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Eléments de réponse au Rapport de contrôle

de L’Inspection Générale d’Etat sur la gestion


du Syndic de liquidation d’Air Mauritanie.

Air Mauritanie a été liquidée le 17 janvier 2008. Un syndic chargé de sa


liquidation a été nommé à cette date. Il est composé de trois membres :
Mohamed Ould Horma Ould Abdi ; Ahmed Ould Beyah et Moustapha Ould
Eleya. Les signatures de ces trois membres sont obligatoirement apposées sur
tout acte de cette liquidation et en particulier sur ses décaissements de fonds.

Les travaux du syndic sont contrôlés et supervisés par un juge commissaire


nommé par le Tribunal de commerce de Nouakchott. Ce juge statue par voie
d’ordonnances judiciaires. Ces ordonnances judiciaires sont obligatoirement
exécutées par le syndic de liquidation en vertu de l’article 1457 du code de
commerce mauritanien régissant les dispositions relatives aux liquidations des
sociétés.

Air Mauritanie disposait d’un département dit DMS (département des moyens
au sol) pour assister les vols d’avions à leur atterrissage et à leur décollage de
l’aéroport de Nouakchott. Ces moyens au sol sont constitués par divers engins
servant à ravitailler les avions en carburant, des passerelles d’avions pour
l’accès et la descente des passagers, des chariots pour le chargement et le
déchargement des bagages des soutes d’avions etc.

Ce département emploie environ 86 personnes et les engins dont ils disposent


sont acquis par Air Mauritanie auprès d’Air Afrique lors de la liquidation de
celle-ci. C’est dire que ces engins sont très anciens, donc nécessitant
naturellement de fréquentes dépenses de maintenance et d’entretien pour les
maintenir en état de fonctionnement aussi vital pour l’activité du trafic aérien à
l’aéroport de Nouakchott et de Nouadhibou.

La gestion de ce département a été confiée au syndic de liquidation avant sa


vente comme bien d’Air Mauritanie dans un délai fixé par le Tribunal de
commerce de Nouakchott ne devant pas dépasser le 31 décembre 2008.

Très tôt, le Syndic a mis en vente aux enchères publiques le Handling après
l’avoir fait évaluer par une commission technique interne à 1 300 000 000 UM
puis, suite à une révision de l’évaluation à 850 000 000 UM.
Deux postulants se sont présenté (SAM et SOGECO) mais ont exigé tous les
deux la remise de l’agrément de l’exercice de cette activité que doit posséder
Air Mauritanie.

Or, Air Mauritanie n’a jamais eu cet agrément délivré, en principe, par l’Etat
(Ministère des Transports).

Elle ne disposait que de la lettre n° 00624 du 2/12/2001 du Ministre de


l’Equipement et des Transports adressée au Directeur Général d’Air Mauritanie
pour l’acquisition dudit matériel auprès du Syndic de liquidation d’Air Afrique.
Par lettre n° 00552 du 11/11/2002, le même Ministre autorisait Air Mauritanie
à l’utilisation de ce matériel.

Par ces deux lettres, Air Mauritanie disposait, alors, d’un agrément de fait sur
l’utilisation du matériel Handling.

Pour faciliter la vente du Handling, le Syndic de liquidation a adressé les lettres


n° 263 du 9/9/2008 au Ministre des Transports, puis n°333 du 26/11/2008 au
Premier Ministre pour l’obtention de l’assurance de l’Etat que le nouvel
acquéreur aura l’agrément souhaité.

Ces lettres n’ont jamais eu de suite, ce qui a conduit à l’annulation de la vente


aux enchères publiques du Handling.

Par ordonnance du juge commissaire n° 131 en date du 23 décembre 2009, le


Handling est cédé à l’Etat contre la somme de 214 millions d’UM, somme très
en deçà des prix d’évaluation de ce bien sus énumérés (1 300 000 000 UM puis
850 000 000 UM).

Ce prix de 214 millions d’UM a été fixé par une commission technique présidée
par un conseiller du Premier Ministre en présence du juge commissaire. Le
Syndic de liquidation n’a pas été convié aux réunions de cette commission
technique.

En dépit de cette mévente du Handling, l’Etat n’a pas payé, à ce jour, le prix de
cession qu’il s’est fixé lui-même.

