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À propos des rapports techniques INBAR

Les rapports techniques d'INBAR fournissent des analyses détaillées d'aspects


spécifiques de la recherche sur le rotin et le bambou. Ils sont basés sur des résultats
de recherche validés et / ou des experiences d’INBAR ou d'initiatives partenaires
reconnues.

Remerciements
Ce travail a été principalement financé par le gouvernement de la République
Populaire de Chine, avec des contributions d'Arup et de l'Université de Coventry.
Nous sommes également reconnaissants à Common Fund for Commodities, qui a
permis, à la suite du tremblement de terre de 2015, de diffuser cette recherche
auprès des partenaires du secteur privé et du gouvernement au Népal.

Mots clés
Bambou, Bahareque et logement

Droit d’auteur et l’usage loyal


Cette publication est autorisée sous licence Creative Commons
Attribution-Non-commercial-Share Alike 4.0 Licence non transposée.
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International Network for Bamboo and Rattan (INBAR)
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Tel : +86-10-6470 6161 ; Fax: +86-10-6470 2166; E-mail: info@inbar.int
ISBN : 978-92-990082-3-2
©2016 INBAR – International Network for Bamboo and Rattan (Réseau international
pour le bambou et le rotin)

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Auteurs
Auteur principal
Sebastian Kaminski, ingénieur en structure et spécialiste du bambou, Ingénieur senior
chez Arup, Membre du groupe de travail INBAR - Bambou Construction

Deuxièmes auteurs
Andrew Lawrence, ingénieur structure et spécialiste du bois, Directeur associé d'Arup,
Membre du groupe de travail INBAR - Bambou Construction
David Trujillo, ingénieur en structure et spécialiste du bambou, maître de conférences
à l'Université de Coventry, président du groupe de travail INBAR - Bambou
Construction

Contributeurs et réviseurs
David Barber, ingénieur incendie, associé chez Arup
Maya Shinozaki, spécialiste de la durabilité, ingénieur chez Arup
Daniel Roe, spécialiste de la durabilité, ingénieur chez Arup
Tara Clinton, ingénieur en structure, ingénieur chez Arup
Liam Davis, architecte, assistant en architecture chez Arup
Luis Felipe López, ingénieur en structure, responsable de l'ingénierie à la Fondation
Base Bahay, membre du groupe de travail INBAR - Bambou Construction
Juan Francisco Correal, ingénieur en structure, chef de département de la faculté de
génie, Université de los Andes, membre du groupe de travail INBAR - Bambou
Construction

Au sujet de l’auteur principal


Sebastian est un ingénieur en structure qui travaille dans l'équipe de recherche et de
technologie avancée à Arup, Londres. Il travaille avec une variété de matériaux, y
compris le béton armé, l'acier, la maçonnerie, le bois et le bambou. Sebastian a de
l'expérience dans la conception de bâtiments et de logements dans les pays
développés et en développement, en particulier dans la conception sismique de
logements sociaux.

Sebastian est l'un des spécialistes de bambou d'Arup, ayant travaillé sur un certain
nombre de projets utilisant le bambou et la canne à travers le monde. Il a présenté et
dirigé des cours sur l'utilisation structurelle du bambou dans les pays, notamment en
Haïti, au Népal et en Équateur. Il est actuellement impliqué dans un certain nombre
de projets de recherche sur le bambou et est l'auteur principal d'un nouveau guide de
conception en bambou qui sera publié prochainement au Royaume-Uni.

II | P a g e
Résumé
Le bahareque d’ingénierie est une forme de construction vernaculaire-améliorée qui
prend le logement traditionnel de type clayonnage-et-enduits et a fait des
améliorations, en utilisant les matériaux, la connaissance, et les techniques de
construction modernes. Le bahareque d'ingénierie est généralement constitué de
fondations en béton armé supportant un renforcement en maçonnerie qui élève le
cadre structural en bois et / ou en bambou. Une matrice organique de canne, de
bambou de petit diamètre, de lattes de bambou ou de nattes de bambou est clouée
sur le cadre, et un grillage en acier galvanisé est cloué à la matrice pour servir de
renforcement. Les murs sont ensuite finis avec du mortier de ciment pour former des
murs solides. Le toit est normalement construit à partir de panneaux de fibres de
ciment ou de carreaux d'argile.

Des maisons de bahareque ont été construites avec succès dans divers pays du
monde, notamment au Costa Rica, en Colombie, au Népal, en Équateur, au Salvador
et aux Philippines. Bien conçus et construits, ils ont démontré leur efficacité en tant
que forme de logement abordable, résiliente aux aléas, sûre et durable. Le bahareque
d'ingénierie a un potentiel important dans de nombreux pays du monde où le bambou
pousse et est surtout adapté aux unités d'habitation à un ou deux étages

Il a été démontré que le logement de bahareque a des performances supérieures à


d'autres formes de logement d’un point de vue environnemental, comme la
maçonnerie, avec seulement la moitié du carbone incorporé, et une capacité à être
construite en utilisant des matériaux durables à croissance rapide tels que le bambou.
Sa durabilité peut être prolongé à maximum en s'assurant que le bambou et le bois
sont pris d'une source locale et durable, en diminuant l'épaisseur du mortier de ciment
et en élargissant l'utilisation de remplacements de ciment tels que la chaux. Les
produits chimiques de traitement non toxiques doivent être utilisés autant que possible
pour le bambou et le bois.

Le logement de bahareque d'ingénierie peut être une forme durable, réalisant une vie
de conception de 50 ans par la bonne conception. Le bambou et le bois sont
vulnérables aux attaques d'insectes et de pourriture et doivent donc être protégés. Pour
protéger contre des insectes, le bambou doit être traité au bore et le bois doit être traité
ou naturellement durable. Pour protéger contre la pourriture, le bambou et le bois
doivent être gardés au sec grâce à de bons détails de conception tels que: élévation
du cadre sur une couverture, y compris une membrane étanche à l'humidité, grands
surplombs pour protéger les murs contre la pluie battante, un mur imperméable, et
des cavités ventilées. Les connexions en acier doivent être peintes ou galvanisées.
La technique du bahareque est un moyen pratique de protéger le bois et le bambou
naturellement sensibles du feu. L'utilisation d'un enduit de mortier de ciment de 15
mm peut fournir un niveau de protection nominal, et l'augmentation à 25 mm peut
donner une résistance au feu de 30 minutes.

P a g e | III
Ce n’est pas nécessaire que tous les murs des bâtiments à occupation unifamilial ont
une résistance au feu, mais un niveau de protection nominal est recommandé en
général.

Le logement bahareque est un système de construction solide et robuste qui peut être
conçu pour résister aux tremblements de terre et aux vents forts, même dans les
régions les plus dangereuses du monde. On a montré que le cadre, la matrice et le
mortier de ciment se comportaient de façon composite, agissant comme un mur de
cisaillement. Le système doit être conçu de façon à ce que la gravité, le vent et le
séisme soient simples et continus. Les éléments sont solidement fixés avec des
connexions en acier - en particulier à la base du mur - et le mortier de ciment est bien
attaché au mur matrice par le grillage, qui à son tour est cloué au cadre.

Le logement de bahareque peut être construit en toute sécurité et n'utilise aucun


produit chimique toxique. Il peut être construit par les bénéficiaires eux-mêmes, ne
nécessite pas d'entretien important et s'est révélé très populaire auprès des
bénéficiaires dans de nombreuses études de cas. Il peut fournir une maison
hygiénique, sûre, durable et thermiquement confortable.

Ce rapport technique est destiné à être utilisé par les architectes et les ingénieurs pour
la conception primaire et détaillée. Il est conçu comme un guide pour la conception et
la construction de logements techniques en bahareque dans les pays développés et
en développement à travers le monde. Ce rapport fournit des conseils sur la
conception pour la pérennité, la durabilité, le feu et les charges structurelles (vent et
tremblement de terre). Des détails de construction typiques sont également fournis,
ainsi que des conseils pour le contrôle de la qualité pendant la construction.

IV | P a g e
Resumen Ejecutivo
El bahareque encementado es una forma constructiva vernácula mejorada, que utiliza
el sistema estructural tradicional del bahareque y lo mejora por medio de materiales,
conocimiento y técnicas constructivas modernas. El bahareque encementado
generalmente consiste en: cimentación de concreto (hormigón) reforzado soportando
un sobrecimiento de mampostería reforzada o confinada sobre el cual se construye
un esqueleto estructural de bambú y/o madera. Una matriz orgánica de caña, bambú
de diámetros pequeños, tablillas de bambú o esterilla se fija por medio de clavos a la
armadura; una malla de gallinero se clava a la matriz para que actúe como refuerzo.
Los muros se terminan con un revoque (o enlucido) de mortero de cemento para
formar muros sólidos. El techo (o cubierta) se construyen normalmente de tejas de
fibro-cemento o de barro (arcilla).

El bahareque encementado ha sido utilizado exitosamente en varios países alrededor


del mundo, incluyendo: Costa Rica, Colombia, Ecuador, El Salvador y Las Filipinas.
Cuando se diseña y construye correctamente, ha demostrado que puede ser usado
para vivienda asequible, segura, durable y resistente a las amenazas ambientales. El
bahareque encementado tiene un potencial importante en muchos países del mundo
en los que crezca el bambú, y es particularmente apropiado para unidades de vivienda
de uno y dos pisos.

Se ha demostrado que el bahareque encementado es ambientalmente superior a


otros sistemas de vivienda, como por ejemplo la mampostería, pues tiene el 50% del
carbono incorporado y la posibilidad de ser construido en buena medida de materiales
de rápido crecimiento, como lo es el bambú. Su sostenibilidad se puede maximizar al
asegurarse que el bambú y la madera se obtengan de fuentes sostenibles, locales;
minimizando el espesor del mortero de cemento, y maximizando el uso de sustitutos
de cemento como la cal. Desde que sea posible, preservantes químicos no tóxicos se
deben usar para la madera y el bambú.

La vivienda de bahareque encementado es un tipo de vivienda durable, alcanzando,


a través del buen diseño, una vida de diseño de 50 años. El bambú y la madera son
vulnerables a ataques por insectos y pudrición, y por ende deben ser protegidos. Para
proteger el bambú contra insectos se debe preservar con boro, y la madera debe ser
preservada o proceder de una especie naturalmente durable. Para proteger el bambú
y la madera contra la pudrición se deben mantener secos mediante detalles de diseño
apropiados: elevar sobre un sobrecimiento, barreras a la humedad, voladizos grandes
en el techo para proteger las paredes contra la lluvia y usar corta goteras, un muro
impermeable, y ventilación en las cavidades de los muros. Las recomendaciones
fundamentales son: tratar el bambú con boro, usar madera preservado o naturalmente
durable. Las conexiones de acero deben ser pintadas o galvanizadas.

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El bahareque encementado provee una forma conveniente de proteger del fuego al
bambú y a la madera, que son combustibles. Usar un revoque de 15mm de mortero
de cemento provee una resistencia mínima al fuego, incrementarlo a 25mm puede
proveer 30 minutos de resistencia al fuego. No todos los muros en una vivienda uni-
familiar requieren poseer resistencia al fuego, sin embargo una resistencia al fuego
mínima es generalmente recomendable.

La vivienda de bahareque encementado es un sistema estructural resistente y robusto,


el cual puede ser diseñado para ser resistente a sismos y viento extremo, incluso en
las regiones del mundo sujetas a mayor amenaza. El esqueleto, la matriz y el revoque
de mortero de cemento han demostrado comportarse como un compuesto, cuando
actúa como muro de corte. El sistema debe diseñarse para que la marcha de cargas
gravitacionales y horizontales sea simple y continuo, los elementos del esqueleto
sean fijados apropiadamente por medio de conexiones de acero (particularmente en
la base del muro) y que el mortero de cemento de fije bien a la matriz mediante la
malla de gallinero, que a su vez se fije mediante clavos al esqueleto.

La vivienda de bahareque encementado es segura de construir y utiliza químicos no


tóxicos, se pueden construir por los propios beneficiarios, no requiere mucho
mantenimiento y ha demostrado ser muy popular con beneficiarios en muchos
estudios. Puede brindar una vivienda higiénica, segura, durable y térmicamente
confortable.

La finalidad de esta memoria técnica es su empleo por parte de arquitectos e


ingenieros durante las fases de diseño conceptual y diseño constructivo. Está
concebida como una guía de diseño y construcción para el bahareque encementado
tanto en países desarrollados como en países en vías de desarrollo por todo el mundo.
El reporte es una guía de diseño para la sostenibilidad, la durabilidad, el fuego y las
cargas estructurales (viento y sismos). Detalles constructivos típicos se proveen, junto
con orientaciones para el control de calidad durante el diseño.

VI | P a g e
Messages importants

 Lorsqu'elles sont bien conçues et construites, les structures de bahareque


offrent une forme de logement efficace, résiliente, sûre et durable. C'est un
système de construction robuste qui peut être conçu pour résister aux
tremblements de terre et aux vents forts dans les régions sujettes aux
catastrophes.

 Le logement de bahareque d'ingénierie sont plus respectueux de


l'environnement que d'autres formes de logement - contenant aussi peu que la
moitié du carbone incorporé, et utilisent des matériaux durables et à
croissance rapide, y compris le bambou.

 Le logement de bahareque a un potentiel important partout où pousse le


bambou - et s'est déjà avéré très bénéfique en tant que forme de logement
résilient et bon marché dans de nombreuses régions du monde, notamment
au Costa Rica, en Colombie, au Népal, en Équateur et au Salvador et aux
Philippines.

 Il existe des moyens pratiques, durables et rentables d'améliorer la résilience


des logements baharaque en bambous, de réduire la sensibilité aux insectes,
à la pourriture et au feu, et d'atteindre leur durée de vie jusqu’à 50 ans. Pour
protéger contre les insectes, le bambou devrait être traité avec du bore; pour
protéger contre la pourriture, le bambou doit être maintenu au sec - par des
mesures simples telles que l'élévation du cadre, y compris une membrane
étanche à l'humidité, et la construction de grands surplombs pour protéger les
murs contre la pluie battante; et pour protéger contre le feu, l'utilisation des
enduits en ciment fournissent la résistance efficace.

 La construction de logements bahareque implique des systèmes de


construction simples et pratiques, ce qui signifie que les maisons peuvent être
facilement entretenues et construites par les bénéficiaires, utilisant ainsi les
compétences locales et contribuant à renforcer l'appropriation communautaire.
Les maisons se sont avérées très populaires dans de nombreuses initiatives
de logement précédentes.

P a g e | VII
Sommaire

Auteurs ....................................................................................................................... II
Au sujet de l’auteur principal ...................................................................................... II
Résumé ..................................................................................................................... III
Resumen Ejecutivo ................................................................................................... V
Messages importants .............................................................................................. VII
1.0 Aperçu général du rapport .................................................................................... 1
2.0 Introduction au logement technique de Bahareque .............................................. 3
2.1 Contexte du logement traditionnel bahareque .................................................. 3
2.2 Logement Technique de Bahareque ................................................................. 6
2.3 Etudes de cas ................................................................................................... 9
2.4 Quand le logement technique de bahareque est-il adapté? ............................ 14
3.0 Concevoir pour la pérennité ............................................................................... 16
3.1 Introduction ..................................................................................................... 16
3.2 Carbone incorporé et impact environnemental du logement bahareque ......... 18
3.3 Résumé des recommandations pour la conception pour la pérennité ............ 22
4.0 Concevoir pour la durabilité ................................................................................ 23
4.1 Introduction ..................................................................................................... 23
4.2 Causes de la dégradation ............................................................................... 23
4.3 Protection contre la dégradation ..................................................................... 26
4.4 Options de traitement ...................................................................................... 28
4.5 Séchage .......................................................................................................... 30
4.6 Bois ................................................................................................................. 31
4.7 Enduit en mortier de ciment ............................................................................ 32
4.8 Composants en acier du logement bahareque ............................................... 32
4.9 Résumé des recommandations de la conception pour assurer la durabilité ... 33
5.0 Concevoir pour l’incendie ................................................................................... 34
5.1 Introduction ..................................................................................................... 34
5.2 Qu'est-ce que la résistance au feu? ................................................................ 34
5.3 Exigences réglementaires ............................................................................... 35
5.4 Bamboo and engineered bahareque fire properties ........................................ 36
5.5 Discussion sur les résultats des tests d'incendie ............................................ 38
5.6 Résumé des recommandations pour la conception de la résistance au feu ... 41
6.0 Concevoir pour les charges structurelles ........................................................... 45
6.1 Considérations clés de la structure du bambou .............................................. 45
6.2 Concevoir pour des charges de gravité........................................................... 46
6.3 Concevoir pour les charges de tremblement de terre et de vent..................... 47
6.4 Systèmes de stabilité de la charge latérale ..................................................... 49
6.5 Concevoir des éléments individuels en bambou et des connexions ............... 53
6.6 Concevoir les systèmes de murs de cisaillement de bahareque technique .... 54
7.0 Détails typiques de la Construction des Maisons Technique de Bahareque ...... 60
7.1 Détail de support ............................................................................................. 60
7.2 Détail du support à la semelle ......................................................................... 60
7.3 Goujons/contreventement à la semelle/fondation ........................................... 62
7.4 Détails sur la matrice....................................................................................... 64
8.0 Assurer une Bonne Qualité de Construction ...................................................... 65
9.0 Autres Considérations Importantes pour la Conception ..................................... 67
9.1 Normes de santé, de sécurité et de travail pour la construction...................... 67
9.2 Maximiser l'utilisation des bénéficiaires du logement pour le travail de
construction........................................................................................................... 67
9.3 Maintenance ................................................................................................... 67
9.4 La santé et le bien-être des occupants du logement ....................................... 68
10.0 Résumé ............................................................................................................ 70
Annexe A: Exemple de dessin du logement bahareque ........................................... 78
1.0 Aperçu général du rapport
Ce rapport technique est un résultat du Groupe de Travail sur la normalisation du
bambou et du rotin sur la construction en bambou du Comité consultatif technique
d'INBAR. C'est conçu comme un guide pour la conception et la construction de
logements de bahareque dans les pays développés et en développement à travers le
monde. Le rapport est divisé dans les sections suivantes :

 Section 2.0: Introduction au logement technique de Bahareque – discute


les systèmes traditionnels et les systèmes modernes de logement bahareque,
présente trois études de bahareque construit dans plusieurs pays, et propose
des contextes appropriés pour son adoption.

 Section 3.0: Concevoir pour la pérennité –discute de l'impact carbone et
environnemental des matériaux utilisés pour les logements de bahareque, et
propose comment le concepteur peut maximiser la durabilité de la maison.

 Section 4.0: Concevoir pour la durabilité –discute de la durabilité des
matériaux clés pour la construction de bahareque, et propose comment le
concepteur peut répondre à une durée de vie standard de 50 ans, en mettant
l'accent sur les éléments en bambou.

 Section 5.0: Concevoir pour le feu –discute de la réaction du bambou et du
bahareque artificiel dans un scénario d'incendie, fournit des recommandations
sur les niveaux de résistance au feu auxquelles ils devraient être conçus et
propose comment le concepteur peut atteindre ces critières.

 Section 6.0: Concevoir pour les charges structurelles –discute les
principales considérations structurelles du bambou, et fournit des
recommandations sur la façon de concevoir bahareque technique pour les
charges de gravité, de vent, et de tremblement de terre

 Section 7.0: Détails typiques de la construction des maisons technique
Bahareque – fournit quelques détails structurels qui sont crutiels pour la
construction de maisons de bahareque, qui devrait être conçues pour résister
aux catastrophes, être durables et robustes.

 Section 8.0: Assurer une bonne qualité de construction – montre les
problèmes clés pendant la construction pour assurer une bonne qualité.

