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UE GEO 111 : BIOGEOGRAPHIE

Par Joseph Youta Happi


Département de Géographie
Université de Yaoundé 1
j.youtahappi@gmail.com
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SOMMAIRE
1. Introduction : ____________________________________________________________ 4
2. Concepts et théories : _________________________________________________________ 4
3. La classification des organismes : la systématique _________________________________ 15
3.1. La classification morphologique des plantes : ___________________________________ 15
3.2. Les moyens de reconnaissances des plantes _____________________________________ 16
3.2.1. Les feuilles_______________________________________________________________________ 18
3.2.2. Les autres moyens d’identification des plantes : la silhouette ______________________________ 20

4. Les facteurs abiotiques de la distribution des organismes ________________________ 21


4.1. La notion d’optimum et de tolérance biologique _________________________________ 21
4.1.1. Les limites de tolérance ____________________________________________________________ 21
4.1.2. La variation de la tolérance _________________________________________________________ 23
4.1. Les plantes et le climat : _____________________________________________________________ 23
4.1.1. La lumière : ___________________________________________________________________ 26
4.1.2. La température : ________________________________________________________________ 26
4.1.3. L’eau. ________________________________________________________________________ 27
4.1.4. Les plantes et le vent ____________________________________________________________ 28
4.2. L’action du relief : topographie et plantes _______________________________________________ 29
4.3. Les plantes et le sol _________________________________________________________________ 29
4.4. Le rôle des climats passés : ___________________________________________________ 32
4.4.1. Les reconstitution des climats passés et des changements des aires de distribution: ___________ 32
4.4.1.1.. La dendrochronologie : ________________________________________________________ 33
4.4.1.2. La palynologie : _______________________________________________________________ 34
4.4.2. Evolution de la végétation au Quaternaire en régions tempérées :__________________________ 34
4.4.3. Evolution de la végétation au Quaternaire en Afrique centrale atlantique : ___________________ 36
4.4.3.1. Une très ancienne extension de la forêt entre 10 000 à 4 000 ans BP: ____________________ 37
4.4.3.2. Une extension ancienne de la savane entre 3000 et 2000 ans BP: _______________________ 37
4.4.3.3. Une phase de reconquête de la forêt sur la savane depuis environ 1500 ans BP ____________ 38
13 14
4.4.1.2. Les matières organiques des sols et leurs signatures en C et C _______________________ 41
5. Les facteurs biotiques : les relations entre les êtres vivants : ________________________ 42
5.1. La symbiose _______________________________________________________________________ 42
5.2. Le parasitisme _____________________________________________________________________ 43
5.3. Le mutualisme _____________________________________________________________________ 43
5.4. Le commensalisme _________________________________________________________________ 45
5.5. La coopération _____________________________________________________________________ 45
5.6. La compétition _____________________________________________________________________ 46
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5.7. La prédation _______________________________________________________________________ 46


5.7. L'homme _________________________________________________________________________ 47
6. Les moyens de dispersion des organismes ________________________________________ 48
6.1. Le mode actif : __________________________________________________________________ 49
6.2. Le mode passif __________________________________________________________________ 49
7. Les paysages végétaux du globe ________________________________________________ 51
7.1. La taïga ou forêt de conifère ________________________________________________________ 51
7.2. Les forêts semi caducifoliées ou mixtes de régions tempérées _____________________________ 53
7.3. La forêt du domaine pacifique de la côte Ouest de l’Amérique du Nord: _____________________ 56
7.4. Les forêts des climats méditerranéens ________________________________________________ 56
7.5. Les forêts subtropicales des régions tempérées (SE USA, Chine du Sud) ____________________ 57
7.6. Les prairies des cœurs des continents de l’hémisphère Nord : _____________________________ 58
7.7. Landes et les pelouses océaniques et continentaux : _____________________________________ 60
7.8. Le maquis, une formation ouverte méditerranéen. ______________________________________ 60
7.9. La toundra ______________________________________________________________________ 62
7.10. La forêt dense humide tropicale ____________________________________________________ 64
7.11.1. La forêt dense tropicale toujours verte ___________________________________________ 67
7.11.2. La forêt dense semi décidue ___________________________________________________ 67
7.12. La forêt dense sèche : ______________________________________________________ 67
7.13. La forêt claire ____________________________________________________________ 67
7.14. Les types de forêts liées à des sols particuliers__________________________________ 68
7.14.1. La forêt marécageuse et la qualité du drainage.____________________________________ 68
7.14.2. La mangrove _______________________________________________________________ 68
7.15. Les savanes tropicales : ____________________________________________________ 70
7.16. Les steppes tropicales ______________________________________________________________ 73
7.17. Les déserts :______________________________________________________________ 74
7.17.1. Les déserts polaires ou déserts froids. ______________________________________________ 75
7.17.2. Déserts chauds. ________________________________________________________________ 75

8. La distribution planétaire de la biodiversité ___________________________________ 76


8.1. Qu’est-ce que la biodiversité ? ______________________________________________________ 76
8.2. La distribution planétaire de la biodiversité ___________________________________________ 77
8.3. Les hots spots de la biodiversité dans le monde ________________________________________ 79
8.4. L'érosion croissante de la biodiversité ________________________________________________ 80

Bibliographie _____________________________________________________________ 83
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1. Introduction :
La biogéographie est la partie de la géographie qui décrit la répartition et l’évolution des
organismes vivants animaux (zoogéographie) et végétaux (phytogéographie). Elle est encore
définie comme étant l’étude des conditions de la distribution et de l’évolution des organismes
vivants. Ce domaine d’étude détermine les aires de répartition potentielle et réelle des
différents organismes, ainsi que l’évolution de ces aires en fonction des variations de
l’environnement ou des activités humaines. A cheval entre l’écologie et la biologie, elle
emprunte les méthodes propres à de très nombreuses disciplines : botanique, zoologie,
histoire, archéologie, climatologie, sociologie, anthropologie, palynologie, archéologie,
pédologie, sédimentologie etc. Elle vise notamment à répondre aux questions suivantes :
qu’est ce qui explique qu’une espèce (ou un groupe d’espèces) soit présente dans une région
et absente ailleurs dans le monde ? Qu’est ce qui fait la force des espèces invasives ? Qu’est
ce qui explique la fragilité des espèces en voie de disparition ? Pour quelles raisons certaines
espèces ont-elles disparu au même moment où d’autres se maintenaient ?
Le terme évolution est incontournable dans la discipline car certains espèces ou groupes
d’espèces se trouvent en situation anormale compte tenu des conditions contemporaines du
milieu. Certaines formations végétales se retrouvent en situation de relictes dans de très
nombreuses régions du monde comme c’est par exemple le cas de certaines savanes
auxquelles on a souvent donné une origine anthropiques alors qu’elles étaient simplement des
héritages de climats secs passés. Les analyses biogéographiques doivent donc tenir compte
des variations climatiques passées pour comprendre la répartition des organismes vivants
ainsi que de l’histoire des mouvements des populations et des activités humains. En effet, les
hommes ont ainsi modifié la répartition de certaines espèces : ils ont par exemple provoqué la
rareté de plusieurs organismes dans certaines régions. En revanche, ils ont aussi introduit de
nombreuses espèces dans des secteurs où elles étaient absentes auparavant. Certaines de ces
espèces sont même par la suite devenues communes ou même envahissantes, voire des pestes.

2. Concepts et théories :
2.1. Abondance :
Fréquence relative d’une espèce dans une formation végétale. Elle peut être appréciée par un
inventaire. Pour un inventaire floristique, elle est déterminée en calculant le nombre
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d’individus d’une espèce par rapport au total d’individus de la communauté (= densité de


l’espèce).
Acidophile : plante s’accommodant des sols acides (calcicoles : vivant sur des terrains
calcaires)
Adventices : plantes introduites accidentellement dans les terrains cultivés (syn. de plantes
rudérales)
Les aires de distribution des espèces animales peuvent être aussi continues, c'est-à-dire d'un
seul tenant. Parfois les aires de répartition coïncident avec certaines zones latitudinales
(boréale, tropicale, équatoriale, australe). Sinon elles sont discontinues ou disjointes
lorsqu'elles comprennent des régions séparées, sans limites naturelles, et plus ou moins
distantes. Cela est fonction des facteurs de dispersion qui sont intervenus au cours des
époques géologiques ou des temps historiques plus récents. En particulier, les espèces
migratrices disposent d'aires d'estivage (ou de reproduction) et d'aires d'hivernage (ou de
nourrissage). La répartition des espèces animales peut également s'effectuer selon
un étagement ou découpage vertical par rapport au niveau de la mer en fonction soit de
l'altitude (pour la faune terrestre, notamment de montagne), soit de la profondeur (pour la
faune marine).

2.2. Association végétale


C’est une communauté végétale caractérisée une composition floristique, une structure, un
spectre biologique, et un milieu. Les espèces caractéristiques dans l’association sont celles qui
sont dominantes ou abondantes (association à une seule espèce dominante dans les forêts
tempérées et polydominantes dans les forêts tropicales).
Le terme est utilisé en phytosociologie, la discipline botanique étudiant les relations spatiales
et temporelles entre les végétaux. La phytosociologie décrit les assemblages de plantes, mais
étudie également les relations des plantes entre elles et avec leur milieu de vie (climat, sol),
ainsi que leur répartition géographique.
L’association végétale est encore un groupement végétal de composition floristique
déterminée présentant une physionomie uniforme et croissant dans des conditions
stationnelles uniformes c’est aussi :
- un groupement végétal en équilibre avec le milieu, caractérisé par une composition
floristique dans laquelle certains éléments exclusifs révèlent une écologie particulière ;
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- un groupement végétal caractérisé essentiellement par une composition floristique


déterminée et relativement constante dans les limites d'une aire donnée4.
- Une combinaison originale d'espèces dont certaines, dites caractéristiques, lui sont
plus particulièrement liées, les autres étant qualifiées compagnes5.
- Une unité conceptuelle de base de la classification phytosociologique, définie
statistiquement, exprimant la composition floristique globale d'un ensemble de
communautés végétales homogènes étroitement apparentées d'une région donnée.
Arbre : selon la FAO, c’est une plante ligneuse haut de plus de 5 m en moyenne et
comportant les parties suivantes : la tige, (tronc, fût), les racines, la cime ou houppier formé
par l’ensemble des branches et du feuillage (Figure 2). Pour d’autres comme le botaniste
Letouzey (1968), un arbre est une plante ligneuse haut de plus de 7 m en moyenne. On
distingue ainsi les petits arbres (5 à 15 m de hauteur), les arbres moyens (15 à 30 m), les
grands arbres (30 à 40 m). Les émergents sont des arbres qui ont en moyenne 40 à 60 m.
Le fût est la partie du tronc en dessous de la première grosse branche. Il est épaissi au niveau
de la base ou du sol. Dans les forêts denses tropicales, certains arbres présentent des
contreforts ou des arcs boutants à la base. D’autres bases présentent des racines adventives ou
en échasses (racines aériennes).
La forme des cimes est très variée (parasol, pyramidal, ogive, balai, chou-fleur, retombante
etc) et permet de reconnaître à distance certaines espèces.
Arbuste ou arbrisseau : plante ligneuse de moins de 5 m de hauteur. Lorsque la plante a
entre 0,25 et 1 m de hauteur, on parle de plantule.
Autochorie : dispersion/dissémination sans intervention d’un agent étranger
Biocénose : toute la communauté vivante des plantes (phytocénose) et des animaux et des
animaux d’un biotope, y compris les micro-organismes.

2.3. La biogéographie :
C’est la branche de la géographie qui étudie les condiitions de la distribution et de l’évolution
des organismes vivants. Elle se divise en 2 grandes branches : la phytogéographie et la
zoogéographie/
Phytogéographie : du grec phuton, plante, gê, terre, et graphein, écrire), ou géographie
botanique ou encore géobotanique, est une science, au croisement de la botanique et de la
géographie, qui étudie la répartition des végétaux à la surface du globe et les causes de cette
répartition ainsi que les relations existantes entre les espèces ou communautés végétales d'une
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part, les caractéristiques géographiques, mésologiques (climat, sol) et biologiques (interaction


entre les organismes vivants) d'autre part.
Zoogéographie : est une branche de la biogéographie, dont l'objet est l'étude de la répartition
et de l’évolution des animaux sur la Terre. L'aire de répartition géographique d'une espèce
inclut la totalité des populations de celle-ci. Cette notion est dite dynamique car elle évolue
constamment en fonction des connaissances acquises.
Elle tient compte de différents facteurs présents, biotiques (interaction entre les organismes
animaux et végétaux) et abiotiques comme la climatologie. Elles tiennent également compte
des facteurs passés. Par exemple, durant les glaciations, chaque espèce devait trouver refuge,
en fonction de ses exigences écologiques propres, dans des zones hors de glace. Les
glaciations terminées, ces refuges devenaient des centre d'expansion à partir desquels les
espèces recolonisaient les milieux propices. La zoogéographie définit alors des types de
distribution faunistique qui possèdent un centre d'expansion postglaciaire commun.
Cependant, on assiste à des comportements différents au sein même de ces ensembles. En
effet, certaines espèces, dites expansives ont colonisé des milieux favorables mais éloignés de
leur refuge, d'autres, dites stationnaires, s'en sont très peu écartées.
Biogéographie insulaire est un champ dans la biogéographie qui examine les facteurs qui
influent sur la richesse en espèces des communautés naturelles isolées. La théorie a été
développée pour expliquer notamment la richesse en espèces des îles réelles, principalement
océaniques. Le terme est utilisé aussi en référence à un écosystème qui est isolée en raison
d'être entouré par des écosystèmes fondamentalement différents, et a été étendu aux sommets
des montagnes, aux oasis, aux forêts fragmentées, et même à des habitats naturels isolés par
l'aménagement du territoire comme les parcs.
Biome : vaste écosystème caractérisé par un climat homogène. Synonyme de méga
écosystème.

2.4. Bio indicateur :


C’est un indicateur constitué par une espèce végétale, fongique ou animale ou par un groupe
d'espèces (groupe éco-sociologique) ou groupement végétal dont la présence ou l'état
renseigne sur certaines caractéristiques écologiques (c'est-à-dire physico-chimiques,
microclimatique, biologiques et fonctionnelle) de l'environnement ou sur l'incidence de
certaines pratiques. L'idée selon laquelle la qualité du paysage et la richesse en certaine
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espèces végétales ou animales indique une qualité globale de l'environnement n'est pas
nouvelle.
Dominance caractérise la surface occupée par une espèce alors que l’abondance indique le
nombre d’individus. Une espèce peut être abondante sans être dominante si elle n’est
représentée que par des petits individus. En revanche, une espèce est dominante si elle compte
à la fois un grand nombre d’individus et est représentée en même temps par de grands arbres.
Catena : succession topographique de types de végétations liée à des variations de la nature
des sols (texture, eau).
Chorographie : description des aires de répartition des espèces, des associations et des
formations végétales, des disjonctions d’aires, des territoires floraux etc.
Corridor biologique : ou corridor écologique désigne un ou des milieux reliant
fonctionnellement entre eux différents habitats vitaux pour une espèce, une population, une
métapopulation ou un groupe d’espèces à l’exemple de haies, de cours d’eau etc. En effet,
même durant les migrations et mouvements de dispersion, les animaux doivent continuer à
manger, dormir (hiberner éventuellement) et se protéger de leurs prédateurs. La plupart des
corridors faunistiques sont donc aussi des sites de reproduction, de nourrissage, de repos, etc.)
Ces corridors permettent de connecter ou de reconnecter entre elles plusieurs populations
(patchs). Elles permettent la migration d’individus et la circulation de gènes (animaux,
végétaux ou fongiques) d’une population à l'autre. La restauration d’un réseau de corridors
biologiques (maillage ou trame écologique) est une des deux grandes stratégies de gestion
restauratoire ou conservatoire pour les nombreuses espèces menacées par de la fragmentation
de leur habitat.
Ecotone : communauté de transition, structurellement et floristiquement sur la frontière entre
deux types distincts de peuplements végétaux.

2.5. Ecosystème :
Ensembles d’organismes vivants végétaux et animaux (biocénose) en interaction dans un
milieu donné (biotope). Ecosystème = biotope + biocénose. L’écologie classique donne de
l’écosystème la définition suivante : "complexe dynamique formé de communautés de plantes,
d'animaux et de micro-organismes et de leur environnement non vivant qui, par leur
interaction, forment une unité fonctionnelle".
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Endémisme : caractère des espèces ou groupes d’espèces qui ne se rencontrent que dans des
aires précises et même restrictives (îles, montagnes, régions). Ex des familles endémiques
d’Australie, espèces et genres endémiques de Madagascar.
Les taxons (famille, genre, espèce) sont dits endémiques lorsque la distribution géographique
est exclusive d'une aire géographique donnée. On parle alors de famille endémique, de genre
endémique, d'espèce endémique etc. L’aire de distribution d’un taxon est définie par sa
présence dans une portion définie de l’espace. L’aire de distribution de l’espèce est celle où
elle vit et correspond à la portion d’espace géographique où l’espèce est présente et en
interaction non éphémère avec l’écosystème. Les limites des aires de distribution d’un taxon
correspondent à des discontinuités physiques (climatiques, pédologiques, lithologiques etc.)
mais également biologiques (interaction avec d’autres espèces par exemple y compris
l’homme). Ainsi, l'aire de distribution est la portion de l'espace dans lequel le taxon est
endémique. Il y a donc un élément historique dans la constitution d’une aire de distribution et
dans les changements de ses limites.

2.6. La dispersion des organismes


C’est les processus par lesquels les organismes passent pour se maintenir ou pour conquérir
de nouveaux territoires et espaces de vie. Pour leur expansion ou leur survie, les plantes par
exemple se dispersent à leurs pieds, ou se laissent transporter (à travers leurs graines, fruits et
propagules) par le vent, les animaux, les insectes, les oiseaux, l’eau etc. A quelques
exceptions près, les animaux suivent les mêmes scénarios. Certains animaux justement se
rependent ou se déplacent en se laissant transporter par d’autres.

Entomochorie (mode de dispersion des graines, des propagules ou des diaspores par les
insectes), ornithochorie (dispersion par les oiseaux), myrméchorie (dispersion par les
fourmis), anthropochorie (plantes disséminées directement ou indirectement par l’homme :
cas des espèces rudérales ou adventices)
Epiphyte : plante vivant sur d’autres végétaux lui servent de supports, sans puiser sur eux de
substances vivantes, donc différente d’une plante parasite. Elles sont nombreuses sur les
écorces des troncs et des branches en forêt dense humide : orchidées, lichens, mousses,
fougères.
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2.7. Espèce :
Est l’unité fondamentale de la classification systématique des organismes. C’est l’ensemble
de populations aux caractères morphologiques semblables et qui sont capables de se
reproduire de manière indéfinie entre elles. Les plantes et les animaux d’une même espèce ont
des caractères physiologiques identiques qui sont transmissibles héréditairement. Les espèces
ne sont pas figées dans leur morphologie ; elles peuvent évoluer progressivement (surtout si
des besoins d’adaptation aux milieux se font sentir).
Espèce indigène : se dit d’une espèce qui est originaire de la région où elle est implantée
Espèce exotique : désigne une espèce introduite dans une région où elle était absente
auparavant.
Le genre regroupe plusieurs espèces qui ont des caractères communs sur le plan
morphologique et physiologique mais ne peuvent pas se reproduire entre elles.
Plusieurs genres sont groupés en famille dont les noms se terminent en eae en latin ou ées en
français. Pour une famille, les organismes gardent encore des caractères morphologiques
communs mais sont déjà très différents sur le plan de la taille et de la physiologie. Cas des
graminées (dont le riz et le maïs font partie) chez les plantes ou des félidées (lion, tigre, chat,
lynx) chez les animaux.

