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Premier ministre

institut national
des hautes études
de la sécurité et de la justice

lettre d’information sur les risques et crises


n°37 - décembre 2012

Éditorial

Après quelques mois d’ab- Notre dossier du mois est consacré à l’organisa-
sence nécessaires à sa refonte, tion des cellules de crise, ainsi que sur le fonc-
nous avons le plaisir, en cette tionnement des centres de crise de niveau natio-
fin d’année, de vous faire dé- nal, afin de mettre en lumière la prééminence
couvrir la nouvelle LIREC, de la coordination dans le cadre d’une gestion
désormais trimestrielle. Un concertée.
tel rythme de parution, par le
Nous avons également souhaité donner un
recul et la maturation qu’il in-
« coup de projecteur » sur l’ORSEC, à l’occa-
duit, nous permettra en effet
sion du soixantième anniversaire de sa création,
de vous fournir non seulement
ainsi que sur la nouvelle directive européenne
des analyses plus approfondies, mais également
« Seveso 3 », essentielle en matière de gestion
un éclairage plus pertinent des enjeux auxquels
des risques chimiques notamment, et enfin sur
nous exposent les nombreuses problématiques
l’ouragan « Sandy », qui a permis une utilisation
contemporaines relatives aux risques et aux
inédite par les pouvoirs publics et la popula-
crises de toute nature.
tion des réseaux sociaux, illustrant la mutation
Fidèle à sa ligne éditoriale, l’équipe de la LIREC qu’imposent ces nouveaux outils dans la gestion
continuera à vous proposer son expertise à travers des crises majeures, principalement en matière
une large couverture de l’actualité en France, en de communication de crise et de diffusion des
Europe et dans le monde. Nous avons également consignes aux populations.
souhaité associer plus étroitement divers spécia-
Nous profitons de la parution de la nouvelle
listes, tous reconnus dans leurs divers domaines de
LIREC pour vous souhaiter à tous de joyeuses fêtes
compétences.
de Noël et une excellente année 2013.
L’ensemble des rubriques ont été refondues, que
ce soient les Brèves, le Dossier thématique axé
sur les enjeux conceptuels et organisationnels, Bonne lecture !
ou encore « Retour sur… », dans lequel vous
trouverez des analyses de cas particulièrement Guillaume Dederen,
instructifs en matière de gestion des crises. Chef du Département Risques et Crises
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BRèves

Rendre la
sommaire / contents communication entre L’importance du rôle des protections
les Etats plus facile en naturelles dans la réduction des risques
cas de crise
BRÈVES / news................................................................................................................ p. 3
Rendre la communication entre les Etats plus facile en cas de crise Pensé par des chercheurs de l’In- Les statistiques de la décennie les littoraux comme les tempêtes,
terdisciplinary Centre for Secu- 2002-2011 sont alarmantes  : l'érosion et les inondations. Ainsi,
L’importance du rôle des protections naturelles dans la réduction des risques rity, Reliability and Trust (SnT), 4 130 catastrophes recensées, les récifs coralliens ou les man-
à l’Université du Luxembourg, le plus d'un million de victimes et groves apparaissent comme des
L'interaction entre aléa naturel et risque technologique projet FREESIC - « Free Secure un coût global d'au moins 1,195 protections naturelles flexibles,
Interoperable Communications » milliard de dollars. rentables et durables et consti-
- vise à développer de meilleurs tuent une première ligne de dé-
Actualité nationale / events........................................................................... p. 4 outils de communication pour les Le rapport sur les risques mon- fense que d'autres éléments tels

Soixantième anniversaire du plan ORSEC : Histoire et actualité d’une planification générique, premiers intervenants lors de si- diaux, « World Risk Report que les digues ou les brise-lames
intersectorielle et interministérielle de gestion de crise tuations d’urgence, qu’ils utilisent 2012 », développé par l’Universi- ne fourniront jamais ».
une radio, un téléphone cellulaire té des Nations Unies pour l'envi-
Actualité européenne........................................................................................... p. 7 ou un ordinateur portable. ronnement et la sécurité humaine Les auteurs indiquent que les
(UNU-EHS), et publié en octobre conséquences humaines et fi-

La directive SEVESO : pour une prévention des risques industriels majeurs L’idée est de développer une dernier, affirme que la dégrada- nancières des catastrophes sont
plate-forme de communication tion de l'environnement réduit la bien plus importantes quand les
Dossier thématique............................................................................................... p. 10 sécurisée interchangeable et capacité des sociétés à faire face à populations ne sont plus proté-
compatible, à code source libre des risques majeurs dans de nom- gées par ces éléments naturels
Du bon usage des cellules de crise
(« open source »), basée sur un breux pays à travers le monde et constatent que les solutions
réseau sécurisé utilisant un pro- « vertes » de réduction des dan-
Actualité internationale................................................................................ p. 18 tocole Internet (IP). The Nature Conservancy a été un gers, passant par la conservation
Communication publique de crise sur les réseaux sociaux : l’exemple de l’ouragan Sandy partenaire clé pour ce rapport qui ou la restauration des écosys-
Chaque pays concerné pourrait met l'accent sur les liens entre la tèmes naturels côtiers, sont pré-
l’utiliser en cas de crise euro- dégradation de l'environnement férables.
Formations.................................................................................................................. p. 21 péenne ou internationale, per- et les risques de catastrophe. Selon
Session de formation et d’entraînement à la « Gestion des Cyber Crises » pour dirigeants mettant à tous les intervenants le Dr Michael Beck, responsable Ils soutiennent également que la
et cadres de haut niveau d’urgence de communiquer scientifique : « Ce rapport illustre durabilité environnementale de-
facilement et de travailler avec le rôle important que la nature vrait être la pierre angulaire des
les pays environnants, à un bon peut jouer dans la réduction des stratégies des Etats dans la réduc-
« Retour sur ».............................................................................................................. p. 22 rapport coût/efficacité, en évitant risques pour les personnes et les tion des risques.
Les enseignements de l'accident de Ténérife, selon l’analyse de Karl E. Weick. des retards de communication. biens, contre les aléas touchant

agenda............................................................................................................................. p. 24
L'interaction entre aléa naturel et risque technologique
Alors que la Commission européenne vient d'émettre tallation industrielle – impact susceptible de provo-
des recommandations pour améliorer la sûreté des quer un accident, et dont les conséquences peuvent
centrales nucléaires en France,  les experts de l’Ins- porter atteinte, à l’extérieur de l’emprise du site in-
titut National de l’Environnement Industriel et des dustriel, aux personnes, aux biens ou à l’environne-
Risques (INERIS) se sont penchés sur les autres sites ment ». Selon le Joint Research Center d’Ispra (Ita-
industriels sensibles, telles que les raffineries, qui lie), les accidents de ce type représentent 7 % de ceux
peuvent se révéler vulnérables aux interactions entre comptabilisés en Europe.
risque naturel et risque technologique.
Ainsi, l’étude des NaTech revêt une importance crois-
Pour qualifier ces interactions, les professionnels des sante, alors que les événements climatiques extrêmes
risques industriels utilisent le terme de « NaTech », – séismes, inondations, etc. – risquent de se révéler
contraction de naturel et de technologique. Ce risque plus fréquents à l’avenir.
désigne précisément « l’impact qu’une catastrophe
naturelle peut engendrer sur tout ou partie d’une ins-
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Actualité nationale
• 1987 : la création des plans d’urgence
de faire face à tout type de risque, quelle qu'en soit
en complément d’ORSEC
la cause. En complément, elle reprend de la loi de
En réponse à cette floraison de dispositifs de 1987 la nécessité de compléter cette approche par
Soixantième anniversaire circonstance sans articulation précise avec le une analyse systématique des risques pour adapter
du plan ORSEC : plan ORSEC, la loi du 22 juillet 1987 relative à la planification aux enjeux spécifiques à chaque
l'organisation de la sécurité civile a souhaité y territoire.
Histoire et actualité d’une planification générique, mettre de l’ordre en distinguant trois grandes
intersectorielle et interministérielle de gestion de crise catégories de plans d’urgence en complément du Néanmoins, contrairement à la deuxième
plan ORSEC de 1952 : génération de plan ORSEC qui procédait à
l'analyse de chaque type de risque en vue de
√ les plans particuliers d’intervention (PPI) pour l'élaboration d'une planification ad hoc, le nouvel
Chargé de mission ORSEC au sein de la direction générale de la sécurité civile et les ouvrages et installations dont l’emprise est ORSEC l'intègre au sein d'une planification unique
de la gestion des crises (DGSCGC) du ministère de l’intérieur (sous-direction de la localisée et fixe (usines chimiques SEVESO 2, articulée autour d'un tronc commun, complété par
planification et de la gestion des crises - Bureau de la planification, des exercices et
grands barrages, centrales nucléaires, etc.) ; des modules complémentaires relatifs à des risques
du retour d’expérience), Pascal FORTIN a auparavant exercé la fonction de chef du
particuliers.
bureau de la défense et de la sécurité civiles à la préfecture de la Seine-Saint-Denis.
Il travaille actuellement à l’élaboration d’une série de guides sur L’organisation ter- √ les plans de secours spécialisés pour les autres
risques préalablement identifiés (inondations,
ritoriale de gestion de crise.
feux de forêt, séisme, etc.) ;
Présentation du dispositif actuel
Depuis la loi de modernisation de la sécurité civile
√ le plan rouge pour les accidents avec de du 13 août 2004, le dispositif ORSEC se décline sur
nombreuses victimes. trois niveaux territoriaux (départemental, zonal et
maritime) et repose sur :
Qui ne connaît pas ORSEC ? La notoriété du Plutôt que d’opter pour une planification spécifique
Premier texte de portée législative sur la sécurité
vocable se mesure à sa présence dans les diction- à chaque risque préalablement identifié, il a été
naires et les grilles de mots croisés. Pourtant, décidé de mettre en place un dispositif unique et civile, cette loi n’a pas permis de mettre un terme √ un chef : le préfet de département a autorité
combien, parmi vous, savent qu'ORSEC est l'acro- intersectoriel permettant de faire face à tout type à la multiplication des plans d'urgence et a donc pour mobiliser l’ensemble des acteurs publics
nyme de l' « organisation de la réponse de sécurité de calamité, qu'elle qu'en soit l'origine. rapidement posé de nombreuses difficultés : délais et privés nécessaire à la gestion de la situation ;
civile » ? d’élaboration non respectés ; retard dans les mises
Visionnaire, cette approche de la planification n'en à jour ; nombreuses répétitions d’un plan à l’autre ; √ un réseau : SAMU, police, gendarmerie, sa-
Le soixantième anniversaire de la création du dis- était pas moins contre-intuitive et politiquement déficit d’appropriation ; etc. peurs-pompiers, associations de sécurité civile,
positif ORSEC est l'occasion d'expliquer ce qui se difficile à défendre, tant il paraît logique de prévoir communes, conseil général, opérateurs de ré-
cache derrière un vocable passé dans le langage une réponse spécifique à un risque particulier dès Les limites de cette approche de la planification seaux, entreprises, etc. La préparation en com-
commun, mais dont les nombreux enjeux restent lors qu'il a été identifié, a fortiori lorsque celui-ci se révélèrent lors des violentes tempêtes de 1999. mun de tous ces acteurs permet de développer
méconnus. engendre un accident et que l'opinion publique se En effet, les préfets furent alors amenés à « jouer une culture opérationnelle partagée. De plus,
tourne vers l'Etat en exigeant des explications. ORSEC » sans le déclencher afin de ne pas effrayer chacun doit mettre en place sa propre organi-
inutilement la population et par méconnaissance sation ;
ORSEC de 1952 à aujourd’hui des conséquences financières d'une telle décision,
Rien d'étonnant, donc, à observer, dans les années
• 1952 : La naissance du dispositif ORSEC bien que les circonstances justifiassent amplement √ un recensement des risques : celui-ci est élaboré
60/70, une multiplication des « annexes »
La signature par onze ministres de au plan ORSEC pour faire face à son activation. à partir des documents existants, notamment
l’instruction du 5 février 1952 relative ORSEC des risques particuliers (accident les schémas départementaux d’analyse et de
à "l’organisation des secours dans n’est donc pas ferroviaire, inondation, feux de • 2004 : L
 a troisième génération de planification couverture des risques (SDACR), les dossiers
le cadre départemental au cas un "plan figé" que ORSEC départementaux des risques majeurs (DDRM),
forêt, etc.) à la suite d’événements
l'on déclenche lorsque les plans de prévention des risques (PPR) ou
de sinistre important" illustre marquants comme la rupture du
l'événement produit ses Retenant les leçons du retour d'expérience de les atlas d'inondations. Il permet de partager
l’intérêt des pouvoirs publics pour barrage de Malpasset, en 1959,
effets mais bien une
ce nouveau dispositif ainsi que sa en amont de la ville de Fréjus, qui ces tempêtes, les pouvoirs publics ont donc opté une culture et des données communes sur les
organisation perma-
dimension interministérielle. demeure aujourd'hui encore le plus pour une troisième génération de plan ORSEC, risques et contribue à une mise en cohérence
nente adaptable
dramatique accident de sécurité civile afin de réaliser la synthèse entre celles de 1952 avec la politique de prévention.
Autorités de police représentant l'Etat en France depuis la seconde moitié du et de 1987. Adoptée le 13 août 2004, la loi de
dans chaque département, les préfets XXème siècle, avec 423 morts et disparus. modernisation de la sécurité civile reprend en effet √ la réalisation systématique d'exercices et de
furent dès cette époque chargés de préparer les le principe fondateur de l'instruction de 1952 d'une retours d'expérience pour l'entraînement des
mesures ORSEC de protection des populations. organisation générique de gestion de crise capable acteurs et l’amélioration du dispositif.