 Section 9.0: Autres considérations importantes pour la conception –
discute d'autres considérations importantes lors de la conception de bahareque,
telles que l’hygiène et la sécurité, les manoeuvres des bénéficiaires, l'entretien,
la santé et le bien-être des occupants.

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Ce rapport technique est destiné à être utilisé comme un guide par les architectes et
les ingénieurs pour la conception primaire et détaillée. Le rapport devrait être utilisé
en conjonction avec le jugement d'ingénierie de bonne pratique et les codes d'usages
locaux en matière d'ingénierie et d'architecture pour le logement, et il n'est pas destiné
à les remplacer. Dans tous les cas, un ingénieur dûment qualifié et expérimenté doit
vérifier la conception finale.

La conception des maisons devrait toujours être accompagnée avec les évaluations
solides sur les facteurs économiques, sociales et environnementales de la
communauté cible. Et le logement technique de bahareque ne fait pas exception.
Dans ce rapport, il y écrit également certains points de haut niveau à prendre en
compte. Cependant, étant donné qu'il s'agit principalement d'un rapport de conception
technique, ce ne seront pas les objectifs principaux.

2|Page
2.0 Introduction au logement technique de Bahareque
Cette section discute des systèmes traditionnels et modernes de bahareque, présente
trois études de cas de logements de bahareque construits dans plusieurs pays, et
propose des contextes appropriés pour son adoption.

2.1 Contexte du logement traditionnel bahareque


Bahareque est un système de construction vernaculaire / traditionnel qui a été populaire
dans de nombreux pays à travers le monde pendant des milliers d'années (Gutiérrez,
2004). Il est connu sous le nom de wattle-and-daub au Royaume-Uni, de bahareque au
Salvador et en Colombie, de quincha au Pérou, de cuje à Cuba, de pao pique au Brésil
et de tabiquería dans d'autres régions d'Amérique latine (Carazas-Aedo & Rivero-
Olmos, 2013). Des formes similaires de logement de type wattle-and-daub existent
également dans d'autres pays du monde. Aux fins du présent rapport, tous ces dérivés
seront appelés bahareque traditionnel. La figure 1, la figure 2, la figure 3 et la figure 4
montrent quelques exemples de logements traditionnels de bahareque.

Figure 1: Une maison bahareque rurale bien Figure 2: Logement traditionnel bahareque à Berlín,)
construite en Arménie, en Colombie El Salvador. Le revêtement extérieur a été remplacé
(Kaminski, 2016) par des feuilles de tôle ondulée (Kaminski, 2016)

Figure 3: Logement traditionnel bahareque à Berlín, Figure 4: Logements traditionnels bahareques au


El Salvador. Le rendu extérieur s'est efface Salvador. Aucun rendu extérieur n'a été appliqué
(Kaminski, 2016) (Kaminski, 2016)

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Le bahareque traditionnel consiste généralement en cadre en bois et/ou en bambou,
revêtu d'une matrice de bambou fendu ou ouvert (connu sous le nom d'esterilla), de
canne, de brindilles ou de lattes de bois et finalement enduit de fumier ou de terre.
López et al., 2004). Il est normalement élevé au sommet d'une pierre ou d'une brique
pour réduire le risque d'humidité, a un bon débord de toit et utilise du bois naturel
durable ou du bois traité et du bambou (en Amérique latine, le savon de porc est utilisé
– un savon traditionnel en graisse de porc et cendres) (Carazas-Aedo et Rivero-Olmos,
2013). La figure 5 illustre certaines des principales caractéristiques structurelles des
systèmes traditionnels de bahareque.

Figure 5: Bahareque traditionnel en Amérique latinea

En Amérique latine, historiquement, le toit a été construit à partir de feuilles de palmier,


mais après l'invasion espagnole il a été remplacé par des carreaux d'argile plus froids
et plus lourds (López et al., 2004). Maintenant, des feuilles de tôle ondulée parfois
utilisées pour le toit dans certaines régions d'Amérique latine.

Le matériel de matrice varie selon ce qui était le plus facile à obtenir localement, mais
principalement les bandes de bois, bambou, ou canne. La figure 6, la figure 7, la figure
8, la figure 9 et la figure 10 présentent certains des types de matrice, et la figure 11
illustre un remplissage de bahareque traditionnel qui est à la fois solide et typique. Le
bahareque traditionnel peut être construit à de diverses formalités, allant du logement
informel rural de plain-pied qui nécessite un entretien fréquent, au logement urbain de
deux étages, qui peut être considéré comme relativement haut de gamme.

Il a été démontré que le bahareque traditionnel, bien construit et bien entretenu,


possède une bonne unité structurelle et une excellente flexibilité, qui présente donc
un degré très élevé de résistance aux séismes (Gutiérrez, 2000, López et al., 2004).

4|Page
Certaines formes de bahareque traditionnelles peuvent également être relativement
légères par rapport aux systèmes de construction modernes tels que le béton armé
avec remplissage en maçonnerie. Les bâtiments plus légers subissent moins de
charges sismiques et sont donc moins susceptibles de subir des dommages et de
l’effondrement. Même si en cas d'effondrement, les bâtiments légers sont également
moins susceptibles de causer des blessures.

Cependant, le bahareque traditionnel exige un standard raisonnable de construction,


de détails et d'entretien afin de ne pas se détériorer sous une attaque de champignons
ou d'insectes. De plus, les traitements traditionnels ne sont pas tout à fait efficaces et
les dommages causés par les termites et les scolytes sont encore courants (qui sont
les risques importants dans de nombreuses régions du monde - voir la section 4.0).
Pour cette raison, une maintenance fréquente est essentielle, ce qui inclut le rendu et
la peinture périodiques, le remplacement des éléments endommagés et le contrôle de
l'infiltration d'eau - sans cela, le bahareque traditionnel devient très vulnérable aux
tremblements de terre après 5-10 ans (López et al., 2004) . Par exemple, le
tremblement de terre de Muisne en Equateur le 16 avril 2016, qui a bien illustré
clairement ce caractéristique, comme certaines maisons traditionnelles de bahareque
ayant été sévèrement endommagées ou effondrées sont principalement à cause de
la pourriture et des insectes (Franco et al., dans la presse).

Figure 6: Esterilla (Colombie) ou caña picada Figure 7: Esterilla (Colombie) ou caña picada
(Equateur): Feuilles de bambou formées en ouvrant (Equateur): Feuilles de bambou formées en ouvrant
/fendant physiquement un chaume de grand diamètre /fendant physiquement un chaume de grand diamètre
sur toute sa longueur puis en sur toute sa longueur puis en
le déroulant (Kaminski, 2016) le déroulant (Kaminski, 2016)

Figure 8: Reglilla (Colombie) ou latillas (Equateur Figure 9: Caña brava (Costa Rica) ou vara de castilla
Lattis de bambou formés en coupant un chaume de (El Salvador): Canne de bambou de petit diamètre
grand diamètre sur toute sa longueur en bandes (Kaminski, 2016)
(Kaminski, 2016)

Page|5
Un autre inconvénient important du bahareque traditionnel est qu'il est susceptible
d'abriter des insectes, notamment le «bug kissing», ou chinche, comme on le sait en
Amérique latine. Ce petit insecte mordant peut transmettre la maladie de Chagas, une
maladie potentiellement mortelle qui, selon les estimations, affecte actuellement 10
millions de personnes dans le monde, principalement en Amérique latine (OMS, 2010).

Le bahareque traditionnel n'est pas connu et approuvé par les codes sismiques du
monde entier, et n'attire donc généralement pas l'attention des organismes de
bienfaisance potentiels pour parrainer des projets de logement.

Figure 10: Bâtons en bois de feuillus cloués Figure 11: Gros plan d'un matériau de remplissage
ensemble pour former une matrice rectangulaire utilisé dans le bahareque traditionnel solide au
s'étendant entre de plus grands montants verticaux Salvador – Noter les morceaux de carreaux d'argile
(Kaminski, 2016) ajoutés au sol (Kaminski, 2016)

2.2 Logement Technique de Bahareque


Au cours des 40 dernières années, on a assisté à une tendance croissante à la
construction de bahareque (« bahareque encementado» en espagnol) comme forme
de logement à bas prix pour le développement et sous les contextes post-catastrophe
dans les pays en développement (Kaminski, 2013). Ce logement prend la forme
vernaculaire de bahareque et l'élabore pour réduire ou éliminer les déficiences
naturelles de bahareque, et généralement l'améliorer avec les matériaux, les
connaissances et les techniques de construction modernes. Le bahareque technique
bien conçu a typiquement les caractéristiques suivantes (figure 12 et figure 13):

  Fondations : semelles en béton armé.


 Une élévation de la base du mur : élévantion béton armé ou maçonnerie
 renforcée.
 Structure de mur primaire: des colonnes en bois ou en bambou, des poteaux
de mur, des poutres, des solives de plancher et des chevrons, réunis par des
connexions mécaniques modernes telles que des boulons, des clous ou des
vis. Dans certains systèmes, le contreventement est utilisé, en particulier dans
les bâtiments à deux étages. Le bois est normalement utilisé pour la semelle et
la plaque de tête. La membrane anti-humidité sépare le cadre de la partie
 supérieure.

6|Page
 Système de mur: une matrice composée de canne, de bambou de petit
diamètre, de lattes ou de nattes de bambou est clouée à la structure de mur en
bois ou en bambou, et au grillage en acier galvanisé cloué à la matrice agit
comme un renfort. Le renfort est ensuite enduit de mortier de ciment, parfois
avec de la chaux ajoutée. Dans certains systèmes, un treillis en acier déployé
tel qu'Expamet (2016) agit à la fois comme matrice et comme renfort, qui est
cloué directement sur le cadre. Le système le plus commun est le goujon de
bambou de grand diamètre avec une semelle en bois et une plaque de tête,
avec une esterilla ouvert de bambou qui forme la matrice. Le système de mur
est à la fois structurel, forme les cloisons internes et la façade externe. La
matrice et l'enduit de mortier de ciment peuvent être fixés à un seul ou aux deux
côtés des montants – dont la façon dernière est plus courante.
 Les étages supérieurs : poutres de bois ou de bambou, avec des planchers
en contreplaqué, des nattes de bambou avec du béton coulé sur le dessus, ou
des planches de bois.
 Toiture : chevrons ou pannes de bois ou de bambou forment le cadre,
assemblés par des connexions mécaniques modernes telles que des boulons,
des clous ou des vis, avec une couverture de toiture en métal ou en panneaux
 de fibres de ciment ou, dans certains cas, des carreaux en terre cuite.
 Nombre d'étages : seulement un ou deux - plus de deux étages n'est pas
recommandé pour des raisons de feu et de structure.

Figure 12: Caractéristiques du logement bahareque moderne et bien conçu: aperçu

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Dans tous les cas, le bois utilisé soit du bois naturellement durable, soit du bois traité,
et le bambou est traité.

Avec les changements décrits ci-dessus, couplé avec une bonne construction et de
maintenance, ce tupe de systeème structurel est une amélioration significative par
rapport au traditionnel bahareque, en termes de :

1. Durabilité : le système peut avoir une durée de vie nominale supérieure à 50


ans (voir la section 4.0).
2. Performance structurelle dans les tremblements de terre et les vents : le
système peut dépasser les exigences de conception sismique dans les zones
sismiques élevées (voir la section 6.3).
3. Hygiène : l'utilisation du mortier de ciment rend la finition à base de ciment plus
durable et facile à nettoyer, offrant ainsi un environnement interne plus
hygiénique pour les occupants.
4. Statut : le système est perçu comme un foyer d'apparence moderne, important
pour les communautés dans les tranches socio-économiques inférieures qui
aspirent à avoir ce qu'ils perçoivent comme une maison meilleure et plus
durable, et qui reflète un niveau de prospérité plus élevé dans comparaison
avec leurs voisins (Gutiérrez, 2000, López et al., 2004, Kaminski, 2013).

En comparaison avec d'autres formes modernes de logements sociaux qui sont


actuellement construits dans des contextes post-catastrophe et de développement :
le bahareque technique a montré un coût égal ou moindre (voir Section 2.3), et a une
plus grande résistance sismique (voir Section 2.3 et 6.3) ; a des qualifications
supérieures en matière de durabilité (voir section 3.0) ; et il peut utiliser davantage de
matériaux locaux, ce qui apporte un avantage plus direct aux communautés locales
(voir section 2.3).

Figure 13: Caractéristiques du logement bahareque moderne et bien conçu: détails du système de mur

8|Page
2.3 Etudes de cas
Ce qui suit sont quelques exemples de logements de bahareque construits dans
divers pays à travers le monde.

Projet national de bambou, Costa Rica


En 1988, le projet national de bambou du Costa Rica (Projet national de bambou -
PNB) (Gutiérrez, 2000) a développé et mis en œuvre le bahareque technique comme
forme de logement moins chère et plus durable. Parce qu'il n'y avait pas de tradition
de construction avec du bambou, le projet impliquait un transfert de technologie de
culture et de conception avec de la canne et du bambou de Colombie. Jusqu'en 1995,
environ 4000 de ces maisons à un étage étaient construites pour les communautés
pauvres qui vivaient dans des logements insalubres ou exigus à travers le pays. Les
conceptions varient et utilisent soit un bois naturellement durable, soit guadua traitée
pour le cadre ; esterilla ou caña brava (une canne forte) pour la matrice de mur ;
recouvert de mortier de ciment, avec un toit en tôle ondulée légère. Le guadua a été
traité au bore par la méthode modifiée de déplacement de la sève – procédé Boucherie
(section 4.4). La caña brava et l'estérilla ont également été traitées au bore, mais par la
méthode de diffusion par immersion. Une certaine pré-fabrication des panneaux a été
mise en place, ce qui a accéléré le processus de construction sur le site.

Des essais des murs planes à l’intérieur ont été réalisés à l'Université du Costa Rica
à grande échelle afin de déterminer la capacité de cisaillement des murs à résister au
vent et aux tremblements de terre (Mendoza et Villalobos, 1990). Les essais ont
démontré que la capacité était supérieure aux exigences de conception. Une
confirmation supplémentaire de la solidité de ces types de panneaux a été observée
lorsqu'un certain nombre de maisons nouvellement construites ont survécu à un
tremblement de terre de magnitude Mw 7.8 à Limón en 1991, avec des intensités
locales jusqu'à IX (Gonzalez & Gutierrez, 2003).

Figure 14: PNB maisons au Costa Rica sous Figure 15: Section typique à travers la maison PNB
construction aux années 1980 (Chaves, 2016) Au Costa Rica (Chaves, 2016)

Page|9
Figure 16: La maison PNB à Milano, Costa Rica – Figure 17: Vue intérieure de la maison PNB à,
Photo prise à 20+ années après sa construction Milano, Costa Rica – photo prise à 20+ années
(Kaminski, 2016) après sa construction (Kaminski, 2016)

Un examen indépendant de 26 maisons en 2012, c'est-à-dire de 12 à 24 ans depuis


leur construction, a conclu qu'elles étaient suffisamment appréciées par les
bénéficiaires pour avoir changé beaucoup de leurs idées préconçues concernant la
construction en bambou. La majorité des maisons semblaient être en excellent état
et les méthodes de traitement ont été observés comme un succès (Kaminski, 2013).

Logement sismique dans une région productrice de café, Colombie


En 1999, un tremblement de terre de magnitude Mw 6,4 a frappé la région productrice
de café en Colombie, faisant 300 000 personnes sans abri (Tistl & Velásquez, 2002).
Après cet événement, il a été remarqué que les bâtiments plus modernes en
maçonnerie et en béton armé subissent des dommages importants et s'effondrent, le
style bahareque vernaculaire et les logements modernes en bambou s'en sont
beaucoup mieux survécus (Trujillo, 2007). Ainsi, un certain nombre d'ONG et
d'agences internationales de développement ont mis en œuvre des projets de
reconstruction de logements qui utilisaient principalement du bambou le style
bahareque, mais avec un apport technique et des détails modernes (Figure 18, Figure
19, Figure 23, Figure 20, et Figure 21). Cet intérêt a incité l'Association colombienne
du génie parasismique (AIS) à mener des recherches sur le bahareque technique, qui
comprenait une série des essais de cisaillement sur les panneaux muraux - les
résultats des tests étaient généralement similaires à ceux obtenus au Costa Rica.
Suite à cela, le Manuel de Construction des Logements Sismiques à l'aide de
Bahareque Enduits a été rédigé (Prieto et al., 2002), ainsi qu'un nouveau chapitre
dans le code du bâtiment et de la conception colombien - NSR -98 (AIS, 2002), à
laquelle certaines des nouvelles maisons de bambou ont été conçues (bien que
certains projets aient été mis en œuvre avant la publication de cette nouvelle
recherche). Les maisons étaient un mélange d'un et deux étages, soit en détaché, soit
en terrasse. Les systèmes muraux variaient également et comprenaient des cadres
de guadua et/ou de bois à ossature contreventée et non contreventée, et utilisaient
des matrices d'estérilla ou d'acier expansé. La plupart, sinon la totalité, des bambous
utilisés pour les différents types de maisons ont été traités avec du bore et appliqués
le plus souvent par immersion ou injection.

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Figure 18: Logement de bahareque après le Figure 19: Bâtiments de bahareque construits après
tremblement de terre à Barcelone, près de l'Arménie le tremblement de terre au Monténégro, près de
(Kaminski, 2016) l'Arménie (Kaminski, 2016)

Figure 20: Bâtiments de bahareque construits après Figure 21: Bahareque à Ricaurte dans la vallée de la
le tremblement de terre au Monténégro, près de Magdalena (Kaminski, 2016)
l'Arménie (Kaminski, 2016)

Un examen indépendant de 29 maisons en 2012 (environ 10 à 12 ans après la


construction) a conclu que les bénéficiaires avaient des opinions mitigées sur ces
maisons (Kaminski, 2013). Alors que les maisons semblaient généralement en bon
état, mais beaucoup plus de murs et d'éléments structurels étaient exposés à la pluie
battante que les maisons du PNB, qui semblaient être la cause de l'infiltration d'eau
visible et de la corrosion du treillis dans certaines maisons. - Suggérant que dans
certains endroits, il pourrait y avoir d'autres dégâts cachés de pourriture de la matrice
de bambou à l'intérieur des murs. Certains bénéficiaires se sont également plaints de
la présence de vermine à l'intérieur des cavités du mur et autour des toits. Lorsque le
logement était en bon état, sans pénétration d'eau ni vermine, les opinions étaient très
positives.

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Figure 22: Logement de bahareque après le Figure 23: Bâtiments de bahareque construits après
tremblement de terre à Barcelone, près de l'Arménie le tremblement de terre au Monténégro, près de
(Kaminski, 2016) l'Arménie (Kaminski, 2016)

REDES logements, El Salvador


Depuis 2012, Arup, en collaboration avec l'ONG salvadorienne Fundación
Salvadoreña para la Reconstrucción y El Desarrollo (REDES), étudie la possibilité de
construire des maisons à bas prix en utilisant des matériaux plus durables et locaux,
afin de réduire leur impact environnemental et soutenir la communauté locale
(Kaminski et al., 2016a). Les objectifs étaient de produire une technologie de logement
viable et un design qui était :

 Résistante aux catastrophes.


 Durable et résistant aux termites.
 Thermiquement confortable.
 Facile à construire par un travail semi-qualifié.
 Facile à entretenir par une main-d'œuvre non qualifiée.
 Sûr de construire.
 Culturellement acceptable.
 Flexible dans la disposition.
 Construit avec des matériaux d'origine communautaire.
 Maintenance minimale requise.
 Avait des dispositions et des utilisations appropriées de pièce.

