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Ecole doctorale Sciences de l’Environnement

Thèse
Présentée par

Laetitia FERRER

Pour obtenir le grade de :

Docteur d’université
Spécialité : Géosciences de l’Environnement

Evaluation de l’efficacité de
l’information préventive sur les risques
majeurs destinée au Grand Public :
Application au DICRIM

Soutenue publiquement le « 03/07/2018 » devant le jury composé de :

Aurélie ARNAUD Maitre de conférences Aix Marseille Examinateur


Université
Corinne CURT Ingénieur de recherche, HDR, Irstea Aix- Directrice
en-Provence
Myriam MERAD Directrice de recherche, CNRS - INSHS Examinateur

Patrick PIGEON Professeur, Université de Savoie Rapporteur


Damien SERRE Professeur, Université d’Avignon et des Rapporteur
Pays du Vaucluse
Alexandra SCHLEYER- Maitre de conférences Aix Marseille Examinateur
LINDENMANN Université
Jean-Marc TACNET Ingénieur Ponts, Eaux et Forêts, Irstea Co-directeur
Grenoble
Karine WEISS Professeur, Université de Nîmes Examinateur
Remerciements

Remerciements
L’accomplissement d’un travail de recherche pluridisciplinaire tel que celui-ci ne peut
se faire sans la rencontre de nombreuses personnes que je tiens à remercier à travers
ces quelques lignes.

Pour commencer, j’exprime une profonde reconnaissance et gratitude à ma directrice


de thèse, Mme Corinne Curt. J’ai eu la grande chance de pouvoir réaliser ce projet de
recherche de bout en bout depuis la construction du sujet et de sa problématique jusqu’à
son point final. Cela ne m’aurait pas été rendu possible sans la confiance et le soutien
dont Corinne a fait montre envers moi, son proche encadrement et sa constante
disponibilité pour de riches échanges.
J’exprime également ma reconnaissance à mon co-directeur M. Jean-Marc Tacnet pour
ses conseils et sa force de propositions.

Je souhaite par ailleurs exprimer ma gratitude à Mme Alexandra Lindenmann,


encadrante, qui m’a permis d’approfondir mes connaissances dans les sciences
humaines et sociales au cours d’échanges des plus enrichissants. Je remercie également
Aurélie Arnaud pour avoir pris part à mon encadrement.

Je remercie par ailleurs M. Laurent Peyras pour son accueil au sein de l’unité de
recherche G2DR, à IRSTEA Aix en Provence, dans laquelle ce travail de recherche a été
effectué ainsi que les membres de l’unité. Une attention particulière à M. Patrice Mériaux
pour son aide bienveillante. Je remercie également les collègues grenoblois de l’équipe
Adret pour leurs conseils avisés sur les présentations de mes travaux.

Que MM. Patrick Pigeon et Damien Serre soient ici remerciés pour avoir accepté
d’être les rapporteurs de cette thèse, de même que Mme Myriam Merad pour avoir
accepté de juger ce travail.

Mes remerciements s’adressent également à M.Oury, alors chargé de la prévention


des risques au sein de la Mairie de La Ciotat, pour avoir reçu favorablement nos travaux,
ainsi que notre demande d’autorisation d’interviews d’habitants de La Ciotat. De fait,
que soient associés à ces remerciements les 10 personnes interviewés qui se sont
volontiers prêtés au jeu des entretiens permettant l’obtention d’enrichissants échanges.

J’exprime également ma reconnaissance à M Jean-François Closet, directeur général


adjoint de l’entreprise G2C partenaire socioéconomique de la thèse, pour ses conseils
avisés lors des comités de thèse. Concernant ces comités, merci également à M. Fréderic
Liébault et MMes Céline Cholez et Damienne Provitolo pour leur participation en tant
que membres extérieurs.
Remerciements

Si la sphère professionnelle tient une place majeure dans le déroulé d’une thèse, il me
faut admettre que la mienne ne serait parvenue à son terme sans les rencontres qu’elle
m’a permis de faire sur le plan personnel. L’achèvement de ce projet me rendant
généreuse je m’autorise à divulguer les ingrédients indispensables à un environnement
relationnel personnel propice pour un doctorant :

- Les Stagiaires : toute bonne thèse ne peut pas être sans stagiaire. Si ce travail
ne m’a pas donné l’opportunité d’en avoir un personnellement, j’ai cependant
eu le plaisir de partager d’excellents souvenirs avec ceux d’autres collègues. A
commencer par Emeline et Jordan à la villa, voilà plusieurs années, d’où est
née une belle amitié toujours intacte, Flo Gugum et les fous rires que lui, et la
complicité de prochains remerciés, m’auront engendré, Kevin le découpeur de
cartes ou ma choupette Radina.

- Les Thésards : la réussite d’une thèse c’est aussi un soutien indispensable


rencontré auprès des autres thésards. Pour cela, un grand merci à Flo B.C,
Djibril, Nabgha, Michel, Sylvie, Alban, Ana et Marie dont les moments
d’échanges, de partages et de belles complicités m’ont été essentiels pour
alléger un peu le poids que peut parfois constituer la conduite de ce projet.

- Le noyau des débuts : ingrédient majeur, ce noyau c’est la réunion de diverses


personnes au sein d’un étroit openspace, incubateur de confidences, de fous
rires, de soutien, de souvenirs qui resteront pour longtemps ancrés et qui ont
menés à de belles amitiés.
Gigi, tu étais un peu mon modèle pour mener à bien cette thèse et
j’admirais ta douceur et ton sérieux à toute épreuve. Merci pour ces beaux
moments passés ensemble et qui se poursuivent encore aujourd’hui.
Simon, on est arrivé ensemble à Irstea et tu étais présent à la toute fin
pour l’envoi quelque peu périlleux de ce mémoire, merci pour ces belles
années et ce malgré tes petites blagues potaches dont je te pardonne !
Ben, toujours le mot pour rire et pour détendre l’atmosphère, on ne
peut s’empêcher de sourire au souvenir de tes pitreries dont le quotidien
aurait été bien moins égaillé sans elles (« mami, esto es para ti ! »).
Et Antho, allié régulier du précèdent mentionné dans l’excellente
ambiance de ce quotidien, mon voisin de bureau et complice de tous les
instants, un grand merci pour tous ses souvenirs sérieux et un peu moins, dont
même une simple course de chaises un 24 décembre était une source de force
pour la bonne avancée de ce projet.

- Le clan des 6, 8 et plus si affinités : Et puis parfois ce sont des liens qui se tissent
en peu de temps et de simples collègues émergent des instants de grande
Remerciements

complicité donnant toute la force et le courage qu’il faut pour réussir. Parmi
ceux-ci de sincères remerciements au petit oiseau Ayala et au petit Ju avec
tellement de bon moments partagés tel que le bolas crew !, à Lucas (et la tribu
de dana), à papa Greg, à Guillaume (et nos longues discussions à refaire le
monde), à Thibz Faisant…

Ajouté à cela je n’oublie pas les amis de toujours, repère indéfectible à chaque étape
clé de la vie comme peut l’être cette thèse : Mélanie, Géraldine, Mathieu, Adeline, Fleur…
Une reconnaissance et des remerciements les plus sincères pour mes parents, pour
mon père et son combat de chaque jour pendant que je menais cette thèse, et que je
garderai toujours ancré en moi comme un exemple de courage jusqu’au bout, et pour ma
mère et sa grande force dans cette épreuve et son soutien sans faille envers moi.
Et pour finir, comment ne pas remercier le Ti Ours sans qui tout ce projet n’aurait pu
connaitre son beau dénouement, qui fut pour moi toute la volonté dont j’ai à des
moments pu manquer, et qui fut mon phare dans cet océan parfois tumultueux de la
thèse. Je ne te remercierai jamais assez pour toute l’aide, la patience et le réconfort dont
tu as pu faire montre à mon égard pour ce projet, et qui perdure encore aujourd’hui et
pour longtemps j’espère.

Je dédie ce mémoire à mon père,


Résumé

Résumé
La sensibilisation du Grand Public aux risques majeurs est un enjeu actuel de leur
prévention et se fonde notamment sur la communication d’informations préventives. En
France, cette communication est une obligation réglementaire. On peut alors
s’interroger sur son efficacité et sur la façon dont son contenu et sa forme sont
appréhendés par la population. Dans cette thèse, des approches contribuant à
l’évaluation de l’efficacité des documents de communication préventive sur les risques
sont proposées avec une application au DICRIM (Document d'Information Communal
sur les Risques Majeurs). Elles croisent des méthodes à l’interface entre Sciences Pour
l’Ingénieur (méthode de la sûreté de fonctionnement), Sciences cognitives (modélisation
de connaissances) et Sciences Humaines et Sociales (interviews et analyse de discours).
Les développements portent sur :

-Un modèle d’évaluation de la conformité du contenu d’un DICRIM donné en regard


de la loi.

-Des éléments de représentations cognitives d’élus et d’habitants vis-à-vis du DICRIM


et des risques majeurs en général.

-Une production d’indicateurs de performance et d’un modèle d’évaluation de la


performance d’un DICRIM.

Des validations des modèles ont été réalisées sur des cas réels. Les modèles
proposent également des rétroactions afin d’améliorer l’efficacité du document si
nécessaire, en fonction des notes obtenues à l’aide des indicateurs. Les modèles d’aide à
la décision peuvent être utilisés par les municipalités ou les bureaux d’études spécialisés
sur tout DICRIM existant ou en création. Leur utilisation ne nécessite pas la mise en
œuvre de moyens particuliers. Par ailleurs, les modèles possèdent des composantes
génériques applicables à d’autres types d’outils de communication sur les risques.

Mots clés : Efficacité, Information, Risques majeurs, Prévention, Aide à la décision


Abstract

Abstract
Raising the General Public's sensitisation of major hazards is a current issue in their
prevention and is based in particular on the communication of preventive information.
In France, this communication is a regulatory obligation. One can then question its
effectiveness and how its content and form are perceived by the population. In this
thesis, approaches contributing to the evaluation of the effectiveness of preventive risk
communication documents are proposed with an application to the DICRIM (“Document
d’Information Communal sur les Risques Majeurs” in French; “Communal Information
Document on Major Risks” in English). They cross methods at the interface between
Engineering Sciences (method of operational safety), Cognitive Sciences (knowledge
modelling) and Human and Social Sciences (interviews and discourse analysis). The
developments concern:

-A model for assessing the content conformity of a given DICRIM with the law.

-Elements of cognitive representations of elected representatives and inhabitants


relative to the DICRIM and major hazards in general.

-A production of performance indicators and a model for evaluating the performance


of a DICRIM.

Model validations were carried out on real cases. The models also provide feedback
to improve the effectiveness of the document if necessary, based on the scores obtained
using the indicators. Decision support models can be used by municipalities or
specialized design offices on any existing or newly created DICRIM. Their use does not
require the implementation of particular means. In addition, the models have generic
components applicable to other types of risk communication tools.

Keywords: Effectiveness, Information, Major Hazards, Prevention, Decision Aid


Laboratoire de rattachement et partenaires de la thèse

Laboratoire de rattachement et partenaires de la


thèse
La thèse a été financée par une demie bourse d’IRSTEA et une demie bourse de la
région PACA. Elle a été préparée au sein du laboratoire Irstea Aix en Provence et en
partenariat avec le laboratoire IRSTEA Grenoble, le laboratoire CIRTA LIEU et l’UMR
ESPACE. Elle a eu pour partenaire socio-économique la société G2C Environnement.
Table des matières

Table des matières

REMERCIEMENTS ........................................................................................................................................ 3

RESUME ...................................................................................................................................................... 6

ABSTRACT ................................................................................................................................................... 7

LABORATOIRE DE RATTACHEMENT ET PARTENAIRES DE LA THESE ............................................................. 8

TABLE DES MATIERES .................................................................................................................................. 9

GLOSSAIRE ................................................................................................................................................ 13

INTRODUCTION .......................................................................................................................................... 1

PARTIE 1 – PROBLEMATIQUE POSEE PAR L’EVALUATION DE L’EFFICACITE DES DOCUMENTS


D’INFORMATION PREVENTIVE SUR LES RISQUES DESTINES AU GRAND PUBLIC ............................................... 5

1) PRISES DE DECISION LORS D’EVENEMENTS MAJEURS ET REPRESENTATION DU RISQUE .............................................. 5


1.1 Les comportements au cours de la survenue d’un phénomène ......................................................... 5
1.2 Les approches de la représentation des risques ................................................................................. 7
1.3 Proposition d’un modèle d’explicitation de la Représentation des risques ........................................ 8
1.3.1 La culture du risque en faveur d’une prise de décision pertinente ............................................................. 9
1.3.2 Les biais entravant les prises de décision .................................................................................................. 13
2) L’INFORMATION PREVENTIVE DESTINEE AU PUBLIC EN FRANCE ......................................................................... 15
2.1 L’information préventive réglementaire .......................................................................................... 15
2.1.1 Organisation générale ............................................................................................................................... 15
2.1.2 Le DICRIM : une pierre à l’édifice de la sensibilisation aux risques majeurs ............................................. 21
2.2 L’information préventive informelle ................................................................................................. 23
2.2.1 Sites Internet sur la prévention du risque ................................................................................................. 23
2.2.2 Utilisation des NTIC ................................................................................................................................... 24
2.2.3 Voies d’intégration du public en tant qu’acteur ........................................................................................ 24
2.3 Enseignements de l’analyse des dispositifs d’information préventive ............................................. 26
3) ANALYSES DES PROCESSUS DE COMMUNICATION DANS LE CADRE DE L’INFORMATION PREVENTIVE SUR LES RISQUES .... 27
3.1 Information et communication ........................................................................................................ 27
3.2 Les modèles techniques.................................................................................................................... 29
3.3 Les modèles linguistiques ................................................................................................................. 31
3.4 Les modèles psychosociologiques .................................................................................................... 33
3.5 Apports des processus pour la thèse et proposition d’un modèle de représentation du processus de
communication ............................................................................................................................................ 35
4) DEFINITION DE LA PROBLEMATIQUE DE LA THESE ........................................................................................... 37

PARTIE 2 : DEMARCHE ET METHODES ....................................................................................................... 41

1) DEMARCHE METHODOLOGIQUE GENERALE ................................................................................................... 41


2) MATERIEL ET METHODES .......................................................................................................................... 44
2.1 Matériel ............................................................................................................................................ 44
2.2 Analyse systémique .......................................................................................................................... 45
2.3 Enquêtes et analyse de contenu ....................................................................................................... 46
2.3.1 Eléments de représentation des habitants ............................................................................................... 46
2.3.2. Eléments de représentation des élus ....................................................................................................... 47
Table des matières

2.4 Formalisation d’indicateurs et Modèles d’évaluation et de rétroaction .......................................... 47

PARTIE 3 : « ANALYSIS OF A RISK PREVENTION DOCUMENT USING DEPENDABILITY TECHNIQUES: A FIRST


STEP TOWARDS AN EFFECTIVENESS MODEL » ................................................................................................ 49

1 INTRODUCTION ...................................................................................................................................... 53

2. STATE OF THE ART ................................................................................................................................. 57

2.1 EFFECTIVENESS OF RISK PREVENTION COMMUNICATION TOOLS: CASE OF THE DICRIM............................................. 57


2.2 ANALYSIS OF CANDIDATE METHODOLOGIES ..................................................................................................... 58

3. METHODOLOGY PROPOSED TO ASSESS EFFECTIVENESS OF A RISK PREVENTIVE COMMUNICATION


DOCUMENT .................................................................................................................................................... 62

4 SYSTEM FUNCTIONS: EXTERNAL FUNCTIONAL ANALYSIS ....................................................................... 65

4.1 System definition and needs satisfied by the system: the DICRIM ................................................... 65
4.2 External circles ................................................................................................................................. 65
4.3 Service function and constraints ...................................................................................................... 66

5. STRUCTURAL ANALYSIS OF A DICRIM .................................................................................................... 70

6. COMPLIANCE ANALYSIS AND APPLICATION TO A DICRIM DATABASE ................................................... 72

7. COMPONENTS FUNCTIONS: TECHNICAL FUNCTIONAL ANALYSIS .......................................................... 76

7.1 Components / Service functions ....................................................................................................... 76


7.2 Service Functions / Technical Functions ........................................................................................... 78
7.3 Constraints satisfied by the components ......................................................................................... 82
7.4 Functional analysis table .................................................................................................................. 85

8. CAUSES, EFFECTS AND DETECTION OF COMPONENTS FAILURES ........................................................... 86

9. CONCLUSION AND PERSPECTIVES ......................................................................................................... 89

REFERENCES .............................................................................................................................................. 91

PARTIE 4 : « GESTION DU RISQUE : COMMENT LES HABITANTS D’UNE COMMUNE MULTIRISQUES


PERÇOIVENT-ILS LE DOCUMENT D’INFORMATION COMMUNALE SUR LES RISQUES MAJEURS ? » ................. 95

RESUME......................................................................................................................................................... 97
1) INTRODUCTION ....................................................................................................................................... 99
2) METHODOLOGIE MISE EN ŒUVRE ............................................................................................................. 103
2.1 Démarche ....................................................................................................................................... 103
2.2 Panel de personnes interviewées ................................................................................................... 104
2.3 Analyses ......................................................................................................................................... 104
2.4 Matériel .......................................................................................................................................... 105
3) ANALYSES QUANTITATIVES DU CONTENU DES DISCOURS ................................................................................ 107
3.1 Analyses globales du corpus .......................................................................................................... 108
3.2 Constitution de classes ................................................................................................................... 110
3.3 Analyses factorielles des correspondances .................................................................................... 113
4) MISE EN PERSPECTIVE DES ENTRETIENS PAR RAPPORT AUX TRAVAUX SUR LA PERCEPTION DU RISQUE ...................... 115
4.1 Les biais cognitifs issus des croyances et représentations pré-existantes ...................................... 115
4.2 Les biais cognitifs et la confiance ................................................................................................... 117
4.3 Sous-estimation et méconnaissance des risques induisant des biais ............................................. 121
4.4 L’impact des biais cognitifs sur le processus de communication préventive .................................. 123
Table des matières

5) POINT DE VUE DES INTERVIEWES SUR LE DICRIM ET SUR LA GESTION DE L’INFORMATION PREVENTIVE SUR LES RISQUES
MAJEURS........................................................................................................................................................... 125
5.1 Points positifs relevés ..................................................................................................................... 125
5.2 Points négatifs relevés ................................................................................................................... 126
5.3 Points d’amélioration suggérés ...................................................................................................... 127
6) CONCLUSION........................................................................................................................................ 128
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES ....................................................................................................................... 130
ANNEXES ................................................................................................................................................... 134

L’EDITORIAL DU DICRIM : UNE PORTE D’ENTREE A LA PERCEPTION DES RISQUES DES ELUS
COMMUNAUX ? ........................................................................................................................................... 137

1) INTRODUCTION ..................................................................................................................................... 138


2) METHODES D’ANALYSE........................................................................................................................... 138
3) RESULTATS .......................................................................................................................................... 138
3.1 Analyse comparée des textes du corpus ........................................................................................ 138
3.2 Constitution de classes : classification de Reinert .......................................................................... 141
3.3 Analyses factorielles des correspondances .................................................................................... 144
3.4 Confrontation avec l’analyse conceptuelle du DICRIM et de ses composants par les méthodes de la
sûreté de fonctionnement.......................................................................................................................... 147
4) CONCLUSION........................................................................................................................................ 149

PARTIE 5 : « MODELES D’EVALUATION DE L’EFFICACITE DES DOCUMENTS REGLEMENTAIRES PREVENTIFS


SUR LES RISQUES MAJEURS DESTINES AU GRAND PUBLIC – LE CAS DU DICRIM » ........................................ 151

ABSTRACT .................................................................................................................................................... 153


1) INTRODUCTION ..................................................................................................................................... 154
2) MATERIEL ET METHODES........................................................................................................................ 156
2.1 Matériel .......................................................................................................................................... 156
2.2 Démarche proposée ....................................................................................................................... 156
2.3 Développement d’indicateurs ........................................................................................................ 158
2.3.1 Indicateurs de conformité ....................................................................................................................... 159
2.3.2 Indicateurs de performance .................................................................................................................... 160
2.4 Méthode de construction des modèles d’évaluation ..................................................................... 162
3) EVALUATION DE LA CONFORMITE REGLEMENTAIRE DES DICRIM .................................................................... 162
4) EVALUATION DE LA PERFORMANCE DES DICRIM ......................................................................................... 165
4.1 Formalisation des indicateurs système dédiés à l’ensemble du DICRIM ........................................ 165
4.2 Formalisation des indicateurs fond et forme dédiés aux composants du DICRIM ......................... 168
4.2.1 Discussion sur les indicateurs composant de forme................................................................................ 172
4.2.2 Discussion sur les indicateurs composant de fond .................................................................................. 173
4.3 Cas particulier de la page de couverture ........................................................................................ 175
4.4 Validation des grilles d’indicateurs de performance ...................................................................... 177
4.5 Production des modèles d’évaluation ............................................................................................ 180
4.5.1 Modèle d’évaluation de la conformité du DICRIM .................................................................................. 180
4.5.2 Modèle d’évaluation de la performance du DICRIM ............................................................................... 180
CONCLUSION ................................................................................................................................................ 182
BIBLIOGRAPHIE.............................................................................................................................................. 183

PARTIE 6 – DISCUSSION .......................................................................................................................... 185

1) PROPOSITION D’EVALUATION ET D’AMELIORATION DE L’EFFICACITE DES DOCUMENTS D’INFORMATION PREVENTIVE....... 185


1.1 Apports académiques et opérationnels ......................................................................................... 185
Table des matières

1.2 Perspectives académiques ............................................................................................................. 188


1.2.1 Application de la démarche à d’autres documents de prévention.......................................................... 188
1.2.2 Proposition de révision des requis réglementaires ................................................................................. 188
1.2.3 S’inspirer des campagnes de communication massives .......................................................................... 190
1.2.4 Amélioration et validation des modèles et des rétroactions................................................................... 191
1.3 Perspectives opérationnelles .......................................................................................................... 192
1.3.1 Validation et implémentation des modèles ............................................................................................ 192
1.3.2 Proposition d’un arbre de décision des consignes de sécurité ................................................................ 192
1.3.3 Proposition d’un DICRIM 2.0 générique .................................................................................................. 195
2) REPRESENTATION DES RISQUES MAJEURS PAR LE GRAND PUBLIC : DESTINATAIRE DU DICRIM .................................. 196
2.1 Apports académiques..................................................................................................................... 196
2.2 Perspectives académiques ............................................................................................................. 197
2.2.1 Améliorer le traitement des biais ............................................................................................................ 197
2.2.2 Une communication ciblée vers les jeunes ............................................................................................. 198
2.3 Perspectives opérationnelles .......................................................................................................... 198
3) REPRESENTATION DES RISQUES MAJEURS PAR LE MAIRE : EMETTEUR DU DICRIM .................................................. 199

CONCLUSION GENERALE ......................................................................................................................... 202

BIBLIOGRAPHIE ....................................................................................................................................... 203

ANNEXES ................................................................................................................................................ 211

ANNEXES 1 : Tableaux d’Analyses des Mode de Défaillances et de leurs Effets .................................. 211
ANNEXES 2 : Méthodes de traitement du logiciel IraMuTeQ ............................................................... 235
ANNEXES 3 : Tableaux de recensement des points de vue positifs, négatifs et de suggestions
d’améliorations par les habitants interviewés ........................................................................................... 238
Glossaire

Glossaire
Aléa : probabilité d’occurrence d’un phénomène d’une certaine intensité dans un espace
donné

AMDE (Analyse des Modes de Défaillances et de leurs Effets) : étude déductive et


qualitative avec laquelle les effets (conséquences) des causes de défaillances des
composants élémentaires sont systématiquement identifiées (Zwingelstein, 1995).

Analyse fonctionnelle : démarche qui consiste à recenser, ordonner, caractériser,


hiérarchiser et/ou valoriser les fonctions d’un système (AFNOR, 1996).

Communication : ensemble des moyens et techniques permettant la diffusion d'un


message auprès d'une certaine audience (Bougnoux, 1993)

Communication de groupe : transmission d’informations à l’encontre d’une certaine


catégorie de personnes (Riley et Riley, 1959)

Communication de masse : un émetteur transmet des informations à plusieurs


récepteurs (Laswell)

Communication engageante : le récepteur est acteur de sa propre sécurité par


l’engagement

Communication interpersonnelle : un échange entre un émetteur et un récepteur

Composant : Elément matériel ou ensemble matériel remplissant une fonction particulière dans
un système ou un sous-système (Zwingelstein, 1996).

Décision : Acte par lequel quelqu’un opte pour une solution. La prise de décision dans le
risque peut être considérée comme un choix entre les perspectives ou les paris
(Larousse), (Kahneman et Tversky 1979).

Défaillance : cessation de l’aptitude d’une entité à accomplir une fonction requise. Par
extension, on considère parfois qu’il y a une défaillance lorsqu’il y a altération de
l’aptitude d’une entité à accomplir une fonction requise (Villemeur, 1988).

