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Electronique de puissance

Avancée
Cannevas du module
▪ Généralités d’Electronique de Puissance Avancée
▪ Convertisseurs de base
▪ Commande en MLI des Convertisseurs
▪ Convertisseurs Multiniveaux

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Chapitre 1

Généralités sur l’Electronique de puissance

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Définition

L’électronique de puissance : La conversion et le contrôle de


l’écoulement de puissance entre un appareil qui génère l’énergie
électrique et un appareil qui la consomme, à l’aide des dispositifs de
commutation électronique, appelés: interrupteurs de puissance, ou
semi-conducteurs de puissance,

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Différentes possibilités relatives à la conversion d’énergie électrique

Cyclo convertisseur Onduleur ou redresseur

hacheur Convertisseurs à deux étages

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Applications des convertisseurs d’électronique de puissance

La gamme de puissance des applications est


large: des applications domestiques de faible
puissances aux lignes de transmission de
fortes puissance.

Certains applications sont classiques:


redressement et systèmes d’enttrainement
des moteurs, D’autres sont récentes et
émergentes, telles que les systèmes à
énergies renouvelables.

Exemples d’pplications indiquées sur la figure:


 Véhicules hybrides et électriques;
 PCs de bureau et PCs portables;
 Systèmes à enrgie renouvelable;
 Transport électrifié.
Exemples d’applications des convertisseurs
d’électronique de puissance.
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Autre exemple d’pplications: les macrogrides et les micro-grid et leur interconnexion.

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Interrupteurs de puissance
Les interrupteurs de puissance sont les éléments de base dans les convertisseurs de

l’électronique de puissance.

Exemples des interrupteurs de puissance : Diode, Thyristor, GTO, TRIAC, MOSFET, IGBT…..etc

Dans le cas idéal, un interrupteur de puissance peut avoir seulement deux états de fonctionnement:

Etat de conduction, et Etat de blocage

Les interrupteurs de puissance sont caractérisés selon différentes paramètres:

type de la commutation en blocage et en conduction (naturelle ou forcée),

Unidirectionnalité ou bidirectionnalité de la tenson et du courant

…etc.
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Caractéristiques statiques idéales des interrupteurs de puissance
On désigne par caractéristique d’un interrupteur: la courbe du courant à
travers l’interrupteur en fonction de la tension entre ses bornes

La caractéristique statique idéale de l’état de blocage et de l’état de blocage:

les caractéristiques statiques idéales des différents types des semi-conducteurs existant sur le marché:

Exemple: Exemple: Exemples:


Exemples:
Thyristor MOSFET TRIAC
Diode et IGBT

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Caractéristiques dynamiques idéales
La caractéristique dynamique d’un interrupteur de puissance est liée à son
comportement pendant la commutation.

La commutation d’un interrupteur peut être naturelle ou forcée.

Dans le cas de la commutation naturelle, le changement d’état de l’interrupteur


est défini par les variables du circuit de puissance.

Dans le cas de la commutation forcée, le changement d’état est assuré par un


signal de déclenchement (signal de commande).

Caractéristique dynamique idéale des quatre types de commutation:


 Conduction naturelle
 Blocage naturelle
 Conduction forcée
 Blocage forcé.

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Comportement du courant et de la tension en fonction du temps pmendant la commutation naturelle

Conduction naturelle (diode) Blocage naturel (diode)

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Comportement du courant et de la tension en fonction du temps pmendant la commutation forcée

Conduction forcée (transistor) Blocage forcé (transistor)

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Interrupteurs de puissance réels
Habituellement, un semi-conducteur a
 deux bornes de puissance (anode/cathode, collecteur/émetteur ou drain/source);
 une ou plusieurs bornes de commande (gâchette ou base).

le semi-conducteur réel a des limites concernant la tension, le courant et la fréquence de fonctionnement.

Dans le cas idéal, la tension, le courant et la fréquence de commutation d’un interrupteur n’ont pas de limites.