( ...)
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Actualité nationale Actualité européenne

La directive SEVESO :
En pratique, ORSEC se compose de dispositions Quel avenir pour ORSEC ? pour une prévention des risques industriels majeurs
générales définissant une organisation transver-
sale capable de s’adapter à tout type de situation, Unique dispositif de portée réglementaire à la fois
complétées par des dispositions spécifiques générique, intersectorielle et interministérielle de
propres à certains risques particuliers préalable- gestion de crise, ORSEC a su faire la preuve de son
ment identifiés. efficacité, particulièrement lors de crises de grande Aux origines de la directive Seveso prévention des accidents majeurs ainsi qu’une
ampleur. C’est un modèle admiré et copié par de étude de dangers. Les informations contenues dans
Les dispositions générales correspondent à tous les nombreux pays dans le monde. Toutefois, il est né- L’émotion suscitée par le rejet accidentel de cette étude doivent notamment permettre d’iden-
éléments communs nécessaires à la gestion d’une cessaire, tout en conservant le triptyque « un chef, Dioxine en 1976, sur la commune de SEVESO en tifier les sources de risque, les scénarios d’acci-
crise : organisation de la direction et de coordi- un réseau, une doctrine », de réfléchir à son évolu- Italie, a incité les Etats européens à se doter d’une dent envisageables, leurs effets sur les personnes
nation des acteurs, procédures d’alerte et d’infor- tion, particulièrement sur les points suivants: politique commune en matière de prévention des et l’environnement leur probabilité d’occurrence,
mation des services et des populations, outils de risques industriels majeurs. ainsi que des éléments sur leur cinétique de déve-
gestion de crise, etc. Elles comprennent également √ la décentralisation, qui a renforcé les compé- loppement.
des modes d’action conçus pour traiter des situa- tences des collectivités territoriales dans cer- Le 24 juin 1982, la directive dite SEVESO demande
tions récurrentes lors des crises : secours à de nom- tains domaines-clés (particulièrement la ges- aux Etats et aux entreprises d’identifier les risques L’Etat français va un peu plus loin puisque dans
breuses victimes, prise en charge et soutien des po- tion des voies de circulation) ; associés à certaines activités industrielles dange- certains cas, cette étude des dangers réalisée par
pulations, défaillance des réseaux, etc. reuses et de prendre les mesures nécessaires pour l’industriel, est complétée à la demande du préfet,
√ l’évolution de nombreux services publics, en y faire face. par une analyse critique réalisée par un organisme
Les dispositions spécifiques développent les particulier dans le domaine des réseaux, vers tiers, expert extérieur et indépendant. Plus d’une
particularités propres à chaque risque identifié des modes de gestion privés et concurrentiels, Cette directive a été modifiée à diverses reprises centaine d’analyses critiques sont ainsi réalisées
et visent à couvrir les risques naturels (cyclones, qui imposent la prise en compte de nouveaux et son champ a été progressivement étendu, no- chaque année.Cette étude sert de base aux plans
inondations, mouvements de terrain, etc.) et acteurs de la crise ; tamment à la suite de l’accident de Bâle en 1986. d’urgence (plans d’opération interne et plans par-
anthropiques (usines chimiques, sites nucléaires, C’est ainsi qu’a été adoptée la directive 96/82/CE ticuliers d’intervention) et à la maîtrise de l’urba-
transport de matières dangereuses, pollutions √ la réforme des services territoriaux de l’Etat, qui (concernant la maîtrise des dangers liés aux acci- nisation, obligatoires pour les établissements seuil
maritimes, etc.). a profondément modifié leurs compétences, dents majeurs impliquant des substances dange- haut.
leur statut et leur articulation aux niveaux dé- reuses) appelée SEVESO 2, qui est actuellement en
Fondé sur l'anticipation des évènements en prenant partemental et régional : ces services doivent vigueur. Par ailleurs, la directive Seveso 2 a renforcé la no-
appui sur les procédures de vigilance (intempéries, articuler leurs modes de fonctionnement avec tion de prévention des accidents majeurs, en impo-
inondations, avalanches, risques sanitaires, etc.), les exigences de la gestion de la crise par le pré- Principes de fonctionnement sant notamment à l’exploitant la mise en oeuvre
ORSEC peut également déployer ses effets de fet, directeur des opérations de secours. d’un système de gestion et d’une organisation pro-
manière préventive (par exemple : avant une Elle distingue deux types d’établissements, selon la portionnés aux risques inhérents aux installations
montée prévisible des eaux). A l’instar de leurs prédécesseurs, il incombe quantité totale de matières dangereuses sur site : pour les établissements seuil haut. Elle a, en parti-
donc aux planificateurs actuels de relever le défi culier, imposé le test régulier des plans d’urgence
ORSEC n’est donc pas un "plan figé" que l'on dé- d’adapter ORSEC à ces évolutions profondes sans • les établissements Seveso seuil haut et placé la gestion des situations d’urgence comme
clenche lorsque l'événement produit ses effets mais pour autant dilapider un héritage dont nul ne partie intégrante du système de gestion de la sécu-
bien une organisation permanente adaptable, en conteste la qualité. A cet égard, les principes car- • les établissements Seveso seuil bas rité.
situation de veille lorsque la réponse courante des dinaux d’ORSEC : mobilisation et coordination
acteurs de la sécurité civile est suffisante. étroite de l’ensemble des acteurs, nécessaires pour Les mesures de sécurité et les procédures prévues Outre l’intérêt en matière de sécurité de cette ap-
gérer la crise, sont plus que jamais d’actualité. par la directive varient selon le type d’établisse- proche intégrée, il convient de noter qu’elle a per-
ments (seuil haut ou seuil bas), afin de considérer mis de renforcer la culture partagée de gestion des
une certaine proportionnalité. Les établissements risques et des situations d’urgence entre exploi-
Pascal fortin ont ainsi l’obligation d’élaborer une politique de tants, services publics et citoyens.

L'auteur remercie le LCL Philippe BLANC pour sa collaboration.

( ...)
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Actualité européenne

La directive Seveso 3 (suite) Elle reprend les principales données-clés relatives

