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REPUBLIQUE DU CAMEROUN

Paix-Travail-Patrie REPUBLIC OF CAMEROON


**** Peace-Work-Fatherland
MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT ****
SUPERIEUR MINISTRY OF HIGHER EDUCATION
**** ****
ECOLE NATIONALE SUPERIEURE NATIONAL ADVANCED SCHOOL OF
DES POSTES ET POSTS AND TELECOMMUNICATIONS
TELECOMMUNICATIONS ET DES AND TECHNOLOGIES OF
TECHNOLOGIES DE INFORMATION AND
L’INFORMATION ET DE LA COMMUNICATION
COMMUNICATION

LA REGULATION DES
DEUXIEME COMMUNICATIONS
PARTIE : ELECTRONIQUES

Encadreur : Mme MVOGO Chantal

Année Scolaire : 2021/2022


PLAN DETAILLE

 Quelques définitions
 Les objectifs de la régulation
 Le service universel
 La notion d’opérateur
 Protection du consommateur
 Missions et pouvoirs du régulateur
 Les analyses de marché
 Les fréquences
 Les règlements de différends
 Les sanctions
Quelques définitions

La régulation

Méthode juridique d’intervention économique de l’Etat pour veiller à l’effectivité


de la concurrence dans un secteur donné (permettre la construction de secteurs
économiques et favoriser l’arrivée de nouveaux entrants)

le service universel est la possibilité offerte à toute personne, de pouvoir


être raccordée aux réseaux publics et d'avoir accès aux services de base de
communications électroniques:
le bénéfice des autres services de communications électroniques selon la zone de
couverture de chaque service; la liberté de choix du fournisseur des services de
communications électroniques; l'égalité d'accès aux services de communications
électroniques; l'accès aux Informations de base relatives aux conditions de
fourniture des services de communications électroniques et de leur tarification.

La neutralité technologique

- Le principe de la neutralité technologique veut que les mêmes règles s'appliquent


à tous les types de réseaux et de services de communications électroniques,
suivant le principe de la réglementation horizontale. Il s'agit d'une conséquence
naturelle de la prise en compte de la convergence qui rend obsolète la
réglementation sectorielle caractérisant l'ancien cadre.

La veille juridique consiste plus spécifiquement pour une organisation ou un


individu à:

 Identifier à travers différentes sources d’informations sélectionnées, toute


nouvelle disposition juridique ou texte de droit.
 Traiter cette information en lui donnant une pertinence juridique ;
 Diffuser cette information à son demandeur, à un réseau de personnes
intéressées (diffusion par « abonnement », ou en mode « push »

Veille interne :

Il s’agit pour une entreprise d’effectuer une réunion hebdomadaire durant


laquelle peut être exposée la veille juridique de la semaine en fonction des
spécialités. Sinon on peut utiliser internet ou idéalement compléter par
intranet. On peut aussi avoir un Monsieur Veille.

Objectifs de la régulation
 Fourniture et financement de l’ensemble des composantes du service
public, y compris le service universel
 Accès et interconnexion, égalité des conditions de concurrence et de non-
discrimination
 Respect du secret des correspondances et protection des données
personnelles
 Utilisation et gestion efficaces des ressources en fréquences et en
numérotation
 Exercice au bénéfice des utilisateurs d’une concurrence effective et loyale
 Développement de l’emploi, de l’innovation et de la compétitivité dans le
secteur des communications électroniques
 Prise en compte l’intérêt des territoires et des utilisateurs dans l’accès aux
services et aux équipements

Les obligations de service public

Les missions de service public comprennent


– Le service universel des communications électroniques
– Les services obligatoires de communications électroniques
– Les missions d'intérêt général dans le domaine des communications
électroniques, en matière de défense et de sécurité, de recherche publique et
d'enseignement supérieur.

Qu’est-ce que le service universel ?