Le 18 mai 2010, le Syndic de liquidation a procédé à la remise officielle de ce


Handling à la nouvelle compagnie aérienne nationale (MAI).
Sur sa gestion de liquidation d’Air Mauritanie au cours des trois années 2008 à
2010, le Syndic de liquidation d’Air Mauritanie a fait l’objet d’un contrôle de
l’Inspection Générale d’Etat en janvier 2O11.
En vertu d’un principe cardinal en matière de contrôle, le principe de
contradiction, ce rapport devrait parvenir au syndic de liquidation avant sa
transmission aux autorités suprêmes de l’Etat ayant demandé la réalisation de
la mission pour y apporter ses éléments de réponse aux constats soulevés par
la mission de contrôle.
L’application de ce principe est la seule de nature à assurer la rigueur et la
justesse des constats de la mission de contrôle.
Le Syndic a tant attendu ce rapport mais en vain. Il était alors persuadé que ce
contrôle n’avait abouti à aucun grief de la gestion du syndic, comme lui a fait
remarquer l’Inspecteur vérificateur Monsieur Ahmedou Saleck Ould Beyah
à l’issue de sa mission de contrôle qui n’a duré que 3 à 4 jours. De l’aveu de cet
Inspecteur, le Syndic dispose d’une comptabilité claire et il n’a fait pour son
compte aucune dépense. Si de reproche à faire, il sera du côté des
ordonnances des juges commissaires en particulier celles relatives aux
honoraires des Experts. Il nous a avancé que ce témoignage ressortira dans son
rapport.
Mais hélas, par circonstances fortuites, l’un des membres du syndic a aperçu
une copie de ce rapport, jugé très confidentiel, sur un site internet de la place
suivi d’un commentaire de ce site faisant du Syndic de liquidation une
commission de « Moufcidines ». Quelle horreur ! Pendant qu’on s’attendait à
être cité comme une gestion des plus rigoureuses, voilà qu’on nous traite de
« Moufcidines ». Drôle de pays et drôle de contrôleurs.
Après la lecture de ce rapport, nous ne pouvons qu’insister, au mieux d’un
contrôle efficace servant à quelque chose, sur l’institution obligatoire du
principe de contradiction dans les règles de contrôle de l’IGE pour tempérer
d’une part l’incompétence des inspecteurs recrutés le plus souvent sur aucun
critère scientifique et d’autre part pour tordre le cou à la malhonnêteté
intellectuelle de certains d’entre eux, qui avides de sensationnel et pour mieux
s’affermir selon eux, décrivent tout en noir et travestissent la réalité à dessein.
Je ne prends, pour preuve que cette mission de contrôle qui, à dessein, a passé
sous silence dans son rapport, les progrès énormes dans la maîtrise parfaite
des charges du HANDLING (service contrôlé) dans les années 2009 et 2010 et
n’a affiché que les chiffres de 2008 comme étant des dépenses exagérées sans
apporter la moindre explication de leur caractère exagéré.
Pour plus d’objectivité et d’honnêteté, la mission de contrôle aurait dû
rapporter l’information au moins que les dépenses du Handling pour les années
2009 et 2010 ont été réduites et cherché à comprendre pourquoi en 2008 elles
étaient, selon elle, très exagérées.
Mais non, la mission de contrôle a voulu présenter la liquidation d’Air
Mauritanie comme une gestion catastrophique pour « plaire » à ses supérieurs
qui ont décidé le contrôle d’une procédure judiciaire par un organe de contrôle
relevant de l’Exécutif en violation de la règle constitutionnelle de la séparation
des pouvoirs comme a conclu finalement cette mission de contrôle dans son
rapport.
Une autre preuve de cette malhonnêteté intellectuelle ou malhonnêteté tout
court ainsi que cette confusion dans le vague entretenu tout au long du
rapport, est le terme souvent répété de dépenses peu orthodoxes réalisées par
le syndic de liquidation alors que celui-ci, n’a opéré pour le compte de ses
membres, aucune dépense pouvant être qualifiée comme telle. En effet, le
syndic a réalisé tout le travail de la liquidation sans opérer aucune dépense de
recrutement, de frais de mission, de consultation, de traduction, de billet
d’avion, de location de véhicules etc. Et malgré cela, la mission de contrôle
parvient à parler de dépenses peu orthodoxes. Quelle misère alors si nous
continuons à croire à des rapports de contrôle de cette trempe.
Ceci étant dit et avant d’apporter les éléments de réponse aux constats de la
mission de contrôle, il est nécessaire de faire remarquer ceci :
 Sur le plan de la forme, il est remarqué, qu’à travers ce rapport, aucune
malversation, ni détournement de fonds n’est constaté et il est assuré
que s’il y a en avait eu, cette mission de contrôle, avide de sensationnel,
l’aurait rapporté. Ceci est perceptible par les innombrables locutions,
somme toutes gratuites et superficielles utilisées constamment à travers
ce rapport : « complaisant, peu justifié, peu orthodoxe, illégal etc. ». En
aucun moment, cette mission de contrôle n’a avancé aucune
argumentation probante, restant dans le vague de ces expressions
utilisées. En aucun moment, ce rapport n’a cité ce qui pourrait conclure
à un détournement de fonds, faux en écritures, dépenses fictives etc. Il
s’agissait donc plus d’une appréciation de gestion plutôt que de
malversations financières soutenues, ce qui a échappé encore aux
« journalistes » de la rue du site Internet commentateur.
 Quant au fond et avant de répondre aux points évoqués par ce rapport
(point par point), je voudrais bien attirer l’attention que les gestions
saines sont parlantes d’elles-mêmes et ne sauraient être ternies par la
recherche du sensationnel de certains inspecteurs de contrôle issus des
bas-fonds de Saint-Denis comme on dit. Les preuves d’une gestion saine
de la liquidation d’Air Mauritanie se retrouvent, entre autres, dans ce
qui suit :
- La liquidation d’Air Mauritanie a été caractérisée par une
paix sociale, contrairement le plus souvent à des
liquidations similaires. En aucun moment, durant les trois
années et demie, l’action du syndic n’a été décriée ou
contestée ni du Personnel composé de 450 agents, ni de la
multitude de créanciers étrangers ou nationaux. Aucun
litige de gestion n’a été enregistré au Tribunal de
commerce de Nouakchott, ni ailleurs, pour cette liquidation
grâce à des procédures transparentes mises en place.
- Environ 351 agents pour qui les droits ont été payés
intégralement et définitivement. Le reste du Personnel a
reçu, chacun, plus de 2/3 de ses droits. Avec quoi, aurait dû
s’interroger cet inspecteur ? Grâce, en partie, à la gestion
de ce HANDLING, que cet inspecteur, cite comme une
gestion peu orthodoxe.
- Personne ne peut prétendre que les biens d’Air Mauritanie
ont été bradés :
Immeuble siège, évalué à 1 464 404 330 UM cédé à
1 464 404 330 UM ;
Actions TELECOM France, vendue à la Bourse de Paris à
357 033,02 euros sans aucun frais d’huissier ou d’avocat ;
Actions dans le Capital de SAM, évaluées à 17 320 000 UM
cédées à 56 000 000 UM ;
Un local à Las Palmas, évalué à 64 813 780 UM cédé à
64 813 7800 UM pour l’Etat qui a payé en plus les frais
d’huissier,
Un local à Nouadhibou, évalué à 68 409 150 UM cédé à
83 000 000 UM.
 Dans toute la gestion du syndic, l’Inspecteur n’a relevé, pour les
membres du syndic, aucun billet d’avion, aucun frais de mission, aucun
recrutement, aucune location de véhicules, ni de carburant, ni aucune
dépense d’équipement quelconque.
 Une maîtrise parfaite des charges du HANDLING sur la période. A titre
d’exemple et comme preuve irréfutable de la bonne foi du Syndic, le
tableau ci-après indique la rigueur, certes à l’aveuglette, qui a prévalu
dans la maîtrise des charges de l’exercice 2008 connaissant une
régression constante tout au long de l’année.
Rubriques 1er trimestre 2ème T 3ème T 4ème T
Carburant 7 337 132 UM 6 489 439 5 238 800 4 280 850
Produits d’entretien 4 302 400 4 079 780 2 385 100 2 025 900
Autres fournitures 328 350 285 900 147 000 185 960