A dater du 1er juin 2015, Seveso 3 entrera en vi- La nouvelle directive maintient le principe d’une
aux établissements classés au titre de la directive
Seveso :
Présentation
gueur avec un champ d’application modifié et de
nouvelles obligations. La directive 2012/18/CE du
proportionnalité des obligations entre établisse-
ments seuil haut et seuil bas. • nature des substances stockées sur les sites et les
des auteurs
04 juillet 2012, relative aux accidents majeurs im- risques associés ;
Maud CASIER
pliquant des substances dangereuses, a en effet été S’agissant plus particulièrement de la gestion de
Chargée de mission
publiée au Journal officiel de l’Union européenne crise pour ces établissements, l’efficacité des plans • les comportements à adopter en cas d’urgence ; pour la directive
du 24 juillet dernier (n° L197 du 24 juillet 2012). d’urgence prévus par la directive Seveso 2, a été Seveso, le système
soulignée, et ces derniers sont maintenus avec • la date de la dernière inspection et le lieu où on global harmonisé
Si cette nouvelle directive conserve bien les prin- une reconduction des obligations d’exercice et de peut se procurer le compte-rendu ; et la nomencla-
cipes fondateurs qui ont permis, au fil réexamen tous les 3 ans. Enfin, certaines ture à la Direc-
des années, de mettre en oeuvre une nouveautés méritent d’être soulignées, • les coordonnées des personnes publiques en tion générale de
À la prévention des
politique efficace de prévention des dater du telle que le renforcement de la poli- charge des plans d’urgence, etc. risques du Minis-
accidents majeurs, elle n’en aura 1er juin 2015, tique de prévention des accidents tère de l'écologie, du développement
pas moins un impact sur le système Seveso 3 entrera en majeurs, qui devra garantir un ni- Le citoyen pourra donc, avec ces nouvelles dispo- durable et de l'énergie (bureau des
existant, son champ d’application vigueur avec un champ veau de protection accru dans tous sitions, disposer d’une information de meilleure risques technologiques et des indus-
étant profondément rénové. d’application modifié les établissements et être mise à qualité et d’une possibilité accrue de participation tries chimiques et pétrolières).
et de nouvelles obli- jour tous les trois ans. dans l’ensemble du processus de prévention des Attachée d'administration, à ce
Les raisons d’une nouvelle gations. accidents industriels majeurs. poste depuis juillet 2011, en charge
version Des informations plus accessibles notamment de la négociation, de la
transposition et de l'application de
La première raison ayant conduit à cette La dernière évolution particulièrement Impacts sur la réglementation la directive Seveso 3.
nouvelle version repose sur la mise en place, notable de la directive Seveso 3 concerne le
au niveau mondial, d’un nouveau système harmo- renforcement des dispositions relatives à l’accès française
nisé de classification des substances dangereuses du public aux informations en matière de sécurité, Eric PHILIP
(règlement CLP - Classification, Labelling, Packa- sa participation au processus décisionnel, et l’ac- La transposition de ces nouvelles dispositions dans Commandant des
ging - en Europe) qui rendait caduque la descrip- cès à la justice (conformément aux exigences de la réglementation française, devrait conduire à des Formations Mili-
tion du champ d’application de la directive Seveso Convention d’Aarhus relative au droit à l’informa- modifications substantielles de la nomenclature taires de la Sécu-
2. Ce dernier a donc été entièrement redéfini, sur tion en matière d’environnement). des installations classées (code de l’environnement rité Civile, chargé
de mission risques
la base de ces données nouvelles. Cette évolution, – livre V titre 1er), qui devra être adaptée à cette technologiques à
particulièrement technique, constitue la principale Les citoyens pourront ainsi avoir un accès direct, nouvelle architecture. Des modifications devront la Direction Géné-
modification substantielle entre la directive actuel- via Internet, aux informations concernant les également intervenir dans les textes français afin rale de la Sécurité
lement en vigueur et cette nouvelle version. installations Seveso, aux programmes de préven- de prendre en compte le renforcement des méca- Civile et de la Gestion des Crises
tion des accidents et aux mesures d’urgence, pour nismes d’information du public et des instruments (sous-direction de la planification
Au-delà de cette adaptation réglementaire, cette mieux réagir en cas de nécessité. Ils pourront res- de base de la prévention des risques. et de la gestion des crises, bureau
d’expertise, résilience aux risques).
révision a été l’occasion de mettre à jour les dif- ter en justice s’ils estiment que leurs droits n’ont
férentes mesures déjà prévues par le texte actuel, pas été pris en compte lors de l’installation d’un En matière de sécurité civile, les évolutions régle- Ingénieur en prévention des risques
dont l’efficacité est unanimement reconnue. Les nouveau site Seveso à proximité de leur domicile. industriels, à ce poste depuis 2006,
mentaires seront mineures, les dispositions exis-
en charge des dossiers Seveso,
outils classiques pour la maîtrise du risque sont tantes étant maintenues dans la nouvelle directive. installations classées, transport
ainsi confirmés dans leurs fonctions (étude de dan- La nouvelle directive comprend également des L’ensemble de ces modifications devra, en tout état de marchandises dangereuses et
gers, règles d’implantation, politique de préven- dispositions visant à améliorer la façon dont l’in- de cause, intervenir avant le 31 mai 2015. risques émergents.
tion des accidents majeurs, système de gestion de formation est collectée, gérée, mise à disposition
la sécurité, plan d’opération interne, plan particu- et partagée. Elle crée de nouvelles obligations en Les ministères du développement durable (di-
lier d’intervention). matière de mise à disposition de l’information, en rection générale de la prévention des risques) et de
prévoyant notamment la constitution d’un vivier l’intérieur (direction générale de la sécurité civile et
d’informations sur Internet. de la gestion des crises) travaillent actuellement de
concert sur cette transposition.
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dossier thématique
Un tel mode de travail collaboratif ne peut être réa- Le Centre de planification
lisé que dans des structures assurant la collégialité,
et de conduite des
Du bon usage des cellules de crise l’échange d’information et l’intelligence collec-
tive. Pour le promouvoir des organisations éphé-
mères très structurées, habituées à travailler sous
opérations (CPCO)
contrainte et dans l’urgence se sont développées L’EMA/CPCO est l’outil du Chef d’état-major des
depuis plus de vingt ans : les cellules de crise. Armées (CEMA) pour la conduite de ses deux respon-
Notre expérience d’entraînement des acteurs d’une cellule de crise à la prise de décision couplée au sabilités opérationnelles, conseiller du gouvernement
projet de recherche ORPHÉ 1, nous permet de collecter depuis maintenant près de cinq années, des pour l’engagement des armées, commandant opéra-
éléments de réflexion sur ces outils collectifs et nous avons souhaité au travers de cet article vous La force de l’intelligence collective tionnel de tout soldat engagé en mission intérieure
faire partager nos réflexions. (MISSINT) ou en opération extérieure (OPEX).
Le terme de « cellule de crise », utilisé pour carac-
Ce premier dossier abordera le concept de cellule de crise et apportera quelques éclairages sur sa tériser un lieu identifié et un groupe de personnes, L’EMA/CPCO constitue le centre nerveux de la chaîne
définition et sa structuration. Nos propos sont illustrés par la présentation de trois centres opéra-
désigne un outil organisationnel au service de la de commandement opérationnelle militaire française,
tionnels de niveau national : le CPCO du Ministère de la Défense, le nouveau Centre de Crise Sani- il regroupe les capacités d’anticipation opérationnelle
structure ou de l’entreprise pour contribuer à la
taire (CCS) du ministère de la santé et le Centre de crise du Ministère des Affaires Etrangères. (et vigilance), de planification et de conduite des opéra-
maitrise d’une situation de crise. Sa mise en place
tions au niveau stratégique.
constitue un acte managérial majeur qui engage
Confrontés à des situations de crise de plus en Répondre à ces situations est devenu un impératif l’ensemble d’une entité et particulièrement ses Situé à Paris,
plus nombreuses et complexes faisant peser des vital. Cette réponse requiert l’engagement de nom- dirigeants, dont l’implication a valeur d’exempla- au sein de l’îlot
risques sur les populations et les enjeux vitaux, les breux collaborateurs, partenaires et opérateurs rité. Sa création doit cependant s’inscrire plus lar- Saint-Ger-
organisations publiques et privées sont toujours dans le seul objectif d’assurer, dans l’urgence, une gement dans une démarche globale de prévention main, proche
confrontées à un défi majeur : « est-il possible de continuité de fonctionnement optimale par la mise et de préparation à la gestion des crises incontour- du ministère
gérer la crise et quels principes appliquer pour en en place de mécanismes de réponse rapides, adap- de la défense,
nables, pour le développement d’une culture de
il est armé par
assurer une maitrise optimale ? » tés et souvent originaux. Le niveau élevé d’incer- crise. quelques 200
titude, l’avalanche d’informations et la turbulence officiers, sous-
Crise économique et financière, catastrophes de l’environnement nécessitent, pour une prise de per- © Ministère de la Défense EMA/CPCO, 2012

«
Inspiré à son origine par l’application de concepts officiers,
naturelles ou liées aux activités décision optimale, de disposer militaires déclinés à travers les Etats-majors puis sonnels civils et militaires du rang des trois armées
humaines, crise sanitaire, aucun d’une coordination de confiance, les services de secours, l’engouement pour de telles directions et services. En cas de besoin, des personnels
Une compréhension parta- de réserve et « un complément opérationnel d’active »
secteur n’échappe aujourd’hui à gée de la situation constitue serrée, rapide et efficiente, seule instances a été très rapide. Au sein des instances
(COA) peuvent renforcer le centre sur court préavis.
cette confrontation, toujours à un préalable à toute option riposte à même d’éviter un em- publiques sont apparus des centres opérationnels Par ailleurs, des officiers de liaison des principaux

«
haut risque, entre des organisa- stratégique. ballement dommageable aux or- permanents ou temporaires, de dimension territo- pays alliés complètent la dimension internationale de
tions plus ou moins fragilisées et ganisations comme aux usagers. riale, nationale ou internationale qui rassemblent l’EMA/CPCO et les nombreuses relations de travail
des évènements déclencheurs : en interministériel ou en sectoriel des personnels avec plusieurs ministères garantit la dimension inter-
accident nucléaire de Fukushima au Japon, éva- Une compréhension partagée de la situation consti- dédiés. Ces structures s’organisent autour de com- ministérielle.
cuation de 375 000 personnes à New York lors du tue un préalable à toute option stratégique, car si pétences diversifiées et de missions spécifiques. Missions de l’EMA/CPCO
passage de l’ouragan Sandy, grippe H1N1… la validation et la responsabilité des choix straté-
L’EMA/CPCO exerce 3 missions essentielles :
giques reposent bien sur une personne unique  - le Si pour des raisons historiques ou sectorielles, cer-
La complexité des crises contemporaines, la po- décideur -, le processus sous-tendant la décision taines entreprises détiennent des cultures de crise • l’anticipation opérationnelle, qui sur la base des
rosité et l’interdépendance des secteurs d’activi- doit quant à lui être collectif, incluant en particulier très proches de celles mises en œuvre par le public, renseignements militaires et toutes autres informa-
tés, l’accélération et la multiplication des flux tant la question cruciale de l’allocation des ressources et le secteur privé n’a réellement mesuré l’enjeu des tions permet au CEMA de disposer d’une estimation
humains, matériels qu’informationnel, l’instabilité moyens humains, matériels ou financiers. De nom- des risques et des menaces sur un horizon de 6 à 24
cellules de crise que depuis une décennie, mais il
mois et d’envisager la probabilité d’engagement des
des marchés économiques et financiers, imposent breuses recherches dans ce domaine, ont pu mon- est depuis très impliqué dans leur développement. armées ;
comme une évidence le développement de proces- trer que l’élément clé de la réussite dans la gestion • la planification consiste, sur la base de la synthèse
sus spécifiques à la période de crise. Par ailleurs, d’une crise de grande ampleur, réside dans la capa- Une cellule de crise doit contribuer à une gestion des évaluations de risques de crise à préparer les op-
les responsabilités juridiques et éthiques ainsi que cité de coordination d’acteurs dont les attentes, les efficiente de la crise. Comme toute cellule «  bio- tions militaires proposées au CEMA ;
les exigences citoyennes de sécurité ont connu une motivations varient considérablement (Roux-Du- logique », elle n’a aucune possibilité d’existence • la conduite des opérations extérieures et des mis-
croissance exponentielle au cours des dernières an- fort et Vidaillet, 2003 2). sions intérieures est généralement assurée à partir
propre, et ne vit que par l’établissement de relations
des travaux de planification. Lorsqu’une opération
nées, parallèlement au développement des actions avec son environnement, qui allient perméabilité et est déclenchée, une cellule de crise ADHOC est mise
de prévention et de préparation. facultés d’échange et d’osmose : recueil d’informa- sur pied par prélèvement du personnel expert au sein
tions, analyse, évaluation de la situation et choix de de l’EMA/CPCO (plusieurs cellules de crise peuvent
réponses adaptées. L’anticipation des trajectoires, être activées si plusieurs opérations ou missions sont
les scénarios potentiels de la crise et la proposition conduites simultanément).
(1) Le Département Risques et Crises, en collaboration avec l'Université Laval (Québec), porte un projet de recherche plurian-
suite de l'article page 12 ...
nuel sur les processus de décision et les comportements humains en cellule de crise à travers ORPHE.
(2) Roux-Dufort, C., Vidaillet, B., (2003), the difficulty of improving in crisis situations, International studies in management in
organization, 33(1):86-115. ( ...)
12 © INHESJ - LA LIREC - décembre 2012 © INHESJ - LA LIREC - décembre 2012 13

dossier thématique suite...


