAISON DU PRÉTÉRIT <44-45>
LEÇON XVII DE LA NÉGATION <46-53>
LEÇON XVIII. - TERMES INTERROGATIFS: OU, COMMENT, QUAND, POURQUOI ? <54-
57>
LEÇON XIX: DU PARTICIPE <58-60>
LEÇON XX : TERMES INTERROGATIFS (FIN) <61-68>
LEÇON XXI - PRONOMS PERSONNELS <69-71>
LEÇON XXII PRONOMS RÉGIMES DIRECTS <72-74>
LEÇON XXIII PRONOMS RÉGIMES INDIRECTS <75-81>
LEÇON XXIV CONJUGAISON DU FUTUR <82>
LEÇON XXV: LA CONJUGAISON DU FUTUR (SUITE) <83-86>
LEÇON XXVI LE FUTUR NÉGATIF <87-88>
LEÇON XXVII EMPLOI DU FUTUR AVEC LES PRONOMS RÉGIMES <89 – 89bis>
LEÇON XXVIII : PRONOMS DÉMONSTRATIFS <90-92>
LEÇON XXIX ACCORD DU VERBE AVEC SON SUJET <93 – 95>
LEÇON XXX PRONOMS AFFIXES DES PRÉPOSITIONS <96 – 100>
LEÇON XXXI CLASSIFICATION DES VERBES <101 – 102>
LEÇON XXXII VERBES RÉGULIERS <103 – 106>
LEÇON XXXIII VERBES DU TYPE SKER <107 – 108>
LEÇON XXXIV VERBES A CONJUGAISON PARTICULIÈRE <109 – 113>
LEÇON XXXV VERBES DU TYPE NEΓ <114 – 116>
LEÇON XXXVI REMARQUES SUR QUELQUES VERBES DE TYPE NEΓ <117 – 124>
LEÇON XXXVII : PRONOMS INDÉFINIS <125-128>
LEÇON XXXVIII VERBES DE TYPE AMZ «PRENDRE» <129 – 132>
LEÇON XXXIX PRONOMS INDÉFINIS (SUITE) <133-135>
LEÇON XL VERBES DU TYPE RAR <136 – 138>
LEÇON XLI VERBES DE TYPE AF <139>
LEÇON XLII VERBES DU TYPE DDU <140>
LEÇON XLIII REMARQUES SUR LES VERBES DU TYPE DDU <141-143>
LEÇON XLIV PRONOMS RELATIFS <144-148>
LEÇON XLV- DES PARTICULES D ET N <149-151>
LEÇON XLVI DE QUELQUES EXPRESSIONS CONJONCTIVES <152-153>
LEÇON XLVII DE L’AORISTE <154 – 157>
LEÇON XLIII DE QUELQUES EXPRESSIONS ADVERBIALES <158 – 159>
LEÇON XLIX VERBES D’ÉTAT <160 -162>
LEÇON L MODE D’EMPLOI DES VERBES D’ÉTAT <163 -164>
LEÇON LI DEGRÉ DE COMPARAISON DES ADJECTIFS <165 – 169>
LEÇON LII LA NUMÉRATION <170 – 172>
LEÇON LIII MODIFICATION DE L’IDÉE VERBALE <173-174>
LEÇON LIV : DES FORMES RÉCIPROQUES ET PASSIVES <175-176>
LEÇON I et II: LE GENRE

L’article n’existe pas en berbère. Les genres des substantifs sont indiqués par les mots eux-mêmes . Il
y a deux genres : masculin et le féminin

§ 1.

NOM MASCULINS

Les mots assif, rivière ; ifri, grotte ; uccen, chacal, commencent par une voyelle a, i, u : ils sont du
genre masculin et de la forme aX, iX ou uX.

RÈGLE
Sont du genre masculin les noms commençant par une voyelle a, i, u.

REMARQUES

a- Les noms de la forme <aX> sont de beaucoup les plus nombreux ; ceux de la forme <iX> sont
généralement des pluriels ; ceux de la forme <uX> sont assez rares. La voyelle initiale indique, dans
un grand nombre de cas , le genre et le nombre.

b- Il existe en outre , en chelha un certain nombre de noms de la forme <waX>; ils désignent
fréquemment des noms de plantes, d’animaux ou des toponymes:
wazkun, folle avoine;
wagerzam léopard;
warzazat. nom de lieu

§ 2.

NOMS FÉMININS

tamazirt, pays;
tadla, gerbe;
tigemmi , maison

Sont du genre féminin et de la forme <tXt> ou <tX>.

RÈGLE. - Le t initial ou final est indice du féminin.

REMARQUES :
a. - Une voyelle a, i ou u suit toujours le e initial du nom féminin. Un nom féminin commence donc
par ta (fréquent); ti (souvent indice du pluriel); tu (rare).
b. - quelques noms, peu nombreux, sans revêtir l'une des formes ci-dessus, sont féminins par leur
sens:
inna, mère ;
illi, fille ;
ulli, brebis.
§ 3.

FORMATION DU FÉMININ

Le féminin de afrux, garçon, est tafruxt, fille ; afunas, bœuf, est tafunast, vache.
RÈGLE

Le féminin se forme du nom masculin par la préfixation et la suffixation d’un <t>.

S’obtient par un procédé identique :

Le féminin des adjectifs :


<umellil> blanc - <tumellilt> blanche

Le diminutif:
<azgaw> panier - <tazgawt> petit panier.
Les noms féminins ne sauraient revêtir de forme diminutive.

§ 4.

NOMS EMPRUNTÉS À L’ARABE.

Ils commencent par <l> ou <el> (résidus de l’article arabe) ou par une consonne généralement
redoublée (si cette consonne s’assimile le l de l’article arabe)
<lbarud> poudre; combat.
<rrami> chasseur; tireur.

Ils sont du masculin sauf ceux terminés par un t (représentant le ta marbouta arabe, indice du
féminin)

<lbehimt> mouture; bête de bat .


Ils revêtent parfois une forme de berbère obtenue par:

a) la préfixation d’un <a>(nom masculins)


<arumi> Chrétien, Français

b) la préfixation et la suffixation d’un <t>(nom féminins)


<talluḥt> planchette d’écolier ( arabe . llouḥ )

<5-7>
LEÇON III-UN ET UNE

§ 5.

Un se traduit par yan ; homme se dit argaz, un homme : ya urgaz pour yan argaz
Double remarque
a) devant un nom , yan perd son n et se traduit par ya;
b) l’a initial de argaz se change en u.
On dit de même :
un chemin : ya uγaras, pour : yan aγaras

AUTRE EXEMPLE
un jour : ya-wass, pour yan ass.

L’n de yan disparaît comme précédemment , toutefois, l’a initial du nom qui suit ne subissant aucune
modification se trouve être précédé d’un son w: ou que l’a de ass est constant .

AUTRE EXEMPLE:
Agneau: ikru
Un agneau: ya ikru, pour yan ikru
Chacal : uccen
Un chacal : ya uccen , pour yan uccen
L’i ou l’u du nom masculin ne se modifie pas

RÈGLE :
Devant yan <un>, l’a initial du nom masculin se change en u, ou est précédé d’un w s’il est constant.
L’i ou l’u ne changent pas.

REMARQUES :
1. - Modifié ou non, le son initial sous la dépendance de yan est généralement long et redoublé:
prononcer : ya wurgaz - ya yikru - ya wuccen
2. - L’n de yan se maintient parfois.
3. - La pratique seule fait connaitre les noms masculins dont l'a initial reste constant en rapport
d’annexion.

§ 6.

Une se traduit par yat ;


Perdrix se dit taskurt.
Une perdrix : yat tskurt, pour yat taskurt
Une maison : yat tgemmi, pour yat tigemmi

L'a ou l’i qui suit le i initial du nom féminin disparaît:


Dans la graphie on peut le remplacer par un e muet : yat teskurt; yat tegemmi.
Le son u se maintient :
Une Juive : yat tudayt ( tudayt= Juive).
RÈGLE. - L'a et l'i (et non l’u) qui suivent le t initial du nom féminin disparaissent devant yat.
REMARQUE
- Il est cependant un certain nombre de féminins qui conservent leurs sons initiaux a et i : la pratique
seule les fait connaître :
Une forêt : yat tagant (a constant)

§ 7.

Sous la dépendance d'une préposition, la voyelle initiale du nom berbère subit les modifications
constatées ci-dessus pour yan et yat.
γ; dans
i: à, au, pour
Dans le chemin γ uγaras pour aγaras
Dans l’eau γ waman pour aman (a constant)
Dans la forêt γ tagant pour tagant ( a constant)
À l’homme i wergaz pour argaz
Au cheval i wayis pour ayis (a constant)
À la maison i tgemmi pour tigemmi
LEÇON IV - LE NOMBRE

On distingue les pluriels masculins-et les pluriels féminins.

§ 8.

Pluriels masculins.

Soient argaz < homme>; aγyul < âne > ; assif <rivière> dont les pluriels respectifs sont: i-rgaz-en | i-
γyal | i-ssaf-en.

On remarque que le «a» du nom singulier se modifie en «i» au pluriel; d'où la règle : le pluriel
masculin se forme par le changement en «i» de l'a initial du nom singulier.

On remarque en outre que le pluriel de argaz est obtenu par l'addition d'une désinence en (externe);
que iγyal provient de aγyul par le changement de vocalisation de la voyelle interne (u devient a); que
issafen dérive de assif par la modification du son i interne en a et la suffixation de en.

On dit que irgazen appartient à la catégorie des pluriels externes; iγyal, à celle des pluriels internes ;
issafen, à celle des. pluriels mixtes ou combinés (à la fois internes et externes).

Remarque- . On distingue trois catégories de pluriels :


internes, internes et mixtes ;mais étant donné que rien n’indique dans son aspect la catégorie de
pluriel à laquelle il appartient; il importera d’étudier le pluriel d’un mot en même temps que son
singuliers

§ 9.

Ils sont de la forme iXen.

Exemple
adar, pied - idaren
aγaras, chemin -iγarasen
La désinence en devient n quand la dernière syllabe du nom est vocalique
arumi, chrétien -irumyen
akyaw, poussin -ikyawen

Elle est parfois un, awen, iwen


ameksa, berger; imeksawen
awal, mot; iwaliwen

ou an /a
azru, pierre - izra
ifri, grotte - ifran

§ 10

Pluriels internes
Changement de l’a initial en i et modification du son interne
agertil: natte -igertal
agadir: mur -igudar
askufel: escalier -iskufal
asnus : anon -isnas

Un son «a» s’intercale entre les deux dernières lettres radicales, d’ou l’appellation de pluriels en a
encore donnée à cette catégorie de pluriels

§ 11

Pluriels mixtes : changement de l’a initial en i ; modification du son interne ; addition de en ou n,


awen, iwen, an, a.
afus: main -ifassen
afud: genou -ifaddden
aḍaḍ: doigt -aḍuḍen
agayu, tête -iguya

§ 12
Remarques sur les 3 catégories de pluriels

L’a initial du nom singulier se maintient parfois au pluriel :


agmar: étalon -igmaren
aɛrab: arabe -aɛraben
Il se change en u dans les cas suivants:
asf, jour -usfan
anu, puits -una
L’i du nom singulier se maintient presque toujours au pluriel
ifer, feuille -ifrawn
imi, bouche -imawn

Il peut devenir a :
isk: corne -askiwen
isker: ongle -askaren
iḍ , nuit -aḍan
L'a initial du pluriel est constçant dans tous les cas.
Le son ou ne se modifie jamais :
uday : Juif -udayen
udad:mouflon -udaden

§ 13.

Pluriels spéciaux. - Certains pluriels sont obtenus par la suffixation de ten


aruku, ustensile-irukuten
afa, colline -afaten

Certains autres, par la suffixation au nom singulier d'une particule id:


xali, oncle-id xali
bab, maitre-id-bab
D'autres dérivent d'une racine différente :
guma : frère -aytma
iuwi:fils -arraw

Pluriels féminins. - On distingue les trois catégories de pluriels déjà signalées: pl. externes, pl.
internes,pl. mixtes.

§ 14.

Pluriels externes.
Ex. : tamγart < femme > a pour pluriel timγarin obtenu par le changement de l'a initial en i ; la
chute du i final; l'addition d'une désinence in.
tazlaft, plat - tizlafin
tafulust, poule -tifulusin
La désinence est parfois win , iwin
targa, rigole -tiregwin
taγawsa, objet - tiγawsiwin
ou a :
tazzwit, abeille -tizzwa
tazzit, poignard - tizza

Remarques
1 - Une désinence in, iwin, a est indice du pluriel féminin.
2 - L'a qui suit le t initial du nom singulier se change souvent en i au pluriel, parfois en u
(rare):tamγart < femme > -tumγarin, à côté de timγarin ; il est constant dans de nombreux cas.

§ 15

Pluriels internes
Exemple : tamazirt <pays> a pour pluriel timizar, obtenu par le changement en i de l’a qui suit le t,
la chute du t final, le changement de vocalisation de la voyelle interne
de même :
tiremt, repas - tiram
taserdunt , mule - tiserdan
On observe un son a entre les deux dernieres radicales du nom pluriel

§ 16
Pluriels mixtes
Ils sont peu nombreux :
tasarut, clef - tisura
tizikart , corde - tizakarin

§ 17

Pluriels spéciaux
Quelques pluriels féminins s’obtiennent par l’addition d’une terminaison tin
tabrat, lettre -tibratin
takat, feu -tikatin
d’autres dérivent d’une racine différente
ultma, soeur - istma
illi, fille - isti
tiṭ, oeil - alln

§ 18

Collectifs pluriels
Certains noms ne s’emploient qu’au pluriel; on ne leur connait pas de singulier; on les designe sous la
dénomination de <collectifs pluriels>

Masculins
aman ,eau
idamen, sang
ibeẓḍan ,urines
irden , blé
ilefẓan, salive
ilammen,son
iγumdan ,tenailles
midden, gens

Féminins
tumẓin, orge
tirufin , grillade de mais
tuzlin, ciseaux
tisukas, pinces
LEÇON VII - NOMS DE NOMBRE. -
PARTICULES DÉMONSTRATIVES

§ 19.

Noms de nombres de 2 à 10:


2. sin, fém. : snat.
3. kraḍ , fém. : kraṭ.
4. koz, fém. : kozt.
5. semmus, fém. : semmust.
6. seddis, fém. : seddist.
7, ssa, fém. : ssat.
8. tam, fém. : tamt.
9. tẓa, fém. : tẓat.
10. mraw, fém. : mrawt.
Le féminin s'obtient par l'addition d'un t.

MODE D’EMPLOI :

1- Le nom de nombre se place devant le substantif avec lequel il s'accorde en genre :


Deux femmes : snat tmγarin,
Trois hommes: kraḍ irgazen.

2- Il exerce sur la voyelle initiale du nom la même influence que yan et yat (voir 5).
Deux vaches : snat tfunasin, pour : tifunasin.
Trois nuits : kraḍ waḍan, pour : aḍan.

3- À partir de 3 exclusivement, on intercale parfois une particule n entre le numéral et le nom.


Cette règle n'a rien d'absolu.
Dix garçons : mraw n-iferxan et mraw yiferxan,
Dix filles : mrawt n tferxin et mrawt tferxin.

