Vous êtes sur la page 1sur 86
ÉVALUATION DES BESOINS EN INFORMATION AGRICOLE DANS LES ÉTATS DU GROUPE AFRIQUE-CARAÏIBES-PACIFIQUE (ACP) AFRIQUE

ÉVALUATION DES BESOINS EN INFORMATION AGRICOLE DANS LES ÉTATS DU GROUPE AFRIQUE-CARAÏIBES-PACIFIQUE (ACP)

AFRIQUE

Étude sur : La République du Rwanda

Rapport final

Préparé par :

Sixte RUTAYISIRE

Pour le compte du

Centre technique de coopération agricole et rurale (CTA)

Projet n° 4-7-41-207-5/e

30/06/06

ÉVALUATION DES BESOINS EN INFORMATION AGRICOLE DANS LES ÉTATS DU GROUPE AFRIQUE-CARAÏIBES-PACIFIQUE (ACP)

Afrique

Étude sur : La République du Rwanda

Rapport final

Préparé par :

Sixte RUTAYISIRE

Pour le compte du

Centre technique de coopération agricole et rurale (CTA)

Projet n° 4-7-41-207-5/e

30/06/06

Notice légal

Ce rapport à été commandité par le CTA afin d’affiner sa connaissance des besoins en information des pays ACP. Le CTA ne peut en aucun cas se porter garant de la fiabilité des données, inclues dans le rapport, ni prendre la responsabilité des usages qui pourraient en être fait. Les opinions exprimées ici sont celles de leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue du CTA. Le CTA se réserve le droit de sélectionner des projets et des recommandations portant sur son mandat.

Remerciements

L’auteur adresse ses remerciements à tous ceux qui ont contribué à la réalisation de cette étude. Il voudrait remercier sincèrement les autorités du CTA qui ont bien voulu lui confier cette étude et qui n’ont rien ménagé pour lui faciliter le travail. Le personnel du CTA, par sa disponibilité à fournir toute la documentation nécessaire et des conseils utiles, est chaleureusement remercié. Une mention spéciale est adressée à Christine Webster et Michael Powell pour leur permanente disponibilité. Leur contribution au bon aboutissement de cette étude a été déterminante et mérite nos profonds remerciements. La réalisation de cette étude a été rendue possible aussi grâce au concours des institutions et des personnes qui ont été contactées tout au long de l’étude. Que tous trouvent ici nos remerciements sincères pour les informations et la documentation fournies.

Sigles, abréviations et acronymes

ACDI: Agence Canadienne pour le Développement International ACP : Afrique – Caraîbes - Pacifique AGOA: African Growth and Opportunity Act ARTEL: Africa Rural telecommunication ASARECA: Association for Strengthening Agricultural Research in Eastern and Central Africa BAD: Banque Africaine de Développement BBC: British Broadcasting Corporation BRALIRWA: Brasseries et Limonaderies du Rwanda CD: Compact Disk CDC: Comité de Développement Communautaire CE : Commission Européenne CEPGL: Communauté Economique des Pays des Grands Lacs CFJ: Centre de Formation des Jeunes COMESA: Common Market for Eastern and Southern Africa CTA : Centre technique de coopération agricole et rurale DFID: Department of International Development DW: Deutche Welle EICV: Enquête Intégrale sur les Conditions de Vie des Ménages EPU: Enseignement Primaire Universel ETO: Ecole Technique Officielle FAO : Food and Agricultural Organization of the United Nations FIDA: Fonds International de Développement Agricole FM: Fréquence Modulée FRSP: Fédération Rwandaise du Secteur Privé GIC : Gestion de l’Information et de la Communication GTZ: Organisation Allemande de Coopération GWh: Gigawattsheures HIV : Human Immunodeficience Virus ICRAF: International Centre for Research in Agroforestery IDA: International Development Association IGN: Institut Géographique Nationale IITA: International Institute for Tropical Agriculture IRST: Institut de Recherche Scientifique et Technologique ISAR : Institut des Sciences Agronomiques du Rwanda KIE: Kigali Institute of Education KIST: Kigali Institute of Science, Technology and Management LAE: Lutte Anti-Erosive LAN: Local Access Network MINAGRI : Ministère de l’Agriculture et des Ressources Animales MININFRA: Ministère des Infrastructures MSU: Massachussets State University MVA: MégaVoltsAmpères

MW: Mégawatt NEPAD: New Partnership for Africa Development NICI: National Information and Communication Infrastructure OCIR-Café : Office des Cultures Industrielles du Rwanda - Café OCIR-Thé : Office des Cultures Industrielles du Rwanda - Thé ONATRACOM: Office National de Transport en Commun ONG: Organisation Non Gouvernementale OPEP: Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole ORPIE/RIEPA: Office Rwandais de Promotion des Investissements et des Exportations PF/TH: Pro – Femmes / Twese Hamwe PIB: Produit Intérieur Brut PNUD: Programme des Nations Unies pour le Développement PPTE: Pays Pauvres Très Endettés PSTA: Plan Stratégique de Transformation de l’Agriculture RADA : Rwanda Agricultural Development Authority RARDA: Rwanda Animal Resources Development Authority RDC: République Démocratique du Congo RFI: Radio France Internationale RSSP: Rural Sector Support Project RWF : Franc Rwandais SIDA: Syndrome de l’Immunodéficience Acquise SINELAC: Société Internationale d’Energie des Grands Lacs SMS: Short Message Services SNEL: Société Nationale d’Electricité SNV: Netherlands Development Organization SORWATHE: Société Rwandaise de Thé TEP: Tonnes Equivalent Pétrole TIC : Technologies de l’Information et de la Communication TVR: Télévision du Rwanda UCORIRWA : Union des Coopératives Rizicoles du Rwanda UNR: Université Nationale du Rwanda UPEGAZ : Unité de Production et d’Exploitation du Gaz Méthane USAID: United States Agency for International Development USD: United States Dollar UVA: Université Virtuelle Africaine VOA: Voice Of America WDR: World Development Record

Taux de change au 26/06/06 : € 1= RWF 693,4861 (Cours moyen à la Banque Nationale du Rwanda)

Table des matières

Sigles, abréviations et acronymes

ii

RESUME ANALYTIQUE

1

1. INTRODUCTION

3

2. PROFIL DU PAYS – VUE D’ENSEMBLE

4

 

2.1

Agriculture, pêche et ressources forestières

 

6

2.1.1

Agriculture

6

2.1.2.

Pêche et aquaculture

7

2.1.3.

Ressources forestières

8

2.1.4.

Pastoralisme

9

2.2 Capacité de gestion de l’information et de la communication (GIC)

 

9

2.3 Informations et services agricoles

12

3.

APERÇU DES PROBLEMES DE GIC DANS LE DEVELOPPEMENT AGRICOLE ET RURAL :

 

CAPACITES, SERVICES ET BESOINS DIVERS

15

 

3.1. Interventions en cours et à venir des bailleurs de fonds

 

15

3.2. Analyse des besoins institutionnels

17

3.2.1. Besoins en informations

17

3.2.2. Besoins en termes de renforcement des capacités (compétences, formation, médias, TIC,

équipements)

18

4.

CONCLUSIONS ET RECOMMANDATIONS

22

4.1.

Conclusions

22

4.1.1. Besoins en informations

23

4.1.2. Besoins en termes de renforcement des capacités

24

4.1.3. Bénéficiaires et partenaires potentiels

24

4.2.

Recommandations

 

25

4.2.1 Recommandations par programmes opérationnels

25

4.2.2.

Autres recommandations

26

ANNEXES

27

 

Annexe 1.

Termes de référence

28

Annex 2.

Profil du pays : Rwanda

34

2.1. État général de l’agriculture (sur la base de la documentation disponible)

34

2.2. Profil socio-économique (sur la base de la documentation disponible)

47

A Taux de mortalité

 

49

Energie

52

Transport de marchandises

54

Transport public

55

2.3

Médias et télécommunications (mise à jour / vérification)

56

Annex 3.

Profil des institutions

62

Annex 3.1 Liste de toutes les institutions présentes dans l’agriculture et le développement rural

62

Annexe 3.2 Liste des principales institutions clés impliquées dans l’information et la communication pour

 

le développement agricole et rural

64

Annexe 5.

Bibliographie

79

RESUME ANALYTIQUE

Introduction

Dans le cadre de sa mission, le CTA a entrepris une série d’études devant l’aider à améliorer et mieux cibler ses interventions et activités en faveur des partenaires et bénéficiaires potentiels (notamment les femmes, les jeunes, le secteur privé et les organisations de la société civile) en ayant un tableau plus détaillé de leurs besoins. Ces études visent aussi à mettre au point une stratégie adaptée et à élaborer un cadre d’action en conséquence. Enfin, ces études doivent également mettre en évidence les besoins spécifiques en produits et services du CTA et permettre ainsi d’en améliorer la fourniture. Le présent rapport fait partie de la troisième de cette série d’études d’évaluation et concerne les pays sortant d’un conflit prolongé dont le Rwanda. Les résultats de cette étude seront pris en compte dans l’élaboration du Plan stratégique du CTA pour 2007 – 2010.

Objectifs de l’étude

L’objectif général de cette étude est de contribuer au développement économique par le renforcement des capacités de gestion de l’information agricole et le partage des connaissances. Les objectifs de l’étude sont les suivants : (i) élaborer pour le CTA une stratégie adaptée aux pays en situation post- conflictuelle ; (ii) accroître l’efficacité du soutien du CTA aux pays en situation post-conflictuelle ; (iii) rassembler des données de base sur la GIC et les TIC dans le développement agricole et rural du Rwanda.

Méthodologie

Pour la collecte des informations nécessaires à cette étude, des méthodes d’évaluation qualitative et quantitative rapide ont été utilisées, consistant notamment à :

Examiner la documentation et les sources d’informations disponibles, en prenant en compte

les actions menées par les autres bailleurs dans le domaine de l’information agricole et du renforcement des capacités humaines et physiques ; Conduire des interviews individuelles avec les parties prenantes et les acteurs concernés et, si possible, organiser des discussions en groupe : au total, sur les 10 institutions sélectionnées, 7 ont été interviewées;

Un guide d’entretien, sous forme de questionnaire a permis de collecter les informations nécessaires de façon systématique. L’évaluation rapide a permis d’avoir une vue d’ensemble des principaux problèmes / des profils des organisations.

Résultats attendus

Les résultats attendus de cette étude sont les suivants :

une revue détaillée des services d’information agricole, des institutions et des autres acteurs

impliqués, mais aussi de leurs besoins en matière d’infrastructures physiques, d’accessibilité de l’information et de renforcement des capacités humaines ; une évaluation des actions engagées / planifiées par le gouvernement et les agences d’aide

bilatérales ou multilatérales dans le domaine de l’information pour le développement agricole et rural ; un inventaire des besoins des partenaires potentiels en matière de services et d’activités du

CTA, notamment en termes de capacités de gestion de l’information et de la communication ; une liste de sélection des partenaires / bénéficiaires potentiels des services et activités du

CTA ; des données de base fiables permettant d’assurer le suivi ultérieur des activités.

Cette étude devra également permettre au CTA de définir un cadre d’action et de mettre au point une stratégie ciblant les institutions du Rwanda, et servir de matériau de base à l’élaboration de son plan stratégique pour 2006 – 2010

Faits constatés/Résultats

L’étude a permis de constater une faible utilisation des technologies de l’information et de la communication (TIC) et d’observer une absence de systèmes et de gestion de l’information et de la communication (GIC). Les besoins en information sont très diversifiés allant des informations d’ordre général aux informations économiques en passant par les informations techniques, tandis que les formats utilisés ne répondent pas aux besoins des bénéficiaires. Les capacités tant physiques qu’humaines sont limitées, et les besoins pour leur renforcement sont immenses. Le personnel doit être formé à l’acquisition ou la collecte de données, le stockage, l’analyse, la synthèse et la compilation des données et informations aux fins de diffusion auprès de groupes cibles déterminés ou d’interaction avec ces derniers. En plus, il doit acquérir des capacités pour l’éducation du public, la promotion de l’échange d’informations avec et entre les groupements locaux, l’élaboration de matériels audiovisuels et de lettres d’information, l’enregistrement/classement des fichiers et l’organisation de l’information à mettre en ligne sur le site Internet de l’institution. Des institutions ont manifesté le besoin de bénéficier d’appuis du CTA.

Conclusions

L’évaluation des besoins en information des institutions engagées dans le développement agricole et rural, réalisée avec la participation des acteurs, montre des besoins importants et la nécessité de collaborer avec le CTA à travers ses programmes opérationnels :

Produits et services d’information ;

Services et canaux de communication ;

Techniques et systèmes de gestion de l’information et de la communication (GIC).

Le CTA apportera son appui pour la mise à disposition des informations requises, le renforcement des capacités tant humaines que physiques. Des institutions pouvant constituer des partenaires pour le CTA ont été identifiées.

Recommandations

Le CTA apportera son appui en matière de mise à disposition de l’information, services et canaux de communication et GIC aux institutions partenaires suivantes : Rwanda Agricultural Development Authority (RADA), l’Institut des Sciences Agronomiques (ISAR), et le district de Nyaruguru. Les institutions bénéficiaires proposées sont : syndicat Imbaraga, centre de formation coopérative IWACU, Pro-Femmes Twese Hamwe et UCORIRWA.

1.

INTRODUCTION

1. Pour répondre aux préoccupations de ses partenaires, le CTA a entrepris une série d’études

d’évaluation des besoins dans plusieurs pays dont l’actuelle qui porte sur les besoins en information agricole dans 6 pays africains ACP qui sortent d’un conflit prolongé, dont le Rwanda qui est entré en guerre en 1990 et connu un génocide en 1994.

2. Le Centre technique de coopération agricole et rurale (CTA) a été créé en 1983, dans le cadre

de la Convention de Lomé entre les États du groupe ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique) et les pays membres de l’Union européenne. Depuis 2000, le CTA exerce ses activités dans le cadre de l’Accord de Cotonou ACP-CE.

3. Tenant compte de sa mission d’élaborer et de fournir des services qui améliorent l’accès des

pays ACP à l’information pour le développement agricole et rural, et de renforcer la capacité de ces pays à produire, acquérir, échanger et exploiter l’information dans ce domaine, le CTA a articulé ses programmes autour de trois principaux axes d’intervention : fournir un large éventail de produits et services d’information et mieux faire connaître les sources d’information pertinentes ; encourager l’utilisation combinée de canaux de communication adéquats et intensifier les contacts et les échanges d’informations (entre les acteurs ACP en particulier) ; renforcer la capacité ACP à produire et gérer l’information agricole, à élaborer et mettre en oeuvre des stratégies de gestion de l’information et de la communication (GIC), notamment en rapport avec la science et la technologie. Ces activités tiennent compte de l’évolution des méthodologies appliquées dans le traitement des questions transversales (le genre, les jeunes, les technologies de l’information et de la communication – TIC – et le capital

social), des résultats d’évaluations d’impact et des évaluations de programmes, mais aussi des thèmes d’information prioritaires pour l’agriculture ACP 1 .

