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Royaume du Maroc BULLETIN MENSUEL D'INFORMATION ET DE LIAISON DU PNTTA

TRANSFERT DE TECHNOLOGIE
Ministère de l’Agriculture et du Développement Rural
EN AGRICULTURE
MADER/DERD ● Avril 2004 ● PNTTA
SOMMAIRE
LE POMMIER
Une culture de terroir en zones d’altitude
n° 115
Arboriculture
Introduction par la création d’emploi (2 millions de
journées de travail) et en générant une ● Importance de la culture.........................p.1
La pomme (Malus domestica) est un fruit valeur commerciale de l’ordre de 1.5 ● Contraintes climatiques...........................p.1
largement cultivé en zones tempérées milliard de dirhams. ● Comportement et choix variétal..............p.1
avec une concentration dans l’hémisphère
● Eléments de conduite technique..............p.3
nord, entre les latitudes 30° et 60°. Elle a Contraintes climatiques
comme origine l’Asie de l’Ouest et serait Si la culture du pommier a connu une évo- végétal (variété et porte-greffes) perfor-
issue à partir d’hybridations entre plu- lution très rapide durant la décennie mant et adapté.
sieurs espèces incluant Malus sylvestris, M. 1982-1992, où les superficies ont triplé
Baccata et M. Borkh. Bien que le nombre pour passer de 8 800 ha à 27 000 ha, Comportement et choix du
d’espèces reportées pour le pommier est actuellement elle connaît une certaine matériel végétal
élevé (25), la majorité des pommiers en stagnation des superficies à cause de plu-
culture dérive de l’espèce Malus pumila et sieurs contraintes. Celles d’ordre clima- Variétés
on compte actuellement plus de 7.000 tique, où les disponibilités en froid accu- Le matériel végétal en culture est consti-
cultivars. Bien qu’il existe une diversité sent une tendance nette à la diminution, tué exclusivement de variétés étrangères
génétique assez importante, les vergers freinent son extension au profit d’autres et la gamme n’a cessé d’évoluer en gar-
commerciaux sont conduits avec un nom- espèces moins exigeantes en froid en en dant comme variété de base Golden
bre restreint de variétés dont les plus eau. Des alternances de périodes de hau- Delicious (GD) et ses pollinisatrices
importantes sur le plan commerciale ont tes températures durant l’hiver gênent la Starking Delicious (SD) et Starkimson
été identifiées à partir de semis de hasard dormance des bourgeons et perturbent (SK). Malgré que GD soit exigeante en
comme Golden Delicious ou issues de leur différenciation florale. La réduction froid 1000 heures), elle possède une cer-
mutation. des ressources en eau, liée à la sécheres- taine souplesse d’adaptation lui permet-
se et à la baisse d’enneigement, et au sur tant d’être cultivé dans différentes situa-
Importance de la culture utilisation du pompage ont poussé cer- tions avec cependant d’inégales perfor-
Le pommier occupe une superficie d’envi- tains arboriculteurs à chercher d’autres mances. La nécessité de répondre à des
ron 26.700 ha et se place au 2ème rang des cultures alternatives comme celle de l’a- préoccupations d’étalement du calendrier
rosacées après l’amandier. Ce secteur four- mandier et de l’olivier. de production, de qualité ou d’introduc-
nit une production de 372 500 t de fruits, Si les zones de montagne réunissent des tion de variétés moins exigeantes en froid
soit un rendement moyen de 14t/ha. Les conditions favorables à la culture, elles et adaptées aux conditions climatiques a
premiers vergers commerciaux ont été restent cependant, menacées par la grêle emmené l’INRA a entreprendre une série
crées en zones de montagne où les condi- qui peut survenir en période de grossisse- d’expérimentations relatives à l’évaluation
tions climatiques sont favorables au déve- ment des fruits (Mai-avril) et même en du matériel végétal (34 variétés et 5
loppement et à la fructification de l’espè- été. Les dégâts qu’elle peut occasionner porte-greffes), à la caractérisation de la
ce. Sa culture a été étendue, en suite à sont importants sur bois et la production dormance (déroulement et intensité) aux
d’autres zones cependant moins propices, qui peut être complètement détruite. La
par simple transposition des modèles de protection par le biais de filets para-grê-
culture. Les statistiques du ministère de les est le moyen de lutte le plus efficace
l’agriculture font état de l’existence du à l’échelle parcellaire mais elle reste oné-
pommier même en régions à faibles alti- reuse. La lutte contre ce fléau naturel doit
tudes (Gharb, Rabat-Salé, Souss Massa, passer par l’organisation de la profession.
