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Yan Kestens

Les conséquences de la déforestation

sur le cycle hydrologique:

une étude de cas, bassin versant de la Haute Srepok,

Vietnam.

Mémoire
présenté
à la Faculté des études supérieures
de l'université Laval
pour l'obtention du grade de maître ès arts (M.A.)

Département de géographie
FACULTÉ DES LETTRES
UNVERSITE LAVAL

O Yan Kestens, 2000


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Résumé

Le bassin versant de la Haute-Srepok, dans la region des hauts-plateaux centraux


du Vietnam, a connu depuis la fui des anntes 70 une forte augmentation de population
rgsultant d'une immigration massive. à la fois organisee et spontanée. La croissance de la
densité et l'augmentation de la pression sur le milieu ont entraiA&une expansion agricole
et une déforestation importantes. Les modifications de l'utilisation du sol ont pour effet
de changer les caract6ristiques physiques de l'interface atmosphtre-hydrosphére dans
laquelle se deroule une grande partie des processus du cycle hydrologique. Cette ttude se
propose, par le biais d'une recherche empirique, de mettre en gvidence d'tventuels liens
entre I'tvolution de I'utilisation du sol et l'tvolution du volume et des régimes
d'ecoulement entre 1979 et 1994 dans le bassin versant de la Haute-Srepok.

Mots-clts :Vietnam, hauts-plateaux centraux, bilan hydrologique, deforestation,


utilisation du sol, colonisation agricole.
Agréable moment que celui d'écrire i'avant-propos ... L'aventure du mémoire est presque
achevée, le moment est donc approprié pour remercier toutes les personnes qui ont
contribué à sa réalisation.

Je tiens en premier lieu à remercier Rodolphe De Koninck, qui a bien voulu m'accueillir
au sein de la Cellule Asie du Sud-Est voila un peu plus d'un an, et qui m'a tout au long
de mon travail témoigné une confiance stimulante. Ma participation au projet « Le ddfi
forestier au Vietnam - phase II », et les dew mois de terrains effectués dans les hauts-
plateaux centraux auront ét6 pour moi une expdrience trts enrichissante.
Je tiens d'autre part à exprimer ma profonde gratitude a I'égard d'André Hufty pour ses
nombreux conseils et indications qui m'ont permis d'avancer plus sûrement dans mes
recherches. Je profite de cette tribune pour lui souhaiter une retraite active et heureuse.
Tou les &udiants de la Cellule Asie du Sud-Estont &galementcontribut B la maturation
de ce travail, de par les Cchanges et discussions que nous avons eues. Je tiens donc B leur
adresser ici ma reconnaissance. Je rrmercie tout particuIitrement mon partenaire Phan
Viet Ha, ainsi que toute sa famille pour l'accueil formidable qu'ils ont ni m'oc lors de
mon séjour à Buon Ma Thuot.
Je remercie d'autre part ma compagne Pauiine pour ses encouragements quotidiens et sa
joie de vivre qui ont largement contribué ii la halisation de cette aventure.
Table des matières

1. Chqpitre 1 :Introductibn :objet d'et& etprob~inotique 1


LR Dak Lak et la défomtation 1
La eondq~enecssur k cycle bydrologiqiie 3
Les composantes du cycle hydroIogiogique 3
Conversion forestitre et cuméquenas pbyskpa 5
Résultats sur l'hulement 7
Methodes 7
Revue de littérature 8
Objectiik 10

2.1. Le bassin venant de ia Haute-Srepok 11


2.1.1. PrCxntation gCnCrale du bassin vasant 11
Quelqucs chifies 11
Indicatims g601ogiqws 13
Occupation du sol 14
2.1.2. CaradWques ~ q u c s 14
2.1.3. LariviàeSrepok 17
Dcscn'pticn g a i h i e 17
Caraetaistiqucs hydrologiques 17
2.2. Lcs d o m b dirpoaibla pour l'étude 20
22.1. Pdsaltatioa dçs damaCs 21
D o n n k dbatiques 21
Données hydrobgiques 23
h é e s d'utiiisaticm du sol 24
22.2. Anslyse, oorrccticins a comblanent des laamcs 25
Pr6cipitations 25
Tanphme 31
Utilisation du sol 32

3.1. Bsssin versant de ia Haute-Srepok, présentation gMrPk de l'utilisation du sol en


1979 33
3.2. L'évolution de l'utilisation du sol 34
3-21. Les grandes lignes da changemaits entre 79 a 89 34
Moins de foret.., 34
Pfus & Callmes... 35
Sa~nes:rébiictima-- 37
Plus de terres dénudées... 37
Et un fort &Ioppement des zona bâties ! 38
3.2.2. Leschangementsestre89et94 38
Le recul de la forêt continue...à un rythme plus lent 38
Las&àcetotaleniitiv&ne~~pas,mais... 39
Lessavanes~développent 41
La &ce & terres ckimdksaugmente encore 42
Le bâti 42
3.2.3. Un riile éventuel des pentes ? 42
En ce qui conœrne la déforestation... 44
Ledévc1oppementdwsavanes... 45
Lesdtures 46
33. Ven un modèle globai d'évolution du sol ? 47
3.3.1. Unmodèled'boiutionspécifique? 47
3.3.2. Les grandes lignes & I'tvolution du sol sur l'ensemble de la pdriock :une tentative de
&baîi&on originale M
Bilan 51

4. aapitre 4: Rkgimes hyhiogiques et évdrrtiun du sol: une relah'on? 58


4.1. Bilana hydrologiqu~:rappels 58
43. Appücation au terrain d'étude 58
4.2.1. Spaûahticm des &&es climatiques a c u d o n dcr do& & Pi* 58
Récipirations et température 58
4.2.2. Bilans hydrologiques 63
Le constat dune tendana? 75
4.2.3. Quantifïcaîion de l'évolution du sol 76
4.24 Reiatioash.oltdion du sol ühs- - yh 78

5.1. Bilans des résultats obtenus 80


5.2. Limites de l'étude 81
5 3 . Perspectives de rechercha 82

Annexe A: Courbes de double cumul des doan& de débit mensuel mesuré 84

Annese B: Méthode de détemimtion des paramètres pour une


rrprkat&ion dhrhroniqpe de l'évolution d'me do& dacique
dUcontinue par cercies intersecth 86

Annexe C: Matrices de Bertin des scores factoriels de Canalyse en composante


p ~ c i p d e f f e d e sur les do& mensudes de pr6dphtioos d a h&
stations de dférence 89

Bibliographie 92
Liste desjigures. tableaux et cartes

Figures
Figure 1 Evolution de la populafion ch Da& Lak ..................................................................................... 2
Eigure 2 Suface cumuIPe de forêt hpimk défiresrP~dmis la pmroYInce du Dak LoC en& 1990 et 19% ..2
Figure 3 Le N e hydrologique............................................................................................................... 4
Figure 4 Préapitaîions mensuelles moyennes à Buon Ma Thuot. 19 78-1998.......................................... 14
figure 5 Mupikzllonr m m I I c s mcryenncs 1978-1998. basàn v e m t & fa Hmte&pok .................. 15
Figure 6 T e m e r a m moyonne mtmtelle 1978-1998.bnrsin venant & la Haute-&?pok .............. ...... 15
Figure 7 ~ v a ~ r a t i o(Piche)
n moyenne mensuelle mesurde d Buon Mu Inuoî, 197M998..................... 16
Figure 8 HumiditP mopnne mensuelle Q Buon Ma Thuot. 1978-1995.................................................... 16
.
Figvre PWbi&mo)ans annuels à Ban Don 1978-1998................................................................
Figure 10 Dçbih mensuels moyrns à Ban Don. 197&1998 .................................................................... 18
18

Figure 11 Évolution de l'évaporation de Piche mesurde b Biron Mo Thuot. 1978-1998........................... 23


Figure 12 Valeur des coeBcients de corrélation entre les précipitations mensuelles vs longitudeflatitude
............................................................................................................................................................. 25
Figure 13 ACP sur les donndes annuelles: Fuctew 1 pa<itif @ache)et nègua'f ( b i t e ) ........................ 28
Figure 14 ACP sur les donn4es anmelles: Facteur 2 paritif &auChe) et nPgatif (&oite) ........................ 28
Figvre 15 Scoresf d o n e I s rde 1XCP des données annuelles de prèapitations, 8 stations de rdfirence ...29
figure 16 Structure sprra'ale des précipiPit~*ons &s mnées 1980 ................................................... 30
Flgvre 17 Structure spatiale des prPcipitations des d e s type 1986 .................................................... 30
Figure 18 Shcture spatide des précipitations des d e s type 1988 .................... . . . ................... 30
Figure 19 Utilisation du sol en 1979 ................................................................................................... 334
s I'ylpes &fon2ts ..............................................................................................
Figure 20 P r v p o ~ o ndes 34
Figure 21 Evoluiion des sutjihces entre 79 et 89..................................................................................... 34
Figure 22 Uiilisation du sol en f 989 ..................................................................................................... 34
R 1351 kmt &forêt cuupfs onte 79 ef 89 ........................................................ 345
Figure 23 E V O ~ Y ~ Odes
Figure 24 Culnrres issues cles savartes............... . .........~.................................................................... 35
Figure 25 Origine des nowelles terres de ajè en 89............................................................................. 34
n 1199 km2 & mcme trcmsfonnrfsenPr 79 et 89 .............................
Fiprie 26 ~ v d u l i o &s .
.. . . .34
Figure 27 ûrigine &s 906 km2 de nouvelle savane en 89...................................................................... 34
Egu~ 18 Éyoiuaon des surjiocesenbr 89 et 94....................... .......................................................... 38
Figure 29 &wlution dos 465 knt2 defir2t wu#s enbe 89 et 94 ............................................................ 38
figure 30 T p s de ctlltures en 89....................................................................................................... 430
Figtre 31 Types de cultures en 94....................................................................................................... 431
Figure 32 Carte des penm ................................................................................................................. 433
Figure 33 Pourcentage de dtifmstation annuel moyen selon k t p e &pente (En wm-&rm! Irr M a c e
firestière de &but rde période comme stlt$?acede r&j?rence) .. ............................................................. 44
Figure 34 Pourcenhge annuel moyen & dihwloppement cles suvanes selon la pente .............................. 45
Figure 35 P m m nfage moyen onmrei& nise en culhne d o n lo pen& ................................................. 46
Figure 36 Ewlution des 1351 & defodt coup& en- 79et 89.......................................................... 48
figure 37 Evolution des 1ûPOkm2 uè suwane h o d e b.tm$onnde enb-e 79 et 89 .................................. 48
Figure 38 Evolution des 276 & de ~ ~ ~ I t ut rre~so r m é eenîm s 79 et 89............................................... 48
figure 39 Représentation diachronique & I'évolulion rlk sol par m k s inkrsedds.............................. 53
Figtre 40 VaIpurscdeswefiaents o/pho calculés.................................................................................. 61
figure 41 Valeursmoyennes de 1'ETPPiche mesurée et corng4e .......................................................... 61
Figure 42 Evaporation de Piche corrïgèe à Buan Ma m o t ............ . . ............................................. 62
Figure 43 Préupitafïons et débits: cumul &s écmts ri la mo)pnne standordsés..................................... 63
figure 44 E~olutiondes coeruents écoulement ............................................ , . ....6#
Figure 45 Débit mesuré à Kiong Buk .................................................................................................... 66
figure 46 Résidus &s estimations de debit à Kiong Buk .....*.~.....**......... ...,..,.... ................................. 67
Chapitre 1 :Introduction :objet df6tudeet pmblbmatique

1.1. Le Dak Lak et la déforestation

Depuis phisieurs décennies, la pression qu'ont subie les forêts tropicales B travers
le monde a mené à une réduction importante de leur &. Le Vietnam a ahsi perdu
en une Wigtaine d'années, entre la fin des années 60 et la fin des années 80, environ
30% de son couvert forestier, qui renfermait par ailleurs une grande diversite d'espèces
animales et vegétaies rares (Ngo et Nguyen, 1992 ; Tran, 1996). Les causes de ce recul,
muhiples et complexes, sont principalement liées A l'expansion et Bk colonisation
agricole qui se poursuivent encore aujourd'hui (Myers, 1991 ;De Korhck, 1997b). Les
superficies de forêt ombrophile sont remplacées par M6rents types de couverts
vt!g&aw, dont principaiement des plantations de d,
et des formations vdgétaks
dégradées de type savane. Mais les fionts pionniers, en progressant, laissent aussi
derrière eux de vastes etendues de ficiches oh la réghhtion vegétale semble
problématique (De Koninck, et al., 1996 ;De Konim:k, 1997~).
LasituationauDakL&proviticedans~ueksr~prrsqucentitraiuntkbassm
versant de la Haute-Srepok. est particuiièrexœnt @panse. En 1975, on compte 400 000
habitants sur un territoire de 19 800 km2, ce qui rrprfseate une densite de 20,2 hab/lrm2.
Vingt ans plus tard, la population dépasse les 1, 3 millions d'habitants, ce qui représente
un taux de croissance inter-muel moyen de 6,1%. La deasitd a par conséquent plus que
triplte, dépassant les 65 hab/ km2.La grande majorité des migrants B deninaton du Dak
Lak proviennent des régions des dekas, et Hisnigrrnt dans le cadre des progrenmies
gouvmementaux de tedistniution de la popdation. Toutefois, paraU&lement B ces
migrations organûées, on assiste -et ce @culi&rement depuis 1991- 9 des flux de
migration spontanée. Avant 1993, k plupart des migrants venaient travailler dans les
femes d'etat, qui foinnissaent des terres aux famüles. Depuis cette date, les migrations
ont augmenté significativement, r6nihat des programmes 327 et 773 visant A developper
la culture des terres inutilisées par l'établisse~entde cultures industrielles dans le cadre
des nouvelles zones économiques (Do, 1999).

Figure 1 Evolution de la population du Dak Lak

Sources : 1976. 1979: General Statistical Ofice. Viet Nam population Census 1989. Hanoi. 1991
1989 -1 997: Niern Guam Thong Kr 1997

Figure 2 Surface cumulée de forêt tropicale déforestée dans la province du Dak


~ a entre
k 1990 et 1996
l8OOO
i6WO
$ 140W
œ
5 12000
$ 1oooo
80ûû
3
*
al
6000
3 4000
5cn Zao0
O

Source : Adapté de Agriculture and Forestry Office. Dak Lak Province 1996
* Estimation de I'annde 96 à partir des données de janvier a avril 96.
La croissance de la population et la demande de produits agricoles et forestiers
qui y est liée a pour effet d'exercer une pression sur les ressources et l'environnement
forestier. Cette pression s'exprime par l'expansion des surfaces agricoles de type
industriel, comme le cafë ou l'hdvéa, ou encore le prélèvement intensif de bois pour le
commerce et la consommation des ménages (De Koninck, 1997).