4. Le Plan stratégique du CTA pour 2001-2005 mis en oeuvre en janvier 2002 a donné lieu à une

nouvelle répartition des activités entre trois départements opérationnels en charge des programmes phares du CTA :

Produits et services d’information ;

Services et canaux de communication ;

Techniques et systèmes de gestion de l’information et de la communication (GIC).

Ces départements opérationnels sont appuyés par l’unité Planification et services communs (P&CS) dans le cadre de laquelle se situe la présente évaluation.

5. Pour répondre aux préoccupations soulevées au cours de l’évaluation de la mise en œuvre du

Plan à moyen terme (1997 – 2000) et même de l’évaluation du Plan stratégique et cadre d’action du CTA pour 2001 – 2005, le CTA a entrepris une série d’études d’évaluation des besoins dans 21 pays ACP des régions Pacifique et Caraïbes sur toute la période 2003 – 2005. La présente évaluation est la troisième de cette série d’études, elle porte sur les besoins en information agricole dans 6 pays africains ACP qui sortent d’un conflit prolongé dont le Rwanda. Les préoccupations soulevées par ces évaluations posent les questions de savoir dans quelle mesure les activités du CTA sont accessibles et pertinentes pour les plus démunis ; si elles contribuent au respect de l’équilibre homme-femme et comment identifier les partenaires potentiels, notamment dans le secteur indépendant.

1 Les thèmes d’information prioritaires pour l’agriculture ACP ont fait l’objet de plusieurs études, ateliers et séminaires auxquels ont pris part différentes parties prenantes, organisations et institutions du secteur du développement agricole et rural. Les documents afférents (ou des extraits de ces documents) seront fournis aux consultants.

2.

PROFIL DU PAYS – VUE D’ENSEMBLE

6. Le Rwanda est un pays enclavé de 26 338 km 2 . Le taux de croissance démographique

du Rwanda est estimé à 2,9 % par an. Selon le recensement de 2002, la population rwandaise

se chiffre à 8,2 millions d’habitants; elle passerait à 15 millions en 2020 et à 20 millions en 2030. Le pays est caractérisé par une des densités les plus fortes d’Afrique, soit environ

310 habitants au km 2 .

7. En général, 51% de la population âgée de 6 ans et plus peuvent lire et écrire au moins

une langue, essentiellement le Kinyarwanda qui est la langue nationale pratiquée par toute la population et même dans les pays voisins. L’alphabétisation se fait, surtout à l’âge adulte, en

Kinyarwanda. Par contre, les langues étrangères ne sont parlées que par une minorité de la population et essentiellement en milieu urbain, surtout à Kigali. A cause de la proximité avec l’Est de la RDC, le swahili est parlé par une proportion relativement élevée le long de la frontière avec ce pays, mais aussi à proximité de la Tanzanie. L’anglais a une importance relative dans la province d’Umutara à cause des mouvements migratoires récents en provenance de l’Uganda voisin. La langue française, quoique peu parlée également, est tout

de

même plus équitablement distribuée sur l’ensemble du territoire national. Le Kinyarwanda,

le

français et l’anglais sont les 3 langues officielles du pays.

8.

Le climat est de type tropical tempéré par l’altitude avec une température moyenne de

19°C et une pluviosité annuelle qui varie entre 900 et 1600 mm. Le Pays connaît une petite saison de pluies de septembre à novembre et une grande saison des pluies de février à mai. La petite saison sèche va de décembre à janvier et la grande saison sèche de juin à mi-septembre. Certaines régions du pays peuvent souffrir de sécheresse prolongée qui affecte leur production agricole et fragilise la sécurité alimentaire des populations qui les habitent.

9. Le Rwanda se subdivise en trois zones d’altitude : la zone de basse altitude inférieure

à 1500 m qui couvre tout l’est du Rwanda ; elle s’étend depuis le parc national de l’Akagera,

de l’Umutara jusqu’au Bugesera en passant par le Gisaka ; la zone de moyenne altitude (1500

m - 1900 m) qui se situe de part et d’autre des terres de la Crête Congo-Nil. ; la zone de haute altitude supérieure à 1900 m et comprenant les hautes terres de la Crête Congo-Nil et les

hautes terres volcaniques.

10. Le Rwanda est un des pays les plus pauvres du monde avec un revenu annuel par

habitant de 210 dollars américains. Plus de 60 % de la population vivaient en dessous du seuil de pauvreté en l’an 2001. L’agriculture est la principale source de devises du Pays et de moyens de subsistance de la population. Encore embryonnaire, le secteur secondaire est constitué essentiellement par l’industrie manufacturière et le bâtiment et contribue pour 16,6 % au PIB (2001). Le secteur tertiaire constitue 37,4 % du PIB. Il comprend les services marchands (77 %) et les services non marchands (23 %). Le PIB s’élève à environ 1,8 milliards de dollars EU.

11. Le Rwanda est une république indépendante depuis 1962 dirigée par un président de la

république. Dans le processus de gouvernance, il est assisté par un pouvoir législatif et un pouvoir judiciaire indépendants. Depuis l’indépendance, le pays a été dirigé par 4 présidents

de la république (1962-1973, 1973-1994, 1994-2000, 2000-à ce jour).

12.

Depuis 1959, le Rwanda a connu des troubles ethniques rampants qui s’exprimaient

par des massacres à grande échelle et l’exil des populations menacées. En 1990, la guerre a éclaté entre des rebelles constitués de rwandais exilés dans les pays voisins et l’armée rwandaise. Les massacres de populations innocentes ont connu leur paroxysme avec le génocide de Tutsis et le massacre des Hutus modérés faisant environ 1 million de morts en 100 jours. La guerre et le génocide ont réduit à néant l’économie du pays en provoquant la destruction des principales infrastructures, le massacre ou la fuite des opérateurs économiques. La population rurale et agricole a payé le plus lourd tribut, avec le pillage et la destruction des maigres ressources qu’elle possédait. De plus, le retour des anciens réfugiés, pour la plupart agriculteurs a accentué la pression démographique sur les terres, provoquant la diminution des superficies cultivées par exploitation agricole

13. Depuis 1994, le Rwanda était dirigé par un gouvernement d’union nationale qui a

préparé des élections démocratiques pour la première fois dans le pays. Les élections ont abouti à la mise en place de toutes les institutions de la république jusqu’à la base, y compris les organes des districts, gouvernements locaux décentralisés jusqu’au niveau des cellules (ensemble comprenant 1 000 personnes environ avant la nouvelle restructuration des districts qui vient de porter leur nombre de 106 à seulement 30 pour tout le pays). Le gouvernement actuel mène beaucoup d’efforts pour le développement du pays, en mettant en œuvre

plusieurs réformes visant à favoriser l’investissement tant interne qu’extérieur et en se rapprochant des bailleurs de fonds internationaux.

14. Suite à la guerre et au génocide, le Rwanda a dû faire face durant les dernières années

à des défis sociaux énormes notamment en matière de réconciliation nationale, de réinstallation et réinsertion des rescapés du génocide et des réfugiés, de la relance des services sociaux de base (éducation, santé, eau et hygiène) ainsi qu’en matière de lutte contre le SIDA.

15. Le processus de réconciliation nationale a été axé sur : (i) l’arrestation et la traduction

en justice des auteurs présumés du génocide ; (ii) la définition et la mise en œuvre d’une démarche de jugement et de réconciliation populaires sous l’institution « Gacaca » ; (iii) la réinsertion sociale des anciens réfugiés (antérieurs à 1994) et des rescapés et réfugiés à la suite du génocide de 1994.

16. Les services de base ont été réhabilités et de nouveaux programmes sont envisagés

dans le cadre du Programme National de Réduction de la Pauvreté. Mais les efforts doivent être maintenus car les besoins tant en infrastructures (écoles, centres de santé, hôpitaux), en

personnel qu’en moyens financiers vont aller en croissant pour satisfaire une population en pleine croissance (8,5 millions en 2004 et un taux de croissance démographique estimé à 2.5 % en 2004) 2 . Une attention particulière devra également être maintenue sur la pandémie du SIDA dont le taux de prévalence est estimé à 11,2% en 2002. 3

17. Après la période d’urgence, depuis les années 1998-1999, le Gouvernement du

Rwanda a initié une réflexion et un processus de planification dont l’ambition est d’engager le pays dans une dynamique de développement continu en vue d’accélérer la croissance économique, réduire sensiblement la pauvreté, et porter cette nation, à terme, dans la catégorie des pays à revenu intermédiaire 4 . Après voir tracé les bases prospectives de cet avenir dans le

2 A supposer que le taux de croissance annuel moyen sur la période 2004-2020 soit de 2,5%, l’effectif de la population au Rwanda en l’an 2020 sera de l’ordre de 12 à 13 millions d’habitants.

3 République Rwandaise (2002) : Programme National de Réduction de la Pauvreté, p.2.

4 Minecofin : Vision 2020- draft 4, p. 8-9 ; document révisé (juin 2003), p.5.

document intitulé « Vision 2020 », le Gouvernement a élaboré une Stratégie Nationale de Réduction de la Pauvreté (juin 2000 à Juin 2002) 5 , dont la mise en œuvre repose sur l’élaboration de stratégies pour les secteurs essentiels de l’économie.

2.1

Agriculture, pêche et ressources forestières

2.1.1

Agriculture

18.

Le secteur agricole est considéré par le Gouvernement « comme premier moteur de

croissance ». Les raisons qui justifient ce choix dans le cas spécifique de ce pays sont multiples. (i) Le Rwanda est le pays le plus densément peuplé d’Afrique. Il compte en 2004 environ 8.5 millions d’habitants sur une superficie totale de 26.338 km², les eaux comprises; soit une densité de 325 habitants au km². En admettant que même s’il venait à diminuer progressivement après 2010 jusqu’à atteindre 2.2 % en 2020 tel que prévu, le taux de croissance établi en 2002 à 2.5 % par an va conduire à un effectif de la population de l’ordre de 12 à 13 millions d’habitants en 2020 ; soit environ 50 % d’augmentation en l’espace de 16 ans. (ii) L’économie rwandaise est caractérisée par la prédominance du secteur agricole sur les principales grandeurs économiques.

19. La population agricole est de 87% en 2002, fournit de l’emploi à 88 % de la

population active occupée, contribue pour 47 % au PIB et pour 71% aux recettes d’exportation. La quasi-totalité de la production agricole est réalisée dans environ 1.4 Millions de ménages agricoles. La superficie agricole moyenne par famille est estimée à 0.76 Ha. L’autoconsommation constitue 66 % environ du volume des vivres produits. L’échange sur le marché, qui ne porte que sur environ 34 % de la production sert à nourrir les ménages

non agricoles (estimés à 11.4 %), mais également les ménages agricoles qui recourent au marché pour en partie satisfaire à leurs besoins alimentaires.

20. Les cultures vivrières occupent 92% des superficies cultivées, tandis que le café et le

thé occupent respectivement 6,3 et 1,6 % des superficies cultivées. L’analyse des statistiques

du MINAGRI montre que la moyenne des superficies cultivées sur la période 1997-2003 est de 1.428.033 ha. Ces superficies se décomposent en 18% pour les céréales, 26% pour les légumineuses, 26% pour la banane, 28% pour les tubercules et les racines 6 . En 2002, les superficies cultivées représentaient 74% des terres disponibles, alors que les jachères/pâturages, boisements et autres usages représentaient 14%, 7% et 5% respectivement 7 . A noter qu’en 1990, les boisements représentaient 11% et les pâturages et jachères 22%.

21. L’absence de ressources minières ou d’autres ressources naturelles directement

exploitables, l’enclavement, le faible niveau actuel d’industrialisation, et le faible pouvoir d’achat des populations, constituent les principaux facteurs qui expliquent que l’agriculture et l’élevage constitueront durant la période couverte par la stratégie nationale de réduction de la pauvreté et la vision 2020, le principal moteur sur lequel il faut compter pour accélérer la croissance et jeter les bases d’un développement soutenu.

22. La politique agricole est mise en oeuvre par le Ministère de l’Agriculture et des

Ressources Animales en collaboration avec le secteur privé et la société civile. Le 1 er dispose

5 Minecofin : Rwanda : Stratégie de réduction de la Pauvreté, Kigali, juin 2002, 184 p., annexes compris.

6 Politique Nationale Agricole, mai 2004 7 MINAGRI/FSRP : Statistiques agricoles 2002.

de plusieurs offices décentralisés qui collaborent avec les 30 districts du pays, gouvernements locaux qui travaillent directement avec les agriculteurs. Les agriculteurs exploitent de petites parcelles d’une superficie inférieure à 1 ha pour chaque exploitation. Les associations d’agriculteurs sont nombreuses mais les plus dynamiques sont celles qui sont organisées autour de filières commerciales comme le riz, le café ou le thé. Le secteur privé est organisé au sein de la Fédération Rwandaise du Secteur Privé, structure impliquée dans le développement économique du pays mais où les petits agriculteurs sont peu présents. Les organisations non gouvernementales locales ou internationales sont très impliquées dans l’agriculture où elles interviennent dans la formation et l’encadrement des agriculteurs. Le Gouvernement travaille également avec la communauté des bailleurs de fonds pour le développement du secteur agricole (coopération bilatérale et multilatérale).

23. En 1996, on estime à 34 % le nombre de ménages dirigés par les femmes dont 21 %

sont des veuves. La proportion de ménages dirigés par les veuves varie selon les Provinces

entre 13 % à Gikongoro et 28 % à Butare. Ces ménages comportent des populations à plus haut risque de pauvreté 8 .

24. Même si les données sur la jeunesse rurale font défaut, il y a des indications qui font

état de désoeuvrement et d’un chômage montant au sein de cette catégorie, notamment les groupements inoccupés au bord des routes ou dans de petites agglomérations, le taux de déperdition scolaire relativement élevé et l’exode rural. Par ailleurs, en plus de jeunes orphelins de la guerre ou du SIDA qui se sont retrouvés du jour au lendemain chefs de ménages, beaucoup de jeunes du milieu rural sont appelés à reprendre les exploitations agricoles de leurs parents sans nécessairement avoir été spécialement préparés pour cela.

2.1.2.

Pêche et aquaculture

25.

Le poisson constitue une source principale de protéines pour les riverains et les

habitants des villes de Kigali, Gisenyi, Kibuye, Cyangugu et en RDC (villes de Goma et Bukavu). Environ 50% de la production locale est commercialisée sur le marché central et les marchés périphériques de la capitale Kigali.

26. La production annuelle locale de 7.000 tonnes est orientée de la façon suivante:

1.400 tonnes sont autoconsommées par les pêcheurs et les pisciculteurs;

500 tonnes de farine d'Haplocromis sont orientées vers l'alimentation animale;

1.000 tonnes de Limnotrissa miodon acheminées vers la RDC (Ville Goma et Bukavu) ; 4 100 tonnes sont vendues dans les marchés proches ou lointains des différentes villes du pays pour la consommation humaine.

27. Le poisson produit au Rwanda provient de trois sources d'importance très différentes:

les lacs qui fournissent l'essentiel, les rivières et les plaines inondées. Il faut également noter que le niveau de production de beaucoup de lacs est dépendant des crues du réseau

8 Minecofin : Stratégie de Réduction de la Pauvreté, p.11 ; p20.

hydrographique ainsi que de l'influence de très importants marécages humides (plus de 1.000 ha).