khémisset..). Cependant, les plus impor-
tantes zones de production sont localisées La rentabilité de la culture impose la pro-
en zones de hautes et moyennes altitudes duction des fruits de qualité avec un ren-
du haut et du moyen atlas (Khénifra, dement moyen qui dépasse les 25 t/ha.
Elhajeb, Sefrou, Ifrane, Midelt, Meknès..) Ces conditions ne peuvent être satisfaites
avec certains pôles de concentration. que dans certaines régions de culture où
Cette répartition donne au secteur un l’eau et le froid ne constituent pas de fac-
poids important dans l’économie du pays teur limitant et en utilisant un matériel
Programme National de Transfert de Technologie en Agriculture (PNTTA), DERD, B.P: 6598, Rabat, http://www.iav.ac.ma/pntta
Bulletin réalisé à l'Institut Agronomique et Vétérinaire Hassan II, B.P:6446, Rabat, Tél-Fax: (037) 77-80-63, DL: 61/99, ISSN: 1114-0852
modes de fructification, à la caractérisa- dominance apicale. Celle-ci favorise la for-
tion pomologique. Les variétés et les mation des pousses vigoureuses plutôt que
porte-greffes ont été introduits de diffé- le développement des spurs qui consti-
rents pays et les essais ont été installés au tuent le support potentiel de production.
niveau des Domaines Expérimentaux de Ce schéma d’évolution caractérise les
l’INRA d’Ain Taoujdate et de Laânaceur variétés mal adaptées dont les arbres sont
sous climat donc à hiver relativement doux dégarnis et généralement moins ramifiés.
et celui de montagne afin de proposer des La répartition des organes de production
variétés pour chaque milieu. Des observa- montre que les dards et les brindilles cons-
tions complémentaires ont été effectuées Anna
tituent le support préférentiel de fructifi-
dans des vergers privés sur les variétés cation pour toutes les variétés. Les bour-
déjà en culture afin de mieux comprendre ses ne sont produites en proportions éle-
leur réaction aux milieux et identifier des vées que sur le bois âgé de 3 ans, les lam-
critères d’adaptation pouvant servir bourdes sont les moins fréquentes quelque
comme indicateurs dans le diagnostic du soit l’âge du bois. En revanche, les brin-
comportement du matériel végétal. dilles sont assez fréquentes aussi bien sur
Dans les zones de moyenne altitude (500- le bois âgé de 2 ans que sur celui de 3 ans
800m), des différences importantes de et constituent le second support de fructi-
comportement existent entre les variétés fication. Ces éléments donnent une idée
et sont à mettre en relation avec leurs ori- sur le comportement typique du pommier Dorset Golden
gines génétique et écologique. La chute en zone de moyenne altitude; où le froid
des feuilles, indicateur d’une entrée en reste insuffisant pour satisfaire les exigen-
dormance, se fait tardivement et d’une ces de l’espèce.
manière étalée. Ce comportement est lié La quantification des organes de produc-
au rythme de croissance et la chronologie tion pour chaque variété est donc un élé-
de l’apparition des feuilles. Chez la variété ment permettant de juger ses possibilités
Anna, la reprise d’activité après récolte de fructification. Une déficience en spurs
donne lieu à des feuilles d’âges physiolo- serait donc liée à une mauvaise adaptation
giquement jeunes dont la sénescence est variétale aux conditions du milieu.