Efficacité : L'efficacité est le niveau de réalisation des activités prévues et la réalisation


des résultats escomptés (AFNOR, 2005). Dans ces travaux, l’efficacité de la
communication se traduit par une « bonne » appréhension de l’information par le
lecteur. Elle se compose du respect de la conformité et de performance.

Expert : personne disposant d’un savoir et d’un savoir-faire (Zwingelstein, 1995).

Indicateur : information ou une donnée formalisée de manière à rendre son utilisation


répétable et reproductible (Curt et al., 2010).
Glossaire

Information : association significative de données portées sur un support selon un code


prédéfini (AFNOR, 2000)

Perception : stimulus, se déroule dans l’instant en utilisant des capteurs sensoriels ;


c’est finalement une « connaissance » immédiate d’origine sensorielle. Il s’agit d’un acte
instantané de nature physiopsychologique par lequel l'esprit se représente des objets en
leur présence (Slovic 1987); (Jimenez 1997).

Représentation : activité cognitive, post-perceptive. Consiste soit à évoquer des objets


en leur absence, soit, lorsqu'elle s'accomplit en leur présence, à compléter la
connaissance perceptive en se référant à d'autres objets non actuellement perçus
(Gibson 1979) ; (A. S. Bailly 1985)

Processus : ensemble d’activités corrélées ou interactives qui transforme des éléments


d’entrée en éléments de sortie (AFNOR, 2000)

Risque : croisement entre un Aléa et une Vulnérabilité (définition simple)

Robustesse : la robustesse est la capacité, pour une méthode, de donner des résultats
proches en présence de faibles changements de conditions expérimentales susceptibles
de se produire dans l’utilisation de la procédure.

Sûreté de Fonctionnement // sûreté de fonctionnement : science des Défaillances,


incluant leur connaissance, leur évaluation, leur prévision et leur maîtrise (Villemeur,
1988). La sûreté de fonctionnement est l’aptitude d’une entité à accomplir une ou
plusieurs fonctions requises, dans des conditions données. La sûreté de fonctionnement
est caractérisée par différents concepts, notamment la fiabilité et la durabilité
(Villemeur, 1988).

Système : ensemble déterminé d’éléments discrets (ou composants) interconnectés ou


en interaction (Villemeur, 1988).

Vulnérabilité : fragilité des enjeux présents dans cet espace. Les enjeux face aux risques
majeurs peuvent être humains, économiques ou environnementaux.
Introduction

Introduction
Chaque année, le monde subit des désastres induits par des événements majeurs.
Récemment, en juin 2017, un feu de forêt a ravagé 30 000 hectares au centre du
Portugal mobilisant près de 2000 pompiers et provoquant 64 décès et 254 blessés. En
août 2016, un tremblement de terre de magnitude 6,2 s'est produit au centre de l'Italie,
causant également 250 décès (Guha-Sapir, Hoyois, et Below 2016). La même année, en
France, des inondations ont causé de sérieux dommages pour un préjudice d’un montant
supérieur à 1.4 milliards d’euros. La crue de la Seine en août notamment a atteint une
hauteur de 6,10 mètres entraînant 4 décès, 24 blessés et une grande quantité de dégâts
matériels dans les différents départements que le fleuve traverse (CCR 2016a). Si elles
sont moins fréquentes, les catastrophes technologiques peuvent également mener à de
graves conséquences comme l’accident de la centrale Fukushima au Japon en 2011 dont
la gravité atteint sur l’échelle de INES 7 points (International Nuclear Event Scale), la
plus haute classification.

La gestion de ces risques est une préoccupation mondiale. Des politiques préventives
ont ainsi été mises en œuvre pour gérer les conséquences des catastrophes, comme les
cadres d'action et de réduction des risques de catastrophe de Hyōgo ou Sendai (UNISDR
2015). En Europe, Il n’existe pas de règlementation à proprement parler pour la
prévention des risques majeurs. Le parlement européen émet des directives fixant des
objectifs à atteindre pour tous les pays de l’Union Européenne mais laissant le choix des
moyens mis en œuvre. Par exemple, dans la directive de 2007 sur la gestion des risques
d’inondation, il liste des recommandations aux états membres telles que « lors de
l’élaboration de politiques relatives à l’eau et à l’occupation des sols, les États membres
et la Communauté devraient tenir compte des effets potentiels que ces politiques
peuvent avoir sur les risques d’inondation et sur la gestion de ces risques ».

En France, la politique de prévention des risques majeurs est menée par le Ministère
de la Transition Ecologique et Solidaire (MTES). Elle est complémentaire à la politique
de protection civile conduite par le Ministère de l’Intérieur pour ce qui a trait à la gestion
de la crise. La politique de prévention s’articule autour de 7 piliers fondamentaux et la
mise en œuvre de différents outils au cours de différentes phases de gestion :

1) La connaissance des phénomènes de l’aléa et du risque : elle se base sur des


recherches scientifiques, des études techniques et sur la connaissance des
évènements passées grâce à des bases de données historiques.

2) La surveillance, la prévision et l’alerte : lorsqu’ils sont prévisibles, les


phénomènes sont détectés par différents dispositifs de surveillance (surveillance
météorologique, géophysique, hydrologique…) permettant d’alerter la
population.

1
Introduction

3) L’information préventive et l’éducation des populations : différents dispositifs


réglementaires sont mis en œuvre à destination du grand public pour les
informer sur les mesures de sauvegarde et les réflexes à avoir (documents
d’information, repères de crue…).

4) La prise en compte des risques dans l’aménagement et l’urbanisme : le PPR


réglemente l’aménagement du territoire en évitant d’augmenter les enjeux dans
les zones à risques et en diminuant la vulnérabilité des zones déjà urbanisées.

5) La réduction de la vulnérabilité : elle passe par la mitigation qui consiste à


atténuer les dommages en réduisant l’intensité de certains aléas d’une part ou la
vulnérabilité des enjeux d’autre part comme par exemple des améliorations
technologiques du bâti existant pour faire face aux séismes. La réduction de la
vulnérabilité consiste aussi en la mise en place d’ouvrages de protection ou des
dispositions individuelles mises en œuvre par les particuliers pour se prémunir
du risque.

6) La préparation et la gestion de crise : de nombreux dispositifs organisationnels


réglementent l’organisation des secours (plans ORSEC, Plan Particulier
d’Intervention, Plan Communal de Sauvegarde…) afin d’anticiper au mieux la
survenue d’une crise.

7) La gestion de l’après-crise et le retour d’expérience : La phase post-phénomène


enfin concerne aussi bien le système assurantiel, notamment le fonds
d’indemnisation « cat-nat », que les analyses de l’après-crise où le retour
d’expérience permet des remises en cause et améliorations pour la diminution du
risque à l’avenir.

Cette politique de prévention s’applique pour chacun des risques majeurs considérés
par l’Etat et qui sont au nombre de 11 : inondations, séismes, mouvements de terrain,
feux de forêt, avalanches, tempêtes/cyclones, éruptions volcaniques, ruptures de
barrage, accidents nucléaires, accidents industriels et risques miniers. Le risque est dit
majeur de par la gravité importante qui le décrit et sa faible occurrence, facilitant
l'ignorance ou l'oubli de tels événements (C. Girard 2014). Les risques majeurs peuvent
être d’origine naturelle (inondation, feu de forêt, tempêtes…) ou technologique
(industriels, nucléaire …) (Géorisques 2015). Cette politique de prévention du risque est
un progrès indéniable en termes d’action publique mais sa mise en œuvre concrète se
heurte à des difficultés d’ordre culturel, structurel ou technique(Andres et Strappazzon
2007; De Oliveira 2010).

Dans ce mémoire nous nous focalisons sur l’information préventive et l’éducation aux
populations (Pilier 3). Il s’agit d’une préoccupation mondiale : le public doit être informé
périodiquement des dangers et des niveaux de risque auxquels il est exposé, ainsi que de
l'évolution de sa situation (United Nations 2006). En Angleterre par exemple, le site du
gouvernement (en particulier la section de l’« Environment Agency » en prévention et
lors d’une inondation) est le principal fournisseur d’informations réglementaires sur les

2
Introduction

risques majeurs (Tacnet, 2004). Des cartes de risques, notamment d’inondations sont
également proposées au Grand Public sur internet par le « National Centre for
Environmental Data and Surveillance ». De même en Suisse, la sensibilisation des
personnes aux risques, gérée par chaque canton, repose majoritairement sur des
cartographies. Pour motiver les citoyens à adopter des comportements préventifs,
différentes campagnes gouvernementales ont été mises en place aux Pays-Bas, comme la
campagne'denk vooruit' (www.crisis.nl). L'information concernant ces risques peut être
obtenue par l'intermédiaire des sites Web municipaux et provinciaux et peut facilement
être reliée à la résidence en entrant un code postal. Il n’est pas rare aussi de voir
mentionner le Japon comme exemple lorsqu’il s’agit de traiter de la culture du risque
sismique (Blesius 2013). Qui n’a pas à l’esprit l’image d’enfants japonais les mains sur la
tête, sous leur bureau, en exercice face au risque sismique. La question des bonnes
pratiques se retrouve dans la législation québécoise avec la norme dite des « trois jours
». En effet, il est recommandé aux individus de disposer de quoi subsister pendant 72
heures (Blesius 2013). Le gouvernement du Québec semble penser qu’il est possible
d’entreprendre une démarche éducative pour développer une culture de sécurité civile :
« La mise en place d’une culture de sécurité civile est un objectif de long terme, qui
suppose à la fois éducation et encadrement » (Gouvernement du Québec, 2002, p. 8). La
communication des risques fait maintenant également partie intégrante de la gestion
des risques organisationnels en Autriche, en Nouvelle-Zélande ou encore au Canada
(Standards Australia et Standards New Zealand, 1999).

En France, bien que des progrès significatifs aient été réalisés (décrets récents,
investissements des villes, augmentation des ressources, etc.), certaines caractéristiques
concernant l'information sur les risques restent décevantes comme l'inégale mise en
œuvre et le manque de contrôle de ces ressources (IRMa et al. 2015), les différentes
instructions comportementales d'un document à l'autre, voire en référence au même
phénomène (MAAF 2013), les informations incomplètes sur les dangers auxquels la
population est exposée, etc. Cette phrase issue de la restitution des Assises Nationales
sur les Risques Naturels de 2016 (ANRN 2016) en est un exemple : « À l’aune des
événements récents, on voit que des progrès importants restent à faire pour que la
population connaisse et maîtrise les bons comportements ». Or, si l'information est
transmise efficacement, les personnes peuvent être davantage enclines à adopter des
comportements pertinents pendant l'événement car elles auront une meilleure
connaissance des risques associés et des recommandations de sécurité pour une
meilleure prévention des risques (Siegrist et Cvetkovich 2000). Il est par ailleurs difficile
d'établir si les outils de communication préventive atteignent leur objectif
d'appropriation par la population (AFPCN 2013). Ces outils préventifs donnent-ils aux
citoyens les moyens de mieux connaître les risques qui les concernent ? (Cutter 1993 ;
Lindell et Perry 2004). Partant du constat que le citoyen devait être informé et formé
dans toutes les sphères de sa vie, les ANRN 2016 se sont interrogées sur la façon dont on
peut former le citoyen sans le saturer et tomber dans l’anxiogène. Dans cette optique, il

3
Introduction

semble pertinent de fournir des outils d’aide à la décision permettant une évaluation et
une amélioration des communications préventives sur les risques. L’objectif de cette
thèse vise à fournir des méthodes et outils permettant d’analyser l'efficacité de ces
communications préventives destinées au Grand Public, puis de proposer des
améliorations et ce quelle que soit la commune et les risques concernés. Plusieurs outils
de communication préventive existent : affiches, DICRIM (Document d’Information
Communale sur les Risques Majeurs), PFMS (Plan Familial de Mise en sûreté) … Dans ce
mémoire nous nous penchons spécifiquement sur le DICRIM.

Le mémoire s’organise en six parties. Nous présentons dans une première partie la
problématique posée par l’évaluation de l’efficacité des communications préventives sur
les risques majeurs destinées au Grand Public. Nous nous penchons tout d’abord sur les
approches d’analyses de la prise de décision et de la représentation des risques majeurs,
puis sur les processus de communication et leur adaptation à la communication
préventive sur les risques, et sur l’articulation de l’information préventive en France.
Nous amenons ainsi les questions scientifiques de ce travail et établissons les
propositions pour conduire notre recherche.

Sur la base de ces propositions, la deuxième partie expose les méthodologies


adoptées pour l’évaluation de l’efficacité des documents de communication préventive
sur les risques pour le Grand Public avec le DICRIM comme cas d’application. Ces
méthodologies relèvent de plusieurs champs disciplinaires.

La troisième partie est consacrée au premier article qui porte sur une démarche
d’analyse systémique appliquée au DICRIM. Elle permet de mettre en évidence les
fonctions et dysfonctionnements d’un DICRIM, leurs causes et conséquences et des
éléments de détection de ses dysfonctionnements.

Nous présentons, dans une quatrième partie, l’article 2 qui traite des résultats
d’enquêtes, passées auprès d’habitants d’une commune multirisques, sur leur
perception du DICRIM et des risques majeurs. Nous présentons également une courte
communication dans cette partie. Elle expose des éléments sur la façon dont les élus se
représentent les risques.

La cinquième partie se compose de l’article 3 qui propose des indicateurs et des


modélisations permettant l’évaluation de la conformité d’un DICRIM vis-à-vis de la loi,
de sa performance (en termes de visuel et de contenu), et les moyens de l’améliorer.

Enfin, une sixième partie permet de récapituler les apports académiques et


opérationnels de la thèse, et de donner les perspectives de ce travail.

4
Partie 1 – Problématique posée par l’évaluation de l’efficacité des documents
d’information préventive sur les risques destinés au Grand Public

Partie 1 – Problématique posée par l’évaluation


de l’efficacité des documents d’information
préventive sur les risques destinés au Grand
Public
Les phénomènes majeurs sont de fréquence et d’intensité croissante ce qui fait d’eux
un sujet central dans nos sociétés. Ils mènent à des prises de décision et des
comportements des personnes conditionnés par la façon dont elles se représentent les
risques. La communication sur les risques constitue l’un des tenants potentiels de cette
représentation car elle peut avoir un impact sur les personnes.

Dans cette partie nous présentons donc une analyse de différents domaines et leurs
enjeux : décision au cours d’événements majeurs, représentations du risque,
communications préventives sur les risques réglementaires et informelles et processus
de communication. Ces analyses conduiront à établir la problématique de la thèse.

1) Prises de décision lors d’événements majeurs et représentation du


risque

1.1 Les comportements au cours de la survenue d’un phénomène

La situation exceptionnelle de catastrophes provoque des prises de décision chez les


individus (« le Grand Public » au sens de la prévention du risque) et donc des
comportements qui sont en rupture avec les comportements du quotidien (Noto,
Huguenard, et Larcan 1994). Ces comportements particuliers sont liés à une pression
hostile de l’environnement, souvent brutale et imprévisible (ex. tremblement de terre,
tsunami local), parfois continue (ex. certains types de sécheresse), qui impose de
nouvelles façons d’agir en état de stress (Provitolo et al. 2015). Les comportements vont
être conditionnés par des prises de décisions en situation pouvant être incertaine
(inconnue, sans information à disposition…) et exigeant une décision rapide parfois
immédiate. L’individu va peut-être être amené à faire un choix mettant en jeu jusqu’à sa
propre vie ou celle de sa famille en un laps de temps très restreint. Le lieu où se situe la
personne au moment de la survenue du phénomène peut également jouer un rôle dans
la prise de décision. Des comportements vont également être spécifiques selon que
l’évènement est annoncé (tempêtes, inondations…) ou non (séismes, ruptures de
barrage, tsunamis…). Dans le premier cas, on observe des comportements raisonnés
(George et Gamond 2011) ayant notamment pour finalité de se préparer au danger, d’y
faire face (évacuation organisée, lutte réfléchie contre les effets potentiels du désastre),
tandis que dans le second cas, du fait de l’effet de surprise et de peur, les réactions sont
5
Partie 1 – Problématique posée par l’évaluation de l’efficacité des documents
d’information préventive sur les risques destinés au Grand Public

plus instinctives (Laborit 1994), immédiates et automatiques (sidération, fuite panique


par exemple lors d'auto-évacuations non anticipées), tout au moins dans les premiers
instants du choc.

Une proportion tout à fait substantielle de décès et d’accidents ayant lieu durant une
inondation provient d’une prise de risque individuelle et de comportements mal
adaptés, par exemple, se rendre sur les digues pour observer la crue ou traverser en
voiture un pont partiellement inondé (Allouche, Nicolas, et Tourment 2013). Le
comportement des individus pendant le phénomène est donc crucial (Boissier 2013).

Des modélisations conceptuelles et mathématiques ont également été élaborées dans


la littérature pour analyser les comportements pendant la survenue d’une catastrophe.
(Provitolo et al. 2015) par exemple, ont proposé une formalisation graphique et
mathématique des comportements collectifs pouvant se produire dans la zone d’impact
d’une catastrophe et lors d’un évènement soudain. Même s’il demeure difficile d’intégrer
à ces modèles le champ de toutes les réactions humaines, ils constituent malgré tout un
progrès et une aide appréciable pour gérer les situations de crise, notamment vis-à-vis
de la gestion de la population. « En effet, lors d’une catastrophe, les réactions des
victimes sont source d’incertitude, ce qui participe à accroître la difficulté de maîtrise de
la situation par les acteurs institutionnels en charge de la gestion des crises » (Provitolo
et al. 2015).

Les comportements des personnes sont issus d’un ensemble de facteurs constituant
la façon dont elles perçoivent et se représentent les risques. Une décision dépend de la
situation à laquelle l’individu fait face et à la façon dont il perçoit cette situation. La
perception est contrainte (Kouabenan et al. 2006). On voit ce que l'on veut bien voir, on
voit ce que l'on peut voir, on voit ce que l'on a appris à voir. Les comportements de
prévention ne peuvent être envisagés ni être correctement mis en œuvre par les
individus si ceux-ci ne perçoivent pas ou mal la réalité du risque. Bien que le concept de
« perception » et celui concomitant de la « représentation » du risque soient difficiles à
définir causant parfois une confusion de termes, plusieurs auteurs ont tenté de leur
donner une signification (Piaget 1946; A. Bailly 2015). Classiquement, la perception
renvoie aux émotions, aux sensations associées à une réalité manifeste. Le risque quant
à lui n’est pas une réalité manifeste puisque, par essence, l’événement ne s’est pas
encore produit. Ainsi, le terme de représentation du risque semblant être davantage
approprié nous l’adoptons dans ce mémoire.

6
Partie 1 – Problématique posée par l’évaluation de l’efficacité des documents
d’information préventive sur les risques destinés au Grand Public

1.2 Les approches de la représentation des risques

Les psychologues des risques exposent 2 approches pour envisager les facteurs qui
caractérisent la représentation des risques (Kouabenan et al. 2006). Sans être exclusives
l’une de l’autre elles ne correspondent pas tout à fait au même point de vue.

La première approche considère les variables propres à l’« individu percevant ». Sont
distinguées de façon non exhaustive (d’après Glatron 2009) :

- « les variables socio-démographiques relativement classiques : sexe, âge, niveau


d’instruction, revenus économiques, profession ou occupation, etc. ;

- les variables psychologiques et socio-psychologiques telles que l’expérience, la


motivation, le niveau d’implication, l’émotivité ;

- les variables cognitives : connaissances, niveau d’information, capacité de


traitement de cette information, etc. ;

- les variables « socio-organisationnelles » : position sociale, hiérarchique, normes


et pressions sociales, etc. (Kouabenan et al. 2006).

- les variables culturelles et politiques, liées à l’idéologie, aux valeurs, à la religion,


aux visions du monde véhiculées par les sphères politiques ou économiques,
par exemple ».

Les psychologues considèrent par ailleurs trois types de biais ou de distorsions non
exclusifs les uns aux autres, pouvant survenir lors de l'évaluation des risques par
l’individu percevant. Il s’agit des biais cognitifs intervenant notamment au moment du
traitement des informations qui poussent à valoriser certaines informations au
détriment d’autres (disponibilité, représentativité, ancrage-ajustement ou tendance à la
confirmation d’hypothèse) ou qui empêchent de traiter ces informations (complexité
des situations en raison de leurs impacts économiques, politiques, sociaux, affectifs ou
émotionnels). Il s’agit également des biais motivationnels, tel qu’un déni défensif ou la
volonté d’éviter la responsabilité, et des distorsions émotionnelles liées à l’état
psychologique de l’individu au moment où il réalise l’évaluation (Kouabenan et al.
2006).

La seconde approche considère l’objet perçu ou représenté, le risque dans notre


contexte de recherche. Il s’agit de décrire les caractéristiques possibles et les effets sur
l’individu percevant aboutissant généralement à une hiérarchisation des risques entre
eux (Glatron 2009). Divers auteurs ont procédé à une identification de ces
caractéristiques, par exemple (Slovic, Fischhoff, et Lichtenstein 1980; Slovic 1987, 1993)
(Sjoberg 1998 etc.), et ont été abondamment repris (Dauphiné A. 2007; Slovic 2001 etc.).
Il s’agit de la maitrise/ non maitrise des risques, de la familiarité, du caractère subi ou

7
Partie 1 – Problématique posée par l’évaluation de l’efficacité des documents
d’information préventive sur les risques destinés au Grand Public

non subi… (Slovic, Fischhoff, et Lichtenstein 1980) ont par exemple proposé une carte
de perception de différents risques (tabagisme, alcool, nucléaire, vaccins…) en fonction
des facteurs « crainte » et « risque connu/inconnu ». Les risques qui sont jugés difficiles
à contrôler apparaissent comme les plus effrayants, catastrophiques, difficiles à prévenir
et à réduire, fatals, inévitables, menaçants pour les générations futures, involontaires et
menaçant les individus personnellement (Slovic 2001).

Ces deux approches sont souvent appréhendées de manière concomitante, même si la


distinction entre facteurs internes (individuels) et facteurs externes (liés au jugement
sur l’événement) n’est pas clairement établie. Des composantes parmi les variables
propres à l’individu percevant de la première approche semblent pouvoir favoriser les
décisions. A l’inverse les biais cognitifs et une majorité des facteurs externes risquent
d’entraver la prise de décision. Suivant cet ordre d’idées, nous décidons pour notre
contexte de recherche d’expliciter la représentation suivant ces deux aspects positifs ou
négatifs envers la décision.

1.3 Proposition d’un modèle d’explicitation de la Représentation des risques

La Figure 1 représente l’approche que nous avons définie pour expliciter la


Représentation des risques par un individu. Elle comporte deux branches. La branche
droite correspond aux facteurs pouvant favoriser la prise de décision que nous
rassemblons sous l’appellation « Culture du risque ». La branche gauche représente les
facteurs pouvant entraver la décision que l’on regroupe sous le terme « Biais ».
Chacune des 2 branches admet plusieurs composantes organisées hiérarchiquement
(« informations » alimente « mémoire » alimente « culture »). Le passage d’un niveau à
l’autre n’est pas linéaire et un niveau n’est jamais acquis « à tout jamais », selon les
circonstances, l’entourage, il peut y avoir une « régression » du niveau de représentation
du risque.

8
Partie 1 – Problématique posée par l’évaluation de l’efficacité des documents
d’information préventive sur les risques destinés au Grand Public

Figure 1 : Facteurs alimentant la Représentation des risques par un individu

1.3.1 La culture du risque en faveur d’une prise de décision pertinente

La branche droite du schéma correspond à des composantes de la représentation


pouvant être bénéfiques pour la prise de décision face au risque. Elles forment ce que
l’on appelle la culture du risque. La culture du risque est un concept débattu dans la
littérature. Certains auteurs trouvent nécessaire de « déconstruire » ce terme (Lianos
1999; Albouy 2002; Nonjon et al. 2007). « Absence, leurre, norme ou illusion, la culture
du risque ne semble pas pouvoir trouver de définition claire, notamment au regard de
propos issus de travaux de sociologie » (Blesius 2013). Pourtant il existe de nombreux
cas, tant au niveau académique qu’empirique, où ce terme est considéré de manière
positive et où malgré les critiques existantes, des propos tendent à promouvoir sa
pertinence (Labeur 2013; Langumier 2008; Tiberghien 2006). Dans certains travaux, la
culture du risque se défini par un ensemble de 4 termes connexes (mémoire,
connaissance, prise de conscience et acceptation). Nous adoptons cette définition dans
nos travaux.

Le premier terme connecté à celui de culture du risque est la « mémoire du risque


» comme cela est mis en avant dans certains articles scientifiques (Le Blanc 2010; Acerra
et Sauzeau 2012; Labeur 2013). La mémoire du risque se distingue généralement par
deux types expériences : l’expérience directe ou indirecte selon que l’individu a
réellement vécu ou non le phénomène (Weiss, Colbeau-Justin, et Marchand 2006).