Pour les deux autres exercices 2009 et 2010, un effort soutenu dans la
maîtrise parfaite de la gestion du Handling conduisant à une régression
drastique des charges pourrait expliquer la mauvaise intention de
Notre Inspecteur qui les a passés sous silence dans son rapport.

Pour l’année 2009, le carburant a atteint 16 293 507 UM soit une


diminution de 7 592 714 UM par rapport à l’année 2008.

Pour l’année 2010 (seulement 4 mois et 18 jours), le carburant a atteint


5 092 190 UM et le matériel d’entretien en 2010 n’a été que de
1 828 399 UM sur la période.

Cette diminution des charges qui a commencé dès la prise de fonction


du Syndic en janvier 2008 (de trimestre en trimestre en 2008, puis
d’année en année) ne pourrait que refléter les efforts du syndic à
mieux gérer cette activité du HANDLING.

 Excepté les experts évaluateurs des biens d’Air Mauritanie dont la


désignation et la fixation de leurs honoraires relèvent du juge
commissaire, le Syndic n’avait commis aucun avocat, ni expert pour
diligenter une quelconque expertise. Le Syndic a réalisé toutes les
procédures requises avec ses compétences propres. Pour le montant de
8 millions dépensés au titre des frais d’avocat, il ne s’agissait pas d’
avocats mauritaniens mais d’un cabinet d’avocats français (H.McMEAN à
Paris) qui a brillamment fait gagner au syndic tous les procès devant les
juridictions françaises au sujet de la saisie depuis l’année 2004 de l’avion
Boeing Présidentiel sur le tarmac d’une société française de maintenance
à l’aéroport de Perpignan en France. Grâce à la gestion compétente de
ce dossier, le syndic a évité à l’Etat mauritanien d’être cité devant les
juridictions françaises comme l’a toujours demandé la société de
maintenance saisissante au motif que l’avion en question est la propriété
de l’Etat mauritanien et non d’Air Mauritanie.
 Le Syndic n’a été redevable d’aucune dette de gestion et un surplus
monétaire de 117 millions d’UM a été dégagé dans la gestion du
Handling lors de sa vente à l’Etat mauritanien.
Après cet éclairage, je réponds à présent point par point aux constats
d’irrégularités évoqués dans le rapport de notre inspecteur.
Dans un souci méthodologique, nous allons reproduire intégralement chaque
constat soulevé dans le rapport et nous le suivrons immédiatement de
l’élément de réponse que nous lui apportons.

LES CONSTATS D’IRREGULARITES


Constat 1 du rapport de contrôle: « Le premier constat que nous
avons eu à faire est que la période de trois ans s’est écoulée et que
les actifs réalisables ont été liquidés excepté le siège social de
Nouakchott hypothéqué pour la BMCI, et que le Personnel libéré est
de seulement 240 personnes ».

Notre réponse à ce constat : Ce constat n’est pas exact car à l’heure où je


parle, les biens d’Air Mauritanie non vendus sont :
 2 villas contiguës (en état de délabrement) à Nouadhibou,
 2 hangars techniques à Nouadhibou,
 1 terrain nu à Zouerate,
 1 hangar technique à Nouakchott,
 1 bâtiment de l’ex direction technique à Nouakchott,
 Un stock invendu des pièces de rechange d’avions.
Notre Inspecteur semble minimiser la libération des droits de 240 ex-employés
d’Air Mauritanie à son passage et cela en dépit de la mévente de tous ces actifs
auquel s’ajoutait le siège social non vendu à l’époque dont le prix de cession à
lui seul est fixé à 1 465 000 000 UM. Il est clair, donc, que cette libération de
240 personnes n’a été possible que grâce, en partie, aux recettes générées par
le Handling.
Pour être précis, le Syndic a dépensé, pour la seule année 2008, un montant de
168 467 134,67 UM d’avances au Personnel de l’ex Air Mauritanie.

Constat 2 du rapport de contrôle : La première année de liquidation (2008) a


été une année sabbatique pour le Syndic qui n’a réalisé aucune cession mise à
part une liquidation de matériel d’actif pour une valeur de 5 323 440 UM.

Notre réponse à ce constat : Ce constat est aussi inapproprié si notre


Inspecteur avait pris la peine d’examiner les procédures de vente de tous les
biens d’Air Mauritanie effectuées en 2008 et delà, il saura que le Syndic n’a pas
chômé durant cette année. Seulement, toutes ces procédures de mise en
vente sont restées infructueuses à cause du contexte politique particulier de
l’année 2008 en Mauritanie.