tardive. La cinétique de leur chute suit un
gradient allant du vieux bois aux parties Dans une région où il y’ a une déficience
jeunes dont les bourgeons entrent en dor- en froid, le déroulement des stades phéno- Red Chief
mance plus tardivement. logiques est aussi affecté chez les variétés
pousses végétatives, contrairement à ce
mal adaptées. La dormance des bourgeons
L’époque du débourrement est liée aux qui se fait habituellement, et l’indice de
des cultivars de base GD et SD, est peu
besoins en froid des variétés. Sur un même floraison est très faible. Cette anomalie de
profonde et difficile à surmonter. La char-
génotype, la reprise de l’activité végétati- développement peut conduire à une bais-
ge en coursonnes est déficiente et le
ve se produit en premier lieu sur les spurs se considérable des rendements et traduit
déroulement des stades phénologiques est
et les bourgeons terminaux des rameaux. la forte sensibilité de cette espèce d’origi-
perturbé. La dominance apicale est très
Ces bourgeons seraient moins exigeants en ne tempérée aux changements climatiques
marquée et le débourrement des bour-
froid que les bourgeons latéraux. Le notamment durant l’époque d’induction et
geons latéraux est retardé et hétérogène.
débourrement avancé des bourgeons ter- de différenciation florale.
minaux traduit le phénomène d’inhibition L’évolution de ces bourgeons peut même La production qui en découle est de moin-
corrélative et conduit à l’installation de la être erratique pour ne donner que des dre qualité et sa durée de conservation est
également réduite. La nécessité de cultiver
le pommier en dehors des zones où le cli-
mat est favorable, impose le choix de
variétés précoces moins exigeantes en
froid pouvant s’accommoder au milieu
comme Anna et Dorset Golden. Ces varié-
tés lèvent leur dormance sous l’effet de
200 à 300 heures de froid (T°<7.2°C). Leur
floraison débute à partir de la 2ème déca-
de de février et peut s’étaler jusqu’à mi-
mars. Leur pollinisation peut être assurée
par la variété Ein Shiemer. Anna arrive à
maturité à partir de la 1ére semaine de
juillet. Le fruit est de calibre moyen (80 à
120 g) avec une couleur généralement
striée ou rouge sur fond vert-claire d’im-
portance variable.
La maturité de Dorset Golden est tardive
d’environ 10 jours avec un fruit qui res-
semble à celui de GD dont la couleur est
vert-jaunâtre. Le fruit peut être conservé 4
à 6 semaines lorsque les prix pratiqués sur
le marché sont faibles.
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Dans les zones de transition vers la mon- les disponibilités en eau. Plusieurs vergers
tagne les variétés semi-précoces se trouvent en situation de déficit d’inten-
Ozarkgold et Royal Gala, sont parfaitement sité variable ce qui a engendré des problè-
adaptées et leur maturité arrive pour com- mes de dépérissement et de limitation de
bler un trou dans le calendrier de produc- la croissance. Dans ces conditions, les PG
tion. Elles donnent respectivement des ont des comportements différents et cer-
fruits de couleur jaune-claire et rouge car- tains seraient plus productifs que d’autres.
min légèrement striée. Leur texture est La comparaison des performances des
croquante et l’écoulement sur le marché variétés de base GD et SD sur 5 PG a mon-
est aisé. tré que ce dernier affecte non seulement le
Dans les zones de montagne, le pommier rendement mais aussi la qualité des fruits.
