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JEAN CHEVALIER

c·~t uop peu de dire que nous vivons dans un CHl~ER ALAIN GHEERBRANT
monde de symboles, un monde de symboles vit en
now. De la psych., nalysc à l'anthropologie, de la GH~ANT
critique d'art à la publicité et à la propagande id~lo­
gique ou politiqu~ scicncd__, Gru cr riechniques es.saicnt
de plus en plus aujourd'hui de dkrypcer ce bngagc
des symboles, mu pour élaigir le champ de la connais-
sance et approfondir la commwùc.ation que pour
DICTIONNAIRE
apprivoiser une ~ d'un gcntt pamculieT. sous-
jaccntc à nos -actC$c, -à nos rtflcxes, -à nos attfrances et:
répulsions, dont nOU> commençons à pane à deviner
la fonnidable puissance.
DES
Des arm~ de rtllexions cr d'études comparatives
sur un corpus d'infonnodons rassemblé par une équipe
de chercheur&, à tr.1Yèr& d.. aires culrurelles recouvrant
la d.me de l'histolre et l'étendue du peuplement
SYMBOLES
humain. I~ auteun ont rcnrl- de donner l;z voir le. co~ MY 11lt::S. REVES. COLJTlJMES. GESTES. IORMt::S.
profand du larwigc symbolique, tel qu'il sc ramiAe dont FIC\ 'RES, COU LEURS. NOMBRES
les mates cachées de notre rn~moire.
Chacun sentil'tl blen l'impormncc de ce DiaîonT\aire.
Plus de mrlle six ccntS omcles. relrés par des compa-
raisons et des renvois. souvtnr rcsrrucru:tts à la suite
d'une longue marurarion. pennenenr-de mieux, appro-
cher la nudité du symbole, que la raison dans sa seule
mouvance ne parviendrait pu à saisir. Cette som~
unique ouvre les poctes de l'imogirwrt. invite le lccœur
à ~ittt WT les symboles. comme Bachelard invitait à
rever..,, les rêves. aAn d'y découvrir- la saveur er le
sens d'u:nc- r&lit~ vivante.
CUY SCHOELLER

1
l
9 J ROBERT LAFFONT I JUPITER
Première édition 1982
Première réimpreSJio" 1982
Deuxième réimpre~sion 1983
Troisième réimpression 1983
Quatrième réimpression 1984
Cinquieme réimpre.ston /985
Sixième rëimpression 1986
Septième réimpressian 1937
Huitième réimpression 1988
NeUvième réimpression 1989
Dixième réimpression 1989
Onzième réimpression 1990

JEAN CHEVALIER
ALAIN GHEERBRANT

et la collaboratlon de:
BARBAULT Andre Vice-Président du Centre international
d'astrologie.
BAYLE Dominique Conservateur de la Bibliothèque du Musée de
l'Homme.
CAROUTCH Yvonne Spécialiste du bouddhisme tantrique tibétain.
CHEVALIER Marguerite Professeur de lettres classiques.
DAVY Marie-Madeleine Maitre de rechercheo au C.N.R.S.
GRISON Pierre Écrivain et critique d'art, spécialiste des civili-
sations d'Extrême-Orient.
HEINTZ Georges Assistant à l'Université de Strasbourg.
LE ROUX-GUYONVARC'H Directeur de • OGAM" revue des Études
Celtiques.
MEYEROVICH Éva Chargée de recherch.. au C.N.R.S.
MOKRI Mohammed Écrivain, ancien professeur à ~'Univers•té de
Téhéran.
PFEIFFER Henri Docteur ès Sciences et en Médecine, professeur
de chromatologie.
Pour l'édition originale: Cl 1969. Éditions Robert Lqffoni S.A.
et Éditions Jupiler. Paris. PR!GENT Pierre Professeur à la Faculté de Théologie protes-
Pour l'édition revue et co"tgée: 0 19112. Édllions Robert Lqffont S.A. tante de l'Univcrsitê de Strasbourg.
et Édlllons )upiler. Paris. ROCHETERIE Jacques de la Psychothérapeute.
SHIBATA Masumi Professeur à l'Université de Kyoto (Japon).
VOLGUINE Alexandre Directeur de la Revue •Les Cahiers
ISBN: 2.221.50319.8 astrologiques>.
AVERTISSEMENT

1. Les mots marqués d'un astérisque• font l'objet d'une notice spéciale à
rechercher dans l'ordre alphabétique. Il est utile de s'y reporter pour une plus
compléte intelligence du texte où ils se trouvent occasionnellement employés.
Nous n'avons pas hésité à multiplier ces corrélations internes, qui épargnent en
outre de nombreuses redites.
2. Afin d'éviter une répétition de noms d'auteurs et de titres, des sigles ont été
adoptés pour presque toutes les références. Les trois premières lettres des sigles
correspondent au nom de l'auteur, la quatrième à l'un des mots principaux du
titre. Les œuvres collectives et les revues sont indiquées par un sigle comprenant
les initiales des mots principaux du titre. n est aisé dès lors de retrouver les indi-
cations complètes dans la bibliographie insérée à la fin du volume.
3. Sauf indication contraire, les références aux auteurs classiques latins et
grecs sont empruntées à la collection des Universités de France, aux Éditions
des Belles-Lettres
4. Les citations de la Bible, sauf très rares exceptions dépendant de la
volonté de certains auteurs, sont empruntées à la traduction française de la
•Bible de Jérusalem •.
S. Les dieux et les héros de la mythologie classique sont le plus souvent men-
tionnés sous leur nom grec, avec l'indication entre parenthèses de leur homo-
logue romain: Zeus (Jupiter), Arès (Mars}, Héraclès (Hercule), Perséphone
(Proserpine}, etc. Cependant, quand un nom de dieu désigne une planète: Jupi-
ter, Mars, Saturne, etc., c'est à ce nom de planète que le symbole est examiné.
Cette distinction n'empêche pas de signaler les relations existant entre les sym·
bolismes mythologique et planétaire.
PRÉFACE
DE LA NOUVELLE ÉDITION

Cette nouvelle èdition, revue et augmentée, se distingue des précédentes par


trois traits principaux. Des notices et des citations ont été abrégées, pour suppri-
mer des redites et clarifier, sans simplifier, certaines données; de nouvelles
notices ont eté précisées ou développées quant au fond, réordonnées quant à la
structure, unifiées quant au style; enfin de fréquents renvois d'une notice à
l'autre développent des lignes de force qui n'apparaissent qu'en rapprochant cer-
tains supports symboliques: jeux de relations manifestant aussi des chaînes ou
des constellations de symboles, qui se rejoignent en effet dans une même galaxie
de sens. Mais convergence n'est point confusion et partout se discernent des
nuances.
De nombreux spécialistes ont contribué il cet èdifice, lui permettant ainsi de
témoigner pour toutes les aires culturelles du monde. A partir d'une érudition
a
sérieuse, ils se sont surtout appliqués dégager, de la •multiple splendeur • des
signes, de multiples sens dans le champ des possibles. Jamais n'ont cessé pour
autant les préoccupations de ne pas verser dans de gratuites divagations, d'éviter
tout esprit de système, d'inciter à l'interprétation spontanëe, aussi bien qu'à la
réflexion personnelle. Ces différents apports composent une œuvre unique dans
sa diversité. Que tous les auteurs en soient remerciés. Que soient également
remerciés les nombreux lecteurs dont l'attention nous est un précieux
encouragement.
Ce Dictionnaire des Symboles constitue d'abord un inventaire, toujours ina-
chevé, de l'imaginaire symbolique, ce carrefour de tout le psychisme humain, oû
se conjoignent l'affectif et le désir, le connu et le rêvé, le conscient et l'incons-
cient. Cet ouvrage joue aussi le rôle d'un éveilleur à la perception d'une dimen-
sion, trop souvent négligée, de tout être, de toute expression, trait, son, geste,
parole, couleur et nombre. Tout est signe et tout signe est porteur de sens. Mais
nous n'en percevons d'habitude que la surface. Le signe a cependant un volume,
une épaisseur feuilletée de sens. A travers le corps d'informations ici recueillies
s'esquisse une herméneutique intégrale, au développement de laquelle sont invi-
tés tous les utilisateurs de ce livre. Il aide à dévoiler les directions possibles
d'une recherche, il suggère, il n'impose pas. La valeur symbolique s 'actualise
différemment pour chacun, quand un rapport de type tensionnel et intentionnel
IV/Dictionnaire dH symbol•

unit le signe qui stimule et le sujet qui perçoit. Une voie de communication
s'ouvre alors entre le sens caché d'une expression et la réalité secrète d'une
attente. Symboliser, c'est, en quelque sorte, à un certain niveau, vivre ensemble.
JEAN CHEVALIER - ALAIN GHEERBRAN't

INTRODUCTION

48 symboles connaissent aajourd'hui une faveur nouvelle. L'imagination


n'est plus vilipendée comme la folle du logis .. Elle est ~êhabilitée, sœur jumelle de
la raison, comme l'inspiratrice des découvertes et du progrès. Cette faveur est
due en grande partie aux anticipations de la fiction que la science vérifie peil à
peu, aux effets du régne actuel de l'image que les sociologues essaient de mesu-
rer, aux interprètations modernes des mythes anciens et à la naissance de
mythes modernes, aux lucides explorations de la psychanalyse. Les symboles
sont au centre, ils sont le cœur de cette vie imaginative. 11$ révèlent les ~rets de
l'inconscient, conduisent aux ressorts les plus cachés de l'action, ouvrent l'esprit
sur J'inconnil .et l'infini.

A longueur de jour et. de nuit, dans son langage, ses gestes ou ses rêves, qu'il
s'en aperçoive ou non, chacun de nous utilise les symboles. lis donnent un
visage aux désirs, ils incitent à telle entreprise, ils modèlent un comportement,
ils amorcent succès ou êchecs. Leur formation, leur agencement, leur interpréta-
tion intéressent de nombreuses disciplines: l'histoire des civilisations et des reli-
gions, la linguistique, l'anthropologie culturelle, la critique d'art, la·psychologie,
la médecine. On pourrait ajouter à cette liste, sans la clore pour autant, les tech-
nique11 de la vente, de la propagande et de la politique. Des travaux récents, et de
plus en plus nombreux, éclairent les structures de l'imaginaire et la fonction
symbolisante de l'imagination. On ne peut plus mêconnaître aujourd'hui des
réalités aussi agissantes. Toutes les sciences de l'homme, comme les arts et
toutes les techniques qui en procèdent, rencontrent oo symboles sur leur. che-
min. Elles doivent conjuguer leurs efforts pour déchiffrer les énigme11 qu'ils
posent; elles s'associent pour mobiliser l'énergie qu'ils dètiennent condensée.
C'est trop peu de dire que nous vivons dans un monde de symboles, un monde
de symboles vit en nous.

L'expression symbolique traduit l'effort de l'homme pour déchiffrer et maitri-


ser un de11tîn qui lui échappe à travers les obscurités qui l'entourent. Ce livre
pourrait servir au lecteur de fil d'Ariane, qui le guiderait dans les détours téné-
breux du labyrinthe. Puisse+il l'inciter aussi à réfléchir et à rêver sur les sym-
boles, comme Gaston Bachelard invitait. à rêver sur les rêves, et à découvrir
Vl/Olctionnalnt dee symboles Introduction/VII
dans ces constellations imaginaires le désir, la crainte, l'ambition, qui donnent à bole est éminemment personnelle, non seulement en ce sens qu'elle varie avec
sa vie son sens secret. chaque sujet, mais en ce sens qu'elle procède.de la personne tout entière. Or,
celle-ci est à la fois un acquis et un reçu; elle participe de l'héritage bio-physio-
1. Une table d'orlmtatlon, non on recueil de définitions.
psychologique d'une humanité mille fois millénaire; elle est influencée par des
En raison même de son objet, ce dictionnaire ne peut être un recueil de défini- différenciations culturelles et sociales propres à son milieu .immédiat de dévelop-
tions, comme les lexiques ou vocabulaires habituels. Car un symbole échappe à pement: à quoi elle ajoute les fruits d'une expérience unique et les anxiétés de sa
toute définition. Il est de sa nature de briser les cadres établis et de réunir les situation actuelle. Le symbole a prècisément cette propriété exceptionnelle .de
extrêmes dans une même vision. Il ressemble à la flèche qui vole et qui ne vole synthétiser dans une expression sensible toutes ces influences de l'inconscient et
pas, immobile et fugitive, évidente et insaisissable. Les mots seront indispen- de la conscience, ainsi que des forces instinctives et spirituelles, en conflit ou en
sables pour suggérer le oµ les sens d'un symbole i'mais rappelons-nous toujours voie de s~harmoniser à l'intérieur de chaque homme.
qu'ils sont incapables d'en exprimer toute la valeur. Que le lecteur ne prenne Nous n'avons pas voulu disposer les informations réunies sur chaque mot sui-
donc pas nos brèves formules pour des capsules enfermant dans leurs étroites vant un ordre qui. n'eût de scientifique que l'apparence. L'étude générale des
limites toutes les dimensions d'un symbole. Celui-ci se livre et s'enfuit; à mesure symboles n'est pas encore assez avancée, malgré les excellents travaux qui se
qu'il s'éclaire, il se dissimule; selon le mot de Georges Gurvitch, les symboles sont multipliés ces dernières années, pour permettre une théorie qui rende
révèlent eri voilant et oi/ent en révélant. Dans la célèbre Villa des Mystères de compte de façon satisfaisante de tous les faits accumulés. Qtrelques lois, certes,
Pompéi, <tue les endres du Vésuve recouvrirent pendant des siècles, une admi- se dégagent, comme celle de la bipolarité; mais elles ne suffisent pas .à consti-
rable peinture, mauve sur fond rouge, évoque le dévoilement des mystères au tuer une théorie d'ensemble. Classer les ioterptétations suivant leur rapport à un
cours. d'une cérémonie d'initiation. Les symboles sont parfaitement dessinés, les noyau central, c'eût été courir le risque fréquent d'en forcer le sens ou de le res-
gestes rituels esquissés, le voile soulevé; mais, pour le non-initié, le mystère reste treindre, de présumer la valeur principale d'un symbole, d'accorder une pan
entier· et lourd d'équivoques. excessive à la décision personnelle. Nous avons préféré, sauf exceptions, laisser
Ce dictionnaire essaie seulement de décrire des rapports d'images, d'idées, de aux données brutes leur pesanteur propre ou leur ·polyv·alence et leur désordre.
croyances, d'émotions, qu'évoquent plus de t200•mots suceptibles d'interpréta- L'ordre sémiologique, .par rapprochement des · significations, était donc à
tions symbollques. En vue d'une consultatiort plus commode, l'aœent est mis exclure, pour laisser libre cours à d'autres interprétations subjectives et pour res-
tantôt sur le symbolisé âme, ciel, etc., tantôt sur le symbolisant biche, lotus, etc. pecter la multiplicité objective des faits. Nous avons estimé plus fructueux d'évi-
Les interprétations sont rapportées sans système préconçu; elles sont parfois ter les rapprochements systématiques, afin de sauvegarder contradictions et
groupées suivant un ordre dialectique, dont l'utilité n'est que didactique ou problèmes.
esthétique. Elles sont rarement critiquees, saufquand elles s'écartent d~une cer- Nous n'avons pu nous résoudre non plus à suivre un ordre historique à l'inté-
taine /Dg/que des symboles, dont nous parlerons dans la sixième partie de cette rieur des Qotices. Le problème des dates est assez bien résolu pour certains faits
introduction; mais ces critiques s'accompagnent elles-mêmes de rés.erves car, d'ordre culturel; pour d'autres,. il demeure entier. Quelle est l'origine du mythe
sur la vérltr! du symbole, on peut reprendre le titre de la fameuse pièce de Piran- de Zeus? Et même quand une antériorité est parfaitement établie, comme.celle
vi
dello: Cosi e se pare. Il nous arrive d'avancer des interprétations person- du Royaume des phar.aons sur la République romaine et sur l'Empire des Incas,
nelles.· Mais chaque paragraph~ reste largement ouvert. il faudrait bien se garder de laisser entendre que l'interprétation des symboles"°
Malgré le dévclopperrn:nt donné à quelques notices, aticune ne prétend être dépend et qu'il existe un .lien d'.origine entre les différents sens. Du moins, ne
exhaustive. Sur chacun des grands symboles, ·des livres entiers ont été écrits et faut-il pas préjuger que )a parenté de significations analogues se situe au niveau
ils couvriraient, pour un seul d'entre eux, plusieurs rayons de bibliothèque. des relations historiques. Serait-il juste, par exemple, de placer l'Afrique Noire
· Notre choix s'est limité aux interprétations qui étaient à la fois le plus assurées, en dernier lieu, pour cette raison que les documents, hormis les fresques du Hog-
le plus fondamentales, le plus suggestives, c'est-à-dire à celles qui permettraient gar, par exemple, ne permettent pas de remonter à plus de quatre ou cinq siècles
le mieux au lecteur de découvrir ou de pressentir par lui-même de nouveaux en arrière? Les traditions arabes se perdent dans la nuit de temps peut-être
sens. Ce travail d'invention personnelle et cette possibilité de perceptions origi- proches, peut-être lointains, mais que nous ne sommes pas toujours capables de
nales seront d'ailleurs facilités par un jeu de nombreuses correspondances entre fixer. Un ordre fondé sur la chronologie des cultures serait donc, non seulement
les notices, indiquées par le signe•, et par des références aux livres de base, incertain et fragile, mais inadapté à la nature même des symboles. Ce n'est pas
affectés d'un sigle au cours du livre et mentionnés dans la bibliographie. Rien de qu'on ne puisse établir des relations historiques entre les symboles et entre telles
plus aisé, en conséquence, pour qui le désire, que d'approfondir et d'étendre sa interprétations. Mais l'histoire des interprétations symboliques reste à écrire. et
i"l• ~eption d'un symbole. ses données certaines ne se trouvent encore qu'en petit nombre, sauf, par
Le lecteur imaginatif trouvera dans ces pages, à vrai dire, des stimulations exemple, dans la symbolique chrétienne et dans sa dépendance partielle à
plus que des connaissances. Suivant son goût ou son penchant, il suivra telle l'égard de I'Antiquité gréco-romaine, du Proche et du Moyen-Orient anciens.
ligne d'interprétation ou bien en imaginera une autre. Car la perception du sym- Ni systématique, ni historique, l'ordre des informations sous chaque mot clé
VIII/Dictionnaire du eymbole• Introduction/IX
a été choisi suivant le principe qui préserverait le mieux l'autonomie de· chacune L'emblème est une figure visible adoptée conventionnellement pour représen·
d'elles et la totalité de ses valeurs virtuelles. Libre à chaque lecteur et aux spé· ter une idée, un être physique ou moral : le drapeau est l'embleme de la patrie, le
cialist_es d'apercevoir une relation sémantique ou historique entre telles de ces laurier, celui de la gloire.
données. La connaissance scientifique des symboles, si jamais elle existe, dépen-
L'attribut est une réalité ou une image, servant de signe distinctif à un person-
dra du progrès genéral des sciences, et notamment de l'ensemble des sciences
nage, à une collectivité, à un être·moral: les ailes sont l'attribut d'une société de
. humaines. En attendant les progrés de celles-ci, nous adopterons donc un ordre
navigation aêrienne, la roue d'une compagnie ferroviaire, la massue d'Hercule,
purement pratique et empirique, impliquant le minimum de préjuges et variable
la balance de la Justice. Un accessoire caractéristique est ainsi choisi pour desi-
avec chaque symbole.
gner le tout.
Les différentes interpretations que·nous avons signafoes pour de tres nom-
breux symboles ne sont certes pas sans relation entre elles, comme des har- L'allélJOl'Ïe est une figuration sous une forme le. plus souvent humaine, mais
moniques autour d'une dominante. Mais le sens fondamental n'est pas tou- parfois animale ou végétale, d'un exploit, d'une situation, d'une vertu, d'un être
jours le même dans chaque aire culturelle. C'est pourquoi nous nous sommes abstrait, comme une femme ailée est l'allégorie de la victoire, une corne d'abon·
bornés, le plus· souvent, à juxtaposer plusieurs interpretatiott9', sans tenter dance l'allégorie de la prospérité. Henry Corbin précise cette différence fonda-
une· réduction qui eût risqué d'être arbitraire. Le lecteur suivra sa propre mentale: l'allt\gorie est une opéraJion rationne/le, n'impliquant de passage ni à
intuition. un· nouveau plan de l'être, ni à une nouvelle profondeur de conscience; c'est la
11 ne s'agit pas de verser dans une autre extremité, celle d'une prefêrence·anar- figuration, à un même niveau de conscience, de ce qui peut être déjà fort bien
cltique du désordre à l'ordre. Notre souci primordial est uniquement de preser- connu d'une autre manière. Le symbole. annonce un autre plan.de conscience
ver toutes -les richesses, fussent,elles. problématiques .et contradictoires, que l'évidence rationne/le; il est le cbiffl'e d'un mystère. le seul moyen de dire ce
immergées dans le symbole; La pensée symbolique, nous semble-t-il, à l'inverse qui ne peut être appréhendé autrement; Il n'est jamais expliqué une fois puur
de la pensée scientifique, procède non point par réduction du multiple à l'un, toutes, mais toqjours à déchiffrer de nouveau, de même qu'une partition musi-
mais par l'explosion· de.l'un vers le multiple; pour mieux faire percevoir, il est cale n'estjamais déchiffrée une fois pour toutes, mais appelle une exécution tou-
vrai, en un second•temps, l'unité de ce multiple. Tant qu'on ne l'aura pas appro- jours nouvelle (co11.1, 13).
fondie davantage, il nous par.aît essentiel d-'insister sur cette virtualité explosive
La métaphore développe une comparaison entre deux êtres ou deux situa-
et d'abord de la sauvegarder.
tions: l'éloquence de tel orateur est· un déluge verbal.
Les thèmes imaginaires, qui sont ce que j'appellerais le dessin ou la figure du
symbole (le lion, le taureau, la lune, le tambour, etc.), peuvent être universels, L'aaaloale est un rapport entre des êtres ou des notions essentiellement diffé-
intemporels, enracinés dans les structures de. l'imagination humaine; mais leur rents, mais semblables sous un certain aspect; la colére de Dieu, par exemple,
sens peut aussi• être très différent selon les hommes 'et les sociétés,' selon leur n'a qu'un rapport d'analogie avec la colère de l'homme. Le raisonnement par
situation à un moment donné. C'est pourquoi l'interprétation du symbole, analogie est la source d'innombrables méprises.
comme nous l'avons noté dans ce livre à propos du rêve, doit s'inspirer non seu- Le symptilme est une modification dans les apparences ou dans un fonction-
lement de la figure, mais de son mouvement, de son milieu culturel et de son rôle
nement habituels qui peut révéler une certaine perturbation et un conflit; le syn-
particulier hic et nunc. Le lion ,poursuivi par un archer, dans une scène de
drome est l'ensemble de symptômes qui caractérisent une situation évolutive et
chasse babylonienne, n'a pas nécessairement le même sens que le lion des
présagent un avenir plus ou moins déterminé. ·
visions d'Ezéchiel. On s'efforcera de• cherchet· la nuance, le chiffre propre, en
même temps que le dénominateur commun. Mais on se gardera de particulariser La parabole est un récit possédant un sens en lui-même, mais destine Îl suggé-
à- l'excès, autant que de gènéraliser trop viie: deux défauts d'une rationalisation rer, au-delà de ce sens immêdiat, une leçon morale, comme la parabole du bon
qui serait mortelle pour le. symbole. grain tombant sur des terrains différents.
L'apologue est une fable didactique, une fiction de moraliste, destinée, à tra-
2. Approche tennlnolopque.
vers une situation imaginaire, à faire passer un certain enseignement.
'L'emploi du mot symbole révéle des variations de sens considérables. Pour Toutes ces formes imagées de l'expression ont en commun d'être des signes et
préciser la terminologie en usage, il importe de bien distinguer l'image symbo- de ne pas dépasser le niveau de la signification. Ce sont des moyens de commu-
lique de toutes les autres avec lesquelles elle n'est que trop souvent confondue. nication, sur le plan de la connaissance imaginative ou intellectuelle, qui jouent
-De ces confusion-s résulte un affadissement du symbole, qui se dégrade en rhéto· un rôle de miroir, mais ne sortent pas du cadre de la représentation. Symbole
rique, en académisme ou en banalité. Si les frontieres ne sont pas toujours évi- refroidi, dira Hegel de l'allegorie; sémantique desséchée en sémiologie, précisera
dentes, en pratique, entre les valeurs de ces images, c'est une raison supplémen- Gilbert Durand (nuas, 15).
taire pour les marquer avec force en thêorie. . · Le symbole se distingue essentiellement du signe, en ce que celui-ci est une
X/Dictionnaire dn aymboln lntrodwcllon/XI

convention arbitraire qui laisse étrangers l'un à l'autre le signifiant et le signifie tout en défaisant. li joue sur des structures mentales. C'est pourquoi il est com-
(obj~ o~ ~ujet), tand,is que le symbole présuppose homogénéitê du signifiant et paré à des schèmes .affectifs, fonctionnels, moteurs, pour bien montrer qu'il
du signifie au sens d un dynamisme organisateur (DURS, 20). S'appuyant sur les mobilise en quelque sorte la totalitê du psychisme. Pour marquer son double
travaux de Jung, de Piaget, de Bachelard, Gilben Durand fonde sur la structure aspect représentatif et efficace, on le qualifierait volontiers d'eidoto.moteur. Le
mÇme de. l'imaginàtion ce dynamisme organisateur... facteur d'hqmogénéilé terme eidolon. le maintient, pour ce qui est de la représentation, au niveau de
dans la représentation. Bien loin d'être faculté qe fol'DJer des images, /'imagina- l'image et de l'imaginaire, au tiéu de le situer au niveau intellectuel de l'idêe
tion est puissance dynamiquè qui déforme les copies pragmatiques fournies par (eidos). Ce n'est pas à dire que l'image symbolique ne déclenche aucune activité
la perception et ce dynamisme riformateur des sensaUons devient le fondement intellectuelle. Elle reste cependant comme le centre autour duquel gravite tout le
de la vie psychique tout entière. On peul dire que le symbole... possède plus psychisme qu'elle met en mouvement.·QL!and une roue sur une casquette indique
qu'un sens artificiellement donné, mals détient un essentiel et spontané pouvoir un employê de chemin de fer, elle n'est qu'un signe; quand elle est mise en rela·
de retentissement (nuas, 20-11). Dans la •Poétique de l'espace~. G. Bachelard tion ave<l le soleil, avec les cycles cosmiques, avec les enchainements de la des-
précise ce point : le retentissement nous appelle à un approfondissement di! notre tinêe, avec les demeures du Zodiaque, avec: Je mythe de l'êtemel retour, c'est
propre :·existerufe.. , fi. opère un virement d'être; Le symbole est vêritablement tout autre chose, elle prend ,valeur.de symbole, Mais en s'éloignant de la signifi-
novateur, Une se oontènte pas de provoquer des.résonances, il appelle une ttlins· cation conventionnelle, elle fraie la voie à l'interprétation subjective. Avec le
formation en profondeur, conime'le montrera la quatriême panie de cette littro- signe, on demeure sur un chemin continu et assure: le symbole suppose une rup-
duction. ture de plan, une discontinuité, un passage à un autre ordre ; il introduit dans un
On voit dès, lors que les symboles 11lgébriques, mathématiques, scientifiques ordre nouveau aux multiples dimensions. Complexes, indéterminés, mais dirigés
ne sont: eu~ aussi, que d~s signes, dont la ponée conventionnelle est soigneuse- dans un certain sens, les symboles· sont encore appelês des synthêmes ou des
ment defime par les Instituts de normalisation. 11 ne saurait exister de science images axiomatiques.
exacte s'exprimant en symboles, au sens prêcis Ile ce terme. La', donliaissance Les exemples les plus prégnants de ces schèmes eidolo-moteurs sont ce que
objective, dont parle Jacques Monod,' tend à éliminer ce qui reste de symbolique C.G. Jung a nommé les arebétypea. On peut rappeler ici L\ne conception de
dans le langage pour ne retenir que la mesure exacte. Ce n'est qu'un abus de S. Freud, san~ doute plus restrictive que celle de Jung, sur les fantasme• orlsl·
mots, bien, compréhensible d'ailleurs, d'appeler symboles ces signes qui visent à iialres. qui seraient des structures fantasmatiques typiques (vie intra-utèri11e,
f~d.iquer des nombres imaginaires, des quantités nêgatives, des différences infini· scène originaire, castration, séduction) que la psychanalyse retrouve comme
tes1males, etc. Mais ce serait une erreur de croire que l'abstraction croissante du organisant la vie fantasmatique, quelles que soient les ·expériences personnelles
langage scientifique conduit au symbole; le symbole est lourd de rêalitês con· des sujets; l'universalité de ces fantasmes s'explique, selon Freud, par le fait
crêtes. L'abstraction vide le symbole et engendre le signe; l'an au contraire· fuît qu'ils constitueraient un paJrimoine transmis phylogénéttquement (LAPv, l57).
le signe et nourrit le symbole. ' ' Les archêtypes seraient, pour C.G. Jung, comme des prototypes d'ensembles
.Certains formu.laires ?ogmatiques sont également appelés des sytnboles de la symboliques, si profondêment inscrits dans l'inconscient qu'ils en, constitue-
fcn; c~ s?nt le~ de~laratmp~ .o~cielles, cultuelles, grâce auxquelles les initiés à raient comme une stru.cture, des engrammes, selon Je terme de l'analyste zuri·
une fm, a un rite, a une ,so~1ete relig\euse se reconnaissent entre eui ;les adora- chois. Ils sont dans l'âme humaine comme des modéles préformés, .ordonn~s
teur.s de Cybele et de Mithra, dimsJ'Antiquité avaient Jeurs symbOles ide même, (taxinomiqÙes) et ordonnateurs (têléonomiques), c'est-à-dire des ensembles
pour les chrétiens, à partir du· symbole 'des Apôtres, les différenis Credo de représentatifs et émotifs. structurés, doui:s d'un dynamisme formateur. Les
Nicé~, de Chalcédoine, de Constantinople ont reçu le nom de symboles. JI; ne archêtypes se manifestent comme des structures psychiques quasi universelles,
possedent ~as en fait la valeur propre du symbole, s'ils sont seulement des signes innées ou héritées, une sone de conscience collective ; ils s'expriment à travers
de,reconna1ssance entre croyants et l'expression des vérités de leur foi. Ces véri- des symboles particuliers chargés d'une grande puissance énergétique. lis jouent
tés sont sans doute d'ordre transcendant,' les mots sont employés le plus s·ouvent un rôle moteur et unificateur considérable dans l'évolution de la personnalité.
~ans ,un sens: analogi~ue, ~ais ces professions de foi ne sont point des. symboles, C.G. Jung considère l'archêtype comme une posslbi/îté formelle de reproduire
a. m~ms .de vider les. enonc;;es ~ogmati.\j_ues de toute signification propre ou de les des idées semblables ou. au moill!I ahalogues... ou une co11dlllon structurale inhé-
r~du1re a des mythes. Mais s1, en plus de leur signification objective, on consi- rente à la psyché, qui a elle-mime, en quelque tnQnière, partie liée avec le cer-
dere ces Credo comme les centres d'une adhésion et d'une profession de foi sub- veau (JUNH, 196). Mais ce qui est commun à l'humanité, ce sont ces structures,
jectiv~ment transformantes, ils deviennent des symboles de l'unité des croyants qui sont constantes, et non pas les images apparentes, qui peuvent varier selon
et md1quent le sens de leur orientation, intérieure. les epoques, les ethnies et les individus. Sous la diveuité des images, des récits,
Le symbole est donc beaucoup j')lus qu'un simple signe: il pone au-delà de la des mimes, un même ensemble de relations peut se déceler, une même structure
signification, il relève de l'interprêtation et celle-ci d'une certaine prêdisposition. peut fonctionner. Mais, sî des images multij')les sont susceptibles d'être rêduites
Il est chargé d'affectivité et de dynamisme. Non seulement il représente d'une à des archêtypes, il ne faut pas perdre de vue pour autant leur conditionnement
œnaine manière, tout en voilant; mais il rêallse, d'une cenaine manièr; aussi, individuel, ni, pour accêder au type, nêgliger la rêalitè complexe de cet homme
· Xll/Dlctlaanalre da• symboles lnlraductlon/Xlll

tel qu'il ·existe; La réduction, qui atteint par l'analyse le fondamental et qui est lique ~st l'ensemble des symboles à slgniflca1lo11 constante qui peuvent être
de tendance universalisante, doit .s'accompagner d~une intégration, qui est retrouvés dans diverses productions de /'inconscient (LAPV, 475). Freud insiste
d'ordre ·synthétique et de tendance individualisante. Le symbole archétypique davantage sur le rapport entre symbolisant et symbolisé, tandis que Lacan con-
relie l'universel et l'individuel; sidère plutôt la structuration et l'agencement du symbole, c'est·à-dire l'existence
Les mythes se présentent comme des transpositions dramaturgiques de ces d'un ordre symbolique structura11t la réalité interhumalne. De son côté, C. Lévi-
archétypes, schèmes· et symboles ou des compositions d'ensemble, epopêes, Strauss avait dégagé une notion analogue de l'êtude anthropologique des faits
récits, genèses, cosmogonies, théogonies, gigantomachies, qui trahissent déjà un culturels: Toute culture, éctitcil, peut être considérée comme un ensemble de
processus de rationalisation. Mircea Eliade voit dans le mythe le modèle arché- systèmes symboliques au premier rang desquels se placent le langage, les règles
typa/ pour toutes les créations sur quelque plan qu'elles. se déroulent: biolo- matrimoniales, les rapports économiques, l'art, la science, la religion (ibidem,
gique, psychologique, spirituel. La fonction maîtresse du mythe est defu:er les 475).
modèles exemplaires de toutes les actions humaines significatives (ELIT, 345). Le Le symbol11me, enfin, définit une école théologique, exégétique, philoso-
. mythe apparaitra comme un théâtre· symbolique des luttes intérieures et exte- phique ou esthêtique, d'après laquelle les textes religieux et les œuvres d'art
rieures que livre l'homme sur la voie de son évolution, à la conquête de sa per- n'auraient pas de signification littérale ou objective et ne seraient que des
sonnalité. Le mythe condense en une seule histoire une multitude de situations expressions symboliques et subjectives du sentiment et de la pensée. ·Le terme est
analogues; au:.delà de ·ses images mouvementees et colorées, comme des dessins employé également pour désigner la capacite d'uoe image ou d'une réalité à ser-
animés, :j( permet de découvrir des types de relations constants, c'est-à-dire des vir de symbole, par exemple le symbolisme de la lune; il se distingue de la sym-
stn1ctures. bolique, déjà mentionnée, en ce que celle-ci comprend l'ensemble des relations et
Mais ces structures. animées de symboles, ne restent ·pas statiques. Leur des interprétations symboliques suggérées en fait pllr la lune, tandis que le sym-
dynamisme peut prendre deux directions opposées. La v-0ie de l'identification bolisme ne vise qu'une propriété· générale de la lune comme fondement possible
aux dieux et aux héros' imaginaires conduit à' une sorte d'aliénation: les struc- de symboles. De même, si l'on parle de symbolisme hindou, chrétien ou musul-
tures sont alors.qualifiées de schtzomorphes (G.Durand) ou d'hétérogénéisantes man, ce sera pour désigner moins l'ensemble des symboles inspirés par ces reli-
a
(S. Lupasco); èlles tendent en effet à rendre-le sujet semblable l'autre, à l'objet gions que la conception générale qu'elles se font du symbole et de son usage.
de l'image, à l'identifier à•ce monde imaginaire et à le separer du monde réel. Au Ces précisions de vocabulaire pourraient être encore nuancées. Elles suffisent
contraire,. la voie de \'-intégration des waleuts symboliques, eitprimées par les toutefois il. nous faire pressentir l'originalité du symbole et. son incomparable
structures de l'imaginaire; favorise ·l'individuation ou le développement harmo- richesse psychotogique.
nieux de la- personne; ces struclures<sont- alors dites iilomorphes, homogénéi-
santes, comme des incitations pour leur sujet à devenir lui-même, au lieu de 3. La ·nature lndéftnluable et vivante du symbole.
s'aliéner en un héros mythique; Si l'on considère l'aspect synthétique de cette
intégration, qui est une assimilation intérieure à soicmême des valeurs, au lieu On a· vu comment le. symbole se distingue du simple signe et comment il
d'être une assimilation de soi, à des valeurs extérieures, ·on qualifiera ces struc- anime les grands ensembles de l'imaginaire, archétypes, mythes, structures.
tures d'équilibrantes ou d'antagonism~ équillbré.(ouas; 4). On dêsignera sous le Nous n'insisterons pas davantage, maigre leur importance, sur ces problemes de
·nom de symboHque. d'une part, l'ensemble des relations· et des interprétations terminologie. Il convient d'approfondir la nature même du symbole.
afférant 'il. un symbole, la symbolique du feu; flllr ex~mple; d'autre part, l'tn- A l'origine, le symbole est un objet coupé en deux; fragments de céramique,
semble des symboles caractéristiques d'une tradition, la symbolique de la Kab- de bois ou de métal. Deux personnes en gardent chacune une partie, deux hôtes,
bale ou celle des Mayas, de l'art roman, etc.·; enfin, l'art d'interpréter les sym- le créancier et le dêbîteur, deux pèlerins, deux êtres qui vont se sêparer long-
boles, par l'analyse psychologique, par l'ethnologie comparée, par tous les pro- temps ... En rapprochant les deux parties, ils reconnaîtront plus tard leurs liens
cessus· et techniques de comprehension (voir rêve•) qui constituent une veritable d'hospitalité, leurs dettes, leur amitié. Les symboles étaient encorè, chez les
herméneutique du symbole. On ·appelle aussi parfoiS symbolique, la science ou Grecs de I' Antiquité, des signes de ~nnaissance, qui permettaient aux parents
la théorie des symboles, comme la physique est ta· science dès phénomènes natu- de retrouver leurs enfants exposés. Par analogie, le mot s'est ètendu aux jetons,
rels, la logique la science d~ opérations rationnelles. C'est une science positive qui accordent le droit de toucher soldes, indemnités ou vivres, à tout signe de
fondee sur l'existence des symboles, leur histoire· et leurs lois de fait, alors que le ralliement, aux prêsages et aux conventions. Le symbole sépare et met ensemble,
symbolisme est une science spéculative fondée sur l'essence du symbole et sur il compone les deux idées de sêparation et de réunion; il évoque une commu·
ses conséquences· normatives. nauté, qui ·a été divisée et qui peut se reformer. Tout symbole comporte une part
Le symboliqu6; selon J. Lacan, est ·un· des trois registres essentiels qu'il dis- do signe brisé; le sens du symbole se découvre dans ce qui est à la Ibis brisure et
tingue dans le champ de la psychanalyse, avec· l'imaginaire et le réel :Le symbo- lien de ses termes sêpares.
lique désigne l'ordre de phénomènes auxquels la psychanalyse a qffaire en tant L'histoire du symbole atteste que tout ohjet peut revêtir une valeur symbo·
qu·'ils sont structurés comme un langage (LAPV, 474). Pour S. Freud, la symbo· lique, qu'il soit naturel (pierres, mêtaux., arbres, fleurs, fruits, animaux, sources,
XIV/Dictionnaire dea symbole• Introduction/XV

fleuves et océans, monts et vallées, planetes, feu, foudre, etc.) ou qu'il soit abs- incompréhensible, mystique ou transcendant, donc psychologique en premier
trait (forme géonretrique; nombre, ·rythme, idée, etc.). Avec Pierre Emmanuel, lieu, qu'il est absolument impossible de représenter plus exactement que par la
on. peut entendre ici par objet non seulement un être ou une ,chose· réels, mais croix. Tant qu'un symbole est vivant, il est la meilleure expression possible d'un
une tendance, une Image obsessionnelle, un rêve, un système de postulats privi- fait; il n'est vivant que tant qu'il est gros de signification. Que cette signification
légiés, une terminologie habituelle, etc. Tout ce quifrxe l'énergie psychique ou la se fasse jour, autrement dit: que, l'on découvre /'expression qui formulera le
mobilise à son bénqice exclusif me parle de l'être, à plusieurs voix, à diverses mieux la chose cherchée, inattendue ou pressentie, alors le symbole est mort: il
hauteurs, sous maintes formes et à travers différ.ell/B objets intermédiaires dont n'a plus qu'une valeur historique (JUNT, 492). Mais, pour qu'il soit vivant, le
je m'apercevrai, si j'y pr~te altention, qu'ils se succèdent en mon esprit par voie symbole ne doit pas seulement dépasser l'entendement intellectuel et l'intérêt
de métamorphose .(l!TUP, 79). Le symbole s'affirme dès lors comme un terme esthétique, il doit susciter une certaine vie: Seu/ est vivant le symbole qui, pour
apparemment saisissable dont l'insaisissable est l'autre terme. le. spectateur, est /'expression suprême de ce qui est pressenti, mais non encore
Au sens freudien du .terme, le symbole exprime de façon indirecte, figurée et reconnu. Il incite alors l'inconscient à la participation: il engendre la vie et sti-
plus ou moins dif}ici/e à déchiffrer le désir ou les conflits. Le symbole est la rela- mule son développement. Rappelons les paroles de Faust: Combien autrement
tion 11ui unil le. contenu manifeste d'un comportement, d'une pensée, d'une ce signe agit sur mol... Il fait vibrer en chacun la corde commune (JUNT, 494).
parole à leur·sens latent... Dès l'instant où l'on reconnait, à un comportement R. de Becker a bien résumé ces différents aspects du symbole: Le symbole
par exemple, au moins deux sigriffications dont l'un<! se substitue à /'auire en Io peut être comparé à un cristal restituant différemment la lumière selo(l lafacette
masquant et en l'exprimant à la fols, on peut qua/flier de symbolique leur rela- qJ,li .la reçoit. Et on peut encore dire qu'il est un être vivant, une parcelle de notre
1io1t (LAPV, 477). Cette relation se caractérise par une certaine constance entre être en mouvement et en traniformation. De sorte qil'à le contempler, à le saisir
les éléments manifestés et latents du symbole. Pour plusieurs psychanalystes, ce CQmme objet de méditation, on contemple aussi 111 propre trajectoire qti'on s'ap-
qui est symbolisé est toujours inconscient: Toutes les comparaisons ne sont pas prête à suivre, on saisit la direction du mouvement dans lequel l'être est emporté
des symboles, écrit S. Ferenczi, mais seulement celles où le premier membre est (Bl!CM, 289).
refoulé dan~ l'inconscient (ibidem). En conséquence, dans la mesure où l'enfant Réhabiliter la valeur ,du symbole, ce n'est en rien .prof~ser un subjectivisme
refoule et déguise .moins son désir que l'adulte, son .rêve est aussi moins symbl> esthétique ou dogmatique. Il ne s'agit nullement d'éliminer de l'œuvre d'art ses
lique et plus transparent. Le rêve ne serait donc pas toajours et entièrement sym- éléments intellectuels et ses qualités d'expression directe, non plus que de priver
bolique et les méthodes' de son interprétation varieraient selon les cas, recourant J~ dogmes et la révélation de leurs bases historiques. Le symbole reste dans
tantôt aux simples associations, tantôt aux symboles strictement dits. l'histoire, il ne supprime pas la réalité, il n'abolit pas le signe. li leur ajoute une
Pour C.G. Jung, le symbole n'est, certes, ni une allegorie, ni un simple signe, dimension, le relief, la verticalité; il établit à partir d'eux : fait, objet, signe, des
mais plutôt une Image propre à désigner le mieux possible la tiature obscuré- rapports extra-rationnels, imaginatifs, entre les niveaux d'existence et entre les
ment soupçonnée de /'Esprit. Rappelons que, dans le vocabulaire de l'analyste, mondes cosmique, humain, divin. Pour reprendre un mot d'Hugo von Hof-
l'esprit englobe le conscient et l'inoonscient, concentre les producfions reli- mannstal, il éloigne ce qui est proche, Il rapproche ce qui est éloigné, de façon
gieuses e/ éthiques, créatr,ices et, esthétiques de l'homme, colore toutes les activi· q{le. le sentiment puisse saisir l'un et l'autre.
tés intellectuelles, imaginatives, émotives de. l'individu, s'oppose ·en tant que Le.symbole Cl)mme catégorie transcendante de la liauteur, du supra-terrestre,
principe formateur à la nature biologique et maintient en constant éveil cette del'iqfinl, se révèle à l'homme tout entier, à son l11tellîge11ce comme à son âme.
ten#on des comralres;qui est à la base de notre vie psychique (J. Jacobi). C.G. Le symbolisme est une donnee immédiate de la conscience totale, affirme Mir-
Jung continue en précisant que: le symbole n'enserre rien, il n'explique pas, il cea Eliade, c'est-à-dire de l'h9mme qui se. découvre comme tel, de l'homme qui
renvoie au-delà,de luie~me vers un sens encore dans l'au'de/à, Insaisissable, prend conscience de sa position dans l'univers; ces découvertes primordiales
obscurément pressenti, que nul mot de la langue que nous parlons ne pourrait sont liées de façon si organique à son drame que le ~me symbolisme détermine
exprimer de façon satîefaisante (JUNP, 92). Mais, à la différence du maitre vien- awisi bien l'activité de son ~ubconscient que 111s plus nobles expressions dit la vie
nois, il ne considère pas que les symboles soient le déguisement d'autre chose. spirituelle (ELIT, 4 7).
lis sont un produit de la nature. Ces manifestations ne sont certes pas dénuées La perception du symbole exclut donc l'attitude du simple spectateur, elle
de sens, mais ce qu'elles cachent, ce n'~st pas nécessairement l'dbjet d'une cen- exige une participation d'acteur. Le symbole n'existe qu'au plan du sujet, mais
sure qui réapparaitrait sous la forme empruntée d'une image.symbolique. Celle- sur la base du plan de l'objet. Attitudes et perceptions subjectives font appel à
ci ne serait alors qu'un symptôme d'une situation conflictuelle, au lieu d'expri- une expérience sensible et non à une conceptualisation. Le propre du symbole
mer la tendance normale de la psyché à réaliser toutes ses virtualités. C'est dans est de rester lndqinlment suggestif: chacun y voit ce que sa puissance visuelle
le dépassement du connu vers l'inconnu, de ['exprimé vers l'ineffable, que s'af- lui perme/ de percevoir. Faute de pénétration, rien de proforid n'esl'perçu (WIRT,
firme la valeur du symbole. Si le terme caché devient un jour connu, le symbole 111).
meurt. Symbolique est la concept/on qui, dépassant toute ·interprétation conce- 'catégorie de la hauteur, le symbole est aussi l'une des catégories de l'invi-
vable, considère la croix comme /'expression de certain fait encore inconnu et siple. Le déchiffrement des symboles nous conduit, pour reprendre ·les termes de
XVI/Dictionnaire des eymbolee lntrodUC1iotVXVll

Klee, vers les Insondables profondeurs du soiifjle primordial, car le symbole tions de la raison à l'hégémonie intellectuelle : le symbole révele •l'inadéquation
annexe à l'image visible la part de .l'invisible aperçue occu/tement. Ce point de de l'être et de la forme ... le débordement du contenu par rapport à son expres-
vue est particulièrement développé par Jean Servier, dans l'homme et /'invisible sion .• (TODS, 291).
(SERH). Sous la diversitè de ses formes et de ses interprétations, un symbole compte
L'intelligence des symboles relève moins des disciplines rationnelles que cependant parmi ses propriétés la constance dans la suggestion d'un rapport
d'une certaine perceptio·n directe par la conscience. Des recherches historiques, entre le symbolisant et le symbolisé: la coupe renversée, en effet, symbolisant le
des' comparaisons interculturelles, l'étude des interprétations données par les ciel, exprime, non· seulement l'analogie apparente d'un même dessin, mais tout
traditions orales et écrites, les prospections de la psychanalyse contribuent, ce que le ciel évoque pour !'.inconscient, à la fois sécurite, protection, demeure
certes, à en rendre la compréhe·nsion moins hasardeuse. Mais elles tendraient à d'êtres supérieurs, source de prospérité et de sagesse, etc. Qu'elle emprunte la
en figer indûment la signification si on n'insistait pas· sur le caractère global, forme de la coupole, dans une basilique ou une mosquée, la forme d'une tente
relatif, mobile et individualisant de la connaissance symbolique. Elle déborde chez les nomades, d'un abri bétonné dans une ligne défensive, le rappott symbo-
toujours les schèmes, les mécanismes, les conœpts, les représentations qui ser- lique demeure constant entre les deux termes, coupe et ciel, quels que soient les
vent à l'étayer. Elle n'est jamais acquise pour toujours, ni idèntique pour tous. degrés de conscience et les utilites immédiates.
Elle ne se confond cependant point avec l'indéterminé pur et sirnple. Elle s'ap- Une autre propriéte des symboles est leur Interpénétration, Aucune cloison
puie sur une sorte de thème, aux !/ariations infinies. Sa structure n'est pas sta- étanche ne les sèpare; il exis.te toujours une relation possible d~ 1'11n à l'autre.
tique, mais effectivement thématique. On peut dire d'elle ce que Jean Lacrdix Rien n'est plus étranger à la pensée symbqlique que l'exclusivisme des positiOns
écrit de la conscience à propos de Paradoxes de la conscience et limites de /'au- ou le principe du tiers exclu. Les co11tenus symboliques possèdent ce que C.G.
tomatisme, de· Raymond Ruyèr : elle transfigure les indices selon des thèmes Jung appelle une affinité essentielle (,iuNR, 147), C:ette affinité réside, pensons-
conjugu_és, au lieu d~ les transformer en un· faisceau bien lié, qu'on appellera une nous, dans une relation, aux formes et aux fonde.ments iiinombr1,1bies, avec le
conclusion de synthese. le paradoxe de ia}inalilé de la conscience, poursuit-il, transcendant, c'est-à-dire dans un dyniunisme ascensionnel téléonornique. Dès
c'est qu'elle est une anlicipatian symbolique du temps futur. On peut compléter qu'apparaissent un rapport de degré enfre deux ïmages ou deux réalités, une
la formule et dire que la finalité du symbole est une prise de conscience de l'être, relation hiérarchique quelconque, fondée ou non sur une anaiyse rationnelle, un
dans toutes les dimensions du temps et de l'espace, et de sa projection dans l'au: symbole est virtuellement constitué.
delà. Le fuseau des Parques est plus lourd de sens que le faisceau des licteurs.
Aussi le symbole dépasse-t-il ·les mesures de la raison pure, sans pour autant Les symboles sont toujours ·plurklilnenalonnels; Us expriment en e!Tct des
tomber dans l'abs\irde. Il n'apparait pas comme le fruit mûr d'une conclusion relations terre-ciel, espace-temps, immanent-transcendant; comme la' coupe
logique, au terme d'une argumentation sans faille. :L'analyse qui fragmente et toumée vers le ciel OU· vers la terre. C'est une première bipolarité. n en est une
pulvérise est impuissante à saisir la richesse du symbole; l'intuition n'y parvient autre: synthèse des contraires, le symbole a une face diurne et une face nrn:-
pas toujours; elle doit être éminemment synthétique et sympathique, c'esl'à' turne. De plus, beaucoup de ces couples ont des analogies entre eux, qui s'expri-
dire, partager et éprouver une certaine vision dù monde. Car le symbole a pour ment aussi en symboles. Ces derniers pourraient être du deuxième degré, comme
privilège de concentrer sur fa réalité de départ, lune, tàureau, lotus, fléche, toutes la niche ou· la coupole sur son socle par rapport à la ·coupe seule. Au lieu de se
les forces èvoquées par Cette image et par ses analogues, â tous les plans du 'cos, fonder sur le principe du tiers exclu, comme la logique conceptuelle,. la symbo-
mos et à tous les niveaux de la conscience. Chaque symbole est un microcosme, lique présuppose au contraire un principe du tiers inclus, c'est-à-dire une com-
un. monde total. Ce ~'est pas en accumulant les détails par l'analyse qu'on eii' plémentarité possible entre les êtres, une solidarité universelle, qui sont perçues
sa1s1t le sens globlil: Il faut un regard quasi synoptique. Un des·'lraits caractéris- dans la réalité concrète du rapport entre deux êtres ou deux groupes d'êtres,
tiques du symbole est la simultanéité des sens qu'il révèle. Un symbole lunaite entre beaucoup plus de deux ....' Le symbole, pluridimensionnel, est susceptible
ou aquatique est valable à tous· /es niveaux du réel et celle multivalence est d'un nombre infini de dimensions. Celui qui perçoit un rapport symbolique.se
révélée simultanément (ELIT, 3 78). trouve en position de centre de l'univers. Un symbole n'existe que pour .quel-
Dans la legende peule de Kaydara, le vieux mendiant (l'initiateur) dit à Ham- qu'un, ou pour une collectivité dont les membres s'identifient, sous un certain
madt (le pèlerin en quête de connaissancè) : 0 mon frère, apprends que chaque aspect, pour constituer un seul centre. Tout l'univers s'articule autour de ce
symbole a un, deux, plusieurs sens. Ces significations sont diurnes 011 nocturnes. noyau. C'est pourquoi les symboles les plus sacrés pour les. uns ne sont que des
Les diurnes sontfastes et les· nocturnes nefastes (HAMK, 56). · objets profanes pour les autres; ce qui révèle la profonde diversité de leurs con-
Tzvetan Todorov a bien montré que, dans le symbole, se produit un phéno- ceptions. La perception d'un symbole, /'épiphanie symbolique, nous situe en
mène tle condensation : •un seul signifiant nous induit à la·connaissance de plus effet dans un certain univers spirituel. Aussi ne faut-il jamais séparer les sym-
d'un signifié;_ ou plus simplement. .. le signifié est plus abondant que le signi- boles .de leur aceompaanement existentiel; ne jamais. en retrancher /'aura lumi-
fiant.• Et 1t cite le mythologue Creuzer, de l'époque romantique, à qui revient le neuse au sein de laquelle ils nous ont été révélés, par exemple dans le grand
mérite d'avoir revivifié la sensibilité aux symboles, anesthésiée par les préten- silence sacré des nuits, face au firmament immense, mqjesrueux, envoûtant
XVlll/Dlctlonnmlre d.. aymboln lntmduction/XIX
(CHAS, 49). Le symbole est lié à une expérience totalisante. On ne peut en saisir ce qui ·dépasse notre entendement; cherchons plutôt sous ·des rapports insolites
la valeur, si l'on ne se transporte pas en esprit dans le milie~ global où il v.it vr~i­ la part de vérité qu'ils peuvent traduire avec hardiesse. Mise à part unè pure fan-
ment. Gérard de Champeaux et dom Sterckx ont encore mis en un parfait rehef tasmagorie, qui n'est d'ailleurs jamais dénuée de sens aux yeux de l'analyste
cette nature particulière des symboles: ils condensent dans le foyer d'une seule mais qui n'est pas nécessairement symbolique, on·peut admettre avec C.G. Jung
image toute une expérience spirituelle; ... Ils transcendent les lieux et les lemps, qu'un symbole suppose toujours gue /'expression choisie désigne ou formule le
les situations individuel/es el les circonslances conlingenles; ... ils solidarisent plus parfaitement possible certains faits relativement Inconnus, mals dont l'exis-
les réalités apparemment les plus hétérogènes, en les rapporlant IOUies à une tence est établie ou parai/ nécessaire (JUNT. 491 ). Il rend possible, selon l'expres-
même réalité plus profonde qui est leur ullime raison d'être (ibid. 202). Cette sion .de Mircea Eliade, la libre circulation à uavers tous les niveaux du ,réel.
réalité plus profonde n'est-elle pas le centre spirituel auquel s'identifie, ou dont Rien n'est irréductible à la pensée symbolique: elle invente toujours un rapport.
participe, celui qui perçoit la valeur d'un symbole? .C'est par rapport à ce Elle est, en un sens, la pointe avancée de l'intelligence; mais· elle se détruirait à
centre, dont la circonférence n'est nulle part, qu'existe .le symbole. s'en tenir à des formulations définitives. Problèmes et mystéres sécrètent eux-
mêmes des réponses, mais sous forme de symboles. Les jeux d'images et les rela-
4. Le dynamisme symbolique et~ fonctionL. tions imaginées constituent une herméneutique expérimentale de l'inconnu. Cet
Le symboh~ vivant, qui surgît de l'inconscient créateur de l'homme et de son inconnu une fois identifié par l'analyste et la raison scientifique, les mêmes
milieu, remplit une fonction profondément favorable à la vie personnelle et s~hèmes imaginaires pourront subsister, mais ))Pur inviter l'homme à la
sOc:itilè. Bien que cette fonction s'exerce d'une façon globale, on tentera cepen- recherche de l'inconpu dans une autre direction et l'entrainer vers de nouvelles
df\nt de l'analyser pour en mieux montrer .le riche dynamisme et les multiples explorations. . . '
facettes. Mais n'oublions pas, ensuite, de réunir dans une vue synthétique ces 2. Cette première fonction est étroitement liée à la seconde. L'inconnu du
divers' aspects, afin de restituer aux symboles leur caractère spécifique, irréduc- symbole n'est pas. en effet, le vide de l'ignorance, il est plutôt l'indéterminé du
tible au morcellement conceptuel. Si noüs avons dû suivre un certain ordre dans pressenti.ment. Une image vectorielle ou un schème eidoto-moteur vont recou-
cet exposé théorique, cet ordre ne signifie aucune hiérarchie réelle et il s'abolit vrir cet indéterminé d'un voile qui sera en même. temps une première indication
dans l'unité du réel. · ou révélation.
Le symbole remplit ainsi une fonction de substitut. Aux yeux de. l'analyste•et
t. On pourrait dire que fa première fonction du symbole est d'ordre
du sociologue, sous un mode figuratif, il se· substitue, en· guise de réponse, de
elll)loratolre. Comme une tête chercheuse .projetée dans l'inconnu, il scrute et
solution ou de satisfaction, à une question, à un conflit;· à un désir, qui demeu·-
tend à exprimer le sens cde l'aventure. spirituelle des hommes, lancés à travers
rent en suspens dans l'inconscient. C'est une,expression substitutive deslinée à
l'espace-temps. li permet en effet de saisir d'une certaine manière une relation
que la raison ne peut définir, ·parce qu'un terme en est connu et l'autre inconnu.
faire passer dans la ·conscience, sous une forme camm,iflée, certains contenus
qui, à cause de la censure, ne peuvent y pénétrer (PORP, 402). Le symbole
Il étend le champ de la conscience dans un domaine où la: mesure exacte est
expri!Tle te monde perçu et vêcu tel que l'éprouve le sujet, non pas selon sa rai-
impossible et où l'entrée comporte une part d'aventure et de défi. Ce que nous
son critique et au niveau de sa consCience, mais selOn. tout. son psychisme, affec-
appelons symbole, écrit C.G. Jung, es/ un terme, un nom ou une image qui,
tif et représentatif, principalement au niveau de l'inconscient. li n'est donc pas
même lorsqu 'üs nous sont familiers dans la vie quotidienne, possèdent néan-
moins des implications, qui s'qjouten/ à leur signification conventionne/le et évi- un simple artifice plaisant ou pittoresque, mais une réalité vivante qui délient un
den/e. Le symbole Implique quelque chose de vague, d'inconnu ou de caché pour pouvoir réel en vertu de la loi de partlr:ipqtion (ibidem). Il se substi\ue à la rela-
tion du moi avec son milieu, sa situation, ou avec lui-même, quand èette relation
nous ... Lorsque l'esprit entreprend /'exploration d'un symbole, il es/ amené à des
n'est pas assum·ee en pleine connaissance de cause.. Mais ce qu'il tend à suggerer
idées qui se situent au-delà de ce que noire raison peul saisir. L'image de la roue
ce n'est pas seulement, selon l'école freudienne, l'objet d'un refoulement, c'est,
peul, par exemple, nous suggërer le concepl d'un soleil divin, mais à ce poinl
selon la pe6sée de Ju11.g, le sens d'une recherche et la réponse d'une intuition
notre raison est obligée de se déclarer incompétente, car l'homme es/ incapable
incontrôlable. la fonction originale des symboles est Préciséme111 celle révéla-
de définir un être divin- C'est parce que d'innombrables choses se situent au-
tion existentielle de l'hom·me â lui-même, â 1ravers une expérience cosmologique
delà des /Imites. de /'entendement humain que nous ulilisons constamment des
(CHAS, 239),' dans laquelle nous pouvons inclure tau.te. son expêrience· person-
termes symboliques pour représenter des concep/S que nous ne pouvons ni defi-
nelle ~t sociale.
nir, ni comprendre pleinement... Mais cet usage conscienl que nous faisons des
symboles n'est qu'un aspect d'un fait psychologique de grande importance: car 3. La subslitution implique une troisième fonction: celle dtun médiateur.
l'homme crée aussi des symboles de façon inconsciente et sponlanée (JUNS, 20· Le symbole .remplit effectivement une fonction médlattice; il jette des ponts,
H), pour tenter d'exprimer l'invisible et l'ineffable. Toutefois le tenne inconnu il réunit des éléments séparés, il relie le ciel et la terre, ta matière et l'esprit, la
vers lequel le symbole oriente la pensée ne saurait être n'importe quelle extrava- nature et la culture, le réel et le rêve; l'inconscient et ta conscience. A toutes les
gance de l'imagination .. Prenons garde d'ailleurs de qualifier d'extravagant tout forces centrifuges d'un psychisme instinctif. porté à se disperser dans la multi-
XX/DlctionnlllN dee aymbol.. lnà'oductlon/XXI
tude des sensations et des émotions, le symbole oppose une force centripète, en Mais l'image ne prend·valeur de symbole que si le spectateur acquiesce à un
établissant précisement un centre de relations, auquel se réfère le multiple et où transfert imaginaire, simple en réalité, complexe à l'analyse, transfert qui le
il trouve son unité. Il résulte de la confrontation de tendances contraires et de place à l'intérieur du symbole et qui place le symbole à l'intérieur de l'homme,
forces antinomiques, qu'il. réunit dans un certain rapport. Il compense les struc- chacun d'eux participant de la nature et du dynamisme de l'autre dans une sorte
tures de dissociation d'une libido confuse par les structures d'association d'une de symbiose. Cette identification \}U cette participation symboliques abolissent
libido orientée. A cet égard, le symbole est un facteur d'équili~re. Un jeu vivant les frontières des apparences et entraînent dans une existence commune. Elles
de symboles dans un psychisme assure une activité·mentale intense et saine, en réalisent une unité. C'est sans doute ce qu'exprime.Rainer Maria Rilke dans un
même temps que libératrice. Le symbole apporte un concours des plus efficaces poème:
au développement de la personnalité. Il posséde en effet, selon l'observation de Si tu veux réus;ir à ce que vive un arbre
C.G. Jung, en marge de son expression formelle, une expressivité lumineuse,
projette autow rie. lui cet espace iruérieur
c'fst-à,dire une efficacité pratique sur le plan des valeurs et des sentiments. C'est qui réside en toi ...
lui qui favorise ces passages alternatifs et inversés entre les niveaux de
Ce n.'est qu'en prenant forme
conscience, le connu et l'inconnu, le manifesté et le latent, le moi et le surmoi.
dans ton renoncement ,qu 'if devient reef/ement àrbre.
4. Une médiation tend finalement à rêunir. Tel est l'autre aspect du rôle fonc-
(Traduction de Liliane Brion-Guerry, Vision intérieure et perspective inversée,
tionnel des symboles: ils sont des forces aalftcatrlees (EUT, 379). Les symboles
dans Aesthetik und allgemeine Kunstwissenschqfi, Banc XI-2).
fondamentaux condensent 1'expérience totale de l'homme, religieuse, cosmique,
sociale, psychique (aux trois niveaux de l'inconscient, du conscient, 'du supra- On conçoit le rôle immense de cette vie imaginative. Mais sè serait perdre à la
conscient): ils réalisent aussi une synthèse du monde, en montrant l'unité fonda- foisle sens du symbole et le sens des réalités que de méconnaître les distinctions
mentale de ses trois plans (inférieur, terrestre, céleste) et le centre des six direc- néces~aires. On ne saurait .assez mettre en garde contre les rÎSC)~e.s et les abus de
tions de l'espace; en dégageant de grands axes de regroupemeni (lune, ·eau; feu, l'identification. Si la voie de. l'identification présente des avantages, il serait
monstre ailé, etc.); enfin, ils relient l'homme avec le monde, les processus d'inté' imprudent de s'y attarder, sans songer en même temps à s'en distancer.
gration personnelle du premier s'insérant dans une évolution globale, sans isole- Elle peut sans doute, par exemple, aider à acquérir, surtout chez l'enfant, les
ment, ni confusion. Grâce au symbole, qui le situe dans un immense réseau de attitudes positives du héros choisi; mais elle risque, en se prolongeant, de susci-
relations, l'hdmme ne se .sent pas étranger dans l'univers. L'image devient sym- ter un certain infantilisme et de retarder la formation de la personnalîté auto-
bole quand sa vahmr se dilate au point de relier en l'homme cses profondeurs nome. L'identification avec les êtres bibliques, écrit un éminent religieux, est un
immanentes ,et une transcendance infinie. La pensee symbolique réside dans des grands moyens de faire découvrir le comportement de l'homme devant Dieu.
l'une des forme!I de ce que Pierre Emmanuel appelle l'osmose coruirme/le de l'in- a
Le malheur seulement serait pour lui de s'idel,l.tifier Caïn. M;ais be ne serait,
térieur et de l'extérieur. après tciut, si lamentable fû\~elle, qu'une erreur individuelle de choix. LC pire;
c'est J'erm1r de méthode, ..c'est faire, sans précaution de l'identification à l'autre
S. Unificateur, le symbole (emplit en conséquence vne fonction pédqopque µn principe pédagogique èt de la structure hétérogénéisante le fondement d'une
et même thérapeutique. Il procure en effet un sentiment sinon toujours d'identifi-
éducation. Certes, les symboles prennent une part décisive dans laformation de
cation, du n1oins de participation à une force sur-individuelle. En reliant les ·élé-
l'enfant et de l'adulte, non seulement comme une expression spontanée et' une
ments distincts de l'univers, il fait sentir à l'enfant et à l'homme qu'ils ne sont
communication adaptée, .mais comme un moyen de développer l'irnagination
pas dès êtres isolés et perdus dans le vaste ensemble qui les entoure. Mais il ne créatrice et le sens de l'invisible; mais ils doivent rester un facteur d'intégration
faut pas confondre ici le symbole avec l'illusoîre, ni sa défense avec le culte· de
personnelle et noq devenir uti risque de dédo~blement de la J>ersonnalité'.
l'irréel. Sous une forme scientifiquement inexacte, voire naïve, le symbole
exprime une réalité qui ré.pond à de multiples besoins de 6. Si, par une rupture d'unité, le symbole risque d'atrophier le sens du réel, il
connaissance, de tendresse et de sécurité. La réalité qu'il exprime n'est cepen- ne demeure pas moins vrai qu'il est un des facteurs les plus puissants de Hinser-
dant pas celle qu'il représente par les traits extérieurs de son image, bouc, étoile tioti dans la réalité, grâce à sa fonction 'soclali18Dte. Il met en communication
ou grain de blé; c'est quelque chose d'indéfinissable, mais de profondemelit profonde avec le milieu social. Chaque groupe, chaque epoque ont leurs sym.
senti, comme la présence d'une énergie physique et psychique qui féconde, élève boles; vibrer à ces symboles, c'est participer à ce groupe et à œtte époque.
et nourrit. Par ces simples intuitions, l'individu s'éprouve comme appartenant à Epoque ·morte, époque sans symboles;· société dénuée de symboles, société
un ensemble, qui l'effraie, et le rassure à la fois, mais qui l'exerce à vivre. Résis- morte. Une civilisation qui n'a plus de symboles meurt; elle ne rclévera, bientôt
ter aux symboles, c'est .s'amputer d'une partie de soi-même, appauvrir la. nature plus que de l'histoire.
tout entiète et fuir, sou$ prétexte de réalisme, la plus authentique invitation à une Le symbole, a-t-on dit, est un langage universel. li est plus et moins qu'uni-
vie intégrale. Un monde sans symboles serait irrespirable: il provoquerait aussi- versel. Il est universel, en effet, car il est virtuellement accessible à tout être
tôt la, mort spirituelle de l'homme. humain, sans· passer· par le truchement de langues parlées! ou écrites, et parce
XXll/Dlctlonnde dU symbole• lmroductlon/XXIU

qu'il emane de -toute la psyché humaine. Si l'on peut admettre un fonds commun conscience individuelle. Sa puissance évocatrice et libératrice variera avec l'effet
de l'inconscient collectif capable de recevoir et d'émettre des n_iessages, on ne de résonance qui résulte de ce rapport entre le social et l'individuel.
doit pas oublier que ce fonds commu!1 s'enrichit et. se diversifie de tou~ les 8. Ce rapport ne peut être équilibré que dans une synthèse harmonieuse des
apports ethniques et personnels. Le m_eme _sy~bole apparent, le cerf ou 1?ur.s exigences souvent différentes de la personne et de la communauté. C'est un des
par exemple,-prendra donc une coloration d1fferente ,selon les peuples et _les md1- rôles du symbole de relier. et d'harmoniser jusqu'aux contraires. C.G. Jung
vidus, selon également les temps historiques. et 1 a~m?5phe;e du 1?1"ese.nt. Il appelle fonction transcendante (fonction des plus complexes, et nullement élé-
importe d'être sensible à ces différences possibles, SI 1 on desire prevemr des mentaire ; transcendant, au sens de passage d'une attitude à une autre, sous l'ef-
malentendus et surtout pénêtrer dans une compréhension profonde de l'autre. fet de cette fonction) cette propriété des symboles d'établir une connexion entre
C'est ici que l'on voit le symbole conduire plus_ loi~ que l'univer~l de la_con- des forces antagonistes et, en conséquence, de surmonter des oppositions et de
naissance. Il n'est pas en effet simple commumcat1on de conn~1ss~c~, 11 est frayer ainsi la voie à un progrès de la conscience. Des pages parmi les plus sub-
convergence d'affectivité: par le symbole, les libidos, au sens energet1que du tiles de son œ\lvre décrivent la filçon dont, par cette fonction transcendante des
terme entrent en communication. C'est pourquoi le symbole est l'instrument le symboles, se dénouent, se délient, se déploient des forces vitales, antagonistes
plus ;fficace de la compréhension interpersonnelle, in\ergrou~, inte~ationale, mais nullement incompatibles, qui n"e sont capables de s'unir que dans un
pro-
qu'il conduit à sa plus haute intensité et à ses plu~ profondes _d1~e~s1ons. ~·ac­ cessus de développement intégré et simultané (JONT, 496-498).
cord sur le symbole est un pas immense sur la voie de la soc1al1sation. i..:mve~­
sel, le symbole a cette capacité d'introduire en même temps au cœur de 1'1nd!v1- 9. On voit donc le symbole s'inscrire dans le mouvement évolutif tout entier
duel et du social. Qui pénètre le sens des symboles d'une personne ou d un de l'homme, et non seuh:ment enrichir ses connaissances et émouvoir son sens
peuple connaît par le fond cette. p~rsonne e~ c~ peuple. . esthétique. Il remplit finalement la fonction de transfonft4teur d'énergie psy-
î. La sociologie et l'analyse d1stmguent t~es Justement les !ymboles ~?rt~ :t chique. C'est comme s'il puisait .dans un generateur cje puissance quelque peu
les symboles vivants. Ceux-là n'ont plus d'ech~ d,a~s l~ cq~sc1e!1c~, m md1v1: confus et anl!-rchique, pour nQrmaliser un courant et le rendre utilisable dans _la
dtielle ni collective. Ils n'appartiennent plus qua 1 h1sto1re, a la lltterature ou~ conduite personnelle de la vie. L'.énergie inconsciente,,éi;rit G. Adler (Aou, 55),
la phiiosophîe. Les rnêmes images seront mortes ou viv~~tes, ~elon le~ disPQs•- inassimilable SOIJ.s forme de symptômes névrotiques, est transfon:née en énergie
tions d_u spectate11r, selon ses attitudes profondes, s~lon 1 evol~uon sociale. Elles qui pourra êtr.dntégrée dans le comportement conscient grâce 11u symbole, que
sont vivantes, si elles déclenchent dans tout son etre une vibrant~ ~ee; celui-ci provienne d'un rêve ou de taule autre manifestation de l'inconscient.
mortes, si elles n_e sont qu'un objet el!térieur, limite à ses propres s1gn!ficat1ons C'est le moi qui doit assimiler l'énergie inconsciente libérée par un rêve (ou par
objectives. Pour l'flindou pénètré de la pensée védique, la ~ac~: presente un un symbole) el ce n'est que si le moi est mùr pour c11 processus d'intégration que
tout autre intérêt spirituel que pour l'éleveur _nor~and. ~~ v1taht~ du symbo~e celui-ci pourra avoir lieu. Non seulerne11t le symb\>le exprime les profondeurs du
dépend de l'attitude de la conscience et des donnees de 1 mconsc1ent. Elle pre- moi, auxquelles il donne forme et figure, mais il stimule, par _l.[I charge affective
suppose une certaine participation au mystére, u~e certaine connaturalité avec c!.e ses images, le développement des processus psychiques. Comme l'athanor
l'iilvisible; elle les réacti\le, les intensifie et transforme le spectateur en acteur. des alchimistes, il transmute des énergies : il peut changer le plomb en or et les
Sin.on suivant une expression d'Aragon, les symboles ne sont plus que des mots ténèbres el) 1umière.
désqffectis, dont /'ancien contenu a disparu comme d'une ég/ire où l'on ne prie 5;' Des classifications à l'éclatemenL
plus. . · . ·
Le symbole vivant ~uppose donc une fonction de ~OIUUI.~· Transporte s~r le Plusieurs tentatives ont éte faites en vue d'une <:;l_assification sysiématique des
plan psychologique, le phénomène est comparable a celui que la dynamique symboles. Elles_ sont ou le couronnement normal d'une étude scientifique ou une
physique, appelle un phénomène vibratoire.. Un co!'Ps, un ~nt suspendu par bypothése de travail provisoire pour préparer l'étude scientifique. Elles ont
exemple, vibre avec sa fréquence propre, v_anable suivant les influences: comme toute_s le mérite d'esquisser· des cadres qui facilitent la présentai.ion; IJlaÏs
le vent, qui s'exercent sur lui. Si l'une de ces·i~fluences, par sa propre ~requ~~ce, aucune ne paraît encor!J pleinement satisfaisante. En voici quelques exemples,
entre en résonance avec celle de ce corps, et si leurs rythmes se combinent, 11 se très sommairemeqt rappeles. .
produit un effet d'amplification des vibrations, d'ac~lération des oscill~Ï!>l!S, A.H. ~rappe distingue, dans La Oenè111 des mythe11, les symboles célestes
pouvant aller progressivement jusqu'au tourbillon et a la rupture. La fonction de (ciel, soleil, lune, étoiles, etc.) et les symboles terrestres (volcans, eav.x, cavernes,
résonance d'un· symbole est 11'autant plus active que le symbole s'accorde mieux etc.) Mircea Eliade ne s'éloigrie guere de cette division dans son classique Traité
à l'atmosphère spirit~lle d'une personne, d'une .~iété, d'u~e époque, d'u~e cir- d'histoire del reUpona, quand i.1 analyse les symboles ouraniens (êtres célestes,
constance. Elle présuppose que le symbole es~ he a u~e_c~rtame psy".ho~o~1e col- dieux de l'orage, cultes solaires, mystique lunaire, épiphanies aquatiques ... ) et
lective et que son existence ne dépend pas dune acuv1t~ pu~em:nt md1v1due!.le. les symboles chthoniens (pierres, terre, femme, féconditè ... ); à quoi s'ajoutent,
.Et cette observation est valable autant pour le contenu 1magmat1f que pour l m· dans un grand mouvement de solidarité cosmobiologique, les symboles de .l'es-
terprétation du symbole. 11 baigne dans un milieu social, même s'il émerge d'une pace et du temps, avec la dynamique de l'éter.nel retour. G.aston. Bachelard dis-
XXIV/Dlc1klnnelre de• •vmbolea Introduction/XXV
tribue les syntboles autour des quatre éléments traditionnels, la terre, le feu, principes de sa propre classification des symboles, Il declare utiliser une
l'eau, l'air, qu'il considère comme les hormones de l'imagination; chacun de ces méthode toute pragmatique et toute relativiste de convergence qui tend d repérer
éléments est pris, d'ailleurs, avec toute sa polyv,alence poétique. de vastes constellations d'images, constellations à peu près constantes et qui
G. Dumezil regroupe les symboles autour des trois fonctions principales qu'il semblent .structurées par un certain isomorphisme des. symboles convergents
a discernèes dans la structure des sociétés indo-europi:ennes et qui ont donné (DURS, 33). Il découvre un tel faisceau de convergences entre la réflexologie
naissance aux trois ordres ou castes de prêtres, de guerriers .et de producteurs. (science des réflexés: les gestes dominants), la technologie (science de l'outillage
Piganiol distingue, lui, les pasteurs ou nomades des laboureurs ou sédentaires, nécessité par .le milieu, en prolongement des gestes dominants) et la sociologie
qui ont chacun des chaînes particulières de syplboles. Pryzulski fonde sa classi- (science des fonctions sociales). Les symboles apparaissent dès lors comme des
fication sur une certaine idée de l'évolution ascendante de la conscienèe: les schèmes moteurs tendant à intégrer et à harmoniser les pulsions et les rellexes
symboles se satellisent d'abord autour du culte de, la Grande Déesse et de la d'un sujet avec les impératifs et les incitations d'un milieu. Les trois dominantes
fécondité, puis !IU niveau de l'homme, du Pere et de Dieu. {réflexologie) sont celles de position, de nutrition, de copulation; les gestes
Pour la psychanalyse freudienne, c'est le principe du plaisir qui est l'axe correspondant à ces réflexes dominants appellent des supports matériels et des
autour duquel s'articulent les symboles; ils se focalisent .successivement aux ni- ustensiles de renfort (technologie); viennent les fonctions sociales du prêtre, du
veaux oral, anal et sexuel de cet axe, sous l'action prédominante, d'une libido producteur et du guerrier, ou l'exercice des pouvoirs législatif, executif et
censurée et refoulèe. Adler substitue à ce principe celui de la puissance, qui judiciaire. Ainsi les symboles apparemment les plus disparates peuvent se
engendre, par un phénomène de surcompensation des sentiments d'infér,iorité, regrouper dans trois grands ensembles, qui ne sont d'ailleurs pas étanches et que
toute une efllorescence de symboles. Dans l'œuvre de C.G. Jung, on pourrait caractérisent les interprétations bio-psychologiques, technologiques ou
trouver plusieurs principes de classificatiôn: par exemple, les mécarlismes ou sociologiques, plus ou moins prédominantes selon les, symboles et'les niveaux
processus 'de l'extraversion et de l'introversion peuvent correspondre à des caté- considérés. Toutefois;· pour des raisons qui ne sont pas absolument
gories différentes de symboles; ou encore les fonctions. psychologiques fonda- convaincantes, et qui trahissent les influences persistantes des bipartitions
mentales, sous les tégimes différents du type extraverti ou du type introverti ; ou ouranienne et chthonienne de Mircea Eliade, ou ténébreuse et lumineuse des
encore, les processus d'individuation avec des symboles caractérisant chaque psychanalystes, Gilbert Durand n'applique pas rigoureusement ces principes. JI
phase évolutive et chaque incident ou accident de parcours. A vrai dire,· il est distingue 'deux régimes du symbolisme, Je. régi~ dlume, qui comprend les
très fréquent que ci: soient les mêmes symboles, mais affectés d'un signe et symboles de la dominante posturale, la technologie des armes, la sociologie du
immergés dans un contexte différents; qui suggèrent cës phases ou attitudes dif- souverain mage et guerrier, les rituels de /'élévation et de la purification, etc.. et
férentes. En tout cas, Je grand anàlyste zurichois ne s'est pas aventuré dans une le réalme nocturne, qui comprend les dominantes digestives et unitives ou
classification méthodique des ·symboles. Tout essai en ce sens, à partir de sort cycliques, la premiêre subsumant les techniq~s du contenant et de /'habitat, les
immense production littéraire, se heurterait à un obstacle fondamental, à l'esprit valeurs alimentaires et digestives, la sociologie matriarcale et nourriÙère: la
même de la recherche jungienne, si profondément hostile à toute systématisa- seconde ,groupant les techniques du cycle, du calendrier agricole comme de
tion. /'Industrie textile, les symboles naturels ou artijiciels du retour, les mythes et les
A la plupart des essais de classification on peut reprocher, en effet, ,avec drames' astro-bio/ogiques (DURS, 50). Nous pensonL que chaque symbole, de
Gilbert Durand (nuas, 24-33) une tendance positiviste et rationalisante. qui quelque dominante qu'il·relève, possède un double aspect, diurne et nocturne. Le
détache les symboles ,comme des signes, des àtTabulations, de5 fragments monstre, par exemple, est un symbole nocturne en ce qu'il avale et dévore; il
d'explication so~iale ou religieuse, des objets à connaitre; elle méconnait leur devient diurne, en ce qu'il transforme et recrache un être nouveau; gardien des
enracinement subjectif et leur mobile complexité; elle souffre d'une secrète temples et des jardins sacrés, il est à la fois obstacle et valeur, ténèbres et
étroitesse métaphysique. Les classifications psychanalytiques, en outre, lumière, nocturne et diurne. Gilbert Durand fait admirablement ressortir,
s'attirent Je reproche d'impérialisme unitaire et de simplification extrême des d'ailleurs, cette bipolarité des symboles. On regrette d'autant plus que ses
motivations: les symboles, chez Freud, se classent trop facilement selon le savantes et subtiles recherches ne l'aient pas conduit à une classification plus
schéma de la hl-sexualité humaine el, chez Adler, se/on le schéma de conforme à ses propres critères. Mais ce peut être aussi la preuve que le symbole
/'agressivité ... Autrement dit, f'lmaglila/fon, selon les psychanalystes, est le est· si complexe qu'il déborde tout système.
résultat d'un co'lflit entre li!s pulsions et leur refoulement social (une tentative
honteuse de tromper la censure), alors qu'au contraire elle apparait la plupart du D'autres auteurs distinguent les symboles cosmologiques, métaphysiques,
temps, dans son élan même, comme· résultant d'un accord entre les dési;s et les éthiques, religieux, héroïques, technologiques, psychologiques; et parmi ces der-
objets de /'ambiance sociale et naturelle. Bien loin d'être un produit du niers, chaque symbole correspdndrait â un type humain, avec son côté positif et
refoulement ... l'imagination est au contraire vrigi11e d'un defou/ement (DURS, son côté négatif. Mais ces divers aspects se retrouvent simultanéil'lent dans la
30). plupart des symbcles à structure feuil/etêe, comme dirait C. Lévi-Strauss, dont
C'est à l'anthropologie structurelle que Gilbert Durand emprunte les l'une des fonctions est précisément de relier plusieurs plans. Ils ne peuvent donc
XXVI/Dictionnaire dee aymbolee lnb'oduction/XXVll