Constat 3 du rapport de contrôle : « Les recettes du HANDLING (le


département chargé de l’exploitation du matériel au sol au moment des
arrivées et des départs des avions) de 523 024 374 UM en 2008 ont continué
à être gérées de la même manière qu’avant servant à payer des dépenses
exagérées et souvent inopportunes.
Pour illustrer ce constat et traduire ces deux qualificatifs « exagérées et
inopportunes », le rapport a présenté un tableau indicatif, ci-après, de ces
dépenses en 2008 :
Consommables Garage DMS 12 793 180,00
Carburants 23 886 221,00
Eau et Electricité 8 156 438,00
Fournitures de bureau 947 270,00
Loyer 3 222 421, 86
Travaux d’entretien et Réparation 13 716 410,00
Assurances DMS 10 090 783,00
Honoraires Evaluat° 21 685 726,00
Honoraires Avocats 8 808 078,12
Honoraires Huissier 1 353 543,00
Frais de mission 1 701 364,00
Honoraires Syndic 6 600 000,00
Frais de Télécommunications 4 221 221,99
Frais Envoi Courriers 137 400,00
Honoraires Gardiennage 7 120 938,00
SAM 31 366 593,00
Honoraires SECURIM 37 793 227,00
Honoraires ANAC 23 690 033,00
Autres Honoraires 4 727 232,00
Publicité et Propagande 1 428 800,00
Frais bancaires 162 897,89
Forfaits Police et Douane 3 150 000,00
Charges diverses 697 740,00
Salaires DMS 176 102 570,00
Prime et Gratification 100 000,00
Total 403 660 087,86

Notre réponse à ce constat : Toutes les rubriques de dépenses présentées,


excepté les « honoraires Evaluations » sur lesquels nous reviendrons ici-bas,
sont opportunes pour le fonctionnement du HANDLING (carburant,
consommables, assurances, Eau et Electricité, lavage Engins, loyers locaux,
Manutention Securim, SAM taxes aéroportuaires etc.).
Donc, elles ne sont pas inopportunes et le Syndic, comme souligné ci-haut, n’a
procédé à aucun recrutement, ni acquis aucun équipement quelconque tout au
long de la période.
Venons-en au terme « exagérées » utilisé par Notre Inspecteur dans son
rapport c’est-à-dire dépenses exagérées.
Dans ce domaine, notre Inspecteur n’a pas démontré en quoi ces dépenses
étaient exagérées et par rapport à quelles normes aéronautiques.
Pourtant et à cette fin, le Syndic a mis a mis en contact notre Inspecteur avec
les responsables techniques chargés de la gestion directe des moyens du
HANDLING pour les explications nécessaires sur les normes admises dans les
consommations d’engins en carburant, en consommables aéronautiques etc.
Notre Inspecteur a dit qu’il va amener avec lui un Expert pour s’assurer de la
plausibilité des explications fournies et rendre visite aux engins et installations
techniques à l’aéroport de Nouakchott. Ce qu’il n’a pas fait finalement. Dans
ces conditions, je me demande sur quelles bases, Notre Inspecteur a considéré
ces dépenses d’exagérées. Dans tous les cas, il doit être assuré que ce n’est pas
Horma non plus les deux autres membres du syndic qui ont aspiré ce carburant
pour la simple raison que durant toute ma carrière, je retournais régulièrement
le carburant des dotations fournies aux fonctionnaires au-delà des
consommations usuelles des véhicules de fonction mis à ma disposition. Là,
plus récemment, depuis que je suis à l’ANAIR, je m’abstiens de prendre ma
dotation mensuelle de 60 000 UM de chef département suivi évaluation de
cette Agence au motif que je n’ai pas de véhicule de fonction pour lequel une
telle dotation doit être destinée et cette abstention dure depuis le 11 janvier
2008  à nos jours. Encore, lors de ma destitution du poste d’Inspecteur Général
de l’Etat en 2008, j’ai déchargé entre les mains de Monsieur Sy Asmiou,
Intendant de l’IGE, 108 000 UM de tickets de carburant restants et on pourrait
demander à Madame Nagna, la secrétaire de L’IGE à l’époque, ce que Horma
faisait de sa dotation mensuelle de carburant de 120 000 UM. Je la retournais
simplement tant que je disposais de tickets restants. Je n’ai jamais donné de ce
carburant à autrui sur la base du principe que je me le refuse moi-même.
Beaucoup plus loin, en 2004, au retour d’une mission de l’Inspection Générale
des Finances où j’étais, j’écrivais au Ministre des Finances de jadis une lettre le
sollicitant l’autorisation de distribuer le reliquat du carburant de la mission aux
membres de la mission. Le Ministre avait annoté la lettre de remettre ce
carburant plutôt au Secrétaire Général de son département. Ce qui avait été
fait.
Vous trouverez ci-annexées les pièces de décharge de carburant
susmentionnées.
Le syndic de liquidation a utilisé à l’aveuglette plusieurs procédés pour
rationnaliser la gestion du carburant (faire le plein des engins, multiplication de
stations d’essence, diminution de la dotation, commission de réception du
carburant…) au point que le responsable technique, Monsieur Coulibaly a
toujours alerté sur le risque encouru par les engins qui, une fois, en panne,
aucun avion ne pourrait plus atterrir ni décoller de Nouakchott.
Pour éviter pareille situation, le syndic a reçu du juge commissaire dès mars
2008 soit deux mois après sa nomination une ordonnance judiciaire n° 10 en
date du 18 mars 2008 de payer des factures de carburant que le syndic a
bloquées au motif qu’elles lui paraissaient exagérées (ci-annexée la lettre n°
119/2008 du 19 mars 2008 répondant à l’ordonnance du juge précitée).
Ainsi en 2009, pour rationaliser de manière étudiée la consommation du
carburant, le syndic a commis une commission ad hoc pour fixer suivant les
normes et les usages de la sous-région les consommations normales en
carburant et consommables aéronautiques.
Cette commission a admis une consommation de 50 litres par vol d’avion alors
qu’à la date de réunion de cette commission en 2009, on dénombrait 21 vols
d’avions par semaine à l’aéroport de Nouakchott. Ces vols dits réguliers sont
pratiquement constants (Air France, RAM, Tunis Air, Air Algérie, Air Sénégal …).
A cela s’ajoute les vols dits ponctuels (Délégations étrangères, Cargos de Frêt,
de Transports de marins etc.).
A côté des consommations liées directement à l’assistance des vols d’avions, il
existe des consommations pour d’autres engins comme l’Hyster (80 litres par
semaine), les élévateurs de soulte (36 litres par semaine), machine à laver (63
litres par semaine), nettoyage (35 litres par semaine), la consommation de 2
express (140 litres par semaine), carburant Nouadhibou (150 litres par mois).
Ainsi, globalement, la consommation minimale par mois, selon cette
commission, est estimée à 5766 litres abstraction faite de l’assistance des
avions ponctuels.
Le Procès-verbal de cette commission, ci-annexé, a été montré à notre
Inspecteur. C’est dire que le Syndic n’a ménagé aucune méthode pour mieux
gérer les activités du Handling.
Si en dépit de ces mesures, il a existé de fraude au sein de la gestion du
carburant ou consommables aéronautiques, le Syndic ne pourrait pas en être
tenu responsable de part les diligences qu’il a mises en place pour sauvegarder
l’utilisation rationnelle de ce carburant.
Un travail de contrôle professionnel et compétent aurait dû détecter, preuves à
l’appui, de telles fraudes et situer leur imputabilité dans la chaîne de gestion
(syndic, agents du Handling, fournisseurs…). Il ne suffisait pas de dire
« dépenses exagérées » sans savoir de quoi s’agit-il réellement. La
consommation de carburant peut être tout simplement mal gérée, irrationnelle
sans pour autant être détournée. C’est là, où un rapport de contrôle
professionnel devrait faire nettement la différence entre une faute de gestion
(mauvaise gestion) et une faute pénale (détournement de fonds)
conformément à la réglementation en vigueur dans ce domaine.

