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Chapitre 2 :

L’analyse de l’activité et de la
rentabilité de l’entreprise

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Section 1 : les soldes intermédiaires de
gestion (SIG)
Objectif des SIG :
• Déterminer des marges à différents niveaux
du compte de résultat, afin d’analyser de
manière détaillée et fine la rentabilité de
l’entreprise
• Les SIG permettent d’apporter plus de
pertinence dans l’analyse de la rentabilité, en
regardant le CR de manière détaillée

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Méthodologie :
• Calculer une première marge (produits-charges) à
partir du haut du CR, qui renseignera sur une
première rentabilité de l’entreprise
• A partir de cette première marge, on calcule une
seconde, en rajoutant certains produits et en
retirant certaines charges. Cette seconde marge
donnera de nouvelles informations en termes de
rentabilité, à un niveau plus agrégé.
• Et ainsi de suite, jusqu’au dernier SIG : le résultat,
qui introduira l’ensemble des produits et des
charges.
• Calcul détaillé des SIG : voir le support distribué
3
Section 2 : L’appréciation des
performances par la méthode des
ratios

4
2.1 Les ratios d’activité
• Ces ratios sont importants afin de mesurer l’évolution de l’activité de
l’organisation.

• Ils peuvent être :


• le CAHT
• la part à l’exportation
• les effectifs
• la VA par exemple

• Exemple pour le calcul de l’évolution du CAHT :


[CAHT (n) – CAHT (n-1)]/CAHT (n-1)
Même chose pour les autres indicateurs.

• Souvent, il est préféré la VA au CAHT, car cet indicateur mesure mieux ce


qu’apporte réellement l’organisation à l’économie.

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2.2 Les ratios de rendement et de
rentabilité
• Ils mesurent un résultat réalisé, par rapport à :
• un résultat,
• ou par rapport à un indicateur de moyens utilisés.

Exemples de ratios intéressants :

• Rendement apparent des effectifs :

VA/Effectif moyen

Il mesure la part moyenne de VA par salarié.


En d’autres termes, combien rapporte en moyenne un
salarié en termes de VA ? 6
• Rendement apparent des équipements :

VA/Immobilisations brutes d’exploitation

Il mesure ce qu’apportent les investissements en immobilisations


d’exploitation en termes de VA.
Combien rapporte 1 euro investi en termes de VA ?

• Ratio d’intensité capitalistique :

Immobilisations brutes d’exploitation/Effectif moyen

Il mesure quelle est la part des immobilisations brutes


d’exploitation par rapport à l’effectif moyen (en d’autres termes la
part du capital par rapport au capital humain).
Quel est le montant de l’investissement moyen par salarié ?
Plus on investit, plus le ratio est important. On parle alors
d’entreprise intensive en capital.

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• Il peut être intéressant de calculer le ratio de
rentabilité des capitaux propres, qui mesure la
rentabilité des ressources apportées (en
particulier par les actionnaires).

• Dans ce sens, il intéresse directement les


actionnaires, qui se font une idée de la rentabilité
de leur investissement dans l’entreprise.

• Il peut se calculer de 2 façons.

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• Première façon :

Résultat de l’exercice/Ressources Propres

Avec RP : Capitaux propres + Am. et Provisions

Cependant ce taux de rentabilité risque d’être biaisé par les


résultats exceptionnels (une plus-value qui ne se reproduira pas
dans l’avenir et qui va augmenter le résultat sur un exercice).
Aussi peut-on préférer mesurer la rentabilité des capitaux propres à
partir du résultat courant (qui ne tient pas compte du résultat
exceptionnel).

• Deuxième façon :

Résultat courant après impôt/Ressources propres

Ce ratio est plus représentatif de l’activité « normale » de


l’entreprise, en ne tenant pas compte de l’exceptionnel.
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2.3 Les ratios de marge
• Ils vont établir la profitabilité de l’entreprise en mettant en relation :
• une marge (ou un profit),
• avec le niveau de l’activité (mesuré le plus souvent par le CAHT).