servir de principes de classification. Ils indiquent seulement des niveaux d'inter- passé poétisé, c'est la figure d'un présent conflictuel à surmonter et le projet d'un
prétation possible. avenir à réaliser. Dans cette perspective les symboles fondamentaux concernent
Dans ses études mythologiques, C. Levi~Strauss refuse délibérément de les trois instances qui se surqjoutent dans la psyché humaine à /'inconscient
laisser enfermer son entreprise dans les cadres d'une dassificatlon. Quelle que animal: /'imagination exaltatlve et refoulante (subconscient), /'Intellect
soit la façon dont 011 l'envisage, elle (son entreprise) se développe comme une (conscient) et /'esprit (surconsc/enl) (DIES, 36). C'est ainsi que l'auteur classe les
nébuleuse, sans jamais rassembler de manière durable ou systématique la symboles en quatre catégories: ceux de l'exaltation imaginative (Icare, Tantale,
somme totale des éléments d'où elle tire aveuglément sa substance, coefiante bion, Persée, etc.); ceux du ·dysfonctionnement (les discordes initiales:
que le réel lui servira de guide et lui montrera une route plus sûre que celles théogonie, gigantomachie, etc.); ceux de la banalisation, comme première issue
qu'elle aurai/ pu inventer (LllVC, 10). Cette réserve méthodologique est de celles au dysfonctionnement ; banalisation sous ces trois formes, conventionnelle
qui ont inspiré l'élaboration de ce dictionnaire, qui s'interdit toute classification (Midas, Eros, Pi;yché), dionysiaque (Orphée}, titanesque (Œdipe); ceux du
systématique. C'est autour de ce qu'ils appellent des figures simples, ou les dépassement du conflit ou du combat coritre la banalisation (Thésée, Héraclès,
symboles fondamentaux du psychisme humain que Gérard de Champeaux et Prométhée, etc.). A l'appui de l'interprétation générale, les symboles du pied, de
Sébastien SterckK, dans Le monde des symboles,. ouvrage qui considère l'aigle, de la tunique, de la flèche, du fleuve, etc., trouvent une juste place dans
principalement la symbolique romane, ont regroupé l'ensemble des symboles. cette classification. Elle a le mérite de la cohérence et de la ~profondeur; elle
Ces figures sont le centre, le cercle, la croix et le carré. Il ne s'agit pas de déduire s'inspire toutefois d'un système d'interprétation, d'une très grande valeur, certes,
tous les symboles de ces figures, ni de les réduire tous à ces formes. Une telle mais trop exclusivement centré sur l'éthique. Elle ne met pas en relief les·autres
tentative dénoterait une totale inintelligence de la pensée.symbolique. Ainsi le dimensions, cosmologiques et religieuses, par exemple, des symboles. On· ne
symbole du temple, bien que l'édifice sacré soit le plus souvent carré ou saurait lui en faire grief, puisqu'elle ne prétend donner qu'une traduction du
rectangulaire, ·Se rattache au symbolisme du centre; parce que le temple joue symbolisme my1hique en langage psychologique. Concluons seulement ·que, si
effectivement le rôle d'un centre sacré; de même l'arbre appartiendra au nous ne trouvons pas encore là les principes d'une classification générale, nous
domaine symbolique de la croix, bien que certains feuillus évoquent plutôt pouvons y découvrir une méthode d'interprétation à un certain niveau
l'image de la çoupole et du cercle. On le voit, cette classification souple d'exploration.
présuppose une interprétation, qui.peut être assez éloignée des apparences et André Virel, dans Histoire de notre image, a eu l'idée ingénieuse de prendre
orientée vers de profondes vérités. pour système de référence les trois phases qui apparaissent dans le
De son côté, étudiant Le symbolllnl~ dans la mytholosle grecque, Paul Diel développement des notions de temps et d'espace; dans l'évolution biologique,
répartit les mythes et leurs thèmes suivant les. articulations d'une dialectique dans l'histoire humaine et dans celle même de l'individu. La première phase,
inspirée d'une conception bio-ethico--psychologique du symbolisme. Il considère qu'il nomme cosmogénlque, prèsente des caractéristiques pouvant être centrées
que la vie, en tant que force d'évolution, est dirigée par le psychJsme humain. sur le groupe 'du co111inu; onde, cycle, alternance; c'est fa phase ouranienne de
L'imagination affective est au cœur de ce psychisme. La loi fondamentale de la débordement vital, anarchique et confus~ Dans la seconde phase, 1ehlzo1énlque,
vie réside dans le sain fonctionnement de la psyché, c'est-à-Oire dans la maîtrise l'individuel se sépare du magma: ce·n'est pas encore la différencla1io11, mais
de soi et du monde. Les combats des mythes illustrent les aventures de tout être c'esl la dualité, la séparation en tant qu'opposltion au milieu; elle se caractérise
humain, avec ses possibilités · permanentes et ses phases alternées d'élans par la discontinuité:. délimitation, fixation, accumulation, symétrie, temps
spirituels et de chutes dans le pervertissement. Le héros mythique se découpe cadencé, régulation, ·etc. ; c'est la phase saturnienne d'arrêt, de pause, de
comme une projection symbolique de nous-mêmes, partielle ou totale, tels que stabilisation. La troisième phase, placee sous le signe de Zeus (ou Jupiter) est
nous sommes à une phase de notre existence. Or.la vie évolue, selon· Paul Diel, celle de la relance de l'expansion, mais dans une continuité ordonnée. Alors que
vers une spiritualisation, en vertu d'une pression lente mais, pour l'ensemble, l'être était initialement indifférencié de l'ambiance, il e11 est désormais
irrésistible. Comme par un influx vectoriel, l'esprit remplit une fonction de différencié. La continuité de différenciation s'oppose à la continuité de
surconscience ; l'intellect est une fonction· consciente qui adapte l'homme, le /'indifférenciation de la phase originelle. Au cours de celle troiSlème phasè, que
long de sa voie évolutive, aux nécessités urgentes et aux fins de la vie. Le nous nommons auto9éttlque, l'être s'engendre lui-même, existe par lui-même. Il
dépassement du conscient dans la direction du surconscient . est semé est comme un monde autonome. La dualité schlzogéniquefait'place à la relation
d'embûches, dont la principale cause est l'imagination exaltée. Celle-ci joue un dynamique entre l'être et le monde.
rôle parasitaire, de nature à. contrarier l'effort évolutif et à provoquer une Mythes, symboles, ,structures, Osiris-Seth-Isis, Uranus-Saturne-Jupiter,
régression vers le préconscient ou l'inconscient. Av.ec son cortège d'habitudes arbre-nœud-hache, caverne-serpent-flèche, etc., trouvent place et sens dans cette
illogiques, d'images obsédantes, d'attitudes contradictoires, ce conception évolutive d'ensemble. Cette 1ymbologle 1éttétlque e"plique nombre
dysfonctionnement de la psyché, partagée entre l'attrait du surconscient· et le de faits irrationnels. Elle offre une méthode d'analyse nouvelle, propre
poids de l'inconscient, alimente le subconscient. Ce que le mythe découvre, à à instaurer un ordre parmi les éléments disparates hérités d'univers archaïques
l'aide d'images et de situations symboliques, ce ne sont plus les vestiges d'un hétérogènes. Elle fraie la voie à des interprétations thérapeutiques. Mais, bien
XXVlll/Dictlonnei,. du aymboles Introduction/XXIX

qu'on puisse grouper un certain nombre.de ·symboles autour de chacune de ces complel<ilé et les difficultés du problème. Car le fondement de ces relations est à
trois phases, elles ne peuvent servir de principes de classification. Car chaque rechercher dans de nombreuses directions. Il varie avec chaque sujet, avec
symbole, saufexception, et André VireUe montre parfaitement, s'inscrit dans uri chaque groupe et, dans bien des cas, avec chaque phase de leur el<istence. On
' ensemble qui traverse ces trois phases: l'onde, par exemple,. est représentée peut en effet considérer, avec J. de la Rocheterie, l'objet ou l'image qui servent
comme torrentielle dans la phase cosmogénique; comme endiguée dans la phase de symboles ou ce qu'ils symbolis.ent; mettre l'accent sur le symbolisé plus que
schizogénique; comme régularisée daris la phase autogénique; tous ces termes, sur le symbolisant: dans un symbole de la verticalité, voir le 1K>mmet descendre
et d'abord l'onde, etant entendus dans leur sens symbolique. C'est, là encore, un vers la base, ou celle-ci monter vers les cimes. .On peut se demander comment un
principe d'analyse et non de classification. symbole est perçu par le sujet éveillé, par le rêveur endormi, par l'interprete; à
Toute classification systématique. des symboles s'avère donc insuffisante, quoi il est généralement associé; ce que l'humanité a éprouvé devant ce symbole
jusqu'à ce jour, sauf pour les buts pratiques d:un exposé. La polyvalence même (à travers l'amplification); le niveau auquel il se situe pour le percevant hic et
des symboles rend la tâche malaisée. Il nous a semblé que,' dans l'état actuel des nunc, physique, spirituel, psychique; sa fonction dans le psychisme du perce-
recherches, la meilleure façon d'aplanir les obstacles ou de les surmonter était vant, dans sa situation présente et dans le passé; son rôle, comme témoin et fac-
d'abord de dresser.un répertoire'des symboles et dès types d'interprétation suffi- teuf d'évolution, etc. ·Si nombreux que soient les termes intervenant dans la rela-
samment représentatif et de consultation facile. ·Ce cadre peut accueillir toutes tion symbolique, Hs contribuent, chacun à sa maniére, à lui donner sa valeur et
additions et suggestions nouvelles. Car ce n'est qu'un cadre et non pas une sa coloration propres, Pour insaisissables qu'ils soient le plus souvent dans leur
nomenclature exhaustive. Il y a beaucoup à ajouter; nous avons nous-mêmes totalité, ils n'en possèdent pas moins une certaine réalité, qui tient une place
laissé de côte de très nombreuses notes. Nous avons retenu ce qui etait suffisam- active dans la vie imaginale. Et cette place répond à un ordre des choses; elle
ment typique, c'est-à-dire emprunté à diverses aires culturelles et à divers sys- fonde une logique !Jiiginale, irreductible à la dialectique rationnelle. C'esi le
temes d'interprétation. monde qui parle par le symbole, écrit C.G. Jung. Plus le symbole est archaïque
et profond... , plus il devient collectif et universel. Plus il est abstrait, différencié
6. La ·loSique de l'imaginaire et celle de la raison. et spécifique, 11u conrraire, plus il se rapproche de la nature de particul11rités et
de faits uniques conscients, plus il se troure dépouillé de sa qualité esse11tielle-
Même s'il se dérobe à toute entreprise de classification, le domaine de l'imagi- ment ,universelle. Dans· la pleine conscience. Il court le danger de devenir. simple
naire n'est pas celui .de l'anarchie et du désordre. Les créations les plus spon- allégorie qui ne dépasse jamais le cadre de la conception consciente; el', là, fi
tanées obéissent à de certaines lois intérieuri:s. Même si ces lois nous introdui- sera aussi exposé à toutes sortes d'explicalions rationalistes (JUNA, 67). C'est au
sent dans l'irrationnel, il est raisonnable d'essayer de les comprendre. Un sym- niveau même du symbolique, et non à l'étage dégradé de l'allégorique, qu'il
bole n'est pas un argument, mais il s'inscrit dans une logique. Il existe en effet, importe de saisir les propriétés de cette logique partic11liè.re- Le maniement des
selon Jean Piaget, une cohérence fonctionnelle de la pensée symbolique. Le jail- symboles, dit Mircea Eliade, s'effectue suivant une logique symbolique (ELIT,
lissement luxuriant des images, ecrit Gilbert Durand, mime dans les cas les plus 41).
cmifusionne/s, est totefours enchainé par.une logique des symboles,ft2t-el/e une Le lien entre les symboles ne relève pas de la logique conceptuelle: il n'entre
logique appauvrie {DURS, 21 ). La logique des symboles, accentue Mircea Eliade, ni dans l'extension, ni dans la compréhension d'un concept. n n'apparait pas
trQuve sa confirmation non seulement dans le symbolisme magico-religieux, davantage au terme d'une induction ou d'une déduction; ni d'aucun procedé
mais encore dans le symboJ/sme manifesté par l'activité subconsciente et trans- rationnel d'argumentation. La logique des symboles se fonde sur la perception
cendante de l'homme (EL1;r, 377-378). d'une relation entre deux termes ou deux séries qui échappe, nous l'avons vu, à
Cette logique découle de deux caracteres fondamentaux des symboles, qui toute classification scientifique. Si ron emploie ce mot de logique des symboles,
distinguent ceux-ci de toute billevesée: leur constance et leur relativité. Nous c'est seulement pour affirmer qu'il existe des. liens ou des connexions à (,'inté-
l'avons déjà signalé, les symboles présentent une certaine constance dans l'hisc·~ rieur des symboles et entre les symboles eux-mêmes et que se forment des
toire des religions, des sociétés .et du psychisme individuel. Ils sont liés à des chaines de symbole, {taureau'lune-nuit-fécondité-sacrifice-sang-semence-mort-
situations, à des pulsions, à des ensembles analogues. Ils évoluent selon les résurrection-cycle-etc.). Or ces ensembles relèvent d'associations nullement
mêmes processus. 11 semble .que les créations du conscient, de l'inconscient, du anarchiques, ni :gratuites, ni fortuites. Les symboles communiquent entre eux
transconscient, s'inspirent, dans leur diversité iconographique ou littéraire, de suivant des lois et une dialectique, qui sont encore assez mal connues. Aussi
mêmes modèle5 et se développent suivant les lignes de mêmes structures. Mais paraîtra-t-il juste de. dire que le symbolisme n'est pas logique... Il est pulsion
gardons-nous de les immobiliser dans des stéréotypes définitifs: la sclérose est vitale, reconnaissance instinctive; c'est une expérience du sujet total, qui nait à
une mort assurée. Leur constance est celle d'une relativité. son propre drame par le jeu insaisissable et complexe des Innombrables liens qui
Le symbole, nous l'avons aussi noté, est une relation ou un ensemble mobile tissent son devenir en même temps que celui r;ie Tunivers à qui il appariient el
de relations entre plusieurs termes. La logique des symboles reposera en prin- auquel il emprunte. la matière de toutes ses re-connaissances. Car jin11lement, Il
cipe sur.le fondement même de ces relations.. Mais c'est ici qu'apparaissent la s'agit t[!ujours de naitTe avec, en meuunt l'accent sur cet avec, petit mot mysté-
XXX/Dlctlonnaù'e dae aymbolu Introduction/XXXI
rieux où git tout le mystère du symbole... (CHAS, 2S-26). Mais la logique qui est renonce pas pour autant aux exigences de sa raison. Tout en s'éliminant métho-
ici exclue est celle du raisonnement conceptualisîe: ce n'est pas celle d'un ordre diquement pour ptogressèr sur leur voie propre, raison et intuition des symboles
intérieur, extra-rationnel, saisissable seulement dans une perception globale. s'appellent mutuellement pour subsister. L'une préserve l'autre qui l'enrichit de
Ainsi, les romantiques allemands pouvaient-ils parler d'une logique des sym- ses abus, de ses tentations et de ses explorations. ·
boles, se montrant à cet égard plus proches des futurs surréalistes que des logi- Mais, se demandera-t-on, qpelle est l'objectivité d'un symbole, si, par
ciens de leur temps. exemple, l'interprétation qu'en donne aujourd'hui un psychanalyste ne peut
A trop analyser le symbole, en effet, à le rattacher trop étroitement â une manifestement pas être celle d'un nomade oriental d'avant notre ère 7 Cette
chaîne (foudre, nuages, pluie, taureau, féCondité, etc.) à trop le réduire â une question ne pose+elle pas encore un faux problème? Ses termes mêmes ne sont-
unité logique, on risque de la faire s'évanouir: il n'a de pire ennemi que la ratio- ils pas encore ceux d'une théorie conceptualiste de la connaissance? L'objecti-
nalisation. On ne comprendra jamais assez que sa loglqw n'est pas de l'ordre vité en symbolique n'est pas une identité de co.nception, ni une adéquation plus
rationnel; ce qui ne signifie pu qu'elle soit sans raison d'être. ni qu'elle échappe ou moins complexe entre l'intelligence connaissante, un objet connu et une forc-
à un ·certain ordre, que l'intelligence peut essayer de saisir; Mais le symbole ne mulatlon. verbale ; c'e8t une similitude d'attitude, c'est une participation imagi,
reléve pas uniquement de la connaissance. Analyser intellectuellement un sym- native et émotive â un même mouvement, à une même structure, à de mêmes
bole, dit Pierre Emmanuel, c'est peler un oignon pour trouver l'oignon. Le sym- schèmes, dont. les formulations et les images. peuvent être extrêmement diffé-
bole ne saurait être appréhendé par réduction progressive à ce qui n'est pas lui; rentes selon les individus, les groupes et les temps. Si l'on songe, par exemple, à
oril n'existe qu'en vertu de l'insaisissable qui le fonde. La connaissance symbo- l'interprétation symbolique des mythes grecs, donnée par Paul Diel, QJl n'aura
1 lique est une, .indivisible et ne peut être que par /'imuition de cet autre terme
qu'elle signifie et cache à. /a fois (ETUP, 79). C'est ce que confirme de son côté
pas la puérilité de penser que tous les. Grecs, gens du peuple et artistes, parta-
geaient explicitement les vues de l'interprète contemporain. La pensée symbo-
Henry Corbin déjà cité (CORI, 13). Ces mises en garde tendent plus à présenter lique est infiniment pl11s riche, à cenains éjlards, que la pensée historique.
l'irréductible origina:lité des symboles qu'à nier la logique immanente qui les Celle-ci est en principe parfaitement consciente, mesurée sur des documents,
1 anime. Même là où l'esprit humain semble Je plus libre de s'abandonner à sa communicable par des signes d~finis; celle.-là plonge cJans l'Jnconscient, s'é-lè,ve
spontanéité créatrice. dit C. Lévi-Strauss, 11 n'existe, dans le choix qu'il fait des dans le surconscient; elle s'appuie sur l'expérience intime et la tradition; elle nè
:1, Images, dans la manière dont il les associe, les oppose ou les enchaine, nul se communique qu'en proponion de l'ouverture et des capacités personnelleS. Le
désordre et nulle fantaisie (LEVC). symbole n'en est pas moins là, comme les lions affrontés aux portes de Mycènes,
_ La pensée symbolique révèle une tendance -qui hli est commune avec la comme le lion debout égorgé par un prince ou par un prêtre aux portes de Persé-
pénsée rationnelle, bien que ses moyens d'y satisfaire s'en distinguent. Elle polis, comme le Cimetière marin ou tel autre poéme, comme la symphonie à la
atteste en effet, ainsi que l'a observé Mircea Eliade (ELIT, 381 ), le désir d'unifier Fraternité universelle, avec toutes ses valeurs potentielles. Au cours des âges,
la création et d'abolir la multiplicité; désir qui est, lui aussi, à sa manière, une grâce à l'évolution des cultures et des esprits, il se traduit dans un langage nou-
imitation de l'activité de la raison, puisque la raison tend aussi à f'u11if1cat/011 du veau, il déclenche des résonances imprévues, il dévoile des sens inaperçus. Mais
réel. . il garde son orientation primordiale, la fidélité à l'intuition originelle, une cohé-
Mais imaginer n'est pas démontrer. Les dialectiques sont d'ordre différent. rence dans ses interprétations successives. Les schèmes conducteurs s'ordonnent
Les critércs du symbolisme seront la constance dans le relatif saisie intuitive- sur un même axe. Lire une mytltologie plusieurs fois millenaire avec les yeux
ment., la mise en corrélation .de -l'incommensurable; ceux· du rationalisme, la· d'un analyste contemporain, ce n'est pas trahir le passé, ce n'est pas lui prêter
mesure, l'évidence et la cohérence scientifiques. Les deux processus sont incom- plus de lumière qu'il n'en eut, c'est peut-être même s'aveugler sur une cenaine
patibles à l'intérieur d'une même recherclle': la raison ·s'efforce d'éliminer le lumière. Mais cette lecture vivante, qui s'anime à la flamme du symbole, parti·
symbole de son champ de vision pour se déployer dans l'univocité des mesures cipe de sa vie propre et la rend à la fois plus intense et plus actuelle. Le récit ou
et des ctefinitions; la symbolique met•le rationnel entre parenthèses, pour laisser· l'image restent les mêmes; mais ils vibrent à des niveaux différents de cons-
libre cours aux analogies et aux équivoques de l'imaginaire. Si ces démarches cience et de perception, dans des milieux plus ou moins réceptifs, et les nuances
doivent garder leurs caractéres spécifiques, elles répondent cependant· l'une et du symbole varient avec les termes mêmes de la relation qui le constitue. Ces
l'autre à des micessités, chacune dans son ordre. Le progrès même des sciences, rappons demeurent cependant isomorphiques. Une force vectorielle au sein de
1
et notamment des sciences de l'homme, exige leur co-existence. Un symbole la structure profonde continue de commander les différentes interprétations, qui

Il peut préfigurer ce qui Sera un jour un fait scientifique, comme la terre, sphère progressent au long des siècles autour d'un même axe symbolique,
,.
~ :~ Î
parmi les sphéres, ou comme le don du cœur; un fait scientifique servira un jour
de symbole. comme le champignon d'Hiroshima. Quand il décide de consacrer
sa vie à la recherche; un savant peut obéir à des forces irrationnelles et à une Rejetant donc tout esprit de système, ce dictionnaire ne vise qu'à présenter un
1
conception du monde où le symbole, avec sa charge émotive, tient une place ensemble de symboles, suggestif et évocateur, destiné à élargir les horizons de
considérable. A l'inverse, pour s'ouvrir au monde des symboles, un homme ne l'esprit, à vivifier l'imagination, à exciter la réflexion personnelle, nullement à
I'
XXXll/Dk>J;annejN des •ytnbolea

encapsuler des donnees acquises. En feuilletant .ces pages, le lecteur se familiari-


sera peu à peu avec la pensee symbolique et se mettra en mesure de déchiffrer
par lui-même nombre d'énigmes. S'il désire approfondir un thème, il se reportera
aux ouvrages spécialisés; nous en avons utilise un très grand nombre, qui sont
désignés dans la bibliographie. Enfin, il s'attirera toute notre reconnaissance, s'il
nous adresse ses remarques, critiques ou complémentaires.. Que ce livre, selon
un vœu de Nietzsche, soit surtout u11 difl/ogue, une provocation, un appel, une
évocation ...
Rendons justice en terminant aux initiateurs, les poètes Novalis, Jean-Paul,
Hèilderlin; Edgar Poe, Baudelaire, Rimbaud, Nerval, Lautréamont; Mallarmé,
Jarry, les mystiques d'Orient et d'Occident, les •dëcrypteurs• des imag.es du
monde en· A!Tique, en Asie et dans les Amériques. Les symboles les rassemblent
A
Avec quelle force André Breton n'a-t-il pas fustigé, 'au siècle des sciences
exactes et naturelles, /'inrraftab/e marrie qui corrsiste à ramener l'inconnu au ABEILLE blent à des abeilles qui se choisissent les
connu, au classable, (et quQ berce les cerveaux. Rappelons-nous l'acte de foi du Innombrable, organisée, laborieuse, dis- meilleures fleurs (flUAN, 62).
MànifeSte: Je crois à la résolution future de ces'deux'etats, en apparerice· sï ciplinée, infatigable, l'abeille ne serait Dans le langage métaphorique des der-
co111radictolres, que sonr le rêve et la réalité, en une sorte de réalité absolue, de qu'une àutre fourmi, comme elle symbole viches Bektachi, l'abeille représente le der-
surréalité, si l'on peut dire. ' des masses soumises à l'inex:orabilité ·du viche, et le miel est 1a divine réalité (le
destin - homme ou dieu~. qui l'en- Hak) qu'il recherche (BtRD, 255). De même
Et maintenant; pour reprendre les mots de Marthe Arnould, allons chercher
chaîne, si, de ·surcroît, elle n'avait des ailes, dans certains textes de l'Inde, l'abeille
les clefs des beaux cliemlns; .. A;u,delà des apparences, a/Ions chercher la vérité, un chant, et ne sublimait en mie)• immortel représente l'esprit s'enlvmnt du pollen de la
Ier joie,· /e sens càché et sacré de tout ce qui est sur cette terre enchanteresse et le fragile parfum des fleurs. Ce qui suffit, à connaissance.
terrible... C'est la voie du devenir... ' côté du temporel, à conférer une haute Personnage de fable pour les Soudanais
portée spirituelle à son · symbolisme. et les habitants de la boucle du Niger, elle
Ouvrières de la ruche•, cette maison boUr· est déjà symbole royal en Chaldée,· bien
JH,4.N Cf!EVALIER avant que ne la glorifie le Premier Empire
donnante que l'on compare plus naturelle-
ment .à un joyeux ~telier qu'à une sombre français. Ce symbolisme rnyal ou impérial
usine, les abeilles assurent ,la pérennité de est solaire,· l'anciem\e Égypte· l'atteste,
l'espèce, mais aussi, prises individuelle· d'une part en l'associant il la foudrC,
ment en tant qu'animatrices de l'univers d'autre part, en diliftnt que l'abeille serait
entre terre et ciel, elles en viennent à sym- née des larmes de Re, le dieu solafre,
boliser le principe vital, .à matérialiser tombëes sur la terre.
l'âme. C'est ce double aspect - collectif et SymbOle de l'âme, elle est parfois identi-
individuel, temporel 'et spirituel - qui fait tièe'à Déméter dans la religion grecque, où
la richesse· de. leur complexe symbolique, elle peut figurer l'àm~ descendue aux
partout ou il est. attesté. Commentant enfers; ou bien, au contraire; elle matéria-
Prover't>es. 6, 8: Va voir l'abeille el lise l'âme Sortant du CQrps. On la retrouve
apprends comme elle e51 laborieuse, saint au Cachemire et au ·Bengale, et dans de
Clément d'Alexandri~ ajoute: Car /'abeille nombreus~ traditions irldiinnes d' Amé·
butine sur les fleurs de tout un 'pré pour rique du Sud, l!Însi qu'en Asie centrale et
n'en former qu'un seul miel (Stromates, Il, en Sibérie.' Platon, enfin, aftlfll)e que les
Imitez la prudence des abeilles, âmes· -des hOmmes sobres se -re1ncament
recom~ande Théolepte de Philadelphie, et sous forme d'abeille.
il les cite comme un· exemple, dans la vié Figuration. de· râme et du verbe - en
spirituelle des communautés monastiques. hébreu le nom dè l'abeille, Dbul'e, vient de
Pour les Nosaïris, hérésiarques musul-. la racine Dbr paro.le ~ il est· nèlrmal que
mans de Syrie, Ali, lion' d'Allah est le l'abeille remplisse aussi· uri rôle initiatique.
prince des abeilles, qui, selon certairies ver- et liturgique. A Eleusis et à Ephése, les prê-
sions. seraient les anges, et, seJon d'autres, tresses portent le nom d'abeilles. Virgile a
les croyants: les vrais croyanls ressem- célébré leurs vertus.
2/Abtme
Abl'llC8dellra/3
et liturgique. A Eleusis et à Ephèse, les prê- encore des traces (le gallois cwyraidd de
tresses portent le nom d'abeilles. Virgile a cwyr cire signifie parfait, accompli et l'ir- S'est pour tol(fours Installé un temple et dan1 ses cons,équences redoutables. Un
célèbrè leurs vertus. landais moderne céir-bheach, littéralement sut l'abîme. tel geste symbolise un refus de responoabi-
On ]es trouve figurées sur les tombeaux, cire d'abeille, désigne aussi la perfeclion). ... 0 temple, dont /'enceinœ enferme lité, mais ne le légitime pas. .
en tant que signes de survie post~mortuaire. Le symbolisme de l'abeille évoque donc, l'abime (souN, 97). Déjà, dans les hymnes homeriques,
Car l'abeille devient symbole de résurrec- chez les Celtes comme ailleurs, les notions l'idée se fait jour que l'ablution ne oumt
Chez les Akkadiens, c'est Tiamat qui place
tion. La saison d'hiver - trois mois - de sagesse et d'immortalité de l'âme. des monstres à l'entrée de l'abime: ·
pas à laver la conscience des. fautes
durant laquelle elle semble disparaitre, car (CliAB, 857 sqq.; REVC, 47, 164-165).
morales; la pureté d'âme est bien autre
elle ne sort pas de sa ruche, est rapprochée L'ensemble des traits empruntés à toutes La mère A blme qui forme -toute chose chose que la propretè de la peau; celle-ci
du temps - trois jours - durant lequel le les traditions culturelles dénote que, par- Fit en outre des armes irrésistibles: n'est que le symbole de celle-là: qu1J111 au
corps du Christ est invisible, aprês sa mort, tout, l'abeille apparaît essentiellement Elle eefanta des serpents monstrueux, méc/iant, tout /'Océan n 'tlflocerall pas la
avant d'apparaitre de nouveau ressuscité. comme douée d'une nature ignée., c'est un A la dent aiguë, .aux mâchoires lmpl- souillure de son lime.
L'abeille symbolise encore l'éloquence, être de feu. Elle représente les prêtresseo du 1oyab/es (SOUN, 136). Il est fréquemment fait meQtion~ dans les
la poêsie et l'intelligence. La légende con- Temple, les Pythonisseo, les âmes pures textes irlandWs, d'un roi ou _d"un souverain
cernant Pindare et Platon (des abeilles se des initiés, i'Esprit, la Parole• ; elle purifie Dans la Bible aussi, l'abime sera parfois qui va se laver le matin â une fontaine ou à
seraient poséea sur leurs lèvres a.i berceau) par le feu et elle nourrit par le miel"; tlle conçu co111me un monstre•, le Léviathan*. une source. Ces ablutions sont liées à
est reprise pour Ambroise de· Milan; les brûle par son dard et illumine par son Mais dans le Psaume 104, l'abime est l'exercice de la fonction souveraine et il est
abeilles frôlent ses lèvres et pénètrent dan• èclaL S11r le plan social, elle symbolise le comparé à un vêtement qu,i, enveloppe la possible qu'elles dépendent du symbolisme
sa ..bo11ehe. .Le propos de Virgile selon maître de l'ordre et de la pr~ité, roi ou terre, tandis que Yahvé .St · drapé de général de la source• (CELT, 15, 328).
lequel leo. abeiAes renferment une parcelle ernper~, non mqins que 1.'ardeur belli-
'lumière comme d'un manteau. Par les ablutions, on s'assimile les ver-
de la divine Intelligence .reste vivant chttt queuse et le co11rage. Elle s'apparente aux L'abime intervient dans toutes les cos- tus de la source: les.propriétés diverses des
les chrétiens du Moyen Age•. Olt retrouve héros civilisateurs, qui établissent l'har- mogonies, comme la' genèse et le terme de eaux se communiquent à celui qui s'en
ici la valeur symbolique du bourdonne- monie par la sagesse et par. le· glaive. l'évolution universelle. Celle-ci, comme .les imprègne; elles. purifient, elles stimulent,
ment, véritable chant, de l'abjoille. monstr.es mythologiques, avale les êtres elles guérissent; elles féçondent. L'ablution
Un sacrame11taire gêlasien fait allusion pour les recracher transformés. est un moyen de s'approprier la force invi-
ABIME j:.es profondeurs abyuales ëvoquent. le sible des eaux.
11\lX qualitès extraordinaires des abeilles
qui butinent les fleurs en les frôlant sans les pays ·des mons et donc le culte de la
flétrir. Elles n'enfantent pas; grâce au tra· Abime, en grec comme en latin, désigne Grande Mère Chthonienne. C'est sans
ce qui est sans fond, le monde des profon-
ABRACADABRA
vail de lew:s lèvres elleo deviennent mères; doute sur çe vieux fond culturel que 's'ap'
ainsi le Christ procêde-t-il de la bouche du deurs ou des hauteurs indéfinies. Dans les puie C.G. Jung, lorsqu'il rattache le sy,ln· Cette formule fut utilisée pendant toul le
Père. textes àpocry(:lhes, il symboli~ glob~le­ bolisine de l'abime à l'archétype maternel, Moyen Age.
Par son miel et par son dard, 1'.abeille est ment lei. 6tata illforlllela cle redaten.ce. Il im~ge de la mêre" a/manie.' el terrible. Il ne fallait que porter autour du cou
considérée col111l1e l'emblême du Christ: convient aussi bien au chaos ténébreux des Dans les rêves•, fascinant ou effroyàble, cette sorte de philactère, écrit dlllls la dis-
dtun côté, sa douceur et sa miséricorde i et originés qu'aux ténèbres 'infernales des der- l'abime évoquera l'immense et puissant position triangulaire que voici, pour char·
de l'autre, l'exerdce .de sa justice en tant niers Jo11rs. Sur le plan psychologique; de inconscient; il apparaitra comme une invi· mer diverses malfU/ies el guérir la fièvre
que Christ-juge. Les auteur• du Moyen même, il correspond autant à l'indétermi- talion à explorer les profondeurs de l'âme, (PLAD).
Age évoquent ·souvent cette ligure; pour nation de l'enfance qu'à l'indifférenciation pour en délivrer les fantômes ou en
de la lin, décomposition de la personne. denouer les liens. ABRACADABRA
Bernard de Clairvaux. elle symbolise !'Es- ABRACADABR
prit Saiiit. Les Celtes se réc9nfortaient Mais il peut aussi indiquer l'iniégration
suprême dans l'ooion mystique. La veni- ABRACADAB
avec . du vin miellé et de l'hydromel. ABLUTION ABRACADA
L'.'11beille, dont le miel servait à faire de cale ne se contente plus de s'enfoncer, elle
s'élèVe: un abime des hauteurs se· révèle, ABRACAD
l'hydromel ou liqueur d'immortalité, était ·Dans l'Iliade (J, 450), se laver les mains
comme des profondeun ; un abime de ·bon- ABRACA
l'.qbjet, èn Irlande, d'une étroite surveil· est un geste de purlflea1to.. rlmellc. ABRAC
lance· 1égàk Un texte j11ridi(jue moyen· heur et de lumière; comme de malheur et Comme dans toutes les religions, on
de ténêbres. Mais le sens de l'élévation est ABRA
gallois dit que la noblelSe des abeille• vient procède à de telles ablutions avant les
appa'tu postérieurement à 'celui de la des- ABR
du paradis el c'est à cauJe du péché de sacrifice.. Les ablutions rituelles oont un 'AB
l'homme qu 'e/l~s vi11rent ·de là; Dieu cente. symbole de purificati0n par l'eau•. Etym<>-
Dans la tradition sumérienne, la A
rf/J1J11di1 sa grâce .sur elles el c'est à cafise logiquement : elles ne110/em de la boue
~ l:ela qu '01t ne peut chamer la mesru1J/13 dem.Ure du 111aitre du monde notte sur dom on tri couvert. Ce mot viençlrait de l'hébreu abreg ait
la 'cire". Même si ce texte est tardif et d'ins· l'abime: · Dans l'Evangile, se laver les mains, pour hâbra qui sisnilie: envole ta foudre jusqu'à
piration chretienne, il confirme une tradi- Pilate, 1era se déclarer et se rendre, pense- la mort. En bébreu, il se compose de new
Le Seigneur de l'abime, le mDitre, Enkl,
tion très ancienne dont le vocabulaire offre t-il,pur de toute sou/liure el de respomabl- lettres. La dl$p0$llion de l'aleph mr la
Enkl, le seigneur qui décide des destins .•.
lfté, dans une décision juridique douteu9" ligne gauche du triangle joue "" rOJe

~I
fflllgique par ta présence neiif fols ripétée mœurs et les èroyances des indigènes; elle sagesse d'Abraham lui inspira la folie (voir ABSTINENCE
(MARA, 48), devait même s'y opposer, pour prèserver fou•) d'etre l'aventurier de Dieu.
Dans la tradition chrétienne, à cette idèe
La disposition des lettres en triangle ren- l'unité de la famille et des serviteurs du de purification, par le renoncement à con-
versé dirige vers Je bas les énergies d'en Patriarche. Ce devait être une des cons- ABSINTHE
sommer du sang, "S'ajoute celle de péni.
haut que le talisman prétend capter. C'est tantes de l'histoire d'Israël que cette réac- Dêsignant toute absence de douceur, tence et d'expiation. Le sang, symbole des
donc à trois dimensions qu'il faut voir cette tion perpétuelle contre le milieu corrui>' cette plante aromatique symbolise la dou- irnpulsions charnelles, est considéré
figure : elle re]>résente alors un entonnoir teur. Ce caractère d'étrànger en son pays leur, principalement sous la forme de comme la source principale du péché; l'ex-
où les lettres magiques, courant en biais du lut-même aauvegarderait sa vocation l'amertume, et en particulier la douleur que piation consistera donc à s'abstenir · de
haut évasé vers le bas qui s'étrangle, for· sacrèe. provoque l'absence. boire à la source, à r'enonoer au péché dans
ment les lignes de force d'un puissant tour- Abraham symbolise l'homme obolll par Mais, déjà chez les Grecs, elle servait à son principe même. La· vie se concentrera
billon; malheur aux forces mauvaises qu'il Dieu poµr préserver le dèpôt sacré de la parfumer les vins et les Latins en désalté- sur ses seules sources spirituelles, sur les
happe: elles disparaissent à jàmais hors du foi ; l'homme béni de Dieu, qui lui prodigue raient les athlètes. Le breuvage passait relations · avec le divin, le non-manifestë.
1
monde diurne vers l'abime d où rien ne re· les promesses d'une nombreuse postêritè et pour tonifiant L'abstinence, sous son double ilspecl, puri-
monte. d'immenses richesses; l'homme qui est pré& ficateur et expiatoire, &pp81aît Comme ùne
La formule Abnadabra répond, dans Dans le texte de 1'Apocalypse, A bslnthe
destiné à un n1le wnv-1, comme un nou- voie - • l'int!.riorité. Ainsi la tradition
cet esprit, aux mêmes soucis qui firent serait le nom dormé à un astre flambant
vel Adam et comme l'ancètre du Messie ; chrétienne rejdint-elle la tradition Orien-
inventer amulettes•, talismans ou comme une torche et symbolisant, histori'
son nom sijjltifiera, sel0n une êtymoloeie tale.
pentacles•. quement; le roi de Babylone qui dévastera
populaire: père de la multitude. Mais sur- Che:z les Japonais, méthode de purifica-
T.outes ces formules, dont l'Abracada- Jsra!I et, prophétiquement, Satan : .. .Et le
tout Abraham sera le symbole de l'homme tion qui permet' d'acquérir une pureté posi-
bra n'est qu'un exemple, s'appuient sur un de fol. Sur la seule parole de Dieu, il est
troisième ange sonna... A lors tomba du ciel tive, en évitant les sources . de. pollution.
symbolisme très ancien. N'a-t-on pas fait un gralld asti'«, comme un gloire de feu. li
parti pour un pays qu'il ne Connaissait C'est aux prêtres plutôt qu'aux laies qu'il
des rapprochements avec un des noms de tomba sur le tiers des fleuves el sur les appartient de pratiquer cette méthode. Elle
pas'; sur la promesse de Dieu, celui qui
Mithra, le dieu solaire, •acrificateur et sau- n'avait pas d'enfant et dont la femme était
sources; l'astre se nomme Absinthe: le
consiste à observer certllines interdictions:
veur? · sté:rile est devenu le père d'une innom-
tiers des eaux se.changea dolfe en absinthe,
se garder cle tout contact avec la mort, la
Comme les amulettes•, les talismans et el bien des gens tnou"'renl. de ces eaux
brable postérité; .Dieu lui demandant de maladie, le deuil ; il faut aussi rester che:z
les pentacles•, elles cherchent à donner à sacrifier son fils unique, comme en contra-
devenues amères ... (Apocalypse, 8, 10-12).
soi loin du bruit, de la danse, des chants,
l'homme un sentiment de proleedoo, en le diction avec ses. promesses, Abraham se Selon les interprétations d'exégètes chré,. bref, à l'écart de toutes les activités eXté-
mettant en accord avec les lois my&té- disposait à obCir, quand un ange arrêta son tiens, la chute de l'ét.oile absinthe serait un rieures susceptibles d'engendrer. une soin!·
rieuses qui régiHent le monde et en relation bras. Saint Paul a résumé dans une formule de ces cataclysmes cosmiques qui ]>rélude- Jure. Tout.S ces pratiques 1yn1boli;lent !'Op-
1
avec des pouvoirs supérieurs. s~isissante la puissance de cette foi: comra ront au UTalld Jour de Dieu, c'est-à-dire à position entre le non-manifesté et la mani-
I· spe111; ln spem credidft; ce qu'on pourrait la rm du monde et au Jugement dernier. festation, ainsi que la récherche du non~
AbRAHAM traduire : pour une aventure sans espoir, Il Cette étoile déchue toumœmera les habi- manifesté par la concentration.
pulsa l'espol~ dans sajol; ou encore quand tants Ill ,,, terre d'une mortelle amertume.
Patri111che biblique venu de Mésopo- Il ny avait plu$ d'espéra11ce, sa fol lui Ce qui est singulier, c'est que ce tourment ACACIA
tamie en terre de Chanaan, sous le régne donna, /'espoir, OU el\ .bref: .contre IOUI et ces morts proviendront des eaux L'arche d'alliance est faite cle bois d'aca-
d'Hammourabi, au début du deuxième mil- espoir, il c"'l à l'espérance. clevemiea amères. Si l'an fait intervenir ici
lénaire avant Jèsus-Christ, vers 1850. ci11 plaqué· d'or (Exode J7, 1-4). LA cou-
Du fait qu'il est l'ancêtrereconnu p111 les la symbolique gén!.ralè cle l'eau•, source ronne d'épines du .. Christ serait treasée
Habitant d'Ur en Cbaldée, li reçut de Dieu primordiale de la vie, on est enclin à inter-
trois grandes religions monothéistes, le d'épines d'acacia. Enf'm. dans le rituel
l'ordre de quitter sa patrie et de partir pour préter· cette absinthe comme une calamrtê'
un pays inconnu, dOnt Dieu lui indiquerait Judaïsme, le Christianisme, l'Islam, Abra- maçonnique, . une branche d'acacia est
ham est aussi le symbole du Um ll(llrllael lombant du ciel et corrompllilt les sources placée sur le drap du récipiendtiire, pour
peu à peu la direction, Quand Abraham mimes de la vie. On pensera à HirOsbin'ta
81riva en Chanaan, Dieu lui dit que telle qui unit Juifs, Chrétiens et Musulmans: la rappeler celle qui fut plantée .sur la tombe
fraternité d'Abraham. ou à une explosion nucléaire; qui rendrait d'Hiram•. Ces· quelques traditions mon-
était la contrèe qui .lui était destinée, à lui les ·eaux mortellement ·radio-actives, ou
et à sa descendance. D'après la tradition Sur un plan poychologique, Abraham trent que, dans la pensée jucléo-ch~ienne,
encore aux nitrates iilflltrés dans ·1es cet 1111>uste au bois dur, presque imputres-
biblique, Dieu l'avait retiré d'une région symbolise aussi la nécessité de nappes pluiatiques par l'abus des insCcti-
polythéiste pour faire de lui le gardien de la l'arraebement a11 milieu coalumhr, cible, aux épines redoutables. et. aux fleurs
<iides dans l'agriculture. de lait ~ de sang, est un symbole solaire cle
révélation et du culte monothéiste. Tout familial, social, professionnel, pour réaliser
l'univers connu avait versè dan• l'idolâtrie. une vocatlc'11 hors pair et étendre une Au niveau de l'intériorité, et d'un· point renaissance . et d'.immortalité. • Il faut
Harail et Chanaan n'échappaient pas à la influence au-delà des limites communes. de vue &llalytique, pêut-être dira+on savoir moiirir pour naitre à l'lmmortalib! •
perversion générale. Mais Abraham s'y Le goût de l'aventure et du risque caracté- qu'ab.rlnthe symbolise une perversion de la résum&it Oér111d de Nerval dans le Voyage
implanterait en étranger et la pureté de sa: rise tous les grands destins. La foi en Dieu pulsion· aénésique, une corruption des en Orle111. évoquant le mythe de la mort
foi serait préservée des contacts avec les est capable de soulever des montagnes. La sources, 1.. eaux devenues amères. d'Hiram. Et Guénon souligne .. que les
r

8/Acanthe Allam/7

rayons de la couronne d'épines sont ceux hommes, parce que les architectes, les qui ne peut se trouver que dans le mouve- tions préparatoires à la transe, se tamisent
d'un soleil. défunts, les héros ont triomphé des difficul· menL. L'acrobate apparait ainsi comme le des cendres c.haud,es par-dessus la tête et
Le symbole .de l'acllcia rejoint donc tés de leur tâche. Comme de toute épine, symbole de l'équilibre critique, fondé sur le bondissent sur des braises ardentes, sans
l'idée d'initiation et de connaisslince des on en a fait aussi le symbole de la terre non..:onformisme et le mouvemenL li est sentir la 'moindre brûlure. ·
cho~ secrètes. C'est aussi ce que l'on peut vierge, de la virginité; ce. qui signifie aussi en ce sens ·facteur de progrès. , · L'acrobatie symbolise l'envol vers, une
induire d'une légende bambara. qui place une autre sorte de triomphe. On peut rapprocher certains . exercices condition surhumaine; elle est l'extase du
l'acacia à )'origine du rllombe". Alors que Celui qui est ornè de cette feuille a acrobatiques de. gestes rituels et de figures corps. Marchant sur les mains, tête en bas,
le prem,ier forgeron•, encore enfant, taillait vaincu la malédiction biblique: Le sol pro- orchestiques qui, par le défi.qu'ils opposent pieds en l'air, l'acrobate évoque la figure
un masque. wte esquille de bols d'acacia se duira pour /Of épines et chardons (Genèse, aux lois naturelles, remettent le sujet entre du Peadu", ar.cane ;i<:II du jeu de Tarots. IJ
détacha et sauta au loln en produisant un l, 18), en ce sens que l'épreuve surmOntée les mains de Dieu même .ou lui supposent est alors le symbole, hautement initiatique
vrombissemenl semblable au mglssemem s'est transformée en gloire. une virtuosité surhumaine. Acrobates ou et complexe, du renversement des valeurs.
du lion. L 'eefant appela deux de ses cama· danseurs demandent à cet affranchisse-
rades. prit le fragmem de bois, perça un ACHE ment .de la pesanteur commune. poussé à ADAM
lrou à l'une de ses extrémités. y passa une re11trêole des possibilités humaines, de les
jkel/e et le.fit tournoyer (SBRH, 121). Plante aromatique. ombellifère et tou- livrer à la seule force de Dieu: c'est comme Quelles que soient les traditions. et ks
Cette légende africaine rappelle .une pra· io.urs verte. dont le céleri ou le persil sont 6i elle agissait en eux, pour eux, par eux, exégèl!OS - que plusieurs livres ne .uffi-
tique védique encore en vigueur: un disque les espèces les. plus connues. Les Grecs en afin que leurs gestes s'identi(ient à ceux de raient à résumer - Adam symbolise le
d'~ia est percé d'un trou ; avec un bâton couronnaient les yainqueurs des jeux lsth- la divinité créatrice et .témoignent de sa premier nomme et . 1'1,...e .de Dieu.
en bois de figuier, rapidement tourné dans miquès: les vertes liges de l'ache dorien présence. A propos des danses sru:rees de Premier signifie beaui:oup plus à son. sajèt
le trou,,on produit sous l'effet de la friction couronnent le front de ce vainqueur heu- l'Egypte ancienne. Henri Wild ècrit: Les qu'une priorité dans le temps. Adam est
le feu sacré qui servira au saerifice. L'aca- ""'-" (Pindare). Elle symbolise une jeunesse bon4issements répétés dl!Vaient aller en premier dans l'ordre de la nature. il est le
cia représente. ici le principe féminin, le triomphante et joyeuse. Si elle jouait un s 'occelllUanl el en s'accélérant comme sommet de la création terrestre, l'êll'e
bâton le principe masculin, rôle important dans les cérémonies dans ie Zlkr moderne, qui n'ut peut-ilre suprême en humanité. Premier ne signifie
Même analogie en Inde ou la louche funèbres, c'était pour indiquer l'état d'éter- qu'une sw-vlvance de /'antfque Incantation donc point, i,~i, primitif. Le mot n'évpque
sacrificielle (ll'llk) attribuée. à Brahms est nelle jeunesse, ..auquel le défunt venait da.nsée. Dans l'un el .l'autre, cet exercie,e a en rien un pithécanthr9J'C, qui marquerait
en bois d'acacia (ORAR. OUED~ OUES, d'accéder; pour bu/ de détruire momentanément l'ln- une .étape dans l'èvolution ascendante
MAi.A). divldwlli1é che: celui qui s'.v livre el de d'une. espèce. 11. est premier encore en ce
On voit donc partout l'acacia lié à des ACROBATE produire en lui un étal d'exa//a/lon exta· sens qu'il est responsable de toute la lignée
valeurs. religieuses, comme une sorte de Dans toutes les civilisations, l'acrobate. tlqu,e permellanl à la divinité de, s'incorpo- qui descend de lui. Sa primauté est d'ordre
support du divin, dans son aspect solaire et le saltimbanque. le clown,. le jongleur ont rer en /Mi. (soUI>, 67). De même, au Cam- mocal, naturel et ontoloiique: Adam est.le
triomphant. tenu une grande place. Dans le cimetière bodge, la désartlculalion permet seule à la plus homme ~ 1loQunct. Le symbole IKJUS
des hommes célèbres, à Moscou, un clown danse~e des 'évader des geS/es humains el transporte à un tout autre n~veau _ll:e consi-
ACANTHE a son tombeau de marbre, à côté de dan- d'accpmp/ir les évolutions mythique.;;. dération que l'histoire.
se uses1 d'écrivains~ de philosophes, Coude en dehors, main retournée, fembes li est en. outre à l'Jmaac de pieu. D'un
Le symbolisim de la feuille d'acanthe, d'hommes d'État de l'ancien et du nouveau dans la position df l'envol, ce n'est pas là point de vue. symbolique, on peut entendre
très utilisée dans les décorations antiques régime. Les acrobates, souvent évoqués acr~alle gratufte•. ma(s imltalio~.des érres l'cxpr;Cs~ion _~n ce se;ns q11i'Adam ,est à
et médiévales, dérive essentiellement des dans la littérature et .les arts plastiques, ne •urnaturels (souo 36~ ), (voir clrcum· l'image .de Dieu, comme un chef-d'œ.uvre
piqUallts de cette plante. relèvent pas d'une symbolique très définie; ambuladon"J. est à l'image de l'artist~ qui l'a réalisé.
Selon une légende· rapportée par on. peut cependant observer ~u'ils répon- ·Le point d'aboutissement de cette Mais en q~oi ce chef-d'œuvre serait-il plus
Vitruve, le sculpteur Callimaque, à la fin dent à un des thèmes les plus .constants <le recherche de l'identification au dieu par le paniculière11>ent à l'image de son Créateur,
du v' siècle avent J~c .•. se serait inspire; l'i.magerie ,et des rêveries humaines. Peut- moyen de la danse acrobetique, nous Je si ce n'est par ce que Deucalion n'a pas
pour orner un chapiteau, d'un b<iuquet de être signifient-ils la joyeuse liberté de ceUJ< trouvons à Bali et à Java dans les danses réussi à faire, par l'appirltloa de. I'~
feuilles d'acanthe surplombant le tombeau qui sont affranchis. des com,titions com- des petites filles sang hyang dedari, qui clem la erWloa, par l'animation de la
d'une jeune fille. On peut retenir de cette munes (voir culbute•). sont. en état de transe, le Cllrps tout entier .matiére? C'est cette réalité de l'esprit,- à
lëgende, qu'à l'origine, tout au moins, Ce renversement de l'ordre Otabli, des possédé par une nymphe céleste et qui, l'image de Dieu, mais autre que Dieu -
l'acanthe Otait surtout utilisée· dans l'arthi- positions habituelles, des c<>nventions après qu'on leur a ma/menu la lite au- que symbolise Adam. De fa découlent ces
tecture funéraire pour indiquer que les sociales~ dont les prouesses acrobatiques dessus d'une coupe où brllle de l'encens autr« innovations dans l'univers; la cons-
épreuves de la vie et de la mort symbo- multiplient Jes· exemples - ne correspond dont la fumée tipaisse le~ endort en deux ou cience, la, raiSOQ, la liberté, la responsabi-
lisées par les piquants di:. la plante, étaient pas nècessairement à une phase régressive trois minutes, exécutent des figures acroba- lité, l'autonomie, tous privilèges de l'esprit.
victOrieusement surmontées. d'évolution individuelle ou collective. Si tiques les yeux /erméJ, dans· un é1a1 som· mais d•un es.prit incarné} donc seulement à
Elle orne les chapiteaux corinthiens, les elles révèlent; certes, une situation critique, nambu/ique (souo, 391). Les danseurs l'image de Dieu, et non pas identique à
chars funéraires, les vêtements des grands c'est pour en indiquer aussitôt la solution va~dous, après des exercices et des fumige- Dieu.
Adllm/9

C'O.t pour avoir voulu s'identifier à Ainsi la légende dira qu'Adam meurt un part, présentMt une création d'Adam an~ ments tellurique et pneumatiqu_e agissaient
Dieu 11,u'Adam est devenu le premier aussi venélredi le 14 Nisan à la 9' heure, préfigu- rieure il. celle d'Eve (Eve née.d'une côte ensemble dans A dam .et ses descendants
dw la faute, avec toutes les conséquences rant ainsi la mort du Christ. On retrouvera d'Adam). Selon la Hagada, la. femme (SCQK, 185}. .
qu!IO cette primauté dans le péché entraine dans l'art le crâne d'Adam au pied de la creee simultanément avec Adam aurait été Adam est aussi le symbole du premier
pour sa descendance. Le premier, dans un Croix du Christ. Suivant une légende, Lilith0 • Adam et Lilith ne s'entendent pas; homme, des . originl'S humaines, selon
ordre, est toujours, d'.une certaine manière, Adam sur k: point de mourir demande à Caïn et Abel se disputent la possession de d'autres traditions, i.'llomme primordial
la cause de tout ce qui dérive de lui dans son fils Seth d'aller au Paradis, afm de Lilith. Alors Dieu réduisit en poussière le est représenté en Gaule par le Dispater (k:
cet ·ordre. Adam symbolise la faute qrlal- prendre un fruit d'immortalité de l'Arbre premier · homme et la première femme nom est latin et.non celtique) dont 1011s les
uellc, la perversion de l'esprit; l'usage de Vie. L'ange prépmé è la garde du Para- (SCHK, 181-184). ·Puis, il ri;crée d'abord Gaulois se disent issus.
abiurde de la libené, le refus de toute dis refuse de lui donner un fruit, mais il lui l'homme et l!bomme se subdivise en mâle li y a en. Irlande, comme en beaucoup
dépèndance. Or ce refus de la dépendance fait cadeau de trois graines. De la bouche et: femelle. d'autres pay,s, plusieurs. hommes primor-
envers le Créateur ne peut conduire qu'à la d'Adam mort un arbre croitra de ces Selon le premil'f récit de la Création diaux. ou .....,._ mydûq- en princi~
mort, puisque cette dépendance est la con- graines; il deviendra plus tard l'arbre de la dans la Gcnèlc,. Adam apparnit sous un ua par ~ ayant. envahi l'Irlande (le pays
dition même de la vie. Dans toutes les tra- Croix. Pour saisir k: symbolisme des liens aspect bisexuel ; selon «nains auteurs, il a connu cinq vllllues d'invasion d'après les
ditions, l'homme qui tend à s'égaler à Dieu enlie Adam et le Christ, on peut évoquer est hermaphrodite. Dans le Mldrucb annales du .Lebor Gabala ou Livre dta
est puni d'une sanction foudroyante. encore le dialogue avec Adam dans. le Berelhk Raœ,. il est dit Qlll'. Dieu créa Conquêtes). Les deux principaux semblent
Mais, selon la doctrine chrétienne, voici Paradis (26) de Dante. Adam en même temps mâle et femelle. Un avoir étè Tuan mac Cairill, qui a passé pe,r
qu'un autre Adam apparait, Jésus-Christ, Les traditions juives, avec des influences sens identique est présenté dans la Kab- les états successifs de, sanglier,.faucon ·et
sec:Ond Adam dans l'ordre chronologique, iraniennes et néo-platoniciennes, ont beau- bale, qui d'ailleurs parle de Dieu sous un saumon, et le poète Fintan, sraiiél juge de
mais lui aussi premier, au sens mystique du coup spéculé sur le symbolisme des pre· aspect de roi .et de reine. ce monde, pour ce qui est de la sages~. Il
terme, et, sl l'on peut dire, plus· vraiment miers chapit'res de la Genèse. Adam Dans Platon, .nou~ voyons l'homme est sans doute le seul homme (juste) que le
premier que le premier Adam; primo prlor signifie ~ t..reltre trié ,ar Dieu décrit comme un être. sphériqµe qui tourne, déluge laissa après lui.
selon l'histoire;. car il eSt le plu& homme avec la terre (en hébreu: '811anu1111 terre telle une roue: il fut aussi, à l'origine, hef- Pour chaque grande époque historique il
dei ltommfl, â un titre supérieur, premier labourée; selon une autre hypothèse : terre maphrodite. y a un homme primordial, qui joue k: rcile
dans l'ordre de la nature et dans l'ordre de des hommes). Il est animé par le souffie de L'homme oyiginel dans sa f11rme la plus d'un nouvel Adam.
la grâœ, ces deux ordres atteignant en lui Dieu: ·Avant cette animation, suivant la pure est nommé Adam. Kadmon (scnK, Dans l'analyse de Jung, Adam symbo-.
leur perfection suprême. Il est plus encore Kabbale, il est appelé Golem•. L'argile très 122). Cet Adam Kadmon est le symbolp lise l'llomtm eomdque, source de toutes les
q11e' l'apparition de l'esprit dans la création, fine utilisée par Dieu est - selon la pensée du Dieu vivant en l'homme. C'est le monde énergies psychiques et, le p1118 souven~
il est l'lnaraatlon du Verbe i la Parole juive - prise au centre de la terre, sur le de l'homme intérieur, qui ne se découvre sous la forme du vieux .sage, il se rattache à
même de Dieu faite homme, l'homme divi- mont Sion considéré comme le nombril du que dans la contemplation, le premier l'archétype du pére et. de l'ancêtre: c'est
niSé. Il n'est plus image, il est réalité. monde. Cette terre teprésente le monde homme par antonomase, celui qui est par l'imlll!e du vieil homlne, d'une sagesse
Aussi, chez lui, la faute est-elle impossible; dans sa totalité. Le Talmud décrit les ..cellence à l'image de Dieu. M~is cette insondable, issue d'une longue et doulou-
le second Adam ne peut que conférer la douze premières heures de la première interprétation de la Kabbale n'est pas celle reuse expérience. Il peut, dans .les rêves;
grâce, la sainteté et la vie éternelle, dont journée (ou période) d'Adam: 1. la terre est des. exégètes chrétiens qui voienl en ce prendre figure d'un prophète, d'un pape,
l'acte du premier Adam avait privé' l'huma- accumulée ; 2. l'argile devient un Golem ; terme uniquement le premier homme histo- d 1 un savant9 d'un philosophe, d'un pa~ri­
nité. Le second Adam symb<llise donc tout 3. ses mel11bres sont étendus; 4. l'âme lui rique. · ; arche, d'un pèlerin. L'apparition du vieux
ce qu'îl y avait de positif dans le premier et est insuffiêe par Dieu; ~.Adam se tîent . Dans la .tradition µbbalistique, _Adam sage symbolise le beso.ln d'lntétlnr .., aol
l'élève à l'absolu divin; il symbolise l'anti- debout; 6. Adam nomme les !tres vivants; serait aussi une synthèse de l'univers créé: la aaaeue tndliljlllDClle ou encore d'actua·
thèse de ce qu'il y eut de négatif et rem- 7. Eve lui est donnée; 8. Adam et Eve se I! est .na1ure//emen1 pris au centre et au liser une Slll!esse latente. Suivanf les idées
Place la certitude de la mort par celle de la lient et procréent : de deux Ils deviennent oombrll <k la terre (mont Sion), mals toUJ de 'Jung,. le ~ecqnd Adam, dont. la croix
résurrection. Saim Paul' a magnifié cette quatre; .9. interdiction ponée contre les élémenrr, se réunissent da'ns-sa ~ré4tlon. s'élève sur. le, tomocau du premier Ad~,
antithèse en maint passage : Le premier Adam; 10. désobéissance d'Adam et Dieu rdunlt .·de partout la poo•#ère li pa~tir ainsi 'que .. J~ mOntrent pl_µsieurs., œuvres
lwinme, A dam, a t!tt! fait âme vivante r le d'Eve; Il.jugement rendu contre eux; <k laquelle Adam devait être fait, cmnme d'art, symbolise~ait l'avènement d'une nou-
dernier Adam est un esprit qui donne la 12. Adam et Eve sont chassés du Paradis. l'expriment des étymologies du mol Adam velle hqmanité sur ICI' cendres de l'1111·
vfe, Mals ce n'est pas le spirituel qui parait Chaque heure corrèspond à une phase qui Je compre1'nent e11 rani gu 'abréviation cienne. · · .·
d'abord; c'est le psychique, puis le splrl- symbolique de l'existence. de ses éléments ou .des no~ des . quatre Ce second Adam, ~ Christ, symbolise-
ruel. Le premier homme, issu du sol, est La Hqpda ne tient pas strictement points cardinaux dont il est .fait (sCHR, rait le Soi, ou le parfait aecomplissement
terrestre; le second homme, lui, vient du compte dû texte biblique; ou, mieux, elle 181). Lipsius, cité par Scholem (scnK, de toutes les virtuiilités de l'hoqune. Mais
ciel. (1 Corinthiens 15, 45-50; Romains 5, souhaite compenser la contradiction entre 184), verrait en Adam: la personni/iéation ce symbole· fasciné.nt d'un Adam, héros-
12-17). les deux textes de la Genèse, 1, 27 et 2, 21 mythologique de la terre; il . serait le crui::jfié-n;ssuscité-sauveur~ est comm~. une
Il existe une étroite relation entre le pre- affirmant, d'une pan, une création simul- symbole éternel: le sceau el le inonum•lll charge énergètiqµe, immanente, incitant a
mier Adam et le Christ-Nouvel Adam. llUîée de l'homme et de la femme et, d'autre de l'àmour df. Dieu ci. ~ la terre. Les ilé- Une ti:ansfigUr~tion intérieure. Le lnystère
10/A6ro1Hh• Agn!eu/11
de Jésus apparait tout ent/l!f dan• celle 29, livre 2). Il semble qu'il y ait datls ces char sa mère, 113 jetaient dans le go'4[re un Jean .(19, 36) et Paul (1 Cor 5, 7) affir-
n~sité où chacun se trouve de crocljier données éparses et incomplètes une confu- agneau pout: apaiser le Pylaochos, gardien ment également que la mort du Christ
sa part la plus précieuse, de la meurtrir, de sion entre la doctrine des âges planétaires, t1.n.portes ilffernales (sEoo, 294), accomplit .. parfaitement le sacrifice de
la bqfoul!f, (de la réduire en cendres) et, selon les olltoaoCrldll, c'est-à-dire la doc- .,.,Avec la révélation nébralque ce symbole l'agneau pascal .
gnlce à cene croc(/lxion, de recevoir ta trine de la maîtrise successive de chaque va-prendre tout son sens : L'agneau (ou la Toutefois, le christianisme primitif se
gn2ce du salut... C'est pourquoi le cœur de planète sur un laps de temps déterminé ou brebis) symbofüe d'abord l'llraéllte, rattache également. en parlant de Jésus
l'homme est sans cesse · enstiitglantë et sur l'une des phaset de la vie humaine, et la mambre du troupeau de Dieu, (Isaïe, 40, comme d'un agneau, à une autre prophétie
himineux, smqfrant et glorieux, mort et théorie des cycles planétaires. Les 12 mols 10-11) paissant SOU$ la conduite .de ber- de l'Ancien Testament: la mystérieuse
ressuscité (BECM, 342). , de Jupiter, par exemple, font penser aux gers• (chefs politiques) (1 Hénoch 89, page dans laquelle Isaïe (53, surtout le
: L'analyste pourra voir dans ces ttois 12 ans durant lesquels cet astre fait le' tour 12. s.): verset 7) annonce un inessie souffrant,
phases les symboles de la progression de du Zodiaque; les 8 mois de Vénus symbolisé par l'image d'un agneau mené à
renétent, en plus petit, son cycle de 8 ans, Voici le Seigneur· Yahvé qui vient av"" l'abattoir. (Voir Actes, 8, 32};
l'homme sur la vole de l'iildividuation: "'·puissance, ·
l'indistinction dans une collectivité, la etc. En tout cas, la plupart des auteurs L'agneliü est sur la montagne de Sion et
s'accordent po11r considérer que les pre- ' Tel un berger qui fait paitre son trou' au centre de la Jerusalem céleste, dans
séiiaration du mol qui s'affirme dans sa ·"'p;lau, .
personnalité virtuelle, la réalisation de miers 4 (ou 7) ans de la vie humaine sont l'Apocalypae. Se fondant sur; une descrip-
gouvernés' par la Lune; les annèes de S à .. recueille dans son bras les agneaux. tion presque identique du Braluna-parà
"1te personnalité par l'intégration de
14 (ou de 7 ii IS) par Mercure; de 14 (ou , le~ met sur. sa poitrine,
toutes ses J>uissances dans une unité syn- donnée par la Bltmpvild-Old (15, 6) et de
1S) à 22 (selon Junctin de PlOrence, 23 ou t!ondult au repos les brebis mères (!sale, la· Jérusalem cèleste, Guénon a ouggèrë un
ihétique et dynamique. . 40, 10.:11).
24) par Venus; de 22 (23 ou 24) à 34, 37 ·.' rapprochement - purement phonë-
At3ROLITHE ou 41 par le Soleil; de 34 (ou 37 ou 41) à -,L'image sera reprise par le christianisme tique - èntre l'agneau et l'Ajpil ·vêdique,
4S (ou S2 ou même S6) par Mars; de 4S (Luc ·111, 3: 15 3 s; Jean 21, 15-17)., lequel est d'ailleurs porté par un bélier. La
Considéré comme une théophanie, une (S2 ou S6) à S6 (ou 68) par Jupiter et, '., Mais Surtout, avec une constance qu'au- similitude ne saurait être fortuite car, Ol!lre
manifestation et un message du. ciel. C'est ensuite, pendant 28 ou-30 ans par Saturne. eun événement ne vient altérer, jusqu'A nos le caractère sacrificiel d'Api, l'un et
oomme une, étincelle du feu céleste, une Les astrologues modernes semblent se joua, l'agneau de lait, des juifs· aux chré- l'autre apparaissent comme la lumière au
graine de divinité, des~ue sur la terre. désintèresser du symbolisme de ces âges ileai, et de, ceux-ci aux musulmans, est la centre de l'être; celle qu'on atteint, dans la
Selon les croyances primitives, les astres planétaires, tout en interprétant dans leurs victime sacrificielle de toutes les occasions, quête de la Connaissance suprême. Ce r:ap-
étaient en effet des divinités; les parcelles travàux Mercure comme un enfant, Vénus •:•u~ul•du Renooveau-oû se succédent prochement avec le dieu védique du feu
qu'elles detachalent d'elles-mêmes Claient comme une jeune tille, Jupiter comme' un, Pâque juive,. Pâques chrétiennes, mort et manifeste l'aspect solaire, viril et lumineux
COitlme. des semences. L'aérolithe remplit homme adulte et Saturne comme un· res.urrection .du Christ agneau de Dieu, et de -l'agneau : c'est la face léonine · de
une. mission analogue· à celle de l'ange : vieillard. u.criîice du Ramadan, ce Kurban qui, l'agneau que l'on trouve également signalé
mettre en communication le ciel et la terre. dans la langue courante au Moyen-Orient dans 1'Apocalypse, qui emploie 28 fois le
L'aérolithe est le symbole d'une vie upé- AGNEAU de~ient J'apostrophe·· affectueuse par mot agneau pour •désigner, ·!ê ·Christ.
rieure, qui se rappelle. à l'homme comme ·laquelle on salue l'ami véritable,.comme on Comme, d'une part, le mot grec n'est pas
une vocation ou qui se communique à qui. A toutes les étapes du développement de lu• dirait •frère•. exactement le même qioe dans les cas pré-
ta civilisation méditerranêenne - civilisa· Une ,étude détaillée de ces trois rituels cédents. et que, d'autre part, cet agneau
AGES PLAN:êTAIRES lion de pasteurs nomades autant que fait apparaitre la continuité de leurs signifi· exerce sa colère (6, 16 s), fait la guerre ét
Chaque planète symboli9e en astrologie d'agriculteurs sédentarisés - l'agneau cations, symboliques, jusque dans les îem,portc la victoire (17, 14}, on .a pu, non
un âge déterminé: la Lune, la première premier-né, celui qu'on appelle aujourd'hui 111oindfl'S details. Ainsi l'effusion du sang sans quelque vraisemblance, supposer, une
enfance ; Mercure, le jeune ~ge ; Vénus, agneau de la Saint-Jean, apparaît, dans sa rèdempieur du Christ sur la croix n'est pas innuence, du symbolisme astral (le tielier
l'adolescence:; le, soleilt la jeunesse; Mars., blancheur immaculée et glorieuse, comme una rapport avec ce sang salvateur de du Zodiaque), Quoi qu'il en soit, la symbo-
là virilité; Jupiter, l'Aae mùr (ou 'la vieil- une cratophanie printanière~ il incarne le l'agneau,sacrifié dont les juifs enduisent ljll lique antérieure est enCQre , présenle : il
lesse seldn' Junctiri de Florence); et tri()mphe du renouveau, la victoire, tou- montants· et. le linteau .de leur porte pour s'agit d'un .agneau immolé (S. 6, 9, 12) et
Saturne, la décrépitude, ùn sait' que _les jours à refaire, de la vie sur la mort. C'est écarter de_ leur maison les forces du, mal. donc sacrificiel ou même pascal. Mala le
siatues d'Apollon, symbole du Soleil, sont "1te même fonction archétypale qui fait de " l,orsque Jean-Baptiste s'écrie en voyant symbole Eenvoie ici au Christ -ressuscité ,et
tottjours imberbes comme celles de' Mer- lui par excellence la victime propitiatoire, Jéslia: Voici l'Qgneau de Dieu qui die le glorifié .. C'est pourquoi on y décéle, des
cure, alors que Jupiter est représenté par celui qu'il fallt sacrifier pour assurer son fJécl!é du moflpe (Jean, 1, 29), il se rllt\aChe harmoniques- nouvelles: l'agn~µ vain-
un hnmine en pleine force, et Saturne par propre saluL Et là, ctlmme en beaucoup certainement, au moins en partie, au thème queur de la mort (5, .S-6), des puissances du
un vieillard. Cette doctrine des âges plané- d'autres rites et coutumes, les adepte$' de fl!Crificiel. C'est l'accent paacal qui appa- mal (17, 14), tout-puissant, divin ~. ,1-9),
taires, qui remonte historiquement aux Dyonisos préfigurent le temps des grandes rai~ au premier plan dans la premi~e épître et juge (6, 16 s).
Ore<:s, varie beaucoup selon les auteurs, révélations: ainsi, pour permettre au dieu de.Pierre (1, 18-19): le chrétien est libm, C'est sans doute pour éviter toute confu-
Firrn.icus Maternus, astrologue sicilien du de réapparaitre aux bords du lac de Lerne, comme jadis Israël d'Egypte, par le sang sion des cultes et des croyances. qui pour-

il IV' siècle, en donne des exemples (chap. par lequel il était descendu aux enfers cher- d'un agneau, Jésus-Christ. rait résulter_ de la similitude des symboles,

1
121 Agriculture Algle/13

qu'ùn wncile tent1 à Constantinople, en ses attributs pour participi;r à ses pouvoirs. ·Ol- llolalre 1 l'aigle est le substitut du Mais, avec le temps, les doux civilisa-
692, ordonna que l'art chmien représente 11 est aussi le symbole primitif et collectif wleil dans la mythologie asiatique et nord· tions se mariant,- ces deux symboles, origi-
le Christ en Croix, non plus sous la forme du père et de toutes les figures de la pater· asiatique (ELll', ·122) ; ïl en va de même nellement anta,gonistes, Se· supCfp.Qsent ·et
de l'agneau, ni entouré du soleil et de la nité. Mais cette universaliti: d'une image den• les mythologies amérindiennes, et sin· se confondent : Il est singulier que la croix
lune, màis sous les traits de l'homme. n"enlève rien à ~8 richesse et ala corn~ gulièrement chez·· lei! Indiens de la prairie. de forme géométrique simple, du type
plexité du symbole qu'elle sous-tend. Nous On comprendra aisément que la plume ·romain, soit devenue finalement, - mime
AGRICULTURE essaierons de le développer'par des rappro- d'aigle et le siffiet e!I os d'aigle soient indis- pour k• Peaux-Rouges des plaines, le sym-
chements .d'exemples empruntes à des pensables à. qui doit affronter l'éprouve de bole du faucon• ou de l'aigle 11111' alles
Dans quelques textos irlandais, il est <lit sources. différentes, ··1a dllnse qui regarde le sa/el/. Même identi· étendues, aussi bien que celui rie la dlcol)'·
que les dieux sont les gens d'art et le• non· ftcation chez· los Aztèques et aussi au /édont du plant de ma& sor1a11t de ·terre
dieux.les agriculteurs. Par là serait mis en Roi del 01-•: l'aigle couronne le Japcin : le Kami dom le messag'ér ou ·le - et cela de façon Indigène et Sfln• aueune
évidence le caract're aristocratique et symbolisme génêral de ceux-ci, qui est StJpport est. litt aigle dénommé aigle du so- Jllfluence européenne~. D'une façmi ·géné-
g~ier de Ja civilisation celtique, laquelle celui des ~tais spirituels supérieurs et donc rale, !'Oiseau-Tonnerre - aigle d'Ashur et
lel/.
aurait abandonné aux populations infé, des anp1•, comme l'atteste souvent la tra- Dans leur représentation de runivers les de Zeus - à mesure que le temps passe et
r~ret. CA)llqu.ioes ou soumises, le soin des dition biblique: Tou~ les quatre avalent cfodiens Zunis placent l'aigle avec le soleil que les culmres se mélangent, devient aussi
fonçtions productrices (~oir lllllltl"). Lü une face d'aigle. Leurs ailes étalelll .dé· au cinquième point cardinal, qui est le le Seigneur de la Penilité et de la Terre
Irlandais du Moyen Age évaluaient la playées vers le ,haut; chacun avair deux ··Ehilt!t• (le sixiérne étant le Nadir et le sep- symbolisée par la Croix (ALEC1 120),
richesse, non en cµ!tul'C!I. l)lais en betail. Lt ailes se tauchant et deux ailes l~I cpuvrant tième le Centre, plaœ de l'homme) (CAZD, Pourrait--on dire que, dans le maria.se de
pasteur était à l'honneur, non le laboureur. le corps; et Ils allaiem Id où ('esprlr les 2'6'257). C'est le placer sur ·l'axe du ces demi' étapc8 culturelles, forces oura·
-L'asriculture a pour emblèmes les poussalr... (Ezéchiel. J, 10), Ces images ·mondB, rejoigna11t ainsi la croyance des nienncs et chthoniennes Viennent à s'équili-
cornes d'abondance, une charrue ou une sont une expression de la transcendance : Grecs· p0ur lesquels les aigles, partis de brer? L'étude de l'iconographie féodale, en
bêche pros d'un arbrisseau, pour divinité rien no· lui ressemble, même si l'on mul- ri.rtrêmité du monde~ sont dits s'arrêter à Occident, tendrait à confirmer cette hypo-
l!Ile Cérès couronnée d'épis, p;1ur régula· tiplie les'attributs les plus nobles de l'aigle. · la venicale de l'ompblltœ de Delphes : ils thèse, en rapprochant· ou confrontant fré-
tour la roue du Zodiaque. L'agriculture Et dans !'Apocalypse (4, 7-8)' ... Le qua- ,auivent ainsi la trajectoire du ·soleil, du quemment l'aigle et le lion"; Ce qui n'est
symbolise l'union des quatre éléments, trième \!IVant ell comme u11 aigle en plein leter au zénith, qui coîncide avec l'axe du pas sans évoquer les Aztèques,. dont les
dont.le mariage conditionne la fé<:onditQ: vol: .. · mon&. Oc<:upant aussi la place de· la divi- denx grandes confréries guerriéres étaient
la terre et l'air, l'eau. et la chaleur. , U' Pseudo-E>enys l'Aréopagite explique nité suprême ouranienne, J'8.igle se: trouve~ celle des cltWallers-atgles et celle des
Les cultes agraires sont innombrables, ainsi la reprèsetitation de l'ange par l'aigle: dans .le panthéon indien èomni.e auprès de chevallers;Jaguars (MYTF, 193). Chez les
parmi les plus .primitifs, et très riches en la figure de /'aigle Indique la royauté, la :'Zoas, devenu maître de la foudre et duton- Aztèques encore, le cœur des guerriers
symboles. Mais l'agriculture dans la hié- tendance vers les cimes, le vol rapide, /'agi· nerre. sacrifiés sert d'aliment à !'Aigle solaire. On
rarchie sociale semble avoir tQlljours, tenu lité, la promptitude, l'lngénio•lté à décou· ·See ailes déployées, commente Aleiunl· los appelle les gens de l'aigle. La 'i'aleur
un rang inférieur, tandis quo le pasteur, le vrir les nourritures fortifiantes, la vigueur der, évoquent les lignes brisées de l'éclair", symbolique des guerriers tombés ab c:otn·
nomade, a,vait la dignité du, guerrier. Elle d'un regard tendu librement, directement et ,aussi bien que eellcs de la croix•. Alexan· bat-et celle dea hommes sacrifiés à !'Aigle
correspond au ventre•. sans dérour vers la con1emplalion de en ·der voit dans les deux imagés de' l'aigle· solaire est la même : ils nourrissent le soleil
rayons, ·que la génbos//é du Soleil théar· jclair 'et de l'aigle-croix les symboles de et l'aéeompagnent dans sa course.
AIGLE chique multiplie (Pseo, 242). illlux ciVilisations,cellc des chasseurs, celle Cette association symbolique de l'aigle
Roi des oiseaux, incarnation~ 1IUbstitut L'aigle fixani Io ooleil, c'est encore le ·des 'agriculteurs. Selon cet auteur, l'aigle et du jaguar se retrouve dans la deseription
ou messager de ta plus haute divinité oura- symbole de la perception, directe de la dnittitê ouranienne, expression de du trône d'apparat de l'cmpenur attèque:
nienne et du feu céleste, le soleil, que lui lumière intclleotive. L'aigle regarde •ans l'OisealJ.;Tonnerre, est à l'origine l'em· il était assis sur •un pluma.se d'aigle et
seul ose fixer sans se brûler les yeux. Sym- crainte k soleil bien enfaoe, écrit Angelus blème ·pmcipal des civilisations de ohas- adossé à une peau de ja,guar (soul\). On
bole si eohsidérable qu'il' n'est point de Silcsius: et taï l'éclat éternel, si ron cœur ·seurs' - nomades, guerriers, conquérants ; pourrait· citer quantile d'autre1 exemples de
récit ou d'image, historique ou mythique, e11 pur. Symbole de contempla\ion;.auquel 'CO!Rme la croix (la croix foliacée du l'association Aigle-Jaguar chez los. Indiens
dans notre civili•àtion ·comme dans toutes Se rattache l'atttibution do l'aigle à saint · Mexique, stylisant la pousse de maïs dico- des deux Amérique..
fos autres, où l'aigle tt'accmnpâgne, quand Jean et à !lôn 'Evangile. Identifi~ au Christ tylédone) est le principal emblème des civi·
il no les reprësente pas, les plus -grands dans ccnaines œuvres d'an du Moyen Age, !itations ·agraires; A l'origine des cultures Une autre expression de la dualité ciel-
dieux comme les plus grands ·héros: il est il exprime à là fois son aill!ension et sa indlClnnes, l'un· incarne le Nord; le froid et terre apparaît avec l'opposition -.....
l'attribut de Zeus (Jupiter) et du Christ, royauté. Cette seconde interprétation est la, polarité mâle; ~·autre est caractéristique ...,....- mentionnée dans les Vedas: avec
l'emblème impèrfal do César et de NapO- une transposition du symbole romain de :du Sud, rouge, .humide et chaud, avec la l'oiseau mythique Gll'àda" qui est, origi-
lèon, et, dans la prairie américaine comme l'Empire; symbole qui sera aussi celui dù polarité femelle. 11 ne faut pas oublier ici, nellement, un aigle. Oiseau solaire, brillant
en Sibèric, au Japon~ en Chine, com01e en Saim-Empîre médiéval. Les Psaumes, -qlle fonction de ce qui précède, Nord et comme le feu, mMture de Vllllmll - qui
Afrique, chamans, prêtres et devins aussi enlin, en font un symbole de rëgénêration Unith, Sud et Nadir, s'apparentent comme est lui-même de nature solaire - OllNda
bien que rois et chefs de guerre empruntent spirituelle, comme le phénix•. devant et dessus, derrière et dessous. est nA&Arl, ennemi de• serpents, ou