9
Partie 1 – Problématique posée par l’évaluation de l’efficacité des documents
d’information préventive sur les risques destinés au Grand Public

À n’en pas douter, l’expérience directe du phénomène influence l’adaptation des


comportements individuels. En matière de risque, la mémoire des personnes est courte
en général ; même les victimes d'un événement ont tendance à relativiser, le temps
passant, d'autres préfèrent ne pas réveiller les traumatismes. Pour autant ces personnes
garderont malgré tout en mémoire cette expérience passée ce qui pourra leur conférer
un avantage dans le cas où elles devraient à nouveau y faire face (Siegrist et Gutscher
2006). Les prises de décision pourront en être facilitées.

L’expérience indirecte qui relève notamment de la transmission d’une mémoire locale,


adaptée aux territoires et aux sociétés qui les habitent (Weiss, Colbeau-Justin, et
Marchand 2006) forme également une mémoire du risque. La nécessité de conserver la
mémoire des événements passés semble essentielle pour promouvoir la culture du
risque (Beck, 2006, p. 5). Ces savoirs ancestraux, ainsi que l’ensemble des savoirs en
général, sont stockés dans la mémoire à long terme. Elle se différentie des mémoires
temporaires qui contiennent les informations courantes utilisées dans l’action
immédiate et qui sont fortement contraintes en taille et en durée. La mémoire à long
terme possède une durée et une taille illimitées mais son accès en temps réel est parfois
difficile si elle n’a pas été régulièrement activée. Si un stimulus n’est pas régulièrement
provoqué la mémoire tend à faiblir. Il est cependant dommageable d’attendre que ce
stimulus provienne de la survenue d’une catastrophe, puisque le vécu crée ou recrée une
conscience du risque, au moins un certain temps après la survenance d’évènements
(Defossez 2011). Cela a par exemple été constaté pour le changement climatique. De fait,
des études sur la perception dans différents pays ont montré que les personnes sont
plus préoccupées par le changement climatique durant les jours où la température
locale est anormalement élevée (Deryugina 2013; Krosnick, Holbrook, et Lowe 2006; …).
La mémoire à long terme stocke les savoirs sous forme de connaissances descriptives, de
règles et de schémas. Le stimulus peut donc également être provoqué par l’apport de
connaissances.

Les connaissances se corrèlent aux variables cognitives considérées dans la première


approche de la représentation par les psychologues. Selon(Davenport et Prusak 1998),
la connaissance est « un mélange fluide d'expériences encadrées, d'informations
contextuelles, de valeurs et de points de vue d'experts qui fournit un cadre pour évaluer
et incorporer de nouvelles expériences et informations ». (Polanyi 1967; Nonaka et
Takeuchi 1995) distingue la connaissance explicite (facilement traitée par un ordinateur,
transmise à d'autres personnes dans un langage formel et par voie électronique, ou
stockées dans des bases de données), de la connaissance tacite qui est individuelle.
Celle-ci est ancrée dans l'expérience individuelle, éphémère, transitoire, personnelle,
spécifique à un contexte, et est difficile à coder, à formaliser et à articuler avec le formel.
Pour être communiquée, elle doit être convertie en une forme de mots, de modèles ou
des nombres qui peuvent être compris.

10
Partie 1 – Problématique posée par l’évaluation de l’efficacité des documents
d’information préventive sur les risques destinés au Grand Public

La connaissance est créée par l’accumulation et l’organisation d’informations lui


donnant une consistance en étendue, en profondeur et en densité (Weichselgartner et al.
2016). L’information correctement interprétée et acquise sur le risque développe un
état de connaissance du risque chez des individus (Kievik et Gutteling 2011). Cela
suppose que ces derniers soient réceptifs à cette information et qu’ils l’intègrent comme
une connaissance qui leur est propre. Il peut s’agir d’une information réglementaire ou
de savoirs ancestraux dont nous venons de parler.

Certains propos sur la culture du risque convergent vers l’intégration d’automatismes


dans le but d’avoir les « bons comportements » en cas d’urgence (Blesius 2013). Au
niveau scientifique, S. Glatron opère un lien entre la culture du risque et les
comportements acquis pour y faire face (Glatron 2003). S. Glatron et S. Rode stipule que
« la culture du risque désigne […] un ensemble de modèles comportementaux intégrés
par une population exposée pour faire face à une menace » (Rode 2009). Pour
développer ces comportements et a fortiori la culture du risque, ces auteurs insistent sur
la transmission d’informations et les exercices de simulations.

Cependant, savoir que le risque existe n'implique pas de se sentir directement


concerné par ce risque. Entretenir la mémoire des événements passés ne serait qu’un
préalable à un registre beaucoup plus large : susciter une prise de conscience d’une
exposition à un risque (Blesius 2013). Mais d’après un conseiller de prévention à la
Direction des Services Départementaux de l’Éducation Nationale (DSDEN) des Hauts-de-
Seine les gens sont loin d’avoir intégré ce degré de prise de conscience malgré la loi de
2004 [relative à la modernisation de la sécurité civile] dont le contenu se construit
autour de la phrase : « le citoyen est le premier acteur de la sécurité civile ». Cette prise
de conscience du risque a une dimension subjective, propre à chaque individu (Defossez
2011). Elle se caractérise notamment par une appropriation personnelle de
l’information sur le risque (Lindell 1994).

Enfin, même si l’individu est conscient et informé des risques qui l’entourent, pour
espérer initier un comportement adapté, l’individu doit accepter le risque. Pour P.
Peretti-Watel, le public accepterait d’autant plus facilement un risque si ce dernier est «
familier », c’est-à-dire ancré dans le territoire depuis longtemps (Peretti-Watel 2010).
Mais les populations semblent de moins en moins prêtes à vivre avec le risque
notamment parce que pour elles, les progrès techniques devraient pouvoir remédier à
ces problèmes. Tout se passe comme si une catastrophe aujourd’hui était tout
simplement inconcevable, comme si le fait de subir la violence d’un aléa naturel relevait
d’une autre époque, du temps jadis (Liégeois 2014).

Toutefois, accepter un risque peut recouvrir deux attitudes différentes : on peut


tolérer le risque, ou bien l’accepter réellement avec les conséquences qui peuvent en
découler (Mullet et al. 1993). Comment passer de la prise de conscience à l’acceptation ?

11
Partie 1 – Problématique posée par l’évaluation de l’efficacité des documents
d’information préventive sur les risques destinés au Grand Public

Le processus cognitif qui conduit à l’acceptation du risque est une opération individuelle
de traitement d’informations et d’évaluation. Ce processus est cependant fortement lié à
la nature de la communication sur le risque qui a été effectuée, notamment à la
crédibilité de la source (Höppner, Buchecker, et Bründl 2010). Lorsqu’un individu se
sent vulnérable face au risque, en ayant le sentiment de se trouver démuni et sans
moyen pour pouvoir faire face au risque, il a plus de difficultés à accepter le risque et a
tendance à se réfugier dans le déni de ce risque, de se trouver réellement démuni et sans
moyen pour pouvoir faire face au risque (Leneveu et Mary Laville 2012). L’acceptation
du risque va aussi dépendre de l’âge de l’individu. Selon les tranches d’âge considérées,
le risque ne sera pas considéré de la même façon (Godfrin et al. 2002). O’Neill (2004) a
ainsi proposé un ensemble de variables conditionnant l’acceptation ou la non
acceptation du risque par les individus.

La culture du risque est à voir comme une relation pragmatique au danger qui se
construit et se reconstruit perpétuellement, tantôt individuellement, tantôt
collectivement (CEPRI 2013). Mais alors que la culture du risque est abordée par la
littérature comme essentielle dans la gestion des risques et incontournable pour une
bonne intégration des risques par la population la réalité du terrain montre que cette
culture n’est pas toujours effective. Pour diverses raisons la transmission des savoirs
ancestraux s’est peu à peu éteinte. Les nouvelles populations issues de milieux urbains
et les touristes ne sont très souvent pas conscients du risque auquel est exposée leur
commune. (V. Girard 2004) insiste sur le fait qu’une population évolue et se transforme
sur un territoire. Les riverains d’une zone industrielle ne sont plus forcément ceux qui y
travaillent, et les personnes ayant connu une inondation peuvent avoir déménagé ou
disparu.

Parfois la culture du risque peut également avoir un effet inverse. Les habitants
résidant depuis plusieurs décennies dans une même commune de montagne ont, d’après
eux, l’habitude de vivre avec le risque torrentiel. Ils pensent savoir lorsqu’il y a un
danger et lorsqu’il n’y en a pas et disent souvent qu’ils n’ont pas besoin d’interventions
extérieures. Pourtant, d’après l’ONF/RTM des Hautes Alpes, ces habitants peuvent sous-
estimer le risque notamment pour de longues périodes de retour de certaines crues. De
plus, un phénomène peut avoir une très longue période de retour, conduisant même les
populations installées depuis longtemps au même endroit à oublier le danger encore
présent (CEPRI 2013). Par ailleurs, l'idée que le progrès technique permet de
s'affranchir des risques est répandue ; elle conduit à penser que l'on devrait pouvoir
construire, se déplacer et pratiquer diverses activités comme si les aléas étaient
neutralisés (par des digues, des paravalanches, etc.) ; plus insidieusement existe l'idée
que la nature est moins dangereuse qu'avant (Claeys et al. 2009).

12
Partie 1 – Problématique posée par l’évaluation de l’efficacité des documents
d’information préventive sur les risques destinés au Grand Public

1.3.2 Les biais entravant les prises de décision

La culture du risque du risque déjà complexe peut aussi être confrontée à des facteurs
humains, inhérents à chaque individu quel que soit le risque considéré. Ceux-ci peuvent
prendre le pas sur cette culture, et générer des biais dans la prise de décision et les
comportements éventuels en découlant. Ce sont les types de biais considérés dans la
première approche de la représentation dans la littérature, ceux concomitants aux
caractéristiques de l’objet perçu (seconde approche) ainsi qu’à d’autres facteurs pouvant
aggraver cette représentation (attachement au lieu, erreurs humaines, intuition…). Sur
la Figure 1, 8 d’entre eux sont représentés sur la branche gauche. Certains sont discutés
dans les paragraphes suivant en illustrations.

Certains individus - bien que possédant la connaissance face au problème auquel ils
font face et sur les comportements qu’il faudrait adopter - choisissent de ne pas les
prendre en compte au profit d’autres préférences. C’est le cas de l’attachement que
peuvent avoir certaines personnes à leur lieu de vie. L’attachement au lieu est un lien
affectif positif que l’individu entretient avec un espace et/ou des personnes, de manière
située (Jorgensen et Stedman, 2001 ; Scannel et Gifford, 2010). Cependant, si cet
attachement entraîne une meilleure acceptation du risque, l’illusion de prédictibilité et
de stabilité liée peut parfois conduire au refus d’évacuer des zones à risque (Jorgensen
et Stedman 2001; Scannel et Gifford 2010; Weiss, Girandola, et Colbeau-Justin 2011). Les
entretiens réalisés par Allouche, Nicolas, et Tourment (2013) montrent que ce refus et le
choix de « cohabiter » avec les eaux, est souvent au motif de ne pas laisser les animaux
domestiques ou par crainte des vols.

Des erreurs peuvent aussi entacher la représentation des risques et la prise de


décision. La fiabilité humaine est définie par Kéravel (1997) comme étant « la capacité à
mener une mission, une activité ou une action à son terme, dans des conditions données,
pendant un temps donné ». L'erreur humaine est liée à l'intelligence, on peut
comprendre, donc apprendre par essais et erreurs Le contexte peut conduire à l’erreur
qu’il soit dû à l’environnement (bruit, chaleur…) ou propre à l’individu (fatigue,
stress…). L'erreur peut donc être induite par : la pression du temps, le manque de
connaissances, le stress, l'ambiance, la mauvaise représentation mentale de la situation.
Mais lorsqu’elle est détectée l’erreur est une source d’apprentissage. On distingue cinq
types d’erreurs : erreur de perception, de représentation, de connaissance, de règle, de
routine.

Mais dans bien des cas, le biais cognitif a préséance sur la rationalité d'une décision
(Slovic 1987). Les comportements ne sont pas nécessairement le résultat d'un
raisonnement logique et rationnel. Par exemple, l'excès de confiance correspond à une
surestimation de ses connaissances ou à une sous-estimation de son incertitude
(Kahneman et Tversky, 1979). La plupart du temps, les sujets sous-estiment ce qu'ils ne

13
Partie 1 – Problématique posée par l’évaluation de l’efficacité des documents
d’information préventive sur les risques destinés au Grand Public

savent pas. Les attitudes de déni ou de sous-estimation du risque, que l'on retrouve
souvent chez les habitants exposés aux aléas naturels, sont communément interprétées
comme une dépendance au « risque », et parfois considérées comme une inconscience
incompréhensible face à un danger connu et visible. Il s'agit du phénomène de
dissonance cognitive décrit par Festinger 1957. Par exemple, une personne vivant dans
une région qu'elle sait exposée à un danger naturel est clairement en dissonance
cognitive (Schoeneich et Busset-Henchoz 1998). Cela permet de mieux comprendre
certaines attitudes de scepticisme, voire de méfiance, à l'égard des études et des
informations techniques ou scientifiques. En effet, pour réduire l'inconfort
psychologique causé par la dissonance, les individus peuvent agir sur leurs
représentations du risque. Les biais cognitifs peuvent alors se substituer à la
connaissance du risque individuel en tant qu'acte de déni, qui consiste à banaliser le
risque en cause et s'apparente à un phénomène d'incrédulité (Weiss, Colbeau-Justin et
Marchand 2006) ou à une illusion de contrôle, qui consiste à croire qu'on a le contrôle
ou l'influence sur des événements externes ou aléatoires (Langer 1975). Certaines
personnes accordent un crédit plus fort aux risques qu’elles connaissent. Le biais de la
disponibilité en mémoire consiste à porter un jugement sur une probabilité selon la
facilité avec laquelle des exemples viennent à l'esprit (Campbell et MacLeod 1993). Ce
biais peut, par exemple, amener à prendre pour fréquent un événement récent. Les
personnes peuvent également avoir tendance à chercher des informations qui
confirment leurs idées (ou préjugés), tendance connue sous le nom de biais de
confirmation (Wason 1960). Ce biais nous pousse à interpréter des informations de
manière à ce qu’elles corroborent nos opinions et nos hypothèses. Inconsciemment,
nous éliminons celles qui les infirment et retenons ou donnons un poids important à
celles qui les confirment (Hogarth 1987; Skov et Sherman 1986).

De nombreux facteurs influencent ainsi la représentation du risque par un individu et


par conséquent sa décision. Cela implique qu’il est illusoire de penser qu’il pourrait
exister une méthode unique permettant la sensibilisation des populations, quelle que
soit la situation locale considérée. Dans les paragraphes précédents nous avons en effet
montré l’importance des informations, de la connaissance sur les processus de
construction de culture du risque. Dans ces travaux, nous nous intéressons donc à la
construction (et au maintien) de la culture du risque afin d’aider à la prévention du
risque. Ceci peut notamment se faire à l’aide de communication d’informations
préventives (pilier 3 de la prévention des risques en France), qui est le domaine
d’application de notre travail. Dans la partie suivante nous présentons les différents
supports de communication d’information actuels qu’ils soient réglementaires,
informels et des limites issues de la littérature.

14
Partie 1 – Problématique posée par l’évaluation de l’efficacité des documents
d’information préventive sur les risques destinés au Grand Public

2) L’information préventive destinée au public en France

2.1 L’information préventive réglementaire

2.1.1 Organisation générale

L’information préventive est mise en œuvre afin de permettre au citoyen d’être


conscient des risques majeurs auxquels il peut être exposé. La réglementation en
matière d’information préventive sur les risques majeurs a été introduite dans la
législation il y a 25 ans avec la loi n°87-565 du 22 juillet 1987. Les obligations en la
matière sont désormais intégrées dans le Code de l’environnement. La loi 2004-811 du
13 août 2004 de modernisation de la sécurité civile a marqué une nouvelle étape dans la
consécration du droit des citoyens à l’information préventive sur les risques. Elle pose
en effet comme principe, dans son article 1, que « la sécurité civile a pour objet la
prévention des risques de toute nature, l’information et l’alerte des populations ainsi
que la protection des personnes, des biens et de l’environnement contre les accidents,
les sinistres et les catastrophes » (loi n° 2004-811 du 13 août 2004). La loi de
modernisation de la sécurité civile a aussi apporté des éléments nouveaux pour la mise
en œuvre de l’information préventive en introduisant une sensibilisation à la prévention
des risques dans le cadre de la scolarité obligatoire de tout élève : « Tout élève bénéficie,
dans le cadre de sa scolarité obligatoire, d’une sensibilisation à la prévention des risques
et aux missions des services de secours ainsi que d’un apprentissage des gestes
élémentaires de premier secours » (article L. 312-13-1 du Code de l’Education).

Le Code de l’environnement précise que l’information donnée au public sur les


risques majeurs est consignée, à l’échelle du département, dans un Dossier
Départemental sur les Risques Majeurs (DDRM) établi par le préfet. Ce dossier
répertorie l’ensemble des informations essentielles sur les risques naturels et
technologiques majeurs à l’échelle du département, ainsi que toutes les mesures de
prévention et de sauvegarde prévues pour limiter leurs effets. Le DDRM explicite les
mesures de prévention, de protection et de sauvegarde. Il est librement consultable dans
toutes les préfectures, sous-préfectures ainsi que dans les mairies des communes listées
(DREAL 2011).

Le DDRM aide les communes concernées à élaborer le Dossier d’Information


Communal sur les Risques Majeurs (DICRIM). Ce dernier, établi par le maire, est destiné
à informer le grand public, la population de la commune (résidents, travailleurs,
touristes) sur les risques naturels et technologiques affectant le territoire communal
ainsi que les consignes de sécurité devant être mises en œuvre en cas de survenue du
phénomène.

15
Partie 1 – Problématique posée par l’évaluation de l’efficacité des documents
d’information préventive sur les risques destinés au Grand Public

Le Maire doit informer la population au moins une fois tous les deux ans par des
réunions publiques communales, ou tout autre moyen approprié. Cette information
porte notamment sur les caractéristiques des risques naturels connus dans la commune,
les mesures de prévention et de sauvegarde, les dispositions du PPR, les modalités
d'alerte, l'organisation des secours, les mesures prises par la commune pour gérer le
risque, et les garanties prévues dans le cadre des indemnisations CATNAT.

Concernant les résidents, il existe deux obligations distinctes d’information


préventive instaurées par le Code de l’Environnement auprès des acquéreurs et
locataires : (i) une information sur les risques naturels affectant le bien et (ii) une
information sur les sinistres résultant de catastrophes naturelles reconnues (CATNAT)
et qui ont touché tout ou partie de la propriété concernée. Cette information des
acquéreurs et locataires concerne tous les bailleurs ou vendeurs et tous les types de
biens immobiliers, quelle que soit la destination (les locations saisonnières également)
(MEDDE 2013). La liste des communes et risques concernés est publiée sous la forme
d’un arrêté préfectoral dans chaque département.

Par ailleurs les consignes de sécurité figurant dans le DICRIM et celles éventuellement
fixées par les exploitants ou les propriétaires des locaux et terrains mentionnés à
l’article R. 125-14 du Code de l’environnement sont portées à la connaissance du public
par voie d’affiches sur la base d’un modèle-type arrêté par les ministres chargés
respectivement de la Sécurité civile et de la Prévention des risques majeurs.

Le Maire est également tenu de poser des repères de crues dans la commune et d’en
réaliser l’inventaire. Ils correspondent aux crues historiques ou aux nouvelles crues
exceptionnelles. Ils permettent d’affiner l’expertise des crues historiques mais aussi de
faire vivre la mémoire du risque inondation, une source d’informations indispensable au
renforcement de la conscience du risque (IRMa 2014).

Sur la base d’un cahier des prescriptions de sécurité fournie par le Maire, les
propriétaires de camping sont également tenus de transmettre à leurs vacanciers une
information sur la conduite à tenir en cas de crues torrentielles. Le Tableau 1 liste les
documents réglementaires, et leurs caractéristiques, relatifs à l’information préventive.

Le décret n°2005-1157 de loi de 2004 de la modernisation de la sécurité


civile a redéfini la mise en œuvre du plan ORSEC qui planifie l’organisation des
secours. La refondation des plans de secours s’appuie sur une troisième génération de
plan ORSEC. Bien que le terme ORSEC soit conservé, le contenu et les
objectifs évoluent fortement, ce qui peut s’illustrer au travers de la signification
du terme lui-même. Il ne signifie plus simplement ORganisation des SECours
mais de manière plus large Organisation de la Réponse de SEcurité Civile
(www.drome.gouv.fr/IMG/pdf/ORSEC_methode_generale.pdf). Le Plan Familial de Mise
en Sûreté (PFMS) est l’un des derniers maillons de ce nouveau plan ORSEC, élaboré dans

16
Partie 1 – Problématique posée par l’évaluation de l’efficacité des documents
d’information préventive sur les risques destinés au Grand Public

l’idée que la préparation à la gestion de crise incombe aux pouvoirs publics mais
également à chaque citoyen. Il est élaboré par la Direction de la Sécurité Civile du
Ministère de l’Intérieur et est à remplir par les citoyens pour qu’ils soient préparés
lorsque la crise surviendra (lieux de mise à l’abri, numéros de téléphone, localisation des
arrivées de gaz ou électricité…). De façon similaire, les Plans Particuliers de Mise en
Sûreté (PPMS) et les Plans d’Organisation et de Mise en Sureté (POMS) sont des plans
régis par un ensemble de lois (legifrance.fr) et qui incombent respectivement aux
établissements scolaires pour le premier et aux établissements publics ou aux
entreprises localisées en situation à risques pour le second, afin de prévenir une
catastrophe naturelle ou technologique.

S’il est demandé par la loi que l’ensemble de cette information préventive
réglementaire soit mise à disposition du Grand Public, ses moyens de diffusion
demeurent hétérogènes et inégaux. Dans le cahier des charges de l’élaboration du
DICRIM présent dans la Maquette Nationale pour l’application du Code de
l’Environnement (articles L 125 – 2 et R 125 – 9 à R 125 – 27) délivrée par le MEDDE,
seules ces directives concernent son format et sa diffusion : « Actuellement les DICRIM
réalisés se présentent globalement sous deux formes : ‘(i) Un dossier relativement
complet consultable en mairie et parfois sur le site internet de la commune ; (ii) Un
document d’information très variable d’une commune à l’autre se limitant parfois à
l’envoi aux habitants des seules consignes de sécurité. »

De fait, peu d’informations parviennent directement aux personnes, l’information doit


généralement être recherchée auprès de la Mairie, la Préfecture ou sur internet.
Pourtant, comme le rappelle (Gralepois 2012), le risque n’est pas un sujet socialement
débattu et de fait, on constate le peu de mobilisation des habitants au quotidien sur la
question des risques en dehors des situations particulières de post-crise (par exemple, à
travers une association de sinistrés) ou de menace spécifique pesant sur leur
environnement immédiat (par exemple, l’opposition de riverains face à l’implantation
d’une infrastructure qu’ils jugent préjudiciable à la qualité de leur lieu de vie). (Peltier,
Vidal, et Becerra 2008) ont mis en évidence que la nature des informations mises en
ligne et leur faible accessibilité tendent à valider cette hypothèse : l’information est mise
en ligne par les pouvoirs publics pour légitimer leur action dans le domaine des
risques. Si une vérification de cette hypothèse serait à renouveler, la consultation a
priori de ses sites semblent tendre vers l’exactitude toujours actuelle de ces constats. la
connaissance est la plupart du temps perdue ou fragmentaire à cause d’une absence de
coordination et de collaboration, d'un manque de communication fiable et vérifiable et
également de partage de ce qui est connu (Weichselgartner et al. 2016).

Ce peu d’engagement envers la diffusion de cette information réglementaire peut


également être volontaire. Une enquête menée en 2002 dans une quinzaine de campings
classés à risque des Hautes-Pyrénées a ainsi fait apparaître chez les exploitants des

17
Partie 1 – Problématique posée par l’évaluation de l’efficacité des documents
d’information préventive sur les risques destinés au Grand Public

attitudes face à la diffusion de l’information allant de l’opposition frontale à


l’indifférence, soit qu’ils craignent un impact négatif sur la fréquentation, soit qu’ils ne
voient pas l’utilité de la démarche. Dans certains cas, le sentiment individuel de maîtrise
du risque prend d’ailleurs le pas sur le dispositif réglementaire (Peltier 2006). Cette
crainte peut également se retrouver chez les élus dont l’information sur les risques
risquerait, d’après eux, de ternir l’image de la ville (Antoine et Desailly 1998). La
diffusion de l’information préventive réglementaire présente donc des limites au niveau
du message, de la diffusion.