(Toute personne a le droit de bénéficier des services de sa localisation


communications électroniques, quelle que soit géographique sur le territoire
national) :

Notion anglo-saxonne, le service universel a d’abord été introduit en Europe par


la commission européenne en 1992 qui la définissait comme un service minimum
donné, dont la qualité est spécifiée, pour tout utilisateur, à un prix accessible. La
notion a ensuite été reprise par les législations des pays africains, le plus souvent
influencés par la législation française.

Le service universel serait d’avantage un service minimum de base dans un


environnement concurrentiel qu'un véritable service public entendu dans sa
conception extensive. La notion de service universel a pris une part de plus en
plus importante dans les débats politiques. Tantôt, celle-ci est présentée comme
l’alliée d’une vision très « économiste » de la déréglementation, tantôt, elle est
vue comme une politique sociale qui s’oppose aux forces du marché pour installer
une nouvelle société, dite de l’information.

Le service universel est « un ensemble de services minimal défini d’une


qualité donnée, qui est accessible à tous les utilisateurs indépendamment de leur
localisation géographique et, à la lumière des conditions spécifiques nationales, à
un prix abordable »

Le service universel permet de fournir à tous les services de communications


électroniques essentiels, lorsque le marché ne permet pas aux consommateurs un
accès peu onéreux aux services de base, en particulier ceux habitant dans des
zones éloignées disposant de faibles revenus ou souffrant d’un handicap.

Le service universel couvre notamment :

o Le service téléphonique public ;

o L’accès à l’internet à un débit suffisant et aux services permettant


l’inclusion des populations dans la société de l’information ;

o L’accès gratuit aux services d’urgence ;

o L’accès à l’annuaire universel des abonnés sous forme imprimée et


électronique ;

o L’accès aux services de renseignements gratuits.

Selon l’Article 5 Alinéa 2 du décret N° DECRET N° 2013/0398/PM du 28


Février 2013 fixant les modalités de mise en œuvre du service universel et du
développement des communications électroniques. Le service universel se
différencie du service public à bien des égards.

Le service public :
La notion de service public quant à elle renvoie à une activité exercée directement
par l’autorité publique (Etat, collectivité territoriale ou locale) ou sous son
contrôle dans le but de satisfaire un besoin d’intérêt général.

Certaines de ces activités sont liées à la souveraineté de l’Etat (activités dites


régaliennes comme la justice, la police, la défense nationale, les finances
publiques…), d’autres relèvent du secteur marchand, notamment lorsque les prix
et le niveau de qualité des prestations ne seraient pas ceux attendus par le pouvoir
politique si elles étaient confiées au secteur privé.

Le fondement de la notion de service public est que certaines activités sociales


considérées comme essentielles et stratégiques doivent être gérées selon des
critères spécifiques pour permettre un accès à tous et contribuer à la solidarité et
à la cohésion sociale, culturelle et économique de la société. Ces activités doivent
donc échapper à la logique du marché et à la recherche du profit. C’est le cas en
particulier, lorsque sont nécessaires :

 Des investissements lourds non rentables à court terme,

 Une gestion à long terme,

 La sauvegarde d'un bien rare et précieux,

 La gestion d'un espace.

Les trois grands principes auxquels sont soumises les missions de services publics
sont la mutabilité (capacité d’adaptation aux conditions et aux besoins), l’égalité
(dans l’accès au service et dans les tarifs) et la continuité.

Il est important de noter que le service universel est primordial car le besoin de
communiquer à distance existe partout en Afrique comme ailleurs mais pour des
raisons qui peuvent être différentes de celles des pays développés.

 Téléphoner peut jouer un rôle central dans des sociétés de l’oralité, au fort
taux d’analphabétisme et en l’absence de transcription écrite de
nombreuses langues.

 Utiliser le courrier électronique peut être particulièrement efficace face à


des services postaux déficients et des transports difficiles et coûteux. La
transmission d’un document par e-mail coûte jusqu’à 5 fois moins cher que
par fax et cet e-mail n’est pas perdu en cas de coupure d’électricité !

 Grâce aux télécommunications, il est possible de maintenir un lien avec les


immigrés de la diaspora qui apportent un soutien essentiel aux familles.
 La jeunesse de la population est un atout. Le développement mondial
d’Internet montre en effet une appropriation massive de l’outil par les
jeunes : on observe bien souvent un niveau de maîtrise inversement
proportionnel à l’âge.