4. Le n disparaît parfois devant le nom :


Deux hommes : si irgazen, pour sin

§ 20.

Particules démonstratives:
argaz-a , cet homme-ci argaz-an, cette homme-là.
irgazen-a , ces hommes-ci. irgazen-an, ces hommes-là.
tamγart-a, cette femme-ci. tamγart-an, cette femme-là.
timγarin-a, ces femmes-ci. timγarin-an, ces femmes-là.

«a» et «an» traduisent les adjectifs démonstratifs ce, cet, cette, ces ; «a» marque le rapprochement,
«an» ; l’éloignement ; l’une et l’autre de ces particules se placent à la suite du nom quel que soit son
genre ou son nombre.
REMARQUE

1.La particule a s’allonge parfois en ad par suffixation d’un d :argaz-ad, cette homme-ci

2. À la suite d’un nom terminé par «a» , ou les particules a et an deviennent ia et ian :
azri-ia , cette pierre-ci.
tigumma-ian , ces maisons-là
3. Il existe une particule elli ou enna qui s’emploient dans les mêmes conditions que n et an
chaque fois que l’on parle d’une personne ou d’une chose dont il a déjà été question.
argaz-elli, cet homme-là, l’homme en question.
argaz-enna, cet homme-là, l’homme en question.

§ 21.
Ici se dit : γi ; γid.
Là se dit : γin; γinna; γilli.
Vers ici se dit : sγi; sγid.
Vers là-bas se dit : sγin; sγinna.
LEÇON VIII -DU VERBE <22-24>

§ 22

On énonce le verbe à l’aide de la deuxième personne du singulier de l’impératif: c’est en effet à


cette personne que le verbe revêt sa forme la plus simple : <faire> se dit sker (littéralement
<fais>).

EXEMPLES
bbi / coupe.
ffi / verse
skiws / assieds-toi
siggel /cherche
asi /porte, lève
amz/prends
awi-d / apporte; porte.
ut /frappe.

Cette forme constitue le radical verbal; pour simplifier nous le traduirons par l’infinitif français;
couper , verser, etc.

§ 23

Modes
Il y a trois modes: l’impératif, l’aoriste et le participe.
L’ impératif exprime un ordre;
L’aoriste marque un état ou exprime un fait sans détermination d’époque.

Temps
Le mode aoriste compte trois temps :
L’aoriste proprement dit qui marque tantôt un passé, tantôt un présent . On le nome aoriste sans
particule , aoriste dépendant ou présent narratif.
Remarque
Le verbe sker <faire> sera choisi comme type dans l’étude de la conjugaison

§ 24

Conjugaison de l’impératif
--------- deuxième personne du singulier (2 genres)
--------- at , deuxième personne du pluriel masculin
--------- amt , deuxième personne du pluriel féminin

Le trait figure le radical verbal

EXEMPLES
sker , fais
skrat , faites (m.).
skramt, faites (f.).
ut, frappe
utat , frappez (m.).
utamt, frappez (f.)

REMARQUES

1.- Ces désinences peuvent s’ajouter aux expressions suivantes:


yalla, viens; yallat, yallamt.
aywa, viens; aywat, aywamt.
rwaḥ, va ;rwaḥat, rwaḥamt.
ašt, viens (m.) ; ašta, aštata (f.s.) ; aškatt, venez (m.) aškamt (f.)

2.- Aux désinences at et amt se suffixent parfois awi (m.) ou ati (f.),
aywatawi, venez(m.) ; aywamtati (f.)
aškadawi, venez ; aškamdati

3.-La personne du pluriel s’obtient par la suffixation de aγ


amzaγ, prenons (toi et moi) amz + aγ
amzataγ, prenons (vous et moi) amz +at+ aγ
LEÇON IV : MANIÈRE DE TRADUIRE LE VERBE ÊTRE <25-27>

§ 25

Le verbe être (attributif) est eg dont la conjugaison, à l ‘impératif, est :


eg , sois – gat, soyez (m.) - gamt, soyez (f.).
et au prétérit:
giγ , je suis.
tgit, tu es
iga, il est.
tga, elle est.
tgam , vous êtes (m.)
tgamt , vous êtes (f.)
gan, ils sont , ils sont
gant , elles sont , elles sont
nga, nous sommes.
Remarque eg a aussi le sens de < faire, mettre > et non de < se trouver, exister >. Ce dernier sens
trouve sa traduction dans le verbe ili (voir § 109).

§ 26

Prétérit négatif.

La négation est ur ( ne...pas)

ur giγ, je ne suis pas.


ur tgit, tu n'es pas.
ur igi, il n'est pas.
ur tgi, elle n'est pas.
ur ngi , nous ne sommes pas.
ur tgim(t), vous n'êtes pas.
ur gin, ils ne sont pas.
ur gint, elles ne sont pas.

«ur» se place devant le verbe et change en «ila» qui suit le g à partir de la 2e personne (On ne dit
pas : ur iga)

Ont dit de même , sous l’action de ur :


illa , il y a ; ur illi, il n’y a pas, il n’est pas;
llan, ils sont ; ur llin, ils ne sont pas
§ 27.

L’interrogation
is tgit es-tu ?
is iga, est-il ?
is tga, est-elle ?
is nga , sommes-nous ?
is tgam, êtes-vous ?
is gan , sont-ils ?

La particule interrogative est is et parfois iz ou izd . Elle précède le verbe sur lequel elle n’exerce
aucune influence.
De même :
is illa, y a-t-il ?
is llan, sont-ils
LEÇON X DE L’ADJECTIF <28-30>

§ 28.

- L'idée qualificative s'exprime surtout à l'aide de verbes dits verbes d'état ou de couleur. Ils sont
étudiés au 16o.
Il existe néanmoins des expressions appelées adjectifs verbaux qui correspondent à nos adjectifs
qualificatifs, et dont voici les principaux :

Adjectifs de couleur :
asggan, noir.
asṭaf, id.
azeggwaγ, rouge.
azegzaw, vert, bleu.
awraγ, Jaune.
umellil, blanc..
abrar, tacheté, bariolé.
amaziγ. blanc (homme).
assuqi, noir id.
idili, noir ; vert foncé.
azemlaγ, bronzé.

Adjectifs désignant des défauts ou des infirmités physiques


amejjuḍ, teigneux.
azenzul, astataw, agnaw: muet.
akucam, infirme ; manchot.
amucal qui a les jambes torses.
abiḍar, boiteux.
abukaḍ, aveugle.
anufl, amaɛdur fou.
aḍorḍur, sourd.
atemtam, bègue
azelkaḍ, azelmaḍ ,gaucher.
Ajoutons :
aqdim, vieux et lijdid, neuf, empruntés à l’arabe.
Leur pluriel appartient aux diverses catégories étudiées ci-dessus:
tumellilin, blanches
tizeggwaγin, rouges
ibukaḍen, aveugles
imejjaḍ, teigneux

§ 29.

Le féminin des adjectifs se forme par la préfixation et la suffixation d’un t


tazegzawt, verte
tidilit, noire
tabokaṭ, aveugle
taḍorḍurt, sourde
Mode d’emploi
§ 30

1.L’adjectif est épithète :

Exemples:
Un cheval blanc : ays umellil
Des bœufs noirs : imugaynn isgganen
Une jellaba jaune: tajellabit tiwraγin
Des tapis rouges : tizerbay tizeggwaγin
L’adjectif se place à la suite du nom avec lequel il s’accorde en genre et en nombre.

2. L’adjectif est attribut


Exemples:
Ce cheval est blanc: ayis a iga umlil
Ces maisons sont blanches : tigumma yan gant tumellilin
Cette jellaba est jaune: tajellabit ad tga tawraγt
Le verbe attributif est eg (voir 25); l'adjectif est du même genre et du même nombre que le sujet de
eg.
LEÇON XI MANIÈRE DE TRADUIRE LE VERBE AVOIR <31-33>

§ 31.

La préposition dar signifie < chez >; elle se place devant un nom :
dar uneflus, chez l'aneflus, pour ; anefus,
dar urgaz, chez l'homme, pour : argaz
dar imensi, au souper au moment du souper
Ou devant un pronom affixe spécial :
dar naγ, chez nous.
dar un, chez vous (m.).
dar unt, chez vous (f.).
dar sen, chez eux. '
dar sent, chez elles.

Exemples :
ikcem dari, il est entré chez moi, ou bien : ikcem s dari,
On entend aussi z dari

§ 32.

Employée avec les pronoms affixes «dar» traduit le verbe < avoir > français
J'ai des brebis : dari ulli, litt. chez moi brebis,
Il a une maison : dars tigemmi litt. chez lui maison,
Nous avons une charrue : darnaγ yan ugallu, chez nous une charrue,
Ils ont des bœufs : dar sen ifunassen, chez eux bœufs

Avec la négation «ur» :


Je n’ai pas de brebis ur dar-i ulli (ne pas chez moi brebis)
Il n’a pas de maison : ur dar-s tigemmi

Avec la particule d’interrogation «is» :


A-t-il une maison ? is dar-s tigemmi ?
Ont-ils des bœufs ? is dar-sen ifunassen ?

Remarque :
Ne pas dire : ur ulli dari ; is tigemmi dars, etc.

§ 33

Dans le pratique , la particule «dar» s’accompagne de :


illa , il y a : fém. tella,
pl. llan, : fém. llant.
Tu as une maison : tella dark yat tgemmi (litt. est chez toi une maison)
J’ai un cheval : illa dari yan wayis (litt. il y a chez moi un cheval)
Ils ont des brebis : llant darsen ulli (f.) ( sont chez eux brebis)
Avec is:
As-tu une maison ? is dar-k tella yat tgemmi ?
Ont-ils des bœufs ? is dar-sen llan ifunassen ?

Remarque:
«is» attire «dar»
avec «ur»
Tu n’as pas de maison ; ur dar-k telli tgemmi
Nous n’avons pas de bœuf ; ur dar-naγ llin ifunassen
et non
ur tella dar-k , ur llan dar-naγ , etc.
Deux remarques
ur attire dar suivi de son affixe
«ur» change le «a» de «illa» en i ( voir 26)
LEÇON XII RAPPORT D’ANNEXION <33bis -34>

On appelle « rapport d’annexion» le rapport qui existe entre deux noms dont l’un est complément
déterminatif de l’autre
Exemple
Le fusil de l’homme
Ce rapport s’exprime en francais à l’aide d’une préposition (de, à, en )
En berbère, il se traduit differemment selon que le déterminant est un masculin ou un féminin

§ 33 bis

Nom masculin
L’exemple ci-dessus traduit en berbère devient :
aburi wergaz , pour argaz
Le rapport existant entre le déterminant argaz et le détérminé aburi se forme par simple
juxtaposition
La préposition «d» ne se traduit pas et la voyelle initiale du détérminant se modifie en u.
Autres exemples :
Le sentier de la montagne
aγaras udrar pour adrar
Le palais du roi
tigemmi ugellid , pour agellid
Si l’initial du déterminant est constant, on le fait précéder d’un son w initial comme il a été dit
déjà § 5

§ 34
Nom féminin

Exemple
L’entrée de la maison
imi n tgemmi , pour tigemmi
Le mari de la femme
argaz n tmγart , pour tamγart
Le chef de la tribu
amγar n taqbilt (a constant)
La préposition «de» se traduit par n; cette particule exerce sur la voyelle i qui suit le t di nom féminin
l’influence signalée au § 6 (chute de l’a ou de l’i ; maintien de l’u).
Règle
Le rapport d’annexion s’exprime par simple juxtaposition, quand le déterminant est un nom masculin,
et à l’aide de la préposition n, quand le déterminant est un nom féminin.

Remarque
La particule n s’emploie aussi devant les noms propres et les nom d’origine arabe non berbérisés
La maison d’Ali ; tigemmi n ɛli
La clef de la porte : tasarut n lbab
Dans quelques parlers , elle s’emploie même devant les noms masculins ; on observe : aburi n
wergaz, etc.
On la trouve à la suite des expressions suivantes
 iggi n au-dessus de
 afa n au-dessus de
 afella n au-dessus de
 kra n peu de
 imik n peu de
 imi n à l’entrée de
 asa n au fond de
 izdar n au-dessous de
 menck n combien de
 menct n combien de
 tarf n à coté de
 tasiga n à coté de
 tama n à coté de
 ammas n au milieu
 tuẓẓumt n au milieu de
 izzi n au milieu de
 tiγurdin n derrière
LEÇON XIII MANIÈRE DE TRADUIRE ET <35-36>

§ 35

Ex. : < la femme et l'homme >: tamγart d urgaz; litt. : la femme avec l‘homme.
et se traduit par d qui signifie avec ; d est une préposition, d'où le changement de l'a initial de argaz
en u .

Autres EXEMPLES:
il acheta un cheval, deux mulets et cinq bœufs :
isγ yan wayis, d sin iserdan d-semmus ifunassen
apporte du pain, du lait et un peu d'eau :
awi-ḏ aγrum, d uγu , d imik n aman
Remarque : d se répète devant chaque terme de l'énumération.

§ 36

Ex. : <l'homme et la femme > argaz t temγart pour d temγart ; d s'assimile au t du nom
féminin. Cette remarque n'a rien d'absolu : on entend aussi d tmγart, -d étant une préposition
exerce sur la voyelle qui suit le t du nom féminin l’influence connue (Voir 6).

Remarque :
d ne traduit pas notre conjonction de coordination < et > reliant deux phrases entre elles ou deux
membres de phrases entre eux.
Ex. : mange et bois ne se dit pas ečč d sew mais ečč sew

§ 37

Noms de nombre de 11 à 20 :


11. ian d mraw un et dix
12. sin d mraw , deux et dix
13. kraḍ d mraw
14. koz d mraw
15. semmus d mraw
16. seddis de mraw
17. ssa d mraw
18. tam d mraw
19. tẓa d mraw
20.ɛcrin ou mrawin

Ces expressions sont formées du nom de l’unité suivi de d et de mraw dix


À la suite du nom de nombre féminin , d devient t : iat t mraw 11 ,snat t -mraw, 12, etc.
LEÇON XIV
DE LA POSSESSION
<38 – 40>

§ 38
Mon pays : tamazirt-inu , litt. : pays de moi
Ton pays : tamazirt-nk , litt : pays de toi (m.)
Ton pays : tamazirt-nm , litt : pays de toi (f.)
Son pays : tamazirt-ns , litt : pays de lui, d’elle
Notre pays : tamazirt-nnaγ , litt : pays de nous
Votre pays : tamazirt-nnun : litt : pays de vous (m.)
Votre pays : tamazirt-nnunt : litt : pays de vous (f.)
Leur pays : tamazirt-nsen : litt : pays d’eux
Leur pays : tamazirt-nsent : litt : pays d’elles

Les expression inu, enk.. , se placent à la suite du nom et traduisent les adjectifs possessifs français :
mon, ton, etc. Elles s’accordent en genre et en nombre avec le possesseur et non pas avec le possédé.
«ta main» se dit afus-nk , si le possesseur est un homme ; et afus-nm, si le possesseur est une femme
§ 39
Ces expressions, appelées pronoms affixes des sont formées de la particule n, suivie d’un thème
personnel. Les voici dans ce tableau :
inu- niu - nu de moi
enk-nk de toi (m.)
enm-nm de toi (f.)
ens-ns de lui , d’elle
ennaγ, nnaγ de nous
ennun, nnun de vous (m.)
ennunt, nnunt de vous (f.)
ensen-nsen d’eux
ensent-nsent d’elles

Remarques :
1. On emploi niw ou nu aussi fréquemment que inu, surtout lorsque la derniere syllabe du nom
est vocalique : agayu-nu : ma tête, ou agayu-niu et non agayu-inu

2. Placés à la suite d’un nom terminé par une voyelle, les pronoms enk, ens, etc.., perdent leur e
initial : agayu-nk, ta tête et non agayu-nk
§ 40
- Emploi de ces pronoms avec un nom de parenté
Mon père baba Nôtre père baba-t-naγ
Ton père (m) baba-k (m.) Vôtre père (m.) baba-t-un
Ton père (f) baba-m (f.) Vôtre père (f.) baba-t-unt
Son père baba-s Leur père (m.) baba-t-sen
Leur père (f.) baba-t-sent

Le pronom de la 1re personne ne s’exprime pas ; on ne dit pas : baba-nu. Les autres pronoms sont
obtenus des précédents : enk, ens, etc. , par la chute de l’n ; au pluriel, on intercale un t entre le nom
et le pronom ainsi réduit.
De même :
Mon fils : iu et iwi
Ton fils : iuk et iwik
Son fils : ius
Notre fils : iwitnaγ
Votre fils : iwitwn (t.)
Leur fils : iwitsen (t.)