Les conséquences sur le cycle hydrologique

Outre les consdquences sociales et humaines, l'acte de déforestation a pour effet


direct de transformer la nature brute de la surface affectée, c'est à dire de changer les
caractéristiques de l'interface sol I air. La modification des caractéristiques physiques du
milieu va avoir des consdquences diverses sur les phénomènes qui contiennent dans leur
processus un acte se deroulant au sein de cette interface. Il en est ainsi du climat et du
cycle hydrologique (voir figure ci-dessous).

Les composantes du cycle hydrologique

Les composantes du cycle hydrologique comprennent d'un côté les intrants, c'en
à dire les précipitations, et de l'autre coté les extrants, soit I'&aporation et 1'6coulement
direct ou retardé.

Les précipitations n'arrivent pas en totalité au sol, car une partie est interceptée par la
vkgetation aérienne. Dans le cas d'une forêt ombrophile, avec des arbns aiteignant 40 m
de hauteur et une canopée très dense, l'interception peut atteindre 45% des précipitations
(Read, 1977). Toutefois, la hauteur d'eau interceptee varie principalement en fonction de
l'intensitk et de la dude de l'dpisode pluvieux. En moyenne, ce sont 13% des
précipitations qui sont interceptées dans les forêts des basses terres et 18% dans les
forêts de montagne (Bruijnzeel, 1990). Cette eau interceptée retourne vers I'atmosphère
par évaporation. L'écoulement le long des troncs comprend entre 1 et 2% des
précipitations incidentes, et si cette proportion représente peu quant a l'apport d'eau au
sol. son rôle dam le transport d'dldments nutritifs vers le pied de l'arbre e d important.
Sur les 80% des précipitations incidentes qui arrivent au sol, une partie est absorbée par
la végktation et évapotranspirée (environ 50%). Le reste, soit environ 30% des
précip'iations incidentes, est int6gx-é dans le cyck hyhbgique du bassin versant par
hfiltration dans les sols, missellemnt sup5ciel, C c o m hypodemique,
ruissellement sur les zones saîurées, a participe B l'écoulement global.

Figure 3 Le cyck hydrologique

1
Cpk utUrcl CYdc.rrciit
A Eau atwrsph&iqut E Evaporaîion 1 5 Omsamation d'eau
sautcrraine
S Eau de s m f k ET Evapatrazupiration 2 Acheminement da eaux 6 Efüunrts
l&cs
G Eau souterraine R Ecxx~.lanait 3Collcetcettraitannitk 7Recyctagc
1Infiltration eaw&
OM m et ocdans P Prtcipitations 4 Caisommab'md'eau 8 E-on
Source: Tir6 de Falkmmark, U,1989, ComparativeHydrology: An Ecological Appmsh to Land and
-
Water Resources, Unesco, p.106.

On peut divwr le debit total d'un cours d'eau en son dtbit de base, qui correspond à la
vidange naturelle des résmes du bassin venant, et en son débit de m e , qui correspond
A la somme du ruissellement superficiel, de l'écoulement hypodermique et du
ruissellement sur des zones sanirées, préalablement engorgées.
La couverture vCgetale agit donc comme un filtre et determine dans une large part le
devenir des précipitations. Ainsi, si la nature de ce couvert est transformée, les
diffirentes composantes du cycle hydrologique sont affectées.
Toutefois, l'affectation du cycle hydrologique dCpend du type de conversion, et dans le
cas d'une conversion agricole, du type d'agriculture pratiqué. Ainsi, plusieurs auteurs
s'accordent pour affirmer que la culture itindrante, largement pratiqude par les minorités
ethniques de la région des hauts plateaux centraux du Vietnam, constitue une forme
durable d'agriculture (Bruijnzeel, 1991, Salati et Nobre, 1991, De Koninck, 1997). Ses
effets sur le comportement hydrologique d'un bassin versant semblent limités
(Bruijnzeel, 1991).
Toutefois, le Dak Lak connaît depuis deux décennies une expansion agricole forte, et
d'importantes surfaces forestkes ont et&converties en terrains agricoles permanents,
comme nous l'avons vu précédemment. J ,

1.3. Conversion forestière et conséquences physiques

Deux types de modification du milieu physique affectent plus particuliérement le


cycle hydrologique : la baisse du volume de la canopte, et les modifications des
caractdristiques physiques du sol.
La baisse du volume de fa canopk a pour effet de diminuer l'interception et
I'évaporation qui s'en suit, augmentant par consequent la f'raction d'eau arrivant
directement au sol. Ceci est vrai en dehors d'endroits particuliers comme les ceintures
côtières ou montagnardes de forêts de brouillard, où la présence d b e vtgetation haute
accroît Ie volume d'eau reçu au sol par égouttexnent des cimes (Stadtmûiler, 1987 tiré de
Bruijnzeel, 1991). Paralldement, 1'6vapotranspiration baisse, car la biomasse est moins
importante. Ces différents facteurs participent à l'augmentation de l'écoulement global.
Toutefois, l'augmentation du rayonnement incident lié a la baisse de la densité de la
canoptie tend augmenter I'evaporation au sol.
La modification des caractéristiques du sol a des conséquences importantes sur les
conditions de stockage et d'dcoulement. La couche complexe formée par le sol, les
racines et la litière peut être considdrée "as the heart of the land phase of the
hydmlogical cycle" (Kovacs et al., 1989: 109). Cette couche redistribue l'eau arrivant de
l'atmosphère par Ccoulement superficiel, dcoulement hypodermique et par
tvapotranspiration. Les modifications qui l'affectent entraînent des conséquences il la
fois sur le volume global de l'écoulement, mais aussi sur le régime hydrologique
(variation saisonnière de l'dcoulement), car cette couche agit comme une Cponge en
absorbant I'eau pendant les périodes pluvieuses et en la libérant pendant les périodes plus
sèches.

Si l'action de transformation d'une surface forestière en zone agricole ou en friche


a pour effet de modifier les caractéristiques d'infiltration du sol, son impact est variable
selon la nature du déboisement (Bruijnzeel, 1991). Il faut donc à la fois préciser
comment le déboisement s'est effectué (méthodes, rythme, extension dans le bassin
versant), mais aussi par quel type d'utilisation du sol la forêt a Cté remplacée. La
méthode de deforestation la plus dommageable est l'extraction pratiquée B l'aide de
tracteurs, qui abîme fortement les sols et la vegdtation. L'exploitation par la méthode du ,
câble aérien laisse la surface du sol pratiquement intacte, mais endommage fortement la
végétation sur le mjet : pour chaque arbre enlev6, un autre est détruit et un troisième est
endommagé (Whitmore, 1990, cite dans Bruijnreel, 1991). En Malaisie, pour deux
bassins versants exploites l'un par tracteur, l'autre manuellement, Malmer observe une
proportion de respectivement 24 et 4% de su1 af?f"cté (Maimer and Grip 1990, cité dans
Malmer, 1992). Or cette proportion peut atteindre jusqu'i 60% de la surface (Abdul
Rahim, 1989 cité dans Bruijnzeel, 1991).
Les vitesses d'infiltration de l'eau dans les sols sont fortement réduites suite au passage
d'un engin lourd. Malmer observe des vitesses d'infiltration sur argiles passant de 154
mmlheure en forêt intacte à 36,7 mmheure dans les zones de déforestation manuelle et à
0,33 mmheure sur les traces d'un tracteur (Malmer, 1992).

La diminution de la capacite d'infiltration des sols a pour effet direct d'augmenter le


ruissellement superficiel, réduisant le temps de rkponse en cas d'épisode pluvieux
intense et la quantité d'eau stockée dans les sols.
Résultats sur l'tcoulement

Le rdsultat global sur l'écoulement depend de l'importance relative des difftrents


facteurs passés en rewe ci-dessus. Si les sols des forêts connaissent une meilleure
capacité d'infiltration et de stockage, il faut garder à l'esprit qu'une grande partie de cette
eau retourne vers l'atmosphère par évapotranspiration et ne participe pas à l'écoulement.
De plus, 13 canopée forestiére p ~ intercepter
t juqu'à 4504 des prkipitations, qui sont
directement évaporées. Le r6sultat de la déforestation sur le débit total est donc une
tendance à I'augmentation relative. En ce qui concerne le debit en période sèche, la
situation est variable. Si les sols ont été très affectés, alors le niissellement superficiel est
important et l'infiiltration est très faible, et la consdquence est une diminution des débits
de saison sèche. Par contre, si les vitesses ne sont pas trop fortement
réduites, et ce grâce à une gestion rigoureuse de l'exploitation du milieu, la diminution
de I'évapotranspiration suite au déboisement se traduira par une augmentation du débit
de base en saison sèche. Or le fait que le reboisement des zones de culture ou de fiches
entraîne en général une réduction de l'apport d'eau total indique que i'évapotranspiration
l'emporte sur l'infiltration (Bruijnzeel, 1991).

1.5. Méthodes

11 ne pas de comparer le debit de plusieurs bassins venants dont


l'occupation du sol est différente pour comprendre! les ciifErences dans les volumes et les
régimes d'ecoulement. Effectivement, chaque bassin versant possède ses caracttnstiques
propres de fome, de lithologie, et la variabilitk spatiale des précipitations oblige A
prendre en compte l'importance relative des inûants du systhne hydrologique
séparément pour chaque unite d'observation.
Une méthode permettant de surpasser quelques-uns de ces problèmes est la technique
des paires de bassins versants. Elle consiste a comparer l'évolution du débit de deux
bassins versants proches les plus semblables quant à la forme, la géologie, les pentes,
l'exposition et la végétation. L'un des bassin versant sert de témoin, tandis que l'autre
subit l'expérience de modification de son couvert vkgetal. Cette methode nécessite une
première phase de calibration, qui peut prendre quelques armées, et qui permet d'ajuster
les données de débit des deux bassins versants. La dewieme phase observe les
variations constatées suite à la déforestation du bassin versant exploité. L'importance de
la variation des pentes des droites de régression ou des courbes de double cumul donne
une indication de l'effet de la conversion du couvert vegetal.
Si les circonstances de l'étude ne permettent pas de disposer de plusieurs bassins
versants semblables dont la végétation de l'un d'eux aurait et6 préserve, il faut employer
une autre méthode. La plus répandue consiste à observer sur une assez longue période
l'évolution du rapport entre les précipitations et les débits pour un bassin versant qui a
subi une transformation de son couvert végétal.

1.6. Revue de littérature

L a grande majoritd des auteurs observent une augmentation des débits annuels
suite à la déforestation. Une Ctude menée sur l'Amazone a analysé les hauteurs d'eau à
Iquitos. au Pérou., pour tenter de vérifier si la déforestation en kquateur et au Pérou
influençait l'écoulement (Gentry et Lopez-Parodi, 1980). Pour tester cette hypothèse, les
donnees de hauteurs d'eau sur la mo
de 1962-1978 ont Cté analysées, fiiisant msortir
une augmentation significative des debits maximum, tandis que Ics débits d'dtiage n'ont
pour leur part pas changd significativement. 11 semble toutefois que i'ïnsfisance des
d o ~ k e sdisponibles n'ait pas réellement permis d'&tablirdes liens clairs. Les r6sultats
obtenus ont d'ailleurs été critiques, principalement du fait que les résultats sont bas& sur
des hauteurs d'eau, et non mr des véritabfes valeurs de débit. Or la corrélation entre
hauteur d'eau et debit n'est pas clairement Ciablie A Iquitos. Effectivement, pour les
riviéres au lit de sable fin oii la configuration du lit est changeante, la relation hauteur
d'eau I debit est instable, car un Cventuel ddplacement du thalweg et l'activitt érosive
doivent être envisagés (Nordin et Meade, 1982).
L. A. Bruijnzeel a répertorié en 1990 plusieurs études sur le lien entre la déforestation et
les débits (Bruijnzeel, 1996). Sur les 15 travaux recensés, 2 n'obtiennent pas de
changement statistiquement significatif et 13 constatent une augmentation des débits
suite à la deforemtion. Les augmentations des débits annuels varient entre +7 et +470%,
selon les sites Ctudiés. Une étude a et6 menée A Sungei Tenkam, en Malaysia, de 1977 h
1986, concernant trois bassins versants, parmi lesquels deux ont connu une
déforestation, le troisième servant de reference. Suite B une premiére phase de
conversion de la forêt tropicale en palmeraie B huile concernant 60% d'un bassin venant,
des augmentations de +85% et +147% du débit total ont kté observés les deux années
suivantes. Au cours de la troisième et quatrième annde, la transformation des 40%
restants en plantations de cacao ont eu pour effet d'augmenter la lame d'eau Ccoulee de
822 mm par rapport a la situation initiale, ce qui represente une augmentation
d'écoulement de +470%. Les plus fortes augmentations observkes jusque là étaient de
+440 mm en zone tropicale (Taïwan, Hsia et Koh, 1983) et +660 mm en milieu tempéré
(Bosch et Hewlea 1982) (Abdul Rahim, 1988).

La plupart des enides montrent donc une augmentation initiale des débits totaux
annuels suite à la déforestation et au remplacement des surfaces boisees par divers types
de cultures. Cette augmentation semble être permanente dans le cas d'une conversion en
d a c e herbeuse ou en cultures a faible enracinement, ou temporaire dans le cas d'un
remplacement par une @culture boisée. En fonction du type de conversion, "the
highest increase is nomally observed in the year after the treatment, foliowed by more
or less regular decline with the establishment of the new cover" (Bniijnzeel, 1986, tiré
de Abdul Rahim,1988).

En ce qui concerne les effets de la deforestation sur les debits de basses-eaux durant la
saison sèche, les rtsulÿits sont plus héttrogtnes. De nombreuses dtudes rapportent une
diminution des débits de saison shche (Daniel et Kulashgarn 1974 ; Eckholm 1976 ;
Hardjono 1980 ; RIN 1985 ; Myers 1986 ; Nooteboom 1987 ; Madurna Bandara et
Kuruppuarachchi 1988 ; Bartarya 1989 ; tiré de Bmijnzeel, 1990). Ces constatations
peuvent sembler contradictoires avec les augmentations de débit annuel constatées
précédemment. Toutefois, il faut garder iil'esprit que deux scénario sont envisageables
suite à la déforestation : soit la baisse de capacité d'infiltration atteint un point où
l'augmentation du volume d'écoulement de crue qui y est lié dépasse les gains produits
par la baisse d'évapotranspiration et la baisse d'interception, et le réniltat est négatif pour
l'écoulement en saison shche, soit les conditions d'infiltration sont partiellement
maintenues, et la baisse dl&aporation et dfdvapotranspiration permettra une
augmentation des débits d'etiage. C'est pourquoi d'autres études rapportent une
augmentation des débits d'étiage comme rdsultat de la déforestation.

