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RACCORDEMENTS ET MESURES SUR LES

CHAPITRE V :
SYSTEMES A FIBRES OPTIQUES

L’exploitation et la maintenance d’un système à fibres optiques nécessitent des


mesures appropriées :
- mesure du taux d’erreur sur les bits ;
- analyse spectrale des signaux aux points de test ;
- détection des défauts par réflectométrie ;
- mesures de puissances ;
- mesures de longueurs d’ondes ;
- test de continuité.
V-1. MESURE DU TAUX D’ERREUR SUR LES BITS (TEB)
L’appareil utilisé est un analyseur de liaison numérique. Cette mesure n’est
possible que si le signal numérique a été représenté dans un code détecteur d’erreurs
(CMI, HDB3,) (code ligne). Dès que l’analyseur constate une violation des règles du
code, il déduit qu’il y a erreur. Il arrive ainsi à comptabiliser toutes les erreurs
survenues sur une liaison pendant une durée déterminée.
Sur une liaison optique, les TEB admissibles sont de l’ordre de 10 -9, en fonction
des exigences en matière de QoS imposées par l’opérateur.
V-2. ANALYSE SPECTRALE DES SIGNAUX
C’est une mesure qui permet de visualiser la répartition spectrale des signaux
circulant dans une fibre. Elle permet aussi de mesurer le rapport signal sur bruit à la
sortie d’un émetteur, d’un amplificateur, ou en tout autre point de la liaison optique.
L’appareil utilisé est l’analyseur de spectre optique qui balaie de manière
périodique la bande optique définie et mesure pour chaque longueur d’onde la
puissance correspondante. Un écran affiche la puissance en fonction de la longueur
d’onde.

V-3. DETECTION DES DEFAUTS PAR REFLECTOMETRIE


Elle consiste à :
- déterminer l’état d’une fibre optique et localiser les défauts éventuels ;
- quantifier les pertes introduites par une épissure ;
- localiser une coupure dans la fibre ;
- mesurer la longueur d’une fibre.
L’appareil utilisé est le réflectomètre optique (Optical Time Domain
Reflectometer OTDR). Il est constitué d’un émetteur, d’un récepteur optiques et d’une
horloge pour la mesure précise du temps. Le principe de fonctionnement repose sur
l’émission d’une impulsion lumineuse dans la fibre à mesurer. Par rétrodiffusion, une
partie de la puissance lumineuse est réfléchie tout au long de la fibre. Le détecteur
mesure cette puissance réfléchie. Si un défaut (coupure, pertes, impuretés…) est présent
sur le parcours de propagation, une puissance plus importante est réfléchie ou absorbée.
La base de temps permet de mesurer le temps aller-retour du signal jusqu’au point de
défaut. Considérant la vitesse de propagation de la lumière dans le milieu, le
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réflectomètre mesure la distance du défaut. Ce principe est également utilisé pour
mesurer la longueur d’une fibre.
Soient les paramètres suivants ;
 D= distance de l’évènement
 C= Célérité de la lumière dans le vide
 n= indice de réfraction du cœur de la fibre
 t= temps écoulé entre l’émission de l’impulsion et la réception de l’impulsion
réfléchie par l’événement à localiser.
On peut écrire :
2D 2D 2nD Ct
t= = = D =
v C C 2n Ct
  D =
n 2n

Chaque réflectomètre est caractérisé par sa portée.

Figure V-1 : Schéma d’un réflectomètre optique

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Figure V-2 : Identification des évènements de réflectométrie optique

Afin de s’affranchir de la zone aveugle, l’utilisation de la bobine amorce est nécessaire.

Figure V-3 : Utilisation de la bobine amorce

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V-3-1. Caractéristiques de performance d’un OTDR
Les performances d’un réflectomètre dépendent des caractéristiques suivantes :
La dynamique : Cette valeur exprimée en dB détermine l’atténuation maximale que
l’appareil peut supporter et la longueur maximale mesurable.
Zone aveugle : Zone non exploitable après le connecteur de sortie de l’appareil, dû à la
saturation de la photodiode. Pour contourner ce phénomène afin de mesurer le premier
connecteur de la liaison, une bobine « amorce » (d’environ 2 km) est insérée au début
de la liaison.
Pouvoir séparateur : paramètre qui traduit l’aptitude de l’OTDR à identifier deux
défauts proches l’un de l’autre.
Résolution spatiale : paramètre qui traduit l’aptitude de l’OTDR à mesurer deux
défauts proches l’un de l’autre.

