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!! cas pratique : les exceptions / dans quel cadre le débiteur peut exercer un recours !!

1er cours : 07.04.2022

Thème 1 : La solidarité

La solidarité a pour objet de faire obstacle à la divisibilité. Il existe dans le code civil deux types
d’obligations solidaires :
- l’une concerne la solidarité entre les créanciers
- l’autre concerne la solidarité entre les débiteurs. En pratique, c’est à celle-ci qu’on est le plus
confronté.

En présence d’une pluralité de créanciers, on parle d’une solidarité active. On parle de solidarité
passive en présence d’une solidarité entre les débiteurs. Qu’elle soit active ou passive, la solidarité
est considérée comme une exception au principe de la divisibilité. C’est pourquoi l’article 1310 du
CC indique que la solidarité est légale ou conventionnelle (=source) et elle ne se présume pas. En
principe, la règle c’est celle de la divisibilité.

En principe, les obligations sont divisibles mais en pratique, la solidarité est toujours la règle. Elle
est systématiquement et pratiquement toujours stipulée.

§1. La solidarité active


=> la moins fréquente

1. La notion

Elle est active lorsqu’un débiteur unique est tenu face à plusieurs créanciers. Cette solidarité
permet à l’un quelconque des créanciers d’exiger du débiteur le paiement intégral de la créance. Le
paiement réalisé entre les mains d’un seul créancier, libère le débiteur à l’égard de tous les autres.
Ainsi, le débiteur ne pourra pas être tenu de payer plus que la dette.

Cette solidarité est assez peu utilisée en pratique. Par ex, elle peut servir d’explication aux
conjoints.

Avant la réforme de 2016, l’article 1197 ancien du CC, imposait le caractère nécessairement
express de la solidarité active. À cet égard, la JP se montrait très exigeante. Ainsi, pour preuve, un
arrêt (ancien car avant réforme) du 27 avril 2004 : acte de vente stipulant qu’il y avait solidarité
entre tous les vendeurs d’une part et tous les acquéreurs d’autre part. La CA avait estimé que cette
clause était suffisante pour permettre à l’un des vendeurs de poursuivre seul le remboursement
intégral de la créance. Cet arrêt fut cassé. Pour justifier cette censure, la CC a estimé que la CA
n’avait pas retenu que le titre donnait expressément à chacun des créanciers le droit de demander le
paiement total de la créance. Autrement dit, il ne suffit que l’acte contienne une clause de solidarité,
il faut en outre préciser expressément que chacun des créanciers a le droit de demander le
paiement de la totalité de la créance.

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Cette solution est toujours actuelle depuis la réforme ? La réforme a abandonné le caractère express
de la solidarité. On pourrait déduire de cela, qu’une simple mention à l’égard des créancier est
suffisante. La JP doit se prononcer sur la question car il n’y a actuellement pas de réponse.

2. Les effets

Le créancier a qualité pour recouvrer et sauvegarder la créance. Mais, il ne peut pas en disposer.
Conséquences :
- chacun des créanciers peut demander la totalité de la créance au débiteur. Et
réciproquement, le débiteur peut choisir celui qu’il paiera (exception: sauf s’il est poursuivi par l’un
des créanciers).
- la mise en demeure fait par l’un des créanciers produit ses effets à l’égard de tous les
autres.
- il en va de même des actes interruptifs ou suspensifs de prescription qui sont accomplis par
l’un des créanciers profite à tous les autres.
- la remise de dette consentie par l’un des créanciers ne libère le débiteur que pour la part de
celui-ci. Un seul créancier ne peut consentir une remise de dette sur l’ensemble de la créance.

Dans les rapports entre créanciers, le principe est que le créancier qui a reçu le paiement agit dans
l’intérêt commun. Chaque créancier n’a donc vocation à conserver que sa part de la créance. Les
autres créanciers disposent dès lors d’un recours pour que la créance reçue par l’un deux soit
répartie entre tous. Cette répartition se fait proportionnellement au droit de chacun et sauf
stipulation contraire, cette réparation se fait à part égale.

