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République du Cameroun The Republic of Cameroon

Paix – Travail – Patrie Peace – Work – Fatherland


Ministère de l’Enseignement Supérieur Ministry of Higher Education
Université de Maroua The University of Maroua
Faculté des Arts, Lettres et Sciences Humaines Faculty of Arts, Letters and social Sciences
Département des Lettres Bilingues Department of Bilingual Letters

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Colloque international
APPEL À COMMUNICATIONS
Sous les auspices du Recteur de l'Université de Maroua, Pr IDRISSOU Alioum
&
du Doyen de la Faculté des Arts, des Lettres et des Sciences Sociales, Pr SAIBOU Issa

Thème :
Stigmatisation, (dé/re)construction identitaire et représentations dans
l'espace glocal: perspectives transculturelles, linguistiques et littéraires
Lieu :
L'Université de Maroua

Date :
Samedi, le 21 mai 2022
Argumentaire

La dynamique complexe des communautés humaines continue d’éberluer les observateurs attentifs dans leurs
efforts incessants d’en trouver les fondements. De toute évidence, l’existence et la survie dans ces communautés
deviennent une mesure de la propension d’une personne à appréhender et à faire face aux difficultés inhérentes qui
menacent et mettent en péril l’harmonie qui lui est chère. Pour tenter de survivre à certaines de ces menaces latentes
et manifestes, l’humanité recourt à des modèles comportementaux particuliers d’adaptation qui rappellent les
tendances dominantes ayant des conséquences sur les habitudes socioculturelles et linguistiques des individus, car
ils fragilisent ou consolident les liens de solidarité et de fraternité entre les interlocuteurs. Apparemment, c’est dans
une pléthore d’attitudes individuelles et collectives que la nature même de l’humanité est parfaitement discernée.

Avec le risque que des millions de personnes soient soumises à la contrainte du déracinement et de reconstruction
leurs vies par-delà les frontières, les continents et les océans, la migration est l’un des plus grands défis actuels. À
ce titre, les tendances démographiques actuelles favorisent un étalement urbain incessant. Cet étalement, associé
au développement rapide des centres villes, caractéristique des métropoles mondiales en plein essor, a créé un
terrain propice à l’apparition de phénomènes intéressants à étudier dans différents domaines et sous différentes
perspectives. Ce creuset socioculturel, linguistique, politique, idéologique et religieux offre un environnement
inégalé dans lequel l’étude des comportements envers une langue a garanti les résultats les plus intrigants grâce à
la richesse des ressources inhérentes. Les individus et les groupes sont confrontés à des défis complexes qui
contribuent à façonner et à influencer les autres, de même que les populations adaptent et renforcent les mécanismes
déjà existants pour relever ces défis. On peut s’attendre à ce que leur rapidité, leur ampleur, leur confluence et
leurs effets souvent cumulatifs creusent progressivement l’écart entre les mécanismes d’adaptation et surtout,
qu’elles aient un impact significatif sur les modèles d’interaction et les nuances du comportement socioculturel et
linguistique, en particulier dans les communautés hétérogènes.
Lorsque les membres des communautés linguistiques ne sont pas homogènes, leur comportement engendre de
multiples facettes de dynamiques idiosyncratiques et de groupes qui peuvent souvent être caractérisés de manière
systématique. L’utilisation différentielle de la langue, les tendances attitudinales mixtes, les préjugés et hypothèses
sociolinguistiques, les points de convergence et de divergence dans les modèles d’utilisation et bien d’autres
sophismes abondent dans ce contexte. Il s’agit d’un espace propice à l’étude des phénomènes intéressants tels que
les stéréotypes et la stigmatisation, où les membres potentiels (re/dé) construisent des identités qui sont souvent
représentées de manière différentielle.

Depuis son introduction dans les Études sociales, culturelles et psychologiques de l’écrivain américain Walter
Lippman (1922), la notion de stéréotype n’a cessé d’attirer l’attention des chercheurs dès les années 70, avec Hilary
Putnam qui a enflammé son élan et sa pertinence éventuelles pour les lexicographes, dans les définitions des
dictionnaires. Vilibankhoba (2014) la conçoit comme un instrument d’analyse linguistique d’un contenu fixé, d’une
image mentale fixée d’une personne, d’un objet ou d’un événement, et la langue donne différents moyens de sa
représentation. Par conséquent, « les stéréotypes peuvent ne pas être une image complète du monde, mais ils sont
une image d’un monde possible auquel nous sommes adaptés (Lippman : 1922). Bouchl (2015) établit la différence
entre les stéréotypes linguistiques et les stéréotypes sociaux.