Le service universel est un concept mis en place par l’Union Internationale des
Télécommunications (UIT) pour harmoniser le marché des télécommunications.
Il a été ensuite élargi dans certains pays à d’autres secteurs comme la poste et
l’électricité, afin de promouvoir la coordination des services d’intérêt économique
en général. Le but est de renforcer l’unité nationale comme un grand marché. En
outre, le service universel vise à maintenir pour tous les utilisateurs ou
consommateurs l’accessibilité et la qualité des services pendant la transition d’une
situation de monopole à celle de marchés ouverts à la concurrence.

Il se pose la question de savoir si l’environnement juridique et institutionnel du


Cameroun favorise le développement des communications électroniques en tenant
compte du service universel.

Du financement du service universel

Son financement est réglé par deux grands principes notamment :

La création d’un fonds social alimenté par l’ensemble des opérateurs, assortie
d’une mise aux enchères de la fourniture exclusive du service universel (ou de
certaines parties de celui-ci), finalement attribuée à l’opérateur réclamant la plus
petite subvention ;

Un prélèvement sur les charges d’accès aux infrastructures, plus favorable à


l’opérateur historique qui bénéficie de l’asymétrie d’information concernant ses
coûts et qui reste, de facto, le fournisseur du service universel.

Par contre, au Cameroun, la gestion du fonds social est l’exclusivité de l’Etat


garant du déploiement du service universel en l’absence d’un opérateur désigné.

Cadre juridique international et national

 Sur le plan international


La Conférence mondiale de développement des télécommunications (Dubaï,
2014), prend la recommandation ci-dessous:
 RECOMMANDATION UIT‐D 20 Initiatives politiques et réglementaires
en faveur du développement des télécommunications/technologies de
l'information et de la communication/du large bande dans les zones
rurales et isolées

Recommande :

 Que les gouvernements et les régulateurs du monde entier en général, ainsi


que des pays en développement et des PMA en particulier, prennent des
mesures réglementaires et politiques pour accélérer le développement des
télécommunications/TIC/du large bande dans les zones rurales et isolées,
dans le cadre d'interventions ou d'initiatives politiques et réglementaires
spéciales qui seront intégrées dans leurs plans nationaux de
développement;
 Que les opérateurs et les fournisseurs de services mettent en œuvre un
service universel de télécommunication/TIC dans les zones rurales et
isolées;
 Que les Membres de Secteur, les Associés et les établissements
universitaires prennent des mesures, afin d'entreprendre davantage
d'études sur les équipements économiques, à faible consommation
d'énergie et propres qui conviennent pour le développement de
l'infrastructure des TIC dans les zones rurales et isolées;
 que les techniques et technologies perfectionnées et rentables de
développement des infrastructures à large bande les mieux adaptées aux
conditions géographiques et économiques des zones rurales et isolées
soient mises en place, pour permettre à ces zones d'avoir accès à différentes
cyber-applications, en particulier à celles qui les intègrent dans des
secteurs nationaux tels que la cybergouvernance, la cyber-santé, le cyber-
enseignement, la cyber-agriculture, etc., afin d'insuffler un nouveau
dynamisme au sein des communautés rurales par le biais d'interventions
ou d'initiatives politiques ou réglementaires;
 Que les indices de pauvreté relatifs aux pays ou aux régions publiés par
l'Organisation des Nations Unies/la Banque mondiale soient dûment pris
en considération lors de la mise en œuvre du service universel de
télécommunication/TIC dans les zones rurales et isolées. 1.2.3, du
financement du service universel et du développement des
communications électroniques.
Le service universel pour son bon développement dans notre pays le Cameroun,
est soutenu par le Fonds Spécial des Télécommunications (FST).