18
Partie 1 – Problématique posée par l’évaluation de l’efficacité des documents d’information préventive sur les risques destinés au Grand
Public

Documents/Moyen Echelle Objectifs Auteur Destinataire Contenu


s réglementaires
DDRM Département Répertorie l’ensemble des Préfet Maire - Cartographie et liste de
Dossier ale informations essentielles sur les Région/ EPCI l’ensemble des communes touchées
Départemental sur risques naturels Département par les risques majeurs
les Risques Majeurs - Liste des risques majeurs
identifiés dans le département, leurs
conséquences prévisibles pour les
personnes, les biens et
l’environnement
- Historique des événements et
des accidents connus et significatifs
survenus dans le département
- Récapitulatif des principales
études, sites internet ou documents
de référence pouvant être consultés
pour une information complète
DICRIM Communale Informer la population sur les Maire Grand Public - Informations sur les
Document risques naturels et technologiques EPCI phénomènes
d’Information affectant le territoire communal et - Consignes de sécurité
Communal sur les sur les consignes de sécurité en - Cartes 1/25000 en précisant les
Risques Majeurs cas de crise. secteurs de la commune concernés
par les différents risques
Pas de maquette imposée pour sa mise
en forme. Clarté et pédagogie
uniquement préconisées.

19
Partie 1 – Problématique posée par l’évaluation de l’efficacité des documents d’information préventive sur les risques destinés au Grand
Public

Réunions publiques Communale Informer la population au moins Maire Habitants - Caractéristiques des risques
communales une fois tous les deux ans naturels connus sur la commune
- Mesures de prévention et de
sauvegarde
- Dispositions du PPR
- Modalités d’alerte et
organisation des secours
- Garanties prévues dans le cadre
des indemnisations
IAL Propriété Informations préventives Bailleurs Acquéreurs - Risques naturels affectant le
Information des concernée concernant les résidents sur les Vendeurs Locataires bien
Acquéreurs et risques auxquels est exposé le Etat (même - Sinistres résultant de
Locataires logement Etablissement locations catastrophes naturelles reconnues
publique saisonnières) (CATNAT)
Affiches informatives Communale Informer la population dans les Maire Habitants - Consignes de sécurité en cas de
communales rues, les lieux publics Travailleurs survenue du phénomène.
Touristes - Modèle proposé dans le DDRM
Repères de crues Communale Permet de faire l’inventaire des Maire Habitants Correspondent aux crues historiques ou
crues historiques et de faire vivre Travailleurs aux nouvelles crues exceptionnelles
la mémoire du risque inondation Touristes
Cahier des Locale Contient l’information que les Maire Propriétaires Prescriptions de sécurité en cas de
prescriptions de propriétaires de camping doivent de camping survenue d’un phénomène
sécurité fournir aux vacanciers
Affiche informative Locale Informer les vacanciers sur la Propriétaires Touristes Consignes de sécurité
(camping) conduite à tenir en cas de crise de camping
PFMS Locale Permet aux citoyens d’organiser Ministère de Citoyens Informations sur consignes, kit
leur propre sécurité en prévention l’intérieur d’urgence et aide au remplissage du
de la crise document
Tableau 1 : Documents réglementaires pour l’information préventive sur les risques majeurs

20
Partie 1 – Problématique posée par l’évaluation de l’efficacité des documents
d’information préventive sur les risques destinés au Grand Public

2.1.2 Le DICRIM : une pierre à l’édifice de la sensibilisation aux risques majeurs

A l’échelle communale, le DICRIM est le principal outil de communication préventive


à destination du public. Le document reprend les informations transmises par le préfet
par le biais du DDRM. Les communes tenues de le réaliser sont celles (d’après
legifrance.fr) : (i) où il existe un plan particulier d'intervention (PPI), un plan de
prévention des risques naturels prévisibles (PPRNP), un des documents valant plan de
prévention des risques naturels, ou un plan de prévention des risques miniers ; (ii)
désignées par arrêté préfectoral en raison de leur exposition à un risque majeur
particulier. Il est annexé au Plan Communal de Sauvegarde, outil réalisé à l'échelle
communale, sous la responsabilité du maire, pour planifier les actions des acteurs
communaux de la gestion du risque (élus, agents municipaux, bénévoles, pompiers…) en
cas d'évènements majeurs naturels, technologiques ou sanitaires. D’après la Maquette
Nationale pour l’application du Code de l’Environnement (articles L 125 – 2 et R 125 – 9
à R 125 – 27) délivrée par le MEDDE, le DICRIM doit contenir un certain nombre
d’éléments tels que des informations sur les phénomènes (événements passés, mesures
de prévention…), des cartographies des zones de risques sur la commune ou la liste des
équipements à posséder chez soi en cas d’urgence.

Il n’y a pas d’obligation légale quant à la forme du document. Les communes peuvent
choisir de réaliser elle-même leur DICRIM, sur la base des informations fournies par
l’Etat, ou de s’appuyer sur un bureau d’études. Le DICRIM est disponible à la mairie et à
la préfecture consultable par le Grand Public sous la forme d’un document papier. Il est
aussi, dans certaines communes, diffusé auprès de chaque habitant directement dans
leur boîte aux lettres, ou mis en ligne sur le site de la mairie de façon numérisée ou plus
rarement de façon interactive.

De récentes études ont été menées avec pour objectif d’évaluer l’efficacité du DICRIM.
Par exemple, une enquête a été conduite sur la commune de la Terrasse (Isère) pour
évaluer la connaissance des habitants sur les risques auxquels est soumise leur
commune et sur leur utilisation du DICRIM (Gominet 2007). Elle a par exemple mis en
évidence un biais de la part de la population vis-à-vis du risque majeur de la commune
et ce malgré la présence du DICRIM. De nombreuses personnes se trompent de risque
majeur et d’autres pensent qu’il n’y a carrément pas de risques menaçant la commune.
Leurs résultats remettent donc en cause la façon dont le DICRIM explicite les risques de
la commune. Les auteurs nuancent cependant leurs propos en indiquant qu’une plus
grande proportion de résidents habitant la commune depuis moins d’un an (donc après
la diffusion du DICRIM) aurait dû être interrogée pour une évaluation de l’impact du
DICRIM. Un autre facteur qui n’est peut-être pas suffisamment pris en compte dans les
résultats est la tenue par la mairie d’une réunion publique sur les risques qui s’est
déroulée après la diffusion du DICRIM. Selon les questions qui ont été posées il aurait
fallu différentier les personnes qui ont assisté à cette réunion et celles qui n’y sont pas
21
Partie 1 – Problématique posée par l’évaluation de l’efficacité des documents
d’information préventive sur les risques destinés au Grand Public

allées. Car, de fait, on ne peut pas savoir si les personnes qui sont au fait des risques de la
commune, le sont grâce au DICRIM, grâce à cette réunion, ou grâce aux deux.

Deux autres communes de montagne ont fait l’objet d’enquêtes (Duaut et Luneau
(2008); Gominet (2010)) en lien avec le DICRIM. Pour ces deux cas d’étude, une enquête
a été réalisée avant diffusion d’un DICRIM et une enquête après sa diffusion permettant
d’estimer son efficacité auprès des habitants.

L’une de ces enquêtes a mis en évidence une légère augmentation de l’estimation du


niveau des risques naturels et technologiques ainsi qu’une légère augmentation de la
préoccupation des individus face à ces risques. Cependant les auteurs complètent leurs
résultats en mentionnant que tous les tableaux n’indiquent pas de corrélation
significative entre la modalité « Existe et je sais où le situer » et la réception du DICRIM
(pour les effondrements et les glissements de terrain par exemple). Ils ont pu aussi par
exemple constater que les ruptures de barrages demeurent une croyance chez les
individus qui ont été interrogés (croyance qui s’est même renforcée) alors que ce risque
n’a pas été traité dans le DICRIM (compte tenu du fait que le barrage de Fond de France
n’est pas un « grand barrage » et qu’aucune étude ne permet de dire qu’il y aurait
débordement en cas d’éventuelle rupture de celui-ci). Pour ce même cas d’étude, les
enquêtes ont également mis en évidence un impact significatif du DICRIM sur les
connaissances des habitants vis-à-vis des consignes de sécurité en cas de crise. Très
souvent les habitants ont précisé d’eux-mêmes qu’ils avaient lu telle consigne dans le
DICRIM. Par ailleurs, être informé sur les risques est rassurant pour la majorité des
personnes interrogées dans les deux enquêtes.

Concernant le deuxième cas d’étude, les résultats sont différents. Les résultats des
première et deuxième enquêtes avant et après diffusion du DICRIM ne montrent pas
d’évolution significative sur leur connaissance ou leur représentation des risques même
si le DICRIM est bien perçu de la population. Gominet (2010) indique que « c’est
probablement que leur rapport au risque se construit dans le temps, par la
confrontation à une multitude de situations et de sources d’informations qui pourront
être discutées, débattues, transmises, etc. (d’où probablement l’importance du bouche à
oreille dans les moyens d’information non formels cités par les personnes
interrogées) ». Il indique par ailleurs qu’un seul moyen d’information tel que le DICRIM
est essentiel mais pas suffisant. On est cependant en droit de se demander si le DICRIM
contenait des informations sur les risques pertinentes, compréhensibles et suscitant
l’intérêt pour les personnes qui l’ont reçu ce qui dans le cas contraire pourrait aussi
expliquer le fait que leur connaissance ou leur représentation n’ait pas évolué.

22
Partie 1 – Problématique posée par l’évaluation de l’efficacité des documents
d’information préventive sur les risques destinés au Grand Public

2.2 L’information préventive informelle

L’information sur les risques majeurs est, comme nous venons de le voir,
communiquée au Grand Public de façon réglementaire par les institutions mais elle peut
aussi l’être de façon informelle à l’aide notamment des nouvelles technologies
émergentes. Ainsi, l’information qui arrive effectivement au citoyen provient de
différentes sources, correspondant à différents acteurs (Strappazzon 2004). Au-delà des
trois catégories d’acteurs reconnues dans la législation (les citoyens, les élus locaux et
les préfets), d’autres acteurs tels que les médias ou les associations jouent un rôle
majeur de relais de l’information dans la prévention des risques comme dans la crise
(Becerra et Peltier 2011). Les intérêts de ces acteurs étant fréquemment divergents,
leurs discours sur le risque sont parfois contradictoires, ce qui brouille les messages
transmis (Strappazzon 2004). Nous distinguons 3 types d’information préventive
informelle.

2.2.1 Sites Internet sur la prévention du risque

Par exemple, une étude a été conduite sur l’information préventive dédiée aux risques
au moyen d’entretiens réalisés auprès d’acteurs du risque (MAAF 2013). Au cours de
cette étude, les sites internet sur l’information préventive ont été analysés (plus d’une
centaine) et ont fait apparaitre les constatations suivantes. L’information sur les risques
naturels est abondante et on peut la trouver en général assez facilement en utilisant un
moteur de recherche et un ou deux mots clés (par exemple : risque et nom de la
commune ou nom du phénomène). Les sites répondent à deux types de besoin
différents : (i) l’information générale sur les risques avec le thème voisin de la gestion
des crises ; (ii) l’information sur les risques à un endroit précis : une parcelle, une
maison... Globalement, les sites sont d’une grande diversité qualitative. Certains sites
n’ont guère d'intérêt au regard de l'information préventive et à l’inverse, d'autres sites
sont d’une très grande qualité. L'information sur les phénomènes (explications
scientifiques, bases de données, photos...) est abondante mais de niveau variable
(qualité, technicité) en ce qui concerne les risques naturels. Est parfois déploré le
foisonnement de sites dont plusieurs ne fournissent pas toujours une information exacte
(d'où risque de confusion en situation d'alerte et de crise), mais il semble difficile de
limiter la liberté d'expression sur ce seul motif. Quelques sites fournissent aussi des
indications sur la réglementation soit sur des sujets particuliers (incendies de forêt) soit
sur l'ensemble des risques (sites à vocation d'appui aux collectivités, sites institutionnels
de l’État). Une mutualisation des moyens dans ce domaine serait utile. Cette remarque
vaut aussi pour les aides à l'élaboration de documents (outils pédagogiques).

23
Partie 1 – Problématique posée par l’évaluation de l’efficacité des documents
d’information préventive sur les risques destinés au Grand Public

2.2.2 Utilisation des NTIC

L’information non réglementaire est également communiquée à l’aide des réseaux


sociaux et des applications mobiles. Ce sont ce que l’on appelle les NTIC (nouvelles
technologies de l’information et de la communication). (Douvinet et al. 2017) proposent
par exemple une évaluation des apports et des limites des réseaux sociaux et des
applications smartphone à partir de retours d’expérience et de leur place au sein du
système informatif actuel. A l’ère du numérique ces technologies prennent une place
croissante dans la vie du Grand Public et constituent un vecteur crucial à considérer
pour l’information préventive sur les risques. Le modèle que nous proposerons au cours
de ces travaux a d’ailleurs pour vocation d’être étendu de façon générique à différents
canaux de communication, autres que ceux utilisés traditionnellement, et il sera
intéressant en perspective de discuter de sa possible application aux NTIC.

2.2.3 Voies d’intégration du public en tant qu’acteur

L’un des champs d’investigation actuel sur la thématique d’information concerne


l’intégration du public dans l’organisation de la prévention du risque. Certains
chercheurs relèvent en effet l’efficacité des communications engageantes, lorsque
l’individu est acteur de sa propre sensibilisation. Dès lors, les modalités permettant
d’inclure les individus, en leur allouant un statut d’acteur et pas simplement de
récepteur d’une information sur les risques, participent d’une forme d’engagement et
d’appropriation de l’objet (Weiss, Girandola, et Colbeau-Justin 2011). En liant ses actes à
ses attitudes, la personne tend à réduire la dissonance cognitive qui existe lorsqu’il sait
que le risque existe, mais qu’il ne fait rien (Girandola 2003). La communication
engageante permet également un maintien de la mémoire du risque (Girandola et Joule
2012). Pour (Dahlstrom, Dudo, et Brossard 2012), une meilleure information
engageante est associée à une plus grande intention de changer de comportement, mais
aucune des variables n'influence l'inquiétude individuelle.

Les exercices, désignés en tant que « mise en situation de crise » par la Stratégie
Nationale de Gestion du Risque Inondation (SNGRI) de 2014, s’imposent à l’ensemble
des citoyens : « les habitants (…) adoptent des comportements et des réflexes adaptés »
et « chaque acteur [sera] mobilisé selon la répartition des compétences prévues par les
textes ». Dans les entreprises, des exercices d’évacuation en cas d’incendies sont
également régulièrement pratiqués. En Suisse, des exercices sont organisés dans
certains cantons où il est proposé aux habitants d’aider les pompiers à installer des
batardeaux. Organiser des exercices de prévention ou d’évacuation peut permettre aux
personnes une mise en situation qui évitera d’être surpris lors de la survenue d’un
évènement.

24
Partie 1 – Problématique posée par l’évaluation de l’efficacité des documents
d’information préventive sur les risques destinés au Grand Public

La démarche qui consiste à placer l’individu dans une situation d’atelier ou de jeu sur
ces thématiques participe de cette résurgence mémorielle du risque sans toutefois le
placer dans une situation de stress (Gisclard 2017). Le concept des « serious game » est
de plus en plus envisagé dans la prévention des risques (Amalric et al. 2017; Crookall
2010; Djaouti 2016). L’objectif ne réside plus seulement dans les échanges d’idées, mais
dans la sollicitation des capacités créatives de chaque individu à travers la simulation,
renforcée par le parti pris ludique (Gisclard 2017). Travailler avec des supports
matériels, que ce soit des cartes de jeu, des mini-maquettes ou bien encore des
cartographies, permet de dépasser « l’insuffisance des descriptions verbales du
phénomène » et par là améliorer la connaissance du risque (Goeldner-Gianella et
Humain-Lamoure 2010). Dans sa thèse, (Gisclard 2017) a conçu un atelier créatif
permettant d’impliquer les habitants dans la gestion du risque inondation. Le dispositif
permet de co-concevoir des solutions en s’amusant et d’initier des réflexions originales
individuelles et collectives sur la question du risque de crues.

L’engagement propose donc un renversement de l’approche classique


(communication persuasive) pour surmonter les résistances auxquelles se heurte
l’approche en termes d’information (Girandola 2003). Elle implique une démarche
proactive des acteurs et permet, à travers des exercices, de travailler sur les aspects
collectifs en modifiant les comportements. Cependant, comme dit précédemment, les
personnes préoccupées par les risques et prêtes à être actrices de leur sécurité
demeurent peu nombreuses. Il peut donc être reproché à ce type d’exercices ou de jeux
préventifs sur les risques, le faible nombre d’habitants qu’ils vont attirer, au profil
similaire. Plusieurs catégories sociales risquent d’être absentes de cette cible. Il est
important d’atteindre également les personnes qui ne se sentent pas concernées ou
intéressées par le risque (Kievik et Gutteling 2011). Par ailleurs, ce type d’outil dit
« serious game » nécessite la mise en œuvre de moyens matériels (location d’une salle
pour réaliser les ateliers par exemple) et d’un temps assez conséquent, ce qui n’est pas
toujours à la portée des collectivités.

Certaines initiatives émergent combinant communication engageante et NTIC en


proposant par exemple des « serious game » interactif tel que le jeu de simulation
proposé sur le site « http://www.stopdisastersgame.org/fr/playgame.html » et proposé
par l’ISDR, bien que sa prise en main gagnerait à être amélioré. Le Secrétariats
Permanents pour la Prévention des Pollutions Industrielles (S3PI) a également proposé
un serious game interactif « @LERTE » ciblant les scolaires du 2nd degré. La mise en
œuvre de ce type d’exercice étant une nouvelle fois marqué par une limite financière
(www.risques-majeurs.info/fiche/serious-game-lerte). Courbet et al, 2014 ont
également mis en évidence les bénéfices qui peuvent être issus des communications
engageantes type serious game sur les individus notamment en termes de changements
comportementaux (https://archivesic.ccsd.cnrs.fr/sic_01076750/).

25
Partie 1 – Problématique posée par l’évaluation de l’efficacité des documents
d’information préventive sur les risques destinés au Grand Public

Le champ des sciences participatives est également investigué par certains


chercheurs avec un avantage double de sensibiliser l’individu au risque en le rendant
acteur, et de collecter des données. C’est le cas par exemple de la plateforme Suricate-nat
développée par le BRMG et l’Université de technologie de Troyes. Ce type de dispositifs
doit cependant être développé en s’assurant que les personnes ne risquent pas de se
mettre en danger pour collecter les données (http://www.brgm.fr/projet/plateforme-
suricate-nat-sur-risques-naturels-collecter-informer-prevenir-grace-reseaux).

D’autres perspectives innovantes (stylo avec bandelettes réflexes, fiches incollables


gafforisk’, webvidéo réalisées avec youtubers…) émergent petit à petit dans la
communauté des risques à l’initiative de collectivités, écoles, associations, qui, de notre
point de vue, doivent être considérées avec intérêt à l’avenir pour une meilleure
sensibilisation du Grand Public (Figure 2).

Figure 2 : Exemples de dispositifs d'information


(www.prefecturedepolice.interieur.gouv.fr/Sequana/Documentation/Publications/Educational-
kit et DDTM Alpes Martimes)

2.3 Enseignements de l’analyse des dispositifs d’information préventive

Nous avons vu que les différentes approches ont des avantages et des limites : les
différentes études mettent en évidence la nécessité de proposer des méthodes et outils
permettant d’évaluer l’efficacité des moyens d’information préventive. Or, l’ensemble
des outils s’inscrivent légitimement dans une dynamique plus globale de sensibilisation
et de communication visant une meilleure prévention des risques auprès du grand
public. Améliorer l’efficacité de la prévention des risques entraîne donc une nécessaire
analyse des processus de communication.
Nous allons donc dans la section suivante étudiée les processus de communication et
proposer une adaptation de ces processus à la communication dédiée aux risques

26
Partie 1 – Problématique posée par l’évaluation de l’efficacité des documents
d’information préventive sur les risques destinés au Grand Public

3) Analyses des processus de communication dans le cadre de


l’information préventive sur les risques
La communication sur le risque peut devenir une forme d'expérience indirecte du
risque et donc un moyen de renforcer son acceptation et de stimuler l'implication des
populations exposées (Festinger 1957). Si l'information est transmise efficacement, les
gens sont davantage incités à adopter des comportements pertinents pendant
l'événement car ils ont une meilleure connaissance des risques associés et des
recommandations de sécurité pour une meilleure prévention des risques (Siegrist et
Cvetkovich 2000). Des travaux de recherche ont montré que la recherche d'informations
par les citoyens semble coïncider avec l'intention de prendre des mesures préventives
(Kievik et Gutteling 2011). La fourniture d'informations réglementaires aux citoyens
peut également conduire à une recherche d'informations supplémentaires (Hagemeier-
Klose et Wagner 2009). Par conséquent, le public doit être informé périodiquement des
dangers et des niveaux de risque auxquels il est exposé et de l'évolution de sa situation
(Nations Unies, 2006). Pour (Paton, Smith, et Johnston 2000), l'un des principaux défis
de la communication du risque consiste à s'assurer que l'information fournie est
significative pour les bénéficiaires et motive l'acceptation du risque. Il s’agit donc
d’analyser l’efficacité de cette communication. Comprendre les grands principes de la
communication est indispensable à la réussite des actions entreprises pour
communiquer sur les risques majeurs.

Dans cette section nous allons étudier les concepts de l’information et des modèles de
communication existants afin d’en déduire et de structurer notre propre modèle
d’analyse. Nous appliquerons ensuite ce modèle à l’efficacité de la communication
préventive sur le risque.

3.1 Information et communication

Le terme « information » traduit deux concepts distincts :

- Les informations (ou une information) sont des données mises en forme, elles
peuvent être par exemple stockées dans un SIG ; La norme AFNOR, 2000 définit
ainsi l’information comme une association significative de données portées sur un
support selon un code prédéfini (FD X50-190. 2).

- L’information, est un concept plus général, qui va englober une thématique ou un


domaine et qui se rapproche de la communication. Elle traduit le verbe
« informer » c’est-à-dire communiquer des informations. (De Oliveira 2010) fait le
constat qu’une information est associée au processus intellectuel de
communication. D’après Brouste et Cotte (1999), la communication est le résultat
d’un processus de mise en forme et de matérialisation visant à communiquer un

27
Partie 1 – Problématique posée par l’évaluation de l’efficacité des documents
d’information préventive sur les risques destinés au Grand Public

fait ou un ensemble de faits à un public donné. Selon eux l’information fait l’objet
de traitement par représentation, de formalisation à travers un discours
particulier, de classification, ce qui structure l’information mais qui la dénature
également d’une partie de son essence propre. D’après Frochot (2000), il s’agit
« après avoir décrypté les données et après leur avoir restitué le sens informatif,
de structurer ces informations en vue de les communiquer aux individus à qui
elles sont destinées ».

L’information est donc un processus complexe, étroitement lié au processus de


communication. D’après la norme AFNOR de 2011 il s’agit d’un processus d’échange
d'informations, de connaissances et d'opinions, impliquant de multiples interlocuteurs,
supports, messages et actions - a communication implique d’informer, de consulter et
d’échanger (FD X50-253 (mai 2011)). Ainsi, le processus de communication se divise
généralement en 3 catégories :

- La communication interpersonnelle : un échange entre un émetteur et un


récepteur.

- La communication de masse : un émetteur transmet des informations à plusieurs


récepteurs.

- La communication de groupe : transmission d’informations à l’encontre d’une


certaine catégorie de personnes

Alors que la communication de masse s’adresse à tous les récepteurs disponibles, la


communication de groupe s'adresse à des groupes de récepteurs ciblés, définis selon
leurs expériences, leur culture, leurs attentes, leurs besoins...

La communication considère donc l'ensemble des moyens et techniques permettant


la diffusion d'un message auprès d'une certaine audience.

C'est en fait, une science partagée par plusieurs disciplines qui ne répond pas à une
définition unique. Comme le constate Bougnoux (1993) : « Nulle part ni pour personne
n'existe LA communication. Ce terme recouvre trop de pratiques, nécessairement
disparates, indéfiniment ouvertes et non dénombrables » Si tout le monde s'accorde
pour la définir a minima comme un processus, les points de vue divergent lorsqu'il s'agit
de la qualifier. La communication n’est pas abordée de la même manière selon les
domaines (d’après Picard 1992) :

- Les sciences de l'information et de la communication proposent une approche de


la communication centrée sur la transmission d'informations. Dans ce cadre, la
communication étudie aussi bien l'interaction homme-machine que les
processus psychiques de transmission des informations (avec l'appui des
sciences cognitives).

28
Partie 1 – Problématique posée par l’évaluation de l’efficacité des documents
d’information préventive sur les risques destinés au Grand Public

- La psychologie sociale s'intéresse essentiellement à la communication


interpersonnelle (duelle, triadique ou groupale). La communication — vue
comme un système complexe — concerne tout ce qui se passe lorsque des
individus entrent en interaction. Dans cette optique, les informations
transmises sont toujours multiples, la transmission d'informations n'est qu'une
partie du processus de communication et différents niveaux de sens circulent
simultanément. Les processus cognitifs, affectifs et inconscients sont pris en
compte.