1.7. Objectifs

11 est intéressant d'observer de quelle manière les débits réagissent à la


déforestation dans le bassin versant de la Haute-Srepok. Une première Ctape consistera à
réaliser une analyse minutieuse de 1'~volutionde l'utilisation du sol sur l'ensemble du
bassin venant. Dans un deuxiéme temps, I'évolution de l'ecoulement global et des
rigimes hydrologiques par la mise en place d%i modèle hydrologique permettra de
mettre en évidence d'éventuelles tendances. Ces tendances pounont alors dans un
troisième temps être mises en relation avec I*6volution de l'utilisation du sol. Une
attention particulière sera attribude aux comportements des débits d'étiage, question
particulièrement pertinente dans une dgion qui connaît d'une part des demandes en eau
d'imgation sans cesse croissantes, et subit d'autre part une saison séche prononcée de 5
mois.
Chapitre 2 :Présentation du terrain d'btude et des données

2.1. Le bassin versant de la Haute-Srepok

2.1. I. Présentation générale du bassin versant

Quelques chiffres

Le territoire choisi par le présente étude se situe dans la rdgion des hauts-plateaux
centraw du Vietnam, entre 12' et 15' de laiMe nord. La derisite moyenne y est de
l'ordre de 60 hab/km2, valeur relativement h i l e comparée h la moyenne nationale
vietnamienne (240 hab/km2), et d&îsoire comparée aux demit& que l'on rencontre dans
les zones des de&, supt!rieures ii 1000 habhnts au km2 (TmHoang, 1996, De
Koninck, 1994). Cette faible densite est toutefois relative, du moins dans une perspective
temporelle, car le nombre d'habitants de cette *on a augment6 de fkpn miportante
depuis la fin de la guerre contre les Etats-Unis. De nombreux programmes
gouvernementaux ont cfactiwment étC mis en place pour or$aniser des fiw de
migration des r@ions des dehas vers ks hauts-plateaux cmtmm, soulageant les zones
de depart souvent surpeuplées, et permettant surtout un contrôle accru du territoire daos
des mnes d'Eirrivée majoritairement peuplées par des (iminorités )) ahniques dont le
sentiment d'appartenance nationale était loin d'etre exacehé (Hickey, 1982b; Hickey,
1982a, Evans, 1992, Monîagu, 1995, De Konhck,et al., 1996, De Koninck, 1997% De
Koninck, 1997b).
Le bassin versant de la Haute-Snpok, qui a dtd retenu dam le cadre de ce travail, se
trouve dans le sud de cette région des hauts-plateaux Il s'inscrit presque entihement
dans la province du Dak Lak, debordant Ygkement au sud-est sur la province voûme du
Lam Dong. Ce bassin versant, d'une altitude moyenne de 700 m, couvre une superficie
Carte 1: Territoire à l'étude:

versant
a Haute Srepok

Vietnam

-- d/'
. . ,. Réseau hydrographique
Carte réahde par Yan Kestens. 2000.
totale de 12145 km2.La majeure partie du bassin comprend des pentes relativement
faibles, inférieures à 8". Les pentes plus fortes, correspondant B des zones moins
peuplées, se trouvent principaiement dans le sud et l'est du bassin versant. Malgré le
qualificatif de « plateaux )) attribut à la région, les cours d'eau ne sont que faiblement
encaissés, et la topographie se caracterise plutôt par un vallonnement des formes, avec
des pentes très faibles dans le nord et autour de Buon Ma Thuot, et un relief plus
prononcé dans le sud et particdiéremeat daris It sud-est. On peut findement distinguer
trois ensembles de paysages : le nord, constitué d'un plateau basaltique, à la topographie
douce, plus intenshent peuplé et cultivé, le nid et l'est du bassin venant, au relief plus
prononcé, principalement couvert de forêt, où les fronts pionniers sont actuellement les
plus actifs, et enfui, entre ces deux ensembles, une zone transitoire de vallées alluviales,
au peuplement disparate, où les cultures irriguees de fond de vallée sont prddorninantes.

Indications gPologigues

Le bassin venant de la Haute-Srepok s'inscrit dans une assise cristalline de granites et de


gneiss datant du Proterozoïque (-2,smilliards d'annkes A -544 Ma), recouverts par des
schistes et des lentilles de grès datant du Jurassique (-135 Ma). Le schiste et le grès,
developpds par diagen&se mite ii une sédimentation marine ont été Clevés vers leur
position actuelle lors du dtwloppement de la c0rdillh-e amnitique donnant naisipance
aux montagnes Truong Son h la fm du Crdtace, il y a de cela 90 millions d'années
(Consult, 1994).
Le plateau de Tay Nguyen, couvrant le nord et I'ouest du bassin versant, est composé de
larges plaques de basalte résultant de i'importante activite volcanique qui a eu lieu dans
la région il y a 3 A 4 miliions d'anndes, durant le Pliodne. Les basaltes les plus anciens
sont le résultat d'éruptions le long de fissures orientées nord-sud, tandis que les basaltes
plus récents sont issus d'un ensemble de volcans dont les cratères sont toujours visibles
sous la forme de petites collines dans les environs de Buon Ma Thuot.
La rivière Srepok s'inscrit dans ces deux principaux ensembles géologiques, creusant des
vallées aux venants inclinés dans les montagnes Truong Son, logeant celles-ci le long
du contact avec le plateau basaltique, avant de le traverser en y creusant une petite vallée
étroite.

Occupation du sol

Le bassin versant de la Haute-Srepok, en 1994, est couvert a plus de 60% par la forêt.
Les cultures. qui couvrent I la même date 21% du temtoire. sont localisées
majoritairement dans le nord du bassin venant, sur le plateau basaltique où la
topographie douce et les terres riches sont propices à l'exploitation agricole. Plus de la
moitié des zones plantées sont occupées par le café. qui s'est développé à grande échelle
récemment. principalement depuis le début des années 80. Les zones bàties. quoiqu'en
plein développement dais la région. n'occupent que 3% du territoire. L'6volution du sol
au cours de la période 1979-1994 est analysée en détail dans le chapitre suivant.

Figure 4 Précipitations mensuelles moyennes a Buon Ma Thuot, 1978-1998

Le bassin versant de la Haute-Srepok connaît un climat de mousson, avec une saison


sèche de décembre à avril, et une saison humide le reste de l'année. Les précipitations
moyennes annuelles pour l'ensemble du bassin venant s'élèvent à 1800 mm, avec
toutefois une certaine variabilité régionale, le sud et l'est du bassin versant étant plus
arrosé que le nord. Pendant la saison sèche, les précipitations mensuelles sont inférieures
à 15 mm en moyenne à Buon Ma Thuot, alors que la quasi totalité de la saison humide
connaît des précipitations mensuelles supérieures à 250 mm.

Figure 5 Précipitations annuelles moyennes 19781998, bassin versant de la Haute-


Snpok

1
-'
) 1SMmm

Les températures varient globalement entre 20 et 2S0, avec à Buon Ma Thuot une
moyenne de l'ordre de 21' en décembre-janvier et de 26,3" en fui de saison sèche, soit en
avril.

Figure 6 Température moyenne annuelle 1978-1998, bassin versant de la Haute-


Srepok
L'tvaporation calculée a partir de mesures e f f ~ é e par
s des tubes de Piche donne une
valeur moyenne annuelle de 1370 mm B Buon Ma Thuot. L'évaporation est supérieure à
125 mm par mois de décembre ii avril, avec un maximum de 219 mm en mars,et chute
fortement pendant la saison humide, &nt inférieure à 75 rnm/mois de juin à octobre.

Figure 7 Évaporation (Piche) moyenne mensueue mesurée P Buon Ma Thuot, 1978-


1998

1 2 3 4 5 6 7 8 9 1 0 1 1 1 2
Mois

L'humidité relative à Buon Ma Thuot, seule station pour laquelle nous disposons de
données hygrométriques, est supérieure h 85% de juin octobre, diminuant A pariir de
novembre pour atteindre un minimum en fin de saison séche de 69,8% en avril.

Figure 8 Humidité moyenne mensuelle iBuon Ma Thuot, 19781995

"" -
- -

1 2 3 4 5 6 7 8 9 1 0 1 1 2
Mob
2.1.3. LQ rivière Srepok

Description gknkrale

La rivière Srepok prend sa source dans les montagnes Truong Son, dans la cordillère
anamitique, et s'écoule vers l'ouest pour se jeter dans le Mékong au Cambodge, à Stung
Treng. La superficie totale du bassin versant de la Srepok est de 29500 km'. Les 18200
km2situés au Vietnam se répartissent en deux bassins versants, parmi lesquels le bassin
versant de la Haute-Srepok, d'une superficie de 12145 km2,conninie le terrain d'étude.
La Haute-Srepok est le résultat de la confluence de deux cours d'eau principaux : la
rivière Krong Kno et la rivière Krong Ana La nvière Krong Kno prend sa source au
sud-est du bassin versant, à plus de 2000 mètres d'altitude, s'dcoulant tout d'abord vers
l'ouest suivant un pendage fort, de l'ordre de 4 B 5%, bifurquant ensuite vers le nord
pour se jeter dans la nvière Krong Ana. La rivitre Krong Ana est pour sa part le r4sultat
de la confluence de trois affluents principaux : les rivières Krong Buk, Krong Pac et
Krong Bong. Les pendages en amont de la confluence sont de l'ordre de 0.4 B OS%, et
tombent à 0.025% en aval. Ainsi, en aval de la confluence et jusqu'à la renconBe avec la
rivière Krong Kno, la vallée de la Krong Ana est l'objet d'inondations Wquentes, qui
sont principalement le résultat d'un trés faible pendage et de la présence d'importantes
quantités de sédiments dans le lit de la riviére dduisaat la capacité hydraulique du cours
d'eau (Consult, 1994: 33). A partir de la confluence des deux riviCres h g Ana et
Krong Kno à une altitude de 400 rn, la rivière Srepok s'écoule vers le nord-ouest pour
atteindre la fionti&reavec le Cambodge quelque 230 metres plus bas. Le long de cette
section longue de 75 km, plusieurs chutes nous montrent Magement des niveaux
basaltiques de la rdgion.

Caractéristiques hydrologiques

Les débits mesurés à Ban Don, station située à 35 km de l'exutoire du bassin versant,
présentent une variabilité interannuelle relativement forte. Pour la période 1978-1998, le
débit moyen annuel varie de 183 m3/sB 40 1 m'/sec, avec une moyenne sur la période de
263 m3/s, et un écart type de 56. Ceci représente un ddbit total m u e l moyen de 8294
millions de mètres cubes (voir cartes p. 19).

Figure 9 Débits moyens annuels I Ban Don, 1978-1998

1 450
I
i I
' 400
350

gE 250
I
m
g 200
a 150
100
50 !
i

I
O
, p p & ~ @ . ~ , ~ ~ ~ @
An*
'
0

Les dibits sont minimaux vers la fin de la saison sèche, passant en moyenne sous les 70
m3/s en mars et awil, augmentant ensuite graduellement jusqu'8 un maximum de 589
m3/s au mois d'octobre. La variabilitk saisonnière des débits est donc très forte, puisque
sur la période 78-98 tes coefficients mensuels de debits moyens varient de 0 2 à 2,2.

O -
t 2 3 4 5 6 7 8 O t O t 1 1 2 ,

Mois
Carte 2: Stations de mesure des débits
et valeurs moyennes en m3ls sur la période 78-98
Bassin versant de la Haute Srepok
Nom des stations
i
i 1
I

Débits moyens annuels

1
,
1

y214

1
---

Débits maximums

Débits minimums

Limite du bassin versant de la Haute Srepok


Limite des sousbassins versants
A . Réseau hydrographique

Station de mesure hydrologique

Cartes réalisées par Yan Kestens, 2000.


2.2. Les données disponibles pour l'étude

Dans le but de mettre en dvidence un éventuel changement des rdgimes hydrologiques


en relation avec l'évolution du sol a plus particulièrement en rapport avec la
déforestation, un certain nombre de données climatiques, hydrologiques et d'utilisation
du sol ont du être collectées. Une campagne de terrain, menée en mai-juin 1999 au Dak
Lak, a rempli cet objectif. Il est utile de rappeler ici les dificultés que rencontre le
chercheur étranger dans l'étape de collecte de domees au Vietnam. Effectivement,
malgré le fait que cette étude ait &té réalisée dans le cadre du projet « Le défi forestier au
Vietnam n, débute en 1994, et impliquant une collaboration etroite entre chercheurs
canadiens et vietnamiens, un certain nombre de difficultés persistent. L'accès 2t un
certain nombre de données de bases est loin d'être évident pour un chercheur étranger.
La méfiance des institutions, nounie par une peur de l'espionnage et un manque
d'habitude de collaboration avec les chercheurs Ctrangers, explique dans une large
mesure la mauvaise accessibilite des domees. D'autre part, suivant le modèle des
sociétés pst-industrielles, on assiste au Vie- B une marchandkation de l'information
et des données, impliquant des coûts d'acds prohibitifs. Malgré ces difficultes, et
grilce à l'aide active de nos ~llaboratemvietnamiens, un certain nombre de données
ont pu être collectées.
En ce qui concerne les donnees climatiques, pour la pdnode 1978-1995, nous avons pu
obtenir des données de prdcipitations mensuelles pou. un ensemble de 11 stations de la
province de Dak Lak, des données de température moyenne quotidienne pour 4 stations
dans et autour de la province, des données mensuelles d'évaporation de Piche, et des
données d'humidité moyenne mensuelle pour la station centrale de Buon Ma Thuot. En
ce qui concerne le volet hydrologique, nous avons pu obtenir des données de débit
moyen mensuel concernant 6 sous-bassins versants inscrits dans le bassin versant de la
Haute-Srepok. dont la taille varie de 500 km2 à 10 000 km2. En ce qui concerne les
données spatiales d'utilisation du sol, nous avons pu obtenir un ensemble de trois cartes
so-usfürn~atélectronique détaillant 21 classes, incluant 1 1 classes de types de forêt.
2.2.1. Présentation des données

Données c i i ~ t i q i i e s

Les données climatiques recueillies sur place proviennent du réseau mét6orologique


vietnamien, qui a été très bien remis en état après l'intervention des Etats-Unis.k s
données concernent la période 1978-1998, et la qualité des sites de mesure des stations
concernées est remarquable.
En ce qui concerne les précipitations, nous disposions de donndes mensuelles moyennes
pour 19 stations. Sur ces 19 stations, 8 présentent des données trop incomplètes et ont
été rejetées. Sur les 1 1 stations restantes, 8 ont des données continues pour la période 78-
98 et trois stations presentent des lacunes d'une année. Ces trois annees manquantes ont
été comblées pour aniver à un réseau total utilisable de 11 stations (voir section 2.2.2).
La qualité des données de précipitations a été vdrifiée tout d'abord visuellement par
lecture de graphiques et par établissement de courbes de double cumul et n'a donné lieu
à aucune modification. Le degré de corrélation entre les stations a été calculé a partir des
coefficients de précipitations (valeur de précipitation du mois / moyenne des valeun de
précipitation du mois sur la période). Les valeurs sont dans l'ensemble faibles, ce qui
indique une grande variabilite spatiale des pdcipitations sur le territoire. La codlation
augmente toutefois nettement si I'on ne prend en compte que la période humide, soit
d'avril à novembre: pour les 8 stations aux senes compktes, la valeur du coefficient r
moyen passe dors de 0,38 à 0,55.