L’article 34 alinéa, la Loi N°2010/013 du 21 décembre 2010 régissant les


communications électroniques au Cameroun stipule que les ressources du Fonds
Spécial des Télécommunications sont des deniers publics destinés, suivant les
priorités arrêtées par les pouvoirs publics au financement du service universel des
communications électroniques. Dans son Alinéa 4, les ressources du FST sont
recouvrées par l’ART visée à l’article 36 ci-dessous et déposé dans un compte
ouvert à la banque centrale.

L’article 34 alinéa 3 de la LOI N°2015/006 du 20 Avril 2015 modifiant et


complétant certaines dispositions de la Loi N°2010/013 du 21 décembre 2010
régissant les communications électroniques au Cameroun, les ressources du Fonds
Spécial des Télécommunications sont des deniers publics destinés, suivant les
priorités arrêtées par le ministère en charge des communications électroniques
(MINPOSTEL) au financement du service universel des communications
électroniques.

Dans son Alinéa 4, les ressources du FST sont recouvrées par l’ART visée
à l’article 36 ci-dessous et déposé dans un compte ouvert à cet effet dans un
établissement financier agréé par la COBAC.

L’obligation de service universel des communications électroniques couvre la


fourniture à tous, des services de communications électroniques de bonne qualité,
à des conditions tarifaires abordables, et de façon ininterrompue.

 Sont considérés comme faisant partie de l'obligation de service universel


des communications électroniques:
 La possibilité de raccordement au réseau téléphonique public;
 La mise à disposition des points d'accès public aux services de
communications électroniques sur l'ensemble du territoire;
 L’accès aux services d'urgence;
 La possibilité pour certains groupes sociaux de bénéficier de mesures
particulières; l'acheminement des communications électroniques en
provenance et à destination des points d'abonnement;
 l'acheminement gratuit des communications électroniques d'urgence;

la fourniture d'un annuaire universel d'abonnés imprimé et électronique et


d'un service de renseignement gratuit;
 Toute autre activité du secteur des Télécommunications et des
Technologies de l'Information et de la Communication, arrêtée par les
pouvoirs publics.
Les différents acteurs internationaux et nationaux

Les acteurs internationaux

 Union Internationale des Télécommunications (UIT) ;


 Union Africaine des Télécommunications (UAT) ;
 Le Commonwealth Telecommunications Organisation (CTO) ;
 Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC)
 Assemblée des Régulateurs des Télécommunications de l’Afrique centrale
(ARTAC)
Les acteurs nationaux

 Le parlement
 Le MINPOSTEL
 Agence de régulation des Télécommunications (ART)
 L’Agence National des Technologies de l’Information et de la
Communication (ANTIC)
 Les Opérateurs (CAMTEL, MTN, ORANGE, NEXTTEL)
 Les fournisseurs d’accès internet (FAI)

Les enjeux du service universel

Les enjeux politiques :

 Il s’agit de maintenir la cohésion sociale à travers un mécanisme de


redistribution.
Les enjeux économiques :

 Les obligations faites à certains acteurs du marché ne doivent pas


provoquer de distorsion dans le fonctionnement de la concurrence.
 Le développement des télécommunications sur l’ensemble du territoire
permet de générer des externalités positives.
Les enjeux d’équité et intérêt général :
 Ils trouvent une justification sociale à savoir la réduction des inégalités,
dont dépendent la cohésion sociale et plus généralement, l’idée de « justice
sociale ».

La protection des consommateurs

Elle doit rester une préoccupation centrale pour les organes de régulation.
En effet, les opérateurs régulés sont tenus d’observer une éthique professionnelle
solide et orientée vers la satisfaction des besoins des consommateurs.

Ils doivent assurer la meilleure qualité des produits et services mis à la


disposition des consommateurs ;

 S’assurer de l’emploi de la technologie de pointe ;


