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AGRICULTURE ET ÉNERGIES RENOUVELABLES

De la diversification agricole aux projets collectifs de territoire

Geneviève Pierre

GREP | « Pour »

2015/4 N° 228 | pages 28 à 40


ISSN 0245-9442
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https://www.cairn.info/revue-pour-2015-4-page-28.htm
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28 analyses et actualités

  agriculture

Agriculture et énergies
renouvelables
De la diversification agricole
aux projets collectifs
de territoire
Dans le contexte actuel de transition naturel, en réponse, ou non, à des poli-
écologique, la contribution de l’agri- tiques publiques nationales ou euro-
culture à la relocalisation énergétique péennes. Des groupements d’achats
mérite d’être soulignée. Sa capacité s’organisent pour acquérir des refroi-
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à valoriser des ressources locales, disseurs de tanks à lait, des récupé­
qu’il s’agisse de la biomasse, du fon- rateurs de chaleur, des panneaux
cier disponible ou des toits des bâti- photovoltaïques, des chaudières à bois
ments d’exploitation, est questionnée. déchiqueté ainsi que des chauffe-eau
L’agriculture élargit ainsi ses missions solaires. Les agriculteurs peuvent
vers des productions et des services s’inscrire dans ces actions sans bou-
énergétiques et environnementaux. leverser leur système de production ;
L’action publique énergie-climat ter- ainsi de la valorisation des haies, de
ritorialisée renouvelle les réflexions l’introduction d’un à deux hectares de
sur les liens entre agriculture, société, chanvre pour l’écoconstruction, de la
territoires et développement local. culture d’un à deux hectares d’oléa-
Cependant, entre valorisation de cir- gineux pour les besoins alimentaires
cuits courts/locaux et production de des élevages. L’autonomie agricole est
matières premières pour des filières souvent une motivation fondatrice.
longues, les ressources énergétiques La production d’énergies renouvela­
agricoles ressortissent à une certaine bles par les agriculteurs s’inscrit dans
ambiguïté quant à leur capacité à un contexte plus global d’intérêt pour
ancrer l’activité. les questions climat-énergie relevant
Souvent individuelles, les actions ré­­ aussi de la sobriété énergétique et de
sultent aussi de la mobilisation de la lutte contre les Gaz à effet de Serre
capitaux sociaux locaux au sein de coo- (GES). Les dynamiques entrepreneuri­
pérations interindividuelles ou dans ales, individuelles et collectives, sont
le cadre de projets d’intercommuna- multiformes. Elles privilégient néan-
lités, de Pays, de GAL Leader, de parc moins la capacité productive en énergie