Depuis que les sciences humaines étudient et analysent le processus de


communication, différents chercheurs, venus d’horizons variés, ont périodiquement
tenté de le formaliser à l’intérieur de « modèles » censés en présenter les éléments
constitutifs de façon schématique claire et fonctionnelle (Picard 1992).

Il existe trois grands types de modèles décrivant les processus de communication : les
modèles « techniques », principalement axés sur les problèmes de la transmission des
signaux ; les modèles linguistiques, privilégiant le message ; et les modèles
psychosociologiques, envisageant plutôt la communication dans ses mécanismes
psychologiques et sociaux (Marc et Picard 1989). Dans les paragraphes suivants, nous
proposons un descriptif rapide de ces modèles, leurs intérêts et leurs limites pour notre
contexte d’étude de communication d’informations préventives sur les risques. Des
tableaux de synthèse sont présents en Annexe 1.

3.2 Les modèles techniques

Le modèle de Shannon et Weaver (1949) est le plus populaire pour représenter le


processus communicationnel (Figure 3). Il s’agit d’un modèle télégraphique élaboré
pour les besoins des laboratoires Bell. Afin d'améliorer le rendement du télégraphe, ces
auteurs devaient quantifier l'information transmise. Weaver a introduit la notion du
brouillage en tant que « bruit » c'est-à-dire la représentation d'un obstacle à la
communication. Si ce modèle s'intéresse à la quantité d'information envoyée et reçue, le
message se trouve sans signification. Le message envoyé est une forme et non un sens
(Schermerhorn, Hunt, et Osborn 1995). Shannon et Weaver distinguent 3 types de
problèmes de communication :

- Les problèmes techniques qui concernent l’exactitude du transfert des séries de


symboles, en fonction du canal, de l’espace et du temps, depuis l’émetteur
jusqu’au récepteur.

- Les problèmes sémantiques qui concernent l’identité (ou une approximation


suffisamment proche), entre l’interprétation du récepteur et l’intention de
l’émetteur. Il s’agira de s’assurer que les images, les représentations de l’objet
convoyé sont les plus proches possibles, pour l’émetteur et le récepteur.

29
Partie 1 – Problématique posée par l’évaluation de l’efficacité des documents
d’information préventive sur les risques destinés au Grand Public

- Les problèmes d’efficacité concernent le succès avec lequel la signification


transportée jusqu’au receveur, provoque chez lui la conduite désirée (Bougnoux
1993).

Figure 3 : Modèle technique de communication de Shannon et Weaver (1949)

D’autres modèles à la même époque ont également eu un certain retentissement.


Lasswell, en 1948, pionner de la communication de masse, a une vision simple et
pragmatique de la communication. C'est également une vision très technique. Il est
connu pour sa définition de la communication selon son modèle des « 5 W » (de
l’anglais : Who, When, What, Why, Where ou en français : Quoi, Qui, 0ù, Quand,
Pourquoi). Selon cet auteur, n'importe quel message peut atteindre son destinataire à
condition qu'il n'y ait pas d'interférence. Dans sa théorie, il y a trois niveaux de
conduction dont le premier est la conduction totale lorsque le message passe
complètement sans interruptions. Le deuxième niveau est la conduction modifiée lorsque
le message passe, mais avec moins de clarté et en troisième lieu il y a non
conduction lorsque le message ne passe pas du tout. Dans Propaganda Technique in
World War 1, ouvrage publié en 1927, Lasswell utilise la propagande comme exemple
pour prouver sa théorie, démontrant l'influence que celle-ci peut avoir sur une société et
même sur le comportement des citoyens. Par exemple, une propagande qui montre un
beau garçon musclé en train de défendre son pays pourrait inciter tous les autres
garçons de son groupe d'âge à se joindre à l'armée. Si cette propagande réussit à susciter
l'intérêt des jeunes garçons, elle est donc considérée comme une conduction totale car le
message semble être passé clairement, le comportement des garçons en ayant été
affecté.

Ces deux modèles possèdent un défaut majeur dans le fait qu’ils ne tiennent pas
compte de l’environnement des individus en présence et de leur perception. Cet aspect
apparait de façon plus évidente dans certains modèles de communication de masse pour
laquelle des éléments contextuels ont été inclus dans les modèles lui étant associés.

30
Partie 1 – Problématique posée par l’évaluation de l’efficacité des documents
d’information préventive sur les risques destinés au Grand Public

C’est le cas du modèle de Riley et Riley (1959). Il fut un des premiers à considérer
avant tout le processus de communication comme un processus social. Les
« communicateur » et « récepteur » sont traduits en groupes (Riley et Riley 1959). Ces
modèles présentent un processus linéaire où l’information transite de l’émetteur vers le
récepteur. Ce qui n’est pas toujours vrai. Les travaux de Wiener (1948) ont apporté la
notion de feedback (rétroactions) qui considère la réaction du récepteur suite au
message émis et son retour vers l’émetteur. La conception du processus de
communication est alors passée de linéaire à circulaire.

Certains éléments issus de ces modèles possèdent un intérêt pour notre contexte
d’étude de la communication préventive sur les risques à destination du Grand Public.
Les 3 types de problèmes de communication identifiés par Shannon et Weaver par
exemple, vont dans le sens de nos interrogations : les problèmes techniques
s’intéressent au fond du message véhiculé, les problèmes sémantiques à sa forme et ceux
de l’efficacité concernent directement notre contexte d’étude c'est-à-dire permet de
provoquer le comportement approprié. Le modèle de Lasswell apporte la notion
d’interférence dans un processus de communication ce qui est également à prendre en
compte dans la communication sur les risques. Il pourrait par exemple s’agir de défauts
de conception d’un document préventif sur les risques majeurs. Le modèle de Riley et
Riley introduit la notion de groupe pour ce qui concerne le récepteur. Nous nous devons
également de considérer ce point car le Grand Public, qui ici notre récepteur, constitue
un large groupe de récepteurs. Nous nous plaçons donc dans ce que l’on appelle la
communication de masse. Enfin les travaux de Wiener ajoutent la notion de rétroaction
du récepteur une fois le message reçu, ce qui de notre point de vue constitue également
un point intéressant pour nos recherches. En effet, l’objectif d’amélioration du message
ne peut se faire sans une prise en compte de l’avis du récepteur.

Cependant, un des « défauts » de ses modèles techniques est de présenter le message


comme un tout abstrait et d’oublier que le langage humain, complexe par nature, pouvait
avoir une grande influence sur la communication. C’est sur cette considération que sont
basés les modèles linguistes.

3.3 Les modèles linguistiques

Les modèles de Jakobson (1963) et de Hymes (1972) sont considérés comme


représentatifs des travaux de la linguistique dans le domaine de la communication.

Jakobson a réellement tenté de se dégager d'une certaine vision abstraite et


mécaniste de la communication. Il va porter ses recherches sur le message lui-même,
visant à saisir toute la complexité de la communication humaine. Il dégage six
facteurs auxquels il associera six fonctions, comme par exemple la fonction expressive

31
Partie 1 – Problématique posée par l’évaluation de l’efficacité des documents
d’information préventive sur les risques destinés au Grand Public

au facteur « destinateur » ou la fonction « référentielle » au facteur « contexte » (voir


tableau en annexe).

Mais Jakobson, comme de nombreux linguistes, se contente d’évoquer les conditions


sociales de la communication sans réellement les prendre en compte. C’est sur cette
optique que se base « l’ethnographie de la communication » particulièrement portée par
Hymes (1972) à l’origine du modèle « Speaking ». Son nom est issu des initiales des huit
éléments le composant formant le mot anglais « speaking » : Setting, Participants, Ends,
Acts, Keys, Instrumentalities, Norms, Gender (Tableau 2).

Tableau 2 : Modèle linguistique de communication de Hymes (1972)

Les modèles linguistiques possèdent également certains éléments pertinents pour


nos travaux de recherche. Les modèles de Jakobson puis de Hymes apportent de
nouvelles considérations dans le processus de communication notamment pour ce qui
concerne : les objectifs et fonctions de la communication, le contenu du message et sa
forme, la compréhension du code par tous les récepteurs. Il s’agira notamment d’évaluer
les objectifs de la communication préventive sur les risques, la nature de son fond et de
sa forme mais aussi de s’assurer que ce fond et cette forme seront compréhensibles par
l’ensemble des récepteurs, c’est-à-dire le Grand Public. Les modèles linguistiques offrent
une vision plus riche, plus précise, moins mécanique (plus « humaine » en quelque
sorte) de la communication que les modèles techniques, mais ils restent néanmoins dans
une perspective plus ou moins « idéale ». Ils ne permettent pas d'expliquer la plupart
des difficultés que l'on y rencontre habituellement, difficultés qui ne tiennent que pour
une part à des questions linguistiques. C'est pourquoi les aspects psychosociologiques
doivent être également considérés dans une étude de la communication (Picard 1992).

32
Partie 1 – Problématique posée par l’évaluation de l’efficacité des documents
d’information préventive sur les risques destinés au Grand Public

3.4 Les modèles psychosociologiques

Les travaux sur les aspects psychosociologiques ont précisé mais aussi enrichi les
modèles précédents. L'approche psychosociologique a mis en évidence le fait que toute
communication comporte des enjeux externes c'est-à-dire le but qu'on désire atteindre :
on veut plaire, convaincre, agresser, etc. (Goffman 1974).

La notion même de message fut redéfinie. Les linguistes le qualifiaient de message


verbal alors que l’aspect verbal ne compose qu’une partie des messages émis dans la
communication. Un grand nombre d’informations sont également émises par des voies
non verbales (gestes, mimiques, postures, ton…) et deux catégories de langage ont ainsi
émergé : « digitale » (liée à la langue) et « analogique » (liée à l’expression corporelle).
Par ailleurs la communication entre deux personnes ne pouvait se définir simplement
par un émetteur et un récepteur car leur relation possède un rapport psychosocial,
déterminé par leurs statuts et identités sociaux (âge, sexe, rôle…).

À cet égard, l'un des premiers modèles que l'on peut qualifier de
« psychosociologique » est celui de T. Newcomb élaboré à partir des travaux de Heider
(1958). L'hypothèse de Heider est que toute relation doit être ressentie comme
équilibrée par les partenaires, et que, lorsque ce n'est pas le cas, ceux-ci tendront à
réduire le déséquilibre ou à rompre la relation. Le modèle formalise ses équilibres et
déséquilibres sous la forme de huit schémas. Malgré un aspect un peu schématique, ce
modèle souligne le fait essentiel que toute situation de communication met en présence
des individus caractérisés par des attitudes et des motivations (qui éprouvent des
sentiments, adhèrent à des idéologies, appartiennent à des réseaux affinitaires...) et que
la communication peut agir sur la relation.

George Gerbner (1956), quant à lui, présente un modèle général de la communication


qui s'articule sur deux axes essentiels : le message est lié au contexte (et donc celui-ci
permet de renseigner sur le message) et le processus de communication repose sur deux
dimensions, la perception et le contrôle du message. Gerbner lie la communication à la
culture et la culture à la télévision, persuadé que celle-ci servira rapidement de vecteur.
Le Modèle de Gerbner est complexe et s'adapte autant à la communication
interpersonnelle qu'à la communication de masse.

Par la suite, Berlo (1960) a mis en évidence l'importance de l'aspect psychologique de


toute communication. Son modèle est simple et rejoint celui de Shanon et Weaver
(1949), Source - Message - Canal - Récepteur, mais la communication est influencée par
des éléments extérieurs à chaque niveau de la relation (Figure 4). Ce modèle est
nettement plus abouti puisqu'il tient compte des caractéristiques humaines de la source
et du récepteur et qu’il donne une grande importance au codage du message en termes
d’influence sur la communication.

33
Partie 1 – Problématique posée par l’évaluation de l’efficacité des documents
d’information préventive sur les risques destinés au Grand Public

Figure 4 : Modèle psychosociologique de la communication de Berlo (1960)

En 1961, Schramm ajoute un élément fondamental aux schémas classiques de


communication (Source - Message - Canal - Récepteur), celui du champ d'expérience
commun. En effet, pour que le message codé transmis par l'émetteur soit décodé et
compris par le destinataire, il est fondamental qu'il y ait un champ commun (souvent un
champ sémantique) entre les deux parties. Si les champs d'expérience de la source et du
destinataire se chevauchent, alors il peut y avoir communication.

Enfin dans les travaux sur les aspects psychosociologues, la notion de « réception »
d’un message s’est également étoffée par rapport aux travaux des modèles techniques et
linguistiques. En effet, jusqu’alors cette opération était associée à un simple travail
d’enregistrement et de décodage d’un message. Le travail d’interprétation qu’effectue le
récepteur en même temps que le décodage n’était pas considéré. C’est ce que traduit la
notion « d’inférence » comme étant la capacité qu’a le récepteur à effectuer des
opérations logiques, à conduire des raisonnements non formalisés pour comprendre un
message, implicitement. Le processus d'inférence est au fondement de la conception des
théories se situant dans le courant de la pragmatique linguistique et qui estiment que le
sens d'un message découle autant de ses dimensions implicites que de son contenu
explicite. Elles considèrent aussi que le travail de compréhension consiste à sélectionner
parmi les implications de l'énoncé explicite celles qui sont pertinentes par rapport au
contexte.

34
Partie 1 – Problématique posée par l’évaluation de l’efficacité des documents
d’information préventive sur les risques destinés au Grand Public

Comme pour les modèles techniques et linguistiques, les modèles


psychosociologiques possèdent des éléments d’intérêt pour nos travaux qu’il nous faut
relever. Les modèles de Heider et Newcomb, et plus tard de Schramm mettent en
évidence la nécessité d’une « relation équilibrée » entre l’émetteur et le récepteur pour
que le processus de communication puisse avoir lieu. Il faut par exemple que le
récepteur ait confiance en l’émetteur, ou bien que les 2 possèdent un champ sémantique
commun, au risque dans le cas contraire qu’il y ait rupture de la relation. Gebner met
aussi en évidence la notion de perception du message par le récepteur dans la
communication de masse. Berlo enfin apporte de nombreux éléments intéressants au
processus de communication puisqu’il identifie différentes caractéristiques à considérer
pour chaque niveau du processus. Il faut par exemple songer à tenir compte de la
capacité de l’émetteur à communiquer ou de la capacité du récepteur à appréhender le
message en tenant compte de sa culture personnelle, de son savoir, du système social.

3.5 Apports des processus pour la thèse et proposition d’un modèle de représentation du
processus de communication

Tous ces modèles nous amènent à nous interroger sur les différents vocables
employés dans chacun des modèles, parfois identiques ou différents alors qu’ils
possèdent la même signification. Cette analyse du vocabulaire est effectuée ci-
dessous (Tableau 3):

Composants Vocables existants


Celui qui émet Source, émetteur, communicateur, récepteur,
agent communicant, destinateur
Action de celui qui émet Encoder, encodage
Ce qui est communiqué Canal, média, message, code, acte, ton, genre,
signal, produit de communication
Celui qui reçoit Récepteur, destinataire, destination
Action de celui qui reçoit Décoder, décodage
Interactions entre celui qui émet et celui qui reçoit Contact, normes
Perturbations dans le processus Bruit, interférences
Environnement de la communication Bruit, contexte, situation, participants
Tableau 3 : Analyse du vocabulaire utilisé dans les modèles de communication issus de la
littérature

A partir de cet état de l’art sur les différents modèles de communication proposés
dans la littérature nous déduisons que chaque modèle pris isolément ne peut répondre à
l’ensemble de notre contexte de communication sur les risques. Il s’agit plutôt de
combiner certains de ces modèles. Ainsi :

- Le modèle des 5W de Laswell par exemple permet de définir rigoureusement


le cadre du processus en décrivant correctement chacun des composants.

35
Partie 1 – Problématique posée par l’évaluation de l’efficacité des documents
d’information préventive sur les risques destinés au Grand Public

- On a également vu qu’il était important de considérer le contexte social de


l’émetteur et du récepteur, ainsi que leurs différentes caractéristiques
(personnalité, compétences…) (Riley et Riley, 1959 ; Heider et Newcomb,
1958, Berlo, 1961).

- La teneur du message et le canal par lequel il est diffusé présente également


un caractère crucial qu’il faut analyser pour notamment s’assurer qu’il est
codé et décodé comme il faut (Jakobson, 1963 ; Gerbner 1956 ; Berlo 1961).
Avec le modèle de (Schramm, 1961) a aussi émergé l’importance d’un champ
commun d’expérience ou au moins d’un vocabulaire commun entre les deux
interlocuteurs.

- Dès le modèle de Shannon et Weaver, nous avons vu que le processus pouvait


être perturbé par des interférences (défauts du message, problème de
capacité à communiquer de l’émetteur, défauts de perception du récepteur …)
qu’il conviendra de prendre en compte dans la communication sur les risques.

- Enfin, nous avons également relevé l’importance de permettre au récepteur


de proposer des feedbacks et rétroactions suite à la réception du message
(Modèle de Wiener, 1948).

Ceci nous conduit à proposer le processus représenté sur la Figure 5. Notre processus
possède des similarités avec celui proposé par (Berlo 1960) ainsi que des éléments issus
des différents modèles.

Figure 5: Termes et processus de communication définis à partir de l'analyse bibliographique

La structure du processus provient du modèle de Berlo ainsi que les différents


facteurs si ce n’est le récepteur traduit ici en groupe comme dans le modèle de Riley et
Riley puisqu’il s’agit de communication de masse. Les différentes caractéristiques de
chacun des composants du processus proviennent de l’analyse de la littérature de la

36
Partie 1 – Problématique posée par l’évaluation de l’efficacité des documents
d’information préventive sur les risques destinés au Grand Public

communication (capacité à communiquer, champs sémantique…) ainsi que de la


littérature réalisée dans la section 1 et dont nous positionnons ici des éléments nous
paraissant adaptés comme la représentation des 2 acteurs ou la confiance.

L’émetteur correspond à celui qui émet les informations. Il possède des


caractéristiques telles que sa représentation du sujet de la communication ou sa
capacité à communiquer, basées sur le modèle de Berlo. Les informations subissent un
codage et se présentent sous la forme d’un message. Le message est élaboré à partir
d’objectifs et à l’aide d’un champ sémantique adapté (Berlo, 1961 ; Schramm, 1961). Le
message va être transmis par l’intermédiaire d’un canal de diffusion devant présenter
une forme pertinente c'est-à-dire adaptée au récepteur, et parvenir au récepteur qui va
le décoder (Gerbner, 1956 ; Berlo, 1961). Le récepteur, un groupe de récepteurs dans
notre contexte, possède également des caractéristiques à considérer. S’agissant d’une
communication de masse il convient de réaliser une communication permettant d’être
décodée, appréhendée par tous les récepteurs quelles que soient leurs caractéristiques
(culturelles, sociologiques, psychologiques…). Selon les modèles de Shannon et Wever,
et plus tard Berlo, le processus communicationnel peut également être entaché par des
interférences. Elles peuvent survenir à chacun des niveaux du processus. Le processus
de communication que nous avons représenté et choisi pour nos recherches tient
également compte des rétroactions pour améliorer le message (Wiener, 1948).

Ce modèle sera le support d’organisation de nos travaux. La communication peut


entraîner des effets abondant dans le sens de l’objectif de la communication, ou au
contraire en son inverse. Analyser l’efficacité de la communication permettrait ainsi
d’agir sur les facteurs à l’origine de ces effets afin d’augmenter les effets positifs et
diminuer les effets négatifs quand cela est possible, notamment sur l’impact sur la
représentation des personnes.

4) Définition de la problématique de la thèse

La problématique de la thèse est donc d’évaluer l’efficacité de la communication


préventive sur les risques. Par efficacité nous entendons évaluer la communication de
sortes qu’elle soit appréhendée au mieux par le lecteur. Nous proposons d’évaluer cette
efficacité par une analyse de la conformité du document vis-à-vis de la loi. Cependant
cette seule évaluation ne permet pas de savoir si le DICRIM est efficace. Comme nous
l’avons vu dans la section 2) il n’existe pas à l’heure actuelle de charte graphique ou de
contenu normalisé pour les documents tels que les DICRIM. La loi ne requiert que des
obligations générales de contenu ce qui laisse une assez grande liberté pour
l’élaboration des DICRIM concernant par exemple leur nombre de pages, les couleurs
utilisées, le vocabulaire employé… Dans cette optique, l’évaluation de l’efficacité que
nous proposons se fera également par une analyse de la performance du document en
termes de visuel et de contenu. Suivant ce même procédé, une modélisation sous la

37
Partie 1 – Problématique posée par l’évaluation de l’efficacité des documents
d’information préventive sur les risques destinés au Grand Public

forme de performance et de conformité (aux règles de l’art dans ce cas) a été développée
pour les barrages (Curt, Peyras, et Boissier 2010).

Si la sensibilisation aux risques majeurs doit se faire par l’intermédiaire de tous


moyens de communication disponibles, la communication de masse demeure de notre
point de vue un procédé adapté qu’il convient d’améliorer. En effet, il est important de
considérer le degré d’implication des personnes. Ce sont souvent les personnes déjà
intéressées par le sujet au préalable qui font un effort de recherche d’informations en se
déplaçant aux réunions sur les risques par exemple (Kievik et Gutteling 2011). Et ces
personnes ne constituent pas à l’heure actuelle une majorité de la population qui n’est
pas encore prête à accorder de son temps (déjà très pris par ailleurs dans nos sociétés
sans cesse en mouvement) aux préoccupations sur les risques. C’est pourquoi nous
choisissons d’axer les efforts sur les communications directes, qui parviennent entre les
mains de l’individu, qu’il s’agisse d’informations papiers ou numériques, sans que celui-
ci n’ait d’effort particulier à fournir.

Dans ce travail, nous nous intéressons donc plus particulièrement au DICRIM car il
est, dans la stratégie globale de l’Etat sur la prévention des risques, le document
principal de référence pour ce qui est d’informer les citoyens sur les risques de leurs
communes et auxquels ils peuvent être amenés à faire face. En outre, l’amélioration du
DICRIM, qui sera l’objectif final de nos travaux constitue d’ailleurs une des solutions
préconisées par les ANRN 2016 dans leur restitution.

Notre objectif est de proposer des méthodes et outils d’évaluation des documents de
communication préventive sur les risques, et de proposer des actions correctives en vue
de l’améliorer si nécessaire. Il s’agit de proposer des méthodologies pour évaluer
l’efficacité de ce type de communication de masse (Message sur la Figure 5), considérant
son objectif et ses fonctions (cf. Figure 5) ainsi que chacun des éléments qui lui sont
associés (contenu, mise en page… - Message et Canal sur la Figure 5). Il s’agit aussi de
s’interroger sur la façon dont cette communication est perçue en considérant les
facteurs humains (Groupe de Récepteurs sur Figure 5) pouvant entrer en jeu durant la
prise de connaissance des informations qu’elle contient. La perception de ces
informations, et plus largement des risques majeurs, est également à prendre en compte
lors de l’analyse et de l’amélioration de l’efficacité du document. Il s’agit enfin de
considérer l’Emetteur du message (Figure 5), le Maire pour le DICRIM, dont la propre
perception des risques et de leur gestion peut avoir un impact significatif sur le message
porté par le document.

Sur la Figure 6, nous avons ainsi décliné le processus de communication au cas du


DICRIM. L’Emetteur est constitué du Maire, le Message et le Canal sont le fond et la
forme du DICRIM et le Groupe de récepteurs est le Grand Public. Le processus est
présenté de façon linéaire car la diffusion actuelle du DICRIM repose sur une

38
Partie 1 – Problématique posée par l’évaluation de l’efficacité des documents
d’information préventive sur les risques destinés au Grand Public

communication « top-down ». Il convient cependant de préciser que la méthodologie


utilisée dans nos travaux intégrera également une échelle « bottom-up » dans le sens où
des améliorations seront proposées notamment à partir d’éléments fournis par le Grand
Public. Par ailleurs, les interférences sont vues dans ces travaux comme des
dysfonctionnements.

Nous organisons les questions scientifiques selon ce modèle de processus de


communication :

-Le Maire : Quelle représentation des risques majeurs est proposée par le maire dans
son édito dans le DICRIM ?

-Le DICRIM (fond et forme) : comment le décrire ? Quelles sont ses fonctions ? Comment
vérifier sa conformité à la réglementation ? Comment évaluer, de manière robuste
(répétable, reproductible) son efficacité et quels problèmes de forme ou de fond peut-on
rencontrer ? Comment rétroagir pour améliorer le système ? Quelles sources utiliser pour
construire ces modèles ?

-Le Grand-Public : Quelles sont les représentations cognitives des habitants sur les
risques majeurs ? Comment les habitants perçoivent-ils les communications préventives sur
les risques qui leur sont destinées ? Quel est le point de vue des habitants sur ces
communications et comment le prendre en compte ?