Le Centre de crise du MAE,
Le Centre de planification et de conduite des opérations (CPCO) - suite

les autorités américaines se sont heurtées à la suite


ou la diplomatie de l’urgence
Ces trois missions recouvrent trois types d’engagements • le lien permanent avec les commandements or-
génériques : ganiques (états-majors d’armées, directions et services) des attentats du WTC et de Katrina. Très efficace Le Centre de crise (CDC) du Quai d’Orsay, qui concilie
avec lesquels l’EMA/CPCO travaille, notamment lorsqu’il peut se déployer pleinement, il s’avère de les observations des livres blancs sur la politique étran-
• l es opérations de combats ; à la génération des forces engagées en opérations plus en plus mal adapté au profil des crises actuelles gère et européenne de la France et sur la défense et la
• l es contributions militaires à l’action de l’Etat (Vigi- extérieures et en missions intérieures ; rapides, protéiformes et multi centrées, dont la dy- sécurité nationale, a été créé le 2 juillet 2008 , dans un
pirate ; lutte contre le Narcotrafic en mer ; police des • l’aptitude à s’inscrire dans les dispositifs namique propre exige des circuits de validation et cadre interministériel, afin de permettre au ministère des
pêches…) et engagement en crise ; et réseaux de préparation et de conduites Affaires étrangères (MAE) d’être un outil gouvernemen-
de décisions courts, adaptatifs et fluides. Ce choix
• les postures permanentes de sûreté aérienne et de sau- stratégiques de gestion de crises (interministérielles et tal majeur en matière de prévention des risques (natu-
vegarde maritime (les armées sont primo intervenantes internationales) ; ralentit et engorge les processus décisionnels, alors rels, sanitaires et technologiques), des menaces à l’étran-
pour assurer la sécurité dans les airs et en mer). • la permanence opérationnelle H24 tenue par la même qu’il produit un décalage croissant entre ger, ainsi qu’en matière de gestion de crise.
Haute autorité d’astreintes durant une semaine et par l’évolution réelle de la crise et les décisions prises. Destiné à coordonner et mobiliser l’ensemble des moyens
Organisation de l’EMA/CPCO
l’officier de quart durant 24 heures. du Quai d’Orsay et, plus largement, des intervenants
Les clés du fonctionnement du centre résident en grande A ce mode de fonctionnement, pourrait se substi- français à l’étranger, le CDC est rattaché directement au
partie dans son organisation et son fonctionnement in- L’EMA/CPCO regroupe donc en un seul lieu, les capacités ministre.
tuer avantageusement une structuration plus col-
ternes : d’anticipation opérationnelle (et vigilance), de planifica- Il est conçu pour être le point d’entrée privilégié au minis-
tion et de conduite des opérations au niveau stratégique lective qui prépare largement en amont et de façon tère pour les autres administrations et les partenaires
• l ’échelon de commandement (la « passerelle ») est ce qui garantit toute la cohérence nécessaire en soutien la plus collégiale possible des propositions straté- extérieurs (entreprises, ONG…) pour le signalement des
organisé autour du chef de l’EMA/CPCO, afin d’orienter de la décision d’engagement des armées. giques globales, synthétiques, argumentées et revi- événements à risque, susceptibles d’appeler en urgence
les travaux dans les 3 missions essentielles. Ce niveau sitées en permanence par les informations reçues. des réactions des autorités diplomatiques ou consulaires
inclut la prise en compte des problématiques liées à la Il constitue un ensemble cohérent au sein de l’état- Si la décision demeure toujours du ressort de l’auto- françaises. Ce centre est compétent à la fois pour les crises
cyber défense et au milieu spatial ; major des armées. Son organisation et son fonctionne- mettant en danger la sécurité des Français à l’étranger et
rité légitime, loin d’être seul à l’assumer au sommet
• l es compétences fonctionnelles sont fournies par ment en font un outil performant et d’une très grande pour les crises à caractère humanitaire.
les « bureaux métiers ». Cette structure en  « J » (l’ap- réactivité, permettant au CEMA de répondre sans délai d’une longue pyramide de filtres, elle constituerait
alors le nœud solide des analyses sectorielles pro- Coopération européenne 
pellation « joint », signifiant interarmées, est issue du et efficacement aux directives et aux attentes des autori-
vocable OTAN) . Cette organisation fonctionnelle est tés gouvernementales. duites. Un tel choix suppose au préalable un impor- Le Centre de crise a vocation à mettre en œuvre une
complétée par des cellules d’expertises particulières et tant travail des structures sur la définition précise coopération quotidienne avec les centres de crise
par des officiers de liaisons ; des missions inhérentes à leur cellule de crise, ainsi étrangers et a pour objectif d’entretenir des relations
•u ne dimension interarmées forte 1 ; Colonel Louis DUHAU bilatérales harmonieuses avec les structures homo-
qu’une réflexion sur les fonctions assignées à ses
•u  ne expertise de théâtre ou de l’engagement sur le Chargé de mission anticipation opérationnelle et synthèse logues étrangères, ainsi que le Centre de situation de
territoire national marquée 2; sur l’engagement des armées sur le Territoire National. membres pour remplir ces missions. l’Union européenne, par la mise en place de procédures
Etat-major des Armées - de consultation en période de crise, d’échanges d’infor-
Centre de planification et de conduite des opérations Privilégier le raisonnement collectif demande une mations ou de formations.
fluidité importante dans la répartition des fonc- Grâce à l’étendue du réseau diplomatique et consulaire
tions et une liberté d’expression voire d’imagina- et aux moyens militaires français, le CDC dispose de
(1) La Marine nationale représente environ 22% des effectifs, l’Armée de l’air 24%, capacités d’action et de réaction qui lui permettent
l’Armée de terre 52% et la Gendarmerie ou officiers issus de la Sécurité civile 2%. tion, qui assure de disposer en permanence des
d’assurer le rôle pilote dans de nombreux États.
(2) Les plus grands bureaux métiers sont organisés en zones d’expertise : meilleurs points de vue et analyses et de solutions
territoire national, Afrique, Europe, Afghanistan, Monde. pragmatiques mais innovantes. Ce mode de fonc- Administration et logistique 
tionnement exigeant et très adaptatif n’est pas, à L’unité de gestion administrative et de soutien logis-
ce jour, entré dans les habitudes de la plupart des tique dispose de plus de 10 millions d’euros par an afin
organisations publiques comme privées. de garantir la couverture financière des opérations
de solutions alternatives pour les décideurs doivent tion, affaiblissent les performances du processus de d’urgence du Centre de crise.
également trouver leur place en cellule de crise. décision. Le CDC dote les ambassades et consulats de moyens
adaptés :
Devant une situation de crise, l’action habituelle L’obligation d’un processus de décision fort, coor- • pour constituer des stocks liés aux évacuations ;
ne trouve plus sa place et nos schémas mentaux de donné et centralisé, combiné au besoin humain de • pour faire face à des dépenses imprévues en matière
humanitaire ou de sécurité des Français ;
réflexions et d’actions volent en éclat pour aboutir consolider certain leadership, pèse sur les cellules
• pour organiser un réseau de communica-
à une perte de sens individuel et collectif de cette de crise, leurs pilotes et leurs membres. tion performant entre les autorités consulaires
nouvelle réalité. L’espace de la cellule de crise est et nos compatriotes (radios, satellite, GSM…).
essentiel pour apporter du sens et redonner à l’in- Le mode le plus classique d’organisation retenue En période de crise, l’unité participe aux opérations
dividu comme à l’entité collective, une lecture de est le modèle anglo-saxon du « Command and d’urgence :
la réalité existante, et non de juxtaposer des ima- Control », qui construit la décision autour d’une • d’affrètement d’avions et de navires pour les trans-
ports humanitaires et les évacuations ;
ginés reconstruits du réel. Cette réalité doit inclure autorité référente unique, garant d’un cadre stable
• d’organisation de l’approvisionnement en matériels
la prise en compte des exigences politiques et pu- de contrôle, et point d’ancrage et de référence. et biens humanitaires et de première urgence.
bliques et des possibles conflits d’intérêt qui, asso- Ce mode de fonctionnement, rassurant et hiérar- suite de l'article page 14 ...
ciés à une insuffisance de la circulation d’informa- chique, présente d’importantes limites auxquelles © MAE / A. ArraouGestion simultanée de 3 crises, 2009

( ...)
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dossier thématique suite...