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analyses et actualités 29

renouvelable de l’agriculture plutôt autonomie agricole (Rémy, 2010) qui


que la diminution des consommations. relève d’approches diverses selon les
L’Ouest français constitue un terrain organisations professionnelles qui la
propice pour ces initiatives qui renou- mobilisent, du productivisme raisonné
vellent les possibilités de coopérations aux réseaux militants de l’agriculture
rurales (Pierre, 2013). durable et économe. Pour ces derniers,
privilégier l’usage des ressources
locales tout en renforçant l’efficience
Agriculteurs et énergies : économique et la capacité de résister
enjeux d’autonomie agricole aux crises établit la recherche d’auto-
et de valorisation des ressources nomie comme condition de la durabilité
locales agricole. L’agriculture favorise aussi la
Suite au protocole de Kyoto (1997), des séquestration du carbone grâce aux
préoccupations liées aux consomma- haies et aux prairies permanentes.
tions énergétiques directes et indirectes Les actions environnement-climat-
et aux émissions de GES s’affirment énergie ressortent autant à la poli-
dans les années 2000. L’agriculture tique agricole qu’à une action publique
n’y échappe pas. Considérée comme plus globale qui associe la sobriété et
un coût qui pèse sur les exploitations, l’efficacité énergétique à la production
l’énergie constitue aussi une opportu- d’énergies renouvelables. La profusion
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nité pour diversifier les revenus. des dispositifs procède en partie de la
L’agriculture représente 2,7 % de la Politique Agricole Commune (PAC),
consommation finale énergétique di­­ comme le plan végétal environnement
recte1 de la France en 20142 due, à et les mesures agro-environnemen­
70 %, à la mécanisation. Cependant, tales et climatiques (2007-2013). Pa­­
60 % des consommations énergétiques rallèlement, le Plan de Performance
agricoles sont indirectes, liées à la Énergétique (PPE) initié en 2009 fixe un
fabrication des intrants et à leur trans- idéal de 100 000 exploitations à évaluer
port. Toutefois, l’agriculture est surtout pour 2013, sur des aspects divers. Des
pointée pour sa part dans les émis- actions « bancs moteurs » (2009), sou-
sions de GES en France en 2013 : 18 % vent soutenues par les Coopératives
(CGDD, 2015). Trois GES sont en cause : d’Utilisation du Matériel Agricole
le gaz carbonique, le protoxyde d’azote (CUMA) ainsi que le développement
et le méthane. Même si ces deux der- des unités de méthanisation (2009 et
niers GES ne représentent que 11,8 % 2010) sont encouragées. Le diagnostic
(CH4) et 13,4 % des émissions des GES énergétique est un préalable au PPE :
en France, l’agriculture y contribue Planète, pratiqué de 2002-2010, puis
pour 75 % (CH4) et 88 % (N2O), du fait de Dia’Terre®, ainsi que d’autres diagnos-
la fermentation entérique du bétail et tics régionaux, auraient concerné près
des déjections animales (CCGD, SoeS, de 10 000 exploitations sur les 100 000
2015). escomptées (2  % des exploitations
Or, une consommation sobre en intrants agricoles françaises), avec un certain
(engrais, phytosanitaires, alimentation succès en Bretagne et en Pays de la
animale) est un critère minimal d’une Loire (De Menthière, 2013). De fait, les

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régions
  ont diversement soutenu les géothermie, bois énergie, solaire ther-
équipements économes en énergie, mique et photovoltaïque, huile végétale
soit en ciblant une filière (élevage), soit pure (hvp) et tourteaux oléagineux,
en priorisant un objectif (modernisation agrocarburants issus de céréales,
du bâti en Bretagne et Pays de la Loire), méthanisation, éolien, biomasse éner-
soit en facilitant la production d’énergie gétique et cultures énergétiques (mis-
renouvelable (Pays de la Loire) ou en se canthus, taillis de saules à très courte
focalisant sur les pratiques agricoles rotation). Elles permettent de valoriser
(Bretagne). Tous projets confondus, des ressources agricoles diverses, de
le PPE aurait bénéficié à 2 095 exploi- la production végétale et de déchets
tations bretonnes entre 2009 et 2013, (fumiers/lisiers) au foncier disponible
des producteurs de granivores pour ou aux toits des bâtiments.
75 % (volaillers à 50 % et producteurs
de porcs pour 25 %) ; plus de 50 % des
crédits dépensés proviennent de la Une géographie de la production
déclinaison régionale du Plan de déve- d’énergies renouvelables
loppement rural hexagonal 2007‑2013. par les agriculteurs en France
En Poitou-Charentes les actions du Deux sources permettent de dresser
PPE ont été financées sur fonds natio- une géographie de la production d’éner-
naux du fait de l’importance prise par gie par les agriculteurs. Le Recen­
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les actions de méthanisation (ibid.). sement Général Agricole (RGA) de 2010
Qu’ils soient relatifs à la sobriété éner- a comptabilisé le nombre d’exploita-
gétique, à la mitigation des GES ou à tions productrices selon le type d’éner-
la production énergétique, les projets gie produite. Par ailleurs, en 2012, une
sont, pour la plupart, restés individuels enquête sur la consommation et la
et volontaires, voire non contraignants. production énergétique a été réalisée
Au tournant des années 2000, l’éner- par sondage auprès de 9 000 exploita-
gie devient aussi une possibilité de tions. Bien que non comparables, ces
diversification agricole, pas toujours sources donnent deux visages diffé-
associée à des réflexions globales de rents de la production énergétique par
sobriété énergétique. Les dynamiques les agriculteurs. Toutefois, les données
entrepreneuriales productives qui per- datent au mieux de 2010 ou 2011 et la
mettent de dégager un revenu supplé- situation évolue très rapidement.
mentaire apparaissent plus faciles à Selon le RGA de 2010, 7 123 exploita-
publiciser que la seule diminution des tions sont productrices d’énergies re­­
consommations. nouvelables (1,4 % des exploitations
professionnelles françaises)  : d’un
point de vue régional, l’Ouest (Pays de
Les énergies renouvelables : Loire, Bretagne) se détache nettement.
des dynamiques entrepreneuriales Globalement en France, le photovol-
individuelles et collectives taïque concerne 85 % des exploitations
Carole Garnaud-Joubert établit les productrices d’énergie renouvelable.
possibilités très variées de production L’enquête par sondage de 2012 sur les
énergétique dans l’exploitation (2010) : capacités productives installées établit