Figure 6 : Problématique de la thèse et questions scientifiques

39
Partie 1 – Problématique posée par l’évaluation de l’efficacité des documents
d’information préventive sur les risques destinés au Grand Public

Souvent, les chercheurs ne tiennent pas compte des besoins des utilisateurs
potentiels en matière de politiques et de pratiques lorsqu'ils mènent des recherches et
ne produisent pas systématiquement des informations directement utilisables sur les
risques et, de même, les décideurs n'utilisent pas les informations scientifiques
disponibles les plus appropriées pour prendre des décisions politiques (Weichselgartner
et Pigeon 2015) .Nos recherches auront pour retombées de proposer aux maires, ou aux
bureaux d’étude spécialisés dans la réalisation de DICRIM, la possibilité d’évaluer
l’efficacité de leur DICRIM au moment de sa conception, ou en post-diffusion afin
d’apporter des corrections si nécessaire et d’en proposer éventuellement une nouvelle
version à l’impact plus significatif. Il s’agit également, à travers ses recherches, de
développer une méthode d’évaluation qui ne nécessite pas nécessairement
l’intervention de compétences expertes ou de budget trop conséquents. En effet, de
nombreuses petites communes aux faibles moyens humains et financiers doivent malgré
tout élaborer un DICRIM parce que soumises à des risques majeurs et il est important
qu’elles puissent elles aussi avoir accès à ce type d’aide à la décision sans contraintes. Il
est par conséquent également essentiel que ces méthodes soient génériques donc
applicables à tout DICRIM.

40
Partie 2 : Démarche et méthodes

Partie 2 : Démarche et méthodes


1) Démarche méthodologique générale
Pour répondre aux questions soulevées par la problématique nous avons réalisé un
état de l’art des différentes méthodes qui existent actuellement pour évaluer une
efficacité et ce dans différents domaines des Sciences Pour l’Ingénieur, des Sciences
cognitives et des Sciences Humaines et Sociales. Cette revue d’outils méthodologiques
est disponible dans les introductions des articles faisant l’objet des chapitres 1 et 3 de
cette thèse. Les méthodes existantes actuellement nécessitent généralement
l’intervention de moyens humains ou financiers conséquents demandant par exemple
l’intervention d’un échantillon de population. Par ailleurs, elles ne sont pas
nécessairement génériques ce qui constitue un autre des objectifs fixés par la
problématique de la thèse. Nous avons donc élaboré une démarche croisant des
méthodes issues de différentes disciplines ce qui s’inscrit dans une multiplication
actuelle des appels à la transversalité ou à l’interdisciplinarité pour répondre aux
besoins pressants d’efficacité face aux défis que pose l’environnement aux sociétés
(Patrick Pigeon et Rebotier 2017). Dans notre cas, les méthodes manipulées relèvent de
l’analyse systémique, des interviews et analyses de discours et de la modélisation de
connaissances (Figure 7).

41
Partie 2 : Démarche et méthodes

Figure 7 : Méthodes manipulées en réponse aux questions scientifiques de la thèse

La Figure 8 ci-dessous illustre de manière détaillée la démarche méthodologie mise en


œuvre. Les réponses aux questions scientifiques posées par la problématique vont
s’articuler autour de la mise en œuvre de ces méthodes en lien avec les différents
composants du processus :
- L’étude des fonctions portées par le document et l’analyse de leurs défaillances
potentielles (interférences – Fond et Forme du DICRM) menées selon une
analyse systémique grâce à des méthodes de la sûreté de fonctionnement
(Partie 3 et en rose sur la Figure 8) ;

- La perception du document par les habitants (Grand Public), leur point de vue sur
un tel document et plus largement leurs représentations des risques majeurs
(Partie 4 Chapitre 1 et en orange sur la Figure 8) ;

- La représentation des risques majeurs par les maires à travers l’édito contenu
dans le document (Partie 4 Chapitre 2 et en orange sur la Figure 8) ;

- L’évaluation de la conformité et de la performance du document (fond et forme)


menant à l’efficacité et la proposition d’améliorations qui peuvent lui être
apportées avec prise en compte des connaissances expertes et de ceux des
habitants (Partie 5 en vert et en bleu sur la Figure 8).

42
Partie 2 : Démarche et méthodes

Figure 8 : Démarche méthodologique de la thèse

43
Partie 2 : Démarche et méthodes

2) Matériel et méthodes

2.1 Matériel

La démarche est appliquée au DICRIM. Les principales rubriques et informations à


inclure dans ce document sont énumérées dans le Modèle national pour l'application du
Code de l'environnement (articles L 125 - 2 et R 125 - 9 à R 125 - 27) publié par le MTES
(Ministère français de la transition écologique et solidaire) (MEDDE 2013). C'est sur
cette base que nous réalisons nos analyses. Il s'agit d'un cadre d'information générale
qui doit être mis en œuvre à la fois par le maire et le préfet pour créer respectivement
DICRIM et DDRM. Pour ce faire, ils doivent utiliser ce cadre et ajouter des informations
spécifiques, par exemple des informations concernant le territoire municipal pour le
maire. Les principaux phénomènes qui doivent être traités dans le DICRIM (en fonction
de leur occurrence dans la ville donnée) sont énumérés dans le modèle national :
inondations, tremblements de terre, mouvements de terrain, incendies de forêt,
avalanches, tempêtes/cyclones, éruptions volcaniques, ruptures de barrages, accidents
nucléaires, accidents industriels et risques miniers. La Maquette liste également les
rubriques que doit contenir le DICRIM :

- « Editorial avec mot du maire

- Sommaire

- Présentation du DICRIM avec rappel sur le risque majeur et l’information


préventive afin de replacer ce document dans son cadre réglementaire

- Informations chaque risque : Présentation du risque ; Actions de prévention au


niveau de la commune ; Actions de police et de protection ; Consignes de
sécurité ; Cartographie

- Affiche communale et définition de ses modalités d’affichage

- En zone inondable, liste et implantation des repères de crues historiques et des


plus hautes eaux connues

- Carte communale des cavités souterraines et marnières déclarées dont


l’effondrement serait susceptible de porter atteinte aux personnes et aux biens

- Où s’informer pour en savoir plus : contacts, numéros de téléphone et liens


internet

- Numéros de téléphone d’urgence : police, sapeurs-pompiers, Samu, EDF, GDF …

- Equipements à avoir en permanence chez soi afin d’être prêt : radio portable avec
piles de rechange, matériel de confinement, trousse de pharmacie, papiers
d’identité … »
44
Partie 2 : Démarche et méthodes

Quelques éléments de détails sont fournis pour les informations contenues dans
certaines rubriques. La forme de l’ensemble des rubriques est laissée libre. La Maquette
mentionne uniquement que :

- les pages dédiées aux risques doivent faire de 2 à 3 pages maximum

- des photos pourront illustrer utilement le risque, les mesures prises, les travaux
réalisés afin de rendre ce document didactique

- que des pictogrammes représentant les différents risques sont téléchargeables


sur le site du Ministère de l’Ecologie, du Développement Durable et de l’Energie
: www.prim.net pour illustrer le document.

Il n'y a pas d'obligation légale concernant le format de diffusion du document. Le DICRIM


peut être consulté par le public à la mairie sous forme de document papier. Dans
certaines villes, il est également distribué directement dans les boîtes aux lettres des
habitants ou affiché sur le site Web municipal sous forme numérisée ou, plus rarement,
en mode interactif.

2.2 Analyse systémique

La méthode retenue analyse le fonctionnement et du dysfonctionnement du système à 2


granularités différentes :
1-Analyse fonctionnelle à la granularité du système : permet de déterminer les
fonctions de service - décrit en détail les fonctions et les relations dans le
système et les contraintes qu'il remplit. Les fonctions sont systématiquement
caractérisées, classées et évaluées (AFNOR 2014). Pour l'analyse fonctionnelle,
nous avons choisi d'utiliser la méthode APTE qui peut être appliquée avec
succès à notre étude de cas comme un test rapide, comme proposé dans
(Ghariani, Curt et Tacnet 2014). C'est l'une des méthodes de fiabilité les plus
utilisées.
2-Analyse structurelle : permet de décomposer le système en composants
3-Analyse fonctionnelle à la granularité des composants : permet de déterminer les
fonctions techniques et les contraintes On distingue trois types de contraintes
liées à ces composants : les contraintes réglementaires pour évaluer la
conformité et les contraintes de forme et de contenu pour évaluer la
performance
4-Analyse des dysfonctionnements : L'AMDE est une méthode inductive d'analyse
des défaillances potentielles d'un système. Elle considère systématiquement
chaque composant du système et ses modes de défaillance l'un après l'autre. Les
défaillances sont identifiées par le non-respect des contraintes. Les éléments de
détection sont également répertoriés, ce qui permet d'identifier cette non-
conformité. Les résultats des analyses AMDE sont présentés sous la forme d'un

45
Partie 2 : Démarche et méthodes

diagramme en forme de nœud papillon, spécialement conçu pour le type de


système étudié. Les éléments de détection ont été formulés à partir de la
littérature et ont été validés par des experts, ce qui est classique lors de la
réalisation d'une AMDE en situation industrielle. Les éléments de détection sont
ensuite traduits sous la forme d’indicateurs en utilisant également d’autres
éléments pour la formalisation (enquêtes, littérature, connaissances expertes).
Une analyse des exigences réglementaires est par ailleurs effectuée. Pour analyser
l'efficacité du document de communication préventive, il faut d'abord analyser sa
conformité à la loi. Cette analyse de conformité s'effectue en identifiant les éléments de
détection. Une base de données de documents est constituée et utilisée pour appliquer
ces éléments de détection réglementaires.

2.3 Enquêtes et analyse de contenu

2.3.1 Eléments de représentation des habitants

Si les résultats de l’analyse systémique constituent une base à l’élaboration des


modèles d’évaluation de l’efficacité, ils ne sont pas suffisants. Des enquêtes sur le terrain
ont été réalisées pour fournir des résultats complémentaires utiles à la construction des
modèles.

Les enquêtes ont été passées auprès d’habitants de la commune de La Ciotat qui
possède un DICRIM diffusé en 2007. Une dizaine de personnes ont été interrogées ce qui
correspond à un échantillon qualitatif classique pour une enquête exploratoire.

Une première prise de contact a eu lieu avec la personne à interviewer puis les
entretiens ont été réalisés avec une durée moyenne de 3/4h. Une introduction générale
a été faite en début d’enquête sans mention de la thématique des « risques ». L’entretien
s’est ensuite déroulé en deux temps : (1) une première partie avec une seule question
(« voici un document qui parle de votre commune, pourriez-vous m’en donner votre
point de vue aussi bien sur sa forme que sur son fond ? ») en ouverture pour permettre à
la personne de développer librement La personne expose alors tout ce qui lui traverse
l’esprit à la lecture du document sans être orientée par d’autres questions à part
éventuelles relances si nécessaire ; (2) une seconde partie semi-directive avec des
questions posées en lien avec le discours de la personne et/ou ceux des entretiens
précédents.

L’entrevue a été enregistrée puis retranscrite en verbatim. Une analyse de contenu a


ensuite été réalisée avec le logiciel IRaMuTeQ sur les entretiens complets. L’outil
lexicométrique est d’un grand intérêt pour ce type d’analyses car il fournit des données
quantitatives à partir d’un corpus qualitatif, ce qui permet ensuite des comparaisons,
des validations et/ou des orientations vers de nouvelles pistes de recherche(Leimdorfer
et Salem 1995). Les analyses statistiques obtenues étaient composées par des nuages de

46
Partie 2 : Démarche et méthodes

mots, des graphes de similitude, des dendrogrammes et des analyses factorielles de


correspondances (dont les principes sont décrits en Annexe).

Une analyse qualitative des discours a également permis de détecter des biais
cognitifs mis en évidence par les paroles des personnes. Des remarques positives et
négatives sur le document ainsi que des conseils sont également relevés et listés

2.3.2. Eléments de représentation des élus

Pour définir les représentations sémantiques des éditoriaux présents dans les
DICRIM nous réalisons une analyse de discours, en utilisant de nouveau Le logiciel
IRaMuTeq. Nous obtenons des nuages de mots qui permettent de visualiser quels sont
les mots qui ont la plus forte occurrence entre les différents éditoriaux. Les
cooccurrences (apparition simultanée de deux ou plusieurs mots dans le même
discours) sont également étudiées à l’aide de graphes de similitude. Des
dendrogrammes et analyses factorielles des correspondances permettent une analyse
plus fine des corpus faisant émerger des éléments de représentation des maires au
travers de leur éditos.

2.4 Formalisation d’indicateurs et Modèles d’évaluation et de rétroaction

Durant l’analyse systémique, ont été identifiés :

- des éléments de détection permettant d’évaluer la conformité du DICRIM vis-


à-vis de la loi (e.g. « Histoire du risque feux de forêt sur la commune par
mention des évènements les plus marquants » ou « Utilisation des
aléagrammes »)
- d’autres éléments de détection permettant d’évaluer la performance des
DICRIM à l’échelle du système d’une part et à l’échelle des composants d’autre
part, en considérant notamment la forme des documents non prise en compte
dans la réglementation (e.g. « Style de présentation » ou « Présence de phrases
d’accroche »).
Ces éléments pour être utilisés dans des modèles doivent être regroupés puis formalisés
sous la forme d’indicateurs dont la description guidera l’évaluation. Un indicateur est
une information ou donnée formalisée de manière à rendre son utilisation répétable et
reproductible (Curt, Trystram, et Hossenlopp 2001). La construction des grilles
d’indicateur se base sur des éléments de littérature, des connaissances expertes et la
base de données de DICRIM de la région PACA. Une partie des résultats obtenus des
entretiens passés auprès des habitants de La Ciotat ont permis de confirmer ou de
compléter ces grilles lorsque nécessaire. Les résultats obtenus avec les analyses
lexicométriques des éditos ont également aidé à la construction de certains indicateurs
dédiés à ce composant. Par ailleurs, une enquête par questionnaire spécifique au

47
Partie 2 : Démarche et méthodes

Composant 1 « Page de couverture » a également été réalisée pour faciliter la


construction de ses indicateurs.

Sont donc élaborés : (i) des indicateurs de conformité pour l’analyse du respect de la loi,
(ii) des indicateurs de performance système pour évaluer l’ensemble du document, (iii)
des indicateurs de performance de forme et de fond pour évaluer le visuel et le contenu
des composants du document.

Les indicateurs sont ensuite validés par des experts afin de les améliorer si nécessaire.
Ces indicateurs sont finalement pondérés (pour les indicateurs de performance) puis
agrégés entre eux pour former deux modèles distincts : l’un permettant d’obtenir des
notes de conformité et l’autre des notes de performance du DICRIM.

Les modèles servent également à définir des rétroactions à mettre en œuvre pour
améliorer le DICRIM évalué.

48
Partie 3 : « Analysis of a risk prevention document using dependability techniques: a
first step towards an effectiveness model »

Partie 3 : « Analysis of a risk prevention


document using dependability techniques: a first
step towards an effectiveness model »
Statut de l’article 1 :
Publié dans la revue Natural Hazards and Earth System Sciences le 20 avril 2018.

La prévention des risques majeurs est un défi majeur reposant particulièrement sur
l'information communiquée au public. En France, l'information préventive est
notamment fournie par le biais de documents réglementaires locaux. Malheureusement,
la loi n'impose que peu de spécifications concernant leur contenu, ce qui mène à
s'interroger sur leur impact sur le Grand Public. De fait, l'objectif de notre travail est de
proposer une méthodologie analytique pour évaluer l'efficacité des documents de
communication préventive des risques. La méthodologie est basée sur des approches de
sûreté de fonctionnement et est appliquée au DICRIM (Document d'Information
Communal sur les Risques Majeurs). Le DICRIM doit être réalisé par les maires et
s'adresse au Grand Public pour fournir des informations sur les risques majeurs
affectant leur municipalité. Dans cet article, ine analyse de la conformité juridique du
document est réalisée grâce à l'identification d’éléments de détection réglementaire. Ces
derniers sont utilisés sur une base de données de 30 DICRIM. Cette analyse conduit à
une discussion notamment sur l'utilité d’éléments manquants dans ces DICRIM.
L'analyse des fonctions externes et internes permet d'identifier les contraintes de forme
et de contenu et les fonctions techniques et de service du document et de ses
composants (ici ses rubriques). Ces résultats sont utilisés pour réaliser une AMDE
(Analyse des Modes de Défaillances et de leurs Effets) qui permet de définir les
dysfonctionnements du document et d'identifier les éléments de détection de
performance. Ces derniers permettent de fournir des premiers éléments d'évaluation de
la performance de la forme et du contenu de chacune des composantes du document.
Les résultats sont validés par des experts des différents domaines étudiés. Ces résultats
sont obtenus pour construire un modèle d'aide à la décision pour la municipalité (ou les
bureaux d'études spécialisés) en charge de l'élaboration des documents.

49
Partie 3 : « Analysis of a risk prevention document using dependability techniques: a
first step towards an effectiveness model »

50
Partie 3 : « Analysis of a risk prevention document using dependability techniques: a
first step towards an effectiveness model »

Analysis of a risk prevention document using dependability

techniques: a first step towards an effectiveness model

Laetitia Ferrer1, Corinne Curt1, Jean-Marc Tacnet2

1
Irstea Aix en Provence, 13100, France
2
Irstea Grenoble, 38402, France
Correspondence to: Laetitia Ferrer (laetitia.ferrer@irstea.fr)

Abstract. Major hazard prevention is a main challenge given that it’s particularly
based on information communicated to the public. In France, preventive information is
notably provided by the way of local regulatory documents. Unfortunately, the law
imposes only few specifications concerning their content therefore one can question the
impact on the general population relative to the way the document is concretely
realized. Ergo, the purpose of our work is to propose an analytical methodology to
evaluate preventive risk communication document effectiveness. The methodology is
based on dependability approaches and is applied in this paper to the DICRIM (In French
“Document d’Information Communal sur les Risques Majeurs” that means in English
“Municipal Information Document on Major Risks”). DICRIM is due and made by mayors
and addressed to the public to provide information on major hazards affecting their
municipalities. An analysis of law compliance of the document is carried out thanks to
the identification of regulatory detection elements. The latter are applied to a database
of 30 DICRIMs. This analysis leads to a discussion on points such as usefulness of the
elements missing. External and Internal function analysis permits the identification of
the form and content constraints and service and technical functions of the document
and its components (here its sections). Their results are used to carry out a FMEA
(Failure Modes and Effects Analysis) which allows to define the dysfunctions and to
identify detection elements. The latter permits to evaluate the effectiveness of form and
content of each components of the document. The outputs are validated by experts from
the different fields investigated. Those results are obtained to build in future works a
decision support model for the municipality (or specialized consulting firms) in charge
of drawing up documents.

51
Partie 3 : « Analysis of a risk prevention document using dependability techniques: a
first step towards an effectiveness model »

52
1 Introduction

1 Introduction
Every year, major natural phenomena cause human and material disasters. Recently,
in August 2016, an earthquake of magnitude 6.2 occurred in central Italy causing 250
deaths (CatNat, 2017). Two months before, in the same year, the River Seine in France
rose to a height of 6.10 meters and overflowed, causing 4 deaths, 24 injuries and a great
amount of material damage throughout the different departments it traverses (CatNat,
2016). Preventive policies have been implemented to manage the consequences of these
disasters, such as the Hyogo or Sendai frameworks for action and disaster risk reduction
(UNISDR 2015). Transmission of preventive information is equally important and has
been the topic of current discussions highlighted by recent scientific researches (Newell
and al. 2015) and international institutions as the United Nations (UNISDR 2015; United
Nations 2006).

In France, numerous prevention systems and organizations exist to manage both


natural and technological hazards. Risk prevention requires the involvement of many
stakeholders ranging from public authorities, experts and infrastructure managers to
individuals and communities. In France, the legislation that relates policies and
prevention of natural hazards is imposed through different legislative texts. In 1987, the
need for emergency management is addressed and the right of access to preventive
public information is recognized. In 2004, the 1987 law was updated and modernized.
Notably, changes insist on necessarily diffusing preventive information to the General
Public (Observatoire Régional des Risques Majeurs en Provence-Alpes-Côte d’Azur
2017). An example is demonstrated in Fig 09which shows the regulatory tools linked to
urbanism and/or used for diffusing preventive information and its exchange between
different stakeholders. For instance, in a town threaten by floods, Mayor must make a
Flood Risk Prevention Plan (PPRI) that will be approved by Prefect. General Public will
then give their opinion on this plan. Different forms of communication (public meetings,
information kits, posters, etc.) are used not only to provide safety recommendations but
also as means of increasing individual knowledge of risk.

53
1 Introduction

Fig 09a: French regulatory prevention information throughout the town: Territorial Coherence
Schemes (SCoT); Knowledge over Existing Data (PAC); Flood Risk Prevention Plan (PPRI);
Development and Planning Guidelines (OAP); Urban Local Plan (PLU); Departmental Document on
Major Risks (DDRM); Municipal Information Document on Major Risks (DICRIM); Public notices;
Purchaser Tenant Information (IAL); Familial Plan for Safety Layout (PFMS); Public meetings;
Flood Marks

This is highly significant as human behaviour during major disasters is influenced by


their own knowledge of risk (Quarantelli 2008). Behaviours, however, are not
necessarily the result of logical and rational reasoning. Attitudes of denial or risk
underestimation, often found among inhabitants exposed to natural hazards, are
commonly interpreted as an "addiction to risk", and sometimes judged as an
incomprehensible unawareness in the face of a known and visible danger. This is the
cognitive dissonance phenomenon described by (Festinger 1957). For example, a person

a Prefect is a government representative of an area or department (France territorial division). It is


thus responsible for public order, ensures the application of laws and regulations and verifies that the
local authorities (Town Hall or EPCI which is a grouping of town halls) respect them as well.

54
1 Introduction

living in an area that they know to be exposed to a natural hazard is clearly in cognitive
dissonance (Schoeneich and Busset-Henchoz 1998). This makes it possible to better
understand certain attitudes of scepticism, or even mistrust, towards technical or
scientific studies and information. Indeed, to reduce the psychological discomfort caused
by dissonance, individuals can act on their risk representations. Cognitive biases can
then substitute knowledge of individual risk as an act of denial, which consists in
trivialising the risk involved and is similar to a phenomenon of disbelief (Weiss,
Colbeau-Justin, and Marchand 2006) or an illusion of control, which consists in believing
that one has control or influence over external or random events (Langer 1975).
(Kahneman and Tversky 1979) and then (Slovic, Fischhoff, and Lichtenstein 1982) argue
that people form their judgments heuristically, based on their experience, habits, or
cultural traditions that enable them to construct their cognitive risk representation. In
fact, people fear that they will find themselves unsecured and that their certainties will
be undermined by consulting information on the risks affecting their living environment.

Residents are also generally thought to have a lower human vulnerability than
tourists, as risk awareness is often attributed to locally rooted populations (Hubert and
De Vanssay 2005). However, in the sample of victims of floods in the Mediterranean
between 1998 and 2011 studied by (Boissier 2013), only 30 out of 203 people were not
residents. Even though several other factors may have to be considered, non-residents
are less vulnerable because they are more prone to taking instructions, more respectful
of evacuation orders and less inclined to take risks (going to school to pick up their
children, saving personal belongings because less property needs to be saved, etc.) as
pointed out by (Ruin 2007).

However, communication on risk can become a form of indirect experience of risk


and thus a way of strengthening its acceptance and stimulating the involvement of
exposed populations (Festinger 1957). If information is transmitted effectively people
are more prompted to adopt pertinent behaviour during the event as they have better
knowledge of the associated risks and the safety recommendations for better risk
prevention (Siegrist and Cvetkovich 2000). Results from a research study showed that
information seeking by citizens seems to coincide with the intention to take preventive
actions (Kievik et Gutteling 2011). Providing regulatory information to citizens can also
lead to further information seeking (Hagemeier-Klose and Wagner 2009). Consequently
the public needs to be periodically informed about the hazards and the levels of risk they
are exposed to and how their situation is changing (United Nations 2006). For (Paton,
Smith, and Johnston 2000) a major challenge for risk communication is ensuring that the
information provided is meaningful to recipients and motivates risk acceptance.

Although significant progress has been made (recent decrees, investment by towns,
more resources, etc.), certain features regarding risk information remain disappointing
such as the uneven implementation and lack of control over these resources (IRMa and
al. 2015), different behavioral instructions from one document to another even in

55
1 Introduction

reference to the same phenomenon (MAAF 2013), incomplete information about the
hazards to which the population is exposed to and so on. It is also very difficult to
establish if preventive communication tools achieve their purpose in terms of being
appropriated by the local population (AFPCN 2013). Do they empower citizens with
respect to knowledge on the risks that concern them? (Cutter 1993; Lindell and Perry
2004). To give such answers it is important to analyse the effectiveness of such
preventive communication tools. Effectiveness is the level of achievement of planned
activities and achievement of expected results (Association Française de Normalisation
2005). It refers to the concepts of function and dysfunction. Are those preventive tools
made to be effective in terms of appropriation by the General Public? It is important to
evaluate if those preventive communication tools reach their goal while conforming to
the law.