Dans la première typologie, il s’agit des préjugés fondés sur l’utilisation d’une variété de langue qui nous est
étrange. Ainsi, comment les nazis voyaient-ils les Juifs ? Comment l’Arabe voit-il le subsaharien ? Comment
l’européen considère-t-il le migrant africain ? Quel regard l’Américain pose-t-il sur le migrant afro-américain ou
sud-américain ? Comment les opposants politiques se regardent eux-mêmes ? Que pensent les membres d’une tribu
de ceux d’une autre ? Que pensent les Africains à la peau foncée des albinos ? Comment apprécions-nous certaines
professions ? Comment les locuteurs d’une langue analysent-ils ceux d’une autre langue? Les stéréotypes sociaux
résultent de la catégorisation sociale (une façon de regrouper les gens en catégories afin de comprendre notre propre
environnement en constante évolution.), de l’essentialisme (la position selon laquelle les attributs et le
comportement de groupes socialement définis peuvent être déterminés et expliqués par référence à des
caractéristiques culturelles et/ou biologiques considérées comme inhérentes au groupe) et des préjugés ( aversion
ou haine d’une personne ou d’un groupe sans raison).

En outre, les différences socioculturelles, religieuses, politiques et idéologiques nous exposent (involontairement)
aux stéréotypes et le plus souvent à la stigmatisation. À ce titre, pourquoi l’utilisation éventuelle d’expressions
telles que nkwa, gadamayo, biafra, nyangi, frog, anglofool, francofool etc., dans certains contextes camerounais,
suscite-t-elle des sentiments mitigés, de l’appréhension, de la frustration et du dédain ? Elles constituent
certainement des expressions problématiques en raison de leurs connotations « stéréotypées » ou « stigmatisantes ».

Dans le stéréotype, on s’identifie et on se considère différemment de l’autre. Cette différenciation est souvent
attribuée à l’identité (dé/re) construite par les individus par rapport aux autres. Dans ce cas, l’identité n’est pas
considérée comme singulière, fixée et intrinsèque à l’individu. Elle est plutôt considérée comme socialement
constituée, un produit réflexif et dynamique des contextes sociaux, historiques et politiques des expériences vécues
par un individu. En tant que telle, la (dé)construction de l’identité s’apparente à l’utilisation d’une langue qui, bien
qu’individualiste, est liée à notre histoire sociale définie en partie par notre appartenance à une série de groupes
sociaux dans lesquels nous sommes nés tels que le sexe, la classe sociale, la religion et la race. De même, lorsque
nous naissons chrétiens, juifs, musulmans ou avec une autre obédience religieuse, nous acquérons des identités
individuelles attribuées par ces congrégations particulières. Même nos droits de naissance nous garantissent des
identités en fonction de notre origine géographique ; ainsi sommes-nous camerounais, américains, chinois,
canadiens, russes ou sud-africains. De même, à l’intérieur des frontières nationales, nous sommes définis par notre
appartenance à des groupes régionaux ou ethniques, et nous endossons des identités telles que les nordistes, les
sudistes, les Bikom, les Bassa, les Bulu, les Igbo, les Yoruba, les Haoussa, etc. En outre, l’appropriation de l’identité
peut se faire par le biais d’une plus grande socialisation, car nous sommes porteurs d’attentes sur ce que nous
pouvons et ne pouvons faire en tant que membres du groupe, sur ce que les autres sont susceptibles de faire ou non
en tant que membres de leurs groupes respectifs. Les ressources linguistiques que nous utilisons pour communiquer,
et nos interprétations de celles utilisées par les autres, sont façonnées par ces perceptions mutuelles. Il est certain
que ce que nous sommes, ce que nous pensons des autres et ce qu’ils pensent de nous, influence fortement nos
attitudes linguistiques dans les rencontres communicatives.
Pour Ochs (1996), l’identité sociale englobe les rôles, les positions, les relations, les réputations et d’autres
dimensions de la personae sociale, qui sont conventionnellement liées aux positions épistémiques et affectives. Ce
qui est évident c’est que le langage communique, et que notre utilisation et notre compréhension de celui-ci sont
affectées par des stéréotypes qui pourraient prêter à frustration et avec des représentations variables.