forme plus de spurs et de brindilles, indi- Bien que l’influence du porte-greffe sur le
cateur d’une bonne adaptation au milieu. calibre est difficile à mettre en évidence
Sa floraison est relativement groupée et la du fait que le respect de l’équilibre mise à
production est meilleure. Au cours de la fruit-vigueur qui est fonction de la taille,
maturité des fruits, la disparition rapide de de l’éclaircissage et de la nutrition, les
la chlorophylle cède la place à une colora- résultats confirment les effets du porte-
tion plus intense. Les températures modé- greffe sur le comportement et les perfor-
rées et les fortes amplitudes thermiques mances du cultivar. Le porte-greffe vigou-
favorisent la synthèse des pigments reux MM111 a montré une bonne adapta-
responsables d’une bonne coloration et tion en région à climat chaud que les PG
surtout rouge. Le fruit est ferme, croquant nanisants. Cette performance est attribuée
et plus parfumée à pleine maturité. Dans à son efficacité dans l’absorption des élé-
ces conditions, la gamme usuelle formée ments minéraux qui s’est répercutée sur la apicale et en favorisant l’autonomie des
de GD et SD est à élargir avec la variété croissance végétative, la vigueur, la pro- coursonnes peut être obtenue en adoptant
Red Chief, Golden Smoothée et même ductivité et sur le calibre des fruits. des écartement de 5 x3 m (666 arbres/ha).
Gloster. Une tendance à une forte deman- L’avantage des porte-greffes nanisants ne Cet écartement correspond à une densité
de des fruits de couleur rouge existe ce qui peut être exploité que dans l’augmenta- optimale dans un système à tendance
indique que les plantations futures doi- tion des densités en sol fertile et en bon- intensive avec des possibilités de travailler
vent être basées sur les variétés colorées. nes conditions d’alimentation hydrique. mécaniquement les inter lignes et de trai-
Porte-greffes Eléments de conduite technique ter les arbres aisément.
Le constat effectué sur le terrain a mon- de la culture Taille
tré que plusieurs arboriculteurs accordent La taille est une des opération les plus
de l’importance à la variété et ignorent Le pommier est espèce extrêmement sen-
sible aux erreurs de conduite, aux maladies importante de l’itinéraire technique qui est
celui du porte-greffe (PG). Une gamme difficile à décrire et qui nécessite une main
très large de PG existe pour répondre aux et aux attaques des ravageurs. La réussite
de sa culture nécessite une maîtrise de d’ouvre spécialisée pour sa réalisation.
exigences des différentes conditions de Après la plantation et pour une forme de
culture. Elle reste cependant dominée par toutes les opérations de l’itinéraire tech-
nique qui doivent être en adéquation avec conduite en gobelet, le plan doit être rabat-
MM106, considéré parmi les meilleures tu à 50-60 cm pour former l’arbre sur 3 à 5
sélections dans le monde. le matériel végétal choisi et les conditions
du milieu charpentières la deuxième année en élimi-
L’intensification des vergers a été un souci nant les rameaux à angle fermé ou trop
des arboriculteurs marocains qui ont Densité de plantation et forme de ouvert. Les sous-chaprentières sont choi-
transposés des modèles de culture non
conduite sies pour être à l’extérieur de la frondaison
adaptés (axe central, palmette), basés sur Etant donné la dominance des variétés et réparties à des espaces réguliers sur la
l’utilisation des PG nanisants comme M9, proposées qui ont une fructification de structure principale. La croissance excessive
M26 au contexte climatique nationale. type «spur» et de type «Golden», et les des sous mères dans la partie supérieure de
Cela a engendré plusieurs problèmes de problèmes posés par la conduite en axe la charpente doit être contrôlée afin de
conduite (dégarnissement, dépérissement, central dans l’établissement de l’équilibre réduire le développement des rameaux de la
hétérogénéité,..) à cause de plusieurs fac- végétatif, le contrôle de la fructification et partie basale et provoquer un certain dés-
teurs contraignants comme les températu- la maîtrise des caractères de l’arbre, le équilibre de l’arbre.
res élevées de l’été, les disponibilités gobelet est le mode de conduite à adopter
réduites en eau d’irrigation qui n’ont pas lorsque le niveau technique de l’arboricul- La taille de fructification consiste à contrô-
teur est moyen. ler la fructification par un allongement
été pris en considération lors de la créa- régulier de la branche fruitière et par un
tion du verger. Les maladies racinaires Les écartements qui se pratiquaient étaient élagage modéré lorsque la branche vieillit.