Tableau 1 Coefficients de corrélation calculés 1 partir des coefficients de


prkipitations des donnees mensuelles, 1978-1998

Giang
- Son Cau 14 BMT Ban Don DucXuyen M'Drack Krong
- Buk ta&
Giang Son 1 ,O0
Cau 14 0.17 1,OO
BMT 0,17 0,75 1,OO
Ban Don 024 0,67 0,33 1,O0
Duc Xuyen 034 0,30 0,37 0,40 1,O0
M'Drack 0,28 0,32 0,33 0,22 026 1,O0
Kbuk Cau42 022 0,48 0,59 O26 0,36 032 1 ,O0
Lak 0,56 0,24 0,33 0,33 0,73 0,32 0,35 1
Tableau 2 Coefficients de mrr4ation calculCs P partir des coefficients de
pdcipitations des d o n n k mensuelles d ' a d inovembre, 197&1998
GianaSon Cou 14 BMT BanDon DucXwen M'Drack KbukCau42 Lak
Giang Son 1
Cau 14 0,73 1.00
BMT O 0,73 1.00
Ban Don 0,63 0,fI 0,60 1,O0
Duc Xuyen 0,70 0.65 0,75 039 1,O0
M'Drack 0-52 0,45 0,42 0,4 t 0,32 1 ,O0
Kbuk Cau42 0,56 037 0,54 0,s 1 0.47 0,58 1,O0
Lak 0.74 0.65 0.70 0.55 0.74 0.42 0.47 1

La qualité des données de précipitations a d'autre part Cté vérifiée par l'analyse des
courbes de doubles cumuls. Tous les graphiques dorment des droites sans rupture,
signifiant une b o ~ homogénéit6
e des séries. On observe par contre une corrélation
intra-annuelle faible pour certaines stations, notamment M'Drack, plus arrosée pendant
la saison sèche que les autres stations de la région.

Les données de température n'ont pu être obtenues que pour 4 stations principales, trois
étant situées dans le bassin venant, et une quatrième,Da Lat, &nt située au sud dans la
province du Lam Dong. La corrélation entre les stations est très bonne, avec un
coefficient de corrdation moyen de 0,92. L'analyse des courbes de double cumul indique
des stries très homoghes, sans discontinuités.

Tableau 3 Coefficients de cordation des coefficients de tempCrature, d o n n h


mensuelles, 1978-1998
BMTMens Da fat M'Drak Dak Nona -
BMTMcns 1
Da lat 0,90 1
M'Drak 0,89 0,96 1
Dak Nong 0,95 0,92 0,m 1

Des données d'évaporation mensuelle mesurées par tube Piche ont pu être obtenues pour
la station de Buon Ma Thuot. L'dvaporation annuelle moyenne mesurée sur la période
1978-1998 est de 1435 mm. L'évaporation est maximale en milieu de saison sèche,
supérieure a 180 d m o i s de février à avril, avec un maximum en mars de près de 220
mm. L'évaporation diminue au cours de la saison humide, Ctant inférieure à 75 mm de
juin B octobre. On remarque une nette tendance à la baisse de l'évaporation mesurée sur
l'ensemble de la période 78-98. Cette diminution est proportionnelle A l'augmentation de
l'humidité moyenne annuelle, le coefficient de codation r entre ces deux variables
Ctant de 0,74 pour la pCnode 1978-1995.Les d o ~ d e dIiumidité
s obtenues concernent
elles aussi la station de Buon Ma Thuot, mais uniquement pour la période 1978-1995.
Toutefois, la baisse de I'evaporation de Piche est difficilement interprttable.
Figure 11 Évolution de l'évaporation de Piche mesurée P Buon Ma Thuot, 1978-
1998

Donnies hydrologiques

Nous avons pu obtenir des donnies de debit mennicl moyen de 6 stations hydrologiques
délimitant autant de sous-bassins versants inscrits dans le bassin versant de la Haute-
Srepok. Ces données couvrent les périodes 78-98 pour les 3 bassins versants de Krong
Buk (458 km2),Giang Son (3 193 km2)et Ban Don (10809 km2), 78-95 pour la station
Cau 14 (8615 km2),78-90pour Duc Xuyen (3021km2)et 78-87pour Krong Bong.
L'analyse d'hornogen4ité des séries de données s'est faite de la même maniére que pour
les précipitations, soit par l'établissement de courbes de doubles cumuls (voir annexe A).
Les stations ont été confrontées à la station principale de Ban Don, proche de I'exutoire
du bassin versant de la Haute-Srepok. Les courbes obtenues montrent une très bonne
corrélation pour les stations de Giang Son, Cau 14 et Duc Xuyen. En ce qui concerne le
bassin venant de Krong Bong, on remarque d'une part une différence intra-annuelle de
régime d'écoulement par rapport 21 Ban Don, a d'autre part des irréguiarités nettes avant
1983. Les donnees disponibles ne couvrant que la période 1978-1987, ces données de
débit ne seront pas considér6es dans la suite de I'&ude. La courbe des données de débit
du bassin versant de Krong Buk montre une rupture nette de pente B partir de 1995 qui
ne peut être attribuée a des changements d'origine climatique. Les valeun de débit de ce
bassin versant concernant la période 1995-1998 doivent donc être considérées avec
prudence.

Donn Pes dtutiIisatwn du sol

Des cartes d'utilisation du sol en format numerique ont pu être obtenues de façon non
officielle, notre source demandant à ne pas être divulguée. Ceci explique l'absence de
source sur les cartes d'utilisation du sol. De même, il n'a pas &tépossible d'obtenir des
renseignements complets en ce qui concerne les métado~desliees à ces cartes. Nous
savons toutefois qu'il s'agit d'interprétations d'images satellitai- MSS pour 1979,
SPOT pour 1989 et Landsat TM pour 1994. D'autres dquipes de recherche ont utilisé ces
cartes dans le cadre de travaux portant mla population et l'tvolution du sol au Dak Lak
(Casperson, 1999). La classification est identique entre les trois dates, et l'homogtnéité
des données sur la pdnode parait très bonne. L'hornoghidit6 a Ctt! mesurée en
superposant les trois dates et en mesurant l'importance des "erreurs", c'est B dire la
proportion d'évoldon impossible constatée, comme par exemple le pourcentage de bâti
transfome entre deux dates, de zones Nicoles transformées en forêts, ou de cultures
annuelles de plaine se dtveloppant sur d'anciennes zones de cultures annuelles de
versant. Le pourcentage â'eneur obtenu par cette methode est très faible, de l'ordre de 2
h 3%. La précision et l'exactitude de ces cartes sont donc bonnes, ce qui représente un
del avantage. Il n'est effectivement pas toujoun évident d'acceder B des documents de
cette qualit&, particulièrement au Vietnam où toute carte d'occupation du sol est
considérée comme document sensible, et encore plus dans la région des hauts-plateaux
-
centraux où I'évoIution du sol et des forêts est souvent et d'ailleurs à tort comme I'ont
-
montré les recherches mendes dans le cadre du défi forestier au Vietnam associée a la
présence des minoritCs ethniques (Roche, 1999, Dery, 1996, Bernard, 1995, De
Koninck, 1997~).

2.2.2. Analyse, cowections et comblement des lacunes

Corrélation avec l'altitude


La corrélation entre les prtkipitations mensuelles et l'altitude est faible la majeure partie
de l'année, la valeur du coefficient de corrélation &nt sydmatiquement inférieure à
0,3. Or un coefficient de corrélation Uif6rieu.r à 0,3, hormis pour les mois où il n'est pas
significatif, ne semble pas &vident.Il n'a donc pas ét6 possible de mettre en évidence une
corrélation altitude/précipitations.

Gradient 1atinidinalAonnitudinal
Les corrélations obtenues entre la latitude ou la longitude et les précipitations moyennes
mensuelles ne sont pas significatives entre octobre et mars. Par contre, pendant la saison
humide, on remarque des gradients latitudinal et longitudinal ndgatifs, soit des
prkipitations augmentant du nord vers le sud et de l'est vers I'ouest.

Figure 12 Valeur des coenicieiits de corrClation entre les précipitations mensuelles


comblement des lacunes
Sur les 11 stations pour lesquelles nous disposons de domCes sur la période 1978-1998,
3 présentent des lacunes d'un an. Pour la station de Dak Mil, il manque 1980, pour Buon
Ho 1986, et pour Dak Nong 1988. Les huit stations aux séries complètes ont donc servi
de stations de référence. Une première tentative d'estimation des lacunes par régression
multiple, en considérant les 4 stations les mieux corrélks à la station à combler comme
variables explicatives, n'a pas donné de rdsultats satisfaisants. Effectivement, cette
méthode permet d'obtenir des valeurs élevées de 2. Mais celles-ci ne sont que rarement
significatives et ne peuvent donc être considérées.
Finalement, il a été décide de rCaliser une sélection des années les plus ressemblantes
aux années à combler par le biais d'une analyse en composantes principales (ACP
s précipitations annuelles des 8 stations de
rotation varimax) portant sur les d o ~ e e de
réference sur la période 78-98. L'objectif premier de cette analyse est d'observer si les
années 80, 86 et 88 se demarquent des autres années. L'objectif second est de pouvoir
réaliser un regroupement par type d'année permettant une cartographie des diflerents
schémas spatiaux de precipitations. Une seconde ACP portant sur les données
mensuelles permettra d ' f i e r la compdhension de la structure spatio-temporelle des
précipitations, et de comprendre la structure mensuelle des types d'anndes ttablis partir
de I'ACPsur les données annuelles.

Dew facteurs ont dtC retenus pour I'ACP portant sur les domdes annuelles, le premier
expliquant 55,8% du total de la variance, le deuxième 17,3%.
Si l'on observe les scores obtenus pour les trois années à combler, on remarque que les
années 80 et 88 se distinguent par un facteur 1 ndgatif et un facteur 2 positif, tandis que
l'année 86 présente des scores proches de zéro.

Tableau 4 Scores de I'ACP des données annuelles de pdcipitations des 8 stations de


reférence. Rotation varimax, 2 facteurs.
Eigenvalues 4.46 1,38
Annee Facteur 1 Facteur 2
78 0.04 0.36
Analyse des cartes d'interpolation des ~rkipitationsannuelles selon les scores factoriels
La moyenne des quatre annees aux scores positifshégatifs les plus importants a &té
cartographiée. La méthode d'interpolation choisie pour la réalisation des cartes est une
interpolation inverse de la distance simple prenant en compte toutes les stations dans le
rayon de recherche. La méthode du kngeage, préférentiellement utilisée en climatologie,
n'a pas pu ê e appliquée ici au vu du faible nombre de stations, et la methode des
polyghes de Thiessen n'était pas disponible dans le logiciel d'interpolation utilisé
(Surfer).

Facteur 1:
Il apparaît clairement & la lecture des deux cartes suivantes que le facteur 1 exprime
essentiellement une quantite globale de prdcipitations. Le FI positif représente les
années A forte pluviosité, avec des précipitations supérieures ki 2000 mm sur la majeure
partie du territoire, hormis pour la région de la station climatique de Krong Buk. Le
gradient positif s'exprime globalement du nord-ouest vers le sud-est, avec un creux
prononcé vers Krong Buk et une crête remontant vers BMT.
Figure 13 ACP sur les données annuelles: Facteur 1 positif (gauche) et négatif
(droite)

Figure 14 ACP sur tes données annuelles: Facteur 2 positif (gauche) et négatif
(droite)

fpg mm
2ZSô mm
taw mm
21Mmm
ZIOamm
tOSa mm
2- mut
tQdamm
t O00 mm
1aK)mm
t-mm
t7Mmm
1'lW mm
16Omm
1Qomm

Facteur 2:
Le facteur 2 de l'analyse en composantes principales semble représenter l'importance
des différences régionales dans la structure spatiale des précipitations. Le F2 négatif
exprime une homogénéité importante des précipitations sur l'ensemble du territoire,
c'est à dire un gradient faible voire in&stant. Les scores positifs font ressortir au
contraire les anaées à forte différenciation régionale où des gradients importants
apparaissent.
Ainsi, l'amplitude des précipitations pour la carte des F2 négatifs n'est que de 300 mm,
tandis que l'amplitude dépasse les 1100 mm pour la carte des F2 positifs.
L'analyse en composantes principales a donc permis de ddtenniner pour les trois m é e s
lacunaires les années semblables servant ensuite à combler les données manquantes (voir
figures 15 à 18).
D'autre part, une rdgression multiple par dtape pour chaque mois a été effectuée,
intégrant donc comme variables explicatives les stations présentant une cordation
statistiquement significative. Pour certains mois, seule une constante a pu être calculée,
car aucune station ne reprtsentait un facteur suffisamment significatif pour pouvoir être
pris en compte dans la régression multiple (mars88 pour Dak Nong, mai et décembre 80
pour Dak Mil, mai 86 pour Buon Ho).