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la carte des régions à fort potentiel de photovoltaïque (44 %), à l’exception de


production, quel que soit le nombre la région Midi-Pyrénées. L’électricité
d’unités productrices. La production est revendue quasiment à 100 % dans
d’électricité arrive nettement en tête le réseau (carte 1).
par rapport aux autres productions Pour les autres formes d’énergies
énergétiques avec comme régions (bois de feu et sous-produits ; autre
importantes, la Bretagne, la Lorraine, biomasse comme paille ou miscan-
la Normandie (Haute et Basse) et thus ; autres sous-produits végétaux
Midi-Pyrénées. En France, l’élec- comme betterave…  ; huile végétale
tricité en provenance de biomasse pure et biogaz), la Région Centre arrive
(50 %) dépasse de peu l’électricité en tête, grâce à la valorisation des

Carte 1 : Production d’électricité dans les exploitations agricoles


par région en France métropolitaine en 2011 (tep)
Production d'électricité par les exploitations agricoles
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En TEP

2 500

500

100

A partir de biomasse

Origine photovoltaïque

Origine hydraulique

Origine éolienne 0 100 200 km

Source : Enquête sur les consommations et les productions d'énergie dans les exploitations agricoles en 2011. Fond de carte : GeoFLA, IGN, 2014. Réalisation : ESO-Angers, 2016.

Source : enquête sur les consommations et les productions d’énergie dans les
exploitations agricoles en 2011 (Agreste, SCEES, 2012).

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sous-produits
  végétaux et résidus de régions productrices, c’est l’énergie
culture. Dans les autres principales bois qui domine (tableau 1 et carte 2).

Tableau 1 : production d’énergie agricole hors électricité en France


(enquête, SSCEES, 2012)

Type d’énergie En % de la production énergétique totale


(en tep) en France
Bois de feu et sous-produits du bois 59 %
Biomasse hors bois (paille, miscanthus) 3.3 %
Sous-produits végétaux et autres (betterave…) 36.7 %
Huile végétale pure (hvp) 0.02 %
biogaz 0.7 %

Source : enquête sur les consommations et les productions d’énergie dans les exploitations
agricoles en 2011 (Agreste, SCEES, 2012).

Carte 2 : Production d’énergie autre qu’électrique dans les exploitations


agricoles en France métropolitaine (2012) en TEP
Production d'autres énergies que l'électricité par les exploitations
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agricoles

En TEP

50 000

30 000

10 000

Biogaz

Bois de feu

Sous produits du bois


(granulés, écorce…)
Biomasse hors bois
(paille, miscanthus…)
Sous-produits pour production
d'énergie (betterave…)

Huiles végétales pures 0 100 200 km

Source : Enquête sur les consommations et les productions d'énergie dans les exploitations agricoles en 2011. Fond de carte : GeoFLA, IGN, 2014. Réalisation : ESO-Angers, 2016.