L’expression suivante « le fils du forgeron» sera traduite iws n umzil (son fils du forgeron)
Le père de mon ami : babas n umeddakul-nk ( son père de mon ami)
LEÇON XV
PRONOMS POSSESSIFS
<41 – 43>
§ 41.
wi, signifie «celui» et ti «celle» suivies des pronoms affixes des noms . Ces expressions traduisent
nos pronoms possessifs : le mien , le tien, etc.
winu, celui de moi, le mien
tinu , celle de moi , la mienne

winu,celui de moi, le mien tinu, celle de moi, la mienne


winek, celui de toi (m.) tinek, celle de moi (m.), la tienne
winem , celui de toi (f.) tinem, celle de toi (f.)
wins, celui de lui tins , celle de lui
winnaγ, celui de nous tinnaγ, celle de nous
winnun (t), celui de vous tinnun(t) , celle de vous
winsen (t) , celui d’eux tisen (t), celle d’eux

Exemples
Ton cheval est blanc, le mien est noir
ayis-enk iga umllil , winu iga asggan
Cette maison est la nôtre
tigemmi ad tga tinnaγ
Ce chien est-il à toi ou à ton frère ?
aydi-a iga winek neγ wi n guma-k ?
Est-il à vous ?
is iga winnun

§ 42
Est-ce ? izd
Devant un nom ou pronom sujet ou possessif ; ce n’est pas … ; ur d devant un nom ou un pronom
sujet ou possessif.
iz d winek a iga ? est-ce le tien ?
ur d winu, ce n’est pas le mien
Expression synonyme : amek-d ou amik-d
amek d nki a …, ce n’est pas moi qui…

§ 43
C’est , aya
Exemples :
iuk aya ? c’est ton fils ? et , sans le ton interrogatif : il est ton fils
ameksa nnun aya ? c’est votre berger ?
ur d ameksa nnaγ aya , ce n’est pas notre berger
lɛ jb aya ! ceci est surprenant !
LEÇON XVI
CONJUGAISON DU PRÉTÉRIT
<44-45>
§ 44
Le prétérit marque le passé, parfois aussi le présent (194). On distingue trois personnes ;
Deux nombres : singulier et pluriel ; deux genres : masculin et féminin ( les 3e personnes du singulier
et du pluriel et la 2e du pluriel ont seules une forme féminine)
SCHÉMA DU TEMPS
SINGULIER PLURIEL
1re personne ---------aγ n---------
2e personne t---------t t---------em/m (m.)
t---------emt/mt (f.)
3e personne i ---------(m.) --------- en/n (m.)
t---------(f.) ---------ent/nt (f.)

Application au verbe sker


skraγ , j’ai fait
tskert, tu as fait
isker, il a fait
tsker , elle a fait
nsker , nous avons fait
tskerem vous avez fait (m.)
tskeremt vous avez fait (f.)
skeren, ils ont fait
skerent , elles ont fait

REMARQUES :

 Préfixes et suffixes de la conjugaison font corps avec le radical. D’autre part isker signifie « il
a fait » sans qu’il soit nécessaire de mettre, comme en français, le pronom il.
 Le suffixe aγ de la 1re personne est fortement articulé; on entend souvent ax. Il permute avec
ḥ dans quelques région (achtouken) où l’on dit skraḥ pour skraγ.
 Les suffixes m et n du pluriel s’ajoutent à un radical à derniere syllabe vocalique : bbi, coupe ;
bbin, ils ont coupé et non bbien
 Il sera dit au 101 que le radical de certains verbes dit irréguliers est susceptible de
modification dans leur conjugaison au prétérit
§ 45
Prétérit négatif
La négation est ur , ne …. pas.
ur skiraγ, je n’ai pas fait
ur tskirt, tu n’as pas fait
ur iskir , il n’a pas fait
ur tskir, elle n’a pas fait
ur nskir , nous n’avons pas fait
ur tskirem (t), vous n’avez pas fait
ur skiren (t), ils n’ont pas fait

On ne dit pas : ur skeraγ, ur tskert, etc. : sous l’action de ur, un son i s’intercale entre les deux
dernières lettres du radical qui devient skir
Remarque : on verra plus loin (Leçon XXXII et suivant.) que l’influence de la négation ne s’exerce
pas d’une manière identique sur tous les radicaux verbaux.
LEÇON XVII
DE LA NÉGATION <46-53>
§ 46
La négation ur , avec un sens absolu peut être complétée par iat (une) qui se place après le verbe.
Exemples
isker , il a fait
ur iskir , il n’a pas fait
ur iskir iat , il n’a rien fait
ur dari iat , ur dari illi iat je n’ai rien ; je ne possède rien.
On peut remplacer iat par walu
Ils n’ont rien fait : ur skirn walu
Ils n’ont rien ; ur darsen walu ur darsen illi walu

§ 47
ur-jjun = ne…jamais, s’emploie devant un prétérit :
ur jjun xdimaγ γ-urti-iad , je n’ai jamais travaillé dans ce jardin
ur jjun sineγ is illa uγaras γid , je n’ai jamais su qu’il y avait un chemin par ici.

§ 48
ur sar = ne…jamais , s’emploie devant un prétérit qui prend le sens du présent ou du futur
han taserdunt -nna, ur sar tekcim γ-imi-nna abla kiγ tserst awggwa-ns , cette mule n’entrera
jamais par cette porte à moins que tu ne la décharges (que tu déposes sa charge)
§ 49
ur sul : ne…plus.
ur sul iskir iat , il ne fait plus rien
sul est un verbe qui signifie «être encore, persister, durer »
isul wass, il fait encore jour

§ 50
ur ta = ne pas encore
ur ta tskirem wazdwit ? vous n’avez pas encore préparé le goûter ?
amud , ur ta ikcim ; ce n’est pas encore le moment de semer

§ 51
ur …γar = ne …que
Kull ma isker rabbi ur gis illi γar lxir
Dieu n’a fait que le bien
(tout ce que Dieu a fait , ne pas dans lui que le bien)
§ 52
ula , ni
ur dari aγrun ula tifiyi , je n’ai ni pain ni viande
ur darsen babatsen ula matsen , ils n’avaient ni père ni mère

§ 53
ur-d ; amek-d , ce n’est pas :
ur d-kyi , ce n’est pas toi
ur d argaz a , ce n’est pas cet homme
ur d tamγart a ce n’est pas cette femme
amek d ntan a …, ce n’est pas lui qui …

Remarque : La particule d s’assimile au t du nom féminin sur lequel elle n’exerce aucune influence.
Elle n’a rien de commun avec la préposition d (35) ni avec la particule dite de retour (149)
Elle n’apparait en chelha qu’à la suite de ur et de is ; par contre, sous le nom de particule affirmative,
elle est d’un emploi frequent dans les dialectes berabers , rifain et kabyles.
LEÇON XVIII. - TERMES INTERROGATIFS: OÙ, COMMENT,QUAND, POURQUOI ?
<54-57>

§ 54.

Où ? manza.
manza sidi-k ? Où est ton maître ?
manza bab n-tgemmi? Où est le maître de la maison. ?
mani, où?

S'emploie seul
mani trit? où vas-tu ?
mani tkkit ? d'où viens-tu?

ou en composition avec les prépositions s, vers et γ, dans:


manis ? vers où ?
manis ifta? où, est-il allé ?
manis ddan? du sont-ils allés?
maniγ ?: où? (sans mouvement, dans où):
maniγ illa yuk? Où est ton fils ?
maniγ izdaγ bab n-wulli ? Où demeure le maître du troupeau ?

§ 55.
Comment? : mamek ? namenk ? mamenka ? manika?
manika tskert ? Comment as-tu fait ?
manika tga. twaya-yan ? Comment est cette négresse ?

§ 56.
Quand? manluqt? manaku? managu?
managu iḍr unẓar γ aseggwas-ad ,γ dar un?
Quand a-t-il plu, cette année, chez-vous ?

§ 57.
Pourquoi ? max ayliγ
max ayliγ tfuγt ? /Pourquoi est-tu sorti ?
max ayliγ tẓẓim ?/ Pourquoi vous-êtes vous disputés ?
max ayliγ tallat ? / Pourquoi pleures-tu ?
LEÇON XIX : DU PARTICIPE <58-60>

§ 58.
Qui interrogatif se dit ma:
Exemple:
Qui a frappé cet enfant ? ma iwten afrux-ad ?
Qui a labouré ce champ ? ma ikerzen igr-ad ?
Les verbes awt, kerz, ayant pour sujet na, revêtent une forme particulière yuwten, ikerzen ,
appelée participe, obtenue de la 3e personne du masculin singulier du prétérit iwet , ikerz allongé
d’une désinence en.

§ 59.
Qui pronom relatif se traduit par a , elli, nna.
La femme qui a frappé cet enfant:
tamγart-elli iweten afrux-an /tamγart-nna iweten afrux-an
L’homme qui a labouré ce champ:
argaz-elli ikerzen igr-ad /argaz-nna ikerzen igr-ad

Les verbes ewt et kerz, ayant pour sujet le pronom relatif elli, nna, revêtent encore la forme
participe.
On définira donc le participe, la forme spéciale qui prend le verbe lorsqu’il a pour sujet un
pronom interrogatif ou relatif.
(Ce dernier peut parfois être sous-entendu.)

Le participe se forme de la 3e personne du masculin singulier du prétérit allongée d'une désinence


en

Remarque :

1.On distingue un participe prétérit et un participe futur ; ce dernier est obtenu différemment
(Voir 84) .

2. Le participe est invariable dans la généralité des cas; toutefois le participe des verbes d'état est
susceptible de prendre la marque du pluriel (voir 164.)

3. - Le participe peut s'employer avec ur :


ma ur-kcimen ? qui n'est pas entré ?

§ 60.
Moi = nki; toi=kyi, lui=nta. Dans les expressions : c’est moi qui, c’est toi qui, etc. , qui se traduit
par a et le verbe qui suit se met au participe (C’est ne se traduit pas)
nki a-yuten..., c’est moi qui ai frappé.
kyi a-yuten..., c’est toi qui as frappé.
nta a-yuten..., c’est lui qui a frappé.

Ce n’est pas moi qui...


ur d nki a yuten, ce n’est pas moi qui a frappé
ur d kyi a yuten , ce n’est pas toi qui as frappé.
ur d nta a yuten , ce n’est pas lui qui a frappé.
amek d ntan a yuten , ce n’est pas lui qui a frappé (À vérifier)

De même :
ur d yuk a yuten , ce n’est pas moi qui ai frappé
ur d timγarin an a yuten , ce ne sont pas ces femmes qui ont frappé.
LEÇON XX
TERMES INTERROGATIFS (FIN) <61-68>

§ 61
1-ma = qui , sujet
ma izduqqurn tiflut ? qui frappe à la porte ?
ma illan ? qu’y a-t-il ?
2-ma = que
ma tskert s-imensi ? qu’as-tu préparé pour le souper ?
ma tkerzt assegwas-ad ? qu’as-tu cultivé cette année ?
3-ma = quel , invariable
ma ism-enk ? quel est ton nom ?
ma ism n-raγad s-tacelḥit ? Comment se nomme ceci en chelha

§ 62
matta, quel invariable
matta asafar-ad ? quel est ce remede ?
matta tamazirt-ad, ur-t-xalideγ ? quel est ce pays, ne le connais pas .
matti kyi ? qui es-tu ?
matta yayan ? qu’est cela ?

§ 63
man , quel , invariable
man tamγart iskern taḍuṭ-ad ?
Quelle est la femme qui a fait ce tissu ?
man assif izrin γ-darun (zri, passer)
Quelle est la rivière qui passe chez vous ?
man argaz ifkan laxbar-an ? (ifka, il a donné)
Que lest l’homme qui a apporté cette nouvelle ?
Dans ces phrases , les verbes sker, zri, efk sont au participe parce qu’ils ont pour sujet un pronom
relatif «qui» non exprimé en berbère

§ 64
mammi; mammu; mammwi, à qui ?
mammu tzenzt tafunast-elli-nk ?
A qui as-tu vendu ta vache ? (zenz=vendre)

§ 65
maf , sur quoi = ma que + f, sur
maf isers tikint ? sur quoi a-t-il posé la marmite ?
mas iwt afrux ? avec toi a-t-il frappé l’enfant ?

§ 66
Menct / menck a-illan n…, combien y a-t-il de …
Menck a-illan n imnayn γ-taqbilt ?
Combien y a-t-il de cavaliers dans la tribu ?

§ 67
De quel, sur quel, dans quel, etc
man tigemmi saγ-d-iffuγ ? de quelle maison sort-il ?
man irgazen dar ikerz ? chez quels hommes a-t-il labouré ?
man taserdunt f tsudit ? sur quelle mule étais-tu monté ?
man tazerbit f-tgent ? sur quel tapis as-tu dormi ?
man aḥanu γ-iskiws ? dans quelle chambre est-il assis ?
man tamazirt s-ikcem ? dans quel pays (vers quel) est-il entré ?

Dans ces exemples «quel» est traduit par man immediatement suivi du nom, et la préposition qui
le précède en francais est reportée devant le verbe ; litt. « quelle maison de il sort – quels hommes
chez il a labouré, etc. ». On peut remplacer man par matta.

§ 68
mi et mit , qui , que, quoi, quel, invariable s’emploie avec les prépositions ; mais celles-ci se
placent devant mi, contrairement à ce qui a lieu pour ma.
ibbi aḍil, il a coupé du raisin
i-mi ? pour qui ?
iguma -k , pour ton frère
kyi d -mit ? toi et qui ? (avec qui…)
iẓẓi d-mas , il s’est disputé avec sa mère
f-mi ? à quel sujet ?
dar mi , chez qui ?
wi n-mi, celui de qui ?
ti n-mi, celle de qui ?
LEÇON XXI : PRONOMS PERSONNELS <69-71>

On distingue :
1. Les pronoms sujets ou isolés.
2. Les pronoms affixes des noms (étudiés à la leçon XIV).
3. Les pronoms régimes des verbes.
4. Les pronoms affixes des prépositions.