2.8. Formation végétale :


Elle désigne une communauté d'espèces végétales, caractérisée par une certaine physionomie,
et qui détermine un paysage caractéristique. Cette physionomie, permet de faire une
description générale à une échelle assez étendue, et dépend des espèces qui composent la
formation végétale et du milieu qui les accueille : forêt, mangrove, steppe, savane, lande, etc.
On peut préciser, à l'intérieur de ces grandes catégories des formations végétales plus précises
en tenant compte des conditions écologiques qui les caractérisent : on peut de la sorte
distinguer différents types de forêts ou de landes.
Evapotranspiration :
- Réelle : quantité d’eau évaporée physiquement et transpirée biologiquement ;
- Potentielle : quantité d’eau qui pourrait être qui pourrait être transpirée par la
végétation et évaporée par le sol.
Facteurs de dispersion : La dispersion des animaux s'effectue par des voies terrestres,
aquatiques ou aériennes qui déterminent la répartition des espèces. On distingue des facteurs
primaires et des facteurs secondaires.
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- Les facteurs primaires : les uns sont intrinsèques (mode et puissance de locomotion de
l'animal considéré) ; les autres sont extrinsèques (transport par cours d'eau, courants
marins, radeaux de végétation, vents, autres animaux, Homme).
- Les facteurs secondaires ne déterminent pas par eux-mêmes la dispersion, mais ils la
dirigent. C'est le cas du régime alimentaire (des animaux ne se fixent dans une région
que si celle-ci leur fournit des aliments qui leur conviennent), du climat (des animaux
quittent la région où ils se trouvent lorsque les conditions climatiques deviennent
défavorables), des relations géographiques entre régions.
Types de distribution faunistique : Tous les groupes d'espèces animales ne s'étant pas
constitués à la même époque géologique, ils ne se sont pas trouvés en présence de la même
configuration des continents et des océans et n'ont pas pu, en conséquence, rencontrer les
mêmes facilités migratoires, ni couvrir des aires de dispersion comparables.
Selon leur degré d'extension, certaines espèces animales ont une aire de répartition étendue,
qui peut dépasser les limites d'un continent ; d'autres possèdent une aire de répartition
spécialisée qui peut dépendre de caractéristiques géographiques, climatiques ou écologiques
particulières.
Comme cas extrêmes, on distingue les phénomènes de cosmopolitisme et d'endémisme. Sont
cosmopolites ou ubiquistes, les espèces qui vivent sur tout le globe et spécialement en tous
climats. Elles ne vivent cependant pas en tous milieux (souterrain, terrestre, arboricole,
dulçaquicole, marin, aérien). Le cosmopolitisme n'est donc qu'approché en se restreignant
aux espèces représentées sur la plupart des terres émergées ou dans la plupart des océans. Par
opposition, sont endémiques les espèces dont l'aire ne dépasse pas un territoire défini, limité
par une frontière naturelle (montagne, désert, mer, rivière, lac). Le terme d'endémisme n'a
d'ailleurs de sens que rapporté à une unité géographique donnée.
Forêt secondaire : elles correspondent aux peuplements qui s’installent à l’emplacement des
forêts primaires après défrichements culturaux dès que le terrain ainsi découvert est
abandonné à lui-même après les récoltes. La composition floristique de la nouvelle formation
est très différente de la forêt détruite. Elle est formée essentiellement d’espèces à croissance
rapide, souvent grégaire et à bois mou. Par la suite, d’autres espèces issues des graines en
dormance ou propagées à partir des lisières non défrichées remplacent ces espèces pionnières
à courte durée de vie.
Forêt claire : formation forestière ouverte, décidue comprenant une strate arborescente de
hauteur moyenne ± continue, à cimes écartées ; un sous-bois arbustif lâche ; un tapis herbacé
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± dense. La flore est totalement distincte de celle des forêts denses et est beaucoup moins
riche en genres et en espèces.
Feux de brousse : sont des feux d’herbes sèches dans les régions à climat aride ou semi-
aride, parcourant, poussés par le vent en saison sèche, des étendues souvent considérables de
savanes et de forêts claires. Ils détruisent la régénération naturelle des ligneux, mais les
espèces pyro résistantes dont les parties aériennes ont été léchées ou calcinées au passage des
feux rejettent par les branches (arbres et arbustes) ou les souches peu après (graminées). Les
arbustes et arbres adaptés portent des écorces suffisamment épaisses pour que les incendies ne
détruisent pas les tissus intérieurs.
Formation végétale : unité supérieure physionomique, écologique et biologique, dans la
classification des communautés végétales. Elle regroupe les divers types de communautés
ayant des physionomies et des structures comparables.
Grégaire : se dit d’une espèce qui s’installe en peuplement pur (ou monospécifique) à un
endroit.
Halophile : vivant sur des sols salés
Héliophile : du grec Helios (dieu du soleil), se dit d'un végétal qui exige un fort
ensoleillement pour se développer normalement. C sont donc des plantes qui aiment les
milieux ensoleillés, espèces de lumière. Ce sont principalement les plantes en C4 comme le
maïs, à l'opposé des espèces sciaphiles.
Hydromorphe : se dit d'un sol subissant un engorgement hydrique temporaire et présentant
une couche imperméable à faible profondeur, colorée par des oxydes de fer.
Hygrophile : adjectif qualifiant une plante qui a des besoins en eau élevés tout au long de son
cycle de développement. (Filipendula ulmaria par ex).
Hydrophiles : plantes qui vivent exclusivement sur des sols très humides ou dans l’eau.
Hygrophile : plantes qui vivent dans des régions dont l’atmosphère est très chargé en
humidité.
Liane : plante grimpante herbeuse ou ligneuse (vigne)
Mangrove : formations côtières de bords de mers des régions tropicales, remontant les rives
des fleuves et rivières tant que l’eau est saumâtre (mélange d’eau salée de mer et d’eau douce
continentale caractéristique des zones d’estuaires), installées sur des sols vaseux, recouvert
par la mer à marée haute. Biologie te flore très spéciale. Arbres et arbustes à racines échasses
(palétuviers à Rhozophora), à pneumatophores (Avicennia). La mangrove atlantique est
beaucoup plus pauvre en biodiversité que la mangrove pacifique ou indienne.
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Niche écologique : dans une formation végétale, station d’étendue restreinte où règnent des
conditions particulières qui favorisent l’installation de certaines espèces.
Ombrophile (ombros = pluie) : désigne des espèces ou des communautés qui exigent de
fortes précipitations, régulièrement réparties au cours du cycle annuel, pour se développer. Tel
est le cas des végétaux des forêts pluvieuses tropicales et équatoriales.
Orophile (oros = montagne) : espèces adaptées aux montagnes.
Phénologie : connaissance du régime des phénomènes physiologiques périodiques des
plantes : croissance, floraison, fructification, feuillaison, défeuillaison, maturation des graines.
Phytosociologie : sciences des groupements végétaux (communautés végétales). Elle consiste
à la description, l’inventaire, la comparaison, la classification et à l’établissement des cartes
des groupements végétaux.
Echelle phytosociologique
Tableau 1 : Abondance (dominance)
r = degré de recouvrement Echelle Recouvrement %
5 L’espèce couvre tout > 80
4 r = 3/4 60
3 1/2 40
2 1/4 20
1 r faible 5
+ espèce présente à recouvrement inappréciable

Prédation : désigne toutes actions de prélèvements des ressources : les carnivores


consomment/mangent les herbivores et d’autres carnivores (proies) et les herbivores se
nourrissent des plantes. Les charognards et les détritivores se nourrissent des cadavres et des
déchets végétaux et animaux. Les prédateurs régulent la population des proies (les herbivores)
et vice versa. La Symbiose : désigne les relations à bénéfices réciproque entre plusieurs
individus d’espèces différentes. Elle peut se faire entre animaux et végétaux, entre végétaux,
entre animaux. Ex de la flore intestinale qui participe à l’assimilation des aliments.
Refuge : dans le cas des modifications paléoclimatiques ayant affecté un territoire et ayant
provoqué des changements dans l’aire de distribution des formations végétales, le biotope
originel a pu se maintenir localement dans des territoires limités où la végétation primitive
restée en place a trouvé ainsi un refuge. Dans le cas de retour des conditions climatiques
antérieures, ces zones refuges deviennent de pôles de repeuplements
Sciaphile: qui exige un ombrage important pour la germination ou la croissance (plantules de
hêtre par exemple).
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Systématique : correspond à la classification du monde vivant, du plus petit (diversité des


espèces), au plus grand (multiplicité des biomes) ; espèce, genre, famille, association,
formation, écosystème, biome etc. Dans le monde actuel il est possible de reconnaitre des
régions caractérisées par la présence d'associations d'organismes exclusives à ces espaces
géographiques.
Taxon : unité de rang quelconque de la classification ou de la systématique botanique ou
zoologique. Les taxons les plus utilisés sont : variété ou race, sous-espèce, espèce, genre,
famille, ordre. Le taxon désigne tout niveau de classification systématique des êtres vivants :
variété/race, sous-espèce, espèce, genre, famille.
Tropophile : espèce adaptées aux climats à saisons contrastées ou à saisons marquées.
Ubiquiste : se dit d’une espèce peu exigeante et capable de vivre dans des milieux très divers
(syn. de généraliste, tolérante, plastique)
Vicariance : il s’agit de la séparation d’une population ancestrale en plusieurs populations
dérivées suite à la formation d’une barrière. On parle de vicariance pour caractériser deux
populations séparées, mais qui partageant des affinités morphologiques et biologiques. Elles
sont le résultat d’une séparation dans le passé lointain. Les distributions disjointes de taxons
peuvent aussi être expliquées par le processus de vicariance.
Thérophyte: Se dit d'une plante qui passe l'hiver sous forme de graine.
Xérophile : espèce adaptée aux régions arides. Se dit d'une espèce pouvant s'accommoder de
milieux secs
Commensalisme : désigne une relation qui existe un organisme et son hôte à qui il ne cause
aucun tort. Ex
Parasitisme : situation d’un individu ou d’une espèce qui vit au dépend de l’autre en lui
causant des dommages. La relation peut conduite à la mort de l’hôte.
Mutualisme : relation de complémentarité entre deux individus ou 2 espèces.
Compétition : lutte entre les organismes pour la conquête d’une ressource, d’un territoire ou
du sexe. On parle aussi de compétition interspécifique (entre des individus d’espèces
différentes) et de compétition intraspécifique (entre des individus de la même espèce)
Territoire : espace défendu par un individu (ou groupe d’individus) pour des raisons de
prélèvements des ressources ou pour des besoins de contrôle des partenaires sexuels.
15

3. La classification des organismes : la systématique


Les essais de mise en place d’une classification et d’une nomenclature universelle ont été développés à
partir du 17e siècle. Mais parmi ces essais, celui de Charles Linné (1707-1778) mise en œuvre
au 18e siècle est le plus déterminent car c’est de sa conception que la classification actuelle
des organismes s’est inspirée. Avant lui, les organismes étaient désignés par des noms locaux
ou régionaux. Plusieurs inconvénients en découlaient : une même espèce pouvait ainsi avoir
plusieurs noms selon les régions ; de plus, plusieurs espèces pouvaient avoir un même nom.
Autrement dit, c’est à Linné qu’on doit la mise au point d’une nomenclature botanique
binomiale (ou binaire). Toutes les espèces sont désormais nommées par deux termes : genre +
espèce : binôme. Cette nomenclature a été adoptée par toute la communauté scientifique
internationale.
Les règles : 1) le binôme est toujours en latin ; 2) le genre commence par une majuscule ; 3)
l’espèce toujours en minuscule ; 4) les deux termes (genre et espèce) sont toujours en italique,
exemple Titonia diversifolia ; 5) le binôme est suivi du nom complet ou abrégé du 1er
descripteur libellé en caractère normal, ex. Albizia adianthifolia (Schum.) W. F. Wight.
Par ailleurs, toutes les espèces du genre Panthera appartiennent à la famille des Felideae (à
laquelle appartiennent le chat, le puma, le lynx et le tigre). Les espèces du genre Pennisetum
quant à elles appartiennent à la famille des Poaceae (ancienne Graminées) dont le maïs, la
canne à sucre et le riz font partie.

3.1. La classification morphologique des plantes :


Elle prend en compte les aspects physiques des plantes par exemple (Figure 1) :
- Les phanérophytes : plantes de plus de 0,25 cm de hauteur qui restent visibles en
toutes saisons au-dessus du sol. Certains de grande taille comme les arbres (plus de 7
m), d’autres de petite taille (arbustes, plantules, plantes herbacées, lianes)
- Les chaméphytes : petites plantes vivaces qui se protègent du froid ou de la sécheresse
en gardant une petite taille (moins de 25 cm) sous forme de buisson, coussinet,
boule (thym, bruyère, saule nain, armoise);
- Les hémicrytophytes sont des plantes à demi cachée dans le sol pendant la mauvaise
saison. Les bourgeons restent au ras des sols (pissenlit, orties) ;
- Les cryptophytes : sont à peine visibles pendant la mauvaise saison. Les organes
vivaces sont enfouis dans le sol. Les ressources accumulées dans les tubercules
(pomme de terre), bulbes (oignon, tulipe) ou rhizomes (graminées des savanes)
16

permettent une pousse rapide dès le début de la saison favorable). L’appareil aérien se
dessèche à la fin de la saison favorable ;
- Les thérophypes : sont des plantes herbacées qui passent la mauvaise saison sous
forme de graine très résistantes au froid ou à la sécheresse. C’est le cas des plantes
annuelles qui développent très rapidement au printemps. Dans les arides, certaines
graines doivent attendre plusieurs années avant que les précipitations ne leur
permettent de germer ;
- Les épiphytes : n’ont pas de racines dans le sol mais se développent sur d’autres
végétaux, en particulier les arbres. Ils utilisent les arbres comme supports et ne vivent
pas à leurs dépens : ce ne sont pas des parasites.

3.2. Les moyens de reconnaissances des plantes


Pour identifier les plantes en particulier, plusieurs parties peuvent permettre de les
reconnaître. Les éléments déterminants sont, par ordre hiérarchique, les fruits, les fleurs, les
feuilles (Figures 3 4a, 4b et 4c), la silhouette ou l’architecture. Parfois, la texture, la couleur
ou la sève de l’écorce peuvent aussi guider. Toutefois, dans de très nombreux cas, l’écorce ne
suffit pas. Dans d’autres cas, les fruits qui constituent l’élément le plus déterminent ne sont
pas de saison ou sont simplement inaccessibles. Parfois, l’écorce seule ne permet pas
l’identification. Dans ces cas, le seul recours est la feuille. Celle-ci peut être utile pour les
spécialistes, même si elle est tombée par terre ou alors si elle est morte.
17

Figure 1 : La classification morphologique des plantes


NB. A gauche, les plantes en situation de croissance et à droite, en état de dormance
18

Figure 2 : Les parties d’un arbre

3.2.1. Les feuilles

Les fruits, les inflorescences, les feuilles (Figures 3, 4a, 4b et 5), les écorces, les houppiers et
d’autres parties des plantes sont des parties qui permettent d’identifier les espèces sur le
terrain ou en laboratoire. Les feuilles présentent des morphologies très variées. Certaines
renvoient à des familles particulières, d’autres à c tains genres. Il existe aussi des formes
limitées à certaines espèces. Mais dans l’ensemble, à défaut de fruits ou d’inflorescences, les
feuilles permettent de singulariser les familles ou groupes de familles. Par exemple, les
légumineuses (Fabaceae anciennes Papillionaceae, en plus d’avoir des graines enveloppées
dans des gousses comme le haricot, ont toutes des feuilles composées (Figure 3). Les Poaceae
(anciennes Gramineae), en plus d’avoir des tiges qui forment des nœuds (canne à sucre, blé,
riz, sissongo, bambou de Chine), ont toutes des feuilles lancéolées ou linéaires (Figure 4a).
Par ailleurs, les Rubiaceae, famille à laquelle appartient le café, ont toutes des feuilles
opposées (Figure 4b). Les Palmaceae à laquelle appartiennent le palmier à huile, le cocotier,
le dattier portent toutes des feuilles palmées. Les conifères pour leur part portent des aiguilles
19

ou des écailles à la place des feuilles (Figure 4b). Toutes les espèces appartenant au genre
Quercus (chêne) portent des feuilles ondulées (chêne liège, chêne pédonculée, chêne vert etc).

Figure 3 : Les parties et les principales formes de feuilles

Figure 4 (a) : Les diverses formes de feuilles simples


20

Figure 4 (b) : Les principales formes de feuilles

3.2.2. Les autres moyens d’identification des plantes : la silhouette

Les formes et les autres parties des plantes comme la silhouette (Figures 6 et 7), le feuillage
(houppier), la base et l’écorce ont des morphologies et des couleurs caractéristiques. On
découvre par exemple des houppiers parasol, rond. Mais en dehors des feuilles, de
l’architecture ou de l’écorce, c’est essentiellement les fleurs et surtout les fruites qui donnent
21

le verdict le plus incontestable y compris dans la détermination des variétés. On sait que les
fleurs de plusieurs variétés se ressemblent, mais les fruits ne prêtent as à confusion.