 Observer les règles loyales de marketing ;
 Pratiquer des prix abordables ;
 Développer les services après-vente ;
 Mettre sur pied un service d’accueil et d’encadrement du client (« Le
client est roi ») (Customer care, consumer service,…) ;
 Veiller à l’information des consommateurs ;
 Concourir au règlement rapide des réclamations des clients (Privilégier
le règlement interne et non contentieux).
 Les droits du consommateur des CE
Le consommateur des services de communications électroniques à droit
notamment à :
 L’accès aux services de communications électroniques, avec des standards
de qualité et de régularité inhérents à sa nature, partout sur le territoire
national;
 La liberté de choix de son fournisseur de services;
 La non-discrimination en matière d'accès et de conditions d'utilisation du
service ;
 L’information adéquate concernant les conditions de fourniture des
services, les tarifs et les autres frais afférents;
 L’inviolabilité et au secret de ses communications, excepté dans les
conditions légalement et réglementairement applicables ;
 Sa demande, à la non-divulgation de son identificateur d'accès;
 La non-suspension du service fourni, excepté pour non-respect des clauses
de son contrat;
 L'information au préalable sur les clauses de suspension du contrat;
 La saisine de l'Agence et des organismes de protection des consommateurs,
des plaintes contre le fournisseur de services;
 Des réponses du fournisseur de services concernant ses plaintes;
 Une indemnisation pour les dommages découlant de la violation de ses
droits,

Les obligations du consommateur

 Le consommateur des services de communications électroniques a


l'obligation:
d'utiliser adéquatement les services, équipements et réseaux de
communications électroniques mises à sa disposition;
 De respecter la propriété publique;
 De communiquer aux autorités compétentes, les irrégularités et actes
illégaux commis par les fournisseurs de services de communications
électroniques.
Les opérateurs prennent toutes les mesures relatives notamment, à la
protection de la vie privée, à la sécurité, à l'information sur la qualité de
service, les tarifs et les coûts de communications électroniques.

La notion d’opérateur de communications électroniques

Un opérateur est toute personne physique ou morale exploitant un réseau


de communications électroniques ouvert au public ou fournissant au public un
service de communications électroniques
La qualité d’opérateur entraîne des droits (Accès et interconnexion, ressources
et droits de passage)
Et des obligations(les taxes notamment).

L’analyse de marché

Le processus d’analyse des marchés est :


-Un processus qui est très proche du droit de la concurrence
-Un processus adapté à l’évolution de la concurrence sur les marchés pertinents
-Un processus complexe nécessitant des analyses concurrentielles et économiques
poussées
(Analyse de la substituabilité ,Analyse de la puissance, Choix et justification
des obligations)
-Un processus très encadré juridiquement(Obtention d’information des opérateurs
et parties intéressées, Première consultation publique sur l’analyse de l’Agence ,
prise en compte des observations…

L’analyse de marché: trois étapes, des cycles

A partir de la recommandation de la Commission et selon les principes et


méthodes du droit de la concurrence:
- Définition du marché pertinent en termes de produits et de services, et d’un point
de vue géographique ;
- Désignation éventuelle des opérateurs disposant d’une influence significative
(une puissance de marché significative, i.e. une position équivalente à la position
dominante du droit de la concurrence) sur le marché pertinent défini en 1.
- Choix des obligations par l’Agence imposées aux opérateurs puissants
déterminée en 2., et proportionnées aux objectifs de la régulation.

LA GESTION DES FREQUENCES

Cadre législatif et réglementaire

La gestion des fréquences s’appuie sur un arsenal de textes législatifs et


réglementaires comprenant :
 La loi n°2010/013 du 21 décembre 2010 régissant les communications
électroniques au Cameroun (Titre IV, Chapitre II (article 36), Chapitre III
(articles 37 à 41)) ;
 La loi n°67/LF/20 du 12 juin 1967 portant réglementation de la
radioélectricité privée et fixant le régime des taxes correspondantes,
modifiée et complétée par la loi n°81/04 du 7 juillet 1981 portant
réaménagement des taxes des télécommunications (dispositions non
pertinentes dans le contexte actuel) ;
 Le décret n°2005/124 du 15 avril 2005 portant organisation du Ministère
des Postes et Télécommunications (Titre V, Chapitre III, Section III,
articles 45 – 47) ;
 Le décret n°2006/092 du 21 mars 2006 portant organisation du Ministère
de la Communication (Titre IV, Chapitre IV, articles 35 – 38). Dispositions
non pertinentes ;
 Le décret n°98/197 du 08 septembre 1998 portant organisation et
fonctionnement de l’Agence de Régulation des Télécommunications
(dispositions non pertinentes dans le contexte actuel).
Ce cadre est en perpétuelle amélioration en vue d’éradiquer les dispositions non
pertinentes dans le contexte d’une gestion moderne des fréquences de
radiocommunications.