Figure 15 Scores factoriels de I'ACP des données annuelles de prkcipitations, 8


stations de référence

Scores factoriels multipliés par la valeur propre


Figure 16 Structure spatiale des précipitations des années type 1980

Li1600mm

Figure 17 Structure spatiale des prkipitations des années type 1986

IWJû mn

Figure 18 Structure spatide des précipitations des années type 1988


La deuxième analyse en composantes principales portant sur les dom& mensuelles de
précipitations fait ressortir 2 facteurs expliquant respectivement 76,7% et 1 1.9% de la
variance. Le premier facteur fait clairement ressortir la dualite saison sèche / saison
humide, les scores positifs correspondant aux mois humides et les scores négatifs aux
mois secs. Le deuxième facteur est plus difficile à interprdter. Une matrice de type
matrice de Bertin, affectant un ton de couleur chaque valeur de score a été réalisée
pour tenter de mieux interprdter les résultats, et permettre un certain regroupement des
années par type de saisons (voir annexe B). Ainsi, pour les scores positifs du facteur 1,
on peut globalement défmir 3 groupes tels que ddmarquis sur le tableau ci-après: les
années aux saisons humides longues (G1), les années aux saisons humides moyennes
(G2)et les années aux saisons humides tardives (G3).Les scores positifs du facteur 2
concernent particulièrement les mois de fui de saison humide, et semblent indiquer
l'importance des précipitations de fin de saison humide. Panni les 5 années regroupées
en tête dans le tableau des scores positifs du facteur 2,4 années ont d'autre part les plus
importants scores positifs dans le facteur 1 de 1'ACP annuelle. II s'agit donc d'une
indication de l'importance des précipitations en fin de saison humide. On constate
d'ailleurs que 1986 (année lacunaire pour Buon Ho) présente des scores positifs
supérieurs à 0,8 d'octobre ii décembre, ce qui veut probablement dire que la fia de la
saison humide &taitcette année plus arrosée que la normale.

Les donnees de température des 4 stations prdsentent quelques lacunes: 4 mois pour
Buon Ma Thuot, un mois pour Da Lat, et une année pour Dak Nong. Les données
mensuelles des quatre stations sont très bien corr61ées, avec des d c i e n t s de
corrélation supérieurs ou Cgaux B 0,89. Cette bonne corrélation a permis de combler les
lacunes par régression multiple par etapes, en calculant les coefficients de régression
indépendamment pour chaque mois.
Utilisation du sol

L'analyse de l'évolution de l'utilisation du sol est d6taillée dans le chapitre suivant.


Malgré la bonne homogtnéité des données de base, une petite conection a du être
apportée aux fichiers d'origine. Cette correction concerne l'&tenduedes plans d'eau dans
la vallée de Krong Ana. Effectivement, une sudace relativement importante, de plus de
30 km2,attenante a la rivière Krong Ana, catdgorisée cultures annuelles de plaine en
1979 et 1994, était catégorisée comme plan d'eau en 1989. Il est très probable que cette
augmentation temporaire de la surface d'eau soit liée A une mauvaise interprétation des
images satellites. Comme il s'agit d'une zone sujette aux inondations, on peut
rako~ablementpenser que l'image de 1989 ait kt6 prise suite à des fortes pluies, et que
les cultures annuelles de plaine, rizicoles dans cette région, etaient d o n submergées. La
désignation des 30 km2 d'eau en 89 et catégorisds cultures annuelles de plaine en 79 et
94 a donc été changée en culture annuelle de plaine.
Chapitre 3: Evolution de l'utilisation du sol, bassin versant
de la Haute-Srepok

3.1. Bassin versant de la Haute-Srepok, présentation


générale de I'utilisati~ndu sol en 1979

En 1979, les terres dtivées ne couvrent


qu'un peu plus de 12% du temtoire, tandis que la
grande majorité du bassin versant est couvert par
la forêt.

La diversité des types de forêt rencontrés dans


cette région est grande. La forêt sempervirente, la
plus riche sur le plan de la biodiversité, représente
la surface la plus importante, 6670 km2, soit près
Figure 19 Utilisation du sol en de 80% de la couvemire forestière totale. On
1979 distingue au sein de cette forêt sempervirente la
forêt fermée, qui couvre à elle seule 3512 krd, sot un petit peu moins que la moitié de
la surface forestière totale (42%), et la forêt sempervirente partiellement dégradée,
moyenne à ouverte, couvrant quant à eile 3 158 km2.
Les 20% de couverture forestière restante
Figure 20 Proportions des types de
sont des forêts de bambou et de pin,
for6ts
couvrant respectivement 14 et 6% de la -depin
6%

surface forestière totale. F- de bambou

Les cultures annuelles sont constituées


aux trois quarts de cultures annuelles de
versant, pour un quart de cultures
annueiles de plaine. Le d é , qqui
comabi dans les 15 années suivantes
une croissance fulgurante, ne couvre alors que 56 km2,soit moins de un demi pour-cent
du territoire. ..

3.2. L'évolution de l'utilisation du sol

3.2.i. Les grandes lignes des changemenls rnlre 79 ri 89

Figure 21 Évolution des surfaces entre 79 et 89

..
Moins defd.

Figure 22 Uîiihtion du sol en En 10 aos, près de 20% du territoire a COMU


1989 une modification de son occupation du sol. C'est la
forêt qui a subi, de loin, le plus fort recul en chittie
absolu, puisque ce sont 13 5 1 km2 de forêt (13,7%
de la couverture forestière de 79)qui ont changé de
catégorie d'utilisation du sol en 89, soit un rythme
moyen annuel de 135 km2 de forêt en moins. Outre
ces 135 1 km2,il faut considérer 204 km2 de forêt
qui sont apparus entre ces deux dates. Cette nouvelle forêt provient à 50,5% de zones de
savane arborée (103 km2),et à 45,6% de zones de savane herbeuse et arbustive. Que dire
de cette surface de forêt qui s'est developpée entre 79 et 89 ? Deux principaux scénarios
sont envisageables. Il peut tout d'abord s'agir dime recolonisation de la forêt sur des
zones partiellement défrichées. Si ce scénario peut sembler probable en ce qui concerne
les savanes arborées, il n'en est pas de même pour les surfaces classées savane herbeuse
et arbustive en 79, car une recolonisation forestière en 10 ans paraît alors peu probable.
Cette apparition de forêt peut également - du moins partiellement - être liée à une
mauvaise interprétation de l'utilisation
Figure 23 Evolution d u 1351 km2 de forêt
coupés entre 79 et 89 du sol. 11 est d'ailleurs intéressant de
noter que parmi les 204 km2 de forêt
issus des zones de savanes, 60 km2
Autres
13% sont a nouveau catégorisés comme
Swanearbrk zones de savanes en 1994, et ne sont
40%
donc que transitoirement définies
comme forêts. En prenant en compte
l'utilisation du sol en 1994, on peut
Savane herbeuse et rakomablement penser que ce
arbustnre
14% développement de 204 km2 de forêt
est donc surestimé, et qu'une valeur de i'ordre de 140 lanf serait plus proche de la réalité.
Finalement, les 1351 h2de forêt disparus entre 79 et 89 ont été transformés en premier
Lieu en savane (736 km2 soit 54,5%), principalement en savane arborée (74,9%) et
secondairement en savane herbeuse et arbustive (25,1%), et en second lieu en cultures
annuelies (442 km2 soit 33%), très majoritairement en cultures annuelles de versant
(87,55%). Enfin, 101 km2 ont été
Hévéa
transformés en terres dénudées, 25
km2 en hévéa, 17 km2 en cafë et 12
Cultures annue
de plaine km2en zones bâties.
11%

PIus de cultures...
sannue
versant
74% Les zones cultivées ont augmenté de
Figure 24 Cultures issues des savanes près de 80% en 10 ans (78.28%),
passant toutes catégories confondues de 1501 a 2657 km'. Sur ces 2657 km2,1224
étaient déjà des terres agricoles en 79. Il s'en est donc rajouté 1433 en dix ans, mais
paraiidement il s'en est perdu 276 km2. L'évolution entre 79 et 89 est donc de +1433 -
276 lan?, ce qui correspond à une progression globale de +Il57 km'.
Le développement des 1433 k
d s'est f ~ aut détriment des catégories suivantes : savane
arborée (-862km'), forêt (-184 km'), savane herbeuse et arbustive (-60 kd),terres
dénudées (-22 lan'), et plans d'eau (-6 Imi").
Parallèlement, les 276 lan' de terres agricoles perdues ont essentiellement été
transformées en zones bâties +113 krr? (sur un total de 174 km2), mais aussi en savane
arborée +75 kmz, savane arbustive +5 1 km2, terres dénudées +19 km2, plans d'eau +13
lan', et même en forêt +4 lux?. Ces 4 l d de forêt qui se seraient développés en dYc ans
sur d'anciennes terres agricoles sont plutôt à considérer comme des erreurs
d'interprétation ou le résultat d'imprécisions apparaissant lors de la superposition des
deux cartes de base.
Les 1433 km2 de nouvelles terres de cultures sont très majoritairement des cultures
annueiles de versant (75,8%), mais aussi des cultures annuelles de plaine (1 1,6%), et
dans une moindre mesure du d é (6,8%) et des plantations d'hévéa (5,9%).
On remarque que ce sont les cultures annuelles de versant qui ont connu les plus grandes
modifications. D'un côté 1238 km2se sont développés (dont 150 lan? nir d'anciennes
terres agricoles), mais 547 km2 ont
Figure 25 Origine des nouvelles égaiement été transformés, soit en dhires
terres de café en 89
F* pérennes, notamment en café (3 7,8%) et en
plantations dliévéa (15,2%), soit en savane
(16,8%), ou encore en zones bâties (1 5,7%).

Le cafë a connu un développement


important, passant de 56 à 399 km2 en dix
ans. Ces nouvelles terres de café sont
principalement d'ancimnes tmes agricoles : a 67,7??d'anciennes zones de cuitures
annueiles, et à 7,08% d'anciennes plantations d'hévéa Mais le café a aussi été développé
sur d'anciennes savanes (21%),ou encore directement sur d'anciennes forets (4,5%).
Savanes :rédudion et grands changemen&

Figure 26 Evolution des 1199 km2 En dix ans, alors que la surfàce totale de
de savane traasformés entre 79 et savane reste sensiblement identique, celle-ci
89
a connu d'importants changements. 1 199
Km' des 2106 icm' de savanes de 1979 ont
été transformés durant les dix années
suivantes (57%). 77,1%, soit 924 km2,ont
été m i s en culture, majoritairement en
cultures annuelles (65,5%), secondairement
en café (6,7%) et en hévéa (4,9%). D'autre
Figure 27 Origine des 906 km2 de
nouvellesavaneen89
pari, 196 km2 ont été recolonisés par la
forêt, principalement a partir des savanes
arborées.
Parallèlement, 906 kn? de savane se sont
développés, très majoritairement à la place
d'anciennes forêts (8 1,2%), mais aussi
partiellement à partir de zones de cultures
annuelles ( 13,Ph).
Le résultat final des ces évolutions est une diminution (-13,9%) de la surface totale en
savane.

Plus de terres dénudées...

Les zones de terres dénudées ont plus que doublé, passant de 80 à 170 M. En réalité,
les 80 km' de terres nues de 79 ont été converties a 88,8%, principalement en savane,
herbeuse et arbustive (25 km2)et arborée (191mif), et en cultures (22kd),
et ce sont 162
km2de nouvelles terres dénudées qui se sont développées pendant la même période. Ce
a) Sur ces 124 km2,5 km2sont catégorisés comme cultures annuelles en 89. Ces 5 km2
sont donc très probablement issues d'erreurs d'interprétation ou d'imprécisions des
limites forestières.
b) Sur ces 124 km2,35 km2 sont catégorises comme savane à la fois en 79 et 89, ce qui
mène à penser qu'il s'agit également pour cette surface d'me erreur soit d'interprétation
soit liée à l'impr6cision des limites.
On peut donc raisomabiement m e n e r ia surface d'expansion de ia for& à environ 80
km2.

Les 465 km2de forêt transformée entre 89 et 94, soit en moyenne 93 km2 par an, se sont
à 5 3 3 % dégrades en savanes (251 km2), a 22,6% en cultures annuelles, a 9,7% en cafë,
et à 5,8% en zone bâtie.

La surface totale cultiv4e ne change pratiquement pas, mais ...


Si la surface totale cultivée reste entre les deux dates relativement similaire, diminuant
même quelque peu (-5,8% ou -156 km2),il ne faut pas croire que des modifications de
l'utilisation du sol n'ont pas eu lieu, bien au contraire. Pour preuve, seulement 33% des
terres cultivées de 94 avaient la mhne affectation en 89. Ceci veut donc dire que deux
tiers des terres cultivées de 94, soit 1683 km2ont connu un changement d'affectation
durant les cinq années précédentes.

Ce changement a pris essentiellement deux formes:


- d'une part, certaines zones cultivees ont 6té transfomides en terres non agricoles,
tandis que d'autres tems ont 6té nouvellement exploit&s, on p o d t donc parler
de translation des terres agricoles (a)
- d'autre part, la proportion des différents types de cultures a fortement changé (b)
a) Translation des terres amicoles

a. 1. Que sont devenues les anciennes terres agricoles ?


Sur les 639 km2 de terres agicoles "perdues" entre 89 et 94, la majorité (59,6%) 3

transformée en savane, herbeuse et arborée. On peut émettre l'hypothèse que cet


abandon massif soit liée à une perte de fertilité des sols, rapidement exploités puis
abandonnés dans une logique de front pionnier, où de nouvelles terres peuvent être
facilement défichées. Une partie non négligeable, près du quart, (22,6%), a été bâtie (les
anciennes terres cultivées représentent 75.8% des nouvelles zones bâties). Cette
conversion en zone bâtie s'est principalement me à partir de zones de cuitures mue11es
de versant (6 1,1%), mais aussi à partir de surfaces de café (20,8%), d'hévéa (9,7%) et de
cultures annuelles de plaine (8,3%).

a. 2. D'oii proviennent les nouvelles terres agricoles ?

Sur 486 km2 de nouvelles terres agricoles, 310 km2 sont le résultat diine mise en
exploitation de savanes arborées ou herbeuses et arbustives. Or 50% de cette surface de
savane était de la forêt en 79 (101 km2), tandis que 50 km2correspondaient déjà à la
même date à des zones de cultures, soit des cultures annueiles (50 km2) de plaine (19) et
de versant (3 1).
De plus, 154 km2de forêt ont directement été transformés en zones de culture entre 89 et
94, tandis que 19 km' de surface d'eau a elle aussi été transformée en terres agricoles,
principalement en cultures annuelles de versant (16 km2).

b) Modifkation des pro~ortionsdes différentes cultures

Figure 30 Types de
cultures en 89
Alors qu'en 89 les cultures annueiies de versant
Hévéa CURURS
représentent les deux tiers des terres agricoles, et le
7% annuelles de
café moins du sixième, cinq ans plus tard le café couvre
plus de la moitié des terres agricoles (55%), ce qui
représente une augmentation de +994 km2 ou

versant
66?6
+249,12% et les cultures annuelles de versant ont nettement régressé (- 996 km2ou -
56.6%).
On le voit, c'est l'expansion importante du café qui ressort particulièrement. Ce
développement est d'une part le résultat de la hausse importante du prix du café au cours
des années 80, mais aussi le fhit d'une politique de développement agricole active mise
en place par le gouvernement favorisant activement I'expansion des cultures caféières

Il est intéressant de noter que la surface de café


Figure 31 Types de cultures en développée et la d a c e de cuitures annuelies de
versant transformées sont quasi équivalentes, de
l'ordre de 1000 km2 (respectivement de 996 et
994 k d ) . 11 serait tentant de dire que le café a
tout simplement remplacé les cultures annuelles
traditionnelles, mais ce n'est pas toujours le cas.
Ceci est vrai a 74,4%, 740 km2 de cultures
annuelles de versant ayant été transformés en
d é . En ce qui concerne les 254 lan'de nouveau café restant, il s'agissait principalement
d'autres terres agricoles, soit des plantations d'hévéa (148 k d soit 14,g0/0), mais aussi de
zones de savanes (1 13 km2ou 11,4% de savanes arborées et 25 km2ou 2,5% de savanes
herbeuse et arbustive), et même directement de forêts (45 km2ou 4,5%).