Constat 4 du rapport de contrôle de l’IGE : Les membres du Syndic ont retiré


illégalement un montant de 16 500 000 UM sans aucune base juridique, en
plus de leurs honoraires fixés par l’ordonnance de liquidation à 9 000 000 UM.

Notre réponse à ce constat : Ce constat dénote encore l’incompétence de


Notre Inspecteur dans le domaine judiciaire.
Ce montant n’a pas été retiré illégalement. Il l’a été tout au long de la période
sur la base d’arrêts judiciaires des trois juges commissaires qui se sont succédé
sur la liquidation d’Air Mauritanie.
Notre Inspecteur ignore que les accords des juges commissaires annotés sur les
demandes d’avances d’honoraires du syndic constituent sur le plan purement
formel des ordonnances judiciaires dites sur pied de requête au même titre
que toute autre décision judiciaire. Donc, le retrait de ce montant n’était pas
sans aucune base juridique comme le prétend notre Inspecteur.
Bien plus, sur le plan du fond, l’article 1354 du code de commerce stipule
que : « les frais et dépens de la liquidation judiciaire, dont les honoraires du
syndic, sont prélevés sur l’actif en proportion de la valeur de chaque élément
d’actif par rapport à l’ensemble ».
Il en découle donc de cet article que les honoraires du syndic sont un
pourcentage de la cession des biens d’Air Mauritanie évalués globalement à
environ 2,5 milliards d’UM. L’usage en Mauritanie a fait que ce pourcentage est
de 8%, usage provenant d’un décret colonial sur le paiement des frais de justice
datant de l’année 1935. Calculons alors 8% de 2,5 milliards d’UM et nous
verrons que le Syndic n’a pas perçu l’intégralité de ses droits que lui confère la
loi mauritanienne. Les 16 millions d’UM octroyés par les juges ne sont qu’une
partie de leurs droits légitimes et ne constituent pas un trop perçu ou un retrait
illégal comme l’avance Notre Inspecteur.
Constat 5 du rapport IGE : Les honoraires d’experts étaient des dépenses
inopportunes voir complaisantes. Ces honoraires ne suivaient aucune logique
et n’appliquaient aucun barème. Les critères de sélection des experts
n’étaient pas prédéfinis et ne garantissaient aucune transparence. Ces
honoraires, hors avocats et hors syndic, représentaient 20% des ventes
réalisées par le syndic. Ce pourcentage est exagéré.

Notre réponse à ce constat : Là aussi, Notre Inspecteur nous étale encore une
fois son ignorance des règles de procédures de la liquidation judiciaire en
adossant cette responsabilité au syndic tel qu’on pourrait le comprendre de la
lecture de ce constat.
Or, la désignation des experts et la fixation de leurs honoraires relèvent
exclusivement de la compétence des juges commissaires.
Les ordonnances des juges désignant les experts évaluateurs des biens à
vendre et fixant leurs honoraires ont été transmises à notre Inspecteur.
Le Syndic n’a aucun élément de droit pour s’opposer à de telles ordonnances
judiciaires surtout que l’article 1457 du code de commerce stipule que : « Les
jugements et ordonnances rendus en matière de procédure de redressement
des difficultés et de liquidation judiciaire sont exécutoires de plein droit… ».
Toutes ces ordonnances sont relatives à l’évaluation des biens à céder ;
évaluation requise avant la vente de tout bien.