Figure 5 : Les diverses formes de feuilles composées

4. Les facteurs abiotiques de la distribution des organismes


4.1. La notion d’optimum et de tolérance biologique
La répartition des êtres vivants à la surface de la terre dépend des conditions du milieu
physique (climat, paléoclimats, sol, relief) et de la compétition que se livrent les uns et les
autres pour l’accès aux ressources alimentaires et à la reproduction. Certains facteurs sont
plus importants que d’autres en fonction du temps et du lieu. Par leurs exigences en lumière,
en chaleur, en eau, en sels minéraux et autres constituants des sols, les plantes dépendent
étroitement d’une certaine marge de tolérance dans laquelle elles sont très bien,
moyennement, très ou non. Autrement dit, chaque espèce ne peut se développer qu’entre des
valeurs limites qui sont appelées optimum de tolérance

4.1.1. Les limites de tolérance

Entre les limites inférieures et supérieures, il existe une valeur optimum elle-même
caractérisée par 1) la zone de préférence et 2) deux zones dites de tolérances selon la borne
inférieure de la valeur pour l’une et selon la borne supérieure pour l’autre. Au-delà de ces
22

deux bornes, l’espèce disparaît complètement dans les aires qu’on qualifie zones d’intolérance
(Figure 1). Par exemple, le cacaoyer connaît son optimum de température moyenne annuelle
entre 23 et 27°C. Entre 21 et 22°, elle prospère difficilement et disparaît carrément en dessous
de 21°. L’optimum du cocotier est encore plus important (25 à 27°) alors que celui du café
arabica (Coffea arabica) se situe plutôt entre 20 et 21°. Les besoins en eau et en lumière
évoluent aussi différemment selon les espèces ou groupes d’espèces.
Les valeurs de tolérance se modifient au cours de la vie d’un organisme : les marges de
tolérance sont en général plus étroites pour les jeunes que pour les adultes. De plus, chaque
espèce de plante a des exigences différentes selon le moment de son cycle annuel : les
températures exigées pour la floraison ne sont pas les mêmes que celles qui sont nécessaires à
la feuillaison ou à la maturité des fruits. Cette étude est la phénologie. Face aux
transformations du milieu dans le temps et dans l’espace, des modifications morphologiques
peuvent se produire pour la survie de l’espèce. Ces modifications peuvent être de simples
accommodations non héréditaires (sol local pauvre, exposition d’un versant), ou de véritables
adaptations si la transformation est durable dans le temps. Ces caractères seront donc
héréditaires.

Figure 6 : Silhouettes et houppiers caractéristiques de quelques feuillus


23

source : www.ledictionnaire.com

Pin parasol Cèdre du Liban

Epicéa Mélèze Sapin


Figure 7 : Silhouettes et houppiers caractéristiques de quelques conifères
(source : www.ledictionnaire.com)

4.1.2. La variation de la tolérance

Certaines espèces sont plus tolérantes vis-à-vis des conditions du milieu que d’autres (Figure
11). Celles qui s’accommodent d’une grande variation de conditions écologiques sont dites
« plastiques » ou généralistes : c’est le cas en particulier des plantes dites adventices et
d’autres espèces qualifiées d’invasives. En revanche, certaines espèces recherchent des
conditions particulières et sont plus « spécialisées » face au climat ou à certaines conditions
particulières de sols : ce sont donc des spécialistes. Elles sont cantonnées à certains territoires.
Elles sont aussi qualifiées d’espèces « endémiques » (Figure 10)

4.1. Les plantes et le climat :


Sur un planisphère, la répartition des types de végétation se calque sur celle des grandes zones
climatiques. En dehors de ces cas, on parlera d’anomalie introduite par les paléoclimats, les
sols, les activités humaines etc. Il convient cependant de définir le terme saison sèche pour
une bonne compréhension des caractéristiques des climats tropicaux.
La saison sèche, existe dans les climats tropicaux (situés grossièrement entre 23°S et 23° N).
Sa durée est variable. Elle augmente généralement en s'éloignant de l'équateur. Elle est
24

caractérisée par la faiblesse relative des précipitations, qui ne sont jamais nulles. Elle est
suivie de la saison des pluies ou saison humide.
Dans la zone tropicale, la saison humide (ou saison des pluies), désigne la période de l'année
où la pluviométrie moyenne mensuelle est assez importante pour combler les besoins des
plantes en eau (alors que pendant l'autre période nommée saison sèche, l’alimentation des
plantes en eau est déficitaire). Généralement la durée de la saison humide augmente en se
rapprochant de l'équateur.
Selon les normes scientifiques, un mois est considéré comme sec lorsque sa moyenne de
pluies est inférieure à la moyenne de la température multipliée par deux. Autrement dit, la
saison sèche survient sur un site lorsque la courbe des températures (moyenne x 2) passe au-
dessus de celle des précipitations. Les diagrammes ombrothermiques établis selon le modèle
de Walker rectifié de celui proposé par Gaussen (cités par White, 1986), associent
température et pluies et donnent un aperçu des variations au cours de l’année (Figures 8 et 9).
En l’absence des données sur l’ETP (évapotranspiration potentielle), le principe suppose
qu’une période relativement aride se traduit par le passage de la courbe des précipitations au-
dessous de la courbe des températures, et qu’une période est relativement humide lorsque la
courbe des précipitations passe au-dessus de celle de la température. Par exemple, Yaoundé
connaît une saison sèche de 3 mois alors que Ndjamena et Kousseri enregistre en moyenne 8
mois de saison sèche au cours de l’année (Figures 8 et 9).
Par exemple, pour la ville de Yaoundé, on a une saison sèche de 3 mois, soit une saison des
pluies de 9 mois au cours de laquelle 7 sont très humides (Pmm ≥ 100) ; pour Ndjaména et
Kousseri, la saison sèche est égale à 8 mois, soit une saison pluvieuse de 4 mois dont 3 très
humides
25

Figure 3 : Diagrammes ombrothermique de quelques stations tropicales de références.

Figure 10 : Loi de la tolérance biologique


26

Le gradient (Figure 10) présente le seuil de tolérance aux facteurs abiotiques : l’eau du sol,
l’humidité de l’air, la température, la lumière, les minéraux du sol etc. Ainsi, chaque
organisme a un seuil de tolérance par rapport à disponibilité de chacune de ces « ressources ».
Lorsque le seuil est réduit ou étroit, l’organisme est qualifié de « spécialiste ». Il se retrouve
alors généralement dans des biotopes précis. En revanche, lorsque le seuil est large,
l’organisme est considéré comme « plastique ». C’est le cas des espèces très largement
rependues qui se retrouvent souvent dans des aires aux conditions écologiques variées.

4.1.1. La lumière :
Certaines plantes affectionnent une grande quantité de lumière pour assurer soit leur
germination, soit leur croissance en hauteur (plantes héliophiles) ou, pour d’autres, les deux
conditions à la fois. Ce sont des plantes dites héliophiles. C’est le cas de la plupart des plantes
herbacées et en particulier des graminées des savanes. Ces plantes meurent lorsqu’elles sont
privées de lumières. D’autres plantes ne trouvent des conditions idéales de germination et/ou
de croissance que sous l’ombre des autres plantes Ce sont des plantes sciaphiles à l’exemple
du cacaoyer, du bananier, du macabo (toutes les plantes à larges feuilles).
Dans les régions tempérées et froides, la durée d’éclairement est déterminante pour la
dormance ou le réveil de certaines plantes. Pour des arbres comme le pêcher (Prunus persica),
le bouleau, le hêtre, le platane ou le tsuga canadien, la dormance se déclenche dès que les
jours se raccourcissent. D’autre part, le pommier ne commence à former des fruits qu’à partir
du moment où la durée du jour est supérieure à celle de la nuit. De manière globale, la
réduction de la durée du jour freine la croissance des plantes, y compris celles des régions
tropicales. Chez les sapins et les épicéas, les jeunes pousses arrêtent leur croissance aussitôt
que les jours se raccourcissent. Chez le genévrier et le thuya, c’est plutôt un allongement de la
durée du jour qui occasionne l’arrêt de la croissance.

4.1.2. La température :

Chaque espèce a son optimum de la température de l’air ambiant. Une plante qui exige plus
de 20° est dite mégatherme ; c’est le cas de la majorité des plantes comme celles se
développant en régions tropicales. Aux environs de 12-15°, la plante est dite mésotherme (la
majorité des conifères). Quelques-unes parmi ceux-ci sont dites microthermes puisqu’ils
assurent l’assimilation chlorophyllienne dès 5°. Certaines plantes des régions tempérées
27

exigent de fortes amplitudes diurnes ou annuelles/ toutefois, il existe pour chaque plante un
maxi et un minima au-delà desquels la croissance ou la floraison est compromise.
Les plantes des régions tropicales comme l’hévéa ne supportent pas de grands écarts de T :
elles sont dites sténothermes. Celles-ci peuvent simplement mourir en cas de très fortes ou de
très faibles T. même en régions tempérées, l’olivier meure dès -13°, le chêne est tué à -25°
tandis que le mélèze peut supporter des T de -60°. En revanche, les plantes qui supportent les
grandes variations sont dites Eurythermes (. Ces plantes développent des formes d’adaptation
comme la perte des feuilles, la fermeture des stomates des feuilles, l’évacuation de l’eau des
tissus avant les gels, dormance (période de vie au ralenti ou de sommeil prolongé) sous
forme de graine, de bulbe, de tubercules, de rhizomes.
Eurytherme : êtres vivants présentant un intervalle de tolérance élevé aux variations de
température.
Sténotherme : êtres vivants présentant un intervalle de tolérance faible aux variations de
température.
En général, les plantes des régions tempérées redoutent les coups de froids précoces qui
gênent la circulation de la sève et facilitent l’attaque des champignons.

4.1.3. L’eau.

Les quantités d’eau nécessaire sont variables selon les espèces.


- Il existe des plantes hydrophiles ou aquatiques qui vivent dans l’eau au moins
pendant une période de l’année. Elles doivent s’adapter à l’excès d’eau, c'est-à-dire
d’être permanemment ou saisonnièrement submergées par l’eau comme c’est le cas
des Raphia. En plus de ces conditions, les plantes des zones d’estuaires comme celles
des mangroves doivent s’adapter à l’excès de sel en développant des racines échasses
qui leur permettent de respirer ;
- Les plantes hygrophiles adaptées à une forte humidité (les larges feuilles permettant
une grande transpiration (bananier) ;
- Les plantes mésophiles qui ont besoin d’une quantité d’eau moyenne ;
- Les plantes xérophiles supportent une sécheresse plus ou moins marquée. Les
herbacées assurent un cycle complet assez court qui dure le temps de la courte saison
des pluies. Certaines plantes des déserts chauds fleurissent 10 jours après leur
germination. Les ligneux perdent en général leurs feuilles. La caducité permet de
limiter la perte d’eau par transpiration et par assimilation chlorophyllienne. La plante
28

vit alors au ralenti. Les autres formes d’adaptation consistent à la limitation de la taille
des individus, la réduction des feuilles ou leur transformation en épines, la fermeture
de stomates, le grand développement latéral et en profondeur des racines dans le sol ;
constitution des réserves d’eau dans les tissus.

Figure 11 : Les relations climat et végétation sur la terre

4.1.4. Les plantes et le vent

Le vent est un facteur climatique important. Son action peut être brutal : cassure ou
déracinement des arbres, accélération de la transpiration lorsqu’il est sec. Là où le vent souffle
régulièrement avec violence, les plantes ne peuvent pas développer normalement et adoptent
des caractères xéromorphes : rabougrissement, tronc penché, forme de boule, cime déporté
etc. l’action est d’autant plus négative sur certaines côtes que le vent apporte des gouttelettes
d’eau chargées de sel.
29

4.2. L’action du relief : topographie et plantes


La topographie intervient en modifiant le climat et en multipliant les climats locaux et les
micros climats. Elle agit surtout sur la température. L’altitude provoque une baisse d’environ
0,6 °C tous les 100 m ou 1°C par 180m. Les massifs montagneux vont donc avoir des
formations végétales différentes de celles des régions basses voisines. Les espèces spéciales
aux montagnes sont dites orophytes. Ici interviennent une baisse des températures et une
fréquence des vents violents. En régions tempérées, l’exposition du versant est fondamentale.
Les versants exposés au sud sont plus ensoleillés que les autres. L’orientation par rapport aux
vents pluvieux produit un effet similaire comme c’est par exemple le cas au SO du Cameroun
et dans le golfe de Bengale en Asie du SE.
Sur les pentes fortes de certaines montagnes, l’eau ruisselle et pénètre peu dans le sol. Dans
certains cas, les nuages permanents limitent l’ensoleillement.
Sur certains terrains de bas-fonds marécageux, la saturation saisonnière ou permanente des
sols en eau constitue une situation (des conditions) peu propices à bon nombre d’espèces.
C’est pourquoi il s’y constitue généralement une végétation typique de Raphia, fougères,
graminées, Cypéracées, Papyrus …
Sur les estuaires, la stagnation des eaux, conjuguée à la salinité, entraîne le développement de
la mangrove dans cet environnement de sols chargé en eau saumâtre (mélange d’eau salée de
mer et d’eau douce provenant du continent).

4.3. Les plantes et le sol


Après le climat, le sol joue le rôle le plus déterminent dans la distribution des plantes, compte
tenu de la texture, de la composition chimique et de son épaisseur. Par exemple, les sols
maigres ou très riches en sables portent en général une végétation dominée par les plantes
herbacées. Lorsque les sols sont saturés en eau de façon permanente ou saisonnièrement, seul
des associations particulières peuvent s’y maintenir (Mangrove, Raphia, prairies etc). par leur
teneur en minéraux, certains sols sont favorables à une catégorie d’espèces.
Acidiphile ou acidophile : équivalent de calcifuge ; espèce confinée aux substrats siliceux et
acides (granites, quartzites, schistes, micaschistes, gneiss, migmatites. Celle-ci évite les
terrains calcaires).
Calciphile ou calcicole : espèce végétale inféodée aux sols neutres ou basiques donc riches
en calcaire (hêtre, la plupart des orchidées…)
30

Le sol comporte en proportion variable une fraction minérale provenant de l’altération de la


roche mère du sous-sol et une fraction organique résultant de la décomposition des êtres
vivants. De la nature de la roche mère va dépendre la texture. Dans composition
granulométrique du sol. On peut distinguer :
- Une fraction grossière qui est étudiée grâce à des tamis et qui peut comporter :
o Des graviers dont le diamètre est > 2 mm
o Des sables grossiers de 2 mm à 0,2 mm
o Des sables fins de 0,2 à 0,050 mm
o Des limons de 0,050 à 0,002 mm
- Une fraction fine constituée d’éléments décomposés ie issus de feldspath et de micas ;
Ce sont des argiles dont la taille est < 0,002 mm.
La richesse du sol en produits organiques est liée à l’abondance de la végétation et aux
processus de décomposition des débris végétaux ou animaux. La couche de matière organique
qui n’est pas encore décomposée est la litière. Sous l’action des bactéries et des champignons,
celle-ci est transformée progressivement en humus.
La quantité d’eau contenue dans le sol dépend des précipitations reçues et de la texture du sol.
On appelle porosité le pourcentage d’espaces libres dans un volume de sol. L’eau tombée lors
des pluies se divise en 4 parties :
- 1 partie s’évapore instantanément
- 1 partie s’écoule en profondeur pour alimenter la nappe souterraine : c’est l’eau de
gravité
- 1 3e, l’eau de capillarité, reste dans le sol où elle remplit les pores. Elle est ensuite
sucée par capillarité par les racines des plantes tandis qu’une partie remonte en surface
où elle s’évapore avec le temps. Cette migration est lente dans les sols à texture
grossière et rapide dans le cas des textures fines/
- 1 partie restée collée aux particules du sol : c’est l’eau hygroscopique que la force de
succion de la plante est incapable d’attirer.
On appelle capacité de rétention le pourcentage d’eau contenue dans le sol par rapport à son
poids sec, une fois l’eau de gravité écoulée.
Les sols à granulométrie fine sont les plus favorables aux plantes lorsque les précipitations
sont assez régulières. Par contre, en cas de rareté des pluies, un sol argileux devient moins
favorable à la végétation qu’un sol sableux.
31

La description du sol : Là où le sol s’est formé normalement, il est divisé en plusieurs


horizons (Figure 12)
Horizon A : horizon supérieur constitué de matières organiques et d’éléments minéraux.
L’uni Les types de sols : là où le sol s’est formé normalement, il est divisé en ++ horizons
Horizon A : horizon supérieur constitué de matières organiques et d’éléments minéraux.
L’uniformité de l’ensemble réside dans le fait qu’il est lessivé parce que l’eau de gravité
entraine les éléments fins ou solubles en profondeur (colloïdes, fer etc). Il comporte 3
subdivisions dit éluviaux.
- L’horizon A0 est formé par la litière des végétaux auxquels s’ajoutent des cadavres et
des déjections d’animaux. L’abondance fournie est en relation avec le type de
formation végétale : 4t/ha dans une chênaie et + 15t/ha en forêt dense humide
- L’horizon A1 est l’horizon humifère : les matières organiques sont en voie de
décomposition et de minéralisation
- L’horizon A2 est minéral. La matière organique minéralisée est mélangée aux
altérites.
Horizon B : horizon inférieur enrichi des éléments venus de la surface : c’est un horizon
illuvial ou d’accumulation. Il comporte généralement 2 subdivisions :
- B1 est un horizon enrichi surtout en humus ;
- B2 est caractérisé par 1 forte concentration de fer.
Horizon C : c’est celui qui opère la transition avec la roche mère. Il s’agit de la roche mère
en place, mais qui est altérée. La structure et la texture originales peuvent encore s’observer
dans certains cas.
L’évolution des sols dépend étroitement des conditions climatiques et la répartition des grands
types de sols se calque à peu près sur celle des grandes zones climatiques du globe. Ils sont le
plus souvent en équilibre avec une formation végétale liée elle-même aux conditions
climatiques. Toutefois, à l’intérieur des grandes zones climatiques, la diversité des sols est
extrême. Les conditions topographiques provoquent des modifications très rapides dans la
répartition et la nature des sols : lessivage oblique sur les versants (appauvrissement des hauts
de versants) et accumulation sur les pieds de versants (enrichissement surtout en éléments
fins). De même la stagnation des éléments fins et de l’eau dans les bas-fonds peut entraîner la
constitution des sols hydromorphes.
32

4.4. Le rôle des climats passés :

4.4.1. Les reconstitutions des climats passés et des changements des aires de
distribution:

Les reconstitutions des environnements passés s’appuient sur des méthodes variées. Il s’agit
de la dendrochronologie (étude des cernes des arbres) mais aussi de l’étude de la succession
des dépôts des alluvions dans les bas-fonds et dans les plans d’eau. Dans l’un et l’autre cas,
les constituants des dépôts comme les gaz, les pollens, les diatomées et les autres substances
organiques permettent, non seulement de déterminer les environnements dans lesquels ils se
sont constitués, mais aussi, les datations sont réalisables grâce au carbone 14.
La reconstitution s’appuie aussi sur l’étude des restes des végétaux : bois, feuilles, fruits et
surtout pollens. Par exemple, l’étude des pollens (palynologie) permet de reconstituer la
végétation à une époque donnée et de construire des diagrammes polliniques. La datation est
réalisée au C14. Cette méthode repose sur la présence dans tous les organismes vivants d’une
certaine proportion de carbone radioactif. Tant que l’organisme est en vie, la teneur est
constante, mais après la mort, la radio carbone disparaît progressivement. Au bout de 5600
ans, la moitié du carbone radioactif a diminué de moitié.

Figure 12 : Constitution (profil) et étapes de la formation du sol (Dessin J. Youta Happi)


33

4.4.1.1.. La dendrochronologie :
Elle consiste au décompte des cernes du bois de manière à calculer l’âge de l’arbre. Chaque
cerne, dans les régions tempérées et certaines régions à saisons marquées, représente le bois
formé pendant une année. Dans chaque cerne, on distingue vers l'intérieur une région poreuse
qui correspond au bois formé au printemps (trachéides de grand diamètre assurant la
conduction) et une région plus mince qui correspond au bois formé en été (trachéides de
diamètre plus faible assurant essentiellement le soutien) (Figure 13). Une étude approfondie
de l'épaisseur des cernes et de leur porosité peut permettre de connaître la qualité des
conditions extérieures au cours du temps. L’analyse de l’épaisseur et de la densité des
différents cernes (bois de printemps et bois d’automne pour chaque cerne) permet de
connaître les conditions environnementales qu’a connues cet arbre au cours du temps (climat,
température, pluviosité ou sécheresse). La connaissance de toutes ces données pour des arbres
d’une région permet donc une approche de l’étude des climats passés.