28. De l'Est vers le Nord en passant par le sud-est et le centre du pays, on remarque un

appauvrissement en espèces ichtyologiques dû aux diverses barrières le long du réseau hydrographique et c'est dans ce cadre que les lacs de l'Est comptent plus de 34 espèces ichtyologiques, au moment où les lacs Sud-est comptent 15 espèces, alors que ceux du Nord compte en tout 3 espèces ichtyologiques.

29. La pisciculture n'a jusqu à présent pas connu un caractère réel intensif. Le rendement

en milieu rural de la pisciculture simple est évalué à 1,739 tonnes/ha/an contre 3,5 tonnes/ha/an en station tandis que les rendements pour la pisciculture associée à d'autres types

d'élevage varient de 4,5-6,5 tonnes/ha/an.

30. Le nombre d'étangs fonctionnels au Rwanda est au nombre de 2.600, soit environ 60%

des étangs qui étaient fonctionnels avant la guerre civile et le génocide de 1994 (4.300 étangs). La production piscicole est évaluée à 300 tonnes de poisson/an. Le nombre de pisciculteurs étant évalué à 25.000 pisciculteurs.

2.1.3.

Ressources forestières

31.

Les forêts couvrent 8% du territoire. Elles sont composées de quatre forêts naturelles,

Nyungwe au Sud – Ouest (90.000 ha), Gishwati à l’Ouest (2.000 ha), Birunga au Nord-Ouest (15.000 ha) et Akagera à l’Est (90.000 ha) 9 .

32. Les ressources forestières sont en constante dégradation depuis le génocide ; la

superficie des parcs et des forêts du Rwanda est passée de 417.000 ha à 226.000 ha. Le Parc

de l’Akagera a été réduit de deux tiers. La forêt de Gishwati a presque totalement disparu (de

37.000 ha, elle est passée à 2.000 ha). Ce problème est dû aux conséquences de la guerre, du

déplacement des populations fuyant les zones de combat et de la réinstallation des populations sur des zones occupées par les forêts, boisements et réserves naturelles. La réduction des massifs forestiers naturels porte gravement atteinte à la biodiversité et à la conservation du sol et de l’eau.

33. La production sylvicole est constituée par le bois de feu et d’œuvre dont la production

peut être estimée à environ 4.145.900 m 3 par an et le déficit à environ 4 millions de m 3 . La situation des forêts et boisements est telle que l’on observe un déséquilibre entre l’offre et la demande de produits forestiers toutes catégories de besoins confondues. Suite au déboisement excessif provoqué par les concentrations de populations au cours de la guerre, la coupe de bois est actuellement soumise à une réglementation sévère, ce qui a fortement contribué à l’augmentation des prix du charbon de bois, des briques cuites pour la construction, etc. Une loi existe pourtant autorisant les populations locales à exploiter les forêts domaniales sous contrat avec l’Etat.

9 Source : Politique forestière, 2004

2.1.4.

Pastoralisme

34. Le secteur de l’élevage contribue pour environ 8.8% du PIB. Les principales espèces

animales élevées au Rwanda sont les bovins (991.697 animaux), les chèvres (1.270.973), les moutons (371.766), les porcs (211.918), les volailles (2.482.124) et les lapins (498.401) 10 .

35. Les systèmes de production sont essentiellement de type traditionnel, très peu de

techniques améliorées sont utilisées. Les productions animales annuelles sont estimées à

97.981 litres de lait, 39.126 tonnes de viande, 2.432 tonnes d’œufs ; 7.612 tonnes de poissons

et 1.499 tonnes de peaux. Ces productions ne parviennent pas à couvrir les besoins de la population. La consommation au Rwanda est de 12 litres de lait et de 4.8 kgs de viande par personne par an, alors que les normes recommandées par la FAO sont respectivement de 220

litres et de 50 kgs par personne et par an.

2.2

Capacité de gestion de l’information et de la communication (GIC)

36.

La gestion de l’information et de la communication est une notion relativement

récente, bien qu’elle ait été pratiquée sans mise en œuvre de techniques particulières. En effet, sans maîtrise technique ni capacités dans ce domaine, la gestion de l’information et de la communication se fait avec beaucoup de lacunes.

37. Les rapports réguliers mensuels, trimestriels ou annuels sont produits à tous les

échelons. Chaque poste de responsabilité professionnelle dispose généralement dans ses termes de référence d’une tâche portant sur la production de rapports. Il existe apparemment un problème d’archivage, car il est souvent difficile de retrouver un document quand on ne s’adresse pas à l’auteur. Les archives sont parfois gardées dans des endroits où elles sont inaccessibles ou sont mal classées. Les correspondances sont classées dans un ordre chronologique qui permet de les retrouver grâce à la tenue de registres entrées et sorties.

38. Les collections d’ouvrages sont peu organisées. A part les universités et les institutions

de recherche en général, ainsi que les organisations internationales, il n’existe pas de collections d’ouvrage accessibles au public. Les documents qu’on trouve dans les centres de

documentation sont essentiellement des revues et autres magazines auxquels sont abonnés les services concernés. Le Ministère de l’Agriculture possède un centre de documentation contenant quelques centaines d’ouvrages anciens ainsi que quelques revues. La publication « Spore » figure en bonne place parmi le peu de revues récentes.

39. Les bulletins et lettres d’information sont peu usitées. Quelques ONG d’encadrement

et quelques entreprises produisent ces documents comme le montre l’annexe III.1.

40. Les documents photographiques sont produits par les médias public et privé dans le

cadre de leurs productions. Les services publics utilisent de plus en plus la photo numérique pour intégrer des images dans leurs rapports. La photographie aérienne est utilisée par certaines institutions internationales qui peuvent mettre les images satellitaires à la disposition des services nationaux. C’est le cas par exemple pour la météo et le couvert végétal.

10 Source : Plan stratégique de transformation de l’agriculture, MINAGRI, 2004

41.

Les images vidéo et les productions audio sont utilisées par les services de

vulgarisation et bien entendu les médias. Au Ministère de l’Agriculture, un service de reportage est en place pour prendre des images vidéo et réaliser des interviews. Il en est de même pour la plupart des projets du Gouvernement et plusieurs ONG. Les services publics

centraux disposent d’un créneau horaire pour des émissions à la TVR et à la radio nationale pour faire passer leurs messages. Les radios privées sont également sollicitées pour cela.

42. Les cartes sont généralement produites par l’Université Nationale du Rwanda dans le

cadre de son projet de Système d’information géographique. Des cartes peuvent être produites

à la demande. Au Ministère de l’Agriculture, le projet de carte pédologique peut produire également des cartes à la demande et une carte pédologique au 1/50 000ème a été produite. Il existe également une carte IGN au 1/50 000ème.

43. Le système d’information sur les marchés au Ministère de l’Agriculture permet de

collecter les données sur les prix sur plusieurs marchés représentatifs du pays. Ces données sont disponibles par quinzaine. Cependant, elles ne sont pas bien diffusées et ne sont accessibles qu’aux personnes averties.

44. Un réseau de système d’alerte rapide a été mis en place avec l’appui bailleurs de

fonds. Ce système produit un document chaque mois sur la situation de l’agriculture dans le pays. Il est aussi possible d’accéder aux informations du système mondial d’information et d’alerte rapide sur l’alimentation et l’agriculture de la FAO, et aux informations sur les prix des denrées agricoles au niveau international grâce aux institutions comme INTRACEN.

45. En agriculture, le Ministère dispose de plusieurs offices spécialisés pour accompagner

les agriculteurs en leur donnant des conseils sur la meilleure façon de gérer leurs exploitations. Les plus importants sont : Rwanda Agricultural Development Authority (RADA), Rwanda Animal Resources Development Authority (RARDA) et l’Institut des Sciences Agronomiques du Rwanda (ISAR). Il existe également des Offices spécialisés comme l’Office des Cultures Industrielles du Rwanda dont 2 branches autonomes s’occupent respectivement du Thé (OCIR-Thé) et du café (OCIR-Café). Le Ministère collabore de plus en plus avec le secteur privé et les ONG pour mener à bien cette tâche.

46. En plus, avec la décentralisation et la mise en place de 30 districts ou gouvernements

locaux, ceux-ci disposent de leurs propres services de vulgarisation qui collaborent avec les services centraux. Les districts disposent de cadres qualifiés et de ressources pour s’acquitter de ces responsabilités, quoiqu’une certaine expérience reste à acquérir car leur existence date du 01/01/06. Ces 30 districts sont répartis entre 4 provinces (Est, Ouest, Nord et Sud) et la ville de Kigali.

47. Les programmes radiophoniques sont diffusés à travers une dizaine de radios dont une

publique et 4 radios communautaires qui lui sont affiliées. Le nombre de radios ne cesse de croître depuis que ce secteur a été libéralisé il y a 2 ans. Les programmes sur l’agriculture et le développement rural représentent une importance réelle car il y a des émissions y relatives plusieurs fois dans la journée pour la plupart de ces radios. Des radios étrangères émettent en

FM et sont très suivies : RFI, VOA, BBC, DW essentiellement.

48. La seule télévision qui émet de 12h00 à 23h00 est la Télévision publique Rwandaise.

Elle diffuse des programmes variés comportant des émissions sur l’agriculture et le développement rural. Bien que couvrant tout le territoire national, elle n’est pas suivie par

beaucoup de ruraux parce qu’ils ne peuvent pas acquérir un téléviseur. Les télévisions étrangères sont également suivies grâce aux antennes paraboliques et aux distributeurs d’images.

49. Les messages électroniques sont utilisés avec beaucoup d’engouement depuis peu

grâce à l’expansion rapide des cybercafés. Des sociétés privées collaborent avec l’opérateur de téléphonie mobile pour diffuser des messages SMS, notamment sur les prix sur les marchés. La téléphonie mobile ayant pris un essor important, son utilisation pour la transmission des messages électroniques serait plus efficace qu’à travers des ordinateurs qui coûtent plus cher.

50. Les sites Internet sont indiqués pour plusieurs services publics et privés, mais il est

notoire que la plupart affiche le message « site under construction » le plus souvent.

51. Les télécentres sont actuellement en vogue. A Kigali essentiellement, plusieurs

connaissent aux heures de pointe de longues files d’attente tout en disposant d’une trentaine

d’ordinateurs. En milieu rural, les investissements dans ce domaine sont bien moins importants.

52. Les réunions et rencontres sur l’agriculture sont fréquentes tant au niveau décentralisé

qu’au niveau central. Les sujets portent généralement sur l’évaluation des programmes en cours, la planification de nouvelles activités ou la présentation de thèmes techniques pour une approche participative. Au niveau sous-régional et africain, beaucoup de réunions se tiennent souvent à Kigali, surtout depuis la construction et la mise en service d’un hôtel 5 étoiles « Intercontinental Hotel ». Enfin, il est d’usage dans la plupart des administrations d’organiser une réunion hebdomadaire pour évaluer les réalisations de la semaine et planifier les activités de la semaine suivante. Cela se fait également sur une base mensuelle, trimestrielle, semestrielle et annuelle.

53. Les publications sont généralement des rapports d’activités, des statistiques, des études

d’experts et des évaluations de projets. Les instituts de recherche et les universités produisent des publications sur les résultats de leurs recherches. Le Ministère des Finances et de la

Planification Economique publie régulièrement des rapports sur les conditions de vie et la pauvreté de la population. Il n’y a pas de bibliothèque nationale à l’exception des bibliothèques universitaires ou appartenant aux institutions internationales.

54. Le nombre d’employés dans le département / unité en charge de l’information agricole

/ la communication, leurs qualifications, compétences et niveau de formation : actuellement les services publics disposent d’unités en charge des relations publiques, d’une autre chargée des TIC et d’un service de vulgarisation. Depuis 2005, une réforme a été effectuée au niveau

de tous les services publics : le Ministère de la Fonction Publique et du Travail a soumis un nouveau cadre organique des services publics au Gouvernement qui l’a accepté. Avec le nouveau cadre organique qui prévoyait beaucoup de suppressions de postes, tous les fonctionnaires qui ne remplissaient pas les exigences des termes de référence ont été remplacés. Le remplacement et le pourvoi des postes sont effectués par appel d’offres public.

55. Le pourvoi des postes par appel d’offres est aussi répandu dans les organisations du

secteur privé et les associations d’agriculteurs surtout quand celles-ci sollicitent des subventions publiques. En effet, les procédures mises en place par National Tender Board et

l’Office de l’Auditeur Général exigent pour tout recrutement la procédure d’appel d’offres. Cela permet de sélectionner des candidats qualifiés pour les postes à pourvoir.

56. Malgré cela, les TIC sont récentes dans le pays et leurs performances sont encore

limitées, tandis que les unités en charge de l’information agricole se font de plus en plus rares avec compression des effectifs.

57. Les ressources financières constituent la pierre d’achoppement de la plupart des

organisations. Au niveau du secteur public, plusieurs projets restent sans financement et les

besoins restent toujours trop importants par rapport aux ressources disponibles. Le secteur privé rencontre les mêmes problèmes : les risques en agriculture sont trop importants et sans aucune couverture que les investisseurs ne se pressent pas dans ce domaine. Les associations d’agriculteurs éprouvent d’abord des difficultés à formuler des projets et quand elles y arrivent, le long chemin à parcourir pour y accéder décourage plus d’un.

58. Les ONG et les associations d’agriculteurs dépendent des financements extérieurs sur

la base de projets. Ceux-ci sont d’une durée limitée et rendent ces institutions vulnérables car

celles-ci peuvent manquer de ressources à la fin des projets.

59. Le matériel de reprographie est généralement présent dans les institutions rencontrées

mais il se limite au minimum. Il n’est remplacé que quand l’on constate que la panne est irréparable et les spécifications montrent un équipement peu performant. En raison des prix

trop élevés, le matériel de reprographie disponible est peu performant.

60. Les équipements informatiques comme les ordinateurs de bureau et les imprimantes

sont disponibles mais vétustes et il est fréquent de rencontrer des équipements de plus de 5 ans d’âge. Les disquettes sont de mauvaise qualité, en provenance de Dubaï, et les CD sont plutôt rarement utilisés parce que les ordinateurs ne sont pas équipés de graveurs de CD. Il en est de même que les flashes disques. Les logiciels informatiques se limitent à l’essentiel fourni avec les équipements.

61. Les ressources en informations sont limitées : peu de bibliothèques, et les sources

d’information disponibles ne sont pas accessibles. L’accès à Internet reste trop cher et parfois difficile à cause des coupures de courant et des connexions lentes.

2.3

Informations et services agricoles

62.

Le Ministère de l’Agriculture et des Ressources Animales dispose d’un service

d’information qui prépare des émissions pour la diffusion à la Radio ou à la Télévision. Les émissions portent généralement sur l’actualité agricole à diffuser auprès des agriculteurs ou d’autres intervenants dans ce secteur.