Rôles et missions des intervenants dans la gestion des fréquences

La mission de gestion du spectre de fréquences incombe au MINPOSTEL.


Cette administration s’appuie, pour cela, sur un certain nombre d’acteurs
institutionnels impliqués dans la gestion des fréquences notamment le CIABAF
en matière de planification du spectre et l’ART pour les activités opérationnelles
(assignation, contrôle, coordination nationale et aux frontières, la perception de la
redevance et frais). Le rôle de l’ART devrait être renforcé en lui assignant
l’activité de notification internationale des assignations nationales. Il s’agira pour
le MINPOSTEL de garder la main sur les missions essentiellement régaliennes
telles que la réglementation, la planification et la coordination internationale.
Le tableau ci-dessous donne une vue synoptique des activités de gestion
du spectre de fréquences et les rôles joués par certains acteurs institutionnels.

Les rôles des acteurs dans la gestion du spectre de fréquences


Activités de gestion Intervenants
Aspects financiers MINPOSTEL/MINEFI/ART
Assignation ART
Contrôle ART
Coordination internationale MINPOSTEL
Coordination nationale ART
Coordination aux frontières ART
Ingénierie MINPOSTEL/ART
Notification internationale MINPOSTEL/ART
Notification nationale ART
Planification MINPOSTEL/CIABAF
Réglementation MINPOSTEL

Procédure d’assignation suivant les cas :

1er cas : demande émanant des opérateurs à concession


Les ressources en fréquences font l’objet de négociation et sont contenues dans
les conventions de concession des opérateurs. Les demandes supplémentaires font
l’objet d’un examen particulier par l’ART sur instruction du Ministère des Postes
et Télécommunications.

2ème cas : demande émanant des fournisseurs de services de communications


électroniques et autres utilisateurs publics et privés (insérer chronogramme)
Demande accompagnée d’un dossier administratif et d’un dossier technique sont
déposés auprès de l’ART.
Instruction du dossier par l’ART.
Résultat de l’étude de dossier.
Si résultat favorable, délivrance Accord d’assignation de fréquences.
Paiement de la redevance à l’ART

3ème cas : demande émanant des opérateurs audiovisuels


Dossier d’agrément déposé auprès du MINCOM.
MINCOM instruit le dossier.
MINCOM fait demande de disponibilité de ressource à ART.
ART traite demande MINCOM.
Si résultat favorable, MINCOM délivre l’agrément au demandeur.
Paiement de la redevance à l’ART.

Principales utilisations des fréquences au Cameroun

L'utilisation des fréquences est diverse avec de nombreux utilisateurs


provenant de toutes les couches sociales. Ces utilisateurs font usage des
fréquences radioélectriques pour effectuer des communications à travers des
réseaux privés et des réseaux ouverts au public.
Le cadre réglementaire a défini les catégories d'utilisation des fréquences
ainsi que les frais et la redevance d’utilisation du spectre à payer. Ledit cadre
distingue deux catégories d'utilisateurs des fréquences radioélectriques :
- Les réseaux privés dont les communications établies sont des échanges
d'information fermés au sein d'un groupe d'individus et répondant aux
besoins de la personne physique ou morale ;
- Les réseaux ouverts au public pour lesquels les communications établies
bénéficient directement au grand public.
En reflétant ces deux catégories dans divers domaines d'activités au
Cameroun qui utilisent les réseaux de radiocommunications, les secteurs
concernés sont les télécommunications, l’audiovisuel et les transports.