La conception devait pouvoir être utilisée dans les contextes de développement à long
terme et de post-catastrophe pour remplacer les logements existants de qualité
médiocre ou endommagée dans les zones rurales et périurbaines d'El Salvador.

12 | P a g e
Après avoir passé une évaluation du marché local, des styles de logement
traditionnels et modernes, la construction traditionnelle de bahareque a été identifiée
comme une solution qui pourrait être améliorée, en la rendant plus durable et plus
forte. La conception qui a été développée est un bâtiment de plain-pied de quatre
pièces de 6m x 6m, avec deux chambres à coucher, un salon et une cuisine (Figure
24, Figure 25, Figure 26 et Figure 27). Les fondations de la maison étaient une mince
dalle de béton armé reposant sur des poutres en béton armé sous les murs. Deux
rangées de maçonnerie en béton armé creux surélevent le cadre, qui est fait de
simples bois de pin importés et traités sous pression de 2’’ x 4’’, reliés entre eux par
des clous et des courroies d'acier. Les murs ont été enveloppés d'un grillage
galvanisé mince à deux côtés, et vara de castilla (aussi connu comme caña brava
(Gynerium sagittatum) - un type local de canne en bambou d'environ 25mm de
diamètre et jusqu'à 6m de long (Chan, 2014) a été cloué sur le cadre. La vara de
castilla provenait d'agriculteurs locaux et a été traitée sur place contre les insectes
avec du bore. Le mortier de ciment a ensuite été plâtré sur les deux côtés des murs
pour former les murs de cisaillement de 60 mm d'épaisseur. Aucun contreventement
n'a été ajouté.

Figure 24: Logement de canne et de bois, El Salvador Figure 25 : Logement de canne et de bois, El
-avant l’application de l’enduit. Notez que les grands Salvador : Fini (Kaminski, 2016)
surplombs de tous les côtés et le cadre surélevé sur
une membrane étanche à l’humidité (Kaminski, 2016)

Figure 26: Logement de canne et de bois, El Salvador Figure 27: Logements de canne et de bois, El
- Fini (Kaminski, 2016) Salvador - complet. Notez le rebord, la membrane
anti-humidité et le grand porte-à-faux, tous
protégeant le mur de l'humidité et de la pluie
(Kaminski, 2016)

P a g e | 13
Les moitiés inférieures des murs ont été peintes avec de la peinture imperméable à
l'eau pour se protéger contre la pluie battante. Le toit était constitué de panneaux de
fibres de ciment légers qui sont vissés sur les pannes et les chevrons en bois, et avait
un grand surplomb sur tous les côtés. En comparaison avec la maconnérie renforcée,
qui est actuellement largement utilisée comme logement à bas prix par le
gouvernement, les ONG et les communautés elles-mêmes, cette nouvelle forme de
logement utilise jusqu'à 40% de moins de ciment et d'acier. Les matières premières
pour le logement sont également plus légères dans l'ensemble et donc plus faciles et
moins chères à transporter vers des zones plus rurales.

Afin de tester structurellement les murs, une série d'essais de cisaillement cyclique
ont été réalisés à l'Imperial College de Londres en utilisant différentes caractéristiques
géométriques et matérielles (Málaga-Chuquitaype et al., 2014). Les tests ont montré
que cette forme de structure dépassait les exigences de charge pour les fortes
charges sismiques d'El Salvador (Kaminski et al., 2015). Le dernier détail adopté
utilise deux couches de grillage, un de chaque côté de la canne avec des traversées
de fil d'acier (Davies, 2014), éliminant ainsi tout risque d'effritement lors de grands
séismes et améliorant la résistance dans le plan du mur, réduisant encore l'importance
sur la qualité du mortier de ciment, qui peut être difficile à contrôler.

Pour le toit, un simple cadre en bois à double pente a été choisi, qui suit également le
style traditionnel bahareque. Au lieu d'utiliser les lourdes tuiles d'argile traditionnelles
pour la couverture de toit, on a utilisé un matériau en feuille ondulé de ciment-fibres.

Comme une dernière vérification du comportement sismique de la conception, un


modèle grandeur nature de 3m x 3m d'une pièce de la maison a été construit sur une
table de secousse à l'Université Mariano Gálvez, Guatemala (Beteta et al., 2015).
L'échantillon a été soumis à des charges de conception antisismique jusqu'à 1,5 fois
supérieures aux exigences du code, et a subi des dommages insignifiants. Ces
observations sont similaires à celles d'autres essais non publiés en Colombie, qui
montrent des logements bahareque à deux étages ayant d'excellentes performances
sur les tables de secousse.

À l'achèvement de deux prototypes de la maison en 2012, une évaluation structurelle


et sociologique de la conception a été réalisée (Bunclark, 2013), montrant des
résultats très positifs. De plus, tous les bénéficiaires ont aimé la conception, et certains
la préfèrent à la maçonnerie renforcée.

Une sélection de dessins des maisons est présentée à Annexe A.

2.4 Quand le logement technique de bahareque est-il adapté?


Les questions suivantes doivent être prises en compte pour décider si le bahareque
est adapté au logement dans un contexte particulier :

1. Y a-t-il une quantité suffisante de bambou et/ou de bois d'origine durable ?


Cela rend Bahareque mieux adapté aux pays avec des fournitures abondantes
de ces matériaux.

14 | P a g e
2. Y a-t-il une acceptation par la communauté de l'utilisation de bambou/bois
pour le logement ? De nombreuses cultures considèrent le bambou et le bois
comme le matériau d'un pauvre. Cependant, des études ont montré que cette
perception peut être modifiée (Kaminski et al., 2016a).

3. Les occupants sont-ils financièrement capables et disposés à entretenir


les maisons ? Le logement technique de bahareque peut être conçu pour être
très durable, mais la maison en bois a généralement besoin d'un peu plus de
soin et d'entretien tout au long de sa durée de vie.

4. Le type de logement doit-il être construit sur un ou deux étages ? Le


bahareque technique est le plus approprié pour le logement d'un ou deux
étages.
5. Y a-t-il un risque d'inondation ? Il est peu probable que le bahareque
technique soit approprié pour les zones à risque d'inondation.

P a g e | 15
3.0 Concevoir pour la pérennité
Cette section discute de l'impact carbone et environnemental des matériaux utilisés
pour les logements de bahareque, et propose comment le concepteur peut maximiser
la durabilité de la maison.

Il a été démontré que le logement de bahareque conçu pour l'environnement


est supérieur à d'autres formes de logement telles que la maçonnerie, avec
seulement la moitié du carbone incorporé et la capacité à être construit en
utilisant des matériaux durables à croissance rapide tels que le bambou. Sa
durabilité peut être maximisée en s'assurant que le bambou et le bois sont
pris d'une source locale et durable, en minimisant l'épaisseur du mortier de
ciment et en maximisant l'utilisation de remplacements de ciment tels que la
chaux. Les produits chimiques de traitement non toxiques doivent être
utilisés autant que possible pour le bambou et le bois.

3.1 Introduction
Engineered bahareque housing has been shown to be superior to many other forms
of modern permanent housing in terms of sustainability and its environmental impact,
especially housing systems using materials such as masonry and concrete. The two
main reasons for this are that engineered bahareque : Il a été démontré que le
logement technique de bahareque est supérieur à de nombreuses autres formes de
logements permanents modernes en termes de durabilité et d'impact sur
l'environnement, en particulier les systèmes de logement utilisant des matériaux tels
que la maçonnerie et le béton. Les deux principales raisons pertinentes sont ceux
que le bahareque technique est :

 Utilise beaucoup de matériaux naturels, à savoir le bambou et le bois, qui:


o Ne nécessitent pas de traitement important avant utilisation.
o Sont relativement légers et donc faciles à transporter.
o Verrouillent efficacement le carbone pendant la durée de vie de la
structure, en aidant à agir comme un aspirant de carbone. Le bambou,
en particulier, est un bon aspirant de carbone - des études ont montré
qu'une forêt de bambou gérée accumule environ 300 tonnes de carbone
par hectare après 60 ans, contre environ 170 pour des essences à
 croissance rapide comme le sapin de Chine (Kuehl & Yiping, 2012).
 Est globalement un système de construction léger et efficace, où les murs se
dédoublent en tant que cloisons et structure, réduisant la quantité de matériel
nécessaire.

Dans une étude de cas, Murphy et al. (2004) ont réalisé une analyse du cycle de vie
(ACV) d'une maison de Bahareque afin d'évaluer en détail son impact
environnemental. L'exemple de maison a été construit au début des années 2000 en
Colombie, dans le cadre du programme de reconstruction après le tremblement de
terre de 1999 (section 2.3).

16 | P a g e
Dans cette étude, l'impact environnemental de la maison a été calculé et comparé à
celui d'une maison hypothétique construite selon la même norme en utilisant la
construction de maçonnerie conventionnelle. Les résultats ont montré que la maison
de Bahareque avait environ la moitié de l'impact environnemental de la maison
conventionnelle (Figure 28). Les éléments du bâtiment qui ont le plus contribué à son
impact environnemental (95%) sont les matériaux utilisés pour la fondation (sable,
gros granulats, ciment et armature d'acier) et l'enduit des murs (sable et ciment)
(Figure 29) .

Les sections suivantes explorent plus en profondeur les impacts carbone et


environnementaux du logement bahareque.

Figure 28 : Impact environnemental relatif d'une maison de bahareque et de maçonnerie (Murphy et al., 2004)

Figure 29 : Impact environnemental relatif des éléments d'une maison de bahareque (Murphy et al., 2004)

P a g e | 17
3.2 Carbone incorporé et impact environnemental du logement bahareque
Le carbone incorporé d'un matériau est la quantité totale de CO2 émise tout au long
de son cycle de vie. L'impact environnemental d'un matériau est tout effet qu'un
matériau peut avoir, positif ou négatif, sur l'environnement tout au long de son cycle
de vie.

Il existe de nombreuses façons de définir le cycle de vie d'un matériau, et de


nombreuses normes reconnues au niveau international sont disponibles (ISO, 1997,
Eco-Indicators, 2000). Cependant, la norme européenne pour la construction est EN
15978 (BSI, 2011). Les étapes clés peuvent généralement être décomposées en :

a) Approvisionnement en matières premières: impact dû à


l'approvisionnement/l'excavation/la récolte des matériaux pour la construction.
b) Traitement: l'impact dû au traitement des matériaux prêts pour la
construction.
c) Transport: l'impact du transport des matériaux à chaque étape de la chaîne
d'approvisionnement.
d) Construction: l'impact de la construction du bâtiment.
e) Utilisation: l'impact de l'utilisation et de l'entretien du bâtiment.
f) Fin de vie: l'impact de l'élimination du bâtiment en fin de vie.
g) Recycler et réutiliser: l'impact du recyclage et de la réutilisation des
matériaux dans le bâtiment.

Il est important d'adopter une approche holistique et d'envisager l'ensemble du cycle


de vie de tous les matériaux utilisés pour la construction, afin d'éviter toute
focalisation unique des évaluations environnementales et de durabilité.

Chacune des étapes ci-dessus est considérée ci-dessous pour les composants clés
du logement bahareque, à savoir le châssis, les murs, les planchers, les finitions, etc. :
bambou/canne traité, bois, mortier de ciment, support, raccords en acier et
composants. Cette section ne mentionne pas intentionnellement les matériaux
utilisés pour réaliser les fondations ou les finitions du toit, car celles-ci sont largement
identiques dans toutes les formes de logement (toutes les maisons nécessitent des
fondations, généralement en béton armé).

18 | P a g e
Éléments de bambou / canne traités
Le bambou traité (et/ou la canne) constitue normalement une partie importante du
logement bahareque. Son impact sur le carbone et l'environnement est présenté au
tableau 1.

 Peu d'impact sur le carbone.


 Devraient être récoltées dans des plantations bien gérées (Kuehl & Yiping,
2012). Le Forest Stewardship Council (FSC, 2016) ou des plantations
certifiées similaires sont très rares, de sorte que l'évaluation de la qualité de
la gestion d'une plantation peut être subjective. La surexploitation de bambou
Fourniture / canne peut entraîner la mort de la touffe et la réduction de la couverture
végétale, ce qui peut à son tour entraîner l'érosion du sol. Notez que certaines
espèces de bambous (en particulier les espèces en cours d'exécution)
peuvent être agressives et envahissantes (Shyama, 2016), et ces sources
doivent être examinées pour s'assurer qu'elles ne contribuent pas à
endommager la flore locale.
 Le carbone incorporé dépend principalement de la nécessité d'énergie pour
sécher le bambou ou chauffer le liquide de traitement, ce qui n'est pas
Traitement nécessaire, mais accélère le processus. Un four solaire peut réduire l'énergie
nécessaire au séchage, tout comme l'utilisation de chutes de bambou pour un
four chauffé.
 Le carbone incorporé dépend entièrement de la distance à la plantation - des
Transport
études ont montré que, sous 200 km, l'impact est relativement faible.
 Le carbone incorporé est généralement très faible car peu de machines ou
Construction
d'outils sont utilisés.
 Le carbone incorporé dépend de l'entretien requis, qui peut être réduit au
Utilisation minimum en concevant pour la longévité, selon la section 4.0.
 Le bambou traité au bore est sûr au toucher.
 Le carbone incorporé varie selon que le bambou est brûlé comme
biocarburant ou utilisé pour fabriquer des briques, récupérant ainsi de
l'énergie, ou qu'il soit simplement laissé pourrir, auquel cas le carbone est
rejeté dans l'atmosphère.
 Le bambou traité au bore peut normalement être enterré ou composté en toute
sécurité. Cependant, le bambou traité avec des produits chimiques à base de
Fin de vie
cuivre est plus difficile à éliminer en toute sécurité, ne devrait pas être brûlé et
devrait généralement être enterré.
 Toute solution résiduelle issue du traitement au bore peut être diluée en toute
sécurité et utilisée comme engrais. Cependant, la surexploitation ou
simplement le déversement dans les rivières peut avoir des effets
préjudiciables tels que l'eutrophisation des rivières.
 Le bambou ne peut pas être recyclé de manière réaliste, mais il peut être
Récycler et
Réutiliser réutilisé, par exemple, pour construire autre chose - réduisant ainsi son
carbone incorporé.
Tableau 1: Carbone incorporé et impact environnemental du bambou et de
la canne utilisés dans les logements de bahareque

P a g e | 19
Éléments en bois
Le bois est souvent utilisé pour certaines parties du logement bahareque, en
particulier pour la semelle et la plaque frontale des murs, des solives et des planchers.
Son impact sur le carbone et l'environnement est présenté dans le tableau 2.

 Peu d'impact sur le carbone.


 Devrait être récolté dans des plantations bien gérées. Il existe de nombreuses
plantations de bois résineux certifiées par le Forestry Stewardship Council
(FSC, 2016) et le Programme de reconnaissance des certifications forestières
(PEFC, 2016) dans le monde, et pour celles qui ne le sont pas, leur degré de
Fourniture
gestion est très variable. Il y a très peu de plantations de bois franc certifiés
FSC ou similaires dans le monde - celles-ci varient encore plus en termes de
gestion. Des conseils sur ce qu'est une plantation de bois dur bien gérée sont
fournis par le FSC et le PEFC.
 La surexploitation du bois peut entraîner la déforestation.
 Le carbone incorporé lors du traitement du bois est plus élevé que le bambou.
La coupe et le rabotage du bois consomment un peu d'énergie. Cependant, la
plupart sont utilisés pendant le processus de séchage au four, qui est une
Traitement
partie essentielle de la plupart des processus de traitement chimique des
résineux. Les feuillus sont normalement utilisés vert ou naturellement séché,
donc utilisez moins d'énergie pour traiter.
 Le carbone incorporé dépend entièrement de la distance de la plantation et de
Transport
la scierie.
 Le carbone incorporé est généralement très faible car peu de machines ou
Construction
d'outils sont utilisés.
 Le carbone incorporé dépend de l'entretien requis, qui peut être réduit au
minimum en concevant pour la longévité, selon la section 4.0.
Utilisation
 La sécurité du bois traité au toucher dépend du produit chimique utilisé pour
le traiter.
 Le carbone incorporé varie selon que le bois est brûlé comme biocarburant ou
utilisé pour fabriquer des briques, récupérant ainsi de l'énergie, ou qu'il soit
simplement laissé pourrir, auquel cas le carbone est rejeté dans l'atmosphère.
Fin de vie
 Le bois traité avec des produits chimiques à base de cuivre est plus difficile à
éliminer en toute sécurité, ne devrait pas être brûlé et devrait généralement
être enterré.
 Le bois ne peut pas être recyclé de manière réaliste, mais il peut être réutilisé,
Récycler et
Réutiliser par exemple, pour construire autre chose. Cela réduirait son carbone
incorporé.
Tableau 2: Carbone incorporé et impact environnemental du bois utilisé dans les logements de bahareque

20 | P a g e
Matériaux cimentaires, y compris mortier de ciment et supports
Le mortier de ciment et le support (qui est normalement en béton armé ou en
maçonnerie) utilisent une quantité importante de ciment, de sable et d'agrégats
grossiers, qui constituent l'essentiel de l'impact énergétique incorporé. Son impact sur
le carbone et l'environnement est présenté dans le tableau 3.

 L'approvisionnement en composants du ciment a un impact sur le carbone en


raison de la machinerie utilisée pour l'exploitation minière.
 L'utilisation de remplacements de ciment, tels que les cendres de combustible
pulvérisées et les scories de haut fourneau granulées broyées, a
considérablement réduit l'impact énergétique incorporé, car ce sont des
déchets. Une partie du ciment peut également être remplacée par la chaux,
Fourniture
qui a également un faible impact énergétique incorporé.
 Les agrégats ont différents niveaux d'impact en fonction de leur source. Les
granulats grossiers les plus communs sont extraits. Ce processus ne
consomme pas beaucoup d'énergie. Cependant, des agrégats secondaires
ou recyclés peuvent être utilisés pour compenser un pourcentage de cet
impact.
 Le ciment a un impact intrinsèquement important, en raison du procédé de
fabrication requis. Cet impact est relativement constant, peu importe où il se
Traitement trouve
 La fabrication de blocs de béton n'est pas un processus intensif en carbone
car aucune énergie n'est généralement requise pour le chauffage.
 Le carbone incorporé dépend de la distance entre l'usine et le site et peut
Transport varier considérablement. Cependant, l'approvisionnement et le traitement
utilisent généralement beaucoup plus d'énergie.
Construction  Généralement très faible car peu de machines ou d'outils sont utilisés.
 Le carbone incorporé dépend de l'entretien requis, qui peut être réduit au
Utilisation
minimum en concevant pour la longévité, selon la section 4.0.
 À la fin de la vie, le mortier de ciment est rendu et le support est normalement
éliminé par enfouissement, de sorte qu'aucune énergie n'est récupérée.
Fin de vie
Cependant, comme ce sont des matériaux inertes, ils n’émissent pas de gaz
en fin de vie.
 Le mortier de ciment ou les matériaux utilisés pour fabriquer le dosseret ne
Récycler et peuvent pas être recyclés ou réutilisés de façon réaliste.
Réutiliser  Le béton peut être broyé pour être utilisé comme agrégat secondaire ou
remplissage.
Tableau 3: Carbone incorporé et impact sur l'environnement des matériaux
cimentaires utilisés dans le boîtier de bahareque

Raccords et composants en acier


Les éléments en acier ont en général un fort impact sur l'énergie intrinsèque et leur
utilisation doit donc être minimisée. Cependant, certaines connexions en acier sont
normalement essentielles car elles sont ce qui fournissent au bahareque technique
une résistance et une ductilité dans les tremblements de terre et les vents forts
(Section 6.3).