JJ<.
14/A!gle Algle/18

daAntaka. destructeur de serpents. La Mac Cairill et à un passsge du Mabinogi •igles pour percevoir les volontés divine&. des ·rois) du drapeau de l'Iran ancien sur
dualité de l'aigle et du serpent signifie uni- de Kulhwch et Olwen ; l'aigle est de ces L'aigle romain, comme le corbeau lequel un aigle figurait.
vencllement celle du Ciel et de la Terre, ou animaux primordiaux initiateurs, que sont ,ermano"Celtlque, est essentlel/ement · le C'eat notamment . la notion de v m
la lutte de l'ange contre le démon. Au aussi le merle, le hibou", le cerf" et le sau- lrteSsager de la volonté d'en haut (0U11.s, puissance divine et lumière de gloire en
Cambodge, Garuda est l'emblème des sou- mon•. On n'en connait pas d'autre appari- 134). Mazdéisme (religion de l'Iran pré-
verains de.rllce .solaire, le N ... celui des tion dans la mythologie celtique, hormis la · Roi des oiseaux, il dort, dit Pindare, sur islamique) qui est attachée à ce symbole.
souverains de race lunaire. Garuda . est métamorphose de Llew en aigle, quand il Ir sceptre de Zeus, dont il. fait connaitre les Dans l'Avesta (Zilmylld-yashn yaslu
encore la Parole ailée, le triple Veda, un vient d'être tué par l'amant de sa femme volontés aux hommes. Lorsque Priam part XIX, § 34-38) le vanma· a été symbolisé
symbole du Verbe, ce que l'aigle est ég.ale- adultere Blodeuwedd, dans le Mabinogi de demander • à Achille de lui rendre le par un aigle ou un faucon. Lorsque le ·toi
ment dans l'iconographie chrétienne. Math; mais il apparait assez souvent en cadavre d'Hector, il fait une libation à légendaire de l'Iran; Djamshid (Yama), le
Garuda est encore symbole de fon:e, de numismatique geuloise. Son rôle semble Zeus~ Envoie-moi ton oiseau, rapide mes- premier roi du monde selon ée livre (ou le
courage, de p~étration; ce qu'est ·aussi avoir été tenu .en Irlande par Je .faucon• 1ager, l'oiseau qui t'est cher entre tous et troisiëme d'après le Shâhnâma de Fer-
l'aigle, en raison de l'acuité de sà vision (CHAE, 71-91; LOTM, 1, 206-207). qui a la foroe suprlme. li apparafJ sur la dawsi) proféra ml. mensonge, le vua\:ia qui
(CORM, DAN'°' HEHS, HERS, MALA). Nous retrouvons l'image archétypale du droite, s'élançant au-dés•us de la ville, ei, à habitait en lui le' quitta de façon appatefite
Doté de cette fon:e solaire et ouranienne Père asaociée à celle de l'initiateur et du le voir, lllus ont grande joie, et en eùX le sous forme d'uil oiseau, riraalma (fauçon).
que montre à l'évidence la puiss-nce de Psychopompe dans ce mythe sibérien rap- 1'tl!llr se fond. (lliark, 24, 308-321). L'aigle Aussitôt, le roi se vit dépouillé de . toutes
son envol, ·l'aigle devient tout nâturelle- porté par. Uno Harve, qui fait de l'aigle le volant à gauche est, au contraire, de mau- ses facultés prodigieuses ; il fut vaincu par
ment l'oilca1Hatelalre, 1'111itlateur, et le héros civilisateur Pére des. chamans : le vais augure= et nous retrouvons ici la sym~ ses ennemi.• et ~it son trône. ··
psychopo1JJJlf, entrainant l'âme du chaman Très-Haut envoie I' Aigle au secours des bdllqu~ de la droite•• et la gauche. L'apparition de .l'Islam n'alim pas le
à travers :les ·espaces invisibles. Les tradi- hommes, tourment!ls par li:t mauvais Âugural, mais souven.1 confondu, symbole de l'aig)e. Dans plus d'un conte,
tions américaines et amatiques· se recou- esprilltqui leur apportenUes miiladies et la comme on l'a vu en Irlande, avec d'autres un magicien prouve· sa 1uprêm,atie s.ur un
pent et se renfor~t ici continuellement, ne mort; mais lt,'i hommes nc·.comprennent rapaces nobles, principalement le faucon•, autre e~ se tratisfor:mant en aigle.
serait-oc que par l'utilisation identique de pas le langage du· messager; Dieu lui dit de tel apparail aussi l'aigle dans la 1radition Un pouv~ir surnaturel est attrijluê à œt
la plume d~aigle dans les pratiques chama- donner aux hommes le don de chamaniser ; irll"ienne. Dejà à l'époque des Médes et oiseau dans les vieilles pharmacopées, qui
niques des .deux continents. Ainsi, en l'aigle .rede&CCDd et engrosse une femme ; des Perses, il symbolisait la victoire. Selon prescrivent de boire du sang d'aigle pour
Sibérie le chaman danse longtemps, tombe celle-ci donne naissance ,au premier cha· Xénophon · (Cyropédie Il, 4}, lorsque les ac.quérir vigueur et t>ravoure et pretendent
d terre Inconscient et son fJnw est portée·au man (HARA, 318). anriées de Cyrus (S60-S29 av. J.-C.} vin- que sa fiente, mê~ à une sorte de boisson
ciel dans une barque tirée par dts aigles La traditiol) occidentale, elle aussi, dote rent liu secours du roi des Mèdes, Cyaxare, alcoolique appelèe 1ikl, porte reméde à la
stérilite des femmes (MOKC, 23-43). De nos
(Eue,. 315); cependant que, chez les l'aigle de pouvoirs exceptionnels, qui le ei;i_ guerre ëontre les Assyriens, un aigle
Pavitso, Indiens d'Amérique du Nord, un placent au-dessus des contingences ter· sttr\iola les armées iraniennes et cela fut jours encore pour les nomades Yürük de
bâton, portant à son extrémité une plume restr~ Ainsi, bien qu•il ne &Oit pas immor- imeriJrété ·comme un heureux présage. Turquie, l'aigle représente l'âge de la pleine
d'aigle procurée par, un chaman, est posé tel, il possède un pauvoir de rajeunisse- ~me Eschyle (Perses, 20S s.)imagine que puissance paternelle, à mi-chemin du pais-
sur la tête du, malade, .et le mal se trouve ment. JI s'expose au 110leil; et, quand son la dêfaite des Perses devant les Grecs fut son, âge de l'adolescent, et du mouton, âge
emporté, comme le chaman· par l'aigle plumage est brûlant, il plonge dans une eau annoncée en songe à Atossa par la: vue du . vieillard.
dans ses vols magiques. Dans la.même aire pure et retrouve ainsi une· 1\0uvelle jeu- d'~ aigle po':'rsuiva-nt un faucon. Dans les rêves et la mantique orientaux
culturelle une croyance fondamentale veut nesse. Ce qu'on peul comparer avec l'ini- l'aigle symbolise un roi puissant, tandis
.. ~~rodote · (Ili, 76) raconle qu'au qu'un roi est le présage d'un malheur. Le
, qu'un aigle soit posé sur la cime de farbre tiation ·et l'alchimie,. qui comprennent le moment où Darius et les sepl notables de
cosmique, pour veiller comme un rcméde à passage par le feu et par l'eau. Sa vue per- folklore a maintenu cette valeur symbo-
l?Iran ..hésitaient à marcher sur le palais de lique de l'aigle. Dans Les secrets de
ious les· JRIUl que contiennent &e$ branches çante en fait un clatr-voyaru en. même Gaumata, roi usurpateur de Perse, ils
(KRAM. 26,6; ELjC, 24 7). Jnitiatriee et psy- temps qu'un psychopompe. Il est, en pleine Hamza (p. IO); le roi Aniishiravân (Cho-
virent Bept couplea de faucons paursuivre sroès 1) voit en songe un vol de corbeaux
chopompe, au11Si est la grande aigle qui chrétienté, cenJé emporter l'âme du mort 4~x couples de vautours et leur arracher
sauve le héros Tôshtük du monde d'en bas sur aes ailes, afin de la faire retourner vers venant de Khaybar. Celui qui est en tête
les plumés: cela fut considéré comme de s'empare. de sa coµroMe; A ce moment,
pour l'élever au monde d',.li haut; elle seule Dieu. Un vol . de descente signifie· la des· bon augure paur la réussite de leur dessein
est capable de voler d'un monde à l'autre. cente .de. la lumière sur la terre. trois aigles royaux veJIJlnt de la directiDll
c:t ils ·partirent à l'assaut du palais. de la Mecque fondent sur le corbeau et lui
Par deux foa, elle avale le héros moribond Les mystiques du Moyen . Age revien-
pour lui refaire. le corp• dans son ventre, nent fréquemment sur le thème de l'aigle L'étendard , de l'Iran achémenide était reprennent la couronne qu'ils rendent. à·
avant de le remettre au jour. Tout autant pour évoquer la vision de Dieu ; ils compa- coinposé d'un aigle d'or. aux ailes dO- Chosroès. Ce rêve est interpreté par le vizir
d'images initiatiques, révélant un pouvoir ren1 la prière aux ailes de l'aig)e s'élevant ployées et posé au bout d'une lance Bûzardjomehr comme désignanl un
de régénération par absol'J)tion. vers la lumiére. (Cyrppédte VII, 1), ce qui voulait symboli- ennemi du roi qui sera vaincu par l'émir
. L'aigle fait partie, dans un récit apocry- De voyant, il devient aisément. augural ser la. puissance et la victoire dea Perses Hamza, ·'Amr (w) son écuyer; et Moqbel
phe gallois, des Anciens du 1111111de; ce et divinate;ur. Dans l'Antiquité méditerra- dang. les guerres. Ferdawsi (940-1020} son archer. La qualification d'aigle royal
texte correspond au récit irlandais de Tuan néenne l'art augwal .interprète le vol des parle également dans son Sltâhntlma (Livre est employée plusieurs fois pour désigner·
18/Algl• Alln/17
ces trois· personnages qui sont appelés s'écroule jamais, au sommet de laquelle il Mais la croyance la plus persistante, dans terrestre: ce que l'ésotérisllle alchimique
auui dheb-qarin, c'est-à-dire seig11eurs ik est posé, comme la réplique d'une colonne le"bassin mêditerranéen et jusqu'en Inde, exprimait par l'image de·/'alg/e' dévorant
l'époque, qui remportent la victoire•sur les identique pla<:ée devant la maison du Dieu est qué rat! protège contre le mauvais œil. le Iton•. Dans toute tradition les ailes ne se
infidèles,. ce qui leur vaut d'être comparés à suprême et dile celle qui jamais ne vieil/il p(lut' cette raison, on retrouve en Sicile, en prennent pas, elles se conquièfent, au prix
des aigles. ni ne tombe (HARA. 35-36). ftaHe, en Grêcé et en Inde des bouquets de d'une éducation initiatique et purificatoire
· L'Ala:le pue~e; comme tout symbole,
Selon Fruer. ce symbole d'origine hit- .aes· d'ail attachés de laine rouge. En souvent longue et périlleuse. Là encore
tite aurait été repris au Moyen Age par..les Q'éce, le seul fait de prononcer le mot al/ peuvent se comparer les récits des cha·
l'aigle possède aussi un aspect .noc'tume Turcs Seldjoukides, emprunté à ceux-ci par
·maléfique ou gauche; c'est l'exagéra\ion de eonjure les mauvais sorts (HASE, art. Evll mans, ceux des grands mystiques chrétiens
les Europêena à l'époque des Croisades, «ye}. . ou soufis, et de nombreux contes allégo-
sa valeur, la perversion de sa puissance, la pour parvenir par ce biais aux .armes impé-
démesure de sa propre exaltation. Le dua- Lors de fëtes rituelles du renouveau, à riques parmi les premiers desquels il fau·
riales d'Autriche et de Russie. (fRAO, 5, c8ràclère dionysiaque, célébrées encore de drait citer ceux d'Andersen. Contrairement
lisme du symbole s'exprijtle déjà chez les
Indiens Pawnee. A, · Ffetcher (FÎJlH) a
133, n.). nos )Ours en Thrace grecque, et récemment à une idée reçue les alles du saint en priére
La duplication de la tê.te exprime moins analysées· par l'ethnographe Katerina rie sont pas qu'une vision spirituelle,
ob-'!'rvé qtie chez eux l'aigle brune, remelle, la d11alité ou la multiplicité des corps de
est ~ssociée à la _nuit, -à la Lunè, au_NOrd, à 1, Kavouri, le principal. personnage de la comme raiteste la croyance à la lévitation.
l'empire, . qu'elle ne renforce, en le dou- ~ie, qui comprend des ordalies avec La légèreté et le pouvoir de voler sont le
la M:ére Primordiale~ captatrice, g~éreu8e blant; le symbolisme même, de l'aigle' matehe' sur des braises ardentes, porte à la propre drs lmmonels taoïstes, qui peuvent
et terrible, tandis que l'àigle blanc, inâlè, autorité plus que royale, souveraineté vrai- ntain iln chapelet d'ail (KAKD, 41). ainsi atteindre les lies• des lmmonels.
tient au 'contraire du jour, du Soleil, du mi:nt impériale,.;roi des rois. De m~me, l~s · De nos jours encore, les bergers des L'étymologie même des caractères qui les
Sud, du Père Primordial, dont la figure animaux adossés ou. affrontés, .si. fréquent~ Karpates, avant de traire pour la premiére désignent fait apparaitre le pouvoir de
peut aussi devenir domillatriCI' et . tyran- dans les œuvres d'art, port~nt à leur Som- fois leurs brebis, se frottent les mains avec s'élever dans les airs. La diététique qui leur
nique. Dans les' songes l'aigle, comme le met ies valeurs symbolisées. de l'ail béni, afin de protéger le troupeau est plirticuliére leur fait pousser sur le
lion, est uit animal .royal.qui in.c11111e .des
wntre les morsures des serpents (KOPK, corps du duvet, ou des plumes. Leurs
pensées élevées et dont la signifii:àtion est
434). mœurs •'apparentent panois à celles des
p~esque toujours positive. Il symbolise le AIL
•DIDs toutes ces pratiques, l'ail se rèvêle oiseaux.
brusque saisissement, .. la passion consu· <lbntme un agent protecteur contre des
Un bouquet d'ail ac<;roçhé à la tête du lit L'envol s'applique universellement à
mante ik, l'esprit: Mai.s son caractère' d'oi'
ou un collier de fleurs d'aîl éloignent les iilflnences néfastes ·ou des agressions dan· l'âme dans son aspiration à l'état supra-·
seaµ de proje qui enlève ses victimes dans
v~mpires, selon une tradition d'Europe amuses. individuel. L'envol, la sortie du corps, se
sès ..serres pour les conduire en des lieux
centrale. Dqà Pline nc;ite que lail éloigne •-Les anciens Egyptiens en avaient fait un fait par la couronne de la t~te, selon un
d'où elles ne peuvent' s'échapper, lui .fait
les serpents et P!Otèjie de la fQ(ie. lm dieu,. peut-être l'anti-serpent, à cause de symbolisme que nous examinons à propoa
symboliser ainsi une .volonté de puissance
inflexible et dévorante. · · Sibérie, selon les croyances des Bou.ri~tes, son Odeur- A Rome, il était interdit d'entrer du dôme•. Semblablement, le Taoïsme
Appliqué ·~· la tradition chrétienne le l'approche des .âmes qes femmes mo,r;1es en dails le temple de Cybèle à ceux qui envisage l'envol du corps subtll,' qui n'est
couches, et qui reviennent la. nuit persécu. vililaiel\t de consommer de l'ail. Horace autre que !'Embryon de l'immortel.
mêlile renversement d'image conduit du
Christ à l'Antéchrist: l'aigle, symbole d'or- ter les vivants, se reconnait· à l'odeur d'ail fulinlne dans une de ses épodes de violentes Les ailes indiquent encore la raculté
qu'elles répandent. (HARA). · · · imprécations contre l'ail. Sans doute connaissanle: celui qui comprend a des
gueil et d'oppression, n'est plus· dès lors
que raptlce ~el,_ raViss.euf. Les Bat&k ci. Boriiéo accordent à l'ail le cllcOre à cause de l'odeur. Comme il entrait ailes, prëcise un Brdhmana. Et le Rig
pouvoir de retrouver Ifs âmes perdues dani la ndurriture ordinaire des soldats Veda: L'intelligence est le plus rapide des
AIGLE (à de0x dtes) (FRAG, J, 46). Le même auteur rapporte romains, l'ail était devenu un symbole de la oiseaux. C'est d'ailleurs pourquoi les
que dans. les anciennes coiltuines du Var (à vie militaire. anges, rëalités ou symboles d'états spiri-
Ce symbole n'était pas inconnu des Draguignan), dès gousses _d'ail'· étaient tuels, sont ailés.
ancieno Mexicains. Il est notamment reprè- rôties sur les feux ile la Saint,Jean, allumés Tout naturellement encore, l'aile, les
~1LES
"""té dans le Codex N uttal, où il incarne dans foutes les rues de la ville ; ces gousses plumes sont en rapport avec l'élément Air,
Slllls doute, selon Boyer, une divinité de~la étaient enonite partagées entre tous les LeJ ailes sont avant tout symbole d'en- élément subtil· par excellence. Et c'est à
végétation; il est en effet accompagnè de foyers (FRAG, 10; l93). voi, c'est·i-dire d'allégement, de dématé- l'aide de ses bras garnis de plumes que l'ar·
plantes et de ooquillages. · · L' Antiquité classique concédait à l'ail rialisation, de libération - qu'elle soit de chitecte céleste Vllbvtdrarml, comme avec
On ..Ut que, dans les anciennes civilisa- certaines vertus dont on retrouve les traces l'âme ou de l'esprit - de passage au corps un soumet de forge, réalisa son œuvre de
tions d'Asie Mineure, l'aigle biœphale était dana le folklore grec contemporain.. Ainsi subtil. LeJ traditions extrême·orientales, démiurge (COOH, ELJY, l!UM, GRIP, KALL,
le symbole du pouvoir suprimè. Dans les lors des Tbumopllorlèl, aussi bien que c:hamani$tiques de l'Est ou de l'Ouest et de SILI).
traditions chamaniques d'Asie centrale, il dans . ia Sclropllorle, les femmes man- l'Occident, qu'il ·soit musulman ou judeo-' Dans la tradition chrétienne, les · ailes
est fréquemment représenté au sommet de geaiént de l'ail, cet.te· plante passant· pour chrétien, ne diffèrent pas sur ce thème; car signifient le mouvement aérien, léger, et
la colonne du Monde, plantée au milieu dlf faciliter la pratique de la chasteté, impoaée' l'mvol de .l'âme et celui du chaman sont symbolisent le pneuma,' l'esprit. Dans la
village; les ·Dolganes l'appellent l'ol1eau- pendant la durée des lëtes (DARS, .article tondewi même aventure, en ce qu'il sous- Bible, elles sont un symbole constant de la
maf/J'e et ils considèrent. la colonne qui ne Cérès); du reste, les Grecs détestaient l'ail. entend l'affranchissement de la pesanteur spiritualité, ou de la spiritualisation, des
18/Almant Aireln/19

êtres qui en _Jont pourvus, qu'ils soient à une libéra\ion et une victoire: elles vont ·· ù pierre d'aimant utilisée dans la magie mobile anlv-' et un purificateur, ce qoi
ljgure humaine ou de forme animale. Elles aux héros qui tuent les monstres, /eJ ani- il!rvait de talisman pour provoquer correspond assez· exactement à la fonction
concernent la divinité et tout ce qui peut se maux fabuleux, féroces ou répugnan1s. 1iiilour: attraction-séduction. de Viyu, dont il. faut ajouter qu'il est lui-
rapprocher d'elle à la suite d'une transfigu- On sait qu'Hermès (Mercure) portait des '·Chez les Egyptiens: l'aimant naturel ou même considéré comme purificateur.
ration ; par axemple, les anges et l'âme ailes aux talons. Gaston Bachelard voit }'er:":' magnétique, qu'on supposait provenir Dans l'ésotërisme ismaélien, l'air est le
humaine, Quand il est parlé d'ailes à pro- dans le talon dynamisé le symbole du d'Horus, parait avoir été une sub$tonce prlaelpe de la compœltlon ·et de la lhlatlll-
pos d'un oiseau, il s'agit le plus souvent du voyageur noctur)le, c'est-à-djre des rêves $dcrét; mat. le fl!T .non magnétique était Clldoa, l'intermédiaire entre le feu et l'eau,
symbole de la colombe qui signifie l'Esprit de voyage. Cette lmap dy-lqae v6oue rriimdll comrrre une substance provenant de le premier lim du Nom divin. Il corres-
Saint. L'âme elle-même, du fait de sa spiri- est beaucoup plus significative dans la S,elh ou 'l'yphon. Cela explique trés ~len pond à la fortction du Till, /'Ame unlwr"
tuaiiSl!tion, PQSsède .des. ailes de œlomhe réalité oalrique .que les ailes attachées aux /'extrlme rareté des objets enfer dan• l'An- •elle. origine de la ftacdfleadoa du monde,
au .sens .donné par le Psaume (54, 7): Qui omoplates. Souvent le rive des ailes bt.t- /tqulié ézyptfenne, car 011 n'aurait pu s'en de la perception des couleurs et des formes,
me. dcnnera tks alles de colombe, je volerai tames n 'esl qu'un rive de chute. On se servir qu'avec une grande répugnance ou ce qui nous ramène encore à la fonction du
et je me reposerai. Posseder des ailes c'est dqend contre k venlge en agitant les braa mh>ie (lu llléprl• de, la religion (Pnm, 17). SOl4f!le (CORT, DANA, OUEV, MALA, SAIR).
do11c quitter le terrestre pour à~ au et celle dy111Jmlque peut susciter des alles Mais l'aimant était pénétré des proprié- L'air est le milieu prepre de la lumière,
celestc. . . sur l'épaule. Ma.i.s le vol Qnirique naturel, le d& solaires d'Horus et, comme le dieu, par- M l'envol, du parfum, de la couleur, des
Ce. thém~ des ailes, qui esi d'origine pla- vol positif qui est notre œuvre noc(f<rne, ticipai! à'là ri&ulatlon del mouvemenis de vibrati6ns interplanétaires; il est la voie de
tonicienne (Phèdre, 246), .est constamment n'est pas un vol rythmé. il 11 /11 r:onll11uité et l'Univers. · ' communication entre la terre et le ciel. la
exploité par.les Pères de )'i',;glise et les my•- /'histoire d'un eflan, Il est 111 cré11rion rapide trilogie du sonore, du diaphane et du
tigues. Il est parlé des ailes de Dieu dans d'un bulanl 4Y1W11laé. Et 1'au1eur compare A1R mobile est ... une production de /'impres-
!'Ecriture Sainte. Elles désignent sa puis- ces allt1 au talon aip<. chaussures, dites sion lmime d'alléeemeat- Elle ne nous est
pieds légers. de saints bouddhistea voya- L•un des quatre éléments, avec la terre,
sanœ, sa béatitude et son incorruptibilité. pas donnée par le monde ex1érleur. C'est
Tu me pro1'geras à l'ombre ·lk tes al~I geant dans les air1; aux, souliers volants l'!<au et le feu, selon les cosmogonies tradi- une conquête d'un être jadis tourd et con-
(Psaume 16, 8). Tu me11raa ll:>n espoir dam dës contes populaires; aux bottes de sept tionnelles. Il est avec le feu un élément actif fus qui, par le mouvement Imaginaire, en
lieues . .C'est au J!led que résident pour ~ mâl~, tandis que la terre ~ l'eau sont
ses alles (Psaume 35; 8). Selon Grégoire de écoutant les leçons de l'imagination
Nysse, si Dieu, l'archétype, e!\t ailé,.J'âme l'homme rêvant lesforces volantes... No111 CJQnsidérées comme passives et femelles. aérienne, en devenu léger, clair et vibrant...
créé\: . à son image possède ses propres nous permeurons donc , .dans nos Alors que ces deux derniers sont matériali- la liberté. aérienne parle, Illumine, vole
ailes.· Si elle les a perdues par lafaute d'ori- recherches de métapoétlque, conc)ut san1s, , l'air est un symbole !le
{BACS, 74). L'être aérien est libre comme
gine, il lui est possible de les recouvrer, et Bachelard,,de diaigner ces ailes au talon spicitualisation. l'air et, loin d'être évaporé, participe au
ce11i. au rythme même d~ sa transfiguratipn. sous .le. nom d'ailes oniriques (ai.es, 39- : L •lire est d'abord moitié brute,. mollie contraire des· propriétés subtiles et pures de
Que l'homme s'éloigne de Dieu, il perd ses 40).. L'aile, symbole de dynamisme, l'em- l'air.
ai.les; qu.'il s'en.rapproche, il en est de nou.. porte ici sur le symbole de .l~ spiritualisa- /orit;, . .
'"Mai.s l'air veut devenir /'Esprit, l'homme
veau pourvu. Dans la mesure où l'il!ne est tion; attachée au pied, elle n'implique,~
9/iParall. AIRAIN (voir Bronze)
ailée, elle monte ,plus haut, et le ciel vers n~ssaire1J1ent une idée de sublimatiQn,
. (VICTOR HUGO, la Légende des Siècles,
lequel. tjle se dirige est campa.rab'• a un mais de libération de n.os. forces créatives Alliage de différents métaux, principale-
les plus important~•: le, poète,., comme le
'J/VJr s.•.. le Satyre).
abîme• sans fo.nd. Elle peut toujours mon- ment étain et argent avec le cuivre, l'àirain
ter.. Clll' elle est incapaNe de l'atteindre prophète a des ailes lorsqu'il est inspiré. : !-'élément air est symboliquement asso- est symboliquement issu. du 'mlll'iage des
dans sa plénitude. Ainsi que la roue•, l'aile cié au vent•' au soume•. Il représente le contraires, ces métaux êtant associ~ les
eit un symbole hal1ituel d~ déplaC!'ment. AIMANT (voir Fer) monde mbtll intermèdiaire entre le ciel et tins avec la lune et l'eau, l'autre avec le
de /'ajfranchiuement des condi/ions de la 'ierre,. celui de l'expansion, qu'emplit, soleil et le feu. D'oü l'ambivalence, et le
lieu, et, tk /'entrée dan:i l'étal spirit~/ qui C'est vers 587 avant notre ère que Tha- dislint . les Chinois, le 1011me (k'I), caractère violemment connict11el des deux
lui est,corré/1111(( (cH,..s .431). , lès découvrit le magnétisme avec une pierre nécessaire à la subsistance des êtres. Vi)'ll. faces de son symbolisme. Métal éminem-
Les ailes exprimeront donc en général d'aimant, combinaison de fer et d'oxygène q'!i le représente. dans la mythologie hin- ment sonore, il est tout d'abord une voix,
une'élévation vers le sublime, un élan pour · d'un moir brillant. !-'aimant symbolise d.oué, est monté sur une gazelle et porte un d'un côté celle du canon, de l'autre celle de
transceiider la condition hwuaine.. Elles tonte attraction magnétique, quasi irrésis- Otendard flottant au vent, qui pourrait la cloche, voix contraires s'il en est, mais
constituent l'attribut le plus caractéristique tible et mystérieuse. Il serait en rapport •.'identifier à un éventail*. Vi)'ll est le souf- toutes deux terribles et puissanm.
de. l'être divinisé et de son accession ai,x avec la chaux formée de· poussière magné- ne vital, le soume cosmique, et s'identifie Hésiode dëcrit en termes effrayants la
régions ouraniennes. L'adjonction d'ailes à tique. L'homme est chargé de cette pous- au Verbe, qui est lui-même llOaftle. Les troisième race des hommes, la race de
certaines figures transforme les symboles. sière, ·comme l'.a.imant. Tout l'univers en vi111 sont, au niveau de l'être subtil, les l:lronze, caractérisée par sa démesure : Et
Par exemple, le serpent, de signe de perver-. est saturé et lui doit sa cohésion, ainsi cinq fonctions vitales, considérées comme Zeus, père des dieux, créa une troisième
sion de resprit, devient, s'il est ·ailé, .sym- qu'au mouvement. L'aimant devient un des modalités de prui, le souffie vital. race d'hommes'périssables, race de bronze,
bole. de spiriU:ialisation, de divinité. symbole de l'attraction cosmique, ' L'élément air, dit saint Martin, est un bien d(fférente de la race d'argent, fille des
Les ailes.indiquent, avec la sublimation, affective, mystique. ll)'mbole Anllbk de la \'le lavlllble, un frlnes, te"lble et putssonte. Ceux-là ne
20/Alchlmle Alchlmle/21
songeaient qU 'aux travaux gémissants •si lie aux puissances ouraniennes .les plus Mais produire de l'or métallique pour en sablier) que le mont K'Ollell-loilcn, centre•
d'Arès et aux œuvres th démesure. lis ne transcendantes, celles dont la voix résonne jouir, voire, _'comme en Chine, de l'or du monde, et que la calebasse*, image du
mangetile11t pas le pain ; leur cœur italt comme le tonilerre, insp.ifant aux homJTICS potable pour'\e consommer en vue d'at- monde. La pratique de l'alchimie permet
comme /'acier rigide; Ils terrifiaient. Puis- un sentiment fait dé respect et d'épouvante. teindre la longévité corporelle, ce n'e&t de découvrir en soi-mM!e un espace de
sante était leurforce. Invincibles les. bras Tout ange est te"ible, disait Rilke, et cene& pas le but véritable de l'alchimie. forme Ïdentiqùe : la caverne* du cœur.
qui s 'attadaiem epntre l'épaule à /mr c'est bien à la inanill:re de cet ange qu_e l'ai- Elle n'est en effèt, ·à aucun degre, une L'œuf philosophique est ·par ailleurs
eprps vigoureux. Leurs armes étaielll de rain est terrible. Il n'est pour s'en rendre prkhfmie, mais une opération symbollqué. enfermé dàns le creuset, comme l'œef tÎu
bT011Ze, de bronze. leurs mai1(11JS, avec le compte que d'entendre sonner quelque· pan J/s·ont cru. dit un vieux texte chinois, qu'il nionde Oii i'Émbtyon d'or dans la caverne
bronze ils laoouraient, car le fer noir le gros bourdon d'une cathCdrale. s'agissait de faire de /;or avec les pierres: cosmique. La fonte des ingredierlts dans le
n'ex/'1ait pas. lis succombèrent, eux, sous C'est biert la résonance exceptionnelle n'est.ce pas Insensé? l'opération est pos- creuset symbolise en· effet, tant en Chine
leurs . propl'f3 bras, et. partirent pour le de cet alliage qui fait que Fama, la déesse sfli/t, répond le Guru N âgârjuna, de pada q11 'en Occident, le retour ~ l'indifférencia-
s4jouT moisi.: de /'Hadès fri&son.nant, sans de 'a Renommée 1~a cholsi comme matê- ~eriii spirttue/le; mais jamais un tel pou· tion primordiiile, et s'exprime comme étànt
laisser de nom sur la terre. Le noir trépas riau pour construire son palais, aù sommet voir (siddhl) ne peut être cansidérê comme un retour à la malrlce. à l'état embryon-
/~prit, pour effeayants qu'ils fusse111, et ils d'une montagne (OVtM, p. 32). une fin en soi. l'or, disent les textes naire. L'ouverture supérieure de l'lllhllnor"
qui1tère111 l'ic/atante /ffmière du soleil. (Les Là encore apparait la dualitê du sym; vo!diques, c'est l'immortalité. Et c'est bien à est assimilée à celle dont est symbolique-
travaux et les jours,, . traduction lie Paul bole. Car Fama. dans so11 palais qui, ren- quoi tend la seule transmu1at/on .réelle: ment percé le sommet de la tète (Bnlhme-
Mazon, les Belles-Lettres, Paris 1928, voie en les amplifiant les paroles qui lui celle 'de l'individualité humaine.. Il est nmdbra), par oil s'effectue·Ja sortie du cos-
p. 91)). Métal des œuvres de force et de vio- parviennent, vit entoutée th la Crédulité, e<pressément dit de Lieou-Hiang que, s'i'· mos, par où s'échappe, disent les Chinois,
lence, dans la myt~oloaie d'Hésiode, il l'est de /'Erreur, de la Fausse Joie, de la Ter- échoua dans l'obtention de l'or, c'est raute' l'embryon, dans son processus de retour au
encore dans la philosop~ie de l'évolution reur. de la Sédition, des Faux Bruits (muo, de préparation spirituelle. Li Chao-Kiurl Vide.
développée ~ar Lucrêce: ce bronze dont la 157). n'erivisa,Se pas la réussite sans intervention Les éléments du Grand Œuvre sont, en
résistance. se prete mieux .aux violents Duel et donc <1mbivalent aussi est le céleste; il assimile l'obtention finale à la Occident, le soufre et le merc11re, le feu et .
~orts (!Je (a nature des choses. 1270). symbole content> dans la légende 11e· la quête des lies des lmriiortels. Si, par une l'eau, l'activité et la paasivité, les influences
Métal . ~cré, l'airai.I\ fut employê pour biche au pied d'airain, comme celui de la polarisation tardive, les Chinois distin- célestes et 1errestres, dont l'équilibre pro-
les instruments du c11lte depuis l'antiquitê sandale d'Empédocle, également d'airain. guent l'alchimie interne (nel-lan) de l'al- duit le sel. Dans l'alchimie interne des
jusqu'au bouddhisme et au christianisme. fi se peut que le métal symbolise dans ces chimie externe (wal-tan) - alors que la Taoïstes, qui emprunte apparemment beau-
Chez les Hébreux., le serpent d'airain sur- cas une séparation de la condition terrestre seconde n'est que le symbole de la pre- coup au Tantrisme, ce so.nt k'I, et l8lq, le
monte les étendards (Nombres, :21, 9) et. un et de la corruption. Si l'Etna, dans le cra- miêre - la symbolique èst clairement souflle et l'essence, également feu et eau
seul regard. vers. son image préserve de la tère duquel le. philosophe se serait plongé, exposée en Occident par un Angelus Sile- (Feu de !'Esprit, Eau séminale, dit le Traité
mon par la piqûre du serpenl brûlant; il ·rejeta sa 'sandale de bronze~ c'est, cnri~idé~ siùs: Le plomb se chttnge en or, le hasard de la Fkur d'Or). On les figure par les tri·
sera exposé dans le temple, comme un raient les Anciens, pour que sa doctrine se dissipe quand. avei: Dieu, je •uls changé grammes li et k'an du Yl·klnl. qui sont
symbole de la protection divine; .che1 eux reste sur terre immarcescible. ·tandis que Par' Dieu en Dieu. C'est le cœur, dit-il encore feu et ~u, mais influencés aussi de
encore, les quatre coins de l'a11tel des holo- son auteur était admis dans la société des ericore, qùi se change en l'or le plus fln; K'len et K'ouen, qui sont perfections active
caustes seront .couvens de cornes d'airain : dieux. Sa doctrine sèrait immonelle parmi c'est le C!rrlsi. ou la grdce divine, qui •ont et passive, Ciel et Terre.
Je ci:lminel qui les saisis~ait était• l'abrj du les hommes, comme il 1~etafr devenu partni la leinture. '· Les étapes essentielles du Grand Œuvre
châtiment"'. D'airain, les, vases qui·tin~aient les dieux, Le pied d'aircm.in de la biche: est Toutefois, d'une façon plus gènérale, le sont l'œuvre au blanc (lllhtlo) et l'œuvre
au vent dans )es tioi& .sacres de Zeus à ambivalent: il peut .signifier aussi bien la symbolisme alchimique se situe sur le plan au rouge ~). Elles correspondent,
Dodone~ d'airairi, :1e palais d'Htphaïstos séparation de la terre C\)rrompue grâ"". à ce cosmologique. Les deux phases· de selon l'hermétisme occidental, aux Mtits
les pones des temples, le to.it du,,temple de nlétBI dur et sa~ré que l'alo1,1rdissemerit de coaguiatlmi et de solution correspondent à mystères et aux grands eystères 1 mais
Vesta, la première statue romaine de Cérès, la biche, de nature légère. et pure, par le celles du rythme universel : lœlpa et auui à l'éclosion de la Fleur d'Or chinoise
les coupes cles lib8ti~ris ~ac.rées t çl'airain~ poids des désirs terrestres: d'un. côté, subli- pràllya, involution-évolution, inspiration- et. à la sortie de !'Embryon, à l'obtention
la voûte du cie(,.pour les Egyptiens (!~.vais mation de la r:iatµrc; de J'autre, déprava- expiration, tendances alternatives de l8mal des états d'Homme vérilab/e (lcllml-jen) et
ver~ lé ciel, je traverse le firmament 'cl'ai- tion. C'est le çaractére b,ipolaire du 'sym- et ll8UYa. L'alchimie est considérée comme d' Homme. transcendant (ehen-Je11) 1
rain, dit une formule du Livre des morts}. bole. Plu~. simplement, il souligne la fuite une e<tensio'n et 'ùne accélération de la Homme primordial et Homme universel,
D'airain, chez. I~ ·Romains, le raSoir qui éperdue de la biche* infatigable, ~ déro- gêilération naturelle: c'est l'action propre- dit l'ësotérisme islamique, qui qualifie par
coupe les cheveux des prêties et la charrue bant aux poursuites des. chasseurs~ çourse ment sexuelle du sourre sur le mercure qui ailleurs ce dernier de Soefre rouge. Il s'agit
qui· trace les lilnités d'un camp ou ~'une perpétuelle et sacrée de la vierge farouche. donne naissance aUx minerais dans la en rait: a) de l'atteinte du centre du monde
nouvelle ville. Ce métal dur etait symbole matriee terrestre; mais !a transmutation· ou de l'état édénique; b) de la sortie
d'ln~lbllllé et d'lmmortalllé, ainsi ALCHIMIE s'y 'effectue ·aussi : la terre est un creuset du cosmos, le long de l'axe du. monde
gue d'lnllexlble J••tlee 1 si la voûte du ciel où, lentement, les minerais mr2rlssent, où le et de l'atteinte des états suprahumains ..
est d'airain, c'est qu'elle est impénétrable L'alch.imie est l'an de la transmutation bt'Onzè devient or. D'ailleurs, le fournea11 (ELIV1 GRIF. OUED, OUET~ GUES, KALT,
comme' ce métal, et ~'est aussi que ce métal des métaux en vue de l'obtention de l'or. de l'alchimiste a ta inême forme (en LEcc).
221Alchimie Alcyon/23

.D'un autre point de vue, l'alchimie sym- symboliquement suivant les niveaux où se rend le plus de services à la 1roupe el sait la du punch qui se révèle dans les poésies fan-
bolise l'évolution même de l'homme d'un realisent les transformations ou transmuta· tirer d'qffalre à l'occasion, Blanche-Neige tasmagoriques d'un Hoffmann ; les mille
état où prédomine la matiere à un état spi- tions. présidaient au travail de l'alchi· est remise par la méchante.Re/ne au. Chas- dards acérés ... la salamandre el les serpenls
rituel : transformer en or les métaux est mjsle: la purification du sujet, sa dissolu- seur Vert pour que celui-cl la/asse mourir. qui. sortent de la soupière de punch ...
l'équivalent de transformer l'homme en pur tion jusqu'à ce qu'il n'en reste que l'être If.ais flna/emenl après une mort appmnnte, L'alcool fait converger mille expériences
esptit. L'alchimie comporte, en effet, une universel, une nouvelle solidification et après aooir croqué la.pomme mllléflqu.e, /a intimes.
coi:tnaissance de la matiére ; moins une enfin une combinaison oouvelle, sous l'em- jeune Vierge lipousera Je Prince de ses Symbole du feu de .la vie, il est aussi
science qu'une con11ais11Bnce. Elle cst appli- pire de l'être le plus pur, au niveau de cet rêves, qui est jeune et beau. Ce Prince celui de l'inspiration créatrice. Non seule·
quée le plUs souvent aux métaux, suivant être nouveau, or ou Dieu. La seconde de Charmant, c'esl notre Mer~me pbiloaophal ment il excite les possibilités spirituelles,
une physique symbolique des plus Qécon: ces opérations est encore appelée Yolatili- (on sait que l'altribut du Mercure de la observe Bachelard, mais il les crée vrai-
certante aux yeux du savant. L'alchimie sation, sublimation (non pas au sens analy- mythologie est une perpétue/le jeunesse du ment. JI s'incorpore pour ainsi dire à ce qui
matéri~He el l'alchimie spirituelle suppq:- tique moderne), combusdon~ incinetation, visage et du corps). Et de l'union de ce fait effort pour s'exprimer. De toute évi-
sent une connaissance des principes etc. 'D';lutres auteurs cOnsidèrent six ,opéra- Mercure el de la Vier~ (du Prince et de dence, l'alcool es1 un facteur de langage ...
d'ordre traditionpel et se fondent beaucoup tions dan~ le proCenu. de .....,...llftllllllon 1 Blanche-Neige) sortira la conclusion de Bacchus est un dieu bon; en faisant diva·
plus sur une théorie des proportiqns et des la calcination, qui correspond à la couleur wus les conres: Ils furent heureux el eurent guer la raison, Il empêche /'ankylose de la
relations que sur une analyse vraiment rioire, à la destruction des différences, ai beaucol:'P ·d'etifants ... E11 ef}"el la multipli· log/que et prépare /'Invention ratlonM//e.
physico-chiniique, biologique ou philoso- l'extinction des désirs, à. la réduction à, catiQn hermétique ob1enue avec la Pierre L'ambivalence de l'alcool trahit sa
phique des elénients mis en relation. Lan· l'état preiniei; de la m&Jière.; la putréfac- est. eotiforme au Ctoluez et muldpllez de double origine. L'alcool de Hoffmann,
gage et logique sont pour elle de nature tion, qui sépare jusqu'à leur totale dissolu- ia· Ge11ese. (Robert Ambelain, .Dans c'est l'a/roof qui flambe; Il esl marqué dJL
symbolique. tion les èlèments calcines; la solution qui l\;mbre des ça1hédrales. dans TEJR, 213}. signe IDUI qualltalif, IOUI masculin du feu,
èorrespond à la couleur blanche, celle L'alcool de Poe, c'est /'alcoolqul submerge
La fameust Table" d'émeraude énonce, d'une matiére totalement purifiée; la distil- el qui donne l'oubli et la mort; Il est mar-
dans ·un style des plus hermétiques, les la\ion,'puis la conjo)lction, qui cqrrespon· ALCOOL qué du signe 1out quaniiralif, /Out féminin
axiomes primordiaux de l'alchimie. Ils peu- dC:nt à la: couleur rouge, ou à !''union des de l'eau (BACF, 174 180).
L'alcool réalise la synthèse de l'eau. et
vent, d'autre part. se resumer ainsi : Toutes opposés, la co-existence pacifique des con· du feu. Selon les expressions de Bachelard,
les ·oppositions s'ordonnent en fonction de trBires; enfin la su~limation, qui corres- c'est i'eau de feu, 1.'eau qui flambe.L'eau de ALCYON
/'opposition fondamen1a/e ~die-femelle: le pond à l'or, couleur du soleil,.plénitud~ de vie, écrit·il, est une eau qui brille .la langue
Grand Œuore, r'est /'union de t'é/émenr l'être, -chaleur et lumière. Les dÎvers sys- et qui s'ellflamme à la moindre étincelle. Genre de martin-pêcheur, entré dans la
md/e, le soefre, el de l'tilémenl femelle, le 1èmes d'operations, plus ou moins Elle ne se borne pas à dissoudre et à légende et devenu sy111bole ;· ou hi.en
mercure. Tous les au1eurs multlplienl ·tes détaillées, se résumènl to~s d1111s la célèbre détruire comme l'eau forte. Elle disparait mouette ou goëland; ou encore oiseau
comparaisons erttpruntées au langage de formule salve et coagula, que l'on pourrait avec ce qu'elle bnUe. Elle es1 la commu- fabuleux, heau et mélancolique. D'après
l'union et de la génératiDlf (BURS, 28). Mllis traduire purif1e el lnrègre. Elfe s'applique nion de la vie et du feu. L'alcool.est aussi une légende grecque, Alcyoné, fille d'l':ole,
elle ne se• redoit polnt ai une sexologie: aussi bien à l'évolution ,du monde objectif un aliment immédiat qui met toui de suite roi des. vents, a épousé Céyx, le fils de
celle-ci sert aeulement de support •syrnbo·
lique à 'a connaissance. ·
qu'à celle du monde subjectif, celui de la sa chaleur (l~ creux de .la poitrine (BACP, l'Astre du matin. Leur bonheur est si par·
personne en voie de se parfaire. 167). L'alcool symbolisera l'énergie vitale, fait qu'ils se comparent à Zeus et à Hera
L'une des· pratiques les plus intêres- L'interprétation alchimique utilise les qui procède de l'union des dèux éléments et, par le fait même, attirent sur eux la ven·
santes de l'alchimie était appelée, au symboles de son langage propre comme @ntraires, l'eau et le· feu. geance des dieux. Ils sont métamorphosés
Moyen Age, !'Art royal, bierÎ mis en relief des clés. pour ouvrir le sens caché des ' ·Le~ poé(l's romantiques .ont exalte les en oiseaux et leurs nids, construits au bord
par Serge Hutim A !Jlrtir de l'idée d'une contes, des légendes et des mythes, dans états Ilium/nés par le soleil Intérieur 1 des flots, sont uns cesae détruits par les
déchéance des êtres de la nature, le lesq~els elle discerne le drame des perpé- Qu'elle est vraie et brlJ/anie .celle seconde vagU<Os (ORID}. Telle serait l'origine de leur
Suprême Granet Œuvre (Œuvre mystique, tuelles transformations de l'âme et le destin Jeunesse que l'homme pulse en lui i Mais cri plaintif. Mais Zeus, par pitiio, apaiae la
Voie de /'Absolu, Œuvre du Phémx) ét(l/t de la ·création. Voici un exemple caractèris- cqmbien sonr redou1ab/es aussi ses volup- mer deux fois,. sept jours par an, avam et
la rélnrégralion de l'homme da11s sa dlgniti tique de cette forme alchimique de l'inter- tes foudroyantes et ses encha111ements après le solstice d'hiver; pendant cette
primordiale. Trouver la pierre philoso- prétation: Blanche-Neige, c'es1 notre jeune éne"!an/s. Et cependant... qui de nous aura accalmie, l'alcyon couve ses œufs. A ce
phale, c'eSI diicouvrir /'Absolu, c'est pomi- vierge, la minière de /'or. Les sep/ nains ou le courage Impitoyable de condamner titre, il est devenu un symbole de paix et de
der la connaissance paifalte (la gnose). gnomes (du grec gnôsis: connaissance) l'homme qui ball du genle. tranquillité; mais d'une paix dont il faut ae
Cette wie-royale deoait conduire à une vie sont l'aspect.de la maliére minérale en ses (Ch. Baudelaire, Du oln el du haschisch, hâter de profiter, car elle est bréve.
mystique oû, les racines du péché sept prolongements (les 7 métaux). Chaque 2}. Avec quelle émotion nachelard Oiseaux des mers, dédiés à Thétis, divi-
extlrplies. l'homme deviendrait généreux, nain a d'ailleurs le caractère de la planète n'évoque+il pas le brlJiot des fêtes fami- nité marine et l'une des Nioréides, enfants
doux. pieux, croyant et craignan/ Dieu qui le domine. Grincheux est saturnien, liales de son enfance, avec ses feux follets du vent et du soleil matinal, les alcyons
(SURS, 60). Simple/ est lunaire, Joyeux est oénus/en, domestiques; celle flamme d'esprit qui tiennent à la fois du ciel et des océans, de
Quatre opérations,' à interpréter encore eic. Mais c'est Grincheux le si11urnien qui brûle dans un bol de punch, et ce complexe l'air et des eaux. Ils symbolisent à ce titre
r
1
Alouatta/25
24/Algua
Je. sait et c'est pourquoi il sera demandé à et du céleste. Elle vole haut et fait son nid à
une fécondlte i la fois spirituelle et maté- posséder une vcrtP proteelrlce: elles assu- terre avec des brins d'herbe sèche. Son
Di~u de se souvenir .de -son alliance.
rielle, mais menacée par la jalousie des rent la sécurité des navigateurs et facilitent envol dans la claire lumiére du matin
Jean Daniélou, analysant le sens de !'Al-
dieux et des éléments. Le danger qu'ils evo- les accouchements (Hl'!l\S). Plongée dans
l•élément marin, réservoir de vie, l'algue
liance (DANA. 46), précise comment l'al- évoque l'ardeur d'un élan juvénile, la fer-
·quent est celui de l'autosatisfaction et de 1,iance est symbolisée par une victime par- veur, la joie manifeste de la vie. Son chant
symbolise-une vie saris limite et que rien ne
l'attribution à eux-mêmes d'un bonheur qui
peut anéantir, -ra vie é1émcntaire~ la nourri-
tagee. Sur l'ordre de Yahvé, Abraham par opposition à celui du rossignol", est un
ne peut venir que d'en haut. Cet aveugle- prend une génisse~ une cl)èvre, un bélier. chant de joie:
ment dans le bonheur expose au pire des ture primordiale. une tou~relle, un pigeon et les coupe en Plus haut encore, toljjours plus haut,
châtiments. d~ux; entre les animaux partagés passera De notre terre lu t'élances.
Pleurez. doux alcyons. ô vous, oüeaux ALLIAGE ~ brandon de feu signifiant l'alliance, qui Com""1·Une vapeur etlflammée;
sacrés. 1»1ifie ce qui est partagé et qui participe il. Ton aile bat l'abime bleu,
Dans le symbolisme métallurgique de la un même sang, Dans.la NouvelJe Alliance
Oiseaux chers à Thétis. doux alcyons. Chine ancienne, l'alli~ge tient une place Et tu montes, cha111a111 et montant tou-
pleurez ... la victime sera le, Christ et Je signe jours cha111es.
très large. Le grancl'œûvre du fondeur n'est l'Euûarlllle. Ainsi les alliances se suc-
(ANDRli CHÉNIER). achevé que si les cinq couleurs s'équili- (SHELLEY, A une A/!Juerte, trad. Caza-
cèdes! les unes aux autres, non en . se mian, Paris 1946).
Des légendes tardives ont assimilé la brent, que si le cuivre et l'étain né se peu- détruisant, mais en s'assumant.
légende d'Alcyoné à celle d'Isis; la femme vent séparer. L'alliage est l'hnaae d'une Dans la lumière du matin, l'alouette, tel
vole! à travers les airs et au~dessus des 1111Ion Kxuelle parfaite. On le favorise en ALLIGATOR (voir Crocodile) un bonheur désincarné prenam •on vol,
mers, à la recherche de· son mari, fils_ de mêlant au metal forid'u les fiels d'un couple symbolise l'êlan de l'homme ·vers la joie.
!'Astre du matin.,. comme Osiris était le de lièvres, symbole d'union, voire, 'elon -ALMANDIN , Pour les théologiens ,mystiques, le chant de
1 soleil levant. Ovide a décrit la rencontre de d'anciennès légendes, en jetant dans le l'alouette signifie la prière claife et joyeuse
creuset le forgeron et -sa femme. L'étain (voir •Rubis, E1carboucle)
ltêpouse, changée en ·oiseau, et du cadavre devant le trône. de Dieu. ,
1 de son mari poussé par les flots, en des provient d'une montagne et Je cuivre d'une Pierre préci.euse, de couleur grenat, Dans des' pages célèbres, Michelet a fait
termes qui rappellent le ·mythe égyptien vallée. Le soume du soumet doit être yin et luminescente. Censée briller dans les de l'alouette un symbole moral et poli-
1
(ov1M, XI, v. 732-743). yang. Si la femme est seule sacrifiée, c'est ténèbres. Elie était. incrustée dans l'orbite tique'' la feie d'un invisible esprit qui vou-
Mais les terreurs subsisteront toujours. qu'on .Ja_- marie ·au génie du fourneau; si le des statues, symbolisant l'éclat des yeux, drait consoler la terre. Elle est l'image du
qu'inspirent les éléments déchainés, conju- soume est seulement yin, c'est que le four- témoin de l'intensité de la vie. et du désir. travailleur, et en particiiHer du laboureur.
guant les violences des vents et des vagues. neau contient l'élément YllDI (oa~o). Placée le long d'un .couloir .Ombre pour Bachelard (BACS, 100-106) observe que
La confession d' Alcyoné tremblante et guider la marche, elle symbolise plus préci- l'alouette est une image llw!ra/re pure, son
comme séduite par la grandiose fureur des ALUANCE sément les_ yeux qui voient dans la nuit, ou vol tré• haut, ·sa· petite taille et sa vitesse
éléments déchainés, montre bien ce qui est le désir qui aiguillonne la recherche de son l'empêchant d'être vue et de devenir une
au cœur du symbolisme dé cet oiseau si Le terme d'alliance (bérlth en hébreu) objet. image picturale. M~taphore pure, 1'.alouette
chà' aux romantiques: Ce quf m'~rale possède le' sens d'engagement, ou encore de , No_m donné aussi 1 par ICs Anciens, au devient dès lors symbole de tran•paren,ce,
c'est la mer, c'est /'qffeeuse image des pacte passé à l'égard d'une personne ou R!ibla";pour sa couleur et sa fi;mne en de dure matière, de cri. Et le philosophe de
flots ... Qua1td u1te fols les vents déchainés d'une collectivité. Ces deux sens se retrou- amande, puis .confondu avec citer le poéte Adolphe Ross1i': Et puis,
se sont rendUs·mal!Pes de la plaine liquide, vent également dans les mots grecs: l'Escarboucic•, gemme fabuleuse, dont la écoutez: ,ce n'est pas /'aloueue qui chante...
rltn ne le• arrête plus; il Il '.v a pas de te"e, dlathéké et 1ynibéké ; et latins : rœdu1 et splendeur magique est célébrée av.cc c'est l'oiseau .couleur d'itifini; à quoi
li n '.v a pas de mer qui roit protégée contre testamcntum. D'où les expressions Ancien lyrisme dans la ~ie romantique. l!lle- Bachelard ajoute: couleur d'ascension ... un
leur fureur; il• tourmentent mime les et Nouveau Testament, pour Ancienne et mande: elle symbolise les dêsirs .brûlants jet ile sublima1/on... une verticale du
nuages du ciel et ils en fontjalllir par de Nouvelle Alliance. L'Ancienne ·Alliance enfouis au fond du cœur. uhant... une onrk de joie. Seule, la partie
te"lbles r:hocs de• fewt étincelants; plu• je dêsigne un engagement pris par Yahvé à vibrante de notre itre. peut connal1re
les connais (car je· le. connais bien, et sou- l'égard d' Abrahllin.; elle est précédée de ALOUETTE /'aloueite. Au terme de sa subtile analyse,
vent, quand j'étais petite, je les al vus dans l'alliance pàssee entre Dieu et Noé après le Bachelard (rut de l'alouette pure... le signe
la maison de mon père), plus je les crol• déluge; dont. le signe extérieur est !'llre-en- L'alouette, par sa façon. de s'élever. très d'une subfima!Îon par e.J<Cel/ence. .
redoutables (ov1M, XI, v. 427-438)' cleI•, comme l'......u• pt10elll sera le signe rapidement dans le cie~ ou au contraire de Oiseau sacré pour les Gaulois, elle
de l'alliance mosaique. A propos de cette se laisser brusquement tomber, peut sym- demeure .tout <iu long de l'histoire du fol-
alliim'ce signifiée par l'arc-en-ciel, on peut boliser l'évolution et l'lnvolutlon . de la klore et des croyances· populaires fran-
ALGUE ici parler d'une révélation de Dieu par la l\4anlt"utatlon, ~·s passages successifs. ~e çaises' un oiseau dé bon augure, entrant
Le ramassage des algues, êlêment nature correspondant à l'alliance noa- la Terre au Ciel et du Ciel à la Terre relleat p~rfois même dans la composition des
important de l'alimentation japonaise, se chique. La continuité de l'alliance n'est pas lea deW< plllu de I'exl11ence 1 elle est talismans: Celui qui porte sur lui les pietb
fait suivant. Cértains rites shintolstes, non liée à la fidélité d'un homme ou d'un comrne une niédiatdce. .d'une a/oueue, vrais ou figurés, ne pourra
tar\tparce qu'elles constituent un produit peuple, Yahvé tient son pacte indépendam- Elle représente ainsi l'union du, terrestre itre pe,.écuté; ce talisman rend victorieux
de la mer, que parce qu'elles sont censées ment de l'attitude de son partenaire; lstaël
28/Alphe et Oméga Amandler/27
des hommes comme des éléments (CANO, une tendance de l'esprit moderne qui ver- nature divine est cachée par sa nature Le corps des saints est souvent tout
17). rait dans l'évolution une dépersonnalisa- humaine, ou par le corps de la Vierge- entier enveloppé dans une amande; elle est
tion progressive et une collectivisation des mère. Elle est encore, dit Adam de Saint- fréquemment divisée en troi~ lignes, po~r
êtres dans une énergie commune. U lui Vicror, le mystère de la lumière, c'est-à· exprimer la Trinite. Ils sont entrés dans le
ALPHA ET OMÉGA oppose sa conception d'un univen person·- dire l'objet de la contemplation, le secret de giron des Trois Personnes Divines, aux-
Ces deux lettres se trouvent au début et na//sant. Pour lui, en effet, l'union diffé- l'i.llumination intérieu.re. l'amande quelles ils s'unissent par la Vision béati-
à la fin de l'alphabet grec. Comme elles rencie, du moins l'union teHe qu'il ren- (mamlorle•) qui, dans l'ornementation fique.
sont censées contenir la clef de l'univers, tend i ... en Oméga s'additionne er se médiévale, auréole les figures de la Vierge Mais, en langage profane, manger
celui-ci est entièrement enfermé entrt ces ramasse, dans sa fleur et son Intégrité, fa ou du Christ en majesté, participe d'une l'amande c'est coïter .car l'amande est la
deux extrémités. L'alpha et l'oméga sym- quantité de conscience peu à peu dégagée autre manière au mystère de la. lumière: vulve, la yonl, dont les Upanishlld nous
bolisent donc la tolallté de la connais- sur Terre par fa Noogénèse ... Plus profond c'est la lumière céleste, à la fois émanation disent qu'elle est le symbole des emu cos-
sance, la totalité de l'être, la totalité de l'es- que tous- ses raymr.s1· le foyer même de du s~jour des Bienheureux et voile de la m;ques et de l'agitation tournoyante cf.es
pace et du temps. narre conscience'-'·' voilà /'essentiel qu'il vision beatifique. ElJe correspond en outre /tif/nies poss/bi//1és de l'existent/alité
L'auteur de l'Apocelypse attribue ces s'agit pour Oméga de récupérer pour être à l'arc-en-ciel, selon rApocalypse: Celui (Tl!CR). Cette vieille image arcbCtypale
deux lettres à Jésus-Christ, le temoinffdè/e, vraiment Oméga ... Pour se communiquer, qui siège est comme une vision de jaspe pourrait être à l'origine de la mandorle•.
le Premier .né d'entre les morts, le Prince mon ami doit subsister dans /'abandon vert ou de cornaline; un arc-en-ciel autour Le fait que le. terme amande mystique,
des rois de la terre... C'est moi /'Alpha et qu'il fait de soi: autrement le don s'éva- du. tr&ne est comme une vision d'émeraude désigne la virginité de Marie dans le lan-
/'Oméga, dit le Seigneur Dieu. Il est, Il é1al1 nouit. D'où celle conclusion inévitable que (4, 3). gage ésoterique du Moyen Age corrobore-
et Il 'vient, le Maitre-de-tout. (Apocalypse la concentration d'un Univers conscient La notion d'élément cachè, enclos, rait cette hypothèse. Le plus remarquable
1, 4-8). C'est signifier que le Christ est le serait Impensable si, en même temps que inviolable, est parfaitement exprimée par le en cet exemple est que le passage du reli-
principe et la fin de toute chose. C'est l'ex- tout le Conscient, elle.ne rassemblai/ en soi nom hébreu &e l'amande: lu~ qui est aussi gieux au profane ne vient nulle111ent dimi-
pression helli:nisée de la pensée d'lsaïe: loures les consciences... (Le Phenomène le nom d'une vllle soutt.iralne (voir aman- nuer la valeur sacrée 4u symholet niais au
humain, p. 286, 289-291; Paris, 1955). dier•) et celui du noyau indestructible de contrairè l~ r:enforcer ~ ains'i qu'il en- va
Quel es/ l'auteur de celle gesie J Le point Omi:ga symbolise le terme de l'~tre (chinois: llhe-111 sanscrit: 1hirlra), dans maints poèmes soufis. Car cette con-
sinon celui qui appelle les génirations cette évolution vers la noosphere, la sphére contenant tous les éléments potentiels de sa notation sexuelle donnée à la mandorle en
dès /'origine, de l'esprit, vers laquelle convergent toutes restauration. C'est en somme le noyau fait la Matrice originelle, celle d'où jaillis·
mol Yahvé ·qui suis le premier les consciences et où Phumain lerait en d'immortalité (BHNA,:CORT, GUEM, JfLf:I). sent, dans la lumière. de la révélation,
et serai avec les derniers J (41, 4) quelque sorte divinisé dans le Christ. : .Dans la tradition mystique, l'amande l'Homme et Dieu confondus.
... Je suis le premier et le dernier; symbolise le - (le secret est un trésor)
mol excepté· U n'y a pas de dieux (44, 6- vivant dans. J'ombre et. qu'il convient de
8) AMANDE (mandorle, noix) découvrir afin de s'en nourr:ir. L'enveloppe
AMANDIER
La rêvélation s'est precis~ dans I'Apo- L'amande est très genèralement, par entourant l'amande est comparée à une L'amandier, d~nt la floraison est très
catypse (ll, 5-8). rapport à la cosse, le symbole de l'essentiel porte ou à un mur. printani,\re, est le signe de ILt renaissance
On observe que plusieurs termes, outre caché dans l'accessoire, de la spiritualité L'amandier était pour les Hebreux le de .la nature et d'une vigilance attentive auii
I' Alpha et l'Omega, sont employés ici dans voilée par les doctrines et les pratiques symbole d'une vie nouvelle. · · premiers signes du printemps. Il est égale-
un sens symbolique:· i:au, symbole de vie, extérieures, de la réalité ma•quée par les Il est le premier arbre fleurissant au ment symbole de fragilité, car ses Heurs,
devenue symbole .de l'esprit, source de la apparences et selon l'ésoterisme, la Verité, printemps. D'où ce texte dans Jirimle (1, ouvertes. les premières, 50Dt .le plus sen-
vie spirituelle; le f'eu dévorant, symbole des le Tresor, la SOllrœ toujours cachée; Ainsi 11-12). Que vols-tu, Jérémie? dit l'Eternel sibles aux derniers frimas ... Il est le sym-
supplices de l'enfer et de la mort éternelle Clément d'Alexandrie : Mes' Stnnaatu - Jérémie répond: Je vols une branche bole d' Attis, nè d'une vier.ge qui Je !'Onçut à
devant Dieu. ~ même, (Apocalypse, l2, relfferment la vérité mêlée tillx dogmes de d'amandier. -Et l'Eternel déclare: Tu as partir d'une amande.
13-15): les mots arbre• de vie, cité•, la philosophie, ou plutôl enveloppée et bien vu, car je me hâte d'exécuter ma pa· Cette légende esl peut~re à l'originr; de
portes•, sont des symboles qui s'inscrivent recouverte par eux comme par la coque la role. la mise en rapport de l'arruD!dier ave<: la
dans le cadre de /'Alpha eU'Oméga, le Pre- partie comestible de la noix. Ou Mabmûd ~uvrir i'amande, manger l'amande a Vierge Marie. Toutefois, le symbole ne
mier el le Dernier, le Principe et la Fin. Shabestari: La lharlAt es/ l'écorce, la pour signification découvrir Ull secret, par- prend toute sa valeur qu'ave<: la significa-
Ces deux lettres se trouvent frêqilemment baqiqat en . est l'amande:.. Lorsque le ticiper à ce secreL tion de l'amande• elle-même.
inscrites sur la Croix• du Christ. migrateur.a attèlnt la certllude personne/le, Dans l'êsotérisme du Moyen Afe• Selon une traditionjuive, c'est en outre
·De nos jours, Teilhard de Chardin a uti' l'amande est mare et l'écorce éclate. Ou l'am.ande signifie là virginité de la Vierge: par la base d'un amandier (lm) qu'on
lisé ces deux lettres grecques pour exprimer encore·Abd al-Karîm al-JUI: Laissidonc amande mystique. L'.aureole en ellipse pénètre dan• la., ville mystérieuse de Lu~
une théorie nouvelle de l'évolution univer- l'écorce et prends le noyau; ne sols pas de enfoure parfois la Vierge dans l'.,i. , laquelle est un sWüur d'immortalité. C'est
selle, qui tend à constituer une noosphère ceux qui lgnoient le visage, mais ôte le Suivant le .Tbell8llnll d'Henri Estienne, en même temps le nom de la ville pm de
par une spirituali1ation progressive des 'êtres voile 1 amandalos signifie obscur, invisible, lnté- laquelle Jacob eut sa vision, et qu'il
et de la consdence. 11 dénonce d'abord L'amande est le Christ, parce que sa riorité. nomma Bellh-el, ou Maison de D/eu. La

i.'11
f,11

28/Amaaone Ame/29

mise en rapport de l'amandier et de la d'amante " de mère, la chaleur d'âme AMBRE tCs merveilleuses en font aussi u11 baume
notion d'immortalité s'explique ici encore (DIES, 207). qui panse toute plaie, el appliqué sur le
La ceinture d'Hippolyte, la reine des , Çe,st Thalès qui découvrit, vers 600 corps des morts protège ceux-ci de la cor-
par le symbolisme de l'amande (également
Amazones, lui aurait Cté donnée par Arès avan! J.-C., les propriétés magnétiques de ruption. Mais malheur à l'humain qui
nommée luz) (BENA, GUEM). Mais si le
(Mars) pour symboliser Ir pouvoir qu'elle l'ambre. L'ambre jaune se dit en grec élec- goûterait à l'ambroisie sans y être invite: il
symbolisme de l'amande est (êminin, celuI
exerçait sur son peuple (GRID, 193). Héra- tron, .d'où le nom d'electricité. Les chape· risque le châtiment de Tantale.
de l'amandier est masculin.
Chez les Grecs, l'amande pressêe était clès (Hercule) fut chargé de lui ravir cette lels, !es amulettes. d'ambre, sont comme Les dieux du Veda son! moins jaloux, et
ceinture; Hippolyte se disposait à la lui des' condensateurs de courant. En se char-
comparée à l'éjaculation phallique de le mortel qui goate au - · ou lllllrila,
donner, quand une querelle éclata entre les ae.~nt eux-mêmes, ils déchargent de leurs
Zeus, en tant que puissaniee créatrice. Pau- peut, par ce moyen,. gagner le ciel :
Amazones et la suite d'Héraclès. Celui-ci, prppres excès ceux qui les portent ou les
sanias raconte que. au cours d'un rêve, Veuille le Gandharva qui connait /'am-
se croyant trahi, tua Hippolyte. La légende égrcneri1. . ·
Zeus perdit de sa semence, qui tomba à broisie, rêvéier le nom dépose dans le u-
ajoute que c'est Hera qui avait suscité la L'Wnbre reprCsen~ .le fil psychique
terre. li en sortit un être hermaphrodite, cret !
querelle. Si l'on se' réfère au symbolisme de reliant l'énergie indivu.ii!i;Ue à l'énergie cos,
Agdistis, que Dionysos fit émasculer. De D'un coup, l'an parcourt lë Ciel, la
ta ceinture•, donner sa ceinture, ctest mjque, J'âme individueJJe à 1".àme un~ver­
ses parties génitales tombées à terre poussa Terr-e, les Irais mondes
s~lle.
,· •
1
un amandier. Un fruit de cet arbre rendit s'abandonner soi-même; ce n'est pas seule- les quàrtlers du ciel et le s~aur de lu-
ment renoncer au pouvoir. Pour Hippolyte, ' Il symbolise l'attraction .Olalre, spiri·
enceinte ia fille du dieu-fleuve, Sangarios, mière:
c'était abandonner sa condition même tuelle et divine.
qui l'avait placé sur son sein. ayant dên?ué le tissage de /'Ordre, ayant
d'Amazone et c'était se donner à Héraclés. . Ogmios, chez les ce-Iles, se présente
·.De ces légendes, il ressort que !'aman-· vu Ce mystere,
Héra, qui passe pour ·symboliser la fémi- d~ns la légende sous la· forme d'ùn vieil'
dier remonte directement à Zeus, par le on devlenr Ce mystère, présent en rouies
nité normale, montr~: t!n empéchant le don lard. Il attire une I11µltitude d'hommes et
sang d'un hermaphrodite, et que son fruit les créatures: ·
de la ceinture, qu'elle veut, non pas la con- les tient att.a.chés par' les oreilles à l'aide
peut féconder directement une vierge. Son (Talllltya Aranyalia IO, I; traduction. de
version, mais la n1ort de la femme virile; d'i11le cha,ine d'ambre. Les . captifs pour-
symbolitme phallique se nuance de ce fait Jean Varenne, vEov, 335). ·
d'autre part, dans sa haine d'Hêraclès, que raient fuir en raisçn de la fragilité de leur
que sa fécondité s'exerce indépendamment
Zeus eut d'une autre femme, elle ne veut chaîne. lh préfèrent suivre leµr guide. Le L'êtr~ dev!ent ce qu'il consomme~ Ce
de l'union sexuelle. Selon une croyance
pas qu'il ait le bonheur de recevoir la cein- lien par/ambre est d'ordre spirituel.. sens sera repris dans la mystique chrê·
encore àttestee .en Europe, la jeune tille, qui
ture d'une femme. L'Amazone symbolise Vn vtsage d'ambre est volontiers attri- ti_enrlç: l'ar:nbroisie devient reucharistie.'-1e
s'endort sous un amandier" et rêve .à son
fiaricé, peut se réveiller enceiiite. la situation de la femme qui, se conduisant bue aux Mros et aux saints. Il signifie un corps du Dieu s~uveur,' «vrai pain ~es
en homme, ne réussit à être admise ni par rçflet du ciel en leur personne et leur fore<: anges•.
d'~ttraction. '
les femmes, ni par les hommes, non plus
AMAZONE qu'elle ne rèussit à vivre elle·même ni en Apollon versait des ·larmes d'ambre AME
femme, ni en homme. A l'extrême, clic quand, banni de l'Qlympe, il se rendait
L"existence des femmes guerrières dans Le m1>t âme évoque un. pouvoir invi·
exprime le refus de la féminité et le mythe çhez lès Hyperboréens•. Elles exprimaient sible:. être distinct, partie d'un vivant .ou
l'histoire, Atriazones,-Walkyrres•. est peut-
être une survivance oU· une réminiscence de l'impossible substitution de son idéal s,à n:ost~lgi~ du Paradis et le .lien subtil qui simple phénomène vital ; matériel ' ou
1untssa•t ericçire à l'Elysk
dos sociétés matriarcales. Mais leur sym- viril â sa nature réelle. immatériel, mortel ou. immortel ; principe
Le Pseudo-Denys l'Aréopagite explique
bolisme n'est pas nécessairement lié à des Suivant l'oéculti!ome ancien, dit de vie, d'organisation, d'action· sauf
G. Lanoe-Villéne (LANS, 1, 77-84), les que l'ambre est attribué aux eS:scnccs fugac.es apparitions, toujours invisibie et !Ill
hypothéses sociologiques.
cêtestes parce que, réunissafll en lui les
Les Amazones sont des guerrières qui se . Amazones seraient dans l'ordre métaphy- se manifestant que par ses actes. Par son
gouvernent elles-rnêmes. ne !'uni-ssent qu'à sique, symbole des forces psychiques stel- fo/mes de l'or el de /'argem, il symbolise à pouvoir mystérieux, il suggcre une force
des· étrangers, n'èlèvcnt que leurs filles, laires rournam dans l'ither aurvur du Para- lafi:•s la pure1e incorruptible, inépuisable, supranatureHe, un espr,t, un centre énergé-
aveuglant ou mutilant leurs· garçons; elles dis des dieux pour le garder et en d~endre i?~efecll?fe. et .int~nglble qui appartient à tique. Affirmer l'existence,• ·d'une âme,
s'amputent d'un sein, dit la légende (que ne les frontières. Dans ces perspectives leur 1or, et 1eclat lumineux, brillant et céleste cependant, provoque ·des réactions
confirment guère les o:uvres d'an: les ceinture n'e<t autre que le cercle magique qui aJ)parlielll à l'argent (~Eso, 241). opposées. Sous eouleur de la science ou de
qu'elles forment autour du Parâdis et ~elon une croyance populaire, l'homme la philosophie, OC!te .t!ll[slence est rejetée
Amazones sont belles et leur poitrine
intacte), pour mieux manier l'art• et la qu'Héraclès franchira de haute lutte: leurs .qui conserve sur lui, en toute drcônstance (i~pasture de prM·e selo1{ d'Alembert;
rance•; guerrières, -Chasseresses. prêtressH, chevaux sont les nuages qui courent en u,n objet d'àmbre ne peut être trahi par s~ 1heoriquement une sottise pourF~baclt ·
viriHtê.
elles vouent un culte à Artémis (Diane). blancs escadrons dans le ciel azuré. Elies pas d'âme au bout d'un scalpel pOw- ~~
Dans la mythologie grecque, elles symboli- ouvrent leurs ceinture$ àux héros et tuent chirurgien) ou acceptée, différemment
AMBROISIE
sent les femmes-tueuses d'hommes: elles les liches. Gardiennes farouches d'un conçue,· sans doute, mais admise. Ces deux
veulent se substituer à l'homme, rivaliser Paradis,· ces êtres troublants, qui se don- Aliment d'immortalité, elle est, avec le attiludea·. · détermineront dei différences
avec lui en le comba11a111 au lieu de le com- nent et se refusent, qui sauvent et qui meur- ~tar, un privilège de l'Oly111pe. Dieux, essentielles en anthropologie, en ëthique et
pléter... Celle rivalité épuise laforce essen- trissent; ne sont peut-être que les portes ~cesses .et hé1;us s'en nourrissenti ils vont en religion. Mais évocatrice d'une invisible
tlelle propre à la femme, ta· qualité ambiguës d'un ciel incertain. JUSQu'li en offrir li leurs chevaux. Ses quali- puissance et provocatrice d~un savoir,
30/Ame Ame/31
d'une croyance ou d'un rejet, à ce double ments, dont l'ombre et le nom•. celui-ci -tisteS; le Muldsbl est le double, véhicule préalablement saisi de l'ombre de J'animai
titre, l'âme a pour le moins valeur de sym- traduisant sott être intime (POso.10). des sentiments et de l'intelligence infé- en question (HARA. 184).
bole, tant par les mots et les gestes qui l'ex- Chez les Maya-Quiché (Popol-Vuh) la rieure, analogue au corps astral des occul- Pour les Esquimaux, l'âme et les pcdta
priment que par les images qui lfi represen- tradition veut que le rnort soit étendu sur le .tistes; enfin, le M'vldl véhicule l'intelli- imq jouent un. rôle constant et mystérieux
tent. Elle sous-tend toute une chaine de dos pour que son âme puisse sortir libre- gence supérieure et rintuitlon; la réincar- dans toute la vie et dans les rites funéraires.
symboles. . ment par sa bouche, afin que Dieu la hait nation n'est possible que par la reunion de Pour les Yakoutes, les Tchouvaches, etc.
Le principal de ces symboles est le souf- vers /'auire monde (GIRL, 78). De même · oes trois corps subtils; seul l'homme pos- l'âme son par la l:>ouche du dormeur pou;
f1e1 avec tous ses dérîvés. L tëtymologie que l"essence divine- liqueur sémiriale - sède ces trois principes,· les animaux voyager; elle se matérialise gCnéralement
méme du ·mol rapporte au soume• et à l'âme est représentée par un niban ou ùne n'aylllll qu'un fantôme (nnduJI), à l'excep- sous forme d'insecte ou de papillon; dans
l"air• 1 en tant que principe vital: anlmus: eorde• et les Chorti la symbolisent par une tion du chien• qui possë<le egalement un certaines légendes d'Europe_ centrale elle
principe pensant et siege des desirs et des chaîne de treize fruits qui ceint le cadavre .double (Muklllù), ce qui explique son prend l~aspect d'une souris.
passions, correspond au grec anemos. au et qu'ils appellent: te filin par lequel Notre imponance rltuellil. M~I dirige la vie
sanscrit anilî; qui signifient souffie ~ de Seigneur ~ous lirtr--~ . du corps, Muld1bl s'échappe de· l'enveloppe Comme tan·r d'autres peuples prlmldft,
valeur intellectuelle et affective; de registre Chez les Naskapi, Indiens chasseurs du . corporelle pendant .le sommeil et dialogue et spéclaleme111 les lndo111!sle11s, les peuples
màle; anima: principe de l'aspiration de Canada, l'âme est une _ombre, une étincene avec les Mukllbl des défunts (rêves); nord-as/atfques estiment que l'homme peut
l'air et de son expiration; de registre fémi- ou une petite Damme qui sort par la M'vldl avertit l'homme des dangers avoir jusqu a .sept dmes. A la mort, l'une
'i nin. bouche. (MULR, 233). Chez les Delaware, occultes ou dont les signes d'approche d'elles reste dans la tombe,' une deuxième
Les represenlations symboliques de elle reside dans ie cœur, et on l'appelle échappent à la perception (l'ouc). descend au royaume des ombres et la trot~
''âme· .sont aussi nombreuses que les image, reflet, phénomène visible sans s/ême mo111e au clef.. ;· Une première réside
r croyances à son sujet. Une idCe, si: brève matiere corporelle (ibid, 243-244). _. Dans les coneeptions populaires dans les os; ta deuxième 8me - qui reside
PN?hablemem dans li! sang - peut quiller
soit-elle, sur ces croyan~es e.st indispen- Pour les Indiens d'Amerique du Sud, un d'Afrique du Nord, le corps est habité par
sable à l'intelligence _des symboles. Chez seul mot dësigne fréqliemmerit l"âme, ,deux â,,,,,.,•. une âme végétative lie&,' une le corps et circuler sous la forme d'une
les Egyptiens, par exemple, l'ibis à alpettc l'ombre et l'image. Ou bien l'âme, le cœur âme subtile ou rottfle nab; à l'dme vëgéta- abeille ou d'une guêpe; la troisième, sem-
represente le principe immortel (Akh), de (Cairaibe), et le pouls (Witolo). tive ·corre•pondent les paJJslons et le com- bla(Jle en tout à l'homme, e$t une sorte de
nature celeste, à la fois brillant et puissant. L'homme a souvent plusieurs àmes (2, portement émotionne/; elle est portée par fanifJme. A là mort; la premMre mte dans
qui semble commun aux hommes et aux 3, 5 et plus) dont les fonctions sont diffé- le sang, son siège est dans le foie. A l'âme le squelette, /a deuxtèmt est dévorée par les
dieux; l'oiseau à tête humaine correspond rentes et la matiêre plus ou moins subtile; subtile ou soujJle, correspond Io volGnté, esprits et la troisième u· montre aux
à l'esprit propre a l'individu (ba), qui peut une seule génëralcment gagne le ciel apres elle circule dans les os, .sott siège est dans le humains sous la forme d'unfanif!me (EUC,
errer après la mort dans les lieux fréquen· la mort, les autres restent avec le cadavre, cœur (SERP, 23)•. 196-197).
tés naguère par le défunt. le ba est donc un ou bien, étant d'ôrigine animale 1 se rëincar- L'union de cos deux âmes est symbolisée Selon Batarov, Cité par U. Harva (H~RA,
prittcipi! spiri1uel qui peut apparaflre inde· nent solls · rorme animale. C'est ûne par le couple arbre-rocher: l'un représente 264), les Bouriates· croient que l'une de
pendammetll de sott support physique, agit croyance générale, parmi ces lndiens1 que le principe femelle, l'autre le principe leurs trois âmes va aux .enfers, que la
paur son propre compte, représemer en le sommeil, de même que la catalepsie ou ntâle... L'arbre donne l'ombre et l'humidité seconde demeure sur. terre sous forme d'es·
quelque sorte 1011 parron ... âme itihëranre Ja transe, provient d'une perte temporaire à nefs l'dme végétative; mais il est surtout prit persécuteur (Bokholdoi} et. que la troi-
d'un êrre vivant, capable d'action de l'âme (METB). le support privilégié. de rrub, l'âme subtile sième renait dans un autre homme.
matérielle. Outre ces deux prindpes, Pour les llantou du Kasaï (cuvette con- qui viem. sy po•er comme un oiseau. Nef'I La ·plupart des peuples turco-mongols
l'homme se compose encore d'autres élé- golaise}, l'âme se stipare également du est présente dotts le rocher ou dans la croient-à l'existence d'une âme l'ODtinuelle-
corps pendant le sommeil; les rêves_ qu'elle pierre et les sources }ail/Issantes des pierres ment séparee du corps et qui vit génerale-
rapporte de ses voyages lui auront éte com- ne sont que Je symbole de la fécond/te mcnt sous la forme d'un animal,· insecte,
muniqués par les âmes des morts, avec les- venue du monde d'en ba.! (SERP, 28). oiseau ou poisson (HARA):· Dans l'épopêe
quelles elle a converse (Fouc). Dans .la L'âme peut quitter le corps· sous la Kirghise d'Er Tôshtük, le héros, du fait de
syncope, la transe, l'hypnose, l'âme quille forme d'une abeille ou d'un• papillon, mais sa force et de sa vaillance prodigieuses, a
également le corps, mais s'en éicarte davan- le .plus soùvent elle se m1111ireste sous forme pour âme une lime de fer ; on - tue un
tage; il arrive qu'elle se rende alors jus- d'oiseau. homme par• magie en detruisant l'animal
qu'au pays des esprits, dont elle rapporte ou l'objet matérialisant soo âme.
témoignage à sen réveil. Pour les peuples sibCriens, les animaux L'ubyto des. Tatars de la Volga est une
Selon le Dr Fourques, Balubas et L,uluas comme les hommes ont une ou plusieurs âme d'ùn caractère particulier, que tous les
considèrent que trois vehlcules subtils sont âmes; elles sont souvent assimiJ«s - à hommes ne possèdent pas obligatoirement.
associes â la personne humaine: le miQllllll l'oml:>re des êtres qu'elles animent. En A la mort de son porteur, ru..,.. continue à
vehicule le plus grossier, assimilé au Sibêrie du.Nord, chez les Youkagirs, on dit vivre et sort la nuit par un petit trou près
Ât.ti; - L"âme dti morl sou!i form(' ifQiseau. fantôme, guide la vie animale; il serait qu ~un chasseur ne peut s'emparer d'un de la bouclre du cadavre pour sucer le sang
BM ég:,'p1ien analogue au corps éthérique des occul- gibier, si un de ses parents défunts ne s'est des hommes endormis (HARA, l 99): elle est
32/Ame Ame/33
donc en rapport avec le mythe du vam- plénitude rks virtualités de l'homme en Qrecs ont ensuite distingué dans l'âme passions, qu'il l'enferme dans une sorte de
pire•. On détruit l'ubyr en déterrant le tant qu'être <Spirituel>. (OTC XIX, 1967, . humaine des parties, des principes, des prison, s'est répandue depuis Platon dans
cadavre et en le fixant au sol par un pieu n• llH 14). puissances ou des facultés. Chez Pytha- toute une lignée de penseurs, philosophes
planté à travers la poitrine. L'ubyr d'un Les druides de Gaule et d'Irlande ont gore, la psyché correspondait à la force et religieux.
homme en vie est également néfaste et sort enseigné comme une de leurs doctrines fon- vitale; la sensibilité (alslhèlls) à la percep- Saint Paul, sans prétendre enseigne~ une
fréquemment du corps de celui-ci pour damentales l'immortalité de l'âme. Après !lon sensible; le aoi1s à la faculté intellec- anthropologie compléte et cohérente,· dis-
commettre .toutes sortes de méfaits. On la mort, les défunts vont dans l'Au-Delà" tuelle, seul principe spécifiquement tingue dans l'homme intégral l'esprit
peut le rencontrer sous la forme d'une et ils y continuent une vie semblable à celle ·l\Umain. ·On connaît le parallélisme déve- (pneuma), l'âme (psyché), le corps (soma).
boule de feu, d'un porc; d'un chat noir, qu'ils ont menCe en ce monde-ci. On a une loppé ' par Platon (République Livre IV) Si l'on rapproche les textes de la Première
d'un chien. L'ubyr perd sa puissance trace de cette conception de !'Au-Delà ·entre les parties de' l'âme et les classes ou Êpftre aux Thessaloniciens (5, 23) et de la
quand celui qui le volt fend une fourche à dans les Anaœ bretons qui, à la lëte des ·fonctions sociales. Aristote distinguera Première Êpirre aux Corinthiens (15, 44), il
fumier en bols ou n 'Importe quel arbre à morts, le. lendemain de la Toussaint (cor· dans le nods l'intellect passif de l'intellect apparait que l'âme-psychè est ce qui anime
fourche (HAM, 198). respondant à la Samain irlandaise) revien· actif, qui sera, dans 'ti!S s~ulations ulté- le corps, tandis que l'esprit-pneuma est la
L'éléphant, le tigre, le léopard, le lion, le nent, par les routes qui leur oont familiéres, rieures, identifié au Logos et à Dieu. La partie de l'être humain ouverte à la vie la
rliinocérps, le requin et nombre d'autres à leur ancien domicile_. Les i:crivains notion de pneuma nrrnterviendra que plus plus élevée, à l'influence directe de !'Esprit
animaux, s:Urtout p8rmi ceux qui sont répu- anciens ont souvent confondu cette doo· tard; dans la littérature à tendance théolo- Saint. C'est elle qui bénéficiera du salut et
tés chthoniens, sont parfois .considérés trine de l'âme et celle de .la métempsycose; gique, ·comme· celle d'une âme· appelée à de l'immortalité, c'est elle que la grâce
comme la réincarnation de rois ou de chefs mais elles sont distiactes: ·les dieux étant vivre dans la société des dieux, aouftle sanctifie; mais son inftuence doit rayon-
défunts.; Frazer. en donne de multiples immortels par définition n'ont pas besoin purement spirituel q ili tend vers les régions ner~ par la psyché~ sur le corps, et~ en con-
exemples en provenance d'Asie (Se!llang et de l'immortalité de·.llâme et les humains œlestes. Bien ·qu'elle 's'enraci'ne dans la séquence, sur J'homme jntégr:al tel qu'iJ
Malaisie) et d'Afrique ~oire !Dahomey et n'ont ac<:ès que temporairement et excep- pehsée de Platon, qu'elle se développe sb doit vivre en· ce monde et tel qu'il· sera
Nigeria) (FRAG, 1, 84 s). tionnellementà I'Autre Monde (OOAC, 18, siecles plus tard·chez"i>lotin, elle ne don- reconstitué aprês la résurrection.
En Chine ('8me esl double, composée de 136 sqq), qui se distingue de. l'Au·Delà. nera naissanee à toute une· pneumatoloaie La tradition scolastique, et nOtamment
deux principes: Kud et, Sben. Kuel est Rendre l'âme; c'est mourir. Animer, que dans les premiers siècles de l'ére chré- la pensée thomiste, distinguera comme
/'dme la plus pesanre, celle qu 'a!Ol(.rdissent donner une âme. c'est faire vivre~ Selon la tienne, pour s'épanouir·. dans le gnosti- trois. niveattx dans 'l'â;me hurll~in-e_; l'âme
les désirs du vivanr: elle reste près de la pensée juive, !:âme est divisée en deux tcn· cisme. La théologie symbolique ne troo- végétative qui gouv~r!le les fonctiol)s .élé·
tombe et hante les endroits fo,mfliers ... dances: l'une supérieure (céleste) et l'autre . vera pas de meilleure image pour exprimer mentaires de nutrition· et ~e reproduction,
Shen est le génie, la parcelle divine pré- inférieure (terrestre). La pensée juive consi- œ qu'eàt l'âme'esprit que celle du soume•, de mouvement brut; l'âme sensitive qui
sertte dans l'être humain ... A• IV' siècle dère aussi le principe rnâle (aefetb.), le prin- 'qui sort de la bouche de· Dieu. régit les o~ganes des sens ; .1 'ânie raison-
avant- notre ère ce <hul/isme populaire vint cipe femelle (cbajah); l'un et l'autre sont . nable, dont dépendent les opérations supé-
appelés à se transformer, afin de pouvoir Pour les Romains, le pneuma, en latin
rejoindre ·le grand dualisme rk la cosmo· splrltua, est à la fois, note Jean lleaujeu, le rieures de connaissance (intellectus) . et
gonie ojJlclelle fondée sur l'opposition des devenir un seul principe .spirituel,. rush. le d'amour (appetitus). l'fo~· n'Cl)tJ:()nS point
souffie, l'esprit. Celui-ci est lié· à l'image prin_c}pe ,de la génération pour l'ensemble
deux principes. le yin terrestre etfemel/e et ici dans les divisions ultérieures en puis-
divine et cosmique de nuée, de brouUlard'. des ~ires aiiim<is et, sous son aspfCI pure"
le Ylllll mâle et céleste (SERH, 76). ment intelligible et spiriruel, le.principe de
sances, facultés, ·m;.
On ne connait dans le monde celtique L'élément vital ou terrestre signifie l'exté·
la pensée humaine, Le/eu• qui entre. clans . C'est par cette' âme raisonnable que
.aucun équivalent exact de la légende riorité, l'élement spirituel ou céleste l'inté- 'l'hon\m(se distingue des autres animaux et
riorité. la nature du pneuma provient du/eu pur de
d'Eros et P~yché. Mais l'examen de la lexi- se. dit à l'im0ge et .à la ressemblance de
Le thème du.voyage céleste de l'dme est /'.éther, non d'unr combustlo11 terrestre:
cographie néo-celtique du nom de l'•âme•
celle origine éliib/lr la parertté réelle de Dieu, Si l'on considére en elle sa fine
(irlandais: alnlm, breton: ene et ~ : indiqué sous la forme d'un soleil errant pointe,' on atteint le mem, partie la plus
(course solaire du lever au ~ucher). L'âme l'âme avec le ciel... '"
âmes des trépassés) montre que les Celtes haute de l'âme destinée à recevoir la grâce,
de I'Antiquité ont connu aussi, dans leur (âme·csprit) en tant ·que substance lumi- La notion du pneuma, mélange d'air et à devenir .le temple de Diou~ à jouir direc-
vocabulaire et leurs conceptions religieuses neuse est communément représentée sous d'e chaleur vitale, étroitement apparenté et tèm~pt de la vision béatifique. .
et metaphysiques, la distinction de anllnu• la forme d~une flamme ou d'uri oiseau. souvent identifié au feu pur de l'éther, qui Le sens mystique de l'âme s'est déve·
et ulma, aux sens respectifs de Ame Chez les Grecs, au temps de. l'Iliade: est l'âme du monde, semble avoir son point loppê dans la tradition chrétienne. Le
(esprit) et ime (souffie), tombée en désué- /'~me. psyché, comme 1111lma en latin, de départ dans un ·des premiers traités niveau spirituel atteiilt par les mystiques ne
tude dans le vocabulaire· liturgique à partir signifie. exactemertt le soijffle. Ombre, d'Aristote, d'où il est passé chez les relève en aucuoe maniére de la psycho-
du 1v• siècle (anlmua a été remplacé par eld&klll, est à proprement parler une Image. Stoiciens. Mais l'assimilation du oosmos à logie, leur âme èst animée par !'Esprit
IJP!rltua). Le nom panceltique de l'âme Eefm l'esprit est désigné par un mot maté- un être vivant semble, elle, d'origine pytha· Saint.
811811111D• est· aussi en relation étymolo- riel, phrenet, le diaphragme, •lège de la goricienne; et elle est.passée, à travers Pla- L'âme présente différentes parties ou ni·
gique pri:cise avec le nom de /'harmonie pensée el des sentiments, inséparables d'un ton, chez les Stoïciens. De même, l'idée que veaux ·d'activité et d'énergie. A la suite de
anavo-n• et celui (Ana) de la divinité fémi- support physiologique (Jean Defradas). le corps paralyse .:t engourdit l'âme, qu'il saint. Paul, les mystiques distinguent le
nine primordiale. , Il symbolise ainsi la Sous l'influence des philosophes; les la rend ·à la fois sujette aux ténèbres et aux prindpe vital du principe spirituel, le p•y·
34/Am• Amour/35
chique du pneumatique; seul l'homme spi- conserve ses éléments sexuels. Le trojsième volumes, se traduisent dans des œuvres Selon Pline, elle protège contre la sorcel-
rituel est mû· par rEsprit Saint. Faisant est reprèsenti: par la Vierge Marie, en qui d'art, des légendes, des images tradition- lerie, si elle est gravée de figures de la IYnc
allusion à la parole de Dieu, saint Paul la l;amour atteint totalement le niveau spiri- nelles, qui sont autant de symboles des réa- et du soleil et attachée au cou avec des
COmJ>are a un &lalve pénétrant jusqu'au tuel. Le quatriême est désigné par la lités invisibles agissant en l'homme. Ces duvets de paon et les plumes d'une hiron-
po~nt de division de. l'âme et de l'esprit Sagesse (JUJ!'S, 185). Que signifient ces symboles resteraient fermes, si l'on ne se delle (euo,., 309). Elle guerit de la goutte
(Hébreux, 4, 12). La transformation spm- quatre stades? L'Eve terrestre, envisagée riférait pas aux croyances sur l'âme des et, placée sous l'oreiller, donne des réves
tueUe s'avère nécessaire pour revètir en tant qu'élément féminin•, progresse vers peuples qui les ont imaginées. bénéfiques, renforce la mi:moire et immu-
l'homme nouveau (Ep/i<sien•, 4, 23). une spiritualisation. Si nous admettons que . NOus n'avons fait. qu'esquisser, à vol nise contre les poisons (voir violet•) .
Qu'il s'agisse de Clément d'Alexandrie tout ce qui e.t terrestre possêde dans le d:oi$Cau, certaines de Ces croyances. pour
ou d'Origène, les Pères grecs reprendront céleste sa correspondance, la Vierge Marie inviter l'interprète des symboles ·à beau-
doit être regafdée .comme la face terrestre coup de réserves et de nuances, lorsqu'il
AM()UR
les divisions proposées par Plotin, selon
lequel il convient de retenir trois types de la Sophia qui, elle, est céleste. parle des symboles dë l'âme. De quelle âme Dans 1a·00&mogonie orphique, la Nuit' et
d'hommes: le sensible, le raisonnable, l'in- Ainsi nous voyons déjà que l'âme indivi· s'agit-il 1 La fameuse querelle de l'anlmt11 le Vide sont à forigine do monde. La Nuit
telligible, soit trois niveaux d'hominisation. duelle se doit de parcourir ces quatre èt de l'anima, malgré la subtilité d'un enfante un œuf, d'oit son l'Amour~ tandis
Selon Guillaume de· Saint-Thierry, ces étapes. L'Eve en nous est appelée. dans un Henri. Brémond et d'un Paul Claudel, est que la Terre et le Ciel se forment de. moi-
trois types d'hommes se trouvent dans les mouvement asunsionnel à se purifier, afin loin d'avoir exprime tout le contenu des tiés de la coquille• brisée.
monastères. La stabilité n'estjamais rigou· d'imiter la Vierge Marie, découvrant dans intuitions humaines, si riches dans leur Pour Hésiode ava11t tout, fui /'Abime;
,reusement acquise, d'où-ces passages cons- le 10i l'enrant de lumière (le puer -...U), incohérence, sur ce principe vital, qµi fait pul• Terre aux larges flancs, assise sûre, â
tants entre les deux derniers étals: raison- son propre soleil. plus que relier une portiQn de matière e,t un jamais offerte â tous· les vivants, el A molH',
nable .et spirituel. NQUs retiendron5,ancore une autre défi- soull'le d'esprit, mais les unit dans un le plus beau parmi les dieux immortels,
Achaque état.correspond .une qualité de nition donnée par Jung: l'aialma est /'ar- même sujet. celui qui rompt les membres· et qui, dans la
l'amour proportionnée à la mesure de chétype du féminin qNi joue. un rôle d',,ne poitrine de tour dieu comme de tout
l'union à _Dieu. importance Joute particulière dans l'in- AMÉN homme, dompte le cœur et le sage vouloir
conscient di! l'homme. (HEST, l l6-ll2). Sans doute Eros a bien
D'un point de vùe analytique, ayant Si l'anlllla est l'indice féminin de l'in- •Symbole de la eonflrmatlon et de ramt-
montré que l'âme est un concept à, mul- niatlon. Employe dans la Bible, on le relève d'autres généalogie.. Le plus souvent con-
conscient de l'homme. l'aiaimu1, selon sidéré comme le fils d'Aphrodite et d'Her-
tiples interprétations, Jung dira· qu'elle Jung, est l'indice masculin de l'inconscient BUS$i dans la liturgie oynagdgale et chré-
correspt:md à ·un érar psychologique qui tienne. Il peut se lrriuver à la fin ou au mès, il a, dit Platon dans Le Banquet, ·une
de la femme, ou encore,J'anima est la com- nature double, selon qu'il est le flls
doit jou.lr .d'une ctrtalne indépendance posante féminine de. la psyché de l'homme début d'une phrast.
dans les llmitei de la conscience ... L'é!me Dans l'..4pocalypse, le Christ est appelé d'Aphrodite Pandemos, déesse du désir
et l'animus la composante masculine de la brutal ou de l'Aphrodite Ouranla, qui est
ne coïncide pas aVeC /a lO/a/ité des fonc- psychê féminine (JUNM. 125, 446); L'âme, l'Amen (3, 14).
tions psychiques. (Elle désigne) un rapport Le mot am111 est à raP1>rocher du terme celle des amours éthérées. Il peut aussi, au
cet archétype du féminin, eàt, suivant les sens symbolique, être né d~ l'union de
avec l'lnconsc/enl et aussi... unt personnl/i- èpoques historiques, plus ou moins aC!ive. awn•. L'un et l'autre ll<>•sèdent un ·sens
edlfon de• conlenus Inconscients... Les identique. Cette affirmation et cette confire PorOB (Expédient) et de Pêtiia (.Paavroté),
Dans la tradition de la sorcellerie, puisqu'il est à la fols tC>ujours inàatisfait; en
conceptions ethnologiques er, historiques l'homme peut vendre son âme au diable, mation contiennent le Seigneur lui-même
de !'lime monlrenl clairement qu'elle est (VA.LT); en t1111t qu'énergie créatrice. quête de son objet et plein. de tlllM pour
pour obtenir en échange ce.<iu'il désire sur parvenir à ses fins. Le plus souvent il ·est
. d'abord un contenu dpparienant au sljjet, cette terre. Sous des formes multiples, c'est
mais 'aussi au mondi: des esprits, l'incons- AMÉTHYSTE représenté comme un enfa11t ou un adoles-
le paète de Faust avec Méphistophélés. cent ailé, nu, porce ,qu 'U Incarne 11n désir
cient.' C'est pourquoi l'é!me a tmjjou.rs. en
elle quelque chose de terrestre et de sul"lla-
Mais une lé,&eride allemalide ajoute que Du.grec Ametuslos ~qui n'.e•t pas ivre. qui se passe d'lntermédlairt ·e1 11e saurait se
l'homme qul"a vendu son âme n'll plus L'améthyste est une pierre de. jempérance cacher (Aleundre d'Aphrcdisias, in· TERS,
turel (iUNT, 251-255), Terrestre, car elle est d'ombre• (TEl\S,26). Est-ce un éçho des
mise en 'contact avec l'image maternelle de qui garde de toute ivresse. Ce serait pour 15). Le fait que l'Amour soit un enf11111
croyances. aux deux Ames, au double des cette raison, selon. les croyances chrè-· symbolise •ans doute l'éternelle jeunesse de
nature, de terre; céleste; car rincottscient anciens Ê&Yptiens? N'est-ce pas plutôt
souhaite toujours ardemment la lumière de tiennes orthodoxes, qu'elle serait portée tout amour profond, mais aussi une cer-
symboliser le fait qu'il a perdu .toute exis- par les év&jues. L'év!que en tant que pas- taine irresponsabilité: l'Amour se joue des
la c:onscienc~. c'e.st a~n$i que -l'an_l,ma tence propre? L'ombre serait alors le sym-
exerce une fonction Inéâiatrice entre 1e moi teur des âmes, chargé d'une respon!al:>ilité humains qu'il chasse, parfois mime sans
bole matériel de 1'âme ainsi abandonnée, spirituelle et temporelle, doit, à la diffé- les voir, qu'il aveugle ou qu'il enflamme
et le soi, ce dernier constituant le noyàu de ·qui appartient dêsormais au monde des
la psyché. rence du reclus contemplatif, ay1111t aban- (arc, neches, carquois, yeux· bandës;
ténèbres et ne peut plus se manifester· sous donné le sièele, se garder de toute ivresse, torche, etc. : mêmes symboles dans toutes
L'anima, d'après.Jung, comporte quatre le soleil. Plus d'ombre, signe, qu'il n'y .a fût-elle spirituelle. Une tradition chrétienne les cultures); Le globe qu'il tient souvent
i; 1
111ades de développement: le premier oym- plus.-ni· lumiêre, ni consistance. moralisante en fait le symbole de l'humi- dans ses mains suggére son universelle et
,1 bolisé par Eve'. se place sur un :plan ins- Les conceptions si diverses de l'âme et lité, parce qu'elle est de· la couleur de la souveraine puissance. Quels que soient les
:1 de. âmes, dont le seul énoncé exigerait des
li tinctif et biologique. Le se<:otld, plus élevé, violette. affadissements poétiques, Amour reste le
'11
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ii
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i~I
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38/Amour Amoureux/37