V-3-2. Paramètres de réglage de l’OTDR


Les résultats de mesures sont fonctions des paramètres de réglage suivants :
 Indice de réfraction du cœur de la fibre n : Elle permet au logiciel de calculer la
Ct
distance D avec la formule D = , C étant la vitesse de la lumière dans le vide,
2n
t le temps aller-retour de l’impulsion mesuré par l’appareil ;
 Portée : Elle correspond à la longueur de la liaison à mesurer. En général, on
prend la portée d’environ 2 fois la longueur de la liaison.
 Largeur de l’impulsion : Plus ce paramètre est élevé, plus vous pouvez mesurer
une grande longueur, mais vous pourrez moins séparer les évènements proches.
Inversement, plus ce paramètre est faible, plus vous séparez des évènements
proches, mais vous serez limitées en distance.
 Temps d’acquisition : C’est le temps de mesure.
 Longueur d’onde : Les longueurs d’onde utilisées sont 1 310, 1 550 ou 1 625
nm. L’utilisation de plusieurs longueurs d’onde permet de mettre en évidence les
contraintes auxquelles sont soumises les fibres.

V-4. MESURE DE PUISSANCE OPTIQUE


Elle permet de déterminer :
- l’atténuation d’une fibre ou d’un composant et de savoir si elle respecte les
normes ;
- la puissance en sortie d’un émetteur ou d’un amplificateur ;
- l’atténuation apportée par une épissure afin de savoir si cette dernière a été bien
réalisée ;
- le seuil d’un récepteur.
L’appareil utilisé est le radiomètre (mesureur de puissance optique ou
photomètre). Il comporte un photodétecteur sensible à une gamme donnée de longueurs
d’ondes.

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Figure V-4 : Determination du bilan de liaison

V-5. MESURE DE LONGUEUR D’ONDE


Elle permet de déterminer de manière précise la longueur d’onde d’une radiation.
L’appareil utilisé est le lamdamètre. Il possède une source LASER de référence dont
la longueur d’onde est précise et stable. La longueur d’onde du signal à mesurer est
comparée à cette référence.

V-6. TESTS DE CONTINUITE


Afin de s’assurer de la bonne continuité des liaisons après une épissure ou lors du
câblage, l’on peut réaliser des tests de continuité. Les appareils utilisés sont entre autres
le téléphone et le stylo optiques.
V-6-1. Le téléphone optique
Le test de continuité par téléphonie optique consiste à disposer de deux
téléphones qui comportent chacun un microphone dont le signal de sortie va moduler
une porteuse optique à une longueur d’onde donnée dans le sens émission. En
réception, la lumière reçue est démodulée, et le signal obtenu est envoyé dans un
écouteur pour générer un son.
La téléphonie optique permet non seulement de tester la continuité des liaisons,
mais également de réaliser des communications vocales entre techniciens de
maintenance pendant les interventions.

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V-6-2. Le stylo optique
Le stylo optique émet une lumière coloriée clignotante à l’entrée d’une extrémité
de la liaison. Cette lumière est repérée à l’autre bout pour confirmer la continuité de la
liaison. Cet outil permet non seulement un test de continuité des liaisons, mais
également l’identification rapide des fibres dans un câble.
V-6-3. Le détecteur de trafic
Il permet de vérifier le transit d’un trafic sur la liaison.

V-7. RACCORDEMENT DES LIAISONS


Les raccordements des liaisons consistent à effectuer des opérations permettant
des connecter les équipements aux fibres et d’interconnecter les fibres entre elles. Ces
opérations sont réalisées tant pendant l’installation des liaisons que pendant la
maintenance.
V-7-1. Raccordement des équipements aux fibres
Pour raccorder les équipements aux fibres, deux types de connectivités sont
envisagées :
a) Utilisation des pigtails
Un pigtail comportant à une extrémité un connecteur est soudé à un brin de fibre.
Le connecteur du pigtail est alors fixé sur un tiroir optique pour accueil un bout de
jarretière dont l’autre bout est fixé sur l’équipement.

Figure V-5 : Utilisation des Pigtails pour le raccordement des équipements aux fibres optiques

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b) Utilisation directe des connecteurs
Un connecteur est directement fixé à l’extrémité de la fibre pour accueillir un
bout de jarretière dont l’autre bout est fixé sur l’équipement. Evidemment, un tiroir
optique permet également de ranger les connecteurs fixés aux extrémités des fibres.

V-7-2. Raccordement des fibres


Pour raccorder deux fibres afin de prolonger la longueur de fibre sur un parcours,
l’on réalise des épissures (soudures) que l’on protège à l’aide d’un manchon. L’appareil
utilisé est la soudeuse optique ou fusioneuse optique.
Le processus de fusion des fibres optiques est clairement décrit en Travaux
pratiques.

Figure V-6 : Processus de fusion des fibres optiques à l’arc électrique

CONLUSION
Les Télécommunications optiques gagnent de plus en plus du terrain, compte-
tenu des performances de fibres optiques. Les télécommunications larges bandes ont
trouvé leur implantation grâce aux fibres optiques. L’avenir présageant de plus en plus
des systèmes à larges bandes, les fibres optiques constituent un support de l’heure et de
l’avenir.
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