Les savanes se développent

Aion que les savanes avaient reculé entre 79 et 89, leur superficie augmente entre 89 et
94, passant de 1813 a 2035 km2,occupant alors 96,7% de la surface de 1979. En réalité,
ce sont 722 km2qui ont disparu et 944 km2 qui se sont créés. Les surfaces disparues ont
été majoritairement transformées en cultures (359 kd soit 49,7%) mais aussi
partiellement en forêts (180 km2 ou 24,90/9) en terres dénudées (6,8%) et en zones bâties
(1%). Toutefois, paraüeIement, de nouveiles surfaces de savane se sont développées, à
45% sur d'anciennes terres agricoles et a 34,8% sur d'anciennes forêts.
La surface de terres denuddes augmente encore

En cinq ans, les terres denudées ont encore progressé de 46,8%, atteignant 251 km2 en
1994.

Le bâti

Les zones bâties ont plus que doublé en cinq ans, passant de 174 à 364 km2, gagnant
principalement sur des terres cultivdes (1 44 km2),secondairement sur la forêt (27 km2)
et les savanes (20 lun2). 112 des 154 km2de nouvelles zones bâties entre 79 et 89 étaient
aussi des zones de cultures.
Les 364-17 km2 de zone bâtie qui se sont développés entre 79 et 94 l'ont donc dté
principalement au détriment des terres cultivdes, puisque sur les 347 km2 développés,
256 km2 l'ont été sur d'anciennes terres agricoles. (73,8%)

3.2.3. Un rôle éventuel des pentes ?

Une carte des pentes réalisée par le Comité du peuple de la province de Dak Lak publiée
en 1985 dans l'Atlas du Dak Lak a Ctt gtoréfënncée, nurndrisée et superposée aux
couches d'information concernant l'utilisation du sol. Aucune metadonnée
n'accompagnait cette carte, ce qui en limite nettement I'interpdtation. Toutefois, cette
carte a &tépubliée au 1/600 0 0 0 ~et~ si, elle a été réalisde ii partir des cartes au 1/50 000
avec une équidistance des courbes de 20 métres, il paraît évident qu'une généralisation a
eu lieu. La bonne utilisation d'une carte des pentes est subordonnée à sa qualité, ce qui
veut dire que son interprétation se limite à son degré de prdcision. La pertinence des
résultats obtenus est à mettre en relation avec cet état de fait. Cette carte détaille 7
classes de pentes : infërieures à 3O, 3 a 8'. 8 à 15', 15 à 20°, 20 à 2S0, 25 à 35' et
supérieures à 3j0. Cette carte se limitant aux frontières de la province, nous ne
disposions pas de données pour la partie sud-est du bassin venant de la Haute-Srepok.
L'analyse qui suit est donc basée sur les 10915 km2disponibles (90% du bassin versant),
dont près de la moitié occupe des pentes faibles, inférieures à 3", tandis qu'un cinquième
est constitué de pentes supérieures à 15". La partie nord du bassin versant ainsi que la
région de Buon Ma Thuot connaissent les pentes les plus fables, majoritairement
inférieures à 3". Les sous-bassins versants au relief plus prononcé se trouvent
principalement au sud-est, dans la région de Krong Bong, avec des pentes souvent
supérieures a 20".

Figure 32 Carte des pentes

Deux hypothèses peuvent être émises et sont à vérifier :


La pente influence l'évolution de lirmisation du sol
Les types de pente affectés par les modifications de I'utiiisation du sol s m t
différents selon la période considérée
L'interprdtation de l'évolution de l'utilisation du sol en fonction des pentes se fera en
confrontant les surfaces modifiées avec les types de pentes, celles-ci &tantconsidérées
proportionnellement A la surface totale. Ainsi, on part du principe que la pente ne joue
aucun rôle si l'évolution du sol affecte indiffdremment les types de pentes. A cette
affirmation il faut toutefois ajouter un bémol. Effectivement, il faut garder B l'esprit qu'il
est plus facile de modifier !'utilisation du sol lorsque les pentes sont faibles, car des
pentes fortes rendent le travail de défrichement plus difficile et l'exploitation du sol
moins aisée. On doit donc logiquement s'attendre a un changement en valeur relative
plus important dans les zones de faible pendage, sans parler du fait que les populations
habitent préférentiellement dans les plaines ou la mise en culture est facilitée.

En ce qui concerne la deforestation.. .


Si l'on considère la déforestation moyenne annuelle selon le type de pente, celle-ci
décroît selon une fonction puissance negative des pentes faibles vers le pentes fortes.
Alors que les pentes très faibles connaissent un rythme de dtfoiestation moyen supérieur
à 2% par an, les pentes supérieures A 8' voient lem taw de dCforcstation chuter aux
alentours de 0.5% par an.

Figure 33 Pourcentage de deforestation annuel moyen d o n Ie type de pente (En


considdrant la h c e fotestk de dCbut de pén'odc comme surfàce de réfdrcnce)

- - - - P4riode 79-89
- -

-
, Periode 79-94 0 +Période 89-94
Sur l'ensemble de la période 79-94, 61,9% des 1600 km2 de forêt disparue ont dté
supprimés sur des pentes inf6rieures A 3O, alors que ces zones de pente ne représentant
que 49,3% du territoire et 392% des forêts en 79. Si l'on considère les zones de pentes
inférieures à 8'. c'es 87,3% de la deforestation qui y a eu lieu, alors que ces tems
représentent 74,8% du temtoire et 67,6% des forêts de 79. La deforestation affectant les
pentes de plus de 15' est quant a elle inférieure à 10% de la déforestation totale, alors
que ces pentes coumnt 17,?% du territoire.

Si l'on compare les deux périodes, 79-89 et 89-94, on remarque que le rythme de
déforestation a augmenté les cinq dernières annees B la fois dans les zones de très faible
pente, inférieures à 3O, mais aussi dans une moindre mesure dans les zones de pente
moyenne, soit les pentes de 8 i 15O. Par contre, sur les pentes comprises entre3 et 8 O , la
déforestation s'est raientie, passant de plus de 1,5 B moins de 0,9% par an.
En ce qui concerne les pentes superieures lSO, aucune différence notable n'est à
remarquer entre les deux périodes, la rythme moyen de déforestation restant stable a
0,5% par an.

Le dMoppement des savanes...


Figure 34 Pourcentage innuel moyen de développement des savanes selon la pente
Tableau 5 Comparaison Le s c h h a de ddveloppernent des savanes varie
du rythme de sensiblement si l'on considère l'une ou I'autre des
savanisation entre les
deux periodes périodes dnidiees. Entre 79 et 89, le taux moyen annuel
de développement est de 0,66%, doublant quasiment
entre 89 et 94 pour atteindre 1,26%. Durant la
première période, 88,2% des savanes se développent
sur les pentes infeneures ii 8', et 9% sur des pentes
supérieures à 15'. Ces chiffies passent respectivement
à 84,7 et 14,2% pour la période 89-94. Ainsi, si la
savanisation s'est amplifiée sur l'ensemble du
temtoire, cela est particulièrement vrai dans les zones de pente relativement forte:
l'augmentation la plus importante, (multiplication par 3,4 du rythme de développement
des savanes) a lieu sur les pentes de 25 à 35'. Il est egaîement B noter que de 89 a 94, le
rythme de savanisation sur les pentes de 15 à 35' est systématiquement supdrieur au
rythme de savanisation de la p6riode prkédente, toutes catdgories de pente confondues.

Les cuItures
Figure 35 Pourcentage moyen annuel de mise en culture selon in pente

0.0 J
<&Y 3 9 8' 8 P 15' > 9 15'
Pente
- - O - -P&iode 79-89 +Pt4riode 89-94
Il apparaît relativement logiquement que le rythme de mise en culture diminue
inversement au degré de la pente. Entre 89 et 94, ce rytbme est nettement infërieur à ce
qu'il était entre 79 et 89, hormis pour les pentes de 8 B 15". Il faut toutefois noter que la
majorité des pentes de cette categorie est groupée dans l'est et le sud du bassin versant
(voir carte p.43), qui constitue une zone moins densement peuplCe du territoire. On peut
émettre I'hypothèse que la hausse du rythme de dkveloppement agricole dans ces urnes
est peut-être lié à une augmentation de la pression humaine vers les marges du temtoire,
restées auparavant moins sollicitées. Toutefois, cette affirmation resterait à être vérifiée
plus en détail, puisque les zones de pente forte, supérieures a 1SO, connaissent pour leur
part une baisse (légère) de rythme de développement agricole.

3.3. Vers un modèle global d'holution du sol ?

3.3.1. Un modèle d'évolution spécifique ?

Les trois catégories d'utilisation du sol qui connaissent le plus de bouleversements sont
les savanes, les forets et les terres cultivées. A ces trois catégories on peut ajouter les
surfaces bâties, qui ont connu une expansion mnarquabie1.
Existe-t-il un rapport entre l'évolution de ces diff'ntes catkgories diailisation du sol, et
si oui, sous quelle foxme ? Autrement dit, peut-on prétendre que l'&olution de
l'utilisation du sol se fait selon un schéma identifiable ?

I
Multipiication de la surface par 21 en 15 ans, CquivaIant approximativementA un doublement tous les
quatre ans en supposant un développement constant
Figure 36 Evolution des 1351 km' de forêt coupée entre 79 et 89

IVUUC

borée k 5 . 4 ~ Cultures
' 1 5 . 8 ~ herbe
4J"'Ur us

a Bâti

(Exprimé en pourcentage des 135 1 km'. Pourcentage transforme dans la période: 24.5%0)

Figure 37 Evolution des 1090 km' de savane arborée transformée entre 79 et 89

Forêt

-
+ 79-89
89-94
(Exprimci en pourcentage des 1090 km2.Pourcentage tnnsformi dans la 2- periodr : 29.7%)

Figure 38 Evolution des 276 km' de cultures transformées entre 79 et 89

Forêt
Savane
1 1 , 4 y 3y5.:e
1i he rbe us e

--.
'. . 19.2% 7,7% ,

Bâti 1
(Exprime en pourcentage des 276 km'. Pourcentage transforme dans la 2*' periode :28%)
Si l'on observe I'6volution des 1351 km2de forêt coupés entre 79 et 89 (voh figure 23),
on remarque que ceux-ci sont dans un premier temps remplacts majoritairement par des
savanes arborées, secondairement par des cultures et clans une plus faible proportion par
des savanes herbeuses et arbustives. Dans un dewikme temps, soit entre 89 et 94, une
redistribution partielle se réalise. Ainsi, une partie des savanes arborées est à nouveau
transformée, en cultures, savane herbeuse et zone bâtie. Ii en est de même pour les
cultures, ainsi que pour les savanes herbeuses.
La même observation peut être faite pour les 1090 km2 de savane arborée transformés
entre 79 et 89, ainsi que pour les 276 km2 de cultures transformes pendant la même
période (figures 24 et 25).
Globalement, on peut dire que la transformation de l'utilisation du sol se fait selon le
schéma suivant :

Forêt Savane , Savane


i arborCe ) Cultures he rbe use
C L b

Ce schéma comporte deux aspects : dans un premier temps, la forêt coupée est
principalement transformée en savanes arborées, secondairement en zones de cultures, et
en savanes herbeuses. Il en est de meme pour la savane arborée transformée qui est
principalement convertie en cultures, secondairement en savane herbeuse, etc. Dans un
deuxième temps, la nouvelle savane arborée cd& & partir des for& va elle aussi être
partiellement transformée, essentiellement en cultures et secondairement en savane
herbeuse.
On observe donc un cycle de l'&olution du sol. Certains éléments de ce cycle peuvent
être qualifies de stables, c'est dire que leur Ctat n'est plus nijet A changement une fois
atteint. Ainsi, Ies savanes arborees sont très instables : même si leur surface totale ne
varie pas beaucoup entre deux dates, les terres qu'elles occupes sont changeantes, et une
faible proportion des savanes arborées de 1979 est encore caractérisée comme savanes
arborées en 94. Par opposition, les surfaces bâties sont très stables : le bâti reste
définitivement bâti.
La variabilitb d'une classe d'utiiisation du sol peut donc se mesurer selon deux critères:
d'une part si la surface totale varie d'une date à l'autre (on pourra alors parler
d'augmentation ou de diminution, donc de variabilitt!dimensionnelle), et d'autre part si
les terres de cette catégorie sont à nouveau tninsfonnees dans un deuxième temps (on
pourra alors parler de la stabilité de la catégorie d'utilisation du sol).

Tableau 6 Indices de variabiIit6 des catigories d'utilisation du sol

Ces deux critères peuvent être chiffres :


La variabilité dimensionnelle (VD) est alors exprimée par le rapport
VD = surface de la catégorie i au temps t+l / surface de la categorie i au temps t
Si VDN, la surface a augmenté, si VD =1. la surface est rente identique, et si VDcl la
surface a diminué.
La stabilité (STA) entre deux dates peut tgalement être quantifiée : le rapport s'&rit
alors
STA= (surface de la cnthgone i au temps t inchangée a i temps tri 1 aurface
de la catégorie i au temps t)
O<STA<I et plus STA est proche de 1 plus la categone d'utilisation du sol est stable,
selon la définition donnée ci-dessus.