P a g e | 21
3.3 Résumé des recommandations pour la conception pour la pérennité
D'un point de vue environnemental, le logement de bahareque est montré supérieur
aux autres formes de logement, comme la maçonnerie. Ce qui suit est un résumé des
principales recommandations pour minimiser le carbone incorporé de ce logement et
réduire son impact environnemental :

 Assurer que le bois et le bambou proviennent d'une source durable.


 Utiliser autant que possible les sources locales de matériaux pour réduire
l'énergie utilisée dans les transports - le transport longue distance par bateau
peut être plus efficace que par la route.
 Minimiser autant que possible la taille et l'étendue des fondations, et maximiser
les alternatives plus durables telles que les moellons/roches et les
remplacements de ciment.
 Minimiser autant que possible l'épaisseur du mortier de ciment, réduire le
rapport sable/ciment et maximiser les remplacements de ciment plus durables
tels que la chaux.
 S'assurer que tous les produits chimiques de traitement pour le bambou et le
bois sont éliminés correctement - le bore est le produit chimique le plus sûr à
utiliser à cet égard.
 Prendre en compte la fin de la vie pour le bambou traité et le bois.


 

22 | P a g e
4.0 Concevoir pour la durabilité
Cette section discute de la durabilité des matériaux clés utilisés pour le boîtier
bahareque et propose comment le concepteur peut répondre à la vie de conception
standard de 50 ans, en mettant l'accent sur les éléments en bambou.
Le logement de bahareque moderne peut être une forme durable de logement,
réalisant la vie de conception de 50 ans par une bonne conception. Le bambou
et le bois sont vulnérables aux attaques d'insectes et de pourriture et doivent
donc être protégés. Pour se protéger des insectes, le bambou doit être traité
au bore et le bois doit être traité ou être naturellement durable. Pour protéger
contre la pourriture, le bambou et le bois doivent être maintenus au sec grâce
à de bons détails de conception tels que : élévation du cadre sur une
couverture, membrane étanche à l'humidité, grands surplombs pour protéger
les murs contre la pluie battante, mur imperméable et des cavités ventilées.
Les connexions en acier doivent être peintes ou galvanisées.

4.1 Introduction
Chacun des composants principaux de bahareque technique sont discutés en termes
de leur longévité dans les sections suivantes :

 Bambou : discuté aux sections 4.2, 4.3, 4.4 et 4.5.


 Bois : discuté à la section 4.6
 Enduits de ciment : discuté à la section 4.7.
 Composants en acier : traités à la section 4.8.

Ce rapport se concentre sur la durabilité du bambou et du bois, en particulier le
premier, parce que ce sont généralement les composants les plus sensibles du
logement bahareque, et sont ceux où les informations publiées font défaut. Ce rapport
suppose que le logement doit être conçu pour une durée de vie standard de 50 ans
avec un entretien normal (peinture, réparation d'éléments structurels mineurs, etc.).

4.2 Causes de la dégradation


Le bambou n'a en effet aucune durabilité naturelle à dégrader en raison d'un manque
de toxines naturelles (Janssen, 2000), et de plus, ses parois typiquement minces
signifient qu'une petite quantité de désintégration peut avoir un pourcentage significatif
de perte de sa capacité. Il y a deux causes de dégradation dans le bambou (Kaminski
et al., 2016c, BRE, 2003) :

Attaque d'insectes
Certains coléoptères sont attirés par l'amidon en bambou et pondent leurs oeufs dans
la section, après quoi les œufs éclosent et les larves mangent le long de la section et
finalement s'échappent, laissant de petits trous de sortie ronds ou ovales (diamètre de
1mm à 6mm) (BRE, 2003). Les coléoptères (Dinoderus minutus) (qui laissent des
trous de sortie de 1 mm à 2 mm) sont particulièrement communs (Figure 30 et Figure
31). Le taux d'attaque est plus rapide avec le bambou vert frais (qui est plus sensible),
mais même le bambou sec peut être attaqué dans les climats chauds et humides

P a g e | 23
où la teneur en humidité du bambou à l'extérieur (mais à l'abri) sera souvent plus
élevée que dans les climats plus tempérés (Liese et al., 2002). Les coléoptères
peuvent être trouvés dans la plupart des climats chauds du monde entier.

Figure 30 : Dégâts de coléoptères sur le bambou, Figure 31 : Dégâts de coléoptères sur le bambou en
Équateur - les trous de sortie sont clairement visibles Colombie - les trous de sortie sont clairement visibles
(Kaminski, 2016) (Kaminski, 2016)

Figure 32 : Termites attaquent le bambou, Costa Figure 33 : Dommages graves causés par les
Rica. Les termites sont simplement visibles comme termites au bois et à la canne dans le bahareque
les insectes translucides qui rampent à l'intérieur du traditionnel, El Salvador (Kaminski, 2016)
bambou (Kaminski, 2016)

Figure 34 : Dommages graves causés par les Figure 35 : Dommages graves causés par les
termites chez le bambou, Costa Rica. Notez comment termites chez le bambou, Costa Rica. Les petits
la coquille extérieure de bambou peinte est encore excréments de termites noirs en bois sec sont
intacte dans certaines régions et semble donc en bon visibles (Kaminski, 2016)
état (Kaminski, 2016)

24 | P a g e
Les termites sont de petits insectes ressemblant à des fourmis, qui vivent en colonies
et se nourrissent de matériel végétal. Ils sont également attirés par l'amidon dans le
bambou, mais contrairement aux scarabées ont des enzymes, qui leur permettent
également de décomposer la cellulose. Parce qu'ils vivent dans de grandes colonies,
ils peuvent causer des dommages rapides (Figure 32, 33, 34, 35 et 36). Il existe deux
types génériques de termites : souterrain et du bois sec. Les premiers vivent dans le
sol (de préférence humide) alors que les seconds font leurs nids dans le bois lui-même.
Les termites souterrains sont translucides et construisent des tunnels ou trouvent des
chemins cachés pour éviter la lumière du soleil (BRE, 1999) (Figure 37). Les termites
sont présents sur tous les continents et préfèrent des climats chauds et humides.

Figure 36: Coupe transversale de Figure 37: Tube de l'abri des termites souterrain
bambousémergeant de la fissure (Kaminski, 2016) endommagés par les insectes (Trujillo, 2014)

Attaque fongique (pourriture)


La pourriture est causée par un champignon. Pour que le champignon survive, le
bambou doit être relativement humide avec au moins 20% d'humidité, ce qui signifie
essentiellement que le bambou doit être exposé à la pluie ou à l'humidité du sol
(Ridout, 1999) (Figure 38, Figure 39, Figure 40, Figure 41, figure 42 et figure 43). La
pourriture est causée par un champignon. Pour que le champignon survive, le bambou
doit être relativement humide avec au moins 20% d'humidité, ce qui signifie
essentiellement que le bambou doit être exposé à la pluie ou à l'humidité du sol
(Ridout, 1999) (Figure 38, 39, 40, 41, 42 et 43).

Figure 38 : Dommages fongiques, division et Figure 39 : Pourriture à l'extrémité exposée du


blanchiment du bambou traité au bore exposé au bambou dans un toit, Costa Rica (Kaminski, 2016)
soleil et à la pluie après une dizaine d'années,
Colombie (Kaminski, 2016)

P a g e | 25
Figure 40 : Coupe de la 100% canne à la base des Figure 41 : Écaillage de l'enduit après un
murs, Costa Rica. Notez le moule visible à la base tremblement de terre, révélant l'estérite de bambou
des murs en raison de la projection du toit. Le ciment pourri ci-dessous, Équateur (Kaminski, 2016)
et la peinture ne sont clairement pas une protection
suffisante sous une pluie battante (Kaminski, 2016)

Figure 42 : Maison bahareque technique en Figure 43 : Dommages causés par la pourriture (et
Colombie sans surplomb – la moisissure sur le mur peut-être les termites) aux habitations traditionnelles
est clairement visible (Kaminski, 2016) de Bahareque, en Équateur (Kaminski, 2016)

4.3 Protection contre la dégradation


Les moyens les plus efficaces de protéger le bambou de la pourriture consistent à
construire avec du bambou sec (section 4.5) et à adopter une conception et des détails
appropriés (figure 48), comme suit

1. Le bambou doit être maintenu au sec, ce qui peut être réalisé par :
 Le placer toujours sous un toit imperméable avec un bon surplomb pour le
protéger contre la pluie soufflée par le vent.
 Fournir de bons égouttements et éviter les pièges à eau, en particulier à la
base des murs et des colonnes - cela permettra d'éviter la pourriture et de
réduire le taux d'attaque des coléoptères et des termites.
 Certains éléments indiquent que les murs en enduit de ciment peuvent être
endommagés par la pourriture si ces murs sont entièrement exposés à la pluie
battante (Kaminski, 2013) (Figure 40, 41 et 42), le mortier de ciment n'est pas
complètement imperméable.Il peut être améliorée pour les murs d'enduit de
mortier de ciment de sa résistance à l’eau par plusieurs méthodes, y compris:
un enduit de ciment de meilleure qualité (y compris une teneur en ciment plus
élevée et un rapport eau-ciment plus faible), bon durcissement de l'enduit,
utilisation d'un renfort en grillage (qui réduit la fissuration), enduit plus épais,
utilisation d'un peu de chaux (qui réduit également les fissures) et peinture

26 | P a g e
périodique. Les bâtiments bahareque de plain-pied subiront probablement
moins de dommages dus à la pourriture que ceux à plusieurs étages parce que
moins de murs seront exposés à la pluie (Kaminski, 2013) - lorsque plusieurs
étages sont utilisés, il faut envisager des moyens de réduire l'exposition et/ou
améliorer la résistance à l'eau des murs. L'introduction de terre dans le mélange
de ciment est susceptible de réduire la résistance à l'eau du mur et, à son tour,
 de réduire la durabilité du bambou incorporé à l'intérieur.
 Par exemple, toutes les cavités dans le mur devraient avoir des trous de
ventilation pour permettre à l'air de circuler, en particulier, ceux qui forment
des murs extérieurs. De plus, ne jamais incorprer directement le bambou dans
des fondations en maçonnerie ou en béton car il ne peut pas « respirer » et
risque d’une pourriture facile, même si le bambou est peint avec du bitume ou
 un produit chimique similaire.
 Fournir une façade extérieure protectrice de la matrice et du mortier de ciment
qui protège le cadre et le contreventement à l'intérieur - le contreventement
devrait être conçu pour la pleine charge sismique (section 6.6), et la façade
peut devoir être remplacée périodiquement. 

2. Le bambou doit être séparé du sol avec une bonne barrière, de préférence une
dalle de béton, forçant ainsi les termites à sortir à l'air libre. Cela rendra l'attaque
des termites souterrains plus difficile. La maintenance sera toujours nécessaire
pour enlever tous les tubes d'abris contre les termites, que les termites
construisent pour se protéger contre la lumière.

Dans les climats plus froids, comme en Europe, ces mesures seront souvent
adéquates, mais dans les climats plus chauds et humides, où il existe un risque de
coléoptères et de termites, les bambous structuraux doivent être traités avec un agent
de conservation s’il est requis d’une durée de vie idéale – bien qu’il aille légèrement
augmenter le coût initial du bambou, il permettra de réduire le coût global durant la vie
de la structure. Pour les membres non structuraux, dont la décomposition ne
présentera pas de risque de sécurité, il est possible de les laisser non traités et
d'accepter que les membres doivent être régulièrement remplacés. Cependant, ils
perdront leur aspect agréable lorsqu'ils commenceront à se dégrader, et les
coléoptères laisseront une quantité importante de poussière provenant des trous de
sortie, ce qui peut être une nuisance.

Non-traité Traité avec le bore Traité avec des conservateurs fixes*


Intérieur 2–6 ans 30+ ans 30+ ans
Extérieur sur la terre 0.5–4 ans 2–15 ans 30+ ans
Extérieur au contact du sol <0.5 an < 1 an 15+ ans
* Note : Il s'agit d'une estimation inférée basée sur une combinaison de tests limités qui sont menés
jusqu'ici en utilisant des conservateurs fixes dans le bambou, et sur des tests de piquetage du bois
(Lebow, 2004). On ne sait pas encore si une forte exposition à la pluie augmente la probabilité de
fissuration, ce qui affaiblirait le chaume et ses connexions, et permettrait une plus grande pénétration
de l'eau.
Tableau 4 : Durée approximative suggérée avant que le bambou ne soit remplacé (en supposant un
environnement chaud et agressif avec un risque d'attaque de termites et de coléoptères)

P a g e | 27
La durée de vie du bambou avant son remplacement dépend de l'environnement dans
lequel il est utilisé et du type de traitement ; Le tableau 4 suggère la durée de vie
approximative du bambou dans un environnement chaud et agressif et indique
clairement pourquoi il devrait être utilisé de préférence uniquement dans un
environnement interne sec, et aussi pourquoi il devrait être traité. Notez que la
variation dans le temps dépend de la prévalence des termites à proximité.

4.4 Options de traitement


Lors de la sélection d'un type de traitement ou d'une méthode chimique et d'application
pour le bambou, les considérations suivantes sont importantes (Liese et al., 2002):

 Quantité de bambou à traiter.


 Disponibilité des installations de traitement.
 Disponibilité de produits chimiques.
 Utilisation prévue du bambou : intérieur ou extérieur.
 Législation nationale.
 Espèces : certaines espèces sont plus faciles à traiter que d'autres.
 Temps de transport de l'emplacement de la récolte jusqu’à l'installation de
traitement : certaines méthodes de traitement exigent du bambou très
fraîchement coupé.
 Budget.
 Efficacité du type de traitement ou de la méthode chimique et d'application.
 Si le produit chimique affecte la structure du bambou ou n'importe quelles
attaches en métal.
 Toxicité du produit chimique pour les humains tout au long de la vie
(traitement, utilisation et élimination).
 Toxicité du produit chimique pour l'environnement tout au long de la vie
(traitement, utilisation et élimination).

Traitements traditionnels
Il y existe plusieurs options de traitement traditionnels et simples couramment utilisées
dans les pays en développement (Liese et Kumar, 2003), notamment le trempage
pendant plusieurs semaines dans l'eau (qui élimine une partie de l'amidon), le fumage
(qui fournit une légère couche protectrice au surface), et la peinture (qui fournit une
certaine protection contre l'eau). Malheureusement, ceux-ci ont tous des effets limités
et ne sont donc normalement pas recommandés pour une structure permanente de
bambou - ils peuvent être appropriés seulement pour prolonger marginalement la vie
du bambou non structural, ou des abris temporaires. La peinture ou le vernis, par
exemple, n'adhère pas bien au bambou en raison de sa peau externe lisse en silice, a
tendance à se décomposer rapidement sous la lumière ultraviolette. Et lorsque le
bambou change de taille sous différentes conditions d'humidité, la peinture se fissure et
laisse passer l'eau. Il existe d'autres méthodes de traitement traditionnelles qui utilisent
des produits chimiques plus naturels. Cependant, ils ne sont pas recommandés car leur
efficacité est limitée et certains peuvent être nocifs pour l'homme.

Traitements conservateurs
Les conservateurs sont essentiellement des toxines, qui sont ajoutées au bambou

28 | P a g e
pour prévenir les attaques fongiques et les insectes. Bien que de nombreux types de
traitement soient disponibles, beaucoup ont une efficacité limitée ou ne conviennent
pas parce qu'ils présentent des risques majeurs pour la santé et la sécurité (tels que:
les conservateurs à base de cuivre plus anciens), y compris le cuivre-chrome-arsenic
(CCA) et l'ammoniac-cuivre-arséniate (ACA), et d'autres produits chimiques tels que
la créosote et le chlorpyrifos). Cela ne laisse que deux types de conservateurs qui
sont largement considérés comme les plus appropriés pour le bambou :

 Bore : bon marché à appliquer, efficace mais soluble, de sorte que les
éléments traités au bore ne peuvent pas être utilisés à l'extérieur, c'est-à-dire
là où ils sont exposés à la pluie.
 Les produits modernes de préservation du bois s à base de cuivre :
coûteux à appliquer, efficaces et raisonnablement bien fixés contre la lixiviation,
ils peuvent donc être utilisés à l'extérieur.

Traitement à l'aide de bore
Dans presque tous les cas, le bore est le produit chimique le plus approprié pour traiter
le bambou (Liese et Kumar, 2003) et il a de bons antécédents (Kaminski, 2013). Le
bore a des propriétés insecticides (toxiques pour les insectes) et fongicides. Il a
généralement une faible toxicité pour les mammifères, bien qu'à des concentrations
plus élevées, il puisse irriter la peau et les yeux, et s'il est modérément toxique (System
Three, 2013 ; Green Building Press, n.d.). Bien que le bambou traité au bore soit sûr
au toucher, il existe des points de vue divergents sur la dangerosité de la combustion
(les fiches signalent en règle générale que le bois / bambou traité au bore ne doit pas
être brûlé, mais certaines recherches suggèrent que être beaucoup plus bas que cela).
Par conséquent, le bambou traité au bore ne doit être brûlé qu'avec précaution. Le
traitement au bore est également relativement bon marché.

Le bore est normalement utilisé sous forme de composé, généralement sous forme
de sel. Ces composés sont facilement disponibles dans la plupart des pays en tant
qu'engrais relativement bon marché et il suffit d’en dissoudre dans l'eau. Le mélange
est parfois également chauffé pour aider au processus de traitement. Dans toutes les
méthodes de traitement, la solution de bore peut être réutilisée plusieurs fois (mais
pas indéfiniment), et toute solution résiduelle peut être diluée en toute sécurité et
utilisée comme engrais. Le composé boré le plus couramment utilisé est l'octaborate
disodique tétrahydraté (Na2B8O13.4H20) (noms commerciaux Tim-bor ou Solubor).

Bien que d'importantes recherches aient été menées pour déterminer si un composé
contenant du bore peut être fixé sur le bambou ou le bois (Liese et al., 2002), aucun
succès n'a été enregistré jusqu'ici et tous les composés contenant du bore seront
lessivés quand exposés à la pluie.

Les méthodes d'application du bore au bambou comprennent : la boucherie modifiée,


le bain/trempage, la diffusion par trempage, la diffusion verticale par trempage
(Environmental Bamboo Foundation, 2003) et le récipient sous pression (Liese &
Kumar, 2003 ; Kaminski et al, 2016c). À condition que le bore soit capable de diffuser
complètement dans toute l'épaisseur de la section, la plupart de ces méthodes

P a g e | 29
peuvent être efficaces et le choix de la méthode dépendra davantage du budget, du
temps et de la proximité de la source. Il est à noter que la méthode modifiée de
Boucherie est la seule qui évite la rupture des diaphragmes. Le maintien d'un
diaphragme solide améliore la capacité à remplir de manière fiable l'entrenoeud de
coulis/mortier/époxy, qui est généralement essentiel pour de bonnes connexions
structurelles, et peut également jouer un rôle important dans le contrôle du
fendillement et du flambement de la paroi. Cependant, la méthode modifiée de
Boucherie ne peut être utilisée que dans les 24 heures suivant la récolte, ce qui la
rend peu pratique dans certaines régions. Lorsque d'autres méthodes sont utilisées,
il faut tenir compte de l'effet qu'un diaphragme percé aura sur la performance
structurale des éléments et des connexions.

Traitement avec des conservateurs modernes à base de cuivre


Les formes modernes d'agents de conservation à base de cuivre sont moins toxiques
pour l'homme qu’avant, parce qu'elles n'utilisent plus d'arsenic et de chrome et
contiennent à la place un mélange de cuivre, de biocides et parfois d'acide borique.
Ils sont très efficaces contre les champignons, les termites et les coléoptères et sont
relativement bien fixés chimiquement dans le bambou (à l'exception de tout
composant d'acide borique). Ils peuvent donc être utilisés à l'extérieur et parfois en
contact avec le sol.