Dans la réalité, un interrupteurs de puissance a des limites


 Limites liées à la tension inverse et directe

 Limites liées au courant directe pendant la conduction

 Limites liées à la fréquence de commutation

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Classification des interrupteurs de puissance réels
De point de vue de la caractéristique dynamique, les interrupteurs de puissance peuvent être classés en quatre catégories :
 Conduction Naturelle / Blocage Naturel ;
 Conduction Forcée / Blocage Naturel ;
 Conduction Forcée / Blocage Forcé ;
 Conduction Naturelle / Blocage Forcé.

Interrupteurs à conduction naturelle/blocage naturel


Exemple des interrupteurs de ce type: diode conventionnelle et diode de Schottky.

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Interrupteurs à conduction forcée /blocage naturel

Thyristor

Il a deux bornes de puissance: Anode (A) et cathode (K), et une borne de commande: Gâchette (G)
Il est unidirectionnel en courant, et bidirectionnel en tension.
Il a le pouvoir de bloquer le courant dans les deux sens, directe et inverse.

Il entre en conduction lorsque deux conditions sont vérifiées en même temps:

 La présence d’une impulsion de courant sur sa gâchette: 𝑖𝐺𝐾 > 0


 Une polarisation directe de la tension anode-cathode: 𝑣𝐴𝐾 > 0

La chute de tension durant la conduction est de 1 à 4V.

En état de conduction, le thyristor se comporte comme une diode.

La gâchette perd le contrôle sur le thyristor lors de la conduction.

Le thyristor se bloque lorsque son courant anode-cathode s’annule.

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TRIAC

Le TRIAC est composé de deux thyristors intégrés en antiparallèle.

Il peut conduire ou bloquer dans le sens direct ou inverse.

Il a deux bornes de puissance T1 et T1 et une borne de


commande (une gâchette) G

Lorsque vT=vT1-vT2 est positive, le TRIAC est déclenché par une impulsion
positive de courant sur sa gâchette. Il fonctionne alors dans le quadrant I.

Lorsque vT=vT1-vT2 est négative, le TRIAC est déclenché par une impulsion
négative de courant sur sa gâchette. Il fonctionne alors dans le quadrant III.

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Interrupteurs à conduction forcée /blocage forcé

Transistor Bipolaire BJT: (Bipolar Junction Transistor)

Il a deux bornes de puissance (émetteur E et récepteur C)


et une borne de commande (la base B).

Il est commandé en courant par le courant de base .

Contraire mt au BJT de faible puissance, le BJT de


puissance fonctionne en état de saturation

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MOSFET (Metal Oxide Semiconductor Field Effect Transistor)

Le MOSFET a deux bornes de puissances, le drain (D) et la


source (S), et une borne de commande, la gâchette (G).

Il est déclenché par une impulsion de tension entre


la gâchette et la source (G et S)

Il peut fonctionner à des hautes fréquences de commutation.

Sa commande en tension est plus facile que la commande en courant

des autres types d’interrupteurs.

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IGBT (insulated-gate bipolar transistor)
Il a deux bornes de puissance (émetteur E et récepteur C)
et une borne de commande (la gâchette G).
Il est déclenché par une impulsion de tension entre
la gâchette et l’émetteur (G et E)

Il peut fonctionner à des hautes fréquences de commutation.

Sa commande en tension est plus facile que la commande en

courant des autres types d’interrupteurs.

Il combine les avantages du transistor bipolaire et du MOSFET:


 Tension élevée à l’état ouvert : caractéristique BJT
 Tension faible à l’état fermé : caractéristique BJT
 Commande facile : caractéristique MOSFET
 Bon caractéristique dynamique : caractéristique MOSFET

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GTO (gate turn-off thyristor)

C’est un thyristor qui peut être commandé en conduction et


en blocage.

Il est unidirectionnel en courant et en tension.

Pour entrer en conduction, il a besoin d’une impulsion de


faible courant positif sur sa gâchette.

Pour se bloque, il faut appliquer sur sa gâchette une impulsion


de fort courant négatif.