Exemples :

• Taux de marge bénéficiaire :

Résultat de l’exercice/CAHT

Ce taux résume la performance globale de l’entreprise.

En effet, il fait intervenir l’indicateur final des SIG, qui tient compte
de l’ensemble des produits et des charges : le résultat de l’exercice.
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• Taux de marge brute d’exploitation :

EBE/CAHT

Il mesure bien les performances commerciales et


industrielles de l’entreprise au travers de l’EBE.

Il est préféré au taux de marge bénéficiaire, car il


est indépendant :
• de la politique de financement,
• et de la règlementation fiscale.

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• Taux de marge commerciale :

Marge commerciale/Ventes de marchandises

• Indicateur le plus important pour les entreprises


uniquement commerciales.

• Secondaire pour celles commerciales et


industrielles, qui accordent plus d’importance au
taux de marge brute d’exploitation.

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2.4 La répartition de la VA
Il peut être intéressant de calculer la part de la VA affectée à chaque partie
prenante de l’entreprise :

- Le personnel : charges de personnel/VA


- L’état : Impôt sur les bénéfices/VA
- Les associés : distribution des dividendes + intérêt des comptes courants
Apporteurs des associés + participation des associés/VA
de K
- Les prêteurs : Intérêts des dettes/VA
- L’entreprise elle-même : Autofinancement
(calculé par différence, à savoir : 1 – somme des ratios précédents)

Cela permet de connaître le poids de chaque entité économique (en


particulier de l’Etat, du personnel, des prêteurs) dans la VA de l’entreprise.
Comment sont-ils rémunérés ?

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L’ensemble de ces ratios seront intéressants à
utiliser lors de l’analyse de l’activité et de la
rentabilité de l’entreprise, dès lors qu’il s’agira
d’établir un diagnostic financier.

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Section 3 : Analyse du niveau et de la
rentabilité des performances

• La rentabilité est influencée par le niveau des


coûts

• Il est donc important de connaître la structure


des coûts dans l’organisation

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3.1 – Sensibilité des coûts à la variation
du volume d’activité
On a l’habitude de considérer schématiquement 2 types de charges :

• Les charges variables, qui varient en fonction du niveau de


l’activité
Elles sont considérées comme compressibles.
Il suffit de diminuer le volume d’activité.
Exemples : les matières premières, la main d’œuvre directe,…

• Les charges fixes (ou de structure), qui ne varient pas.


Elles sont considérées comme incompressibles à CT.
Exemples : charges administratives non liées au volume de l’activité,
les amortissements,…

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Schématisation des charges variables
et fixes Partie
variable Partie
Charges fixe
Y = aX + b

Activité : X

Avec :
x : Mesure de l’activité (unité commercialisée)
a : coût variable d'une unité d'activité (dans ce cas, le coût variable lié à
1 € de CAHT)
b : charges fixes
y : coût total
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3.2- Notion de seuil de rentabilité
Définition :
• Le seuil de rentabilité (SR ou point mort) est le
chiffre d’affaires pour lequel le résultat est nul.

• On peut le dire autrement :


Le SR est le chiffre d’affaires pour lequel la
marge sur coûts variables est égale aux coûts
fixes.
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Rappel sur la formulation du résultat, à
partir de la marge sur coûts variables

Chiffre d’affaires hors taxes (CAHT)


- Charges Variables (CV)
= Marge sur coûts variables (MSCV)
- Coûts fixes (CF)
= Résultat (R)

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Exemples de calculs de résultats
Situation 1 Situation 2 Situation 3

CAHT : 75 000 € CAHT : 75 000 € CAHT : 75 000 €


-CV : 50 000 € -CV : 50 000 € -CV : 50 000 €
= MSCV : ? = MSCV : ? = MSCV : ?
-CF : 10 000 € -CF : 30 000 € -CF : 25 000 €
=R:? =R:? =R:?