dieu premier qui assure non seulement la parties séparées de la connaissance et de sence signillent la démission de l'esprit et la démoniaque curiosité et, ne voulant pa•
continuité des espèces, mal• la cohésion l'être. L'erreur capitale de l'amour est de la conscience devant le desir et l'imagi· re<pecter /'Incognito· de •on divi11 époux,
interne du Cosmos (CiRm, 147b). qu'une partie se prenne pour le tout. nation exaltés. C'est l'abandon aveugle il perdit, en pénétrant le mystère, toute sa
L'amour relève aussi de la symbolique Le conflit entre l'âme et l'amour es\ rinconnu. Le retour chez les parents. c'e.st félic//é .•. L 'Eve rterne/le tombe darts téter·
générale de l'union des opposés, illustre par le célèbre drame mythique de un réveil de la raison; les questions des ne/ piége.
eolncldenda contrarlOrum. li est la pulsion Psychê et d'Eros. Jeune fille dont la beauté sœurs sont celles de l'esprit curieux et
fondamentale de l'être, la libido, qui pousse surpasse celle des plus belles, Psyché ne incertain. Ce n'est pas encore la conscience AMOUREUX
toute existence à se réaliser dans l'action. peut trouver de fiancé; sa perfection même qui s'éclaire, c'est le doute et la curtosité,
C'est lui qui actualise les virtualités de les sens apaisés~· qui s'êlèvent. Psyché: Le sixiéme arcane majeur du Tarot,
effraie: Ses parents, dêsespêré·s, consultent l'Amoureu<, symbolise essentiellement
l'être. Mais ce passage à lacte ne se pro- l'oracle; il faut la parer comme pour un. revenue au Pa1ais, dCsire vOir son amant:
duit que par le contact avec: l'autre, par une eUè saisit une torche. Celle-ci n'est encore l'épreuve du choix qui attend l'adolescent
mariage et l'ex.poser' sur un rocher~ au sorr.i- lorsqu'il parvient au carrefour. de la
suite d'échanges matériels, sensibles, spiri- met d.e la montagne!; o!°J un monstre viendra que la lumière fuOjanÏe et tremblotante
tuels, qui sont autant de chocs. L'amour d'un esprit qui hésite à enfreindre la règle pubené. Sa route jusque là était une, et
la prendre pour éiJoclse. Au milieu d'un voic;:j qu'elle se sépare en deux, de;xtre et
tend à surmonter ces antagonismes, à assi- cortège funèbre, elle est conduite à l'en- et à percevoir la réalité. L'âme a l'intuition
mile.- des forces différentes, à les intégrer devant ce corps admirable et splendide de senestre. QU<: choisir? C'est 1'..Y pythagori-
droit désigne et y reste seule. Bientôt un cien. Le nombre six, qui lui est associé,
dans une même unité. En ce sens il est vent léger l'emporte dans les airs jusqu'au ce que sa prCsence recCle de monstrueux. à
symbolisé par la croix, synthèse des cou- ce niveau obscur de ri:alisation. Dëcouvert, souligne l'aspect d'abord sexuel de ce sym-
fond d'une vallée profonde, dans un palais bole: le sènaire, dit Clément d'Alexandrie,
rants horizontaux et des. courants verti- magnifique où deli .voix se mette.nt à son l'amour s'enfuit. Eclairée mais affligée, elle
caux; par le binôme chinois du Yang-Yin. erre â travers Je monde, poursuivie par est un nombre sexuel, et s'appeUe pour
service comme autaitt ·d'esclaves. Le soir, cette raison le mariage. Le choix plaœ en
D'un point de vue cQsmique, apres l'explo· elle sent une présenée à côté d'elle, mais_ Aphrodite, doubleme.lt jalouso, comme
sion de l'être en de multiples êtres, e'est Ja femme, de la beauté de Psyché, comme faœ d'antagonismes et d'un désir de les
elle ne sait qui est là. C'est le mari dont a surmonter par l'union.
force qui dirige le retour• à l'unité; c'est la parle l'oracle; il ne lui dit pas qui il est; il mère, de l'amour que la jeune fille inspire à
réintégration de l'univers, marquée par le l'avertit simplement que, si elle le voit, elle son fils, Eros. L'Ame connait jusqu'aux ·un jeune homme est au centre de cette
passage de l'unité inconsciente ·du chaos le perdra à jamaia. Jours et n1.1its s'écoulent affres des Enfers, où Perséphone lui donne lame, vêtu d'une tunique à bandes· verti-
primitif à l'unité consciente de l'ordre défi- ainsi dans le palais et Psyché est heureuse. cependant un llacon d'eau de Jouvence: cales bleues•~ rouges•, Jaunes•.~ DeuX
nilif. La libido .-illumine dans. la cons- M11is elle veut revoir ses parents et obtient après l'expiation, le principe du renouveau. femmes rencadrent: à sa gauche, une
cience, où elle peut devenir une force spiri- la. permission de reveiiir quelques jours Psyché endormie est réveiltee d'une flèche femrrie blonde, enveloppée dans une robe
tuelle de progrés mor.al et mystique. Le auprès d'eux. Là, ses sœura, jalouses? éveil~ lancêe par Eros, quii lui aussi désespéré, la bleue et une oape bleue· à bords rouges,
moi individuel suit une évolution analogue ~he~chait partout: c'est la persistance du dirige sa main gauche• vers. la poitrine du
1ent sa méfiance, et, de retour dans son
à .. celle de !'.univers: l'amour est la palais, à la clarté d'une lampe, elle regarde, désir en elle. Mais, cette fois, l'autorisation garçon tandis que la paume de l'autre main
recherche d'.wi centre unificateur. qui per- endormi auprès d'elle, un bel adolescent. du mariage est demandée à Zeus: c'est-à· se tourne vers le bas. A droite d!i f' Amou-
rriettra de· réaliser la synthèse dynamique Hélas 1 la main de Psycho tremble : une dire que l'union d'Eros et de Psychè se rèa· reux, une femme habillée d'une robe rouge
de IC!I- vinualiléa; Deux êtres, qui ·se don- gou\te d'huile boui1J1111te tombe sur Eros 1 lisera, non plus seulement au niveau des â grandes manches bleues, aux cheveux
nent et s'abandonnenl, se retrouvent. l'un L'Amour 1 aiosl :découvert, s"éveille: et s'en- désirs sensuels, mais selon !'Esprit. bleus surmontés d'une sone de coiffure ou
dans l'aUtre, mais élevés à un degré .d'être fuit. C'c;st .alors que C(l'mmencent les mal- L'~mour alors d,ivjnisé, Psyché et Aphro- couronne jaune. pose sa main gauche sur
supérieu« &i du moins le don a été total, au heurs de Psyché, victime de la colère dite, les deux aspects de l'âme, le desir et la l'épaule droite du jeune homme et ouvre
lieu d'être seulement limité à un niveau de d'Aphrodite qui lui impose des tâches de conscience, se réconcilient. Eros n'apparait l'autre vers le sol. La première de œs
leur être, le. plus soovenl charnel. L'amour plus en plus dilfü:iles pour la tourmenter. plus sous ses seuls traits 1>hysiques: i.1 n'est femmes esi sêduisante; la seconde, au long
est .une sowce ontologique de progrés, Mais Eros ne peut pas phis oublier Psyché plus redouté c;:omme un monstre; l'amour nez, a l'air sévère ét vieilli. C'est elle J>our·
dans la mesure .où il est effectivement
qu'elle ne l'oublie elle-même. Il obtient de est intégré dans la vie. Psyché épouse la tant que 1' Amoureux regarde. Au-dessus de
union, et non pas seulement apprppriation. Zeus le droit de l'épouSe<. Ellcdevient sa vis/011 sublime de l'amour physique; elle lu~ un ange ou un Eros-Cupidon aux ailes
Perverti, au lieu d'être le centre unilicateur femme et" se réconcilie avec Aphrodite. devlem l'épouse d'Eros: l'âme retrouve la bleues est au centre d'un cercle solaire à
recherché, il devient principe de division et capacité de liaison (mas, 132-134; bien rayons bleus, jaunes et rouges; il tient un
de mor1. Sa perversion consiste à détruire Dans ce mythe, Eros symbolise l'amour, que nous ayons suivi sa ligne géncrale, arc et une flèche blanche qu'il dirige vers le
la valeur de l'autre, pour tenter ..de l'asser- et particulièrement le désir de jouissance. nous avons dû modifier certains points de jeune homme. ·
v!r q11ïstement a Soi, au lieu d'enrichir Psyché personnifie l'âme, tentée de con- l'interprétation de Paul Die!). Tous les commentateurs du Tarot rap·
l'Blltre et soi-même d'un. don r.;.,iproque et naitre cet aniour, Les parçnts repré!IClltent Ilans' son ètude sur Richard Wagner, pellent ici la parabole d'Hercule au carre·
généreu~ qui les ,f.ait chacun d'eux être la ·raison, qui combine les arr1111gements Baudeiaire momre la frappante analogie de· four, ayant à choisir entre le Vice ei la
plus, en même temps que devenir plus eux- nécessaires. Le Pf.lai& condense les images ce myihe avec la légende de Lohengrin. Vertu, ou la tradition orphique et pythago-
mêmes. L'AII)Our est l'âme du. symbole, il de luxe et de luxure, toutes les productions Elsa prête l'oreille à Onrude, ta magi- ricienne de ta route suivie par l'âme apfès
est actualisation du ·symbole, puitque des rêves. La nuit, la défense acceptée de cienne, comme Psyché écoute ses sœurs, la mon, lorsque, à une bifurcation, elle doit
celui-ci est la réunion de deux regarder l'amant, la sensation d'une pré- comme Eve le serpent. Elsa fut victime de choisir en.tre la route gauche, qui en réalité
Androgyne/39

vie terrestre. Selon la forme de ces amu· -~nnet de garder une calme lucidité devant nitude de l'unité fondamentale, où se con·
conduit aWl Enfers, et celle de droite, qui
mène &Wl Champs des .Bienheureux. Une lettes et l'image 'qu'elles représentent, elles le t1ot des sensations et des sentiments.
En fondent les opposés, soit qu'ils ne soient
~le route conduit au bonheur reel ; c'est à sont censées confêrer la force, la fraicheur ce ·sens. ètle peut aussi être une barrière, un encore que potentialite, soit qu'on ait
nous de savoir la choisir. La flèche•, sym- de. la vie, la conscience, la jouissance des rét&rd· et c'est sans doute ce qu'elle signifie rèûssi leur conciliation, leur intégration
bole dynamique et décisif, vecteur de soleil membres, etc. L'équerre ia pointe· en haut qÙat!d, liée au dauphin qui est la rapidité finale: Mircea Eliade en cite de nombreux
I·· et lk lumière i11tel/ectuelle (VIRI, 73) qui et le. fil à plomb pendant au milieu de même. elle apparait comme.une illustration exemples tires des religions nordiques,
l'angle constituent une image, aux vertus ·dé la devise d'Auguste: Festlna lente (hâte· grecque, égyptienne, iranienne, chinoises,
l'i
li!'
i
aide à résoudre les problèmes d'ambiva-
lence, est là pour guider !'Amoureux ou lui d'amulette, qui appartient aussi bien .à l'art r01 lentement). indiennes. Appliquee à l'homme il est nor·
1 dicter son choix. Ici, elle vise à le sépam religieux de l'Egypte ancienne qu'à la sym- Ultime sauvegarde du marin dans la mal que cette image d'une unité première
des séductions illusoires. bolique maçonnique d'aujourd'hui : elle tempête, elle est le plus souvent liée à ait une expression sexu!Olle, présentée sou-
Mais cette lame symbolise aussi les garantirait une stabilité perpétuelle. Les J'apéran<:t, qui r..te un soutien dans les vent comme l'innocence_ ou vertu prem•ère,
1 valeurs affectives et la projection de la plus répandus et 11'11. plus puissants de ces difficultés de la vie : œf/e espérance, nous Fâge d'or à reconqllêrir. La mystique soufi
1
double image que l'homme se fait de la talismans auraient la forme d'un scarabee, /Il garderons com~ tihe ancre solide et le dit clairement: la dualité du monde des
femme; Vénus Uranie ou Venus des carre- d'un œil fardé, du nœud" d'Isis, de la forme de notre /Jme dit saint Paul dans apparences où nous vivons est faus.e,
1
fours, ange ou démon, inspiratrice d'amour croix" ansée (roso, 13). l'Epln:e aux Hêbreux (6, 19). trompeuse, et constitue l'état de péché, et il
· charnel ou platonique, elle ne cesse de !,'ancre symbolise aussi le conflit du n'y a de salut que dans la fusion avec la
revêtir des formes multiples ,devant les- ANCIEN .solidt et du liquide, de la terre' et de l'eau. réalité divine c'est-à-dire dans Je retour
quelles l'homme hésite, parce qu'au fond il 'Elle arrête le mouvement de la vie, quand il l'unicité fondamentale. Tel ost le sens
L'ancienj l'ancêtre~ l'antique revêtent un celui-ci devient temg~t~eux. Il faut que le des sanglots de la nûte de roseau arra·
ne se connait pas lui-même: que l'homme caractère sacré, quel que soit •l'objet ou la
reeèle un eolfllll Inexprimé ou qu 'Il soit CO)>fllt soit rés.olu, po~ que la terre et. l'eau chee à la terre, . dans le prélude .du célè-
personne ainsi qualifiéS:. L'ancien évoque ccnjuguées favoriseni une évolution fé· bre Mesnevi, de Mev/ano Djelal ed Dln
hésitant deWinl les termes d'un colfllit dont déjà une sorte de lien avec des forces conde. · Rûmi.
/'expression se/ait jour, il lui reste à opérer supratemporelles de conservation. ·Le fait
d'abord la prise de .cons.ctence parachevée ' Du point de vue my~tique, cette harmo· Cette première partition, q~i, cosmique·
qu'un être ait résiste jt l'usure du temps est nisation n'êtUnt pas réalisée en ce monde, il ment, crée, c'est-à-.dlré différencie nuit et
des élément& qui le déchiren(, ensuite leur senti comme une preuve de soliditë, d'au·
objectivation, c'est-à-dire l'accession à une 6orivient, comme dit Saint Paul, d'ancrer jour, ciel et terrej c'est aussi celle du yin et
thenticité, de vèrité. n rejoint ainsi dans son âllle dans le Christ, seul moyen d'éviter du yang qui ajoute à ces oppositions fon·
position qui le rendra Indépendant par rap- des profondeurs mystérieuses ce qui est à
port à eux. Seulement QJors, une synthese Je ' na'ufrage spirituel. Mon ancre et ma damentales celles du froid et du chaud, du
la source de l'existence et dont il participe ,r:ri;lx, diront les mystiques, exprimant bien mâle et de la femelle. C'est, au Japon,
con11ruclive est possible; telle est la, dla{ec- dans une mesure privilegiee. Aux yeux de
1fque fondamentale de tpu/ progres de. la cette volonté de ne pas s'abandonner aux lzanagi et lzanam/, initialement confondus
certains analystes, d'une faypn paradoxale remous de là rlature &Uns 1a grâce, al111 de dan. l'œuf du chaos, c'est aussi .le Pwh
c,onsclencif. (v1R1. 77). i;'.t telle est, ffiais- assez juste·, rancien su!gèn:: Pcnfance,
pourriQRs-nous ajouter, une des leçons se fixer à la source de toute grâce qù'est la égyptien, la 1ïamat akkadienne. Selon le
Je prCrnier âge de l'humanitè, comme le Croix. Rig-Veda l'androgyne est la vache laitiêre
symboliques doontes. par !'Amoureux., ce premier âge de la personne, la source du
moi..'1fectif devant lequel viennent se poser bigarrée, qui est le taureau à la bonne
fleuve de vie. il se·colore ainsi des prestiges ANDROCÉPHALE semence. Un• produit deux•, dit le Tao; et
et ... respudre tous nps choix. du paradis perdu. c~est _ai_nsi que PAdam· primordial, noti
Pour la symbolique, l'alrclen n'est pas ce ... Sur de.s monnaies gauloises armori- point mâle mais androgyne, devient Adam
AMULETTE qui est périmé, mais ce qili ·est persistfint, ctiiiles figure un cheval• androcéphale. et Eve.
durable, participant de l'éternel. 11 Une telle représentation ne se retrouve pas
L'amulette ·est. ~nsée pos~er ou ren· innuence le p'sychisme comme Lin élément ail!elirs, ni en numismatique, ni eri icono-
Car l'androgyne est se>uvent représenté
fermer, .une force magique: elle réalise ce comme un être double possédant à la fois
stabilisateur et comme une présence de g.raphie · plastique. Il s'agit peut-être de les attributs des deux ilèxes, encore unis .et
qu'elle symbolise, une relation particuliére l'au-delà. C'est le co·ntraire du vieux qui, che\oux à l"lntdllaence humaine, tels les
entre cel.ui. qui la po~, et lesJorces qu'elle sur le point de se séparer. C'est notamment
lui, est mentalemerii associé au pêrissable, chevaux de Cuchulainn, le Gris de Macha ce qui explique la signification cosmogo-
rep~nte. elle fixe et concentre toutes les a la fragilité, à la precarité. ct. le Sabot Noir (ou le Noir de Merveil·
forces... agissant dans tous les plans cos- nique de. la sculpture êrotique Indienne.
leuse Vallee). (Voir Centaures, hybrides•.)
miques.•. elle établit l'homme au cœur de Ainsi Çiva, divinité androgyne, puisqu'il
ANCRE s'identifie au principe informel de la mani·
ces forces.faisant croitre sa vltalllé,./• ren- ANDROGYNE
dant Jllus rée/, lui garantissant une .meil- Lourde masse dont le poids retient le festatfon, est souvent représenté enlaçant
lrure condition a11rès la mort (EUT, 141), navire, J'ancre est considêrCe comme un L'androgyne initial n'est qu'un aspect, étroitement Shakli, sa propre pulS&ance,
. En Egypte, .les momies étaient recou· symbole de r-eü. de solidité, de tran- Une .figuration anthropomorphique de l'œuf figurée en divinité féminine .
vertes d'amulettes. d'or, de bronze, de quillilé et de fidélité, Au milieu de la mobi- ~.On le trouve à l'aube de toute On a noté encore des 'traces d'androgy-
pierre, de faïence po~r sauvegarder l'im· lité de la mer et dCs éléments, elle est ce qui cosmogonie comme à la fin de !ou.te escha- nie chez A don/s, Dionysos, Cybèle, Ca~tor
mortalitê du défunt; elles servaient égale· fixe, attache, immobilise. Elle symbolise la tologie. A l'alpha comme il füméga du et Pollux, qui évoquent lzanagi er ltanaml.
ment.à prêserver· 1a ··~té, Je bonheur et la partie stable de notre être, celle qui nous monde et de l'ètre manifesté se situe la pie- On pourrait multiplier à l'infini les
40/Androgyne
Ane/41
exemples car a la ·limite toute divinité de la régénérescence, est hermaphrodite.
- les anciennes théogonies grecques le L'union de la semence et du sorUJle pour la enfant, de naître de nouveau, de passer par En Chine, l'âne blanc est d'ailleurs quel-
prouvent surabondamment - .. est bis- production de. !'Embryon d'immortalité se la porte élrolte (ELIM, 132). quefois la monture des Immortels.
sexuelle, ce qui fait qu'elle n'a pas besoin fait dans le corps même du yogi. Le retour Le masculin' et le féminin ne sont qu'un Dans la scène des Rameaux, il s'agit en
à l'état primordial, la libération des contin- des aspects d'une multiplicité d'opposes fait d'une ânesse, distinction qui n'est pas
de partenaire pour engendrer. Cet andro-
gyne rituel, comme le souligne M. Eli•de, gences co~miques se font par la appelea .à s'interpénétrer de nouveau. sans importance. Dans le mythe du faux
col~identla oppolitorum et la réalisation Cette réalisation de l'androgynie, il con- prophète Balaam, le rôle de l'ânesse· est
représente la rotalilé des puissances
magico-religieuses solidaires des deux de !'Unité premier•: fondre mhlil et •lita. viendrait de l'étudier dans le minéral et le nettement bénéfiquo, et Mgr Devoucoux
disent les alchimistes chinois, les deux végétal, car eux aussi 'ont :divisés en mas- n'hésite pas à .en faire le symbole de la con-
.sexes (ELtM 1,34-135, DELH, 29).
polarités .de l'être. culin et féminin, selon la perspective alchi- naissance, de la science traditionnelle, ce
L'androgynie, signe de lola/lt.é, apparait miste. Toule opposition est appelee à qui marque un renversement complet du
donc à la fin comme au début des temps. Platon a rappelé le mythe de l'andro- s'abolir par l'union du céleste et du ter- symbole initial. Faut-il voir, de ce rait, un
Dans la vision eschatologique du salut, gyne .dans le BllM!IHt (189è): ...en ce restre, réalisée par l'J!!)mme, dont la puis- symbolisme initiatique dans les hoMeurs
l'être réintègre une plénitude où la sépara- temps,là l'androgyne était un genre distinct sance doit s'exerccr.~ufle cosmos dans sa. reaervés à l'âne lors de la Pre des foNS
tion des sexe-s s'itbroge. c'est c;:e- qu~êvoque el qui, pour la forme comme pour le nom, totalité. · médiévale? Il y a cependant, dans toute
le myl1ère du mariage, dans maint texte renait des deux au1res, à lafols du mille et cette tète, un aspect de parodie, de renver-
traditionnel, ·rejoignant ainsi l'image de de la femelle. Qu'on évoque ce mytlle, en sement provisoire des valeurs, qui apparait
ANE (Anesse)
Çiva er de sa Shakti. certains mldralcbim concernant l'état essentiel et nous ramène aux notions pre-
Cependant cette croyance, si universel- androgyne d'Adam, ou encore les doc- .Si l'âne est pour nous le symbole de mières. Il s'agit, note Guénon, d'une
lement affirmée, enl'unite originelle que .trines des. gnoses cht.étiennes, l'androgynie 1;ignorance, il ne. s'agit là que du cas parti· canaU.ation des tendances inférieures de
l'homme dolt réintêgrer posr mortem, s'ac- est préseritêe comrrle l'état initial qui doit culi!'I' et secondaire d'une conception plus l'homme déchu, en vue d'en limiter les.
compagne aussi, dans la plupart des sys- être reconquis. Aussi dans leur forme pri- générale qui ,en fait, presque universelle- effets nêfastes, en somme de ce que la ter-
rèmes cosmogoniques, d'une nécess'tté mitive, selon une tradition, l'homme et la ment, l'emblème de l'obscurite, •oire des mi no log ie moderne appellerait un
impérieuse de din'érénciér totalement les femme possédaient un seul co,Ps pourvu tendances sataniques. deffou/emenl contrôlé: l'accès momentané
sexes en ce monde. car - et les croyances cie deux visa$es; Dieu lei sépara en don- Dans 1'Inde, il sen de monture i. des de l'âne au chœur de l'église en est l'image.
les plus anciennes rejoignent ici les leçons _nant à chacun d'eux un do$. C'est à partir divinités exclusivement funestest et notamr Si l'on veut parler ici de science sacree,.
les plus actuelles ·de la biologie ~ l'être 4e ce moment qu'ils commencent wie ·ei.is· ment à Nllrrlta, gardien de la région des c'est encore par retournement et dérision.
humain ne naît jamais totalement' polarise tence di!Térenciee. Dire - selon le mythe morts, et à Kilaritri. aspect sinistre de Par un luciférianisme de carnaval, l'âne
dans son sexe. C'est une lof fondamentale de la Gcnèoe - qu'Eve est tirée du Côté DivL L'uura Dbenuka a. l'apparence d'un satanique esr substitué à l'ânes5e de la con-
de la création que chaque être humain soi/ d' Ad.am signifie que le tout humain était
âne~, · naissance (CORT, OBVA, CUES, MALA).
â la fols mtlle el femelle dans son corps el i~nclé i !'orlifae. En Egypte, l'dne rouge est l;une des enti-
L'âne comme Satan, comme la Bête,
dans 'ses principes spirituels, affirment les tés les plus dangereuses que rencontre
signifie .le sexe, la libido, l'Ôlèment instinc-
Bambaras (DIEB). Devenir un est le but de la vie humaino. l'âme dans son voyage post-mortem; cc
Origène et Grègoire de Nysse ont distingué tif de l'homme, une 'vie qui se dèroule toùi~
D'où l'explication la plus courante des que notre expression popul.aire méchant
un être androgyne dans ce premier homme au plan terrestre et sensuel. L'esprit che'
r.ites de cirçoncision et d~e:ll:~ision, qui comme un dne rouge tend à confirmer
créé à l'image de Dieu. La déification à vauche la matière qui doit lui Etre soumise,
seraient destinés à. raire passer l'enfant de curieusement. Cet animal po.urrait d'ai1-
laquelle l'homme est conv.ié lui fait retrou- mais qui échappe parfois à sa direÇtion,
raçon définitive dans son sexe apparenç, le leurs être identifié à la bile écarlate de
clitoris Otant chez .la remme comme une ver cette androgynie, perdue par l'Adam /'Apocalypse (Guénon). On connait le roman d' Apulée, LlAne
survivance de· 1•organe viril 'et le prépuce dltîerencié e1 rè.tablie grâce au nouvel · Dans l'é;sotérisme ili!l\aélien, l'âne de d'or ou les Miramorphoses: n raconte les
étant chez l'homme comme une survivance Adam glorifié.· Dans le Nouveau .Testa- Dqjjtl/, c'est la propagation de l'ignçirancc avatars d'un Lucius, depuis la chainbre
rémininl C'est aussi le sens de Thiero- ment, plusieurs textes concernent cette el de .l'imposture, en fait du littéralism~ parfumée d'une courtisane sensuelle·
gamie chinoise de Fou-hi et Niukoua unis unité. · borné, qui fait eeran à l'avènement de la jusqu'à la contemplation mystique devant
par leurs.queues de serpent (et q~i plus est, Afant souligné l'androgynie comm.. une vision intêrieure. la statue d'Isis. Une suite de métamor-
eeliangèànt leurs attributs); celui du Reblt des caractéristiques de la per&atlun splrl· On objectera la présence de l'âne dans la phoses illustrent l'évolution spirituelle de
hermétique, qui est aussi soleiJ._er lnne, ·c,iel tuelle, dans saint Paul et dans l'Evangile de crèche el son rôle, lors de l'entrée du Christ Lucius. Sa transformation en âne est, dit
et terre, essentiellement un, afiparem_ment saint Jean, Mircea Eliade écrit: En effet, à Jérusalem. Mais Guénon a fait observer Jean Beaujeu commentant ces passages, la
double, soufre et mercure. devenir mâle el femelle, ou n'être ni mâle ni qu'il s'oppo!!O dans le premier cas ~u bœuf, manifestation concrète, /'(/!el vla/ble el le
Les symboles hfrtdous se réfèrent non fenu!lle sont des expressions plastiques par comme les tendances malefiques aux ten- cirtltimenr de son abandon au plalilr de ./a
seulement à l'androgyne primoréiilfl, mais lesquelles le' langage s'efforce de décrire la dances bénéfiques, et qu'il figure dans le chair. La deuxième métamorphose, celle
aussi" au .retour final il .cette indistinction; à métanola, la conversion, le renversement seco11d cas ces mê111es forces maléfiques qui lu/ restl1ue sa frgure el sa personna//1é
cette unité: Une tell~ réintégration est le total des valeurs. Il est .aussi paradoxal vaincues, surmo111ées par le Redempteur. humaines, n'est pas seulement une manifes~
but du Yop. Le. phénix chinois, symbole d'être mllle et femelle que" de redevenir On pourrait, certes, attribuer un rôle tout 1atlo11 éc/a1anre du pouvoir salva1eur d'iris,
différent à la monture de Jésus triomphant. elle sig11Ule le passage du malheur, der
42/Ane Angu/43
voluptés mèd/ocres, de /'esclavage 1tnrre l1t• l'âne le démon à trois têtes, l'une représen- son nom, le vent. Le caractêre éphémère de
tant le mercure, l'autre le sel, la troisième l'humiliation. Richard de Saint-Victor dira
mains de la fortune aveugle, à la félicité ue l'homme· a besoin de comprendre le cette tlcur lui vaut son nom qui, en grec,
le soufre, les trois principes materiels de la
surnaturelle et au service de la divinité
toute.puissante et providentielle; elle est nature : l'être buté. ~.donné à l'ânesse, afin .de,pénètrer dans signifie vent. Honnis la légende d'Ovide,
liî.umilité, en devenant vd. a ses propres cette fleur est dite naitre du vent et être
une vraîe rësurrection-, la résurrection inté- L'âne apparaît cependant comme un ~ (De gen. paschate .PL, 196, 1062- emportée par lui. Elle évoque un .amour
rieure. Redevenu humain, Lucius peut animal sacré, selon certaines traditions. li !064., et Sf"inons et opuscules spirituel!;, soumis awr fluctuations des passi008 et
suivre la voie du sa~ut~ s'engager sur le che, joue un rôle imponant dans les cultes apol- aux caprices des vents.
J'Îris, 1951, 89). .
min de la pureté, accéder aux.plus sublimes liniens : à Delphes, des ânes éta~t offerts ·:Si le Christ a voulu s'asseoir sur de Suivant de nombreux auteurs, l'ane-
initiations. Effectivement, il n~entre dans mone doit être identifiée au lis des champs,
en' sacrifice. C'èst un âne qui ponait le cof· ~Iles . montures - dira Richard de
l'intimité ~ la connaissance d•vin~ par fre servant de berceau à Dionysos; aussi sîiint-Victor - c'est pour montrer la dont il est constamment parlé dans la
une •uite d'épreuves de plus en plus exal- cet animal lui est-il' attribué. Suivant une iî«:cisité de l'humilitë. D'où le texte,: sur. Bible. Il n'existait pas de lis blanc dans les
tantes. qu'aprês av.,ir dépouillé l'âne et
re.-êtu l'homme.
autre tradition cc sacrifice d'ânes serait qid .donc .repose :""" esprit, dtt le 1:'°· champs de Palestine; mais l'anémone y
était tTès répandue. Le Cantique tk& Can·
d'origine nordique: 'Nul ne saurait, ni par pliète, 1/non sur 1hurn~le, s~r..le pa/Jib/e,
L'expression .oreilles d'âne provient' de mer, ni sur terre, 1rouver la vole mervell- SJIT °cehli qui tremble a mes pàroles (fro- tlquesfait allusion au Lis des champs, au lis
la légende selon laquelle Apollon changea. leUJe qui mène auxfêtes des Hyperboréens. verbes 16, 18). // monle l'tlnme, ce'/uf qui de la vallée: il croit entre les .épines, il se
les oreilles du roi Midas en oreilles• d'âne, Jadis Persée, chef des peupleI, s'assit à la ;•exerce aux praliques de l'humilité vra,le, trouve dans les jardins (l, 1, 2, 5, 13 etc).
car il avait preféré à la musique du temple /able des Hyperboréens et entra dans leurs lntérleuremen·t, devant Dieu;' mals c'~st Dans son sermon sur la montagne, le
de Delphes. les sons de la flûte de Pan. demeures; Il les rrouva sacrifiant au Dieu Christ parle du lis des champs (Matthieu,
ttltmter le petit de l'ânesse que de s,e mon-
Cette préférence indique, en langage sym- de magnifiques ,hécatombes d'ânes; leurs Ji.èr pttentlf aux devoirs de /'humiliation 6, 28-29) et par là même il semble désigner
bolique (les oreilles d'âne}, la recherche des banqueu et leurs hommages ne cessent pas vrqlê, eitérieurement, devanl le prochain ranemone.
séductions sensibles plutôt que l'harmonie d'être pO!lr Apol/011 la joie la plus vive et (la.' Opuscules et sermons. p. 95). , L'anémone est une fleur solitaire dont la
de l'esprit et la prédominance de l'âme. Apollon $ourir, en voyant •'ériger la lubrl· L'ânesse est ici symbole de paix, de pau'' couleur vive attire le regard. Sa ,beauté est
Dans sa description de la Descente aux cité des brules qu'ils immolent I (Pindare, vtetê, d'humilité, de patience et de courage, liée à sa simplicité, ses pétales rouges évo-
Etlfers. Pausanias, note la présence auprês dixième Pythique, traduction d'Aime et généralement présentée avec faveur dans quent des lèvres que. le soume du vent
de béliers noirs, victimes de sacrifices, d.'un Puech, Les Belles-Lettres, Paris, 1931, I• ·Bible: Samuel pan à la recherche des entrouvre. Elle apparait ainsi dépendante
homme assis; l'inscription le nomme p. 147) Dans ·Arl•tophane (Les Gre· âllesses perdues; Balaam est instruit par de la présence et du souffle de !'Esprit :
Ocnos: il est représenté tressant une corde nouflles) l'escle.ve de Bacchus dit à son llj)ll inesse qui l'avenit de la pr~nce d'un symbole de l'âme ouverte awdnfluences
d~jonc: une ânesse, qui est auprè• de lui, spirituelles. Mais elle peut être aussi, c&é
maitre, qui lui place un fardeau sur le dO.: an&~ de Yahvé; Joseph emmène Marie et
manif11. cette corde à mesure qu'il la tresre. El mol je •uis l'dne qui porle les mystèret. J4'us à dos d'ânesse en Egypte pour fµir nocturne, un symbole de beauté offerte et
On raconte) dit Pausanias, que cet Ocnos Peut-ètre la scene n'est-elle qu'une déri· les persécutions d'Hérode; avant sa Pas- précaire, forte comme· l'est sa couleur et
était un homme très laborieux, qui avait sion. Mais l'âne porteur de mystère n'est llipn, li: Christ fait. son entrée triomphante à fragile comme l'est un corps que ne sous-
u~~ femme très dépensière, de sorte qu'elle pas une image isolee; il est interprété tend pas une âme. Fleur de sang éclose par
JéruSlllem sur .une ânesse.
lfva/t bîen1d1 mangé ce qu 'li amassai/ en comme le symbole du roi ou du Jl0UVoir le vent et que le vent peut emporter, elle
travaillant (Ill, 28-31). L'allusion est trans- temporel. · montre aussi la richesse et la prodigalité de
parente, au moins pour la femme. Mais son L'âne sauvage, l'onagre, symbolise les ANÉMONE
,. la vie en même temps que sa précarité.
énigm~tique mari ri'estpas dênué d'intérêt, ascètes du Désert*, les solitaires. La raison L'anémone symbolise d'abord l'éphë-
en ce qu'il complète le symbolisme du en est, sans doute, que la corne d'onagre mère;
récit. San nom slgn/{111: hésitation, indéci- ANGES
désigne une come·qui ne peut être attaquée :Elle .est la tleur d'Adonis, Adonis ·est
sion. Sa prèsence dans ce comexte Invite d par aucune eau vénéneuse. La mâ.:hoire
voir en lui le symbole d'une faiblesse, voire chansé par Vénus en une anémone ro11BC · Etres intermédiaires entre Dieu et le
d'âne est réputée aussi pour son extrême pourpre; Ovide. a décrit la sce11e dans les monde, mentionnés sou• des formes
d'un vice: l'hésilallon condutsanl à ne pas durelê: avec une seule mâ.:hoire, d'âne, diverses dans les textes akkadiens, ougari-
Métamorphoses; (livre 10, 710-135). E(le
prendre pàrti el à nejamals aboutir dans Samson peut tuer mille ennemis; tiques, bibliques et autres. li• seraient ou
$and sur le sang dt.l}eune hpmme un nec-
ses entrepriseJ (Jean Defradas). A cette L'âne est rattaché à Satu'rne, le tor embQMmé; li ce cont!lct, Il bouillanne des êtres purement spirituels, ou des esprits
lumière, le symbolisme de la scène coaju- deuxieme soleil, qili est l'ètoile d'Israël. doué& d'un corps élhéri, aérien; mais·ils ne
comme les bulles rransparenœs qui, ·du
gale devient tout entier transparent. Aussi y a·t·il eu, dans certaines traditions, fo~d d'un bourbier, moment à la surface de pourraient revêtit ·des hommes que les
I.?art ,de la Renaissance a peint divers identification entre Yahvé et Saturne. Cela kh•nix jaunlltres: il ne s'esl pas écoulé apparences. Ils retnpliraient pour Dieu les
ètats d'âme sous les traits de I' ârie : le expliquerait peut-ètre, le Christ ètant le fils fonction• 'de ministres: messagers, gar-
plus d'une heure que de ce •ang nait une
dé'couragement spirituel du moine, la du Dieu d'Israël, que des caricatures sati- ffeu; 'de mi~ couleùr, semblable d celle diens, conducteurs des astres, exécuteurs
dépression morale, la paresse, la délecta- riques aient représente des cruciriés à tête du grenadier, qui cac~e ses graine! sous des lois, protecteurs des elus, etc., et
tion morose, la stupidité, l'incompétence, d'ine. seraient organisés en hiérarchies de sept
IOlt saupie ieorce; mars"" ne peul enjoulr
l'entêtement, une obéissance un peu bête ordres, de neuf chœurs, ou de trois triades.
L'ânesse symbolise l'humililé et l'ânon longtemps: car', mal.fixée èl lrop légére,
(TEns, 28-30}. Les alchimistes voient dans
e/I~ mmbe, détachée par celui qui lui donne I.e Pseudo-Denys l'Aréopagite en a élaboré
44/Angea
mais ils demeureront toujours aussi mysté- à la race humaine. Leurs enfante· sont
la plus parfaite et la plus mystique des il chevaucha un chérubin el vola, rieux. ne serait-ce que du fait que le appelés démons. Le Pseudo.-Denys insiste
théories dans ses Hiérarchies ci/estes. Il plana sur les ailes du wnt. nombre des anges est lui-même incoMIL sur le rôle d~llumination qu'exercent les
\ Sans préjuger des interprétations theolo.- L'Ecriture parle de mille fois mille et dix anges à l'égard des hommes, Clément
' · Il existe ·une équivalence symbolique el
giques données par les Églises et de la foi foncùonnelle entre les messagers de 1'Autre mille fois dix mille : d'Alexandrie décrit le rôle protecteur
catholique en l'existence dos anges, on peut Monde œltique, qui se dépla.:ent souvent exercé par les anges sur les nations, les ci·
cependant noter que; pour beaucoup d'au- Mille mfl/len le servaient, lés.
sous la rorme de cygnes, el les anges du myriades de myriades, debout devant
teurs, les attributs donnés aux anges sont chri81ianisme, qui portent des. ailes de L'Ecriture Sainte ne fait aucune allusion
considérés comme des 1')'mboles d'ordre lui. aux anges gardieno; To11tefois, d'api-ès
cygnes. Les· anges sont du reste très fré- (Daniel, 7, 10).
spirituel. quemment les messagers du Seigneur. Enoch (100, S), les sainte et les justes pos-
D'autres voient dans les anges des sym- Dans la. version la plus récente du récit Mais si elle multiplie par eux-même$ les sèdent leurs protecteurs. Chaque fidèle est
boles des fonctions divines, des eymboles irland._js intitule la Mort de Cùchulalnn, il nOJDbres les plua élevés que noua conn8,ls~ assisté d,un ange, dira Basile; cet ange
des relations de Dieu avec les créatures ; existe une interpolation chrétienne signifi- sions. c'est, précise le Pseudo.-Denys, pdur guide sa vie, il est à la fois son pédaaogue
ou, au ·contraire _; mais les opposés cdin- cati~e : au héros en danger de mort et se nous révéler clairement ,,Ue le nombre des et son protecteur. Ce rôle de protection
cident en symbolique - , des symboles de rendaiit au' cotiibat apparaissent des liglon.r dlesœs écW/M pour:,,,,.,. d route nous le trouvons alllmlé dans l'&riturc
fonction• humaines sublimées ou d'aspira· cohortes d'anges, qui · lui . chantent une lflUUJ't!, Telle est, en tdfet, la nw/lllU/k. tk Sainte pour Lot (Genne 19), lsmal!I
tiens insatisfaites et impossibles. Pour muaique céleste (CELT, ·7, 14; CllAB, 67· çn .armées blenlleureusa qui ne sont pas (Genèse ZI), Jacob (Genne 48). Un ange
Rilke, de façon plus large encore, l'ange 70). tlt., ce monde, qu'elles rurpassmt fortùe délivre Pierre et Jean, Au Moyen Age les
symbolise la créature dans laquelle appa- · Les hiérarchies célestes sont une image dibile et . restreint de nm rystèmes tk anges intervieunent dans les dangers, les
rait d#à réalisée la traniformatlon · du des hiérarchies terrestres et leurs relations numération matérielle, et que seules les guerrea, les croisades, etc.
visible en Invisible que nous accomplis- réciproques doivent inspirer œlles des peuwmt connallre et iü/lnlr leur propre L'ange en tant que messager est toujours
sons. hommes. Le Pseudo-Dénys 1' Aéropagite, le lnteJlipnce et leur propre science, qui n'est porteur d'une bonne nouvelle pour l'ï!m•·
Les anges à six ailes, les séraphins (litté- grand angélologue du christianisme, •'ex· pas de ce monde, mal$ qui appartient au
ralement les· Brillants), entourent le trône r:iel el qu 'elle.s ont reçue en don parfaite·
prime ainsi : ANGUILLE
de. Dieu ; ils ont cha.:un ·six ailea : deux _,., généreux dt la Théarcll/e, car cette
pour se couvrir laface (par peur de voir C'm à l'ordre des principautés, des Tllétvchie connait l'trr/inl, car elle esl la L'anguille - pour nous insaisissable el
Dieu), deux Pour u cou~rir ks pieds archanges el des anges qu'appartient la $0fjrce de toute sagesse, le principe com- symbole de di11imulation ,..- ae rattache .à
(euphémisme désignant le sexe), deux pour fonclion révélatrice; c'est luf qui, à travers 1111111 el IUTeS$tntie/ de toute exutence, la la fois au serpent• par sa morphologie el
voler. (lsafe, 6. 1-2). Un tel entourage ne les degrés de sa propre ordnnnanco, préside cause qui donne rang d'esience à tout ilre, aux symboles aquatiques par 90ll habitat.
convient qu'à la pure· divinité. On verra aux hiérarchies ltumaines, qfin que se pro· la putnance qui contient et le terme qui Elle fut, dans l'Eaypte ancierule, l'emblème
aussi ces anges autour de la ligure du du lient de façon ordonnée riléval(on spfri· embrasse la totalité de l'univers (Pseo, de l'H8namtoU& de Dendera, soleil naio-
Christ, atle&tant sa divinité. tue/le ~i'3 Dieu, la conversion. lâ commu- 234). sant, symbole de la manifestation prünor-
Les anges jouent ausei le rôle de dpes nion, /'union, et en même remps le mouve.: Les anaes formmt l'armée de Dieu, sa diale émergeant des eaux•.
...er11- du SllCft. Pour les Pères de ment processif de Dieu lui-mime qui, selon cour, sa maison. Ils transmettent - ordres Animal familier au Japon, elle y est con-
l'Égliee,Jls sont la cour du roi des cieux, une très sainte ordQltnance. watlfie lltth:a- « veillent 1ur le monde. Les anges tiennent sidérée comme meuager divin: l'icono-
les cieux dei cfna. Pour certains, reliant lement toutes les hiérarchies de ses dons, et un role imPQrtant dans la Bible. Leur hié- graphie l'llBIOCic à la tortue• (OORJ).
leurs croyances à la philosophie aristotéli· les Illumine tour en les' falstJlllentrer .
en rarchie est liée à leur proximité du trône de Dans un épisode de la mythologie irlan-
cienne, ils seraient les animateurs des communion avec lui. De Id vient que la Diou. Citon• les nome des trois princlpau daise apparait une anguille. C'est le réaul·
astres•, cha.:un d'eux étant préposé au rhéolngle·résenJe aux anges le :rofn.de notre archanp i Michel (vainqueur des dra· tat d'une métamorphose de la Bodb
lllo·uvement dtun astre, si bien qu~on s'est h/irlll'Chie, tippeloat Michel /'arcltonte dU &ons), Gabriel (meaaager el initiateur), (corneille), ou déesae de la guerre qui,
i demlllldé si le nombre d!OS.anges n'était. pas
1

l'
peuple }u/f, et d'autre• anges' les arclwntn bphatJ (guide. des médecins el des "VOya- d.épilic de ne pu être aimée du héros
égal à celui des aatres. L.'immense coupole da. autres notlan.r, car le 'IWs-Haut a ila· geurs). Cùchulainn, .vient. sous cette forme clans le
du fumament tournerait BOUS leur ac;tion.. bll le• frontières dell nationB selon le Lee propos concernant les anges sont gué où il. combat contre lei hommes d'Ir·
Ils influeraient aussi, soit par l'effet. des nombre des a~ges de DIJ!U {PsEO; '218· cliVert." Selon Ju.iin, qui est un des princi· lande et s'enroule autour de sa jambe.
conjonctions aatrales, soit plUB dire<1lemenl 219). paUJ< auteun à parler.. du culte: des anges, Cùchulainn J'arrache bl'utalement 111 la
à tous (es échelons de la création motérielle OCWl,d, en dépit de leur nature spirituelle, jette llClDtre les roçhcn (w11u, 315).
(CHAS 14), Ils annoncent ou réali8eBt l'in· Cettè affirmation ,ne saurait signifier J)QllèdMt un· corps analotue au corps A un deiré inférieur, l'anguUle réunit les
tervention divil)e. l;>'après )e P.saume .18. qu'il y a cXaCIO(llClll IJltant de nations que symbolismes du Jerpe11t• et de l'eau•. Elle
~.Bien entendu, .leur nourriture est
10-11, &Tes célestes,Jls.aervent de trône .â d'anges de Dieu; elle indique· seulement a. glldé une .connotation sexuelle dans l'ar-
118118 1'pport avec ce.lie dee humains, ils
Yahvé: qu'il y a .un rapPQrt mystérieux entre le got moderne qui ·emplo~ parfois l'image
llOllt nourris dana les cieux. P~HU' Justin. le
nombre des nations et le no111bre 4"• ang~ < anauille de calecif• pour daigner le pénis
~ des anaes conaim dans leurs rap-
Il inclina. /es cieux et descelldlt,
une sombre nu# /IOllS ses pied&;
Ces rapports ·peuvent varier aelon le
nombre des nations au cours de l'histoire; llOl'IS -uel•. nec les femmes appartenant (GUID).
Anlmel/47

ANGUIPÈDB Slkln, en faisant de la brute !'ainé tk rour, ... espèces pour support ooneepluel de la Les animaux fabuleux sont des plus
ebauche de la fécondité comme de la diversité aoelale (LEVT, 14S). nombreux dans l'art chinois. L'origine de
li existe de nombreuses fi1urations débauche du Chaos, époux lascif de l'l'fllnl . Les animaux, qu'ils soient considéres ce fantastique ne nous est connu jusqu'à
gallo-romaines d'un cavalier soutenu par qui, a\IDllr le verbe, a rugi, slf!1é, henni: par groupes· ou communautéa ·(les rumi- présent que par les monuments funéraires
un personna1e monstt:ueux à corps nants, les abeilles) ou pris individuelle- découverts dans le Chan·Tong et dans Je
humain, mais dontles extrimités, souvent Fussiez-vous Dieu, 'songez en voyant
l'animal/ mait. correspondent donc à des caracrères, Ho-Nan. C'est un art qui n'a pas encore ete
bifides, sont à fonne de serpent et rappelle- symboliques plus qu'allegoriques, du fait civilisé par le taoïsme et le confuci&11isme
r011t la symbolique du dragon, Le .cavalier Cw Il n'est pas lejoar, mals Il n'e1t pm
du nombre et de la complexite ·des signifiéa oll"lciels, Les êtres les plus fabuleux, les
esi:représentë en Jupiter, tenant soit la roue le mai.
Toute /a force obscure et vague de la q11e recouvre en eux un seul signifiant Tels sorciers les plus étranges, les animaux aux
cosmique, soit la foudre. On a voulu y voir seront, pour doMer quelques importants formes les plus biurres y tiennent une
4ivm symbolismes: la lumière contre. les terre
Esr dans la bl'llte, larve tJMgUste et soli- exeniples pris dans des noms de groupe, le place C011sidérable. . Le corbeau solaire
ténèbres, surtout !'Empereur terrassant les _,.n.•, ?'oüeaa•, être céleste. ou le carni- avant d'être annexe par lea MaiUos
taire · ·
1 birbares. SJ1ivant des conunentairea QU vore. animai à croc• ou de gueule, ·toujours Célestes <lu taoïsme .est là avec sea irois
. (Le XVI' stkle, Le Saryre).
'l',,
'' piÙtegyriques 11,tins. Mais la figuration
n'c:xprime .~ l'idée d'une l~: en l'ab-
charge d'un fon symbolisme chthonien ou Pattes (ciel, terre. homme); le renard 11 ncur

-a
Cet interdit IGllgtemps jeté sur la nature infernal. Le fréquent emploi, iei, · de la QUelJl'S, (lea neuf régions de l'Empire); puis
_1,- sence de tout texte d'inspiration celtique on humaine, et qui commence i etre contesté métaphore - une forme première de la des . mons\reS, sortes de ,centaures ·.avec
;! s11pp0ee qu'il clev!ait s'asir de l'équivatrint
gaulois des Fomoire• irlandais (ooAc, li,
par les romantiques. levé avec la
découverte de la psychanalyse, comme
pensk discursive (Ll!VT,· p. 146)- n'em-
pêche pas le symbole, car elle n'en illustre
deux .bustes humains accoles ; dea fauves
portant chàcun huit lêtlPS humaines, fixéet
307 s.). l'exprime, avec encore quelque timiditC. qu'une partie, plus. précisément qu'une sur des cous comme des serpents, tels des

l.,·t
·Î,' ANIMA, ANIMUS (voh Ame")
ANIMAL
Jun1 dans l'Ho- er ses Symboles: La
pro.fusion des symboles animaux dans Ier
re/lgton.s et ln wts de tous les remp1 ne
souligne pas seulement /'Importance du
facette:· ainsi la colombe du Saint-Esprit
est loin d'exprimer tout le symbolisme dont
act oiseau peul se faire~le vecteur, .mais per-
hydres de la mythologie grecque classique.
Sur un bas-relief provenant d'une
chambre funéraire, on peul voir deux per-
'·I' L'animal, en tant qu'archétype, reprê· symbole. Elle monrre aussi à quel polm il
met d'en aborder l'examen. Sans prétendre
à prêsenter un bestiaire exhaustif, nous
sonnages se faisant face, l'un tient dans sa
main une sorte d'équerre (emblème d'un
·.·1,1. sente les couches profondes de l'incons- m lmportanr pour l'homme d'l"1égrer avons .consacre dans cet ouvr&1e un article des rois mythiques de la Chine), l'autre une
cient et de l'instinct. Les animaux .ont des dans sa vie le conrenu psychique du rym- auasi détaille que possible à chaque animal croix (les 5 points• cardinawo:). la partie
•.·....!'.·.:.
J, ' symboles des principe& et des forœs cos- bo/e, c'est-à-dire /'Instinct ... L'1131aial, qui dont la charge symbolique nous a paru suf- iaféricure de leur corps semble se·terminer
1 est dans l'homme sa psychi instinctuelle,
miq_, matérielles ou spirituelles. Les fisamment forte pour exprimer une perma- en une sorte de queue et s'enlacer .l'une à
" signe& d11 Zodiaquo. évoquant les énergies peur devenir dangereux, /orrqu 'JI n'ert pas nence à travers l'histoire humaine (voir l'autre (voir 8111ulpède•),.
i
I''
cosmlqueil, en llOlll dea exemples. Les dieux reconnu et lntigri à la vie de /'Individu. agneau•, al11e•, cheval", ehlea•, _ , . ,
tnreau•, etc).
. Ces. gravures datent de la période des
égyptiens sont pourvus de tàea d'animaux, L 'm:ceprallon de 1'8me animale esr la con- Royaumes Combattants (441-221). Rapi-
les . Hvangêlistea · sont symbolitëa par des dtrlon de /'unl/lcatlon de l'lmllvidu, et de la Cet intérêt porté par l'homme à 1'animal dement elles vont s'assagir sous l'influence
animaux, l'Esprit Saint est flgUJé par une pléni111.de de wn éptUKJ#lnem.nt (JUNS. considéré comme une matérialisation de des doctrines confucéenne et bouddhique.
colombe. Ils touclleot aux trois riiveaux de 238-239). ses propres complexes psychiques et sym- Leu~ symbolisme ne se retrouvera plua que,
l'univers: enfer, terre, ciel. La mytholOBie Le tymbolisme des animaux, tels que boliques est aujourd'hui trés sensible avei: dans la magie taoi'stc. Encore son interpré-
des Maya nous montre, par exemple, un l'homme les rencontre. les ob&e!'Ve, chacun la vogue des. animaux domestiques, et sur- tation s'inspirera-t-elle d'un merveilleux
crocodile ouvrant sa aueule monstrueuse, avec ·ses particularités, et les nomme, le tout des animaux •de salon> adoptés plus utilitaire (drogue de longue vie) ou morali·
qui est la gueule d'un inonstre chthonien renvoie à un phénomène infmiment plus qu'élevéa. L'ancienne Egypte en offre un sant. '
pour dévorer, au crépuscule, le soleil. li vaste, · puisqu'il englobf- toiite l'hilltOire exemple plus extrême enc:ore, puisque le Les temples shintoïites sont gardés par
faut consùlérer. dans le très complexe humaine, et noa un 111011111Dt de !IOb'e soin des animaux y confinait à Ja ZOC)' des animaux fantastiques, toajours dispo-
ensemble symbolique que recouvre ce mot, propre civilisation. Il s'agit du ID!émisme latrie: un Egyptien, dit Hérodote, laisse sés de çhaque côtt de l'entrée. L'un de ces
/'animal, ou la blre, et les anlmlUIX. qui, loin d'atre en relatioa avec une cer- brûler ses meubles mais expose sa vie pour animaux · tient la gueule ouverte, l'autre
· L'animal, ·la bête qui est en llOUI et a taine mentalité •primitive• ou avec une tirer un chat du brasier. li existe d'innom- fermee. Ils symboliseraient le début et la
tant · embarrassé le moraliame judéo- étude • archaique• de société, atteste une brables momies de bêtes. Soigner les lin, la souveraineté sans limite de .l'e:mpe-
cbrétien. c'est l'ensemble des forces pro- tendance fondamentale et omniprésente de sépulcres. des animaux était un devoir dont rour, l'alpha• et l'oméga. .
fondes qui nout animent,· et en prentier lieu l'humanité. Lévi-Strauss commentant les dévots tirai1111t leur fierté : J'ai donné du
la libido : dès le Moyen . Age, en ar1ot. Rousseau le resume ainsi 'C'est pwœ que ]Jai11 à l'homme qffamé, de l'eau à ras- On a cru pendant longtemps que la reli-
l'animal, la b.!te, le cheval, c'est le pénis, et l'lwmnw s'éprouve prlmltf\lemtllt likrltlque roiffé, dn hab/Js au dénudé. J'ai pris sol11 gion celtique accordait une grande place
c'est parl'ois aussi la femme, ira:amant la à tous ses aembütbla (tJM nonrbre dnquu da ibis, faMcons, chats .et chkns divins et au toomorphisme et au totémisme. Cela
partie animale, sinon • satanique de 11/aut ra~r lu 1111lmaux)qu'll 1W1urra kt je les ai rltue/iement inhumés, oints aurait constitué UM preuve de sa grande
l'homme. Victor· Hu10 a parfai!ement capacité de " a1stl11gwr comwre li lu d"·· d'huiles et emmailloté• d'étqffes (POSD, ancienncte ou de son prlmlllvbme, le stade
exprimé ce symbole dans La Légende des tlngue, c'esr-d.Jln 4e ,....n la dhcnld. 15 b). evolutif suivant étant constitue par
rI'

48/Anlch Anneeu/49
l'anthropomorphisme de dieux mieux éla- «gitée et .impétueuse, comme en témoignent , 00 ·l'intégration
des principes actif et pas· Ce n'est pas en raison des directions des
bores, comme par exemple les dieux arecs. les courants des rivières et les marées: le sif, ·ce que parait bien confirmer le fait lignes droites ,prolongées imaginativement
Mais l'animal a simplement valeur de sym- bélier ressemble à l'air par sa vtolerrce, el qu'elle représente, couchée, les doubles à l'infini, mais parce que· ces lignes conver-
bole: le sanglier symbolise la fonction aussi parce qu'aucun animal n'est plus attributs sexuels; de même, une figure gent vers la boucle fermée, où elles se rejoi-
sacerdotale, l'ours la fonction royale; le utile à l'homme. puisqu 'Il lui fournit ses indienne de l'androgyne, debout sur une gnent Cette boucle symbolisé l'essence
corbeau est l'animal de Lug... Le cygne, ou vêtements: quanl aux oiseaux, l'ilément fleur de lotu1, de façon três réaliste. lnter- infinie de l'energie vitale, identifiée à Isis,
l'oitcau en général, est le messager de qui leur est apparenté est le ciel, partagé en pr«ee d'une façon plus ttaditionnaliste elle d'où découle toute manil"eslatiolf de vie.
1' Autre Monde. Le chC\'al est psycho- différentes sphèrn: 011 peut rapporter les est, selon Champdor, le symbole de mlf- Aussi est-elle portée comme un talisman
pompe, etc. On n'a aucune preuve serieuse planètes ci la colombe, car c'est un animal /ions'.d'a1111ees de vie future. Son cercle esl par tous ceux qui veulent participer de sa
de totémisme dans le domaine celtique. doux et les planètes nous sont propices: les /'image parfaite de ce qui n'a ni commence-- vie. La croix ansée peut ainsi être assimilée
Les Turcs demandaient d'urr habile étoiles à la tourterelle, car elle aime la soli- ment, ni.fin' Il. représente l'âme qui esl à l'arbre. de'. vie, avec son tronc et sa rron-
guide d'armée les qua/fiés de dix animaux; tude. On peut 'liouter auni que les oiseaux éternelle parce qu'elle est issue de la subs- daison.
la bravoure du coq, lu c/ta•le!é de la poule, sont apparentis aux étoiles car leur vol res- tDnce spirituelle des dieux; la croix figure Le nœud d'Isis, ·avec cette sorte.de lacet
le co'ur«ge du llott,/'llgreJSlvité du sangffer, semble. 011 mm111emen1 des étoiles et leur l'état de transe.- dans lequel se ·débalt•it qui entoure les branches ·et l'anneau de la
la ruse du renard, la persévérance du ehlen, chant à , la musique ·des sphères (Quat1- -J'ln,//ié, pJU! exactement elle reprêsenle croix, oomme des ·ch"'°eux entrelacés ou
fa viglla11ce de la grue, la prudence dll cor- tio11es ln Gneslm 3, 3). /létr/J. de mort, la cntcif1xlon de l'élu el, tressés, est d'une signification plus· corn·
beau, l'ardeur.au combat du loup, l'embon- Insistant sur· ce théme, Philon établit .tans certains temples, l'initié étal! couché plexe. li ajoute au sens de sigrie de vio et
point du ,......, <Jnlmal qui, malgré Ioule d'autres analo1ies entre CCA animaux et par les prêtres sur un lit en forme de d'immortalité le sens, dei· liens. qui ratta-
peine et .tout ~ort, demeure gras (A 1 l'homme, analogies qui se retrouveront croix... Quiconque possédait '1a clé géomé- chènt à la vie mortelle et terrestre et qu'il
Mada' lnl, auteur arabe du IX' siécle, cité dans l'art chrétien. Le bœuf présente une 1111/ue des mystères ésotériques, dont le importe de dênouer pour accéder' à l'im-
in ROUF, 233). Un autre auteur musulman, parentê avec le corps en raison de sa doci- syr11boie · était priciséme111 . ce11e croix monalitê. Dénoue les liens, dit un texte du
un peu .antérieur, parle, dans une ênumér&.- lité, la chèvre se raJiporte aux sena, ceux-<:i O[lsée, savait ouvrir les portes du monde Livre des Morts égyptien, délie les boucles
tion analogue des qualités de guerrier, de suivant leur impulsion. Le bélier évoque le des morts et pouvait pénétrer le sens caché de Nephtys; ou encore: Les lumirreux so111
l'opiniâtreté, du sang-froid, de la force du LoJIOI du fait de son caraetêre mâle et 'tl• ltz,vi• élerne/k (CRAM, 22~ ceux qui portent la boucle. Oh /porteurs de
loup, du courage de l'ours, de la soif de actif. La colombe correspond à la raison e. U.s dieux et• les rois, Isis presque tou- la boucle/ Dans un sens-analogue, un livre
venaeanœ du yak, de la chasteté de la pie, dans son appréhension du monde visible, jours, l'ont en main .pour indiquer qu'ils bouddhiste tibétain s'intitule' L/ore du
de l'acuité de vue du corbeau, de la finesse la tounerelle amoureuse de -la solitude détiennent la vie, qu'ils sont donc ,immor~ déroulement des nœuds, Tandi• que la
du renard rouge, de la soif de vengeance du recherche la rêalite invisible (Quaest/ones tels; les défunts le tiennent en main, â simple croix ansée symbolise l'immonalité
chameau-étalon, du courage du lion, de la in Geneslm 3, 4), etc. (OANP, 131·132)- l'heure de la psychostasie• ou · sur. la divine, acquise ou souhaitée, le nœud d'Isis
faculté de veille du hibou. .La symbolique Les animaux, qui interviennent si sou- barque• solaire, pour indiquer qu'ils implo- indiquerait les conditions de cett1> immor-
des peuples turcs ajoute que le cheval est vent dans les rêves et les arts, forment des rent des dieux. cette immonallté. Cette talité: le déroulement des nœods; au sens
brave et le bœuf fort, que les moutons sont identifications panielles à l'homme; des croix symbolisait enCore ·-le centre, d'où propre, le dénouement.
faibles et .:raintifs, que le lion ne peut répri- aspecta, des images de sa nature,oomplexe; •'écoulent les qualités divines et les -élixirs
mer sa colêre, que le poulain esl turbulent, des miroirs de ses pulsions profondes, de d,immortalité; la .saisLr enure -ses- main1y ANNEAU
le tigre brave et valeureux. ses instinclB domestiqués ou sauvagea. c~était 1 s'-abreuver-· aux - sour:ceS mêmes.
. i
Du point de vue biblique, citons seule' Chacun d'eux correspond à une partie de Cdte croix·était parfois,terttte par. le haut, Il suffit de citer, parmi de nombreux
1
ment deux cas : les animaux sont présentes nous-mêmes, inté.,-êe ou à Îlltéarer dans pat l'anse - surtout au cours des Céré· exemples, l'anneau nuptial et l'anneau pas·
à Adam; les animaux, .,-oupés dans la l'unité harmonisée de la personne. monies funèbres; . elle- évoquait alors ,ta toral, ainsi que l'anneau du Pêcheur qui
Bible, apparaissent pourvus d'un sens par- forme d'une clé; et elle était vraiment la clé sert de sceau pontifical et que l'on. brise à
ticulier, Les ·animaux qu'Adam ,nomme ANKH qui' ouvrait la porte du tombeau sur les la mort du. Pape, pour percevoir que l'an·
signifient, · d'après Philon, les passions (Croix ansée égyptienne) Champs d'falou, sur le monde de l'éternité, neau sert essentiellement à marquer un
humaines comparables aux bêtes sauvages (\loir Croix, Ncnd) Parftl(s la croix ansée est tenue au milieu lien; à allacher.11 apparait ainsi comme le
qu'il convient de dompter (Leg. Ali. 2, 9- du front, enlre les yeux ; elle indique alors signe d'une alliance, d'un vœu., d'une
11). Philon considère différents groupes Croix ou nœud magique appelé l'êtrt initie! aux mystéres et l'obligation du COlllllllllllll -O'un destin associê.
d'animaux. A propos du sacrifice par Le Vivant (de Nan Aallh) três fréquem- aecret; c'est la clé · qui ferme les arcanes L'ambivalence de ce symbole vient du
Abraham d'un bœuf, d'une chèvre, d'une ment employée dans l'icono.,-aphie des aux profanes. Celui qui béné.ficie. de la fait que l.'anneau.re//e en même temps-qu'il
brebis, d'une colombe et d'une tourterelle, contraires. Elle pourrait représenter par ~i•ion suprême, .qui a êtê douê de· clair, isole, ce qui n'est pas sans. rappeler la rela-
il dira : La n111ure de ces animaux offre une l'ovale · dominant une croix le soleil, le voyance, qui a percé. le. voile de l'au·delà, tion dialectiqueo 1118ilre-elClave. L'image du
paren1é avec les porries de l'univen: le ciel .et la terre, macrocosmiquement, et ne peut !enter de revoler le mystère, sans le fauconnier baguant un faucon qui, dés lors,
bœllf avec la terre, comme laboureur et l'homme, microoosmiquemenl. On l'inter- PCfdre à jamais. ne chassera plus que pour lui peut être raJ)'
cultlva/tur: la chèvre avec /'eau, parce qrœ prète le plus souvent comme un signe ·La •croix ansée est souvent rapprocme prochée de celle de l'Abbé,' substitut .de, la

c'est u~ animal emporte et que l'eau est exprimant la conciliation des contraires, du nœud d'lsls1 comme symbole d'éternité. divinité, passant l'anneau nuptial au doigl