Source: enquête sur les consommations et les productions d’énergie


dans les exploitations agricoles en 2011 (Agreste, SCEES, 2012).

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analyses et actualités 33

Un foisonnement d’initiatives locales soutiennent les initiatives locales


encouragées par les politiques publiques comme les agriculteurs méthaniseurs
Les bilans chiffrés ne nous disent rien de France3 soutenus par le réseau de
des dynamiques à l’œuvre dans les ter- conseil agricole TRAME ou l’associa-
ritoires et de leur nature entrepreneu- tion nationale « Énergie partagée4 »,
riale. moins centrée sur les agriculteurs.

Des initiatives dispersées, localisées La production d’énergies renouvelables


et ressortissant à une diversité à la ferme ressortit à plusieurs types
d’énergies produites d’actions publiques
Depuis le milieu des années 2000, la La politique agricole a encouragé la
presse régionale (Ouest France) et la production énergétique. La LOA de
presse agricole (La France Agricole, 2006 a mis en évidence les possibili-
Campagnes Solidaires, Transrural ini- tés de « valorisation non alimentaire des
tiatives, Entraid, journal des CUMA) produits agricoles » comme la biomasse
relaient des expériences de production agricole, les agrocarburants, le bois
d’énergie à la ferme. Il est bien diffi- énergie. En 2007, un plan biogaz agri-
cile d’en faire le tour, tant les sources cole est lancé et l’autoconsommation
sont éclatées et non exhaustives. d’huile végétale pure (hvp) produite à la
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Les sites de l’Agence de Maîtrise de ferme est autorisée. La Loi de moder-
l’Énergie (Ademe), ainsi que les relais nisation agricole du 27/07/2010, plu-
bois-énergie départementaux, sou- tôt défensive sur l’énergie par crainte
vent les FD CUMA ou les Centres pour d’une captation du foncier, réaffirme
l’Initiative et la Valorisation du Monde néanmoins la place de la méthanisation
agricole et rural (Civam), apportent comme activité agricole si au moins
d’autres informations. On peut éga- 50  % des matières entrantes pro-
lement citer la FN CUMA, notamment viennent des exploitations. La loi d’ave-
par le biais de l’Association d’Initiatives nir agricole du 13/10/2014 promeut
Locales pour l’Énergie et l’Environne- des actions de sobriété énergétique
ment (AILE), émanation de la FR CUMA et à visée écologique comme le plan
Ouest, les Chambres d’Agriculture, le Écophyto ou les Groupements d’Inté-
Ministère ou le Commissariat Général rêts Écologiques et Environnementaux
au Développement Durable qui publi- (GIEE)5. Ainsi, le projet de méthanisa-
cisent certaines actions. Au sein du tion collective agricole et centralisée
Réseau Rural National, dès 2008, la Méthagro 49 à Saint-Georges-sur-
thématique de la valorisation des res- Loire (Maine-et-Loire) appartient aux
sources locales, forêt bois biomasse, 163 actions françaises (3 300 exploita-
alimentation, agriculture et gestion de tions) de « mobilisation collective pour
l’espace, a été retenue. Depuis 2011, l’agroécologie » qui ont préfiguré les
la réflexion s’est prolongée dans diffé- GIEE.
rents groupes : les filières locales pour De la loi POPE6 de 2005 qui encourage
la construction durable, les projets liés la diversification vers des énergies
à la biomasse. D’autres organismes propres (articles  4 et 
5), au paquet