Calculer la marge sur coûts variables (MSCV) et le résultat (R) pour les
3 situations. Est-on au dessus ou au dessous du seuil de rentabilité
dans chacune des situations ?

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Exemples de calculs de résultats
Situation 1 Situation 2 Situation 3

CAHT : 75 000 € CAHT : 75 000 € CAHT : 75 000 €


-CV : 50 000 € -CV : 50 000 € -CV : 50 000 €
= MSCV : 25 000 € = MSCV : 25 000 € = MSCV : 25 000 €
-CF : 10 000 € -CF : 30 000 € -CF : 25 000 €
= R : 15 000 € = R : - 5 000 € =R:0

On est au dessus du SR On est en dessous du SR On est au SR


(R>0) (R<0) (R=0)

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On peut exprimer en % du CAHT
CAHT = 100 % du CAHT
- CV = a % du CAHT
= MSCV = (100 – a) % du CAHT
- CF
=R

Exemple :
CAHT = 100 % du CAHT Taux de marge sur CV
- CV = 75 % du CAHT
= MSCV = (100 – 75) % du CAHT = 25 % du CAHT
- CF
=R

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Détermination du seuil de rentabilité
Pour déterminer le seuil de rentabilité, on doit chercher le chiffre
d’affaires qui donne un résultat nul.
Il représente aussi le CAHT qui est établi lorsque la marge sur coûts
variables est égale aux coûts fixes :

MSCV = CF
Soit en % du CAHT :
(100-a) % CAHT = CF
Taux de marge sur CV

D’où : CAHT = CF/(1-a %)

Ainsi, le SR correspond aux CF divisés par le taux de marge sur coûts


variables

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Exemple de calcul de SR
Soit une entreprise, qui enregistre les données
suivantes au 31/12/N :
CAHT : 75 000 €
CV : 50 000 €
CF : 10 000 €
Questions :
1°) Calculer la marge sur coûts variables et le
résultat au 31/12/N.
2°) Calculer le seuil de rentabilité.

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1°) Calcul de la MSCV et du R au 31/12/N

CAHT : 75 000 €
- CV : 50 000 €
= MSCV : 25 000 €
- CF : 10 000 €
= R : 15 000 €
Ainsi, au 31/12/N, le résultat est positif. On est au-delà du SR.

2°) Calcul du SR Vérification du SR :


CAHT = 30 000 €
SR = CF/taux de marge sur CV -CV = 2/3 de 30 000 € = 20 000 €
= MSCV = 1/3 de 30 000 € = 10 000 €
Calcul du taux de marge sur CV : -CF = 10 000 €
CAHT : 75 000 € =R=0
CV : 50 000 €
MSCV : 25 000 €, soit taux de marge sur CV : 25 000/75 000 = 1/3

D’où SR = 10 000/(1/3)= 30 000 €

Ainsi, il ne faut pas descendre en dessous d’un CAHT de 30 000 €, si on veut conserver
un résultat positif.

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Représentation graphique

MSCV = (1-a) x = 1/3 x


MSCV = CF
Gain
10 000 CF = 10
Perte 000

SR = 30 000 € Activité (x)

• Si CAHT<SR alors l’organisation perd de l’argent (car les CF sont


supérieurs à la Marge sur Coûts variables)
• Inversement, Si CAHT>SR alors l’organisation gagne de l’argent (car
les CF sont inférieurs à la Marge sur Coûts variables)

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Calcul de la date d’atteinte du SR
• Il est possible de calculer la date d’atteinte du SR
• Hypothèse : le CAHT se forme de manière régulière
durant l’année
• Il suffit de faire une règle de trois comme suit :
75 000 € pour 12 mois
30 000 € pour X mois, avec X, la date de réalisation du
SR
• Ainsi X = 12 x 30 000/75 000 = 4,8
Soit 4 mois et 0,8 du mois suivant
Soit Avril + (0,8 x 30 jours) = Avril + 24 jours = 24 Mai

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3.3 Effet de levier d’exploitation ou
opérationnel
• Quel est l’impact d’une variation du chiffre
d’affaires sur le résultat ?