Le Centre de crise du MAE, ou la diplomatie de l’urgence - suite

La nécessité d’une logistique solide


Le Centre de situation 
Chargé de l’anticipation en matière de sécurité et
• Du 18 au 23 mars 2011, la réponse téléphonique de
l’ambassade à Tokyo a été transférée à Paris, traitant
Cellule de crise :.
d’évaluation du risque (politique, criminel, terroriste,
sanitaire, sismique, météorologique, industriel, environ-
plus de 8 000 appels.
•  5 780 appels ont été traités lors de la crise en Côte
Pour remplir pleinement leurs rôles dans l’espace argument de
nemental), le Centre de situation assure une synthèse
des informations disponibles et planifie les moyens à
d’Ivoire, entre le 2 et le 15 avril 2011.
Opérationnelle 24 h/24 en cas de crise, la cellule de ré-
organisationnel très particulier d’une cellule de
crise, une logistique simple, peu contraignante, communication majeur
mettre en place, notamment par la supervision des plans ponse au public fait appel, sur la base du volontariat, à mais obéissant à un formalisme précis et dotée « Une cellule de crise a été activée ». En devenant
de sécurité des ambassades à l’étranger. Il contribue à des agents du MAE ou parfois à des renforts extérieurs, d’outils « opérationnels performants », doit être publique, cette information est un élément de
la préparation et à la mise en œuvre de la politique hu- comme la Croix-Rouge. mise en place. Les défauts ou imprécisions dans communication déterminant.
manitaire en liaison avec les services du ministère, nos Le Quart-veille  son organisation peuvent compromettre son effica-
ambassades et les différents partenaires : ONG, bailleurs Pour les journalistes, l’activation d’une cellule de
cité et même la rendre inutile voire contreproduc- crise donne une échelle à l’évènement en témoi-
de fonds, Commission européenne (direction générale Point d’entrée privilégié du Centre de crise, le Quart-
tive, constituant un facteur aggravant de la crise. gnant de l’ampleur de la situation. Juste après
ECHO), agences des Nations unies, Croix-Rouge… veille assure la permanence 24h/24 du Quai d’Orsay.
Il est le contact permanent des postes diplomatiques et le terrain, la cellule de crise est à la fois le lieu où
La cellule de crise  Les spécificités matérielles et managériales identi- gravite l’information mais également celui où
consulaires, des centres de crise des différentes admi-
L’activation d’une cellule de crise constitue l’élément nistrations françaises et étrangères, des entreprises, des fiées sont inhérentes d’une part à la prise de déci- s’incarne la réponse à la catastrophe. Une intense
clé du dispositif de réponse du ministère des Affaires ONG, et du public, et réalise un bulletin d’actualités quo- sion en situation d’urgence et de contrainte, d’autre pression est ainsi exercée sur les décideurs pour
étrangères à tout événement majeur survenant à l’étran- tidien. obtenir des images de ces lieux souvent en ébulli-
part aux impératifs de l’approche collective du tra- tion, réunissant de multiples acteurs accrochés à
ger, où la sécurité de nos ressortissants est menacée ou
Coordination interministérielle  vail en équipe. leurs téléphones et rivés sur des écrans affichant
dès lors que des populations civiles se trouvent en diffi-
culté. Équipée des technologies de dernière génération Dans le cadre de sa mission de coordination intermi- des données complexes.
(systèmes de communications cryptées, vidéoconfé- nistérielle, le Centre de crise s’appuie sur le réseau des Les points critiques de cette organisation portent
Les dirigeants, souvent frileux à l’idée de laisser
rences, murs d’images, etc.), cette structure peut être ambassades et des consulats à l’étranger, ainsi que sur sur la qualité et la formalisation des échanges d’in-
pénétrer des acteurs extérieurs, et tout particu-
activée dans des délais très brefs. un vaste réseau de partenaires : formations et de la communication entre acteurs lièrement des journalistes, accordent rarement
• le réseau gouvernemental qui fédère et regroupe cer- mais aussi sur la prise en compte des facteurs hu- les droits de prise d’image. Cette réaction se
Elle assure une liaison permanente avec le cabinet du tains services du Premier ministre (SGDSN, Délégué
mains dans leurs dimensions individuelles et col- comprend en raison des données sensibles qui
ministre, le secrétaire général, les directeurs, les ambas- interministériel à la lutte contre la grippe aviaire…) et
lectives. Ils seront déterminants dans toutes les ac- circulent au sein de la cellule. Toutefois les crises
sades concernées et, le cas échéant, les équipes déployées les autres administrations centrales.
tivités de la cellule de crise en termes d’implication, nuisent à l’image des organismes privés et mettent
sur le terrain. Elle intègre dans son dispositif les agents • le réseau des centres opérationnels ministériels (CPCO,
en péril la légitimité des institutions publiques.
du Centre, qui peuvent être renforcés par des diplomates Cellule Interministérielle de Crise...). de réactivité, de stabilité émotionnelle et cognitive,
Toute stratégie de communication de crise vise
d’autres services, et, si besoin est, par des partenaires Gestion des situations d’urgence  et de jugement. ainsi à rassurer en témoignant de la capacité des
extérieurs.
organismes à faire face aux évènements. Dans le
Ce centre névralgique répond en temps réel à des situa- Cette unité est chargée d’animer la cellule de crise et de
Ils constituent autant d’items à appréhender fine- concept même de cellule de crise, réside un sym-
tions complexes de toute nature qui peuvent nécessiter, partir à tout moment en mission de soutien et d’encadre-
ment dès la préparation, au cours des exercices ou bole explicite de cette mobilisation.
par exemple, l’affrètement d’avions gros porteurs, l’en- ment.
voi d’équipes pluridisciplinaires et interministérielles sur L’unité apporte en outre un soutien aux ambassades et entrainements et lors de situations de crise réelles La cellule de crise est en effet emblématique pour
des théâtres d’opérations dans des environnements sécu- aux consulats dans leur préparation en amont de la ges- pour optimiser le fonctionnement en cellule de l’opinion. Le grand public garde à l’esprit les centres
ritaires dégradés, l’organisation d’opérations massives tion de crises auxquelles ils pourraient être confrontés, crise. opérationnels mis en scène dans les productions hol-
d’évacuation, ou encore le traitement de situations indi- en organisant des « missions interministérielles d’audit lywoodiennes, réunissant les « héros » s’organisant
viduelles particulièrement douloureuses (prises d’otages, sur les procédures de gestion de crise à l’étranger », et en pour affronter l’ennemi (souvent présentant une
En effet, au-delà de la réalisation des objectifs
accidents collectifs, attentats terroristes, catastrophes animant des exercices de gestion de crise sur des scéna- menace planétaire). Cette allégorie certes exagérée,
naturelles, etc.) rios inspirés par les particularités de la situation locale. « techniques » dévolus aux membres de la cellule
reflète la représentation que se font les populations
de crise, la lecture des dysfonctionnements organi- de telles instances. C’est pourquoi elles sont un argu-
La cellule de réponse au public  Affaires individuelles 
sationnels doit être une obligation avant et pendant ment de poids prouvant l’action effective des déci-
Dès qu’une crise importante survient, le CDC met en Chaque année, en moyenne, 750 décès de Français à l’urgence afin d’éviter qu’une crise n’émerge dans la deurs.
place un numéro vert à disposition du grand public. À l’étranger sont signalés au Centre de crise par les consu- cellule de crise.
titre d’exemple : lats, et en 2008, 59 compatriotes ont été pris en otage et
•T  sunami, fin 2004 : 125 000 appels téléphoniques. 20 ont disparu dans des circonstances inquiétantes. Une
Nacéra AMRAOUI,
•L  e conflit au Liban en 2006 a suscité 27 500 appels en unité spécifique est chargée de la gestion de ces « affaires
chargée de mission au sein
provenance du monde entier. individuelles » qui comportent une forte charge émotion-
du Département Risques et Crises
• 6 500 appels sur une durée de 10 jours, en 2008, pour nelle et font souvent l’objet d’une couverture médiatique
les attentats de Bombay. importante.
•P  lus de 13 000 appels pour la grippe de type A/H1N1.

( ...)
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dossier thématique suite...

Il est essentiel cependant de rappeler que la


Le Centre de crise sanitaire Ce niveau se caractérise par l’activation d’une cel-
lule de gestion de crise opérationnelle 7 jours / 7. mise en place et /ou l’activation d’une cellule de
crise, ne constitue pas des solutions miracle qui
Le CCS se compose des cellules suivantes :
Dans le domaine de la santé publique, la situation Afin de permettre une montée en puissance réactive, le dédouaneraient la structure, lui assureraient la
de crise reste une préoccupation majeure des acteurs DUS dispose d’une organisation définie selon des pos- • Cellule situation – opérations : cette salle sortie de crise et la protégeraient de tout reproche
impliqués. Face à ces crises pouvant être d’origine épi- tures opérationnelles en 3 niveaux : de crise assure le suivi permanent de la situation ultérieur.
démique, environnementale voire anthropique, le mi- nationale, la conduite opérationnelle des mesures
2.2- Le Centre de Crise Sanitaire (CCS)Niveau 1 : CORRUSS – veille opérationnelle.
nistère chargé de la santé se doit d’être en capacité de arrêtées, les synthèses particulières (moyens enga- Une cellule de crise n’est qu’un moyen et non
remplir ses missions de protection des populations et de Niveau 2 : CORRUSS renforcé. gés…) ;
une finalité, outil précieux, composite, multi sec-
prise en charge des patients ou des victimes. Niveau 3 : Centre de crise sanitaire (CCS). •Cellule anticipation : cette cellule est composée
de spécialistes et d’experts en charge de fournir des toriel et pluridisciplinaire offert aux acteurs et
De plus, l’implication du secteur sanitaire dans la ges- Sur la base des expériences passées, la direction géné- éléments d’appréciation de situ ation et d’anticipa- aux décideurs pour créer et favoriser le travail
tion des situations d’urgence sanitaire ou de crise est rale de la santé (en lien avec la direction des affaires tion sur les évènements ; collaboratif : elle reste leur plus précieux atout
croissante. Aussi la culture de gestion de crise s’est-elle financières, informatiques, immobilières et des services • Cellule de communication : cette cellule met pour faire face à la crise.
instaurée au sein des directions du ministère chargé de du ministère) s’est engagée dans la création d’une struc- en œuvre la stratégie de communication, gère les
la santé. ture opérationnelle et pérenne relations médias et assure une veille médiatique
dédiée à la veille opérationnelle et permanente ;
Cette évolution permet au minis- à la gestion de crise. • Cellule de décision : cette cellule est présidée
tère d’être en capacité de réponse par le ministre de la santé, son représentant, ou le
La réflexion menée durant plu-
face aux crises sanitaires ou à im- directeur général de la santé. Elle a en charge la
sieurs mois était basée sur ces
pact sanitaire. Dans ce contexte, conduite stratégique de la crise sur la base d’une Carole DAUTUN
trois impératifs :
la gestion des crises, surtout si appréciation de la situation et des recommanda- adjointe au chef
elle s’inscrit dans la durée, néces- •Permettre une montée en charge tions soumises par l’aide à la décision apportée par du Département Risques et Crises
site une organisation ainsi qu’une rapide et graduée selon les évè- les autres cellules.
structure opérationnelle adaptée. nements à gérer, Dr Brigitte LACROIX
•Disposer d’une unicité spatiale, L’organisation du centre de crise prévoit enfin chargée de mission "santé " 
• Avoir une parfaite interopérabi-
Le département des urgences sani- © Ministère de la Santé , Centre de crise sanitaire, 2012 d’être en lien permanent avec la Cellule Interminis- au sein du Département Risques et Crises
taires (DUS) de la direction géné- lité entre les fonctions du centre de térielle de Crise (CIC) ainsi que les autres centres
rale de la santé constitue l’outil majeur pour le ministère crise. opérationnels ministériels. Il est en contact avec les
chargé de la santé dans la préparation et la gestion des structures dédiées des instituts, établissements et
crises sanitaires ou à impact sanitaire (décret n° 2012- Les travaux engagés ont permis au ministère de dispo- agences sanitaires placés sous la tutelle du minis-
1143 du 10 octobre 2012 portant organisation de la di- ser d’un plateau technique sécurisé de 325 m2.. Il permet tère de la santé (InVS, ANSM, etc.). Au niveau ter-
rection générale de la santé). d’accueillir une quarantaine de personnes qui viennent ritorial, ce centre de crise constitue l’interlocuteur
renforcer la structure de gestion de crise selon la problé- direct des centres de crise mis en place dans les ARS
Composé d’une trentaine d’agents, ce département matique et les besoins identifiés (représentants ministé- et ARS de zone, d’une part pour centraliser et ana-
constitue le pôle défense et sécurité sanitaire du Haut riels de la direction générale de la santé, direction géné- lyser les remontées d’informations concernant les
fonctionnaire de défense et de sécurité (HFDS) du minis- rale de l’organisation des soins, direction général de la éléments de situation du terrain et d’autre part pour
tère et est placé directement sous l’autorité du directeur cohésion sociale, autres directions, agences sanitaires leur venir en appui dans la gestion de l’évènement.
général de la santé. etc.).