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34 analyses et actualités

climat/énergie
  européen de 2008 dont, 21 en Bretagne, 19 dans le Centre
(objectif 3-20), renouvelé en 2014 et et 11 en Basse Normandie, puis renou-
complété par la loi de transition écolo- velé en 2015 par un appel à projet natio-
gique de 2015 (32 % d’énergies propres nal en faveur de « 1 500 unités dans les
consommées en 2030 en France), la territoires ruraux » (2014‑2017).
politique énergétique constitue un D’autres dynamiques relèvent de l’ac­
cadre général indispensable. La déré- tion publique territorialisée liée au
gulation des marchés de l’énergie qui développement rural ou procédant
intervient en France en 2007, puis la des politiques climat-énergie. Dès
redéfinition en 2011 des prix de rachat 2000‑2006, les programmes Leader +
garantis de l’électricité (biogaz, bio- ont favorisé la valorisation localisée des
masse, méthanisation en cogénéra- ressources naturelles et culturelles.
tion) – en 2014 pour l’éolien –, sont Leader 2008-2013 a permis à certains
des points centraux de cette politique ; GAL de prolonger ou de conforter des
ainsi le tarif de rachat de l’électricité actions « énergies et circuits-courts »
pour le photovoltaïque est renégocié (Layon-Saumurois), « éco-citoyenne-
régulièrement et est en baisse depuis té et éco-activités » (Haute-Mayenne)
2011. L’évolution des prix du fuel, ou « ressources locales et dévelop-
détaxé en France pour les agriculteurs, pement économique » (GAL du Bessin
joue également sur la mobilisation de au Virois). Leader 2014-2020 s’inscrit
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ces derniers. dans les préoccupations générales du
Certaines filières énergétiques sont développement rural européen dont
favorisées. Les plans bois qui ont été l’objectif est de « mieux tirer parti des
appliqués dans beaucoup de régions complémentarités villes-campagnes » et
françaises dès les années 1990, ont été de « valoriser les ressources spécifiques
dynamisés, depuis 2009, par le fonds des territoires ruraux ». L’utilisation
chaleur issu du Grenelle de l’environ- efficace des ressources, de faibles
nement (2009). Après avoir soutenu des émissions de gaz carbonique ainsi que
projets agricoles et ruraux de faible la résilience face au changement cli-
capacité, l’Ademe s’est recentrée sur matique dans les secteurs agricoles,
de grosses installations industrielles, alimentaires et forestiers, en sont les
agroalimentaires et urbaines de plu- moyens.
sieurs dizaines de milliers de tonnes Pour la période 2006-2009, les pôles
de bois (projets Biomasse Chaleur d’excellence rurale (PER) encouragent
Industrie, Agriculture, Tertiaire 
; le développement des énergies renou-
BCIAT). Par comparaison, la consom- velables en France. Sur 379 projets
mation des petites chaufferies agri- retenus, 58 concernent la biomasse,
coles et rurales n’est, en 2014, que les énergies renouvelables et les éco­
d’à peine 20 000 tonnes de bois/an en nomies d’énergie, dont 47 le bois dé­­
Bretagne et Pays de la Loire (AILE, chiqueté ; 10 projets relèvent de la
2015). Parallèlement, le plan natio- production d’huile végétale pure et de
nal « biogaz » en faveur de la métha- tourteaux alimentaires fermiers (CAPT,
nisation lancé en 2007 a été prolongé 2009 ; Milian et Bacconnier, 2014).
en 2009 et 2010 (132 projets réalisés Pour 2010-2012, seulement 27 PER sur

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analyses et actualités 35

264 sont orientés énergies et biomasse. de La Motte-Beuvron (méthanisation)