Les agents de conservation à base de cuivre sont quelque peu corrosifs pour l'acier,
par conséquent, il faut envisager des fixations en acier galvanisé ou même en acier
inoxydable. Le potentiel corrosif dépendra du pourcentage de rétention du produit
chimique actif. Les formes recommandées de conservateurs modernes à base de
cuivre qui pourraient être utilisés pour le bambou sont les azoles cuivre B et C (CA-B
et CA-C), car elles ne contiennent pas de bore (qui s'infiltrera avec le temps) et sont
moins corrosives à l'acier que d'autres formes. Ces conservateurs à base de cuivre
sont sûrs à utiliser que le produit chimique toxique est fixé dans le bambou. Cependant,
le bambou traité ne doit pas être brûlé en fin de vie, car cela pourrait libérer des
produits chimiques dangereux.

En général, les traitements de préservation à base de cuivre sont nettement plus


coûteux que ceux à bore parce qu'ils nécessitent tous un traitement sous pression
semi-industriel, et aussi parce que le bambou doit être entièrement séché au four
avant le traitement. Après le traitement, le bambou doit être mis au séchage au four
ou séchage naturel.

Il est important que des travaux et des tests limités ont été menés sur l'utilisation de
conservateurs à base de cuivre pour le traitement du bambou - bien que des
indications jusqu'à présent suggèrent qu'il pourrait être très efficace (Ya-mei, 2011).
Des essais devraient être menés pour déterminer le pourcentage de rétention requis
du produit chimique actif pour qu'il soit efficace, et quel processus exact de traitement
sous pression conviendrait pour cela.

4.5 Séchage
Le séchage du bambou est important afin de réduire soigneusement la teneur en
humidité à un niveau similaire à la teneur en eau d'équilibre en service (c'est la teneur

30 | P a g e
en humidité du bambou en équilibre avec l'humidité de l'air, et varie normalement entre
10- 18%). Le séchage améliore également la résistance du bambou aux attaques de
champignons et d'insectes, et est particulièrement important avant d'être transporté.
Il limite également la rétraction de séchage en service, ce qui pourrait entraîner une
fissuration, un affaiblissement et une défaillance des éléments, en particulier au
niveau des connexions. Par conséquent, l'utilisation de bambou « vert » devrait être
évitée à tout prix pour la construction des éléments structuraux primaires, même si le
bambou vert est moins cher et les charpentiers auront tendance à pousser parce qu'il
est beaucoup plus facile de travailler que le bambou sec. Le bambou vert ne doit
jamais être utilisé pour former la matrice des murs de bahareque, car il ne pourra pas
respirer et sécher à l'intérieur du ciment, et risque donc de pourrir.

Figure 44 : Séchage à l'air du bambou à l'extérieur, Figure 45 : Séchage au four de bambou, Colombie
Colombie (Kaminski, 2016) (Kaminski, 2016)

`Le séchage des chaumes de grand diamètre prend beaucoup de temps en les
laissant sécher naturellement (séchage à l'air) (Figure 44) (plusieurs mois), de sorte
que des fours solaires ou chauffés sont souvent utilisés pour accélérer le processus
(Figure 45). Le séchage doit être fait assez lentement pour que le bambou se rétracte
uniformément, sinon des fissures peuvent se produire. Le séchage au four ne peut
donc pas être trop rapide et peut nécessiter un séchage plus lent et plus naturel.

4.6 Bois
La durabilité naturelle du bois varie considérablement selon les espèces (Figure 46 et
Figure 47). Pour les résineux non durables, les informations et les recommandations
décrites aux sections 4.2, 4.3, 4.4 et 4.5 s'appliquent en général, avec les
changements clés suivants :

  Les résineux peuvent être un peu plus durables que le bambou.


 Des centres de séchage et de traitement sont établis dans la plupart des pays
et, par conséquent, le bois traité sur étagère est souvent disponible,
contrairement au bambou. La plupart d'entre eux ont tendance à utiliser des
conservateurs modernes à base de cuivre, très efficaces, ou des produits
chimiques plus anciens et plus toxiques (mais aussi très efficaces) à base
d'arsenic et de chrome - ces derniers doivent être évités en raison des risques
pour la santé durant la construction, l’utilisation et la fin de vie du bâtiment. Les
P a g e | 31
espèces de pin font partie des rares bois qui sont suffisamment perméables
 pour pouvoir être traités par un agent de conservation.
 Le traitement des résineux nécessite généralement un séchage au séchoir
avant le traitement et, par conséquent, ils sont généralement déjà secs
lorsqu'ils sont achetés sur étagère (à l'exception de l'humidité résiduelle
 provenant du processus de traitement).
 Comme les résineux, la plupart des bois durs ont peu ou pas de durabilité
naturelle contre la pourriture ou les insectes. Seul un petit nombre d'espèces
ont une résistance à la pourriture (figure 46) et un nombre encore plus faible
de coléoptères. Presque aucun bois dur n'est résistant aux termites.

Figure 46 : Bois dur durable pourri à la base d'une Figure 47 : Dommages causés par la pourriture du
colonne qui avait été coulée dans le béton, après bois dans les logement traditionnels de Bahareque,
extraction en Équateur (Kaminski, 2016)

4.7 Enduit en mortier de ciment


L’enduit en mortier de ciment qui a une bonne qualité est très stable et durable dans
différentes conditions météorologiques. L’enduit peut se détacher lorsque l'eau
pénétrant dans le mur gonfle la matrice - ceci peut être évité en améliorant la
résistance à l'eau du mur, comme indiqué dans la section 4.3.

4.8 Composants en acier du logement bahareque


Le logement de bahareque moderne nécessite généralement des composants en
acier pour assembler les éléments, tels que des clous, des boulons, des sangles en
acier et des grillages. L'acier peut se corroder lorsqu'il n'est pas protégé, en particulier
dans les climats tropicaux et subtropicaux humides, et il faut donc envisager de
protéger l'acier ou, en variante, fournir une épaisseur de matériau suffisante pour
qu'une partie de l'acier soit protectrice ( assurer un taux réaliste de corrosion de l'acier
dans cette condition d'exposition particulière pour la stabilité de la structure).

L'acier peut être protégé par galvanisation à chaud, peinture ou encastrement dans
du béton. Pour la galvanisation et la peinture, s'assurer que le type et l'épaisseur des
couches sont spécifiés, car cela peut varier considérablement - pour la galvanisation,
voir ISO1461 (ISO, 2009a) ou ASTM A153 (ASTM, 2016), et pour la peinture époxy
riche en zinc voir ISO12944-5 (ISO, 2007) ou ASTM A780 (ASTM, 2015). Tous les

32 | P a g e
revêtements, peintures et galvanisations nécessitent une maintenance pendant la
durée de vie. Alternativement, l'acier inoxydable peut être utilisé, le coût initial sera
plus élevé mais il a une certitude à long terme en matière de performances et des
coûts de maintenance réduits : se référer à ISO3506-1 (ISO, 2009b) pour la
spécification des composants en acier inoxydable.

L'Eurocode 5 (CEN, 2014) fournit de bonnes indications sur le niveau de protection


des composants en acier qui devraient t être fourni pour différentes températures et
humidité.

4.9 Résumé des recommandations de la conception pour assurer la durabilité


Figure 48 présente un résumé des principales recommandations pour la conception
et la conception détaillée de logement bahareque conçus pour la durabilité.

Figure 48: Recommandations en détail des structures de bahareque conçues pour protéger contre la pourriture
et les insectes (Kaminski ,2013; Kaminski et al., 2016c; Trujillo et al., 2013)

P a g e | 33
5.0 Concevoir pour l’incendie
Cette section traite du comportement du bambou et du bahareque artificiel dans un
scénario d'incendie, fournit des recommandations sur les critières de résistance au
feu auxquelles ils devraient être adaptés, et propose comment le concepteur peut
atteindre ces critières.

Le technique de bahareque est un moyen pratique de protéger le bois et le


bambou naturellement sensibles du feu. L'utilisation d'un enduit de mortier
de ciment de 15 mm peut fournir un niveau de protection nominal, et
l'augmentation à 25 mm peut donner une résistance au feu de 30 minutes.
Bien que tous les murs des bâtiments à occupation unifamiliale n'aient pas
nécessairement une résistance au feu, un niveau de protection nominal est
généralement recommandé.

5.1 Introduction
Les composants du bâtiment conçus pour résister au feu sont conçus en fonction de
leurs propriétés matérielles, et leur performance est prouvée par des essais au feu.
Pour le bambou et le bahareque ouvragé, il y a très peu d'informations sur la façon
dont les matériaux fonctionnent lorsqu'ils sont exposés au feu. En utilisant les
informations disponibles, les performances d’incendie du bambou et du bahareque
peuvent être résolues en évaluant les performances des éléments en bambou et/ou
en bois comme éléments de charpente, et le bahareque en tant qu'assemblage mural.

Le bambou a seulement une résistance limitée au feu et ces limitations doivent être
comprises, de sorte qu'il puisse être utilisé de manière appropriée pendant la
construction du logement. Pour de nombreux assemblages de planchers et de murs,
la combinaison d'éléments de construction différents peut améliorer la résistance
globale au feu d'un élément faible. Pour le bahareque technique, les performances
limitées du bambou au feu peuvent être améliorées par la combinaison et
l'assemblage de matériaux, y compris le mortier de ciment.

D'autre part, le bois a été bien étudié dans sa réaction au feu. Lorsque du bois massif
de mêmes dimensions est utilisé à la place du bambou dans la construction de
bahareque, son comportement au feu peut être considéré comme similaire ou meilleur.

5.2 Qu'est-ce que la résistance au feu ?


La résistance au feu est mesurée par des essais au feu, selon lesquels un élément de
construction, tel qu'un plancher, un mur ou une poutre, est exposé à un régime de
chauffage normalisé et le temps de défaillance est mesuré. L'élément de construction
peut avoir des charges appliquées. L'élément de construction est évalué pour résister
à trois critères différents :

1. Résistance structurale pour déterminer combien de temps l'élément peut


supporter les charges appliquées ;
2. Intégrité pour résister à la chaleur et aux gaz chauds qui traversent le mur ou
le plancher ;
3. Isolation pour empêcher les températures de monter du côté non-feu.

34 | P a g e
Si un élément tel qu'un mur peut résister aux charges appliquées, empêcher les gaz
chauds de passer et limiter la température du côté froid pendant une période de 60
minutes d'exposition au chauffage standard, l'élément sera certifié 60 indice de
résistance au feu minute. C'est ce que l'on appelle un indice de résistance au feu
(FRR).

Les matériaux de construction peuvent également être conçus pour limiter la


propagation des flammes dans les premiers stades d'un incendie, connu sous le nom
de « propagation de la flamme en surface », ce qui peut donner plus de temps aux
occupants pour évacuer. Pour mesurer à quelle vitesse les flammes se propagent le
long d'un mur ou d'un plafond, des essais sont effectués pour comprendre l'influence
des propriétés du matériau et de sa résistance à la chaleur (Figure 49).

5.3 Exigences réglementaires


Pour les bâtiments unifamiliaux, les codes de construction et d'incendie varient d'un
pays à l'autre. Les exigences réglementaires locales détermineront la résistance au
feu requise de la structure, des planchers et des murs.

Figure 49: Essais au feu sur bahareque à Trada (Webb, 2015)

Dans la plupart des pays développés (par exemple Europe, États-Unis, Canada,
Australie), les codes de construction pertinents n'exigent pas que les maisons à un
seul niveau atteignent la résistance au feu requise pour les planchers ou les murs. 2m
ou plus. Les exigences sont fondées sur la capacité des pompiers d'accéder au côté
d'une maison et de pulvériser de l'eau pour empêcher la propagation du feu entre les

P a g e | 35
maisons voisines. Ce n'est pas toujours le cas, et dans certains pays, des indices de
résistance au feu minimum sont requis pour les maisons, quel que soit leur
emplacement, compte tenu de la disponibilité limitée de la lutte contre les incendies.
Au Royaume-Uni et dans d'autres pays, la résistance au feu commence à être exigée
à deux étages et plus, même pour les maisons individuelles.

Cependant, lorsqu'un bâtiment de deux étages a des maisons séparées verticalement


les unes au-dessus des autres, FRR est normalement requis dans la plupart des
codes du bâtiment, qui peut être de 30 minutes à 90 minutes pour empêcher le feu de
se propager et permettre aux occupants de l'étage supérieur d'évacuer.

Si une maison est adjacente à une autre et partagent un mur mitoyen (terrasse ou
maisons en rangée), la plupart des codes exigent normalement que le mur du groupe
atteigne un niveau minimal de résistance au feu pouvant aller de 30 à 90 minutes.
L'approche pour empêcher la propagation du feu entre les maisons peut être basée
sur la fourniture de matériaux résistants au feu de chaque côté du mur mitoyen entre
les maisons. Ceci est pratique puisque les propriétaires peuvent se protéger d'une
maison voisine qui ne peut pas avoir la construction résistante au feu requise.
L'approche la plus prudente consiste à appliquer les matériaux résistants au feu des
deux côtés du mur mitoyen.

Le bahareque ouvragé est et peut être employé dans beaucoupde pays, et le besoin
pour la construction résistante au feu variera de pays en pays. Pour les besoins de ce
rapport, il utilise les codes du bâtiment les plus avancés pour les incendies du monde
entier, ce qui suit est recommandé et supposé être requis dans la plupart des pays:

 FRR de 30  minimum pour les murs adjacents aux voisins (à moins de
3 m d'un voisin mais pas en contact direct).
 Un minimum de 60 minutes FRR pour les murs mitoyen, où les maisons sont
en contact direct).

Ces exigences sont jugées raisonnables, compte tenu de la charge de feu prévue à
l'intérieur de la maison pour ce type de système de logement et de la nécessité de
protéger les maisons voisines de la propagation du feu.

5.4 Bamboo and engineered bahareque fire properties


Pour comprendre comment le bambou rond et le bahareque fonctionnent dans des
conditions d'incendie, des recherches pertinentes ont été révisées par Mena et al.
(2012) qui ont réalisé des tests de résistance au feu sur le bambou dans le but de
comprendre les taux d'inflammation, de propagation de la flamme et de carbonisation
de l'espèce de bambou Guadua angustifolia Kunth (guadua), originaire de Colombie.
Le bambou a une densité enregistrée de 700 kg/m3, ce qui est considéré comme une
densité de bambou supérieure à la moyenne.

Pour l'allumage, la recherche a montré que l'allumage piloté était de 14 kW/m2, ce qui
est supérieur aux 12kW/m2 cités pour le bois massif, mais c’est raisonnable si l’on
compte tenu de la densité plus élevée du bambou. Comme les auteurs le soulignent
dans la recherche, la performance est meilleure que le contreplaqué de résineux

36 | P a g e
(fabriqué à partir de pin de Radiata). Pour la propagation de la flamme, le bambou a
enregistré un flux de chaleur critique moyen de 5kW/m2. C'est encore mieux que le
contreplaqué (généralement environ 3.5kW/m2) et semblable à d'autres matériaux en
bois massif. Par conséquent, pour le développement précoce du feu, le bambou testé
a montré une bonne résistance à la chaleur et aux flammes. Cependant, étant donné
que le bambou n'a que des parois minces, le bambou perdra plus rapidement sa
résistance dans un feu qu'un élément de bois de taille similaire et, par conséquent, ne
pourra pas fournir lui-même FRR raisonnable de 30 minutes.

Mena et al. (2012) ont également mesuré le taux de carbonisation pour le bambou et
cela a été enregistré comme 0,2-0,24 mm/min, ce qui est une valeur étonnamment
faible. A titre de comparaison, le bois massif est typiquement dans la plage de 0,6 à
0,7 mm/min. Cette valeur doit être traitée avec prudence, car elle implique que le
bambou solide a une résistance supérieure au feu par carbonisation. Cela contraste
avec le comportement observé du bambou lorsqu'il est exposé à un feu soutenu, en
ce sens qu'il se carbonise à un rythme relativement rapide une fois enflammé et que
la structure cellulaire ouverte ne résiste pas au chauffage continu une fois enflammé.
La résistance à la flexion a également été vérifiée à différentes températures et s'est
avérée réduire avec la température, mais pour obtenir de meilleurs résultats que le
contreplaqué de résineux.

Salzer et al. (2016) ont également effectué des essais d'incendie (2016) sur un
système de bahareque. L'espèce de bambou testée était Gigantochloa apus
d'Indonésie. Des essais au feu ont été effectués conformément aux normes nationales
indonésiennes, avec un test au feu similaire à ISO834 (ISO, 2014). L'objectif était
d'atteindre FRR de 60 minutes. Les panneaux d'essai consistaient en un cadre de
bambou avec une couche de mortier de ciment de 25 mm ou de 50 mm d'épaisseur
sur une face, supportée par une maille en acier ou en bambou, avec un bambou
d'environ 100mm de diamètre et 10mm d'épaisseur. Les échantillons d'essai
mesuraient un peu plus de 1m2.

Les résultats ont montré que les panneaux d'essai ont obtenu un indice d'isolation
(l'un des trois critères requis pour obtenir un indice de résistance au feu), les
températures du côté non chauffant atteignant une élévation maximale de 100oC. Cela
a montré que le système empêche efficacement le transfert de chaleur à travers le
panneau, si l'intégrité du panneau peut rester en place. Les essais ont également
montré que l'utilisation d'un treillis en acier expansé pour supporter le mortier de
ciment était plus efficace qu'une matrice à base organique. Les taux de carbonisation
n'ont pas non plus été enregistrés car l'épaisseur du mortier de ciment a surtout
empêché l'apparition de la carbonisation.

La recherche a également montré que les connexions entre les supports horizontaux
et verticaux ont un impact sur la capacité de charge sous le feu. Plus l'épaisseur de la
paroi du bambou est grande, plus les connexions ont été en mesure de résister au
mouvement induit par le feu, ce qui a amélioré la résistance au feu.

Un certain nombre de tests au feu de panneaux de bahareque ont également été


menés à la recherche à l'Université de Coventry. Webb (2015), sous les auspices de

P a g e | 37
BMTRADA, utilisant un certain nombre de configurations de panneaux différentes. Les
spécimens de bambou ont un diamètre de 80mm à 110mm et une épaisseur de paroi
de 5mm à 14mm. La densité a été enregistrée à 677kg/m3 pour un spécimen. Un
panneau a utilisé avec des bandes de bambou pour la matrice, et le second a utilisé
un treillis en acier déployé. Des essais au feu ont été effectués selon BS476-22 (BSI,
1987) et les panneaux étaient de 1,35 mx 1,35 m. L'épaisseur du mortier de ciment
était d'environ 14 mm et a été appliquée sur un côté de la matrice de bambou, qui a
été fixée à un seul côté de la structure en bambou. Le but des essais au feu était
d'atteindre FRR de 30 minutes, ce qui n'a pas été réalisé, les panneaux ayant échoué
avant cette période. Les pannes étaient une défaillance de l'isolation (augmentation
de la température du côté froid) - bien que les panneaux aient atteint leur intégrité
(empêchant les flammes et la fuite de fumée).

Les taux de carbonisation dans le cadre de cet essai ont été mesurés et ont varié de
0,71mm/min à 0,96mm/min - résultats semblables à ceux enregistrés pour les produits
du bois ayant une densité de 300 à 450kg/m3. Les taux de carbonisation ont
également été enregistrés dans le cadre d'un test au cône de calorimètre conforme à
la norme ISO5660-1 (ISO, 2015), qui est une méthode à petite échelle mais plus
précise - en enregistrant 1,56mm/min. Le taux de carbonisation du cône
calorimétrique est évidemment significativement différent des taux de carbonisation
enregistrés lors des essais de résistance au feu. L'exactitude des taux de
carbonisation est difficile à déterminer avec précision dans les essais au feu, mais la
différence significative entre les résultats du test au feu et du calorimètre à cône
dépasse une erreur de mesure. Le taux de carbonisation très élevé de l'essai au
calorimètre à cône unique est probablement dû à de grandes divisions dans
l'échantillon. Les essais au calorimètre à cône exigent que les spécimens soient plats,
et l'aplatissement de la pièce de bambou provoque des fissures. Par conséquent la
chaleur pénètre à l'arrière de l'échantillon et accélére ainsi la vitesse de carbonisation
apparente.