Figure 13 : Coupe transversale d’un fût (Dessin J. Youta Happi)


NB. Le nombre de cernes ou d’anneaux de croissance (parties A + B) permet de
calculer l’âge de l’arbre. Par exemple, cette section de fût est celui d’un arbre de
13 ans.
34

4.4.1.2. La palynologie :
C’est l’étude des pollens y compris les pollens fossiles. Elle consiste, pour un milieu donné,
de recueillir la pluie pollinique pour déterminer la composition floristique. Pour une colonne
de sédiments ou d’alluvions, l’étude des pollens fossiles déposés au cours du temps (de haut
en bas) permet de reconstituer la succession des peuplements végétaux qu’a connus le lieu ou
la région au cours des temps géologiques. A l’étude des pollens peut aussi être associée
l’analyse des diatomées fossiles. Ce sont des micro algues qui pour la plupart sont
caractéristiques de certaines conditions précises de milieu : pH ou acidité, profondeur des
plans d’eau, température, humidité de l’air etc.
De manière schématique, un changement de climat suffit à provoquer un bouleversement dans
la distribution des peuplements végétaux. Plusieurs exemples illustrent cela :
- Si le climat devient plus sec en régions tempérées, la forêt cède la place à la prairie ou
à la steppe ; s’il devient plus froid, la forêt est remplacée par la toundra
- En régions tropicales humides, si la quantité des pluies diminue considérablement (s’il
survient une période d’assèchement climatique), la forêt dense humide va reculer au
profit de la savane. Dans des situations différentes, la savane peut aussi, en cas
d’aggravement de la sécheresse, être remplacée par la steppe, et, plus loin, la steppe
peut céder la place au désert.
De manière générale, les changements climatiques entraînent des modifications des aires de
répartition des peuplements et des espèces. En régions tropicales, l’apparition d’une saison
sèche marquée provoque l’extension des arbres à feuilles caduques aux dépend des arbres
sempervirents. Lorsque la saison sèche excède 3 mois, la forêt dense est remplacée par les
savanes.
Par ailleurs, si des conditions favorables à une espèce s’étendent à un nouveau territoire,
celle-ci aura tendance à progresser. Si les facteurs principaux du climat se dégradent ou
deviennent hostiles, l’espèce reculera. Cette régression peut aboutir soit à une disparition
complète de l’espèce (cas de Séquoia qui a disparu de l’Europe au cours du Würm), soit
simplement une contraction de l’aire et à son morcèlement (l’espèce va se cantonner vers des
bastions refuges qui ont gardé des conditions écologiques acceptables).

4.4.2. Evolution de la végétation au Quaternaire dans les régions tempérées :


35

Au moment de leur extension maximale il y a +/- 15000 ans, les glaciers occupaient tout le
Nord de l’Europe et tous les massifs montagneux comme les Pyrénées (Figure 14). Ils
descendaient jusqu’à 1100 m dans les Alpes, et à 700m dans les Vosges côté lorrain.
- En Europe centrale, ie entre le Pôle N et les Alpes, s’étendait une grande étendue de
toundra parsemée de bouleaux+ saule nains
- La forêt s’était réfugiée dans les plaines abritées du pourtour de la Méditerranée.
- Les espèces qui se trouvaient avant les glaciations dans les moyennes montagnes
descendirent dans les basses terres.
La reconquête de la forêt s’est opérée du Sud vers le Nord en Latitude et de bas en haut en
altitude. L’étude des pollens fossiles a permis de reconstituer l’évolution de la végétation sur
les plaines de la moitié Nord de la France, en Belgique et en Allemagne occidentale et dans le
Sud e l’Angleterre. On distingue en gros 6 phases :
1- 15000 – 11000 ans BP (tardiglaciaire) climat froid et sec : toundra parsemée de
bouleaux et de saules nains
2- 10000 – 9000 (pré boréale) : climat assez doux : amorce de la conquête forestière par
le pin sylvestres et le bouleau ;
3- 9000 – 7000 (boréale) réchauffement accompagné d’une baisse des précipitations ;
recul du pin sylvestres et du bouleau et avancée du noisetier jusqu’en 8 000 date à
laquelle le chêne prend le relais.
4- La période 7000 – 5000 (atlantique) optimum climatique se caractérisant par 1
réchauffement (2 à 3° au-dessus des moyennes actuelles) et une humidification. Grand
développement d’une forêt mixte (chênes caduc, tilleuls, ormes, frênes, aulnes pplt).
5- 5000 – 2500 (subboréale). Climat très contrasté et assèchement global. Recul de
l’orme et apparition du hêtre dans les plaines et s’étend aussi en montagne en
compagnie du sapin et l’épicéa. Les premiers défrichements agricoles commencent à
influencer la distribution de la végétation.
6- Depuis 2500 ans (subatlantique) : climat + frais mais plus humide que le précédent/ le
hêtre progresse vers le NO et devient l’arbre dominant jusqu’au sud du RU.
Eclatement du charme et maintien du chêne dans certains massifs forestiers.
7- En Amérique du Nord, les peuplements végétaux ont aussi été très affectés par les
glaciations mais, dans leur migration vers le Sud, les plantes de la forêt ont trouvé plus
de refuges en taille et en nombre (le SE, notamment en Floride et le long de la côte du
Pacifique où les séquoias ont survécu) qu’en Europe. La végétation actuelle de
36

l’Amérique du Nord est donc plus riche en espèces que celle de l’Europe occidentale.
En Extrême Orient comme en Amérique du Nord, la végétation a gardé une plus
grande biodiversité que l’Europe Occidentale car les espèces ont eu la possibilité de
migrer vers des secteurs plus spacieux.

Figure 14 : Localisation des refuges forestiers en Europe lors de la dernière glaciation du


Quaternaire (source : Huetz de Lemps, 1970)

4.4.3. Evolution de la végétation au Quaternaire en Afrique centrale


atlantique :

Pour essayer de reconstituer l’histoire très ancienne des milieux, une batterie de précieux
indicateurs est disponible : pollens et diatomées fossiles, dépôts alluviaux et autres formes
héritées. Pour les pollens et autres matières organiques héritées, les dates de dépôt sont
estimées grâce aux datations au carbone 14 (14C). Ces études croisées ont permis de mettre en
évidence les grandes périodes au cours du Quaternaire récent (Figures 15, 16 et 17).
37

4.4.3.1. Une très ancienne extension de la forêt entre 10 000 à 4 000 ans BP:
Une phase climatique très humide, coïncidant avec le maximum de la fréquence des épisodes
de la mousson, a régné dans toute la région d’Afrique centrale atlantique entre 9 000 et 4 000
ans B.P. (Bonnefille, 1993). Au Sud-Ouest forestier du Cameroun —c’est-à-dire à 250 km à
l’ouest de Yaoundé—, une forte extension de la couverture forestière est enregistrée sur le
diagramme pollinique synthétique d’une carotte du lac Barombi Mbo (fig. ) qui montre une
proportion de Gramineae de moins de 2% durant toute cette période alors que le pourcentage
d’arbres oscille pendant ce temps entre 60 et 80% (Giresse et al., 1994). D’autres diagrammes
polliniques confirment cette large extension de la forêt au Burundi (Jolly, 1992) ou au Lac
Bosumtwi au Ghana (Maley, 1991). Au Congo, des souches d’arbres fossiles de forêt dense
datées de 5 800 ans B.P. sont identifiées dans les podzols sous savanes côtières (Schwartz et
al, 1990). Cette phase climatique humide aurait marqué l’ensemble de l’Afrique tropicale
humide, notamment la région des grands lacs (Hamilton, 1972). En Afrique occidentale, le
couloir de savanes de Ghana-Togo-Bénin aurait été fermé (Guillaumet, 1968 ; Maley, 1991).
Les fleuves traversant la zone sahélienne comme le Sénégal et le Niger ont enregistré à la
même époque leurs débits records (Hervieu, 1970 ; Michel, 1977) et, le lac Tchad, sa hauteur
maximale (Servant, 1983). On sait aussi, grâce aux peintures rupestres qu’à cette époque, le
Sahara était traversé par de nombreux cours d’eau. Ces mêmes peintures témoignent de
l’existence à cette époque de groupes humains y vivant de la cueillette, de l’élevage du petit et
du gros batail (zébus) et de la chasse aux buffles, aux girafes et autres gazelles. La présence
de ces gros herbivores atteste que le milieu était celui de types savanes ou steppes ou peut-être
mes des forêts claires.

4.4.3.2. Une extension ancienne de la savane entre 3000 et 2000 ans BP:
Les analyses du diagramme de Barombi Mbo montrent qu’une phase climatique sèche
s’installe à partir de 3000 ans B.P. et se poursuit jusqu’à 2000 ans B.P., se traduisant par une
remontée brutale de la proportion des Gramineae (Poaceae) (20 à 40%), ce qui suppose
l’apparition de savanes incluses dans la forêt. Cet assèchement est également enregistré au lac
Mbaodong sur les Hautes Terres de l’Ouest du Cameroun où, vers 2 100 ans B.P., le
pourcentage de Gramineae présente un pic de 45 % (Richards, 1986).
Des prélèvements de pollens et de diatomées ont été effectués dans le lac Ossa qui appartient
au bassin-versant de la Sanaga. Les analyses des relevés de ce lac, situé à 160 km à l’ouest de
Yaoundé, montre que la proportion des arbres dominants (Ceasalpiniaceae) dans la forêt
38

dense sempervirente a baissé brusquement au profit d’espèces caractéristiques de milieux


forestiers plus ouverts comme Alchornea vers 2 700 ans B.P. (Reynaud, et Maley, 1994 ;
Reynaud-Farrera et al., 1996). Cette ouverture de la forêt sur le site ne traduit pas un climat
sec, mais plutôt un climat moins humide à cet endroit où la moyenne annuelle actuelle des
précipitations est de 2 700 mm. Ce site enregistre l’apport, au cours de cette période, de
poussières contenant des diatomées exotiques transportées par l’harmattan alors que le niveau
lacustre affiche d’intenses variations interannuelles à décennales, indice d’une forte instabilité
du bilan en eau et du facteur précipitations-évaporation (P-E). Le lac connaît un abaissement
sensible et atteint le plus bas niveau vers 2 000 ans B.P. (Nguetsop, 1997). A Gamboula,
village situé à 25 km à l’est de Bertoua, des charbons de bois d’arbres de forêt, enfouis entre
40 et 60 cm de profondeur du sol, ont été datés de 3 000-3 900 B.P. (Hori, 1986b ; Kadomura
et al., 1986). Ces charbons, s’ils ne sont pas directement liés à l’occupation humaine,
pourraient indiquer de conditions climatiques sèches favorables. Les termitières à
Bellicositermes bellicosus, adaptées au climat tropical sec (Aloni, 1981) auraient proliféré
dans toute la zone du contact forêt-savane actuelle où elles ne sont plus fonctionnelles à l’état
actuel.
Dans les bas-fonds du Cameroun au sud du 8e parallèle, les terrasses alluviales qui s’inscrivent
le long des principaux collecteurs (Martin, 1967, 1973 ; Martin et Segalen, 1966 ; Kuété,
1990a), révèlent une à trois phases de comblements associées à des dynamiques d’érosion et
de transport. Les lits des petits affluents, même s’ils ne comportent pas de systèmes de
terrasses, comportent tout de même des dépôts alluviaux issus du transport sur les versants
des collines.

4.4.3.3. Une phase de reconquête de la forêt sur la savane depuis environ


1500 ans BP
Dans la zone de mosaïque forêt-savane du centre Cameroun, la tendance naturelle actuelle est
à l’expansion de la forêt sur les savanes. Ce mouvement s’est amorcé il y a environ 1500 ans
BP à la faveur d’un climat humide qui s’est mise en place dans l’ensemble de l’Afrique
centrale atlantique après une phase sèche (3000 à 2000 ans BP). Durant cette période, les
savanes se sont très largement étendues (Vincens et al, 1999 ; Nguetsop et al, 2004 ; Giresse
et al, 2005 ; Lezine et Gazet, 2007). Durant cette période, les populations Bantou ont profité
de l’ouverture du milieu pour s’installer dans l’espace que représente aujourd’hui le bassin du
Congo.
39

Le rythme actuel de l’avancée de la forêt sur les savanes varie d’une région à l’autre entre 0,6
et 2 m par an. Cependant, sur les hautes terres de l’ouest Cameroun, l’avancée semble moins
rapide, voire stable localement, compte tenu d’une forte densité relative de la population
rurale, mais surtout à cause des feux de brousse annuelles entretenus par les éleveurs.
Les preuves des changements climatiques passés (Quaternaire récent) et des variations des
aires de distribution des espèces et des écosystèmes qui en ont découlé sont présentes aussi
bien dans les sols que dans les sédiments piégés dans les lacs et les plaines d’inondation des
cours d’eau principaux.

Figure 15 : Localisation des refuges forestiers africains lors de la dernière période sèche de
3 000 à 2 000 ans BP

En effet, selon le type de plante, les matières organiques laissées dans les sols ont des
signatures (Spectre) en carbone 13 particulières. En effet, les graminées (aujourd’hui appelées
Poaceae) ont une signature qui les distingue de toutes les autres plantes. Comme elles
constituent la végétation dominante des savanes, cette signature dans un sol sous forêt peut
traduire l’existence passée d’une savane. De même, la signature des autres plantes dans un sol
sous savane peut plutôt traduire l’existence passée de la forêt (Figure 18). Ainsi, suivant les
profondeurs, dans une colonne de sédiments ou dans un profil pédologique, les variations des
40

proportions des pollens des graminées, des cypéracées ou des autres plantes (taxons)
permettent donc de reconstituer les paléo environnements.

Figure 16 : Reconstitution de l’évolution de la végétation au cours des derniers 25 000 ans


(diagramme pollinique simplifié).
41

Figure 17 : Diagramme Pollinique simplifié du lac Bambili à l’ouest Cameroun


Diagramme simplifié des variations en proportion des taxons forestiers (en vert) et
des taxons herbacés (en orange)

4.4.1.2. Les matières organiques des sols et leurs signatures en 13C et 14C
Les matières organiques des sols (MOS) gardent au cours des temps les traces des végétaux
qui se sont décomposés pour favoriser leur formation. Les Poaceae (graminées) donnent aux
MOS une valeur en 13C comprise entre -15 et -18‰ (Desjardin et al., 1996 ; Delègue et al.,
2001 ; Schwartz et al., 1991) . Toutes les autres plantes produisent des valeurs comprises
entre -26 et -28‰. De la sorte, en profondeur, il est facile de détecter les traces d’une
42

ancienne savane ou d’une ancienne forêt vice-versa. Dans l’ensemble des savanes préforestère
du centre Cameroun, il est possible de reconstituer au moins 3 phases de balancement (ou de
la dynamique de la limite forêt-savane (Figure 18).

Figure 18 : Reconstitution de la dynamique des contacts forêt-savane sur le transect de


Kandara (sud de Bertoua)

5. Les facteurs biotiques : les relations entre les êtres vivants :


5.1. La symbiose
Association (obligatoire) entre deux organismes ne pouvant vivre l'un sans l'autre, chacun
d'eux tirant un bénéfice de cette association. La symbiose est fréquente entre les micro-
organismes et des plantes ou des animaux.
L'intestin humain contient entre 1000 et 1150 espèces de bactéries 10 comme Escherichia
coli ; cette microflore représente chez un adulte plus d'un kilogramme de biomasse. Elles ont
un rôle favorable dans la digestion, dans la régulation du système immunitaire et empêchent
la colonisation par des organismes pathogènes.
L’Acacia cornigera, un arbre myrmécophile, ne peut survivre qu’avec une colonie
de fourmis.
43

Les branches de Barteria fustilosa, naturellement creuses, offrent à une espèce de fourmis
(Tetraponera), un confort sans égal. Mais en plus d'offrir un gîte, l'arbre propose aux fourmis
une table garnie en permanence grâce aux bords de ses feuilles qui sécrètent de glandes à
nectar que celles-ci récoltent à longueur de journée. En échange des services rendus, les
fourmis offrent à l'arbre une protection pour contrer ses ennemis : les mangeurs de feuilles
(les chenilles). Les Tetraponera possèdent, en effet, à l'extrémité de leur abdomen un
redoutable dard venimeux, et elles éliminent les lianes et lichens qui viennent déranger leur
arbre préféré.
Les termites sont des insectes qui se nourrissent de bois, or ils ne peuvent pas digérer
entièrement la cellulose seule. La dégradation totale de la cellulose se fait grâce à l'association
symbiotique avec des protistes, des bactéries et champignons logés dans leur tube digestif.
La vache possède dans son estomac des bactéries symbiotiques capables de digérer la
cellulose.
La plupart des légumineuses peuvent réaliser des symbioses avec des bactéries de
type Rhizobium qui les aident à fixer l’azote à leurs racines.

5.2. Le parasitisme
Le parasitisme est une relation biologique dont un des protagonistes tire profit aux dépens
d'un hôte.
Le parasitisme est une relation biologique entre deux être vivant et où un des protagonistes
(le parasite) tire profit (en se nourrissant, en s'abritant ou en se reproduisant) aux dépens de
l'autre. Le parasite est dépendant de son hôte (ou de ses hôtes), et il doit être capable de le
rencontrer ; si le parasite est trop agressif vis-à-vis de sa population hôte (par exemple s'il tue
rapidement et systématiquement son hôte), il fait disparaître ses propres ressources
alimentaires et de transport.
Avantages du parasitisme : L'hôte offre un habitat relativement stable, une nourriture et de
l'énergie (et un abri contre d'éventuels prédateurs dans le cas du parasitisme interne)
L'hôte contribue involontairement à la mobilité et la dispersion du parasite (par ses
déplacements, par sa digestion dans le cas d'un parasite interne). Il contribue aussi à la
dissémination des propagules (organes de reproduction : œufs, spores, etc) du parasite.