PRONOMS SUJETS OU ISOLÉS

§ 69.

- Ils sont contenus dans le tableau suivant :

Singulier

nki-nkin , moi
kyi - kyin , toi (m.)
kemmi - kemmin, toi
nta-nten , lui
ntat , elle

Pluriel

nkuni - nukni - nikki, nous (m.)


nukenti- nikenti , nous (f.)
kunni , vous.(m.)
kunimti , vous (f.)
nitni-nutni - eux
nitenti, nutenti -elles

Ces pronoms peuvent s'employer précédés de ur d (53), de iz d (27) ou de ula, aussi imma,amma,
mais, quant à :
ula kyi tgit arumi, toi aussi tu es Français.
imma nukni..., quant à nous.

§ 70.
Les pronoms réfléchis moi-même, toi-même, etc. se rendent de la sorte :
nki d ixf inu , moi avec ma tête = moi-même.
kyi d ixf nk , toi avec ma tête = moi-même.
nta d ixf ns, lui avec sa tête = lui-même

Exemple
iz d babak ay ? Est-ce ton père ?
nta d ixf ns , c’est lui -même ; ou bien : nta aya.
§ 71.

Toi et moi
Contrairement au français , le pronom de la 1re personne a la priorité sur celui de la seconde et
celui-ci sur celui de la 3e. On dit moi et toi ; toi et lui . On ne traduit cependant pas nki d kyi ;
kyi d nta, mais nki didek; kyi dis ou kyi dids

Le deuxième pronom est remplacé par la particule «did» allongée d’un pronom affixe de la
même personne; «did» signifie avec et s’emploie avec les pronoms donnés au 31

didi , avec moi


didek / dik , avec toi
didem , avec toi (f.)
dids/dis , avec lui; elle
didnaγ , avec nous
didwen (t), avec vous
didsen (t). avec eux.

Remarque: d signifie aussi avec , mais ne s’emploie que devant un nom (35) - did, ne s’emploie
jamais devant un nom.
LEÇON XXII PRONOMS RÉGIMES DIRECTS <72-74>

§ 72

Singulier
iyi (me) - ek/k (te masc. ) - kem/kim (te fém.) - t ( le), tt ( la)

Pluriel
aγ / naγ ( nous) - kun (vous masc.) - kunt (vous fém.) - ten (les masc.) - tent (les fém.)

Exemple

iwet : il a frappé
iwet-iyi, il m'a frappé.
iwet-ek, il t'a frappé (m.)-
iwet-kem, il t’a frappée(f.).
iwet-t, il l'a frappé.
iwet-aγ, il nous a frappés.
iwet-kun, il vous a frappés (m.).
iwet-kunt, il vous a frappées (f.).
iwet-ten, il les a frappé
iwet-tent, il les a frappées

Remarques :
- Le pronom de la 3e pers. du sing. se prononce aussi tt (st).
- Celui de la 1re du pl. est parfois anaγ (Amanouz).
3. - Celui de la 2e du fém. pl. est kumt(Tazerwalt) ou kunemet (Amanouz, Assif n. Iissi, etc.).
4. - Les pronoms régimes directs se placent à la suite d'un verbe conjugué à I'impératif ou au
prétérit non placé sous I’ influence d'une particule,

§ 73
Si le verbe est conjugué au prétérit négatif, le pronom s’intercale entre ur et le verbe
ur iyi iwet il ne m’a pas frappé
ur k iwet , il ne t’a pas frappé (m.)
ur km iwet , il ne t’a pas frappé (f.)
ur t iwet , il ne l’a pas frappé
ur tt iwet , il ne l’a pas frappé
ur aγ iwet , il ne nous a pas frappé
ur anaγ iwet , il ne nous a pas frappé.
ur ken iwet , il ne vous a pas frappé (m.)
ur kunemt iwet , il ne vous a pas frappées (f.)
ur ten iwet , il ne les a pas frappés (m.)
ur tent iwet , il ne les a pas frappées (f.)

§ 74.
Les termes interrogatifs ma, qui , que (58) et is (27) , ainsi que les pronoms relatifs a, elli , enna
(59) possèdent comme «ur» la propriété d’attirer les pronoms régimes des verbes.
ma k iweten ? qui t’a frappé ?
ma t iweten ? qui l’a frappé ?
is ten iwet ? les a- t’il frappés ?
nki a kun iweten ..., c’est moi qui vous ai frappés.
argaz-elli aγ iweten ... , l’homme qui nous a frappés..

Remarque :
Le verbe wet , frapper, a de nombreuses acceptions:
iwet unzar , il pleut
iwet ibruri , il grêle
iwet udfel , il neige
iwet iggig , il tonne
iwet iyi usemmiḍ , je suis enrhumé.
tewet iyi tinzi , j’éternue
iwet aḍu, il flaire le vent
iwet errec , il frappe des mains
iwet allun , il joue du tambourin
iwet lɛamart , il tire un coup de fusil
iwet aγaras , il se met en route.
iwet f lmaɛna , il est perspicace .
LEÇON XXIII PRONOMS RÉGIMES INDIRECTS <75-81>

§ 75.

Singulier
iyi, me.
ak, te (m.)
am, te (f.)
as, lui, elle
aγ, anaγ, nous

Pluriel
awen , vous (m.)
awent, awemt, vous (f.)
asen, leurs (m.)
asent, leurs (f.)

Ex. :

irzem, il a lâché (ce verbe est intransitif en berbère)


irzem-iyi, il m’a lâché.
irzem-ak, il t’a lâché (m.)
irzem-am , il t’a lâchée (f.)
irzem-as , il l’a lâché.

irzem-aγ, il nous a lâchés.


irzem-awn, il vous a lâchés (m.)
irzem-awnt, il vous a lâchées (f.)
irzem-asen, il les a lâchés (m.)
irzem-asent, il les a lâchées (f.)

Remarques:

On observe un son a (sauf à la 1re personne du singulier) précédant un thème pronominal k, s, γ,


ou mis pour k. Comparés aux pronoms régimes directs, ces pronoms apparaissent formés des
mêmes thèmes, sauf celui de la 3e personne. (t remplace s).

Il existe une forme féminine du pronom de la 2e personne du pluriel : awmt (Tazerwalt)


correspondant à awnemet (Amanouz, etc) et awnt (Ras el Oued, etc)

§ 76.
Autres exemples:
inna , il a dit , de ini (§ 109)
inna-iyi, il m’a dit
inna-yak, il t’a dit (m.)
inna-yam, il t’a dit (f.)
inna-yas, il lui a dit
inna yaγ , il nous a dit.
inna yanaγ, il nous a dit.
inna yawen, il vous a dit (m,)
inna -yawnemet , il vous a dit (f.)
inna-yasen, il leur a dit (m.)
inna-yasent, il leur a dit (f.)

Le verbe est terminé par a : dans ce cas, pour éviter l’hiatus, un son i précède les pronoms
régimes indirects.
Remarque: on note aussi les formes apocopées : innak, innas, etc.

§ 77.
Ces pronoms sont également attirés par ur, ma, is, a, elli, etc.
ur iyi-irzim, il ne m’a pas laché
ur-ak-irzim, il ne t’a pas laché.
ur-iyi-inni, il ne m’a pas dit.
ur-ak-inni, il ne t’a pas dit .

§ 78.
Dans cette phrase: <il le lui a dit>, le verbe est accompagné de deux pronom, l’un direct, l’autre
indirect; on traduira: inna-yas-t, phrase dans laquelle les pronoms sont placés après le verbe, le
régime direct le premier, l’autre à sa suite.
Avec la négation ; ur-as-t-inni, il ne le lui a pas dit; les deux pronoms sont attirés Par ur tout en
restant placés dans I'ordre indiqué ci-dessus.

§ 79.
Syntaxe des pronoms régimes
- I. Lorsque le verbe n'est accompagné d'aucune particule, les pronoms régimes se placent à sa
suite.
-II. Lorsque le verbe est accompagné d'une particule qui le régit, les pronoms régimes se placent
entre la particule et le verbe.
-III. Dans les deux cas, si le verbe a pour régimes deux pronoms dont l'un est direct et I'autre
indirect,le régime indirect se place le premier, I'autre à sa suite.

§ 80.

Conjugaison à l'aide des pronoms régimes.


yuda, il suffit.
yuda-iyi , j'en ai assez.
yuda-k tu en as assez.
yuda-t il en a assez
yuda-yanaγ, nous en avons assez
yuda -kun, vous en avez assez
yuda-ten ils en ont assez.

yuṛzan, il a raison
yuṛzan-iyi , j'ai raison
yuṛzan-k tu as raison (m.)
yuṛzan-m tu as raison (f.)
yuṛzan-s il a raison
yuṛzan-awnemet, vous avez raison (f.)
yuṛzan-asen, ils ont raison

illa-iyi ḍarar γ ukrum , j’ai mal dans le dos.


illa-yak ḍarar γ ukrum , tu as mal dans le dos.
illa-yas ḍarar γ ukrum ,il a mal dans le dos.
ḍarar = douleur

§ 81.
Les pronoms régimes directs se placent aussi à la suite des expressions suivantes:
manza ? où ?
manza-k-in ? litt. <où es-tu> qui prend le sens de : Comment vas-tu (m.)
manza-km-in , id (f.)
manza-kun-in, comment allez-vous ? (m.)
manza-kunet-n, comment allez-vous ? (f.)
waḥdu, seul.
waḥdu-i , moi seul;
waḥduk-en, toi seul;
waḥdu-t, lui seul.
LEÇON XXIV : CONJUGAISON DU FUTUR <82>

§ 82
Reprenons le verbe sker et conjuguons-le au prétérit
skeraγ, j’ai fait
tskert, tu as fait.
isker, il a fait
tsker, elle a fait
nsker, nous avons fait.
tskerem (t), vous avez fait
skeren, ils ont fait
skerent, elles ont fait

Le futur s’obtient des mêmes formes précédées d’un particule ad, dite particule du futur.
ad skeraγ, je ferai
ad tskert, tu feras.
ad isker, il fera
ad tsker, elle fera.
ad-nsker, nous ferons
ad-tskerem , vous ferez (m.)
ad-tskerem (t), vous ferez (f.)
ad-skeren, ils feront
ad-skerent, elles feront

Quelques-unes de ces formes sont théoriques, car le «d» de la particule ad s’assimile ai t prefixe.
On dit attskert; attsker, attskrem ou simplement atskert, atsker, etc.., au lieu de ad-tskert,
etc.

De même annsker ou ansker, nous ferons, et non ad-nsker; et souvent aisker, il fera, au lieu de
ad-isker. En tenons compte de ces remarques, le futur se conjuguera comme suit:
ad-skeraγ, je ferai
attskert ou atskert, tu feras
aisker, il fera
atsker, elle fera.
annsker, nous ferons
attskrem, vous ferez
ad-skeren, ils feront
ad-skerent, elles feront.
SCHÉMA DU TEMPS

SINGULIER
Première personne : ad -------------
Deuxième personne : ad t ------------- (at/att-------------)
Troisième personne (M.) ad y-------------(ay-------------)
Troisième personne (F.) : ad t------------- (at/att -------------)
PLURIEL
Première personne : ad n------------- (an-------------)
Deuxième personne (M.) : ad t --------em (at/att--------em)
Deuxième personne (F.) : ad t ---------emt (at/att----------mt)
Troisième personne (M.) ad ----------------en
Troisième personne (F.) ad ----------------ent

§ 82 Bis

La conjugaison de tous les verbes est régulière au futur, sauf celle des verbes de type neγ, tuer (§
116) et «af», trouver (§ 139) qui présente cette particularité: les préfixes «m» et «n» de la
deuxième et de la troisième personne du pluriel se vocalisent en «im» ou «in»: atenγin, vous
tuerez; ad-enγin, ils tueront, et non : atenγem, ad-enγen - de même : atafim, vous trouverez, ad-
afin, ils trouveront, et non: atafem, ad-afen
LEÇON XXV: LA CONJUGAISON DU FUTUR (SUITE) <83-86>

§ 83.
Lorsque le verbe conjugué au futur se trouve sous la dépendance d’un terme interrogatif (58 et
61) , une particule ara/ra/arad, se substitue à ad/a
rad skaraγ, je ferai
ra-tskert, tu feras
ra-isker, il fera
ra-nsker, nous ferons.
ra-tskerem, vous ferez.
ra-skern, ils feront.
manamek ra-nsker ? Comment ferons-nous ?
maniγ rad-izdem ? Où fera-t-il du bois ?
manloqt ra tgumert ? Quand chasseras-tu ?

§ 84.
Participe futur
Il s’obtient de la troisième personne du masculin singulier du futur conjugué avec ara:
a- isker, il fera; participe: ara -isker (devant faire)
a-yasi, il portera; participe: ara-yasi
ma ra-izwur ? qui sera le premier?
nki ara-isawal d urumi, c’est moi qui parlerai avec le Français.
kyin ara-ig iuwi, c’est toi qui sera mon fils.

§ 85.
Manière de traduire l’infinitif
Ex.:
Il sait parler chelha isen a-isawl s tcalḥit
Littéralement : il sait , il parlera..
Ils sont allés labourer: ddan ad kerzen
Il veut sortir: ira a iffuγ .
Dans ces exemples l’infinitif se rend par le futur (comme en arabe). Toute fois , si l’infinitif
correspond à un temps passé, on le traduire par un prétérit

§ 86.
Subjonctif
Ce temps n’existe pas à proprement parler. Le futur conjugué avec ad ou a traduit l’optatif:
a ibarek rbbi lwaldin-nek ! Que dieu bénisse tes parents !
a t iraḥem rbbi ! Que Dieu le reçoive au sein de sa miséricorde.
Le futur précédé des termes arabes: lazem; lazim; labudd, <il faut que>, peut traduire le
subjonctif.
LEÇON XXVI LE FUTUR NÉGATIF <87-88>

§ 87

La négation ur s’intercale entre le verbe et la particule du futur ad qui reprend, de ce fait, sa


forme primitive à toutes les personnes :
ad ur skeraγ, je ne ferai pas.
ad ur tskert, tu ne feras pas.
ad ur isker, il ne fera pas.
ad ur tsker, elle ne fera pas.
ad ur nsker , nous be ferons pas
ad ur tskrem, vous ne ferez pas (M.)
ad ur tskremt, vous ne ferez pas (F.)
ad ur skeren , ils ne feront pas
ad ur skeren , elles ne feront pas

REMARQUES

1.ur n’exerce aucune influence vocalique sur le verbe conjugué au futur; on ne dit pas : ad ur
skiraγ, comme on dit: ur skiraγ.

2.On entend aussi awer pour ad-ur.

3.La négation peut s’employer devant un futur conjugué avec ra ou rad


ur-rad-edduγ , je n’irai pas.
ur-ra-teddut, tu n’iras pas.
ur-rad -iddu, il n’ira pas.
ur-rad-ddun, ils n’iront pas.

§ 88.