Constat 6 du rapport IGE : « Le maintien des dépenses inopportunes et


contrats complaisants accordés par la direction d’Air Mauritanie à savoir :
i. Le contrat SECURIM pour un privé (tâcheron) qui fournit les
manœuvres au moment des arrivées et des départs des avions pour
un montant de 37 793 227 UM par an. Il convient de rappeler que le
HANDLING emploie 84 personnes en grande partie sans affectation
précise.
ii. Le contrat de gardiennage : « un contrat de gardiennage des locaux
d’Air Mauritanie coûte la somme de 7 120 938UM par an et ce
malgré l’actuel et l’ancien personnel d’Air Mauritanie au chômage.
iii. La consommation de carburant et des produits d’entretien se
chiffraient à 37 602 631,00 et se faisait sur simple papier volant
initié par des agents du Handling.
De façon générale, l’activité du Handling qui a été initialement reconduite
pour une année a servi pendant la période de trois ans de support de
financement pour la gestion du Syndic et pour payer des dépenses peu
orthodoxes.

Notre réponse à ce constat :


En ce qui concerne le contrat de manutention avec SECURIM, ce privé
tâcheron selon l’expression de Notre Inspecteur (expression fallacieuse pour
diaboliser cette société), pour le traitement de chaque avion, il faut au
minimum vingt (20) manœuvres nécessaires au déchargement et au
chargement des bagages dans les avions gros porteurs.
Air Mauritanie disposait de son propre Personnel pour ces tâches. Pour
réduire ces charges, elle a privatisé cette activité en 2004 en passant un
contrat avec une société dite SECURIM, l’unique prestataire dans ce
domaine, à notre connaissance, sur la plateforme de l’aéroport de
Nouakchott.
Le Syndic de liquidation n’a jamais pensé à revenir sur ce contrat pour trois
raisons essentielles :
1- Le syndic n’a pas pour mission de gérer l’activité du Handling dans une
optique commerciale, ni de rentabilité. Suivant les termes du Jugement
de liquidation, il devra assurer le service du Handling jusqu’à sa vente au
plus tard au 31/12/2008.
2- La procédure de liquidation est exécutée par le Syndic sous le contrôle
d’un juge commissaire désigné à cet effet. Le Syndic ne peut ni résilier, ni
passer un contrat sans l’autorisation de ce juge commissaire. Dans son
souci de maintenir le service public assuré par le Handling, le Tribunal de
commerce de Nouakchott, n’aurait dû pas accepter la résiliation d’un tel
contrat aussi vital sans lequel, même dans l’intervalle d’une journée,
l’assistance aux avions ne pourrait pas être assurée.
3- Le Directeur de la société SECURIM, convoqué par le Syndic a préféré
plutôt une résiliation de son contrat plutôt qu’une réduction de ses prix
lesquels, selon lui, devraient être revus à la hausse pour un contrat signé
depuis l’année 2004. Devant notre insistance et suite à notre lettre ci-
jointe n° 090/2008 du 5 mars 2008, il n’a concédé qu’une remise de
40 000 UM sur chaque facture mensuelle.
Pour toutes ces raisons, la reconduction de ce contrat par le syndic ne peut
pas être considérée comme complaisante ou inopportune comme l’affirme
Notre Inspecteur. Aussi, la direction d’Air Mauritanie n’a pas été
complaisante en passant ce contrat au moment où la privatisation des
services était jugée plus rentable. Il serait encore inadéquat, comme l’a
évoqué Notre Inspecteur, de convertir les 80 agents du Handling sans
tâches, selon lui, en manœuvres ou de revenir en arrière sur ce qu’Air
Mauritanie a abandonné depuis 2004, recruter des manœuvres du
Personnel d’Air Mauritanie en chômage. C’est de la pure utopie.
Pour ce qui est du deuxième contrat de gardiennage cité comme
complaisant par Notre Inspecteur, il est signé par Air Mauritanie avec une
vaillante société appelée SECURITY 24 formée par des anciens miliaires que
le Syndic, au terme de sa mission, lui a adressé une lettre de félicitations n°
351/2011 du 19 juillet 2011 pour ses excellents services rendus en déjouant
avec succès quelques tentatives de vol sur les biens d’Air Mauritanie aussi
bien à l’immeuble siège que dans l’enceinte de l’aéroport de Nouakchott.
Ce contrat de gardiennage a connu trois avenants successifs, donc le Syndic
a bien cherché à minimiser son coût, contrairement aux allégations de Notre
Inspecteur qui ne s’est pas assuré de l’existence de tels avenants
modificatifs du contrat en question :
- le premier avenant a réduit de moitié les gardiens mis à
notre disposition par la société Security 24,
- le deuxième avenant a repris 6 des 12 gardiens licenciés
dans le premier avenant et cela, suite à la tentative de vol
perpétrée dans le bâtiment abritant l’ex direction
technique d’Air Mauritanie à l’aéroport de Nouakchott.
- Le troisième avenant a repris encore les six autres gardiens
restant consacrant ainsi la reprise intégrale du même
nombre des vigiles du contrat initial et cela, par la création
d’un deuxième poste de garde à l’immeuble siège du côté
de l’avenue Gamal Abdel Nasser faisant suite à l’intrusion
d’un voleur dans l’immeuble siège constatée par procès-
verbal de la Police.
La société SECURITY 24 a un système standard de rotation de 3 équipes de 2
gardiens par poste de garde toutes les 24 heures (ce qui est conforme à la
législation du Travail) et recevait de ce contrat une rémunération mensuelle de
38 000 UM par gardien. C’est dire encore que ce contrat n’est ni inopportun, ni
complaisant.
Enfin, pour ce qui est des dépenses de carburant et produits d’entretien, celles-
ci, à ma connaissance, sont toutes justifiées par des factures et des bordereaux
de livraison des deux stations d’essence attenantes à l’aéroport et de l’unique
fournisseur de produits aéronautiques en Mauritanie, Monsieur El Bastami
Ould Abdellahi.
Quant à leur initiation sur simple papier volant, l’expression des besoins est
formalisée dans un imprimé d’Air Mauritanie et est signée par le Syndic.
Il se pourrait, ce dont je ne suis pas sûr actuellement, pour une période limitée
au début de l’année 2008, dans la limite d’un quota prédéfini par le Syndic, que
le Chef du département du Handling initiait de telles dépenses quotidiennes de
carburant.