63. A côté des services publics, d’autres institutions délivrent des informations dans le

domaine de l’agriculture : les ONGs locales et internationales, les organisations de base, les institutions du secteur privé, les institutions sous-régionales, régionales et internationales ainsi que l’Internet.

64.

La plupart des projets et des ONG pratiquent une approche participative et essayent

d’impliquer les paysans. Ils soutiennent aussi les organisations de base des producteurs et les collectivités décentralisées. Sur le terrain, elles ont mené des enquêtes de diagnostic rapide et réalisé des essais d’adaptation et des démonstrations. Dans une large mesure, elles ont

anticipé la stratégie officielle et mènent des actions spécifiques d’appui aux collectivités décentralisées, aux administrations de provinces, de districts, de secteurs et de cellules. Leur expertise est particulièrement utile pour la préparation et la mise en œuvre des contrats et petits projets au bénéfice des CDC et des organisations de base. Selon plusieurs spécialistes, les ONGs interviennent dans les domaines d’actualité (HIV/SIDA, genre, gouvernance, etc.) qui reçoivent beaucoup de financement et ne s’intéressent pas assez aux secteurs classiques qui constituent pourtant le souci quotidien du développement (agriculture, énergie, etc.). On a vu plusieurs ONG changer de cap du jour au lendemain en affectant toutes leurs ressources au HIV/SIDA.

65. Les organisations de base des producteurs (Syndicat Imbaraga et associations des

éleveurs du Rwanda) contribuent par la vulgarisation au renforcement des structures de production et de commercialisation, quoique encore très timidement. Le personnel des services agricoles devrait donner davantage la priorité à l’appui aux collectivités décentralisées (à travers les CDC) et aux associations d’agriculteurs et éleveurs et assurer un

suivi des actions et des projets les concernant. Il doit les assister dans la préparation et la négociation de leurs projets et de leurs plans locaux de développement. La formation des animateurs des ONG et des organisations paysannes est capitale pour l’avenir.

66. L’USAID soutient un projet qui associe l’ISAR, l’UNR, le KIST, le MSU, le TEXAS

A & M University, le Centre IWACU et ACDI/VOCA. Il cherche à créer un centre qui doit jouer un rôle essentiel en matière de production, d’échanges d’information et de collaboration entre la recherche, les services de vulgarisation, les ONG et les organisations de producteurs. Ce centre doit aussi promouvoir et mettre en œuvre les méthodologies de recherche participative et s’intéresser à l’agriculture familiale, à l’artisanat, aux entreprises privées et aux activités non-agricoles de services, de transformation et de commercialisation. Le centre disposera de son propre personnel et il sera cogéré par les institutions participatives qui constituent le système national de recherche et de développement rural. Il permettra aussi de développer des collaborations avec les institutions extérieures.

67. Un projet parrainé par l’USAID lie l’ISAR et l’IITA. Il vise à développer les

recherches sur la production et la commercialisation de produits de base, mis en œuvre avec une approche adaptative et participative et à développer les aspects post-récoltes et de transformation. L’USAID soutient aussi un projet d’Agribusiness Center" à Kigali géré par le bureau d’études Chemonics International. Ce centre est destiné à soutenir, techniquement et financièrement, les investisseurs privés dans le secteur de l’agro-industrie. Un fonds de

garantie a été mis en place à cet effet dans une banque locale.

68. L’Union européenne soutient un projet ISAR/ICRAF de recherche sur l’agroforesterie

et la pisciculture. L’ISAR participe aux réseaux de recherche de l’ASARECA qui se concertent sur les produits, mais mettent aussi l’accent sur la participation des paysans.

69. Le FIDA et SNV ont aussi des contrats de recherche-développement avec l’ISAR dans

les Provinces d’Umutara, Ruhengeri et Gitarama.

70.

Les organismes internationaux tels que le PNUD, la FAO, l’IDA, le FIDA, la BAD

ainsi que les pays comme la Chine, les Pays Bas, les pays de l’Union européenne, le Japon, la Grande Bretagne participent au développement agricole grâce à leurs appuis financiers. Quelques organisations sous-régionales sont présentes mais leurs informations sont peu

accessibles au public : ASARECA, NEPAD, etc.

71. L’utilisation d’Internet se répand de plus en plus quoique son accessibilité reste limitée

par le coût des équipements comme les ordinateurs et celui de la connexion. Les publications sont plutôt peu accessibles en raison du manque de bibliothèques publiques et de librairies. Une petite bibliothèque existe au Centre Culturel Franco-Rwandais et une autre à la FAO tandis que les 2 librairies dignes de ce nom sont la Librairie Caritas et la Librairie Ikirezi.

Quelques journaux s’intéressent à l’agriculture mais la plupart des agriculteurs n’ont pas les moyens d’acheter un journal.

72. Chaque année, le Ministère de l’Agriculture organise un concours agricole qui permet

aux agriculteurs et aux autres habitants d’être informés sur les performances de l’agriculture ainsi qu’une exposition agricole à Kigali tandis que depuis 2005, les provinces organisent des

foires agricoles au niveau local.

3.

APERÇU DES PROBLEMES DE GIC DANS LE DEVELOPPEMENT AGRICOLE ET RURAL : CAPACITES, SERVICES ET BESOINS DIVERS

3.1.

Interventions en cours et à venir des bailleurs de fonds

73.

Les bailleurs de fonds collaborent actuellement avec le Gouvernement à la réduction

de la pauvreté à travers un programme élaboré avec la contribution de toutes les parties. Ce programme est mis en œuvre aussi bien par les institutions étatiques, du secteur privé, que de la société civile avec le concours de la coopération tant bilatérale que multilatérale.

74. Les départements du Ministère de l’Agriculture disposent des services de vulgarisation

qui fournissent les informations utiles dans leurs domaines d’intervention respectifs. Les institutions comme RADA, RARDA, ISAR, OCIR-Café et OCIR-Thé disposent de services chargés de la vulgarisation.

75. Le Ministère a mis en place des projets de développement agricole qui disposent de

services chargés de fournir les informations nécessaires à leurs partenaires. Les projets tels que Rural Sector Support Project, Projet de Développement de l’Elevage Bovin Laitier travaillent avec les agriculteurs et délivrent l’information appropriée pour le développement agricole.

76. Des projets décentralisés au niveau des provinces et des districts délivrent également

les informations pour l’adhésion des partenaires à leurs programmes et la mise en œuvre des activités agricoles ou de développement rural.

77. D’autres ministères sont en charge des sous-secteurs proches de l’agriculture. Le

Ministère des Terres, de l’Environnement, des Forêts, de l’Eau et des Mines dispose de ses propres services d’information qui délivrent des messages portant sur des domaines comme la forêt et l’environnement liés à l’agriculture. Ce ministère met en œuvre également des projets de développement et dispose d’offices autonomes comme Rwanda Environment Management Agency qui ont des services de vulgarisation. Avec la décentralisation, les 30 districts du pays ont mis en place des services chargés de mettre en œuvre des programmes de développement dans leurs zones d’action. Ils disposent de services qui délivrent les informations agricoles.

78. D’après la loi régissant les districts, chacun comprend 3 commissions dont une

Commission du Développement Economique qui est chargée de donner ses avis en matière économique. Ses avis sont requis notamment en ce qui concerne : (i) le suivi de l’application des décisions du Conseil de district en matière de développement économique ; (ii) la conception, l'élaboration et le contrôle des projets de développement adoptés dans le District ;

(iii) la mobilisation des ressources; (iv) l'organisation des séances de formation et de mobilisation de la population en vue de la sensibiliser aux activités de développement ; (v) la sensibilisation de la population au mouvement associatif.

79. En plus, un Comité de Développement du District est chargé de : (i) élaborer le Plan

de développement du District ; (ii) contrôler et superviser les activités et les projets de développement du District ; (iii) contrôler l'administration et la gestion des finances des projets du District ; (iv) élaborer l'avant-projet du budget de développement du District ; (v)

organiser les séances de formation destinées à la population en ce qui concerne les activités

de développement. Le personnel technique tant en agriculture que dans les autres secteurs a été mis en place en janvier 2006, mais l’expérience manque encore.

80. Il est à rappeler que la dette du Rwanda à l’égard des institutions de Bretton Woods a

été annulée dans le cadre de l’initiative PPTE. Il en est de même pour une grande partie de sa dette bilatérale. Les fonds initialement affectés au service de la dette devraient être investis

dans les programmes de réduction de la pauvreté.

81. Dans le secteur agricole, les gros bailleurs de fonds sont la Banque mondiale, le Fonds

International de Développement Agricole (FIDA) et la Banque africaine de développement. La Banque mondiale appuie un projet d’appui au secteur rural (Rural Sector Support Project -

RSSP) pour une durée de 14 ans pour plus de 100 millions de USD.

82. En concordance avec les grandes aspirations de la Vision 2020, qui sont l’émergence

d’une agriculture modernisée, orientée vers le marché, le développement du secteur privé et la réduction de la pauvreté, le RSSP vise la revitalisation de l’économie rurale par l’intensification de l’agriculture, son insertion dans les circuits économiques nationaux et internationaux et la diversification des activités en milieu rural.

83. Selon une estimation de la Banque Mondiale, il faudrait un taux annuel de croissance

de 5% pour réduire en 2012 le niveau de pauvreté à un niveau comparable à ceux des années 1980. Constatant que l’agriculture de subsistance ne peut générer un taux de croissance supérieure à 2%, il a été opté pour le développement accéléré d’une agriculture tournée vers le marché et la promotion de la compétitivité des produits agricoles pour l’exportation.

84. Les options prises dans le RSSP sont donc la traduction opérationnelle de ces grandes

orientations. En phase 1, il s’agit de bâtir un cadre technique et institutionnel approprié et de

mettre en place des infrastructures et services. En phase 2, le processus d’intensification s’accélèrera par des investissements accrus et l’extension des appuis techniques, en phase 3 l’accent sera mis sur la diversification des activités, tout en poursuivant l’intensification de l’agriculture.

85. Quant au FIDA, il appuie 3 projets parmi les plus importants du pays, sur une longue

durée également, dont les projets de Développement des Cultures de Rente et d’Exportation (PDCRE), Promotion des Petites et Moyennes Entreprises (PPPMER), Développement des Ressources Communautaires et des Infrastructures de l’Umutara (PDRCIU), Plan Stratégique de Transformation de l’Agriculture (PSTA). D’autres bailleurs de fonds se sont associés au FIDA pour apporter leurs appuis. Il s’agit de l’Ambassade des Pays Bas et de l’Organisation des Pays Exportateurs de pétrole (OPEP).

86. L’autre bailleur de fonds parmi les plus importants dans le secteur agricole est la

Banque africaine de développement qui appuie le Projet d’Appui au Développement de l’Elevage Bovin Laitier (PADEBL), le Projet d’Appui à la Foresterie (PAFOR) et le Projet d’Appui à la Pisciculture et à la Gestion Intégrée des Lacs. La BAD est en train de formuler aussi un projet d’irrigation pour la riziculture.

87. Les autres bailleurs de fonds interviennent plutôt au niveau décentralisé, donc leurs

projets ne sont pas toujours connus à l’échelle nationale. Il ressort que les ambassades des Pays-Bas, de Belgique, du Canada, l’USAID, la GTZ, le DFID etc. sont parmi les plus actives dans le secteur agricole.

88. Les projets appuyés par les bailleurs de fonds comportent des composantes portant sur

la gestion de l’information et de la communication dans l’agriculture et le développement

rural. Ces projets sont aussi des sources pourvoyeuses d’informations.

3.2.

Analyse des besoins institutionnels

3.2.1.

Besoins en informations

89.

En raison du manque d’accès à la documentation et aux sources d’information en

général, les besoins en information couvrent plusieurs domaines : informations d’ordre général relatives au développement rural ; problèmes liés à l’agriculture, questions liées au développement social, genre, foires commerciales, salons et expositions, développement et

financement des programmes, réseaux disponibles axés sur l’agriculture/le développement (régionaux et internationaux) et l’élaboration de documents d’information.

90. Les besoins en information portent aussi sur les informations techniques : technologie

post-récolte, variétés de cultures, conditionnement, achat/mise à disposition d’équipements, transport (terrestre, maritime, aérien), utilisation et recyclage des déchets, lutte intégrée contre les nuisibles, l’irrigation et les techniques de conservation des eaux et des sols.

91. Ces besoins sont très ressentis chez les services qui sont censés délivrer l’information

eux-mêmes comme les institutions de recherche ou les ONG qui fournissent des conseils aux agriculteurs. Ils n’ont pas toujours l’information et le message approprié à délivrer pour résoudre les problèmes posés aux agriculteurs comme par exemple l’érosion des sols qui

emporte chaque année 14 millions de tonnes de terre.

92. Les pertes dues à l’érosion, qui correspondent à une diminution de la capacité du pays

de nourrir 40 000 personnes par an, n’ont pas pu être arrêtées depuis plusieurs décennies parce que des techniques appropriées n’ont pas pu être mises au point. De même, plusieurs espèces cultivées ont des variétés dégénérées qui n’arrivent pas à obtenir de bons rendements.

93. Il ressort que les résultats de la recherche ne parviennent pas aux utilisateurs et les

échanges entre chercheurs de différents pays ne permettent pas d’introduire des innovations.

94. Les agriculteurs du Rwanda ont pendant longtemps pratiqué une agriculture de

subsistance sans produire pour le marché. Aujourd’hui, la politique agricole les incite à se professionnaliser et à s’orienter vers le marché, mais celui-ci reste inconnu pour la plupart d’entre eux. Les informations économiques font donc défaut : financement et micro-crédit, données relatives aux marchés, identification des marchés, profils de produits de base, systèmes d’assurance des récoltes.

95. Concernant l’assurance des récoltes, c’est un sujet particulièrement important parce

que l’investissement dans l’agriculture en dépend. Au Rwanda, l’irrigation est peu connue. L’agriculture dépend en grande partie du ciel d’où tombe la pluie alors qu’il tombe 900 à 1 500 mm de pluie par an qu’on peut stocker et que plusieurs cours d’eau et rivières parcourent le pays. Mais il suffit d’une période de sécheresse prolongée pour compromettre toutes les récoltes attendues. Les investisseurs redoutent cette situation surtout qu’il n’y a pas

de système d’assurance des récoltes et c’est le cas chez l’Union des Coopératives de Riz au Rwanda (UCORIRWA) même si le riz est irrigué.

96. Les informations sont disponibles sous quelques formats seulement comme les fiches

techniques, les programmes radiophoniques, et parfois des prospectus et des cassettes vidéo.

L’utilisation de différents types de format se heurte au problème de coût élevé et de manque de compétences.

3.2.2. Besoins en termes de renforcement des capacités (compétences, formation, médias, TIC, équipements)

97. Les compétences en gestion de l’information et communication sont insuffisantes à

plusieurs niveaux, la gestion se limitant dans la plupart de cas à la tenue et au dépoussiérage du centre de documentation. Il faut en plus noter que les bibliothèques et autres centres de documentation ne sont fréquentés que par les chercheurs et étudiants,

98. En amont, le Ministère de l’Agriculture dispose d’un petit centre de documentation

avec un agent pour la tenue du centre, mais ses compétences en matière de GIC sont fort limitées. Les activités opérationnelles du Ministère viennent d’être décentralisées à travers 3 Agences dont 2 sont tout à fait nouvelles, soit Rwanda Agricultural Development Authority (RADA) et Rwanda Animal Resources Development Authority (RARDA) tandis que l’Institut des Sciences Agronomiques du Rwanda (ISAR) est plus ancien. Les 2 premières agences sont en train de s’organiser car ses services ne sont pas encore en place, les recrutements se poursuivent et ils prévoient la mise en place d’un service chargé des TIC.

