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ître à Rome Procule, qui refusa et qui s'entendit déposer.

Patrocle fut chargé d'administrer


l'église de Mar- seille temporairement et de lui faire choisir un nouvel évêque (1). Or, de
même que la désobéissance de Procule aux décrets des conciles ne prouve pas que les
conciles fussent sans autorité, de même Ton ne peut conclure que le Saint-Siège fût sans
pouvoir en Gaule parce que l'évo- que de Marseille et quelques autres ne tinrent pas tou-
jours assez compte des défenses de Rome.
La correspondance du pape Zozime renferme encore d'autres faits utiles à rappeler.
Les réclamations de Patrocle, dont nous venons de par- ler, avaient été précédées à Rome
par celles d'Hilaire de Narbonne. Le pape, ne connaissant pas suffisamment en- core les
privilèges du siège d'Arles, s'en tint à la règle générale, et confirma pour Hilaire tous les
droits de métro- politain ; mais, par la suite, il revint sur sa décision, et écri- vit à Hilaire : «
Quoique ce qui a été fait antérieurement par le Saint-Siège (pour la fixation des territoires
ecclé- siastiques) puisse seul suffire, cependant nous vous lions encore par cette autorité
(par cette décrétale), afin que vous sachiez que la borne d'une juste prescription est mise à
la présomption que vous paraissez avoir élevée contre l'ancienne coutume. Et ne pensez
pas à revendiquer désormais ce pouvoir pontifical de l'ordination des prê- tres, puisque vous
le voyez conféré à l'évêque de la ville d'Arles par le siège apostolique, à cause du respect
qu'on doit à saint Trophime, de l'usage antiqu
e toujours et partout obéir? Le droit, pour lui, c'est donc la force? Un si dangereux principe
mènerait plus loin que ne le voudrait M. Guizot. En effet, le droit de surveiller sa famille
n'existerait donc plus dans le vieil- lard entouré de fils pervers et plus forts que lui ? Il n'y
aurait donc plus de droits pour une nation qu'un tyran ou des factieux réussiraient à
asservir? L'historien de la civilisation ne le croit certainement pas; il est convaincu que les
droits d'un père comme ceux d'un peuple sont imprescriptibles. Pourquoi donc, au contraire,
nierait-on les droits des papes parce que les papes auraient parfois rencontré de l'opposition
?
Je ne prétends cependant pas ranger parmi les révoltés proprement dits ceux qui ne
s'empressèrent pas d'obéir aux injonctions de Zozime, puisque plusieurs de leurs
réclamations triomphèrent plus tard ; je dis seulement que cette conduite, qu'on la nomme
comme on voudra, ne peut faire supposer que la papauté manquât d'autorité parce que ses
fils manquaient quelquefois d'obéissance, et parce que, toute spirituelle, toute morale, et ne
s'étendant que sur la conscience, elle n'avait point de bras séculier à son service pour forcer
à la soumission. Autrement, il faudrait aussi soutenir que les décrets synodaux n'étaient
revêtus d'aucune autorité, car ils ne furent pas toujours mieux respectés. En effet, quand,
par exemple, Procule de Mar- seille, empiétant sur les droits attribués par le pape Zozime à
Patrocle d'Arles, ordonna plusieurs évêques, il n'observa pas dans ces ordinations ce
qu'exigeaient les canon
ice de ce que nous avons statué par le jugement de Dieu, non seulement ceux que vous
aurez ordonnés n'obtien- dront pas l'épiscopat, mais que vous serez vous-même sé- paré de
la communion, et que vous vous repentiriez trop tard de votre prétention téméraire (1). »
L'accent du chef sûr de son autorité se retrouve dans les paroles de Zozime relatives à
Simplice, évoque de Vienne. Ce prélat, au concile de Turin, en 398, avait ré- clamé le titre
de métropolitain possédé par l'êvêque d'Ar- les. Le concile décida que le titre appartiendrait
à celui des deux qui prouverait que sa ville épiscopale était mé- tropole civile, ou qu'ils
pourraient partager entre eux le territoire. Sur quoi le pape s'écria : « Pour que Procule (de
Marseille), en demandant impudemment ce qui ne lui était pas dû, ne semblât pas seul
outrager ce siège, il s'est associé Simplice, de la ville de Vienne, qui, par une toute pareille
impudence, demande à être investi du pouvoir d'ordonner les prêtres dans la province
viennoise : auda- cieuse inconvenance, qu'il faut abattre à sa naissance (2). »
Nous pourrions encore citer de ce pontife ses règlements sur les ordinations per saltum et
son formulaire de foi contre le pélagianisme. Les règlements furent envoyés au métropolitain
d'Arles, et le formulaire, non seulement en Gaule, mais dans tout le monde chré'iien, avec
ordre de le signer, et on le signa. Nous ne connaissons quelque légère exception à cette
universelle obéissance que dans une par- tie de l'Italie, où les évêques récalcitrants furent
déposés et chassés (3), suivant les lois impériales.
On vient de voir le pape Zozime, pendant son pontifi- cat si court, intervenir en Gaule dans
de graves questi

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