~:
r---
80/Annaau Anneau/&1

de la novice, qui devient de ce fait l'épouse parables l'une de l'autre. Le chaton de cet nation du pôle, ainsi que celle de la date du accepter Je don d'un autre, comme un tré-
!. mystique de Dieu, la servante du Seigneur. anneau,_ s1i1 n'est un sceau, est du mo~ns solstice. C'est qu'observer le ciel· est le
moyen de l'honorer comme il convient, de
sor exclusif ou réciproque.
Oans de nombreux cornes, romans,
Av.,i; cette différence que la tOUmiosion de une. signature.
la religieuse, contrairement à celle de la .se conformer à l'harmonie qu'il enseigne et drames,. chan,sons· et légl'!ldes irlandai1CS
bête, est librement consentie. C'est ce qui En Chine, l'anneau est le symbole du d'en recevoir la bénéfique influence. l'anneau sert de moyen de nconna1-:
donne à l'anneau sa valeur sacramentelle: cycle indéfini, sans solution de continuilé: . On notera, après Coomaraswamy, que symbole d'une puis11&nce _ou d'un l.ien que
11
il est l'expression d'un vœu. On remar- c'est le cercl~ fennè, par opposition à la le pl correspond à la brique perforée supé- rien ne. ~t briser, même si l'anneau. se
quera ici que la tradition veut que les fian- spire. Il correspond au trigtamme li, qui est •rieure de l'autel vOdique, laquelle repré- perd ou s'oublie au bord du. chemin. Dans
cés, dans la célébration du mariage, celui du soleil et du feu. Mais l'anneau qui sente eff«tivement le Ciel, les deux briques le récit de .la Seconde Bataille de Moytura,
i1 constitue le pommeau des épées semble iruérieures correspondant au. ra•ons- une femme des Tùatha Dé Dànann, Eri
iclro11gen1 kurs anneaux. Ce qui veut dire
que la relation ci-Oenuo évoquée s'établit être mis, par ailleurs, en rapport av.,i; la . Les anneaW< de jade sont parfois ornés. fille-de Delbaeth (Bri est p11ur Eriu Irlande

I entre eux doublement, en deux sens oppo- lune. Ce qui peut constituer. une· altération du et Delbaelh est laformfl) a eu une aventure
ses : une dialeerique doublement subtile en Nous insisterons surtout sur l'anneau de symbole primitif, lequel exige- l'hiératisme, amoureuse °""ec un inOOinnu, venu dans une
t effet qui veut que chacun des conjoints jade pl, dont le symbolisme revêt une très le-. dépouillement: ornés de deux dragons, b!ll'qve merveilleuse.. Au . moment de la
devienne ainsi maitre et eoclave de l'autre. arande importance. Le pl est un diaque plat c~est le yin et le y...., murant autour de séparation, il ,se nomme: Elad.,_(Sc/ence),
i-.1 !'Essence immuable du centre ; dans-les an- fils ~ Delbaeth (ils wnt donc frére et
r Cette symboliq·ue peut, à tous les ni·
veaux de l'interprétation, être rappr.ochée
de celle de la cel111U!e0 , et notamment sur
de faible épaisseur, le diamétre de l'ouver·
ture étant égal·. à la largeur de l'anneau. ou
plus souvent à-la moitiê de cette largeur.
neaux ornés des huit ttigrammes, k vide
central est de toute évidence le yln,)'lllll
sœur); et il lui remet un;armeau. qui per·
mettra à leur .fils de se faire reQOnnaître de
le plan spirituel, comme il ressort de l'an· Nous indiquons à la notice jade* les élé- (ou :T'ai-Id), l'indistinction de !'Unité pre- lui. Cùchulainn agit de môme, dans une
cienne coutume romaine qui voulait que le ments du symbole royal de ce minéraL Les i:aière. Altération? Ou plutôt manifesta- autre légendf:, envers Aoife, guerrière qu'il
flamine, piitre de Jupiter, n'ait pas le droit jades royaux sont des pl; le caractère pl se tion, .explicitation d'un symbole, qui n'est a vaincue et séduite, en v~ du fils qu'il
de porter un .anneau sinon brisé et compose d'ailleurs significativement de pl plus perçu par intuition dirOJCte (BELT, aura d'elle (OOAC, 17, 399; 9, 115 sqq).
dépou111u dl pierre (AULU·OELLE, Nuits (prince) et de )'li (jade). Le pl, parce qu'il ORAD, 'GUES, SOOI..,. VARO).
attiques 10, 15). La raison cle cet interdit est rond, est le symbole du Ciel: en quoi.il , C'est à un anneau, dit la légende, que
est que toute espèce de lien e111C1urant com- s'oppose au jade u•oag, carré; symbole de L'anneau symbolise dans le christia· Salomon devait sa sagesse. Les Arabes
plètemeni une partie du corp1 de l'opéra- la Terre. L'offrande rituelle du pl au Ciel et nieme l'atta11hemeat fidèle, librement iacontent qu'un jour il marqua du sceau de
teur etlfermatl en lui-mime sa puissance du b'Olll a la Terre s'effOJCtuait aux sols- -pté. Il est relié au temps et au cosmos. cet anneau tous les démons qu'il avait ras-
surnaturelle et /'mipêchalt d'agir dans le tices. Le texte de Pythagore, disant , Ne m«te: semblés. pour -ses œuvres de divination, et
mtlnde extérieur (BEAo). Le trou central de l'anneau est le récep- pas l'image de Di1114 sur votre anneau, ils devinrent ses esclaves. Il le, perdit une
Que l'anneau du flamine soit dépourvu tacle, ou le lieu de passage, de l'influence montre que Dieu n'a pas à être associé au fois dans le Jourdain et dut attendre· qu'un
de pierre introduit un ·autre aspect symbo- céleste. Il. est à la verticale de la Grande temps. On peut encore l'interpréter de deux pêcheur le lui rapporte pour retrouver son
liqiie: celui de l'anneau porteur d'un sceau Ourse• et de la Polaire•, comme l'empe- m311iCres,: l'une biblique, qu'il ne faut pas intelligence. N'était-ce pas un génie jaloux
qui est, lui, symbole de puissance et donc reur dans le Mms.t•..., Il est dOllc l'em- invoquOIJ' en vain le nom de Dieu; l'autre qui avait dérobé l'anneau de Salomon, se
non plus de soumission mais de domina- blême du roi comme Fiis du Cie/. En outre, éthique, qu'il convient de s'assurer une sont demandé des. auteurs ésotériques,, pour
tion, spirituelle ou matérielle. Tel est l'an- le Mlna·t'an~ est entouré d'un fossé unu- .existence lil?re et sans entrave. user de sa puissance, jusqu'à ce que Dieu le
neau auquel Salomon, dit la légende, devait lairc nommé Pl·yona. car il a la forme d'un n .Lea.premiers cbrétiena. à l'imitation des cont(aigne à· rejeter cet anneau dans la
sa sagesse. L'anneau du Pklreur; pl. li est important de noter que les Celtes ~tils, portaiant des anneaux et Clément mer, afin- qu'il <Oit rendu à Salomon?
superpose, lui,. les deux pouvoirs, puiaqu'il utilisaient .eux-mêmes de très beaux an- d'Alexandrie conseillait &\Ill chrétiens de (ORIA, 89).
est à la fois symbole de paissance tempo- neaux de jade et que l'un deux a été trouvé aon lllmps de porter sur le chaton de leur Ainsi_ cet anneau Sl'rait le symbole du
'1 relle et de soumission spirituelle. en Bretagne, assodé à une bll!:he 0 dont la ~u l'image d'~ne colombe•, d'un pois- uvalr et de la pu1....,., que Salomon
pointe marquait le centre de l'anneau. Or .son~. ou d'une ancre•~ avait sur d'au.Ires êtres. Il est•.comme. un
1
Plusieun anneaux, dont le symbolisme la hache est associée à la foudre, quî est Les cheva\iers étaient autorisés à porter !ICe&u de feu, reçu du ciel, qui marque sa
varie, étaient célèbres, notamment chez leo une manifcstalion de l'activité céleste. Le une bague en or. . . domlnatlGill iplrltuelle et· .~... Il
i 1
Gr«s. Prométhée, délivré par. Héraklès, trou central de l'anneau. c'est encore 1'·&· -.L'anneau possède des pou~oirs évoque d'11utres .anneaux magiques. .
avait dù accepter de garder a son doigt un aence unique, et c'est aussi . le vüû du magiques sur le plan ésotérique. Il. est en l'Jusiell.l's ljlll1C8.UX, dont le symbolisme
anneau de fer, où était enchâssé un éclat de moyel4 quî fa/J tOllJ'ner la rou"' ; il symbo- rCduction la ceinture", protectrice des varie, étaient en effet célèbres, notamment
1:1 lieux, conservant un trésor ou un secret.
pierre en souvenir du roc et des crampons lise ~ oontribue à réali- la vacuité au chez les Grecs.
J1 S'emparer .d'un anneau, c'est en quelque
du Caucase où il avait été enchainê, et sur· centre de l'être, où doit deocendre l'influx Av.,i; l'anneau de Prométhée déjà vu; il
tout, comme marque de soumission à Zeus: céleste. ~ ouvri~ une porte, entrer . dan• un y a aussi l'anneau de Polycrate: la Fonune
Symbolisme double, ici encore, puisque la Il existe des pl dentelés dont on a mootré c)lâteaµ, une. caverne, le. Paradis, etc. Se ne cessait de gourire à. ce roi. au point q~
soumission à Zeus êvoque ainsi ce qui fait qu'ils sont un gabarit précis de la zone cir- mettre un anneau ou l'imposer au doigt cunvaincu que cette situation privilé-
la grandeur et le châtiment du Héros, insé- cumpolaire et qu'ils permettent la détermi. d~un autre; c'est se réserver soi-même ou giée ne. pouvait -pas durer, il décida
62/AnnM Anqa/63
de sacrifier spontanément quelque objet
précieux auquel il tenait et, du haut d'une
tour, jeta. à la mer son anneau~ orné d'une
qui ne manquera pas de se produire dans
l'histoire de Gygés.
L'anneau des Nibelungen• était le gage
19 -ure
D'une fllÇOD générale, l'année symbolise
d'un proetlRI cyellqae oomplet.
rmtc comporte en ell'et ses phases ascen-
88' année: ou
nais : beïju).
~vité du rii (en japo-

Ces deux derniers anniversaires sont


splendide émeraude•. Un poisson l'avala, de leur puissance. Ils, en sont dessaisis par dante et deteendante, évolutive et involu· ainsi n<mtmés, parce que. la calligraphie
un p&heur le prit et il fut rapporre à Poly- Wotan• d'un coup de lance. L'anneau sym- û"1. ses saisons, et annonce un retour japonaise représentant les mots joie et riz
crate. Cet anneau avait éte destiné à conju- bolise ici la liaison que peut réaliser la J*iodique du même cycle'. Elle eBt un ressemble aux nombres japonais 77 et 88.
rer le sort dans """ cercle magique ; l'of- volonté entre l'être humain et la nature: cet Ïl\Odèfe réduit de cycle cosmique. C'est Nous pouvons rapprocher de ces anni-
frande fut' pourtant rejetée par la mer. anneau i. la main de l'homme signe la pourquoi elle peut signifier non seulement versaires particuliers ceux qui marquent la
Darius déclencha une guerre contre Poly- domination de l'homme sur la nature, mais ·~S jours de l'année solaire, mais tout durée du mariage, unissant au symbole du
crate et celui-c:si~ vaincu, mourut attaché:· à asservit l'hormne aux tourbillons du désir ~ble cyclique. Lui ajouter une unité, souvenir et de l'alliance celui des maté-
une croix. Ainsi, cet anneau symbolise le et awt conséquences douloureuses que honflil le complément quadriennal, sym- riaux de plus on plus précieux, solides et
destin dont l'homme ne peut se. défaire ; comporte l'ex_ercice. de cette puissance. ' bOlillé la sortie du cycle, de tout· cycle, rarès:
c'est encore un llell hldlnolable qui est L'homme , qui croit dominer se sent ~esr-'à-dlre la mort et l'immobilitê, ou la
encbainé, d<>miné lui aussi, par cet anneau un an, n<iCeB de papier;
exprimé. Polycrate a voulu l'offrir en com- ~ce et l'éternité.
d'or, qui le lie à toutes les convoitises. cinq ans, noces de bois ;
pensation, mais les dieux n'scceptent que
C'est ~ figure de la volonté de puissance. .. A.ingj, dans les récits mythologiques dix ans, noces de fer ;
ce qu'ils ont eux-mêmes décidé de prendre
et ce n'est pas un abandon matériel et spec- Mais Wotan, la divinité, ne veut pas que sa ~lrndai5 qui essaient, maladroitement, de vingt-cinq ans, noces d'argent ;
créature lui raviue le pouvoir sur la créa- ~"' les conceptions mêtaphysiques les cinquante ans, noces d'or;
taculaire qui peut changer leurs arrêts. li
n'y a· dt· .sacrifiue qu'intérieur~ et c'est l'ac- tion et il ·reprend' à l'homme son anneau. RtiJa
~evées en tennes accessib.les à l'enten- et S<>ixante ·ans, noces de diamant.
ceptation du destin, voilà ce que semble Plus tard. Siegfried' et Brünehild', la fille · lk:meJlt: un an et un jour sont un symbole
signifier l'anneau de Polycrate. du dieu, · rejetteront cet anneau dans le 'l!è r~ité. Un symbole strictement !Oqui- ANQA (vair Sûnorp)
fleuve, en signe de renoncement à la puis- vàleiit .est une nuit. et un jour : quaii<l le
Oiseau fabuleux qui tient autant du grif-
sance pour supprimer le malheur du monde ~jeu Dagda céde à .son fil• Mac Oc sa rosi·
L'anneau de Gygès, dont Platon nous fon' que du phénix•. Des tradiilons que
raconte·la trouvaille, n'est pas moins riche et le remplacer par la conscience des pou- !lêaice du Bruig na Boind. wur un jour et
noua possëdona, il re&IOrt que la croyance
voirs de l'am<>ur. La symbolique de l'an· ,.11tiè nuit, il la cède pour l.'êtefl)ilé: L'unité
de· signification symbolique. Portant au en l'existence de la aqi serait d'origine
doigt cet anneau, Gygès découvre par neau des Nibelungen ·s'étage à différents ni- ·ûoutée est l'ouverture qui permet de sortir arabe et l'on sait que les Anciens situaient
'~ ~e. ,d'échapper au cycle. ·
hasard que celui-.ci a le pouvoir de le veaux:. politique et s<>eial, éthique et méta- le phénix dans le& déserts d'Arabie. Avec
rendre invisible, et c'est l'origine·de sa for- physique, voire mystique. 11slam, la anql reçoit une· eonaécratlon
tune. Le sens de cet anneau est-il si diffë.. ANNIVERSAIRE déf'mitive dans une traditioo· Tapportée par
rent de celui dè Polycrate 1 Trouvé sur un .:,•1 Ibn'Abbâs (M·as'udi, Ln Prairies d'or, 4,
ANNÉE
mort, dans des circonstances aussi excep- L ,, ll.eS'anniversaires symbolisent les phases 19 à.):
;·;.'
tionnelles qu'un tremblement de terre et Amlut chei les Romains, que certains 'illitquantes du cycle de l'existence, au sens •Le Prophète nous dit un jour : dans les
dans un cheval d'airain, il no peut être auteurs ont rapproché d'anu• (anneau); 'jirbpre· les llltllées tonnliUlteL premiers . âges dù m<>nde, Dieu créa un
qu'un don des puissances chthoniennes : il puis, par extension, de cycle zodiacal. A la ' J Les anniversaires des per&ODnes. (Sanga) oiseau d'une beauté merveilleuse et lui
transmettra, sur les vivants de ce monde, déesse Anna Perenna (anneau des 'irolit souhllÎtés d'une façon t0lennèUe au donna toutes lâS perfcctiooa en partage.
les plus hauts pouvairo. Mais sa magie ne années?), on adreS1Bit des priéres au com- 'Japon. Sont particulièument importants Dieu créa une femelle à l'image du mile et
joue que lorsque Gygès tvurn• le cha1011 de mencement ·de l'année nouvelle. SymbO- 'œlD: de Ta: donnli i. ce couple le- nom de anqA. Puis il
sa bague par-devers lui, en dedans ,Ife sa Usée par le cercle' et par le cycle, la signifi- 40" année : appelé débul de· ta vlelllme révéla ces paroles i. Moise, fils de 'hnrin :
mal11. Là encore, les véritables puissances cation de l'année coïncide avec celle du (en japonais: ahoro), car Confucius dit: A J'ai donné la vie d un ols"'2U d'une forme
sont en nrn1s-mêmes et l'invisibilité que Zodiaque._ En accord avec l'image 41Jans,je ne m'égarais pas/, admlrable,j'al créé le mdle er lafnne/J1;}e
donne l'anneau, c'est le retrait du monde grecque de l'ouroboros•, le serpent• qui se 61' année : achèvement du cycle de leur al livré pour u nourrir les a11lmaüJt
extérieur pour atteindre ou retrouver·· 1es mord la queue, dont une moitiê est blanche 00111tg (en· japonais: kanrd<i). Ce jour sauvages de Jérusalem el je veux J1abllr les
leçon& essentielles, celles qui viennent du et l'autre noire, les astrologul!S divisent ·*'111lversaire, celui qui a· cet âge se coiffe rapports de famlliarilé elftre 101 et ces deu
monde intérieur. L'anneau·'de Gygès sym- l'année en hémisphère masculin, spirituel, ''d'un bonnet rouge et revêt un . kimono ols"'2UX. comme preuve de la :nqirlmalie
boli-ait alors le plus haut point de la vie qui va de l'équinoxe d'aut<mtne i. celui de '1otige et tout le monde le félicite d'être que jt t'ai accordée parmi la errfantJ
intérieure et peut-être la mysiique elle- printemps et dont le milieu (c'est-à-dire le Ndeile1111 un nouv"'2u-11é. d'/mlë/.. ..
même. Mais la bipolarité du symbole se solstice d'hiver) est la porte des dieux, et en ' ' 'J&· année: au ige rare {koki), ainsi La croyance aux anqi fut assimilée .par
retrouve .à l'interieur de nous-mêmes: le hémisphére féminin, matériel, allant de 'àppelé depuis que le grand poète chinois la suite au dmol'P* des Persans.
pouvoir de l'anneau peut conduire aux con- l'équiooxe du printemps à celui d'automne 'IN-Fu a dit que 70 ans (koki) était un pri- La imqi, ou IÎIDOJ'lll, ast devenue le
quêtes· mystiques, mais aussit par sa per- et dont le centre (le solstice d'étê) est la lVilege parmi les hommes ; symbole des mystiques s'envolant vers 1a
venion magique, à des victoires crimL-- por/e des hommes (voir Les por1es de ·:~'·-17• ·111111ée.: ou joyeuse longévité (en QIVlnltL Dans la merwilleu1e parabole du
nelles et à une domination tyrannique. Ce l'aimée. seRP). JÇonais : kiju) ; Langage des oiseaux, le grand poéte mys-
MlAntigone Apoulyp!e/11

tique persan Ferid·ed-Din Attar Condamnée à mort à son tour, enfermée ...• On le considère également comme lejl/J niveau spécifiquement humain. Sur le plan
(XIII' siècle) raconte le voyage spirituel vivante dans le tombeau familial, elle se ,_..re/ lk Saturne; passionnément aimé de plus élevé du psycillsme humain, ml
des oiliCllux, au nombre de trente (en per· pend; son fiancé se donne la mot! sur son ylnMS, il est la rael11e de• métaux; ses liens l'amolll' se complète de la liaison d'tJme,
san Sl"Moqb). reprêaentant les créatures, cadavre ; la femme même de Créon •• tue nec ·S•turne et Mercure !'apparentent à dom le symbole est l'épouse de Zet11, Héra,
qui fini...,nt par arriver devant la Divinitè. de désespoir. f«meraude. le symbole Aphrodite exprimera la perver-
Alors, dit Attar, le soletl de· la proximité La psychanalyse a fait d' Antigone un . ·' L'antimoine symboliserait, du point de rlon sexuelle, car l'acte de fécondation ne
darda wr eux ser rayons, et leur 8me en fut symbole, en donnant son nom à un com- vue analytique, un état trè. proche de· la peut lire cherchi qu'en fonction de · la
reiJp/endlssanie. A Ion dam le reflet di! leur ple•e, celui de la fl)lation affective de la -petfec1ion. dans l'évolution d'un être ; mais prime di! joulss1111ce que la narure y
visage, ces trente oileaux .i. ......... du jeune tille à son père, à son· frére, à son IMui resterait à franchir l'étape la plus dif- alla;;he. Le beso/11 naturel s'exerce alors
mmtde contemplèrent la face m. Slmorgh cercle r..,,ma1, au point de refuser une vie -ficile,J'ultime transformation du plomb en perversement (DIES. h56). On peut se
spirituel. lis se h8tèrent de regarder ce d'.épmmuissement personnel dans un autre or, étape dans laquelle le plus grand demander toutefois si finterprétation de ce
Simorgh, et ils s'assurèrenl qu'il n'était ~our t qui supposerait une rupture des nombre échoue. Il exprime la possibilité symbole n'évoluera pas, i la suite des
autre que si llll!l'ab. c'est-à-dire qu'ils attaches enf1111tims. Sa mott a valeur de tl'lm 1111prême Clan, mais aussi d'un échec recherches modernes sur les valeun pro-
étalent eux-mêmes la Divinité. Ainsi, le symbole: elle se pend dans le caveau fami· définitif; de la sa coulet1r symbolique, qui prement humaines de la -llalité. Même
l,1' mystique parvient-// à /'union lorsque son
propre être s'est anëantf...
liai et son fiancé meurt.
Mais la dramaturgie moderne a ressus-
estle pi& ; et 1011 imaae mythologique, une
Diane admirable ou monstrueuse.
dans les mîlieux religieux, d'une motalité
exigeante, la question est à l'étude de
Un autre tiom est encore ·attribué à cet cité Antigone et l'a Sottie de sa tombe. savoir si l'unique fin de la sexualité est la
1
oiseau merveilleux, par exemple chez Antigone e~ exaltêe comme celle qui se ANTRE (voir Caverne) fécondité, s'il n'est pas possible d'humani·

l
Suhrawardî et Sadr al-Oin Shirâzi; c'est le révolte contre le pouvoir de l't!tat, symbo- ser l'acte ser.uel indépendamment de la
terme de Qilqnûs, qui désigne communé- lisé. par Créon ; celle qui s'insurge contre APHRODITE procréation. Le mythe d'Aphrodite pour·
i11, ment le phenix, mais qui est une trallscrip- le& conventions et les régies, au nom des Déesse de la plus séduisante beauté dont rait rester un temps enoore l'image d'une
tion du grec kukn.,.._ signifiant le cygne•. lois oon êcrites, celles de sa conscience et perversion, la perveraion de la joie de vivre
~!,-' I
le eulte, d'origine asiatique, est célébré
Or, dans Je Phédon (84-85) Socr~e pro- de son amour~ 'C'!!St lé jeune fille éman- ftnl de nombreux sanctuaires de la Grèce, et des forces vitales, non plus ·parce que' la
cl..,,e que si _le chant du cygne, l'oiacaµ ci[lée, qui Iaiwse"dans le caveau familial la et· i"incipalement à Cythére. Fille de la volonté de transmettre la vie serait absente
(!épouille de l'innoeente, écrasée par les de l'acte d'amour mais parce Q110 l'amour
l:·1-1
\_I__ !
'!I
d'Apollon, est pll'S éclatant que j..,,ais
lor11<1u'il sent venir la mort; ce n'est pas de habfrudes et' les è:ontraintes sociales. C'est
Antigone la révoltée; mais, tant qu'elte
semence d'Ouranos (le Ciel) répandue sur
la mer, après la castration du Ciel par son lui-même ne serait pas humanisé' il reste-
rait au niveau animal, digne de ces fauves
-_I'
i 1·'·· dou/eut, m11is de /11 joi• d'ltre sur le, point Ris Cl'OOOll (d'où la légende de fa naissance
de nifolndrt le Dieu. Noia tûtvons avoir là s'indigne contre la tyran11ie familiale et d'Aphrodite, à partir de l'écume de la qui composent le cortège de la déesse. Au
/!1' le motif de transition vers le symbole de sociale, elle en reste eneote psychologique- aier); épouse d'Héphaïstos le Boiteux, terme d'une telle ~lution, cependant
/'union mystique (CORN, 46). ment dépendante et prisonniére. Antigone l(U'elle ridiculise à mainte occasion, elle Aphrodite pourrait apparaitre comme la
La résidence du Simotgh est la mon- doit être assez . forte et assez libre, pour ljmbolise lei tbrces ln6preulblel de la déesse qui sublime l'amour sauvage, en
tagne de ql(". assumer pleinement son indépendance, lleondlti, non pas dans leurs fruits, mais l'intépant à une vie vraiment humaine.
Sous ses différents noms, l'aeqi dans un nouvel éq11ilibre qui ne soit pas dans le déair passionné qu'elles allument
aymboli.se.. ' ta .partie de l'être humain celui d'une hibernation .banalisante. La chez le!I vivants. Aussi est-elle souvent APOCALYPSE
a
appelée •'unir -mystiquement à la divinité. Iêgend~. ainai prolongée symbolise la mot!
et la. ren~ssaru:c d' Antigone, mais d'une
NP!'êaentee parmi les fauves qui l'escor·
Dans cette union, toute distinction ,abolie, tint,' comme dans cet hymne homérique, L'apocalypse est d'abord une révélàtion,
l'mqA 1!11 &115$i bien le créateur que h• créa- Antigone devenue elle-même, à un niveau Où l'auteur évoque d'abord sa puissance portant sur des réalités mystérieuses; puis
twe spirituelle. supérieur d'évolution. sur les dieux, puis sur les baies ' EHè égare une prophétie, car ces réalités SOl'll à vènlr;
llllme la raison de Zet11 qui aime /afoudre, enfin une vi1ion, dont les scènes et les chif·
ANTIMOINE lat, le pha grand des dieux ... ; mime cèl fres sont autant de symboles. Ces vùlons
ANTlGONE n'ont pas de valeur par elles·mlmes, mab
mprlt si iage, elle l'abuse quand elle veut...
Fille du mariage incestueux d'Œdipe" et Symbole alchimique, matière des sages, Elk atteignit /'Ida aux mille 1ource1; la pour le 1ymbo/11me don/ · elles w111
de Jocaste .. Au lieu d'abandonner son père loup gris des philosophes, selon Basile llWlllllgM mm der fauve•: derrière el/•, chargées; car IOU/· ml pruqw IOUI, ddn•
aveugle et désespéré, après la révélation de Valentin. L'antimoine correspondrait .à lfldrchatent en la jlatttiltt Ier loups gris, les une apocalypse, il valeur symbolique: la
son double crime (meurtrier de son père, l'avant-dernière étape de l'alchimiste à \a llmù au pot/fauve, les ovs el lu panthères chlffees, ks choses, les parries dJI corp•, les
époux de sa mére), elle l'entoure de •es recherche de l'or philOBOPhal. ,pour Fulca- "'Pldes, lll!Jallables de fœns. A leur v"", ~rson11ages eux'ml-• qlll ""trenl m
soins alfoc.tueux et l'ac:compqne jusqu'au nelli 1'1111limo/ne des .sages... esl un chaos èlle se réjouit de tour 1011 ·cœur et jeta le scène. Lorsqu'il décrit'"'' vis/011, le voy11111
sanctuaire des Euménides•, à Colone, où. il qui tient /leu de mm à tOIJJ les métaux. JI dhir en leur poitrine: à/ors Ils allèrent low tradliil en symboles /eJ idées q·ue ~ ïul
meurt dans la paill de l'âme recouvrée. est la matrice et la veine de lor et le sémi- ô là fols s'accoupler danr l'ombr.i des val· suggère, procidmil a/orJ par a;;cum1do1101t
Revenue à Thèbes, elle désobéit aux ordres naire de sa teinture seloo Seedivogiu• Ions (HYMN, 36-38, 68-74). C'est l'..,,our de chose•, de· cou/euf!, de chlffreJ iym!Jo.
de Créon, en faisant sur son ftére Polynice, (Leure philosophique, traduit de l'alle- sous sa forme physique, le désit et le plaisir /lqlle3o 1ans se soucier di! l'lncohbe11ce deJ
condamné, les gestes rituels des-funérailles. mand par Ant. Duval, Paris, 1671). des oens; ce n'est PàS encore l'amour à un l/f!els obtenus. Pour le comprendre, il faut
Apollon/&7

donc entrer dan• •on jeu et retraduire les 011 lui donna de proférer des paroles .à·~a défaite finale; elle sera vaincue par tenir pour suspects, sont cependant três
idées, les •ymboles qu'il propose, SOUi d'orgueil et de blasphème; on lui donna \l'Ag.neau•. significatifs dans l'histoir<: du sentiment re-
peine de fausser le sens de son message pouvoir d'agir durant quarante-deux mols; ligieux. On a rapproché, par exemple, le
(BIBJ, 3, 414). A lors elle se mit à proférer des bla- nom attique d'Apollon de sa forme
sphèmes conrre Dieu, à blasphémer son APOLLON dorienne Apellon, qui èvoquerait le mot
Le terme d'apocalyptique est également
devenu (mis à part les livres· apocalyp.- nom et sa. demeure, ceux qui demeurent au Apparaissant la nuit, dans l'lllade, dieu apella. lequel signifie parc à moutons. On
tiques "°"-mêmes, qui constituent un genre ciel. ci l'arc d'argent (chant !), Phoibos Apollon conçoit qu'un tel dieu ait pll itre honoré
littéraire très répandu aux premiers siècles On lui donna de mener camp<1gne contre Jirillc comme la lune. Il faudra tenir par ces nomades, poussanl devant eux
de notre ère) le symbole des derniers jours les saints et de les vaincre; on lui donna compll' de l'évolution des esprits et de l'in· leurs lroupeaux, qu'étalent les premiers
du monde, qui m'Oll.t marqués par des phé- pouvoir sur toute race, peuple, langue ou .terprétation des mythes pour. reconnaitre Grecs, et ausst qu'il ait pu ahément al»lor-
nomènes épouvantables: gigantesques nation, (Apoc. 13, 1-7); ·en. lui, beaucoup plus tard, un dieu solaire, ber, dans le Pé/oponèse, tin divinités ~
défcrlemenll des mers, ëcroulements · de ''"' 4icu de lumière, et pour l}Omparer son helléniques des troupeaux, par exemple,
1. montagnes, ouvertures béantes de la terre, Du .,Oint de vue historique, la Bête ~ et ses flèches au soleil et à ses rayons. Karnor, un dieu bélll!r... A plu.rlnn
t
,,
embrasement du ciel dans un ·indescriptible
fracas. L'apocalypse devient •insi un sym-
bole de la lin du monde.
blessée évoque l 'Empir<: romain ébranlé et
peut-être le suicide de Néron. Plus généra-
lement, la Bête représente l'État penêcu-
1( l'lll'igine il s'apparente plutôt à la syi;n-
lioliq~e .lunaire. fi se prësente dans ce
~ant comme wt. dieu venpur aux flèches
reprlses, d'ailleurs. le mythe présenle 1111
Apollon berger (uoo, 213•214). Mais cc
qui est mnarquable, c'ell que cc dieu ber-
i , A la fin du récit de la Seconde Bataille
de MoylUra, la Morrigu celtique, ou dèesse
teur. !'Adversaire par excellence du Chris/
et de son Peuple. La Bête ressuscitêe 'est la
~rtrières: Le Seigneur Archer, le roxo-
P..hore, l'argyrotoxos, à l'arc d'argènt.
ger, qui faisait régner l'ordre dans lei parcs
à moutons, soit devenu le dieu qui régne
de la guerre, prophétise la fin du monde : parodie caricaturale du Christ, l'ai>téchrist ···'Il se rêvéle d'abord sous le signe de la sur tes assemblées des hommes par son élo-
confusion des saisons, corruption . des des temps futurs. Les sept têtes de la Bête v.iolence et d'un fol orgueil .. Mais, rêunis- quence et sa sagesse.
hommes, décadence des classes sociales, évoquent les têtes innomb~ables et uns ifi!it des éléments divers, d'origine nor- Apollon, chante Pindare, fait pénétrer
méchanceté, relâchement des mœurs., Ce cesse renaissantes de !'Hydre tradition- qiljue, ' asiatique. egéenne, ce' personnage dan1 les cœurs l'amour de Io concorde el
schéma :est repris,.-.cc un grand luxe de nelle. Les eomes symbolisent la puissance
de la Bête, les diadèmes, sa pseudo-
4!vin dev.ient de plus en plus complexe, l'ho"eur de la guerre civile.
détails, par le texte intitulé Entretien de• synthétisant en lui nombre d'oppositjons, Et quand Platon énonce les devoîrs du
deux 1a11er,. rédigé dans la ·langue royauté. La Bête, eom~nte Georges qu.'il parvient à dominer pour finir en un véritable législateur, c'est à Apollon qu'il
recherchée et difficile des poètes irlan- Casalis, (BIBJ, 3,.419-420) c'est le DrQgon, idéal de sagesse, qui dêfinit le miracle.grec. conseille de demander les lois fondamen-
dais médievau"" On peut rapprocher cette l'antique serpent, qui est le Diable et Satan ll. réalise l'équilibre . et l'harmonie des tales de la République: c'est d Apollon, le
conception de celle de 1' Apocalypse chré- (20, 2) et qui se manifeste sur cette terre Msirs, non en supprimant les pulsions Dieu de Delphes, de dicter les plus impor-
tienne, et aussi•dela phrase-de Strabon qui par les bites auxqµelles Il communique sa tiiilnaines, mais en les orientant vers une tantes, les plus belle•, les premières dn
rapporte que, selon les druides, régneront puissance et qui emralneni 111 homme• à s'Pi'riiuatisation progressive. grâce au deve- lois.
seuls un jour le feu et 1•...._ l'ad()rer: bite qui monte de. la mer, ~mplre l~ment de la conscience. Il est Slllué - Quelles sont ces lois ?
A titr<: d'exemple de ces visions apoca- romain üjil mortellelnent bles~é el r~ls­ d11111 la linérature de plus de deuxc cents - Celles qui regardent lsfondatlon dn
lyptiques et de leur intcrprêtation, prenons sanl pourtant en chac1411, de ses ~pereurs, ~ributs, qui le font apparaitre tour toura temples, Ier sacrifices, et en général le culte
le symbole de la Bête. et bl/e qui monte de la terre (13, 11 ), ~me un dieu-rat• primitif des cultes des dieux, des démons et dn héros, erauu/
puissance idéologique de 14 propagande ijff•îr;s; un gu'erriet irucible et vindicatif; les tombeaux des · morts et les honneurs.
,Alors fe vis -surgir de la mer une Bête totall!alre 011, mieux, du culte Impérial un .maitre des fauves, en même temps que qu'il faut leur rendre pour qu 'Ils nous
porJanl. r;,epl lites. el dix come1, •ur ses (eu!œ c1e la~) qui obllg~ tom les b'trgcr secourable, qui protége les trou- soient propices; car ces choses-Id, nom lei
cor- dix dladèmel,· et sur ses tltes des hommes à appartenir par un baptime blas- peaux et les moissons ; un bienfaiteur des Ignorons; et, fondateurs d'un État, nous· ne
litres b./asphimatolres. phématoire à l'empereur... La h<tle de hommes, qui les guérit et les purifie, qui nota en rappor1erons, Ji nous .IOlffrrtn
Cette Bite .ruremb/alt à une panthère, l'Empire ltioli1lre contre l'Êg/lse tJl le reflel engendrera Asclêpios (Esculape), le dieu- sages. à au~n autre, et nous,,_, J&dvrons
avec les pa(/fls comme celles d'un 011rs et Ili terrestre du combat céleste du Diable lllédecin; prophète de.Zeus, il crée la man- pas d'autre Interprète que celui· du pays;
guf)<le comme. une gueuk .de llOll; et le contre le Christ. La Bête qui monte de tique· d'inspiration à Delphes (voir car ce dieJ<, lnterprère tradltlonnel de la
Dragon ,/Ml transmit. sa. puissance et son l'abime fera la guerre, tuera. tri0111phcra lri;ied•). Il inspire non seulement des pro- religion, s'est établi ail centre et au nombril
tr{jne avec un· empire immense. (li, 7), êgarera toute· la terre habitêe (12, Jlhites, mais les poètes et les artistes; il de la terre pour guider le genre hllmaln.
L'une de su 1êtes paraissait blessée d 9). La !Jête est une des figures oentr11les dtvient le dieu solaire, traversant les cieux (Platon, La République, 427, b, c,).
17Wrt, mals · sa. plaie riwrtelle awilt éœ de !'Apocalypse. Elle représente le grand ••un char eblouissant_ A Rome, il n'est
guérie: alors, émerveillée, ls terre. entière principe d'(llmion et de blasphème.,. le. ~milé à aucun autre dieu; seul des dieux L'Apollon celtique est une dénomina-
su/vil la Bite. principe démoniaque d'égarement des lllrangers adoptes par la cité et par l'Em- tion classique, commandée par l'interpreta-
On•• prosterna devant. le Dragon, parce col/ectlvités hu1t1aines, qui aceompagne ~. il reste'lui-même, intact, unique, sans tio romana. et ne correspondant à aucun
qu 'Il avait remis /!empire à la Bite; et l'on toute l'histoire religieuse de l'humani- P8reit ' ' critën: indigène precis. Les intcrprétatlotu
se prosterna devant la Bite .en disant:. Qui té. Après qes victoires éçlatantes et éphé- : ·Pe curieux rapprochements de moto, obligent en effet à fragmenter le person-
ég1* la Bite, et qui peut /ul/er contre elle? mères .en ce mpl!de, la B.ête est promise lllie· l'étymologie ,scientifique a raison de

I
nage divin entre plusieurs entités celtiques:
l
1'

IJI•
balle) - figurent le septemvirat astr<r bole du centre invisible de l'être), non plus
Apollon dans son aspect guérisseur est
(Eschyle) aux cimes des cieux (Plutarque). qu'avec la toile de l'araignole".
Il symbolise la suprême spiritualisation~ 11 tMogollique du Dieu SOieil {mRP, 255).
Diancccht (le sens du thôcmyme irlandais , On signale, chet les Indiens Bribi de Si son rythme est manifestement diffé-
est un des plus beaux symboles de l'ascen- rent, la représentation de$ mouvements
est incertain; peut-être prisonnier . des Colombie, l'utilisation d'un perroquet
dieux; quelques textes suggèr~t a la s;on humaine. rOll8• comme guide du mon (KRIE, 3S9). naturels, dans la peinture chinoise de pay-
'': longue prise!·; dans son aspect de Jeunesse. ,.. La plume d'ara, symbole solaire, a des sage, par des séries de courbes linéaires
c'est le fils du Dagda, Oengu choix unique APSARA llH8es décoratifs et rituels parmi tous les répétées, n'en est pas moins une forme
ou Mac Oc fils jeune. ·Dans son aspect Le charme des apura, danseuses et peuples d'Amérique équatoriale et tropi- d'arabesqll(O (BURA, Bllf<A).
lumineux (mais somb.re quelquefois), c'est courtisanes celestes; a été popularisé par cale. .Une ob"""'ation d'Yves d'Evreux Le grand s«ret de 1'ornJ1men1 arabe,
enfin Lug, le dieu suprême du panthéon les reproductions des bas-reliefs d'Angkor. cheZ les Tupinamba, rapportée par A. Mé- c'est l'arabesfll'#. On peut y discernu deux
celtique qui est, par définition L'étymologie que donne le Râm8yana (ap.: traux (METII. établit une distinction entre éléments fixes; d'Ull côté, l'interpréta/Ion
poly1echnicien, c'es.t-à-dird ·m~!tre de eau + sara: css-enCe) indique assez qu'd 1, ii,gniflçatiOl1 1ymbolique de cet oiseau el de lajlore,feullie el tige surtout, de l'aulre,
toutes les techniques en ce sens qu li trans- s'agit de symbOles, . et non . de figurin~s ~ de !'Aigle• : il fallflll évller :wlgneuse- l'exploitai/on Idéale Ill la ligne. Deux prin'
cende.les capacités de tous les autres dieux. annexes et gracieuses de la mythologie. ...,, de ""'"re co111111e empennage à une c/pes, le premier d'appanme faritals/e, le
La légende classique de l'Apollon hyperbo· Essence des ·eaux, parce qu'elles sont nées jJ;,çµ une plume d'aigle à c/Jté d'une deuxième de Slrlcte géomélrte. D'où dewc
réen, pour autant qu'elle soit en relat~on du barattàge de ia mer, de ra légèreté de m;.111e d'ara, car celle-cl aurait été nrangée procédés: al-111111y et al-ldlayt, le fel et le
avec 1'Apollon celtique, est une allusion son écume. ' Evanescentes comme telles, ~.la première. lacer (FARD).
nette à l'origine polaire de la tradition cel- elles symbolisent les ~ssibilités infor' ... ,Les l!ororos (Indiens} croieqt à un cycle L'arabesque oorrespond à une vision
tique (ooAc li, 215 sqq; 12, S9 sqq). melles, dont les eaux superleures sont une ci91:r1pfü;iué de transmigr~~ion des âmes au religieuse. L'Islam est iconoc.laue et
figuration plus générale. . cours duquel celles-ci • incarnent tempo- dominé par. la Parole. Aux Icônes byzan-
Sept• est le nombre de la perfection, Leur aspCct ·secondai~e de_· courtisanes, râirémenl dans l'ara (LEvc}. rlnes, l'Islam oppose le déroulement ah.-
celui qui unit symboliquement le ciel et_ la c'est-à-dire d'instruments de l'amour, est · Àu Brésil, les ·aras font leur nid au som- trait de l'arabesque où s'lrucrlwnl les
terre, le principe féminin et le .l:'rmc1pe génèralement susceptible d'une transposi- miet cle falaises ou de rochers abrupts; leur versets de la révélation ... C'est 11n moyen
masculin, les ténébres et la lum1ere. Or, tion spirituelle qui les identifie ·aux h~• rj\i!ti!' est donc un exploit: l'ara, symbole technique de l'art musulman pour éviter
c'est Je nombre d'Apollon; il joue un·rôle du paradi$ musulman. Comme messageres sillaire, est un avatar du feu céleste, difli- /'idolâtrie (BAMC). C'est le fruit épu.T de
manifeste dans toutes ses traditions. Apol- de Kilt, elles appellent en outre les éir~· à conquêrir. En cc sens, il s'oppose au /'aspiration musulmane... Elle n'a ni com-
lon est né le ·septième jour du mois;· il a hommes à l'amour de la. Div.inité. .· ].Uuar'. associé au feu chthonien; ce que mencement ni fin, et ne peul y prétendre,
vécu IOUS ce signe. Eschyle. l'a baptisé: La· relative fréquence des apoara dans êbrrobore0t les nombreux mythes amêrin- car elle est en quête de Celui qui est à la
/'auguste Diei<. SepJime, le Dieu de la s~p· les corriges de l'iconographie bouddhique d~s sur l'origine du feu, oû l'on rencontre fois, selon le Coran (51, 3), k Début el
tièmeporte' (Les Sept, SOO). Ses fêtes prtn- leur confère également, dans ce cas, un. rôle rlêqliemment Je héros aux priseS avec la /'Achèvement .. : Elle·. est inlassablement
cipales étaient toujours célébrées le sept angélique." dlia.lité chthtmo ouranienne, incarnée dans dirigée, mais •n vain, vers 1'11/linlté.
d'un mois; sa lyre était tendue· de sel:'t Dans la légende des origines khmères, r,ara et le jaguar. Par ailleurs, il existe des arabesques
cordes · à sa naissance, les cygnes sacres l'apsara; source de la dynastie soliiire, tracées sans aucun soutien géométrique et
firent .q,t fois, en chantant, le tour de l'île s'oppose comme telle à la nagi, mère d~ la ~AB ESQUE qui ne s'inspirent d'aucun motif floral. Ce
iJ
Oouante, Asteria, que Zeus, son pcre, fixe· dynastie lunaire et divirilté des eaux sont les arabeiquos ~ Le
rait sous le nom de Delos et où Leto le mit irifér/eures. L'apura est .familièrement, '"L'arabeique, si elle ne lui appanient pas vocabulaire graphique " donne comme un
au monde ; sa doctrine se résume en sept dans l'Inde, la 'divinité du jeu. (CHOO, i#cluslvement, est néanmoins spécifique, jallllisement d'imp11/slons, qui raniment
maximes, attribuées aux .ept Sages. DAN°A, KRAA, THIK)- ' liomme son nom J'indique, de l'an arabe sans cesse le répertoire ornemental. Lors-
Dieu très complexe, affreusement bana- qjtl' 's'interdit de recourir aux figures qu'elle repoiuse les servitudes de l'ordon·
lisé quand on le re.luit à un homme jeune, ARA hnmaines et· animales. Elle est en fait une nance. celle écriture inédite, hermétique,
sag~ et beau 1• ou quand on !~oppose, en épure, un depassement de la représenta· côtoie /'ac/uel art abstrait, à l'exemple de
simplifiant Nietzsche, a Dionysos, comme A .cause de ses longues plumes wuges l'arabesque:}el (FARD).
tW!ri;lucidc et.rigoureux. L'arabeique n'est
la raisolt à !.'enthousiasme. Non, Apollon l'ara est, chez les Maya, considéré comme ~· une figuration, mais un rythme, une On pourrait dire qu'elle est le symbole
est Je symbole d'une,.victoire sur la via. un symbole du feu et de rineqle soilllJ'e. !l!<i*'1tation par répétition indéfinie du du symbole : elle révèle en voilant et cache
lencc, d'une maitrise de soi d~s J'enthou.- Le glyphe Kayab, représenté par une rite !llèine, -une· 1ra11scrip1ion du dblkr mental en dévoilant. Formule privilégiée Ill l'arr
siasme, de l'alliance de la pasSIOn et de la d'ara, est uu·signe so/Sliciel qui! les <:_hortl (/l'~11ols1). Elle permet comme lui d'~hap­ musulman. écrit Jacques Berque, elle
raison le fils d'un dieu, par Zeus, et le cradui•ent par · un soleil resplendis•ant per au conditionnement temporel, si elle illustre u1tt coincldence entre dew: carac-
petit-tU• d'm• Titan, par Leto, sa mère. Sa (GIRP, 163). Dans la cour du terrain du jeu· tères de l'œuvre d'arl: IOll caractère d.'ob·
devient un support de contemplation.
sagesse est le fruit <l'une conquête, no~ un de paume "1e Copan, six statues d'aras ••·L'arabesque n'est cpas sans rappon ilon je/,,., son caractère de lien /Jltusub}ectif
hérilage. Toutes les puissances de la.w1e se· alignées, . trois vers. l'Orient et trois vers plua.. avee.le labyrinthe•, dont le parcours entre une psychologie indMdMe/ie, celle de
conjuguent.en lui pour l'inciter à ne trouver l'Occident marquent la position astrono- aontplexe est destiné à conduire de la péri- l'artlsle, el .Uni!· psychologie co/IRctlve ...
son. equilibre que sui les sommets. pour le mique des six soleils. cosmiques ·qui Phérie vers le centre local (qui est le sym- Tout en elle es/... synthèse, converr..,ce:
conduire <;le l'en/rée de la cavtrne"immense - a•ec celui du milieu (représenté par la
80/Araign6• Armlgn6!/81

/'Intention rie /'artiste, un s~ns et une ment interprété, de Mllfa, la shakti ou ~ dans une inrmité d'aires cultu- divinatrice. Si aucune de ses pattes "n'est
matière étroitement intégrés, /'appropria- compagne de Varuna. Pour la philosophie pliée, l'augure est mauvais (aowi).
tion à . une aociété, dont elle caractérise bouddhiste, Maya évoquera une réalité ~si peuHlle aisément fain: figure de Enfin l'araigaée devient parfois un sym-
/'origlniJlité, au point d'en prendre le nom. illusoire. parce que •Vide d'êtreo, c'est-à- ~ce cmmlque, de divinité •upérieure, bole de l'âme ou un animal psychopompe.
vous entre: dans une mosquée. Vous con- dire dépourvue de tout substrat métaphy- • t/ilnJW"ge. C'est le cas dans de nom- Chez les peuples altaîquea d'Asie centrale
temple• sur les parois telle ou 1elle ara· sique. Pour le Brahmanisme, au contraire, ~ populations. et de .Sibérie; notamment, elle représente
besque, mals vous faites bien au1re chose la réalité, c'est l'existence qui est •vraie• ., .. Chez deo peuplell d'Afrique oceidentale, l'&ne libérée du corps. Chez les Muisca de
que seulement contempler. Vous l'écoutez. puisqu'elle est une manifestation de l'es- ,,.W..o, l'araignée, a préparé la matière Colombie, si elle n'est pas l'ime, c'est elle
C'est une psalmodie qui vous entoure. SI sence: le voile de Maya, comme la toile de del .premiers hommes, crëé le soleil, la cependant qu~ sur lHI bateau en toile
vow; êln croyant, llOUS déchiffrez peu ou l'araignée, exprime la beauté de la création, bt8e. les étoiles. llnauite, le dieu du ciel, d'araignee, transporte à travers le fleuve les
prou les formuler inscrites... C'est aus.t, et Maya est une déesse prestigieuse. Nyamé. a insuffié la vie en l'homme. âmes des moru qui t'en vont aux Enfers.
tow ensemble, graphie et sonorité. Er pour Cette dialectique d'où procède l'ambiva- J.'.81'4ignée continue de remplir une fonc- Chez les Aztèques, elle devient même le
le croyant, lncant/Jllon rituelle. Vous ,rites lence symbolique de'l'araignec, la situant IÏCll-. ,d'intercesseur entre la divinité et 1ymbole du dieu des &ûm. Chez les Mon-
soumis comme ·1111 feu croisé ·de ce qui est au centre de la problématiqUè de l'hin- llllomtnt; COllllllC un héros clvilinteur;elle tagnards du Sud Vietnam, l'araignée. est
dans l'arabesque· beauté sensuelle et tout douisme et du bouddhisme, c'est donc flllPOl'IC .les ceréales et la houe . (MYTP, une forme de .l'ime,. écbappèe. duc corp&
OMemble phrase :coranique,· c'est-â-dire aùssi ·la dialectique essence/existence. que un pendant le sammeil; tuer. l'araignée, c'est
risquer de provoquer .la mort du eorpo en·
sublime clarté. l'on retrouve au départ même de la culture Des mythes de Micronésie (iles Gilbert)
Au spectateur qui tente de déchiffrer méditerranéedne, si l'on examine attentive- ,....ttmt Nareau, le Seigneur asaignée, dormi.
l'arabesque; celle-ci s'offre à &es yeux ment l'organisation du mythe d' AracW. QOllllllO k premier de tous les êtres, comme Toutes ces qualités: démiurgisme, man-
comme un labyrinthe, un dédale... Ce que UJ>,dieu créatcmr (MYTP, 225). tique, conduite des imes, et dOnc interces-
Athena, déesse de la Raison Supérieiire,
recherche /'artiste, c'est dérober à la/ois et pui1111ue fille de f:eus sortie toute armée de
." Les Achantis Ollt fait de l'araignée un sion entre les deux mondes de l'humaine et
révéler la semence coranique er susciter dieu primordial: l'homme a été créé par de la divine réalité, font que l'araignee
son crâne, est la maitresse du tissa&•·
ainsi... /'émoi cumulé d'une beauté el d'une une grande araignée. Une légende malienne symbolise aussi un degré supériear d'initia-
Arachné, jeune Lydienne, qui n'est qu'une
vérité qui seraient surtout engagement vers vulgaire mortelle, est si douée en cet art
IJ décrit comme le conseiller du dieu tion. Chez les Bambara. par exemple, elle
les lointains (BERN). qu'elle ose y provoquer la divinité. Toutes
•prime, un héros créateur, qui, se dlgul- désigne une classe d'initiés qui ont atteint:
ll#llfl,"" olseœ<, • 'enllO/>: el crée d /'lns" de l'intéri1,Jrité, la pùl..ance réalisatrice de
deux s'installent face à face, devant leur
ARAIGNÉE IOlf 1'll;Ûlre le soleil, la lune et 11!8 étol/1!8•.• l'homme li11ultff et méditatif (ZA.HV, l 16),
métier. Athena brode les douze dieux de
l'Olympe dans· toute leur majestê, et, aux
/!Mit règle le jQur el la n"IJ, et 1usclte la Cette intériorité, évoquée par l'ar'.alPée
L'araigllée apparaît tout d'abord comme
quatre. coins de l'œuvre, évoque les châti-
..,,;e (TBGH, 56). menaçante au centre de sa toile, c'est ·au
une· épip!ianie lunaire, dédiée au filage et ·. TÎ81euse de la réalitê, elle est donc maî- contraire, pour un analyste, un excellent
au tissage. Son fil évoque celui . des ments encoiirus par des mortels qui ont osé
les defier. En réponse à ce ne image tran•·
t.oase du destin, "" qui explique safonctlon symbole de l'lntroverrlon et du· narcf1-
Parques, mais sa toile qu'est-elle? La Bible t#v/llolriœ, très largement attestée de par slrme, l'abaorpt/Qn de l'itre par ion propre
et le Coran s'accordent à souligner sa cendantale d'une réalité supérieure, inter·
dite aux humains, Arachné dépeint, elle, les
ie-de. Chez les Bamoun du Cameroun, centre (~udoin). .
fragilité : . par exemple, l'araignée mygale a reçu du Maia cette image enveloppante et centri-
amours des Dieux pour de vulgaires mor· cl,/ le. priv/Jège de. déchiffrer l'awmlr.•.
Il s'est bdtl une maison d'araignée. pète. ne doit paa faire oublier cette autre
tel.les. Et Athena, outragée, fr11ppe la jeune ~·.le be&llalre dit l'art ·Bpmoun, le
li 1'e11constrult une hutte de gardien: image de. l'interl*ISCUr que constitue
fille de . sa navette. Arachné veut alors se Ng-.(un autre de ses nolft8) dl•pule la
·riche Il se couche mals c'est la dernière l'araignée balancéie comme un yoyo, au
pendre; Atheiia lui sauve, la vie, mais la
fols; JJrmiière place au serpent royal... Sa slgnl- bout du fil qu'elle semble v1>uloir conillltll-
mêtamorphose en l'araignee, qui ne cessera
quand fi ouvrè les yeux, ptus rien. .fiça//-On..est universelle et complexe. Liée ment remonter. On. y décèlera un contenu
de se balancer au bout dé son fil. Le défi de 1!11 de,stin de l'homme, au drame de sa vie
·(JOB, 27, 13) sexuel latent (Voir .........) parfaite-
la mortelle à la déesse a bien quelque chose lllpestre, la dfvlnallon .par le Ngaame a ment corroboré par les études faites en Sar-
Mâls la demeure de l'araignée de sartrien, il place ce monde avant, l'autre,
C/'~. une technique du déchiffrement des daigne et dal)s les Pouilles sur le Taren/u-
est la plus fragile des demeures. subordonnant !'Olympe lui-même aux pas· •lines-. Elle CO/ISlste d placer sur l'orifice lb- et lei acceasoirea de sa mise en scène
(co~N, 29, 40) sions hultlaines. L'araignée, i. la t?ile ,., trou de la mygale des signes que l'anl- (EMR, 230 sq.). Au plan lllYsti'IUO. ce fil
aajourd'h11i derisoire, symbolise aus11 la
Cette fragilité évoque celle d'une réalité ll;tfll boU#U/e la nuit et traneforme "" me&· évoquera le cordon ombili<l&I, ou la chaine
dechéance de l'être qui voulut rivaliser 111#, A travers eux, le devin .cherche la
d~apparences illusoires, trompeuses. d'or reliant la créature au c~, o;t pi1r
avec Dieu: .c'est l'ambition dôntiurgique BJM!,rlson, la protection contre l'ennemi, la
L'arai(llltt est-elle donc l'utisan du tissu laquelle celle'IÎ, tente de , ..,,. hiliSer vers
punie. Joie. de vivre (MVl!A, S9). . celui-ci, thè"10 évoqué, pas Platon et Qui
du monde ou celui du voile des illusion•,
cachant la Réalité Supréme? C'est bien la T~ut le symbole de l'araignée est donc ... La. mantique par l'araignée était cou- sera repria pas le Pseudo-Deny1 l'Aréopa-
question que pose, en Inde, dès le deuxième contenu dans. un fonds culturel indo- lllhmeat pratiquee dam. l'ancien Empire gite : E;JJ'orça1ts-n0U3 dent: par nos prlèrn
millénaire avant le Christ, dans les plus européen, sujet à maintes interprétations, des Incas du Pérou. Le devin découvre un de nOU3 élever jwqu 'à la, cime de .. œ1
andens teites védiques, le mythe, dilTérem- que l'on retrouve. disséminées, isolées. ou P<ll .<!ana lequel est conservo!e l'araignée rayons divins et. b/eefa/1anrs, de la. mbM
121..............,
façon que, si nom saist.aions, pour l'en- régénération ; les feuillu1 surtout évoquent
tuaire vaudi:u, Chemin des esprits (METV,
/rainer constomment """" noia de nos deux un cycle, eux qÙi se dépouillent et se recou- trouve, dans la cosmologie des Indiens
66), ou celui de la loge des Sioux autour Pu~blo le grand sapin du monde souterrain
lfUllns alternle$, une chaine llt/lnlment vrent chaque année de feuilles.
duquél •'accomplit la danse du soleil. C'est
lumtneuu qui pendrait du haut du ciel et L'arbre met a\18&i en communication les qm r"f"en? le sym~lisme ascensionnel de
le ~ilier central qui soutient ie temple ou ta
~lt jusqu'à nom, nous aurions trois niveaux du cosmos : le souterrain, par la m1grat1on des ames, en fournissant
ma1~ dan~ la tradition judéo-chrétienne,
l'lmpraslon de l'attirer vers le /Hu, mals m ses racines fouillant les profondeurs où
et c ellt aussi la colonne ve"ébrale soute-
l'échelle au moyen de laqueIIè les Ancêtres,
fflzlttl notre 'lflort ne. aau"11t la mouvoir, elles s'oofoncent; la surface de la terre, par in //Io tempore, purent grimper jusqu'à la
nant le corps humain, temple de l'âme. ' terre de ,notre soleil (ALEC, 56). Mais cet
Clll' elle uralt tout ensemble prhmte en 90!I tronc et ses premières branches; les
haut et m /Hu et c'est nous phit/51 qui nous hauteurs, par ses branches superieures et L'arbre cosmique est souvent représent4 arbre central qui, du cosmos jusqu'à
élèverltms. sa cime, attittes par la lumière du ciel. Des sous la ~\)rme d'une essence "4rtlculière- l'homme, couvre tout le champ de la
L'unité de la pensée indo-européenne se reptiles rampent entre ses racines ; des oi- ment maJestucuse. Tels ,apparaissent, dans pensée ~ s~ présenœ et de sa puissance,
retroun une fois encore ici, car 1111 -ux volent dans sa ramure : il met en l~ croy~ces de ces peuples, le chêne cel- est,. aus~1,, n~sairemcnt, l'arbre de vte,
Uprmlshad font de l'araignée· s'éle\'ant le relation le monde chthonien et le monde tique, le ulleul germanique, le frêne scaiidi.. ~u Il soit 8 feuilles persistantes, tel le lau-
long de*"' fil un symbole de llberti. Leftl ouranien. Il réunit lOllS lea élémenfs : l'eau na.'~· l'olivier de l'orient islan>ique, le ner, symbole d'immortal.i~ ou à feuilles
du """ c'est le llNlllOSyllabe A11111°; grlce circule avec sa sève, la terre s'intègre à son meleze et le boulesu sibériens, tous arbres cad~ques dont la régénéra\ion pèriodique
i lui, il s'élève jusqu'à la libération. Le fil corps par ses racines, l'air nourrit ... rem'!'~u!'bl~ par leurs dimensions, leur expnme le cycle des morts et renaissances
de l'araignée 1111 le nioyen, le support de la feuilles, le feu jaillit de son frottement. longevite ou, comme dans le cas du bou- et dope la vie dans sa dynamique : •.'n .,;
réalisation spirituelle. On ne retiendra ici que la symbolique leau, leur blancheur lumineuse. Sur le c~argé de forces sacrées, notè M. Bliade,
générale de ·l'arbre; des précision• sur des tronc de ce. dernier des entailles matérillli~ ce•t qu'il esr vertical, qu'il pousse, qu'il
ARBOUSIER espéces particulières seront données à leur sent les étapes de l'ucension chamanique perd ~es feuil/es et ln récupère et que~ par
nom : acacia•, amandier*~ chêne•~ cyprès•, D!elll!, <;SPrits et âmes emprunt.ent le che: co11sequen1, il se régénère: il meurt et
Cet arbuote i. feuilles persistantes était, olivier", etc. mm de ~ arbre du monde, entre ciel et terre re11a;1 d'innombrables fois (El,t't, 2JS).
che:z 1111 Anciens, lié à la mon et à l'immor- ~itisi .en va+il en Chine avec l'arbre Klen: L arbre cje yie a poùt séve la rosée
talité. Qn. s'empres.se de tresser les claœs Parce que ses racines plongent dans le ~~ cii:essé au ·centre du nionfle, comme célesl~, et ses fruits, jalousement défendus,
d'un. brancard flexible avec .des branches sol et· que ses branches .s'élèvent dans le en temo'ff le fa!t qµ'il n'y a à .son pied ni tr~s.mettent. une parcelle d'imrttortaliié.
d'arbousier et de chêne et on dresse un /Il ciel, l'arbre est universellement considérê om~re, m écho ; d a ne,uf branches et neuf Ainsi en est-il des fruits de l'arbre de vie de
fanèbre. ombragé de. verdu~,. écrit Virgile comme un symbole des rapports qui s'éta- r~mea, par .lesquelles il touche aux neuf l'Eden, qui sont au nombre' de douze, ·signe
dkriv""t I~ obs,èques de Pllllu, compa- blissent entre la terre et le ciel. 11 possède aeux ~ ~ux neuf sources, séjour des motts. du renouvellement cyclique, et de celui de
gnon d'Enée (ENÉlDE 11, 63-65). en ce sens un caractère central, i. tel point .}'ar· lu_•. ~ontent et descendent les souve-
la JèrUsalem céleste,. des pommes d'or du
que l'Arbre du mond~ eat un synonyme de ram~ m.édiateurs .entr.e !e. Ciel et la Terre, jardin des Hespérides et des pêches de la
ARBllli l'Axe du monde. C'est bien ainsi que le mais . substituts .auui du soleil•. Soleil et ~·-~ mou, de la séve du Haoma
. ·L'un des thèmel symboliques les plus décrit lyriquement le Poeudo-Chrysostome, l~n~ ;~escendent ég~ement par le mélèze iran.1':11• sans parler des diverses rèsines de
riches et les plus répandu•; celui·egalement dans la sixiéme homélie sur la Pâque: •iliér1en, so.us forme d'oiseaux· en outre de con1fcrea. Le hlmorocl japonais, amené
dont la bibliogaphie, à elle sèule, forme- ferme soutiel! de l'unl•er•, lien de toutes J>Brl et d'autre de hrbre ~ se ttou;eitt dans la Terre centrale,· parait bien être un
rait un livre. Min:ea Elisde distingue' sept choses, support de toute /IJ terre habitée,· l.'arbre Fou au levant. et l'arbre Jo au cou- Arbre de Vie; L'Arbre de Vie est un théme
interpretationa principales (EUT, 230-231) entrelacement cosmique, comprenant en ~ant, par. où monte et descend le soleil. de décoration très répandu en Iran où on le
qu'il ne considére d'ailleurs ·pas comme
exhaustives, mais qui s'articulent ·toutes
autour de l'idée du COIDIOI vmmt en per-
sol toute la bigarrure de la """'"'humaine.
Fixé par les clous Invisibles de /'Esprit,
pour ne pm vaciller dans son qjustement
L. arbre Jo porte aussi dix soleils, qui sont
dix corbeaux.
ligure entre deux· animaux affrontés.· à
Java, il est' représenté 11vec la
Pour les mus~l~ans chiites . de rite centrale sur l'écran {kaJOll) du théitre
mon-a
pétuelle régénéTescence. au divin ; toue/tant le ciel du sommet de sa ismaélien, farbre.nourrl de la terre et de d'mnbra. .
En · dépit d'apparences superficielles et tête, qffermlssant la terre dJ! ses pieds, el, l'et1u ~I dépa••anl le ··~Plième ciel L'Arbre de la. lloddhl; sous lequel le
de · conclusions hâtives, l'arbre, mime dans· respace Intermédiaire, embrassant S~bse l!' .Uklkat c'est-à-dire l'état de Bouddha· etteignit l'illumination, ._ enoore
sacré, n'est pas partout un objet de culte; il l'atmosphère ·entière de !<l!S mains incom- 1!é8lllude o.u .le mystiq~ dépassant la dua- un Arbre du monde et un Arbre de Vie:·il
est la figuration symbolique d'une entité mensNrab/u. (cité par H. de Lubac, dans litll . ,des apparences ri:joint la Réalité repr6lente, dans l'iconographie primitive,
qui le dépasse et qui, elle, peut dennir Catholicisme - Les aspects sociaux du· •ppreme, l'Unité originelle où J'etre coïn-
~"le avec Dieu. ·
!e
~uddha. !ui-m&ne. Sea racines, dit une
objet de ~ulte. dogme, Pari!i, 1941, p. 366). Figure axiale, 1nocription d' AngkOI', IKlnl Bniliml, son
Symbole de la vie, ett perpétuelle évolu- il est tout naturellement le chemin ascen- . Il exiote dans certaines. traditions plu- tronc Çlft,. ses branches Vlslno. C'111t une
tion; en ascctlsion vers le ciel, il évoque sionnel par lequel transitent ceux qui pas- s~eurs arbres du "!Ond~. Amsi les Gold en représentation classique de l'axe du m0nde.
tout le symbolisme de la vertkalite : ainsi sent du visible à l'invisible: c'est donc -cet Situent un premier dans• les cieux, un L'Arbre ccsmique qui, dans le Bara11age
l'arbre de Léonard de Vinci. D'autre part, arbre qu'évoquent aussi bien l'échelle de lecond sur terre, un. troisième dans le de la Mer de Lait, sert à l'obtention du
il se" au11i à symboliser le · caractère Jacot> que· le' poteau chamanique de la ro~aume des morts (HARA, 56). breuvqe d'immonalité, est représenté à
cyclique de l'évolution coomique, mon et yourte siberienne, le poteau-mitan du sanc- Angkor avec Vlllltnu à sa base, sur son
Aux antipodes du pays des Gold 00
tronc ·et à son sommet. Mais, en d'autres
Arbre/&&
64/Arilre.
manifesté, peur pénétrer dans le ,.q/échl et d'Adam, comme l'arbre de vie sera celui de humain se retrouve en Amérique du Nord
circonstances, Çln est un arbre central sa rédemptiont avec la crucifixion de J.esus. chez les Sioux ; en Afrique, chez les Boshi.
dont Bralnni et Vlllulv sont les branches y introduire l'inspiré.
L'ésotérisme hébraïque reprend la même ,,Cette di•tinction de l'Ancien Testament, mans et les Hottentots.
latérales .. qui renforce encore l'idie de réciprocitf, On ra.conte chez les Yakoutes qu'au
idëe : L'arbre de vie s'étend du haut vers le
L'~sociation de l'Arbre de Vie et de la bas et le soleil l'éclaire entièrement. introduirait aussi, selon Andre VLrel~ Je nombril tk la terre se dresse un arbre flo-
manifestatiim. divine se retrouve dans lei! (Zohar). Dans l'hlam, les racines de parallélisme et la distinction de deux évolu- rissant à huit branches... La CQUronne de
traditions chrétiennes. Car il y a analogie, !'Arbre du Bonheur plongent dans le der- tions créatrices, biologique d'une. part l'arbre r~pand un llquùie divin d'un jaune
et même reconduètion du symbole eritre nier ciel et ses rameaux s'étendent au- ,(arbre de vie), psychologique et hisiorique écumant. Quand les. ptllsanu en boivent,
l'arbre de. la première alliance, l'arbre de dessus et au~ssous de la terre. de l'autre (VIRI, 175). leur fatigue se dissipe et leur faim dispa-
vie de la. Genèse, et l'arbre de la croix, ou La 'même tradition s'affirme !lans le fol- C'est bien. en effet;. l'idée d'évolution rait,.. Quand fe premier hOm'1!e, à SOll
arbre de la Nouvdle Alliance, qui régénère. klbre islandàis et finlandais. Les Lapons ,biologique qui fait ·de l'arbre de vie un apparition dans le monde, dësira savoir
l'Homme. ·Pour H. de Lubac, la Croix, sacrifient chaque année un bœuf, au profit symbole de fertilité sur .lequeL•'est cons- pourquoi Il était Ui. il. se rendit près de cet
érigé<: sur une montagne, au ~qtre du du dieu dfla végétation et, à cette occa- truite, au cours des temps; toute une magie ar/Jre gigantesque d<>nt /a. et,,.,, traverse Je
monde, recoriifuii . totalement l'antique ston, un afbre est posé pres de l'autel, les propitiatoire, dont on.peut encore observer ciel.,. JI vil a/qrs; dans le tronc de l'arbre
image .de !'arbre éosmique ~u arbre .du racines en l'air et la c0uronne par terre. aujourd'hui de nombreux témoignages. mervèj//eux,.." une çavitf où se montr11
monde. Fréquente.• sont du reste dans !'ïco: Schmidt rapporte que dans certaines tri- Ainsi, dans certaines tribus ne>mades ira- jusqu'à la ceinture une femme qui lui fit
nographie . chrétienne, les représen~lions bus australiennes, les 1orciers avaient 1111 1niennes, -les.jeunes femtnes s'ornent~eUes le sa110ir qu'il était venu au r11o"de pour être
de croix feuillue ou d'Arbre-Croix, où l'on arbre magique qu'ils plantaient renversé. corps d'un arbre tatoué; dont les raciees l'attcêtre du genre humain (ROUF, 374).
retrouve, avec la séparation dei. deux pre- Après en avoir enduit les racines de sang partent du sexe, et ·les frondaisons s'êpa- Les Altaïques disent également: avant
mières branche., la symboliq\le de la humain, ils le brûlaient. nouissenl:sur les seins. Très ancieone.cou- de i>enlr sur la terre, les dmes des humains
fourche•. et de. Sa représentÎ(!n graph,ique, Dans les Upanishad, l'lJniv~rs est un tume·aU!Si qui. fait que, de la Méditerranée ·résident dans le clef' ou sont perchées sur
l'Y, ~u de !'Unique et du duel. A .la limite arbre renversé, plongeant ... radnes dans jusqu'en Inde. on rencontre, isolés dans la les cimes ci/estes de l'arbre cosmique. sous
c'est le ·christ lui-même qui, par _métony- le· ciel et ètendant ses branches au-dessus aampagne, souvent près d'une source*, de la forme' de pet!ts oiseaux (ROUF, 376).
mie, dev"fent l'arbre du monde, axe dil de la terre tout entière. Selon Eliade, cette beaux arbres couverts d'une floraison de
momie, éèhel!e: la ·comparaison est expli- image pourrait avoir une signification mouçhoirs rouges, que des femmes stériles · Marcp Polo rappcrte 1iue le pretr1ier ~oi
cite chez Origèn~, solaire. Le Rig-Veda précise: C'est vers le •.!Oftt venues nouer à ses brançhes pour çon- tfes, Ouighours est né .d'un ,rerra/n champi-
bas que u dirigent lei branches, c'est m jurer le .sort. gnon nourri _de, la sève des arbres (cité par
haut que se trouve sa racine. que ses -.u- La ·coutume dravidienne du mariage ROUF, .361). Des CfOYBJ\CCS anaµigues se
En Orient comme en Occident l'arbre de relioùvent en Chine. Toûtes ces légendes
vie est souvent renversé. Ce rerivcnement, rayo111 desémde11t. srir nous 1.La· Kath.a- mystique entre arbres .et humains est des-
Upanishad: Cet Açvttttha éternel, dont les tinée à renforcer la capacité de procréation ne p~ésentent qu'une alternative: tantôt 1111
selon ·les lextes védiques,' proviendrait arbre est fécond~ par la lumière - ce qui
racines vonr m hau/ et les branches m bas, de la fertUriè: la fiancée d'un Goa/a Hindu
d'une certaine conçeplion du rôle du ·soleil parait là forlne "1a plus ancienne du
c'est le pur, c'est le Brahman; li> Braltman, es1· obligatoirement m'ariée ô un manguier,
et de ta. lumière dans la, croinancc. des .mythe. - tantô\ deux arbres s'accouplenl.
&:res: c'est d'en haut.qu'ils puisent.la vie, c'est ce qu'on nomme la Non-Mort:. Tous avairl d'être unie à •on.propre mari (aouA,
c'est en ·bas· qu'ils s'cffurccilt de .la faire /es mondes repo•mt en lui. Mitœa Eliade 277). Des.. traditions ·analogues sont La coutume dravidienne marie- -aussi
commente: l'lll'bre Açva:ttha repritente lei attestées au Pendjab et dans !'Himalaya. A entre eux~ les arbres, substituts des
pénétrer. De là, oe. renversement des
images: ta·remureji>ue le rôle derl·.racines, dam toute sa clarté la mantfuratlon ·du. Ilqmb!zy,. parmi les ·Kud"' Kunbi~ du hommes. Ainsi,_ en Inde du.Sud, un couple
les racines cèlui des branches- La vie vient Brahnlail dans le Cosmos, c'est'-ii-dfre la Gqjera/, si le mariage présente cerlaines n'arriv1111t pas à procréer se rend au .bord
crëatlon comme mouvement descendant dfi!icu/Jés, on marie d'abord lajt!U11ejil/e à de 1~étang ou de la rivière sacrée, le matin
du ciel et pénètre la terre : suivant un mot
de Dante, il est un arbre qui vit de •a cime. (EUT, 239-241). un manguier ou .. à un autre arbre fruitier, d'un jour faste. :Là; les cieux époux plantent
Cette . conception · n'riurait rien d'anti- ·.Et Gilbert Durand de conclure: Cet parce qUI!, écrit Campel! (Bombay.Gaze- côte a côte deux plants d'arbres sacrés, l'un
scientilique; mais l'en-haut• or.iental... est arbir re111161é lll.IO/lte, q11I choq11e notre .teer,. 7, 61) un esprit craint les lll'bres et mâle, l'autre· femelle, et enlacent la tige
sms ·de ·Ja vertlca/lti ascenda111t; esr bien iuriout les arbres à fruits. L'analogie arbre droite et rigide de l'arbre mâle avec la tige
sacralisé et la photogenèse •'explique par
la·.puissance ·d'êtrea oéleslell. Le symbo- signe de la co-alstence, dans /'archél)lpe .à fruits•femme féconde jmic icLun rôle souple de rarbrc femelle. Le couple
lisme ,hindou de l'trbre renvec•é>qUi s'ex, de 1'11rbre, du schèm1 de· 1a réciprocité complémentaire de.l'analogie arbre à latex- d'arbres ainsi forme est· ensuite . protégé
cyclique (DURS, 371). Cette idée de réci- force génêoique (mâle). Ce qui èxplique ·dtun enclos. afin.qu'il vive et:assure~ avec
prime ·notlllllllent dans la ·Bhagavad-Glld
procité conduit â celle d'union entre Je con- QUe, ·chez .les Kurmi, ce soiLlè fiancé que sa propre fécondite; celle du couple
(15, 1) signifie aussi que leo racines sont le
tinu et le discontinu, l'unité et la dualité, au l'QD marie d'abord ail manguier, le jour de humain qui l'a planté (ROUA, 8-~). Cepen-
p<incipe de la manifestation et les branches
la manifestation qui s'épanouit- Guenon y glissemeni symbolique de l'Arbre de Vie à son mariage. Il embrasse l'arbre, auquel.li dant ces arbres ne sont, jusqu'alors,.consi-
dêcouvre encore une autre signification: !'Arbre de la Con11alrsartce, cet arbre de la est ensuite .atldché. Au bout d'un, certain dèrés .que comme fiancés. Il faut un laps de
l'arbre s'élève; au-dessus du plan de Science du Bien èl du Mal, qui est pourtant temps on le détache, mais. les feuil/eo de temps. d'une dizaine d'années pour- :qu'i
r4flexion, qui limite le domaine cosmique distingue du premiet. Dans le paradis ter- l'arbre sont nouées autour-de ses poignets. J'occasion d'une nouvelle .visite la .femme
inversé au-dessous; füfranchit la limite du restre, il sera l'üutrument de la chute Le mariage d'arbres associe au mariage 81Crile, opérant seule cette fois·ci, se rende
68/Arbre AtbN/87

