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C : Convertir Cours C-1 Moteur asynchrone

C-1 TSI1 TSI2


La conversion électromécanique
Cours d’énergie : Période
X
Machine asynchrone triphasée 1 2 3 4 5
Cycle 2 : Convertir - Transmettre Durée : 3 semaines X
Résoudre
Proposer une méthode de résolution permettant la détermination des courants, des tensions, des puissances échangées, des énergies
transmises ou stockées.
Construire graphiquement les lois de l’électricité à partir des vecteurs de Fresnel
Déterminer les caractéristiques mécaniques de l’actionneur
Déterminer le point de fonctionnement

1 Introduction
Les machines asynchrones sont très utilisées, on estime que 80% des moteurs de la planète sont des moteurs
asynchrones car leur coût est inférieur à celui des autres machines, de plus ces machines sont robustes. Ce sont des
convertisseurs électromécaniques d’énergie (électrique – mécanique) qui disposent d’une réversibilité en puissance.
Elle peut donc fonctionner en moteur où en générateur.

Réseau Redresseur Moteur


Tri 400 V + onduleur asynchrone

Symboles électriques :

Moteur asynchrone à Moteur asynchrone à


Cage d’écureuil Rotor bobiné

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2 Constitution
Un moteur asynchrone triphasé est constitué d’une partie fixe ou stator, supportant le bobinage et d’une partie
tournante ou rotor ou les courants sont induits.

Bagues
Le rotor bobiné est relié à l’extérieur
rotoriques par 3 bagues tournantes.
Reliées à des balais, cela permettra de
modifier les caractéristiques électriques
du rotor en vue de modifier le couple
de la machine.

Rotor bobiné

Le rotor à cage d’écureuil est constitué


de barres court-circuitées aux
extrémités par des anneaux et sans
liaison vers la partie fixe.
Il est de constitution plus simple mais
ne permet pas de modifier les
caractéristiques du rotor.

Rotor à cage d’écureuil

Le stator ou inducteur est constitué de trois enroulements


(bobines) parcourus par des courants alternatifs triphasés.
Les 3 courants alternatifs équilibrés créent un champ magnétique
tournant unique et constant (Théorème de FERRARIS).
L’accès à ces bobinages se fera par la plaque à bornes située sur
le dessus du stator.

3 Principe de fonctionnement

Champ magnétique tournant :


Le principe de fonctionnement de la machine asynchrone s'appuie sur la création d'un champ magnétique tournant
auquel est soumise une partie libre en rotation appelée rotor. En réaction, le rotor va à son tour créer un champ
magnétique. C'est l’interaction entre ces champs qui est responsable de la rotation de la machine.

Le stator, alimenté par un réseau triphasé de fréquence f, crée une induction tournante BS de vitesse nS.

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Les bobines statoriques sont géométriquement décalées de 120°
Réseau triphasé
de tensions
déphasées de 120°

t1 t2 t3

Le champ magnétique de chacune des bobines est proportionnel à la tension qui l'alimente.
Le cham Bs est la somme des 3 champs magnétiques :

𝐵𝑠
instant t1 → instant t2 → instant t3 →
𝑉1 𝑉1 𝑉1


𝐵𝑠
→ → →
𝑉3 𝑉3 𝑉3
→ → →
𝑉2 𝑉2 𝑉2


𝐵𝑠

On constate que le champ Bs est bien un champ tournant qui fait un tour pour une période de la tension.

Le rotor est balayé par cette induction et des forces


⃗⃗⃗⃗
𝐵𝑆 électromotrices sont engendrées dans les conducteurs
δ (loi de Faraday e = dφ/dt).
Comme les circuits rotoriques sont fermés, des courants
rotoriques prennent naissance et génèrent à leur tour un
champ magnétique rotorique Br. L’interaction entre Bs et
Br crée un couple électromécanique qui entraîne en
𝛿 ⃗⃗⃗⃗⃗
𝑩𝒓 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
rotation la partie mobile (𝐶 ⃗⃗⃗⃗ ⃗⃗⃗⃗
𝑒𝑚 = 𝐵𝑠 ˄ 𝐵𝑟 ).

Pour optimiser le couple Cem, il faudra maîtriser les


amplitudes des courants statoriques et rotoriques ainsi
que l’angle δ (δ =π/2 pour le Cem maximum).
⃗⃗⃗⃗
𝐵𝑟
Pour qu’il y ait couple, il faut donc :
- que les circuits rotoriques soient fermés,
- que la vitesse n prise par le rotor soit différente
de la vitesse nS du champ magnétique inducteur.
Si n = nS, les conducteurs tournent à la vitesse de
l’induction statorique, aucune f.é.m. n’est induite, et par
conséquent aucun courant ne circule dans le rotor : il ne peut y avoir de couple.