5.3. Le mutualisme
Le mutualisme est une interaction entre deux (ou plusieurs) espèces, dans laquelle les
organismes impliqués tirent tous profit de cette relation. On parle alors d'une interaction à
44

bénéfices réciproques. Toutefois, le mutualisme au sens strict n'est pas une relation obligatoire
entre les individus impliqués. Dans ce cas, on parle plutôt de symbiose qui est une forme de
mutualisme dans laquelle les espèces concernées, les symbiotes (ou symbiontes) et
leurs hôtes respectifs, vivent en contact direct les uns avec les autres. À l’inverse du
commensalisme, il y a adaptations chez les deux espèces associées, car la modification de
l’une peut influer sur la survie et la reproduction de l’autre. Au niveau évolutif, beaucoup de
relations mutualistes dérivent probablement d’interactions prédateur-proie ou hôte-parasite.
Tout organisme vivant sur terre est impliqué dans au moins une interaction mutualiste durant
sa vie.
Exemples d’association mutualiste :
Les mycorhizes sont le résultat de l'association entre des champignons et les racines des
plantes. Dans cette association, les hyphes d’un champignon colonisent les racines d’une
plante et l’aident à obtenir des sels minéraux présents dans le sol. En retour, le champignon
bénéficie de la photosynthèse de la plante sous forme de matière organique riche en énergie
(glucides) essentielle à sa survie.
La digestion de la cellulose par des microorganismes dans l’intestin des ruminants et
des Termites. Les termites inférieurs produisent peu de cellulases pour digérer la cellulose
alors qu'ils se nourrissent exclusivement de bois en général. L'assimilation du bois va donc
être possible grâce à des microorganismes présents dans la panse: bactéries, archébactéries et
protozoaires (exemple: Trychonympha agilis, protozoaire flagellé synthétisant des cellulases).
Les termites supérieurs quant à eux ont une nourriture plus variée et n'ont pas de protozoaire
par contre, ils sont souvent en association avec des champignons (Termitomyces) qui
fabriquent de la cellulase.
La fixation de l’azote par les bactéries dans les nodosités des légumineuses.
La pollinisation des angiospermes par des insectes ou d’autres animaux.
L'association entre le ratel (sorte de blaireau africain de la famille des mustélidés) et
l'Indicateur, oiseau qui, par un chant spécifique, le conduira à un nid d'abeilles: le ratel, de ses
puissantes griffes, ouvrira la ruche sauvage pour y manger le miel, laissant à l'oiseau la cire et
les larves. L'indicateur a même établi une relation semblable avec l'Homme puisque, à sa vue,
il procède de même pour le mener à une ruche.
Le lien entre certaines espèces d'acacia et des fourmis : l'arbre nourrit et loge les fourmis qui
le défendent contre les prédateurs et les plantes concurrentes.
45

5.4. Le commensalisme
Le commensalisme (du latin cum-, « avec » et mensa, « table », par exemple « compagnon de
table ») est un type d’interaction biologique naturelle et fréquente ou systématique entre
deux êtres vivants dans laquelle l'hôte fournit une partie de sa propre nourriture
au commensal :
Le commensalisme est une exploitation non-parasitaire d'une espèce vivante par une autre.
Quelques espèces (comme certaines bactéries de la flore intestinale) sont devenues des
espèces "commensales " de l'être humain qui les a involontairement introduites dans de
nombreux écosystèmes et régions où elles n'existaient pas.
Si l'hôte fournit une partie de sa propre nourriture au commensal, il n’obtient en revanche
aucune contrepartie évidente de ce dernier (la relation est à bénéfice non-réciproque). À la
différence du parasitisme le commensalisme est une association non-destructrice pour l’hôte ;
ce dernier peut tout à fait continuer à vivre et évoluer en présence du commensal et, le plus
souvent, « ignore » tout de la relation. Les survies des deux organismes sont indépendantes.
Exemples :
- La plante épiphyte qui vit accrochée aux branches d’un arbre
- La blatte, le moineau, le pigeon, le goéland argenté, la souris ou le rat et d'autres
animaux sauvages (ou revenus à la vie sauvage, tels les chats harets) vivant auprès des
humains sont des commensaux de ceux-ci, on parle alors plus précisément
de synanthropie.

5.5. La coopération
On parle de coopération lorsque des individus d’une même espèce (et rarement d’espèces
différentes) unissent leur force pour attaquer une proie (cas des carnivores) ou pour se
défendre (cas des herbivores face à un ou plusieurs carnivores). Une masse soudée est plus
difficile à vaincre qu’un individu isolé. Les loups en meute s’organisent pour poursuivre une
même proie en se relayant les uns après les autres. La tactique conduit à un épuisement de
l’animal poursuivi.
Le chimpanzé est omnivore, et il est occasionnellement carnivore. Il pratique
occasionnellement la chasse et l’on peut voir se manifester à la fois coopération et stratégie
d’encerclement et de diversion dans la chasse aux petits potamochères. Deux ou plusieurs
espèces peuvent coopérer sous forme de mutualisme ou de symbiose.
46

Neutralisme : en parasitologie, le neutralisme est une relation entre un parasite et un hôte


indépendants et qui n'ont aucune influence l'un envers l'autre

5.6. La compétition
Dans le domaine de la biologie, la relation de compétition est la rivalité entre les organismes
vivants pour l'accès aux ressources limitées du milieu. Elle fait partie de facteurs biotiques et
donc des relations entre les êtres-vivants. Elle peut être interspécifique (entre membres
d'espèces différentes) ou intraspécifique (entre membres de la même espèce).
La compétition en écologie et biologie, est la « rivalité » entre espèces vivantes pour l'accès
aux ressources du milieu. En réalité, cette « compétition » met souvent en jeu des associations
d'organismes, d'espèces ou des guildes entières, ainsi que des phénomènes complexes de
bioconstruction, de symbioses, mutualisme, etc., avec des espèces pionnières, des espèces
fondatrices capables d'augmenter la capacité d'accueil d'un milieu. Des systèmes de régulation
par auto-inhibition ou prédation (par exemple : relation prédateur-proie) de la compétition
rendent la coexistence de nombreuses espèces possibles1, même dans les milieux très pauvres
(oligotrophes) qui sont d'ailleurs souvent les plus riches en biodiversité
La compétition interspécifique est la concurrence entre des individus de population différente
qui exploitent les mêmes ressources à un moment donné dans un même écosystème.

5.7. La prédation
Un prédateur est un organisme vivant qui tue des proies pour s'en nourrir ou pour alimenter
sa progéniture. La prédation est courante dans la nature où les prédateurs jouent un rôle
prépondérant dans le maintien des équilibres écologiques.
La prédation est à distinguer de la nécrophagie, qui consiste à se nourrir d'un animal déjà
mort, ou du parasitisme, qui en général ne requiert pas la mort de l'animal consommé.
Les relations entre proie et prédateur déterminent le fonctionnement et l'organisation des
réseaux alimentaires dits « réseaux trophiques » (ou pyramides alimentaires), avec à leur
sommet des prédateurs dits « absolus » (ceux qui ne sont pas eux-mêmes la proie d'autres
prédateurs).
Les prédateurs influent sur la dynamique prédateurs/proies et donc sur les populations des
proies. Ils contribuent à maintenir l'équilibre biologique des écosystèmes et influent
indirectement sur le paysage et les habitats naturels. C'est pour protéger les arbres qu'on a
réintroduit en 1994 des loups d'Alberta dans le Parc national de Yellowstone afin qu'ils
régulent les populations de wapitis et autres grands herbivores qui étaient devenues assez
47

importantes pour mettre en péril la forêt (par consommation des jeunes plants, écorçage…
et surexploitation du milieu).
La plupart des prédateurs sont des animaux. Les plantes carnivores (et certains champignons
s'attaquant à des animaux vivants) sont l'exception.
Quand une espèce de prédateur est introduite hors de son milieu d'origine, si elle s'adapte à
son nouvel environnement, elle peut parfois devenir une espèce exotique envahissante10 ; Ce
fut le cas par exemple de la perche du Nil (prédateur généraliste) introduite dans certains lacs
africains où elle a entraîné la disparition de plusieurs espèces. Il en va de même pour le chat
domestique (prédateur généraliste) introduit dans certaines îles.
Dans le contexte utilitaire de la lutte intégrée, on distingue parfois une prédation de choc et de
fond ; ainsi Anthocoris sp. a un comportement de prédateur de choc sur les populations
larvaires de psylle du poirier (Psylla pyri) qu'il cible spécifiquement, alors que les mirides ou
les forficules11 jouent un rôle de prédateurs de fond en s'attaquant aussi à d'autres espèces.
L'effet de prédation « de choc » est recherché dans par la lutte biologique contre
les déprédateurs en favorisant le maintien et de développement in situ d'organismes
prédateurs, parasites et parasitoïdes de ces ennemis des cultures.

5.8.1. La prédation par l'homme

Depuis qu'il a maîtrisé l'agriculture et l'élevage, l'homme n'a que peu recours à la prédation
pour se nourrir - à l'exception notable du cadre de la pêche en mer et encore moins de la
chasse (la recherche de viande de brousse reste une activité importante dans certains pays (y
compris pour l'approvisionnement urbain, et il reste quelques populations autochtones vivant
essentiellement de la chasse et/ou de la pêche).
Il n'en reste pas moins capable, si nécessaire (ou s'il le souhaite, dans le cadre de la pêche ou
de la chasse sportives ou de loisir), de tuer n'importe quelle espèce animale et de consommer
sa chair. Inversement, aucune espèce animale, dans des conditions normales, ne s'attaque à
l'homme pour se nourrir. L'homme est donc parfois considéré comme le super prédateur
ultime.

5.8.2. La nécessité et les inconvénients de la prédation

La faune est étroitement associée à la végétation dont elle dépend directement ou


indirectement. Par exemple :
48

- Les vers de terres et les animaux fouisseurs contribuent au brassage et à l’aération du


sol.
- La fécondation de certaines fleurs s’effectue avec l’intervention d’oiseaux, d’insectes,
de chauves-souris, des escargots etc.
- Les graines de nombreuses plantes sont disséminées par les animaux soit directement
par la dispersion des graines, soit indirectement après le passage dans le tube digestif ;
- Les végétaux se livrent en permanence une compétition féroce pour l’accès à la
lumière ou pour puiser l’eau et les minéraux du sol.
Par contre, les insectes peuvent ravager des plantes dans certaines conditions. Le surpâturage
peut entraîner une surexploitation des ressources végétales. D’autre part, les animaux,
supérieurs en mangeant certaines plantes et en épargnant d’autres, qui se multiplient en toute
tranquillité, ils modifient la composition floristique et bouleversent les équilibres naturels.
Aussi, l’équilibre entre la faune et la flore dont elle vit est perpétuellement menacé. Les
forestiers estiment que dans les forêts tempérées, il ne faut pas plus de 2 couples de cerfs pour
100 ha.
Mais c’est l’homme, notamment par le biais des feux et des défrichements qui contribue le
plus à la destruction et à la modification des milieux naturels. Les feux répétés sont les plus
nuisibles quel que soit le milieu. Mais les forêts de type méditerranéennes sont les plus
sensibles.
Le feu est un agent de sélection très important. Seules les plantes pyrophiles résistent grâce à
leur port. Une épaisse écorce (et parfois de liège) protège ces espèces. Les arbres à l’écorce
mince ne survivent pas au passage des feux. Les plantes herbacées et certains arbustes sont
dévastés, mais la très grande majorité d’entre elles repoussent par les souches (racines, bulbes,
rhizomes). La construction des grands travaux en tête desquels les barrages hydro électrique
et de retenu d’eau impliquent les dévastations de grandes ampleur. Ailleurs dans les pays
développés et les pays émergents, de milliers d’hectares de forêts ont été convertis en champs
et plantation ou en pâturage.
L’homme construit aussi en implantant des espèces ici et là sous forme de cultures, de haie
vive ou de boisement.

6. Les moyens de dispersion des organismes


Les modes de dispersion peuvent être actives ou passives. Chez les animaux, elle est
essentiellement active sauf chez les bactéries, les virus, les champignons et autres
49

microorganismes dont les animaux supérieurs (le mammifères surtout) contribuent à leur
dispersion en leur servant de mode de transport. Les plantes pour l’essentiel empruntent la
voie passive : les fruits, les graines ou les propagules se laissent transporter, soit par le vent,
soit par l’eau, soit par les animaux. Le mode de transport passif concerne le transport par tous
les agents de dispersion biotiques et abiotiques. Le mode actif résulte du déplacement des
organismes qui choisissent eux-mêmes le lieu de la reproduction : les mammifères, les
oiseaux, les poissons etc

6.1. Le mode actif :


Il se produit chez les animaux et les plantes lorsque ceux-ci contribuent à disséminer ou à
implanter directement leurs semences, graines, œufs. La très grande majorité des animaux
empruntent ce moyen en.
Chez les plantes :
Autochorie : chez les plantes, ce mode est dit actif. Il concerne
- la dispersion des fruits et graines aux pieds des plantes par chute libre.
- les rejets à partir des souches : Lorsque certaines tiges d’arbustes et d’herbes ou des
troncs d’arbres sont abattus, certains repoussent spontanément à partir de la souche.
C’est le cas de l’Eucalyptus, du manioc, de Chromolaena odorata, des Ficus etc.
- les rejets à partir des racines : Certaines plantes émettent des pousses à partir du réseau
de racines traçantes. Cela permet la dissémination de proche en proche à l’exemple de
certains arbres comme l’okoumé. Les graminées, les zingibéracées et les marantacées
procèdent à la dispersion par leurs racines traçantes appelées rhizomes.

6.2. Le mode passif


Il se produit lorsque les graines, semences, diaspores, propagules, œufs, spores sont
transportés par des moyens de locomotion étrangers aux organismes concernés : le vent, l’eau,
les animaux, les insectes, les poissons, les hommes etc
Anémochorie: mode de transport des propagules (graines, spores) par le vent. Elle concerne
les fruits et graines légères (forme de poussière comme celle des orchidées), celles munies de
filaments de coton (fromager), celles munies d’ailes ou celles munies de crochets et formant
des parachutes.
Avantages : permet la dispersion sur de longues distances ;
50

Contraintes : Permet le transport et la dispersion des graines légères ou des graines capables
de flotter dans l’air ; permet la dispersion d’espèces indésirables y compris les adventices
(mauvaises herbes des champs)
Hydrochorie: mode de transport par l’eau
Avantages : permet la dispersion au loin ; les côtes et les cours d’eau servent de corridors
écologiques.
Contraintes : Permet le transport et la dispersion des graines, spores et microorganismes
capables de flotter. De plus, ces éléments ne doivent pas pourrir ou décéder au contact de
l’eau. Il permet une aussi une dispersion exclusive sur les côtes et les berges des cours d’eau.

Chromolaena Erables
odorata
Pissenlit

Ceiba pentandra
fromager)
Planche photos 1 : Les modes de dispersion des graines par le vent

Autochorie : mode de dispersion au pied de la plante


Avantages : permet la dispersion exclusive au pied de la plante ; si la plante est installée sur
une pente, les graines lourdes peuvent rouler pour s’installer loin du pied. Implique tous types
de plantes.
Contraintes : ne favorise pas la dispersion sur de longues distances
Zoochorie: modes de transport par les animaux : insectes (entomochorie), les oiseaux
(ornithochorie), les hommes (anthropochorie) les mammifères (mammalochorie).
Epizoochorie: transport sur les poils et pelages des animaux
Endozoochory: transport par les voies internes des organismes (déjections, muqueuses,
salives, larmes, sueur
51

Adventives: espèces introduites le plus souvent par inadvertance ou par accident dans de
nouvelles regions par l’homme.
Avantages : permet la dispersion au loin, parfois d’un continent à l’autre ;
Contraintes : permet souvent le transport involontaire des organismes végétaux et animaux,
d’où souvent les invasions biologiques

7. Les paysages végétaux du globe


7.1. La taïga ou forêt de conifère
Localisation : Elle forme les massifs les plus étendus : Canada et une bande continue de la
Scandinavie à l’Extrême Orient de la Russie. Dans les montagnes des régions tempérées, elle
forme souvent les étages forestiers supérieurs.
La flore : Les arbres les plus répandus dans la taïga eurasienne sont des conifères adaptés au
froid, comme les mélèzes, les épicéas, les pins (pin sylvestre, pin cembrot) et les mélèzes. Au
Canada la taïga est un peu plus diversifiée avec en plus le sapin baumier (Abies balsamea
dont les aiguilles durent 6 ans) et par 3 épicéas (Picea glauca, P mariana, P rubre) +. La
forme conique de l’ensemble des arbres fait glisser la neige ; leurs aiguilles couvertes d'un
enduit cireux les protègent du gel ; leur couleur vert foncé absorbe les faibles rayonnements
du soleil et favorise la photosynthèse. On trouve également des feuillus, notamment les
bouleaux, les saules, les peupliers et les sorbiers. Ce sont des essences de lumière qui
envahissent les clairières ou qui s’implantent en masses les écotones.
La faune : Comme oiseaux, le bec croisé, l'aigle doré et le busard. Relativement peu de
mammifères peuvent faire face aux durs hivers. Parmi ceux qui le peuvent, on trouve l'élan, le
lynx, le loup, le castor, le lièvre des neiges, le lemming, le campagnol des rochers, le caribou,
plusieurs espèces d'ursidés (dont l'ours brun) et plusieurs membres de la famille des
mustélidés tels que le glouton (aussi appelé carcajou), la belette pygmée et la martre des pins.
Physionomie: La forêt est constituée d’essences dont les jeunes exigent l’humidité et l’ombre
du sous-bois. Si la forêt est localement détruite, la reconstitution se fait par l’intermédiaire de
feuillus héliophiles très résistants au froid comme c’est le cas des arbres à feuille caduque
comme le tremble et surtout le bouleau. Les jeunes conifères se développeront plus tard à
l’ombre de ces espèces pionnières et les élimineront finalement (Photo 1).
Dans les secteurs de la taïga où le drainage est déficient comme les bas-fonds plats, des
tourbières se mettent en place : elles sont constituées essentiellement de mousses et sphaignes.
- homogénéité floristique (nombre de genres et d’espèces très faible)
52

- Troncs serrés, droits et hauts en général de 25 à 35 m


- Sauf le Mélèze, les conifères gardent leurs aiguilles en hiver
- Sous-bois pauvre car très peu de lumière pénètre du fait des feuilles persistantes qui
projettent permanence de l’ombrage au sol.
- Les étendues de conifères sont entrecoupées pas de vastes tourbières à sphaignes pouvant
atteindre 10 d’épaisseur qui occupent les surfaces mal drainées. Elles sont essentiellement
dues aux accumulations organiques.
- La transition vers l’Arctique s’opère par une zone boisée appelée toundra boisée ou forêt
toundra. La forêt s’avance vers le nord dans les vallées tandis que la toundra occupe les
interfluves voisins. La forêt se présente comme des galeries accompagnant les berges des
cours d’eau et est colonisée surtout par des conifères de petites tailles (7 à 10 m) qui
supportent des sols plus ou moins engorgés (Picea marina).