For the purpose of rising to this challenge, this article has the objective of proposing
an approach capable of analyzing preventive communication document, in terms of its
effectiveness. The DICRIM is used as an application of the method proposed. The article
is structured according to the following plan: it first examines selected methods for
analyzing the effectiveness of communication tools; it then presents the methodology
proposed after which the results of its application to the DICRIM are shown. A part of
these results is applied to a DICRIM database. The article ends with the conclusion and
perspectives.

56
2. State of the art

2. State of the art


2.1 Effectiveness of risk prevention communication tools: case of the DICRIM
In this work, we focus on preventive risk communication in regulatory documents
(informal communication by social networks and by word of mouth is not considered).
In France, information and knowledge are communicated at a communal level using
different means (cf. Fig 09). Mayor establishes DICRIM intended for the public and based
on information contained in DDRM (Departmental Document on Major Risks) made by
the Prefect. DDRM lists all essential information on major natural and technological risks
at the level of their department. The municipalities required to produce a DICRIM are
those in which there are Risk Prevention Plans and / or those designated by prefectural
decree because of their exposure to a particular major risk.

Mayor must also inform population about major hazards at least every two years by
the way of public meetings. In addition, the safety instructions contained in the DICRIM
and those which may be laid down by the operators or owners of the premises and land
referred to in Article R. 125-14 of the Environmental Code are made public by means of
posters. These posters are made based on a model set by the State. The Mayor is also
required to establish flood markers in the municipality and carry out an inventory. They
correspond to historical or new exceptional floods. They make it possible to refine the
expertise of historical floods, but also to bring to life the memory of flood risk. With
regard to residents, there are two distinct preventive information obligations
established by the Environmental Code for purchasers and tenants: (i) information on
the natural hazards affecting the property and (ii) information on claims resulting from
recognized natural disasters which affected all or part of the property concerned. This
Information for Buyers and Tenants (IAL) concerns: all lessors or sellers and all types of
real estate, regardless of the destination (seasonal rentals also) (MEDDE 2013). General
Public is also encouraged to establish their PFMS (family safety plan). PFMS is a booklet
with holes, given by the State, people should fill with information concerning them. For
instance, the booklet helps them to check if they own all equipment needed in the event
of a crisis.

We chose to focus on DICRIM because, in the French government’s overall strategy


for risk prevention, it is the main reference document in terms of informing the public
about the natural and technological risks affecting the municipal territory. A brochure,
film or advertisement may be just one part of a larger campaign to promote hazard
readiness, and these items can and should be tested separately for efficacy and
effectiveness prior to broad deployment (Sanquini, Thapaliya, et Wood 2016).

In general, inequality in terms of updating the specifications, transmitting the


information and controlling the execution of preventive information tools is observed

57
2. State of the art

and this concerns also the DICRIM. For example, in PACA region, in December 2016 only
half of communities concerned have realized their DICRIM (ORRM 2016). Furthermore,
the French government gives indications only on the general content of the document
without providing any standards notably regarding the design of the document. Works
and writing guides have been proposed to develop DICRIMs (Clément and al. 2012;
CEPRI 2013; IRMa 2014) but the justifications of these recommendations are not clearly
and fully presented which leads to disparate documents in terms of content and form.
The effectiveness of some DICRIM with the large number of pages with the citizens is
also questionable, as is that of other DICRIMs containing a reduced number of pages,
which can lead to oversimplification and significant loss of information. Finally, there is
no link between quantity and compliance of DICRIM (Douvinet and al. 2013) ; having a
DICRIM does not mean that municipalities provide good preventive information under
the law (Rode 2012).

Effectiveness of some contents in DICRIM is also questionable. For instance, the law
required that DICRIM own maps regarding each hazard threatening the given town.
Those maps are used to show to the population the hazard level geographically
distributed on the territory of the municipality. But those maps are often similar to those
elaborated in PPR, which is mainly used by experts, and they are not thinking to
communicate to the Great Public. Flood maps are frequently seen as an information tool
rather than a communication tool (Meyer and al. 2012).That is why some maps are
really difficult to understand by people which is regrettable because maps often firstly
draws people attention before text. Some works proposes an evaluation of flood maps
effectiveness notably based on interviews or eye-tracking and also give
recommendations that should be used for hazard maps contained in DICRIM (Meyer and
al. 2012; Fuchs and al. 2009).

These elements must be considered carefully because individual cognitive perception


is reinforced or weakened by the form and contend of the provided informative
document; document communication is intended to be helpful and to result in the
expected impact (Terpstra, Lindell, and Gutteling 2009). Consequently, assessing the
effectiveness (form and content) of such legislative texts and the information they
contain is an indispensable challenge, especially since this issue has received very little
attention and only a few works on it have been published to date (Gominet 2007;
Kellens, Terpstra, and De Maeyer 2013).

2.2 Analysis of candidate methodologies

Evaluating effectiveness requires the development and improvement of tools and


methods. Such methods currently exist in different fields of study: advertising,
geography, engineering, etc. They apply to different systems and are generally divided
into three categories, according to whether: (i) they involve formal population samples;
58
2. State of the art

(ii) they do not involve formal population samples but rely on population perception
assessment; (iii) they are based on systemic, analytical methods that do not involve the
population.

Regarding communication and marketing, advertising is one of the major tools used
by companies to disseminate "persuasive” information on their markets, to inform,
persuade and remind (McArthur and Griffin 1997). Methods have been developed to
assess the effectiveness of advertising (pre- and post- advertising tests). These different
methodological approaches based on questionnaires are of great interest. Current
studies performed to evaluate the effectiveness of preventive risk communication
(including DICRIM) for the public are classically conducted using the same
methodological tools: surveys (either pre- or post-diffusion of the document) by
questionnaires. (Gominet 2010) and (Duaut and Luneau 2008), for example, obtained
their results through prior surveys of mountain communities subject to natural hazards.
In the same vein, the French Minister of Agriculture conducted a series of interviews
with various stakeholders on subjects including risk, to measure the effectiveness of
DICRIMs or to at least obtain their views on these documents (MAAF 2013).. Moreover,
communicating on risk can be considered as pertaining to "advertising" on how to
protect oneself. As stated above, the challenge is to make the public aware of risk, get
them to accept it and protect themselves by taking appropriate actions (Renn 2014). The
risk communication documents must therefore have a persuasive effect on the
population in the same way as advertising seeks to convince a consumer. If the
questionnaires are well constructed and the results interpreted with rigor, these
methods allow predicting the impact communication should have with regard to the
pre-test and make it possible to modify the content prior to publication if necessary. In
the post-test phase, they also allow obtaining feedback on communication, on what
worked or not, and on any dysfunctions in order to consider possible corrections and a
new communication campaign. However, these methods also have limitations. Indeed,
they require building a representative sample of the population that may require a
budget and human and material resources which can be substantial. Moreover, these
methods are focused on opinions and do not take into account factors that omit
individuals’ feelings.

Some methods do not require the use of a representative sample of the population
but need indirect intervention:

- advertising efficiency standards for establishing performance comparisons, without


it being necessary to use population samples;

- "connected" methods to evaluate the effectiveness of advertising such as the


association of flyers, web sites and / or mobile applications (QR code, website audience,
image recognition, etc.). For instance, a flyer can be effective if it has a QR code. It is then
possible to quantify the number of “flashes” generated by people with their

59
2. State of the art

smartphones to visit the associated websites. The higher the number of visits, the more
effective the flyer is deemed to be.

- ROI detection elements (return on investment) (click rates, visits, cookies, etc.)
related to digital advertising and tracking capabilities. They allow, for example, making
post-tests a certain time after the broadcast of a message to identify individuals
previously exposed to it.

Connected methods can be useful in that they will help to determine whether a risk
communication document have aroused the interest of people by convincing them, for
example, to go to the associated websites (using QR code) for additional information
after reading of the document. These evaluation methods also appear relevant to our
case study mainly because they do not require the intervention of inhabitants to assess
effectiveness. However, there is an indirect need for some people to be involved by
clicking or using QR code... If it can give an idea of the effectiveness about the retrieval of
risk communication documents it does not provide information about the impact of its
reading. Is the information really received? Although relevant regarding some aspects,
these methods can be expensive.

Finally, the use of systemic, analytical methods based on structural, functional and
dysfunctional analysis of the system under study seems relevant for the analysis. Their
results could be used in the next works to build an evaluation model of effectiveness
based on aggregated formalized indicators. Constructing an effective model will, of
course, require involving the public but this won’t be necessary when municipalities for
instance arrive to use the model. In such a sense, it could be financial gain for them.
Effectiveness is the level of achievement of planned activities and achievement of
expected results (Association Française de Normalisation 2005). It refers to the concepts
of function and dysfunction. Thus analytical methods, such as dependability analysis
used in engineering, seem relevant. DICRIMs, and other risk communication documents,
are subject to complex processes involving interdisciplinary concepts (information
processing, cognition, communication, etc.). The lack of a formal, detailed framework
(form and content), and lack of familiarity by the public make their effectiveness difficult
to assess without a systemic and rational approach. Dependability methods allow the
identification of risks and analysis of behaviour and failures. These methods are
qualitative (Preliminary Analysis of Hazards, FMEA, Summarized Breakdowns
Combinations Method) and quantitative (Fault Tree Method, Event Tree Method, etc.),
based on the construction of state graphs (Space States Method, stochastic Petri nets),
and on simulation (Monte-Carlo simulation). They were developed for complex
industrial systems and applied in different domains (Peyras, Royet, and Boissier 2006;
Zouakia, Bouami, and Tkiouat 1999; Bambara and al. 2015). These methods are
interesting as they enable identifying the elements involved in the effectiveness of the
system under study, determining the causes and effects of dysfunctions and listing
detection elements able to pinpoint the occurrence of dysfunctions. Our work takes this

60
2. State of the art

direction and aims it at applying a function and dysfunction analysis method to a risk
communication document. The problem to overcome is that the methods chosen must
be adapted to our context, which is not one of engineering, but one of risk prevention.
The first successful application of dependability methods in such a context was carried
out in a field that interests us: the diagnosis of contingency plan failures (Girard and al.
2014; Piatyszek and Karagiannis 2012; Bambara and al. 2015). In other words, the
systemic analysis of the risk communication documents such as DICRIM can provide the
means of performing a qualitative analysis of effectiveness. Previous work evaluating
the effectiveness of a DICRIM is based on ad hoc surveys carried out at the level of given
municipalities or territories, on a given document. They also need significant human and
material resources. This work differs from previous because it allows to obtain a generic
approach based on systemic and analytical reasoning applicable to any risk
communication document.

61
3. Methodology proposed to assess effectiveness of a risk preventive communication
document

3. Methodology proposed to assess effectiveness


of a risk preventive communication document
The development of our method of analysis leads to various types of indicators
(compliance, form, content), the combination of which are used to assess the
effectiveness of the document. This method is generic and applicable to different
documents of prevention. Erreur ! Source du renvoi introuvable. shows the global
approach of the methodology we propose. In this paper, results of steps shown in solid
line boxes are presented. Steps of dotted line boxes are perspectives.

Fig 010 : Global methodology proposed and followed to build the effectiveness evaluation
model: detailed steps leading to the detection elements. Dotted boxes show future works.

62
3. Methodology proposed to assess effectiveness of a risk preventive communication
document

The method proposed considers functioning and dysfunctioning of the system, here
preventive communication document.

It consists of a functional analysis that fully describes the functions and relationships
in the system and the constraints it fulfills. A constraint is a "characteristic, effect or
design provision that has been made mandatory or prohibited for any reason
whatsoever. No other possibility is left” (AFNOR 2015).

Once the system is analysed, a change of the granularity of analysis is made to study
the system components. A structural analysis allows determining those components.
Three types of constraints are identified linked to those components. Regulatory
constraints to evaluate conformity and form and content constraints to evaluate
performance are identified.

An analysis of regulatory requirements is carried out. To analyse effectiveness of the


preventive communication document, first we must analyse its compliance to the law.
This conformity analysis is made by identifying detection elements and indicators in
future works. A database of documents is made and used to apply those regulatory
detection elements.

In parallel, functions of components are analysed. Functions are systematically


characterized, classified and evaluated (AFNOR 2014). For the functional analysis we
chose to use the APTE method that can be applied successfully to our case study as a
quick test, as proposed in (Ghariani, Curt, and Tacnet 2014). It is one of the
dependability methods used most and generally provides the basis for a subsequent
Failure Mode Effects Analysis (FMEA) which is the next part of the approach. FMEA is an
inductive method of analyzing potential failures in a system. It systematically considers
each system component and its failure modes one after another. Failures are identified
by non-compliance with constraints. Detection elements are also listed, allowing the
identification of this non-compliance. The results of FMEA analyses are presented with
a diagram in a bow tie form, specifically designed for the type of system studied. The
detection elements were formulated by making use of the literature. For example, the
field of advertising was investigated for the part concerning the information preventive
document’s form. FMEA results were validated by experts. When performing an FMEA in
an industrial situation, specialists in different areas are classically involved in
completing and validating the results obtained. Several domains are necessary to
evaluate the effectiveness of preventive from risk and communication: that justifies the
choice we made for experts in our work. Three experts were asked to carry out this task:
two are experts who have performed research in technological or natural risk analysis
for more than 15 years, while the third is a communication expert with 27 years of
experience in the field.

63
3. Methodology proposed to assess effectiveness of a risk preventive communication
document

Later, detection elements will be formalized as indicators. An indicator is information


that helps a stakeholder, an individual or a community in general, to carry out the course
of actions needed to achieve a goal or to evaluate a result (Bonnefous and Courtois
2001). It should be formalized in order to make its use repeatable and reproducible
(Curt, Peyras, and Boissier 2010). Indicators will be aggregated with each other to form
a model that will give an effectiveness score as output. Feedbacks will also be provided
by the model to know which component must be improved and how. This evaluation
effectiveness model will be a decision support model for the municipality (or specialized
consulting firms) in charge of drawing up documents. This model would allow
evaluating the effectiveness of existing preventive communication documents and
identifying the corrective actions needed to improve their effectiveness.

The results shown below stem from the application of the method to the case of the
DICRIM. As said before, Indicators and the construction of an effectiveness evaluation
model represent our future work for which only some examples will be shown in this
paper.

64
4 System functions: External functional analysis

4 System functions: External functional analysis


The EFA consists of 3 main steps: system definition, expression of needs, and
determination of relationships with external environments.

4.1 System definition and needs satisfied by the system: the DICRIM

First, it is necessary to define the system to be studied precisely. Limits are defined,
which then lead to considering the interactions with external environments. The system
therefore takes into account the document (DICRIM) with its content, form and
accessibility as described by the relevant law.

The main headings and information to be included in the DICRIM are listed in the
National Model for the application of the Environment Code (Articles L 125 - 2 and R
125 - 9 to R 125 - 27) issued by the MTES (French Ministry of Ecological Transition and
Solidary)(MEDDE 2013). Our analysis will be based on it. It is a framework with general
information that must be used both by mayor and prefect to create respectively DICRIM
and DDRM. To do so they have to use this framework and to add specific information, for
instance information regarding the municipal territory for mayor. The major risks that
must be dealt with in the DICRIM (according to their occurrence in the given town) are
listed in the National Model and are as follows: floods, earthquakes, ground movements,
forest fires, avalanches, storms/cyclones, volcanic eruptions, dam failures, nuclear
accidents, industrial accidents and mining risks. There is no legal obligation regarding
the document’s format. The DICRIM can be consulted by the public at the town hall as a
paper document. In some towns it is also distributed directly in the mailboxes of
inhabitant or posted on the municipal website in digitized form or more rarely, in
interactive mode.

EFA is used for translating the need satisfied by the system. In general, the latter can
be formalized by three questions applied here to the DICRIM: (1) To whom is the system
dedicated? - Response: To the General Public; (2) On what does it act? - Response: On its
knowledge and risk perception; (3) Why is this action necessary? (that is to say, for what
purpose does the system exist?) - Response: To inform on hazards and on how to act
when phenomena occur.

4.2 External circles

It is then necessary to determine the external circles that interact with the system.
They are made up of human elements, natural elements or part of other systems which
can act on the document or be subject to its actions. The inventory of these external
circles (designer, director, regulations, residential accommodation, etc.) is established
by examining the environment of the DICRIM. We also highlight interactions between

65
4 System functions: External functional analysis

these areas and the DICRIM. Fig 011 illustrates the design, construction and operation
process (reading and use by the public). Interactions are materialized between the
system and its environment using a functional block diagram, in which we distinguish
the contact relationships (represented by straight segments) and flows (represented by
arcs). Interactions between an external circle and DICRIM identify constraints to be
considered. Flow relationships between 2 external circles identify the service functions
performed by the system. The quality of the external circles and the analysis of
interactions determine the completeness of the functions obtained.

Fig 011 : Functional block diagram for DICRIM

4.3 Service function and constraints

Service functions reflect the objective of a system. They are determined through
relations between two external environments. Fig 011 shows that the transmitter
(developer and designer) is linked with the receiver through the document. This is the
process involved in preventive information on hazards. With the DICRIM, the receiver,
that is to say the public, is also related to major events when they happen. They must
implement what they learn from the document in terms of behaviour. Two DICRIM
Service functions are then deduced:

1) Service Function 1 (SF1): the DICRIM informs on maintaining and fueling risk
culture (learning in the operational phase). We consider that risk culture is fueled by 4

66
4 System functions: External functional analysis

main elements: risk awareness, knowledge, acceptance and memory (Johnson 1993;
Terpstra 2011).

2) Service Function 2 (SF2): the DICRIM informs on acting appropriately when facing
a major event (decision-making in the operational phase). An appropriate act is based
on the way the event is detected and good practices (Bostrom and Löfstedt 2003).

These are functions fulfilled by the document to satisfy the constraints exerted on it
by external circles. Constraints are obtained by examining the external circles in
interaction with the document. They are listed in Table IV (extract).

67
4 System functions: External functional analysis

Types External cycles Constraints (DICRIM must…)

Places -Have been received


Inhabitants home
-Have been keep

-To be designed

Town hall -To be available

-To be diffused

Communication design
-To be developed
office

Prefecture -To be archived

Human -To be correctly designed in


order to respect
Human/Designer; Human/Recep
tor; Natural
Designer
phenomena/protectives
measures; Texts and Documents
for development and design
constraints

-To be correctly developed in


order to be correctly designed in
order to respect
Human/Designer;
Developer Human/Receptor; Natural
phenomena/protectives
measures; Texts and Documents
for development and design
constraints

-Widely spread
Transmitter -Respect « have been received »
by Places/Inhabitant’s home

-To be designed and developed


Receptor
to capture attention

68
4 System functions: External functional analysis

-To be designed and developed in


order to persuade receptor to
read the DICRIM

-To be designed and developed in


order to promote understanding
and recording of information

Major -Floods, earthquakes, … -Inform on major phenomena


phenomena/protectives and on protection measures
measures -Dams, dikes… taken by town to overcome them.

Texts and Documents Laws -Respect laws


for development and
design -Follow national model given by
Model
MTES

-Respect safety instructions or


Governmental Websites
recommendations they contain

-Synthetize and adapt


Departmental Document
information contained in the
on Major Risks (DDRM)
DDRM to the General Public

… … ….

Table IV : Extract of the table showing constraints features highlighted by the interactions
between the DICRIM and external circles

As shown by Table IV, constraints can be classified into 4 main groups: regulatory
obligations (“compliance with laws”, “in line with the national model given by MTES”…),
content constraints (“inform on major phenomena…”), form constraints (“to be correctly
designed”…), and information flow (“have been received”, “have been kept”…). Three of
these groups, regulatory/content/form, will be kept to analyse the constraints at the
component level (compliance and internal functional analysis). At this scale, we will not
consider the fourth group (information flow) because it does not concern the
component level. It is taken into account at a higher level of granularity when the global
system is considered.

69
5. Structural analysis of a DICRIM

5. Structural analysis of a DICRIM


Structural analysis aims at listing all the components of the system. The DICRIM
components are identified in the national model issued by the MTES. There are at least
16 components (cf. Table 2). More components are possible because 6 among those 16
(Components n°5 to n°10) are applied for each hazard encountered in the town studied;
the 10 elements out of 16 remaining do not depend on hazard. For instance, if two
hazards threaten the town, there will be 22 components (10 + 2x6). That is why there
can be as many as 76 (10 + 11x6) components in the DICRIM if a town faces all the
hazards listed in the national model (11 hazards, consult § 3.1).

Municipalities are free to introduce non-legislated components; however, we do not


consider this option at this stage of the analysis.

Following the requirements described in (31), the DICRIM is composed of: a word
from the mayor, a DICRIM presentation, several information for each hazard affecting
the town (risk presentation, prevention and protection actions, safety instructions,
mapping), information about other preventive information devices (public notices, flood
marks…), emergency phone numbers and equipments to always have at home to be
ready. To facilitate our systemic analysis these requirements are viewed as components.
The list of those components is as followed:

-Component 1: Cover page (Cp1)

-Component 2: Editorial with a word from the mayor (Cp2)

-Component 3: Summary (Cp3)

-Component 4: DICRIM presentation (Cp4)

- Component 5: Presentation of the risk in the town (Cp5)

- Component 6: Prevention actions at town level (Cp6)

- Component 7: Police and protection actions (Cp7)

- Component 8: General safety instructions (Cp8)

- Component 9: Specific safety instructions (Cp9)

- Component 10: Mapping 1/25.000th (Cp10)

- Component 11: Communal poster (Cp11)

- Component 12: Flood marks and highest known flood zone (Cp12)

- Component 13: Underground cavities and marl pits(Cp13)


70
5. Structural analysis of a DICRIM

- Component 14: Where to get more information (Cp14)

- Component 15: Emergency phone numbers (Cp15)

- Component 16: Equipment to always have at home to be ready (Cp16)

71
6. Compliance analysis and application to a DICRIM database

6. Compliance analysis and application to a


DICRIM database
To analyse its effectiveness, first we must analyse the DICRIMs compliance to the law
by identifying detection elements. This compliance analysis is based on the National
Model. Indeed, it was mentioned earlier that government provides some general
instructions regarding the content of DICRIM in the form of a national model. We can
think that this model has been strongly discussed in order to make the DICRIM as
effective as possible. The regulation detection elements we listed allow the evaluation of
the presence or absence of the required content for each component. Components 5 to
10 associated with a given risk are characterized by 19 detection elements, i. e. 19
elements required by law. 10 risks being considered here, this gives a total of 190
elements. Component 4 (DICRIM presentation) is characterized by 6 detection elements.
Component 13 specific to underground cavities and marl pits are broken down into 2
detection elements. The remaining components are not detailed in the national model,
so it is only one detection element each and there are 7. Altogether, there are 205
detection elements to assess compliance with the law for a given DICRIM. Although this
number is high, the production of such detection elements simplifies their appropriation
if compared to the tack of localizing them in the National Model which is very long (360
pages) and where requirements about DICRIM are mixed with DDRM regulations and
general information about major hazards. Moreover, as they are presence/absence
detection elements, the assessment of the whole sets of symptoms can be quite rapid (~
20 minutes per DICRIM). The completeness of the DICRIM can be verified thanks to
them. In our future works, when they will be formalized as indicators and their number
will be highly reduced, but they can already be used as they are.

To apply those regulatory detection elements, we built a database of 30 DICRIMs.


Those DICRIMs were all produced by towns located in the Provence-Alpes-Côte-d’Azur
region in France. The DICRIMs were retrieved from municipal websites. A variety of
DICRIMs were collected, considering: the number and types of hazards affecting the
town, the size of the town in terms of number of inhabitants or surface area, the
environment of the town (mountain, sea, countryside) and criteria regarding the
document itself were also considered. The DICRIM’s were more or less long (from 5 to
56 pages – not linked with the number of risks identified). The average length was 20
pages. Their dates of creation also varied with some more being recent than others
(from 2003 to 2015).

In this application, we wanted to analyse compliance with regulations for all the
DICRIMs. We did not consider mining and volcanic risks because they did not threaten
any of the 30 towns studied. That is why 199 detection elements were used during this
analysis. Each DICRIM was carefully read and each detection element was filled with the

72
6. Compliance analysis and application to a DICRIM database

number “1” if the element was present or a “0” if it was absent. The mention “nc” (not
concerned) was noted if the hazard asked by certain detection elements was absent in
the town studied. The results are presented in table form. An extract from this table is
shown in Table V.

Results highlight that there is a big lack of elements in all the DICRIM reports. In fact,
the existing elements seldom reach half of the total requirements per DICIRM. For
instance, town 1 contains 58 of 128 required elements or town 5 only 40 of 125
required elements ergo in both cases their number is less than half of the elements
needed. In conclusion, table IX shows that none of the DICRIMs exposed in the database
fulfills the requirements of elements.

Elements relative to hazard safety instructions were those which were most present
in the DICRIM database. This observation is interesting because safety instructions are
major part of one of the two service functions of a DICRIM. The second most common
element concerned “the presentation of the DICRIM’s role”, an important means of
capturing readers’ attention.