Cette technique est dangereuse pour l’ensemble des créanciers car elle fait dépendre leurs sorts de
l’attitude de l’un d’entre eux. Si le créancier ayant reçu le paiement a tout dépensé, alors les autres
peuvent-ils se retourner contre le débiteur ? Non, car celui-ci a tout payé.

§2. La solidarité passive

1. La notion

Elle est plus fréquente en pratique. Elle met en présence plusieurs débiteurs avec un ou plusieurs
créanciers. Le créancier peut exiger de l’un quelconque débiteur le paiement intégral de la dette.
Cette technique est plus intéressante pour le créancier : accroitre ses chances d’être payé (=débiteur
le plus solvable).

Elle joue une fonction de garantie. Son rôle étant important, il convient d’en préciser les sources
(d‘où vient-elle?) avant d’en indiquer les effets.

2. Les sources

Elle est soit conventionnelle soit légale.

a. La solidarité conventionnelle

Elle est très fréquente en pratique.


En matière de bail, elle doit par exemple être stipulée entre concubins.
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En matière civile, la JP n’impose aucun formalisme particulier pour que la solidarité soit considérée
comme ayant été stipulée. Il suffit que la solidarité ressorte du titre constitutif de l’obligation
(clairement exprimée) pour qu’elle soit retenue. Il n’est pas forcément nécessaire qu’elle soit
qualifiée de solidaire.
Cette solution résulte d’un JP libérale qui s’est développée avant 2016 alors pourtant que l’ancien
article 1202 du CC exigeait que la solidarité ait été expressément stipulée. Mais la JP s’éloignait de
cette exigence d’un caractère express de cette solidarité. La réforme a abandonné le caractère
express de la solidarité. Elle peut résulter des termes générales de la convention (ne mentionne par
le mot « solidarité » mais « codébiteur soit tenu de payer au créancier »).

En matière commerciale, en revanche, la solidarité est présumée. Autrement dit, est-ce qu’il est
possible d’écarter la solidarité ? Oui, si on le prévoit expressément. Présumé veut dire que si on dit
rien la règle de solidarité s’applique. Si on veut l’écarter, il faut le prévoir expressément. Pourquoi
cette présomption ? Ça s’explique par l’idée que la solidarité permet une sécurité de paiement, de
favoriser la vie des affaires. Il doit s’agir d’engagements commerciaux même s’ils ne sont pas
souscrits par des commerçants. Même dans les actes mixtes (entre un commerçant et un non-
commerçant), ça s’applique. Par contre, elle devra être présumée à l’égard du débiteur commerçant
et devra être stipulée à l’égard du non-commerçant.

b. La solidarité légale

Elle comporte un nombre considérable d’hypothèses. Il existe de nombreuses dispositions légales


qui créaient des cas de solidarité passive. Ces cas vont en se multipliant et la JP a plutôt tendance à
interpréter ces hypothèses de façon extensive par faveur du créancier.

Il est difficile de dresser la liste de tous les cas où la solidarité est prévue par la loi :
- la solidarité des époux dans les taches ménagères art 225 du CC
- dettes contractées pour la vie courante dans le cadre du PACS art 515-4
- complicité ou co-action
- etc.

3. Les effets

Les effets de la solidarité sont les mêmes qu’elles soient d’origine légale ou conventionnelle. Ces
effets sont de deux sortes :
- l’obligation à la dette : concerne les rapports du créancier avec les débiteurs.
- la contribution à la dette : concerne les rapports entre les codébiteurs.

a. L’obligation à la dette

Il est classique de distinguer entre les effets principaux et les effets secondaires de la solidarité
passive.

i. Les effets principaux

Certains découlent de ce qu’on appelle l’unicité de la dette : tous les débiteurs doivent la même
chose. D’autres s’expliquent par l’existence d’une pluralité de liens obligatoires : l’obligation de
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chacun conserve une certaine indépendance par rapport à celle des autres. Deux principes : unicité
de la dette et pluralité de liens obligatoires.

a) Le paiement de l’obligation solidaire

En vertu de l’unicité de la dette, le créancier peut s’adresse à l’un quelconque des débiteurs pour
demander le paiement de l’intégralité de la dette. Le choix du débiteur est discrétionnaire : il peut
choisir qui il veut. Il n’a pas à informer les autres débiteurs, ni même de les mettre en cause.