IMPÉRATIF NÉGATIF
Les deuxièmes personnes du singulier et du pluriel ainsi que la première du pluriel du futur
négatif traduisent l’impératif négatif.
Ne fais pas : ad ur tskert ou awer tskert
Ne faisons pas: ad ur nsker
Ne faites pas : ad ur tskerem
Ne frappe pas : ad ur tutt ou awer tutt
Ne frappons pas : ad ur nut
Ne frappez pas : ad ur tutem
LEÇON XXVII
EMPLOI DU FUTUR AVEC LES PRONOMS RÉGIMES
<89 – 89bis>
§ 89
Il me frappera ad iyi iwt
Il te frappera : ak-iwt pour ad k iwt
Il te frappera : akm iwt pour ad km iwt
Il le frappera ast iwt pour ad st iwt
Il nous frappera : ad aγ iwt ou aγ iwt
Il vous frappera : akun iwt pour ad kun iwt
Il les frappera : atn iwt pour ad ten iwt

Les pronoms régimes directs attirés par ad s’intercalent entre la particule et le verbe . De plus, la
particule ad suivie du pronom perd son d sauf à la 1re personne du singulier et du pluriel.

§ 89 bis
sker faire; a-isker et ad isker, il fera:
ad iyi isker , il me fera
ad ak isker il te fera
ad am isker il te fera
ad as isker il lui fera
ad ay isker il nous fera
ad awn isker il vous fera
ad awnemt isker il vous fera
ad asen isker il leur fera
La particule ad suivie d’un pronom régime indirect ne se modifie pas comme précedemment

REMARQUE :
Si le verbe est accompagné de deux régimes, ceux-ci sont attirés par ad et se placent dans l’ordre
indiqué au § 79
Il nous les donnera ad aγ tn ifk

Si le verbe est accompagné de la négation ad ur ; awr , les pronoms se placent entre ad et ur


Ne me frappe pas ad iyi ur twtt
Il ne nous les donnera pas ad aγ ten ur ifk
Ne mange pas le beurre ; udi , at ur tect !

Les autres particules du futur : ara, ra , rad attirent également les pronoms
ma rad ak skeraγ ? que te ferai-je ?
ms rad am awiγ ? que t’apporterai-je ?
mammy ra iyi tfelt ? à qui me laisseras tu ?
LEÇON XXVIII :PRONOMS DÉMONSTRATIFS <90-92>

§ 90.

Ils sont formés des thèmes w (masculin) et t (féminin) allongés de a, d , n (voir 20) .
wa, celui-ci,
ta, celle-ci,
wan, celui-là
tan, celle-là

Dans la pratique, ces formes apparaissent précédées d’un γ qui se renforce en x dans le voisinage
du t
γwa-γwad, celui-ci.
γta-γtad, celle-ci.
γwan-γwanna, celui-là
xtan-xtanna, celle-là
γwi-γwid, ceux-ci.
xti-xtid, celles-ci
γwin-γwinna, ceux-là
xtin, xtinna, celles-là
Il est néanmoins fréquent de rencontrer les formes tanna , wanna. unna non précédées de γ.

§ 91.

Le pronom γwa entre aussi en composition avec lli (voir 20)


γwalli, celui-là qui
xtalli, celle-là qui
γwilli, ceux-là qui
xtilli, celles-là qui

§ 92.
Ceci, se dit aya , précédé de γ: γaya; γayad
Cela, se dit ayan , précédé de γ: γayan ; syn.: γayand; γanna; γalli; γallid, γallin
Voici: ha
Me voici : hayi
Le voici : hat-id; hati; hat;
Les voici : haten ; hatn-id.
Voilà : han
LEÇON XXIX
ACCORD DU VERBE AVEC SON SUJET <93 – 95>

§ 93

Le sujet précède ou suit le verbe


I. Le sujet précède le verbe
Le verbe s’accorde dans ce cas , en genre et en nombre avec son sujet

Cet homme a labouré son champ,


argaz-a ikerz iger-ns

Ton cheval est beau


ayis nk iɛdel

Ces hommes partiront demain


irgazen-a rad ftun azka

Si le sujet est multiple, le verbe se met au pluriel et à la personne qui a la priorité :


Baba d kyi a teccim dari
Ton père et toi vous mangerez chez moi.

§ 94

Le sujet suit le verbe

a.Sujet simple

Cet homme a labouré son champ


ikers urgaz a iger ns pour argaz

Ton cheval est beau


iɛdel wayis nk pour ayis

L’a initial du nom sujet se change en u , à moins qu’il ne soit constant; en pareil cas, un son w le
précède 5. L’i ou l’u initial ne subit pas de modification

La jeune fille a déposé son panier


tsers tfuxt azgaw-ns , pour tafruxt

La fiancée est arrivée à la maison maritale


telkem tslit tigemmi n urgaz ns , pour tislit

L’a ou l’i qui suit le t initial du nom féminin sujet disparait sauf le cas où il est constant .

Sujet multiple
imun urgaz d iws , pour argaz
L’homme et son fils s’en furent … ( litt. Partit l’homme avec son fils)
ad iftu urumi d uneflus s Trudant
Le Francais et l’aneflus s Trudant

Le verbe s’accorde avec le premier sujet , celui-ci subissant seul les modifications énoncées ci-
dessus.

§ 95

1- Quand le sujet est un pronom interrogatif ou relatif (§ 58-59) , le verbe revêt la forme du
participe.

2- Rappelons qu’il existe une série de noms toujours du pluriel § 18

3- Le pronom on n’a pas d’équivalent en berbère : le verbe ayant ce pronom pour sujet se met à la
3e personne du pluriel (sujet sous-entendu est medden, gens)

Ex : on dit nnan


LEÇON 30
PRONOMS AFFIXES DES PRÉPOSITIONS <96 – 97>

§ 96
Certaines prépositions s’emploient devant un nom sur lequel elles exercent l’influence maintes
fois rappelées 7. Les voici :
n, de , en
i, à
f. sur
γ , dans
s, vers
s , avec (instrumentale)
d, avec (compagnie)
ar, jusqu’à
zeγ, seγ, saγ, γ : de (origine)

D’autres , necessitant l’emploi d’affixes spéciaux, ne peuvent se placer devant un nom (dar
excepté)
Ce sont :
dar, chez 31
did avec
gig ou gi dans
is avec-vers
ser , avec – vers

§ 97
Ces affixes spéciaux sont contenus dans le present tableau
Singulier
1re personne i
2e personne ek-k (m)
2e personne em-m (f)
3e personne s

Pluriel
1re personne naγ – aγ
2e personne (m.) un
2e personne (f.) unt umt
3e personne sen – sent

PRONOMS AFFIXES DES PRÉPOSITIONS

EXEMPLES
gigi-gi, dans moi seri-sri, vers moi
gik, dans toi (m.) serk, vers toi (m.).
gim, dans toi (f.) serm, vers toi (f.).
gis, dans lui sers, vers lui
gignaγ, gitnaγ, dans nous , sernaγ- sraγ, vers nous
gigun-giwn, dans vous serun , srun, vers vous
gisen(t) gitsen(t) , dans eux sersen-sersent, vers eux

REMARQUE : is ne s’emploie qu’avec les pronoms de la 3e personne


iss, avec lui, issen, issent avec eux avec elles

§ 98

D’autres prépositions s’emploient avec les pronoms régimes indirects ch 75


Ce sont fell, sur ; ger ou nger , enntre ; ddaw, aoua
felli, sur moi geri-gri-grai ddawati
fellak, sur moi gerak-grak ddawak
fellam, sur toi geram-gram ddawam
fellas, sur lui geras-gras ddawas
fellaγ, sur nous gratnaγ ddawatnaγ
fellawn (t) sur vous gratwn (t) ddwatun (t)
fellasen (t) sur eux gratsen (t) ddawatsen (t)
On remarquera le t qui disloque les formes du pluriel anaγ. awn, asen en atnaγ, atwn, atsen

§ 99

D’autres enfin dont usage des affixes des noms § 39


afa , sur
afella sur
ḍarat derrière
ṭarf , côté
iggi, sur
izdar, sous
tiγurdin derriere
lguddam devant

Exemples
tiγurdin inu derrière moi
lguddam enk devant toi

§100

Syntaxe des prépositions


Les prépositions dar, gis, is , ser, fell accompagnées de leurs affixes sont attirées par ur, ma , is ,
les particules du futur ad , ar, ra, etc. :
ur darsen mad ctan , ils n’avaient rien à manger
ur gis illi, il n’y est pas
ma sers tskert ? qu’en fera-tu ?
adik imun il t’accompagnera
is fellasen γarsen ? On-ils égorgés pour eux ?
LEÇON XXXI
CLASSIFICATION DES VERBES <101 – 102>
§ 101
En berbère, la conjugaison est independante de l’idée du temps ; en d’autres termes, les préfixes
et les suffixes caracteristiques de la personne
Du nombre et du genre s’ajoutent au radical sans détermination d’époque .
Toutefois, au prétérit et au prétérit seulement , certains radicaux verbaux sont susceptibles de
modification (vocalique plus spécialement). Seront dits irréguliers, les verbes à radical variable.
EXEMPLE :
Amz, prends; prétérit : iumz , il a pris (changement de l’a en u)
Seront encore ainsi dénommés, les verbes sensibles à ur
EXEMPLE :
sker, faits ; prétérit : isker, il a fait; ur iskir il n’a pas fait
Les verbe dits réguliers seront donc à radical fixe insensibble à ur
EXEMPLE :
zri, passe; prétérit : izri, il est passé ; ur izri, il n’est n’est pas passé
REMARQUE IMPORTANTE :

L’irrégularité des verbes n’interesse qu’un seul temps : le prétérit .


Aux autres temps
impératif § 24; aoriste § 155 et futur § 82 bis,
§ 102

Verbes irréguliers
On peut en faciliter l’étude en les groupant autour des verbes-types que voici
I.type sker «faire» -- prétérit : isker prétérit négatif : ur iskir
II.type neγ «tuer» - prétérit : inγa – prétérit négatif :ur inγi
III.type amz «prendre» ; prétérit iumz – prétérit négatif : ur iumz
IV.type rar «rendre» ; prétérit irur ; prétérit négatif : ur irur
V. type af «trouver»; prétérit iufa ; prétérit négatif ur iufi
VI. type ddu «aller» ; prétérit idda ; prétérit négatif ur iddi

À ces types, s’ajoutent les verbes iri, vouloir; li, posséder, marier; ara, écrire; ini : dire; ili ;
exister; emmet , mourir , dont la conjugaison présente quelques particularités.
LEÇON XXXII
VERBES RÉGULIERS <103 – 106>

Ce sont ceux dont le radical ne se modifie pas et reste insensible à l’action de «ur»

EXEMPLES
mẓi, être petit, imẓi, il est petit ; ur imẓi
sqsa interroger, isqsa, il interroge ; ur isqsa
γzif, etre long , iγzif , il est long ; ur iγzif
mun, accompagner, imun, il accompagne ; ur imun

On trouve des verbes réguliers avec un son i ou a final, et d’autres avec un son i ou u interne

§ 103
Sti, être different ; zli, id zdi être voisin ṭay pourchasser zri, passer, zwi,vanner
werri-d revenir
fulki être beau
gli conduire (animaux)

Verbes réguliers terminés par i ; forme Xi


bbi, couper
ffi verser
mγi,
jji, être guéri ,
lli , tourner,
ẓẓi, se disputer,
bri, moudre,
gzi inciser.
xsi, être être éteint
sxsi éteindre ,
mḍi, goûter,
mdi, tendre un piege
mγi, germer ,
mutti, changer de place ;
ngi , déborder,
rmi, être fatigué,
γli, monter,
γbbi,mordre,
rsi, enfoncer ,
sli, griller,
sri, dénouer ,
sγwi, crier

§ 104
Verbes réguliers terminés par a : forme Xa
mna être difficile
sala faire quelque chose
sqsa questionner
ṭṣṣa , rire
stara se promener
warga rêver

§ 105

Verbes réguliers renfermant un son i : forme XiX

bidd être debout


fis , se taire
γzif, être long
mnid , regarder
skiws, s’asseoir
siggel chercher
sifd, envoyer
sired , laver
zigiz, marcher
zdig, nettoyer
zil, être beau
slil, rincer
siff, cribler
tihel, se marier

REMARQUES

bidd perd son i à toutes les personnes du prétérit : beddaγ, ibedd, etc.
fis , fait au prétérit ; fsaγ, tfsat, ifsa, etc
Selon les parlers , l’i de : siggel, sired, slil se change en u : isuggel, isurd, islul; celui de sifd et
de tihel se change en a : isafd, itahl. Dans d’autres , il est constant.
zigiz est une forme d’habitude § 177 qui s’emploie généralement précédée de ar.

§ 106

drus , être peu


ffuγ , sortir
gguz , descendre
kufs, semer
kum piler
ksud craindre
gawr, s’asseoir
mlul , être blanc
mqqor, être grand

uf , être meilleur
ut, frapper
uggud , avoir peur
suf briller
gut , être nombreux,
sul, être encore,
summ, têter,
siwd, effrayer
srut, dépiquer
zwur, précéder,
zur, visiter un lieu saint

REMARQUES

On observe
iffuγ , il est sorti et ur iffuγ ou ur iffiγ; de même :
iut, ur iut et ur iwit ,
iggud, il a peur; ur iggud; ur iggwid

On note zwar aussi fréquement que zwur


Les verbes drus et gut peuvent traduire les adverbes de quantité «peu» et «beaucoup»

drusen waman γ wassif , il y a peu d’eau dans la rivière

guten medden γ tmazirt ad ce pays est très peuplé ( il y a beaucoup de gens dans ce pays)
LEÇON XXXIII
VERBES DU TYPE SKER <107 – 108>

§ 107

Les verbes de ce type sont de la forme XXeX ou XeXX; ils font au prétérit : isker; ur iskir. Ils
sont généralement formés de trois lettres radicales groupées comme ci-dessus.
Appartiennent encore à ce type un certain nombre de verbes comptant trois ou plus de trois
radicales et renfermant un ou après la première

EXEMPLES
gummer , chasser
jujjeg fleurir
muttel s’attarder
nufel changer
suttel. Entourer
sufs, cracher
sguttem, s’accroupir
sgurrem raser
sutc , faire agenouiller (un chameau)
suḍen, embrasser
zuzzer vanner

§ 108

Maniére de traduire le verbe «devoir»


Devoir , se dit : tfar, ṭfar ou dfar ; ce verbe a pour sujet le nom du créancier et pour
compléments :
Un pronom régime indirect se rapportant à la personne du débiteur
Un nom exprimant la valeur ou la nature de la créance

EXEMPLES
Tu me dois un dour tfarγ-ak ia warial
Dans cet exemple , le sujet de tfar est à la 1re personne; les compléments sont ak , te et ia-warial,
un réal.

itfar iyi babak koz ixfawn wulli je devais à ton père quatre brevis

max aylliγ i-ur tefkit leflus ll-ak dfareγ ? Pourquoi ne m’as-tu pas donné l’argent que tu me
dois ?

ur iyi tedfar iat, je ne te dois rien.

iγ tennit ur ak dfereγ iat , tgallt-i ! puisque tu ne me dois rien, jure-le-moi !

menck n linSaf ad ak dfaren ineflas? Quelle amende dois-tu aux inflas ?


