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I-La monnaie selon Keynes

Toute la théorie keynésienne repose sur la prise en compte de l'existence de la monnaie. Si la monnaie
n'existait pas, les ménages devraient percevoir les revenus que leur versent les entreprises sous forme
de biens et services. Leur seule liberté consisterait alors, au mieux, à choisir, en faisant jouer la loi de
l'offre et de la demande par le troc, entre des biens de consommation et des biens d'investissement, c'est-
à-dire entre une consommation présente et une consommation ultérieure. C'est l'optique retenue par les
économistes classiques qui cherchaient à éliminer toute illusion monétaire de l'analyse économique.
Keynes considère que toute offre ne rencontre pas nécessairement sa propre demande. En effet, tout le
revenu n’est pas toujours dépensé, ce qui limite la demande globale. Il est donc nécessaire d’accroitre
cette demande afin de limiter les situations de sous-emploi. On peut donc recourir à la planche à
billets pour relancer l’économie ; l'augmentation de la quantité de monnaie en circulation n'entraine pas
d'inflation car la demande, une fois stimulée, stimule elle-même l’offre. L’augmentation de la quantité
de monnaie peut en effet modifier le niveau général des prix.

L’effet d’encaisse réelle montre que l'accroissement de la quantité de monnaie par les pouvoirs publics
pour stimuler l’activité entraine l'augmentation des encaisses réelles des agents ; cela a pour effet de
permettre aux agents d'effectuer davantage d'achats. La demande augmente donc fortement, et l’offre
doit s’y adapter. Mais à court terme, l'offre ne peut pas s'adapter car les facteurs de production sont
pleinement employés, et il est impossible d'augmenter la production; les prix augmentent donc car il y
a peu de produits sur le marché, ce qui a pour effet de réduire la valeur réelle des encaisses. Les agents
ne bénéficient alors plus du phénomène, et reviennent à l’état initial

II-L ’emploi selon Keynes


Le but ultime de Keynes est la découverte des facteurs qui déterminent le volume de l’emploi. Il
s'oppose pour cela à l'analyse du marché du travail proposée par ceux qu'il nomme les classiques : les
économistes qui, de David Ricardo à Arthur Cecil Pigou, auraient en commun d'admettre la loi de Say
l'offre crée sa propre demande et la théorie quantitative de la monnaie selon laquelle la quantité de
monnaie en circulation détermine le niveau des prix.

Pour Keynes, le volume de l'emploi n'est pas déterminé par un hypothétique marché du travail : il dépend
uniquement de la décision d'embauche des entrepreneurs, personnages clés du système
keynésien. Ceux-ci fixent leur niveau d'embauche selon le « principe de la demande effective » : ils
offrent un niveau de production égal à la quantité de biens qu'ils espèrent écouler d'une part, en veillant
à maximiser leur profit d'autre part. C'est donc la demande globale anticipée qui détermine les volumes
de la production et de l'emploi.

Selon Keynes, la théorie classique de l'emploi est fondée sur deux postulats fondamentaux, que l'on peut
retrouver dans la Théorie du chômage d'A. C. Pigou, et qui sont discutés de la Théorie Générale.
Le 1er postulat porte sur la demande de travail et s'exprime ainsi : «Le salaire est égal au produit marginal
du travail». La productivité marginale du travail, égale au salaire réel, décroît avec l'augmentation du
niveau de l'emploi. La courbe de demande de travail des entrepreneurs est une fonction décroissante du
taux de salaire réel.

Le 2ème postulat porte sur l'offre de travail et s'exprime ainsi : L'utilité du salaire, quand un volume donné
de travail est employé, est égale à la désutilité marginale de ce volume d'emploi». La désutilité marginale
du travail, égale au salaire réel, s'accroît avec l'augmentation du niveau de l'emploi. La courbe d'offre
de travail des salariés est une fonction croissante du taux de salaire réel.

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