Il est difficile à commander par rapport au MOSFET et à


l’IGBT, car sa commande est en courant.

Sa fréquence de commutation est limitée, pour minimiser les pertes.

Il est utilisé pour les applications de fortes puissances, telles


que la traction ferroviaire
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Tableau comparatif entre les quatre types des semi-conducteurs entièrement commandables,
de point de vue puissance et fréquence de commutation

Semi-conducteur Puissance d’utilisation Fréquence de commutation

BJT Moyenne Moyenne


MOSFET Faible Forte
IGBT Moyenne Moyenne
GTO Forte Faible

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Interrupteurs à conduction naturelle / blocage forcé

Deux semi-conducteurs récents peuvent être classés dans


cette catégorie : le SIT et le SITH

Leur développement n’est pas encore entièrement établi


et standardisé.

SIT: Static Induction Transistor


Il conduit lorsque vGS égale à zéro.
Le courant du drain est commandé par la valeur de la tension vGS.
peut être bloqué en imposant une tension vGS négative

SITH: Static Induction Thyristor


Son blocage est effectué en imposant une tension de gâchette négative.
Il n’a pas le pouvoir de bloquer une tension inverse.

Ces deux interrupteurs souffrent de la chute de tension élevée en état de conduction, ainsi
que de la complexité du processus de fabrication

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Classification des interrupteurs selon les segments de leurs caractéristiques v-i
Le point de fonctionnement d’un interrupteur sur la caractéristique v-i peut se déplacer que sur les segments
suivants :
 OA, fermé avec un courant direct (i > 0, v > 0 très faible),
 OB, ouvert avec une polarisation directe (v > 0, i > 0 très faible),
 OC, fermé avec un courant inverse (i < 0, v < 0 très faible),
 OD, ouvert avec une polarisation inverse (v < 0, i < 0 très faible).

Pour un interrupteur de puissance idéale, Les branches des


caractéristiques statiques v-i deviennent des segments de droites
confondus avec les axes

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On distingue ainsi les interrupteurs deux segments, trois segments et quatre segments
Interrupteurs à deux segments
Pour ce type d’interrupteurs, la caractéristique v − i ne comporte que deux segments, l’un correspond à l’état fermé
(branche OA ou OC) et l’autre à l’état ouvert (OB ou OD). Ces deux segments appartenant ou non au même quadrant
Exemple 1: Diode
La diode est un interrupteur, à deux segments, positionnés dans des quadrants différents
Le passage d’un segment à l’autre, dans un sens ou dans l’autre, s’effectue nécessairement
par le point O ; les commutations sont naturelles.

Exemple 2: Transistor bipolaire, IGBT et MOSFET


les deux segments appartiennent au même quadrant du plan v − i ( OA et OB).

Le passage d’un segment à l’autre est imposé par


le signal de commande: la commutation est forcée

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Interrupteurs à trois segments réversible en tension
La caractéristique v − i d’un interrupteur trois segments réversible en tension comporte :
 la branche OA à l’état passant,
 les branches OB et OD à l’état bloquant

Exemple 1: Thyristor
Exemple 2: GTO

Exemple 3: Association en série d’un


transistor et d’une diode

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Interrupteurs à trois segments réversible en courant
La caractéristique v − i d’un interrupteur trois segments réversible en courant comporte :
 la branche OA et OC à l’état passant,
 les branches OB à l’état bloquant

Exemple 1: Mise en antiparallèle d’un thyristor asymétrique et une diode


Un thyristor asymétrique ne peut pas supporte une tension inverse

Exemple 2: Association en antiparallèle d’un transistor et d’une diode

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Interrupteurs à quatre segments
La caractéristique v − i d’un interrupteur quatre segments comporte :
 la branche OA et OC à l’état passant,
 les branches OB et OD à l’état bloqué

Exemple 1: Mise en série inverse de deux interrupteurs 3 segments reversible en courant

Exemple 2: Mise en parallère inverse de deux interrupteurs 3 segments reversible en tension