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L'origine du terme asynchrone est due à l’écart de vitesse entre le champ tournant créé par le bobinage statorique et
la rotation du rotor, nécessaire à l'existence d'un couple.
Pour un moteur asynchrone à cage, les courants sont induits dans les barreaux de la cage d’écureuil et se referment
par les anneaux d’extrémité du rotor.

4 Couplage des moteurs asynchrones

4.1 Plaque à bornes :


Les constructeurs indiquent en général deux tensions sur la plaque signalétique du moteur.
C’est la tension la plus faible qui correspond à la tension nominale Un de chaque bobinage.
➢ Si le réseau d'alimentation triphasé à une tension entre phases (tension composée 𝑈) de même valeur que
𝑈𝑛, on peut directement alimenter chaque bobinage sous cette tension. On réalise le couplage triangle.
➢ Si le réseau d'alimentation triphasé à une tension entre phase et neutre (tension simple 𝑉) de même valeur
que 𝑈𝑛, la tension composée du réseau est 𝑈 = 𝑉. √3 = 𝑈𝑛. √3. Le couplage utilisé sera le couplage
étoile.

Enroulement
moteur

Neutre si (≈car) les trois


enroulements sont identiques.

1
1
𝑉1 = 𝑉
𝑈13 = 𝑈

3 2 3 2

4.2 Plaque signalétique

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5 Modèle électrique équivalent du moteur asynchrone
Le fonctionnement étant en régime triphasé équilibré, on étudie seulement les grandeurs relatives à une phase.
Toutes les grandeurs de puissances seront à multiplier par 3.
X2
I1 I2
Eléments du modèle (une seule phase) :
I10 X1 : réactance de magnétisation (L1.ωs)
X2 : réactance de fuite du rotor ramenée au stator (L2.ωs)
𝑹𝟐
V1 X1 R2 : résistance rotorique représentant les pertes joules
𝒈 ramenée au stator
ωs : pulsation des courants statoriques
g : glissement
𝑹𝟐
La puissance développée par la résistance modélise la puissance électromécanique transmise du stator au rotor :
𝒈
𝑹𝟐 𝟐
𝑷𝒆𝒎 = 𝑷𝒕𝒓 = 𝟑. .𝑰
𝒈 𝟐
𝑹𝟐
La résistance modélisée par est fictive, elle représente le transfert de puissance entre le stator et le rotor.
𝒈

6 Performances
6.1 Vitesse de synchronisme
ns : vitesse de synchronisme en tr.s-1 (Ωs en rad.s-1)
𝒇 𝝎𝒔
𝒏𝒔 = 𝒐𝒖 𝜴𝒔 = f : fréquence d’alimentation du moteur en Hz (ω en rads-1)
𝒑 𝒑
p : nombre de paires de pôles de la machine

p = 1, machine à 2 pôles ou bipolaire, ns = 50 tr.s-1 ou 3000 tr.min-1


p = 2, machine à 4 pôles ou tétrapolaire, ns = 25 tr.s-1 ou 1500 tr.min-1
p = 3, machine à 6 pôles ou hexapolaire, ns = 16.67 tr.s-1 ou 1000 tr.min-1 etc.

On remarque que la vitesse de synchronisme est imposée définitivement d’une part à la construction du moteur, par
le nombre de pôles 2p, et d’autre part par la fréquence f du réseau d’alimentation.
6.2 Glissement
Le glissement g correspond à un écart relatif de vitesse entre champ tournant et vitesse du rotor. Ce glissement est
indispensable à la création des courants induits au rotor pour l’obtention du couple électromagnétique.

𝒏 𝒔 − 𝒏𝒓 𝜴𝒔 − 𝜴𝒓
𝒈= = → 𝒏𝒓 = 𝒏𝒔 . (𝟏 − 𝒈)
𝒏𝒔 𝜴𝒔
En régime de fonctionnement normal g est très faible, de l’ordre de quelques % environ.

6.3 Couple moteur Cem, relations qualitatives : Commande scalaire


La puissance transmise du stator au rotor vaut 𝑷𝒆𝒎 = 𝑪𝒆𝒎 . 𝜴𝒔
où Cem est le couple électromécanique exercé par le stator sur le rotor et
𝟐.𝛑.𝐟
𝛀𝐬 = 𝐩
est la vitesse de synchronisme en rad/s qui dépend de la fréquence
du courant f et du nombre de paires de pôles p
Le modèle présenté plus haut nous permet d'écrire qu'il s'agit également de la puissance dissipée par la résistance
𝑹𝟐
R2/g représentant la charge : 𝑷𝒆𝒎 = 𝟑. . 𝑰𝟐 ²
𝒈
𝑅2 𝑅2 .𝑝
Par identification, des 2 expressions on obtient l'expression 𝐶𝑒𝑚 = 3. . 𝐼22 = 3. . 𝐼22
𝑔.𝛺𝑠 𝑔.2.𝜋.𝑓