Les résultats et la discussion contenus dans Webb (2015) fournissent des


informations utiles sur la façon dont la construction de bahareque peut être améliorée
pour augmenter la résistance au feu, et démontrent que FRR de 30 minutes est
faisable et réalisable.

5.5 Discussion sur les résultats des tests d'incendie


Bambou
Le bambou rond a une certaine résistance au feu et à la chaleur en raison de la forte
teneur en silice des fibres du bambou. La teneur en silice diminue vers la paroi interne
du bambou, d'où la résistance au feu réduit une fois que la ligne de chauffage
commence à passer devant la peau extérieure. Les taux de carbonisation dépendent
de la densité du bambou, de la teneur en humidité et de la direction des fibres. La
teneur en humidité variera d'une espèce à l'autre, tout comme la densité.

D'après les tests d'incendie examinés, il existe une gamme de taux de carbonisation,
allant de 0,2mm/min à 1,56mm/min, ce qui représente une variation importante.
Comme tous les essais au feu discutés ci-dessus avaient la même direction de fibre,

38 | P a g e
les différences montrent que la densité, la teneur en humidité et la méthodologie
d'essai ont un impact significatif sur le comportement.

La norme australienne AS 1720-4 (Standards Australia, 2006) a une méthode pour


déterminer un taux de carbonisation basé sur la densité et en utilisant une densité de
300, 500 et 700kg/m3, avec une teneur en humidité de 12% supposée, conduit à un
taux de 1,27mm/min, 0,71mm/min et 0,56mm/min. Étant donné que la densité du
bambou est plus souvent enregistrée entre 500 et 750 kg/m3, cela indique que les taux
de carbonisation en ligne avec 0,5 mm / min à 0,7 mm / min semblent être
raisonnables.

Fournir une résistance au feu structurel (capacité de charge sous le feu) au bambou
rond non protégé est un défi, en raison de la forme creuse et des parois relativement
minces. Avec des taux de charbon de 0.5mm/min à 0.7mm/min, pour une colonne de
bambou de 100mm, avec des murs de 8mm à 12mm, ceci mène à une estimation de
résistance au feu de 16-24 minutes. Si le bambou était très chargé, la résistance au
feu diminuerait également.

La performance des chaumes de bambou pourrait être légèrement améliorée avec


des revêtements ou des traitements ignifuges sur le surface. Ces traitements sont
coûteux, qui nécessitent généralement un traitement de pression spécifique dans les
usines de production, et ne peuvent pas offrir une augmentation significative de la
résistance au feu car ils sont destinés à réduire seulement la propagation de la flamme.
En outre, les produits chimiques corrosifs sont libérés lorsqu'ils sont appliqués, et le
traitement peut entraver toute application possible en fin de vie pour le bambou. Par
conséquent, les revêtements ou les traitements ignifuges ne sont pas recommandés
pour les chaumes de bambou. En conséquence, le bambou exposé aura toujours une
résistance au feu limitée, à moins qu'il ne soit enfermé dans un matériau résistant au
feu (tel que l’enduit de mortier de ciment ou plaque de plâtre de gypse).

Parois de cisaillement de bahareque technique


La technique du bahareque moderne améliore la performance au feu du bambou rond
(et du bois) agissant comme une structure porteuse en fournissant une isolation aux
éléments de bambou porteurs, et en fournissant une structure plus résiliente. L'enduit
de mortier de ciment protège la structure ; analogue à la protection passive que les
plaques de plâtre fournissent aux colonnes en acier.

Par conséquent, pour améliorer la résistance au feu de la structure en bambou et en


bois, l'intégrité du mortier de ciment doit être maintenue. Les essais au feu décrits ci-
dessus montrent que l'enduit de mortier de ciment d'une épaisseur de 25 mm ou plus
d'un côté de la matrice assure une isolation et une intégrité supérieures à 30 minutes.
Les tests ont également montré que la maille d'acier déployée pour supporter le
mortier de ciment est supérieure à une maille organique, mais pas essentielle. Les
essais effectués par Webb avec une épaisseur de mortier de ciment de 14mm d'un
côté de la matrice ont permis d'obtenir une isolation et un indice d'intégrité d'environ
15 à 30 minutes.

Le bahareque ouvragé fournira seulement FRR entre les pièces et protégera le


bambou et le cadre de bois si l’exigence de feu est du même côté que le mortier. Par

P a g e | 39
conséquent, si FRR doit être fourni des deux côtés du mur, le système de mur creux
de bahareque doit être utilisé (avec une matrice clouée de chaque côté du cadre, et
un enduit de mortier de ciment appliqué sur les deux faces extérieures de la matrice)
(Figure 51).

Dans un mur de bahareque à double paroi (creux), une fois le feu brûlé à travers la
première peau, le cadre en bois/bambou sera immédiatement exposé à la charge de
feu en plus de la matrice de l'autre côté (car physiquement impossible appliquer un
mortier de ciment sur les faces internes des deux peaux dans un système double).
Par conséquent, la seconde peau ne peut être considérée comme apportant une
amélioration significative à la note globale de FRR.

Dans un mur de bahareque à peau unique, bien que le ciment protège la matrice, le
cadre en bois/bambou sera complètement exposé d'un côté. Par conséquent, ce
système ne peut avoir FRR fiable que lorsque la demande d'incendie est du même
côté que le mortier.

Figure 50 : Comportement des murs de bahareque à simple et double peau

Propriété d’incendie du mortier de ciment


Pour améliorer encore la résistance au feu du système de bahareque, l'épaisseur du
mortier de ciment peut être augmentée. Il existe différents guides et normes qui
fournissent des recommandations sur la résistance au feu basée sur l’enduit supporté
- une très bonne source d'information est NFPA 914 (NFPA, 2015), une norme sur la
construction de bâtiments historiques existants. NFPA 914 a des recommandations
qui incluent :

 Une paroi de goujon de 2"x 4" (50mm x 100mm) avec un plâtre de gypse de ½
"(12mm) sur la latte en bois des deux côtés permet d'obtenir FRR de 30 minutes.

40 | P a g e
Avec une cavité remplie d'isolant non combustible, cette structure peut
atteindre 45 minutes FRR.
 Une paroi de poteau de 2"x 4" (50mm x 100mm) avec un plâtre de gypse de ¾
"(18mm) d'épaisseur sur une latte métallique des deux côtés permet d'obtenir
FRR de 30 minutes.

5.6 Résumé des recommandations pour la conception de la résistance au feu


Sur la base des résultats ci-dessus, différentes évaluations FRR peuvent être
obtenues pour les murs bahareque en utilisant ce qui suit (Figure 51):

Nominal FRR (probablement d’environ 10-15min FRR)


 Entourer tous les éléments de bois et de bambou du rez-de-chaussée avec du
mortier de ciment sur un treillis en acier déployé, une bande de
bambou/esterilla ou une matrice de canne de tous les côtés et appliquer un
mortier de ciment de 15mm minimum aux murs. Lorsqu'une matrice organique
est utilisée, le grillage est essentiel.

30 min FRR
L’un ou l’autre:
a) Faire le mur lui-même FRR qui implique :
 Lors de l'utilisation de bambou pour les colonnes, celles-ci doivent avoir
une épaisseur de paroi d'au moins 12mm pour un effet idéal et être
solidement fixées aux semelles et aux plaques de tête.
 Sur la face du mur exposée à l’incendie, utiliser un enduit de mortier de
ciment d'une épaisseur minimale de 25 mm sur une matrice de treillis
d'acier expansé ou de bande de bambou/esterilla. La maille d'acier
déployée est supérieure aux lattes dans un feu, et la canne n'a pas été
testée - avec ses parois très minces, elle peut se comporter de manière
inférieure aux lattes de bambou. Lorsqu'une matrice organique est
utilisée, le grillage est essentiel.
b) Utiliser des plaques de plâtre à base de gypse, d'une épaisseur minimum de
12mm, fixées sur la face de la paroi de bahareque artificielle exposée au feu.

60 min FRR
 Utiliser des plaques de plâtre à base de gypse, d'une épaisseur minimale de
24 mm, fixées à la face extérieure du mur de bahareque conçu et exposé au
feu.

P a g e | 41
Figure 51 : Différentes façons de réaliser FRR variés pour le bâtiment bahareque

Les règles suivantes sont recommandées pour les logements de type bahareque à
occupation unifamiliale (Figure 52) :

Murs internes dans un logement à un étage


 Le bambou et le bois peuvent être exposés à l'intérieur.
 Aucune exigence d'incendie pour les murs, les colonnes, les planchers ou le
toit de la maison.

Murs internes dans un logement à deux étages


 Fournir au minimum FRR nominal à tous les côtés de tous les éléments de
bambou et de bois au rez-de-chaussée.
 Idéalement, prévoir FRR de 30 minutes sur tous les côtés de tous les éléments
en bambou et en bois du rez-de-chaussée.
 Aucune exigence d'incendie pour les planchers ou le toit de la maison.

Murs externes dans un logement situé à 3m ou plus d'un voisin


 Pas d'exigence d'incendie, pour les logements de plain-pied,

42 | P a g e
 Pour les logements à deux étages, comme pour les murs intérieurs pour les
logements à deux étages.

Murs externes dans un logement situé à moins de 3 mètres d'un voisin


 Prévoir FRR d'au moins 30 minutes sur la face intérieure ou extérieure des
deux murs externes (en vis-à-vis).

Murs mitoyens (murs partagés entre les logements)


 Prévoir FRR d'au moins 60 minutes sur les deux côtés du mur mitoyen.

Figure 52 : Règles FRR recommandées pour la conception d'un bâtiment bahareque

Zones soumises à des flammes nues, par exemple des cuisines


 Fournir au minimum un FRR nominal à tous les côtés de tous les éléments en
bambou et en bois qui risquent d'être exposés aux flammes.
 Idéalement, prévoir FRR de 30 minutes sur tous les côtés de tous les éléments
en bambou et en bois qui risquent d'être exposés aux flammes.
 Considérer le FRR nominal ou de 30 min à n'importe quel système du premier
étage sous les flammes.

P a g e | 43
Autres considérations générales
D'autres considérations pour réduire le risque d'incendies dans le logement de
bahareque technique sont comme suit :

 Education des occupants sur les risques d'incendies.


 Installation de détecteurs de fumée et d'extincteurs.
 Ne pas stocker de matériaux inflammables à l'intérieur des maisons.
 S'assurer que l'installation électrique est conforme à un bon standart - les
installations électriques inférieures aux normes sont une cause fréquente
d'incendie.

Pour les immeubles à logements multiples, suivre les recommandations ci-dessus, et


prévoir FRR minimum de 30mm pour le système du premier étage et tous les murs
internes du rez-de-chaussée.

44 | P a g e
6.0 Concevoir pour les charges structurelles
Cette section discute des principales considérations sur les charges structurelles du
bambou, et fournit des recommandations sur la façon de concevoir bahareque
ouvragé pour la gravité, le vent et les charges sismiques.

Le logement de bahareque technique est un système de construction solide et


robuste, qui peut être conçu pour résister aux tremblements de terre et aux vents
forts, même dans les régions très dangereuses du monde. Le cadre, la matrice et
le mortier de ciment se sont comportés comme un composite structurel, agissant
comme une paroi de cisaillement. Le système doit être conçu de manière que la
gravité et la course de charge horizontal soient simples et continus, les éléments
soient solidement fixés avec des connexions en acier - en particulier à la base du
mur - et le mortier de ciment est bien attaché à la matrice à grillage, qui à son tour
est cloué au cadre.

6.1 Considérations clés de la structure du bambou


Les caractéristiques structurelles de tous les matériaux utilisés dans le logement de
bahareque doivent être prises en compte lors de la conception de charges
structurelles. Bien que les caractéristiques structurelles des matériaux tels que le bois
et le béton soient bien comprises et publiées, les informations sur le bambou sont
encore limitées. Pour cette raison, et comme le bambou constitue normalement une
grande partie des matériaux dans les logements de bahareque, voici une liste des
principales caractéristiques du bambou à prendre en compte lors de la conception de
charges structurelles (Trujillo, 2007 ; Kaminski et al. 2016b):

 Les tiges de bambou sont faibles lorsqu'elles sont chargées en compression et


en tension perpendiculairement aux fibres - la résistance de la paroi est
nettement moins écrasante perpendiculairement que parallèlement aux fibres,
qui sont faiblement liées en tension perpendiculaire au grain (qui affecte le
cisaillement) et la section est susceptible de broyage local car elle est creuse.
 Le bambou et ses connexions sont plus solides et plus simples à assembler en
compression parallèlement à la fibre.
 Les connexions sont dans presque tous les cas le point le plus faible de la
structure.
 Bien que le bambou lui-même soit fort en tension, dans la pratique, il est très
difficile d'atteindre la capacité de traction maximale d'un chaume car la
connexion gouverne toujours.
 Le bambou n'est pas particulièrement rigide en flexion par rapport à une section
de bois de dimension similaire.
 Le bambou n'est pas parfaitement droit, donc le flambement des sections
minces en compression doit être considéré.
 Il est très difficile de faire fonctionner plusieurs éléments en bambou de
manière fiable en tant que sections composites.
 S'il n'est pas traité et exposé à l'environnement, le bambou est sensible à la
pourriture et aux attaques d'insectes (voir la section 4.0).

P a g e | 45
6.2 Concevoir pour des charges de gravité
Les maisons de bahareque technique, comme toutes les formes de structures, sont
mieux conçues pour avoir une course de charge vertical simple et fiable pour
transporter les charges de gravité de la structure jusqu'aux fondations. Cela rend la
conception et la construction plus simples et plus fiables, et réduira le risque de
défaillance lors d'un tremblement de terre ou de vents violents. En travaillant avec les
caractéristiques décrites dans la section 6.1 et l'ingénierie structurelle des bonnes
pratiques, il est recommandé de concevoir une trajectoire de charge gravitaire simple
et claire comme suit (voir Figure 53).

 Fournir une trajectoire de charge vertical simple et continu.
 Les finitions sur le toit et les planchers doivent généralement être aussi légères
que possible, afin de réduire la demande de charge gravitaire.
 La structure du toit et du plancher devrait utiliser des chaumes de grand
diamètre comme poutres structurales secondaires (poutres qui s'étendent sur
les murs ou les poutres primaires, comme les solives et les chevrons), afin de
réduire la flèche et d'éviter les charges élevées sur les poutres.
 Les charges ponctuelles sur les poutres doivent être évitées afin d'éviter
l'écrasement chez chaumes.
 Lorsque deux ou plusieurs chaumes de bambou sont groupés ensemble, ne
pas supposer d'action composite, car cela est très difficile à réaliser en pratique.
 Les poutres primaires en bambou (c'est-à-dire les poutres qui portent d'autres
poutres) doivent être évitées, car un écrasement local ou un cisaillement des
extrémités de la poutre est probable.
 Quand possible les charges doivent être transférées par des raccords dans le
roulement, car il s'agit d'une course de charge plus solide, plus rigide et plus fiable.

Figure 53 : clés pour une course de charge de gravité simple et clair pour le bâtiment bahareque

46 | P a g e
 Les sections doivent être liées entre elles pour garantir la robustesse, afin de
réduire le risque d'échec significatif de l'effondrement, en cas de défaillance
d'un élément ou d'une connexion.
 Les éléments en bambou doivent être protégés des insectes et pourrir
conformément à la section 4.0.
 Des fondations simples et robustes adaptées aux conditions locales du sol
devraient être fournies.

La trajectoire de chargevertical pour une maison de bahareque est normalement très
facile à calculer à la main puisque la plupart des éléments sont simplement supportés.
Il est déconseillé d'utiliser des programmes informatiques pour l'analyse structurelle,
car ceux-ci peuvent détecter d'autres courses de charge incorrectes ou non
pertinentes. Certaines configurations de toit complexes peuvent justifier l'utilisation de
programmes informatiques, mais ceux-ci doivent être utilisés avec une grande
prudence, en particulier, il faut toujours supposer que les connexions sont épinglées,
sauf preuve contraire. Pour calculer la capacité des sections et des connexions en
bambou, voir la section 6.5. Pour calculer la capacité des sections et des raccords en
bois, utiliser les codes internationaux de conception structurelle tels que l'Eurocode 5
(CEN, 2014) et la spécification de conception nationale américaine pour le bois
(American Wood Council, 2015).

6.3 Concevoir pour les charges de tremblement de terre et de vent


Les charges dues au séisme et au vent sont relativement similaires en ce sens
qu'elles appliquent toutes deux une charge horizontale sur le bâtiment qui doit être
transmise jusqu'aux fondations. Les principales différences sont les suivantes :

 Les charges sismiques sont proportionnelles au poids propre de la structure,


alors que les charges de vent sont indépendantes de cela.
 Les charges sismiques sont cycliques, ce qui peut entraîner une rupture par
fatigue des connexions.
 Il y a une plus grande incertitude quant à l'ampleur des charges sismiques, par
conséquent, certains dommages peuvent se produire, supposant que les
dommages se produisent de manière contrôlée. Aucun dommage ne devrait
se produire sous les charges de vent.

C'est une idée partégée mais fausse que le bambou en tant que matériau est en
quelque sorte « miraculeusement » bon dans les tremblements de terre et les vents
forts. En effet, en tant qu'élément individuel, il possède plusieurs modes de rupture
fragiles qui pourraient affecter ses performances sismiques et éoliennes. Les
bâtiments traditionnels en bambou et bahareque ont historiquement bien performé
dans les tremblements de terre pour deux raisons principales :

1. Leur légèreté (rapport élevé entre résistance/poids), qui maintient l'ensemble


léger du bâtiment.
2. Leur ductilité (essentiellement la capacité d'absorber l'énergie) au niveau des
connexions et des jonctions, en particulier lors de l'utilisation de clous. Cela a
été observé après des tremblements de terre dans des bâtiments

P a g e | 47
vernaculaires tels que bahareque (Kaminski, 2013, Franco et al., dans la
presse), qui utilisent normalement des connexions clouées. Une partie de
l'énergie est également absorbée par le craquage des enduits de boue dans
les habitations traditionnelles de bahareque.

La nature flexible de certaines constructions traditionnelles en bambou peut


également être favorable aux tremblements de terre, mais ce n'est pas une
caractéristique facilement exploitable dans les constructions modernes, qui ont
tendance à être plus lourdes, ont des tolérances de mouvement plus faibles et exigent
une plus grande résistance aux tremblements de terre que les bâtiments traditionnels.

Les structures de bambou modernes nécessitent en général, et sont normalement


construites, avec des assemblages boulonnés à résistance plus élevée avec du
mortier, qui sont relativement fragiles. Cependant, lorsque des principes de
conception sismique de bonne pratique sont appliqués en conjonction avec des
connexions plus ductiles telles que des clous, une plus grande résistance aux séismes
et une ductilité globale du bâtiment peuvent être obtenues (Kaminski et al., 2015).