au pied du couple sylvestre et dépo$e entre matrice où s'opêre la gestation de l'or phi- héros Penthée est fils d'Echion, la cou- turc cistercienne, se trouve dans le
les racines des deùx arllres, toujours enla- losophai, souvent comparè à un arbre. leuvre, et lui-même serpent de nature. Cu- eonnnentalre de ..1111 Jér6me · - llaîe.
cés, une pierre•, longtemps lavée par les C'est en ce sens·que Jérôme Boscll dans la rieux d'épier les orgies des Ménades, il Au-deliSOUS de l'image se trou1'C le texte
eaux de la rivière ou de l'étling sacré, et Tentation de saint Antoine, l'a assimilé à grimpe· sur un pin. Mats sa mhe, l'aperce- Epedletur wlqio. Jessé, le buste et la tf:te à
gravée d'un couple de serpents• enlacès. une mégère qui ex1irpe de son ve,.tre vant, alarme les Ménades. L'arbre est demi &OU!evèa, soutient de sa main gaw;he
AIOl'li seulement, se prodùira l'union mys- d'écorce un e11fant emmailloté (VANA, 217). !lbPtlll et Pe111hh, pr.ls pour un animal, est l'arbre jaillissant de son flanc. La Vierge
tique des arbres sacrés et la femme devien- Parfois aussi un arbre est consideré comme diclliré en lambea~. Sa propre mère est /a immense plane. On pourrait même dire
dra mère. L'association des symboi..·s eau- mâle, un autre i:pmme femelle : ·· chef. les premif!re à· se Jeter sur. litt... Ainsi on trouve qu'elle bondit de la ramure surgissant du
piorre-serpent-arbre · dans ce rituel de Tchouvatches le 111/eul •ert à faire des po- féunts dans ce. mythe le sens phallique de ventre dè Jessé, comparable à •un mont;
fécondation eat particulièrement significa- teawr fanêralres pour l'office des femmes /'arbre (car l'abattage symbolise la castra- Elle tienH'enfant sur soli ·bru droit, et de
tive. mo<1es, le chine pour l'office des hom-• tion) ·f!I son s1ms. maternel, figuré. par la sa main gauche lui olrre une fleur; deux
' On rencontre également des interpréta- """'" (llOUFl'o 360). montéfl sur le pin el la m&t du fils (,JUNL, anges entourent sa tête, ·à la blise d'unê
tions anthropomorphiques de 1'arbre parmi Ou bien· encore les deUll polaritès s'addi- 413). auréole- œrclee de pierres. L'ange• de droite
leil•Altaïques et Turco-Mongols de Sibêrit. tionnent, ce qui -conduit Jung à une inter- _i;::ette ambivalence dÙ. _symbolisme :de vers lequel la Vierge dirige son regald prè-
AÏlllli chez lès Youngouses un homme ~e prétation . androgynale, ou plutôt l'arbre, J. -la fois phallus et matrice, se sente une êglise schematisée : celle- de Ci..
traniforme en arbre et reprend en~u/te sa hermaphrodite• du symbole. lllll!'ife•!<! :plus nettemen1 encore dans teaux. L'ange de gauche soudent une cou•
forme prlmlllve (aouP, 246). Le mythe de Cybèle et d' Anis procure à ~'11<bre.qouJ:>lc:. Un arbre {lauble. symboUse ronne, celle-ci êtant destinée à la Vierge.
L'arbre source de·· vie, 'précise Eliade l'analyste un excellent schéma pour illus- ie. -processus .d'indiviliuatlon au. <;Qurs Au-dessus de cette auréole se trouve la
(euT, 261), présuppose que la source de trer sa pensée. Il considère .d'abord que duquel les co111raires en nous, s'unissent colombe, avatar· qe !'Esprit-Saint. .
vie u trouve eoncentrée dans ce végétal; Cybèle; mère des dieux, et symbole de la (JUINS, 187). , Symbolisant la croissance d'une famille,
donc, que la modalité.humaine se trouve ki libido maternelle, était androgyne tout L'abondance, dans la lêgende des d'uQe citè, d'un peuple, ou miellll, encore Il'
d l'étal virtuel, s1Jus.forme de germes et de comme l'arbre.· 'Mais une androgyne peuples, des pires-arbres. . cQ111me des pouvoir gr,andissant d'un roi, l'arbre de vie
semences. Selon Spencer et Oil~ cités par brûlante d'amour pour san fils. Comme, au mérss'4t'bre, conduit.à /'11rbre-gncêlre qont peut brusquement (enver.ser, sa P11laritê Jt
le même auteur, la tribu Warramunga, du contraire, le dèair du jeune dieu le portait l'illUIP. dépouillée peu à peu de son devenir arbre de mort. On connait le cas de
nord de l'Australie, croit' que l'r!~prll des vers une nymphe, Cybèle, jalouse, le rendit contexte mythique, aboutira d~ nos jours à Nabuchodonosor en proie à sês songes, et
eri/'ants, petii oomme lin grain de sable, se fou. Attt; au •paroxy1- du délire dont l'arbre généalogique. Chemin faisant; du l'interprétation que lui fournit le prophète
trouve à l'intérieur de certains arb'res, d'où l'avafl frappé sa mère, follement amou- symb0 1e profond à l'allégorie moderne, on Daniel.: J'ai eu un rêve, dit le Ro;, Il m'a
il se détàche parfois pour pénétrer par ·1e reuu de lui, se châtre sous un pin, explique pe11t citer le mythe bi,blique .de l'arbre· de épouva11té... \ioici un arbre au centre de la
nombril dans le ventre maternel. Ce qui C.O. Jung, arbre qui joue un rdle capital · Jessé. ÜSAIE, 11, 13) qui a inspiré tant 1e"•· uès grand de~taille. L'arbre. grandit,
n'est pas sans rappeler la croyance très dans le culte qu'on lui rend. (Une fois l'an, d'œuvres d'an et de COll)mentaires mys- devin/ puissant, sa hauieµr al/elgltlJ/l lt
répandue, 'selon laquelle le principe du feu, lepln était couvert de guirlandes, on y sus- tiq,.es : Un rameau sortira de lti tige de ciel, sa; vue les COl!fins de la terre, S-On
comme celui de la vie, est caché dans cer- pendall une Image d'Atlls, puis on abattait JeSJê, et tk. sa racine ·montera une fleur el feulllage était bepll, abondant son fruit; en
tains orbres d'où on l'extrait par frotte-nt l'arbre pour symboliser la castration;) Au /'fSprl1 du. S11ig11eur se reposera sur lu/; lui chacun trouvait sa nourri/ure... Mals
(GRAF); comble du démpclr. Cybèle arfacha l'espril de sagesse e1 d'/Jrt11/llgence, /'esprit voici un vigilant, 1111. saint .du ciel descf!lld;
l'arbre du sol, l'emporta dans sa grotte et tk.consel/ •! deforCll, l'esprit .de science et à pleine l'OL>: Il crie: 11ba1tez l'arbre, brise.:
Toutes lea croyances que nous venons ;i/le pleura~ Ainsi, i>ollà la mére.chthontque de piété; l'esprit· de la cralme de Dieu le ses branches, arrach11z 8esfeullles,jetei, ses
·de ~apponer montrent que, sexuellement, le qui •Va cacher sonjl/s dans son œ11re, c'est· remplira. L'arbre <le Jessé symbolise la /ruli.... Ce songe. s0 11 pour tes ennemis,
symbolisme de ·l'arbre est amblvalem. à-dire dans son ·giron; car, d'après une chaîlJll des générations, dont- la Bible nous répondit,Daniel, el s9n interprêtMlon pour
L'arbre de vie peut. à l'otigine être oonsi- autre verrlon, A ttls fet métamorphosé en rès11me !'.histoire et qui culminera ll""c la tes rivaux. Cet arbre que lU as vu, grand el
détè eomme une image de 1'androgyne pin. lei, l'arbre est avant tout le phallus, venue de la Vierge et du.Christ.li a connu fort, altelgnant au ciel... c'eJt toi, 8 roi, qui
lnlllal. Mais, au plan du monde phénomé- mals aussi /a ntère, vu qu 011 y suspend un. grand succès,.chez les miniaturistes et es devenu grand et puissant... Mals tu seras
nal, le tronc dressé vers le ciel, symbole de l'image d'A ttis. Cela symbolisait l'amour verriers du 11111• siècle, et particulièrement chassé d'entre les hommes ... (DANIEL 2, 3,
force et de puissance éminemment solaire, du fils auaellé d sa lfJére (JVNL. 411412). c~ez ICI! Cisterciens, en raison de leur 4, 2, 78, Il, 17, 22).
est. bien le Pltallus, imllg<I archétyp11le du Dans la Rome impériale, un pin coupé, dévotion pllfliculière à la Vierge. Dans ses Dans Ezéchiel {JI, 8-10) le P,ltaraon est
père. Tandis que l'arbre .creUJI de même ·souvenir, symbole, ou simulacre d' Attis, reprèaentations l'arbre émerge du nombril,. qomparè à un cèdre thl Liban. De .grands
que l'arbre au feuillage dense et .envelop- était transférè solennellement sur le, Palatin de la bouche ou du .flanc de Jessé. Le tronc arbres, oomme l(lS térj)bintbçs, liaurent Pli!'-.
pant, où nichent. les oiseaux, et qui se le 22 mars, pour la rate appelée de I'Arbor porte parfois des branches sur lesquelles fois dans .les Ps1Wmes (l9, 9) les ennemis
couvre périodiquement de fruits noque, llltrat. 8pp8faissent les rois de Juda, an~es du de Yahvé et de son peuple : · Ç/4meur de
lui, l'image arcbétypale lunaire de la mère Un autre mythe est interprète, avec une Christ. Yahvé, elfe secoue les térébinthes, elle
/e•tile: c'est le chêne ureUJI. d'où s'é<:happe certaine liberté quant aux détails des dépouille les Juta/es. Isaïe (i4, 13) déjà
l'eau de la fontaine de jouvence (CANA, legendea anciennes, dans le même sens et Un autre arbre de Jessè qui, selon Our- dènonçait les tyr.,is qui veulent, comme
80); c'est aussi ~athanor' des alchimistes, ntet en cause le même arbre, le pin. Le sel, const\tue le chef-d'a;uvre de la minia- des cyprès et ·des cèdres, . escalader
88/Arc ··Arc/69
les cieux, mais qui sont abattus. Aspect créateur à la recherche de la perfection, les flécheS'tirées vers le ciel ·par les souve- ment l'atteinte de la Bouddhéité (nous
négatif du symbolisme de ces grands tant socialementr comme en témoigne son rains indignes se retournent contre· eux avons dit plus haut qu'il était · tussi
arbres, ils repnisentent aussi l'ambition rôle dans la chevalerie et principalement sous forme d'éclairs. On tirait aussi, dans Bndnni). La même discipline spifituelle est
démesurée des grands de la terre, qui veu- dans la tradition japonaise, que spirituelle- la·Chine antique; desflèches seipentantes, connue de l'Islam, où l'arc s'identifie à la
lent toujours étendre ·et · consolider leur ment, l'arc de Çiva comme celui du Sasit- flèches. rouges et porteuses de feu, qui Puissance divine et la néche à sa fonction
pouvoir, et qui sont foudroyés. taire indiquant la voie de sublimation du representaiènt manifestement la foudre: De de deotruction du mal et de l'ignorance. En
dësir. De l'éveil de la libido à la recherche même les fléches des btdiens d'Amérique toutes circonstances~ l'atteinte du But, qui
L'anagramme de. l'arbre, nl>te Jacques de ]a sainteté on: voit· ici rêunies en une portent une Jigne rouge en zigzas figurant est la !'erfection spirituelle, l'union au
Lacan d&ns ses tcrln (504-505) c'est la même image l'énergie primordiale et l'éclair. Mais la Hèche comme éclair - ou Divin, s~ppose la tra~ersée par la fléche de
barre : arbre cil!Cukuqlre, arbre de vie du l'énergie psychique; que la ··tradition comme r~yon solaire ., . e~t le trait de ténèbres que sont les défauts, les imperfec·
cervelet, arbre de Sa1urrre ou de Diane, indienne place ·respectivement dans ·le lumière qui perce les t.énèbres de l'igno- lions de l'individ~.
crls111u:< précipités "" u11 arbre co11ducteur sacrum (premier Çakrà) et au sommet du rance: c'est donc u11 symbole de la con-
de 14 foudre, es/-ce votre figure qui trace crâne (septième Ç akra). naissance (comme l'est la Héche du Tueur Sur ·un plan différent, la Rou~·ae !'Exis-
notre destin .dans l'écailk passée au feu de <Le tir à l'arc est à la fois fonction royale, de dragon védique - laquelle possède en tence bouddhique figure un homme frappé
la tortue, Qu POtre éclair qui fait surgir fonction de chasseur, exercice spirituel. outre. dlllls la même perspective, une signi- à l'œil par une flëclle l' symbole de la sensa-
d'une .inn1J111brable .nuit celle lente muta- Arme' royale, l'arc l'est en tous lieux: fication phallique, sur laquelle nous revien- tîon (vedani), provoquée par le contact des
tion de, l'être dans l'Ev ,.a-vra du lang"lf!? c'est une arme de chevalier, de Klllllllrlya; ~rons). De la même façon, les Upanlsbad sens et de' leur objet. Le symbolisme des
•Non, dit !'Arbre, il dit: Non! dans il est en conséquenee ll!socié aux initia- font du monosyllabe om une nëche qui, sens se retrouve dans l'Inde. En tant
l'ëtincetrement de sa tête superbe., tions chevaleresques. L'iconographie pura· ·lancée par l'arc humain et traversant qu'cmblème de Vlsluna, l'arc représente
nique en fait un large usage et le désigne .!'igno~anee!- atteint hl•, suprême lumièfe; l'aspect destructeur, désintégrairt (~)
VèrB que nous tenons pour aussi légitimes à expreuémetit comme emblème royal. C'est Om (aum•) est encore l'arc qui projette la qui est à l'origine des·perceptions des 111ris.
itre entendus dans les harmoniques de l'arme d' Arjun1: le combat de la Hêche du moi vers ·le but, Brabmi, auquel . KAml, le dieu de .l'amour, est Feprésenté
l'arbre que leur· ,.,,vers·: Bbapnd-OltA est un combat d'arcl\ers. · elle s'unit. Ce symbolisme· est particulière- par cinq fléches qui son! les cinq sens. On
Le tir à l'arc est une disdpline es~tielle .ment développé en Extrême-Orient et sur- songe .ici à l'usage de l'arc et des lléc:hes
•Que la· tempête traite universellement 'Vit de nos jours au Japcin. Le <ivre de Lie-
Comme elle fait une ·herbe-• · de la voie japonai~ du Bulddo. Il est par Cupidon. La flèche représente aussi
- avec la conduite des chars---' le princi- tseu cite èn maints endroits l'exemple du tir Çiva (par.ailleurs armé d'un arc semblable
La Kabbale aussi parle d'un arbre de pal des arts libérauK chinois: il fait lil ·non intentionnel, qui'permet d'•tteindre Je à l'arc-en.ociel); elle s'identifie au 11ap• à
mort. Il fournit i Adam les feuilles dont il preuve des mérites du prince, il manifeste· •1 but ,à; la oondition"de n'àVoir souci-1 ni du cinq visages, Or le Unp•. est aussi lumiëre.
couvre lia nudité,~ le· Zohar voit ~n lui le sa Vertu. Le guerrier au cœur pur atteint but, ni du tir : c'est l'attitude spiritueHe non Ainsi··associée lm.nombre cinq, la flèche
symbole du savoir magique, qui est une des d'emblée le centre de la cible. l:.a llëche• '·og/ssa111e des taors1eg; L'efficacité du tir est encore. par dérivation, symbole de
conséquences· de la chute. Elle est liée à est destinée à frapper l'ennemi,' ·a abattre est d'ailleurs telle que 1..- fülches font une Pirv•6; incarnation · des cinq taltft ou
l'existence du col'j)S ph)'Sique privë du rituellement l'animal emblèmatique. La' ligne continœe de l'arc à la cible; ce qui principes élémentaires, mais . ·réceptacle
corpi de lumlm (sein(, l 93). · seconde action vise à établir l'ordre du . implique, 'Outre-la notion de continuité du aussi, il rn vrai, de la necbe phallique de
Màis c'est encore la croiK, instrument de rrionde, Ili ·p1emiëre à dëtruire les forces su~ à l'objet, l'efficacitê du rapport qu'é- Çlv-. La tendance désintcgrante perm·et de
supplice et de rédemption, qui rassemble ténébreuses et néfastes. ·c'est p(>Urqooi tablit le· roi en tirant de& flCches vers le ciél, (appeler en outre quo le mot ....,. a le oens
en une sèule îmage · les deux· signifies l'are (plus spêcia!ement l'arc en bois de la chaine de Hëches s'identifiant à lAxe du originel de corde d'arc (cooH, coo.-.
extrêmes de ce signifiant majeur qu'est pêcher utilisant des Aéclfos d'armoiS. ou ·monde. ., DANA~ E.PJ;tl", GOVM, .QRAO.. ORAC-;·.ORAJi,
l'Arore: pilr la mbrt vers la vie; ·per cru- d'épine) est arme de combat: Il est ·aussi GUEC~ GUES, Hl!US, HERS,;. HERZ, KALL,
cem ad lucem, par la croix vers la lumiëre. une arme d'exorcisme, d'eKpulsion :.on éli- . :Qui tire 1 s'inten'oge+on à . propos de r.t:ALA, WJEC).
mine les puissances du mal en tirant des J'àrt japonais du tir à l'arc. Quelque chose L'arc signifie i. kmlott d'où Ja!Uluent
Rêches vers les quatre points cardinaux, lire qui •n'est pas, moi, maîs l'identili~ation nos. désira, liés à notre inconiêient.
ARC vers le haut et vers le bas (le Ciel et la ·parfaite du moi à l'activité non-agissante L'Amour - le Soleil - Dieu possédent
Le tir à l'arc résume exemplairenient la Terre). Le Sldnto eonnaît plusieurs rituels du Ciel. Quel est le but? Confucius disait leur carquois, leur arc et leurs flèches. La
structure de l'ordre terlraire; tani par ses de purification par les tirs de Aéches. Dans ''déjà que le tireur qui manque le but flèche• 'recèle toujours un sens mâle. Elle
éléments· consti'tuants - arc~ corde, le Rlmly-, l'offrande de flèches de recherche l'origine de Jléchec:en lui-môme. pénêtre. En maniant ·rare, l'Amour,, le
Héche"'- que pllr lei 'Phases de sa manifes- P.......,_tim41 prend un caractère sacrifi- ~ais c'est en lui-même aussi qu'est la Soleil et Dieu exercent un rôle de
tatiôn : tension, dëtente, ~· C'est dire que ciel. cible. Le caractère chinois tellona qui fécondation. Aussi l'arc, avec ~s fléches,
le symbolisme sexuel montre ici avec une La Héche s'identifie à l'ëclatr, a la désigne le centre, représente une cible est-il partout. symbole cl attribut de
particulière évidence son indissol\Jble lien foudre... La Héche d'Apollon, qui est un ''!'"•percée par la Aëche. Ce.qu'atteint .la l'amour, de la tension vitale, ch01: les Japo-
avec les activites de chasse et de guerre. rayon solaire, a la même fonction que le neche, c'est Je centre de l'être, c'est le Soi. nais, comme chez les Grecs, ou les magi-
Dans les société1 fortement hiérarchisées le vaJra (roudre) d'lndra. Yao, empereur Si l'on .consent à nommer ce but, on l'ap- ciens cbamaniques de J' Altaï, A la base de
champ symbolique dé l'arc va de l'acte solaire, tira ·des m!ches vers le soleii; mais pelle Boucldlut, car il symboli~ effective- ce symbolisme, ,on retrou.ve le concept de
70/ Arc-en-Ciel
. tension, dynamisante dêfini par Héraclite rité spirituelle, le pouvoir suprême de dèc:i- qù'empruntent dieux et 'héros entre l'autre En Chine, l'union des cinq couleurs
comme l'expression de la force vitale, sion. Il est attribue aux pasteurs des . mOt\<je et le nôtre. Cette fonction quasi uni- prêtées à l'arc-en-ciel est celle du yin et du
matérielle et spirituelle. L'arc et les flèches peuples, aux souverains pontifes, aux . verselle est attestée aossi bien cilet les Y8111. le signe de l'harmonie de l'univers et
d'Apollon sont l'énergie du Soleil, ses détenteun1 de pouvoirs divina. Un toi ou un Pygmées qu'en Polynêsie, en Indonésie, en celui de sa fêcondité. Si l'arc de Çiva est
rayons et ses pouvoirs fertilisants et puri- dieu plus puisSlµlt que les autres brise les Mélanesie, au Japon, pour ne parler que semblable à l'arc-en-ciel, celui d'lnm-. lui
fiants. Dans Job, 1,, 20, il symbolise la arcs de ses adversaires; l'ennemi ne peut -des cultures extra-europêennes. · est.·expressêment attribué (arc dlndra.
force: lui imposer sa loi. elndma, est encore le nom qu'on lui donne
··C'est en Scandinavie le pont de Byfrost; aujourd'hui au Cambodge). Or Indra
Mes racinés ont accès à l'eau, dit Job, Joseph est u~ ~!ant fécond près de la au Japon le pont flottant du Ciel; l'escalier dispense à la terre la pluie et la foudre, qui
la rosie se dépose la nuit sur monfeull- source aux. sept couleurs, par lequel ·le Bouddha sont les symboles de I' Activité. céleste.
loge·. . dont les tiges franchlsunt le mur. ·redesœnd du ciel, est un.. arc-..n-ciel. La Les sept· et non cinq couleurs de l'arc-
Mon prestige gardera sa fraicheur ··Les arclrers'l'oni exmpéré ' · ··même idée se retrouve de l'Iran à l'Afrique en-ciel figurent, dans l'ésotêrisme isla-
el dans ma main m~n arc reprendra Ils ont dré et 1'0111 pris à partie. et de I' Amerique du Nord à la Chine. Au mique, . l'image des qualités divines
force. ' ' Mals leur arc a.été brisé par un puissant, Tibet, l'arc-en-ciel n'est pas ·le ·pont• lui- reflétées dans runivers. car l'arc~en..ciel est
les nerfs ·de lmrs bras ont été rompus même, mais f'ime des souverains. qui l'image tnveru du soleil sur le 110ile inron-
Uno comparaison très voisine plaçant par les mains du hissant de Jacob,
l'arç dans la main de Çiva en fait l'em- s'élëve vers ~e ciël: ce qui ramène indirecteT . sistanl de la pluie (Jl/Q. Les sep!· couleurs
par le Nom de la pierre d'fsrall ment à la notion de Pontifes~ le lieu de pas- de 1'Arc sont assimilées aux sept cieux en
blême du pouvoir de Dieu, à l'instar du par le Dieu de um Père qui te secourt.
linga•. L'arc d'Ulysse symbolisait le pou· sage. li existe un lien êtymologique et sym- Inde .et en· Mesopotamie. Selon. le boud-
(Genèse, 4', 22-25).
.v<:>ir e~clusif du roi : aucun prêtendant ne . b61ique entre l'arc-en-ciel et le ciel dont le dhisme tibétain, nuages et arc-en-ciel sym-
pouvait le bander ; lui seul y parvint et Comme Yahvê sur les ennemis de son nom breton kanevedenn suppose un proto- bolisent le Sambosba-!<iya (corps de ra\Jis·
massllCI'& .tous les prétendants. peuple ~ de ses élus, quand il le veut, type vieux-celtique kambonemoa courbe sement spirf/ueQ, et leur rêsolution en pluie
Tendu vers les hauteurs, l'are peut être l'Archer . Apollon fait rêgne.\' ta loi sur · c"este. Le symbolisme rejoindrait':aloroâ le . Nlrmilna-kiya (corps de 1ra1u-
l'Olympe, L'hymne b0ntérique qui lui est la fois celui du clel et celui·du pont. (ooÀc, formatlon),
aussi un symbole de la sublimation des . 12, 186). .
désirs. C'est, semble-t-il, le cas dans le dêdié exalte ainai son pouvoir : ... Je parle- , -L~union des contr-airest C~i!'Sl aussi la ré-
signe zodiacal du Sagittaire, qui fait figure "'' de /'Archer Apollon dolll /es pas 4ans L;eS r<lbans utilisés par les chamans bou- union des moitiés séparees, la rêsolution_
la demeure de Zeus font trel!lbler tous les riates portent le nom d'arc-..n-ciel, 1/$ sym- Ainsi,; suggêre .Guénon, l'ar-e-en,-cieJ appa-
d'archer ajustant la flèche en direction du
ciel. Chez les · anciens Samoylides, le dieux: '1ous se lèvent de leur •ieye d son bollsl!llt en général /'asce111to11 du Chaman raissant aucdessus de lArche .réunit-il les
tambour" portait le nom d'arc musical, arc approche, lorsqu 'Il tend 5on arc Illustre aucte/ {ELIC, 132). Les Pygmées d'Afrique eaux i'lférteures et .les .eaux supérieures,
d'harmonie, symbole de l'alliance entre les (1;1vMH, à Apollon, 1-S). 'centrale· croient que Die\I leur montre son moities de l'~ du monde comme sipe
A plu• forte raison les . humain• lui · désir d'entrer en rapport avec eux par l'are- de la restauration de l'ordre cosmique etde
deux tn()ndes; mais aussi arc de chasse, qai 'en-del. ,. ·. 1
lana le. chaman comme une flèche vers le seront-ils soumis. En ,tant qu'archer, il· est • • la gestat-ion d'un cycle neuf. De (8'jon plus
le maitre de leur destin. HOtllère l'appelle L'arc-en-ciel est un exemple de transfert , ·.explicite la· Bible fait. de l'arc-en-ciel la
ciel (SERH, 149). · des attributs du dieu ouranien à la divinité matérialisation de l'alliance. Et Dieu. dit:
dans I'/liadf: ... le dieu qui IMCe le iripas...
Symbole de la j>uissance guerrière, voire · solalte: L'arc-en-ciel; tenu en 1a111 d'en· Voici le signe de l'alliance que je mets
de la supériorité militaire dans le Veda, il
Apollon à la flèche Inévitable. Il tuoJi ooup
1Gr -ceux qu'il vise de ses flèches· ailles. droits pour une épiphanie ouranienne. est entre moi ·et vous et .1ous les itres Pivants
signifie aussi l'inatrument des conquetes 111soclé au ~olei/ •t devient chez les Fué- qui sont avec vous, pour les générations à
De même, Anubis, le dieu égyptien à
célestes. ce poème riche de symboles giens le frère du soleil (ELIT, SCHP, 79), venir: je mets. mon arc dans la nuée et il
tête de chacal, chargé de veiller sur les pro-
évoque les rudes ·batailles, qui sont de Chez les Dogon, l'arc-en-ciel en consi- devlendrtt un signe d'alliance entre moi et
cès des morts et des vivants, est-il repré-
l'ordre spirituel< dérê comme le chemin permettant au Bélier la terre (OENÊSE. 9,. l2-t7).
senté souvent tirant de l'are: attitude sym-
Puissions-nous par l'arc conquérir les bolisant la destinée inéluctable, l'enchaîne- 1
~leste, qui· f~conde le soleil et urine ·les De Champeaux· reconduit · la même
vaches · ' ment des actes. La rigueut du destin est pluies, de descendre' sur la terre. Le çamé- image dans le Nouveau Testament, la
et le burin, pat l'arc gagner les batailles absolue: l'enfer même a ses lois; la liberté feon, qui 'porte ses couleurs, lui est appa- barque de Pierre relayant lArche de Noê:
sévères l même entraine une chaine· de réactioruo renté. L'arc-en-ciel, · toujouro selon 1es A l'intérieur de celle coquille est clrrons-
l'arc fail le tourment. de l'ennemi: irréversibles. Le premier acte est libre en croyances Dogon; a quatre couleur .. le cril le rrrystère de fËglise qui est par voca-
gagnons par l'arc Ioules les régions ~ nous, dit Mêphistophélès; non •ommes ·'hdir, le rouge, le jaune e!'le vert; elles sont tion coexlens{f de l'univers symboU.ê par
l'espace 1 esclaves du second. ,(OOl!THE, Faust, Pre- la trace laissée par les sabots du Bélier le carrê". Avec Noé, Dieu a Inscrit priifigu·
(Rig-Veda, 6, 75). mière partie). céleste, quand il court (01<1e). ratlvement le ·cal'ré du Nouveau Cosmos
En Grèce, l'arc-..n-ciel est Iris, la messa· 'dam le Cercle Irisé de la ·btenvel/lance
L'arc est enfin symbole du destin. Image gère rapide des dieux. Il symbolise aussi de divine. li a esquissé le schéma de la
de l'arc·en-del, dans ·l'esotérisme religieux, ARC-EN-CIEL façon générale des relations entre le ciel et Jérusalem• ·des derniers · temps• . Cette
il manifeste la volontê divine elle-même. ,'hi 'terre, entré· les dieux et les hommès: il
L'arc-en-ciel est chemin et médlatloa alliance est d#à un. aCCCJmplls1emen1. une
Aussi exprime+il çhei les Delphîens, les est un langage divin.
entre l'ici-bas et l'au-desllus. Il est le poal assomption; car Dieu est fidèle. Les Christ
Hébreux, les populations primitive•, rauto-
72/Arcade Arche/73

en gloire. byzantins ou romans, trônent Chez les Pygmées, il. est le dangereux ser; Elle est; Une victoire sur la platitude char· dans le palais de David, les bœufs qui
pent du ciel, comme un arc solaire forme nelle. L'arcade q~félève à bout .de bras Ja tiraient le char firent pencher l'arche; celui
Jouvent au mtlieu d'un arc-en-ciel (c:HAS,
de deux serpents soudés ensemble. Chez les couronne de pierre prœlame la victoire qui la toucha pour la retenir tomba aussi-
108). '
L'association Pluie-Arc-en-ciel·· fait Negrit{) ~emang l'arc-en-ciel est un serpent durable de /'rdfort anagogique sur la pesan- tôt frappé de mort. On ne touche pu vaine-
qu'en de nombreuses traditions C<Sl_ui-ci
python. De temps à autre, il se glisse aufir· :;eut matérielle... Elle évoque aussi la styli- ment au sacré, au divin, à la tradition.
évoque l'image .d'un "'rpent mythique. marnent pour y prendre un bain. Il brille sation spontanée et Immédiate de la (Deuxième livre de SllNUle/, 6).
C'est en Asie orientale, le Naga, issu.du alors de toutes les couleurs. Quand il verse 'llllhoueUe hwnalne : elle en épouse les L'arche contient l'essence de la Tradi-
monde souterrain. Ce· symbolisme qu'on
l'eau de son bain, ç'ei1 sur la terre la pluie contoiirs et en •ouligne le dynamisme d'as- tion, mais développée sous la forme des
retrouve en Afrique et peut ,être, note Gué- du soleil, une eau extrêmement dangereuse ceml~f (CHAS, 269). Tables de la Loi. Elle est la sourœ de
non, en ·Orèce, car l'arc était figurê sur la pour 1.. huma,lns. . toutes les Pui.sances du cycle (saint Mar-
cuirasse d' Agamemnon par trois- -serpents, li est..maléfique chez les Negr1to Anda· ARCHE tin). Une lêgende veut d'ailleura qu'elle ait
est en rapport avec les courants cosmiques, man; il est le tam-tam de !'Esprit de la été cachée par·Jén!mie au retour de la cap-
qui se développent entre le ciel et la tette. Forèt · son apparition anR?nce la maladie " : Le symbolisme de l'arche; et de la navi- tivitê et qu'elle doive réapparaitre à l'aube
et la ~ort (sCHP, 157, 167). Chez les Chib· ption• en général, comporte plusieurs d'un nouvel âge.
L'escalier-arc-en-ciel du Bouddha a deux
nAp pour montants. On retrouve le même cba de Colombie, l'arc-en-ciel était au asP,eCts qui. sont, dans l'ensemble,. liés. Le L'Arche est dans la tradition chrétienne
· symbolisme i. Angkor (Angkor· Thom, contraire une divinité protectrice des ~rus coMu r:st celui de l'Arche de Noé, un des symboles les plus riches ; symbole
Prah Khan, Banteai Chmar) où res femmes enceintes ( TRIB, 130). naviguant sur les eaux du déluge et conte· de la demeura protegée par Dieu (Noé) et
chaussées i nAp-balustrades sont des Pour les Incas (l.EHC), c'est la couronne nant tous Ier. éléments nécessaires à la res- sauvegardant les espèces; symbole de .fa
images de l'a<c-«1-clel; ce que conArme, a de plumes d'Illap11, Dieu· du Tonnerre et tauration cyclique. Les textes puraniques présence de Dieu dans le peuple de son
Angkor-Th·om, la présence d'Indra à leur des Pluies. lllapa est considéré comme un ,~e l'Inde çontent. semblablement l'embar- choix ; sone de sanctuaire mobile, garan-
extrémite. Il faut ajouter qu'a Angkor la homme cruel et. intraitable, et, de ce fait. ,ql\WJICDt e.t .le oauvetage, par 111; Poisson- tissant l'alliance de Dieu et de son peu(!le ;
mème idée paraît bien s~xprimer au lin- les anciens Péruviens n'osaient regarder Vlo!mu (M&Qya-.vadra), de Manu. le enfin, symbole de l'Sglise. Elle revi!t le
teau des portes - portes du ciel, bien I'arc,en-ciel, ils s~ fermaient la bouche de législateur d11 cycle actuel, et des Veda, qui triele sens symbolique de nouvelle alliance,
sûr - où l'on retrouve lllllta et le m8kara
0 la main s'ils i'aperœvaient. Son. nom esl 1111111 le germe de la manifcswion cycliqµe. ·qui est universelle.et éternelle ;de nouvelle
don~ à l';ehelle.pennettantl'acc~s à l'in· DeJait, l'arche est posée à .la surfaçe ifes prêsence, qui est réelle; de nouvelle arche
·crachant deux nlga. L'arc d makara
symbolise três généralement !'arc-·en'ciel et térieur des temples soùterrai.ns des Indiens ~. tout .comme l'œuf. du monde, comme de salut, noft plus coittre le déluge, "iais
la pluie céleste.' Les légendes chinoises con- Pueblo et .donc symboliquement l'accès au .le premier germe vivifiant, écrit saint Mar- contre le péchè: c'est l'Église, lArche nou-
tent la ·métamorphose d'un Immortel en domaine des forces chthonieMes, lin. Le même symbole du germe, de la Tra- velle, ouvene à tous pour 'le salut du
arc-en-ciel ·enroulé ·comme un serpent. , Néfaste également 9ltez Ier. Incas. L'arc- dition non dével<>wêe, mais destinée à monde.
Signalons encore à ce propos qu'il existe en-ciel ell un serpeni cèleste .. Recuellll par ri!tre dans Je cycle fult!r, se retrouve à pro-
au moins cinq caractères désigNl\t l'arc- tes hommes quand il n'était qu'un vermis- .pas de la conque• et de la lettre .arabe ntln L'Arche de Noé est le sujet de nom-
en-ciel et qui, tous, contiennent le radical seau, d force de manger Il prit des propor- (une derni·circonfèrence, .l'arcbe contenant breuses spéculations, en particulier dans la
hoel, celui du serpent. tions gigantesques. Les hommes furem un point: le germe~ GU;énon a nQté l'im- tradition rabbinique. Sa forme de pyramide
contraints de Je tuer parce qiû/.exigeait d•• portance de la complèmentarite de \'arche a Je sens de feu; de flamme. Elle renferme
Ajoutons que, si l"arc--en..cie.l cst·généra- cœur.s humain.r pour sa nou"lture. Les oi- et de J'arç-cn-cieJ*, qui_ apparaît au-dessus une 6nergie phallique. L' Ar~he a tlé cons-
lement annonciateur d'heureux êvéne- seaux se trempèrent dans son sang et leur d'elle comme signe d'alliance. Il s'agit de truite en bois incorruptible Met imputres·
mcnt5,. liés à. la rénovation ~yclique (c'est plumage se teinta des couleurs vives de dellX symbole• analogues, mais inverses cible (rêsineux ou acacia). Il existe unrap-
ainsi, encore, qu'un arc-en-ciel appar~t i. la l'arc-en-ciel. "- l'un relatif au domaine des •<1ux l'lfé- port étroit entre les dimensions données
naissance de Fou-hi), il peut aussi preluder En Asie centrale, une conaep1ion assez rieures, l'autre des eaux.supérieures - qui par Yallvé à Noé pour édifier l'Arche" lors
·à des troubles dens l'harmonie de l'univers courante veut que l'arc-en-ciel aspire ou se complètent pour reconstituer une circon· du déluge, et celles qui furent donnée! à
et même prendre une signification· redou- boive l'eau . des fleuves et des lacs. Les ~ence: l'unité du cycle. Moïse, pour construire 1' Arche d'alliance.
table , c'est l'autre face, gaùche ou noc· Yakoutes croient qu'il peul mime enlever . Le symbolisme de l'Arche d'Alliance Cette dernière Prènit d'ailleurs les m!rnes
turne, du même· ·.complexe symbolique: des hommes sur la terre. Dans Je C•uclll!C, des Hébreux est plus proche qu'il n'y proportions que l'Arche de Noé, à une
Quand un t1at est en danger de périr, écrit on exhorte les enfants à faire attention à ce Jl&•ait du précédenL Les Hébreux la pla- éçhelle très réduite. L'Arche de Noé com-
Houai Nan-ISeu, l'aspect du ciel change... que l'arc-en-ciel ne les emporte pas dans çaient dans la partie la plus retilie du prend trois.êta~·; l'importance dece chif-
un arc-en-ciel se montre... Chez les monta- les nuages (HARA, IS2). tal!emacle; elle contenait Ier. deux tables fre ne sa.m~it échapper : c'est un symbole
gnards du Sud Vièt·n•m; Ier. rapports ciel- de la loi, la verge d'Aron et .. un vase plein asce11sionnel.
tertte par l'intermédiaire de l'arc-en-ciel ARCADE de cette manne, dont le peuple s'était Origène •Kplique les dimensionJ de
comportent un aspect néfaste, en relation nourri dans le désert. Elle. était le gage de l'Arche. Il commente . sa !Qngueur de
·avec la maladie et la mort. L'arc-en-ciel . Se rattache à la double symbolique du Ja protection divine et les Hébreux l'empor- 300 coudées qui exprime à . la fois . le
llOrlant-Kana est d'origine sinistre.; le ~atré' et du cercle*, rêuniuant com~e la taient dans leurs expéditions militaires. nombre 100 et le oombre 3; le premier
·montrer du doigt peut provoquer la lepre. nidhe* les volumes du cube et de la coupe". Lars de son transfert en grande pompe signifie la plénitude (l'unité), Je SllCQnd la
74/Archer A!f!ent/76
Trinité. La largeur est de 50 coudées, .elle ARCHER (Voir Arc) vent dans les œuvres d'an les émigrants 11nterpretado romana et le syncrétis!lle. ce
e8t interpoetée comme le symbole de la a~compagnés du pic vert• ou du loup•, qui qui a été la cause d'innombrables confu-
Symbole de l'homme qui vise quelque .&ORt des animaux consacrés à Arès: c'est sions et d'erreurs (oaAc, 17, 175-188).
rédemption. Quant au sommet, il symbo-
chose et qui, d~à. d'une certai11efaço11/'a1- une louve qui allaita les deux jumeaux.
lise le chiffre 1, en raison de l'unitê de
telnt e11 d]igie .... L'homme •'idemlfie à •011 d@ns une grotte du futur Palatin.
Dieu. Origène présente encore des ana· ARGENT
projectile (cHAS. 324) (voir flèehe"). Il S'il.. est le 'lUeur, le Defe11seur des mai·
logies entre la longueur, la largeur, la hau·
s'identifie également à son but, fût-ce ·pour
tour de l'Arche et la longueur, la largeur et '''""' et des jeunes gens, il est aussi le Dans le système de cor~esponi:lance d!'ll
manger la proiec ,qµ'il chasse, lût-ce pour Puntueur et le Veng~r de toutes les mêtaux et des planétes, l'argent eot e_n rap-
la profondeur du mystêre de l'amour de
prouver sa vaillance ou son habileté. De otrenses. et, en particulier, de la violation
Dieu dont parle saint Paul (Ephésiens, 3, port avec la Lune. Il appartien\ au schéma
même, de très nombreuses représentations des aennents; aussi esl·il parfois honoré
18). L'Arche-figure aussi le corps avec ~s ou • la chaine symboliques lune~au­
de fauves tuant des biches montrent ceux- comme le dieu du· serment (ssco, 248). principe fCminin. Tradjtionnellement. en
dimensions et ses qualitês, chez saint
là couvrant ~eur proiet comme pour lit Sail- Dans la triade indo,europèenne, mise en
Ambroise. Isidore de Séville dira que les effet, par opposition à l'or, qui est principe
lir, avan.t de la dévorer: double phénomène relief par les travaux de G. Dumôzil, Arès actif, mâle, solaire, diurne, igné, ,.,!'.argent
300 coudées égalent 6.fois SO; la longueur d'identification et de possession. L'archer
ègale donc 6 fois la largeur; elle symboli~ représente la classe guerrière. est principe passi_f,., féminin, .luna•re,
symbolise le désir de la possession: tuer aqueux, froid. Sa. couleur est Je blanc•, le
·les :six âges du monde. Saint Augustm L 'Hymne homifrique; d'époque sans
c'est mWtrisër. Eros est généralement
commente ce thême de lArche qui préfi· jaune étant celle de l'or., Le.- mot même
représenté avec un l(C ~ un carquo'~· douté très tardive (IV' siècle de notre ère?),
argent derive. ll'~n mot sanscrit signifiant
gure la cil<\ de Dieu, de l'êglise, le corps du ·qui lui est consacré, indique la voie d'une
CbriSL blanc et brillant. On ne s'étonnera donc
AR~ (Mars) dvolution spirituelle, que symboliserait Je
fougueux Arès, s'il parvenait à dompter ses pas de voir le métal attaché à la dignité
Dans so·n traité 'De arc a Noe. mora/i et royale. Le roi Nuada, qui a eu· le bras
Dieu de la guerre, Arès est fils de Zeus passions brutales: Arès ~~ouvertiinement
De arca my.rica, Hugu!'ll de Saint-Victor coupé lors de la première bataille de Moy-
et d'Héra. Cependant, il est ·le plu• tNlil!ux fort ... cœur vaillant ... père de la Victot"
reprend · les grandes notions d'Origène. tura et, de ce fait, ne peut plus' régner,
de toui les Immortel•, dit soii ·père ; ·et' fou qui c/61 heureusement le• guerres, soutien
L'Arche ,rny,stérieuse !"t figurée. par le puisque toute mutilation ~u difformité est
cœur de .l'homme. Hugufl,I la compare
qui 111! connait pa• de loi; dit sa mêre; ce ile la Justice, toi qui maitrises. l'adversaire
furieux, ce mal incarné, cette Ille à l'iv.e11t, er diriges les hommes/es plu• ju•tes ... dis- disqualiliante, remonte sur le trône après
.~ssi â' un navire. Il étudie sU:cicessivement que le dieumèdecin bian.cechl lui ait·fait
dit Athena, sa sœur. Brillamil\ent arme du pensateur de ta }ellnesse {ileitte de cou-
lesdifférents éléments de l'Arche, pour en la prothèse d'un bras d'argent. On rappel·
callque, de la cuirasse, de la tam:e et de rage: .. ell/ends ma prière t Répands d'en
do~nèr une triple interprétati<!D littérale, lera aussi le souvenir du roi mythique de
l'épée, il n'est pas toujours brillant dans ses haut ta douce clarté sur notre existence, et
morale et !llY•tique. Tànessos, Argantonios qui, selon Héro-
exploits: Athèna le surclassait ilu combat •au,./ ta force martiale, pour 'lue Ji! puisse
L'Arche du cœur trouve son analogue par sa plus grande întelligence; un h~ ditourner de ma tlte ta /âchete dégradantè, dote, vécut .eenl ·vingt ans (CELT 9, 329
dans le lieu le plus secret du temple où s'of- grec, Diomède.· atrivail ·à· blesser le dieu réduire· en mot l'impétuosité décevante de sqq). c
fre ·1e sacrifice, c'est-à-dire le Saint des dans un cOl')ll à corps par une plus grand.• mon lime er conte11ir /'llpre ardeur d'un D'après fos mythes égyptiens, les os des
Saints qui figure le ëentre du monde. adresse: Héphaïstos le mit dans une posi- cœur qui pou"ait m'lnciler à elllrer dans/a dieux .Ont faits d'argent, tandis que leurs
L Arche conserve toujours un caractère
t tion ridicule avec ·Aphrodite. ·m11ée de glar:la/e épouvame 1 Mals toi, chairs sont d'or (POso, 21 ). ,
mystérieux. Jung découvre en elle l'image Il symbolise la forée brutale, qui se grise Dieu heureux, do11n1Mnol u11e dme lniré- Blanc et lumineux, l'argent est égale·
du sein maternel, de la mer dans laquelle le de sa taille, de son poids, de sa vitesse~ de plde, et lafaveur de demeurer sous les lois m~dt symbole de pureté, de tt>ut~ espèce de
soleil est englouti pour renaître. soli bruit, de sa capacité de carnage et se '/Jtvlolée• de la paix, en échappant au com- pureté. Il est la lumi~re pure, te/le qu'€/le
gauss~ des questions de justice, de mesure fHIU/e l'en11emi et au destin d'une mort vio· est réçue et ~endue pàr la tr/lnsparence du
·C'est le vase alchimique où se fait la et d'humanité. Il s'abreuve· du sang des ·~enre/ (HYMH, 182). cristal, dans la limpidité de l'eau, les r~ets
transmutation des métaux. C'est. encore le hommes, dit EIJiChyle. Mais cette vue sim- du miroir. l'éclat du didmant; Il reuemble
vase du Graal. Le thème du cœur' en tant pliste serait un peu caricaturale. La fonction d~ Mars romain est qomplè- à la netreté de conscience. il la ptiretr d'in-
qu'arcl!e et vase !'lit UQ symbole constant. . Sans être nécessai>ement un dieu de la 'tement assurée dans le domaine celtique, tention. à la franchise, à la droilllre d'ac-
Le œ:ur de l'homme est le lieu où s'opère végetation, Arès est àussi un protecteur des 1111\i• différemment. Elle est représentée a 1/011; il appelle la fidélité qui s'e11sui1
la transmutation de l'h~main en divin, moissons, ce qui ost une des missions du deux degrés par Nodoa• (irl. N118d11). qui (OEVH). . .
guerrier. S'il est salué du titre de dieu du est. le roi-prêtre, issu de la classe. guerrière, Dans la symbolique chretienne, jl repré-
L'Arche est un symbole du coffret au
printemps, ce n'est pas toutefois pilrce qu'il ·mais qui exei:ce une fonction sacerdotal<>; sente la sagesse divine, comme l'or évoque
tréior, !ri.rot de connaissance et de vie; elle
favorise la poussée de la sève, mais parce et ()p(OI (irl. Opie), le dieu aux liens qui l'ampur divin pour les hommes {PORS S7).
est principe de conservation· et de renais-
est le champion (Hercule), malJre du oom- Il est un symbole de l'eau purificatrice
sance des êtres. Dans la mythologie ilouda· que le mois de mars inaugure la saison. où
les princes vont en guerre. Il est aussi le bat. llniaU1t, de la mqlc et del pulslaDllCI pour les Bambara; Dieu, qui réunit les
naist Nommo envoya aux hommes le For-
geron··primitif, qui deacendit le long de dieu de la jeunesse : il guide cil particulier ._bra. A l'époque gallo-romaine la fonc- deux éléments purificateurs feu et eau, est à
tion royale a disparu et, le combat singu- la fois or et argent (~HB).
l'arc-en-ciel avec l'Arehe. contè'Dant un les jeunes gens; qui émigrent pour fonder
lier n'ayant plus de raison d'être. la nature Dans les croy!lllces rµsses aussi, il est
exemplaire de tous les êtres vivants, des de nouvelles villes.· Romulus et Remus
même de Mars a été gravement altérée par symbole de pureté et de purification. Le
minéraux et des techniques (MYTF, 239). seraient ies deux fils jumeaux. On voit sou-
76/ Arlequin

hCros· de· nombreux contes traditionnets se la· conquête. En toute hypothèse, l'arme bolleller de la Fol, grlice ""'lue/ vous pour- l'inconscient primitiO; la masse, le gour-
sait menacé de mort lorsque sa tabatière, matérialise la volontê dirigée Wrs un but, rez éteindre /ous les traits erlflammês du din, le filet, le fouet au Mana• ; l'épée au
sa fourchette ou quelque ·autre objet fami- Certaines armes sont faites d'alliages , Mauvais: erifin recevez Je euque du s.lut Soi (in CIRO, 349).
lier se met a noircir (AFAN). L'hermine très savants ou de oomblnaison-s alternêes el le Jllaive de I'Elprit, c'es1-d-.dlre la Parole
d'argent, prote<;trice des fileuses; leur fait de métaux. Toute l'armure d'Agamemnon, de Dieu (6. 10-17). La symbolique chré- ARMOlSE.
parfois don du fil d'argent, particulière- par exemple, décrite par Homère, est une tienne s'est é>'idemment emparée de ces
attentive composition d'o~ et d'argent. Les images pour dresser tout un tableau de cor- L'armoise était - et demeure ~ consi-
ment fin et solide. Les Kirghizes guérissent
l'épilepsie en obligeant le· mah1de à regar- metaux les plus ·'jlrffieux s'y mêlent, tant respondancea dans lac ·combat spirituel et déri!e, en Extrême-Orient, conime dotée de
pour la cuirasse et le bouclier que pour ·élaborer une sorte de polémologie vertus purificatrices. D est de rait qu'en
der le guérisseur, qui forge lentement un
cône d'argent: l'effet semble hypnotique, le l'èpée et·le re1te: Autour.de son épaule, il ·mystique: Chine, c::omme en Europe. on a utilisé ses
malade se· ca.tme, ·devient somnolent, et }elle •on épée. Des clous d'or y rt!sp/endfs- propriétés emmènagogues et · antihelmin-
le fourreau quf /'erifermt en revanche .,a ceinture symboli3r '" vérllé el la cha- thiques, les . unes et les autres ·en rapport
s'apaise. >elll;
r/lé:
Mai. ·l'argent,· sur le plan de l'èthicjue, eSI d'argent, mais s'adap1e à un porte-ipée avec des formes .d'lmpurt!té. .
la cuirasse, la jus1tce e1 là purelé ,-· Le bouillon· d'aimoise ~ait consommé
symbolise 1111ssi l'objet de t_outes les cupidi- d'or (l/iade li, 24 et s). Comme chaque les chaussures, le zèle apostolique, /'hu-
tès et les ·malhèurs qu'elles provoquent, métal a sa valeur symbolique, on voit rituellement à _la fête du 5' jour du 5• mois.
mf/111! el la persévérance; Des figurines d'armoise (hommes , ou
ainsi que l'avilissement de la conscienèe : quelle rîchesse de signification chaque
lt lwuclier, la fol el la croix; tigres) étaient suipendues aux portes (cette
c'est son aspect négatif, la j)erversion de sa ·arme peut rev.êtir et ·de quellé puissance
le casque, l'espérance du salut; pratique ne semble pas totalement aban-
valeur. magique on s'efforce de l'investir. (Le for-
lt! g/all>t!, la parole de Dieu; donnée) en vue de purifier les ll'&isons des
geron•. p~sait pour magicien.) Celui qui la
l'arc, la prière qui agit au loin. influences pernicieuses ·et de les protèger
ARLEQUIN porte $'identifie à son armure.. Aussi
l'échange des ârmes êtait-i~ chez les Grecs, De ce point de vµe spirituel et moral, les contre la. pénétration de celles-ci. Des
Nom ~enu de ·1a comédie italienne et flèches d'iumoise ~aient tirées contre le
don_né à uri personr\age c.l_assiquement un signe d'amitiè. . armes signifient des pouvoirs intérieurs, les
Les rêves d'armes sont. rëvëlatcurs de vertus n'étant pas autre cbose que dei: fonc- ciel, la terre, et les quatre orients pour éli-
revêtu d'un habit confectionné de mor- .miner l_es innuences nèfastl'S·
conflits intèrieurs. La, forme de certaines ,,tions èquilibrées sous la suprématie de l'es-
cea~x de tiSl!U triangulaires et de couleurs Plante odoriférante, l'armoise .~ait en
armes prècise la nai~re du conflit, Par prit
différentes; il p0rte un· masque noir devant outre mêlée à la graisse des victimes sacri-
exemple, la psychanalyse voit dans la ·plu- . D'autres tables de correspondances ont
les yeux et un sabre de bqis à la ceinture. Il fü:ielles, car l'elévation des vapeurs• par-
incarne des rôles de jeune drôle, de bouffon
part des armes un symbole sexuel. ... la Çté conçues, mettant les armes en relation
désignation de l'organe mcuculin est la , avec d'autres objets. Par exemple, certaines fumèes est un moyen de communication
._malicieux, de rusé un peu b-ête et d'instable. ave<; le ciel (GRAD, OOVM).
C'est surtout ce dernier aspect q"ue souligne
plus claire, lorsqu'il s'agir de pislo/e/s et de armes symbolisent les éléments:
son habit bigarré. Il est l'image de l'fodè-
rev11lvers, qui apparaissent dans /es rêves La fronde de naguère, le fusi~ la initrail-
comme un ·signe de iension sexuelle psy- îeuse, le canon, le missile et la fusée d'au- Al\Tar.ns (Olanè)
terminé et 4e l'incorisistBnt, Sans idée, sans
chologique (AEPR, 425). jourd'hui sont en relation ·avec l'élément Fille de Zeus• et de Lèto, Anémb est la
principe~ sans caractCre. Son sabre n 'e_st
Saint Paul a décrit dans !'Épitre aux air; la lance, les armes chimiques, avec sœur jumelle d' Apollo~-. Vierge ombra-
que. de bois, son visage est masqué, son
Épl\ésiens ce qu'on pourrait appeler la l'é.lément terTe; l'épèe, les armes psycholo- geuse et vindii:ative, to'l}ours. indomp1ée,
vêtement fait de p]èces et de morceaux.
panoplie du chrf:tien: En defini_tive~ ren.c/ez- giques. avec relément _feu ; I~ tri_dent avec elle apparait -dans la mythologie comme
Leur disposition en damier• évoque une
situation conflictuelle, celle de l'être qui n'a vous puissanis dans le Seigneur el .dans la l'élément eau; le combat de l'épée contre la l'opposé d'Aphrodite.. Elle chitie cruelle-
vigueur de sa force. Revètu.. l'armure-~ lance seràit un combat du feu et de la ment quiconque manque d'égards envers
pas rêus_si'à s'jndividualis~r. i se perso(lna-
Hser, à 'se dé1ac~er. de la conftision cles
Dieu pour pouvoir résister aux manœuvres .terre; le combat du trident et de la fronde, elle, le transformant par exemple en cerf
du Diable. Car ce n'est peu con/re les une trombe. qu'elle fait dèvorer par ses cltiens; elle
<)ésirs, de~ projets. ei des possibles. ·
adl>l!rsaires de chair et de sang que nous D'autre part, certaines armes symboli- récompense de l'immor:talité, au contraire,
ARME avons d tuiler, mais contre les Prlncipau- sent des fonctions: la masse, le bâton, le ses .adorateurs fidèles, comme Hippolyte,
1és, conire les Puissances, contre les Régis- fouet sont des attributs du pouvoir souve- qui meun victime de sa chasteté.
Llarme. cjoest l'anti-monstre, qui devient seurs de ce monde de ténèbres. contre les rain ; la lance, l 'épèe, l'arc et la n<che sont Arlénlh /a Bruyanie, sagltta/'e à l'arc
monstre à son tour. , Forgèe pour lutter Esprits du Ma/, quf habitent les espaces des attributs du guerrier; le couteau, le poi- d'or, la sœur .de l'Areher (lllade,.XX), cou-
contre l'ennemi, elle· peut être détournée de céles/es. C'est pour cela qu'il vous /au/ gnard, la dague, l'épieu, sont des attributs rant à travers monts et forêts, ave<: ses
son but et servir à dominer l'ami, ou sim- endos!er l'armurt! de Ditµ; qfin qu'au jour du chasseur ; la foudre, les filets sont des compagnes et sa meute, prompte à tirer de
plement l'autrè. De même, des fortifica- mauvais vous puissiez rèsisier er, après attributs de la divinité suprême. l'arc, elle est la &tUIVQge déesH de la
tions peu vent ser>'ir de pare-chocs contre avoir tour mis rrt · œuvre. remer fermtJ. Dans la psychanalyse jungienne, le cou- nalllrt. Elle se montre sunout impitoyable
une attaque et de point de départ pour une Tenez-vous donc· debout, avec la \lérlri . teau et la dague .correspondent au zones aux femmes qui cèdent à l'attrait de
offensive. L'ambiguïté de l'arme est de poar ceinture, la Justice pour c111niae:, et obscures du moi, à !'Ombre (le côté néga- l'amour. Elle est à la fois la conductrice sur
symboliser en même temps l'instrument de pour ehaW11111R1 le Zile à propeaer réY811· tif, refoulé du moi); la lance à; 1' Anima (la les voies de la chasteté, et la lionne sur
la justice et celui de l'oppression, la défense pie de la pala; ayez lo'l}ours en main le féminité consciente de l'être humain ou celles de la volupté. Elle a Oté surnommée
Asphodélell/79
78/Arlhur
Le culte de Diane proprement dite n~e$1 donnent à l'homme les moyens de se réaliT communication, Ja voie par où se mani-
la Dame des fauves. Chasseresse, elle fait
·un massacre des animaux qui symbolisent pas attesté en -Gaule avant. l'époque ser (ZAHB). feste et passe la vie.
la douceur et la fécondité de l'amour, les romaine, mais son extraordinaire dilTU$ion Comme les nœuds et les fiens, les articu·
est prouvée par la manière don~ les con- lations symboliseraient les fonctions néces- ASCENSION
cerfs et les biches, sauf quand ils sont
jeunes et purs : alors elle les protège ciles et autres assemblêes ou autorités sairc~S ·au_ ·passage de la vie 8 l'action. li existe de nombreuses représentationst
comme des êtres consacres; elle protège chretiennes réagirent contre lu~jusque vers Les ~i"ticulailons Principa~es · de·s dans l'iconographie chrétienne, de
aussi les femmes enceintes; les. femelles les VII' .et VIII' siècles. Il est probable que membres ont une importance fondamentale l'homme ascensionnel: symbole de J'envQI,
pldnes', Cn vue des enfants ·â ~enir .. ~ Vierge, Diane, qui symbQliS<: les aspe<$ virginaux dans la pensée des Dogons et des Bamba- de l'élévation au ciel aprés la 111ort. Il est
elle estla déesse des enfantements. On lui et souverains de la plus vieille mythologie ras 'du Mali. Au débiit des temps, les généralement figuré les bras levés, çomme
offre dés 'sacrifices de bëtes sauvages ou italique, a recoupé Je culte d'une <livinité hornmes n'avaient.paS dtarticulatioris~ leurs dans la priére ~les jainbtl~ repliées sous lui,
domestiques; des fillettes déguisées i:n obt- celtique continentale, dont le nom ressem· membfes étaient. mous et i1s ne pouvaient comm~ q~ns fadoration; il est pBrfoîs soU-
~oilnes · dansent aut'out d'elle. Élle a blait au sien et dèvait être proche par la pas travailler. Les ancêtres mythiques de ievé de' terre, sans 5upport apparent et .·sa
réclame. la. mort d'iphigénle, pour châtier forme de la Dt Au ou dée5Se ·Ana l'humanité actuelle furent les premiers ·tète est nimbée d'étoiles, parfois <les ailes,
l'ouirase d' Agamemnon, · mais, · sur le irlandaise, mère des dieux et patronne des
arts (CELT, !~.· 3S8).
ares dotês d'articulations. Ils étaient du anges ou oiseaux l'emportent (CHAS, 322).
bûcher, elle lui substitue une biche et trans- reste a~ nombre de huit• 1 nom.br~ qui Toutes cti:s iffiages , rcpr_êse~ient .une
porte la jeune l'ille dilns I.e~ airs pour en de~int celui de. la création. La sem.ence réponse positive de l'hpmme à sa .vocation
faire sa prêtresse. ARTHUR masculine provient des . articulations et, 0pirituelle et, plutôt qu'un état de perfec-
~tymologiquemenl, le nom gallois lorsqu'elle desèend 'féconder l'ovule.·con- tion, un mouvement vers la sainteté., Le
· Ptoiectrice et paifois redoutable, Arté- Arthur est un dérivé du nom de l'ours tenu dans la matrice de la femme; elle s'ins- niveau d'èlév.ation ·dans l'espace,. à peine
mis; règne également •ur le monde humain, (11110-1) pat un britonnique ancien utorl1 tàl)e dans · 1es articuiatioris_ de l'embryon au-dessus du· sol ou en plein ciel, corn;,.
ciù elle préside à la nai•sance et au dévelop- dans lequel seul le ·&ufîixe· est d'origine .f>OUr. Ï'animer, A_vec l'apparition des pond au degré de-vie intérieure, à la mesure
·pem~nt des itres. On en a fait _une déesse latin·e. Arthur est le •roi• par excellence et 'hommes articulés· ·vient celle de la suivant laquelle l'esprit transcende les con-
lunaire, errimt comme la lune· et jouant son· pouvoir temporel S'oppose symboli- rrlilslème parole: le 'verbe dans sa pléni- ditions matérielles de l'eKistence. L'As·
da\IS les. morilllg).es, ta~dis que son frère quement à ràutorité spirituelle (représentée tu~, et celle des techniques traditionnelles somption de la Vierge Marie, aprés sa Dor-
jumeau Ap0llon, lui, devint un dieu solaire. par le sanglier") dans l'épisode légendaire propres .à ces peiiples, agriculture, filage, mition, symb0lise par exemple, indépen-
L' Artêmis Séléné se ratta.che encore'- au de la chasse. l'idéal chevaleresque de la tis~ge, forge (oRm). ·· damment de la réalité historique du fait, la
cycle des symboles de lÏi'° fécondité. quête du Graal; largement repris et èxploité Pour les Bambaras. la fatigue que spiritualisation absolue de son être, corps
Farouche envers les hommes, elle jouera le par les littêiatures médiévales, insulaires l'homme ressent dans les membres,. après et âme.
rôle de protectrice de la vie féminine. Aussi ou continentales, correspond en efi'et à. une l'acte sexuel, prouve que son liquide simi- D'autres symboles ascensionnels,
a-t-on considéré son. culte comme dérivé de nal provient des articulations (orne). · l'arbre•. la néche•. la montagne•. etc.,
1m!dotninance. de la..classé g_uérrière. Par
celui de la Grande MèYt* ulatlquc Cl voie de conséquence, le roi Arthur de l'his- ., , Pour . les Ùkoubas et Liko~alas , du •eprèsentent aussi la montée de !a vie, son
· ~ pilrticuliérement en honneur à
Eph~ et à Délos (m:'o, 353-36S).
toîre, transposé Clans la légende et mysté- ~011go, le corps humain comprend, qua- évolution graduelle vers les hauteurs. sa
rieusement endormi dans l'ile d' Avallon lqr•e ~culations principales, dont sept projection vers le ciel. ·
La Diane rotnaine répondrait à un dieu (localisation de l'Autre_ Monde), catalyse $upèrieures . (cou, ~,ules, . coudes, poi- L'ascension chamanique est, elle,. une
eèleste indo-européen qui assurait, d'aprio toutes les a!piration,î politiques des petites fnets) et sept inférieures (reins, aines, opération 'divinatoire. et . prophylactique,
à. Dumhll, la eoittl11111té da n l l l - et narioils celtiques du Moyen A§e: les Gal- gepoux, chevilles), qui constituent le siège destinée à sauver un inalade, en retrouvant
pounoylllt à la 111oet11lon da rois, Elle lois et les Bretons attendent qu'tl'vlenne les ~ la génération; l'ordre de ces articula· son âme dérobée par un esprit. L·a moderne
était aussi protectrice des etclaves.· Dès le délivrer de la domination étrangère, ·ce tj()ns (de haut en. bas, <1u cou vers les che- psycpanalyse, qui voit dans les rêves
V' siècle avant J.-C., elle fut assimilée à la qu'il ne manquera pas de faire avant la fin villes) est celui \!ans lequel se fait la mani- a9censionnels un symbole orgasmiq~
déesse grecque Artémis. des temps (voir Olln' et plern"). festation de. la vie chez le nouveau-né; à rejoint cet aspect de. la tradition chrétienne
Artémis symboliserait; aux yeux de cer- l'inverse, ori peut voir la _vie se. retirer- du du Moyen Age, qui associait au diable,,#
tains analystes; .-l'aspect jaloux,, domina- ARTICULATION c:orps. d'un mourant par la paralysie pro- donc aux cultes orgiastiques l'ascension
teur, ca•trateur de la mère .. Avec Aphro- Sl'euive de cea quatorze articulations, la nocturne des sorciers, sorciéfes .et pos,se~
dite•, Sori.opposé, elle constituerait le por- u symbolisme des articulations s'appa-
derniére à fonctionner étant· celle du cou dés. Pôle tênébreux du symbole.
trait imégrill de la femme, si profondément rente li celui des nœuds' (articulation se dit
(U!BM).
divisée en elle-même, tant qu'elle n'a pas nœud en Bambara) (zAHB). ASPHODeLES
Les articulations permettent l'action, le Les anciens Caraïbes des Antilles consi-
réduit ks tensions nées de ce double aspect déraient que l'homme était doté de plu- Pour les Greca et les Romains, les
de sa nature. Les fauves dont Artémis mouvement, le travail; chez les Bambaras,
les six , sociètés d'initiatioq: jalonnant: le s.leurs âmes, qu'ils plaçaient dans le cœur, asphodèles, liliacées aux fleurs régulières et
accompal!ne ses courses sont les instincts l!l-tête et les articulations où se manifeste k hermaphrodites, sont toujours liés à la
inséparables de l'être humain, qu'il importe cours de la vie-· humaine sont associêes aux
six principales articulations des membres. pouls (METB). mort' Fleurs des·prairies.infernales. ils sont
de dompter pour parvenir à cette· cité des consacrés à Hadès et Peraephone. Us
Elles articulent la société humaine, elles L'articulation est un des symboles de la
justes que, selon Homère, aimait la déesse.
80/Aatre• Athtna/81
Anciens eux-mêmes ne savaient guère nétes parmi les astrologues plus ou moins lliJmme le monde IMi-ml!me, qui est un œef jour même, Apollon, le Dieu qui donne aux
pourquoi il en était ainsi et cherchaient â mystiques des premiers siècles de notre gftllllt~que, i'œuf orphique qu'on trouve à hommes la lumière prescrit à sa descen·
couper ou même à corriger ce nom pour lui ére: Id 11asi.·r1e routes le• inilîations, en Égypte dance innombrable d'obflerver à l'avenir
faire signifier champ de cendre• ou les Soiéll $ouverainemem bon, souorraine· comme en Grèce: et de mime que /'Esprit cette obligation: ... Sur l'autel brillant que
décapités, c'est-à-dire, mystiquement, ceux ment grand, qui oecupes le milieu du ciel. du Seigneur, ou Rualr E/ohim,jlolle sur les les premirrs ils élèveraient à la Déesse, lis
dont la tête ne commande plus aux Intellect et régulateur du monde, chef.et eaux. de même dans les eaux ,de l'athanor, tnsl/tueralem un sacrfllœ auguste, pow
membres, ne diète plus de volontés (LANS, maitre suprl!me de toutes c/ro$eS, qui fais doit flotter l'esprit du monde, /'esprit de réjouir le cœur de la Vieq:e à la lance fré-
1, 166}. duter à jamais les feux des autres étoiles en vie. dont l'alchimiste doit· l!tre assez habile missante et celui de son père (Pindare, Sep.-
On ·en tire aussi de l'alè:ool. L'asphodèle répandant sur elle$, en juste propor//on. la pour s'emparer (GRIM, 392}. tiême Olympiqµe, 35•55, traduction de
·symboliserait la perte du sens et des· sens, flamme de ta propre lumière, Aimè Pueçb, les Belles-Lettres, Paris,
caractéristique de la ·mort .. Bien que' les el toi, Lune qui, placée dans la réglt;Jn la ATHÉNA 1922). On ne _.urait imal!iner plus· lumi-
Anciens l~i aient prêté une Odeur pestilen- plus basse du ciei, de moi3 en mois, tou- :ib ' .. ,:_ . .. . oeuse atmosphete. semblable à l'épiphanie
tielle - sous l'influence peut-être d'une jours nourrie des' rqyons du soleil resplen· C()mme celle de son frère, Apollon~. la d'une divinité émergeant d'une montagne
association avec l'i.re.i de mort - le par· dia d'un auguste éclat pour perpiluer les fi$We d'Athéna a beaucoup évolué da~s sacrée (SECO, 325),
fum de l'asphodèle s'appàrente à celui du semences génératrices, · ' l' A11tiquité et, d'une façon cons.tante, dans
jasmino'Victor Hugo l'évoque dans Booz el_ toi, Saturne, qui, situé à la pointe le. sëns .d'une spiritualisation, Deux de ses Et pourtant, à de certains jours de. raœ.
4ttril!~ts symbolisent leJ ·tennes de ·cette
endotbil, au milieu d'une ombre nuptiale, extrême du ciel, t'avances, astre livide, en .- l'honneur .d'Athéna, on offrait des
E/lê à demi vlvant~'et mot mort à demi, où d'une tllmarche plll'eSseuse aux mouveT évol~tion, le serpent ~t l'oi5eau. Antique gâteaQx .en forme de serpenb ,e1, de phaljÙs:
la vieillelse, le doute, l'affaiblissement des ments indolents, · d,êesse de la mer e&ee: issue des cultes symbole$ de fertilité. et de féconditè. En
sens contrastent avec l'atteoi'te de l'amour: et loi, Jupiter, habitant de la roche Tar· chtliortiens Oe serpent), elle s'est élevèe à souvenir d'Erichtonios, le futur fondateur
péienne, qui par ta m~dté bénie •t saTva· iùie place dominante dans .les cultes oura- d'Athènes, que tout. enfant Athéna avait
C,J,11 fra/1 parfum sortait ,des. 10'411es giens (l'oiseaù): dèesse de la fécondité, et
trlce ne cesses de donner joie au mçnde et protégé dans un coffret, en compagnie et
d'asphodèles; . à la terre, qui détiens le gouoernement de, I~ .' sagesse; vierge, protectricè des sous la sauvegarde d'un seipent, on offrait
Les sou/fie• de la nuit jlot1alent sur Gal- s'uprême du second .cercle céleste, enfant~; gue.:rière. inspiratrice des arts çt aux nouveau-nês. de Grèce une amulette
gala ... toi aus~i. Mars Oradlvus,. dr/nt /'éçlat ~drlivaux de la paix. Elle est, selQh Tex' représentant un petit .erpei\t : sy,mbole de
Ruth songeoit et Booz dormait; /'hrrbe rouge remplit 1014ours d'horrl(W' sacrée, prelsion de Marie Delcourt, une très énig· sagesse .intuitive et de vigilance protectrice,
éttdl noire... qui es établi dans la trois/ème région du inatique personne. celle. sans doute; de Plusieurs statlies revÇ10nt Athéna, non .eu-
ciel, ' ' iÏlu(f '/a mythologie grecque, dont "'/'être lement du bouclier ,à tête de Gorgone
.ASTRES pnffond iiou·s reste le plus secret. C'est que
vous e'lfin, fidèles compàgnons du auréolée de "'lfPents, dont la se.ule vue..\er·
En général, ils participent des qualités Soleil, Mercure et Vénus, . · 1',image que nous nous faisons d' Athèna rifiajt ses ennemis,.· mais .d~une ceinture,
de transcendance et de lumière, qui carac- par l'acéord de votre gouvernement, par condense plusieurs siècles d'histoire d'une cotte, d'une tuniqtlllrnOU d'un bau·
térisent le ciet•, avec une nuance de votre obéissance au jugement du Dieu f'1~!f1<~l~gique, vécue avk l~. plus. grande dtier, tous franges_ de serPCJlls la gu,eule
rigulârlté inflexible, commandée pâr une Suprlme '·qui décerne à notre soilv~raiil \~tens1te. , . . ,, . · · ouverte: symbole de la <;Qmbati.vité de la
raison à la fois naturelle et mystëtieuse. Os maitre Constanlln et 'à ses fll• rorit invm- ·' S. naisNnce fut comme un jaillissement dèesse et de l'ac11itê de son ipulli3-.
ilont animés d'un mouvement circulaire, cibles-, rto.s ·seigneur& et nOs ·césarJ,' ·un de lumièrie.&ur le monde, l'aurore d'un nou- C'est.la jeune fille armée qui defend les
qui est_ le signe de la perl'tetlon. (Voir empire perpétuel, faites que, sur 110. vel unî'lers, semblable à· une vision d' Apo" hau~ura. dan• tous les OCll• du \en11e, pny,
étoiles•, lune•, soleil•). e'lfants encore el sur les eefams de ·110. ealyj;se. D'un coup d'une hache• d'airain•, sique et spirituel, où elle l'est. éta~lie..
· Les astres sont symboles du comporte· eefanll,' Ils ·règnent sans interruptl/Jll forgée par Héphaïstos, suivant l'évocation Si elle place, sur BO!! bouclier !a tè\c' _ter-
ment parfait et régulier, ainsi que d'une durant l'i'lfi11ilé des 9ièc/es, pour ·que, die'. Pindare, A thëna. jaillit du front de .son rmante de •la Méduse, c'est <;oll)llle un
immar-t:escible et distante beauté. ayant repoussé tourmal et toute qff/lctlon, pèn en poussani un cr.i,formidable. Oura- miroir de vérité. pour a>mbattre ses actver·
Oan•l'Antiquiié, ·ns étaient comme ;livi· le genre, humain acquièrdt·bie'lfail tl'une nos en/ris110nne, ainsi.que la Terre·Mèfe. saires, .. en , les pétrifiant .d'horreur devant
iiisés; pllls tard, ils furent conçus comme paix et d'un bonheur éterhe/s. · Son .apparitiOJI marquait. un· boule~e.:llC'­ leur propre .image. C'est grâce au bouclier
c!îngés par leii anges. Ils devinrent le lieu· de Finnicus Maternus, (traduction de A.·J. lileot dans l'histoire. du Cosmos.et de l'hù· qu \•lie lui pnîta que Per$ée• vint à bout de
sêjour pour les âil!es des per!IO!lnages Feaiugière, dans "!'rois dévots parens; Paris, lilanitè. Une pluie de neige.d:or.se répa.ndit l'offreuse Gorgone~. Aussi Athéna est-elle
illustres, ainsi que l'affirme Cicéron,' dans 1944, 1, p. 13-14.) . sur la ville' 'de sa naissance:. nei&e et .or, la déesse victorieuse, Pll.I' la sag~ par
le Sonae de Sciplon. Ils ont fait l'.objet, non PDretê et richase, venant du ciel avec la l'ingéniosité, par la vér.ité. La lance• .elle-
seulement de poèmes, mais d'admirables ATHANOR double fon~ion. celle· qui féconde comme mêmo qu'elle tient à la main est une arme
prières; témoin cet hymne fervent aux pla· la ·.plùie ·et celle 1Qui illumine .comme le de lumière' elle sépare, elle perce, i;omme
nètes, que nous reproduisons ici. Symbole du creuaet des transmutation•, soleil. Cette neige d'or est aussi l'art_qu'en· l'éclair, les. nuèes; elle est '111 symbole verti-
Cette prière écrite par un dévot paien, physiques, morales ou mystiques. Pour les /fendre la science el qui. sait grandir, tQU· cal, comme -le feu et comme J'u.e•,
au début du IV' siècle, exprime le 1ymbo- alchimistes, l'athanor, où s'opêre la trans· Jours plus beau, sam recourir d /afraude, La protection qu'elle accorde aux· héros,
lisme cosmique et moral attribué ·aux pla- mutation, est une matrice en forme d'œlff, c!est-à-dire au men110nge, ni à .la magie. Le Héraclè~. Achille, Ulysse, Ménélas,
82/Atlllntkle A111ure/83

symbolise, écrit Pierre Grimal, l'aide éveil, car nulle perfection. n'est a jamais paradi•, de I' Age d'Or, qui se retrouve dans Ses familiers som immortels et peuvent se
apportée par /'Esprit à la force brutale Ill à acquise, sauf chez l'être qui sera devenu: toutes les civilisations, soit aux débuts de a
trouver n'importe où et n'importe quel
la va/l!Ur personnelle des héros (GRID, S7). tel qu'en /ui·mime erifin l'éter'lité te l'humanité, soit à son terme. Son origina- moment. C'est ce que l'Irlande appelle gl<>"
Celle qui fut honorée comme une déesse change. lité symbolique tien\ à l'idée que le paradis balement le lld, ou lidh en orthographe
de la fécondité et de la victoire symbolise réside dans la prédominance en nous d'un moderne (d'un mot qu~ ëtymologiquement,
surtout : la crêalion psychique... la syn- élément divin. sigoifie paix). C'est par excellence encore
ATLANTIDE Les. hommes, montre encore l'Atlatttide, un monde sacré avec lequel l'humanité ne
thèse par r#Jexion ... · r1melllgence socfa-
/lsêe (vlRI, 104), L'Atlantide, continent englouti, quelle tinissent toujours, parce qu 'Ils ont ·làlssé peut communiquer qu'a certains moments
Elle est en effet la protectrice des hauts que soit l'origine historique de la légende, perdre· ln phu beaux des biens les plus (fêtes) et en certains endroits (lieux consa-
lieux, acropoles, palais, villes (dèesse reste dans l'esprit des hommes, à la lumière préci~. par être éhassés du paradis qui crèo'ou omphaloï). Les transcripteurs chré-
poliade); l'inspiratrice des artS, civils, agri- des textea inspirés à Platon par les egyJ>" a'eiigloutit avec eux. N,.est>CC pas suggérer tiens ·des légendes irlandai~ l'ont
coles, domestiques, militaires;· l'intelli- tiens, comme _le symbole d'une sorte de que le paril.dis et l'enfer sont d'abord en indûment confondu, dans leurs descrip-
gence active et industrieuse; C'est la déesse paradis perdu ·ou de cité idéale. Domaine nous-mêmes? tions merveilleuses, avec I' Au-delà et le
de l'équilibre intérieur, de la mesuiè en de Poséidon qui y installa les errfanl• qu 'Il Paradis biblique, la distinction eQtte Autre
toutes choses. Elle est /a personnalfté avali. engendrés d'une femme mortelle; il ATON Monde et Au-delà n'étant plus comprise.
divine qui exprime le mieux les caractères aménagea; embellit et organisa lui-même C'est la rai81111 aussi pour laquelle on a
l'ile, élle fut un grand et merveilleux Dieu igyptjen, cjont le culte exclusif fut quelquefois placé le dd dans des collinea
mêmes de la cM/lsatlon hellénique, guer- etabli par le ,cêlèbJe réform11teur religieux,
rière ou pacifique, mals to'l/oun lnte/11- royaume : L.es habilants avalent acquis des d'Irlandlo· ou dalls des lacs (ooAc, 28,
le pharaon Akhnaton, Aménophis IV, que Hfi s).
gente ei r#Jêchle, sans mystères ni mysti- richesses en telle abondance que jamal•
sans doute avant eux nlllle maison royale Daniel Rops baptisa le roi Ivre de Dieu,
cisme, •ilns rites orgiaques ou barbares mais dont le règne fut fatal a l'Empire.
(LAvo, 129). · n'en posséda de semblables et que nulle AUGURE
n'en possédera aisément de r~/les· à l'ove· C'était !• Dieu tutélaire, solaire et spirituel
L'histoire· même du mythe d'Athéna, lis
nir... recueillaient dewcfati l'an des pro- à. la fois, irradiant de sa cbaleut et de sa Les Celte& ont CllDDU .des druidea, des
duits de la terre: l'hiver, 11.i urtl/satenr les lwpiére dans tous les êtres. li avait conçu poétes et des devins, mais aucun collêge
avec sa videur ·symbolique, ne fait que et créé l'univers, par sa parole et sa pensée. d'augures spécialisé&. La divination a été
gagner à cette obsertation. Elie nous eawc du ciel: l'été, celles que ·donnait la
terre, en dirigeant leun flots hors 'des Il ~t représenté comll!C un soleiLd11tdant l'apanage indivis de 'toute la classe sacer-
montre cjue la déesse n'atteignit sa perfec-
tion Qu'au terme d1une longue êvolution·; ·et ca11aux (CrliiQB, 114 d, 118 e, traduction !eii rayons en sigoes de vie. Il ·~mbojise la dotale. C'eat là la ·grande originalité des
vie uriique, d'au procède tout vi~ant. Des augures en terre celtique. Ab6traction faite
celle-<:i refléte l'évolution de la èonscience d'Albert Rivaud, Les Bctles'Lettres, P~ris,
1925). ' ' hymnes le chantèqi : Salut ~ .101 (J Disque de cette particularité, les procédés ub1i&és
humaine. Au oours de son hi'stoire mytho- vivant, qui pol11s dans le cJel. li submerge ne diffèrent pas tellement de ceux dea paya
logique, Athéna a présenté plus d'un trait Que ~e soient là les souvenirs d'une tra-
le& cœurs et !OUie terre est en flte par la classiques : divination par les éléments, par
de œractère sauvage et barbare, capable de dition fort ancien,ne ,ou qu'il i'agisse d'une
utopie, Platon projette dans cette Atl8ntidc
•ert,u de son joyeux frémluement les oiseaux, par la chute d'un animal sacri.
corltredire l'illlage finale. que la déesse (traduction de Jean Yoyotte, dans .Paso, tiHLERD, 53).
donne d'elle-môme; quand tous les Clé- ses rêves d'une organisation politique et 32).
meft!B 'de sa riche (iersonnalité·ont ét:e inté- sooiale ians faille. Les dix roia se jugent Le <:;ollège des Augures, à Rom.,, aurait
grés dans une harmonieu•e 1ynthè8e. On entre eux' Quand /'ob•curlté était venue et AU-bELA été fondé, dés les ori&ines de la Cité, par
peut la juget à une phase dé ron develC>PI* que le feu des sacrifices était refroidi, tour Numa, _le second roi. Mais les auspi.,.. Ou
ment et mettre ct'rrelicftcl,caractere parti- ievltaleNI de très bel/a robes d:azur L'Au-delà est le domaine mystérieux où la consultation rituelle du vol des oiseaux,
culier. On peut la considérer au contraire à sombre ei th s'asseyalenl à ·Urre;·dtlll$ les vont tous les humains a;irès leur mon. Il des mêtéores et des phéoomènes atinOllphé-
son plus haut •omtnet dans ·la conscience cendres ·de leur sacrifice sacrament•lre. est différent de l'Autre Monde qui n'est pas riques, qui eat la fonction propre dea
grecque. Il semblé dès lors· que, de même A lors, dam· •la nul/, après· avoir éteint un Au-delà, mais un monde jouxtant ou augures, remontent à une très haute anti-
que son frère Apollon, elle symboliserait : toutes ln ·lumières autour du sanctuaire, Ils doublant souvent le nôtre en ce sens que quité, et probablement aux Chaldèen1. Le
la sptrltuallsarlon combat/lie et la sublima~ ju.gealait -et sublsudent le jugement, si l'un ses habitants peuvent en sortir ou' y entrer mot ......,, de mime racine que le verM
t/oit harmonlsante (qut). sonr solidaires.., d'eux accusait un autre· d'avoir commb librement. IIS peilvent metne y inviter des 8lljllo; note Jean Beaujeu, signifiait un
lir (le frère et la $ŒUr) symbolisent' les que/qlU! Infraction. Lri: justice rendue, //& humains, alOtS que de I'Au-delà, personne pouVOlr d'accroi11ement; les augllfeS SOllt
fenctl<ml psychlq'4es iwn!ées, nées· di! 111 gravaltmr les ll!fltence1, ·le jour venu, mr ne revient. L' Au-delà est localisé ·quelque- lea seuls inlfl'JJniles at110rl.Js de la volonlé
vision des idéaux ultimes: la vérité une table d'or, qu 'Ils consacraient en,·sou, Ibis comme un mauvai• monde sous des des .dieux, sallf rteoun exeeptionul aux
suprime (Zeus) et· la sublimité plllfalte venir (Critias, 126 be, p. 273). collines et des' tertres. harusplce1 (collège de prllNI• qui Interpré-
(Héra). Notons que Zeus et Héra sont pris Mals lorsque l'élément divin vint à dimi- L'Autre Monde est par définition le tait les volonth divl,.e•, d'aprèa l'examen
ici, eux egalcment, dans leur signifieation nuer en eux et que domina le caractère monde des dieux, en opposition au monde des viscères d'anlmtna). L .. augures pren-
la plus élevée. Athéna symboli•era plus humain, ils méritèrent le châtiment de des hommes, terrestres ou défunts, ces der- nent les auspices au nom de rt1a1, par
particulièrement la combatMté spfrltue/le Zeus. niers allant dans l'Au-delà. Il échappe aux l'examen du vol d.. oiseaux.", /'ob•el'Vatlon
(OIES, 97-98), celle•qui doit toujours être en 'Ainsi l'Atlantide rejoint le thème du contingences du temns et de la dimension. des poi.lets• sacrés et l'inierprétatlon des
84/Aum Aur6a6e/81i