Doté du Centre Opérationnel de Réception et de Régu- Il est équipé de systèmes technologiques permettant de Olivier BRAHIC
lation des Urgences Sanitaires et Sociales (CORRUSS), couvrir les besoins d’un centre opérationnel, à savoir : Chef du CORRUSS
il constitue le point d’entrée des signalements et alertes visualisation de la situation, partage des informa- Département des urgences sanitaires
provenant des organismes internationaux (dont l’Orga- tions, transmissions sécurisées, visioconférences, murs Direction générale de la santé
nisation Mondiale de la Santé et la Commission Euro- d’écrans etc.
Réunion au centre de crise lors du conflit à Madagascar 2009,
péenne), des ministères ainsi que au niveau territorial, © MAE / A. Arraou
des Agences Régionales de Santé (ARS). L’activation du Centre de Crise Sanitaire constitue l’élé-
ment clé du dispositif de réponse de la DGS à une crise
Il assure 7 jours sur 7 le recueil et l’analyse des signale- sanitaire ou à impact sanitaire. Ses missions sont les sui-
ments internationaux ou nationaux dans le respect des vantes :
compétences des agences sanitaires. •Pilotage des actions du secteur sanitaire,
• Suivi et coordination de la gestion de crise en relation Ce dossier ne serait être complet sans une plongée au cœur de ces cellules. Nous vous proposerons
avec les ARS, dans la LIREC de mars, des réflexions sur les comportements humains en cellule de crise et les para-
•Projection de moyens humains ou logistiques,
mètres sous-tendant un processus de décision optimal.
•Organisation et suivi du dispositif «santé».
Vous retrouverez également dans ce prochain numéro, la présentation de trois nouveaux centres de crise.
Merci de relayer l’info : Evitez de circuler à l’extérieur. Nous devons laisser les rues dégagées pour les véhicules de secours.
18 © INHESJ - LA LIREC - décembre 2012 © INHESJ - LA LIREC - décembre 2012 19
C’est pourquoi ce format n’est pas à privilégier pour transmettre des informations détaillées et/ou
complexes qui suscitent des interrogations. Il apparait de ce fait préférable que cette catégorie
d’informations soit annoncée puis explicitée lors de conférences de presse ou d’interviews. Les

Actualité internationale supports traditionnels sont ainsi plus adéquats pour transmettre une information globalisée autour des
dispositifs de secours, des stratégies opérationnelles ou encore des risques auxquels s’exposent les
populations.

réussi à ajuster de façon adéquate, les contenus En revanche, ce qui fait la force des médias sociaux c’est l’absence d’intermédiaire entre l’émetteur et

«
le récepteur. La stratégie de communication sur les réseaux sociaux doit ainsi surtout s’inscrire dans
des messages aux spécificités des supports. Cela une démarche de transmission des consignes aux populations ou d’apport d’éléments concrets de
réponse (les points de distribution d’eau, les routes coupées, etc.)
Communication publique de crise explique le succès de la communication numé-
rique institutionnelle lors du passage de l’ouragan
sur les réseaux sociaux : Sandy. En effet, Dans un tel univers, la stratégie de
l’exemple de l’ouragan Sandy communication doit faire le tri entre les données
diffusables sur les réseaux sociaux, et tout particu- Svp notez : N’utiliser pas Twitter pour faire appel aux secours. Appelez le 911. Si ce n’est pas une urgence, merci d’appeler
lièrement Twitter, et celles dont la diffusion sur ce le 311.

type de relais pourrait être contreproductive. Svp notez : N’utiliser pas Twitter pour
Entre le 22 et le 29 octobre 2012, l’ouragan Sandy a provoqué au moins 210 morts selon les dernières faire appel aux secours. Appelez le 911.
estimations. Il a touché la Jamaïque, Cuba, Haïti, la République Dominicaine, les Bahamas et les Ber-
Si ce n’est pas une urgence,
Les ingrédients d’une bonne
«
mudes ; il a ensuite poursuivi sa route et frappé la côte Est des Etats-Unis le 29 octobre. Les vents violents
et les pluies diluviennes qui se sont abattus sur sept Etats américains ont occasionnés des inondations merci d’appeler le 311.
majeures. On recense 131 morts et près de 50 milliards de dollars de dégâts matériels après le passage de communication de crise digitale
l’ouragan sur le territoire américain.
Le format imposé par les médias sociaux (limité à

«
Pour les personnes impactées par #Sandy. Vous pouvez vous enregistrer sur disasterassistance.gov ou en appelant le 1-800-
Pour plus d’informations sur l’impact de l’ouragan voir la Google crisis map : 621-FEMA.
140 caractères pour Twitter…)
sociaux, et tout particulièrement exige
Twitter, et celles dont l’usage decefor-
la diffusion sur type de relais pourrait être
http://google.org/crisismap/sandy-2012 contreproductive.
mules raccourcies et de termes précis.

«
Les ingrédients d’une bonne communication de crise digitale

Le format imposé par les médias sociaux (limité à 140 caractères pour Twitter…) exige l’usage de

Une tendance confirmée lors de


formules raccourcies et de termes précis.
(plus de 10 photos par seconde postées sur la plate-
l’ouragan Sandy forme Instagram lors du passage de l’ouragan), des
milliers de vidéos postées sur Youtube… Twitter, Un véhicule de secours de la #Croix-Rouge distribue des repas chauds au Liberty Park Pool de Jersey City.

Internet est devenu aujourd'hui un vecteur d’in- est de loin le symbole de cette révolution avec près Un véhicule de secours de la #Croix-
Il s’agit d’éléments isolés répondant à un besoin concret et ponctuel d’information. La cohérence est

«
formation utilisé par les populations, lors d’une de 20 millions de tweets échangés sur l’ouragan Rouge distribue des repas chauds au
bien évidemment indispensable au sein de la stratégie globale de communication de crise, toutefois la
transmission des éléments est souple et n’impose pas de structuration dans la succession des messages
Liberty Park Pool de Jersey City.
catastrophe au même titre que la radio ou la télé- Sandy entre le 27 octobre et le 1er novembre 1». sur le fil de publication. Chaque message doit se suffire à lui-même et être compréhensible sans qu’il
nécessite d’être replacé dans un contexte spécifique autre que celui de la crise elle-même. Un message
vision. Même si les médias traditionnels s’ouvrent de transmission d’une consigne peut être suivi par un autre du même auteur, sur l’arrivée d’une

vers l’interactivité, Internet offre tout à la fois des Ce qui a changé


Merci de relayer l’info : Evitez de circuler à l’extérieur. Nous devons laisser les rues dégagées pour les véhicules de secours.
autorité dans un centre d’hébergement, par exemple, ou encore d’un appel aux dons… Toutes les
Merci de relayer l’info : Evitez de
C’est pourquoi ce format n’est pas à privilégier pour transmettre des informations détaillées et/ou
cibles (populations impactées, bénévoles, journalistes etc.) y trouvent leur compte. Les renvois vers les
outils de diffusion et de collecte d’informations circuler à l’extérieur. Nous devons Il s’agit d’éléments isolés répondant à un besoin
complexes qui suscitent des interrogations. Il apparait de ce fait préférable que cette catégorie
sites internet ou d’autres supports d’information permettent d’enrichir l’information grâce au
multimédia, pour ceux qui souhaitent par la suite en savoir plus.
très puissants, mais aussi une ouverture de ces Le fait marquant et novateur réside toutefois laisser
d’informations soit les ruespuis
annoncée dégagées pour
explicitée lors les
de conférences concretLes
de presse ou d’interviews. et ponctuel d’information. La cohérence est

«
supports traditionnels sont ainsi plus adéquats pour transmettre une information globalisée autour des
possibilités au plus grand nombre. L’internaute davantage dans l’utilisation faite des autorités véhicules de secours. bien évidemment
dispositifs de secours, des stratégies opérationnelles ou encore des risques auxquels s’exposent les indispensable au sein de la stra-
est devenu un producteur boulimique de contenus américaines de ces nouveaux médias. L’ouragan populations. tégie globale de communication de crise, toutefois
(textes, vidéos, photos…). Le centre de gravité de Sandy est la catastrophe pour laquelle les autori- la transmission des éléments est souple et n’im-
En revanche, ce qui fait la force des médias sociaux c’est l’absence d’intermédiaire entre l’émetteur et
le récepteur. La stratégie de communication sur les réseaux sociaux doit ainsi surtout s’inscrire dans
l’information se déplace des médias TV et tés publiques ont révélé leur capacité à C’est pourquoi ce format n’est pas à privilégier pose pas de structuration dans la succession des
une démarche de transmission des consignes aux populations ou d’apport d’éléments concrets de
radio vers la toile. Cela s’est confirmé bâtir une stratégie de communica- pour transmettre des informations détaillées et/ messages sur le fil de publication. Chaque message
réponse (les points de distribution d’eau, les routes coupées, etc.)

lors des hyper-catastrophes récentes L’ouragan tion de crise digitale efficace. De ou complexes qui suscitent des interrogations. Il doit se Cesuffire à lui-même
soir les températures et cette
chutent. Merci de partager être compréhensible
liste d’abris avec toutes les personnes que vous connaissez et qui
n’ont plus d’électricité.
(Fukushima, Séisme en Haïti…). Sandy la phase d’alerte à la phase post apparait de ce fait préférable que cette catégorie sans qu’il nécessite d’être replacé dans un contexte
Les atouts de cette communication
est la catastrophe catastrophe, les médias sociaux d’informations soit annoncée puis explicitée lors spécifique autre que celui de la crise elle-même. Un
Grâce aux réseaux sociaux, la communication publique en période de crise connait une nouvelle
Les outils web collaboratifs et pour laquelle les ont été reconnus comme des de conférences de presse ou d’interviews. Les sup- messageimpulsion. de transmission d’une consigne
La transmission d’une information peutsurêtre
régulière voire continue les évènements permet
d’une part, d’attester de la mobilisation effective des pouvoirs publics. D’autre part, en s’orientant sur
participatifs ont permis à de autorités publiques ont canaux d’information officiels portsSvp traditionnels
notez : N’utiliser pas Twitter sont ainsi
pour faire appel plusAppelez
aux secours. adéquats
le 911. Si ce n’estpour suivi
pas une urgence, par
merci d’appeler un autre
des messages visant à du
assistermême
la populationauteur, sur l’arrivée
plus qu’à communiquer sur les actions de l’Etat, une
le 311.
nombreux témoins d’interagir et révélé leur capacité à pour transmettre la parole pu- transmettre une information globalisée autour des d’une autorité relation de proximité s’instaure entre les citoyens et les autorités. Il ne s’agit pas encore d’une relation
dans un centre d’hébergement,
exclusive de l’Etat avec chaque citoyen, toutefois chaque message permet de cibler une catégorie
par
d’échanger sur les évènements. bâtir une stratégie de blique, au même titre que les dispositifs de secours, des stratégies opération- exemple, ou encore d’un appel aux dons… restreinte de la population qui est impactée et de répondre à des interrogations personnelles.