LES CONSTATS DU RAPPORT IGE SUR LA GESTION DU PERSONNEL


Constat 1  du rapport IGE relatif au Personnel : Le Syndic a retenu 35
employés de l’ex Air Mauritanie qu’ils ont continué à payer sur les recettes du
Handling.

Notre réponse à ce constat :


Ceci est inexact. Le Syndic n’a retenu que 9 personnes dont une décédée en
2009 soit pratiquement un agent issu de chaque département de
l’organigramme d’Air Mauritanie.

Constat 2 du rapport IGE  relatif au Personnel: « Le solde global de la créance


super privilégiée du Personnel est de 1 497 544 754 UM malgré une
subvention de 100 000 000 UM de subvention accordée au Personnel par
l’Etat Mauritanien à l’occasion de la fête de Tabaski en 2008.

Notre réponse à ce constat :


Le Syndic de liquidation n’a jamais demandé subvention à l’Etat. Il a été surpris
de recevoir du Trésor Public en décembre 2008, 100 millions d’UM qu’il a
distribué au Personnel d’Air Mauritanie pensant plutôt qu’il s’agissait d’un don
gracieux de l’Etat à ce Personnel.
Le Syndic avait adressé plusieurs correspondances à Monsieur le Ministre des
Finances ainsi qu’au directeur du Budget pour savoir la nature de ces fonds. Ces
lettres sont restées sans suite.
Devant l’insistance du syndic, l’un des Ministres des Finances qui se sont
succédé nous a informés par lettre qu’il s’agissait d’une avance.
Cette avance a été remboursée par le Syndic à l’Etat sur ordonnance du juge
commissaire n° 12/2011 en date du 07/03/2011 et cela en dépit que l’Etat
reste redevable du prix de cession du Handling d’un montant de 214 000 000
UM qui lui a été cédé par le Syndic ainsi que d’un montant de 106 212 075 UM
dont le recouvrement a été demandé au Ministre des Finances par lettre n° 82
du 24/02/2010 transmise par voie d’huissier. La clôture de liquidation a eu lieu
le 15/08/2011 sans que ces montants soient payés par l’Etat.
Et pour la formation de notre Inspecteur, la créance du Personnel de
1 497 544 754 UM n’est pas toute super privilégiée. En effet, suivant les termes
de l’article 225 du code de travail, le super privilège des droits du Personnel est
limité à la quotité incessible et insaisissable des salaires et le reste de la
créance du Personnel ne jouit que d’un privilège général au même titre que les
autres privilèges généraux des banques, du Trésor, de la CNSS etc.

Constat 3 du rapport IGE relatif au Personnel :


Le Personnel du Handling et celui retenu par le Syndic reçoivent leurs droits
au même titre que les autres employés malgré qu’ils n’aient jamais été
licenciés et ils ont été même récupérés par la nouvelle compagnie aérienne de
l’Etat.

Notre réponse à ce constat :


Air Mauritanie a été totalement liquidée y compris son département Handling.
Seulement, ce département a été reconduit pour les besoins d’assistance des
avions par une disposition expresse du jugement de liquidation.
En conséquence, il n y a aucune disposition juridique qui pourrait empêcher le
personnel du Handling et le Personnel retenu par le Syndic à bénéficier de
leurs droits en tant qu’ex employés d’Air Mauritanie de leur date d’embauche
jusqu’à la date de liquidation d’Air Mauritanie.
Aussi, sur le plan méthodologique, sur demande du syndic, le Ministre de
l’Emploi, de l’insertion et de la Formation Professionnelle, avait mis à notre
disposition, par lettre n° 0000201/MEIF/SG du 2/04/2008, Madame Khadijetou
Diallo, Inspectrice du Travail, pour le calcul des droits du Personnel d’Air
Mauritanie.
Madame Khadijetou Diallo a assisté la commission interne du Syndic désignée
pour le calcul des droits dont figurait un autre Inspecteur du Travail membre du
Personnel retenu par le Syndic.
Par la suite, sur ordonnance du juge commissaire, une contre expertise du
calcul de ces droits a conclu à leur conformité à la réglementation en vigueur.

Constat 4 du rapport IGE relatif au Personnel :


Les six employés retenus par le Syndic et récupérés par la nouvelle compagnie
aérienne de l’Etat bénéficient actuellement d’un contrat d’assistance en tant
que consultants auprès du Syndic.

Notre réponse à ce constat :


De par leur expérience dans le domaine, les employés retenus par le Syndic ont
été recrutés par la nouvelle compagnie aérienne de l’Etat.
Une formule de consultants travaillant l’après-midi a été trouvée avec eux pour
l’achèvement des dossiers de liquidation en leur possession.
Les contrats de consultants ont été homologués par le juge commissaire.
Ces employés étaient indispensables pour le traitement en cours des dossiers
de liquidation.

NOS OBSERVATIONS SUR LES RECOMMANDATIONS DU RAPPORT DE L’IGE.

1- Le rapport de l’IGE recommande de demander aux membres du Syndic


de rembourser impérativement le montant de 16 500 000 UM retiré
sans aucune base juridique et en l’absence d’une ordonnance du
Président du Tribunal de commerce.