Photo 1: La taïga ou forêt de


conifère (Photo J. Bonvallot)

Ecologie : Il faut au moins 100 jours sans gel pour que les arbres assurent leur croissance et
un ou deux mois au cours desquels la moyenne des T°C dépasse 10°. L’année se partage en
deux saisons tranchées : un hiver long et rigoureux dont le mois le plus froid a une moyenne
variant entre – 6 et – 50°, et un été bref (un à 3 mois à température variant entre + 10° et +
15°), le mois le plus chaud atteignant 16 à 17°. La période sans gelé ne dépasse pas 120 jours.
En tout 300 à 600 mm de précipitation/an, mais une très faible évaporation compense cette
faiblesse. Même en été, l’humidité du sol reste entre 60 et 80%.
Sol : le podzol : Litière mal décomposée et humus acide. L’horizon A0 est une litière épaisse
qui se décompose difficilement à cause du froid permanent qui limite fortement l’action des
bactéries. Seuls quelques champignons s’y activent. L’horizon A1 est 1 humus très acide de
53

type mor. L’horizon A2 assez mince, est lessivé (éluvial), qui se présente sous l’aspect d’une
poudre gris clair et très acide (3,4 à 4).
L’horizon B1 noirâtre où se rencontrent des MO venus de A. L’horizon B2 est d’une couleur
rouge due à l’accumulation des oxydes de fer.
Les plantes exploitent surtout A0 et A1 qui leur fournissent les minéraux mais qui sont aussi
rapidement dégelés au printemps. Tandis que le pin sylvestres peut enfoncer très
profondément ses racines, l’épicéa étend les siennes latéralement jusqu’à + de 10 m de leur
tronc.

7.2. Les forêts semi caducifoliées ou mixtes de régions tempérées


Localisation : Europe de l’Ouest et Centrale, Russie du Centre et lambeaux en survie en Chine
du Centre, est des USA et du Canada.
Climat : près des côtes, il est assez arrosé, soit en moyenne 1000 de pluies/an. Dans le
contient, cette moyenne peut varier entre 700 et 1000 mm.
Elle est la forêt caractéristique de la zone tempérée proprement dite et couvrait autrefois la
plus grande partie de l’Europe. Mais malheureusement ces espaces étaient en même temps
propices à l’agriculture. En Europe en particulier, les nuances climatiques sont nombrables.
Progressivement on passe du climat océanique humide à l’Ouest à un climat continental plus
contrasté et sec à l’Est. Cette transformation vers la continentalisation se combine avec une
diminution des températures vers le Nord. D’autre part, les massifs montagneux multiplient
les contrastes locaux, donc les oppositions des types de végétation. De plus, la complexité de
la végétation naturelle est également due à la présence de flores de diverses origines. La
végétation actuelle est aussi le résultat d’une reconquête postglaciaire et les espèces qui la
constituent viennent de 3 régions différentes : 1) les plantes atlantiques jadis refugiées sur la
péninsule ibérique (bruyères, ajoncs, genêts, chêne Tauzin) ; 2) les plantes méditerranéennes
(érable, chêne vert) et 3) les plantes continentales qui ont progressé à partir des Balkans
(sapins, épicéa, mélèze) (Figures 19 et 20 ; Photos 2 et 3).
54

Figure 19
Dessin J. Youta Happi

Figure 20
Dessin J. Youta Happi

Physionomie : La formation est plus diversifiée que la précédente : pendant l’hiver, les arbres
restent en dormance en perdant leurs feuilles. Ils n’assimilent plus. L’endurcissement des
bourgeons et des tissus leur permet de supporter les gelées. La montée de la sève reprend
lorsque les températures deviennent > 5°. La floraison est précoce dans l’ensemble. Mais si l
période de chaleur relative est trop courte, les feuillus sont remplacés par les conifères dont
une T de 0° suffit à réveiller le bourgeonnement. L’ensemble des arbres perdent leurs feuille
en automne et seules quelques espèces de sous-bois sont à feuilles persistantes.
Climat : L’été est moyennement chaud (15 à 22° en moyenne) et l’hiver court et modéré (T°
de janv entre – 5° et + 5°) et la neige, en dehors des montagnes forme rarement des manteaux
consistants. Pendant les heures les plus chaudes des jours d’été, les arbres ferment les
55

stomates de leurs feuilles. En fonction de la moyenne mensuelle des T° et de la quantité des


précipitations (500 à 1000 mm/an), les espèces d’arbres dominantes sont différentes. Le chêne
pubescent demande plus de chaleur que le chêne sessile alors que le hêtre redoute les coups de
chaleur estivaux.
Flore : Souvent une seule espèce domine (chêne, hêtre) à côté des 2 ou 4 autres qui jouent un
rôle complémentaire quel que soit la région (érable, charme, tilleul, orme, frêne, bouleau,
aulne, tremble). La densité du sous-bois est variable selon les sites et dépend du degré
d’ouverture de la voute formée par les arbres (20 à 30 m de hauteur). Le hêtre constitue les
forêts les plus imposantes dans ce domaine. Elle a par ailleurs été privilégiée du fait de
densité en bois et de sa croissance rapide par rapport à d’autres espèces comme le chêne qui
beaucoup plus lent. Le chêne est par contre plus tolérant par rapport à la qualité du sol et se
contente même des sols acides pauvres. Il est par contre plus exigeant en lumière et a même
des tendances exomorphes au besoin pour supporter chaleur et sécheresse comme le chêne
sessile. Il est tout comme le hêtre sensible aux gelées tardives.
En dehors des jeunes arbres, on peut citer des espèces typiques suivantes : noisetier, sureau,
cornouiller qui sont à feuilles caduques et le houx, le lierre et le bis qui sont à feuilles
persistantes. L’ensemble des arbustes et jeunes arbres peuvent former une véritable strate
lorsque la strate principale est médiocre. Epiphytes et lianes sont rares, de même que les
mousses et les lichens, mais le sol est souvent tapissé dès le printemps par un tapis herbacé
vivace. Celles-ci comme la primevère ou l’anémone sont en effet les premières à profiter du
réchauffement qui affecte la partie superficielle du sol. Elles peuvent donc profiter de
maximum de lumière avant la floraison des arbres.
Aujourd’hui, les conifères occupent une place importante et on les trouve soit dans des
boisements monospécifiques, soit mélangés aux feuillus. Les plus étendus sont le pin
sylvestre (essence tolérante de lumière de 35 m d’envergure) et l’épicéa originaire de la
Russie (essence plus exigeante de 40 à 50 m)
Sols bruns forestiers : ils sont équilibrés avec un humus doux de type mull ou légèrement
acide de type moder. Les feuilles se décomposent plus vite que les aiguilles des conifères : un
an ou – pour le frêne, 2 pour le chêne et le hêtre et 5 pour une aiguille.
A0 litière de feuilles mortes peu épaisse puisque la minéralisation est très rapide
A1 mince et de couleur brun noir
A2 structure grumeleuse, couleur brun, pH de 5 à 7
B souvent difficile à distinguer car coloré en brun par les oxydes de fer
56

Toutefois, toutes ces forêts ne poussent pas sur des sols bruns. Le hêtre peut s’établir sur des
rendzines si le climat est favorable et même sur des podzols à condition que l’horizon lessivé
ne soit pas trop épais.

Photo 2 : La forêt tempérée caducifoliée Photo 3 : La forêt tempérée mixte dans les
(photo J. Youta Happi) Vosges (France) (photo J. Youta Happi)

7.3. La forêt du domaine pacifique de la côte Ouest des Etats Unis


Climat océanique influencé par la latitude et le relief qui le limite à l’Est : doux et très arrosé
(1500 à 3000 mm de pluies/an). Au SO l’apparition d’une saison sèche en été donne au climat
californien des caractéristiques méditerranéennes.
Flore : forêt de conifères géants (50 à 90 m) aux troncs énormes (2 à 6 m) implantés de façon
très serrée (ce qui limite fortement la densité du sous-bois). On trouve ici des érables qui
représentent moins de 1/1000 du volume en bois. Au nord e la région côtière marqué par le
froid dominent une espèce d’épicéa (Picea sitchensis) et le sapin Douglas

7.4. Les forêts des climats méditerranéens


Climat : été chaud, lumineux et sec ; hiver doux et pluvieux (l’assimilation chlorophyllienne
continue au ralenti et les coups de froid ne sont pas rares.
Localisation : Méditerranée, Californie (chaparral) , Australie
Contraintes du milieu : précipitations irrégulières, très importants risques d’incendies. Les
arbres sont adaptés à survivre aux incendies en rejetant des souches : chênes et plusieurs
conifères. En Californie, les cônes de Cupressus macrocarpa ne peuvent s’ouvrir qu’après
avoir été léchés par le feu.
57

Flore : Chênes (chêne vert ou chêne yeuse, chêne liège beaucoup plus localisé) et oliviers qui
ont des feuilles persistantes (Photo 4). Ces deux espèces sont taxés de sclérophylles (provient
du vocabulaire grec où il signifie à feuilles résistantes). Les feuilles présentent des
adaptations xérophiles : petites, coriaces, cireuses, ce qui limite leur transpiration. De + elles
peuvent perdre une partie importante de leur eau sans se flétrir. Les arbres ont un système de
racines très développé, une écorce épaisse qui devient parfois une véritable couche de liège.
Sur le pourtour de la Méditerranée, des pins s’associent souvent aux feuillus mais ils doivent
souvent leur extension à l’homme. Le pin parasol (Pinus pinea), plus sensible au froid que le
chêne liège, est aussi caractéristique du monde méditerranéen que l’olivier pour le tourisme.
Croissance très lente des arbres généralement de petites tailles (au plus 20 m), mais longue
durée de vie. Les arbres sont très espacés ce qui favorise le développement de nombreux
arbustes, eux aussi xérophiles et sempervirents pour les ¾ : lentisque, chêne kermès,
genévrier, romarin ; forte présence de buissons. Bruyères, lavande et cistes sont présentes.
Dans le nouveau monde des plantes succulentes sont aussi fortement représentées. Les
conifères qui occupent une place importantes sont les suivants : pin d’Alep, pin maritime,
cèdre, pin larico.
Sols bruns forestiers très légèrement lessivé. Humus peu abondant et rapidement minéralisé.

Photo 4 : La forêt méditerranéenne (Photo J. Bonvallot)

7.5. Les forêts subtropicales des régions tempérées (SE USA, sud Chine)
Par rapport à la forêt méditerranéenne, celle de la Chine du Sud connaît une plus grande
biodiversité : environ 60 espèces d’arbres. Les conifères font leur apparition dans les secteurs
58

influencés par l’homme, mais les feuillus (chênes, érables, tilleuls, charmes, magnolias,
tulipiers, camphrier etc) dominent largement dans les secteurs peu modifiés. Les espèces à
feuilles caduques perdent leur verdure seulement à la fin de l’hiver. Mais la majorité des
arbres sont sempervirents. Les feuilles, bien que couvertes d’une pellicule de cire, sont assez
larges comme celles du laurier, ce qui lui confère le nom de forêt subtropicale. Le sous-bois
est dense et comporte surtout les jeunes individus des arbres dominants, des arbustes typiques
et des buissons. On y trouve aussi en abondance des plantes herbacées grimpantes, des lianes
et des épiphytes. Le sol est généralement recouvert d’un tapis d’herbes basses.
Climat : Hiver peu rigoureux soit 3 à 10° en moyenne malgré la survenue occasionnelle de la
gelée, ce qui permet une longue saison végétative.
Eté chaud (22 – 25°) et humide
P = 1000 à 2000 mm/an (cette abondance de pluies d’été constitue la différence essentielle
avec le climat méditerranéen.
Sols : bruns forestiers en association ou reposant sur es limons rouges
Paléoclimat : ces régions sont situées dans des zones qui ont épargnées par les glaciations
quaternaires et ont plutôt servi de refuges ou sanctuaires pour les plantes refoulées par le froid
et de base de recolonisation pour celles-ci.

7.6. Les prairies des cœurs des continents de l’hémisphère Nord :


Elles occupent tous les territoires où la forêt ne peut prospérer pour des raisons climatiques ou
pédologiques. Il s’agit plus amplement des régions marquées par le climat continental
(prairies et steppes de Sibérie, + Asie Centrale, Centre et Sud des USA, Nord RSA) et des
secteurs ou des sols contraignants se sont mis en place (landes, tourbières etc). Les Russes se
servent du terme steppe pour désigner toute région sans arbres y compris les étendues semi-
aride des confins es déserts (Photo 5).
Localisation : Sibérie occidentale, Centre USA et Canada, Pampa argentine, veld RSA.
Flore et physionomie : Ce sont de vastes étendues herbacées dépourvues d’arbres sauf le
long des cours d’eau. La prairie est formée à 95% de graminées. On y trouve ici et là quelques
combrétacées et de légumineuses appelées forbs aux USA. Elles peuvent enfoncer leur racines
plus loin que les graminées ie ) 3 ou 4 m dans le sol au lieu de 1 ou 2.
59

Photo 5 : La prairie tempérée


(Photo J. Bonvallot)

Ecologie : le climat est très contrasté et on enregistre une très forte amplitude annuelle et
diurne. Le rayonnement nocturne est intense, les températures sont négatives (-2 à -20°
souvent). En hiver, le sol est gelé sur ++ cm. En moyenne, ces régions reçoivent entre 300 et
un peu plus de 500 mm de précipitations par an.
La période végétative est courte et la physionomie varie radicalement suivant les saisons. En
hiver, l’appareil aérien des herbes est desséché, mais les souches (rhizomes) résistent
parfaitement. Dès le 1er réchauffement de printemps, après la fonte des neiges et 1 courte
période de saturation en eau, les plantes se développent et fleurissent très rapidement.
La vigueur de la végétation herbacée est naturellement en rapport avec l’abondance des
précipitations. Si P mm > 500, la hauteur des herbes peut dépasser 2 m. Entre 300 et 400 mm,
elles sont + courtes (0,5 cm ou moins) et les graminées dominent alors complètement le
couvert. C’est alors que le tapis herbacé devient discontinu. On passe de la prairie à la steppe
proprement dite.
Sol : le sol typique est le chernozem ou littéralement « terre noir » très étendu en Ukraine sous
350-400mm de P. C’est 1 sol équilibré (pas de lessivage, ni remontée de matières en surface).
Il est riche en matières organiques humifiées grâce à l’abondance des débris végétaux
fournis. pH = 7-7,5. Il est généralement profond, bien aéré grâce au réseau dense des racines
et à l’action des très nombreux animaux (fouisseurs et vers de terre).
A0 mince, quelques cm du fait de la rapidité de la décomposition des MO
A1 très épais (50 60 cm et +) à structure grumeleuse et noir.
Absence de l’horizon B
60

7.7. Landes et les pelouses océaniques et continentales :


Sur les côtes, les landes occupent généralement les sols acides tandis que les pelouses se
retrouvent sur du calcaire ou de la craie.
Les landes sont constituées de petits buissons sempervirents dominés par la bruyère et divers
éricacées ou légumineuses comme l’ajonc et le genêt. Entre les ligneux, les peuplements
dominés par les mousses et les lichens s’intercalent. Les plantes ligneuses de petites tailles
qu’on retrouve ici sont adaptées aux conditions du climat océanique humide souvent peu
ensoleillé et très éventé. Le faciès xéromorphe s’explique par la nécessité de limiter la
transpiration qui serait exacerbée par le vent. La bruyère ferme les stomates dès que le vent
souffle avec vigueur. A cela s’ajoute aussi un sol acide auquel il faut s’adapter.
Sols : podzol appauvris et très lessivés/ la litière (A0) se décompose lentement car la faible
insolation ralentit la minéralisation. L’horizon A1 est mince, pH < 5 parfois = 4. A2 + épais
que dans la taïga.
Il existe des formations herbacées semblables sur des plateaux crayeux du bassin de Londres
et du bassin de Paris. Elles sont constituées de petites graminées ou de légumineuses
calcicoles et héliophiles. Les herbes sont basses, souvent discontinus. Le sol est un rendzine à
horizon A0 absent pour cause de l’érosion permanente. L’A1 est 1 mélange de particules de
calcaire et d’humus. pH = 8. Cet horizon repose directement sur la roche mère (B est
absent)/

7.8. Le maquis, une formation ouverte méditerranéenne.


C’est une formation buissonnante dense et fermée constituée d’arbustes de 3 à 4 m de hauteur
(chênes nains, arbousier, lentisque, genévrier, bruyère). Elle affectionne les terrains siliceux
où elle a remplacé les forêts de chêne vert ou de chêne liège.
Le chaparral présente la même physionomie en Californie, mais avec une flore différente.
La garrigue en Méditerranée présente aussi la même physionomie, mais affectionne plutôt les
terrains calcaires. Les espèces dominantes sont notamment le chêne kermès, des touffes de
thym, le romarin, la lavande. Elle est installée sur des sols squelettiques qui s’appauvrissent
sous l’effet de l’érosion. Elle supporte des T très élevées et 1 sécheresse estivale prolongée.
Les plantes luttent contre la sécheresse d’été en sécrétant une huile volatile sur les feuilles
pour limiter la transpiration.
La forêt est constituée d’essences dont les jeunes exigent l’humidité et l’ombre du sous-bois.
Si la la forêt est localement détruite, la reconstitution se fait par l’intermédiaire de feuillus
61

héliophiles très résistants au froid comme c’est le cas des arbres à feuille caduque comme le
tremble et surtout le bouleau. Les jeunes conifères se développeront plus tard à l’ombre de ces
espèces pionnières et les élimineront finalement.
Dans les secteurs de la taïga où le drainage est déficient comme les bas-fonds plats, des
tourbières se mettent en place : elles sont constituées essentiellement de mousses et sphaignes.
Les feux de forêts méditerranéennes
Conditions favorables à la propagation des feux dans les forêts et autres formations végétales
de types méditerranéens
- Sous-bois dense : couvert herbacé dense qui, une fois sec, permet d’alimenter le feu
sur une grande distance
- Sécheresse : il faut que le climat soit suffisamment sec pour permettre l’assèchement
des plantes (herbes en général) qui constituent le principal carburant des incendies :
- Chaleur : la forte température limite l’humidité du couvert végétal et de l’air ambiant
et facilite la propagation du feu
- Vents violents : ils attisent le feu et les entretiennent en même temps, ce qui peut
permettre une grande extension des incendies
- Présence de résineux (conifères qui sécrètent une sève huileuse très inflammable).
Certains conifères fabriquent de la résine assez inflammable qui accentue
l’alimentation des incendies et permet ainsi aux veux de se propager aux cimes des
arbres.
Les forêts fréquemment brûlées voient l’élimination de toutes les espèces sensibles aux feux
comme par exemple les ligneux qui ont une écorce mince : en Amérique du Nord, Quercus
boreals, Thuya, Pinus strobus, P. contorta qui sont endommagées même par des feux de
surface. Au contraire, Quercus macrocarpa, Larix occdentalis, Pinus ponderosa résistent
mieux grâce à leur écorce épaisse, et aussi l’absence de branches basses. D’autres espèces
sont tellement adaptées aux feux que leurs cônes ne peuvent se détacher que si la montée de la
sève est interrompue par le passage du feu. L’arbre doit être tué pour que les graines se
détachent ou s’ouvrent comme c’est le cas de Picea mariana. Il faut cependant que les
incendies ne soient pas trop fréquents sinon les jeunes plants et plantules ne survivraient pas.
Bien entendu, ces jeunes individus gardent des réserves dans les souches au cas où.
62

7.9. La toundra
Localisation : nord du Canada, de la Scandinavie (Norvège, Suède, Finlande), de la Finlande
et de la Russie.
Trait commun : absence d’arbres
Flore : mousses, lichens, graminées, laiches et joncs, quelques ligneuses chétives (quelques
dizaines de cm comme la myrtille et la camarine) et de petits arbustes de moins de 2 m de
hauteur comme la saule et le bouleau nain à feuilles caduques.
Climat : présente une opposition entre le climat continental hyper froid et aux précipitations
insignifiantes et le climat océanique aux hivers un peu moins froids mais aux été moins chaud
et aux précipitations légèrement (qui tombent essentiellement sous forme de neige) plus
importantes. Dans l’ensemble, la moyenne de l’été (moins de 2 mois) oscille entre 0 et 10° au
maximum. Le reste de l’année la T° oscille entre – 15 et – 50°.
Physionomie : elle présente 1 mosaïque qui par endroits peut montrer l’aspect d’1 lande à
éricacées, d’1 fourré dense à salix, de buisson à feuilles caduques, des prairies touffues de
graminées sur certaines régions côtières, d’1 pelouse monotone à mousses et lichens (qui
présentent la plus forte résistance vis-à-vis des conditions les plus extrêmes de température et
peut supporter – 75 sans problème). Ces espaces occupés par les mousses et les lichens
constituent les plus vastes espaces de la toundra. On observe aussi ça et là des tourbières et
des plaques de roche nue (Photo 6).