SECTEUR DES TELECOMMUNICATIONS ET TIC

A la faveur de la libéralisation intervenue en 1988 avec la promulgation


successive de la Loi 98/014 du 14 juillet 1988 et de la loi n°2010/013 du 21
décembre 2010 régissant les communications électroniques, ce secteur a connu et
connait le plus grand engouement en matière d'utilisation des fréquences pour
l'établissement des réseaux ouverts au public et des réseaux privés. Il s’agit de :
 La téléphonie mobile de la norme GSM et CDMA. Trois opérateurs
disposant des conventions de concession avec l'État, sont en activité. Les
réseaux établis par ces derniers concernent d'une part les fréquences en
bandes 800 MHz, 900 MHz et 1800 MHz pour l'établissement des liens
entre les terminaux téléphoniques et les antennes dites BTS (Base
Transceiver Station) et d'autre part, les liaisons faisceaux hertziens urbains
(Bandes 10.5, 13, 15 et 18 GHz) et interurbains (Bandes 4, 6, 7 et 8 GHz) ;
 La fourniture du service Internet et des autres services à valeur ajoutée sur
les bandes dédiées : 2,2 GHz ; 2,3 GHz ; 2,4 GHz ; 2.5 GHz ; 3,4 GHz et
5,8 GHz ;
 Les réseaux privés de type PMR (Private Mobile Radio) communément
appelés les réseaux Talky-wallkies. Ces types de réseaux en bande
VHF/UHF, sont généralement établis par les entreprises pour leur besoins
internes en communication. Il s'agit des sociétés de construction, de
production des biens et services, de gardiennage, de distribution
d'électricité et d’eau, de transport, de production et d'exploration de pétrole
etc.;
 Les réseaux privés de type HF. Ces réseaux en bande HF (3-30 MHz) sont
établis pour les communications à grandes distances (plus de 1000 km) et
surtout en zones dépourvues de tout autre moyen de communication. Les
principaux utilisateurs sont les sociétés forestières et minières, les
radioamateurs, les congrégations religieuses, les organismes
internationaux, les organismes non gouvernementaux et les représentations
diplomatiques ;
 Les réseaux des administrations publiques et des administrations en charge
de la défense et la sécurité nationales dans diverses bandes de fréquences.

SECTEUR DE L’AUDIOVISUEL
Le secteur de l’audiovisuel a été libéralisé en 1990 avec la promulgation
de la loi n°90/052 du 19 décembre 1990 sur la communication sociale au
Cameroun. Depuis lors, les services de la radiodiffusion sonore et télévisuelle
appartenant à l'Etat ont été mis en œuvre à côté de ceux des sociétés privées.

SECTEUR DES TRANSPORTS (AERONAUTIQUE CIVILE, MARITIME, TERRESTRE)


Chargée de la supervision et du développement de l’aviation civile au
Cameroun, la Cameroun Civil Aviation Authority (CCAA) utilise des bandes de
fréquences dédiées à la navigation aérienne conforment au Règlement des
radiocommunications et aux clauses de OACI (Organisation de l'Aviation Civile
Internationale). Les fréquences sont destinées à la navigation et au contrôle du
trafic aérien. L'ASECNA (Agence pour la Sécurité de la Navigation Aérienne)
dispose des stations de radiocommunication (radars, balises etc..) dans tous les
aéroports du Cameroun. Ces stations utilisent les fréquences des bandes attribuées
aux services de la radionavigation aéronautique et du mobile aéronautique. Le
réseau ainsi déployé est en cours de densification.
Concernant le transport terrestre, un réseau de radiocommunications a été
déployé le long de la voie ferroviaire Douala-N’Gaoundéré et Douala-Kumba
pour un total de 900 kilomètres environ. Les liaisons hertziennes de courte portée
ont été établies principalement dans les bandes de 1.5 GHz et 2 GHz. Le spectre
hertzien permet de transmettre les informations à distance (sans fil) ou de détecter
des objets à distance c’est une ressource naturelle au cœur de l’économie des
communications électroniques.

Règlement des différends

L’Agence est compétente pour connaître, avant la saisine de toute juridiction, des
différends entre opérateurs des réseaux de communications électroniques relatifs
notamment, à l'interconnexion ou à l'accès à un réseau de communications
électroniques, au dégroupage de la boude locale, à la numérotation, à
l'interférence des fréquences, à la co-localisation physique et au partage des
infrastructures.