• En d’autres termes, si le CAHT augmente de 10 %,


de combien augmente le résultat ?

• Ceci est calculé au travers du levier d’exploitation

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Formulation du levier d’exploitation

Levier opérationnel = Taux de variation du résultat de l’exercice/Taux de variation du CAHT

Ce qui peut s’écrire :

R/R
Levier opérationnel 
CAHT / CAHT

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Illustration
+ 25%

31/12/N-1 31/12/N
CAHT 60 000 75 000
- CV 40 000 = 2/3 du CAHT 50 000 = 2/3 du CAHT

= MSCV 20 000 25 000


- CF 10 000 10 000
=R 10 000 15 000

Calcul du levier opérationnel : Interprétation :

• Taux de variation du R : •Le résultat varie deux fois plus


(15 000 – 10 000) / 10 000 = 0,5 que le chiffre d’affaires hors taxe

• Taux de variation du CAHT : • Pour une augmentation du


(75 000 – 60 000)/60 000 = 0,25 CAHT de 10%, le résultat
augmente de 20%
• D’où levier opérationnel :
30
0,5/0,25 = 2
Intérêt du levier opérationnel
• Il peut être utilisé dans la prévision
• « Si on agit de x% sur le CAHT, on aura une
répercussion de y% sur le résultat »
• Il est aussi une mesure du risque de
l’exploitation
• Plus le levier est fort, plus le risque est élevé
• En effet, en cas de baisse du CAHT, le résultat peut
diminuer de manière très violente

31
Section 4 : La capacité
d’autofinancement (CAF)
• La CAF représente les ressources uniquement
internes de l’entreprise (pas les ressources
externes, en particulier provenant des banques).

• Il s’agit ainsi du financement de l’entreprise


assuré par elle-même.

• L’autofinancement se distingue ainsi du


financement d’origine externe.

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4.1 Besoin de financement et origines
du financement
• Pourquoi existe-t-il un besoin de financement
dans l’entreprise ?
Car nécessité d’acquérir des immobilisations (afin de
développer la capacité de production, ou simplement
pour renouveler les équipements)
Car nécessité de couvrir la dépréciation probable des
stocks et des créances, ainsi que les risques et charges
encourus
Car nécessité d’augmenter son FRNG, dans la mesure
où la croissance du CA induit une croissance du BFR.

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Quelle est l’origine des ressources
mobilisables pour couvrir le besoin de
financement ?
Origine externe :
• Emprunts extérieurs,
• Subventions (Etat, organismes prêteurs),
• Augmentation de capital (Emission d’actions, apports).

Origine interne :
• Les recettes provenant des ventes, diminuées des
dépenses associées.
La CAF représente uniquement ces ressources
d’origine interne.
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Remarques
 Nuance entre la CAF et l’autofinancement.
Lorsqu’il est décidé de verser des dividendes, ceux-ci
sont prélevés sur la CAF. Ainsi, seule la partie non
distribuée assure l’autofinancement.
Autofinancement = CAF – dividendes
 La CAF est aussi connue sous d’autres
appellations :
• Cash flow : expression américaine qui peut se traduire par
flux de trésorerie,
• Marge Brute d’Autofinancement (MBA) : expression qui avait
été retenue, avant que le PCG n’adopte la dénomination de
CAF.

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4.2 Le contenu de la CAF
La CAF peut être définie comme la différence
entre :
Les produits encaissables, générateurs de recettes,
Et les charges décaissables, entraînant des dépenses
effectives.
Remarque :
• Définition qui concerne uniquement les produits
encaissables et les charges décaissables de l’entreprise.
• Ne concerne pas dans ce sens, les produits et les charges
non encaissables/décaissables (donc calculées et qui ne font
pas l’objet d’une entrée ou d’une sortie effective de
trésorerie).