L’analyse post catastrophe de communication de médias traditionnels. nelles ou encore des risques auxquels s’exposent
crise digitale les populations. Toutes les cibles (populations impactées, béné-
l’ouragan Sandy est unanime sur ce
efficace. voles, journalistes etc.) y trouvent leur compte. Les
point : l’utilisation du web et notam- Rappelons que leur utilisation par
ment des réseaux sociaux confirme le les pouvoirs publics, impose une phase En revanche, ce qui fait la force des médias sociaux renvois vers les sites internet ou d’autres supports
changement radical dans le rapport qu’entre- indispensable d’apprentissage et de maî- c’est Pour
l’absence d’intermédiaire entre l’émetteur et d’information permettent d’enrichir l’information
les personnes impactées par #Sandy. Vous pouvez vous enregistrer sur disasterassistance.gov ou en appelant le 1-800-

tiennent les populations avec l’information durant trise de ces supports pour leur assurer une bonne le récepteur. La stratégie de communication 621-FEMA.
sur les grâce au multimédia, pour ceux qui souhaitent par
une catastrophe. « Les réseaux sociaux tissent les visibilité. Dans le cas contraire, une utilisation mal réseaux sociaux doit ainsi surtout s’inscrire dans la suite en savoir plus.
liens entre les communautés concernées, en offrant maitrisée viendra ajouter de la confusion à la crise. une démarche de transmission des consignes aux
des possibilités infinies aux internautes pour té- Grâce aux enseignements tirés lors de l’ouragan populations ou d’apport d’éléments concrets de
moigner des évènements : mises en ligne de photos Irène, en août 2011, les autorités américaines ont réponse (les points de distribution d’eau, les routes
coupées, etc.)
(1) Extraits de la lettre INHESJ n°25, novembre 2012 : les catastrophes à l’heure du web 2.0 : l’exemple de l’ouragan Sandy

...)
(p7).
(
20 Un véhicule de secours de la #Croix-Rouge distribue des repas chauds au Liberty Park Pool de Jersey City. © INHESJ - LA LIREC - décembre 2012 © INHESJ - LA LIREC - décembre 2012 21
Il s’agit d’éléments isolés répondant à un besoin concret et ponctuel d’information. La cohérence est
bien évidemment indispensable au sein de la stratégie globale de communication de crise, toutefois la

Actualité internationale
transmission des éléments est souple et n’impose pas de structuration dans la succession des messages
sur le fil de publication. Chaque message doit se suffire à lui-même et être compréhensible sans qu’il
nécessite d’être replacé dans un contexte spécifique autre que celui de la crise elle-même. Un message
formations
de transmission d’une consigne peut être suivi par un autre du même auteur, sur l’arrivée d’une
autorité dans un centre d’hébergement, par exemple, ou encore d’un appel aux dons… Toutes les

«
cibles (populations impactées, bénévoles, journalistes etc.) y trouvent leur compte. Les renvois vers les
sites internet ou d’autres supports d’information permettent d’enrichir l’information grâce au
multimédia, pour ceux qui souhaitent par la suite en savoir plus.

Autre atout, les fils Twitter des autorités disposent


d’une forte crédibilité, ce qui permet une plus
grande efficacité pour répondre aux rumeurs et à la Premier ministre
Session de formation et d’entraînement
désinformation qui circulent continuellement sur
le net.
Photo du 01/11 : Un camion-citerne distribue de l’eau à Hudson County, pour les habitants qui n’auraient pas d’autre accès
à l’eau potable.
institut national
des hautes études
de la sécurité et de la justice
à la « Gestion des Cyber Crises » 

«
Autre atout, les fils Twitter des autorités disposent d’une forte crédibilité, ce qui permet une plus pour dirigeants et cadres de haut niveau  
grande efficacité pour répondre aux rumeurs et à la désinformation qui circulent continuellement sur le
Ce soir les températures chutent. Merci de partager cette liste d’abris avec toutes les personnes que vous connaissez et qui net.
Ce soir les températures chutent.
n’ont plus d’électricité.

Merci de partager cette liste d’abris


Les atouts de cette communication
avec toutes les personnes que vous Le risque pour un Opérateur d’Importance Vitale et ses sous-traitants d’être victime d’une cyber attaque est devenu
Grâce aux réseaux sociaux, la communication publique en période de crise connait une nouvelle extrême.

«
connaissez
impulsion. La transmission et régulière voire continue sur les évènements permet
d’une information
qui n’ont
d’une part, d’attester plus d’électricité.
de la mobilisation effective des pouvoirs publics. D’autre part, en s’orientant sur Thales Communications & Sécurité, leader dans les domaines de la cyber sécurité et de la cyber défense, inter-
des messages visant à assister la population plus qu’à communiquer sur les actions de l’Etat, une
relation de proximité s’instaure entre les citoyens et les autorités. Il ne s’agit pas encore d’une relation
vient sur le terrain pour protéger les OIV et les aider à lutter contre la cyber menace.
exclusive de l’Etat avec chaque citoyen, toutefois chaque message permet de cibler une catégorie
L’Institut National des Hautes Etudes de la Sécurité et de la Justice forme les cadres de haut niveau, du sec-
Les atouts de cette communication
restreinte de la population qui est impactée et de répondre à des interrogations personnelles. Contrôle des rumeurs : la FEMA n’embauche pas d’équipes de nettoyage à #NY ou #NJ. Visitez : fema.gov/sandy
teur public et des entreprises à gérer les crises de Sécurité Nationale en lien avec les services de l’Etat.
Contrôle des rumeurs : la FEMA
Les réseaux sociaux ont ainsi de nombreux avantages mais ne sont pas adaptés à la diffusion de toutes

Grâce aux réseaux sociaux, la communication n’embauche pas d’équipes de nettoyage


les informations relatives à la crise. Ils doivent nécessairement s’insérer dans une stratégie de

«
communication globale alliant médias traditionnels et web 2.0.
à #NY ou #NJ. > Se préparer aux cyber crises
publique en période de crise connait une nou-
Visitez :
Parmi les plus fema.gov/sandy
actifs, les fils Twitter du maire de New York, Michael Bloomberg et de la FEMA
velle impulsion. La transmission d’une informa- (Agence fédérale en charge de la gestion des urgences) ont su répondre aux questions soulevées par les Les plus récentes études montrent que seul 30% > Modes d’attaque.
tion régulière voire continue sur les évène-
citoyens sur le réseau de micro-blogging (= quote block)
des dirigeants ont une véritable politique à l’égard et risques encourus
de la cyber menace alors même que la surve-
ments permet d’une part, d’attester de Les réseaux sociaux ont ainsi de nance d’une cyber-crise provoquerait des consé- •Espionnage et exfiltration de données stratégiques
la mobilisation effective des pouvoirs Parmi nombreux avantages mais ne sont quences graves pour la vie de l’entreprise. entraînant des pertes économiques
publics. D’autre part, en s’orien- les plus ac- pas adaptés à la diffusion de toutes •Extraction et divulgation de données à des fins
tant sur des messages visant à tifs, les fils Twitter les informations relatives à la d’atteinte à la réputation
assister la population plus qu’à du maire de New York, crise. Ils doivent nécessairement > Une offre unique pour un client •Corruption d’intégrité des données générant une crise
Michael Bloomberg et de unique d’exploitation
communiquer sur les actions de s’insérer dans une stratégie de
la FEMA ont su répondre •Attaque de systèmes industriels provoquant des
l’Etat, une relation de proximité communication globale alliant 1- Mêlant formations, préparation collective d’un pannes ou des accidents technologiques
aux questions soulevées
s’instaure entre les citoyens et les médias traditionnels et web 2.0. exercice, sa conduite et son analyse, la Session
par les citoyens sur le « Gestion des Cyber Crises » permet aux déci-
•Mise en place de botnets amenant à des mises en
autorités. Il ne s’agit pas encore réseau de micro- cause judiciaires
sionnaires et cadres d’une même organisation
d’une relation exclusive de l’Etat blogging. de découvrir une menace nouvelle à laquelle ils •Actions de déstabilisation visant des entités opération-
avec chaque citoyen, toutefois chaque doivent désormais faire face. nelles et/ou de direction...
message permet de cibler une catégorie Nacéra AMRAOUI, 2- Les services de l’Etat susceptibles d’intervenir
restreinte de la population qui est impactée et en cas de cyber crise participent à l’exercice dans
chargée de mission au sein
lequel ils jouent leur propre rôle.
de répondre à des interrogations personnelles. du Département Risques et Crises > Dates & Condition
3- La session permet ainsi à l’institution cliente de
nouer un véritable contact avec ces services et La première session aura lieu au premier semestre

«
d’établir avec eux un dialogue collaboratif autour 2013, pour une participation de 9 jours répartis entre
des questions de prévention, protection, surveil- mars et juin.
lance, réponse, rétablissement et action judiciaire Une convention de formation est mise en place ainsi
liées aux cyber attaques. qu’un protocole de confidentialité.
Le nombre de participants est limité à 10 personnes.

> Mesurez le degré de préparation


de vos équipes
Photo du 01/11 : Un camion-citerne distribue de l’eau à Hudson County, pour les habitants qui n’auraient pas d’autre accès La session « Gestion des Cyber Crises » vous
Photo du 01/11 : Un camion-citerne
à l’eau potable. conduira à élaborer et à tester un scénario de > Contact & Renseignements :
Autredistribue de l’eau
atout, les fils Twitter à Hudson
des autorités disposent County,
d’une forte crédibilité, ce qui permet une plus cyber crise avec vos équipes. Vous jouerez le

«
pour
grande les pour
efficacité habitants
répondre auxqui n’auraient
rumeurs pasqui circulent continuellement sur le
et à la désinformation niveau stratégique de la conduite de crise et Thales Communications & Security :
net.
d’autre accès à l’eau potable. pourrez observer le degré de préparation de vos paul.theron@thalesgroup.com
équipes.
INHESJ Département Risques et crises :
L’équipe INHESJ – Thales garantit la confidentia- carole.dautun@inhesj.com
lité de l’exercice, des documents et des discussions
qui auront lieu dans le cadre sécurisé de l’Ecole
Militaire.

Contrôle des rumeurs : la FEMA n’embauche pas d’équipes de nettoyage à #NY ou #NJ. Visitez : fema.gov/sandy

Les réseaux sociaux ont ainsi de nombreux avantages mais ne sont pas adaptés à la diffusion de toutes
les informations relatives à la crise. Ils doivent nécessairement s’insérer dans une stratégie de
22 © INHESJ - LA LIREC - décembre 2012 © INHESJ - LA LIREC - décembre 2012 23

retour sur...
ait un sens. En effet, les communications radio L'auteur en déduit l'importance du dialogue et de la
organisent le partage des informations entre les communication, mais aussi la nécessité de favori-
Les enseignements de l'accident de Ténérife, différents acteurs, ce qui contribue à construire ser les compétences relationnelles ainsi qu'une cer-
une représentation commune de l’environne- taine diversité au sein des équipes, afin de faire face
selon l’analyse de Karl E. Weick.