Le PER du Mené sur « la maîtrise des ou dans le Pays des Portes du Doubs
ressources énergétiques locales » pro- (autonomie énergétique grâce au bois
longe le PER (2006-2008) du Centre- et à la méthanisation).
Ouest Bretagne.
Des dispositifs climat-énergie locali-
Les projets collectifs en énergie
sés permettent à certains territoires
renouvelable : le cas de l’Ouest français
de conforter la valorisation des bio-
ressources rurales et agricoles, très L’Ouest (Bretagne, Pays de la Loire,
souvent en prolongement d’initiatives Normandie) constitue un espace-clé
nées dans le cadre de l’action rurale. pour la recherche d’autonomie par
Dès 2003, des contrats d’Actions rapport à la consommation énergé-
Territoriales pour l’Environnement et tique directe et indirecte (alimentation
l’Efficacité Énergétique avec l’Ademe animale) en agriculture. Les consom-
fédèrent les acteurs du territoire mations énergétiques sont élevées
pour l’efficacité énergétique (Pays de dans les systèmes de production agri-
Haute-Mayenne, Pays des Mauges). coles intensifs porcins, de volailles
En 2007‑2013, l’Ademe met en place le et de granivores mixtes, bien repré-
Contrat d’Objectif Territorial préalable sentés (CGAAER 12085, 2013, op.cit.).
au Plan Climat-Energie-Territoire Toutefois, cela donne à l’Ouest fran-
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(PCET) et permettant de financer cer- çais un potentiel intéressant pour la
taines de ses actions (Haute-Mayenne, méthanisation grâce aux fumiers et aux
Pays du Bocage Ornais, Pays du Bessin lisiers. En France, le biogaz représente
au Virois, PNR Loire-Anjou-Touraine, moins de 3 % des énergies renouve-
Mauges). La territorialisation de l’ac- lables produites malgré un développe-
tion publique climat-énergie, forte- ment rapide depuis 20077 : 349.6 Mtep
ment inscrite dans le Grenelle 2 (2010) de biogaz en 2013 sur une production
se réalise à travers les schémas régio- européenne (UE) de 10  085  millions
naux climat air énergie, le schéma de tep. L’Allemagne en réalise la moi-
régional éolien et les PCET obligatoires tié, avec près de 7 700 unités instal-
pour les collectivités locales et inter- lées (2013) produisant 5 067, 6 Mtep
communalités de plus de 50 000 habi- (EurObserv’Er, 2015), contre 328 unités
tants. L’appel à projet national pour installées en France en 2013 (ATEE,
des « Territoires à Energie Positive pour 2014). Pour répondre aux ambitions
la croissance verte » (TEPCV) lancé en du Plan Climat National de 23 % de
2014 distingue 212 collectivités locales consommation d’énergies renouve-
ou des PNR. Si la production d’éner- lables en 2020, une forte contribution
gies renouvelables n’est qu’une des six de l’agriculture est attendue. L’appel à
thématiques abordées, la constitution projet pour 1500 unités de méthanisa-
de réseaux de chaleur et d’unités de tion dans l’espace rural doit accélérer
méthanisation territoriale peut impli- la dynamique existante (2014).
quer les agriculteurs au sein de projets Les régions Bretagne, Basse-
collectifs et multipartenariaux comme Normandie et Pays de la Loire consti-
dans la communauté de communes tuent un enjeu important pour son

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36 analyses et actualités

développement
  en France. Sur 242 ins- chaleur) en France en 2014, 31 sont en
tallations de méthanisation en cogé- Bretagne, 22 en Pays de la Loire et 19
nération (biogaz pour l’électricité et en Basse Normandie, principalement