Du côté des débiteurs, le débiteur qui est actionné peut seulement appeler en garantie les autres
codébiteurs : si il est assigné par le créancier, pas possible de faire obstacle à son action. Il a la
possibilité d’appeler en garantie.

Le paiement fait par le débiteur libère les autres débiteurs par les autres créanciers.

Quid lorsque le paiement est partiel ? Le créancier dispose de la faculté de poursuivre les autres
débiteurs pour le complément.

En cas de décès de l’un des codébiteurs. Lorsque l’un décède, la solidarité ne disparait pas mais ses
effets sont atténués. Le créancier conserve le droit de demander la totalité de la dette. En ce qui
concerne les héritiers du débiteur décédé, que se passe-t-il? Au préalable, la dette est transmise que
s’il acceptent la succession. Si la dette se transmet, telle n’est pas le cas de la solidarité, qui ne se
transmet pas. La dette se divise entre les héritiers du débiteur décédé. Le créancier ne pourra
réclamer à chaque héritier que la part de celui-ci dans la dette totale.

Ex: dette de 900€. trois débiteurs. un débiteur meurt. deux héritiers du débiteur décédé. deux
débiteurs paient chacun 300€ et les deux héritiers du débiteur décédé paie chacun 150€.

Il existe un moyen d’écarter cet inconvénient : il s’agit de renforcer la solidarité par une stipulation
d’invisibilité de la dette (=débiteurs solidaires et indivisibles). Si la dette est indivisible, le
créancier pourra demander le paiement à chacun des deux héritiers. Dans l’exemple ci-dessus, les
héritiers paieront chacun 300€.

b) L’ opposabilité des exceptions

L’ancien article 1208 du code civil distinguait trois catégories d’exceptions que pouvait invoquer la
codébiteur solidaire, pour ne pas avoir à payer tout, tout de suite, tout seul :
- Les exceptions communes
- Les exceptions personnelles
- Les exceptions personnelles

Le nouvel article 1315 du code civil clarifie la liste des exceptions. Désormais il n’y a plus que
deux types d’exceptions : les exceptions communes et les personnelles.

Les exceptions communes : elles peuvent être invoquées par tous les débiteurs. Article 1315 CC
donne comme exemple la nullité ou la résolution. Il ne s’agit que d’ex, il y a d’autres EC, il peut
s’agir de modalités communes à tous les engagements. Ex: si tous les D se sont engagés à terme, le

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C ne peut en poursuivre aucun tant que le terme n’est pas échu. Il y a certains événement squi
éteignent l’exception commune (prescription).

Les exceptions personnelle (à un débiteur) : elles ne peuvent être opposées que par le débiteur lui
même. Ex donné par l’article 1315 du CC est l’octroi d’un terme. Si le créancier accorde un délai
de paiement, alors les autres codébiteurs ne pourront s’en prévaloir. Mais si une exception
personnelle ne peut être invoquée par le débiteur qu’elle concerne, elle peut avoir pour conséquence
d’éteindre la part de celui-ci. Dans ce cas, les autres codébiteurs peuvent s’en prévaloir lorsque cette
exception diminue le montant total de la dette. L’article 1315 du CC cite comme exemple : la
remise de dette et la compensation.

Les codébiteurs solidaires peuvent invoquer la remise de dette individuelle consentie à l’un deux car
cette remise diminue la part qui leur incombe. Ex: trois débiteurs solidaires d’une dette de 3.000€.
La remise dette de 100€ accordée à l’un deux diminue du même montant la somme totale pouvant
être réclamé aux deux autres restants.