Exemple 3: Groupement d’un transistor et quatre diodes montées en pont

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Représentation des interrupteurs dans les schémas des convertisseurs

Les interrupteurs non commandés sont représentés par le symbole d’une diode

Les interrupteurs commandés en fermeture sont représentés par le symbole d’un thyristor

Les interrupteurs commandés en fermeture et en ouverture sont représentés par le symbole d’un
thyristor avec deux gâchettes

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Conditions de continuété de l’énergie pendant la commutation

 La fermeture d’un interrupteur de puissance connecte les bornes qu’il relie, son ouverture
interrompt cette connexion.
 Au moment de la fermeture d’un interrupteur, il force les potentiels de deux bornes qu’il relie à
devenir égaux. Ainsi, La fermeture d’un interrupteur entraîne une discontinuité du potentiel d’au
moins une des bornes, sauf si à cet instant, les deux potentiels étant égaux, la tension aux bornes de
l’interrupteur est alors nulle.
 Au moment de l’ouverture, l’interruption de la connexion entre les deux bornes que l’interrupteur
reliait force le courant qui circulait d’une borne à l’autre à s’annuler. Ce courant subit une
discontinuité, sauf si à cet instant il était nul.
 Ces contraintes liées aux commutations doivent être compatibles avec la continuité de l’énergie au
sein du montage dans lequel les interrupteurs sont insérés. En pratique cela revient généralement à
vérifier que les commutations n’entraînent pas :
 de discontinuité de la tension aux bornes d’un ou plusieurs condensateurs,
 de discontinuité du courant dans une ou plusieurs inductances

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Caractérisation des générateurs et des récepteurs
Par rapport à la commutation, on distingue entre un générateur de tension et un générateur de courant.
On distingue également entre un récepteur de tension et un récepteur de courant.
Un générateur ou un récepteur est dit de tension si la valeur instantanée de la tension à ses bornes ne subit pas de
discontinuité lors des commutations. On le représente par un cercle éventuellement traversé par un trait dans le sens de
passage du courant
Un générateur ou un récepteur est dit de courant si la valeur instantanée du courant qui le traverse ne subit pas de
discontinuité lors des commutations. On le représente par deux cercles entrelacés ou par un cercle traversé par un trait
perpendiculaire au sens de passage du courant

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Réversibilité des générateurs et des récepteurs

 Un générateur ou un récepteur est réversible en tension si sa tension u peut être positive ou négative
 Un générateur ou un récepteur est non réversible en tension si sa tension u a une seule polarité.
 Un générateur ou un récepteur est réversible en courant si son courant i peut être positif ou négative
 Un générateur ou un récepteur est non réversible en courant si son courant i a une seule polarité.

Exemples

 Une batterie d’accumulateurs est réversible en courant mais pas en tension.


 Les moteurs à courant continu et les moteurs à courant alternatif, synchrones ou asynchrones, sont
réversibles en courant et en tension.
Dès qu’il y a au moins une réversibilité, le sens d’écoulement de la puissance instantanée ui peut être inversé:
on parle alors d’une source, au lieu de générateur ou de récepteur

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Amélioration d’une source

 Vis-à-vis des commutations, la quasi-totalité des sources qu’on trouve en électrotechnique (machines à
courant continu ou alternatif) sont naturellement des sources de courant en raison de leur inductance.
 Seuls quelques dispositifs, comme les batteries d’accumulateurs par exemple, peuvent être considérés
comme sources de tension.

 Si l’inductance interne d’une source de courant est insuffisante pour qu’on puisse la considérer comme
une bonne source de courant, on ajoute une inductance supplémentaire en série. Plus l’inductance
totale L est grande, plus la f.é.m. d’induction L di/dt réduit l’amplitude des variations du courant i
qu’entraînent les brusques variations de la tension u lors des commutations.