L’Agence dispose en son sein, d'un organe chargé du règlement des différends
conformément aux lois et règlements en vigueur. L'Agence peut, d'office ou à la
demande de l'une des parties,
- procéder à une tentative de conciliation afin de trouver une solution amiable au
litige.

- Elle peut prendre des mesures qu'elle juge utiles à cette fin, notamment se faire
assister le cas échéant, par des experts internes ou externes.

Si le litige est réglé à l'amiable en tout ou en partie, l'Agence rédige un procès-


verbal, de conciliation signé par toutes les parties et l'Agence. Au vu du procès-
verbal qui vaut accord entre les parties, l'Agence' prend une décision de
conciliation consacrant la solution à l'amiable du litige.

I. LES SANCTIONS (CF lois sur les communications électroniques)


(quelques illustrations)

Etats des sommes mises en recouvrement et recouvrement effectue


(en 2011, source : MINPOSTEL)

SOMME
SOMME A
VERSEE A
OPERATEURS RECOUVRER INFRACTION OBSERVATIONS
CE JOUR
(FCFA)
(FCFA)

Manque de volonté ;
Liaisons sans
2.103.638.450 519.000.000 Avis de recouvrement
autorisation
MTN initié
CAMEROON
Faute ressource
523.220.200
numérotation
Opposition du
1.000.000.000 CONSUP à la
et 2.2 milliard commutation ;
commuté en nécessité d’un audit sur
4.182.284.284 investissement l’investissement ; le
qu’ORANGE a reste des 400 Millions à
ORANGE effectué dans 3 payer avant la conduite
localités à tenir pour
l’investissement

Faute ressource
940.245.200
numérotation

1.231.245.200
après
ORANGE abattement de Copie de la décision
MULTIMEDIA 700 millions d’abattement attendue
accordé par
DG/ART

Sollicite une séance de


Faute ressource
CAMTEL 897.280.000 travail avec la
numérotation
hiérarchie

exploitation Sanction très


ALINK 80.000.000 frauduleuse des élevée pour ALINK;
fréquences pas prête à payer

Installation sans
Versement de 2
CREOLINK 238.000.000 autorisation de 12.000.000
millions chaque mois
la FO

Installation d'un
Réunion prévue avec
réseau privé
AES SONEL 500.000.000 AES SONEL le
sans
15/10/10/2014
autorisation
RINGO a assigné
RINGO 420.950.550
l'ART en justice
TOTAL 7.991.202.734

Il ressort du tableau récapitulatif que les sommes mises en recouvrement


s’élèvent à Sept milliards neuf cent quatre-vingt-onze millions deux cent deux
mille sept cent trente-quatre francs CFA
MTN CAMEROON :

L’ART par les décisions N°70 du 30 Juin 2011 et N°266 du 03 Octobre 2013
déclare plus de 146 liaisons de transmission qui ont été installées sans autorisation
sur toute l’étendue du territoire. Ce qui correspond à une pénalité évaluée par
l’ART à un montant d’un peu plus de deux milliards FCFA.

L’ART a établi que la société a fait une mauvaise utilisation de la ressource


Numérotation et la sanctionne pour un montant légèrement supérieure à cinq cent
vingt-trois millions FCFA (décision N° 65 du 22 Juin 2011).

ORANGE CAMEROUN:

La décision N°64 du 22 Juin 2011 issue de l’ART sanctionne ORANGE


CAMEROUN pour utilisation des liaisons de transmission interurbaines et lui
inflige une pénalité de plus de quatre milliards FCFA.

L’ART a établi que la société a utilisé frauduleusement les fréquences et doit à


cet effet payer une pénalité d’un peu plus 1,9 milliard. Le DG de l’ART a par la
suite abattu cette somme d’un montant de sept cent millions FCFA.

CAMTEL

Il a été établi que la société a mal utilisé la ressource numérotation. Sa pénalité


s’élève à un peu plus de huit cent quatre-vingt millions FCFA.

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