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Charges non décaissables
• Les dotations aux amortissements et aux
provisions,

• La valeur comptable des éléments d’actifs


cédés : valeur comptable qui ne correspond à
aucun flux lors de la cession

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Produits non encaissables
• Les reprises sur amortissements et provisions,
• La quote-part des subventions d’investissement
virées au résultat de l’exercice (simple écriture
dans le compte de résultat, au fur et à mesure de
l’utilisation des subventions),
• Les produits des cessions d’éléments d’actifs.
– Pour le PCG, ces produits relèvent de la fonction
d’investissement et non de la gestion courante
– Il est important de les distinguer en ne les
introduisant pas dans le calcul de la CAF.

38
4.3 La calcul de la CAF
Il existe 2 méthodes possibles pour calculer la
CAF :
 Une à partir des éléments encaissables et
décaissables,
Une à partir du résultat de l’exercice et des
éléments calculés.

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4.3.1 Le calcul de la CAF à partir des éléments
encaissables et décaissables
(ou calcul à partir de l’EBE)
CAF = flux encaissables – flux décaissables
Remarques :
• L’EBE est entièrement constitué de produits
encaissables et de charges décaissables.
• Il contribue dans ce sens en totalité à la
formation de la CAF (l’EBE est inclus dans la CAF).
• Le calcul de la CAF peut donc avoir comme
élément de départ l’EBE (méthode préconisée
par le PCG).

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CAF = EBE
+ Autres produits d’exploitation (75)
+ Autres
produits
+ Transferts de charges (791)
encaissables + Produits financiers encaissables (76, 796)
+ Produits exceptionnels encaissables (771, 778, 797)
- Autres charges d’exploitation (65)
- Autres - Charges financières décaissables (66)
charges - Charges exceptionnelles décaissables (671, 678)
décaissables - Participation des salariés aux résultats (691)
- Impôt sur les bénéfices (695)

Calcul de la CAF à partir de l’EBE

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Exemple Anafi
Calcul de la CAF à partir de l’EBE
Pour information : le montant des transferts de charges s’élève à 18 000 euros.

Eléments N° de compte - Charges décaissées + produits encaissés


EBE 682 450 (calcul SIG)

Autres produits de gestion courante 75 2 850 (FQ)


Autres charges de gestion courante 65 2 550 (GE)
Transferts de charges d’exploitation 791 18 000 (voir info)
Produits financiers 76 15 000 (GL + GN)
Charges financières 66 30 300 (GR + GS)
Produits exceptionnels 771/778 2 150 (HA)
Charges exceptionnelles 671/678 2 000 (HE)
Participation des salariés 691 35 000 (HJ)
Impôts sur les bénéfices 695 205 000 (HK)
TOTAL 274 850 720 450

Soit CAF = Produits encaissés – Charges décaissées = 720 450 – 274 850 = 445 600

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4.3.2 Le calcul de la CAF à partir du
résultat de l’exercice
Rappel :
Le résultat est la différence entre tous les produits et toutes
les charges, aussi bien ceux qui sont générateurs de
recettes ou de dépenses, que les autres qui sont calculés.

La CAF peut donc être retrouvée à partir du résultat de


l’exercice :
• En y réintégrant les charges calculées (dites non
décaissables), afin d’annuler le fait que le résultat de
l’exercice introduise ce type de charges (on veut donc les
neutraliser),
• En déduisant les produits calculés (même raisonnement)

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CAF = Résultat de l’exercice
 Reprises sur amortissements et provisions (781, 786, 787)
- Produits  Produits des cessions d’éléments d’actif (775)
calculés  Quote-part des subventions d’investissement virée au
compte de résultat de l’exercice (777)
+ Dotations aux amortissements et aux provisions (681,
+ Charges
calculées
686, 687)
+ Valeurs comptables des éléments d’actif cédés (675)

Calcul de la CAF à partir du résultat de l’exercice

44
Exemple Anafi
Calcul de la CAF à partir du résultat de l’exercice
Pour information : les produits de cession des éléments d’actifs s’élèvent à 24 000 euros. La
quote-part de subvention virée au compte de résultat est de 1 750 euros.
Eléments Compte - Produits calculés + Charges calculées
Résultat de l’exercice 264 225 (calcul SIG)