LEÇON XXXIV
VERBES A CONJUGAISON PARTICULIÈRE <109 – 113>

§ 109

ini «dire» et ili «être» perdent leur i initial et redoublent leur radical n ou l au préterit
nniγ, j’ai dit
tennit , tu as dit
inna , il a dit
tenna , elle a dit
nenna , nous avons dit
tennam (t), vous avez dit
nnan (t), ils ont dit
Participe : innan
lliγ, je suis
tellit tu es
illa il est
tella , elle est
nella, nous sommes
tellam (t) vous êtes
llan(t), ils sont
Participe : illan
REMARQUE
Ne pas confondre ili «être, exister, se trouver» avec eg «être quelque chose, et aussi : faire,
mettre» § 25
§ 110

iri «vouloir»

Prétérit

riγ ur riγ
trit ur trit
ira ur iri
tra ur tri
nra ur nri, etc
tram (t)
ran(t)

Participe : iran
Futur : ad iriγ, attirit aiiri, etc
Exemples :
ma trit ? que veux-tu ?
nra tifiyi, nous voulons de la viande
mad-aγ ira urgaz a ? Que nous veut cet homme ?
ira immet , il va mourir
mani trit ? où vas-tu ? riγ Tarudant , je vais à Tarudant

Dans ces dernier exemples , iri a le sens de «aller»

§ 111
li «posseder» et aussi «épouser»
Prétérit : liγ tlit ila tla nla tlam lan
ur ili ur lin

Participe : ilan

EXEMPLE :
mma tga tmγart a ? ma st ilan ? quelle est cette femme ? qui l’a épousé

§ 112

ara «écrire»
Prétérit : uriγ, turit, iura, tura, nura, turam, uran
ur iuri, ur urin

§ 113
emmet «mourir» intercale un son u entre les deux dernières radicales

Préterit : immut, mmuten


ur immut
Futur a immet ad emmeten
LEÇON XXXV
VERBES DU TYPE NEΓ <114 – 116>

§ 114

Ils se conjuguent comme eg , être § 25


Prétérit
nγiγ, j’ai tué ur nγiγ
tenγit tu as tué ur tenγit
inγa , il a tué ur inγi
tenγa elle a tué ur tenγi
nenγa nous avons tué ur nenγi
tenγam(t) vous avez tué ur tenγim
nγan (t) ils ont tué ur nγin
Participe
inγan

§ 115

Se conjuguent sur ce modèle :


eg, être
erγ, se chauffer,
ger, jeter
ek passer; être quelque part
serγ; brêler
mel, montrer
erz briser
γer appeler
ec, manger,
ens passer la nuit
sγer , faire lire
efk donner,
sel entendre
els se vêtir sens éteindre
seγ acheter
sels vêtir
enz être vendu
zer voir
kel passer le jour
zenz vendre
erg , casser des noyaux

Remarque
ek , eg , ec redoublent parfois leur radicale à la 3e personne du masculin singulier : ikka ; igga ;
icca.
erγ, neγ, γer, seγ, zer se trouvent aussi sous la forme arγ, naγ, γar, saγ ou suγ , zar.
Les verbes de type neγ sont formés de une ou de deux consonnes formant une seule syllabe. Les
verbes qui suivent , bien que de structure identique sont de type sker :

bez piler ibez, ur ubiz


del couvrir idel, ur idil
ḍer tomber iḍer ur iḍir
fel laisser ifel ur ifil
qes piquer iqes ur iqis
sen savoir isen, ur isin
ṭes dormir iṭes , ur iṭis
zeg traire izeg, ur izig

§ 116

La conjugaison du futur des verbes de type neγ est la suivante

Avec ad avec rad


ad enγiγ ou ad nγγ rad enγiγ ou rad enγγ
attenγit ou atteneγt ra tenγit ou ra tneγt
ainγi ou aineγ rad inγi ou rad ineγ
anenγi ou anneγ rad nenγi ou rad nneγ
attenγim (t) ra tenγim (t)
ad enγin (t) rad enγin (t)

Dans les deux cas, la désinence des 2e et 3e personnes du pluriel est toujours im, in au lieu de em ,
en (v. § 82 bis)
REMARQUES SUR QUELQUES VERBES DE TYPE NEΓ <117 – 124>

§ 117
Les expressions verbales «avoir faim avoir soif» se rendent à l’aide de neγ conjugué à la 3e
personne du masculin singulier et ayant pour sujet laẓ «faim» et irifi «soif»; un pronom régime
indique la personne éprouvant la sensation de faim ou de soif
J’ai faim inγ iyi laẓ
Je n’ai pas faim ur iyi inγi laẓ
Il a faim inγ t laẓ
Il n’a pas faim ur t inγi laẓ
Ils ont faim inγa ten laẓ
Ils n’ont pas faim ur ten inγi laẓ
As-tu faim is k inγa laẓ ?
De même
inγa iyi irifi ou inγa iyi fad j’ai soif

§ 118

neγ traduit généralement « avoir mal à, souffrir de..»; dans ce cas, il a pour sujet le nom de la
partie du corps où siège la douleur
j’ai mal à la tête inγa iyi ixf inu
il a mal aux yeux nγant t wallen-ns

Ayant kra pour sujet, neγ signifie «être malade»


inγa iyi kra, je suis malade
is k inγa kra ? es-tu malade ?
inγa-t kra , il est malade
ur iyi inγi kra je ne suis pas malade

Le verbe aγ a le même sens :


iaγ iyi kra je suis malade
ur iyi iaγ kra , je ne suis pas malade
is k iaγ ? es-tu malade ?
ur iyi inγi kra je ne suis pas malade

§ 119
«avoir froid» se rend avec neγ ayant pour sujet aṣemmiḍ «froid»
inγa iyi uṣemmiḍ, j’ai froid

§ 120
Les formes neγ et mmaγ dérivées de neγ signifient , la premiere «se battre, se disputer» la
seconde «combattre»

§ 121
ek est transitif
Je viens de Marrakech
kiγ-d Marrakc ( je viens Marrakech)
je ne suis jamais allé dans ce pays tamazirt ad ur jjun t-kiγ

§ 122
γer «appeler » et sel «entendre» sont intransitif
γer-as-d appelle-le , et non γer-t
mammu tγurit ? qui appelles-tu ? Et non ma tγurit
sel se conjugue sellaγ tsellat, isella, etc

§ 123
ens «passer la nuit» a pour synonyme ruḥ ou rwaḥ : sens signifie «éteindre» et sruḥ «héberger,
faire passer la nuit»
maniγ tensit ? où as-tu passé la nuit ?
sens kra n tirgin , éteins quelques tisons

§ 124
ḍer « tomber» dans les expressions suivantes signifie « pleuvoir , neiger»
iḍr unzar , il pleut
iḍr udfel , il neige
ḍrent tillas , la nuit tombe

LEÇON XXXVII : PRONOMS INDÉFINIS <125-128>

§ 125.
Autre :
a) Adjectif indéfini ; iyaḍnin.
rgaz iyaḍnin, un autre homme.
tamγart iyaḍnin, une autre femme.
irgazen iyaḍnin, d'autres hommes.
timγarin iyaḍnin, d'autres femmes.
iyaḍnin est invariable et se place après le nom. On note aussi ; yaḍni ou yaḍen selon les parlers.

b) Pronom indéfini:
wayaḍ, un autre. wiyaḍ, les autres (m.).
tayaḍ, une autre. tiyaḍ, les autres (f.).
On observe parfois : waya,, taya, etc.

§ 126.
Chaque : ku - kraygat - kaygat.
Chaque jour : ku yass - kraygat ass - kaygat ass.
Chaque femme : ku tamγart - kraygat tamγart,etc.
Ces expressions.se placent devant le nom quel que soit son genre ou son nombre. Un son a
euphonique s'intercale entre «ku» et le nom commençant par «a». ku yargaz, chaque homme.
§ 127.
Chacun ku yan; kraygat yan, etc.
Chacune ku yat; kraygat yat, etc.
Quelqu'un yan.
On voir 95.
Rien walu-yat-amya.
ur gis illi yat, il n’y rien .
ur gis illi walu, id.

§ 128.
Aucun, personne, nul : xta yan, xta yat ou xatta yan.
xta yan ur gis illi , aucun n’y était
ur izdir xatta yan a sers ikcem , personne n’y put pénétrer .
xatta yan ur izdir a isen ma tgit kyin , nul ne pourra savoir qui tu es.
On peut employer yan seul:
ur isin yan , nul ne savait
ur zriγ yan , je n’ai vu personne
ur iyi t inni yan personne ne me l’a dit
LEÇON XXXVIII
VERBES DE TYPE AMZ «PRENDRE»
<129 – 132>

§ 129
Ces verbes sont caractérisés par un a initial qui se change en u à toutes les personnes du prétérit :
umzeγ j’ai pris ur umizeγ
tumzt tu as pris ur tumizt
iumz il a pris ur iumiz
tumz elle a pris
numz nous avons pris
tumzem(t) vous avez pris
umzen(t) ils ont pris
Participe iumzen

§ 130

Se conjuguent sur le même modèle

I
Pas d’action de ur
ass lier iuss ur iuss
al lever iul ur iul
add appuyer iudd ur iudd
ayl voler (oiseaux) iwil ur iwil

II
Pas d’action de ur
asi porter iusi ur iusi
agwi refuser iugwi ur iugwi
akwi traverser ur iukwi

III
aḍen tomber malade
aḍer pétrir
ammen croire
ams frotter
anf ouvrir écarter
afez reconnaitre
wunzer saigner du nez
arem goûter
ars balayer
atf plumer
aref griller
azen envoyer
azzel courrir

Au prétérit négatif
ur iuḍin; ur iudir; etc

IV
akur voler iuker ur iukir
agul suspender iugel ur iugil
agum puiser iugem ur iugim

§ 131
Le verbe awi «emmener» (et avec la particule d , «apporter») change son a en i au prétérit
iwiγ tiwit iiwi niwi tiwim(t) iwin(t)
ou iuwiγ tiuwit etc
de même
awn « monter» iwun
awl « préparer, apprêter» ; iwul (intransitif)

§ 132
le verbe aγ «prendre; atteindre; échoir; tomber malade » est régulier
aγeγ taxt iaγ naγ taγem aγen
Participe iaγen;
mak iaγen ? qu’as-tu ?
Ce verbe se trouve encore sous l’aspect γwi ou γwa
γwiγ, tγwit iγwi nγwi tγwim γwin
LEÇON XXXIX
PRONOMS INDÉFINIS (SUITE) <133-135>

§ 133
Quelque
mennaw mnaw f menawt ( et aussi combien ?)
mennaw irgazen quelques hommes plusieurs hommes (combien d’hommes ?)
mennawt tmγarin quelques femmes plusieurs femmes
kra devant un pluriel = plusieurs
kra irgazen quelques hommes plusieurs hommes
Et devant un singulier = certain ; un peu ; chose ; quelque chose
kra n wass kra wass un certain jour
awwi d kra apporte quelque chose
kra gisen l’un d’eux
kra inna immut kra inna isul idder l’un dit qu’il est mort, l’autre qu’il est encore vivant

§ 134
Tout
kullu se place devant le nom
kullu irgazn tous les hommes
kullu timγarin toutes les femmes
Ou à sa suite
irgazn kulluten
timγarin kullutent
Dans ce cas , kullu s’accompagne d’un pronom
Régime direct de même genre et de même nombre que le nom auquel il se rapporte
awk ou aok , ok
ur t awk zriγ je ne l’ai pas du tout vu
Tout ce que
kullu ma, kullci ma , kudna
Kullu ma illan γ ddunit
Tout ce qui est dans le monde

§ 135
Un tel flan filan f flanta
LEÇON XL
VERBES DU TYPE RAR <136 – 138>

§ 136
Ils sont caractérisés par un son a interne qui se change en u au prétérit
ruraγ j’ai rendu ur ruraγ
trurt tu as rendu ur trurt
irur il a rendu
trur elle a rendu nrur nous avons rendu trurem(t) vous avez rendu
ruren(t) ils ont rendu
Participe iruren

De même
ḍaf surveiller
laẓ avoir faim
rafi avoir soif
gall jurer
gammi ne pas vouloir
ẓall prier
zayd avancer

REMARQUES
gall ẓall lal se conjuguent aussi comme suit gulliγ tgullit igulla
laẓ redouble son l au passé illuẓ (peu usité)
§ 137
Les verbes suivants appartiennent au type sker ; ils sont influencés par ur et ont leur a constant
Ex
ḍaleb demander iḍaleb ur iḍalib
De même
jahed parier rivaliser
ḥaseb compter
xald connaitre
gabel surveiller
ḥaḍer être présent
sameḥ pardonner
safer voyager

§ 138
rwas ressembler
zdar pouvoir pouvoir
γal penser
sawl ou sawal sont réguliers .

Les verbes qui les suivent deviennent


qal attendre iqal ur iqil
γars égorger ur iγars ur iγris
ṭaf posséder iṭaf ur iṭif

REMARQUES
qal se construit avec un complément précédé de s (nom) où de ser , is (pronom affixe)
qal sri, attends-moi
iqal s-uṭebib , il attend le médecin
γal est généralement suivi de is
iγal is tgit acelḥi il croyait que tu étais Chleuh
γars demande un complément indirect précédé de i
γars as d égorge le
iγars i ufullus , il égorgea un poulet
rwas ressembler se construit avec un complement direct
rwaseγ baba je ressemble à mon père
irwas iyi is il me semble que
ṭaf et ṭṭaf , étym. Signifie «saisir» et par extension «avoir, posseder» ; on note aussi ṭef
ṭafen ulli , ils ont des brebis
LEÇON XLI
VERBES DE TYPE AF <139>
§ 139

Leur conjugaison est une combinaison amz-neγ


ufiγ j’ai trouvé ur ufiγ
tufit tu as trouvé ur tufit
iufa il a trouvé ur iufi
tufa
nufa
tufam (t)
ufan (t)
Participe iufan
Futur
ad afeγ
attaft ou attafit
aiaf ou aiafi
ataf ou atafi
anaf ou anafi
attafim (t)
ad afin (t)

De même
awgg ou aogg paraitre
ack-d venir
ajj laisser
adedj laisser
cack faire venir toucher le but

REMARQUE
Au futur attafim ad afin et non attafem ; ad afem § 82 bis
A l’aoriste : afeγ taft ou tafit ; iaf ou iafi ; naf ou nafi
ṭafim afin
A retenir l’expression
mr ufiγ iγ ou mla ufiγ «je voudrais bien…»
mr ufiγ iat tgemmi zut tinek
Je voudrais bien une maison comme la tienne
LEÇON XLII
VERBES DU TYPE DDU <140>

§ 140
Ils sont caractérisés par in son u final qui se change en i aux deux premières personnes du
singulier et en a aux autres
ddiγ je suis allé ur ddiγ
teddit tu es allé ur teddit
idda il est allé ur iddi
tedda elle est allé
nedda nous sommes allé
teddam (t) vous êtes allé
ddan (t) ils sont allés
Participe iddan
Futur
ad dduγ etc
ad ddun

Se conjuguent sur le même modèle :