99. En aval, les ONG d’appui-conseil, les organisations faîtières et les organisations de

base ne sont pas mieux loties. Les structures comme le centre IWACU, le collectif des

organisations féminines PF/TH ou le syndicat des agriculteurs IMBARAGA sont rarement pourvues d’agents compétents dans le domaine des GIC.

100. Bien que les TIC fassent partie des priorités actuelles du Gouvernement, l’écart entre

les besoins et les disponibilités en informations reste immense. L’utilisation des ordinateurs n’a commencé à se généraliser qu’au cours des dernières années, beaucoup de rwandais n’en ont d’ailleurs jamais vu un. Ce n’est qu’au cours des 2 dernières années qu’a commencé la distribution d’ordinateurs dans les écoles primaires, alors que la plupart des écoles secondaires n’en ont pas. Les médias, à part la radio, ne parviennent pas assez à la majorité de la population qui est rurale. Malgré ce manque de moyens, le gouvernement a élaboré un plan ambitieux (National Information and Communication Infrastructure – NICI) qui va faire des TIC un moyen important de lutte contre la pauvreté. De plus, on constate une évolution à 2 vitesses selon qu’on considère le milieu rural ou la capitale Kigali. En effet, le milieu rural est

peu impliqué dans les programmes de TIC et de GIC tandis qu’on observe à Kigali un foisonnement de cybercafés et même de longues queues pour envoyer et recevoir des messages. Que dire aussi de logiciels en kinyarwanda quand ceux qui ne parlent que cette langue attendront longtemps encore pour accéder à un ordinateur.

101. La formation en technologies de l’information et de la communication est en train de

se répandre parce que les universités du pays s’intéressent de plus en plus aux TIC :

l’Université nationale du Rwanda dispose d’une école de journalisme et de communication et d’une faculté des sciences appliquées comprenant un département d’informatique. L’Institut de Technologie et Gestion (KIST) comprend également un département d’informatique et l’Institut Supérieur de l’Education (KIE) forme des étudiants en bibliothéconomie. Toutes ces formations ont commencé au cours des 5 dernières années et les premiers lauréats commencent à se manifester de façon qu’avec la récente réforme administrative, les unités de TIC, de planification et d’administration et gestion ont été les seules à être maintenues. Mais le nombre de lauréats est encore limité et l’expérience manque encore.

102. Le manque de personnel qualifié est la conséquence de 2 situations : d’une part la

guerre et le génocide ont provoqué la mort et l’exil de plusieurs éléments compétents. A titre

d’exemple, l’institut de recherche agricole s’est retrouvé après la guerre avec seulement 2 chercheurs sur 64 auparavant employés. D’autre part, les TIC ont été méconnues pendant longtemps, en raison d’un manque de politique en la matière. La GIC était mise en œuvre par quelques projets de durée limitée, alors que la tenue des quelques centres de documentation existants était laissée à des agents sans qualifications.

103. Parmi les institutions rencontrées, seul l’Institut des Sciences Agronomiques du

Rwanda (ISAR) est au courant des activités du CTA. Il a même pris part à des formations organisées par le Centre. Pourtant, avant 1994, il semble que le CTA avait tissé beaucoup de liens de collaboration avec différents partenaires au Rwanda. Il semble ainsi que le conflit a perturbé tout le système d’information, y compris les contacts avec le CTA.

104. Quelques structures privées organisent également des formations en informatique pour

les agents du secteur public ou privé ou ceux qui recherchent un emploi parce que les connaissances en informatique sont dorénavant exigées pour la plupart des postes.

105. Le Ministère de l’Agriculture a commencé à installer un site Web mais celui-ci n’est

pas encore opérationnel. Les autres médias auxquels il est fait recours dans le domaine de l’agriculture et du développement rural sont diversifiés mais leur conception pourrait être améliorée.

106. Les programmes radiophoniques axés sur le développement rural sont quotidiens et

l’écoute est très élevée mais le feed-back est faible et la mise en application du message ne répond pas aux attentes. En effet, depuis 2 ans, après qu’une nouvelle loi sur la presse ait été promulguée, autorisant les médias privés, plusieurs stations de radio ont vu le jour et les chaînes internationales comme la BBC, VOA, DW et RFI ont été autorisées à émettre bien

que la plupart d’entre elles étaient déjà reçues à Kigali.

107. Avec les nouvelles chaînes privées, émettant 24 heures sur 24, les possibilités

d’information sont diversifiées et effectivement la plupart d’entre elles tentent d’augmenter leur audimat en multipliant les émissions sur l’agriculture. Rappelons que l’agriculture est l’activité principale de presque 90% de la population. En réalité, les émissions sont réalisées le plus souvent sous forme de reportages qui sont suivis par les auditeurs de façon distraite et interprétés comme des expériences d’ailleurs ne les concernant pas.

108. L’utilisation des affiches, des posters ou d’autres matériels scripto-visuels est réelle

mais elle se heurte au problème d’analphabétisme de la population. Alors le tirage et la fréquence des journaux sont limités par le même problème sans oublier le faible pouvoir d’achat des citoyens.

109. Quant aux médias audio-visuels, la télévision est inaccessible pour la plupart des

rwandais à cause du coût des équipements mais aussi parce que rares sont ceux qui sont branchés au réseau électrique.

110. La presse écrite connaît la multiplication des journaux également grâce à la nouvelle

loi sur la presse. Mais cette multiplication ne concerne qu’un marché étroit constitué de personnes alphabétisées et ayant un pouvoir d’achat leur permettant de s’acheter un journal. De plus, avec la tradition orale qui a prévalu pendant longtemps, la lecture est plutôt pratiquée par un petit nombre de rwandais qui partagent d’ailleurs à plusieurs le même numéro d’un journal. Pour tout ceci, il n’y a pas de journal quotidien et le tirage le plus important, IMVAHO NSHYA, en Kinyarwanda, acheté par la plupart des services gouvernementaux, ne dépassent pas le millier d’exemplaires pour une parution hebdomadaire.

111. Les technologies de l’information et de la communication sont relativement récentes

dans le pays. Bien entendu, la téléphonie est plus ancienne mais elle a connu une progression très lente :

La densité téléphonique est de 2,1%

La densité d’accès à la télévision est de 0,2%

La densité d’accès à l’Internet est de 0,6%

La densité d’accès au bureau postal est 1 pour 330.000 habitants 11 .

112.

Quelques évolutions récentes permettent d’augurer d’une plus grande accessibilité des

TIC. En effet, le gouvernement a mis en place des structures, des stratégies et des programmes pour que les TICs soient parmi les instruments de réduction de la pauvreté. Parmi ces évolutions récentes, on peut citer :

la création de la Société privée RWANDACELL comme opérateur du réseau de télécommunication cellulaire ; l’introduction des services liés à la transmission de données et l’accès à l’Internet par 5 organisations (RWANDATEL, KIST, TELE 10, UNR, RWANDACELL) ; la création et mise en place de « Rwanda Information Technology Authority (RITA) pour la coordination et l’appui du Plan NICI (National Information and Communication Infrastructure) ; la privatisation de la société nationale de télécommunication, RWANDATEL, qui a été autorisée en plus de s’ouvrir au réseau cellulaire.

113. Les équipements sont insuffisants : le nombre d’ordinateurs par habitant n’est pas bien

connu, mais la plupart des rwandais, qui sont à presque 90% des agriculteurs, n’en ont jamais vu un. Cependant, il ressort que la plupart des services basés à Kigali utilisent des ordinateurs,

parfois trop vieux ainsi que des logiciels qui ne sont pas à jour. Dans certains districts, on utilise encore des machines mécaniques à dactylographier et la multiplication des documents se fait encore sur des stencils.

11 Source : Stratégies sectorielles du MININFRA 2005 - 2010

114. Les équipements de photocopie sont aussi en petit nombre et peu performantes. Une

photocopie coûte entre 15 et 50 FRW la page. Quelques imprimeries sont basées à Kigali

mais elles n’ont pas la technologie nécessaire pour imprimer en couleur.

4.

CONCLUSIONS ET RECOMMANDATIONS

4.1.

Conclusions

115.

Les conclusions formulées se référeront aux activités des départements opérationnels

du CTA :

Produits et services d’information ;

Services et canaux de communication ;

Techniques et systèmes de gestion de l’information et de la communication (GIC).

116.

Par rapport aux activités liées aux produits et services d’information du CTA, on note

une disponibilité limitée des publications permettant une bonne orientation du secteur agricole. La production d’ouvrages sur le secteur agricole est rare, ce qui provoque une pénurie d’informations. Les structures de distribution des publications sont insuffisantes et la plupart ne s’intéressent pas tellement au secteur agricole.

117. Les publications portant sur l’agriculture sont peu nombreuses et les documents de

planification du secteur agricole ne parviennent qu’aux avertis ou à ceux qui ont déployé des efforts pour les retrouver. Pourtant, ces documents existent mais ils ne sont pas disponibles là où il faut. On peut citer les documents de politique agricole, de plan stratégique de transformation de l’agriculture, de stratégie nationale d’investissement, de stratégie de réduction de la pauvreté, de politiques sous-sectorielles (forêts, pêche et pisciculture, environnement), ou simplement la loi foncière qui vient d’être promulguée.

118. Les maisons d’édition sont inexistantes et le nombre d’imprimeries est faible. Tout

ceci est dû aussi à une faible demande car la culture est plutôt orale en raison d’un niveau

d’alphabétisation encore limité.

119. Les structures de distribution des publications sont quasi-inexistantes et même

inconnues. Très peu d’institutions sont informées qu’ils peuvent trouver des publications aux Librairies Caritas et Ikirezi ou qu’elles peuvent en trouver pour lire ou emprunter au Centre Culturel Franco-Rwandais. Dans ces structures, il faut noter que les publications portant sur l’agriculture et le développement rural sont peu représentées. La bibliothèque de la FAO est la seule où les documents sur l’agriculture représentent l’essentiel des ouvrages.

120. Concernant les services et canaux de communication, les sites Web ont été créés pour

plusieurs institutions, mais beaucoup d’entre eux n’ont pas encore été mis au point et le message habituel est « site under construction », plusieurs mois et même des années après leur création. D’autre part, les sites ne sont pas régulièrement mis à jour, on peut le constater en en consultant quelques-uns mais aussi les institutions rencontrées ont souvent relevé ce problème de manque de mise à jour des sites Web.

121. L’utilisation des TICs est encore limitée par le coût élevé des équipements et de

l’exploitation, l’analphabétisme de la population et les problèmes énergétiques du pays. En raison de l’enclavement du pays qui provoque l’augmentation des charges de transport, le coût des produits importés est très élevé face à une population dont le PIB par habitant est d’environ 280 USD. L’utilisation du téléphone mobile a connu une progression très importante parce que l’investissement de départ n’est pas très élevé. La plupart des

utilisateurs de téléphonie mobile se contentent de rester connectés en s’acquittant d’une redevance mensuelle ; ils ne communiquent alors qu’avec des « bips » qui ne leur coûtent rien, invitant leurs correspondants plus nantis à les appeler.

122. Les TICs sont peu utilisées pour établir des contacts et le travail en réseau n’est pas

répandu. Même si l’on a enregistré plus d’Internet café ces 12 derniers mois que pour toutes

les années antérieures, on observe que le plafond est presque atteint à cause des moyens limités et de l’analphabétisme de la population. Quelques réseaux existent au niveau de la recherche et dans le domaine universitaire.

123. L’utilisation de la radio est très répandue parce que l’investissement initial n’est pas

très important, avec l’arrivée de petites radios d’origine chinoise bon marché. Elle a été favorisée par les événements malheureux qu’a connus le pays. Le nombre de radios a rapidement augmenté dès que la nouvelle loi sur la presse (2002) a autorisé leur multiplication. La télé reste l’apanage des citadins branchés au courant électrique et disposant de plus de moyens.

124. Ces technologies sont utilisées pour fournir des informations agricoles car plusieurs

émissions passent régulièrement à la télé et à la radio mais le contenu des messages reste à améliorer. De plus, la communication se fait dans un sens car il n’y a pas de feed-back même si la radio nationale a mis en place une rubrique « Place à ceux qui nous ont écrit ».

125. Les techniques et systèmes de gestion de l’information et de la communication (GIC)

n’ont pas encore l’importance qu’elles méritent. Dans les institutions principales, l’infrastructure est présente : ressources humaines, équipement minimum, mais l’exploitation de ces ressources est faible à cause du manque de compétences. Dans les organisations à la base, les infrastructures sont absentes.

126. Le travail en réseau est peu répandu, ce qui limite les échanges et les sources

d’information. Même les réseaux internes n’existent pas. Pourtant, dans la plupart des institutions rencontrées, la nécessité d’échanger des informations d’une façon régulière a été manifestée, surtout pour les structures du haut de la pyramide intervenant dans l’agriculture et le développement rural ou pour les organisations faîtières.

127. Les services d’information ne sont pas assez outillés pour produire les outils

nécessaires à l’exécution de leur mission. Le personnel est en poste mais il n’a pas les compétences ni les équipements pour élaborer les matériels audiovisuels ni les lettres d’information. Il n’existe pas de logiciel informatique pour l’enregistrement/classement des fichiers et l’organisation de l’information. Les sites Internet quand ils existent ne sont pas à jour.

4.1.1.

Besoins en informations

128.

Les besoins en information couvrent plusieurs domaines : informations d’ordre général

relatives au développement rural : problèmes liés à l’agriculture, questions liées au développement social, genre, foires commerciales, salons et expositions, développement et financement des programmes, réseaux disponibles axés sur l’agriculture/le développement (régionaux et internationaux) et l’élaboration de documents d’information.

129. Les besoins en information portent aussi sur les informations techniques : technologie

post-récolte, variétés de cultures, conditionnement, achat/mise à disposition d’équipements, transport (terrestre, maritime, aérien), utilisation et recyclage des déchets, lutte intégrée contre les nuisibles, l’irrigation et les techniques de conservation des eaux et des sols.

130. Les informations économiques font défaut : financement et micro-crédit, données

relatives aux marchés, identification des marchés, profils de produits de base, systèmes d’assurance des récoltes.

131. Les informations sont disponibles sous quelques formats seulement comme les fiches

techniques, les programmes radiophoniques, et parfois des prospectus et des cassettes vidéo. L’utilisation de différents types de format se heurte au problème de coût élevé et de manque de compétences. Il est souhaitable d’élaborer des formats qui répondent aux besoins des utilisateurs

4.1.2.

Besoins en termes de renforcement des capacités

132.