Notre réponse à cette recommandation :


Si Notre Inspecteur savait que ce montant a été retiré sur la base des arrêts
judiciaires des trois juges commissaires qui se sont succédé, il n’aurait pas fait
cette recommandation.
Un Inspecteur vérificateur qui se respecte n’aurait dû pas s’aventurer dans un
domaine qu’il ne connaît pas.

2- Le rapport de l’IGE recommande de « suivre de près la procédure de


vente du siège d’Air Mauritanie particulièrement bien situé en prenant
comme référence le prix du mètre carré nu dans la vente des blocs.

Notre réponse à cette recommandation :


Les procédures de liquidation diffèrent des ventes domaniales. Les ventes
d’immeubles sont réalisées suivant les dispositions de l’article 1345 du code de
commerce. C’est ce que le Syndic a fait en vendant cet immeuble à
1 465 000 000 UM.
Là encore, Notre Inspecteur n’a pas pris la peine de connaître les procédures de
liquidation pendant sa mission et a voulu plutôt mettre en doute la bonne foi
du syndic dans l’exercice de sa mission par sa consigne de « suivre de près la
procédure de vente » de cet immeuble comme si les ventes passées du Syndic
sont suspectes.

3- Le rapport de l’IGE recommande de s’assurer de la propriété d’Air


Mauritanie du Hangar moyen au sol Aéroport à Nouakchott, Hangar
technique et bureau Aéroport Nouakchott, Hangar Fret et bureau
Aéroport Nouadhibou.
Le seul titre dont dispose Air Mauritanie pour ces éléments d’Actifs est
un certificat de propriété établi dans des conditions douteuses et qui
n’a pas une grande valeur juridique.

Notre réponse à cette recommandation :


Là encore, Notre Inspecteur, revient à ses qualificatifs tout à fait gratuits
« conditions douteuses » « pas de grande valeur juridique » comme si la
mission de contrôle lui conférait la latitude d’insinuer les mots qu’il veut et à
tout venant.
Comment peut-on qualifier de «  conditions douteuses » le fait qu’Air
Mauritanie ait établi des certificats de propriété de ses constructions dans les
aéroports de Nouakchott et de Nouadhibou avec la Société des Aéroports de
Mauritanie (SAM) à qui l’Etat lui a concédé la gestion domaniale dans les
enceintes aéroportuaires.
Qu’est ce qui peut être douteux dans cette procédure tout à fait normale et
attestée par une commission de la direction des domaines chargée de
constater la mise en valeur de ces concessions et désignée à cet effet par le
Ministre des Finances.
Ces Hangars sont la propriété d’Air Mauritanie réalisée sur des terrains mis en
concession à son profit.
Suivant la loi domaniale en vigueur, à la fin d’Air Mauritanie, ces constructions
doivent revenir à l’Etat en contrepartie d’une juste indemnisation.
Ces constructions ont été évaluées par le Syndic, en ce qui concerne, le hangar
technique à Nouakchott, à 264 000 000 UM.
L’Etat a pris de force ce Hangar et l’a octroyé à la nouvelle compagnie aérienne
sans le moindre sou versé au Syndic de liquidation qui a intenté, sans aucune
suite encore, une action judiciaire contre l’Etat auprès du Tribunal de
commerce de Nouakchott et auprès de la Cour Suprême.

4- Le rapport de l’IGE recommande d’arrêter le contrat de gardiennage et


se limiter à un nombre réduit de gardiens au siège.

Notre réponse à cette recommandation :


Se limiter à un nombre réduit de gardiens au siège et que faire des autres
installations d’Air Mauritanie à l’aéroport de Nouakchott et à Nouadhibou. Les
laisser au libre cours ou quoi ? C’est une recommandation stupide.

5- Le rapport recommande de « mettre fin au contrat de consultants et se


suffire des membres du Syndic pour exécuter la petite charge du travail
administrative à faire.

Notre réponse à cette recommandation :


Le travail du Syndic de liquidation est régi par les dispositions du code de
commerce dans ses articles 1342 à 1431.
Notre Inspecteur devrait lire ces articles avant de qualifier encore gratuitement
le travail du Syndic de liquidation de petite charge administrative.

En conclusion et au terme de ces éclaircissements, je vous voudrais faire part


de mes convictions profondes pour rehausser le niveau du contrôle dans notre
pays.
Il s’agit de :
1- Il est impératif de procéder à un recrutement par concours national pour
sélectionner des cadres compétents pour ce métier difficile et utile à la
fois. Une fois sélectionnés, les contrôleurs doivent subir, en tout temps,
une formation continue dans les différents domaines à contrôler.
De mon temps de l’IGE, j’avais astreint les inspecteurs à une heure de
formation (de 8 heures à 9 heures le matin) sur les textes réglementaires
et je leur faisais venir des intervenants des autres administrations pour
dispenser des cours sur leurs domaines respectifs.
2- Pour être crédible, un organe de contrôle doit être respectueux des lois
en vigueur censé en contrôler leur application. En effet, le contrôle de la
procédure de liquidation judiciaire par l’IGE était en contradiction avec la
séparation des pouvoirs (Législatif, Judiciaire et Exécutif) consacrée par la
Constitution. Le contrôle ne doit pas être un règlement des comptes
personnels.
3- Un contrôle doit être positif, susceptible d’améliorer et non négatif ou
stérile par des assertions vagues, le plus souvent injustifiées et non
argumentées. Ceci ne pouvait découler que d’une incompétence notoire
ou d’une hypocrisie intrinsèque lesquelles, sans nul doute, seront mises à
nu par la réalité des choses qui, dans tous les cas, prendra le dessus.

Nouakchott, le
Pour le Syndic de liquidation d’Air Mauritanie
Mohamed Ould Horma Ould Abdi

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