constituaient aussi un autre problème qui de 5 x 5 m (400 arbres/ha) et ont évolué Les branches fruitières doivent se position-
a entravé cette culture en causant des au fil des années à la faveur d’une intensi- ner sous l’horizontal. Leur simplification et
dégâts importants dans certaines régions fication pour atteindre 1000 à 1250 arbres l’ablation des réitérations visent la réparti-
(Tigrigra, Aïn Leuh,…). Elles ont pris de par hectare. Avec l’âge des arbres, des pro- tion de la croissance sur les coursonnes en
l’importance dans les sols lourds et irrigués blèmes de chevauchement sur la ligne ont vue des les rendre autonome.
à la raie ou en situation asphyxiante à induit un dégarnissement des arbres lié à Eclaircissage
cause de la forte sensibilité du matériel un faible éclairement. Un développement
végétal utilisé comme MM106 et M26. correct des branches fruitières et des arb- L’amélioration du calibre des fruits et donc
Avec la limitation des ressources en eau res nécessite l’adoption de densité permet- de la qualité de la production peut être
d’irrigation, le secteur s’est orienté vers tant de respecter l’équilibre mise à fruit obtenue par l’éclaircissage des fruits. Cette
l’irrigation au goutte à goutte pour faire vigueur. La maîtrise de la croissance des technique peut être réalisée manuelle-
une adéquation entre la taille du verger et arbres par la réduction de la dominance ment pour plus de sécurité et de précision,
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et consiste à supprimer un certain nomb-
re de fruits pour réduire la concurrence
entre. L’opération organise la charge de
l’arbre en permettant le maintien des fruits
issus des fleurs principales au niveau des
bouquets (King flowers). Il est pratiqué 1
à 1.5 mois après la pleine floraison. Le
nombre de fruit à éliminer peut être déter-
miné en fonction du rendement désiré, le
calibre souhaité et la densité de planta-
tion. Sur le plan pratique et en présence
d’une forte charge, on ne doit garder que
2 fruits/bouquet sur la moitié inférieure
de l’arbre et 1 fruit/bouquet sur la moitié
supérieure.
L’éclaircissage chimique peut être envisa-
gé aussi en utilisant plusieurs produits, en
traitement de post-floraison comme l’ANA,
NAD, Carbaryl, et autres. Cependant les
résultats obtenus dépendent des condi-
tions climatique du milieu (homogénéité
de floraison, floridondité,…).
Pour le phosphore 20 à 40 unités à appor- nombre élevé d’interventions (12 à 20)
Fertilisation ter de préférence avant le débourrement. que nécessite cette espèce. Elle dépend de
La fumure organique permet d’apporter, Pour la potasse, 100 à 150 unités à appor- la situation de chaque verger et des
en plus d’une certaine quantité d’éléments ter dès la nouaison pour permettre une attaques subits la saison écoulée. Il est
fertilisants majeurs, des oligo-éléments bonne diffusion dans le sol. Pour les oligo- difficile d’établir un calendrier de traite-
indispensables à une croissance et à une éléments, il est préférable de les appliquer ment pour toutes les situations. Les élé-
fructification correcte et de qualité chez par pulvérisation foliaire à faible concen- ments présentés dans ce cadre sont à titre
l’espèce. Le fumier contribue également à tration (0.5 kg/hl d’eau). indicatif. La protection doit commencer
l’amélioration de la qualité du sol (struct- par un traitement cuprique dès la chute
Irrigation des feuilles puis par un traitement à base
ure et perméabilité). Les quantités à
apporter et la fréquence des apports Le pommier est une espèce exigeante en d’huile blanche au stade gonflement-
dépend du niveau de matière organique eau et ses besoins sont estimés à 6000- débourrement des bourgeons. Pour l’oï-
dans le sol (le sol est bien pourvu lorsqu’il 7000 m3/ha qui doivent être apportés dium et la tavelure des traitements à base
renferme 3 à 4% de matière organique) et (selon les régions) à partir du mois de mai de Mancozèbe et de Soufre mouillable sont
des disponibilités en fumier. Un apport de jusqu’au mois d’octobre. à envisagés en préventif et/ou en curatif
10 à 20 t/ha/an peut être suffisant. en début de printemps (gonflement des
Le volume d’eau à apporter peut être bourgeons, nouaison) par temps humide.