éclairs" ; la l'éponse est donnée par ouJ ou prononça cette première fo.rmule appelant la BbllpVad-GltA: •Parmi les lmr"5 je !ogue. La lumiére est toujours un oigne
par non à une question précise, posée par â l'éveil de toutes choses : suis le A et le Binaire des mats composa: divin de sacralisation. Les religions de
un ,,.,,gistrat, selon' un rituel rigoureux. La c'est Mol qui suis le Temp• l'lfinl; fe suis le lumiére, les Cliltes du soleil et du feu sont à
AUM BHUR BHUVAH SVAH
décision de l'augure est sans appel, •on Dieu dont la face est tournée de tous l'oriaine de cène imponance donnée à
(AUM TBRREI ATMOSPHÈRE! CIEL!)
pouvoir considérable puisqu'il peut différer. .:dtés. • Le son de la lettre A pari drt fond l'aura (COLN).
une balai/le, une élection, etc. Les augures Étant le son primordial, le verbe. de de la cav//ci buccale, Il est guttural. U
ont aussi pCIUr fonctlo11 · d1uaprer l'univers, son énmicé contient u11e charge (prononcé ou) se wl41Jle depuis la base AURSOLE {Nl1nbe)
rituellement dts. villes, des temples ·et énergétique considérable et extiaord\naire- même de la plaque de résonance dE la
autres lieux, des JJl'êtres mime. L'augure ment ellicace en vue !le; .la transformation bouche jusqu'à son extrémité. li représente Image solaire 'possêdant le sens de cou-
est généralement repré$enté vêtu d'une spirituelle. Dans la pensée hindoue, le son exac'tèmenr le mouvement en avant de la ronne (couronne royale~ L'au·rèole est
robe rouge, une. couronne sut la tête, son q~i. est à 111 fois Dieu, l'origine de IOU!CS jl)rce, qui 'débute â la racine de la langue el manifestée par un rayonnement autour du
bâton auauraJ à la main, debout et obser· chooe& et tout êtfe, confère aux mantra leur vient jlnlr sur les iêvres. M correspond au visagé et parfois du corps, dans sa tàtalité.
vant Je ciel. L'insigne de sa fonction est,une valeur quasi magique. Le mot exprimant dernier son de la série labiale, car on le Ce' rayonnement d'oriaine solaire indique
petite verge, recourbée en forme ·de crosse, l'être dans un son est à la fois cet être produit avec les lêvres clos.es. .Prononcé le sacl'é, la sairitetiO, le divin. Il matérialise
le lituus. L'augure l'utilisait pour marquer même et !'Etre d'où tout dérive et en quoi correctement, Auni ·représente tour le phé- l'aura•, sous une forme particulière.
l'espace du ciel où devaient évoluer les oi· tout se résorbe. Exprimer le soli de Dieu, nomène de la prolljJctlon au son, ce que ne L'auréole elliptique, ou autéOle située
seaux: il dessinait un carré, forme d'un c'est se diviniser. 'A- est,' selon Vive- peut faire un aûtre mot. Tl est donc le sym· autour de . la . têtC, indique la lumlin
temple, dans lequel l'oiseau s'enchâsoerait. kânanda · et la · traditiOfl védanlique, la baie naturel de tous les sons diverslftés: il splrltuelle. Celle-ci· préfigure celle des
L'augure ne pouvait être dessaisi de ses manifestation par excellence de la divinité.. condense toule la série possible de tous les corps ressuscités. 11 s'agit donc d'une
privilèges sacrés : il en était marqué pour la La signification totalisante du mot A.am llWIS. que l'on peul Imaginer. La meilleure transfiguration anticipée en corps glorieux
vie. Même condamné pour les plus grands se trouve renforcée par le fait que les trois ekprmion du son, la mellteure expression (CÔLN).
crimes, dit Plutarque, /'augure ne peut, de lettres qui le comj:Josent contiennent le du souille, Aum est la meilleure manifesta·
so11 vivant, ltte dépoul/lé de son pontlftcat. rythme ternaire. · si' important .dans la tion du divin. Traversant toui les lll'OIS, La· toilsure des prêtres ci des moines
pensée, l'organisation du monde et la COS· ious les êtres, il se 'déploie dans un mouve- s'appsrente' à l'auréole en tant qu'elle
l11terprète tout-puissant et infaillible des m'ogonie indiennes. En voici quelques ment créàteur. perpétuel, universel, illimité. forme couronne•: elle indique leur voca-
messages divins, à.travers une écriture ins- exemples : triple est ta divinité .suprême, li 'est la traduction la plus subtiie de l'Uni- tioif .exclusivé au spirituel; l'ouverture de
crite dans les cieux, il symbolise la prédo· sous les apparenca de BrahmS:· VW!nu, vers manifesté. l'âme.
minance de l'esprit sur la ra~on. lJ. est le Çiva; triples sont les qualités cosmiques; · On ·en· a rapproché. le inot hébraïque . Dans l'art byiantin, l'aurèole ronde était
lecteur de l'.lnvisible à travers les signes matèrlalité, éneraie, essentialité ; il y a trois Anlen,. adopté par la liturgie chrétienne, réservée aux d~unts qui vécurent en saints
visibles du cicl. Des .ca- mystérieuses mondes, la terre, l'espace; te· ciel; et l'hu- mot qui termine les priéres et dont la ici·bas ~ qui sont àdmis au ciel; les' per-
d'$;heç, ou de succès O,Chappent ~ l'intelli· manité est diviSée en trois castes, clergé, ~usique se compose généralement \l'une sonnages encore vivants sur terre ne pou-
genet< humaine : il faut les percevoir par noblesse, tiers etat, à l'égal de la peraonne suite puissante d'arsis et de théllis, d'élans vaient tdut au plus bénéficier que d'une
d'autres moyens d'investigation. L'augure humaine; faite du corps, de la pensée et de ét. de repbs, s'achevant dans un 5oume. Ce auréole csrrée. On rctro'uve ici le symbo-
a vu, a lu, a parlé, il convient de s'~ncliner. l'âme; ce qui rejoint l'.énoncé du Moyen mot, ces chants obéiraient pour cenains lisme universel du cercle• : le ciel, et du
Les èolluirions historiques entre la voix de Age chrétien (spiritus, anima, corpus). psychologues, à la même pulsion archéty· carrê* : la terre.
l'augure et les désirs deS" autorités A ces doctrines métaphysiques les Hin· piq_ue que Awn et srmboliseraient ·aussi, L'auréole est un procédé universel pour
publiques, il une épOque où les· ci;oyanca dant le vam final de la prière, le souille valoriser un personnage en ce qu'il a de
dous chercbent des c;:orresponclances phy-
s'étaient affaiblies; n'affectent en rien cette siologiques q11i . ~lraÎilent une véritable. créateur appelé pour exaucer la prière. plus noble: la tlte, Gr8ce à l'auréole, la
valeur du symbole. · théologie du son. i..,. technique de proiionc tlte est comme agrandie, elle :rayomU!.
ciation du JllQI sacrè Aum. selon Vive- AURA Chez /'lromme iiuréo/i, /a partie .upirleure
AUM (ou O.M) Unan<la, en ~taire le symbolisme. -céleste etsplritue/le - a pris la prépondé-
Lonque nous. exprimons un son, nolD L'aura dèsigne la lumiére entourant la rance: c'e!I l'homme achevé, unlfièpar le
. Placé en ~ et au terme de toute recita· faisans}Quer le sOlf/Jle et la langue en utili- tête des êtres solaires, c'est-à-dire doués de haut (CHAS, 270). On à pli dire des saints,
tion liturgique, Aum est le premier lllllllCia. sant le .larynx et le.palais comme plaql«! de la lamiére llivine. Cette lumière est nimbe* en effet, qu'ils s'harmonisaient dans les
l'un des plus puisaants et le plus célèbre de ré,~cm~l!ce. La manifestation la plus natu· pour la tite, auréole* pour le corps, gloire haute11rs.
la tradition indienne. Symbole le plus fort relie du spn e•t préctsémem la syllabe ADDI pour l'être dans sa totalité. L'aura est ainsi Elle symbolise l'irradiation de la lumière
de la divinite, q1,1'il exprime à l'extéri~.et qui rellferme taus les sons. A- est com- cmnparable à une nuée lumineuse: ses surnature)le, comme la roue représent~ les
rèalise à'.l'inlérieur de l'âme, il resume en po•é dl! trob lettres: A.U.M. A es/ le son colorations sont diverses. La forme ovol'de rayons du soleil, llJle marque la diffusion,
lui-même le sol41Jle créateur: la tradition fondamental, la clé, qui se prononce sans de l'aura ·est à rapprocher de l'amande* l'expansion hors de soi de ce -
védique •eut en effet que l'univers se soit contact .avec aucune partie de la hmgw et 'mystique, de la mandorle*, de !'oeuf* d'énftlle splrllllelle qu'est censée. être
développé à partir de l'énergie cosmique du palais. C'esl le son le llllJins différencié aurique. Parfois l'aura et le nimbe se con- l'âme ou la tête du saint que l'auréole
mise en branle lorsque le démiurge de tous, celui qui fait dire à Krlsh11a dall3 fondent en raison de leur csraclère ana- enveloppe.
H/Aurige· Automoblle/87

et nét dans /'Ordre, riche de faW!Urs, rorme de l'angoisse.. ., tantôt la forme de sement; ~haque situation indiquera la
AURIGE l'extase.• (Daryusch Sbayegan, HPBA, faible, parfaite ou périlleuse. manière de
incitalTlce de bletifalts,
Conducteur de char dans los jeu~ de heureuse ert pmage el porlanl l'lnvlle pP- 126-127). mener son existence, soit sur le plan objec·
l'hippodrome et. du cirque, I' Aurige etait le divine, L'aurore bor,éale est une manifestation tif, spit sur le plan subjectif. Par sa puis-
plus souvent un esclave, mais 111,1 ~iteur lève-toi, Aurore: tu es la plus belle de de l'Au~là tendant à. suggérer l'existence sance, par .sa précis,on métaniqu~ l'auto
parfois •i habile que !iOn maitre lui faisait ioules ·les beautés. d'une autre vi~ apres la mon, Elle symOO. oblige"" effet à une.excellente maitrise de
élever une statue. C'est ainsi que I' Aµrige (/l.ig-Véda 1, 113; in Vl!DV, 100). ti~·. u.n mode d'existence lumineux et r:nys~ !iOi et à une adaptation dans la conduite.
de Dt;lphes est la statue d'un conducteur de tjil'ieux à la fois. Chez les Esquimaux, elle Pour bien conduire, il faqt discipliner ses
char vainqueur: vêtu d'une longue tunique, Toujoura jeune, sans v/el/lir, sans mou· est c1>nsiderée comme 1.. jeu de pelote des impulsions, être sûr de ses reactions et
il tient les. rênes de la main droite. Il est le rir, elle marche selon son destin. et voit se morts (KHllS, S 1). ,. avoir le sens de ses r°'pPnsabilités. il faut
~ymbole même du calme. de la maitrise de succèder les générations. Mais chaq11< également observer le cQ<le de la, route, la
soi, de la domination des passions; il lnatin elle est là, aymbole de tou1ea les AUTEL rÇglc ·du jeu de la vie,· 1~ part inéluctable
rOduit le multiple qui est en nous et hors de polllbllllés,. signe de toutes les p,ro~ses. qu'il 'faut BGcepter de convention,o et de
nous à 1'unité de la volonté et de la c\irec- Avec. elle recommence le monde el tout Microcosme et catalyseur du sacrè. Vers convenan,i;:es. BiJm conduire une' voiture
nous est offèrt. L'aurore annonce et pré- l'~ütel convergenr tous· les gestes litur-
tion. . . • . évoque l'autonomie psycholl,lgique et la
pare l'épanouissement des récoltes, co111me giques, toutes les lignes architecturales. Il lil'.!ération des contraintes: on peut obser-
Face aux ll)ouvements ardents ()U désor-
donnés des chevaux que.. sont en nous nos la jeunesse annonce et prépare celui de reproduit en miniature l'ensemble du ver les rêgles, sans 0n souffrir, qlUll)d op en
instincts ou nos passions, il est la raisott à l'homme. Symbole de·lumiêre et de pléni- temple et de l'univers. C'est le lieu où le recon11aît la nécessité sociale, même si .elles
la fois souple., adaptée, ·vigilante et tude.·promiset l'aurorC. ne cesse, ·en chacun, sacré se condense avec le plus d'iritensité. sont absurdes ~ux yeux de la raison;
inflexible. D'un simple. mouvement de son d'être l'espoir. C'est sur J1aute1, ou auprès de rautel, que S• sentir d"!ls. une voiture dans laquelle
Lès leJi:tes celtiques insulaires gardent s~ilccomp1it ·Je sacrifice, c'est-à~dire ce qui
doigt, il ramène le clieval qui s'écarte, 01' n'a pas le droit de se trouyer indique
comme la raison raméne à l'êquilibre et à ·1 .. traces d'un ancien r:n.ythe de l'aurore, rend. sacré. C'est· pourquoi il est élevé que le rêveur s'est engagé à tort dans une
la sagesse. Mais sans l'ardeur des chevaux analogue à celui d'Uçai. dé la mythologie (alêum), par rapport à tout ce qui J'entoure. condui.te de vie, objective ou subjective,
ou des passions, èlle ne. pourrait rien. Cet vOdique, dans la légende irlandaise des fi' réunit égalemerir en lui la symbolique du qu'il n'était. pas en droit.d'adopter.
attelage.de l'âme divisée, tiraillée à hue el à amours de Boand et du Dagda, et dans la centre• du ·inonde: 11 est le foyer de la spi- Manquer de . carburant ,( ~oir · avion•)
dia, c'est I' Aurige i:iui Je conduit et •a :iêrè: légende gallojse de Rhiannon (la grande rale• qui suggere ta spiritualisation pro- peut mirquer une déficience de libido pour
"nité gr&YC1 mais nori CI'ÎSpie, symbolise reine). Le fils du ciel (Dagda) et de l'aurore gressive de l'un!~ers. L'autel sy'mbolise Je mener. à bien sa vie, ou une atonie i»Y'
l'équilibre intérieur, fait de tension entre (ou de la terre) est le jour. L'expression lieu et l'instant ciù un être devient sacré, oû chique. On.a trop présumé de ses forces ou
des forces diverses. La main qui t~t les dans lajeunes:re du jour estune métaphore se réalise une oPération
. . . ''sacrée. on ne les emploie pas complètemeoL
rênes représente parfaitement le nœud• qui courantè dans les textes gallois pour dési- Une voiture trop chargee peut attirer
relie les forces de l'esprit el celles de la gner l'aurore (CELT, · 1!.• 328). ,. AUTOMOBILE l'attention du rêveur sur certaines attitudes

D.
matière. Ce ~ymbolisme est à rapprocher · L'aurore, avec toutes ses richesses sym- L'automobile apparait frêquemment d'accaparement ou sur un attachement à
de celui d11 mytlÎe platonicien de l'attelage bolique,, dans la tradiiioo judéo·c~rétienne, dalis les .rêves moderpes, soit que le rêveur de rausse• valeurs, qui entn1.vent el alpur-
ailé (Phèdre, 246 a - 246 e). est le.signe de la pal11mee dta céleste se trouve à l'intérieur de la voiture, soit dissent son développement. L'év9lution
et l'annonce de sa victoire sur le mande des qu'il aperçoive de8 .voitures évoluant bio-psychique est embarrassée, ~loi.trdie,
ténèbres, qui est celui d~ méchan11. ·A autour de lui. Comme to11t véhicule. l'auto, ralentie.
AURORE ceux qui CfQient devoir tout à eux-mênles, 11\11bile symbolise i:h-oltatl1111 CID ~ et La carrosserie peut être en rapport avec
Dans toutes les civilisationa, I'Aurore Yahvé dira, s'adressant d'abord à Job: . . pérlpétla. la persona, Je masque, le personnage, qui
aux doigts de rrue est le symbole joyeux de Si le rêveur se trouve à l'intérie.ur de clterche à produire de l'effet sur autrui, par
As-tu jama/J donné ordre au malin. l'auto, elle prend alors un symbolisme indi-
l'éveil dans la lumière retrouvée. L'aurore désir d'être admirê ou par peur d'ètre mé-
F ail connaitre à /'aurore Ja plOCf.
grelo11a111e, en robe ro•e el verte, dit Bau- vi411el.,. Suivant ses caractéristiques, voitur~ pri1é.
Pour qu'elle empoigne les franges du
delaire (Crépuscule du malin). Après la de:luxe ou vieille guimbarde, ~lie exprime Si l'auto pst vue p.ar le rêveur sous son
monde la plus ou ,moins bonne adaptation à l'évo-
longue nuit, Sii sœur, porteuse d'angoisse et El qu'elle en secoue les·méchsnts? aspect. purement mécaniqu°' eUe. désisne
de crainte, l'aurare, lution en mai;che. Le . Moj personnel d11 un développement 1rop.exclµsif,de lafoqc-
(Job, 38, 12-IS)
ri~r peut ~e dpminé par ul\ complexe. tion de pensée, de l'intellect, de l'llff!CGI
guide klalalll des 11/Jira/ité•, est ap· lorsque le . conducteur. .lî• se voit pas
Dans la poésie mystique de l'Islam, l'au- e11:cluJivement mécanique et technique dl
parue: · 111Cnant sa voiture. lui-même, çomplexe qui
rore marque • un.~at de lension spirituelle l'existence ou de l'analne.
radieuse elle nou.s a ouvert les parles. sera déterminé. par la person.nalité (ju
Branle des ltres vivants, elle a révélé no• où !'.événement primordial ad~ient •· Le Une auto écraaant un enfant peut indi-
poète se sent appelé à devenir •.le co· chaijffeur, qui..n:est qu'un autre aspect de quer que l'élan vitàl, le développement de
rlehesses, la personnalité .du rêveur. la personnalité, les pressions extérieures
l'aurore éVtflle 1outes choses ... fondateur et le cotémoin des evénements
premierS>. Il est envahi •d'une intense Si le rêveur pilote lui-même l'auto, celle- n'ont pas. tenu comp\e., d'un attachement
11.epousstJlll les haines, gardienne de c:i Je..s~a bien.:ou mal. ou même dangereu:-
émotion métaphysique, qui revêt tantôt la persisl/lnt. à l'enfance et de valeun psycho-
/'Ordre
Avkln/89

logiques réelles; qui ne peuvent s'intégrer à confectiorutés les cbllllse-mouches des pha- lnnige par les dieux. les devins abusant ·<le AVION
une évolotion · harmonieuse qu'à une raons et des hauts dignitaires, symboli- leUr don de clairvoyance pour regarder la
cadence plus lente. Elle révèle des résis- saient le devoir essentiel de leurs fonc· nuditè des déesses, ou offensor de quelque Nous voyon•fréquemmem de "°'jours
tances intérieum à la loi du mouvement. lions : observer la justice. 'lilaniére les dieux, ou divulguer les secrets que des auros er des avion• remplacent,
Des àutos se télescopant rappellent dou' Dans les traditions africainèS, chez les de l'arcane. Tirésias le devin 'fut privé de la dans les rives tltlntemporain" les 11nlmaux
loureusemènt la puissance des conflits intê- Dogons, peuple d'agriculteurs dont tout le vue par Athéna, parce 11u'il :l'avait regaroée fabuleux et les mmutres des lemp• nculh
rieurs qùi s'opposent de toutes leurs fcirces, système symbolique est lunaire et aqua- "" baignant ; Œdipe se creva: spontanément (C.G. Jung).
au lieu d\, s'ajouter aux forces êvolutives. ti([ue, l'autruche remplace parfois les lignes les yeux, en expiation de· son double'Crime. Aù contenu symbolique de
Le choc des contraires est traumatisant; ondulées ou les successions de chevrons :Tobie devient aveugle durant son sommeil : l'automohlk", l'avion ajoute· oelul cje la
s•éi:raser contre' un obstacle révèle que symbolisant les ehemln• der-. Dans ces mais du fiel de poiasoo administré par son lévitation•. Il n'est pas le ·cheval inais
le Moi conscient se bl"ise douloureusement représentations, son corps est peint de fils, sur l'ordre de l'ange de Yahvé, lui Pégllllê. On dira donc de s0n envlll qu'il
aussi sur un obstacle, qui barre la voie de cercles concentriques et de chevrons. Selon ;oovre les paupières. Samson perd la vue peut exprimet une aspiration spirituelle,
révolution. L'obstacle est à déterminer: il M.. Griaule, la démarche en zigzag, carac- après une faute· contre 'Yahvé; etc; ... 'Les celle de la libération de l'être de' son· moi
peut etre intêrietlr ou extérieur, mais sub- téristique de ce volatile, qui sin.ue com!De dlettt'aveuglent ou rendent fous ceax qu'ii. terrestre, par l'accès purifiant des hauteurs
jectivisé en une brutale rêsistance. un cours d'eau, expliquerait cette interpré- veulent perdre, et parfois saùver. Mais, s'il celestes. 'C'est dire aussi que· le voyage en
Les camions portent des charges utiles tation (OR!D). plait aux· dieux, le cotipal:>le recouvre ·ta avion, ·tout-au ·moins dans sa phase· ascen-
et prêcieuses, êvoquant les contenus posi- vue:. ils sont les· maitres de la lumlm. Tel dante - et il est rare que le iiveur en l'oc-
tifs de la Psyché. Mais ils peuvent aussi -dl le sens, notamment, des miracles "de currence se voie redescendre sur terre -
AVEl,JGLE (•olr Cyclope) Jésus guérissant les aveugles. De tels
représenter le compagnon de route, se conduit à une extase qui n'est pas sans ana-
muant soudain en adversaire, contre lequel :etre aveugle signifie pour les uns ign0: 'IDiracles furent attribués dans· !'Antiquité. à logie· avec la •petite mort•. Le psychana-
on· va buter et s'encastrer.' Il est d'une r.er la réalité des choses, nier l'évidence et :Indre, à Athéna, etc. lyste p;êtera donc soùvent à dê tels rë\>es,
cloqc être fou, lunatique, irresponsable. J• j ~
une coloration sexuefle. Mais l'analyse en
0
c -• " • ,
redoutable ambivalenoe. Chei le~ Celtes,. la cécité con&titue
L'autobus est un véhicule public. Il Pour d'autres l'aveugle 'est celui qui ignore est évidemment infini~ent plus complexe
~alement une disqualification au sacer-
év<KLue 14 vie · raciale rjul vous :emporte les apparences" trompeuS.s du monde, et nuancée.
grâce à quoi il a le privilège de connaitre llll <loce.. ou. à la divination .. Mais, par contre-
(A. Telllard). Cette vie sociale s'oppase à initiationt un certain nombre de person- L'apparition de l'avion dans les rêVes est
l'isolement, à l'égocentrisme, à l'infanti- réalité secr~. profonde, interdite au com- évidemmenl. récente.. mais· frêquente. S'il
mun. des mortels. llpanicij>e du divin, c'est nages mythiques irlandais, doués de
liime, ·à l'excés d1ntrovèrSion. Nous ne .•oyljllce s<mt aveugles. C'est quand ils pes- appartient au mondê moderne, il semble,
pouvons ribus soustraire à la vie collective; l'inspire, le poète, le thal}matllfge, le comme l'oiseau, illustrer ~ des grandes
"'!Rt cj'être aveugles qu'ils perdent leur don
La difficulté -0u ·l'obligation de ·monter Voyant. Tels sont, rêsumés, les deux aspirattoiis de l'homme, qui est de s'élancer
de voyance (ooAc, 13, 3.31 sqq). ·
dans un au·tobus est révélatrice: aspects, faste et néfaste, positif et nëgatif c;laris les)1in. Ç'e~t, eii çe sens qu'il est un
du symbolisme de l'aveugle, entre lesquels Peqt-être, la vision intérieure . a·1-eUe
L 'lndlvldualisre •e vol/ obligé de vayager p<!ur sanction ou pour condition le renon- peu à Pégase ce ·que !'automobilè est' au
dan• un aurohur bondé ou bien on l'y met oscillent toutes les traditions, les mythes, cheval. -Le rêveur peut 'se trou.ver dans
~ent à la vue des clioses.. enérieures et
deforce{AEPR, !S6). L'autobus symbolise les coutumes. Ce qui fait que la cécité, qui l'avion·ou l~aperoevoir évoluer dans.leciel.
est souvent unê sanetion divine, n'est pas fuailive,s. Des ascètes hindous croi'lllt par·
le contact forcé avec le social dans toute venir à l'illumination spir\tuelle en . fixant Dans.le pl'.Cmier cas, il libère l'homme de la
évolution pérsonnelle. sans rappon avec les épreuves initiatiques.
De même que les. musiciens, bardes et
des yeux un soleil éblouissant et ardent gravit,a.tioù qqi l'àttache à .la terie 'sur
jusqu'à en perdre la vue. L'aveugle év°llue laquelle il rampe. .Dans le de11xième cas, il
chânteurs aveugles abondent, conlme des prerid l'aspect pr.:Sque magique des forces
,6.Vflll,JCPl;l êtres inspirés, dans toutes les traditions po- l'image de celui qui volt autre chose, dvec
~·auires yeux, d'un autre. monde: .il ·est qui' viennent de l'au-Oelà. Il evoque alors
· En êgypte, la plume d'autruche êtail un pulaires.
ll)Pins senti comme un infirme que comme l~s "puissan""8 cosmiques de l'lncon8cient
IJlllllole de judce, d'~ de drlté. C'est sans doute en raison .des sculp-
Les
Anciens voyaient l'origine de cette signifi- tures, qui représentent un H,,... aveugle,
que la tradition fait de l'aveugle un sym·
'!'I· éuanger. · . ' .
, "'Ll!li yeux, d'où ·111 divine ltlncelle est
Cll1Joctif; èn fllCC desqi,ielles le Moi càns-
cient mespre . son iinpuissance. Uavion
CllCion dans le fait que les plumes de l'au- appartient au. doll)aine de l'air• et maiéria-
tnii:he seraient toutes de même longueur : bole du ·poèle ltln6rmd, du rha~. du · · parl/e, ,
lise .une force de cet é~ent. c·e~ le
mais peu impOrte ce point. La plume d'au- barde, du trouvère et du troubadour. Mais, ComrPU1 s'ils regardaknt au loin, resrertt domàine des idties, de la pcn~, de l'esprit
truche s'aevait · sur la 'tête de la dêesse li non plus, nous ne dépassons pas l'allé- lel>ér .
gorie. Les vieillards· aussi sont présents . ' ÀU ciel; fJn 1!t les voit jamais Vers les L'avion est.encore assimilé au Dragon•
Maât, déesse de justice et de vérité, qui pré- ou 4llll fou<lres de Zeus".
sidait à la pesée des âmes ; elle servait éga- sous les traits de' l'aveugle : il symbolise paves · ·
lement de juste poids dans la balance du
0 alors la iaaene da miuan1. Les devins ·'Pencher rl!veusemertt leur tire., appe• Le rêveur se troiive à l'intêrielir èle
jugem·ent. ·Comme la déesse dont elle est aussi sont génêralement aveugles, comme sanl/e. l'avion: l'avion revêt alors un symbolisme
l'emblème, la plume d;autruche signifie s'il fallait avoir les yeux fermés à la ••. Ils tr11verre111 af11sl le 11olr llllml1é. individuel. ·La penonnalité s'élance dans
l'ordre universel, fondé sur la justice. lumière physique pour peroevoir la lumière · Ce frère du sl/e11ce éternel... l'immensité libre. Elle se sent indépendante
Les plumes d'autruche, dont étaient divine. Leur cécité est parfois un châtiment · <Baudelaire). '' et, tout en demeurant du domaine de la
80/Axe Axe/91

Terre-Matière, s'élance vers le Ciel- ment en nous et se détruisent mutuelle- symboliquement aux états de l'être, comme par le mât qui s'élève dans le ciel (. . .
Spirituel. ment, en nous déchirant psychologique- l'indiquent bien les étapes du voyage axial d'hldn ou trt.btlla de Çm). Dans les
· A la fois rapide, délicat .dans son méca- ment. n y 8 choc des contraires. .de Dante. C'est le long de l'axe que •'élève temples de l'Inde, le mât traverse
nisme et difficile à manier, l'avion rappelle , Des avions évoluant dans le ciel révèlent vers les états supérieurs celui qui est arrivé l'amalaka, qui figure la porte du soleil; au
bien le comportement dans l'existence, qui des forces spirituelles, dl'& puissances cos- au centre, c'est-à-dire à l'état édénique, ou Cambodge. le plus· souvent une fleur de
ressemble à une granda aventure i11itia- mÏQJ.le• aperçues dans notre espace psy- primordial. A.insi dit-on de LIU)-tseu qu'il lotus. Mais le lbmbba s'identifie par ail-
tique. Le bien diriger exige une compétence chique et se lil!érant. Dans l'élément eau, exerçait ses fonctions d'archiviste - de leurs. à Indra lui-même, et aussi â Çiva.
et une possession de soi, qui permettent ces forces vive• sont les poissons. gardien des enseignements traditionnels sous la fonne d'une colonne ou d'un llllp
d'évoluer dan• les espiu:es infinis. La chute d'un avion qui se présente au issus des quatre orients - au pied de la de Feu. Le v*8 est un symb<ile axial, car la
Il rend autonome, inr,lépendant, rapide et soj trahit une. allitll(ie trop intellectuelle ou rolonne, ake reliant le ciel et la terre. foudre esi une manifestation de 1'Activité
permet d'aller où·le veut le pilote en toute trop spiritualiste.. de tendance utopique~ cèléste. Au cours des fêtes hindoues de
liberté et quasi .instantanérrwnt. trop èloignèe du 1e"e11re, elle se brise au L'axe du monde e8t, dans l"espaée, l'axe l'Indradhv•a. des mâts sont dresses qu'on
Parfois l'avion dans ~uel se trouve .le contact des réalités matérielles de rexis- des pôles; dans le temps, l'axe solsticial. identifie, ici encore, à flldra. On notera que
rêveur est piloté par un autre personnage,
as!)O<lt complexé de soi-même. qui domine
le rêveur. Mais ce personnage peul aussi
repréienter l'analyste OP encore le soi qui
méne l'évolution. Si le rêveur ou le pilote, se
tence. Les idéaux reprennent brutalement
contact avec les solides réalitiz concrètes.
Le choc est douloureux. Le rêveur peut
aussi manquer du sens du réel (à rappro-
cher .du mythe d'lcare*). Il y a collision
Ses représentations sont innombrables, les
plus Fréquentes étant toutefois l'arbre* et la
montagne•. Ce sont aussi le bâton•, la
lance• 1 le linga•~ le mât du char ou son
essieu (imaginé vertical, les deux roues*
(le·v·
Pla.ton eiwisage lui-même l'axe du monde
comme étanf lumineux et fait de diamant
e'st diamant). Celle flamme en
forme de colonne, et quljlambe à travers le
buisson, écrit Clément d'Alexandrie, es/ le
livre à da acrobaties, celles.ci peuvent être entre l'esprit et l'instinct. Les pôles sont figurant le ciel et la terre), les colonnes• de symbole de la lumière saime qui, de la
brillantes ou danger•"- au point de vue trop opposes. L'ancienne personnalité lumière ou de fumêe; c'est encore le gno- te"e.franchit l'espace et remonte au ciel à
spirituel. Elles dénotent de l'indécision ou manquant encore d'assises pour l'élévation mon•, dont l'ombre est nulle le jour du travers le bols (de la Croix), d travers
de l'inconstance d•n• le dynamisme, un sptritueUe s'écroule ; mais, si l'expérience solstice à midi. Le mât du char s'identifie lequel il nous est donni de la contempler
goût excessif du risque et la tentation de la est assumée, un nouveau départ aura lieu au gnomon et le conducteur du char au en esprit (Stromates, 1). L'assimilation à
démesure. sur des bases nouvelles, tenant au..i bien mât: c'est qu~n s'agit du •ana~ le roi, dont l'axe de la Croix médiatrice est largement
Ëtre dans un avion dans lequel on n'a compte du monde d'en bas que du monde le caractère figure le ciel, l'homme et la attestée et aisément explicable, tel est, par
pas le droit de se trouver : cette· situation d'elr haut. terre reliés par un axe central. Le mât du exemple, le sens de la devise des chartreux:
indique que le· rêveur s'est engagé à tort Bombardement ·par avion: des arriére- char dépasse le parasol pour figurer la Stat lux dum volvitur orbis (la croix
dans une conduite de vie objective ou sub- plans psychiques surgissent des avions sortie du cosmos; de la même manière. le demeure debout quand tourne le globe);
jective, qu'il n'est pas en droit d'adopter.; ·menaçants. L'incoRscient négligé attaque, mât du navire traverse la hune. Le mât de elle est l'axe stable et immobile quand tout
elle suggère aussi un privilège interdit. · afin que l'on tienne compte de sa puis- cocagne - dont on trouve l'équivalent change et tout meurt autour d'elle. La
Manquer de carburant, on l'a déjà noté, sance. Il s'érige en Zeus lançant les éclairs• dans la Chine ancienne et dans plusieurs colonne lumineuse~ assure encore Clément,
peut signifier uRe déficience de la libido; il et la foudre•. L'action symbolisera les ten" cérémonies e1<1rême-orientales plus est une représentation anicônique de la
y a peut-être aussi atonie psychique. dances de l'inconscient à se libérer des con- récentes - traverse le cercle fixé à son Divinité. Elle figure Apollon; elle est un
Si un avion trop chargé ne peut prendre traintes du milieu, une volonté sommet. La colonRe de fumée traverse le rayon du soleil spirituel. Les Manichéens
son essor ou vole mal, c'est que des d'affranchissement. toit de la hutte et s'élève vers le ciel. et l)esotérisme musulman traitent d'une
impedimenta (lourds bagages) encombrent Notons encore, à propos du màt de navire, colonne de lumière, qui ramène les âmes à
qu'on appelle au Viêt-nam ouverture du
le psychistt\e et em~heni l'évolution de
prendre son essor: illusions, fausses
AXl! cœur, l'ébauche du trou destiné à le rece-
leur Principe.

valeurs, p&eudo-obligations, iavoir intellec- L'axe, autour duquel s'elTectuent les voir, au centre de l'embarcation. Sembla- La notion d' Aid1 mundl, de pilier
tuel, prcijections. fixations inconscientes, révolutions du monde, relie entre eux les blement, le mât dépasse le stupa• et la cosmique, se trouve de l'Amérique:: à l'Aus~
idées rixes. inquiétudes •. moite, sentimen- domaines ou les états hiétarchisés en leur pagode, portant cercles et parasols qui tralie, en passant par lAfrique et par la
taHsme, appétits; etc. Nous devons jeter du centre. U peut s'agir d'unir la Terre au Ciel, figurent les niveaux célestes. Dans le cas de Sibérie. On la trouve encore au Japon, où
lest pour pouvoir nolis élever. . précisénlent le ce11tte du monde terrestre la pagode, il s'agit bien d'un mât enraciné lzanagi et lzanami tournent en sens inverse
L'avion, vu par le n!veur sôus son aspect au centre du ciel, qui est figuré par l'étoile dans le sol, autour duquel s'articule toute autour de lui avant de s'unir. Symbole de
purement mécanique, indiquera, comme polaire. Dans le sens descendant, cet axe la construction, et auquel s'identifie le l'enroulement autour de l'axe de deux
po11r ·l'automobile, un componement trop est celui que suit l'activité ~te; dans le Bouddha comme le roi au mât du char. forces complémentaires qui s'équilibrent:
exclusif de la fonction pensée, de l'intellect, sens ascendant, c'est la Voie du milieu les deuK serpents du caduœe•, le double
de l'aspect puremen.1 mécanique ou tech- (tohol:l&·CllD), ou la Vole royale (w...-cao). Le pilier• cosmique du Veda (skambba) enroulement autour du bâton brahma-
nique de. l'existence ou de l'analyse. Il s'agit aussi parfois d'unir les troi1 est figuré, dans des temples comme ceux nique, celui des deux nAdl autour du
Deux avions se télescopant ou un com- mondès: monde souterrain, terre et ciel, ou d'Angkor, par un puits profond creuse sous sasbtlmna dans le Tantrisme. Cette der-
bat aérien révèlent des pensées de ten- Trlbhuvaaa : terre, atmosphère . et ciel. le sanctuaire central, par le linga ou par niére donnée rappelle que le Tantrisme
dances opposées qui se heunent violem- Cette hiérarchie correspond elle-même l"effigie divine que contient ce1ui-ci, enfin identifie l'axe à la colonne vertebrale: c'est
92/Alle

pourquoi le Bouddha était empêché de présente quelquefois renversëes, jcuent le


tourner la tête, l'axe étant rigoureusement rôle médiateur d'un axe (BURA, &HAB,
fixe. cAov, COR1", ~uc, .EUY, EUM, ORAP, GR.IR,
OUBD, OlJl!M, OUEC.i GUET, .GUES, HOA'Y,
On peut encore évoquer, dans la même JACi, KALL.,:KaAT, SAIR, S_CH:I, SECA).
perspective, les colonnes tfe droite et de
gauche de l'arbre · •éphlrotique de la Les Celtes se sont représenté l'axe du
Kllbbale, celles de la miséricorde' et de la monde quèlquefoio comme une colonne•.
rigueur, encadrant la colonne du milieu. Et une soUs col-.· Cette colonne soute-
aussi les colonn_es d.'Herrule, _dont Guénon nant le ciel .doit être (approchû de I'~
a montré qu'elles étaient un_ symbole splsti- de vie et de la conception du sanctullU"e
ciat; te héros étant ' lui-même de nature
so/tllre. ·sur un autre plan, cololl!le• est
synoriyme de soutien~ en raison de sB. fonc-
(nemotoo). Un texte gallois médiéval, du
x11' ou .du xm• siecle, (ait des· évangélistes
los quatre · piliers• qui soutiennent le
B
tion · architecturale : ainsi les colonnes de monde, · 1•axe de la Nouvelle Alliance
l'Église, ou les èolonnes du Temple, qu'on (OGAC, 4, IÎJ7; ZWIC, J, 184).
BA'AL-BêLIT ils ne parlent plus la mê111C langue, c'est-à-
Couple de dieux adoré JlllI' les Sémites, dire qu'il n'y a plus entre eux .le moindre
consensus, chacun ne penaant qu'à lui-
-,Ba'al comme ,dieu de l'ouragan ~ de la
mê~ et se prenant polll" un Abaolu. '
fécondité, Bêlit comme déesse de la ferti-
lité, 1urtout agraire. Les pfo.,hètes juifs, Le récit biblique.se situe à la fin des,çha-
qui annonçaient en Yahvé un Dieu d'une pitres concc;mant les origines de l'humanité
et préçède l 'l!istoire, plus ciroonatanciée,
e<tnception plu• ëlevée, s'oppoaérent à œs
ÇUl1e$ anciens, sans cesse renaissaQIB, qui
moins mythologique et plus chronologique,
célébrai~! }llsqu'ti l'exacerbaJion .et au
des patriarches. Il forme une BOrte de COSI·
monsll'tleux la sacral/té de la vie orga-
clusion, au. terme de cette première phase
nlqu, les forces élémentaires du sang, de de l'.histOÎ\'e de l'humanité, qui s'est carac-
la sexua/11é et de la fécondité. Celui de térisû par une progressive consti1_11tion de
grands empires et de_ grandes citéa. Il est
. Ba'al en est venu à symboliser la présence
ou Je r~our périodique, en. toute civilisa- singulier que ce S()ient .un phënomène
tion, d'une tendance à exalter les forces aocial et une catawophe sociale, qui mar-
instinctives. Le, culte yahvit!e mettait ,en quent la fin decettepério4e (Geri~. Il, 1-
relief la sacral/lé d'une manière plus tmi- 9, texte cité au mot Tour*; voir '-ussi
grale, sanctfflall la vie sans déclencher les z1.-•).
forces- élémentaire$ .. ,, rWéla/1 une éco- La confusion bahélique est le châtiment,
nomie spirituelle dans lat,uellt la vie de pourrait-on dire, de la tyrannie collective
l'homme er sa destinée •'octroyaient de qui, à force d'opprimer l'homme, 1-it
nouvelles valeurs; Il fac/111alt une expé- exploaer l'hwnanité. en fracti00$ hOBtiles.
rience religieuse plus riche, une commu· Sans conteller le moins du monde l'in-
nton divine plus pure et plu..- complète terv~nlion divill" dans Çeue cal&Btrop])e,
(ELIT, 17).
on peut peaser que la théophanie yahviste
n'exclut pas l'interprétation aymbolique,
BABEL (totn"·de; voir MaliOn-Dleu) selon laquelle Yahvè serait aussi, dana le
caa, une rnanifi:l!lation de justice imma-
. La tour• de Babel symbolise la confu- .nen,te:, une e.press.ion. de la·~ conscience
sion. Le mot ,même de Babel vient de la hU01aine révoltée contre le . despotisme
r11cine Bll qui Ï1i111ilie confondre, L'homme d'une nrganisatioo de tendance totalit&ire.
présomptueux s'élève_ démesurément,· mais Une société sans ime et sans amour est
il lui est impossible de .dépa$ser sa condi- vouée à la dispersion ; l'union ne procédera
tion humaine. Le manque d'équilibre que d'un nouveau principe spirituel et d'un
entraine la confusion sur les plans terr~tre nouvel amour. C'est le châtiment d,'une
et divin, et les hommes ne s'entendent plùs: faute collective, note R. de Vaux, qui,
Bagu-.196
com""' celle des premlm parents, est BACCHANTES guerisseur, lils d'Apollon; le nom même du nir en utilisant de petits bitons ou des
encore une faute de démesure. L'union ne Les Bacchantes ou Ménades, les dieu' signifierait; d'apres A. Carnoy, celui baguettes. Elle était pratiquôe dans tout
sera restaurée que dans le Chrlsr Saullel'r: furieuses, les impétueuses; femmes êprises qui'prend en main la baguelre magique.· Le l'Orient ancien, chez les Chinois, mais
miracle des langues à la Pentec8te (Actes de Dionysos• et s'abandonnant avec fer· caducée", symbole de la médecine, n'est aussi chez les Germains. Habituellement,
2, S-12), assemblée des nations au ciel veur à son culte, parfois jusqu'au dêlire et à autre qu'une baguette magique, composêe on écorce une .baguette -e1 on en canse,.,e
(Apocalypse 1, 9-10; 14-17), (BtBJ, 1, 107). la mort. On peut lire à ce sujet, pour les d'une verge autour de laquelle s'enroulent une dont on garde l'écorce, puis on •'en
L'antithèse de la Tour de Babel, avec son Grecs, la tragêdie d'Euripide, Les ·deux serpents•; ce qui évoque des cultes sert comme à pile ou face; ou bien une
incompréhension et sa dispersion, est en Bu h •Ici, et, pour les Romains, la des- très anciens. dans le bassin égéen, de baguette choisie à ravance a un sens favo-
effet cette vision apocalyptique de la cription dramatique de Tite-Live (XXIX, l'arbre" et de la terre, iwwrlcière des ser- rable, une autre un sens defavorable: si, en
société nouvelle gouvernée par l'Agneau•, 8-19). A leurs pratiques étranges, penis (SECG, 278). C'est encore une tombant, l'une se place'"" l'autre, la slgnf-
ainsi que le don des langues pour, la répandues sur le pourtour du bassin mêdi- bliguette magique qu'Apollon promit en jlea1i01r de la prem"re l'emporte (BNCD,
Pentecôte. terranéen, on a donné Je nom d'orgiasme cadeau à Hermes, en échange de la lyre 112).
ou de ménadisme. Certaines scénes ne vont que le jeune dieu venait d'inventer et de Palomancie, rabdomancie, radiesthésie
pas sans évoquer les fameuses descriptions confectionner avec une carapace de tortue, relèvent sans ·doute de la même· origine
BABYLONE mêdicales de l'hystérie. Par bien des traits, une peau et des nens de bœuf, une baguette lointaine : baguettes et bâtons venant de
le di/Ire des Bacchantes• avec les mouve· 111..-Vell/eu.e d'opulence et de richesse, en l'arbre, leur utilisation n'est-elle pas, sur le
, Au plan des symbolel, Babylone est ments convulsifs et spasmodiques, la or el à triple feuille: elle re protégera, dit plan humain, celle du doigt .. de Dieu? Il
l'antithèse die la · Jênrsalem céleste et du flexion du corps en arrière, le renversement Apollon à Herws, c/Jntre tout danger en suffit à Dieu de toucher quelque chooe
·Paradis. D'après son étymologie, cepen· et /'agilation de la nll(/Ue, rappe/lè des faisant s'accomplir le• décrets favorables, pour lui donner forme ou le créer. De
dant, Babylone signifie: pCNte da dieu. qffecllons néllropathlques. bien dkrilts paroles et actes que je déclare connaitre de même la baguette magique transforma -ce
Mais le dieu sur'lequel ouvre cette porte•, "'4ourd'hul, qui comportent le Untimelll la bouche de Zeus. (Hymne homêrique à qui existe : les· hôtes de Circé devenaieill
s'il rut un temps recherch~'dans les cidux, de /a dipersonnallsallon, de l'envahisse- Hermés, 5, 529-532, HVMH). Cette baguette des poutl!eaux au contact de sa baguette, la
dans le sens de' l'esprit, s'est ·perverti en ·merveilleuse possède, entre autres privi- citrouille du jardin de Cendrillon un somp·
ment du Mal par une personne étrangère,
homme, et dans ce qu'il y a de plus vil en ce qui est proprement rendlollllumé des lèges, 'celui d'endormir et de réveiller les tueox carrosse, etc. La baauette magique
l'homme, l'instinct· de domination et l'ins· hoinmes. Celle baguette est tellement liée est l'insigne du pouvoir des hommes sur les
anciens, c'est-à-dire la possession (SECG,
tinct de luxure, érigés en· absolu. 292). Elles symbolisent l'ivresse d'aimer, le
au dieu que, sou$ la forme du Kerykelon, choses, quand ils détiennent ce pouvoir
Cetre ville est si' magnifique, écrivait désir d'être pénétrées par le dieu de
elle sera l'insigne des héros el des messa- d'une origine surhumaine.
Hêrodote, qu'il n'.v a JHU ·au monde une l'amour, ainsi que l'irrésistible emprise de
gèrs, qui se réclament de son patronage
·cité qu'bn pul$se lui comparer. Ses murs cette folle, qui e11 c'omme l'arme magique {s~cG, 274), c'est-à-dire du patronage La baguette servit a une sorte d'appa-
d'enceinte, ses jardins suspendus comp- ·d'Hermès (Mercure).' rente palomancie dans un récit des
du dieu (JE~D}.
taient parmi les sept merveilles du monde. 'Chez les Celtes, instrument magique par Nombres. Lors de la traversée du dêlen, Je
Tout est d6truit, car tout était bâti sur des BAGUE (voir Anneau, Bijou) excellence, la baguette est le symbole du peuple hébreu murmurait contre Moïse et
valeurs uniquement temporelles. Le sym- pouvoir du druide sur les éléments. n suffit indirectement contre Yahvci, en raison des
bole de Babylone n'est pas celui d'une BAGUETTE au druide d'Ulster Sencha d'agiter sa privations et des souffrances que la lotlille
splendeur condamnée paur sa beauté, c'est baguette pour· obtenir le plus · <:omplet marche lui imposait. Sur l'ordre de Yahvé,
celui d'uiie·splendeur viciée, qui s'est cOn- Comme l,e bâton•, la baguctte est sym· silence de tous ceux qui l'entourent. Mais chaque famille patri.rcale te1Dit un rameau
damriôe elle'même, en détournant l'homme bole de puissance et de clafrvoyance, soit plus IOUvent un druide ou un Ri. touche un à Moïse; celui-ci inscrivit. le nom du chef
de sa vocatioo spiritûelle. Babylone sym- d'une puissance et d'une clairvoyance être humain de sa baguette 'pour .te trans· de famille sur le rameau et il suMt les ins-
bolise le triomphe passager d'un monde venues de Dieu, soit d'une puissance et lilnner en un animal quelconque, aénérale- tructions de y ahve: .Tu œ. dépo•eras
matériel et sensible, qui n'exalte qu'une d'une clairvoyance magiques, dèrobëcs aux inent oi-u (cygne) ou porc (sanglier). ensuite dan• la Tente de Réunion, dewmt le
partie· die l'homme et en conséquencè 'le dé- torces célestes ou reçues du démon: la Dans la hiérarchie a sept dtgrés des fllld Témoignage où je me rencontre avec toi.
sintègre. baguette du magicien, de la sorcière, de la irlandaia, le docteur ou ollanh avait droit L 'ho~ dont le rameau bourgeonnera
fêe. .Sans UDC baguette 1114Jltique, le devin à la baguette d'or, le file de deuxième rang sera celui que je choisis; a/nsife ne laisse-
Dans quelques textes irlandais, Baby- ne peut tracer le- cercle, sur terre, où il s'en- ·ou mruth à la bagutllle d'argent, les cinq ra/ pas monter ju•qu 'à mai 1.. m11rmures
lone symbolise le paganisme, vu en très ferme pour evoquer les esprits ; ou, au ciel, autres degrés â la baguette de bronze. Chez que les ellfant• d'Israël profèrent conlre
mauvaise part, et c'est là que les enfants de le carré dans lequel il encadre les oiseaux, les Franco et les premiers. 'Capétiens, les vou•. Moïse parla aux enfants d'lsralll, et
Calatin (Fomoire•) vont faire leur appren- dont il interprétera le vol. La baguette, sur- hérauts d'armes portaient une baguette tous le!R's princeo lui remirent chacun un
tissage de · magie, afin de tuer le hêros a
tout celle de coudrier, servaif dëcouvrir, sacrée, qui était la marque de leur dignité, rameau~ douze rameaux poer l'ensemble de
Cùchulainn. Le symbolisme n'est pas dilfé- autrefois;, non seulement les- ·sources, mais mais qui, surtout, representait le pouvoir leurs familles patriarcales; parmi eux était
rènt de celui de la Babylone des textes aussi les gisements de minerais ou des de leur souverain (OGAC, 16, 231 sqq ; 14, le rameau d'Aaron. Moïse les dCposa
bibliques auquel il est manifestement dêpôts de certaines matières. Une baguette 339-340 sqq). devant Yahve dans la Tente du Témoi-
e.nprunté (CEl.T, 7, passim). magique est l'attribut d' Asclepios, te dieu ·La pa/omanc/e est l'art de prédire l'ave- gnage. Le lendemain, qnaru:I Moïse vint à
.96/Bain a.i-/97
la Tente du.Témoignage, le rameau d'Aa- biHté, de •mise hors jeu., de voeu/le. D'où L'état obtenu est purement vie, sans baptême·de (eu, celui des manyra, ·Enfill' le
ron, pour ta- maison de Lévi, avait bour- ses innombrables emplois thérapeutiques. mélange avec Je principe de mon qu'est le bain, dons un texte comme le Trahi de la
geonné : des bourgeons avaient éclos, des Cette hnmersion intervient dans le temps péc1ié : la pureté positive n'est · pas l'ab- Flcm d'or, est associé au ~ne du cœr;r
Jleurs s'étaient épanouies et des amandes vécu comme un hiatus, u11e sollltion de sence de tache, mais la vie à l'ëtat our. (lin ldiall: son lavage, c'est l'ëliminatioa
avaient mûri. Moïse reprit tous les ra· continuité, ce qui lui confère obligatoire- Bn dépit· de tant de traditions s'accor- de toute .activité mentale, l'acquisition
meaux de de~ant Yahvé et les apporta à ment une valeur initiatiqUC- Le meilleur dant à valoriser positivement le bain, une décisive de la vacu/fé, ce qui ferme la
tous les enfant• d'Israël; ils constatèrent et exemple en est peut-être ce rite d'entrée certaine pudibonderie chrétieline a ren- boucle du symbole et nous ramène a aon
chacun reprit son rameau. Yahvé dit alors dans une société secrète extrânement versé le symbole, condamnant l'usage .du départ.
à Moïlie: Remets le rameau .d'Aar.on ferm~ de. magiciennes d'Afrique centrale bain comme contraire à la chasteté. Il faut
dwant le Temoignage où il aura sa place (Çameroun-Gabon) selon lequel l'impé- ici distinguer les bains chauds des bairu BAISER
rituelle, comme un signe pour ces rebelles. trante, ,droguée, est ensevelie vingt-quatre froids. Les premiers . sont. considérés
li dissipera leuts murmures qui ne monte- heures dans une çavité élanche aménagée comme une recherche de sensualité dont il Symbole de l'union et de t'i.ih.iaïon
r.ont plus jusqu'à moi, et Ils· ne mourrolll sou• le lit d'u" rui.SflCIU, •Il cœur de la forêt convient de s'écaner. C'est précisément mutuelles. qui a pris dés l'Al\tiquité ooe
pa•. Moise fit comme Yahvi le lui avait équatoriale: les symboles . de la forêt-
ventre, de l'eau-mére, et du temps coulant
l'opinion avancée par saint Jérôme (Epis!.
45, .5) qui voit dans le bain chaud une
signification spirituelle, Dans le Zollu,
nous frouvons une Interprétation ,,.y1l/q111
commandé. (Nombres, 17, 19-26).
Le rameau symbolise ici un groupe et comme la fr;iére, associés à celui de la atteinte à la chasteté. Les chiitiens des pre· du 1er11111 baiser. la sour~ du commentaln
urle personne, à qui il s'identifie ; si le cache utérÏl)e, forment ici un ,complexe miers • siècles ~ rendaient volontiers aux de ce terme est bien .ent~du le texte du
nlm.eau bourgeonne, c!est la famille qui est symbolique d'une telle puissance que les bains. pris en commun. Les conciles et les Clllllque dll Ctllltlqun (1 •. 1). Il fi! ql.rle
censée fleurir .. D'autre part, une l'ois mai:- initiées de cett&.confrërie en.oublient prati- Pères de l'Église s'insur11érent avec vio- cependam une seconde, celle-cl provient de
qué par son bourg~n, il symbolise le choix quement le cours de leur vie antèrieure. La lence contre un usage qu'ils jugeaient la conception rabbinique, suivant laquelle
de Dieu et l'autorité dont ce choix investit régénération illiliatique prend ici pleine- irnmoraL Au Moyen Age, . les étu- cer/alns Justes. te/ Moûe,furem soustralll
la famille élue. Cette autorité fait de l'élu le ment sen sens de mort et renaissance; de avaient la réputation d'être des lieux de ~ l'ago11le e1 à la mon, Ils quillèrent le
médiateur entre Yahvé .et . le peuple: les surcroît de telles coutumes, encore en débauche ; elles furent de ce fait interdites momie. terrestre dons le ravfssement ex1a,
murmures ae monteront plus jusqu'à Dieu usage de nos jours bien que difficilement aux• chrétiens. · tlqtte du baiser de Dieu (VAJA, 210).
et en conséquence Dieu ne châtiera pas les observables, jettent un jour complémen- Certain•· moines .occidentaux et orien- A cet égard, Georges Vaida cite un texte
récalcitrants. Le rameau, ou la baguette, taire sur tel ou tel my.the ou usqe de l' An- taux . - ceux-ci étant encore .plus du ZohRr relatif au baiser divin : -.- Qu 'Il
symbolise cette médiation de celui qu'il a tiquité classique, ou d'autres moments de sévères - excluent non seulement les ""' baise des bai.rers des~ bouche -:- Pour-
désigné et qui désormais l'a repris et le notre histoire. Ainsi, chez ·les Grei:s, des bains du corps .dans sa totalité, mais refu- quoi le texte emploie-t-11 eetle expresslQll?
porte à la main. statues de dieux et de déesses étaient-elles sent .même l'usage- de l'eau. Clément En/ait, baisers signifie tldll&lon d'nprll à
rituellement plongées dus des· bains purifi- d'Alexandrie avait distingué quatre SO!'les esprit. C'est pourquoi l'organe corporel du
cateurs (Athéna, Héra, etc.); un bain pré- de bains : pour le plaisir; pour se réchauf- baher ·est la bouche, poilll tf/ssw el source
BAIN cédait l'initiation des Na.pLréens, tout fer, . pour la propreté, ou pour raison de du soqffle. Aussi bien est-ce par la bouche
La vertu purificatrice.et régénératrice·du comme, au Moyen Age, le sacre des cheva- santé. Seul le dernier motif lui apparaÏ$sail que l'on donne des b8lsers d'amour. jol-
liers. . ., valable. Toutefois les femmes lui sem- snam (ainsQ inséparQb/emen1. esprit à
baiil est bien connue, et attestée, au pro-
fane comme au sacré, par des usages appa- . . Purificatrice, régénératrice, l'eau est
aussi fertiliSB11te: d'où le l;lain .rituel des
blaient autorisées à en 'faire U$118", à condi-
tion que le bain fûtpeu fréquent. Saint
esprit. c·,,., pour cela qu, celui dom l'dme
sOl't pqr baiser adhere à un autre esprit, à
rentés chez. tous les peuples; en tous lieux
et tous tempo. On peut dire que le bain' est fia11çëes, 111 les immersions des.femmes sté- Augustin se montre plus ouvert, en autori- un esprit dont il ne u ~ plus: ceue
universellement le premier des rites sanc- riles dans tel ou tel l11c. 011 bassin d'une sant· dans sa Règle le bain chaud une fois union s'appelle baher. En disa111: qu 'Il""'
tionnant les grandes . étapes de la. vie, 10urce sacrée, priuique attestée. de ,la Médi- par mois. baise des bal.se,.. de .sa bouche, la Cmnmu,
notamment . (a naissance, l'a ·puberté,. ·la terranée à l'Ex~.Orient .sur plus de Au contraire, ~'immersion dans reau llflUlé d'Israël demande cette allhéslon lnli-
mort. La symbolique du bain associe les trois mille 8J)lj d'.histoire. rroide.était recommandêe comme mortill- parable d'esprit à #!$prit...
~ignifications de l'acte d'immerolon et de .Le christiwsme reprend à son cgmpte r;aiion, et cela d'autant plus que l'eau était Les t;ommentateurs .du <;88tlque dctl
l'élémeflt eau. l'usa&• du bain lu!!!ral.Jean baptiae.dans le plua glaciale. C'est ainsi que les biographes ùntlqueo, qu'il s'agisse des ··Pèref de
-L'immersion est,· pour l'analyste, une Jourdain. Avec le baptcme i:hrétien, deiJ . vies de saints, appartenant aux .pre- l'Église ou des auteurs du Moy~ ·J\ge,
image de ·la régression utérine. Il satisfait ·matière 1'I esprit se confondent dans le miers siécles chrétiens et au Moyen A9e, se interprètent le baiser dans un sens iden-
un he&oin de détente, de sécurité, de ten- même symbole;. (orsque .Jean l'Évangéliste oopiant l'un l'autre, parleront des immer- tique. Pour Guillaume de Saint-Thierry,(•
dresse, de ruaourctmenl, Je retour à la déchue: Celai. qu.I a pris un bain n'o pos sions dans l'eau glacée afm de mater la baiser est le signe de l'uni~. Le. Saint-
matrice originelle étant un retour à la /Jooilt • se la•er, Il es/ entièrement pur chair. Esprit peut être considéré comme proçé.
source d~ vie. L'immersion, volontairement (JBAN.13, 10), le même mot grec a le •ens , Notons aussi que, dans. une certaine dant du baiser du Père et du Fils; !'.Incar-
consentie, et qui est une sotte d'ensevelisse- de propre el de pur. Cette pureté, dan• son acceptioo alchimique du terme, le bain nation est le baiser entre l~ Verbe et la
ment, eat l'acceptation d'un moment d'ou~ acception chrétienne, n'est p"'s, négative : peut s'entendre d'une purification par le nature humaine~ l'union entre i'âme et
bli, de renoncement à sa propre responsa- elle prépare une. vie nouvelle et féconde. feu, et non· par l'eau~ comme il existe un Dieu durant la vie terrestre préfigure le.bai-
aer ·patfait, qui· aura• lieu dan• l't!emité. c:onsëcration des vierges, il est fait allusion syrnbole·.des puissances, que le balai aurait témoigne la combat d'Achille. Ill d'Hector:
Bernard de Clairvaux, également dans llOO au baiser donné par l'évtque. Pour des :rai- dû vaincre, mais qui se saisissent de lui et Les voici qui reviennem ll1lxfontalnes.potu
commentaire ·sur le Cantlqae .des sons de décence, l'accolade fut supprimée Pat lesQuelles il ·s. laisse emporter. la quatrième foU. Cette fou, te Père des
CmlllqMI; 'paTle longuement de l'oStulam pour les vierges, la moniale devait poer !lieux déploie ~a balance li'«; li y place les
qui· résulte de1.......-lplrltul. Seule l'âme.
époute en est digne. Le Saint·Esprit est,
seulement ses lèvres sur la main.du.prêtre.
Dans la société féodale. le baiser soulevait
BALANCE deux déesses .du. trépas douloureux, celle
d'Achllle, celle d'Hect«, Je dompMtr de
dira uint Bernard, le b<ll.rer de la balle/le, maintes. difficultés, quand une dame Lli balance est connue en tant que sym- cavala; puis, la Pf'l!nanr par le ml/leu, li la
échangé paT le Père et Je Fils, baiser mutuel recevait ou offrait l'homm1111e. · Symbole bole de la juSlice, de la mesure, de la pru- soulève, et c'est le }mir /alal d'Hector qui,
d'égal à égal et réservé à eux seuls. Le bai- d'1111ion, le baiser gaTdait en elfet lacpolyva- dence, de l'équilibre, parce que sa fonction par son poids, l'emporte et disparait dans
ser de l'Esprit-Saint à l'hom~ cet qui lence, ·J'ambigulté; des innombrables comspond précisément à la pesëe des l'HIUlès. Alors Phœboo AJ'(Jllon l'aban-
reproduit Je baiser de la Déité trinitaire formes d'union. (01ws). actes. Associée i l'épée, la · balance ·est donne (//iode 22, 208-213).
n'est··pas et ne peut'êtte le baiser de la atcore la Justice, mais doublée de la
bmiclle, mais un baiser qui se reproduit; se BALAI .Vérité. Sur le plan social, il s'agit des La notion de destin entrainant celie de
temps vécu, on compcendra que la balance
communique à un autre : le· baiser titi emblèmes de la fonction administrative et
Humble instrument ménager ·en. appli· soit également l'emblème de Saturne ou
baiser, ·la' réplique dans l'homme de de la fonction militaire, qui sont celles du
rence. le balai n'en •st pas moins signe et Cronos. Juge et exécuteur, cefui-ci mesure
l'amour de Dieu, la charité dt Dieu pouvoir royal, et qui caractérisent, dans
symbole de .puissance sacrée. Dans· les Pinde, la caste des Kahalllr-. C'est aussi la' vie humaine, et tient aussi bafanèe, égale
devenue la charité de l'homme pour Dieu,
temples et les sanctuaires anciens, le pour.quoi, en Chine, la balance est l'un des ou non, entre les. ans, les saisons, les jours
semblallle, quant' à 'l'objet et au mode de
l'anlour, à la charité que Dieu a p6ur lui- balayage est un service de culte. Il s'agit de attributs du Ministre, ilssociée cette fois à "!. 1~ nu~. On peut IOUliper ici que le
débarrasser le sol de tous les élémenü un tour de potier. Figurée dans les loges signe •od1acal de la balance est abordé à
même: Selon· saint· Bernard, l'homme se
venus Io souiller de l'extérieur et cela ne l'équinoxe d'automne ; à l'équinoxè de
'trouve, d'une certaine manière, au ·milieu des societéo secrètes chinai-, le 'balance
du 'baisêr et de l'embrassement du Pére et peut être fait que ·par des mains.pures; lm lignifie le droit et. lajustke. printemp• llDl1IJllence celui du Belier: à ces
même, dans les civilisations &graites Dllll8 ·/4 cité des Sm1la; · nous peaons
dates, le jour et la nuit s'équilibrent. C'est
du Fils, baiser qui est !'Esprit-Saint.
d'Afrique du Nord, le balai, :qui. sert à aussi que )~ mouv-ts des plateaux de
et par làm•
L'homme est ai"nsi par le· baiser uni à Dieu
déifié. - ·
Eil tant qUè signe de concorde;· de sou-
balayer l'aire sur .. laquelle on . bar· les
céréales, est un des symboles de la cuhure
tout exactement, ce qui .peut prendre un
ïntaêt. tout particulier, si l'on se souvient
que la· cité des Saules correspond à
la balance, comme ceux du SC>lell dan1 le
cycie annuel, correspondent au poids
mission, de respect et d'amour, le· baiser et, pendant les premiers jours du deuil, la l'Invartable Milleu. relatif du ria et du :V... de, l'obscur et de
ttait pratiqué par les initiéS au Mystère de maison ne doit pas être balayée qfin que La balance comme symbole du la lumière, ce qui reconduit sans variation
l'abondance ne soit. pas chossëe ou qfin de Jugemenl n'eit qu'une extenslon de l'ac:cep- symbolique notable, de la ·Griœ à- la Chine
Cën!1 ~ il ·témoignait de leur communion
spirituelle: Dans un sens identique,. saint ~e pas offenser l'âme du mort ~SERP, 148). tion précédente de la Justice divine. Dan• elassiques. La flèche, lorsque .les plateaux
Paul le recommande (Romain!, 16; 16). De même. en Bretagne il ne faut pas l'i!gypte ancienne, O•iris pesait les âmes sont en équilibre (équinoxe), ou l'épée qui
balayer · une maison la nuit : ce serait en s'identifie 'à elle, , c'est le symbole de
Sahiez-vous mutue/lemem d'un ialm bai- des mcirts ; dans l'iconographie chrétienne,
ser. ToUttl les églises du Chrl<t vous écarter c/e bonheur, et les 11'10\lvements du la balance est tenue par saint Michel, l'At· l'lnvarlable Mi/feu. L'axe polaire qui le
balai blessent ou écartent le~ âmes qui se représente aboutit à la Grande Ourse, que
saluent.· 11 ~I' en ·llsa11e· dans la primitive obanàe du Jugemmt; la balance du Juge.
èglise. Innôeont 1" templaee cette coutume proménent (cow, 76i nient est aussi évoquée dans le Coran·; au la Cbine ancienne nomll)ait Bolarrce tJ,e
Cès balais 'll1 effet qui font fuir la pous- Jade.
par une plaque de métal' (Pax); que le célê- !l'ibet,· les plateaux de la balance destinée à
l>rant embrasse et fait embrasser en disant siére pourraient bien heurter et faire fuir les la pesée des bonnes et des mauvai- Parfois, cependant, les deux plateaux de
Pu teolllà:Cette plaque· appelée plus tard hôtes invisibles, les génies· protecteurs du llltions des hommes sont respectivement la Balance céleste t!aient figuréa. PIT la
Patène restera en usage·. La coutume existe foyer. Aussi la matièr< et la façon dont ils chargés de c:aillowc blancs et de cailloux Grande et par la Petite Ollrse. Le texte du
encore de' baiser lea retiqùes des saints, sont.faits ne sont pas indiffirentes; Dans la noirs; En Perse, l'ange Rashnu, placé pris rituel .del !IOCiétés secrètes l\Wuie que la
expcljées à la vén<!ration des fidèles. ~ où les femmes kabyles vont· à la ren- de 'Mithra, pése les esprits sur le pont du Balance de la cité des Saules e.sJ magiµ-
08!11 I' Antiquité, CJn. embr<1Sse les pieds contre du printemps, elles cueillent ·dei destin ; un vue grec représente Hennés, ftque et brlllame, commt ln é101/es tt. in
Il les' .genoux des rois, des jugea, des touffes de bruyeres en Reur qui deviendront PISant les âmes d'Achille et de Patrocle. comte/tarions dont elle est effectivement le
ho!llmes jouissam d'une réputation de sain; des halais de bon augure, qui ne chasseroril ·· Recouvrant les notions de justice mais reflet au pied de l'axe cosmique. En outre,
tetë . On embrasse les statues, afm d'implo- pas la prospérllé el ne /tmrteroru pas ·par .usai de mesure, d'ordre, la balance, chez le nom sanscrit de la balance (dia) est ~
rer ltur protection. mégarde les llôttl lnvlstb/u (SERP> '164). ";s ,Grecs, est représentée par Thémis, qui même que celui de la Terre Sa/nu
Au MOyerl Age, dans le d(oit féodal; le Maie,' si le balai inverse son •rôle protec- "'git les mondu selon ·une loi universelle. primordiale, située dans /'hyperbork-,
VllS881 ttait tenu· d'embrasser la tnain de teur, il devient instrument de maléfice et J'!aprês Hésiode, elle est fille d'Ouranœ (le c'est-à-dire au pr'Jle. (Voir Thulé".)
son Stipeür: d'où l'expression bals.i- c'est sur des manches â balai que les sor- ctel) et de Gaia (la terre), et donc de la
mam·, signifiant rmdre hommage. cières• de tous le• pays sortent par les·che- matiere et de l'esprit, du visible et de l'invi- La balance, c'est encore l'équilibre des
Dans les anciens rituels concernant la minées et se rendent au sabbat*. Symbole idble. Elle apparait aussi, dans l'Iliade, forces naturelles, de tou1es tu chmes falln
cérémonie d'ordination des prêtres et de la phallique, peut-être, mais au.. i· •et1 sunout . lllllnme un symbole dtJ destin, ainsi qu'en pour 6tre unies (Imvoucoux). et dont. les
100/BelMce B•lanpalre/101

symbales anciens étaient les !fierres bran- et fe te ferai connallrt! une science· exacte. \l'lllfinernent que nous voyons se présenter du balancement de l'escarpolette traversant
dans la symbolique de· rëléntent Air, à la le ponique.
lantes. Cette mesure îigôureuse, niJ1,1s la retrOu~
Équilibrant les choses et le temps. le nature subtile, • Le ntilieu aèrien de .. la Si l'oo remarque t11utefois que le por-
vons aussi bien dans l'ordre de ta connais-
visible Cl l'invisible, on comprend que· la sance que dans la pelée des âmes ou des Balance esl à celui des Gémeaux ce que le IÎQIJ!l est .un' torma - entrée et sortie du
science DU la ma/tr/u de la Bala,.ce soit lieu du cœur est au lieu de l'esprit Le Moi monde, porte du soleil - ce rythme eat
métaux. .;y pose avec un autre que &0i; à valour
familière à l'hermétisme et à l'alchimie: celui.•· universel, de la vie et de la ·mort. de
cette science es1 celle des correspondances L'équilibre symbolisé par la balance égale, introduisant le dialogue affectif du l'expansion et de la rêintègratioo, de l'évo-
entre l'univers corporel et l'univen spiri- indique un retour àfunilé; c'est-à-dire à.la u,t et moi. Le signe des Fête& galantes est lutil!ll et de l'invoJutiiin. Bt c'est tout netu-
tuel, entre la Terre et le Ciel (voir le Une non-manifestation, car 111ut ce qui est d'ailleurs placé sous la régie de Vènus,,à rellement qu'un Kabir. a pu le CDmparer à
del ~ de Jabir ibn-HayyAn). Et manifes1é est sujet i la dualilé et aux 11ppo- l'uailtBD<ie de laquelle S:aturne apporte celui d!! .......... : A cette bQ/ançoire sont
cette balance (mldn)' est transfêrëe par sitions. L'équilibre réalisé par les plateaux UllC note de détachement el. de 11Pidtu&lisa- suspendtu /OllS lu itres el tous ~
l'ésotérisme islamique jusqu'au plan du fixés l'un. en face de l'autre 1ignif10 donc un tiCJ11. Il .s'agit de la Vénus. Aphrodile ,des mot1d#s; , et .cette balançutre, ,,. cesse
langage et de l'écriiure, la balance du let- au-ddà des conllils, qui appsrtiennent au .._ d'automne, déease de la · beaut.t jamail 4• re balancer,
tres établi••ll!ll le même rappon des lettres temps-espace, à la matiêre. C'est en par- idéale, de la grâ® de. l'âme, de& Noces En certaines régions de l'Inde l'usage de
au langage que celui des choses que celui- tant du centre de la balance et de la fixité sacrées; celle également. des sêrènades et la balançoire était interdit hors du domaine'
ci denomme à leur nature, essentielle. Ame- de l'aiguiUe que les oppositions peuvent del ·menuets. rituel; il 4tait r~é aux COllllllunications
ner le ·fléau de iclles balances à l'ho,r.izon- être envisagées comme des aspects complé- entre la terre et le ciel. plus partiéulière-
ta!e c'est, à n'en pas douter, atteindré à· la mentaires. Dans la Kabbale, il est dit qu'a-
BALANÇOIRE ment même à la manifestation de la parole
1uprême Sagesse (CORT, C:QIU, DEVA, EVAB, vant la crèalion la balance émit dans /'An· divine.
OUEM, SOU!)· cien da jours. Enel, commen!anl ce texte, · Dans 111ute l'Asie sud-orientale, la On relie par ailleurs ce balancement aux
dira qu'avanl la manifestation de /'acte qui balançoire est llS3llciiJe aux rites de la feni- rites d'obtention de la pluie. Car le balan-
D'aprù Le Une du - égyptien, on mil en marche la Création, 11ndqlnl avait lité et ~e la feconditii, à cauoe de son mou- cement de l'-arpolette fait bien présager
lmagilie la Psychllstllsie", la pesée des formé.dan• .. ,.....,.'~ vement·. d'alternance. que la termin11l11gie la h11J,1teur des plats de r.iz ; son siège peut
âmes: 'dans les plateaux de la balance. d'un qui devait engeridrer toutes .le• division• chinoise identifierait à celui du yin• et dtl bien s'omer de tllliw'a et évoquer ainsr la
côte, le vase (sisniflan1> le cœur du mDn), co111ku1ives ju•qu 'à celles de la cellule. ,..,.·~ maitrise \les eaux ou l'arc-en-ciel; il s'agit
de l'autre, la plume d'autruche, (signillanl Avec ses deux plateaux, !a balance repré- ,,Les Bralnmm nommént la balançoire tol\Îlll!rs, .par un accompagnement des
la justice et la vêrité). La balance symbo- sente ce dédoublement. " navire qui con-
(ou plul6t l'escarpolette) le cycles .natufl'ls et par un élan. vers lè'cciel,
lise la justice, le poids com?ari des actes et dul,Nm ciel, selon un 1ymbolitme du.m11u- d'appeler sur le ·!llOnde. !:harmonie et la
des obligations. Lll B•laace (slpe zodlllClll 1 :U .....lire - vem..,. ·qui s'explique .. de lui-mâne, mais bénédic1i-On célestes.
La balance figure· soùven1 dans les 21oetobn). qui ne peut manquer d'évoquer, ·pense Mir- Il el1i11te sans doute des implications du
sépultures chrétiennes. La. pensée judéo- "- Eliade, un contexte .chamanique. même ordre dans l'ancienne épreuve chi-
chréticnne reprend ce· thème selon le sens .En entr.anl dans ce signe, le Soleil, esl au Da11s le rite solsticial hîndou du noise de la balançoire, destinëe, dit Granet,
donné dans I' Anliquité. ·' point mCdian de l'année astronomique. Son ..,........., le saçriflcateut se balançait ·sur à peser /es tal1!11'3, et sans doute les ·venus
Plusietl;s auteli;s bibliques rapprocl)ent pallsilge de l'hémisphère Nord à l'hémi· une esi:arp11lette en évoquant los trois .souf. (AUllJ, ORAÇ).
les notions de bien et dè vrai de celfé de la sphère Sud marque l'êquilibre entre l'édi· na. ......... vyiaa et apAna. ce·qui pourrai!
balance. Ainsi Job 31, 6-1 : Que Dieli me fice construit et les forces qui ·an préparent être en rappon avec une discipline· respira· Pausanias décrit un tablea0; Lll dacellte
pèse sur des balances jWJt.n el j/ amnaltra la ruine, ainsi que cdui des jours et. del toire, inspirée du Yog11- Mais c'est l'appli· aux enfen, dans lequel il aperçoit, onll'e
mon intégrité. nuits. On le représente par une. balance ._ûon particuliêre d'un symbolisme COS· autres personnages de la mythologie
avec ·son fléau et ses. cleull plateaux. Ce
Le bien sîgnitie ce: qui est équilibre a point du juste .milieu .lllltou• duquel tout
mique . plus génêral : le mduvement de la
balançoire s'•tilie â celui du soleil, que
grecque, la sœur. d'Ariane, Phèdre, dont Io
l'exlérieur et à l'iritêr.èur:·Dails la pen1ée corps se balance sWJpendu en l'air"'' une
juive:, les démons apparaissent toujours oscille témoigne du balancement entre le le llla-Vedil lui-m6me nomme escarpoleue corde, à laquelle elle se 111!111 de chaque
privés de ·pouvoir à l'égard de ce qui ost crépuscule d'un automne extérieur et l'au- d'or; le rythme du balancement est celui cdté par une main. On a vu ·dan• cette
rore d'un printemps intérieur. A ce point du.temps, cycle qllOtidien et cycle saison- imase de Phèdre à la .balançolrt le signe du
équilibré.
central, à égale distance duquel o'ègalisent nier, en même temps que celui du &Ouille. suicide de l'héroïne - mais c'est con-
La c~pnaissance est· une sci,e~ce ·~xacte les deWl plateaux du moteur et du frein, de Évoquant, dans le cas ·du lllllbhnta, le testé - et comme la sun1ivance tl'un vll!ILll .
et rigoureuse: elle est pesée dans. la l'élan et dt la retenue,. de la spontanéité et début de l'asœnsi11n du Y8111. le jeu de la rite préhellénique. On a retT'QUt/é ell ~r
balance. c;~ sens apparait dans un texte de de la réflexion, de .l'aband11n et de la balançoire.se prl\lique plus couramment au des jlgurlnu minoennes fallu pour être
l'Etclésiastique. crainte, de l'appel et du recul devant la vie, printemps, il accompap le renouveau. Il balancées. Quelle étail la slgnlf/catlo" de
Ecoute-moi, mon fils, er apprends la sa- niius voyons surtoul se neutraliser · les est aussi, parallèlement, un ·symbole ces rites de balançoire l Etalt·ce vraiment,
gesse; forces contraires. De là surgit un monde de d'll!IJour (11n l'utilise dan• les . rites de c(lmme le supposai! Charles Picard, une
Je· te décoavrlrai une doctrine pesée la moyenne, de la mesure. des demi -IOnl, mariage); ce qu'une au~ interprétation, figuration, de l'élan vers le divin 7 li •BI bien
dans la balance des teintes et.des·nuances. C'esl un univers Parfaitement explicite, associe au rythme dlOlclle de le dire. Que, dans une religion
t02f ........ ,
oct /'arlJre hall adoré com- 11n symbole [JC1iumt". Dans l'Inde, l'avatar vishnouite fient le• contradiction•, le poisson échappe mythes initiatiques analogues à celui de
lh /icondlté, hl déem "' ba/an(;tlt dans du poisscn guide l'arche sur les eaux du à· Moïse et retrouve son élément, poUr y Jonas. Le passage par le ventre du
l'arbr., tt/a po11val1 lllLISi ""°"une signlfl- deluge. Dans le mythe de Jonu, la baleine Rnaltre à une vie noavelle. Le symbol,.,,.e monstre,. souvent marin, est parfois expres-
catlon (Dd'radaa, BEAO 295). L'attitude de est l'arche elle-même: l'entrée de Jonas de la /~tire arabe, min; et du croissant qui sément considéré comme une descente aux
Pbedre -.ejoindrait le symbolisme chinoiil dans la baleine, c'at · l'entrée dans la la figure, rejoint ici de manière curieu•e le ellfl!l's. Sur les côtes du Vietnam les .,. des
de la fécondité. C'est œ que confirme période d'obscuritC, intermédiaire entre symboli&me de la croix, représenté par la baleines echouées sont recueillis et font
Pierre Lavedan à propoa de ce balance- lhux élllU ou lhux modallth d'aistencl junetlo·n des deux ·mers, el celui du poisson, l'objet d'un culte: dlvinitê de la mer, la
ment de Phèdi'e : c'est là tuile agraire de la (Guénon). Jonas dans le ventre de la emblème de vie, l'lchtlrus, qui fut égale- baieinc guide les barques des p&:heurs et
balmtf:oitt. Peut~tre .i1o1t-e/te lire crmst- baleine, c'eSt la mort initiatique. La sortie nrent, pour les premiers Chrétiens, un •igne les sauve,du naufrage. Le génie-baleine est
dllW originellement comme une dlvlnllé de Jonu, c'fllll la resurrection, la -ve11e de résu"ectlon. li n'est certainement pas aussi secourable - par simple exten-
égéerrne lh la fl!l'tllllé du sot (uvo, 7' 1). miinance; comme le montre de 'façon par- fortuit que les prières destinées au service sic;in - dans le pauage vers le sejour des
D'autre part, Athènes célébrait une me tieuliiirentalt explicite la traditîon isla- des morts alem de1 verse11 qui riment prin- immo"els. La baleine semblerait donc
des balançoires. C'était un rite d'e•piation mique. En effet nb, vingt-neuvième lettre clpalemen 1 en n (BAMÇ, 141). jouer ici un rôle de psychopompe, cc qui
pour le meurtre d'lcarilll. Ayant répandu de l'alphabet uabe, signifie aussipof1,,,,,., Du point de vue du symbolisme cosmo- n'est pas sans rappeler la place importante
la .plantation de la vigne en Grèce, U:arilll et Cii particulier la baleine. C'est pourquoi gonique, la tradition islamique rapporte qu'elle tient dans les cultures indiennes de
aurait fait gollrer le vin, préllent de Diony· le prophète Jonas, Seyidna Yûnûs, est que la terre, une fois créée, se baiançaît sur la·eôle ouest du Canada (Kwakiutl, Haîda,
sos, à des bergers qui, se vo,,ant ivres et se appelé Dhûn-Nûn. Dans la Kabbale, l'idée les eaux. Dieu fit descendre un ange, qui Tlingit, etc) et notamment les celebres
croyant empoisoonés, l'auraient tué. Sa de nouvelle 11aluance, au iens spirituel, souleva la terre sur ses épaules. Pour que masques à parois mobiles, qui reptCsentent
tille s'était pendue à l'arbre au pied duquel s'attache à cette lettre min. ' ses pieds pussent se poser, Dieu créa un un visage humain à 1'intérieur d'une
se trouvait le cadavre. Frappées de folie , La forme même de la lettre en arabe (à rocher vert, rep0sant lui-même sur le dos et baleine ou d'un autre monstre ouvrable.
par Dionysoa, le• jeunes tilles d'Athènes savoir la partie inférieure d'une circonfé- les cornes d'un taureau qui a quarante Quoi qu'il en soit le culte vietnamien ci-
l'imitèrenL L'oracle dit que cet état de crise rence, un arc ·sunnontè d'un point qui en !Jlille têles et dont les pattes sont posées sur dessus mentionne semble descendre des
était la·vengeance du dieu, pour le me11rtre indique le centre) symbolise l'arc!u!# tje ùne immense baleine. EUe est tellement Chams, que ce"aines traditions font venir
d'Icarioa et le désespoir de 11 tille. Le pré- Noi :flottant sur les eaux; immense que. si toutes les eaux des mers se de la mer et aborder, comme la baleine, sur
sent du dieu, le vin, ayant éte mCprlse par Cette demi-circonférence représente éga- réanissaienl dans une de ses narines, le tau/ les côtes de l'Annam. La tradition austro-
les bommel, le dieu s'était senti outragé. lement une coupe•, qui peut, BOUS certains Sl!l'ait comparable à un grain de sénevé asiatique des dieux échoués existe égale-
Une flte religieulC! fut donc instituée pen- aspects, .signifier 111 mlltrice. Considérie de dall• une '""" dherte. Tha'lal>i dit' Dieu ment au Japon. C'est, il'faut .le dire, une
dant laquelle les· jeunea tilles se suspen- la aorte, c'est-à-dire en lant qu'élément pas- créa NQ11; c'est la grande balel11e. baleine merveilleuse qui amena aux Mon-
daient aux arbres ; plus' tard elle& furent sif de ·la transmutation spirituelle, la f!tant donné · que la terre repose sur tagnards sud-vietnamiens· !'Enfant sauveur
remplacees par leurs effigies, des disques à baleine représente· en un certain tens l'ange, l'ange sur Je rocher, le rocher sur le du monde, libérllteilr du mal
visage.. hnmain, leHncl//a; Rome connut chaque individualité dllns la mesure où elle t'Bureau, le taureau sur la baleine, la Enfin symbole du conte11a111 et, selon
auasi cette tradition (ORID;' 14S, 14ti). On contient le gerllli! de l'immortalité e11 •lm baleine- sur l'eau1 l'eau sur r&ir et l'air sur son contenu, symbole du trêsor caché ou
retrouverait dam le symbolisme' de la mon centre, reprétwnté .symbollquemellt colttre JtS ténèbres, et que toute cette structure parfois aussi du malheur menaçant, la
le suicide de Phèdre, mais cc serait pour le caur. Il convient de rappeler ici l'étroite #fld des mouvements de la baleine, baleine ·reœ1e toujours la polyvalence de
renaitre, conformément auJt croyances relation qui existe entre le sy111boli11De de Rllî$,· lé dèmon, induisit celle-ci en tenta- l'inconnu et de l'intérieur invisible; elle est
agraires fondées ·sur les cycles aitemés de la conpe• et celui du cœur•. tiolt; dit-on, de lie débarrasser de sa charge. le siège de tous lea opposés, qui peuvent
la végétation. Le .développement du gilrme •plrilNei les tremblements de terre sont du• aux surgir à· l'~xistence; Aussi a-t-on comparé
Le. rite de la bal~ire .. associe donc implique que l'l!tre émerge de wn état lndl· aoubresauts de la baleine. Mais elle fut sa masse ovoi'de à la conjonction de deux
deux symbolei dans sa propre signilica- vidwl et de l'e11vlro1111ement cosmique tnaitrisèe: Dieu envoya sur-le-champ d la arcs de cercle, qui symbolisent le monde
tio'n: elle fait naitreJe vent•, qui féconde le tzlU/Ue/ Il appdrtlent, ile mime que le retour bàfelnt une pellle /Jlte qui lui entra dans d'en haut et celui d'en bas, le ciel et la
sol Cii amenant· la pluie ; elle réunit la de Jonas à /a vle,coincilh avec l<i llOrlie du •ne narine et pb;étrajU11q11'a11 cel'l!eau. Le terre.
femme et l'arbre•, qui e&t lui aW11i symbole ventre de la baleine... Celle sortie équivaut grand poisson gémit (el lmp/orll) Dieu qui
de vie. Ce rite du baianœment se retrouve à celle de l'ltre qui êmerge de la ca~erne* P6'11ftl·d /a pellle bite de sortir. Mals elle
au Népal. en- Estonie,: aux Indes, en Initiatique, dont la · concavité est repré- * tient face à la baleine, menaçant de ren- BAMBOU
Espagne, comme un appel au vent néces- Sl!lflée égakllli!nt par la demi-cltcollférence · wr, ehaque fols que celle dernière es/ Le bambou est, au Japon, avec Je pi.n et
•alre a11 dipiqaage, appel à /a/écondité du de la lettre mln (GuBN, 166' 1'68). tentée de Je mouvoir (sous; 2~2-253). le prunier, l'une des trois plantes de bon
•Ol4f!le (HRP, 312). , La baleine apparaît egalement dans le Comme d'autres animau~. le crocodile•, augure.
Coran (La Caverne, sourate 18) avec la l'éléphant•; la tortue•, la baleine est donc Il est surtout l'un des élèments princi·
parabole d'un voyage de Moïse, qui avait un :B)'mbole de support du monde, un cos- pawt de la peinture de l'epoque Song, forte·
BALEINE lllilphore.
emporté avec lui un poisson. Moïse par- ment influencée par le Bouddhisam tell._
Le symbolisme de la baleine relève à la vient au col'lfluent lies deux mers (v. 60). A · La Polynésie, lAfrique noire, la La peinture du bambou est plus qu'un att :
fois de la •Bouche d'ombre • et du la croisée des deux mer.I, au point où s'unl- Laponie font intervenir la baleine dans des un exercice spirituel. La rectitude inéga·
104/B11111UHr Banquet/105