Si une source de tension a une inductance interne non négligeable, les variations à fort di/dt du courant i
lors des commutations entraînent des variations de la tension u excessives. On atténue celles-ci en dérivant
un condensateur aux bornes de la source ; il fournit du courant quand u diminue, en absorbe quand u
augmente réduisant ainsi les variations de u provoquées par celles de i

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Changement de la nature d’une source
Pour obtenir une source de courant continu à partir d’une source de tension continue, on met en série avec celle-ci une
inductance L de valeur suffisante.
L’inductance se charge ou se décharge sous l’effet des variations de u. Les tensions U et u ont en régime périodique la même
valeur moyenne. Si la valeur de l’inductance est suffisante, les variations de i sont négligeables
di U  u

dt L
Pour transformer en source de tension continue une source de courant continu, on dérive aux bornes de celle-ci un
condensateur de capacité C suffisante (figure 1.17b).
Les courants I et i ont en régime périodique même valeur moyenne. Le courant de charge ou de décharge de la capacité rend la
tension u d’autant moins sensible aux variations de i que C est plus important
du I  i

dt C
En alternatif, l’addition d’une forte capacité ou d’une forte
inductance peut entraîner une consommation ou une création de
puissance réactive excessive. Il est alors nécessaire d’utiliser un filtre
formé d’un assemblage d’éléments L et C.
À noter qu’en continu comme en alternatif, en régime établi le
courant dans un condensateur et la tension aux bornes d’une
inductance a une valeur moyenne nulle

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Changement de la nature d’une source

Remarques

 Une source de tension est d’autant moins sensible à la forme du courant qui la traverse que la
fréquence de fonctionnement est plus élevée.
 Une source de courant est d’autant moins sensible à la forme de la tension à ses bornes que la
fréquence de fonctionnement est plus élevée.
 Toutefois, pendant les commutations, qui sont d’ordinaire très brèves en regard de la période
de fonctionnement, on peut admettre :
 que la tension d’une source de tension, continue ou alternative, reste constante ;
 que le courant d’une source de courant, continue ou alternative, reste constant

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Règles de connexion des sources

 Les connexions établies par les interrupteurs doivent tenir compte de la nature des sources entre lesquelles le
convertisseur est monté. Il faut respecter les principes de base de la théorie des circuits électriques :
 unicité du potentiel en un point,
 somme des courants nulle en un nœud.
 Une source de tension :
 ne doit pas être reliée directement à une source de tension de valeur différente,
 peut être mise en circuit ouvert,
 ne doit pas être mise en court-circuit, sinon son courant serait très fort.
 Une source de courant :
 ne doit pas être reliée directement à une source de courant de valeur différente,
 peut être mise en court-circuit,
 ne doit pas être mise en circuit ouvert, sinon la tension à ses bornes serait très grande (théoriquement infinie).

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Règles de connexion des sources
 Du point de vue de sa structure, un convertisseur peut être
 direct, s’il n’utilise que des interrupteurs,
 indirect, s’il est composé à la fois d’interrupteurs et d’éléments de stockage d’énergie (inductances ou capacités).
 Du point de vue de sa commande, un convertisseur peut être
 entièrement commandable, si tous les changements de configuration sont obtenus par fermeture et ouverture
commandées d’un ou plusieurs interrupteurs,
 partiellement commandable, si des changements de configuration sont provoqués par le passage par zéro d’un courant
ou d’une tension.
 Un convertisseur direct entièrement commandable ne peut relier que deux sources de nature différente, l’une de tension,
l’autre de courant.
 Lorsqu’il doit relier deux sources de même nature, un convertisseur entièrement commandable doit être indirect, c’est-à-
dire comporter un élément de stockage de l’énergie qui joue le rôle de source intermédiaire.
 On obtient ainsi l’équivalent de deux convertisseurs directs en cascade.
 Pour respecter l’alternance des sources, l’élément de stockage doit être
 une inductance lorsqu’il s’agit de relier deux sources de tension,
 une capacité lorsqu’il s’agit de relier deux sources de courant