3.3.2. Les grandes lignes de l'évolution du sol sur Z'ensemble de la


période :une tentative de schématisation originale

La représentation diachronique de 1'6volution d'une donnée spatiale discontinue est un


exercice difficile. La carte est bien sûr le meilleur outil dont le géographe dispose pour y
parvenir. car elle permet une vision synthétique d'un phénomène spatial. Si l'on
compare deux dates, on peut aisknent reprdsenter sur celle-ci les parties du territoire
ayant connu un changement. Si l'on compare trois dates ou plus, l'exercice se
complique, nous obligeant à multiplier le nombre de cartes et/ou ii alourdir la
représentation thématique, rendant la lecture complexe. Du point de vue de l'analyse
spatiale et quantitative, il peut être intéressant d'accompagner la lecture des cartes ou
l'explication d'une évolution spatiale par une repdsentation synthetique onginde. Ainsi,
l'évolution du sol peut être reprksentée schématiquement par des cercles proportionnels
aux surfaces concernées. Ceci permet une visualisation de la variabilité dimensionnelle
temporelle d'une même catégorie d'utilisation du sol, et la comparaison relative des
catégories d'utilisation du sol entre elles. D'autre part, les cercles peuvent être disposes
de telle façon que leurs intersections représentent la surface n'ayant pas changé de
catégorie d'utilisation du sol entre les différentes dates considérees. On obtient alors une
représentation diachronique efficace de l'tvolution d'une donnée spatiale discontinue.
(Voir schémas de l'évolution de l'utilisation du sol par représentation par cercles
intersectés p.53 et méthode detaille de calcul des paramètres des cercles en annexe C).

Bilan

La lecture des cercles et du tableau général ci-dessous nous permet d'exprimer les
grandes lignes de l'tvolution de l'utilisation du sol entre 1979 et 1989.

Tableau 7 Evolution de l'utilisation du sol 197949894994


Surfaces en km' Surfaces en % Evolution en %
79 1 89 1 94 % 79 1 %89 1 %94
Foret
Cultures annuelles de
plaine
Cultures annuelles de
versant
Café
Hévéa
Savane arborée
Savane herbeuse et
arbustive
Terres dénudées
Zones baties
Plans d'eau
Toutes cultures
confondues
En 15 ans, la surface de forêt a Ctd réduite de 18% tandis que la d a c e cultivée a
augmentée de près de 70%. Cette augmentation de d a c e a principalement eu lieu entre
79 et 89 comme on peut le voir selon les sch6rna.s des cercles, tandis qu'entre 89 et 94,
les terres cultivées ne cornaissent au total plus d'augmentation de surface, mais
conquièrent tout de même de nouveaux territoires. L'expansion du café, particulièrement
après 1989, est bien sûr à noter. Les zones de savane apparaissent comme des zones
particulièrement dynamiques du temtoire, leur état étant très inriable. La savane arborde
est typique des zones de fronts pionniers, correspondant en rCalité B des zones de forêt
fortement dégradées destinées à laisser place à des terres cultivées.
Cene étude a donc permis d'analyser en profondeur l'évolution de l'utilisation du sol du
bassin versant de la Haute-Srepok, en mettant l'accent sur les dynamiques intrinsèques
de chaque catégorie d'utilisation du sol.
Figure 39: Représentation diachronique
de i' évoctriion du sol par cercles
proportionnels intersectés

Tous les cercles sont proportionnels, hormis pour la classe forêt, où la surface a été
divisée par quatre pour des commodités de visualisation.

1 Légende 1

Superficie en

Cultures annudes de daine Cultures annuelles de v e r s a

a .
Café Zone b a
ane herbeuse et arbustive Savane arborée
Carte 3: Évolution de l'utilisation du sol
Bassin versant de la HauteSrepok, 1979,1989,1994

Projection: UTM Zone 49


Carte 4: Évolution des cultures caféières
Bassin versant de la Haute-Srepok, 1979, 1989, 1994

Légende
rn cafe
Autres

\
'7;Limite du bamn versant de la Haute-Srepok
,/"

Projection: UTM Zone 49


Carte rédis& par Yan Kestens, 1999.
Carte 5: Évolution des surfaces de savanes
Bassin versant de la Haute-Srepok, 1979,1989, 1994

Légende

Projection: UTM Zone 49


Cartts réalisées par Yan Kestens, 2000
Chapitre 4: Rtgimes hydrologiques e t 6volution du sol: une
relation?

4.1. Bilans hydrologiques : rappels

Le bilan hydrologique de Thomthwaite utilisé dans cette étude pennet d'estimer les
principales composantes du cycle de l'eau su sein d'un bassin versant au pas de temps
mensuel.
Le calcul du bilan nécessite la connaissance de trois variables:
1. les précipitations moyennes sur le bassin versant;
2. lETP moyenne sur le bassin versant;
3. une valeur de réserve utile RU moyenne sur le bassin versant;
Ia connaissance de deux coefficients :
1. un coefficient de transfert mensuel, c'est à dire la proportion d'écoulement du
mois précédent reportée au mois courant;
2. un coefficient d'apport des surplus, c'est à dire fa proportion des surplus en eau
(soit P-ETR quand la réserve en eau est comblée) participant a l'écoulement;
ainsi que l'état des conditions iaitiaies:
1. la valeur de surplus restant B la fin du mois précéûant le début de la paiode
observée (peut être estimée par la moyenne des mois de décembre);
2. l'état de la réserve en eau @eut être estime de la même manière).

4.2. Application au terrain d'etude

4.2.1. Spatialisation des données climatiques et correction des


données de Fiche
Rédpitations et température
Les données de précipitations et de température ont Cté spatialisées afin d'obtenir des
valeun moyennes par bassin versant. Pour chaque mois,une interpolation a Cté effectute
dans le logiciel Surfer. La méthode choisie ih la fois pour les prdcipitations et pour les
températures est la méthode d'interpolation inverse de la distance. Comme signalé
précédemment, la méthode d'interpolation par krigeage n'était pas adaptée étant donné le
nombre trop faible de stations.
La grille des points interpolés (un point par km')a ensuite tte exportee vers Maplnfo, et
superposée à une grille de polygones centrés sur les points. Les valeurs des points ont
dors été transférés sur la grille, avant que celle-ci ne soit découpée selon la limite des
bassins versants. Les valeurs de précipitations et de température obtenues,
proponionnelles à la surface, ont alors été moyennées pour chaque bassin versant.

Nous disposons de domees d'évaporation potentielle mesurees par tube de Piche. Pour
les comiger, nous avons utilisé la formule du Piche comge donnée par Bouchet (1965).
L'évaporation mesurée est alors corrigée selon un facteur alpha exprimant l'aridité de la
région, et selon un facteur dépendant de la température.

On a
ETP corrigée = a-Ep.fo (1)
soit a = ETP / (Ep*f(T)! (2)

La valeur f(T) étant dom6e par une table (Schoch et Dancette, 1968) et alpha étant
détermine! à partir de I'dquation (2) et une valeur d ' E n thdorique Ctablie à partir de la
formule de Turc.

Calcul de 1'ETP théorique de Turc


La formule de Turc s'écrit:
ETP (Turc) = 0.013 j (t/(t+15))(IG+SO) (3)
Avec:
j = nombre de jours
t = température en OC
IG = rayonnement global en calcm-2 j-1

Comme nous ne disposions pas de données d'ensoleillement et encore moins de domdes


radiatives, !e rayonnement global a du être enimé à partir de la fiaction d'ensoleillement,
elle même déduite de la ndbulosité moyenne. Les donnees de nébulosité utilisées sont
des moyennes mensuelles sur la période 36-39 et 54-64, seules données accessibles. La
valeur de rayonnement global a ét6 estimée à partir d'une formule de type Angstrtlm:

Les valeurs de a et b permettant d'adapter cette relation à la latitude cp, avec, comme I'ont
proposé Dogniaw et Lemoine (Dogniawet Lemoine, 1982 tire de Hu@, 1999):

Effectivement, quand le soleil est ha* I'épaisseur relative des nuages traverser est
moindre, tandis qu'elle augmente lorsque la hauteur du soleil baisse. Ainsi, le coefficient
b est minimum à l'dquateur, et plus on monte en latitude, plus la somme des facteurs a et
b augmente.

La fiaction d'ensoleillement S/So a quant A elle et& estimée par une formule de type
Berliand (Berliand, 1960, tiré de Budyko, 1974):
-
S E O = I a n + pn2

Les coefficients alpha et béta étant déterminés à partir de la formule de Turc (3) en
prenant comme ETP de référence I'ETP de Penman moyenne mensuelle calculée sur la
période 77-92 à Buon Ma Thuot:
Le coefficient alpha d'aridité, nécessaire pour corriger les valeurs dfETPpiChe
a donc été
calculé a partir des valeurs d1ETPTUK
obtenues à partir des critères précédents.

Figure 40 Valeurs des coefficients alpha calcul~s

Figure 41 Valeurs moyennes de I'ETP Piche mesurOe et corrigée

I
1 2 3 4 5 6 7 8 Q 1 0 1 1 1 2
Yolr
+ ETP Pi* mesurée -+ETP Piche comgee

On remarque au pas de temps mensuel une décroissance nette de l'évaporation de Piche


pendant la saison sèche, plus particulièrement de janvier à mars. Il est intéressant de
constater que l'humidité relative est à la hausse pendant la même période, mais les
températures sont constantes. La baisse d'dvaporation de Piche exprime essentiellement
une baisse du pouvoir évaporant de l'air, dont l'origine peut provenir d'une diminution de
la quantité de rayonnement reçue sur l'ensemble de l'Asie, correspondant à une hausse
importante de la pollution et de la teneur en poussière de I'atrnosphère. Effectivement,
l'augmentation du nombre de nucléis de condensation entraîne un développement accru
de ia nëiuiosité.

4.2.2. Bilans hydroIogiques

Bilans annuels

Ecarts à la moyenne
Les écarts à la moyenne des données de précipitations et d'écoulement ont dtC
standardisés et cumulés. On observe une bonne condlation entre les deux courbes, quel
que soit le bassin versant considéré.

Figure 43 Prkipitations et débits: cumul des b r i s 1 Iimoyenne standardises

I
I
1 I

Krong Buk Girng Son

l i1

1 3Ir: 4 -t
,
I
I

1 l u11.
I

i
1 4 ll
I 1

Annk
-Débits P r C c î p i t a t i o n s
i
Brn Dan I
1

Coefficients annuels d'écoulement


La variabilité des coefficients annuels d'écoulement est telle qu'elle ne permet pas
d'exprimer une tendance sur la période considérée. Si l'on serait tenté de voir une
évolution positive pour les bassins versants de Ban Don et Giang Son, le cas du bassin
versant de Krong Buk est nettement plus confus. On remarque toutefois, logiquement,
que la variabilité du coefficient d'écoulement est inversement proportionnelle A la taille
du bassin versant.

Figure 44 Evoiution des coefficients d'écoulement


Bilans d'eau mensuels

Les bilans d'eau mensuels de type Thomthwaite ont été effectuds pour les trois sous-
bassins venants pour lesquelles nous disposions de séries de données complètes sur la
pinode 79-97, soit Krong Buk (458 km2), Giang Son (3 192 km2) et Ban Don (8615
km').
Un premier modèle a été réalisé en optimisait la valeur de d s e m utile et la valeur des
coefficients de transfert mensuel et d'apport de surplus par le principe de la minimisation
des carrés des écarts au débit mesuré, en maintenant un volume global tcoulé estimé sur
la période équivalent au volume global mesuré. Pour les trois bassins versants, nous
avons obtenu une réserve utile de 175 mm et les coefficients suivants :

Tableau 8 Valeurs des coefficients des bilans d'eau


Coefficient de Coefficient d'apport
transfert mensuel de surplus
Krong Buk 1/1,5 1/3,3
Variation sur la période -0,3% 5,6%
Giang Son 1/1,4 1/3,5 .
Ban Don 1/1,4 1/2,8 L

Une amélioration du modèle ci-dessus a et6 tentée cn Eaisant Cvoluer de nifon Linéaire
les coefficients de transfert sur la ptriode Ctudite. Cette amClioration n'a ttt possible que
pour le bassin versant de Krong Buk, pour lequel nous avons obtenu une diminution du
coefficient de transfert mensuel de 0,3% et une augmentation du coefficient de l'apport
de surplus de 5,8%. Si la baisse de 0.3% semble faible pour pouvoir faire l'objet d'une
explication, la hausse de prés de 6% de l'apport de surplus est interesante. Cette valeur
tend A montrer que la part d'écoulement direct a augment6 sur le bassin vmant, en
accord avec la logique thdorique qui associe dtforestation - ou du moins baisse de la
-
densité du couvert végétal et hausse de l'écoulement direct.
En ce qui concerne les bassins versants de Giang Son et Ban Don,la prise en compte de
coefficients évolutifs n'a pas permis d'améliorer les modèles, et les valeurs théoriques
ont donc été calculées avec des coefficients fixes.
Lame d'eau équ'nralenb (mm)
Figure 50: Comparaison debits mesures et d6bits estimes par bilan Thomthwaite (en mm)
RU=l75mm
Apport surplus = 1/3,37
Transfert mensuel = 1/1,36
BV4 Giang Son

IO0
Mois
Figure 53: Comparaison debits mesur&set debits estimes par bilan Thomthwaite (en mm)
RU=175mm
Apport surplus = 112,7
Transfert mensuel = 1/1,4
BVI Ban Don

I 1 I

1O0 150 200


Mois
Le constat d'une tendance?

Si l'on observe les résidus des modèles, on remarque pour le bassin versant de Krong
Buk une tendance à la baisse évidente des valeun pour les débits d'étiage, à partir de
novembre mais particulièrement de janvier à mars.En considérant la différence entre les
moyennes des périodes 79-87 et 88-97, la baisse est de 13,l mm en lame d'eau
équivalente pour janvier, représentant une perte de 2,3 m3/s.Ceci correspond à une
baisse du débit de 343% en considérant comme référence la moyenne des debits de la
première période. En février, la baisse est de 1 1,4 mm, soit 1,9 m3/s,
correspondant à une
baisse de l'écoulement de 59,4%. En mars. la baisse de 10,3 mm (1,8 rn3/s)correspond à
une baisse du débit de 66.3% (voir tableau ci-dessous).

Tableau 9 Évolution des debits


Evolution de la valeur des résidus en mm Evolution exprimée en % des débits
-
(moyenne 88-97 moyenne 79-87) mesurés
Krong Buk Giang Son Ban Don Krong Buk Giang Son Ban Don 1

Janvier -13,l 0,9 -3* 1 -34,s 2,s -92


Février -1 1,4 -5,6 -64 -59,4 -30,6 -3 1,7
Mars -10,3 -3,8 4 8 46,3 -28,9 -29,5
Avn'l 4*4 -0,1 4 1 -30,8 -0,s -1 3 3
,
Mai 64 2,1 -1 *4 34,O 12,4 3,6
Juin -62 -1,9 -66 -1 7,7 4 5 -1 4,4
.luiIlet
Août
4,4
593
61
194
-2,O
-1 1,9
12,8
898
18,9
298
-3,4
-12,9
1
Septembre 10,7 10,s O J 12,l 17,O O$
Octobre 2,4 63 8,9 i,9 53 67 ,
Novembre -1 7,2 -60 -5,l -1 6,3 4,s -5,3
Décembre -1 5,6 -1 6,6 i 4 6 -23.5 -14.3 4 7

Ces chiffres doivent être mis en rapport avec la variabilité des valeun de résidus (voir
graphiques p.67, 70, 73). 11 apparait ainsi que les valeurs d'évolution des débits obtenues
pour la période humide pour Krong Buk ne sont pas significatives. II en est de même
pour la plupart des valeurs obtenues pour les bassins venant de Giang Son et Ban Don,
qui doivent être considérées avec retenue.
Il est toutefois intéressant de mettre en corrélation la variation de ces résidus avec
l'évolution de l'utilisation du sol pour chaque bassin versant, afin de déterminer si
l'évolution de certaines catégories d'utilisation du sol peut être mise en relation avec
l'évolution des régimes hydrologiques.