De la même façon, si un débiteur solidaire devient créancier du C, il peut lui opposer la


compensation s’il est poursuivi. Dans ce cas, les autres débiteurs pourront invoquer cette exception
et seront libérés dans la mesure de la compensation. En effet, car la compensation est la paiement.
C’est la paiement le plus sûr, car on est certain d’être payé. Ex: trois débiteurs d’un dette solidaire
de 300. Si l’un peut invoquer la compensation de 100€. Le créancier ne peut qu’invoquer une dette
de 200€.

ii. Les effets secondaires

La solidarité passive entraine des ES, il s’agit d’actes émanant du débiteur ou reçus par lui et qui
produisent des effets à l’égard de tous les autres. Il s’agit d’actes réputés favorables aux codébiteurs
ou permettant au créancier de conserver ses droits à l’égard de tous.

Ces principaux effets sont les suivants :


- tout acte qui interrompt la prescription à l’égard d’un des débiteurs, l’interrompt pour tous
les autres
- la mise en mesure adressait à l’un des débiteurs produit ses effets à l’égard de tous
- la demande d’intérêt moratoire contre l’un des D le fait courir à l’égard de tous les autres
- le serment déféré par l’un des débiteurs produit ses effets à l’égard de tous les autres.

D’autres effets non prévues par le Code civl ont été dégagés par la JP. Les effets sont les suivants :
- le jugement obtenu par le C à l’encontre d’un D a autorité de la chose sujet à l’égard de
tous les autres
- un D peut se joindre hors délai à une voie de recours dès lors que cette voie de recours était
exercée par l’un des autres débiteurs dans les délais

b. La contribution à la dette

On envisage une relation entre les codébiteurs. Il s’agit de savoir comment va se répartir entre eux
la charge définitive de la dette. L’article 1317 du CC dispose que l’obligation solidaire se divise de
plein droit entre les D. Ils ne sont tenus que de leur part respective.
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Pourquoi cette règle ? Elle permet d’éviter les recours en cascade. La S n’est pas maintenue entre
les débiteurs. Un débiteur ne pourrait agir contre un autre codébiteur pour le paiement d’un
excédent. Lorsqu’un codébiteur à payer la totalité, il ne peut réclamer que la part respective. Ça ne
soulève pas de difficulté quand le paiement est intégral.

Lorsque le paiement est partiel, l’étendue du recours contre les autres codébiteurs est plus délicate à
appréhender. Deux réponses sont envisagées abstraitement qui conduisent à des résultats
différents :
- si on prend le montant le montant du paiement partiel : dans ce cas, le codébiteur qui a
payé partiellement peut demander aux autres leurs parts contributives appliqué au montant partiel.
On divise le montant de ce qui a été payé.
- si on tient compte du montant de la dette : le codébiteur qui a payé partiellement, il ne peut
que demander la part contributive appliquée au montant partiel. => la différence. Il ne peut que
réclamer l’excédent.

C’est la deuxième hypothèse qui est retenue : le codébiteur qui a payé partiellement ne peut
réclamer à son coobligé que la fraction excédent sa part dans la datte totale. Ex: Je paie 800€ d’une
dette de 1000€.La part de chacun est de 500€. Alors je peux demander que 300€.

Par conséquent, en cas de paiement partiel, le recours est exercé uniquement si la somme payée
excède la part du codébiteur et uniquement dans la limite de la différence.

Le débiteur qui a payé plus que sa part dispose d’un recours en contribution contre les autres. Il
dispose pour ce faire de deux actions :
- l’une est fondée sur le mandat
- l’une est fondée sur la subrogation.
Le choix du débiteur dépendra da la nature de la créance originaire. Si la créance est originaire
d’une sûreté alors l’action sera subrogatoire.

Si l’un des débiteur n’est pas solvable alors l’insolvabilité se répartie entre les autres débiteurs
solvables.

La réforme de 2016 dit que la solidarité des débiteurs s’étend à l’inexécution de l’obligation. Ils
doivent répondre de manière solidaire en matière de D&I contractuels et des restituions. La
contribution à la dette ne se fait pas à part égale : elle incombe à ceux auxquels l’inexécution est
imputable.

Le recours en contribution, il faudra examiner celui qui est responsable de l’inexécution.

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Thème 2 : La cession de créance


Thème 3 : La subrogation
Thème 4 : La délégation
Thème 5 : Le paiement

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