Le Ministère de l’Agriculture devra disposer d’un centre de documentation bien étoffé

avec un agent ayant les compétences requises. De même, chez les autres partenaires, le personnel chargé des TIC et des GIC doit disposer des capacités pour s’acquitter de ses tâches.

133. Le personnel a besoin d’être formé à l’acquisition ou la collecte de données, le

stockage, l’analyse, la synthèse et la compilation des données et informations aux fins de diffusion auprès de groupes-cibles déterminés ou d’interaction avec ces derniers. En plus, il doit acquérir des capacités pour l’éducation du public, la promotion de l’échange d’informations avec et entre les groupements locaux, l’élaboration de matériels audiovisuels et de lettres d’information, l’enregistrement/classement des fichiers et l’organisation de l’information à mettre en ligne sur le site Internet de l’institution.

4.1.3.

Bénéficiaires et partenaires potentiels

134.

Les partenaires et bénéficiaires potentiels sont proposés en tenant compte de leurs

rôles. En effet, la relation qu’ils vont entretenir avec le CTA doit les aider à mieux remplir leur mission plutôt qu’à les en détourner. Les rôles qui ont été relevés pour les institutions sélectionnées sont essentiellement : vulgarisation et animation, services d’information, politique et planification, recherche et développement, commerce et vente d’intrants.

135. Le partenariat sera entrepris avec les institutions intéressées qui interviennent en

amont et dont le rôle principal porte sur l’élaboration des politiques, la recherche-

développement et l’appui-conseil aux organisations de base.

136. Ce partenariat pourrait concerner les institutions suivantes : Rwanda Agricultural

Development Authority (RADA), nouvelle structure chargée de mettre en œuvre la politique agricole dans son sous-secteur, l’Institut des Sciences Agronomiques (ISAR) qui est l’organisme officiel chargé de mettre au point les innovations en agriculture et le district de Nyaruguru, gouvernement local décentralisé responsable de tous les programmes de développement, y compris l’agriculture et le développement rural dans ses limites territoriales.

137. Les institutions bénéficiaires seraient celles qui ont des relations directes avec les

agriculteurs ou leurs organisations : syndicat Imbaraga, centre de formation coopérative IWACU, Pro-Femmes Twese Hamwe et UCORIRWA.

4.2.

Recommandations

4.2.1 Recommandations par programmes opérationnels

138. Les

recommandations

suivantes

peuvent

être

formulées.

Elles

programmes opérationnels du CTA. Soient :

se

réfèrent

aux

Produits et services d’information ;

Services et canaux de communication ;

Techniques et systèmes de gestion de l’information et de la communication (GIC).

139.

La contribution du CTA sera nécessaire aux partenaires pour disposer de ressources en

vue de :

acquérir des équipements pour la production du matériel d’information comme la

vidéo, les ordinateurs et les logiciels appropriés ; former le personnel dans l’utilisation de ces équipements ;

constituer un centre de documentation qui répond aux besoins des bénéficiaires dans

plusieurs domaines : questions générales, techniques, socio-économiques ; faire bénéficier les partenaires des produits et services du CTA : coéditions,

séminaires, abonnements aux bases de données agricoles, etc ; faire la promotion des produits et services du CTA auprès d’autres intervenants dans l’agriculture et le développement rural.

140.

Le CTA pourra appuyer les institutions partenaires principales pour qu’elles travaillent

en réseau avec les institutions similaires sous-régionales, africaines et même mondiales afin qu’elles puissent profiter réciproquement des informations existantes chez les unes et les autres.

141. Dans le même cadre, le CTA appuiera ces institutions pour qu’elles disposent

continuellement d’informations sur les séminaires, les expositions et foires partout où ils se tiennent et répondant à leurs besoins.

142. La gestion de l’information et de la communication devrait prendre plus d’importance

chez les institutions partenaires. Dans ce cadre, le CTA appuiera ces partenaires pour la

formulation d’une politique et des stratégies d’information et de communication.

143. Le CTA pourra les appuyer ensuite pour la formation du personnel dans le domaine

des GIC : promotion de l’échange d’informations avec et entre les groupements locaux, élaboration de matériels audiovisuels et de lettres d’information, enregistrement/classement des fichiers, organisation de l’information, mise en place et utilisation de réseaux locaux (LAN), gestion de site Web, etc.

4.2.2.

Autres recommandations

144.

Parmi les autres recommandations qu’on peut formuler, celles-ci seront retenues :

Affecter chez chaque partenaire, à temps plein, un agent qualifié pour la GIC;

La mise en place d’un site Web pour chaque partenaire et l’affectation d’un

webmaster; Enfin, il est recommandé que le Ministère de l’Agriculture poursuive la mise en place d’un système GIC efficace basé aussi bien sur les canaux conventionnels que ceux de la communication électroniques. Le CTA devrait jouer un rôle de principal partenaire dans ce domaine.

ANNEXES

Annexe 1.

Termes de référence

ÉVALUATION DES BESOINS EN INFORMATION AGRICOLE DES ÉTATS AFRICAINS ACP EN SITUATION POST-CONFLICTUELLE, AU REGARD DES PRODUITS ET SERVICES DU CTA

1. Introduction Le Centre technique de coopération agricole et rurale (CTA) a été créé en 1983, dans le cadre de la Convention de Lomé entre les États du groupe ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique) et les pays membres de L’union européenne. Depuis 2000, le CTA exerce ses activités dans le cadre de l’Accord de Cotonou ACP-CE.

Le CTA a pour mission d’élaborer et de fournir des services qui améliorent l’accès des pays ACP à l’information pour le développement agricole et rural, et de renforcer la capacité de ces pays à produire, acquérir, échanger et exploiter l’information dans ce domaine. Les programmes du CTA s’articulent autour de trois principaux axes d’intervention : fournir un large éventail de produits et services d’information et mieux faire connaître les sources d’information pertinentes ; encourager l’utilisation combinée de canaux de communication adéquats et intensifier les contacts et les échanges d’informations (entre les acteurs ACP en particulier) ; renforcer la capacité ACP à produire et gérer l’information agricole, à élaborer et mettre en oeuvre des stratégies de gestion de l’information et de la communication (GIC), notamment en rapport avec la science et la technologie. Ces activités tiennent compte de l’évolution des méthodologies appliquées dans le traitement des questions transversales (le genre, les jeunes, les technologies de l’information et de la communication – TIC – et le capital social), des résultats d’évaluations d’impact et des évaluations de programmes, mais aussi des thèmes d’information prioritaires pour l’agriculture ACP 12 .

Le Plan stratégique du CTA pour 2001-2005 mis en oeuvre en janvier 2002 a donné lieu à une nouvelle répartition des activités entre trois départements opérationnels en charge des programmes phares du CTA :

Produits et services d’information ;

Services et canaux de communication ;

Techniques et systèmes de gestion de l’information et de la communication (GIC).

Ces départements opérationnels sont appuyés par l’unité Planification et services communs (P&CS) qui leur fournit la base méthodologique nécessaire pour mener à bien leur travail et assure le suivi de l’environnement ACP, avec pour objectif d’identifier les questions et tendances naissantes et de formuler des propositions qui seront traduites dans les programmes et activités du Centre. La présente évaluation s’inscrit donc parfaitement dans le cadre du mandat de l’unité P&CS.

2. Rappel historique Le CTA travaille essentiellement avec des organisations et partenaires intermédiaires (organisations non gouvernementales, associations paysannes, organismes régionaux, etc.) pour promouvoir le développement agricole et rural. Au travers de ces partenariats, le CTA vise à accroître le nombre

12 Les thèmes d’information prioritaires pour l’agriculture ACP ont fait l’objet de plusieurs études, ateliers et séminaires auxquels ont pris part différentes parties prenantes, organisations et institutions du secteur du développement agricole et rural. Les documents afférents (ou des extraits de ces documents) seront fournis aux consultants.

d’organisations ACP capables non seulement de produire et de gérer l’information, mais aussi d’élaborer leurs propres stratégies de gestion de l’information et de la communication. Le choix de partenaires appropriés est, par conséquent, d’une importance capitale.

« L’évaluation de la mise en œuvre du Plan à moyen terme (1997 – 2000) », tout comme « l’évaluation du Plan stratégique et cadre d’action du CTA pour 2001 – 2005 réalisée par la suite, ont toutes deux mis en évidence la nécessité pour le Centre d’adopter une approche davantage « proactive » et d’affiner ses critères de prise de décisions concernant le choix de ses organisations partenaires et des bénéficiaires de ses services. Bien que ces évaluations reconnaissent la pertinence de l’action du CTA, comme l’ont révélé les réponses élogieuses reçues des partenaires et bénéficiaires interrogés, elles se posent néanmoins la question de savoir : dans quelle mesure les activités du CTA sont accessibles et pertinentes pour les plus démunis ; si elles contribuent au respect de l’équilibre homme-femme et comment identifier les partenaires potentiels, notamment dans le secteur indépendant. C’est pour répondre à ces préoccupations que le CTA a entrepris une série d’études d’évaluation des besoins dans 21 pays ACP des régions Pacifique et Caraïbes sur toute la période 2003 – 2005.

La troisième de cette série d’études d’évaluation portera sur les besoins en information agricole dans 6 pays africains ACP qui sortent d’un conflit prolongé, à savoir l’Angola, le Mozambique, la Guinée- Bissau, le Sierra Leone, l’Érythrée et le Rwanda. Les résultats de ces études ainsi que les conclusions des évaluations déjà menées dans les régions Caraïbes et Pacifique seront pris en compte dans l’élaboration du Plan stratégique du CTA pour 2006 – 2010.

3. Justification et principaux problèmes Selon son ampleur, sa durée et sa nature, un conflit peut altérer les institutions et les infrastructures économiques, sociales et physiques d’un pays. En effet, une situation de guerre extrême peut entraîner la destruction complète des institutions officielles, tant politiques, économiques que sociales ; elle peut également changer la nature et l’importance des institutions informelles 13 . Cette affirmation se vérifie aisément dans les 6 pays en situation post-conflictuelle qui font l’objet de cette étude (Angola, Mozambique, Guinée-Bissau, Sierra Leone, Érythrée et Rwanda) et qui ont en commun les caractéristiques suivantes :

plus de 70% de la population vivent en milieu rural et dépendent de l’agriculture de

subsistance ; un niveau élevé d’insécurité alimentaire ;

un nombre important de populations déplacées ;

de nombreux soldats démobilisés qui ont besoin d’être désarmés, de se reconvertir et de se

réinsérer socialement ; analphabétisme et faible taux de scolarisation / fréquentation scolaire ;

faible accès à des services de base tels que l’eau potable et l’électricité, et encore moins aux technologies de l’information et de la communication.

Ces pays se trouvent aujourd’hui à des stades différents du processus de réhabilitation après-guerre ; certains sont plus avancés que d’autres (par exemple, le Mozambique par rapport au Rwanda et l’Angola) et bénéficient actuellement de l’appui de différentes agences de coopération bilatérale et multilatérale. C’est pourquoi le CTA a commandé cette étude afin d’avoir une meilleure idée des besoins en information agricole des institutions des pays concernés, mais aussi des actions menées dans ce domaine par les autres agences.

13 ARON, J., 2002. Building Institutions in Post-Conflict African Countries, Discussion Paper n°° 2002/124, Université d’Oxford, Royaume-Uni.

4.

Objectif général

L’objectif général de cette étude est de contribuer au développement économique par le renforcement des capacités de gestion de l’information agricole et le partage des connaissances.

5. Objectifs spécifiques et portée de l’étude

Les objectifs de l’étude sont les suivants :

élaborer pour le CTA une stratégie adaptée aux pays en situation post-conflictuelle ;

accroître l’efficacité du soutien du CTA aux pays en situation post-conflictuelle ;

rassembler des données de base sur la GIC et les TIC dans le développement agricole et rural des six pays en situation post-conflictuelle.

L’étude devra aider le CTA à améliorer et mieux cibler ses interventions et activités en faveur des partenaires et bénéficiaires potentiels (notamment les femmes, les jeunes, le secteur privé et les organisations de la société civile) ; avoir un tableau plus détaillé de leurs besoins, mettre au point une stratégie adaptée et élaborer un cadre d’action en conséquence. L’étude devra également mettre en évidence les besoins spécifiques en produits et services du CTA et permettre ainsi d’en améliorer la fourniture.

6. Méthodologie

Le/la consultant(e) utilisera pour les six pays concernés des méthodes d’évaluation qualitative et

quantitative rapide consistant notamment à :

examiner la documentation et les sources d’informations disponibles, en prenant en compte les

actions menées par les autres bailleurs dans le domaine de l’information agricole et du renforcement des capacités (humaines et physiques) ; conduire des interviews individuelles avec les parties prenantes et les acteurs concernés et, si

possible, organiser des discussions en groupe ; se servir de questionnaires de façon limitée.

L’évaluation rapide permettra d’avoir, pays par pays, une vue d’ensemble des principaux problèmes / des profils des organisations et pourra ultérieurement servir de base, le cas échéant, à d’autres études plus approfondies.

7. Résultats/produits attendus

Les résultats attendus de cette étude sont les suivants :

une revue détaillée des services d’information agricole, des institutions et des autres acteurs

impliqués, mais aussi de leurs besoins en matière d’infrastructures physiques, d’accessibilité de l’information et de renforcement des capacités humaines ; une évaluation des actions engagées / planifiées par le gouvernement et les agences d’aide

bilatérales ou multilatérales dans le domaine de l’information pour le développement agricole et rural ; un inventaire des besoins des partenaires potentiels en matière de services et d’activités du

CTA, notamment en termes de capacités de gestion de l’information et de la communication ; une liste de sélection des partenaires / bénéficiaires potentiels des services et activités du

CTA ; des données de base fiables permettant d’assurer le suivi ultérieur des activités.

Cette étude devra également permettre au CTA de définir un cadre d’action et de mettre au point une stratégie ciblant les institutions des pays qui sortent d’une situation de conflit, et servir de matériau de base à l’élaboration de son plan stratégique pour 2006 – 2010. Il sera établi, à l’issue de l’évaluation, un rapport principal par pays n’excédant pas 30 pages (compte non tenu des annexes) et structuré comme suit :

Rapport principal Une liste des sigles et acronymes

1. Résumé analytique.

2. Introduction.

3. Profil du pays – présentation synthétique des structures existantes et des caractéristiques économiques, en mettant particulièrement l’accent sur le secteur agricole (y compris la pêche et la foresterie) :

3.1 Description succincte de l’organisation des secteurs de l’agriculture, de la pêche et de la

foresterie.

3.2 Vue d’ensemble des capacités de gestion de l’information et de la communication.

3.3 Diagnostic des sources d’information et des services agricoles existants (synthèse de

l’Annexe 3).

4. Analyse des problèmes de GIC dans le développement agricole et rural : capacités, services et besoins.

4.1 Actions menées et planifiées par les bailleurs de fonds.

4.2 Étude des besoins institutionnels. 4.2.1 Besoins en informations. 4.2.2 Besoins en termes de renforcement des capacités (compétences et savoir-faire, formation, médias, TIC, équipements et matériel).