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Cellule élementaire de commutation
 Dans un convertisseur direct respectant la règle de l’alternance des sources, les interrupteurs relient les bornes d’une
source de tension à celles d’une source de courant (figure ci dessous.)
 La disposition de ces interrupteurs doit respecter les règles de base des circuits électriques rappelées précédemment.
 Il faut qu’à chaque instant parmi les interrupteurs reliés à une même borne de la source de courant, il y en ait un et un
seul fermé. En effet :
 si tous les interrupteurs aboutissant à cette borne étaient ouverts, la source de courant serait en circuit ouvert ;
 si plusieurs interrupteurs aboutissant à cette borne étaient fermés, ils établiraient un court-circuit entre les bornes de la
source de tension à laquelle ils sont reliés.
Lors d’une commutation, on demande donc à deux interrupteurs reliés à une même borne de la source de courant de
transférer le courant à cette borne d’une borne de la source de tension à une autre borne de cette source. Pour cela, il faut
ouvrir l’interrupteur précédemment fermé et fermer l’interrupteur précédemment ouvert

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Cellule élementaire de commutation
 Pour analyser le déroulement de ce transfert, on se limite à l’examen de la partie de l’ensemble du circuit concernée :
l’association de deux interrupteurs sous une tension u assurant l’aiguillage d’un courant i (figure ci-dessous ) ; cette
disposition est la cellule élémentaire de commutation.
 On considère la commutation correspondant à l’ouverture de l’interrupteur K, donc au transfert du courant i de la voie
que fermait cet interrupteur à la voie que ferme l’interrupteur K’. Les courants dans ces deux voies doivent varier très
rapidement, passant de i à 0 pour iK, de 0 à i pour iK’.
 Pour simplifier la présentation, on suppose que durant la commutation K →K’ :
 la tension u, égale à vK − vK’, reste constante et égale à U,
 le courant i reste constant et égal à I,
 les variations des tensions vK et vK’ et des courants iK et iK’ sont linéaires.
On suppose que le courant i est de polarité positive : I > 0. On présente le déroulement de la commutation pour les deux
cas : U > 0 et U < 0

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Cellule élementaire de commutation
Commutation KK’ lorsque I > 0 et U > 0
 Quand l’interrupteur K conduit, la tension aux bornes de l’interrupteur K’ est négative :
vK’= -U. L’interrupteur K’ ne peut pas conduire un courant tant que vK’ est négative (Point de fonctionnement se situe
seulement dans les quadrants 1 ou 3) .
 La commutation commence par la montée de la tension vK qui passe, de t = t0 à t = t1, de 0 à +U (figure 1.20). Pendant cet
intervalle :
 iK reste égal à I,
 iK’ reste nul,
 et vK’ passe de −U à 0.
 Quand vK’ s’annule, l’interrupteur K’ peut entrer en conduction. Pendant la montée du courant iK’ de 0 à I, qui correspond à
l’intervalle (t1, t2) :
 iK décroît de I à 0,
 vK reste égale à U et vK’ à 0.
 À l’instant t = t2, la commutation est terminée.
 Le trajet des points de fonctionnement dans le plan (i-v) montre que ce type de commutation nécessite la commande à
l’ouverture de K qui doit donc être du type transistor.
 L’interrupteur K’ effectue une fermeture spontanée : il doit donc se comporter comme une diode.
 Si le courant I est transféré à une diode, ce qui est souvent le cas, il n’y a pas de problème.
Si I est transféré à un semi-conducteur à fermeture commandée, du type thyristor ou transistor, il faut que celui-ci se comporte
comme une diode, c’est-à-dire qu’il devienne passant dès que la tension à ses bornes tend à devenir positive, ce qui nécessite
qu’une commande lui soit appliquée
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Cellule élementaire de commutation

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Cellule élementaire de commutation