ɛfu pardonner
fru payer
ɛmu devenir aveugle
fnu périr
ɛrru mettre à nu
ggu laver
ɛzzu être cher
gnu coudre
bḍu partager
ḥlu être doux
bgu percer
ḥmu être chaud
bnu bêtir
kḍu sentir
dlu être noir
kli colorier tatouer
fukku délivrer
knu se baisser
flu fendre
kru louer
xulu être désert ; être démoli
rḍu être content
xaṣṣu manquer
rxu être facile
xwu être vide
jlu être abandonner
jru arriver
muddu voyager
rju esperer
rku être sale rcu être décrépit
γlu être cher (pain)
γmu teindre
rwu être bon
ssu étendre (tapis)
ndu être battu (beurre)
ssu étendre (tapis)
sndu , battre su boire
nwu être cuit ; mûr
sudu chevaucher
wu être cuit ; mûr sunfu , se reposer
snwu cuire
tummu achever
udu être suffisant
cqu être difficile
ufu payer zdu lâcher
qḍu accomplir zmu hésiter; avoir peur
qaddu être necessaire , être en quantité
zru épuiller
qwu être gras zwu être sec
rbu porter
ẓẓu planter
LEÇON XLIII <141-143>
REMARQUES SUR LES VERBES DU TYPE DDU
§ 141
Selon les régions, le verbe ftu se substitue à ddu
jju signifie «sentir bon» , et prononcé avec l’emphase « sentir mauvais»
jlu «abandonner» et « perdre» .
Dans ce dernier sens , le verbe se conjugue à une 3e personne :
ijla iyi wayis inu j’ai perdu mon cheval
ijla iyi uγaras je me suis égaré
ɛzu «être cher » se construit avec dar
tɛazza dar babas elle était aimée de son père
su «boire» se conjugue :
swiγ, tswit, iswa, etc., et avec ur : ur iswi
Ne pas pas le confondre avec ssu «étendre un tapis» et ssu «irriguer»
nwu « être cuit et être mûr»
inwa watay ; le thé est prêt ;
inwa waḍil le raisin est mûr
Il existe une autre forme wu ; être cuit et swu faire cuire
Tu «oublier» est régulier ; tuγ; tetut; itu, etc. : ur itu
De même faw, fu «paraître , jaillir (jour)» :
iffu zzman , wass, lḥal il fait jour , ou
ifaw lḥal

§ 142
aru « enfanter, procréer , engendrer»
Est du type amz
iuru turu etc ur iuru ; le son u final ne se modifie pas .
Le verbe peut avoir pour sujet un nom masculin
adu-d «revenir; retourner; plier» est doublement irrégulier : combinaison amz-ddu.
De même
azu, dépecer iuza ur iuzi
amu convenir iuma ur iumi
kkasu hériter ikkusa ur ikkusi

§ 143

Manière de traduire «bon» et «mauvais»


Le verbe rwu signifie être beau, bon :
irwa lḥal γasfad il fait bon aujourd’hui
Il a pour synonyme cwu icwa ur icwi , fulki (régulier) , et ɛdel (type sker)
Le verbe cqu signifie «être mauvais, difficile, dur , pénible»
icqa uγaras le chemin est mauvais
tcqa tmγart an cette femme est méchante
«être laid, vilain , méchant» se dit uxcen
LEÇON XLIV PRONOMS RELATIFS <144-148>

§ 144.

Ces pronoms sont :

a - elli, qui, que.


ma - mad , ce qui , ce que .
aynna - γalli, ce que, la chose qui, que
γwanna; wanna celui qui.
γwinna, ceux qui.
xtanna; tanna, celle qui.
xtinna, celles qui.
mu-mi-mit, à qui.

Les pronoms relatifs attirent les pronoms régimes, les particules d et n et quelques expressions
adverbiales.

§ 145.

Mode d'emploi

1. Pronoms relatifs sujets.

argaz-elli yuten, l'homme qui a frappé.


tamγart-elliḏ-yuckan,la femme qui est venue'
isen ma, illan, il sait ce qu'il en est.
fk-as ma-tn-iqaddan, donne-lui ce qui lui est nécessaire.
han afrux- inu, aynna st- ixaṣṣan tefkt- as, voilà mon enfant, ce qui lui manque, donne-le lui.
winna imuddan, celui qui voyage'
tanna yugran, celle qui arrive la dernière.
γwanna, kunt iɛajben, celui qui vous plaira'
Tout verbe ayant un pronom relatif pour sujet se met au participe.

§ 146

2.Pronoms relatifs compléments directs

L’homme que j’ai vu : argaz-elli ẓriγ


Les enfants qu’ils ont frappés : iferxan-elli uten
Fais ce que tu veux : sker aynna trit

§ 147.

Pronoms relatifs compléments d’une préposition:


La boutique dans laquelle il est entré, aḥanu-lliγ-ikcem
Le cheval sur lequel j’étais monté , ayis-lli f-sudiγ
Le journal duquel il était sorti, urti-lli saγ iffuγ
Les prépositions γ, f, s, saγ sont postpositions : elliγ, ellif. ellis, etc.
Elles se placent aussi à la suite de «a»:
γayan af-ḏ-uckiγ , c’est pour cela que je suis venu.
γilli aγ-ifuγ , c’est de là qu’il est sorti.
γinna as-ifta , c’est vers là-bas qu’il est allé.

§ 148

Pronoms complément d’un nom.

L’homme dont le nom..., argaz mu ism-ns


La femme dont tu as frappé la fille, tamγart-elli nu tutt illis.
Il lia amitié avec le juif auquel il vendrait toujours du bois, iga umeddakul d uday-lli mu dedda
izenza ikcuden.

Le pronom est mu; il est parfois mi ou mit


wanna, mi-d izenza, celui à qui il a vendu
ur-d nkin a-mi γuran, ce n'est pas moi qu'on appelle.
yan mit fken hatin, yan emit ur-fkin, isuγ-ḏ taqqayin / celui à quoi on a donné est prêt, celui à
qui l'on n'a pas donné, achète des dattes
LEÇON XLV: DES PARTICULES D ET N <149-151>

§ 149.

awi-d, apporte
awi-n, emporte.
werri-d,, retourne (vers ici).
werri-n, retourne (vers là-bas).
d et n sont des particules qui s'ajoutent au verbe pour exprimer une idée de retour vers celui qui
parle; l'autre, une idée d'éloignement par rapport à celui qui parle.
Autre exemple:
yufa-d; il trouva (ici, en arrivant),
yufa-n; il trouva ([là-bas, en allant).
Dans ce cas, les particules d et n marquent la localisation; ce sont des adverbes de lieu.

§ 150.

Mode d’emploi: d et n suivent ou précèdent le verbe :

a) elles le suivent quand le verbe n’est sous l’influence d'aucune particule:


yucka-d, il est venu (ici).

b) elles sont attirées dans les mêmes conditions que les pronoms personnels(§ 74)par les termes
interrogatifs, relatifs, etc,
ur d yucki, il n’est pas venu
iz d yucka ? est-il venu ?
iγ d yucka , s’il vient
ma d yuckan ? qui est venu ?
man luqt d yucka ? quand est-il venu ?

c) et par les particules du futur ad, ara, arad, ra:


add ackeγ , je viendrai;
add tacket , tu viendras ;
add yack, il viendra;
ad nack , nous viendrons
ad tackem, vous viendrez;
ad acken, ils viendront.
Le d s’assimile au t préfixe de la conjugaison

§ 151.
d et n se placent toujours à la suite des pronoms régimes que ceux-ci suivent ou précédent le
verbe :
γer-as-d , appelle-le.
yuwi-asen-d , il leur apporta.
ufan-t-id, ils le trouvèrent (ici)
ufan-t-in, ils le trouvèrent (là)
at-id-afin, ils le trouveront (ici)
at-in-afin, ils le trouveront (là)

Placés à la suite d’un pronom régime direct d et n se vocalisent en id , in.


LEÇON XLVI : DE QUELQUES EXPRESSIONS CONJONCTIVES <152-153>

§ 152

neγ,neγ-d: où.
walaynni, walakenni, walakin, ziγd: mais
imma, amma-umma: mais; quant à.
daγ, za: donc.
ka seulement.
acku, ackun: parce que;
afad, muc, mic , afin que, pour que
is-iz-d , si § 27 -que
elliγ alliγ aylliγ aelliγ quand
iγ , iγ-d kiγ lorsque
ar-d jusqu’à ce que
ar kiγ , jusqu’à ce que lorsque, lorsque
γasf-lli-γ , ass-nn-γ le jour où
γikelli γikelli ainsi que
mqar lors même que
baḥra à peine
f γayan c’est pourquoi

§ 153
ur didk muneγ , acku ksudeγ /Je ne t’accompagne pas , car j’ai peur
iγ d iga waḍu acerqi , ibnu tacbart γ lqbelt fadaiγ-d uckan udaden a ur kḍun aḍu ns:
Si le vent vient de l’est, il bâtit son réduit au sud afin que les mouflons - lorsqu’ils viendront - ne
flairent pas son odeur (ne découvrent sa piste)
iγ inγa udad neγ-d sin .. , s’il tue un ou deux mouflons
iγ-d tsen aḥawac , tenna yas mas : ɛafa kem !
Si elle sait danser l’ahawach, sa mère lui dit : Bravo !
skerent tagulla, γrint i ɛazriyn , ar kiγ can awin awk γwayli sman , elles font de la bouillie,
appelle les garçons et lorsqu’ils ont changé , ils reprennent tout ce qu’ils ont amassé
γasfelli γ iffuγ tamazirt ens iga amezwug
Le jour où il quitta son pays , était exilé.
werrin ar daγ tirirn γikelli nit skaren elliγ d uckan
Ils revinrent et , de nouveau , se mirent à chanter comme ils l’avaient fait auparavant
LEÇON XLVII
DE L’AORISTE <154 – 157>

§ 154

Exemple:

inker , iasi iziker-ns , iddu s taggant ad iawi ikcuden


Il se leva , pris sa corde et s’en fut à la forêt chercher du bois

Dans cette phrase, les formes iasi, iddu ne sont pas celles du prétérit (on aurait dit : iusi; idda), ni
celles du futur (on aurait dit : a-iasi ; a-iddu).
Les verbes asi, ddu sont ici conjugués à l’aoriste
L’aoriste marque un passé ou un présent. On verra plus loin son mode d’emploi.
§ 155
Manière d’obtenir l’aoriste
On forme l’aoriste du futur par la suppression de la particule :ad; a – a ra ; arad
Type Futur Aoriste Prétérit
sker a-isker isker isker
amz a-iamz iamz iumz
rar a-irar irar irur
ddu a-iddu iddu idda
ili a-iyli iyli illa

L’aoriste des verbes du type sker est identique au prétérit; il en est differemment de l’aoriste des
autres types de verbes.
On observera, d’autre part , que les désinences de
L’aoriste des verbes des types neγ et af different de celles du prétérit :

Types Futur Aoriste Prétérit


neγ a-ineγ et a-inγi ineγ et inγi inγa
atenγim tnγim tnγam
ad-enγin enγin enγan
af a-iaf et a-iafi iaf et iafi Iufa
atafim tafim Tufam
ad-afin Afin ufan

Exemples
ad lsin , ils se vêtiront ; aoriste : lsin ; prétérit : lsan
ad efkin : ils donneront ; aoriste ; fkin ; prétérit : fkan
ad cin , ils mangeront ; aoriste; cin ; prétérit : can
§ 156
Mode d’emploi
Lorsqu’une phrase commcence par une subordonnée, les verbes des propositions principales qui
suivent se mettent à l’aoriste
iγ ira iseγ iasi tagra mqqorn; iγ ira izenz iasi tagra meẓẓin
Quand il achetait, il se servait de la grande mesure; lorsqu’il vendait il prenait la petite ; iasi ,
aoriste de iasi, prendre
iγ can, cint tferxin, lorsqu’ils eurent mangé, les jeunes filles mangérent , cint , aoriste de ec,
manger
elliγ iffu zzman, sufuγen-d iyisan nsn , sudun, ftun
Quand il fit jour, ils sortirent leurs chevaux , se mirent en selle et s’en fuirent ; sudun , aoriste de
sudu; ftun de ftu
Lorsque le premier verbe d’une phrase est une forme d’habitude § 177 , les verbes des
propositions suivantes se conjuguent à l’aoriste :
ar tasin kra γ lxodert asin daγ n tumẓin
Ils prennent des legumes, ils prennent aussi un peu d’orge; asin, aoriste de asi

Dans les phrases comme celles-ci , le deuxieme impératif francais se traduit par un aoriste;
Pars et reviens au matin ; ddu , ar sbaḥ twurrit
Salue mon père, salut ma mère sillim f baba , tsillimt f immi

§ 157
Sous une forme unique, l’aoriste traduit un passé , un présent et parfois même un futur; mais son
emploi ne se justifie que si le premier verbe du récit ne situe l’action dans un temps bien
déterminé : futur ou prétérit d’une forme simple ou d’une forme d’habitude
L’aoriste est donc un temps de substitution.
Dépouillé des particules verbales et conjugué avec la forme la plus simple du verbe, il donne à la
phrase berbère plus de souplesse sans cependant nuire à sa précision.
LEÇON XLIII
DE QUELQUES EXPRESSIONS ADVERBIALES <158 – 159>

§ 158
wac ac infortune
waxa , bien ; c’est entendu
ilma ilmma bɛda ; après cela
nit , nnit m ula ḥta aγd γd : aussi
γilan γilad γikkad maitanant
adukan alors (tout à l’heure)
bahra bezzaf xirella beaucoup
xirella id
siγ d tout de suite
ziγ d aussitôt
ɛlein aussitôt ; à peine
daγ donc ; de nouveau
helli seulement précisement ; ne.. que
skigan comme il faut
shakkak de force
ugar n plus de
aqqal n moins de
bedda toujours
ur – awk ne jamais
gamelli autrefois
zund , zun zuḍ wan comme
γikad γikan γimkan ainsi
abla excepté
γar si ce n’est
gar vil
tifsi vite
s imik lentement
s lḥilt doucement avec ruse

§ 159
Expressions diverses
wakwak ! Oh !
yallaṭif ! grand Dieu !
wella ! par dieu !
bismilla ! au nom de Dieu !
xiar ! bon
balek ! attention !
aweddi ! mon cher !
marḥaba bik ! sois le bienvenu
a rbbi par Dieu !
ɛla rbbi par Dieu !
ɛfa-k bravo !
mqar ! entendu !
ncalla ! s’il plait à Dieu !
lḥamdu lilla ! louange à Dieu !
aiwa , certainement ! eh bien ! allons !
LEÇON XLIX
VERBES D’ÉTAT <160 -162>
§ 160
Les adjectifs qualificatifs en usage en Chelha ont été indiqués au § 28. Ils sont en petit nombre,
car le Berbère traduit de préference l’idée qualificative à l’aide de verbes d’état. Verbes qui
expriment une qualité ou une couleur. Voici les principaux :
A
ḍni être solide iḍni iḍnin
dus être robuste idus idussen
ḍlu , être noir iḍla iḍlan
dru , être large idra idran
derk être grand iderk iderken
fers être tranchant ifers ifersen
mim être doux imim imimen
qqor être sec, dur iqqor iqqoren
ṣhu , être solide iṣḥa iṣḥan
ẓẓay , être lourd iẓẓay iẓẓayn
ẓday être lourd iẓday iẓdayn

B
gzul être court igzul gzulen
lwiγ être lisse ilggwaγ lggwaγen
mellul être blanc imellul mellulen
messus être fade imessus messusen
mzzi être petit imzzi mzzin
mqqor être grand imqqor mqqoren
uriγ être jaune iuraγ uraγen
γzif être long iγzif γzifen
sdid être mince isdid sdiden
sgin être noir isgan sgann
sṭaf être noir isṭaf sṭafen
smiḍ être froif ismiḍ smiḍen
zgziw être bleu ,vert izgzaw zgzawn
zwiγ être rouge izggwaγ zggwaγen
§ 161
Participe des verbes d’état
Le participe des verbes d’état de la colonne A est de la forme régulière iXn (v. § 60) obtenue de
la 3e personne du masculin singulier allongée de la désinence n : celui des verbes de la colonne B
est de la forme Xn obtenue de la précédente par la suppression de l’i . Cette dernière forme se
trouve, de ce fait, être identique à la 3e personne du masculin pluriel.