Photo 6 : La toundra
(Photo J. Bonvallot)

Ecologie : l’absence de l’arbre s’explique par les hivers longs (ce qui a fait dire à P. George
que la toundra est une région morte les ¾ de l’année. L’été est court (moins de 3 mois) et
63

frais : la moyenne du mois le + chaud n’atteint pas 10° et la couche de sol qui dégèle durant
l’été dépasse rarement 10 cm. Les plantes doivent accomplir leur cycle complet entre 65 à 107
jours seulement selon les espèces.
Adaptations et contraintes : durant le court été, la végétation profite de la très grande durée
d’ensoleillement. Dans le cercle polaire, il existe des jours continus. Mais partout, les rayons
solaires restent très obliques. Le sol est discontinu et squelettique, car la litière n’arrive pas à s
décomposer à cause des basses températures et même en été, le permafrost règne à faible
profondeur. Seul avantage, même si les précipitations tombent sous forme de neige,
l’humidité ne manque jamais pendant la courte période végétative. Mais le vent permanent
constitue une grave menace car il active l’évaporation. Les buissons cherchent à s’en protéger
en prenant la forme d’une boule ou d’un coussinet. Au total, une très courte période
végétative qui dure moins de 2 mois.
Dans l’ensemble, la toundra s’appauvrit au fur et à mesure que l’on s’approche de l’océan
glacial arctique. Au Sud au contact de la taïga, s’étend 1 transition « boisée » car des arbres
rabougris arrivent à se développer. Au Nord les ligneux se localisent dans les dépressions
abritées et la biodiversité se réduit dans ce sens.
La faune est peu diversifiée mais très bien adaptée aux conditions de vie. Elle porte le plus
souvent une fourrure ou un plumage épais et blanc (pour le camouflage en hiver) ainsi qu'une
épaisse couche de graisse sous la peau pour se protéger du froid et du vent. Parmi les oiseaux
sédentaires on a la chouette harfang et le tétras. Des hardes de grands ruminants exploitent
aussi la toundra et migrent en fonction des ressources alimentaires. Le caribou et le bœuf
musqué en Amérique du Nord, le renne en Eurasie. Les carnivores et les herbivores sont
représentés par les ours blancs, les loups ou les renards polaires. Une partie de leur
alimentation est constituée par des petits rongeurs appelés lemmings.
Le court été boréal est aussi l'occasion du développement d'insectes comme les moustiques
dont se nourrissent les grandes colonies d’oiseaux migrateurs qui se réunissent ici en période
de reproduction.
Sol squelettique caractérisé par le permafrost. Autrement dit, durant le court été, le sol ne
dégèle que sur quelques cm. La minceur du sol est aussi associée à la paralysie de la
décomposition chimique de la roche saine, elle-même imputable aux basses températures et
parfois à la médiocrité des précipitations. L
64

La végétation est plus fournie sur les roches meubles comme les moraines et les terrasses
marines et fluviales. Sur les limons désagrégés par le gel, le vent a une prise suffisante pour
disputer aux plantes le sol utilisable.
La toundra alpine : Au-dessus de la forêt à 1 altitude très variable selon sur les montagnes
des régions tempérées s’étendent des peuplements herbacés originaux. La disparition de la
forêt résulte de la durée excessive de la saison froide, d’un sol trop longtemps gelé et couvert
de neige, des variations brutales de températures diurnes au sol pendant l’été, ainsi que de la
violence des vents, qui provoquent 1 déshydratation intense alors que le sol gelé ne peut
fournir l’eau nécessaire aux végétaux exigeants.

7.10. La forêt dense humide tropicale


À lui seul, cet écosystème contient 70 % des espèces végétales connues au monde (Photo 7).
Climat : elle est caractérisée par le climat équatorial et le climat tropicale humide: chaleur et
humidité constantes : T°C +/- = 25 ° ; amplitude thermique annuelle de 2 à 3° ; amplitude
thermique diurne = 6 à 6° ;
Elle se subdivise en 2 types principaux : la forêt dense sempervirente et la forêt dense semi
décidue. Les traits communs à ces deux peuplements tiennent la riche biodiversité (150 à 200
espèces différentes de plantes/ha) et au caractère dense et fermé de leur peuplement. Le sous-
bois est très pauvre du fait la très faible pénétration de la lumière (environ 1 à 5% de celle-ci
parvient jusqu’au sol). Il y a donc un très faible développement du couvert herbacé. L’autre
caractéristique tient à la forte présence des épiphytes et des lianes plus ou moins enchevêtrés.
Les deux peuplements ont une valeur économique comparable. Bien entendu, elles ne sont
pas dominées par les mêmes espèces, mais le volume en bois par unité de surface est
comparable.
65

Photo 7 : La forêt dense humide


semi-décidue au centre Cameroun
(Photo J. Youta Happi)

Physionomie : Du fait de la très forte concurrence pour la lumière, les arbres ont
généralement un tronc droit et lisse. L’écorce est mince. Les grands arbres (environ 3 à 40 m
de haut) forment une voûte presque continue appelée canopée. Certains la qualifient de toit de
la forêt (Figure 21).
Les arbres ont un faible enracinement surtout s’agissant des plus grands et plus de 80 à 90%
de la masse est concentrée sur les 25 premiers cm. C’est une disposition adaptée à la
recherche des minéraux assimilables qui se concentrent essentiellement en surface. La forêt
tropicale vit sur ses propres déchets. De plus, comme il pleut suffisamment toute l’année
durant ou presque, les plantes n’ont pas besoin d’enfoncer profondément leurs racines pour la
recherche de l’eau.
66

Dessin J. Youta Happi

Figure 21 : Coupe de la forêt dense

Les sols ferrallitiques qui les caractérisent sont très épais (en moyenne plus de 10 m) et
l’altération des roches atteint facilement 50 m. Cette altération chimique est en relation avec
l’omniprésence du couple chaleur et humidité. Mais ces sols ont une médiocre valeur
nutritive, car ils sont soumis à un lessivage intense et à un prélèvement rapide des nutriments
produits par la forêt elle-même.
A0 est très peu épais car la décomposition de la litière est très rapide sous la chaleur humide.
La diversité et le grand nombre de la faune tellurique participe également à cette rapide
minéralisation de la matière organique.
A1 est mince (20-30 cm) ; pH = 5)
A2 est épais (1,5 à 2 m) mais est complètement lessivé.
B de plusieurs m d’épaisseur est riche en argile et est caractérisé par une forte concentration
en fer et en alumine.
Au total, ces sols sont pauvres, voire très pauvres en sels minéraux (en particulier en calcium
et en potassium). La végétation ne trouve des éléments nutritifs qu’en surface. Les arbres
étalent largement leurs racines latérales et plus des ¾ des racines se retrouvent dans les 25
premiers cm/ la forêt vit de ses propres déchets. Grâce au pullulement des bactéries, favorisé
67

par la chaleur et l’humidité, la minéralisation des débris végétaux est 5 à 10 fois plus rapide
que dans les forêts de la zone tempérée.

7.10.1. La forêt dense tropicale toujours verte

Forêt qui ne connaît pas de saison apparente. Les variations thermiques annuelles (2 à 3°) ou
diurnes (5 à 6°) n’ont pas d’incidences physiologiques. Sans saison sèche véritable, le sol ne
cesse jamais de fournir de l’eau aux plantes. Nécessite en moyenne plus de 1500 mm de
pluies par an et une saison sèche absente ou tout au moins inférieure à 2 mois. Les arbres ne
connaissent pas une période précise de la perte de leurs feuilles. Chacun perd ses feuilles
individuellement. En général, les feuilles ont une durée de plus d’un an (environ 14 mois).

7.10.2. La forêt dense semi décidue

Nécessite une moyenne annuelle des pluies de 1400 à 1800 mm réparties sur 9 à 10 mois. Une
proportion d’environ 10% des arbres (principalement les émergents de près de 60 m de haut)
perdent entièrement leurs feuilles au cours de la saison sèche. Cela est du au fait que ces
arbres sont les plus exposés au soleil et aux vents mais aussi parce que la saison sèche est bien
marqué alors qu’elle est presque absente de la forêt sempervirente. En revanche, les autres
arbres et arbustes gardent leurs feuilles toute l’année durant.

7.11. La forêt dense sèche :


Lorsqu’on passe de 4 à 5 mois de mois consécutivement secs, mais que le total des pluies
demeure important (1200 à 1400 mm/an), le peuplement est encore fermé. Les arbres sont
moins élancés. La plupart des arbres de la canopée ont des feuilles caduques et une partie du
sous-bois est lui-même caducifolié. La lumière qui parvient au sol est suffisamment
importante pour autoriser le développement de touffes éparses de graminées.

7.12. La forêt claire


Le peuplement arborescent est ouvert : les couronnes des arbres ne sont plus jointives. Ces
arbres qui appartiennent à un nombre réduit d’espèces, sont pour la plupart à feuilles
caduques et restent dépouillés pendant ++ mois. Ils ne sont pas très élevés (10 à 15 m) et ont
souvent un port tortueux. Ils ont souvent des racines pivotantes qui pénètrent profondément
dans le sol à la recherche de l’eau. Entre les arbres, il existe parfois une strate de buissons,
68

mais on asse généralement à une strate herbacée dense, car la lumière parvient aisément au
sol. Cette forêt constitue naturellement la transition avec la savane (Figures 20 et 21).

7.13. Les types de forêts liées à des sols particuliers

7.13.1. La forêt marécageuse et la qualité du drainage.

Si le sol est gorgé d’eau et inondé pendant les crues, on passe à un type particulier, la forêt
marécageuse. Mais l’aspect dépend surtout de la durée de submersion. Lorsque celle-ci est
courte (moins d’un mois) la physionomie de la forêt ne varie pas sensiblement. Toutefois, les
arbres dépassant 30 m sont pour certains munis à la base de leur tronc d’échasses ou d’arcs
boutants. Ils sont de la sorte mieux ancrés dans le sol trop mou et la respiration de leurs
racines en est facilitée. Quand la submersion dure plus d’un mois, le nombre d’espèces
diminue drastiquement car peu de plantes sont capables de supporter pendant des semaines
une aération insuffisante des racines. Les grands arbres disparaissent pour la plupart et les
palmiers se multiplient, en particulier le Raphia dont les racines respirent aisément dans l’eau
car elles sont reliées aux feuilles par des tubes. Si la submersion est permanente, les arbres
disparaissent complètement dans la majorité des cas et laissent la place aux plantes
aquatiques. C’est le cas de nombreuses vallées inondées par des cours d’eau sans pente (ou à
très faible pente) qui alimentent un lacis de défluents.
Il s’y ajoute en bordure de mer, dans les estuaires, une forêt marécageuse particulière, la
mangrove.

7.13.2. La mangrove

La mangrove se développe sur le littoral dans des zones calmes et peu profondes. Elle occupe
les trois-quarts des côtes et deltas des régions tropicales assurant une excellente protection
contre l'érosion et même les tsunamis (Photo 8).
Contraintes : les arbres de la mangrove (les palétuviers) doivent lutter à la fois contre
l’asphyxie et la salure. Ils ont des racines échasses qui se présentent sous trois formes :
- Des racines adventices en arcs boutants
- Des racines émergentes (aériennes) en anticlinal
- Des pneumatophores, tiges verticales qui pointent à travers la vase ; elles sont fixées
sur des racines horizontales qui servent également à ancrer l’arbre dans la vase
mouvante/ ces pneumatophores sont des tubes protégées par du liège, avec de petits
69

trous qui s’ouvrent à marée basse pour permettre la respiration et se ferment à marée
haute sous la pression de l’eau.
Pour éviter une ingestion excessive de sel, les cellules des racines arrivent à filtrer l’eau et la
transpiration sous le climat chaud est légèrement réduite par des caractères xéromorphes des
feuilles qui se recouvrent de vernis. Certaines évacuent l’excès de sel par leurs feuilles
(Avicennia).

Photo 8 : La mangrove
Source : www.ledictionnaire.com

Évolution des jeunes plantules : Dans cet environnement contraignant, les palétuviers ont
évolué pour proposer un mécanisme d'aide aux jeunes plantules. Tous les palétuviers ont des
graines flottantes qui favorisent la dispersion par l'eau. À la différence de la plupart des
plantes, dont les graines germent dans le sol, beaucoup de palétuviers (par exemple palétuvier
rouge) sont vivipares c'est-à-dire que leurs graines germent sur l'arbre parent avant de tomber.
Une fois que la graine a germé, la plantule se développe dans le fruit (par exemple Aegialitis,
Acanthus, Avicennia et Aegiceras), ou vers l'extérieur en se servant du fruit comme support
(par exemple Rhizophora, Ceriops, Bruguiera et Nypa). On nomme ce dernier système un
propagule (une plante prête à aller), qui peut produire sa propre nourriture par l'intermédiaire
de la photosynthèse. Quand le propagule est mûr, il chute dans l'eau où il peut être transporté
sur grandes distances. Il peut survivre à la dessiccation et rester dormant durant des semaines,
des mois, ou même une année jusqu'à ce qu'il arrive dans un environnement approprié. Une
fois qu'un propagule est prêt à s'enraciner, il changera sa densité de sorte qu'au lieu de faire un
système racinaire horizontal favorisant la flottaison, il produit un système racinaire vertical.
En cette position, il est prêt à s'enraciner dans la boue. Si un propagule ne s'enracine pas, il
peut changer sa densité de sorte qu'il flotte plus loin encore à la recherche de conditions plus
favorables. Les plantes adaptées à de telles contraintes sont peu nombreuses. Les palétuviers
appartiennent tous à 3 genres : Avicennia, Rhizophora et Sonneratia. D’autre part, les
70

différentes espèces se disposent le plus souvent en bandes parallèles au rivage, en fonction de


la durée de la submersion et de la teneur en sel des eaux.
Rôle écologique et localisation : Les palétuviers donnent parfois l'impression d'avancer sur
leurs racines. Ils ont un comportement d'espèces pionnières, contribuant souvent à fixer le
trait de côte. Elles fixent aussi les vases et épurant l'eau, protégeant aussi les côtes des
tempêtes et des raz de marée.
Faune : De nombreuses espèces d'oiseaux peuplent la mangrove; mais les crabes, les
mollusques, les crustacés et les poissons sont les plus présents. Ils sont tous amphibies. Un
poisson typique des mangroves, le périophtalme a développé des nageoires lui permettant de
sortir de l'eau et de se déplacer. Il peut vivre durant de longues périodes hors de l'eau. La zone
aérienne est occupée par des insectes, des reptiles et des oiseaux.
Au Bangladesh, la mangrove est le refuge du tigre du Bengale. C'est l'un des derniers
territoires où l'homme ne peut pas le menacer. Mais on y trouve aussi le cerf axis, des
macaques auxquels l'enchevêtrement de branches d'arbres offre un refuge impénétrable. Les
forêts de mangrove sont aussi le lieu d'habitation de nombreux oiseaux comme l'ibis rouge sur
l'île de la Trinité.
Sur l'île de Bornéo, la mangrove constitue l'habitat le plus fréquent des nasiques (ces singes
en voie d'extinction menacés par la chasse et la destruction de leur milieu de vie que
caractérise un nez long, fort proéminent et souple). Cette espèce jouissant de capacités
extraordinaires pour la nage se réfugie dans l'eau dès qu'un danger apparaît.

7.14. Les savanes tropicales :


Elles sont caractérisées par la prépondérance des plantes herbacées ; l’arbre ne joue plus
qu’un rôle secondaire et est même absent dans certaines zones (Figure 20). L’apparition de
cette formation végétale est liée à l’existence d’une longue saison sèche. Il importe de préciser
que la limite forêt savane dépend aussi d’autres conditions comme les sols et surtout les
paléoclimats. Toutefois, lorsque les pluies deviennent médiocres (moins de 500 mm/an), la
savane est remplacée par la steppe buissonnante.
Physionomie : peuplement de hautes herbes qui couvrent entièrement la surface du sol
pendant la saison des pluies. Certaines sont uniquement herbeuses, mais la plupart sont
parsemées d’arbres et d’arbustes (Figure 22) .
Flore : les herbes de la savane essentiellement des graminées : en Afrique l’herbe à éléphant
(Pennisetume purpureum), Imperata, Andropogon, Hyparrhenia, Loudetia, en Australie,
71

Triodia, Astrebla, Themeda. Les herbes meurent au cours de la saison sèche, mais grâce aux
réserves accumulées dans les rhizomes, une nouvelle génération d’herbes repousse dès les
premières pluies de l’année suivante. Si les veuilles et les parties aériennes des plantes brûlent
au passage des incendies, les souches ne sont pas atteintes. Dans les secteurs des savanes
constamment inondées, les graminées sont remplacées par des cypéracées et/ou des fougères.