lable du bambou, la perfection.ile son élan trument· est dite uo-u1111a ; le demiurge, ou retrait correspond à la réception de la valeur du stgne distinctif: bannière d•un
vers le . ciel, le vide de ses entre-nœuds héros c.ivilisateur invoqué à cette occasion, Jumiére, littéralement il l'illumination spiri- seigneur, d'un général, d'un chef d'Etat,
poile le nom de uanmUi. Ce uana eruendu tuelle. d~un saint~ d'une congrégation, d'une cor-
- image de la llninJAta, de ia vacuité du
cœur - symbolisent pour le Bouddltiste, daris sa totalité serait pour les Yekuana Le bandeau de louvetons, ou fils de poration, d'une patriii, etc. La bannière met
voire pour le Tao\"ste. les caractères et le l'arbre cosmique ou arbre de vie, père de 111açons, est translucide, car ils ne viennent sous la protection de la personnt, morale
but de sa démarche:intérieure. Sans.oublier Uanadji l'ancêtre mythique, père donc de pas directement des ténèbres extérieures, ou physique, dont elle est l'insigne.
revocation de son bruissement qui fut, tous tes Yekuana, dont les noms de clans mais d'un milieu, qui reçoit au moins
pour quelques maitres, le signal de l'illumi- se terminent .du reste tous en uana: Dek- quelques reflets de la connaissance initia- BANQUET
nation. La peinture de bambou approche uana, Yek-uana. tique (BOUM).
de la calligraphie: c'est un langage véri- Le banquet rituel est quasiment univer-
table, mais auquel accède seule la percep- BANANIER BANDELETIES sel. H est souvent constitué par des
tjon intuitive. offrandes préalablement consacrCes: tel est
Le banallier n'est pas un arbre, mais une Les rites égyptiens de la momification le cas dans le Shlnlô. Milare1:>a cite le,
. Autres aspects très divers : le bambou
plante herbacée.. depourvue de \ronc comportaient une opération consistant à même. rite accompli che~ son iurn Marpa.
est utilisé pour chasser les influences mau-
ligneux. Ses tiges, très tendres, disparais· entourer le cadavre de bande!ett<0s de lin li etajt egalement très fréquent dans le
vaises; moins peut~tre pour des raisons
sent après la fructification. C'est pourquoi bhlne convenablement serrées. ·Les bande- Taoïsme ancien .. Dans le rituel hindou,
symboliques qu'en · fom:tioo des. détona-
le Bouddha eri' fait le symbole de la fragi· lettes ainsi placées ont une double signifi- l'absorption de la boisson communielle par
tions sèches que. produit son bois mis ·au
lité, de l'instabilité des choses, dont l'inté-' cation symbolique. Elles rappellent le.sacrificateur !IC dit boire le Soma dans Je
feu; Le fourré de bambous, obstacle clas-
rêt doit être 'négligé: Les constructions d'abord le filet de fluide vi1a/ entoura111 le banquet des diewc •.. ce qui est l'évidenÏe
sique, figu're souvent dans l'iconographie la
mentales soni pareiJ/es à un bananier, Ht- COlmi,.... puis, vêtement de lumière, la
jungle des pechés que peut seul traverser Je expression d'une .participation à la !Jéati-
on dans le Sainyuttà Nlklya (3, 142). C'est rhu"ec1ion après l'hypnose de la mort, tude supra-terrestre.. Mang~r te uu:rifice est
tigr .. , symbole de la puissance spirituelle
un thème classique de la. peinture chinoise 'lt'i esl une période d'incubation
er de ger- une formule courante dans la Chine
du Bouddhisme .. Un texte c:les Tang iden-
que le Sage mè;dita\Jt sur l'impermanencé 111ination (CHAS, 77). antique, où elle· <;orrespond à un "festin
tifie le bambou au serpent•, en lequel il se
des choses au p1ed d'un ~ananier. · donné dans le Temple des Ancêtres. Le
transforme, paraît-il; ais.émeut U'acception
est apparemment bénéfique). La dualité du BANNIÈRE Cbe-klna rapporte des chants qui les
bambou mâle et du bambou femelle est un
BANDEAU accompag~ent; Je Tso-tchouan précise que
symbole d'attachement, d'union conjugal•• Symbole d'aveuglement quand le ban- Symbole de protection, accordée ou lefesti11 d-Oit servir à faire éclater la Vertu.
On trouve, en ,divers te-xt'81 ~a. n)ention de deau est placé sur les yeux. Thémis, déesse implorée- Le ·porteur d'une bannière· ou li est aussi un .rite d'alliance.et probable,.
bambous à trois, 1i neuf nœuds• : ces objets de la justice, a les yeux bandés pour. mon- d'un étendard* ie mulève au dessus de sa ment d'infêodation {cooH, QRAD).
évoquent essenliellement un symbolisme trer qu'elle ne favorise personne l>t ignore tête; li jette en quelque sorte un appel vers Le ballQ!Jet exprime, comme on le sait,
numériq11e (BEl-T, CHQO, QROG). ·. ceux qu'elle juge. ErQS aussi : ce qui Io ciel; il crée un lien entre le haut et le bas, un .rite communiel, et plus précisêment
Cl,lez les Bamoun et l!IS .Barnilékê. u.n signifie que l'amour frappe aveuglèmenL le céleste et lé. terrestre. Yahvé est ma ban- celui de !'Eucharistie. Par extension, il est
morceau de bambou. appelé Guis (le rire) Bandeau également sur les yeux ,de la nière, dit le texte de l'Exode (17, 15); ce le symbole de ta Communion des Saints,
e$l un symbole de la joie, de la joie simple déesse représentant la Fortune, car la dis- qai. signifie: Dieu est ma sauvegarde. Chez c'est-à-dire de la béatitude céleste par le
de vivre, sans lnaladie et. sans .so~~i. trfüution .des richesses çst faite au hasafd. la Sémites, les. bannières· ont toujours eu partage de la même grâce et de la- même
En ft,.frique èquatoriale comme en Amé- Au Moyen Age, la Syi;iagogue est repré- un -rôle important. Sur le plan chrétien la vie.
rique. aux. mêmes latitudes,. l'éclat. de sentée. les yeux bandés, ce qui signifie 900. ~nière symbolise la victoire du. Christ
bambou durci au feu joue un rôle civilisa- aveuglement. ressuilcité et glorieux. Toute proçession De faç()n générale, il est un symbole de
Sur· le plan ésotérique les yeux bandés liturgique durant le t<mps pascal et l'ascen- participation à une sociêté, à un projet, à
teur. analogue • celui de l'écla.t de silex ou
possèdent le sens de. tetraite intérieure, <le sion comporte l'emploi des bannières. une fête.
d'obsidienne qans les cultun:s lithiques•.et
principalement au Mexique. li est instru- contemplation. Les yeux 9011t clos, fermés .·Passant du Christ à l'âme, le! .bannjères Le banquet attesté en Irlande, à la f'ete
ment sacrifi.ciei et sert notamment aux à la cupidité et à la curiosité. lignifient (selon Richard de Saint-Victor de Samain (premier novembre) est .(a seule
medecine-men qui procèdent à la circonci- . Le ban~u de toile dea _religieuses (xn• s.), Sennom et opuocules lriédlll, texte cérémonie de ce genre qui soit connue. Elle
sion rituelle. ' signifie l'aveuglement qu'elles doivent latin, introduction et notes par Jean Chatil- se tient dans la capitale ro.yale, Tara, ou,
Il est pointe de flèche de guerre, couteau, avoir vis-à-vis du monde; et de façon plu• lon, Paris, 1951, pp. 68, 78) le soulèvement selon quelques textes épiques, dans la capi-
et instrument, dont on tire le feu chez les positive, l'attitude de méditation et de .con- (atblevatlo) et l'élévation (elevatlo) de l'es- tale de !'Ulster, Emain Macha. Le principe
nomades Yanomami du Sud du Venezuela. cent~ation spirituelle. prit. La bannière est ·élevée, l'homme la en est en tout cas le même: la participation
Leurs voisins les Yekuana, apparentés aux ·Le symbolisme du bandeau, utilisé dans tend au-dessus de lui, il tend ainsi par sa est obligatoire et tous les vassaux se grou-
c..raibes, l'utilisent comme instrument de l'injtiation maçonnique, est d'une év.idence contemplation vers les biens célestes. Etre pent autour du roi. On y consomme de la
musique sacrée: il se nomme dans leur telle qu'il est à peine besoin de le commen- ~spendu au-dessus de la terre, c'est être viande de porc (animal symbolique·du dieu
langue llana (clarinette) el il est à noter que ter: les yeux du récipiendaire sont masqués mitié aux secrets divins. Lug) et on y boit de l'hydromel ou de la
la principale réte où parle cet ins- par le bandeau du monde profane, dont le ,.. Cc symbole de protection •'ajoute à la bière, plus raremenl du vin, boisson de 519u-
Berbe/107
verainete· et d'immortalité (oo,;c, 13, l'attraction du vocabulaire liturgique pour objets qui interviennent dans l'administra- Vache• de Coo/ey les guerriers d'Irlande se
495 s.). designer anelogiquement une lustration tion de ce sacrement : imposition des refusent 8 combattre Cùchulainn, Je héros
rituelle (rnRo, 53-54). mains, insuffiation, signes de croix, tradi- d'Ulster, parce qu'il est imberbe. Il en est
tion du sel de la sagesse, ouverture de la réduit, devant leur attitude de refus, à se
BAPrtME (Bain) L'immersion ou l'aspersion par une eau bouche et des oreilles, renonciation au faire une fausse barbe, magique, avec de
Il est dit de l'action de Je~n-Bilptiste vierge se rencontre dans les traditions de démon, récitation du Credo, onction de l'herbe (WINI, 309). Les guerriers francs
dans le désert: ... Ils se faisaienl baptiser nombreux peuples, associee aux rites de diverses. huiles d'exorcisme, d'eucharistie, sont barbus. Au Moyen Age, les neuf
par lui dans tes eaux du Jourdain, en con- passage, et principalement à la naissance et re.mise du vêtement blanc et du cierge preux portent une barbe d'or en témoi·
fessant lears péchés (Matthiea, 3, 6). C'est à la mort. allumé. Toutes les démarches de cette céré- gnage de leur héroïsme et de leur inspira-
ce qu'on a appele le baptême par immer- Chez les Maya Quiché le baptême est lié monie initiatrice tradui!<'nt la double inten- tion, . .
sion, tel qu'il fut longtemps pratique. Ce a l'histoire archètypale des Jumeaux, dieug tion de purifier et de vivifier. Elles révèlent Dans le LéviliqUe (19, 27) il est recom·
rite de l'immersion est un symbole de du Maïs. Dans les traditions funéraires des aussi la s(ructure feuilletée du symbole: à mande aux Hebreux dl! ne pas couper ell
parllleadon el de renouveau. Il était connu mêmes peuples. non seulement le mort est un premier p]an, le bapt&ne lave l'homme rond leur chevelure, ni les cr'Jtés de leur
dans les miUeUx ·esséniens, mais aussi da-ns lavé rituellement, mais sa tombe est de sa souillure morale et lui octroie .la vie barbe.
d'autres religions (qui l'associent aux rites aspergee d'eau 'Vierge, ce qui revient à dire surnaturelle (passage de.la: mon à la vie); à Le Christ, jusqu'au vi' siècle, est le plus
de passage, notamment de naissance et de que le mort, au départ vers son autre vie, un autre plan, il évoque le mort et le ré.!ur- souvent reprêsenté comme un adolescent
mort) que le Judaïsllle et ses secte8. Cepen- est baptl•é, comme le vivant l'est au dépan rection du Christ: le baptisé. s'assimile eu imberbe . - ensuite barbu. Les moines
dant, les éditeurs de la Bible de Jérusalem de celle-ci (OJt<P, 195-196). Par celle opêra· Sauveur, son ensevelissement dal.s t'eau orientaux portaient et portent· encore la
notent à 'ce ProPos ce qui différencie le tion, le mort, recevant l'eau vive, analogue symbolisent la mise au tombeau et sa barbe.
baptême de Jean des auires rites d'immer- au sang divin, est asture d'être régénéré. sortie le résurrection; à un troisième plan, Elle avait chi:z les SCmites une très
sion: il vise une purification non plus Cette sorte de baptême est ici également le baptême délivre l'âme,du baptisé de l'as- grande importance. Non seulement elle
ritue/fe, mals morale; Il ne se répète pas et une opération initiatique de régénération. sujettissement au .démon et l'introduit dans était un signe de virilité, mais elle èteit con-
revêt de ce fait /'aspecl d'une lnillallan; Il a L'eau• première ou eau-vierge, devenue la milice du Christ, en le. marquent au sidérée comme l'9mement du visage mas-
une valeur eschatologique, Introduisant eau-bénite, joue un rôle complémentaire de sceau du Saint-Esprit, car cette cérémonie culin. Elle était donc. cultivée avec soin et
dans le groupe de ceux qui professent une celui du Feu• dans les rituels de purifica- cons.acre un engagement. au service de
1•eglise. Elle n'opère pas une transforma-
souvent parfume.. Inculte et négligée, ~lie
a1ten1e active du Messie prochal" et qui tion ou de régénération. est un signe de folie (1 Reg.· lJ, 13;14).
cbnslituent par avanee sti communauté. -On Jean-Baptiste parlera d'ailleurs du Feu à tion magique; elle confère la force de se Selon l'usage oriental, il importait d'y
peut le ci>mparer à l'enterrement· symbo- propos du baptême : Pour mpl je vous bap- et
développer, par la foi les œuvres, dans le PO"l'i ses levres en signe de respect (I Rois,
lique, à l'initiation à travers là pierre tise dans teau en vue du repentir; mais sens de l'Évangile. Toute cette liturgie .20, 9). Couper la barbe d'un ennemi ou
trouée, le creux d'un arbre, une· renie de le celui qui. ·vient derrière mul, .er je ne sui• symboli!-1' et réalise, dans l'âme du baptisê, d~uri visiteur, c'est -COql'*·e.ttre un grave
terre. pas digne d'enlever ses chaussures, ·lui, la naissance de la grâ«, principe intérieur affront. Celui qui en e8t victime se cache
Quelles que soient les modificatipns vous bapllsera dans /'Espri1-Sal111 et le Fea de perfectionnement spirituel. · · afin de ne pas s'exposer au ridicu\e jusqu•.i
apportées par la liturgie de• di ver- eon- (Matrhleu, 3, 11). Et les exégetes observe- ce qu'elle ait repoussé. Dans un seul cas,
fessions chretiennes., les rites du baptême ront que le feu, moyen. de sanctif/callon BARBE couper la barbe était autorisé, lors d'uti
continuent de comporter deux gestes ou mnln• matériel el plus ~cace que l'eau, deuil ·ou d'une douleur; parîois, elle était
deux phases d'une remarquable portee symbolise déjà dans l'Ancien Testament Symbole de virilité, de courage, de sa· seulement xecouvene en signe.d'affiiction.
symbolique: l'immersion. et l'emergence. l'intervenrlon souoeralne de Dieu et de san gene. Les lepreux devaient porter un voile sur
L~immersiO~,"aujoU:rd'hUi réduite à l"asper- Esprit puriflanr les eonscleneerJ (/saie, 1, l~ra, le Dieu védique, Zeus (Jupiter), leur barbe. Cependant, les prêtres d'~gypte
sion, est elle-même riche de plusieurs signi- 25). li'oseidon (N~ptune), Héphaïstos (Vulcain), se rasaient la barbe, la tête et tout le corps ;
fications: elle indique la disparition de etc., les heros comme les dieux, les Moïse exise des Lévites d'être entièrement
Je les ·amènerai dans le feu:
l'ëtre de pechè dans les eaux de la mort, la monarques et les philosophes, sont 11> plu- rasés lors <;I.e leur consécration (Nombres 1,
je les épurerai comme 011 épure /'argenr, part, du temps représentés barbua. Le Dieu 7).
piiriticaticn par l'eau lustrale, le ressource- et le~ éprouverai, comme on éprouve
ment de l'être à l'origine de la vie. L'émer- l'or. · · ' des Juifs et des Chrétiens également. Des Si les Égyptiens se rasaient, cependant
gence revèle l'appatitiOll de l'être de grâce, reines égyptiennes sont représentees avec dès l'origine,, signale François Daumaii.
(Zacharie, 13, 9). la b11r'1e, en •igne d'un pouvoir égal i cel)ii
puritiC, raccordê à une source divine de vie (oAue, 582) les dieux furent disti'W'is par
nouvelle. · Aux premiers siècles de notre ère, on des rois. On donne une barbe postiche, le por1 d'une barbe postiche, longue et
Quelques textes irlandais font mention dire des catéchumènes, non encore bapti- dans l'Antiquite, aux homme• imberbes et mince. Elle était tressée el on l'a11achait
d'un baptême druidique sur lequel on ne sés, mais envoyés au martyrCt qu'Hs ont aux Jemmes qui ont fait preuve .de courage aux oreilles par un,Jll pas;~, ~ur la joue.
saic·rïen d'autre, si ce n'est qu'i] a peut-être. reçu le baptême du feu. et de sagesse. lt1 rois partageaient ce privilège avec /t1
existé. Il est possible toutefois que l'emploi Une analyse plus détaillee des rites A l'époque celtique les femmes deman- dieux. Avec la pQinte recourbée en avent,
du terme, dans des textes qui sont tous catholiques du baptême ferait resS<1rtir le dent au jeune héros Clichulainn de "' col- cette barbe postiche est semblable â celle
d'êpoque ehrètienne, soit dû seulement à riche symbolisme des multiples 'gestes. et ler one barbe. Dans le rècit Razzia des que portent encore auj'!urd'hui les digni-
108/Berque Basillo/109

taires de cenaines tribus d'Afrique centrale défunt se dirige vers la barque, en portarit Pour G. Bachelard, la barque, qui con- BASILIC
(voir 11111te•, lreHe0 ). ses entrailles• · dans une urne. Comme la duit. à cette. naissance, est le berceau redé-
colonne vertébrale. les entrai/les ont un couvert. Elle évoque dans Je même sens le Plante dont les feuilles sont censi:es
carac1ère · éminemment sacrê: elles pos- enfermer des pouvoirs magiques (elles sont
sein ou la matrice. La première.barque eet
BARQUE sèden1 la force mapquc sans laquelle le peut.are le cercueil.
utilisées dans la préparation .de l'eàu vulné-
mort ne pourrai/ pas conserver sa pers<>n· raire rouge) et dont les fleurs exhalent une
La barque est le symbole du voyage, Si la Mort rut le premier navigateur.... odeur penétrante. Les feuilles de basilic
d'une ·traversée accomplie soit par les nalllé et sa conscience... Or chaque mort
le cercueil, dans cette hypothèse mytholo· sont employées au Congo .central pour
viv~nts, soit par les. mons. doit particulièrement vef//er à ce que ses
glque, ne' serait pas /a ·dernière barque. li conjurer .les mauvais sorts èl protéger
propres entrailles ne lui soient point volus
En dehors de la coutume d'exposer les serait la première barque. f.a mort ne serait contre les mauvais esprits (Pouc). 'Elles
par les e•prlts malfalsams qui pu/fuient
morts dans des canots. il exis1e, en Méla- pas lé derniet voyage. Elle serait le premier sont propres à la guérison des coups, bles-
dan• l'au-de/à, tol(fours en quête de force
nésie. trois tmportan,e.s catetories de faia voyage. Elle sera pour quelques riveurs sures et contusions.
tllllllque (CHAM;. 52). Ils pullulent, du
magico-religieux qui lmpllquem l'utllisa- profpnds le premier. vrai voyage Reptile fabuleux, qui tue par son. seul
moins, sur ces chemins liquides du monde
tfon (réelle ou symbolique) d'une barque (Bf.C~, JOO).
souterrain, par lesquels la barque s'avance regard ou par sa seule haleine celui qui
rituelle: 1. la barque pour expulser les vers la demeure définitive du c!Crunt, vers lit ·Mais, remarque Bachelard, la barque l'approche sans l'avoir vu et, ne l'a pas
démons et les maladies; 2. celle qui sert au clarté de la lumière, si elle n'a pas chaviré des morts. éveille une conscience de la regarde le premier. Il naitrait d'un. œur de
Chaman -indonésien pour voyager dam en route. Parfois la barque ne contient" faute, oomme le naufrage suggère l'idée vieux coq, âgé de 7 ou 14 ans, œuf rond,
l'air à la recherche de l'âme du malade: qu'un porc: c'est le Dévorateur qui attend d'un châtiment, la barque de Caron va tou· déposé dans ·du fumier et couvé par un cra-
3. la barque des esprf!S qui transporte les les damnés pour les emmener dans l'enrer jours aux eefers. Il ny a pa• de nautonier paud ou une grenouille. Il est figuré par un
dmes des morts dans l'au-de/à (eue, 322). des mah!:dictions où rëgnent les tortiim· du bonheur. La barque de Caron ·serafl coq à queue de dragon ou par un serpent
naires aux doigts cruels. ainsi un symbole qui restera attaché à l'ln- aux ailes de coq. Tout .son symbolisme
La barque \les .morts se retrouve dans d~strucllble malheur des hommes (8ACE,
Parfois, la· barque est halée le long des découle de cette légende.
toutes· les _civilisations. Très répandues en
Océjinie Sont les croyances, selon_- 'les- ri~ages à l'aide d'une longue corde, qui 108). 11. représenterait le pouvoir royal qui
quelles los morts accompagnent le soleil prend la forme d'un boa vivant, symbole J.1t v~~ présente est auss.i une navigation foudroie ceux qui lui manquent d'égards;
dans roœan, portés par des barque~ du dieu qui chassait de devant Ri! /es·enne· perilleuse. De ce point de vue, l'image de la la femme <!ébauchée qui corrompt ceux. qui
so/lllres (Frobenius, cité pat ELIT, 127), mi• de la lumière '"(CHAM, 70). D'autres barque esi un 9ymbole de oieurlté.. Elle ne la reconnaissent pas les premiers et ne
En Irlande, la barque, en tant que telle, fois, le serpent Apophis, redoutable incar- f~vorise la tt:aveisée de l'exist~nëe,-comme peuvent, en conséquence, l'éviter; les dan-
apparait très peu dans les textes épiques; nation de Seth, apparait dans ·los eàux, des existences. llne auréole en forme 'de gers monels de l'existence, que ·l'on ne sau·
mais dans les textes mythologiques, elle est autour de la barque qu'il Cherche à renver- barque figure gênéraleme~t ~errière le per- rait apercevoir. à .temps, dont soule la pro-
le symbQle et ïe moyen du passage vers ser. Comme un dragon, Apophis lance des ~nage d'Amida sur les représentations tection des anges, divins peut préserver:
l'Aùtre "1onde. (OG-"C, Ui, 231 sq). flammes, rait tourbillonner les eaux pour japonaises; elle rappelle aux .fidèles qu'A· Les anges te porteront
Dans l'art et la littérature de l'Égypte s'emparer de l'âme épouvantée du defünt. mida est un passeur et que ~a CO!l\P"liSion
Si elle résiste à ces assauts, la barque achè- pour qu'à la pierre ton pied ne heurte;
ancienne, c'est par une barque sacrée que
vera sa course souterraine, ayant évité les
les .conduira au-<lelà de l'Ocêan des dou- sur le lion et la vipère (basllle) tu mttr·
le défunt êtait censé descendre dans les leurs, que sont la vie en ce monde et l'atta· cherti3,
dçuze r~ion~ du monde inrérieur. Elle écueils, les portes de l'enfer, les gueules des ~&ernent à cet~ vie. ·ce personntlge boud-
monstres, pour déboucher à la lumière du tu fouleras le lionceau et le dragon.
vôguait a travers mille périls, les serpents, dhiste êtait peut-être, lui, un nautonièr du ·(Psaume, 90, 12-13).
les démons, les esprits du mal aux longs Soleil levant, devant Khefri, le scarabée• bonheur.
couteaux. Comme celle de la psycho- d'or, etl'âmejustiftëe connaitra les félicités La .légende ajoute qu'il êtait extrême·
éternelles. Parfois, · un scarabée debout Dans la tradition chrétienne, la barque
stasie•, sa reprCsentation comiiorte des élé- ment difficile de s'emparer du basilic. Le
dans laquelle les croyants prennent place,
ments constants, hiératiques, rituels, que dans la barque porte un soleil sur ses pattes seul moyen d'y parvenir consistait à lui
comme une promesse d'immortalité. On· pour vaincre les çmbûches de ce monde et
certajnes variantes viennent -en'richir. Au tendre un miroir, et .le regard terrible, doué
conçOit que cette· prodigieuse richesse les. tempêtes des passions, c'est l'Église. A
centre de l'imag_e, se dessine la barque d'une puissance mortelle, reflété et
d'imagination puiss:e aussi ,bien que la ce propQs on éyoquera J' Arclle• de Noê,
solaire ponêe par les flots: En son milieu se retourné sur le basilic lui-même, le tuait ;
mythologie grKque se prêter à une inter· qui en est .la préfiguration. Il y a plaisir,
tient' Rê, le Dieu solaire; le' défunt est age- ou bien les vapeurs empoisonnées qu'il lan-
prétatioh analytique, à partir de ce principe disait Pascal, d'être dans un va/sseau,battu
nmiifl{en adoration devant lui. En avant et çait lui renvoyaient la mon qu'il voulait
que le voyage souterrain de la ·barque par l'orage, lorsqu'on est assuré qu 'li ne
en arrière de la barqüe, Isis èl Nephtys donn«. Comment ne pas le ~approcher de
solaire serait ·une exploration de l'irn:ons- périra pas.
semblent indiquer une directilln de la main la Gorgone, do11t la seule vue jetait dll!IS
gauche levée, tandis que la droite porte la cient. Au terme du voyage, l'âme justifiée l'épouvante et dans ta mort? La tête. de la
peut chanlèr: Le lien est dénoué. J'ai jeté à BARSOM Méduse sur le bouclier d'Athéna• ftlléantis·
croix• ansée (Ankh•), symbole de l'éternité
qui attend . le voyageur. A l'extremité te"e tout le mal qui est sur moi. 0 Osiris . Faisceau de tiges liées ·ensemble. Il sym- mit à elle seule. les ennemis de la déesse.
gauclle de l'image, suivi du Dieu Anubis à puissant 1 Je viens de naitre I Regarde-mol, bolise, en Iran B11cien, la nature végétale Au Moyen Age, on estimer.a que le
tête de chacal•, le guide des chemins, le je viens de naitre 1 (dté dans CHAM, 156).' Io,. des offrandes sacrificielles. Christ a ecrasé les quatre .animau1 cités
1 1 O/lhteleur Blto!\1'111

par le Psalmiste et parmi lesquels se trouve Le bateleur se tient devant une table, de V........., le Nain, avitara de Vishnu, le sorciéres du Moyen Age, se rendant au
le basilic. On utilisera, dit·on, le basilic en couleur chair (ce qui souligne son carac:· &utda est un bâton de pèlerin•; nous Sabbat à cheval sur un manche à balai*,
médecine et, mélangé à d'autres ingrê- tère humain), ·dont nous ne voyons que dirons qu'il est axe entre celles du brah- n'est pas sans analogie avec ce voyage du
dients, il de-Viendra précieux. E'n alchimie. trois pieds qui pourraient être marquis des mane. Les bâtons de Nlnurta frappent le Tao, bien que la différence soit immense
il symbolisera le feu devastateur qui p,..;. signes soufre, sel er mercure, car ce sont les monde et s'apparentent à la foudre. dans le signe qui afT«te ce même symbole.
lude à Je transmutation des métaux. trois piliers du monde ob}ectif(WtRT. 117). La canne du pasteur se retrouve dans la D'une façon génèrale, le bâton du chaman,
N'est-il pas toujours l'image de la mort, Sur cette table sont posés dive..S objets qui crosse de l'évêque, dont Segalen souligne du pèlerin, du maître, du magiden est
qui terrasse de f'éelair soudai~ de
sa faux. correspondent aux quatre sèries des que le balancé de sa marche rituelle est la symbole de la MONTIJRE Invisible, véhicule
semblable au regard, si on ne la considère arcanes m~neurs: dc:;niers. _coupes~ ipées~ transcription splendide et périmée de œ/le de ses voyages à travers le• plans et les
d'avance, en s•y prCparani avec lucidite? hâlons, et marquent le lien qui unit les des princes pas1eurs, dans les pâturages mondes.
Ou en se mettant. com~e. dit l'ÉC:riture. soixante-dix-huit lames du Tarot. anciens. Appui pour la marche, mais signe Le bâton est dcllenu, dans les lègendes
entre- les mains des anges ? d'autorité: la houlette du berger et le bâton de sorcellerie, la bague/le grâce à laquelle
Ouvreur et meneur de jeu, le bateleur
N'est·il pas enfin, dans l'analyse, une du commandement. Le Kblkkhara du la bonne fée change la ci/roui/le en car-
n'est-il vraiment qu'un illusionriiste qui se
image de l'inconscient,· redoutable pour moine bouddhiste est appui pour la rosse et la méchante reine elf crapaud
joue de nous, ou: ,;~~he-t-i1J sous ses che- man:he,' ·anne de défense paisible, signal
celui qui l'ignore ét dominant celui qui ne veux blancs terminés par des boucles d'or, (SERH, 139).
le ~nnait pas, jusqu'à désintégrer et à d'une p...;sence: li est devenu symbole de
comme,s'il etait hors du temps. la profonde ·l'état ·monastique et anne d~exorcisme; il Les bâtons relèvent aussi d'un symbo-
tuer la personnalité? Il faut re regarder et sagesse du Mage. et la connaissance des lisme axial, au même titre que la lance•.
en admettre· la valeur, pour n'en point écane les influènces pernicieuses, libêre les
secret,s essentiels I Il désigne giniralemenl âmes de l'enfer, apprivoise les dragons et Autour du braluna-danda. Axe du monde,
devenir la victime. le çon1ullllllt. el peul Indiquer aussi bien la s'enroulent en. sens inverse deux lignes héli-
fait naitre les sources: bâton du pèlerin et
valonlé, l'habile/i et l'inlllatlve person- baguette• de la fée. coïdales, qui rappellent l'èntoulement des
BATELEUR (Le) ne/le& que /'imposture et le mensonge. On deux nAdl tantriques .autour de l'axe verté-
retrouve ici encore /'ambivalence, le haut Dans la Chine ancienne; le bâton, et bral, .de su1h""°21. et celui des deux ser-
Par un étf&nge paradoxe;. c'est un jon- et le bas de presque chaque symbole {A. V.) pents autour d'un autre bâton, dont Her-
gieur, Un escamoteur, le aeateur d'un notamment le bâton de bois de pêcher'.
Sa place dans le jeu, son symbolisme jouait. un rôle majeur: n servait, lots de mès fit. le caducée•. Ainsi s'exprime le
monde illusoire par ses gèst'eS et par sa même nous invitent â aller ·au-delà des développement des deux c.ourants con-
parole.- qui ouvre le jeu des vingt-deux l'avènement de l'année, à l'expulsion des
apparences: le nombre Un C9t celui de la influences néfastes. Yi !'Archer fut tué par traires de l'énergie cosmique. Il faut.encore
laines majeures du Tarot•. Son vêlement, cause· premiére et si, sur le plan psycholo- citer le bâton de Moïse (Exode, 7, lfii 12)
dont les couleurs rouge• et bleu• sont exac- un• bâton de bois de pêcher. Le bâton, le
gique ou divinatoirë, le bateleùr désigne le bâton rouge notamment, servait à la puni- se transformant en serpent, puis redevenant
tement alternée~. est retenu à la taille par consultant, sur ·1e' pt~n de !'Esprit, il bâton. C'est, selon certaines interprèta-
une ceinture jaune•. comme la panie inter- tion des coupables. Il' existe toujours des
manifeste Je" myslère de /'Unité (RUT, 28). bâtons rouges justiciers, dans la hiérarchie tions, la preuve de la suprématie du Dieu
mediaire; un ba.s bleu couvre . la jambe Symbolisant à la rois les trois mondès: des HébreJJX; pour d'autres, le symbole de
gauche, le pied est chaussé de rouge; la de$ oociètés sec,..;tes. Chez le• Taoïstes, les
Dieu, par le signe de l'lnlini, l'homme el la bâtons de bambou• à 1 ou 9 nœuds• l'âme transfigurée par !'Esprit divin; çles
jambe droite est rouge, le pied chaussé de diversité de l'Univers, il est, 'en tout, le auteurs ont éga)ement vu dans cette alter-
bleu; les pieds sont disposés en équerre. La (nombres des cieux) étaient •d'usage rituel
point de dépan, avec toutes les richesses courant. On a pu dire que les nœuds cor- nance bâton.-serpent un symbole de l'alter-
main tenant une baguette et sonanl de la ambivalentes données à la créi1turc:' pour nance alchimique: JOlve el coqula
respondaient aux degreo d'initiation. Quôi
manche bleue est levée vers ie ciel, ce qui acc0ri1plir son ·d~tin. · qu'il en soit, ces bâtons rappellent le (Burckhardt). Autres associations du bâton
symbolise l'évolution nécessaire de la et du serpent : les bâtons d'EsculaJXt et
matiére, 1andis que la main qui tiettt un bnlbma-darula hindou, dont les sept nœuds
. représentent les sept abakra, . roues ou d'Hygie, emblèmes de la médeèine, et qui
denier et sori de la manche rouge se dirige BATON
lotru, de la physiologie yogui qui marquent figurent les courants du càducée, les cou-
vers le bas: c'est !'Esprit qui pèriè1re la Le bâton apparait dans la symbolique r.ants de la vie physique l!I psychique. Ils
matière. Toutes les apparences wulignent les degrés .de la réalisation spirituelle.
sous divers aspects, mais ··essentiellement Les Maitres célestes taoïstes sont . wu- évoquent l'autre bâton de Moïse, qui
la division d'un être, également produit de comme arme, et surtout comme arme deviendra le serpent d'airain et .une préfigu-
deux principes· opposés, et la domination Yilltt figurés tenant un bâton rouge dan• la
magique; comme soutien de la marche du main. Ce bâton est noueux, car il doit ration de la Croix rédemptrice (auRN; ELIF,
de sa dualité ?•r l'equilibre· et la supré· pasteur ·et du pèlerin; comme axe du FA.VS, OR.AD, QUET, MALA, MAST, SEOS,
matie de l'Esprit. Le chapeau du Bateleur, représenter les sept ou les neuf nœuds sym-
monde. bolisant, ett d'autres termes, les sept. ou s9vs). .. ,.
à fond jaune, à bords vens ·cerclés de
rouge, rappelle Ili forme du oigne alge- li revêt tous ces sens dans l'icono- neuf ouvertures que l'initii doit franchir Le bâton est encore considm comme
brique de l'infini: soif couvre.chef cou- graphie hindoue: arme entre les mains de avant de pouvoir parvenir à la connais- symbolisant le tuteur, le maitre lmiispe11-
ro1111e symbollqueme1111ou1 et que le Bàte- plusieurs divinités, mais surtout· de Ymna, sance. Cette connaissance .acquise, il lui •able en lni1ia1ion. Se servir du bâton, pour
leur peut représelller: le lemniscate à bord gardien du, .sud, et du royaume des morts; ·Sera alors possible de monter dans le ciel, faire avancer la bête, ne •nilie p11$ frap-
rouge nous rappelle l'ultime 1rlomphe de son dimda joue un rôle de contrainte et de )lar autant de degrés, assis sur ce bâton per - ce serait masquer le vrai sens du
l'esprit dans l'Ulfité (RUT, 212). punition. En revanche, entre les mains de tenu par le bec d'une grue. La légende des bâton - mais s'appuyer dessus : Je dis-
112/Blton B611er/113

ciple avànce, en s'appuyant sur les conseils désir masculin inassouvi. Le feu a jai!U du BÉHâfOTH - que franchit le soleil tous les ans le
du maitre (HAMK). .bâton, selon la légende grecque. C'est Her- 21 mars, jour de l'équinoxe de prin-
mes qui aurait .été l'inventeur du feu Parce qu'on Ill au chapitre XL de.Job temps - est une représentation cosm•que
Soutien, defense, guide, le bâton devient que Béhémoth mange du foin comme un
sceptre, symbole de souveraineté, de puis- (pyreia), hormis celui que Promethée de la puissanc~ animale; ou animante, du
apporta du ciel, en frottant deux bâtoM de bœu[. les rabbins ont fait de lu/ le bœuf feu, à la fois createur et destructeur t
sance et · de commandement, tant dans
bois l'un contre l'autre, l'un de bois dur, merveilleux réservé pour le festin de leur aveugle et rebelle, chaotique et prolixe,
l'ordre intellectuel et spirituel que dans la
l'autre de bois tendre. Ce feu terrestre Messie. Ce bœuf est si énorme, disent-ils, génêreux et sublime, qui~ d'un point cen-
hierarchie sociale. le bâton, signe d'auto-
serait-de nature dilîér.ente, chtltonienne, de qu 'Il avale tous les jours le foin de male tral, se diffuse dans tQutes les directions.
rtté et di commandement, n'é1ai1 pas
celle du feu céleste, ouranienne, dérobé aux montagnes immenses dont il s'engraisse Cette force ignée s'assimile aujaillissement
réserve s.eulemeht, en Grèce, ·aux juges et
dieux par Prométhée"; celui-ci ne serait depuis le commencemenl du monde. li ne de la vitalité f>remiére, â l'élan primitif de
aux gënéraux, mais aussi, comme marque quitte jamais St!$ mille montagnes; où
de dignité à certains maitres de l'enseigne- devenu tellurique, selon l'épithète d'Es- la vie, avec ce qu'un te~ processus· initial a
chy le, que pour être descendu de !'Olympe l'herbe qu •u a mangée le. jour repousse la d'impulsion pure et de brute, .de décharge
ment supérieur, car nous savons. que les
des Immortels parmi les hommes de cette nuit pour le lendemain... Les Juifs se pro- irruptive, fulgurante, indomptable, de
profnseur" chargés d'expliquer les textes
terre. mettent bien de lajole aufestin où i/fera la transport démesure, de soume embrasé. On
d'Homère, porr•lent un bâton rouge (cou-
leur réurvée aux héros) quand ils Interpré- Cc feu, celui de l'étincelle, de l'éclair, de pièce de résislanêe. Ils jurent par !..Ur part e.st 'en présence, dit la tradition hermétique,
la foudre est fertilisant: il fait pleuvoir ou du bœrif Béhêmoth (coµ,, 86). d'un verbe dont les sonorités sont .. en
taient 111iade et un bâron jaune (en signe
des voyages éthérês d'Ulysse sur la mer jaillir les· sources souterraines. D'1n1 coup . A vrai dire, ce bœuf est un hippopo- rouge• et or", en affinités astrales avec
céleste),. quand ils parlaient de l'Odyssée. de bâton dans le rocher, Moise découvre tame• et, s'il mange l'hetbe \ie mille mon- Mars et le Soleil. Un verbe essentiellement
Le bâton de maréchal est le signe une source, où le peuple vient· se désalté- tagnes, il ne vit pas dans les montasn.., agressif qui correiipond à. une naiure
supr~me du commande"1ent; Le rof, délé- rèr : Le peuple, torturé pttr la soif en ce mais sous le·lotus et les roseaux des fleuves twnult(\euse, bo.uillonnante, convulsive.
guant son pouvoir, dlinne le .bâtoil au lieu, murmura contre Moïse ·et dit:. Pour· ou des marécages. li symbolise .Ja bête, la L'astrologie assimile un caractère humain
maréchal de France; le Grand Juge donne quoi nous as-tufall sortir d'Égypte? Est·ce brute, la foret brutale. Ce n'est que dans à chaque signe zodiacal, .mais i:n précisant
la verge.à /'huissier.: le '11aftre sa bagueue pour nous faire mourir de •olf. nous, noa une tradition posterieure qu'il a pu symbo- qu'il ne suffit pas d'être né dans le mois
au mqjordom~; les suisses d'un. palais eefants et nos bêtes? Mo/lie Implora Yahve liser une immense réserve de nowrltare, zodiacal, ni qu'il est nécessaire d'y être nê
représentent leur seigneur· par le bdtoll. en tfes termes: Comment me comporterai- que les convives se partageront lors des pour ressembler au type de ce signe. Or, le
je envers ·ce peuple qui va me lapider ? J~ins solennels ou mythiques. 1ype Bélier appanient au Colér'ique
Aux funérailles des rois de France, lorsque
les obsèques iraient terminées, le ·Grand Yahvé répondit â Moïse : Porre-tol en tire (émotif-·actif:priinaire) de la caractérologle
Mahre des cér'imonles criait par trois fols du peuple; en compagnie de . quelques "BELETTE moderne avec sa vitalité ' incandescente,
'•le roi esl morr 1~ en brlsanl son bawn s~r anciens d'lsrai!l; prends en main le bdton son ardeur à vivre à bride abattue, dans" le
son genou. dont tu frappas le Fleuve et va. Mol.je me Dans tous les récits irlandais du cycle tumulte et l'iniensité, les émotions fanes,
Le bât0n est de m!me le signe de l'auto- tiendrai tkvant loi, /ii, sur le· rocher, en d'Ulster, la mère du roi Conchobar porto le les sensations violentes, les dangers, les
rité légitime, qui est confiée au chef élu Horeb. Tufrapperas le rocher, l'eau enjall- nom de Ness, belette. C'est, au dépan, une prouesses, les chocs· · d~une ·- e11:istence
d'un groupe. Le ba1onnler, dans /'ancien llra et le peuple aura de quoi boire. Ainsî vl.-ge penln. Ness peut. symboliser suractivée.
temps, était un chef êlu qui portale aux pro- fit Moïse, au vu des anciens d'Israël d'autre part l'afl'eedon et la vlplance et, en
èessions le bâton ou la bannière d'une con- (Exode, 17, 1-6). Le prêtre de la .déesse mauvaise part, l'lnaon-• ou la - t e . Ces caractéristiques; sont attestées de
frérie. De même, le bâtonnier de l'ordre des Déméter frappait le sol avec un bâton, rite Mais cela ne convient pas à soit.' attitude par le monde à travers de nombreux
avocats, dans les cérémonies de la con- destiné à promouvoir la ferlillté ou à évo· initiale de guerrière farouche. Peut-être l'Ir- mythes, cnutumes et images symboli-
frérie dl! saint Nicolas, c01iflrrriie par letlre quer les pul•sances souterta/nts (sEco, lande médi~vale a-t-elle confondu. le sym- santes. Ainsi Amon, divinité égyptienne de
de Philippe VI, d'avril 1342, portail le 136). Une .nuit, le fantôme d' Agamemno'(l bOlilillle de la belette et celui de l'hermine• l'air et dé-,la fécondité, plus tard reconduit
bliton de saint Nicolas (LANS, B, 55-57). apparait en songe à Clytemnestre. Il se (OGAC, 11, 56 s; CHAB, 318-327). sous le nom de .Jupiter-Amon, est-il repré-
On ne rappellera ici que pour mémoire la dirige veri son sceptre, que son meurtrier, senté avec une tête de bélier, tout comme
crosse pastorale 'de. l'évêque, transfigura- Egisthe, s'est approprié. Il. s'en saisit et BtLIER H...,.-Krl.,.,i.o,e, ou porteur de bélier,
tion do bâton ile berger. l'enfonce en terre comme un bâton. Aussi· qui etait célébré dan.• un temple de liéotie
tôt Clytemnestre voit s'elever du sommet Ardent, mâle,· instinctif et puissant, le pour avoir détourné une épizootie en por-
La symbolique du bàton est également de cette tige un arbre florissant, dont l'om- bélier symbolise la force génésique qui tant ,un b<ilier sur ses. épaules autour de la
en rapport avec celle du feu, et, en consé- brage a couvert toute la contrée des Mycé- éveille l'homme et le monde .et assure la ville pour en écarter le fléau. Des rites pas-
quence, avec celle de la fertilité et de la niens (Sophocle, E/ft!tre, 413-415). Ce reconduction du cycle 'vital, au printem?• toraux. id~tiques faisaient adorer par les
régénération. Comme la lance• et le pilon•, bâton qui reverdit· et fleurit annonce le pro- de la vie comme à celui des saisons. C'est Doriens Apolloa-.Karaelros, dieu.du bélier,
Je bâton a été comparé à un phallus ; des chain retour du fils d' Agamemnon, le veo- pourquoi il allie la fougue et la générosité à a
également célébré Sparte pour écarter les
miniatures radjpoutes sont, à cet égard, geur. Il symbolise la vitalité de l'homme, la ·une obstination qui peut conduire à l'aveu- fauves, protéger les troupeaux, éduquer les
parti~ulièrement explicites. Le bâion fait régénération et la résurrection (LANS, B, glement. Tel l'entendent bien les astro- bergers. Sans doute ces rites et croyances
mal, disent certain•. peuples, au sujet du 59). logues pour lesquels le •i!llle du Bélier méditerranéennes sont-elles à l'origine du
114/Béller BéqulNe/11 &

Christ bon pasteur et des nombreuses Tu es parvenu au chemin dt la Loi, pour ioules /ts corn.es d'animal. Le bili€r rt!pré- préCisant qu'B ne suffit pas d'être né dans
reprêsentations chrétiennes de bergers por- ton bien-être. sente bien /'initiation: Il es1 doué dl! verbe le mois zodiacal. rfr qu'il est nëcessaire d'y
tant un agneau• ou un bélier sur teurs Accède donc d ma véritable na1ure et de raison. li symbolise la force· psy- être né pour ressembler au type de ce signe.
épaules. Le Bélier deviendrait alors une unique. chique et sacree, la sublima1ion: Il vole .., Or, le type Bé//er appartient au Co/érlqul'
variante de /'Agneau de Dieu, qui s'offre à Je suis la bannière.je suis flmmor1allté, sa toison est d'or (v1R1, 174). Sa force de (émotif-actif-primaire) de la caractérologie
la mort pour le salut des pécheurs, et le Je suis le lieu du monde, ce quifu1, ester pénétration est toutefois ambivalentC !- elle moderne ·avec sa vitalitC ini:andescente,
symbole non seulement du Christ mais des sera. fertilise, blesse ou tue_ son ardeur à vivre à bride abattue, dans le
fidèles qui, après lui et en 111/, acceptent la (YEDV, 428). tumulte et ljintensitê de stin in-sünct. ses
Le Béllet (slpe aodlacal: 21 man .
mort expiatrice (CHAS 2 78), ceci dans une êmotions fortes. ses sensations violentes.
Le bélier est également la monture de la 20anll) l'activisme de 1~existènce avec ses dangers,
sublimation· de la symbolique du feu, du
sang et de la fécondité régénératrice. divinité hindoue Kuvera gardienne du nord Le Bëlier zOdiacal correspond à la ses prouesses, ses chocs: .. ·
On pourrait multiplier à l'infini les
et des trésors, ce· qui n'est pas sans évoquer montée du soleil, au passage du froid la a
la Toison d'Or. Mais si les quêtes de la chaleur, de l'ombre à la lumière; ce qui BELLÉROPHON
exemples. Aihsi knoum, le Dieu potier qui, n'est pas sans rapport avec les questes de
Toison d'Or sont surtout celles d'un tresor
selon les croyances de l'Egypte ancienne, a la Toison d'Or dëjà signalées. A la _suite de mainte~ prouesses, et en
spirituel, c'est-à''<lire de la sagesse, elles
mOdelé la création, est .le Dieu bélier par .. JI est le premier signe du Zodiaque, se particuJ,ier de sa victoire sur la Chimêre•,
sont peut-être aussi des rirda/ies royales
excellence, le bélier procréateur. Des situant pendant les 30~ à partir de l'ëqui· obtenue grâce au cheval ailê Pêgase•, Bel-
(Ramnoux). Or dans la Chine ancienne, le
béliers momifiés ont été retrouvés en abon- noxe du printemps. La nature s'éveille ici' lérophon veut se. his.. r jusqu'au trône de
bélier participait aux ordalies judiciaires,
dance. Eli eux résidaient les forces. qui aprés l'engourdissement de l'hiver, et ce Zeus. L'assemblée des dieux symbolisant
dans lesquelles il jouait le même rôle que la
asiuralent la reproduction des vivants; signe symbolise avant .tout la poussèe du la loi qui impose à l'h~mme /ajuste mesure
licorne. A la même époque et dans la
leurs cornes e111raient dans la composition printemps, donc l'i111pulsion, la virilite de ses aspirations et dt ses '1flom, la tenta-
même aire culturelle le bélier est ïmssi par-
de pl~sleurs couronnes magique;, propres (c'est le principal signe de Mars), l'énergie, tive de Bellérophon signifierait la vanité de
fois la monmre d'un immortel (Ko Yeou),
aux dieux et lilix rois, elles étaient le sy m- l'indépendance et le courage. Signe positif l'homme, évoluant en perversion domina-
voire, comme en Inde, la métamorphose de
bole m€me de la craîllle qui rayonne du ou masculin par e<cellence. Sa forte trice sous la forme la plus audacieuse
l'Immortel lui-même (GRAD, KALL, MALA,
surnaturel (Poso, 178). RBNB)- Retenons, quant à l'Afrique noire, influence est défavorable .aux: femmes; (DIES, 83-90).: Vaincu, :11 ·ira rejoindre aux
Même symbolique au temps .des Pto- parmi d'autres témoignages, celui de Mar- quand il se trouve 1à-1'or.ient ·au moment Enfers les autres ambhieux, comme
li:mées chez qui, rapporte Jean Yoyote, un cel Griaule. qui a vu représentê sur le rnur d'une naissance féminine. Ixion•; mais sorl ambition, au lieu d'être
prêtre. de Mendès, ayant dressé ;qn image d'un sanctuaire, le Bélier Céleste, divinité Le •igne du Bélier - que franchit le colorée M se·~ualité comme chez Ixion, esf
dans le temple du Bilier, seigneur de la agrair~ dominant un épi de maïs dressé et soleil tous les ans du 21 mars au plutôt ëelle de l'homme que les exploits
vme et maitre de fécondité, peut compter la queue terminée par une tête de serpent : 20 avril - est un symbole intimement liè à guerrier! héroïques ont ·enivre au poEnt de
sur les pèlerins pour prier en sa faveur: symbolisme d~une vigoureuse fécondité. la nature du feu originel. Il est une repré-- le'pousser..iu désir du· pouvoir souverain. Il
- 0 vous qui na.viguez d'amant en aval sentation cosmique de la puissance an.i-2- symbolise la démesure dans l'ambition,
pour venir voir Je$ grands béliers .sacrés. Pour revenir à l'Europe signalons qu'on mele du feu qui surgit, éclatant, explosif, militaire ou le pouvoir militaire voulant
priez le Dieu en faveur de celle mienne a trouvé en Gaule de nombreux chenets au premier temps de le manifestation. Il s'annexer le ·pouvoir civil et devenir l'auto-
statue (sour,-W). d'argile cuite et de pierre à tête de bélier,.ce s'agit d'un feu à la· fois créateur et destrucc rité suprême.
De la Gaule à l'Afrique noire, de l'Inde qui n'est pas sans relier le symbolisine igné leur, aveugle et rebelle, chaotique et pro-
à la Chine, même célébration de cette de l'animal et la fécondité familiale (cHAB, lixe, généreux et sublirhe, qui, d~un point BÉNÉDICTION
chaîne symbolique associant feu créateur, AGAc). Apres la Toison, c'est la Corne" du central, se diffuse dan• toutes les direc- La bénédiction signifie un transfert de
fertilité, et méme, par le truchèment de la Bèlier qui se charge d'une valeur symbo- tions, Cette force ignff s'assimile au jaillis- forces. BCnir veut dire en rêalitê sanctifier,
vie. principielle, immonalité. lique source d'innombrables coutumes, tra- sement de· la vitalité première, à l'élan pri- faire saint par la parole, c'est-â.-dire rap·
ditions et images dérivées du même symbo- mitif de la vie, avec ce qü•un tel processus
Ainsi, dans les Veda, le bélier est-il en procher du. saint, qui constitue la forme la
lisme original, dont la plus vivace est sans initial a· d'impulsion pure et de brute, de
rappon avec Api, régent du feu, et notam- plus êlevée de l'êner~îe cosmique.
doute la corne d'abondance". L'analyse et décharge irruptive, fulgurante; indomp-
meilt du feu sacrificiel- Dans le Yoga tan-
la psychologie mOdeme en savent l'impor- table, de· transport démesuré, de souffie
trique le manlpllra-ehllkra, qui correspond
tance, qu'évoque et résume ainsi A. Virel : embrasé. On est en présence d'un verbe
Bf!QUILLF;
à l'élément feu a pour allégorie le Bëlier. le bélier génirateur du 1roupeau, est auasi
C'est enfin, ·selon la BA1kala•mentra
dont· les sonorités sont en rouge* et or•,· en Ce bl!ton surmonti d'une petite traverse
la machine qui permet d'abattre les portes affinités astrales avec Mars et le Soleil. Un (Littré) que les vieillards ou les infirmes
Upanishad, sous la métamôiphose d'un
et les murs des villes assiégées, donc d 'ou- verbe essentiellemnt agressif et hypermâle, utilisent pour s'aider â marcher a toujours
bélier que le sage Indra enseigne la doc-
vrir la carapace des co/leclivltés. La forme qui correspond à 11ne nature haletante, pré- eu le sens d'Un auxiliaire~ d'un s0utien. La
trine de l'unicité du Principe Suprême:
en spirale de tes cornet qjoure encore une cipitée~ tumultueuse, bouiltonnante, con- béquille es1 donc révOlatrice d'une fai-
. Je me suis changé en bélier pour ton idée d'ivolulion et reeforce la valeur d'ou- vulsive. L'àstrolbgie as-simi1e un caractère blesse .. mais cette faiblesse peut ètre
bonheur. verture et d'iniliation évoquée par le V de humain à chaque signe zOdiacal, mais en authentique ou simulée. Authentique, elle
118/Berceeu 86te4/'t17
est celle des vieillards fatigués par l'âge, peuple de Dieu {Il Samuel 7, 7). David aspect du symbole: le Christ mènera paitre est 1iC d'un amour passionné avec Ishtar
et, en ce -sens, la béquille figure .souvent était berger de brebis, Dieu en a fait le chef toutes les nations de la terre, mais avec Un (Adonis et Aphrodite, Osiris et Isis); leurs
daos les reprësentations de Saturne, Dieu de son peuple (II Samuel 7, 8; 24, 17). En sceptre de fer. Il sera le berger-juge relations évoluent comme les pnases de la
du temps; simulée, elle est· celle des sor· ceci~ Isl-aël ne fait que suivre les habitudes (Apocalypse, 2, 27; 12. s; 19, 15). lune, dans une suite de disparitions et de
cières, des voleurs, des pirates qui affectent des religions voisines, celles d'Egypte et de L'image du Christ-berger, fréquemment retours.' lors de l'obscurcissement, le ber·
une faiblesse· extérieur.e, pour mieux dissi- Mésopotamie. Toutefois, on notera une reprise dans les écrits chrétiens des pre· ger joue un rôle de psychopompe, de con·
muler leur force maléfique. Nous. retrou· divergence importante: l'Ancien Testa· miers siècles. (voir le Pasteur d'Hermas), docteur des âmes vers la terre. Les forces
vons· également ici le sens du pied•,. conçu ment n'accorde le titre de berger au chef, et abOotira, par un processus déjà relevé dans cosmiques représentent ses troupeaux et il
comme un symbole de l'âme, dont l'infu:· particulièrement au roi, ql.ie d'une manière l'Ancien Testament, à appeler les conduc- s'en revèle le maitre suprëme.
mité physique n'.est que la marque exté· seconde. Il est le berger choisi plll' Dieu, a teurs spirituels des bergerr ou pasteurs;
rieure d'une infirmité spirituelle. qui seul appartient le troupeau. Il repré· dont le ministère se réfère constamment à BERGERONNETIE
Pourtant, la béquille peut aussi avoir un sente le· vrai berge1. celui de leur se;gneur, le grand berger
C'est pourquoi sous le règne même du La bergeronneUe - la /a~andlère ou le
sens positif: elle est ce qui . nous aide ~ (He1Jreux, U; 20), l'arèhi-berger (1 Pierre;
roi Achab, lln prophète peut stigmatiser 5, 4). hoche-queue de nos pays - joue, dans les
avanoer, symbole de la volonté qui s'inter·
!~infidélité du monarque en ces mots: J~al Le symbolisme du berger·· comporte mythes primordiaux du Japon, un rôle de
dit d'accepter une situation donnée, sans
vu tout f.,aë/ dispersè sur les moniaglles, nature démiurgique. C'est d'elle en effet
chercher à la modifier; symbole aussi de la aussi un sens de sagesse intuitive et expéri·
comme "" troupeau qui n'a pas de berger que le couple primordial lzanagi-Izanami
foi '(pensons auK béquilles qu'abandonne mentale. Le berger symbolise la veille; sa
(1 Rois 22, 17). C'est que l~ roi n'est pas apprit la copulation. Il serait sanl doute
J'infirme de l'Evangile quaitd a lieu le fonction est · un constant e~ercice de
miracle); bref, de la lumière spirituelle qui berger de droit divin, par essence. Jérémie vl'alhlllce: il est éveillé et il voit. De cHait, puéril d'interi>l'éter ee fait de manière uni·
guide des pas chanèelants ôu compense (23, 1·6) et Ezéchiel (l4), drasant un cons- il est comparé au soleil qui voit tout et au quement réaliste. Le rôle, de l'oiseau parait
une défaillance physique. tat de faillite <»·.l'exercice des bergers roi. Par ailleurs, le ber!ll'i° •ymbolisant le n'être pas sans rapport ici avec celuj du
d'Israël, en viennent à annoncer des ber· nomade, comme il a été dit, est privé de serpent dal)s la Genèle, il est à la fc;ils le
BERCEAU gers fidèles, ou· même l'intervention directe racines; il représente·. l'âme qui; dans le révélaieur de l'intelligence créatrice.et l'ins·
de Dieu reprenant en main son troupeau monde; n'est jamais indigèn~ -mais ·tou- trument de la tranaposition, au plan
Le berceau, taillé dans du bois comme que les meroenaires n'ont pas su conduire. jours de passage. A l'égàrd de son trou- grossier, de la manifestation subtile: (scm)
chez les a_nc::ien~ Romains, ou simple cor- Le Judaïsme tardif développe la symbo- peau, le berger exerce une proteodon JIN à il,.rê,vêle 1.'homme à lui-même.
beille d'osier, est un sy111bole du sein lique dans trois directions: UllC COllDll\slBDee. 11 sait quelle nourriture
Chez les Grecs aussi, la bergeronnette,
llllltemel dont il prend la suite im!llediatc. ....., les chefs humains ne sont plus regar- convient aux animaux dont il a la charge. présent d'Aphrodite, est liée à l'amour i:t à
Elément de protection indispensable, douil- dés que comme des exécutants dirigés en Il ~t un observateur'du ciel, du seleil, de la ses philtres magiques, en .particulier q"8lld
let et chaud, il reste en nous comme le sou· réalité par les véritables bergers que sont lune, des étoiles~ il peut prévoir le temps. li elle est fii.ée. sur une roue (voir rhombe")
venir de$ origines,_ qui' se traduit dans.les les anges, bons ou mauvais, des peuples (I• dis.ieme les bruits et entend venir les loups tournant avec rapidité: la maitresse des
nostalgies inconscientes du retour à l'uté- Hénoch 89); Oil' bêler la brèbis égaréè.
flèches les ph<s rapltks, . la dêesse mie à
rus. et Sion balancement s'associe au bon~ - le symbolisme du berger-troupeau En raiSOlll des differentes fonctions qu'il Ch:;Ptl!· du haut de !'Olympe, al/acha soli·
heur.de la sécurité insouciante. Il s'associe n'est plus confiné aux rapports entre Israël exerce, il apjlarait ·comme un sage, dont dement sur une roue une bergeronne11e au
également au voyage; c'est pourquoi le et ion Dieu : celui-ci est le berger de l'hu · l'action reléve de la contemplation et de la plumage varié, lîêe. aux qu.atre membres.
berceau a souvent la forme d'une barque manité (Sir. 18, 13); vision intérieure. Elle apporta pour la première fols aux
ou d'une nacelle. Matrice qui vog~e ou qui - enfin, l'attente d'un nouvea11 berger Chez' les Hébreux, les nomades• étaient hommes l'oùeau d~ délire, e1 enseig1111 à
vole, et qui sécuri:re dans la traversée du selon le cœur de Dieu aboutit au messia· toujours · préférés ·aux sédentaires; le /'hobl/efl/s d'Aison des. ch9rmes etdafor·
monde. nisme des Psaumes de Salomon: le-Messie nomade posSède one condition· que l'on mules.pour qu'il pût faire oub/Jer à M~e
fait Pflf/re le troupeau du Seigneur dans la peut qualifier de sacrée. Abel est nomade, le respect de ses parents (4' Pythique.
BERGER foi et la justice (17, 45). berger; Caïn• sédentaire, cultivateur. Lo v. 38()..386).
Dans une Civilisation de nomades éle- Ces deux derniers points i11troduisent sédentaire qui sera à l'origine du village et La bergeronnette symboliseràit les'
veurs, l'image du berger se charge de sym- directement à la symbolique chrétienne du de la ville supportera toujours sur lui la enchantements de l'amour.
bolisme religieux. berger. Je·sul• le bon berger, dit Jésus (Jean malédiction de l'homme enraciné, àttachê
C'est Dieu qui est le berger d'Israël 10, 11 Sil); non pas un mercenaire, mais presque exclusivement à la terre. Bfilµ
(Psoume .U, 1; I111ie 40, 11; Jérémie, li, celui à qui appartiennent les brebis et qui Dans les civilisations assyro-baby- On connait, sous le nom de bétel, un
10). Il conduit son troupeau, veille. sur lui est prêt à mourir pour elles. li ajoute (Hl, lonlennes, le symbole du berger prend une' ensemble de substances actives utilisées
et. le. protège. · 16) que,.pour lui, la notion de troupeau ne signification cosmique; Le titre de berger comme masticatoire tonique el astringent
Mais comme Dieu délègue une part(e de saurait être limitée à une catégorie appa· est attribué au Dieu lunaire Tltmmuz, qui (Littré). Il s'agit, dans 'le sud-est asiatique,
son autorité au chef rempoœl et rell1ieu, rente (religion, race... ). est le berger des 1ror.tpeaux d'étoiles, Dieu de noix d'arec, de chaux·vive, et de feuiftes
celui-ci est également appelé. berger du L' Apocalyp$C insiste également sur ce de la végétation,-qui· meurt et ressuscite. de la liane à bétel, auxquelles s'ajoutent, le
peuple. Les Juges ont été les bergers du point, mais en mettant en valeur un autre Selon Krappe (dans CIRO, 280), Tammuz cas échéant, dtl tabac et divên aromates:
118/B6tyle Beune/119

Le bétel a joué de tout temps un rôle 28, 11-19); il érigea ensuite cette pierre en dont il est question en mauvaise part dans Amn. ce qui est une façon d'exprimer
majeur dans le• rites: de fiançailles et de monument, où vinrent. en pèlerinage des wus . les textes hagiographiques, a été encore la même propriété (ooAc 4, fasci-
mariage au Vietnam : foules israélites. L'échelle• qui était Cromm Cruaich la courbe du tertre (autre cule hors-série, p. 20). Au vm' siécle,
montée de cette pierre, dans le rêve du norn de la pierre de Pal), première idole d'après une glose de saint Gall, les, Irian·
Voici .une jeune noix d'arec· coupée en patriarche, symbolisait la communication d,1rlande, .entourée de douze autres, dont dais invoquaient le forgeron Goibniu pour
deux. ' · entre le ciel et la terre, entre Dieu et saint Patrick en personne dêtruisit le. culte la conservation du beurre (ooAc 4, 262),
Prends une chique avant qu'elle ne se !'homme. Josué également dresse une ot qu'il frappa de sa crosse, si bien qu'elles qui était considéré comme de r--.ie
gâte. ' pierre pour servir de témoin du pacte con· s'enfoncérent en terre. Le bêtyle de Kerma'. ~ ll•ée.
Si les liens d'hyménée dolwmt nous clu entre Yahvé et son peuple (Josué,. 24- ria (Morbihan), aujourd'hui disparu, por· Chez les Méditerranéens, k: beurre. n'a
unir... 27). C'est le sceau de .la communication tait le;svastika 0 (CELT, 1, 173 s.). été connu et apprécié qu'use• tard. Pline
écrit la poétesse Hô-Xuan-Huong (d'après spirituelle. De telles pierres manifestant Une . pierre sacrée d'Heliopolis, dans en parle comme d'un nms di/le/eux citez
G. Lebrun). Le bétel est en effet •YJllbole une action divine, .ortes de théophanie, de !'Egypte , ancienne, . portait le no.m de les Barbares. Mais. en Inde, au contraire, et
d'8!110ur el de fidélité aollluple. certaines lieux de culte, devenaient. aisément. objets éenben. Ce bétyle figurait la colline pri· des les lointains temps védiques, le beurre
chiques pouvant même jouer le rôle de d'adoration idolâtre. Aussi" devaient·elles roordiale, la dune sur laquelle le dieu avait urie valeur sacrèe et il êtait invoque
philtres d'amour. Ce symbolisme peut être dêtruites, selon l'ordre donné à Moïse ÀWum s'était posé pour créer le premier dans les hymnOJ comme une, divinité
certes rèsulter du véritable mariage des élb- (Î.ii!ltlq11e 26. 1 ; Nombr,s 33, !2). couple. Sur cette colline, sur la pierre Ben· primordiale :
ments que constitue. la chique. Mais il est L'omplialoa de Delphes, nombril• du ben, le soleil s'était levé pour la pre\Diére
Voici le nom secret du Beurn,
justiflé pil.r · une rort belle légende au cours monde pour les Hellènes, était fait selon fois; sur eue. le phénix venait se poser. La
Pausanias .(10,16,2), en pierre blanche et langue des Dieux; nombril de l'immor-
de laquelle un jeune homme est transformé pyramide et l'obélisque ne sont pas· sans
censé se trouver au centre de la terre. Sui· ·tel.
lil arèquier et sa femme en une liane à bétel rappeler .. le Benben 'primitif. Lui-même
vant une traditioa, rapportée par Varron, Proclamons ie ·nom du Beurre,
qüi s'enroule autour du tronc de l'arbre. n'est pas sans rapport avec'l'omphalos·et le
l'omphalos recouvrirait la tombe du "'"- soutenons-le de nos hommages en ce sa-
L'arbre et la liane ont respectivement pris calte phallique. Serge Sauneron .et Jean
crifice J,,,
le nom des deux personnages : lan11 et trlu. pont saçré de Delphes, . Python•. En tant YoyOtte (SOUN, 82·83) sisnalent qu'on a
Camme dans les rapides du fleuve
Le pot• à chaux ligure, quant à lui, 'le que nombril, c~ pierre symbolise une propolé, non 1ans raison;• d'expliquer le
nouvelle mdssance et une collf,Céence elleo volent vertigineuses, surpassant le
mauvais bonze d'une au\re légende, dont le nom· du benben par une ·racine bn, jaillir.
venl.
ventre est ainsi· plein de chaux corrosjve réintégrée. Elle est, le siège d'u.ne présence DefaU, Il serait ln1ires1ant]J0ur l'étude des
les )11véni/es coulées de Beurre qui gon-
qu'agite la spatule des chiqueurs. surhumaine. J)epuis la simple hiérophanie m•nwgonfeJ égyptlennn de reco111idérer
élém.entaire représentée p~r: perlaines. flent les ondes, .
Au Vietnam encore, la durêe ·d'une ln nombreux vocabln égyp1/en• en bn ou
tel un cou,.ier fauve qui rompt les bar-
chique de bétel est une mesure empirique pierres e/, par certains roch,rs - qui frap-. babn; qui concernent soil le }ailltuement
fHlnl l'esprit humain par leur solidité, leur
rièreY.•.
du temps (trois à quatre minutes). dll8 ·C!llUX, soit le lever du soleil, soit la
/es coulées de beurre caressaient les
· Si le bétel possède des qualitês · hygié- durée et leur 11111ieS1é- jusqu'au symbo• ~tlon.
niques ou médicinah:s certaines, l'Inde h.d lisme ampha/ique ou météOrique, le• ,, bûches flambantes,
pierres .cultuelles ne cessent de slplller
le Feu les agrée, satlefaft ,
attribué en outre des vertus aphrodi- BEURRE (Rlg-Veda 4, SS, VEDV 2S0-2S!).
0

siaques. La boîte de bêtel · limbllla) est, que/que chose qui dépasse l'homme (ELIT,
selon l'Apl-Purina l'un des attributs de 202), ' ''Le nom ·celtique du beurre (irlandais: Dans cet hymne, comme en beaucoup
Ont Purfoîs ligurêe si>us une rilrme cylin· Le dieu Hermès tirerait, scion une éty- lmh;· breton: -.nn)· est apparenté aux d'autres, le Beurre est un elément essentiel
driquè. it collvercle pointu, ene semble rele, mologie incertaine, son, nom des.~ dislgnations indo-européenne< de du sacrifice : c'est une substance oblatolre
ver d'un symbàfisme érotique (RUAN, pierres placées au bord des chemins; e!les l'onguent et de l'onction, ce qui permet d'y privilégiée. Nombril de· l'immortalité, il
LEBC, -MALAt voo:a). signifiaient une presen.ce, Incarnaient une. llOUpçonner un mot• qui a perdu une rorte représente la coulée de la vie; Répandu sur
force, prrJtégealent et .fé.condalent; valeur religieuse primitive. li semble que le le feu, il le rait crépiter : il règénère Agni
allongées en colonne ot surmontées d'une belirre ait été, dans les opérations lui-même.
BÉTYLE tête, elles devinrent l'image d'un dieu qµi lllilgiques, le· Substitut du miel• ou de la Concentre de forces vitales, k: beurre
Terme d'origine sémitique signifiant leur ~mprunta son.nom; la pierre était divi- eirti car on relève 'une trace de son emploi symbolise toutes les énergies, celles du
maison de Dieu. Il s'agit de pierres• nisée, son cycle couronné dans l'imagina- Cll"Bretagrie: On pral/qualt jadll ·en Bre- Cosmos, celles de l'âme, celles des dieuit et
sacrC:es, vénérées particulièrement par les tion des hpmmes. Le cul~ d.' Apollon aussi tagne une jlxa1io11 mbrlle... au moyen du des. hommes,. qu'il, est censé revigorer, en
Arabes avant le Prophète, en tant que dériverait de celui des pierres, qui furent beurre, qui a des propriétés magiques com" grésillant au feu des uerifices. Avec une
manifestations de la présence divine. Elles wujours un des •i&nes distioctirs du dieu. P..llb/es à celles de 111 cire: lorsqu 'un·e per- puissance 'accrue, wus les bienraits, spiri-
On trouve dans les pays celtiques ~ne mourait du cancer, on· la13salt prê» tuel• et matériels,. couleront sur le monde
êtaient un des réceptacles de la puissance
de Dieu. C'est la ,tête couchée sur une actuels un assez grand nombre de bétyles
qui peuvent être considérés comme autant
"* Ill' une molle 'dt beurre, qu'on elffouts-
Stllt au,·retour de l'enterrement, et qui était
comme un beurre liqulde. Dans la mesure
où le beurre, d'un geste rituel, est jeté sur la
pierre que Jacob reçut en songe la révéla-
tipn de la destinée rése'* par la puis· d'ompllaloi' locaul, de centres du monde tYl!sée avoir jlxé la maladie. D'autre part, braise, il peut encore évoquer la prière; elk:
sance de Dieu à sa descendance (Genèse (menhir•), Le principal bétyle d'Irlande, on dit courammelfl que le miel attire le• ressemble elle aussi, dans l'esprit des
120/Beuverie Bh:he/121

çroyant11;. - à une source d~énergie sacrée, passive sous l'influx de la divinite (voir Le Cantique des Cantiques emploie le de la biche eux pieds d'airain a déjà élè
propre à soulever runivers. orgies•) {ooAc, 4, 21~ s; 13, 481 s). nom de biches dans une formule de conju- interprétée, à partir de la symbolique
ration, pour prëserver ·la tranquillité des propre de l'airain : du fait qu'il était sacré;
BUILIOTHÈQUE amouis: ce métal isolait la biche du monde profane,
BEUVERIE et du fait qu'il était lourd, il l'asservissait à
La bibliothèque est notre réserve de Je vous en cmfiure, filles de Jérusa/fm, la terre. On aperçoit alors les deux aspects,
La beuverie, dont Rabelais démontre ssvoir, comme un trësor disponible. Géné- _par la gazelle, par les biches des
dQCtement qu'elle précéda la soif, .évoque diurne et nocturne, de la biche aux pieds
ralement,· dans les rêves, la bibliothèque champs,
certaines œuvres où l'ivresse• n'est en d'airain : son caractére virginal en était
rait allusion aux connaissances intellec· n 'évelllez pas, ne réveillez pas mon
somme que prétexte à des exercices de lan- accentué, mais il pouvait se pervertir en
tuelles, au savoir livresque. amµur,
gage (voir alcool•) ou d'abandon au som· lourds désirs terrestres, qui interdisaient
Cependant, on y rencontre parfois un avont /'heure de son bon piaisir {2, 7}.
meil de l'oubli. vjeux grimoire mystérieux, généralement tout envol.
Selon la symbolique des peuples turcs et· Ici, c'est du point de vue de la symbo-
La be\!Verie est un rite fort prisé dans la baignant dans la lumière, qui symbolioe la
mongols, la biche est l'expression de la lique propre à la biche, que l'on peut inter·
Chille ancienne où, tout autant que le ban· corinofssance; au sens plénier du tetme,
c'est-à-dire l'explrlenee vécue et
terre femelle dans la hiérogamie fondamen· préter la légende. La biche est l'animal â la
quet*; elle a valetar commaalelle et valeur tale terre-ciel. La biche fauve s'accouplant course légère et rapide comme la flèclle ; ·si
d'alliance. La !)ériode de renouvellement enrtslltrée. . l'on accentue ce caractère, on dira .Qu'elle
au loup bleu• enfanta Genghis Khan selon
de l'année, la vacance du calendrier èntre la croyance mongole. Aujourd'hui encore, est lnfatlpble, que ses .sabots sont inu·
deux années successives étaient occupties à BICHE à· Konya, ancienne capitale dés Seldjou- sables, .qu'elle' a en ce sens des pieds
des beuveries nocturnes (sept ou douze
nuits). Leur but était la restauration des
Dans les rêves d'hommes, la biche sym- cides d'AnatoHe. on dit qu'au moment où d'oirairr; si, d'autre part, on considère son''
bolise l'animal . ~us -aon as~t encore la biche met b~. ·une lumière soc rée il/u. caractère farouche, sa fuite lointaine
énergies vitales, avant le début du cycle indifférencié, primitif et instinctir. mine Io terre (aouP, 321' citantOguz Tan- jusquè chez les Hyperboréens•, qui étaient
annuel et avllllt le début du réveil de la Dans les rêves d'une femme, elle évoque sel). Ce couple fondamental fauve- les sages des origines, la biche .aux pieds
nature qu'il s'agissait de favoriser. Ce généralement sa propre· féminité, encore herbivore, présent dans toute la mythologie d'airain, qu'Héraclès veut capturér vivante
rituel et le souci qui l'accompagne ne sont mal ·différenciée· (parfois mal acceptée}, è. orientale,· a également son expression plas: au terme d'une longue poursuite, dans la
d'ailleurs pas particuliers è. la Chine. l'état encore primitif et instinctif, qui ne tique dans les plàques de combat de même direction· du Nord; symbolisera la sapue,
Chez les montagnards du Sud Vietnam, s'est pas pleinement révélée, soit p~ cen- origine représentant une· bête de proie si difficile à atteindre: Ici le symbOle du
rêver d'une beuverie annonce la pluie. Le sure morale~ soit par crainte, soit par faute montée sur le dos d'un gibier. Jean-Paul métal sscfê et celui de la biche fügitive .se
rite communie! de la jarre est chez eux des circonstances, soit par infantilisme Roux remarque, ce qui est capital sur le rejoignent. ' ' · ·
caractéristique et il te pré.ente comme psychique, soit par un complexe d'infério-- plan du symbolisme, qu~Hes représentent La chasse à la biche, dans la tradition
favorisant la fertilité (DAMS, DAllB. ORAD, riié: an.imus tr!IP puissant et négatir. un fauve, non pas en train ·de chasser sa mystiqve des Celtes, symbolise aussi la
GRAC). D'après une légende, Siegfried a été allaité victime, mais de .la couvrit ; pour .nou.r,. poursuite de la ssgesse, qui ne se trouve
Les beuveries. sont rituelles et obliga- par une biche (mère). L'image de la biche ajoute-Hl, Il ne !Ollrait dès /on plus exister que sous iln ponln\ier*, l'arbre de la con-
toires aux lëtes celtiques~ et tou.t particu.lié· est celle de la jeune fille survivant dans )a de doflte, .<1/les représentent• l'wûon SOIDelle naissance. Or les. Hyperboréens habitent
rement à celle de Samain qui concerne mère et parfois celle de la virginilè fémi- m)lddque du mâle et de la fe,,,,,l/e, du ciel dans. les pays nordiques et, suivant des
toute la société. ·On y buvait, après le ni~ castratrice. Dans la mythologie et. rk la terre (ROtJF, 321); variantes de la lêgenae, la biche alirait été
repas, de l'hydromel• et de la· bière* et grecque, la biche. était QODsacrée à Héra. prise sous un arbre, elle aurait cherché
beaucoup de textes parlent de ces beuveries (Junon), déesse de l'Amour et de l'hy· refuge sui les monts. Il semble donc bien se
BICHE (aux pieds d'airain)
et de l'ivmte qu'elles provoquaient sans. ménée. confirmer qu'elle signifie· ici la sagesse,
les prmulre en mauvaise part. La- même . La biche est esoentieJlement symbole ·La' biche aux· cornes d'or et· aux pieds dont Héraclès se faisait rinfatigable pour-
remarque vaut pour le Pays ·de Galles, En féminin. Elle peut jouer Je rôle de mère· d'airain qu'Hëraclès poursuivit, une année suivant. Mais ces intuprétations ne sà11·
Gaule où l'on buvait volontiers du· vin• nourrii;e à l'égard des enfanlB)nnocents. Sa entière; jusque chez les Hypetboréens, était raient s'imposer avec évidence, faute de
pur, à la mode antique, c'est-à-dire à haute beauté relève de l'éclat extraordinaire de tonsacrée à Artémis-: Héracles devait la textes absolument précis ef ciêcisifs·. Elles
teneur d'alcool, le• .agapes devaient ses yeux: à son regard est soµvent comparé capturer vivante. D'une flèche placée entre ne sont qu'un exemple d'une dialectique de
souvent mal oc terminer. Les Irlandais pre· celui d'une jeune fille. Dans les contes, let. l'os et le tendon; sans répandre une gou"e l'imaginaire, dont nous devons bien avouer
naient la précaution de désarmer au préa- princesses sont pufois transformées en de sang, il réunit i immobiliser. les deux le catactère quelque· peu incertain. C'est
lable les convives, ce qui ne suffisait cepen- biches. Pattes ·de :devant et à ·ramener la biche à dans un sens très proche, toutefois, que
dant, pas à empêcher totalement les provo- La biche oux cornes d'or (Pindare) était Mycènes, ta cité , antique ·de& palais en Paul Diel interprète aussi la biche 011»
cations et laa rixes. Il ne semble pas que un animal consacré à Artêmis; la déesse en fontie de châteaux foris, symbole d'une pieds d'airain: Ill biche, tel l'agneau, sym·
l'ivresse 1acrée ait ètô fréquente. Elle existe avait a"elé quatre à aon quadrige. La cin- Inexpugnable sécurité: JI a percé la biche bolise la qualité d'âme opposée à l'agressi-
en tout cas, non pas comme moyen de divi· quième, Héraclêa l'avait poursuivie jus- aiu pieds d'airain dit Virgile, (Enélde, 6, vité dominatrice. 1.43 pieds d'airain, lorr-
nation mais comme moyen de contact avec qu'au pays des rêves, chez les Hyperbo- 802). qu 'ils sont auribués à la sublimllé,figurent
l' Autre Monde, de mise en disponibilité réens. i>ans la notice sur l'airain*; la légende la l'oree de l'ime. l 'Image représente la
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patience et la düficulté de /'tef!ort à accom• de vin quelquefois, par suite de la christia· Leur symbolisme est indubitablement lié à de bjioux de famille l'ensemble de l'appa·
plir pou.r atteindre la jillesse et la sensibi· nisation)' que se noie en fin de règne, dans celui de la fermentation