«
ment dans lequel ils évoluent. au mieux à ce type de situation et
Or, le son est mauvais et le com- les acteurs semblent avoir de permettre la «  construction
mandant attendait avec impa- formulé des hypothèses erro- du sens » par l’ensemble des ac-
Dans l’article intitulé « The Vulnerable System : lision, ont entraîné des interférences dans le cock-
tience l’autorisation de décol- nées face à la situation dans teurs ; car si le processus de fabri-
An Analysis of the Tenerife Air Disaster », publié en pit du KLM, rendant les messages peu audibles et laquelle ils agissaient, en don-
ler : lorsque la tour de contrôle cation du sens se déroule au ni-
1 990 dans le Journal of Management (Vol.16), Karl incomplets. De plus, Karl Weick met en évidence nant à la situation un sens

«
lui répond « Okay, stand-by for inadapté. veau individuel, il est avant tout
E. Weick, universitaire américain et professeur à l'impossibilité dans laquelle se sont trouvés le
takeoff, I will call you » (Ok, at- un processus collectif qui s’ins-
l'Université du Michigan, analyse le cas de l’acci- co-pilote et l'ingénieur de bord, de s'opposer à la
tendez pour le décollage, je vous crit au sein d’une organisation.
dent aérien le plus meurtrier de l'histoire décision du commandant de décoller, alors
rappellerai), il a sans doute inconsciemment
de l'aviation civile, qui eut lieu le 27 mars qu'ils n'avaient pas encore reçu l'autori-
déformé cette réponse en : « Okay, takeoff » (Ok, Suite à ce drame, un certain nombre de recomman-
1 977 sur le tarmac de l'aéroport de Los L’accident sation de la tour de contrôle.
décollage). dations seront faites par les autorités aériennes
Rodeos, à Ténérife. aérien le
plus meurtrier internationales, afin de mettre en place des pro-
En analysant les échanges entre les
de l'histoire de • Les situations de crise favorisent l’affirmation cédures comprenant un contrôle mutuel formalisé
Ce jour-là, les vols KLM 4 805 et Pan équipages des deux avions et les
l'aviation civile eut plus forte de la hiérarchie. entre pilote et copilote, une répétition systéma-
Am 1 736, deux Boeing 747 venant contrôleurs, Weick met aussi en avant
lieu le 27 mars Pourtant, une structure trop hiérarchique, peut avoir tique des ordres entendus par les pilotes à la tour
respectivement d’Amsterdam et de le fait que les acteurs semblent avoir
1 977 des conséquences néfastes en termes de communi- de contrôle, ainsi qu’une modification du vocabu-
Los Angeles et faisant route vers Las formulé des hypothèses erronées face à
cation. En effet, le commandant de bord du KLM laire employé dans la communication afin d’éviter
Palmas aux Canaries, sont détournés vers la situation dans laquelle ils agissaient, en
est bien plus gradé que le co-pilote et l'ingénieur de les quiproquos.
l’aéroport régional de Ténérife, leur aéroport donnant à la situation un sens inadapté.
vol (il est en charge de la formation des pilotes de
de destination étant temporairement fermé pour
KLM et, à ce titre, est un membre du top manage- Cette catastrophe, comme celle de l’usine
cause d’alerte à la bombe. L'aéroport régional est Selon l'auteur, plusieurs facteurs peuvent favoriser
ment). Les interactions ne se font pas d'égal à égal, chimique de Bhopal 1 en 1984, ou encore celle de
rapidement saturé et le taxiway ne peut donc pas ce phénomène :
mais s’inscrivent au contraire dans une hiérarchie l’installation nucléaire de Three Mile Island 2 en
être utilisé sur toute sa longueur, obligeant les ap-
forte : il est alors compliqué de remettre en cause 1 979, est le résultat de petits évènements séparés
pareils à remonter la piste. • Un environnement très stressant entraîne des
l’hypothèse erronée, formulée par un supérieur. qui se sont aggravés et dont les conséquences com-
comportements régressifs, détériore la qua-
Ainsi, lorsque l'ingénieur de vol entend le Pan Am binées provoquent, à terme, une situation de crise.
Après plusieurs heures d’attente, Las Palmas lité des échanges et focalise l'attention sur ce
annoncer à la tour de contrôle : En effet, tous les symptômes étaient présents : l’in-
rouvre : les deux avions commencent alors à ma- qui semble être la cause immédiate du stress.
- « Okay, we'll report when we're clear » (Reçu, certitude, le stress, la désorganisation, l’urgence,
nœuvrer pour décoller de Ténérife. Alors qu'un En effet, l'alerte à la bombe, la présence d’un
on vous rappellera une fois la piste libérée) ; il les conditions dégradées et les problèmes de com-
épais brouillard s'est installé au-dessus de l'aéro- épais brouillard qui empêche les acteurs d’avoir
demande au commandant : - « Did he not clear the munication.
port, réduisant fortement la visibilité, le Boeing une représentation visuelle de la situation, les
runway then, that Pan Am ? » (Est-ce que le Pan Ces exemples illustrent bien le fait que le processus
de KLM doit effectuer un demi-tour au bout de la interférences des communications radio, les dif-
Am a bien libéré la piste ?). Le commandant de d’émergence d’une situation de crise est le résul-
piste pour se mettre en position de décollage. Il est ficultés à manœuvrer sur une piste non adaptée
bord lui ré­pond alors agacé : - « Yes ! » (Mais oui !). tat de l’accumulation de défaillances organisation-
suivi par le Pan Am qui, à la demande de la tour de aux Boeing, mais aussi l'impatience des pilotes
nelles et/ou techniques au sein des organisations.
contrôle, doit prendre la 3 voie de service, mais
ème
qui ont un retard à rattraper, ou encore la vulné-
Sans doute influencés par son prestige et ne le
qui du fait de l’angle fort de la bretelle, du balisage rabilité des contrôleurs en sous-effectifs, face à
croyant pas capable d'une telle erreur, le co-pilote
lumineux hors service et d’un problème de com- un événement inédit, sont autant de facteurs de
et l'ingénieur n'ont pas osé le contredire. Joseph BALLU,
munication, ne l’emprunte finalement pas. stress accentuant la confusion dans une situation chargé de mission au sein
déjà complexe. du Département Risques et Crises
Pour Weick, cet accident est « le prototype de la
À 17h06, malgré le brouillard, le Boeing de KLM
vulnérabilité d'un système ». Selon lui, c'est
entame son décollage sans attendre l'autorisation • La construction du sens, processus par lequel
l'addition de nombreuses petites erreurs et incom-
des contrôleurs aériens et entre en collision avec chaque individu essaie de construire sa « réa-
préhensions, qui dans une situation complexe et
le Pan Am qui se trouve toujours sur la piste : 583 lité », sa propre représentation de la situation,
stressante, a engendré une catastrophe majeure.
passagers et personnels navigants des deux avions peut être altérée par des attentes trop pressantes.
trouvent alors la mort. Lorsqu’un individu a des attentes spécifiques, il
aura tendance à déformer les indices qu’il perçoit
Le rapport d'expertise prouve que des communica- pour les faire rentrer dans le schéma attendu.
tions simultanées de l'équipage de la Pan Am et de Dans ce cas précis, le commandant de bord du (1) À Bhopal, dans la nuit du 2 au 3 décembre 1984, une explosion dans une usine Union Carbide de pesticides dégage 40
tonnes d’isocyanate de méthyle (MIC) dans l’atmosphère de la ville, tuant entre 3 500 et 25 000 personnes selon les estima-
la tour de contrôle, quelques secondes avant la col- KLM s’attend à ce que le message des contrôleurs tions.
(2) L’accident nucléaire de Three Mile Island (TMI) se produisit en Mars 1979 à Harrisburg en Pennsylvanie. Il constitua un
des événements les plus graves de l’histoire de l’industrie nucléaire américaine.
24 © INHESJ - LA LIREC - décembre 2012 © INHESJ - LA LIREC - décembre 2012 25

agenda
Du 4 au 7 Mercredi 12 Mardi 18 Du 9 au 11 Du 23 au 24 Du 28 au 30
décembre 2012 décembre 2012 décembre 2012 janvier 2013 janvier 2013 avril 2013
Paris, Porte de Versailles - à 9h00 à 18h30 Pékin, Chine, À Tsinghua New-York, Etats-Unis. St. Louis, Missouri , Hyatt
Pavillon 7.2 et 7.3 University. Regency St. Louis at the Arch
Paris IVème, Palais du Paris - Salle de conférence de
Luxembourg (Salon Gaston l’Hôtel de Ville de Paris (5 rue
Extreme Weather
Expoprotection 2012 Monnerville) de Lobau – Paris IVème)
Conférence Insurance Risk 2013 PCS
Internationale IRGC Management Catastrophe
« Le salon de la prévention et 11e journée d'étude Conférence sur le (International Risk Conference
de la gestion des risques »
de l'Observatoire continuum sécurité- Congress 2013
Governance Council)
Pour plus d’informations : SMACL des risques défense  Pour en savoir plus : Pour en savoir plus :
www.expoprotection.com de la vie territoriale From Crisis Management to www.extreme-weather-risk- www.iso.com/Conferences
avec le Général d’armée (2S) Risk Governance management.com
WATIN-AUGOUARD (direc-
« Collectivités territoriales et
teur du centre de recherche de
catastrophes naturelles » Pour en savoir plus :
l’école des officiers la gendar-
www.irgc.org/wp-content
6 décembre Pour plus d’informations :
merie nationale).
Du 28 au 29 Du 19 au 23 mai
2012 www.smacl.com janvier 2013 2013
Inscriptions obligatoires Du 15 au 17
Paris, OCDE - 2, rue André- avant le 17 décembre Grand Palais, Lille. Geneva, Switzerland
Pascal, 75016 Paris. odette.christienne@paris.fr janvier 2013
tel : 01 42 76 69 04 Washington, DC,
5e Forum The Fourth Session
Colloque annuel 17 décembre Ronald Reagan Building &
of the Global
International Trade Center international de la
du CDSE (Club 2012 Platform for Disaster
Cybersécurité
des directeurs Italie, Centre des congrès de 13th National Risk Reduction
de sécurité des Courmayeur Vallée d'Aoste, Du 8 au 10 Conference on Réservée aux professionnels,
entreprises) janvier 2013 Science, Policy and cette édition 2013 du Fic met
Risque avalanche : New Orleans, LA
l’accent sur le renforcement
the Environment des liens entre les acteurs pu- Pour en savoir plus :
« Les entreprises et l'Etat face séminaire Morial Convention Center blics et privés. www.preventionweb.net/
aux cybermenaces », en parte- New Orleans Ernest N. Disasters and Environment :
nariat avec Europol. transfrontalier Science, Preparedness, and Re-
globalplatform
Contact : Ms. Elena Dokhlik -
silience Pour en savoir plus :
Tel: +41 22 91 78861
Cinq conférences sont pré- « Politiques et interventions International fic2013.com/fr
e-mail : globalplatform@un.org
vues. Elles porteront sur les de prévention et de gestion du Disaster Conference Pour en savoir plus :
cybermenaces contre les entre- risque d’avalanche » www.environmentaldisasters.net
prises, sur les réponses insti-
& Expo
tutionnelles et les solutions de Pour plus d’informations :
partenariat public-privé, sur la www.fondazionemontagnasicura. Pour en savoir plus :
cyber légitime défense, sur la org www.
fonction sécurité face aux cy- internationaldisasterconference.
bermenaces et sur les cultures com
numériques.

Pour plus d’informations :


www.cdse.fr
Premier ministre

institut national
des hautes études
de la sécurité et de la justice

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lirec@inhesj.fr

INHESJ – Département Risques et Crises

Chef du département : Guillaume DEDEREN


Rédacteur : Joseph ballu

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