Figure 22 : Coupes des différents faciès de savanes


72

Les arbres de la savane appartiennent en général à des espèces peu nombreuses et sont
radicalement différentes de celles de la forêt dense. Les légumineuses sont très représentées
(Acacia, Albizia, Prosopis). Le Rônier et le karité en Afrique de l’Ouest surtout sont aussi des
espèces caractéristiques. Ces arbres subissent une longue saison sèche (rares sont celles qui
ont des feuilles persistantes) aggravée dans certaines régions par des vents desséchants
(Harmattan). Il faut également qu’ils puissent supporter le passage des feux de brousse. Les
troncs sont trapus, noueux, protégés par une écorce dure et épaisse. Les racines sont très
développées latéralement et en profondeur.
Faune : les plantes herbacées favorisent naturellement la prolifération des grands troupeaux
d’herbivores : gazelles, antilopes, gnous, buffles, zèbres, éléphants… qui se déplacent à la
recherche de la nourriture et des points d’eau. Ils sont pourchassés par des carnivores (lions,
léopards, hyène). Les insectes sont nombreux, particulièrement les termites.
Sols variés : sols ferrugineux dans les régions peu à très peu arrosée (mois de 1000 mm) et à
longue saison sèche (EN Cameroun). Ailleurs dans les régions relativement arrosées, ce sont
des sols ferrallitiques mais qui diffèrent de ceux de la forêt par la présence beaucoup plus
fréquente d’une carapace ou d’une véritable cuirasse ferrugineuse. Les sols ferrugineux sont
moins profonds que les sols ferrallitiques.
Les principaux types de savanes :
- La savane herbeuse (grass savanna ou campo limpo du Brésil) est une vaste étendue
de plantes herbacées qui ne comportent ni arbres, ni arbustes.
- La savane arbustive (shrub savanna) : arbustes éparts au sein du tapis herbacé avec
parfois de loin en loin des arbres.
- La savane arborée (tree savanna, campo cerrado brésilien ou llanos du Venezuela):
arbustes et arbres (de petites tailles, soit 7 à 10 m) parsèment le tapis herbacé de
manière plus ou moins régulière (Figure 23).
- La savane boisée (woodland). Lorsque la densité des arbres est significative, on parle
de savane boisée. Mais ces arbres ne forment pas des couronnes jointives. Elle est en
réalité très proche de la forêt claire. La différence fondamentale est que le couvert
herbacé est plus développé dans la savane boisée.
- La savane à boqueteaux comporte non plus des arbres isolés, mais des petits bosquets.
Ces bosquets sont souvent installés sur des termitières fonctionnelles ou fossiles.
- Le parc est assez voisin du boqueteau parce que des bosquets et petits bois alternent
avec les étendues herbacées.
73

Figure 23 : Coupes de la savane boisée et de la forêt claire tropicales

7.15. Les steppes tropicales


Les steppes tropicales ont la particularité de présenter des taches de sols nus qui séparent des
buissons ou des plaques de végétation. Il existe des steppes essentiellement constituées de
plantes herbacées. D’autres comportent les herbacées et les ligneux et même des arbres
comme le baobab (Figure 24).
Localisation et écologie ; elles caractérisent les zones semi-arides à faible pluviométrie
comme c’est le cas de la zone sahélienne. En régions tropicales, elles occupent les régions qui
enregistrent 150 à 500 mm de pluies par an et qui connaissent une saison sèche de 8 à 10 mois
consécutifs. Les pluies tombent donc durant 3 à deux mois seulement. En plus de leurs faibles
quantités, les pluies se caractérisent aussi par leur irrégularité annuelle (les pluies peuvent se
concentrer sur une courte période en s’interrompant parfois brutalement au bout de 1 à 2 mois
seulement) et inter annuelle (certaines années peuvent enregistrer 200 mm de pluies alors que
d’autres peuvent voir tomber plus de 500 m).
Les sols sont généralement peu profonds et sont de type ferrugineux.
74

Figure 24 : Les différents faciès de steppes tropicales

7.16. Les déserts :


Sont tous caractérisés par l’insuffisance des précipitations ; il y a une disproportion entre les
quantités très faibles d’eau reçues et la forte intensité de l’évaporation, souvent aggravée par
le vent. Dans certaines régions il ne pleut pas pendant plusieurs années de suite (Figure 23).
Au plan des températures, il existe une très grande amplitude thermique diurne. La sélection
des plantes par la sécheresse est à l’origine de la pauvreté en espèces de la flore des régions
arides. On distingue 3 types de régions arides :
- Les régions hyperarides : les précipitations peuvent manquer totalement certaines
années. L’humidité relative descend souvent en dessous 20 ou 10%. La végétation
étroitement localisée aux seuls fonds où la nappe phréatique arrive à se maintenir et à
alimenter quelques buissons à longues racines, encore faut il que cette eau ne soit pas
trop chargée de sel.
- Les régions arides : reçoivent quelques pluies chaque année mais le total reste faible
(moins de 150 mm) et très variable dans l’année et d’une année à l’autre. La
végétation reste très pauvre.
- Les régions semi arides : reçoivent tous les ans des pluies mais celles-ci sont encore
insuffisantes et permettent le développement de peuplements ouverts du type steppe :
75

150 à 500 mm pour 9 mois en moyenne de saison sèche en régions tropicales et 300 à
350 mm en régions tempérées.

7.16.1. Les déserts polaires ou déserts froids.

Le désert polaire antarctique est la région du globe la plus inhospitalière et n'a jamais été
habité durablement par les hommes ; la vie animale et végétale y est absente, sauf sur les îles
et les zones littorales du continent antarctique, où la faune et la flore se rapprochent de celles
des régions polaires arctiques. Les déserts polaires arctiques ne sont pas comme eux séparés
des terres habitées par de vastes étendues de mer. Les terres polaires arctiques comprennent le
Groenland, les archipels du nord de l'Amérique et les plaines septentrionales de ce continent,
la Sibérie septentrionale, les îles du nord de l'Europe. Ces contrées sont habitées par une
population très clairsemée. Les ressources de ces contrées sont pourtant assez grandes.

7.16.2. Déserts chauds.

Exemples types : Arabie et Sahara, mais aussi l'Asie centrale, les déserts de l'Iran et celui de
l'Inde orientale (désert de Thar), le Takla Makan et le désert de Gobi
Le Sahara est traversé par des vents alizés du Nord-Est qui sont d'une sécheresse absolue et
soufflent avec violence; les plaines rocheuses dites hammada et les dunes sablonneuses ou
ergs occupent la plus grande superficie ; mais certaines parties sont habitées : les vallées des
oueds qui, par moment, ont de l'eau et de la verdure, et les oasis (Figure 25). Le principal
oasis est la vallée du Nil. Si on en fait abstraction, le Sahara est très peu peuplé et reste une
des régions du globe où la population est le moins dense. Au-delà du Nil et de la mer Rouge
s'étendent les déserts d'Arabie; ceux-ci sont les déserts classiques de l'histoire ancienne; ils ne
sont presque en nul point tout à fait inhabités; desséchés, comme le Sahara, par les alizés du
Nord-Est, ils n'ont presque aucune végétation, sauf après les pluies du printemps;
L'Afrique australe possède un désert qui fait pendant au Sahara, le désert du Kalahari avec ses
dunes arides et son sol sablonneux, à fond imperméable; balayé par des vents d'Est, qui ont
perdu leur humidité sur les montagnes côtières, il est tout à fait aride; il a cependant une
végétation vivace et est relativement peuplé; les mammifères les plus grands parcourent ces
solitudes (éléphants, lions, oryx etc).
76

Figure 25 : Zone de transition steppe désert chaud


4

Le désert d'Atacama est le seul vrai désert de l'Amérique du Sud. Il se situe au Nord du Chili
et se prolonge au Sud du Pérou, entre la Cordillère des Andes et le Pacifique. Des déserts
existent également à l'Ouest des Etats-Unis où les plateaux du centre du massif montagneux
comme l’Arizona, par exemple situé entre les Rocheuses et la chaîne côtière. Le sol est
sablonneux et argileux avec des efflorescences salines; ce désert est aussi inculte et désolé que
celui de l'Arabie et de l'Iran, sans verdure ni vie.
Ces régions désertes de l'Amérique n'ont toutefois que rarement le caractère désolé de celles
de l'Afrique ou de l'Asie. Ce n'est pas le cas, en revanche de l'Australie, le plus déshérité des
continents, qui possède au centre et à l'Ouest de véritables déserts (Désert de Gibson, Grand
désert de Victoria, Grand désert de Sable, Désert de Simpson); le manque d'humidité
atmosphérique explique les fâcheuses conditions du désert australien, dont la médiocre
végétation, présente par endroits, ne peut guère offrir de nourriture aux animaux.

8. La distribution planétaire de la biodiversité


8.1. Qu’est-ce que la biodiversité ?
La biodiversité désigne littéralement la diversité des formes de vies (du plus petit au plus
grand : gènes, cellules, organismes, populations, espèces, communautés, écosystèmes, puis
paysages et géosystèmes, biomes). Elle désigne aussi l’ensemble des organismes vivants à la
77

surface de la terre. Selon les échelles, on parle principalement de la diversité des espèces et
des écosystèmes en passant par les variétés (plantes), les races (animaux), des genres et les
familles. D’autres spécialistes distinguent trois principaux niveaux organisationnels de la
diversité biologique, celui des gênes (patrimoine génétique d’un individu), celui des espèces
(ensemble des espèces composant un territoire) et celui des écosystèmes (ensemble de
peuplements distincts qu’une région comporte).
La variation génétique est le fondement de la biodiversité car ce sont à cause de leurs
différences génétiques que les espèces diffèrent entre elles. Le nombre de gènes est évalué,
par exemple, à 1000 chez les bactéries, 10000 chez les champignons, à 400000 chez certaines
plantes à fleurs. Cette diversité est accrue par le nombre très important d'individus qui existent
chez certaines espèces. Les 10000 espèces connues de fourmis sont représentées par environ
1015 individus! (BUSH, 1994).
La diversité spécifique désigne l’abondance relative des espèces qui différencient les
écosystèmes les uns des autres. L'expression «diversité biologique» fait souvent penser à la
diversité spécifique, c'est-à-dire au nombre d'espèces présentes en un lieu. La majorité des
recensements dits de biodiversité sont effectivement des relevés d'espèces. Les scientifiques
établissent deux listes d'espèces pour un lieu donné, celle des espèces rencontrées et celle des
espèces endémiques. Cette seconde liste met en évidence l'unicité du lieu étudié (espèces
caractéristiques). A ce propos, le nombre d'espèces de plantes est difficile à déterminer, mais
en 2010, il existerait entre 300 000 et 330 000 espèces décrites.
Mais Le problème réside dans la manière de tenir compte de l'interdépendance des trois
niveaux de la biodiversité, ce qui nécessite une approche pluridisciplinaire. La biogéographie
s'occupe essentiellement de la diversité spécifique et surtout écosystémique aussi,
n'évoquerons-nous pas la diversité génétique qui reste le fait des biologistes.

8.2. La distribution planétaire de la biodiversité


La biodiversité est numériquement importante dans les régions où les conditions abiotiques
sont relativement indiquées pour une majorité d’organismes. En revanche, lorsque les
conditions extrêmes (aridité, canicule, sols maigres), la biodiversité se retrouve très réduite.
Schématiquement, elle est décroissante la forêt dense tropicale aux régions désertiques
(Figures 26 et 27) :
- Les recherches ont démontré que les régions tropicales humides qui remplissent les
conditions d’humidité et de chaleur constantes battent tous les records de la
78

biodiversité totale, notamment dans les forêts denses humides. Celles-ci sont
caractérisées par :
o Des pluies abondantes (en moyenne 1500 à un peu plus de 3000 mm) ;
o Des saisons de pluies réparties sur 9 à12 mois consécutifs en moyenne ;
o Des moyennes annuelles des températures comprises entre 22 et 27°C avec une
amplitude annuelle comprise entre 2 et 3°C seulement ;
o Des sols ferrallitiques profonds et bien drainés ;
o Les régions de la forêt dense sempervirente dans leur ensemble ont presque
toujours gardé la forêt dense même au cours de la dernière période sèche du
Quaternaire récent.
Ainsi, dans les forêts denses tropicales, on retrouve en moyenne 100 à 200 espèces
différentes d’arbres et d’arbustes/ha, sans compter les animaux, les insectes, les serpents
etc. D’après les experts, elles hébergent près des 70% de la biodiversité de la terre.
- A l’autre extrême, les régions désertiques sont les plus pauvres en biodiversité sur la
planète. En effet qu’ils soient froids ou chauds, quelques rares espèces y sont
présentes. Dans les oasis des déserts chauds, quelques touffes d’herbes résistent
surtout en bordure des mers. Dans les oasis les mêmes oasis, on retrouve des colonies
de dromadaires et autres plantes comme le palmier dattier, sans oublier des plantes
herbacées qui leur servent de nourritures. Dans les déserts froids, la végétation est
presque totalement absente, mais des colonies de phoques, d’otaries et autres morses
viennent s’y reproduire en été.
- La biodiversité est faible dans la toundra, la taïga et les steppes (tropicales et
tempérées). On retrouve ici en moyenne 1 à 3 espèces différentes/ha ;
- Elle est plus ou moins assez faible dans les forêts tempérées mixtes, les savanes
arbustives et les savanes arborées (7 espèces d’arbres et d’arbustes/ha en moyenne) ;
- Dans les forêts méditerranéennes cette biodiversité est légèrement en dessous de la
moyenne compte tenu du climat doux qui les caractérisent et de l’ancienneté de leur
implantation. En effet, le pourtour de la Méditerrannée, la côte californienne et la
Floride ont gardé un couvert forestier même au cœur de la dernière phase de glaciation
Quaternaire (würm) ;
- La biodiversité est moyenne dans les forêts claires tropicales ainsi que dans les forêts
subtropicales comme c’est le cas au sud du Japon, au SE de la Chine ou à lextrême sud
de la Floride.
79

Figure 26 : Estimation de la richesse de la biodiversité/ha dans les biomes de la terre

8.3. Les hots spots de la biodiversité dans le monde


La cartographie des points chauds de la diversité biologique a été faite en fonction soit d'une
grande richesse spécifique totale, soit de leur richesse en espèces endémiques. La liste de ces
sites est un outil fondamental pour la gestion et la protection de la diversité biologique. Il
existe douze pays de méga diversité : l'Australie, le Brésil, la Chine, la Colombie, l'Equateur,
l'Inde, l'Indonésie, Madagascar, la Malaisie, le Mexique, le Pérou et la République
démocratique du Congo (ex Zaïre) ; à la suite de l'analyse de leur richesse en espèces de
vertébrés, de papilionidés et de plantes vasculaires. Les données de diversité totale masquent
souvent le caractère unique de certains sites. Ainsi, le Pérou et l'Equateur sont des centres de
forte diversité de mammifères terrestres, avec 271 et 344 espèces présentes respectivement,
mais une majorité de ces espèces (208) se rencontrent dans les deux pays. Par contre, les trois-
quarts (77 sur 105) des espèces de mammifères de Madagascar ne se rencontrent nulle part
ailleurs. Aussi, l'établissement de listes de pays et de sites riches en espèces endémiques est
essentiel. L'Australie est le pays le plus riche en mammifères (210) et reptiles (605)
endémiques, l'Indonésie en oiseaux (356), le Brésil en amphibiens (293) et la Chine en plantes
vasculaires (18000) endémiques. Dans le monde, 18 sites comptent à eux seuls 50000 espèces
endémiques de plantes vasculaires, soit 20% de la diversité mondiale de plantes (MYERS,
80

1988, 1990); 737 espèces d'amphibiens et 892 de reptiles sont endémiques à ces 18 sites, ce
qui correspond à 30% de la diversité totale de la planète et à 13% de celle de reptiles.
L'endémisme est un aspect de la biodiversité qu'il est nécessaire de prendre en compte. Une
espèce endémique est localisée à une région limitée dont l'aire peut varier de quelques
dizaines de m² à quelques centaines de km². Le taux d'endémisme est élevé pour les îles et les
régions tropicales, de même que dans les régions de climat méditerranéen et dans les massifs
montagneux. La délimitation des régions riches en endémiques présente une grande
importance pour l'établissement des zones à protéger.
Il se dégage de l'ensemble de ces données que nous ne connaissons pas plus de 5-10% de la
richesse spécifique de la planète. Les groupes que nous connaissons mieux servent
d'indicateurs de diversité biologique et de sa perte réelle ou potentielle. De nombreux
scientifiques cherchent actuellement à déterminer si ces indicateurs peuvent être fiables. Il est
évident que la richesse spécifique n'est pas répartie uniformément sur la surface de la planète.
La distribution non homogène de la diversité biologique est ainsi démontrée par l'existence de
points chauds de diversité.

8.4. L'érosion croissante de la biodiversité


Le rythme des extinctions va croissant. Depuis 1600, l'Homme a exterminé 151 espèces de
mammifères et d'oiseaux. Jusqu’en 1800, le nombre moyen d'espèces de mammifères disparus
par an était de 0,02. Il est de 0,93 pour la période 1901-1906. Des calculs ont été effectués à
partir des données relatives aux forêts tropicales dont la surface s'amenuise de 200000 km²
par an. Le taux moyen d'extinction y est de 17500 espèces par an (WILSON, 1992). Les
surfaces primitives des forêts tropicales étaient de 2204.103km². Actuellement, elles ne sont
plus que de 292.103 km². L'ensemble de ces régions renferme 13,8% des espèces endémiques
de la flore mondiale (DAJOZ, 1996). Si la déforestation se poursuit au rythme actuel, 15 à
20% des espèces auront disparu des tropiques humides d'ici une trentaine d'années soit 50000
à 100000 espèces par an (BLONDEL, 1995). Ces zones de diversité élevée ont souvent eu un
passé géologique complexe, favorable à une intense spéciation.
Il existe quatre grands mécanismes par lesquels l'homme conduit les espèces à l'extinction.
- Le premier, c'est la fragmentation et la réduction des habitats (extension des villes,
création des infrastructures telles que les routes, les ponts, les barrages, ouverture des
mines etc).
81

- Le second, ce sont les prélèvements excessifs sur certaines espèces (ceci se vérifie
surtout par la surpêche de certaines espèces de poissons, de crustacées et de
mollusques).
- Le troisième mécanisme d'atteinte à la diversité, ce sont les introductions d'espèces
étrangères dans les écosystèmes.
- Enfin, le quatrième mécanisme, ce sont les enchaînements d'extinctions. Dans ce cas,
on ne touche pas à l'espèce, ni à son habitat mais à un élément biologique
indispensable à son cycle de vie.
La perte de la biodiversité, spectaculaire dans les régions tropicales, touche en fait l'ensemble
de la planète. Ce changement global est suffisamment préoccupant pour qu'on cherche à en
évaluer les conséquences sur le fonctionnement des écosystèmes et, à terme, sur l'aptitude de
la planète à supporter les sociétés humaines.
Une autre menace est aujourd’hui constituée par le réchauffement climatique. Si la fonte de
glace se produit de manière importante, des pans de terres situées en bordures de mer seraient
submergés à cause de l’élévation du niveau de la mer qui sera la conséquence logique de la
fonte des glaces.

9. Conclusion :
Sur l’ensemble de la planète, la distribution des animaux est mobile, à l’exception des de ceux qui sont
étroitement inféodés à certaines plantes. Les oiseaux, les poissons et mammifères migrent au cours de
l’année à la recherche des ressources (pâturage, proies). Beaucoup ont même adapté leur cycle de
reproduction. Certains mammifères marins viennent se reproduire sur les côtes en été alors que le reste
de l’année ils vivent en haute mer. Beaucoup d’oiseaux migrateurs tels que les grues se reproduisent
en été dans la toundra alors avant de parcourir des milliers de km pour aller vivre le reste de l’année en
régions tropicales. Les rennes, les cerfs vivent à cheval entre la taïga et la toundra, et ce en fonction de
la disponibilité des ressources. Dans les savanes africaines, les gnous, les zèbres et autres antilopes
parcourent aussi des centaines de km aussi bien à l’aller qu’au retour pour atteindre les pâturages
vertes.
82

Figure 27 :
83

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