En travaillant avec les caractéristiques ci-dessus, celles décrites dans la section 6.1,
et les bonnes pratiques en matière de vent et de tremblement de terre, il est
recommandé de concevoir une trajectoire sensible aux séismes et aux charges de
vent comme suit :
 Dans une zone sismique, il est préférable de garder la structure aussi légère
que possible. Contrairement à cela, dans une zone de fort vent, le poids est
bénéfique car il peut empêcher le bâtiment de se renverser. Le bahareque
technique a l'avantage d'avoir une masse raisonnable, plus qu'un bâtiment en
bois léger, mais moins qu'une structure de maçonnerie. Dans les endroits très
venteux, les charges de vent peuvent régir la conception.
 Vérifier le renversement du châssis et du bâtiment - le poids propre de la
structure peut être insuffisant pour compenser la charge horizontale. Lorsque
la charge de retournement est élevée, des sangles d'arrimage peuvent être
requises du toit jusqu'aux fondations, et il peut être nécessaire d'alourdir les
fondations pour empêcher le bâtiment de se retourner complètement.

48 | P a g e
Figure 54 : Points clés pour une course sensible au séisme et au charge de vent pour le logement bahareque

 Maintenir une course de charge latéral simple et continu du toit aux fondations
- éviter les discontinuités.
 Introduire la ductilité dans le système et les connexions (voir section 6.5 et 6.6).
 Assurerqu'il existe un système de stabilité de la charge latérale dédié, c'est-à-
dire des murs de contreventement ou de cisaillement (voir section 6.4). Les
montures en bambou sont très difficiles à réaliser de manière fiable.
 S'assurer que les systèmes latéraux de stabilité de la charge sont capables de
résister à la charge dans les deux directions orthogonales, sont largement
symétriques et espacés également des deux côtés du bâtiment.Maintenir le
même système de stabilité latérale de la charge sur les deux élévations.
 Fournir des fondations simples et robustes qui relient les colonnes et le
système de stabilité latérale de la charge.

Les courses de charges horizontales pour une maison de bahareque sont
normalement très faciles à calculer à la main. Il est déconseillé d'utiliser des
programmes informatiques pour l'analyse structurelle, car ceux-ci peuvent détecter
d'autres chemins de chargement incorrects ou non pertinents.

6.4 Systèmes de stabilité de la charge latérale


Comme dans toute structure, la maison en bambou nécessite un système de stabilité
de charge latérale pour résister aux charges horizontales de vent et de tremblement

P a g e | 49
de terre. Il n'est pas recommandé d'utiliser des cadres provisoires dans les structures
en bambou pour les raisons suivantes :
 Des connexions adéquates avec une résistance, une rigidité et une ductilité
suffisantes n'ont pas été développées.
 Les éléments simples en bambou n'auraient pas la solidité ou la rigidité requise
pour former un système portant. Des faisceaux de bambou pourraient être
utilisés, mais comme une action composite entre les membres est difficile à
réaliser, il serait très difficile d'obtenir une connexion satisfaisante pour sa
rigidité.
 Ces systèmes sont peu susceptibles d'avoir beaucoup de ductilité et pourraient
donc échouer d'une manière cassante et soudaine.

Les autres systèmes latéraux de stabilité de charge qui conviennent le mieux au
bâtiement bahareque sont des cadres contreventés et des murs de cisaillement (avec
ou sans contreventement supplémentaire). La sélection du système affectera les
détails.

Cadre contreventé
Il s'agit essentiellement d'un simple cadre triangulé, qui transfère les charges vers les
fondations par des charges axiales (de tension et de compression) dans les éléments.
Les cadres contreventés peuvent être de tension, de compression seulement ou à la
fois de compression et de tension. Les chaumes de bambou fonctionnent bien en
compression. Cependant, comme il est difficile de transmettre des forces de tension
importantes aux éléments de bambou au niveau de leurs connexions, et que leur
rupture peut être très fragile, il est recommandé de prévoir suffisamment de renforts
pour que la charge de traction ne soit jamais importante, qui s’appuyent sur les
éléments qui peuvent fonctionner en compression, ou simplement ajouter des tiges
d'acier pour prendre la tension (celles-ci pourraient être parallèles aux tiges de
bambou ou même à l'intérieur).

Il est improbable que les membrures en bambou à contreventement aient une capacité
aussi grande que les murs de cisaillement à cause de la probabilité de tension ou
d'échecs d'écrasement local aux raccordements. Cependant, ils peuvent être
suffisants pour le logement lorsque le contreventement est abondant et les charges
sont faibles. Les forces dans ce système sont simples à calculer et, dans la plupart
des cas, la force du système sera limitée soit par les connexions ou le flambement
des chaumes de bambou en compression (voir la section 6.5).

Figure 55 propose les quatre différentes options de systèmes de châssis à


contreventement pour le logement bahareque.

50 | P a g e
Figure 55 : Différents systèmes de contreventement pour le boîtier bahareque

Mur de cisaillement (avec ou sans contreventement supplémentaire)


Il s'agit d'un système de mur constitué d'un matériau continu solide, qui transfère la
charge vers les fondations par une force de cisaillement répartie le long de la paroi.
Les systèmes de murs en béton armé avec un cadre, une matrice et un mortier de
ciment peuvent agir comme des murs de cisaillement structurels efficaces lorsqu'ils
sont correctement conçus - la matrice, le cadre et le mortier fonctionnent tous
ensemble : le mortier résistant à la force de cisaillement, la matrice bloquant le mortier
à boucler et créant la connexion entre le mortier et le châssis, et le châssis résistant
à la force verticale de poussée-traction induite dans le système et résistant localement
aux charges de cisaillement (Figure 56 et Figure 57). Certains systèmes de murs de
cisaillement ont des contreventements - ceux-ci deviennent des murs de cisaillement
hybrides et des systèmes à ossature contreventée, où la charge est partagée en
fonction de la rigidité relative de chaque système.

Les murs de cisaillement de bahareque ont de bonnes capacités lorsqu'ils sont


correctement conçus et détaillés. Ils tendent également à avoir une certaine ductilité
(Mendoza et Villalobos, 1990, Prieto et al., 2002, Kaminski et al., 2015). Les capacités
sont cependant difficiles à déterminer à partir des premiers principes, et donc des tests

P a g e | 51
ont normalement été effectués pour déterminer leur comportement dans les vents et
les tremblements de terre (voir Section 6.6 pour plus d'informations).

L'un des principaux avantages des murs de cisaillement en bahareque par rapport aux
cadres à contreventement traditionnels est que le mur de cisaillement structurel lui-
même devient le mur de façade/cloison, ce qui signifie qu'un autre revêtement ou
matériau de remplissage n'est plus nécessaire. Cela réduit leur coût et entraîne un
système de logement plus abordable.

Figure 56 : Trajectoire de charge horizontal pour les murs de cisaillement en bahareque

Figure 57 : Trajectoire de charge horizontal à la base du mur de cisaillement bahareque

52 | P a g e
6.5 Concevoir des éléments individuels en bambou et des connexions
Il existe peu de codes publiés sur la conception de bambou. Et les données d'essai
sont aussi limitées sur les espèces de bambou et des données d'essai très limitées
sur les connexions. Le matériel suivant a été trouvé le plus utile :

 ISO 22156 (ISO, 2004a): ISO code publié sur la détermination des propriétés
du matériau à partir des données de test. Utile pour le traitement des données
de test, fournit des concepts de test de connexion et contient des critères
douteux pour la dérivation des contraintes admissibles. Il contient peu de
conseils de conception structurelle pratique
 ISO 22157-1 et 22157-2 (ISO, 2004b & 2004c): ISO code publié sur la
détermination des propriétés physiques et mécaniques du bambou. Guide le
plus utile pour les tests d'éléments.
 NSR 10-G12 (AIS, 2010): Norme colombienne pour la conception avec le
bambou guadua. Avec le NEC-SE-Guadua, il s'agit sans doute du code de
conception national le plus complet publié à ce jour, et il inclut des méthodes
de conception d'éléments et de connexions, ainsi que des conseils.
 Manuel de construction de bahareque technique : Manuel pour la
construction parasismique de maisons à un ou deux étages avec bahareque
cimenté (Prieto et al., 2002): Fournit des conseils de conception, des capacités
de murs de cisaillement et des détails d'exemple. Utile pour les concepts et les
détails.
 Série de notes techniques sur l'utilisation structurelle du bambou
(Kaminski et al., 2016b ; 2016c; dans la presse a; dans la presse b; dans
l’esquisse a): Guide indépendant pour déterminer les propriétés des matériaux
à partir des données de test, vérifier les éléments pour les principaux
mécanismes de défaillance, et proposer des valeurs de conception prudentes
pour tout bambou. Bien qu'il s'inspire de l'ISO 22156 (ISO, 2004a) et de la
NSR 10-G (AIS, 2010), il utilise l'approche Eurocode. Un point de départ
recommandé pour la conception d'éléments et de connexions.
 NEC-SE-Guadua (MIDUVI, dans la presse) : Nouvelle norme équatorienne
pour la conception avec du bambou guadua. Avec le NSR 10-G12, il s'agit
sans doute du code de conception national le plus complet publié à ce jour, et
il inclut des méthodes et des directives de conception d'éléments et de
connexions.
 Norma Andina para diseno y construccion de casas de uno y dos pisos
en bahareque encementado (INBAR, 2015) : Code récemment publié pour
la conception avec le bambou guadua. Ne contient pas les méthodes
détaillées de conception d'élément trouvées dans le NSR, mais contient des
règles de conception de bonnes pratiques et des détails de connexion utiles.

Comme mentionné précédemment, les éléments en bambou et en bois possèdent


plusieurs modes de rupture fragile. Ainsi, lors de la conception de charges sismiques,
un facteur de comportement approprié pour une structure qui utilise des éléments en
bambou pour le système résistant à la charge latérale (un cadre contreventé) devrait
être faible, par exemple q = 1,5 à Eurocode 8 (CEN, 2013) ou R = 1,5 à ASCE7-10
(ASCE, 2010) (c'est-à-dire que la structure devrait rester globalement élastique dans

P a g e | 53
l'événement de conception). Où la rupture est limitée aux connexions qui utilisent des
clous en acier où le mode de défaillance est une charnière plastique formant dans
l'ongle (modes b, d, e, g, h, k, m à l'Eurocode 5 (CEN, 2014)) et sismique rigoureuse
Les principes de conception/sur-résistance sont appliqués (Paulay et Priestly, 1992),
il est possible qu'une ductilité plus globale puisse être atteinte. Cependant, peu de
données de test existent à ce jour. Par conséquent, en général, les clous et les vis
doivent être préférés aux boulons dans les zones très sismiques, car ils auront plus
de ductilité inhérente, même si cela n'est pas spécifiquement expliqué par l'application
de facteurs de comportement plus élevés. Les clous et les vis doivent être préforés
pour la plupart des raccordements car le bambou est très susceptible de se fendre -
à l'exception de la fixation de la matrice sur le cadre, où le clouage est encouragé
(section 6.6).

6.6 Concevoir les systèmes de murs de cisaillement de bahareque technique


La conception des systèmes de murs de cisaillement de bahareque a été codifiée
comme suit :

 Manuel de construction de bahareque technique: manuel pour la


construction antisismique de maisons à un ou deux étages avec bahareque
cimenté (Prieto et al., 2002). Il fournit des conseils de conception, des capacités
de murs de cisaillement et des détails d'exemple. Utile pour les concepts et les
détails.
 NSR-10-E.7 : Bahareque encementado (AIS, 2002): Fournit des conseils de
conception et des capacités de mur de bahareque technique. Ce code est
développé dans Correal (2016).
 NEC-SE-Guadua (MIDUVI, dans la presse): Fournit des conseils de
conception et des capacités de mur de bahareque technique.
 Norma Andina para diseno y construccion de casas de uno y dos pisos
en bahareque encementado (INBAR, 2015): Fournit des conseils de
conception et des capacités de mur de bahareque technique.

En outre, des essais à grande échelle ont été effectués sur ces systèmes dans un
certain nombre de pays avec un certain nombre de matériaux et d'installations
différents. Les résultats de ces tests ont également été publiés :

 Projet national sur le bambou, Costa Rica (Gonzalez et Gutierrez, 2003 ;
Mendoza et Villalobos, 1990) : Un essai cyclique à grande échelle dans le plan
de 7 panneaux a été réalisé.
 Projet FOREC (Fonds pour la reconstruction de la région productrice de café),
Colombie (Prieto et al., 2002) : 14 tests de paroi de cisaillement monotones à
pleine échelle réalisés sur des parois de configurations et de détails différents.
Certains incluaient des diagonales et d'autres non. Deux essais cycliques bi-
axiaux à échelle réelle d'une seule pièce ont également été effectués.
 Projet de logements sociaux à El Salvador :
o Essais cycliques à pleine échelle dans le plan de 5 panneaux de canne,
de bois et de mortier (Málaga-Chuquitaype et al., 2014).

54 | P a g e
o Essais de table à secousses hors-plan grandeur nature de 5 panneaux
similaires (Davies, 2014).
o Essais bi-axiaux à pleine échelle sur la table de vibration d'une seule
pièce de la conception (Beteta et al., 2015). Le spécimen a été jugé «sûr
pour la vie» même aux accélérations de pointe de 1,0 g.
Les résultats de ces essais ont montré que les systèmes de murs de cisaillement
bahareque peuvent être des systèmes robustes de stabilité latérale, qui dépassent les
exigences de conception sismique des pays sismiques les plus dangereux du monde
(accélération du sol> 0.4g pour une période de retour de 475 ans) - Kaminski et al.,
2015). Lorsqu'ils sont bien détaillés, ils ont également tendance à avoir une certaine
ductilité.

Recommendations pour la conception


Sur la base des essais réalisés sur les systèmes de murs de cisaillement de
bahareque, les recommandations générales suivantes sont fournies pour la
conception (Figure 58):

 Utiliser les quatre codes de conception structurale publiés comme point de


départ (Prieto et al., 2002, AIS, 2002, INBAR, 2015, MIDUVI, dans la presse).
 Les goujons verticaux peuvent être en bois ou en bambou et ne doivent pas
dépasser 1m de centre - des centres rapprochés doivent être envisagés si la
matrice est incapable de s'étendre entre les goujons (par exemple, le bambou
ouvert (estérilla) et les mailles d'acier diluées sont plus minces. Les clous
doivent donc être plus proches, bien que les cannes de 25mm de diamètre
puissent s'étendre sur 1m (Chan, 2014)). Les goujons doivent être
dimensionnés pour la charge hors plan et solidement fixés à la semelle et la
poutre de l'en-tête à l'aide de clous, d'une plaque à clous ou de boulons.
 Les goujons à l'extrémité des murs et adjacents aux ouvertures telles que les
fenêtres et les portes peuvent subir un soulèvement net dû au renversement.
Ils doivent être solidement fixés directement ou indirectement (via la semelle)
à la fondation, avec une connexion en acier (Figure 67 et 69).
 Une semelle fournit un détail de base pratique et robuste pour les goujons,
bien que cela ne soit pas essentiel. La semelle doit être fixée aux fondations
à l'aide de boulons ou de tôles d'acier conçus pour résister aux charges planes
et hors plan et, le cas échéant, aux charges verticales de retournement (Figure
61 et 63). Les plaques de semelles sont mieux faites à partir de bois comme
les chaumes de bambou sont susceptibles de s'écraser sous des charges
ponctuelles. Lorsque les panneaux muraux sont préfabriqués, les semelles
deviennent essentielles.
 Une plaque de tête continue est essentielle pour attacher ensemble la tête des
colonnes et fournir une trajectoire de charge hors plan pour le panneau mural.
Les plaques de tête sont mieux faites à partir de bois car la connexion entre la
plaque et les montants est plus simple et plus forte, et les chaumes de bambou
sont susceptibles de s'écraser sous des charges ponctuelles.
 La connexion entre la base des goujons et la semelle/fondation doit être
conçue pour les forces de cisaillement dans le plan. Puisque ceux-ci seront

P a g e | 55
élevés, l'option la plus simple est un morceau de bois coincé entre les
montants et cloué à la semelle (Figure 66 et 70).
 La canne, les bandes de bambou, l'esterilla de bambou ouvert et la maille
d'acier expansée peuvent tous fonctionner avec succès comme matrice à
l'intérieur du mortier de ciment. Un espace d'environ 10 à 20mm à l'intérieur
de la matrice s'est avéré être le meilleur pour que le mortier adhère et se
bloque avec la matrice et le mortier sur le côté arrière (Figure 59). La matrice
doit être clouée à tous les montants.
 Si vous n'utilisez pas de treillis en acier déployé, au minimum, un grillage doit
être placé sur au moins un côté de la matrice et cloué ou attaché à celui-ci
(Figure 59). Il doit être tendu et cloué à tous les goujons, semelles et poutrelles.
Le grillage contribue grandement au processus d'enduit, empêche l'effritement
du mortier sur le visage auquel il est attaché, et est efficace pour retenir
suffisamment de portions de mortier sur le mur pour que le mortier contribue
encore à sa force et sa rigidité après les dommages.
 Le contreventement en bambou ou en acier n'est pas toujours essentiel.
Lorsque la structure est de plain-pied, les murs de cisaillement bahareque
peuvent travailler efficacement sans contreventement. Pour les maisons à
plusieurs étages, le contreventement offre un niveau de robustesse
supplémentaire en cas de défaillance des murs de cisaillement.
 Les surfaces de mortier entre les couches doivent être bien préparées, par
exemple par entaillage ou mouillage, sinon le désossage peut se produire tôt.
 Le rapport ciment/sable dans le mortier ne doit pas dépasser 1 : 5 - des
rapports plus élevés conduisent à un mortier plus faible. Les travailleurs de la
construction doivent également éviter d'ajouter trop d'eau au mélange de
mortier. La chaux peut également être introduite dans le mélange pour
améliorer la maniabilité sans compromettre la résistance - dans ce cas, un
rapport de mélange de 1: 1: 6 (ciment: chaux : sable) peut être utilisé.

56 | P a g e
Figure 58: Recommandations pour la conception de murs de cisaillement de bahareque

Figure 59 : Les détails pour fixer le mortier de ciment à la matrice dans les systèmes de peau simple et double

 En termes de conception pour la ductilité, comme mentionné dans la section


6.5, les éléments en bambou possèdent plusieurs modes de rupture, et donc
une paroi de cisaillement n'aura pas automatiquement de ductilité. Les
principales zones de défaillance se situent au niveau des interfaces plaque-
semelle et semelle-support, où les clous et les plaques d'acier clouées sont

P a g e | 57
recommandés, et les boulons doivent être évités, à moins qu'ils ne soient
conçus en toute confiance. Clouer la matrice sur le cadre fournit également une
certaine ductilité, tout comme le grillage cloué. Cependant, même si ces
recommandations sont mises en œuvre, en raison du comportement très
variable des murs de cisaillement pour le bahareque, il est recommandé qu'un
facteur de comportement approprié soit q = 1,5 à Eurocode 8 (CEN, 2013) ou
R = 1,5 à ASCE7-10 (ASCE, 2010) (c'est-à-dire que la structure devrait rester
élastique dans l'événement de conception). Lorsque des essais à grande
échelle ont été effectués et que des principes rigoureux de conception/ de
capacité ont été appliqués, il est possible à atteindre une ductilité plus globale.
Bien qu’il y existe peu de données de test à ce jour.

Si aucun contreventement n'est inclus et que le mur de cisaillement se compose


uniquement de la matrice et du ciment, les recommandations supplémentaires
suivantes sont faites:

 Pour les systèmes avec une matrice clouée sur un seul côté du cadre (Figure
59)
o L'enduit de ciment doit être placé à deux côtés de la matrice.
L'articulation entre les deux doit être rugueuse et pré-mouillée.
o Des renforts en grillage doivent être placés à deux côtés de la matrice,
ainsi que des traverses en fil d'acier pour permettre aux deux côtés de
l'enduit de s'engager et d'empêcher l'écaillage.