§ 162
Variabilité du participe
Il existe un pluriel commun à ces deux formes de participe . On l’obtient par la suppression de l’i
initial et l’addition d’une désinence in, commune aux deux genres :
iḍlan étant noir ; pl ḍlanin
mellulen étant blanc ; mellulnin
Remarque :
Dans certains parlers, celui du Tazerwalt notemment , quelques participes de verbes d’état
peuvent revêtir une forme féminine , l’une , spéciale au singulier, l’autre , au pluriel.

iḍlan étant noir (m.) ḍlanin m. pl


teḍlan étant noire (f.) ḍlantnin f.pl
Il est néanmois préférable d’utiliser dans la pratique, les formes indiquées précédemment ; elles
sont familières à la généralité des parlers
LEÇON L
MODE D’EMPLOI DES VERBES D’ÉTAT
<163 -164>

§ 163

Ex. : ce cheval est fort


Il n’existe pas d’adjectif berbère traduisant «fort» mais , il est un verbe «être fort» ḍni.

On dira :
ayis a iḍni ou iḍni wayis a

De même :
Cette fille est petite tafruxt a tmzzi
Ces enfants sont grands iferxan an mqqoren
Ton fils est grand imqqor iwi-k
Je suis petit mzziγ
Tu n’es pas grand ; ur tmqqort, kii

Le verbe d’état s’accorde en genre et en nombre avec son sujet. Il correspond, dans ce cas, à
l’adjectif attribut du francais .

§ 164

Ex. un cheval fort


Dans cet exemple , l’adjectif est une épithète ; comme l’adjectif «fort» n’existe pas, on utilisera le
verbe ḍni «être fort» sous sa forme participiale. On dira ayis iḍnin , litt un cheval étant fort

De même :
un cheval blanc ayis mellulen
Un petit garcon : afrux mzzin
Burnous noir aselham iḍlan
Une rivière profonde assif idran
Une grande maison tigemmi mqqorn
Le participe peut prendre la marque du pluriel § 162
Des chevaux forts iisan ḍninin
De petits garcon iferxan mzzinin
Des burnous noirs iselham ḍlanin
Des rivières larges issafn dranin
De grandes maisons tigumma mqqornin
LEÇON LI
DEGRÉ DE COMPARAISON DES ADJECTIFS <165 – 169>

§165
Comparatif d’égalité

Ex
Il est aussi grand que moi
imqqor zund nki litt il est grand comme moi «comme» se dit zund , zu d zuḍ ou wan, wand
(rare)

On peut encore dire


imqqor γaneck inu litt il est grand autant que moi
γaneck ; γuneck = autant que … (s’emploie avec les pronoms affixes des noms)

AUTRE EXEMPLE
Nous sommes aussi grands l’un que l’autre zund nki, zund kii (comme moi, comme toi) ou nga
ian, ou ian a nga ; ian ka nga

§ 166
Comparatif de supériorité

On l’exprime

À l’aide d’un verbe uf, surpasse (en qualité) et ugger ou uti , surpasser (en quantité et en
nombre)

Exemples

Ton cheval est meilleur que le mien


agmar nk iuf winu

Il est plus intelligent que nous


lɛaql ns iuf winaγ

Il a plus de brebis que nous


ulli ns uggrent (utin) tin-unt

Ton frère est plus grand que moi


gumma k iugger iyi (iuti-i)

Ta tribu est plus forte que la mienne; mais la mienne vaut mieux que la tienne
taqbilt nk tuti tinu taqbilt niw tuf tinnek

Au moyen de la préposition f sur (devant le nom) fell ou fill sur (avec un affixe spécial § 98)
qui régit le complément du comparatif
Mon père est plus âgé que le tien
baba imqqor f baba k

Elle est plus belle que toi


tfulki fellam

§ 167
Comparatif d’infériorité
Ex : ton cheval est moins bon que le mien
Traduire mon cheval est meilleur que le tien
ayis inu iuf winek

§ 168
Superlatif relatif

Ex

Quel est le plus âgé d’entre eux


ma mqqorn gitsen (litt qui étant grand parmi eux)

C’est lui le plus méchant du village


nta a icqan γ ayt lmuḍɛ (lui étant méchant parmi les gens de l’endroit)

§ 168
Superlatif relatif

Ex

Quel est le plus âgé d’entre eux


ma mqqorn gitsen (litt, qui étant grand parmi eux)

C’est lui le plus grand méchant du village


Nta a icqan γ ayt lmuḍɛ ( lui qui étant méchant parmi les gens de l’endroit)

On fait suivre le verbe d’état mqqor , cqu , de la particule γ , dans parmi (devant un nom ) ou
gig, gi (avec un affixe spécial § 97) qui régit le complément du superlatif.

On fait suivre le verbe d’état mqqor , cqu , de la particule γ, dans , parmi (devant un nom) ou
gigi gi (avec un affixe spécial § 97) qui régit le complément du superlatif

§ 169
Superlatif absolu
On l’exprime au moyen d’un verbe d’état suivi de bahra ou de bezzaf , beaucoup, trop, très
Il est très bon iɛdel bahra
Il est très cher iγula bezzaf
LEÇON LII
LA NUMÉRATION <170 – 172>

§ 170
Adjectifs numéraux cardinaux

Les noms berbères des dix premiers nombres ont été donnés aux § 5-19
Il est parfois fait usage des noms empruntés à la numération arabe
waḥed ou waḥda tnin ou zuj tlata arbɛa xamsa stta sbɛa tmania tsɛa ɛcra
ḥdac tnac teltac rbɛtac xmsṭac sttac sbɛṭac tmnṭac tsɛtac

Noms des dizaines:


10 ɛcra
20 ɛcrin
30 tlatin
40 arbɛin
50 xamsin
60 sttin
70 sbɛin
80 tmanin
90 tsɛin
100 mia
200 mitayn
300 teltmia
1000 elf
2000 elfin
3000 teltalaf

Entre deux dizaines consécutives on intercale les neufs premiers nombres en énoncant d’abord
l’unité suivie de u (et), puis la dizaine;
21 waḥd u ɛacrin un et vingt
33 tlala u tlatin trois et trente
58 tmania u xamsin huit et cinquante

Mais si l’on utilise les noms berbères des neuf premiers nombres on dira :
21 ɛcrin d ian vingt et un
33 tlatin d kraḍ trente et trois
58 xamsin d tam cinquante et huit, etc

Remarque
Certains chleuhs, les A isaffen les ida ukensus entre autres , comptent par vingtaines et non par
dizaines
20 ɛcrin
40 Sin id ɛcrin (2-20)
60 kraḍ id ɛcrin (3-20)
80 koz id ɛcrin
Ils intercalent les 19 premiers nombres entre deux vongtaines consécutives
29 ɛcrin d tẓa vingt et neuf
30 ɛcrin d meraw ving et dix
32 ɛcrin d meraw d sin vingt et dix et deux
50 Sin id ɛcrin d mraw
55 Sin d ɛcrin d meraw d semmus
70 kraḍ id ɛcrin d meraw
90 koz id ɛcrin d meraw

§ 171
Nombreux ordinaux

Il n’existe qu’une forme spéciale pour traduire premier


Sing amzwaru f tamzwarut première
Pluriel imzwura f timezwura premières

A cette forme , on préfère même l’emploi du participe du verbe zwar «précéder, devancer, être le
premier»
ass izwarn le premier jour pl ussan zwarnin
walli zwarn le premier willi zwarnin les premiers
talli zwarn la première tilli zwarnin les premières
Dernier = iugran et ugran , participe de gurru , rester en arrière

ass iugran le dernier jour

usfan ugranin γ wamud , les derniers jours des semailles

A partir de deuxième , les nombres ordinaux s’obtiennent des numéraux cardinaux précédés de
wis (masculin) et de tis (féminin)
Le 2e : wis sin
Feminin la seconde tis snat
Le 3e : wis kraḍ
La troisième tis kraṭ
Le 4e : wis koz
La quatrième tis koẓt
«tous les deux» , « à eux deux; à vous deux ; à nous deux» sin itsen; sin itun ; sin itnaγ
Ils sont venus tous les deux
uckan-d sin itsen
Vous êtes vebus tous les deux
tuckamd sin itun
Nous sommes venus tous les deux
nuckad sin itnaγ
De même kraḍ itsen , tous les trois
koẓ itsen ..etc
§ 172
nombres fractionnaires
1/2 noṣṣ
1/3 tulut
1/4 rrobɛ
1/5 lxoms
1/6 ssdua
1/7 sbuɛ
1/8 tmun
1/9 tsuɛ
1/10 lɛcur
5% semmus γ mia
Une fois iat tuwal ian ddur iat tiklit
Deux fois snat twal sin ledwar snat tikal
Un par un ian s ian
Un à un ian i ian
LEÇON LIII MODIFICATION DE L’IDÉE VERBALE <173-174>

§ 173

gen signifie dormir et sgen, obtenu du précédent par la préfixation d’un s , signifie <faire dormir,
endormir> ; akur veut dire <voler> et tiakar obtenu par la préfixation de ti et le changement de
l’«u» en «a» signifie <être volé>: sgen, tiaker expriment une idée différente des forme simples
gen, akur dont ils dérivent; on les nomme formes dérivées

L’idée verbal, ainsi modifiée par l’addition d’une ou plusieurs lettres formatives, peut marquer
l’idée factitive ou transitive (f. f.) ; l’idée de réciprocité (f. r.); l’idée passive (f. p.) ; l’idée
d’habitude, d’intensité, de fréquence, d’actualité (f. h.).

EXEMPLES

ddu <aller> a pour forme d’habitude tuddu ou teddu; pour forme factitive sudu, littéralement
<faire aller> et par extension <chevaucher>; pour forme réciproque muddu<voyager> mais
étymologiquement <aller en compagnie>

REMARQUE
Si théoriquement les formes primitives peuvent donner naissance à des formes dérivées ayant les
diverses acceptions indiquées ci-dessus, il est rare, dans la pratique, qu’elles soient toutes usitées.
En d’autres termes , une forme simple ne possède pas nécessairement de forme factitive, une
forme réciproque ou une forme passive, mais toutes, sans exception, ont une forme d’habitude

§ 174
Forme factitive ou forme en S
Elle exprime l’idée de faire faire ou de faire devenir, c’est-à-dire l’idée de transitivité ou de
captativité. Elle s’obtient par la préfixation d’un s au radical.

Exemples:
els, être vêtu, f.f. sels, vêtir
ers, être posé, f.f. sers, poser.
ird, être lavé, f.f. sird, laver
nker, se lever, f.f. snker, dresser
lkem, arriver, f.f. slkem, conduire
ekk, passer, f.f. sikk, faire passer.
afoḍ, aller, f.f. sifeḍ, envoyer; expulser.

L's factitive peut précéder un radical nominal:


awal, parole, f. f. sawal, parler.
iγil, coudée, f. f. sγel, mesurer.
awwu; fumée, f . f . suwwu, fumiger.

L's factitive devient c, z ou j quand le radical renferme un les sons suivants:


s devient c
ec, manger, f .f. cec, faire manger..
kcem, entrer, f. f. cekcem, introduire.
s devient z, zu, zi
enz, être vendu, f.f. zenz, vendre,
gguz, descendre, f. f. zgguz:, faire descendre.
mzi, être petit, f. f. zmzi; zimzi, amoindrir.
bidd, être debout, f. f . sbidd, ; zbidd, arrêter.
drus, être rare, f. f. sdrus zdrus, raréfier.

s devient j, ju, ji
jji, être guéri, f.f. sujji, jujji, guérir
njem, s’échapper, f.f. jnjem, zenjem, délivrer
Devant le s factitif, la consonne géminée de certains radicaux se réduit parfois à la consonne
simple; un son u s’ intercale généralement entre le s et la consonne réduite
ddu, aller, f.f. sudu, chevaucher
ffuγ, sortir, f.f. sufuγ, expulser
ṭṭeḍ, têter , f.f. suṭḍeḍ, allaiter
ttel, envelopper, f.f. sutel, cerner, serpenter, tourner.

REMARQUE
Une f.f. se conjugue sur le modèle de la forme simple dont elle dérive:
Exemple:
sudu, se conjugue comme ddu; isuda; ur isudi
Elle a parfois un sens différent de la forme simple :
ens, passer la nuit; sens, éteindre.
LEÇON LIV : DES FORMES RÉCIPROQUES ET PASSIVES <175-176>

§ 175.

Formes réciproques.

Cette forme exprime l’idée de mutualité, de réciprocité, d’ échange. Elle est caractérisée par un
«m», un «n» ou un groupe mn placé devant le radical:
mmaγ ou maγ, combattre de neγ, tuer.
muddu, voyager de ddu, aller.
mciwir, se consulter de cawr, consulter.
nsafaḍ, prendre congé de safeḍ, renvoyer.
mnaggar, se rencontrer de ger, jeter
mnaqqar, mniqqir

Le «m» ou le «n» formatif a parfois le sens passif:


ngara / ngiri, être séparé
merz, être contusionné à la tête erz
ngadda, être égal.

La forme réciproque peut se combiner avec le s factitif


smnagar, rencontrer
smensa, offrir le repas du soir
smaqqel, regarder.

La forme factitive peut aussi se combiner avec le m de la forme réciproque.


gall, jurer ;
sgalla, déférer le serment
msgalla, prêter réciproquement le serment .
§ 176.

Forme passive.
- Elle s'obtient par la préfixation de tiw :
tiwks, être enlevé; de kis.
tiwkutn, être pilé, de kunt.

Un son «a» s'intercale fréquemment entre les deux dernières radicales:


twubdal, être changé , de bdel.
twubdar, être blessé, de bder.
twukraf, être entravé , de kerf.
twumḍal, être enterré , de mḍel.
twurgal, être fermé, de rgel.
twussan, être connu, de sen.

Ce même son «a» se substitue à l'ou final dans les exemples suivants:
twubga, être percé, de bgu.
twubla, être fané, de blu.
twubna, être bâti, de bnu.
twubḍa, être partagé, de bḍu.
twuγma, être teint, de γmu.

ou allonge le radical
twuzra, être vu, de zer.
twuγza, être creusé, de γaz
twumla, être indiqué, de mel.

Le préfixe twu se réduit à «ty» lorsque le verbe commence par a:


tyamaz, être pris, de amz.
tyagas, être blessé, de ags.
tyagal, être pendu, de agul
tyakar, être volé , de akur
tyaraw, être né . de arw

ou simplement à «t» comme ci-dessous:


tcca, être mangé, de ec
tẓẓa, être planté, de ẓẓu
tγwi , être pris, de γwi

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