Cet appel à contribution a pour objectifs d’explorer et d’exploiter une pluralité d’approches sur les différentes
facettes de comportement qui rappellent les stéréotypes et la stigmatisation, la (re/dé) construction de l’identité de
soi, de celle des autres dans les représentations littéraires et linguistique dans les vicinités glocales. Les différentes
contributions porteront, sans s’y limiter sur les axes suivants :

 Identités collectives, individuelles et  Représentations et influences des réseaux


transnationales sociaux
 Identités sexuelles  Néo-nationalisme et idéologie de la haine
 Identités postcoloniales  Linguistique de contact et cultures glocales
 L’auto-définition et identification  Translangage
 Race et altérité  Musique, cinéma et culture populaire
 Ethnicité et tribalisme  Langue, pouvoir et statut
 Tendances transgenres/féministes  Dynamiques migratoires

Modalités de participation:
 Les participants potentiels sont invités à soumettre un résumé en anglais ou en français de 300 mots
maximum, à l’exclusion des mots-clés, à l’une des adresses :
ccpstigmaid@yahoo.com ou nkwainjoe@yahoo.fr
 Les propositions de communication seront rédigées au format Word, police Times New Roman, taille de
police 12, interligne 1.5. Le style APA est recommandé.
 Des dispositions d'hébergement pourront être prises sur la demande des participants.

Calendrier :
 La date limite de soumission des résumés : 20 avril 2022
 La réponse aux auteurs : 5 mai 2022
 Tenue du colloque : 21 mai 2022

Contacts : Pour plus d'informations, envoyez un courriel à l'une des adresses ci-dessus ou appelez l’un des
numéros suivants :
 (00237) 674 70 41 34;
 (00237) 657 15 50 17;
 (00237) 678 69 78 70;
 (00237) 670 72 53 36.

RAPPEL…
Les participants et les présentateurs sont tenus de respecter strictement les mesures barrières du COVID-19 en
matière de lavage des mains, de port de masques faciaux et de maintien de la distance physique et sociale.
Références

Bouchl, T. (2015) Linguistic Stereotyping in Hollywood Cinema: An Introduction to Italian-American Englishes.


MA Thesis, Leiden University.

Lippman, W. (1922). Public opinion. New York: Free Press

Ochs, E. (1996). Linguistic Resources for Socializing Humanity. In J. Gumperz, & S. Levinson, (Eds.), Rethinking
Linguistic Relativity. Cambridge: Cambridge University Press, pp. 407-437.

Vilinbakhova, E.L. (2014). Stereotype in linguistics: history of the study. RUBITUF 14, 14-221.

Comité scientifique
 Professor Ebehedi King Pauline, University of Maroua
 Professor Apuge Michael Etuge, University of Maroua
 Professor Chiatoh Blasius Agha-ah, University of Buea
 Professor Nol Alembong, University of Buea
 Professor Edmond Biloa, University of Yaounde 1
 Professor Kouega Jean-Paul, University of Yaounde 1
 Professor Mforteh Stephen, University of Yaounde 1
 Professor Djokoua Manyaka, University of Yaounde 1
 Professor Anchimbe Eric, University of Beyrouth, Germany
 Professor Sala Bonaventure, University of Yaounde 1
 Professor Mbuh Tennuh, University of Bamenda
 Professor Teke Charles, University of Buea
 Professor Mutia Rose, University of Yaounde 1
 Professor Ubanako Valentine, University of Yaounde 1
 Professor Baimada Gigla, University of Maroua
 Professor Mpoche Kizitus, University of Douala
 Professor Meutem Kamtchueng, University of Maroua
 Professor Ayafor Miriam, University of Yaounde 1
 Professor Nkemleke Daniel, University of Yaounde 1
 Professor Fondo Blossom, University of University of Yaounde II
 Professor Ngong Toh Kelvin, University of Bamenda
 Professor Veyu Ernest Lukong, University of Yaounde 1
 Professor Sala Bonaventure, University of Yaounde 1
 Professor Ubanako Valentine, University of Yaounde 1
 Professor Nkwentisama Carlos, University of Bamenda
 Prof. Mbu Martha, University of Maroua
 Dr. Ngouo Herbert Rostand, University of Maroua
 Dr. Ngha Nji Geoffrey, University of Maroua
 Dr. Nguemo Joseph, University of Maroua
 Dr. Hounda Alice, University of Maroua
 Dr. Ntam Eric Ngea, University of Maroua
 Dr. Ndzotom Mbakop, University of Maroua
 Dr. Atangana Marie Renée, University of Maroua
 Dr. Mache Pountininyi Henriette, University of Maroua

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