Carte 3 : Agro-énergies et groupes Civam en France


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analyses et actualités 37

en unités à la ferme et/ou centralisées. et de techniques sur les énergies en


L’Ouest et la Lorraine représentent agriculture (Pierre, 2013). Le Salon des
plus de la moitié des 140 projets natio- Fourrages et des Initiatives Rurales or­­
naux de méthanisation à la ferme, ganisé par les CUMA de l’Ouest a par-
dont 26 pour la Bretagne (cogéné- ticipé de l’établissement d’une culture
ration Biogaz, 2014). En 2014, AILE partagée, grâce au village-énergie
recense 77 installations (agricoles, présent à chaque manifestation depuis
industrielles, de collectivité ou multi- 2001. AILE, créée en 1995, suit depuis
partenariales) en Bretagne et Pays-de- 2000 la mise en place du plan bois
la-Loire, pour 54 400 Tep de production Bretagne et s’investit, depuis 2007,
primaire de biogaz, par traitement dans la méthanisation en Bretagne
de 744 097 tonnes de substrats (dont et en Pays de la Loire. Au-delà, le
275 867 d’effluents d’élevages). Sur Réseau Agriculture Durable (RAD) et
ces 77 unités, 55 n’existent que depuis les réseaux Civam promeuvent des
2010. Géotexia Mené est l’installation démarches agricoles alternatives
de méthanisation agricole et territo- auto­nomes et durables intégrant la
riale ayant la plus forte production pri- réflexion énergétique. Selon la carte 3,
maire de biogaz dans l’Ouest. les initiatives en Civam portant sur les
Toutefois, le bois bûche reste le pre- énergies locales, sur les matériaux de
mier combustible en énergie renou- construction renouvelables (chanvre)
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velable de l’Ouest (79 % en Bretagne ; et sur les filières alimentaires reloca-
lisées se concentrent dans l’Ouest. Au
Observatoire de l’énergie, 2013). Le
sein de ce réseau, la réflexion sur l’effi-
plan bois énergie Bretagne a permis
cacité énergétique des systèmes agri-
de tripler les installations de chau-
coles, des filières et des territoires s’est
dières automatiques à bois dans les
concrétisée dans le projet Économiser,
exploitations agricoles depuis 1996 :
Territorialiser et Renouveler les Éner­
sur un total de 380  chaudières en
gies en milieu rural (E.T.R.E.) en 2010.
2014, 250 installations ont été lancées
Trois initiatives sont mises en avant :
entre 2007 et  2013. Sur un volume
les systèmes agricoles durables et éco-
consommé de 420 000 tonnes de bois
nomes, les filières locales en énergies
déchiqueté en 2015 en Bretagne, la pla-
renouvelables et la production locale
quette bocagère n’en représente que
d’alimentation animale ; (FN Civam,
20 000, alimentant surtout les filières
2012, base de données).
locales, rurales et l’autoconsomma-
tion agricole (Bilan filière bois énergie
Bretagne, AILE, 2014). Conclusion : les énergies
Parallèlement, si le productivisme agri- renouvelables au cœur
cole s’est bien développé dans l’Ouest, d’une multifonctionnalité agricole
il a suscité, dès les années 1960, des et rurale coopérative et territorialisée
contre-modèles (Pierre et al., 2008) Des énergies renouvelables aux éco-
dynamisés par l’habitude du travail en matériaux, les actions des agriculteurs
groupe et la densité des réseaux coo- traduisent un élargissement de la
pératifs comme les CUMA, très actives multifonctionnalité agricole (Mollard,
dans la promotion de connaissances 2003 ; Groupe Polanyi, 2008) valorisant