 Pour les èmes avec une matrice clouée sur les deux côtés du cadre et
un vide entre les deux (Figure 59):
o L'enduit de ciment doit être placé sur la face externe des deux matrices.
o Le renfort en grillage doit être placé sur la face externe des deux
matrices, solidement fixé à la matrice elle-même avec des clous ou des
attaches en acier rapprochés pour permettre au support de travailler de
façon composite avec la matrice et éviter l'effritement.

Lorsque le contreventement fait partie de la paroi de cisaillement, il faut envisager de


concevoir un cadre contreventé avec les charges pertinentes de raccordement pour
les charges sismiques complètes - ceci couvre alors le scénario que le cadre
contreventé prendra toute la charge et n’effrondra pas d'une manière soudaine et
cassante.

Lorsque le contreventement fait partie du mur de cisaillement pour les murs extérieurs
exposés à la pluie battante, il convient également de concevoir le contreventement
pour la charge sismique complète et de permettre à la matrice et au mortier d'être une
façade protectrice qui protège le cadre et l'intérieur de la pourriture.

Lorsque ces recommandations sont suivies de bonnes pratiques d'ingénierie et que


le système de murs sélectionné correspond étroitement à celui utilisé dans les tests
existants, les données de test publiées peuvent être utilisées comme base de
conception sans autre test. Si le système dévie, il est recommandé d’un test à grande
échelle.

58 | P a g e
Recommandations pour les tests
Il n'existe actuellement aucun guide ou code pour effectuer des essais à grande
échelle sur les murs bahareque. Des recherches sont actuellement en cours de
chercher une procédure d'essai la plus appropriée à utiliser, qui sera publiée sous peu
dans une publication complémentaire de l'INBAR (Kaminski et al., dans le bouillon b).

P a g e | 59
7.0 Détails typiques de la Construction des Maisons
Technique de Bahareque
Cette section fournit quelques détails structurels clés pour la construction de maisons
de bahareque, conçues pour résister aux catastrophes, durables et robustes. Il est
présenté à l'annexe A une sélection de dessins généraux et détaillés de bahareque
conçu pour El Salvador.

7.1 Détail de support


Il est essentiel d'élever la base de la structure au-dessus de la fondation pour la
protéger de l'humidité (de la pluie abondante, des inondations, des éclaboussures du
toit, etc.). Élever la base rend également plus difficile pour les termites de construire
des tubes d'abri et d'accéder à la structure. Le dosseret doit pouvoir résister aux
charges verticales, planes et hors plan du mur, ce qui signifie généralement qu'il doit
être renforcé d'une manière ou d'une autre. Les options pour l'élévation de la base
comprennent : la maçonnerie en brique ou en pierre, la maçonnerie en béton armé
creux ou le béton armé (Figure 27 et Figure 60). Environ 200mm est considéré comme
une hauteur minimum de support, tandis que 400mm est mieux. Il est également
recommandé d'ajouter une membrane étanche à l'humidité (comme une simple feuille
de plastique) entre le cadre et le dosseret, afin d'éviter que le cadre n'absorbe
l'humidité du rebord.

Figure 60: Exemple de montage simple de logements bahareque ouvragés au Salvador,


composé de deux cours de bloc renforcé, totalisant 400mm de haut de la fondation

7.2 Détail du support à la semelle


Dans la plupart des systèmes, une plaque de semelle en bois est utilisée pour fournir
un élément de fixation pratique à la base des murs et assise sur la partie supérieure.
En fonction du système, les charges provenant des éléments de paroi (goujons et
contreventement) sont transférées soit par la semelle dans la partie supérieure, soit
directement sur la partie supérieure. Lorsque la semelle est structurellement utilisée,
elle doit être solidement fixée à la partie supérieure et résister à tout tremblement de
terre et à toute charge de vent, qui pourrait être dans le plan, hors du plan et vertical.
Les options comprennent :

60 | P a g e
 Boulons simples.
 Sangles sur mesure disponibles dans le commerce.
 Sangles en acier moulé.

Bien que les boulons soient les plus simples et les plus répandus pour la fixation des
semelles (Figure 61 et Figure 62), le perçage précis des trous de la semelle pour les
emplacements des boulons coulés peut être difficile et entraîne souvent des trous trop
grands, ce qui peut conduire à une connexion moins rigide. De plus, leur capacité de
charge horizontale peut être quelque peu limitée, tout comme leur ductilité. Des
sangles en acier sur mesure telles que les sangles en Y, disponibles auprès de
plusieurs fabricants internationaux, sont une bonne alternative car elles sont bon
marché, ductiles dans un tremblement de terre, et simplifient l'installation puisque la
semelle peut être facilement clouée sur la plaque après la plaque a été coulée - ils
offrent donc une plus grande tolérance pour les déviations (Figure 63, Figure 64 et
Figure 65). Malheureusement, ils ne sont pas disponibles dans de nombreux pays.
Cependant, il faudrait envisager de les expédier en vrac en raison de leurs avantages.

Figure 61: Détail de la semelle fixée à l'aide de boulons Figure 62: Photo de la semelle fixée à l'aide de boulons

Figure 63: Détail de la semelle fixée sur le dessus avec des sangles en
acier coulées dans le commerce ou fabriquées localement

P a g e | 61
Figure 64: Photo de la semelle fixée au dosseret Figure 65: Photo de la semelle fixée au dosseret
avec des sangles en acier coulées, avec des sangles en acier coulées, après clouage
avant de couler les sangles dans un treillis renforcé

7.3 Goujons/contreventement à la semelle/fondation


Une connexion robuste est nécessaire entre les goujons/contreventement et la
semelle/fondation, pour transférer le cisaillement dans le plan, hors plan et les forces
axiales (compression et tension) dans un tremblement de terre ou des vents forts. Les
options comprennent :
 Des vis ou des clous de biais/d'ongle.
 Plaques d'angle en acier.
 Tige d'acier coulée dans le bambou.
 Plaque d'acier boulonnée au bambou.
 Sangle en acier vissée au bambou.

Figure 66 : Photo de l'angle d'acier utilisé pour fixer le Figure 67: Détail de la tige d'acier moulée en bambou
montant en bois à la semelle utilisée pour fixer le poteau de bambou/la colonne à
la fondation. Il possède une capacité de cisaillement
bi-axiale raisonnable et une certaine capacité de
traction. Cependant, il ne sera pas approprié lorsque
les charges de tractino sont très élevées

62 | P a g e
Bien que les clous ou les vis à clavette soient simples et bon marché, et qu'ils offrent
une capacité de cisaillement hors plan suffisante, ils n'auront pas une capacité de
cisaillement axial ou de tension axiale significative par eux-mêmes. Les cornières en
acier améliorent les connexions clouées asymétriquement, mais ne fonctionnent bien
que pour les poteaux en bois (figure 66), car le bambou a une surface incurvée.

Le détail le plus répandu est une tige d'acier filetée ou une barre d'armature placée à
l'intérieur de la tige de bambou, qui est ensuite remplie de mortier de ciment (Figure
67). Un boulon en acier est souvent ajouté pour fournir une trajectoire de charge
directe, plutôt que de compter uniquement sur la capacité de cisaillement du
diaphragme nodal et la liaison entre le mortier et la face intérieure du bambou. Le
détail a une capacité de cisaillement bi-axiale raisonnable et une certaine capacité de
traction.

Pour les colonnes/montants en bambou soumis à de fortes charges de cisaillement,


une simple plaque d'acier (Figure 68) peut être utilisée. Elle peut être moulée dans la
fondation d'abord, puis boulonnée au bambou.

Pour les colonnes/montants de bambou soumis à de fortes charges de traction axiale,


comme ceux qui se trouvent à l'extrémité des murs de cisaillement résistant au
retournement, une simple bande d'acier mince (Figure 69) peut être utilisée. Elle peut
être encastréee dans la fondation d'abord, puis vissé au bambou.

Pour les colonnes de bambou faisant partie des murs de contreventement en


bahareque, il est recommandé d'ajouter de longs « coins » en bambou ou en bois
entre les colonnes pour fournir une trajectoire de charge direct dans le plan pour les
charges de vent et de tremblement de terre.

Figure 68: Plaque d'acier coulée dans le sol et Figure 69: Sangle en acier moulée dans le dosseret
boulonnée au bambou et vissée au bambou

P a g e | 63
Figure 70: Détail de longues «cales» en bois placées Figure 71: Photo de longs coins en bois ”
entre les poteaux en bois, pour fournir une course de
charge dans le plan pour les charges de cisaillement
à l'intérieur du mur de cisaillement bahareque

7.4 Détails sur la matrice


Il est important de bien fixer le mortier de ciment à la matrice, en particulier dans les
systèmes reposant structurellement sur les murs de cisaillement composites, et sans
armature. Ceci est réalisé en fixant le grillage à la matrice - le treillis peut être fixé avec
des clous ou avec du fil. Lorsque le mortier est appliqué des deux côtés de la même
matrice, il est recommandé de placer le grillage sur deux côtés de la matrice et
d'ajouter des traverses de fil d'acier pour attacher chaque côté (Figure 59 et Figure
72). – à empêcher l’effritement et permettre au mur de fonctionner ensemble.

Figure 72: Installation de traverses de fil d'acier pour relier le grillage à deux côtés de la matrice

64 | P a g e
8.0 Assurer une Bonne Qualité de Construction
Comme tous les bâtiments, il est essentiel d’assurer une haute qualité de la
construction bahareque machiné à la force et à la longévité du logement. Voici une
brève liste de certaines questions clés à gérer pendant la construction :

 Assurer que tout le bois est classé pour exclure les gros nœuds et les
dommages causés par les insectes et la pourriture.
 Assurer que tout le bambou est sélectionné et évalué visuellement par un
individu réputé et expérimenté (noter que la classification visuelle actuelle du
bambou est très limitée, provient principalement de l'expérience et n'a pas
encore été corrélée avec les données de résistance). Les critères de
classement devraient inclure :
 Espèces et origine exactes.
 Plage d'âge acceptable (remarquez que c'est difficile à contrôler et que
vous avez besoin de fournisseurs responsables et fiables).
 Longueur de la chaume, diamètre externe minimum et épaisseur
minimale de la paroi.
 Cône
 Rectitude (limite de 1% de rectitude recommandée).
 Absence de fendage (aucun fendage n'est acceptable et cela doit être
vérifié après que le matériau a été séché).
 Absence de dommages aux insectes et aux champignons.
 Traitement, fumigation et séchage.
 Teneur en humidité (recommandé pour être livré sec).
 Assurer qu'un menuisier en bambou expérimenté est embauché.
 Lorsque les éléments se sont fendus pendant la construction, remplacer ou
renforcer-les avec des attaches en acier circulaires (Figure 73).
 Assurer que toutes les connexions en bambou avec un remplissage de mortier
de ciment utilisent un mélange de mortier sec à haute résistance, qui est serré
dans l'entrenœud.

Figure 73: Attaches en acier utilisées pour renforcer Figure 74: Maintenir une bonne adhérence entre
le bambou après avoir craché, Colombie (Kaminski, couches de mortier de ciment ultérieures par rendre
2016) rugueuse la couche précédente tout en la fixant
(Kaminski, 2016)

P a g e | 65
 Assurer un bon mortier de ciment de qualité en :
 Contrôler le rapport eau/ciment (les plâtriers ajoutent souvent de l'eau
en excès, ce qui rend le mortier de ciment plus facile à appliquer). Un
mortier plus sec est plus fort et durable.
 Maintenir une bonne liaison entre les couches de mortier suivantes. Ceci
devrait être fait en rendant rugueuse la couche précédente pendant
qu'elle est encore en train de durcir (Figure 74), et en humidifiant la
couche précédente avec de l'eau juste avant d'appliquer la nouvelle
couche.
 Éviter d'appliquer le mortier dans des couches très épaisses, car il y a
un risque que le mortier tombe sous son propre poids. Des couches
individuelles d'une épaisseur de 5 à 10mm ont tendance à être optimales.
 Pour la première couche, éviter d'appliquer le mortier des deux côtés de
la matrice à la fois, car le mortier a tendance à tomber d'un côté quand
il est appliqué de l'autre.
 Traiter le mortier en pulvérisant de l'eau pendant au moins 5jours après
l'application.

 

66 | P a g e
9.0 Autres Considérations Importantes pour la Conception
Cette section traite d'autres considérations importantes lors de la conception de
maisons bahareque, telles que l’hygiène et la sécurité, l'utilisation des bénéficiaires
pour le travail, l'entretien, la santé et le bien-être des occupants.

Le logement bahareque peut être construit en toute sécurité et n'utilise aucun


produit chimique toxique. Il peut être construit par les bénéficiaires eux-
mêmes, ne nécessite pas d'entretien important et s'est révélé très populaire
auprès des bénéficiaires dans de nombreuses études de cas. Il peut fournir
une maison hygiénique, sûre, durable et thermiquement confortable.

9.1 Normes de santé, de sécurité et de travail pour la construction


Le bahareque moderne ne nécessite normalement pas de méthodes de construction
dangereuses ou de produits chimiques toxiques. Lors de la conception, il faut tenir en
compte de la santé et de la sécurité de tous les travailleurs à tous les stades du cycle
de vie du bâtiment. Les considérations devraient inclure :

 Sécurité lors de la récolte du bambou.


 Sécurité dans l'usine de transformation du bambou, en particulier la
manipulation et l'élimination de tout produit chimique de traitement tel qu'un
équipement de protection individuelle adapté au bore, peuvent être
nécessaires, comme des gants. Les déchets de bore doivent être éliminés en
toute sécurité et non dans des cours d'eau où ils peuvent se retrouver dans
l'eau potable.
 Sécurité pendant la construction, y compris le travail en hauteur, la coupe et la
manipulation de bambou traité (en particulier s'il est traité avec des produits
chimiques autres que le bore), les excavations et les arêtes vives exposées
(clous, boulons, etc.). La préfabrication peut minimiser ce risque en réduisant
le temps de construction et en minimisant le travail à partir de la hauteur.
 Sécurité en fin de vie, y compris l'élimination de toute matière dangereuse, en
particulier le bambou traité avec des produits chimiques autres que le bore.

9.2 Maximiser l'utilisation des bénéficiaires du logement pour le travail de


construction
Le Bahareque moderne peut être construit par la main-d’oeuvres non qualifiée avec
la surveillance adéquate. Dans la mesure du possible, il est recommandé de
maximiser la contribution des bénéficiaires du logement, car cela augmente leur
satisfaction en améliorant le sentiment d'implication et d'attachement à la maison finie,
et peut à son tour améliorer l’entretien des maisons et réduire le risque de occupants
abandonnant la propriété en raison de la détérioration (FICR, 2010, Lyons et
Shilderman, 2010). Il améliore également leur connaissance du système de
construction, ce qui peut faciliter la maintenance (section 9.3).

9.3 Maintenance
Le bâtiment bahareque conçu ne nécessite pas d'entretien important au-delà de ce
qui suit:

P a g e | 67
 Assurer qu'il n'y a pas de fuite d’eau provenant du toit aux murs.
 Peindre périodiquement les murs et réparer les fissures.
 Déterminer le bambou ou le bois endommagé, le cas échéant.
et en remplacer.
 Détecter des tubes de l'abri des termites et de les détruire.

Assurer que la réparation et la reconstruction sont possibles soit par les occupants
eux-mêmes, soit par la main d'œuvre locale, de préférence en utilisant des outils de
basse technologie. Les matériaux requis pour la maintenance doivent être disponibles
localement. Il est recommandé pour un programme de formation à l'entretien des
logements pour les bénéficiaires

9.4 La santé et le bien-être des occupants du logement


: Le bahareque technique a été montré pour être très populaire auprès des
bénéficiaires dans de nombreuses études de cas. Les principales considérations
relatives à la santé et au bien-être des occupants comprennent :

 Hygiène : le bâtiement bahareque peut être conçu pour être très hygiénique en
assurant des finitions durables au mur et au sol avec peu de fissures (où la
vermine peut se cacher) - l'utilisation de ciment pour les murs et les sols
contribue à cet effet. L'introduction de terre dans le mélange de mortier de
ciment risque de réduire la durabilité du mur, ce qui peut entraîner des fissures
et de la vermine. Lors de l'utilisation de bois traité ou de bambou, assurer qu'il
est sécuritaire de l'utiliser à l'intérieur du bâtiment - c'est l'un des avantages du
bore par rapport à d'autres produits chimiques. Assurer que tous les trous de
ventilation vers les cavités murales (qui sont essentielles pour permettre au
bois et au bambou de « respirer », tel qu'indiqué à la section 4.0) sont scellés
contre la vermine (les rongeurs et les insectes).
 Qualité de l'air intérieur : assurer un niveau raisonnable de ventilation naturelle,
non seulement pour l'apport d'air frais, mais aussi, s’il est culturellement
souhaitable, permettre aux occupants, par exemple, de cuisiner à l'intérieur.
Dans les pays chauds, une règle générale est que toutes les chambres doivent
avoir une fenêtre avec une ouverture libre d'au moins 10% de la surface de la
pièce sur le plan.
 Éclairage intérieur : assurer une quantité raisonnable de lumière naturelle à
travers les fenêtres et les puits d’éclairage.
 Bruit : l'utilisation de murs en mortier de ciment peut fournir des barrières
acoustiques raisonnable entre les pièces.
 Sécurité : les murs bahareque sont très solides et offrent une excellente
protection contre les intrus.
 Personnalisation de la maison : offrir aux bénéficiaires la possibilité de
personnaliser le décor et la disposition interne autant que possible. Utiliser une
approche axée sur le propriétaire dans la mesure du possible (IFRC, 2010)
 Aspirations des bénéficiaires : la recherche a montré que le bahareque bien
construit est très populaire auprès des communautés, et que la perception du
bois et du bambou par les gens en tant que « matériau du pauvre » peut être
modifiée (section 2.3).

68 | P a g e
Figure 75: Techniques pour garder le logement de bahareque d'ingénierie frais dans les climats chauds

 Considérations Thermiques :
o Dans les climats chauds, le bahareque peut être une excellente solution
pour le logement en raison de sa masse thermique inhérente qui peut
égaliser les températures de jour et de nuit. Les autres techniques
permettant de garder la maison au frais pendant la journée sont
d'encourager la ventilation naturelle par les fenêtres et les trous
d'aération, d'augmenter la longueur du surplomb du toit sur les murs, de
plafonds et de murs à la couleur légère pour réduire le gain solaire, et
en utilisant un matériau de toiture isolant tel que des panneaux de fibres
de ciment (Figure 75).
o Dans les climats froids, le chauffage peut être nécessaire. Envisager
également d'ajouter un matériau isolant à la cavité murale.

L'étude de cas au Salvador à la section 2.3 (Kaminski, 2016a) en traite plus en


détail.

P a g e | 69
10.0 Résumé
Ce rapport technique a montré que le bahareque technique peut être une forme de
logement abordable, respectueux de l'environnement, résistant aux aléas, sûr et
durable avec une bonne conception. Il a un potentiel important dans de nombreux
pays du monde où pousse le bambou ou la canne à sucre et est particulièrement
adapté aux unités d'habitation à un ou deux étages. Comme toute forme de
construction, il a quelques limites. Malgré cela, avec une bonne conception, il peut
répondre aux exigences de la plupart des pays, peut avoir une durée de vie supérieure
à 50 ans et peut résister aux tremblements de terre et aux vents forts dans les régions
les plus dangereuses du monde.

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P a g e | 77
Annexe A: Exemple de dessin du logement bahareque
L'ensemble de dessins suivant est un échantillon tiré du projet d'habitation REDES au
Salvador, tel que décrit à la section 2.3. Les dessins sont destinés à illustrer certains
des détails requis et sont présentés ici à titre d'information - ils ne devraient pas être
utilisés pour la construction.

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