5. Conclusions et recommandations.

5.1 Conclusions

5.2 Recommandations

Seront jointes à ce rapport des annexes structurées comme suit :

Annexes

1. Termes de référence

2. Profil des pays concernés

2.1 État général de l’agriculture (sur la base de la documentation disponible) :

2.1.1 Taille de la population agricole (hommes / femmes / jeunes).

2.1.2 Superficie des terres cultivées, forêts, zones de pêche.

2.1.3 Systèmes agricoles.

2.1.4 Rôle de l’agriculture dans l’économie (en pourcentage du PIB).

2.1.5 Principales denrées agricoles et produits dérivés de l’agriculture.

2.1.6 Principaux marchés à l’exportation.

2.1.7 Accords commerciaux portant sur l’agriculture.

2.1.8 Politiques sectorielles axées sur l’agriculture, la pêche et la foresterie.

2.2 Profil socio-économique (sur la base de la documentation disponible)

2.2.1 Total de la population active, répartition démographique.

2.2.2 Niveau d’alphabétisation et langues parlées.

2.2.3 Accès aux services (santé, école, eau et électricité).

2.2.4 Exode rural

2.3 Médias et télécommunications (mise à jour / vérification)

2.3.1 Journaux, périodiques, magazines, stations radiophoniques, chaînes de télévision.

2.3.2 Services de télécommunication (téléphone fixe, mobile, etc.).

2.3.3 Ordinateurs et accès au réseau Internet.

3. Profil des institutions 3.1 Liste de toutes les institutions présentes dans l’agriculture et le développement rural, y compris celles du secteur privé et les organisations de la société civile, avec le nom, les coordonnées et contact, le type et le rôle de chaque institution. 3.2 Parmi cette liste, les principales institutions clés impliquées dans l’information et la communication pour le développement agricole et rural, avec des données et informations détaillées sur celles-ci, les problèmes qu’elles rencontrent et les raisons pour lesquelles on les considère comme des acteurs clés du développement.

4. Une liste des personnes/institutions interrogées, avec leurs adresses, leurs numéros de téléphone et fax, leurs adresses mél (le cas échéant).

5. Bibliographie.

8. Rapports Les rapports élaborés pour chaque pays concerné ne devront pas excéder 30 pages (compte non tenu des annexes). Les annexes comporteront les différentes sections mentionnées ci-avant.

9. Délais

La version provisoire de l’annexe 2 devra être remise dans un délai de deux mois après la signature du contrat. La version provisoire du rapport final devra être remise dans un délai de 4 mois après signature du contrat par le CTA. La version finale du rapport et de ses annexes devra être remise dans un délai de deux semaines après réception des commentaires et observations du CTA sur la version provisoire du rapport final.

10. Expertise requise dans le pays enquêté

Les consultants nationaux doivent être titulaires d’un diplôme universitaire ou équivalent, et avoir au moins 10 ans d’expérience dans les domaines de l’agriculture, du développement rural ou des sciences sociales / économiques. Ils doivent avoir une parfaite connaissance du secteur agricole de leur pays, ainsi que des principales parties prenantes et institutions / organisations actives dans ce domaine. Des connaissances en informatique seront un atout supplémentaire. La capacité à communiquer et à rédiger en anglais ou en français est indispensable. La maîtrise d’au moins une des langues locales pour les besoins des échanges et des interviews sera également un avantage.

En plus de disposer des compétences ci-dessus citées, le coordonnateur général devra parler couramment l’anglais et le français, connaître les 6 pays faisant l’objet de cette étude d’évaluation et avoir une expérience avérée dans la coordination d’études menées par plusieurs consultants à la fois, ainsi que dans la production de rapports de synthèse.

La coordination globale de cette étude sera assurée par Melle Christine Webster, responsable adjointe de l’unité Planification et services communs du CTA, assistée de Mme Lola Visser-Mabogunje, chargée de projet adjointe.

11. Tâches spécifiques Les consultants nationaux devront fournir pour chaque pays les prestations suivantes :

Passer en revue les ouvrages et documents existants sur l’agriculture et le développement rural ;

Réaliser des interviews avec les parties prenantes du secteur de l’agriculture et du développement

rural ; Diffuser des questionnaires et procéder à une compilation des réponses obtenues ;

Être en liaison avec le coordonnateur général et le CTA pendant toute la durée de la mission ;

Rédiger et soumettre un projet de rapport et un rapport final conformément à la table des matières définie.

Le coordonnateur général devra fournir les prestations suivantes :

Superviser le travail des consultants nationaux ; Guider et assurer le suivi des études entreprises par les consultants dans chaque pays ; Répondre aux questions techniques des consultants nationaux, analyser leurs rapports et préparer des commentaires d’ordre technique et rédactionnel pour les 6 pays étudiés ; Élaborer un projet de rapport et un rapport final récapitulatifs, conformément à la table des matières définie.

12. Calendrier de mise en oeuvre (CTA)

Préparation/Finalisation des termes de référence ; Identification/présélection des consultants (potentiels) ; Consultation du marché : septembre – mi-novembre 2005.

Sélection des consultants et élaboration des dispositions contractuelles : mi – fin novembre

2005

Réunion(s) d’information : décembre 2005.

Début du contrat : 12 décembre 2005

Période de mise en oeuvre : 12 décembre – 30 juin 2006.

Fin du contrat : 30 juin 2006.

13.

Principaux documents mis à la disposition des consultants Le/la consultant(e) aura à sa disposition la documentation suivante :

Accord-cadre de Cotonou ;

extraits des sections afférentes du Plan stratégique et cadre d’action du CTA (2001-2005) ;

rapports annuels ;

documents concernant les thèmes d’information prioritaires identifiés pour la région Afrique ;

documents sur les produits et services fournis par le CTA.

Annex 2.

Profil du pays : Rwanda

2.1. État général de l’agriculture (sur la base de la documentation disponible)

2.1.1 Taille de la population agricole (hommes / femmes / jeunes)

La population du Rwanda était estimée à 8.128.553 habitants en 2002 (référence faite au 3ème recensement général de la Population et de l’habitat du Rwanda- Août 2002). La densité de la population est très élevée : 329 habitants au km², comparée aux 27 habitants au km² en moyenne pour l’Afrique sub-saharienne (Banque Mondiale, WDR, 2000) avec un taux d’accroissement annuel de la population de 2,8%, l’indice de fécondité s’élève à 5,8 et la part de la population de moins de 15 ans est d’environ 49%. L’incidence de la pauvreté est toujours élevée dans le pays : 60% de la population vivant en dessous du seuil de pauvreté et de 42% vivant en extrême pauvreté. Quatre vingt trois pour cent (soit 6.746.700 habitants ) de la population Rwandaise réside essentiellement en milieu rural et est engagée dans l’agriculture. La seule grande agglomération urbaine reste la Ville de Kigali qui est suivie de loin par la ville de Gitarama et celle de Butare. Les trois autres provinces (Gitarama, Butare et Kibungo) dont la proportion de la population urbaine dépassent 10% ont deux agglomérations urbaines chacune. Certains des milieux urbains ne diffèrent guère des milieux ruraux limitrophes.

2.1.2 Superficie des terres cultivées, forêts, zones de pêche.

Le Rwanda est un pays enclavé de 26 338 km 2 . Il est caractérisé par une des densités les plus fortes d’Afrique. Certaines régions atteignent une densité supérieure à 1000 habitants au km². Les terres cultivées totales couvrent environ 46% de la superficie du Pays réparties en exploitations agricoles de petite dimension. Les marais occupent une superficie estimée à 165.000 ha dont 112.000 ha de petits marais (moins de 200 ha) et 53.000 ha de grands marais. La superficie totale exploitée est d’environ 94.000 ha, soit 57% de la superficie des marais du Pays et représente près de 8% de la superficie cultivable. Les principales productions végétales au Rwanda sont regroupées entre les cultures vivrières (Légumineuses, Céréales, Tubercules et racines, Bananes) et les cultures de rente traditionnelles (café, thé, pyrèthre) et les nouvelles cultures de rente et d’exportation (horticulture, fleurs, épices).

Le paysage agricole rwandais est confronté à un épineux problème de faible disponibilité de terres cultivables et l’exiguïté du territoire national (26.338 km2) n’offre guère beaucoup d’alternatives quant à l’augmentation des aires cultivables. La superficie cultivable est estimée à 1.4 millions d’hectares, soit 52% de la superficie totale du pays.

Les exploitations agricoles se caractérisent par leur petite taille et par le fait que les cultures occupent souvent des pentes allant jusqu’à plus de 80%. Les zones les plus marginales, de par leur forte pente ou leur faible fertilité, sont occupées par des cultures moins exigeantes, généralement par le manioc.

Alors qu’il est généralement admis que pour des pentes dépassant 5% des aménagements anti-érosifs d’importance graduelle en fonction de la déclivité doivent être installés, la majorité des terres cultivées ont des pentes plus élevées et ne respectent pas les normes préconisées en matière de lutte anti érosive.

On estime que 23.4% des terres du pays ne présentent que peu ou pas de risques d’érosion, que 37.5% nécessitent des aménagements avant la mise sous culture, tandis que 39.1% présentent un niveau élevé de risque d’érosion.

Il est établi qu’au Rwanda, les pertes en terres sont considérables. Elles sont estimées à 14 millions de tonnes par an. Celles-ci correspondent à une diminution de la capacité du pays de nourrir 40.000 personnes par an. Ces pertes de la couche arable des sols entraînent des pertes annuelles totales de matières organiques (945.200 tonnes), d’azote (41.210 tonnes), de phosphore (280 tonnes) et de potasse (3.055 tonnes). Elles peuvent atteindre à certains endroits 557 tonnes/ha. Ces pertes

concernent toutes les cultures. Les pertes et la charge solide des sédiments transportés dans la rivière Nyabarongo oscillent entre 51kg/seconde à Nyabarongo–Kigali ; 44 kg/ seconde à Nyabarongo- Kanzenze ; et 26 kg/ seconde dans l’Akagera-Rusumo.

Le climat est capricieux et agressif. D’un côté, il est caractérisé par de fortes précipitations dans les régions montagneuses entraînant ainsi une forte dégradation des sols par l’érosion. De l’autre côté, certaines régions connaissent des déficits de pluviosité, les régions de basse altitude : l’Imbo, le Bugesera, le Mayaga et le Mutara.

Au niveau des terres de marais et de bas-fonds inondables, sur 165.000 hectares inventoriés, seuls 93.754 hectares sont exploités (soit 57% de la superficie totale). Seulement 5.000 hectares environ sont aménagés et équipés pour la maîtrise de l’eau. Ceci permet leur exploitation toute l’année. Les autres hectares exploités sont aménagés sommairement, sans études techniques préalables, par les paysans groupés en associations ou par des groupements coopératifs et appuyés par les organisations non gouvernementales locales et/ou étrangères. De tels types d’aménagements risquent de porter préjudice à l’harmonie et à l’équilibre écologique des écosystèmes fragiles de ces aires.

Les autres problèmes qu’on peut relever de façon générale en matière de gestion de l’eau et des sols au Rwanda sont liés au manque de fumier pour la fertilisation organique, l’agroforesterie qui est peu développée et les actions de LAE encore insuffisantes.

Les cultures vivrières occupent 92% des superficies cultivées, tandis que le café et le thé occupent respectivement 6,3 et 1,6 % des superficies cultivées. L’analyse des statistiques du MINAGRI montre que la moyenne des superficies cultivées sur la période 1997-2003 est de 1.428.033 ha. Ces superficies se décomposent en 18% pour les céréales, 26% pour les légumineuses, 26% pour la banane, 28% pour les tubercules et les racines 14 . En 2002, les superficies cultivées représentaient 74% des terres disponibles, alors que les jachères/pâturages, boisements et autres usages représentaient 14%, 7% et 5% respectivement 15 . A noter qu’en 1990, les boisements représentaient 11% et les pâturages et jachères 22%.

Pêche et pisciculture Au Rwanda, on distingue plusieurs groupes de lacs. Dans le Bassin du Congo se retrouve uniquement le lac Kivu. Le bassin du Nil compte plusieurs groupes (en remontant les rivières "Akagera", "Nyabarongo", "Akanyaru" et "Mukungwa"): le groupe des lacs du Parc National de l'Akagera, le groupe des lacs de la Cuvette de "Nasho", le groupe des lacs du "Gisaka", le groupe des lacs du "Bugesera", le lac "Muhazi" et Finalement le groupe des lacs du Nord.

Les ressources halieutiques du Rwanda proviennent de trois sources d'importance très différente: les lacs qui fournissent l'essentiel, les rivières et les plaines inondées. Il faut également noter que le niveau de production de beaucoup de lacs est dépendant des crues du réseau hydrographique ainsi que de l'influence de très importants marécages humides (plus de 1.000 ha).

De l'Est vers le Nord en passant par le sud-est et le centre du pays, on remarque un appauvrissement en espèces ichtyologiques dû aux diverses barrières sur le long du réseau hydrographique et c'est dans ce cadre que les lacs de l'Est compte plus de 34 espèces ichtyologiques, au moment où les lacs Sud-est compte 15 espèces, alors que ceux du Nord compte en tout 3 espèces ichtyologiques.

Les captures des lacs rwandais sont essentiellement composées du Limnothrissa miodon (60% des captures). Cette espèce fût introduite du lac Tanganyika au lac Kivu au même moment que le Stolothrissa tanganikae qui ensuite disparu et dont les causes ne sont jusqu'à présent pas élucidées.

14 Politique Nationale Agricole, Mai 2004 15 MINAGRI/FSRP : Statistiques agricoles 2002.

Dans les lacs intérieurs du Rwanda, le Tilapia sp constitue l'essentiel des capture suivi du Clarias gariepinus et toute une série de petites espèces (Haplocromis, Schylbe mustus, Alastes et Barbus sp).

Dans les lacs intérieurs du Rwanda, la pêche artisanale au Rwanda est faite à l'aide des filets maillants de pouce 4 et 5 et des pirogues monoxyles traditionnelles, taillées dans les troncs d'arbre. Ces dernières sont instables à la navigation. Néanmoins, l'on rencontre d'une manière très isolée des pirogues améliorées fabriquées en planche. L'unité de pêche dans les lacs intérieurs du pays est constituée d'une pirogue d'une équipe de 1 à 2 pêcheurs suivant le type d'embarcation (monoxyle ou pirogue en planche). Chaque unité de pêche utilise une tessure de 10 à 50 filets maillants de longueur totale de 1.000 m à 5.000 m.

Au lac Kivu, la technique de pêche actuellement mise au point pour l'exploitation du Limnothrissa miodon est la pêche au filet soulevé. L'unité de pêche de Limnothrissa miodon s'appelle "Trimaran". Le trimaran est composé de trois pirogues liées ensemble par les traverses de bois. Le trimaran est muni également d'une lampe Coleman en plus du filet soulevé. L'équipage de l'unité trimaran est composé de 12 personnes dont un capitaine.

Aquaculture La pisciculture au Rwanda est soutenue par un programme de vulgarisation en milieu rural basé l'élevage du Tilapia niloticus suite à son alimentation facile (mangeur de plancton et bon transformateur de la nourriture disponible), sa rusticité, sa reproduction facile et sa forte appréciation par la population.