Commutation KK’ lorsque I > 0 et U < 0


 Quand l’interrupteur K conduit, la tension à ses bornes ne peut devenir négative tant que le courant positif qui le traverse ne
s’est pas annulé.
 La commutation commence par un intervalle (t0, t1), pendant lequel :
 iK décroît de I à 0,
 iK 'croît de 0 à I,
 vK reste nulle et vK’ reste égale à −U.
 Quand iK s’annule :
 la tension vK peut décroître de 0 à U ,
 et vK’ de −U à 0.
 À la fin de ce second intervalle (t1, t2), la commutation est finie.
 Le trajet des points de fonctionnement montre que ce type de commutation nécessite une commande à la fermeture de
l’interrupteur K’ ; suivant qu’il a ou n’a pas à assurer des ouvertures commandées, il sera du type transistor ou du type thyristor.
 L’interrupteur K doit, lors de cette commutation, se comporter comme une diode. S’il s’agit effectivement d’une diode, il n’y a
pas de problème. Il n’y en a pas non plus s’il s’agit d’un thyristor car celui-ci se comporte comme une diode lorsqu’il est à l’état
passant.

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Cellule élementaire de commutation
Remarques
1. D’ordinaire, lors de l’étude des principes de fonctionnement des convertisseurs et de leurs caractéristiques, on néglige la
durée des commutations devant la période de fonctionnement. On suppose les commutations instantanées. Sur la forme
d’onde du courant i dans un interrupteur et celle de la tension v à ses bornes, les commutations apparaissent alors comme des
discontinuités. La figure 1.21 les représente dans les quatre cas possibles.

2. On remarque que la commutation commandée d’un interrupteur est toujours associée à la commutation spontanée de
l’autre.
3. Sur les formes d’ondes schématiques, telles celles de la figure 1.21, il est aisé de reconnaître la nature des commutations :
 dans une commutation commandée, le courant dans l’interrupteur lorsqu’il est fermé et la tension à ses bornes lorsqu’il
est ouvert sont de même signe.
 dans une commutation spontanée, ce courant et cette tension sont de signes contraires.
4. Les surfaces hachurées sur la figure 1.20 montrent l’énergie dissipée dans l’interrupteur qui effectue une ouverture ou une
fermeture commandée.
5. Dans ces commutations commandées dites « dures » par opposition aux commutations spontanées (ou à pertes nulles)
dites « douces », la puissance instantanée dissipée atteint une valeur élevée (égale à V.I). Mais cette puissance correspond à
une énergie faible en raison de la brièveté de l’intervalle (t0 – t2) dont la durée est fixée par la vitesse de commutation des
semi-conducteurs utilisés

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Cellule élementaire de commutation

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Adoucissement de la commutation
 La commutation forcée d’un interrupteur est une commutation dure car cet interrupteur :
 doit reprendre le courant avant que la tension à ses bornes descende, s’il est commandé à la
fermeture ;
 doit reprendre la tension avant que le courant qui le traverse descende, s’il est commandé à
l’ouverture.
 Il en résulte des pertes de commutation qui limitent la fréquence à laquelle on peut faire
commuter les interrupteurs. Pour réduire ces pertes, on peut :

 Soit utiliser des circuits d’aide à la commutation (CALC), (snubbers en anglais). L’interrupteur
reste entièrement commandable mais la durée des commutations adoucies est allongée ;
Exemple des circuits d’aides à la commutation (figure ). Il contient une inductance une inductance
pour adoucir la fermeture et une capacité pour adoucir l’ouverture
 soit associer à l’interrupteur un circuit résonnant qui assure :
 une fermeture commandée fortement adoucie suivie d’une ouverture spontanée par passage par zéro du
courant dans l’interrupteur (zero current switching, ZCS) ;
 ou une ouverture commandée fortement adoucie suivie d’une fermeture spontanée par passage par zéro de la
tension aux bornes de l’interrupteur (zero voltage switching, ZVS).
Ces interrupteurs « résonnants » ne sont plus entièrement commandables (sauf addition d’un interrupteur
supplémentaire, mais les circuits deviennent alors complexes). Les convertisseurs qui utilisent de tels interrupteurs
sont dits quasirésonnants
Master 1 Electrotechnique, CSE & RE, Electronique de puissance Avancée Dj. LALILI 44

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