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En écrivant la loi des mailles sur la branche représentant le rotor,on obtient :
En remplaçant 𝑰2𝟐 par son expression, on obtient l'expression qu'il ne faut pas connaitre mais qu'il faut savoir
retrouver :
𝑹𝟐 𝑽𝟏 ² 𝒑𝑹𝟐 𝑽𝟏 ²
𝑪𝒆𝒎 = 𝟑. . 𝟐
= 𝟑. .
𝒈𝜴𝒔 . 𝑹 𝐠. 𝟐𝝅𝒇 𝑹 𝟐
( 𝟐 ) + 𝑿𝟐 ² ( 𝟐 ) + 𝑿𝟐 ²
𝒈 𝒈

Couple en régime nominal


En régime nominal le glissement g étant très faible on obtient la simplification suivante (avec R2/g >> X2) :
𝒑 𝒈
𝑪𝒆𝒎 = 𝟑. . 𝑽𝟏 ².
𝟐𝝅𝒇 𝑹𝟐

On voit donc qu'en régime nominal, le couple est proprotionnel au glissement.


Couple électromécanique maximum
𝑅 2 𝑅 2
On montre que le couple Cem est maximum lorsque ( 𝑔2 ) = 𝑋22 soit ( 𝑔2 ) = (𝐿2 . 𝜔𝑠 )2 .
On obtient ainsi que expression du couple maximum à la vitesse 𝜔𝑠 de la forme suivante (où K est une constante) :

𝑼 𝟐
𝑪𝒎𝒂𝒙 = 𝑲. ( ) U : tension entre phase f : fréquence de la tension
𝒇

Ce résultat sera utile pour expliquer le principe de la commande scalaire en tension qui permet de contrôler la
valeur du couple maximum.

6.4 Caractéristique mécanique T = f(n) :

Soit pour un couple de valeur (U/f) différent en commande scalaire :

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7 Bilan de puissance

On peut regrouper sur un diagramme les diverses pertes de puissance active en fonctionnement moteur :

𝑃𝑒𝑚
𝑜𝑢 𝑃𝑡𝑟

Identification des puissances à travers la machine asynchrone :

𝑷𝒂 = √𝟑. 𝑼. 𝑰. 𝐜𝐨𝐬 𝝋 U : Tension efficace entre phases


Puissance électrique I : courant efficace absorbé en ligne
absorbée Pa (en W) 𝑷𝒂 = √𝟑. 𝑼𝒇 . 𝑰. 𝐜𝐨𝐬 𝝋
Uf : fondamental de la tension (si signal non sinus)

Pertes joules au Rs : Résistance du bobinage statorique (souvent négligé)


𝑷𝒋𝒔 = 𝟑 ∗ 𝑹𝒔 ∗ 𝑰𝒔 ²
stator Pjs (en W)
C’est la puissance que reçoit le rotor en tenant compte des
Puissance
𝑷𝒆𝒎 = 𝑪𝒆𝒎 ∗ Ω𝒔 pertes joules stator et des pertes fer stator.
électromagnétique
transmise Pem ou Ptr
𝑷𝒆𝒎 = 𝑷𝒂 − 𝑷𝒋𝒔 − 𝑷𝒇𝒔 𝐶𝑒𝑚 (𝑁. 𝑚) : couple transmis du stator au rotor
(en W)
𝛺𝑠 (𝑟𝑎𝑑. 𝑠 −1 ) : vitesse de synchronisme
Le couple électromagnétique de moment Tem entraîne le
rotor à la vitesse Ω. Il lui communique donc la puissance
Puissance mécanique totale PM.
𝑷𝑴 = 𝑪𝒆𝒎 . 𝜴
mécanique
totale PM
𝑷𝑴 = 𝑷𝒆𝒎 . (𝟏 − 𝒈) 𝐶𝑒𝑚 (𝑁. 𝑚) : couple transmis du stator au rotor
(en W)
𝛺 (𝑟𝑎𝑑. 𝑠 −1 ) : vitesse de rotation du rotor
g : glissement (0 ≤ 𝑔 ≤ 1)
𝑷𝒋𝒓 = 𝑷𝒆𝒎 − 𝑷𝑴 Pertes joules dissipées dans le rotor du fait des courants
Pertes joules au rotor induits.
= 𝑷𝒆𝒎 − 𝑷𝒆𝒎 . (𝟏 − 𝒈)
Pjr (en W)
𝑷𝒋𝒓 = 𝒈. 𝑷𝒆𝒎

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