Dotations aux am. et aux provisions :


. Exploitation 681 179 825 (GA + GC)
. Financières 686 20 200 (GQ)
. Exceptionnelles 687 2 900 (HQ)
Reprises sur am. et provisions :
. Exploitation 781 2 250 (= 20 250 FP – 18 000 info)
. Financières 786 5 200 (GM)
. Exceptionnelles 787 6 500 (HC)
Valeurs comptables des éléments 675 18 150 (HF)
d’actifs cédés
Produits des cessions d’éléments 775 24 000 (info)
d’actifs
Quote-part de subventions d’inv. 1 750 (info)
Virée au compte de résultat de
l’exercice
TOTAL 39 700 485 300

Soit CAF = 485 300 – 39 700 = 445 600 euros 45


Support Tableau récapitulatif des
produits et des charges
(Verso des 2 méthodes)
CAF = colonne produits encaissables
– colonne charges décaissables

Intérêt du support : Distingue et détaille les


produits et les charges (encaissables et
décaissables)

46
4.4 L’utilité de la notion de CAF
• La CAF est la ressource interne de l’entreprise,
donc elle peut être vue comme une ressource
propre.
• Dans ce sens, elle est une composante des
ressources stables, nécessaires au
financement des emplois stables.
• Il s’agit d’une véritable variable à considérer
dans le financement de l’entreprise.

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Ratios intéressants introduisant la CAF
Il existe 2 ratios susceptibles de mesurer la part de la CAF dans le financement de
l’entreprise :

 Celui qui mesure la part de l’autofinancement dans la VA :


(Rappel : l’autofinancement est l’une des affectations de la VA)

Autofinancement/VA

 Celui qui mesure la capacité d’endettement :

Dettes financières (L et MT)/CAF

Il montre dans quelle mesure la CAF est suffisante pour le remboursement des
dettes financières.

Remarque :
Les banques exigent habituellement que les dettes n’excédent pas un rapport égal à 3,
à savoir 3 fois plus de dettes que de CAF.
Autre façon de dire : les dettes ne doivent pas dépasser 3 années de CAF (car données
annuelles).

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A retenir de la CAF
• Représente les moyens de financement internes dont
dispose une entreprise.
• Indicateur de mesure de capacité de développement
de l’entreprise
(au travers du financement des investissements, du
remboursements des emprunts, par exemple).
• Mesure un surplus monétaire qui ne tient pas compte
des délais d’encaissements et de décaissements.
• Dans ce sens, mesure potentielle, mais pas
véritablement disponible.
• Il faudrait la corriger des délais pour obtenir un
véritable surplus monétaire disponible à l’entreprise.
49
SECTION 5 : L’ANALYSE DE LA
RENTABILITE DE L’ENTREPRISE AU
TRAVERS DE L’EFFET DE LEVIER
FINANCIER

50
5.1 Définition
Question posée :
Quel est l’impact de la structure du financement (par capitaux propres ou
par endettement), sur la rentabilité de l’entreprise ?
L’impact peut être mesuré au travers de l’effet de levier financier.

On appelle « effet de levier financier » l’incidence de l’endettement


de l’entreprise sur la rentabilité de ses capitaux propres (qualifiée
de rentabilité financière, rf).

Notations :
rf = Rentabilité financière = Résultat Net/Capitaux Propres
re = Rentabilité Economique = Résultat d’Exploitation/Actif
Economique
(Avec Actif Economique : Immob. Brutes d’Expl. + BFRE)

51
5.2) Illustration
Soit une entreprise telle que :
• Actif économique (Immobilisation Brute d’exploitation + BFRE) = 1 000,
• Rentabilité économique (re) = 15%,
• Coût de la dette financière i = 10%,
• Et dont l’actif économique est financé par capitaux propres (CP) et dettes
financières (D).