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38 analyses et actualités

l’ancrage
  des activités au territoire. comme un déchet, est activé en res-
Au cœur de la réflexion résident les source grâce à l’appropriation technique
notions d’externalités voire de services du déchiquetage du bois. L’insertion
environnementaux (Antona, 2012) four- sociale par l’emploi est également une
nis par l’agriculture. des priorités (SCIC HMBE, SCIC B2E).
Plusieurs enjeux se nouent autour des Dans ce cas, l’énergie n’est qu’un
ressources énergétiques agricoles: aspect d’une ambition plus globale de
mobiliser les potentiels disponibles y gestion et d’entretien du paysage, de
compris les petits gisements ; éviter stockage du carbone, de biodiversité, de
la captation des ressources locales lien social. Le travail environnemental
au profit de filières longues déterri- et paysager est valorisé par un prix au
torialisées. L’ancrage de l’activité au producteur conditionné à la réalisation
territoire et les dynamiques multipar- de plans de gestion du bocage, une sorte
tenariales comme celles menées en de paiement pour service environne-
Société Coopérative d’Intérêt Collectif mental. En dernier lieu, ces projets sont
(SCIC) renouvellent les coopérations multipartenariaux par les dynamiques
rurales impliquant les agriculteurs. d’apprentissage collectif et localisé
22 SCIC bois énergie sont en activité entre agriculteurs, artisans, collectivi-
en France en 2014 (Pinel, FN CUMA, tés locales, particuliers, associations,
2014). Beaucoup sont localisées dans industriels et forestiers. Du bois déchi-
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l’Ouest : 5 en Bretagne, 4 en Pays de queté à la chaudière et au réseau de
la Loire, 1 en Basse Normandie et 3 chaleur, une codépendance technique
en Poitou-Charentes, presque à front locale s’est organisée. Au sein des SCIC,
renversé d’une carte des taux de boise- le consentement à payer des clients
ment par département. Elles valorisent pour un prix plus élevé que celui du mar-
des gisements souvent dispersés et ché rend compte de la multiplicité des
inexploités jusque-là. Même si elles services rendus au territoire. Toutefois,
construisent leur projet à une échelle les SCIC bois bocager, qui traitent une
qui va du Pays au département, leur ressource très localisée et dispersée,
modèle de développement promeut le ont un volume d’activités modeste, de
lien le plus proche entre production et 3 000 à 5 000 tonnes par an et le code
consommation : jamais plus de 30 km des marchés publics ne les favorise
entre la plateforme de stockage et la pas nécessairement. Ces démarches
zone de collecte/livraison. L’ancrage n’ont pas encore délivré toutes leurs
au territoire autorise une réelle adap- promesses, notamment en termes de
tabilité aux demandes des clients. co-services paysagers et environne-
mentaux. Bien que stimulantes, elles
Les coopérations en SCIC bois bocage
restent encore peu représentées ; la
énergie procèdent de la combinaison
majorité des initiatives énergétiques en
entre une démarche pluridimension-
agriculture relève de choix individuels,
nelle multi-objectifs, de la production
au mieux, de petits collectifs agricoles.
énergétique à la prestation de services
localisés et la constitution de multipar-
tenariats « de territoire ». Le bois d’en- Geneviève Pierre
tretien de la haie, autrefois considéré Université du Mans

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analyses et actualités 39

1.  Fuel, électricité, gaz naturel des équipe- Rémy J., 2010, « Un métier en transfor­
ments agricoles et du chauffage des bâti- mation : introduction », in Bertrand Hervieu
ments et des serres, mécanisation. et al., Les Mondes agricoles en politique,
Paris, Presses de Sciences Po, p. 41-50.
2. CGDD, SoeS, 2015, Chiffres-clés de
l’énergie pour 2014.
3. http://www.pardessuslahaie.net/agricul-
teurs-methaniseurs. Documents et rapports
Créée en 2010, l’association compte une AILE, 2014, Bilan de la filière bois déchiqueté
quarantaine d’agriculteurs majoritaire- en Bretagne 2007-2013 ; http://www.aile.
ment situés dans l’Ouest français et dans le asso.fr/wp-content/uploads/2014/06/
« grand Est », de la Champagne-Ardenne à Rapport-public-PBEB-2007-2013.pdf, 52 p.
la Franche-Comté.
AILE, 2015, rapport d’activités 2014, 28 p.
4. association@energie-partagee.org, http://www.aile.asso.fr/wp-content/
(2010) : projets citoyens en énergie renou- uploads/2007/10/AG-2015-Rap-act-2014V2.
velable et en efficacité énergétique. pdf.
5. Collectifs d’agriculteurs engagés dans Bilan énergétique de la France en 2013,
un projet pluriannuel de modification/ Références, juillet 
2015, MEDDE, CGDD,
consolidation de leurs pratiques agricoles SoeS, 112 p.
vers plus de durabilité. Biomasse Normandie, 2011, Synthèse de
6. Loi française de Programmation fixant l’avancement du programme Défi’NeRgie,
les Orientations de la Politique Énergétique. plan Bois pour l’année 2010, 24 p.
7. www.developpement-durable.gouv.fr; Capt D., Aubert F., Berriet-Solliec M.,
Lépicier D., Barbut L. et Desgrée A., 2009,
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mai 2016 / n° 228 / POUR


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édition 2013  ; http://www.observatoire-
energie-ges-bretagne.fr/Breves.
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