La fumure minérale est importante et les approché par la méthode du bilan A partir du mois de mai, jusqu’au début
quantités d’engrais à apporter dépendent hydrique qui tient compte en particulier de maturité, des traitements insecticides
aussi de plusieurs facteurs et surtout de l’ETP (Evapotrans-piration potentielle), la réguliers doivent être envisagés tous les
l’élément fertilisant, l’âge des arbres, de la réserve facilement utilisable du sol (RFU) 12 à 15 jours et dépendent de la rémanen-
richesse du sol et du niveau des rende- et l’âge des arbres. Ce bilan peut être cal- ce et des spécificités du produit. Quant
ments. En irrigation goutte à goutte, le culé hebdomadairement en adoptant un aux acariens rouges, leur pullulation est
phosphore et la potasse sont à apporter coefficient cultural (Kc) de l’ordre de 0.8 à plus importante par temps très chaud
sous forme d’engrais soluble à injecter en 0.9 pour un verger adulte. (chergui). Ses œufs sont à observer en fin
plusieurs apports fractionnés sur toute la L’irrigation au goutte à goutte permet une d’hiver pour prévoir le traitement de prin-
période de grossissement du fruit. L’azote alimentation régulière de la culture en temps qui peut se faire à base d’huile
est à fractionner également en période de apportant 5 à 10 m3/heure et à des fré- blanche ou de Clofentezine (Apollo) ou
croissance végétative active. quences élevées. La dose à apporter Héxythiazox (Cesar). Lorsque la moitié des
Une estimation des apports peut être chaque jour doit être calculée pour com- feuilles renferment des araignées, un trai-
approchée par la méthode du bilan qui se penser la consommation de la veille afin tement à base de Tebufenpyrad (Massaï)
base sur les analyses du sol. Celles du que le bulbe d’humectation ne se rétracte ou de Pyridabène (Nexter) ou de Propargite
végétal permettent de la réajuster et de d’une façon exagérée. L’irrigation quoti- (Omite 30 WP) est à envisager. L’efficacité
détecter les carences possibles liées à des dienne est à réaliser en une seule période de certaine matière active est optimale
continue, concentrée durant la période lorsque le pH de l’eau de traitement est
contraintes du sol. Selon certains auteurs,
chaude de la journée, et que la dose jour- légèrement acide (4 à 6).
les prélèvements, pour produire 1 tonne de
pomme, sont de 1.2 à 2.2 - 0.6 à 0.7 - 2 à nalière appliquée soit proche des besoins Toutes ces opérations sont à réajuster en
3 kg d’élément fertilisant, respectivement de la journée. fonction de chaque situation et avec l’ap-
pour l’azote, le phosphore, la potasse. Protection phytosanitaire pui d’un technicien expérimenté car l’erreur
Ces quantités sont de 4.6 kg de calcium et en arboriculture fruitière n’est permise si
de 1kg de magnésium. Pour un rendement Le pommier est sujet à plusieurs attaques non elle coûtera chère à l’arboriculteur ■.
moyen de 25t/ha Soing et Vaysse (1999) de maladies et de ravageurs. Les plus fré-
quentes sont celles de la tavelure, de l’oï- Dr Ahmed OUKABLI
recommandent donc 80 à 100 unités d’a-
zote, à fractionner en plusieurs apports: dium, des pucerons, du carpocapse, de la INRA, Unité de Recherche Amélioration des Plantes et
cochenille et des acariens. La protection Conservation des Ressources Phyto-génétiques
débourrement-floraison (20%), pleine Centre Régional de Meknès
croissance (60%) et après récolte (20%). phytosanitaire est onéreuse en raison du oukabli2001@yahoo.fr
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