Actif économique CP
= +
1 000
D

Nous allons calculer sa rentabilité financière selon la manière dont elle


finance son actif économique.
52
Financement par CP Financement par CP et par
seulement endettement (D)
CP 1 000 500
D 0 500
Actif économique 1 000 1 000
Résultat d’exploitation
1 000 x 0,15 = 150 1 000 x 0,15 = 150
= Actif Eco X re
Charges d’intérêt 0 500 X 0,1 = 50
Résultat imposable 150 100
Résultat net
(Avec taux d’imposition de 150 X 2/3 = 100 100 x 2/3 = 66,67
1/3 = θ)
Rentabilité financière = rf
= Résultat net/CP 100/1000 = 10 % 66,67/500 = 13,33 %

53
Interprétation de la situation
Dans cet exemple :
• l’endettement accroît la rentabilité financière,
• On dit alors que l’effet de levier est positif,
• l’entreprise a intérêt à s’endetter,
• En effet, la rentabilité de ses capitaux propres
est supérieure lorsqu’elle a recours à
l’endettement.

54
5.3 Formulation et généralisation
Notations :
• Capitaux Propres : CP
• Dette : D
• Coût de la dette : i
• Actif économique : CP + D
• Rentabilité financière : rf : résultat net/CP
(rémunération des apporteurs de capitaux)
• Rentabilité économique : re : résultat d’expl./(CP+D)
(rémunération des apporteurs de capitaux + des prêteurs
donc de l’ensemble des apporteurs de capitaux)
• Taux d’imposition : ϴ

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En reprenant les lignes du tableau :
Capitaux propres : CP
Dette : D
Actif économique : CP + D
Résultat d’exploitation : (CP + D) re
Charges d’intérêt : D i
Résultat imposable : (CP + D) re – D i
= CP re + D (re – i)
Résultat net : (1 - ϴ) [CP re + D (re - i)]
Avec rf = résultat net/CP
Soit rf = (1 - ϴ) re + (1 - ϴ) D (re - i)
CP
Et plus simplement, sans tenir compte de l’impôt :
rf = re + D (re - i)
CP
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Avec :
D (re - i) : Effet de levier
CP
• (re – i) : levier financier
Ecart entre le taux de rentabilité économique et
le coût de la dette

D
• : bras de levier.
CP

Mesure le poids de la dette par rapport aux CP.


Traduit le choix de la politique financière de
l’entreprise.
57
• L’effet de levier est positif lorsque rf > re, soit lorsque : D (re - i) > 0
CP
C’est-à-dire lorsque : D > 0 et re – i >0

• Dans cette situation, l’entreprise a intérêt à faire appel à la dette


(car re > i)

• Ainsi, l’entreprise bénéficie d’un effet de levier positif lorsque la


rentabilité économique est supérieure au coût de la dette

• Elle a donc intérêt à s’endetter plutôt que se financer uniquement


par CP lorsque re > i

• Dans le cas contraire, l’entreprise bénéficie d’un effet de levier


négatif et n’a pas intérêt à faire appel à la dette.

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Intérêts du levier financier
• L’effet de levier peut être utile lorsqu’on analyse
le financement d’une entreprise
• Sa mesure permet de dire comment l’entreprise a
intérêt à financer ses actifs.
• Plutôt par CP ou plutôt par endettement ?
• C’est la comparaison entre la rentabilité
économique et le coût de la dette qui donnera la
réponse
Si re > i => Intérêt à s’endetter
Si re < i => intérêt à se financer par CP
• Instrument utile au moment du diagnostic
financier
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Conclusion chapitre 2
Intérêt du chapitre :
• Présenter les outils utiles à l’analyse de l’activité et
de la rentabilité de l’entreprise
• Outils qui seront mobilisés lors du diagnostic
financier
• Savoir en particulier mobiliser les ratios d’activité,
de marge, les SIG, le seuil de rentabilité, la CAF et le
levier financier (qui sera mobilisé pour analyser
l’intérêt de l’endettement).
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