Le Clarias gariepinus est actuellement utilisé dans la polyculture pour une meilleure valorisation des ressources de l'étang et; par son action prédatrice sur les alevins de Tilapia permet une meilleure croissance du stock initial de Tilapia. Suite à sa reproduction naturelle difficile dans les étangs, la reproduction se fait artificiellement dans la Station de Recherche de l'Université Nationale du Rwanda. Pour diversifier la Pisciculture rwandaise, des essais d'introduction d'autres espèces dont la carpe commune (Cyprinus carpio), les carpes chinoises (Ctenopharyngodon idella et Hypophtahamichtys molitrix). Ces introductions n'ont malheureusement pas connu de succès, car seule la Carpe commune a pu s'adapter aux conditions climatiques du Rwanda.

La pisciculture rwandaise n'a jusqu à présent pas connu un caractère réel intensif. Le rendement en milieu rural de la pisciculture simple est évalué à 1,739 tonnes/ha/an contre 3,5 tonnes/ha/an en station tandis que les rendements pour la pisciculture associée à d'autres types d'élevage varient de 4,5-6,5 tonnes/ha/an.

Le nombre d'étangs fonctionnels au Rwanda est au nombre de 2.600, soit environ 60% des étangs qui étaient fonctionnels avant la guerre civile et le génocide de 1994 (4.300 étangs). La production piscicole est évaluée à 300 tonnes de poisson/an. Le nombre de pisciculteurs étant évalué à 25.000 pisciculteurs.

Actuellement des essais de pisciculture en cages et enclos sont en cours. L'espèce utilisée étant le Tilapia nilotica. Le taux de charge des cages étant de 120 alevins/m3. Les premiers résultats de la pisciculture en cages au lac Kivu à Gisenyi font état d'une productivité de 36 kg/m3. L'alimentation utilisée dose pour l'aliment de départ 36,25% de protéine et l'aliment II 29,47%.

Utilisation de la production Le poisson constitue une source principale de protéines pour les riverains et les habitants des villes de Kigali, Gisenyi, Kibuye, Cyangugu et en RDC (villes de Goma et Bukavu). Environ 50% de la production locale est commercialisée sur le marché central et les marchés périphériques de la capitale Kigali.

La production de 7.000 tonnes produites localement chaque année est orientée de la façon suivante:

1.400 tonnes sont autoconsommées par les pêcheurs et les pisciculteurs;

500 tonnes de farine d'Haplocromis sont orientées vers l'alimentation animale;

1.000 tonnes de Limnotrissa miodon acheminées vers la RDC (Ville Goma et Bukavu)

4.100 tonnes sont vendues dans les marchés proches ou lointains des différentes villes du pays pour la consommation humaine.

Forêts Les forêts couvrent 8% du territoire. Elles sont composées de quatre forêts naturelles, Nyungwe au Sud – Ouest (90.000 ha), Gishwati à l’Ouest (2.000 ha), Birunga au Nord-Ouest (15.000 ha) et Akagera à l’Est (90.000 ha).

Les ressources forestières sont en constante dégradation depuis le génocide, la superficie des parcs et des forêts du Rwanda est passée de 417.000 ha à 226.000 ha. Le Parc de l’Akagera a été réduit de deux tiers. La forêt de Gishwati a presque totalement disparu (de 37.000 ha, elle est passée à 2.000 ha). Ce problème est dû aux conséquences de la guerre, du déplacement des populations fuyant les zones de combat et de la réinstallation des populations sur des zones occupées par les forêts, boisements et réserves naturelles. La réduction des massifs forestiers naturels porte gravement atteinte à la biodiversité et à la conservation du sol et de l’eau.

Des mesures draconiennes ont été prises récemment en vue de restaurer les boisements et préserver l’environnement. La coupe de bois est soumise à des restrictions importantes tandis que des actions et projets de reboisement sont soutenus par l’Etat. D’autre part, l’utilisation du bois comme source d’énergie est remplacée par d’autres sources ou bien des mesures d’économie d’énergie sont proposées.

La production sylvicole est constituée par le bois de feu et d’œuvre dont la production peut être estimée à environ 4.145.900 m 3 par an et le déficit à environ 4 millions de m 3 .

La situation des forêts et boisements est telle que l’on observe un déséquilibre entre l’offre et la demande de produits forestiers toutes catégories de besoins confondues.

Tableau 1: Situation des besoins et possibilités en bois au Rwanda, de 1960 à 2002

Paramètres

 

Années

 

1960

1970

1980

1990

1996

1999

2000

2002

Sup. forêts naturelles

634 000

591 800

513 600

451

160

383

660

221

200

221.200

221.200

Population totale

2 694 990

3 763 259

4 831 527

7 157 551

6 167 500

7 165 108

7 497 644

8 162 715

Accroissement pop %

 

3,8

 

3,8

 

3,1

 

3,1

 

3,1

 

3,1

 

3,0

Boisements (ha)

24 500

27 160

80 000

247

500

232

500

252

000

282 563

282 563

Possibilités (1000 m 3 )

368

407

1

200

3

713

2

790

2

268

2

261

2

261

Besoins bois (1000m 3 )

2 695

3 763

4

832

7

158

6

784

7

882

8

247

8

979

Bilan (1000m 3 )

-2 327

-3 356

-3 632

-3 445

-3 994

-5 614

-5 987

-6 719

2.1.3 Systèmes agricoles

Les systèmes de production au Rwanda se caractérisent par :

Des petites exploitations agricoles familiales d’une superficie moyenne inférieure à 1 hectare, pratiquant la polyculture - élevage 16 . Elles représentent plus de 90% des unités de production et couvrent environ 1,2 millions d’hectares. Les techniques culturales sont exclusivement

16 Etude sur les systèmes de production, MINAGRI/FAO, 1997.

manuelles ce qui demande une disponibilité en main d’œuvre importante. Quelques 11,5% des ménages sont sans terres 17 . Au total, 43,2% des ménages avaient moins de 0,5 ha en 2000 et occupaient seulement 25,1% des superficies. Ceci dénote la très forte pression sur la terre et l’implication en termes de pauvreté dans laquelle se trouvent ces ménages qui doivent tirer leur subsistance sur des terrains si petits.

Des systèmes de culture complexes, basés sur la diversification des productions et l’association des cultures. Ils se caractérisent par :

o une base commune à l’ensemble des régions composée de 7 cultures principales (banane, haricots, maïs, patate douce, manioc, sorgho, pommes de terre) ;

o des spécificités régionales liées aux conditions agro écologiques (altitude, sol) et socio-économiques (voies de communication, marchés, organisation des producteurs, ). Des systèmes d’élevage qui jouent un rôle essentiel dans l’économie familiale, et dans la gestion de la fertilité à proximité de l’habitation familiale (disponibilité de fumier).

La femme rwandaise dans l’agriculture En 1996, on estime à 34 % le nombre de ménages dirigés par les femmes dont 21 % sont des veuves. La proportion de ménages dirigés par les veuves varie selon les Provinces entre 13 % à Gikongoro et 28 % à Butare. Ces ménages comportent des populations à plus haut risque de pauvreté 18 .

Or, même dans des situations similaires mais où le nombre de femmes chefs de ménages n’est pas aussi élevé, il est établi que la femme joue un rôle clé dans les activités de production 19 .

La participation de la femme rwandaise à la production, et notamment à la production agricole, est chose tellement commune au Rwanda que les anomalies ou les défis à surmonter dans ce domaine passent souvent inaperçus. Néanmoins on aimerait illustrer ce phénomène avec quelques chiffres provenant d’observations et d’enquêtes en Afrique ou dans la sous région. Au vu de leur emploi de temps on constate que : (i) les femmes rurales travaillent presque tout le temps, elles ne se reposent que pendant quelques heures de sommeil; (ii) les femmes participent à toutes sortes d'activités, alors que les hommes ne font pas (ou ne peuvent pas faire) certains travaux réservés aux femmes soit disant par leur nature (allaitement, soins aux enfants) ou par la tradition (moudre ou broyer du grain sur la meule traditionnelle.

Il apparaît aussi que, bien que les hommes et les femmes exécutent ensemble les travaux agricoles dans différentes régions, se dégage malgré tout une division du travail suivant les sexes. On constate par exemple, que les hommes s'occupent avant tout des cultures de rente telles que le tabac ; le café ; la banane et les légumes. Les femmes quant à elles, sont plus fortement engagées dans les productions vivrières (céréales, tubercules, haricots, petits pois et maïs).

Une certaine division du travail suivant les sexes s'observe également au niveau des différentes opérations de travail. La plupart des travaux de labour, d'ensemencement et de sarclage sont exécutés conjointement par les hommes et les femmes alors que d'autres opérations (fumage, stockage, etc ) sont en grande partie le fait des femmes.

Des études socioéconomiques suggèrent un classement qui établit une distinction des activités à prédominance masculines, des activités à prédominance féminines, et d’autres activités "mixtes". En général, les activités non productrices et non obligatoires (visites, promenades, repos, fête, deuil) sont "mixtes", car elles sont effectuées dans les mêmes proportions par les deux sexes. Les activités

17 Un Profil de la Pauvreté au Rwanda, MINECOFIN, Février 2002

18 Minecofin : Stratégie de Réduction de la Pauvreté, p.11 ; p20.

19 Diverses études effectuées par INADES, Agriprome n°27 ; la Faculté des Sciences Economiques et la Faculté des Sciences Agronomiques de l’Université du Burundi.

productrices non obligatoires revêtent un caractère masculin (principalement l’activité de type commercial ou salarial).

Les garçons vont plus à l'école que les filles et la classe de sexe masculin s'occupent plus du bétail (gardiennage à plus de 90%) que l'autre classe.

Certaines études effectuées dans la région ont révélé des constats un peu particuliers pour les groupes d'âge entre 15 et 60 ans. Les femmes consacrent un tiers de leur temps à l'agriculture, tandis que les hommes n'y consacrent que 19,4%. Les hommes consacrent 54% de temps aux activités diverses et au travail rémunéré, contre 18% pour les femmes. Les femmes consacrent 29,8% de leur temps aux activités domestiques. Ce pourcentage est de 4,1% seulement pour les hommes.

Paysans sans terre Les paysans sans terre constituent 11,5% des ménages rwandais, d’après l’EICV (2000-2001), avec les provinces de Cyangugu (13%), Kigali Ngali (7,8%) et Gisenyi (7,2%) en tête de liste.

L’EICV a dégagé que les ménages agricoles sans terre, qui louent les terres, ont souvent des terres de mauvaise qualité, et que ces ménages sont pauvres et sans moyens financiers pour acheter des intrants agricoles permettant une production suffisante pour nourrir la famille. Ces ménages dépendent essentiellement de la production pour leur survie et ils n’ont pas d’autres sources de revenus (activités extra- agricoles).

Ainsi un choc éventuel sur leur production (même seulement climatique) les met rapidement dans une situation d’insécurité alimentaire.

Par ailleurs, il a été vu que les ouvriers agricoles passent alternativement par des périodes de suractivité, avec un emploi du temps trop surchargé (par exemple au moment de la récolte du thé), et des périodes de chômage prolongé. Ces ménages n’ont pas d’épargne.

Par ailleurs, les emplois non agricoles sont très peu développés dans le milieu rural, ce qui provient notamment de la faible qualification de la population, surtout en matière de métiers, ce qui ne favorise pas les emplois.

Tableau 2 : Evolution de la production agricole

Cultures par année

 

2 000

 

2 001

 

2 002

 

2 003

 

2 004

Céréales

 

235

706

 

280

702

 

304

446

 

293

669

 

314

944

Légumes

 

251

643

 

284

421

 

290

436

 

287

235

 

244

019

Bananes

2

212 250

1

784 058

2

784 870

2

407 837

2

469 741

Racines and Tubercules.

2

902 051

3

070 409

3

485 214

3

109 640

3

029 545

Fruits and Légumes.

 

205

675

 

211

038

 

233

643

 

710

227

 

693

066

S/Total cultures vivrières

5

807 325

5

630 628

7

098 608

6

808 608

6

751 315

Café (Parche)

 

16

094

 

18

267

 

19

796

 

14

175

 

29

000

Thé (sec)

 

14

391

 

17

809

 

14

948

 

15

484

 

14

178

Pyrèthre (fleurs sèches)

 

140

 

480

 

525

 

640

 

507

Fleurs

 

11

 

na

 

96

 

29

 

10

S/Total Cultures de rente

 

30 636

 

36 556

 

35 365

 

30 328

 

43 695

Total production agricole

5

837 961

5

667 184

7

133 973

6

838 936

6

795 010

Le secteur privé dans l’agriculture Le secteur privé intervient sous la coordination générale de la Fédération Rwandaise du Secteur Privé (FRSP) qui est un partenaire du Gouvernement. Celui-ci met en œuvre plusieurs projets destinés à faciliter l’implication du secteur privé dans le développement national.

Dans le secteur agricole, les investissements du secteur privé ont toujours été très faibles au Rwanda. Grâce à des mesures incitatives mises en œuvre par le Gouvernement, la plupart des activités privées s’accroissent dans le secteur agricole. La promotion de l’investissement privé est régie par la loi n° 14/98 du 18 décembre 1998 qui accorde les avantages pour les sociétés qui investissent plus de 50 000 $ (investissement local) ou 100 000 $ pour l’investissement étranger. Depuis 1999, l’Office Rwandais de Promotion des Investissements et des exportations (ORPIE ou RIEPA en Anglais) a accordé des agréments à des projets liés à l’agriculture ou à l’agro-industrie pour un montant de 46 milliards de Francs rwandais, soit 12.milliards de francs rwandais en moyenne par an ou 31% du montant total des dossiers présentés à l’agrément du RIEPA.

2.1.4 Rôle de l’agriculture dans l’économie (en pourcentage du PIB).

Le secteur agricole reste le secteur le plus important de l’économie du Rwanda. Il contribue pour environ 46% du PIB en termes réels (2001), fournit 80% des emplois et représente 80% des exportations 20 . Le Rwanda vient de se doter d’une nouvelle Politique Agricole Nationale qui assigne au secteur agricole l’objectif général de contribuer d’une manière durable à la réduction de la pauvreté et à la croissance économique du Rwanda à travers l’augmentation des facteurs de production, la valorisation maximale des productions, la diversification des opportunités de revenus, la préservation des ressources naturelles et environnementales. Cette politique est conçue en conformité avec les grandes orientations contenues dans la Vision 2020 et la Stratégie de Réduction de la Pauvreté.

20 Politique Nationale Agricole, mai 2004

Tableau 3 : Produit Intérieur Brut par Branche d'Activité (en millions de francs courants RWF)

Secteur

1 990

1 991

1 992

1 993

1 994

1995

1996

1997

1998

1999

2000

2001

2002

2003 est

Agriculture

93

234

89

691

99

389

115 083

84

840

149 224

200 144

256

608

282

893

256 915

299 494

332 649

378 478

438 396

Culture vivrière

73

285

72

518

82

390

99

593

74

843

123 826

161 904

215 076

243 963

214 939

256 364

284 337

331 138

385 844

Culture d'exportation

8

778

7