4.2.3. Quantifcation de I 'évolutiondu sol

Les données d'utilisation du sol ont dtd hterpol6es dans le temps de disposer de
séries mensuelles continues. L'interpolation s'est faite par le biais d'un polynôme de
deuxième degré en prenant en compte les données réelles de couverture végétale
obtenues à l'aide des trois cartes de 1979, 1989 et 1994. La limite inférieure pour une
catégorie d'utilisation du sol a bien entendu Cté fixde à zéro.

Figure 54 Interpolation temporelle des difîérentes catégories d'utilisation du sol


Krong Buk

Ghng Son

-10 J 1 ;
Jour
a Cubns annuelles A Cal4 K For&
USavane -Zone batie Autics
Ban Don

' -10 -I I j
l
Jour !

Figure 55 Evolution de l'utiiisation du sol

Krong Buk
-
4.2.4. Relations évolution du sol bilans hydrologiques

Une fois les bilans effectués, nous avons donc observe si il etait possible de mettre en
évidence une corrélation entre les résidus des modèles et l'évolution du sol pour chaque
bassin versant.
Les rdsidus expriment la diX6rence entre Ir dCbit r&l et le d&it estimt. Ainsi, lorsquc la
valeur des résidus augmente, les débits réels sont en hausse par rapport aux débits
calculés par le modèle, et vice versa. Des régressions multiples par &tapes ont été
effectuées sur les résidus du modèle d'écoulement en prenant comme variable
explicative l'évolution en pourcentage des 5 principales catégories d'utilisation du sol :
les cultures annuelles, le café, les savanes, la forêt et les zones bâties.

Résultats pour le bassin versant de Krona Buk


La variable café apparaît comme explicative de janvier à avril ainsi qu'en juin,
inversement c o d é e aux résidus des débits. L'augmentation des surfaces de café
explique donc significativement la diminution des débits en saison sèche. La variable

Tableau 10 Régression multiple par étape :résidus du modde d'écoulement vs


évolution de 1'util;lPntinn du sol
I Krone- Buk 1
t Mois 1 Variables 1 Cocfilcient de 1 Constante 1 Pente 1
explicatives dCtcrminatfon
Janvier Caft! 0,47 -03 4 6
Fbwier CafC 0,59 -7,8 46
Mars Cafd 0,68 1 1,l 47
Cultures annuelles -0J
Avril -02
,
Mai -
Juin Cafe 0,18 12,4 4 5
Juillet -
Aout - - - -- - --

Septembre +

Octobre -
Novembre Forêt 0.13 13,O 28
Décembre -
culture annuelle de versant s'ajoute B la variable cafë au mois de mars. La variable forêt
n'est que très faiblement positivement corrélée à la diminution des débits en novembre,
ce qui peut toutefois exprimer une baisse de la capacité de retention des sols suite à la
déforestation.

Résultats pour les bassins versants de Giang Son et Ban Don


Les risuitats des curr&itions obtenus pour les bassins versants de Gang Son et Ban Don
ne sont que faiblement significatifs et ne peuvent rakomablement être interprktés.
Chapitre 5: Conclusion: Limites et perspectives

5.1. Bilans des résultats obtenus

Cette recherche a permis, dans un premier temps, par le biais d'une analyse de
l'évolution de l'utilisation du sol approfondie, de mettre en évidence plusieurs
changements majeurs dans i'organisation spatiale du territoire :
En ce qui concerne l'espace cultivé, an note évidemment l'expansion phénoménaie du
cafë, non seulement sur des terres nowelïement d&chées, mais aussi en rempfacement
de cultures annuelles étabiies ant6rieurement. Cette expansion agricole se fâit largement
au détriment des forêts, puisque celles-ci ont w leur d â e e réduite de 18% en 15 ans.
Ainsi, la couvemire forestière représente en 1979 69% de la couverture du bassin
venant de la Haute-Srepok a moins de 57% en 1994. Formant le Lien entre les
transformations majeures effectant d'un cote les tares agricoles et de I'autre la
couverture forestière, les zunes de savanes, véritables zones tampon, sont aussi instables
que l'expansion de l'agriculture et de la déforestation mnt dynamiques. Fiment,
l ' d y s e de l'évolution de liitüisaion du sol a pemh de de l1arUtaKxdim modèîe
de transformation obéissant & me logique d'exploitation et de dépdation du &eu du
type forêt i savane arborée + cuhres, une partie des cuitures étant elles mêmes a
nouveau transformées, essentiessentiellement en savane herbeuse, en zone bâtie, ou en che es.
Du point de vue de l'approche méthodologique, le développement dûne méthode de
reprdsentation originale de l'évolution du sol par le b i i de cercles intersectés a permis
de facilier la lecture et l'interprétation des rrsuhats. Cette méthode de représentation
semble particulièrement bien adaptée à la thématique de l'évolution de l'utilisation du sol
et devrait systématiquement accompagner la représentation cartogrziphique diachronique
diine variable spatiale discontinue.
En ce qui concerne la disponibilité des ressources en eau, l'analyse hydrologique par la
méthode du bilan d'eau a pexmis de mettre en dvidence une baisse des ddbits de saison
séche au cours de la période 1979-1994 pour le bassin venant de Krong Buk. Ce bassin
versant, d'une stdace de 458 km2 a connu d'importantes transformations de son
utilisation du sol se traduisant par une déforestation importante et un développement
massif de la caféiculture. La baisse observée des débits est particulièrement prononcée
de janvier a mars,les débits de la deuxième période (88-97)étant en moyenne inférieur
de 50% a ceux de la première période (78-87) pour ces trois mois de l ' d e . D'autre
part. la qualité du modèle d'écoulement a éte arnéiiorde en augmentant de 5,6% la valeur
du coefficient d'apport de surplus sur I'ensemble de la période 79-97. Cette hausse
exprime une augmentation sensible de la part d'écoulement direct sur le bassin versant.

5.2. Limites de l'étude

Un certain nombre de limitations essentiellement techniques n'ont pas permis de pousser


plus loin cette étude. La resp01lsabilitC incombe ii la fois au type de d o ~ é e existantes
s et
s a &té possible d'obtenir.
aux type de d o ~ é e qu'il II est utile de rappeler ici la dificulté
que rencontre le chercheur non vietnamien dans Mape de collecte de données sur le
terrain. Malgré le fait que cette étude ait dté menée dans le cadre d'un projet bien établi,
financé par le CRDI et bénéficiant d'une collaboration avancée des &pipes de recherche
canadie~eset vietnamiennes, en place depuis 1994, un certain nombre d'obstacles
perdurent. Ces obstacles sont d'origine multiple. On constate d'un cote la méfiance des
organismes détenteun de domtes vis A vis des chercheurs étrangers, qui reprbsentent à
leurs yeux une menace politique potentielle delle. Ceci est d'autant plus vrai que le sujet
de recherche concerne un domaine "sensible", comme c'est le cas de la déforestation au
Dak Lak, thématique bien souvent - et d'ailleurs & ton comme I'ont montré les
recherches menées dans le cadre de ce projet- associée à la présence des minorités
ethniques. Il en résulte qu'un certain nombre de données ne sont tout simplement pas
accessibles, et ce malgré la bonne volonté de nos équipes de recherches associées sur
place. D'autre part, en ce qui concerne les d o d e s accessibles, on assiste au Vietnam,
suivant le modèle des pays pst-industrialisés, A une marchandisation de l'information et
des données impliquant des coûts d'acquisition faramineux.
Cette étude a donc du s'accommoder des limitations qui lui étaient impos6es. Ainsi, ie
pas de temps mensuel des données hydro-climatiques n'a pas permis d'affiner l'analyse
des débits comme il aurait &tépossible de le faire au pas de temps journalier. L'analyse
des ècouiements de crues, très sensibles aux changements de ia couvemue vegètale et
des caractéristiques du sol, n'a pas pu être effectuée. Un autre problème est soulevé par
la longueur des séries de d o ~ k e hydrologiques
s qui ne portent que sur une période de
20 ans. Sur le même plan, l'analyse de l'évolution du sol s'arrête en 1994 et ne couvre
qu'une période de 15 ans.
D'autre part, les résultats obtenus, principalement la baisse des débits d'étiage et
l'augmentation de l'écoulement direct, ne peuvent être interprétés que très partiellement.
Effectivement, les domees disponibles ne permettent pas de quantifier la part de la
baisse d'écoulement due au prélèvement d'eau d'imgation d'me part, et à la baisse de la
capacité de rétention des sols liée à la déforestation d'autre part.

5.3. Perspectives de recherches

Alors que les limites de cette étude peuvent être clairement etablies, il n'en reste pas
moins que les résultats obtenus confirment la nicessitd et l'importance d'améliorer et
d'approfondir nos recherches sur la gestion et la disponibilité des ressources en eau.
Plusieurs orientations seraient développer. L'obtention de données hydro-climatiques
et d'utilisation du sol récentes permettrait de prolonger l'analyse et d'observer si la
tendance obsentée sur la période 1979-1997 se confirme. Dans le but d'interpréter plus
justement les résultats obtenus, particulièrement ceux concernant la baisse des débits
d'étiage, il serait intéressant de quantifier les volumes d'eau prélevés pou. l'irrigation. On
sait effectivement que les plans de cafë nécessitent un arrosage important durant la
saison sèche.
D'autre part, il apparaît que le pas de temps mensuel utilise ici ne permet pas d'observer
un certain nombre de phénomènes, comme le comportement des tcoulements de crue.
Ainsi, l'acquisition de domees quotidiennes, qui existent, permettraient d'effectuer des
analyses plus fines permettant de valider deux questions que l'on peut soulever ici. Suite
à la déforestation et au développement des surfaces agricoles, peut-on observer d'une
part une augmentation de la proportion d'écoulement de crue et d'autre part une
diminution du temps de réponse ? Le comportement de I'ecoulement de crue a
effectivement une importance capitale dans la gestion des ressources en eau, à la fois
pour des questions de disponibilité et de volume d'eau utile, mais aussi pour des
questions d'érosion des sols. Effectivement, la perte par érosion de sols riches mais
fragiles pariicipe de manière irréversible à la dégradation des milieux dans lesquels
I'hornme évolue. Ce type de recherches est essentiel afin de mieux comprendre les
conséquences des développements actuels d'une part, et afin de prendre les mesures
nécessaires pour améliorer à la fois la qualité de notre milieu et le bien être de l'homme
qui y kvolue d'autre pan.
Annexe A

Courbes de double cumul

des données de débit mensuel mesuré


Courbes de double cumul des coefficients mensueh de débit

Courbe da double cumul,


8anD#,b%Kmg&ik

Courbe de doubls cumul. Couibe de doubk cumul.


BanDorivrCau14 Ban Don M DW: Xupn

O 50 100 150 200 250 O 50 100


Ban Dori ûan Don

Courbe de double cumul.


Giong Son vs Kmng Buk

O 50 la0 150 zoo 250 300


Gkng Son

Les coirrbes de double cumul comportent en abscisses et en ordormées


les cumuls des coefficients mensuels de débit des stations désignées.
Annexe B

Matrices de Bertin des scores factoriels

de l'analyse en composante principale

effectuée sur les données

mensuelles de précipitations

des huit stations de référence


Matrice de Bertin des scores factoriels & rACP sur les donnees mensueiies de précipitations
Résultats Facteur 1
Matrice de Bertin des scores factoriels de l'ACP sur les domées mensuelles & précipitations
Résultats facteur 2

Score ntqrtrl

~~1.75
4 6 5
89

Annexe C

Méthode de détermination des paramètres

pour une représentation diachronique

de l'évolution d'une donnée

surfacique discontinue

par cercles intersectés


Méthode de détermination des paramètres
pour une représentation diachronique de l'évolution
d'une donnée surfacique discontinuepar cercles intersectés

La représentation diachronique de I'dvolution d'une donnée surfacique discontinue peut se faire


par l'élaboration d'un schéma représentant des cercles proportio~elsa la surface représentée. Une
disposition particulière de ces cercles permet leur intersection, qui reprdsente alors les surfaces
dont l'utilisation du sol est restée identique entre deux dates.

La première étape consiste à calculer le rayon r de chaque cercle, sachant que :

La deuxième étape consiste à calculer la distance entre deux cercles, celle-ci Ctant déterminée par
la surface d'intersection.

Or la surface d'intersection entre deux cercles est domde par la f o d e :


A l'aide d'un solveur d'équation (Type Excel), il est alors possible de trouver à partir des sinfaces
communes connues, la distance d enve deux cercles.

La troisième étape consiste à calculer les coordonnées des centres des cercles, afin de pouvoir les
disposer correctement les uns par rapport aux autres.
Si l'on choisit l'origine comme cordonnées du centre du premier cercle Cl (xi ; yij, on oixient
comme coordonnées du centre du deuxième cercle C2xZ=det yZ=O.
De même, les coordonnées des cercles suivants peuvent se calculer à partir des coordonnées des
cercles Ci et C2et des distances respectives entre les cercles

La distance d entre deux points A ( x i ;y]) et B (x2 ;y2) est donnée par la formule :

Ainsi,

et

on a donc

La résolution de cette équation du second degr6 nous permet de trouver xi, qui remplace dans
l'équation (7) nous permet de trouver y3.

L'intersection de deux cercles d o ~ etrois possibilités: date 1 exclusivement, date 2


exclusivement, et commun date 1 date 2. D'une manière gknerale, le nombre de situations
possibles est donné par la formule x2-x+1, avec x = nombre de dates. Ainsi, pour une
comparaison entre 3 dates, on a 7 possibilités, 4 dates 13 possibilités, 5 dates 21 possibilités etc.
Il paraît évident qu'au-delà de 4 dates, le nombre de possibilites rend la lecture dificile. Cette
méthode de représentation est donc particulièrement adaptée pour les comparaisons diachroniques
entre deux, trois ou quatre dates.
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