This analysis also showed that 19 elements required by the national model were not
present in any DICRIM in the database, 22 are only present in one DICRIM each time and
18 in two DICRIM. These observations lead to questions regarding the relevance of these
elements. In particular, one of them was nearly always missing: that of the role of
insurance for each hazard. Some people may think they will be better compensated in
case of damages on their property than they will really be. It can unconsciously lead
them to less prepare their own safety in prevention when a phenomenon is announced.
“History of the risk concerned in the municipality by mentioning the most significant
events” was also often absent, which was unfortunate in our own opinion. Mentioning
significant events is an effective way of raising public awareness of hazards that
threaten the town in which they live. It is also a way of preserving memory of the risk. In
addition, the lack of a hazard map and a list of equipment necessary in the case of an
event is regrettable. Indeed, to our mind they are also important elements for both
service functions of the DICRIM.

While these observations show interesting results, we must nevertheless remain


cautious about such conclusions with regard to the number of DICRIMs contained in the
database. This number is sufficient to test the feasibility of the method, but it will be
necessary in future work to increase this number for further results.

The analysis of the presence of elements allows evaluating to what extent the DICRIM
does or does not comply with the regulations. However, this does not necessarily
provide any conclusion on the effectiveness of these DICRIMs. The use of other non-
regulatory, formal and substantive detection elements is necessary to achieve such a
measure. Determination of formal and substantive detection elements needs to identify
functions and dysfunctions of components contained in a DICRIM.
73
6. Compliance analysis and application to a DICRIM database

Detection elements/ Towns TOTAL (in


Town Town Town Town Town Town Town Town Town the whole
1 2 3 4 5 6 7 8 9 database –
30 DICRIM)

Presentation of the role of DICRIM 1 1 0 1 1 1 1 1 … 27

Major definitions of risk and terms characterizing 0 0 1 1 1 1 1 0 … 15


them

Description of flooding event 1 1 1 1 1 1 1 1 … 26

Story of flood risk in the town by mentioning the most 0 0 1 0 1 1 1 0 … 12


significant events

Explanations of the flood monitoring implemented 1 1 1 1 0 0 1 1 …


21

Description of existing population flood warning 0 0 0 1 0 0 0 1 … 19


alerts

Symbolization of pictograms (floods) 1 1 1 1 1 1 1 1 … 24

Safety instructions relative to flooding and advocated 1 1 1 1 1 1 1 1 … 29


in the national model and in the DDRM

74
6. Compliance analysis and application to a DICRIM database

… … … … … … … … … … …

Description of the phenomenon “transport of Nc 1 1 1 1 1 1 Nc … 25


dangerous goods”

Story of transport of dangerous goods risk in the town Nc 0 1 0 0 1 0 Nc … 5


by reference to the most significant events

… … … … … … … … … … …

Mention of contacts, phone numbers and website 1 1 1 1 0 1 1 1 … 25


links.

Mention of each of the minimum items of equipment


required: portable radio with extra batteries,
0 0 0 0 0 0 1 0 … 17
flashlight, drinking water, food supply, containment
equipment, first aid kit, personal papers, emergency
medicine, blankets, extra clothing

TOTAL (/number of elements required) 58 40 70 82 40 42 66


46
/12 /10 /14 /14 /14 /12 /10 …
/91
8 8 3 4 5 6 6

Table V: Application of regulatory detection elements in an DICRIM database (extract)

75
7. Components functions: Technical Functional Analysis

7. Components functions: Technical Functional


Analysis
Technical Functional Analysis (TFA) is the part of functional analysis that helps to
formalize and study the architecture of the product (structural analysis) and identify the
5 technical functions of the components (AFNOR 2015).

7.1 Components / Service functions

Regulatory components identified during the structural analysis (cf. section 5.) are
listed in Table VI according to whether they concern the first service function of the
system (the global DICRIM) or the second, identified in section 4.

76
7. Components functions: Technical Functional Analysis

Component Service function Service function


1 (SF1): 2 (SF2):

Informs to informs on acting


maintain and fuel appropriately when
risk culture. facing a major
phenomenon

Cover page (Cp1)

Editorial with a word from the


mayor (Cp2)

Summary (Cp3)

DICRIM presentation (Cp4)

Presentation of the risk in the


town (Cp5)

Prevention actions at town level


(Cp6)

Police and protection actions


(Cp7)

General safety instructions (Cp8)

Specific safety instructions (Cp9)

Mapping 1/25.000th (Cp10)

Communal poster (Cp11)

Flood marks and highest known


flood zone (Cp12)

Underground cavities and marl


pits(Cp13)

Where to get more information


(Cp14)

Emergency phone numbers (Cp15)

Equipment to always have at home


to be ready (Cp16)
Table VI: Components and links with service functions

Some components are specific to one or the other service function. For instance,
components 1 to 5 are specific to SF1. On the contrary, components 15 and 16 are

77
7. Components functions: Technical Functional Analysis

specific to SF2. Indeed, they correspond to emergency phone numbers and equipment,
two elements used in case of an event to act appropriately. Some components also
perform both service functions. This is the case, for instance, of “policy and protection
actions” (Cp7) because they participate in fostering the acceptance of risk, which is one
5 of the elements of risk culture characterizing SF1. Indeed, protection actions result in
explanations of departmental rescue plans, for example, which make people realize that
the risk must be taken seriously. CP7 also performs SF2 insofar as it also gives
information on the way the public will be alerted if an adverse event occurs. Alerting is
one of the factors that characterize SF2. Finally, all the components are linked to at least
10 one service function.

7.2 Service Functions / Technical Functions

Each component has one or more functions, so-called technical functions. They
contribute to the service functions. Moreover, they must satisfy the constraints. The
technical functions are now linked to the different components: a component fulfills one
15 or more technical functions (Fig 012).

Fig 012 : Role of the entities of the method.

20 When establishing the two service functions of the DICRIM, some elements were
identified as being linked to both of them. Here, these 6 identified elements are
expressed in terms of 6 technical functions: 4 contribute to risk culture and 2 concern
actions during an event. The technical functions of all the components are listed in Table
VII according to whether they concern the first service function or the second.

78
7. Components functions: Technical Functional Analysis

Service Functions Technical Functions

Informs to maintain and fuel risk -Inform to raise awareness of risk (TF1) -
culture
-Inform to fuel knowledge on risk (TF2)

-Inform to foster the acceptance of risk (TF3)

-Inform to maintain risk memory (TF4)

Informs as to the appropriate -Inform on event detection (TF5)


action to be taken when facing a
major phenomenon
-Make known the appropriate reflexes to adopt if a
phenomenon occurs (TF6)

Table VII: list of technical functions identified for both service functions of DICRIM

The identification of the technical functions is based on the following elements. The
"culture of risk" is not to be seen as a more or less distributed capital but rather as a
5 pragmatic relationship to the danger that is constructed and rebuilt perpetually,
sometimes individually, sometimes collectively (CEPRI 2013). It begins by risk
awareness. Knowing the flood does not imply feeling directly concerned by this risk.
This awareness of risk has a subjective dimension, specific to each individual or group
(leads to define TF1)(Defossez 2011). Conversely, the awareness of what constitutes
10 risk to oneself or to a group cannot be effective without some knowledge of this risk.
This knowledge, theoretical and practical and corresponding to TF2, is also built up over
time, in particular by means of information received formally or informally, such as the
reception of a DICRIM for example. Knowledge and awareness about risk need to be
maintained in time, so that it can be forgotten. For a variety of reasons, the transmission
15 of ancestral knowledge has gradually been extinguished. New populations from urban
areas and tourists are often unaware of the risk their municipality is exposed to.
Moreover, a phenomenon may possess a very long period of return, even leading the
long-settled populations to the same place forgot the danger still present (CEPRI 2013).
It leads to the TF4 characterizing memory of risk. To hope an appropriated behaviour,
20 acceptance of risk is also crucial (TF3). Again, this process is strongly related to the
nature of the risk communication that has been carried out, including the credibility of
the source. When an individual feels vulnerable to risk, feeling that he or she is deprived

79
7. Components functions: Technical Functional Analysis

and without means to cope with risk, he or she has more difficulty accepting the risk and
tends to take refuge in the denial of that risk. Denial is part of a set of perception biases
(overconfidence, anchoring effect…) which can occur in the face of risk, which runs
counter to the ingredients described above and which build the culture of risk
5 (awareness, knowledge, memory, acceptance) (Fig 013) (Mary and Wildavsky 1987).

Fig 013 : Factors influencing a decision-making process related to the occurrence of a


phenomenon

10 In many cases, cognitive bias takes precedence over the rationality of a decision
(Slovic 1987). For example, over-confidence corresponds to an overestimation of his
knowledge or an underestimation of his uncertainty (Kahneman and Tversky 1979).
Most of the time subjects underestimate what they do not know. Preventive risk
information systems such as the DICRIM therefore exist with a view to avoiding as much
15 as possible a bias take precedence in decision-making context. The DICRIM would
therefore contribute to the risk culture by deepening these major ingredients by using
technical functions. The DICRIM also informs on acting appropriately when facing a
major event. An appropriate act is based on the way the event is detected (leading to
TF5) and good practices characterizing TF6 (Bostrom and Löfstedt 2003).

20 Table VIII represents the membership of each technical function identified for the 16
DICRIM components. We consider that components 5 to 10 generally concern each
hazard. Generally, all the functions are covered by at least 5 components and all the
components perform at least one function. TF1 is filled with ten components. This is the
function performed by most of the components. Cp14 satisfies all the technical functions
25 of both service functions. Components 8, 9, 15 and 16 perform only one function (TF6).

80
7. Components functions: Technical Functional Analysis

The pairs of components 1/2, 3/4 and 12/13 fulfill the same functions. Cp5 performs all
the technical functions linked to SF 1 and CP 11 the two technical functions of SF 2.

Component TF1 TF2 TF3 TF4 TF5 TF6

Cover page (Cp1)

Editorial with a word from the mayor (Cp2)

Summary (Cp3)

DICRIM presentation (Cp4)

Presentation of the risk in the town (Cp5)

Prevention actions at town level (Cp6)

Police and protection actions (Cp7)

General safety instructions (Cp8)

Specific safety instructions (Cp9)

Mapping 1/25.000th (Cp10)

Communal poster (Cp11)

Flood marks and highest known flood zone


(Cp12)

Underground cavities and marl pits(Cp13)

Where to get more information (Cp14)

Emergency phone numbers (Cp15)

Equipment to always have at home to be


ready (Cp16)
Table VIII: membership of each technical function identified for the 16 components (TF1 : -
Inform to raise awareness of risk ; TF2 : -Inform to fuel knowledge on risk ; TF3 : Inform to foster
5 the acceptance of risk ; TF4 : Inform to maintain risk memory ; TF5 : Inform on event detection ;
TF6 : -Make known the appropriate reflexes to adopt if a phenomenon occurs)

The redundancy in this table is obvious. However, hasty conclusions must not be
drawn from these observations. For example, although two components fulfill a single
function, this does not mean that one duplicates another. Depending on the context,
10 fueling the same function by several components may be beneficial. For example,
awareness may not be immediate and require the addition of more information.
Conversely, too much knowledge can cause boredom for the reader who may lose

81
7. Components functions: Technical Functional Analysis

interest in the topic or the whole component. A detailed analysis will be performed
when identifying adjustments to the content of the regulatory document. This concerns
works in progress, not presented here, that consists in interviewing the population
about their perception of the DICRIM.

5 7.3 Constraints satisfied by the components

To fulfill its technical function, a component must conform to one or more constraints
(cf. Fig 012). The respect for the constraints by components are evaluated by detection
elements that will be showed later in the article. The first constraints are regulatory
ones but during our analysis we found that these constraints were not sufficient when
10 the aim is to evaluate the effectiveness of the DICRIM. Other constraints were identified
in the EFA when listing the constraints exerted on the DICRIM by external circles. The
same groups must be considered here regarding the scale of the components. They are
content constraints and form constraints identified in the literature (communication,
advertising, etc.). It was necessary to add form constraints because the national model
15 does not include any specific instruction on this part whereas it plays a crucial role in
the effectiveness of a communication. It was also necessary to add content constraints
because it remain essential details for effectiveness not covered by the regulatory
requirements. Table IX shows an extract of constraints filled by each component relative
to content characteristics. Table IX is composed of a total of 9 columns. Each component
20 satisfies at least one constraint. The first three DICRIM components must persuade the
reader to continue reading the DICRIM because they are usually the first items they see
when they open the document. There are, however, no regulations on these three
components. The designer is therefore free to develop the DICRIM. Each component
must capture attention to be read.

25 The same type of table was produced for form constraints (6 columns).

82
7. Components functions: Technical Functional Analysis

Component\Content Persuade Capture Promote Promote …


constraints to read attention understanding understanding
the and recording and recording
DICRIM information to information to
maintain and act
fuel risk appropriately
culture when facing a
major
phenomenon

Cover page (Cp1)

Editorial with a word


from the mayor (Cp2)

Summary (Cp3)

DICRIM presentation
(Cp4)

Presentation of the
risk in the town (Cp5)

Prevention actions at
town level (Cp6)

Police and protection


actions (Cp7)

General safety
instructions (Cp8)

Specific safety
instructions (Cp9)

Mapping 1/25.000th
(Cp10)

Communal poster
(Cp11)

Flood marks and


highest known flood
zone (Cp12)

Underground cavities
and marl pits(Cp13)

Where to get more


information (Cp14)

83
7. Components functions: Technical Functional Analysis

Emergency phone
numbers (Cp15)

Equipment to always
have at home to be
ready (Cp16)
Table IX: Content constraints satisfied by each component (extract)

84
7. Components functions: Technical Functional Analysis

7.4 Functional analysis table

For each component, the technical functions along with the service function they refer
to and the constraints are then gathered in Functional Analysis Tables. Table X
presented below for the component "Editorial with a word from the mayor" is an
5 example.

Component 2 Service function Technical function Constraints

Editorial with a Informs to maintain and -Inform to raise Form: -To be designed
word from the nurture the culture of risk awareness of risk and developed to
mayor capture attention

-Inform to foster the


-To be designed and
acceptance of risk
developed in order to
persuade the receptor
to read the DICRIM

Content: -To be
designed and
developed in order to
persuade the receptor
to read the DICRIM

-To be designed and


developed in order to
reassure the reader

-Introduce DICRIM
function

-Explain importance of
risk management

Table X : Functional analysis table for Component 2

85
8. Causes, effects and detection of components failures

8. Causes, effects and detection of components


failures
The results produced by the functional analysis form the basis for performing an
FMEA. The FMEA is carried out for each function performed by the components of the
5 document. All the failure modes (that is to say functions not carried out) that can occur
during the different life cycles of the document and their causes and effects are
identified. It is essential to investigate the causes and effects of malfunctions carefully to
detect them and then propose feedback to avoid them. Effects are not used in our work
but they will be important results in the future steps of building the model of evaluation
10 effectiveness. Furthermore, as we said before, a component must satisfy a constraint to
perform a technical function. Non-compliance with the constraints is seen here as a
cause of dysfunction (cf. Fig 012) and they are therefore essential to identify detection
elements. Compliance with the constraints is evaluated by one or more “detection
elements” (Fig 012).

15 The results of the FMEA are presented in a diagram with a bow tie form. Fig 014
presents an example for the Editorial component.

Fig 014: Diagram with a bow tie showing FMEA for Component 2

An editorial with a word from the mayor is defective when its functions "Inform to
20 raise awareness of risk" and "inform to foster the acceptance of risk" are faulty. It occurs
86
8. Causes, effects and detection of components failures

when form and content of the editorial are not complied with constraints. To detect
those failures form detection elements and content detection elements are used such as
evaluate the typography, the text length, the vocabulary... Those failures can have some
negative effects. For instance, as the editorial is not effective, the reader does not consult
5 this section, it may not want to continue to read the DICRIM or even not accept the risks
present on its town.

To detect failures of components we identify: detection elements regarding form and


content. The scales of indicators are based on literature and experts. These scales
require the mobilization of different disciplines such as in semiotics with for example
10 the improvement of colours (Chesneau 2006), or the study of the zones of interest of an
image. (Judd, Durand, and Torralba 2012) study, for example, the ability of visual
salience models to predict areas of interest in an image. (Fabrikant, Hespanha, and
Hegarty 2010) study how visual salience and training to cartographic reading impact the
effectiveness of a map. Using an experimental protocol studying eye movements, feeling
15 and answering volunteers' questions on different types of maps, (Palka 2015), for
example, showed that the most useful maps are characterized by a quantity of
information contained in them. The location of the fixations has also allowed him to
define which areas of the map attract the eye with their graphic or informational
characteristics. This knowledge from different fields will in fact be exploited in more
20 detail in our future work during the development of the indicators.

For form, 13 generic detection elements were identified. They are used for one or
other of the 16 DICRIM components according to what they allow to detect. The same
approach is followed for the 7 content detection elements identified. In future works,
content and form detection elements will be formalized as indicators and presented in a
25 grid form. An example of those indicators is shown in Table XI. It allows evaluating the
length of the component, here the "Editorial" component, regarding number of pages
combined with the font size. This is one of the important features to take into account
for evaluating its effectiveness.

87
8. Causes, effects and detection of components failures

Name IC6 – Component length

Definition The aim is to evaluate the length of the whole "Editorial" component

Scale and references

10: 1/8 or 1/4 page and the font is of standard size


(usually 12)

6: 1/2 page and font size is standard

5: 1/8 or ¼ page and the font is greater than 14

3: the font is greater than 14 and the length is greater


than 1/4 page

2:> 1/2 page or the font is less than 10

Place characteristic At the beginning of the DICRIM - On the page where the editorial is located

Table XI : Example of an indicator grid here related to the evaluation of the length of the
editorial component

Then all those form and content indicators will be aggregated to form an effectiveness
detection model. Several aggregation operators can be used such as weighted average or
5 minimal… In Fig 015, an example of the effectiveness model is showed. It contains
indicators with their hypothetical weights, used to demonstrate how a “bad” score
becomes useful to detect where feedback must be applied to improve a given
components’ overall score.

Effectiveness indicator
=6

Form Content System


=5 =7 =6

Componant Componant Componant Componant Componant IE9


IE9 :: ...
... IE11
IE11 :: ...
... IE12
IE12 :: …

1 2 3 2 4

IE1
IE1 :: 66 IE2
IE2 :: 44 IE7
IE7 :: …
… IE2
IE2 :: ...
...

10

Fig 015 : Example of the functioning of the future model of effectiveness by indicators
aggregation

88
9. Conclusion and Perspectives

9. Conclusion and Perspectives


Providing information and communication is essential for raising awareness of risks
and disseminating knowledge on their nature and on how to act if a phenomenon occurs.
That is why it is crucial to ensure that relevant information and communication is
5 available to those who use them. It could allow decisions to be taken without bias.
However, few works currently propose to evaluate their effectiveness. Existing works
often require a sample population or are expensive to perform. According to the means
available, such studies are not always possible. Furthermore, these methods are specific
to the sites where they must be applied and are not necessarily generic. In this study we
10 proposed an analytical methodology that allows identifying preventive communication
documents functions and dysfunctions. It lies at the interface between several existing
approaches, from different fields (engineering, advertising, etc.). This method was
applied to the DICRIM one of the main French document used to inform Great Public
about risk at a communal level. Results included the identification of regulatory
15 detection elements. These detection elements were then used to analyse existing
documents and show their degree of conformity with the regulations. A challenge in the
future will be to analyse whether component redundancy is strictly necessary (Table
VIII). Indeed, we observed that some components fulfilled the same function, raising
doubts as to their usefulness. Likewise, the application of the database showed that
20 several elements demanded by the regulations were systematically missing from the
DICRIMs studied. This also led to questioning the need for these elements to fulfill the
objectives of the document.

The approach is generic and could be applied to other documents, notably for
preventive risk management such as the family safety plan intended to help families.
25 Families have to complete it themselves in order to prepare for the possible occurrence
of an event. Our approach and its general procedure (EFA and FMEA), service functions,
types of constraints, form constraints, and some of regulatory and content constraints
may be applied to the case of family safety plans.

This study is the first step towards a decision support model for the municipality (or
30 specialized consulting firms) in charge of drawing up documents. This model would
allow evaluating the effectiveness of existing preventive communication documents and
identifying the corrective actions needed to improve their effectiveness. In the next step
(not presented here), the causes and effects identified with the FMEA method will be
used to define models for the quantitative assessment of DICRIM efficiency. Detection
35 elements will become indicators formalized and those will be used as input data in these
models. This is an essential step towards the overall goal. Its results are crucial for
ensuring the basis of models and for structuring them.

89
9. Conclusion and Perspectives

APPENDIX

Abbreviations Meaning
DICRIM Document communal sur les risques majeurs.
In English: Municipal Information Document on Major Risks
DDRM Document départemental sur les risques majeurs
In English: Departemental Document on Major Risks
EFA External Functional Analysis
FMEA Failure Modes and Effects Analysis
IAL Information Acquéreur Locataire
In English2: Purchaser Tenant Information
MTES Ministère de la Transition Ecologique et Solidaire
In English: the french Ministry of Ecological Transition and Solidary
OAP Orientations d’Aménagement et de Programmation
In English: Developpment and Planning Guidelines
PAC Porté à Connaissance
In English: Knowledge over existing data
PFMS Plan Famillial de Mise en Sûreté
In English: Familial Plan for Safety Layout
PPRI Plan de prévention des risques inondations
In English: Flood Risk Prevention Plan
SCoT Schéma de Cohérence Territoriale
In English: Territorial Coherence Schemes
SF1 Service Function 1
SF2 Service Function 2
TFA Technical Functional Analysis
Table XII : Table of abbreviations in the article

AKNOWLEDGEMENTS

We thank the PACA region for its participation in the funding of the thesis from which
the research work presented in this article is derived.

90
References

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References

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perçoivent-ils le Document d’Information Communale sur les Risques Majeurs ? »

Partie 4 : « Gestion du risque : Comment les


habitants d’une commune multirisques
perçoivent-ils le Document d’Information
Communale sur les Risques Majeurs ? »

Statut de l’article 2 : Finalisation de préparation pour soumission dans la revue Vertigo

Dans le 1er article, nous avons proposé une méthodologie analytique basée sur de la
sûreté de fonctionnement, qui a permis d'identifier des éléments de détection
réglementaire et des éléments de détection de performance pour le système global, et le
fond et la forme des composants. Cette étude est la première étape vers des modèles
d'aide à la décision pour la municipalité (ou les bureaux d'études spécialisés) en charge
de l'élaboration des documents. Les résultats de l’article 1 sont cruciaux pour assurer la
base des modèles et pour les structurer. Cependant les éléments de détection sont
uniquement listés à cette étape et ne peuvent être utilisés en l’état. Pour qu’ils
constituent les données d’entrée du modèle il convient de les formaliser. nous avons
jugé nécessaire de prendre en compte l’opinion du Grand Public. Il forme le destinataire
du DICRIM et considérer son point de vue permet d’intégrer un aspect bottom-up à la
méthodologie. Il s’agit d’un aspect actuel salué par la littérature venant compléter les
processus de prévention des risques majoritairement top-down (Bernard 2014). Nous
avons donc conduit une étude sur la perception du DICRIM auprès d’habitants d’une
commune multirisques possédant un tel document et n’ayant pas connu de phénomène
récent.

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Partie 4 : « Gestion du risque : Comment les habitants d’une commune multirisques
perçoivent-ils le Document d’Information Communale sur les Risques Majeurs ? »

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Partie 4 : « Gestion du risque : Comment les habitants d’une commune multirisques
perçoivent-ils le Document d’Information Communale sur les Risques Majeurs ? »

Gestion du risque : Comment les habitants d’une commune


multirisque perçoivent-ils le Document d’Information
Communale sur les Risques Majeurs ?

Laetitia Ferrer* Alexandra Schleyer- Corinne Curt


Doctorante Lindenmann HDR Docteur-Ingénieur
UR Reccover Maitre de conférences de Recherche
Irstea Aix en Provence Aix Marseille Université UR Reccover
3275, route de Cézanne -CS UMR ESPACE 7300 CNRS Irstea Aix en Provence
40061 Technopôle de 3275, route de Cézanne
13100 Aix en Provence l’environnement -CS 40061
CEDEX 5 France Avenue Louis Philibert 13100 Aix en Provence
laetitia.ferrer@irstea.fr BP 67 CEDEX 5 France
13545 Aix en Provence Cedex corinne.curt@irstea.fr
04
alexandra.lindenmann@univ-
amu.fr

Résumé
En France, le DICRIM (Document d’Information Communal sur les Risques Majeurs)
constitue un moyen de communication réglementaire central sur les risques destiné au
Grand Public. Il est élaboré dans le but de contribuer à la prise de conscience et à la
connaissance des phénomènes et de porter à connaissance les gestes et les
comportements à adopter. On peut alors s’interroger sur la façon dont les lecteurs
appréhendent un DICRIM donné et quant à leurs opinions sur ce document. Une enquête
exploratoire a été menée auprès d’habitants d’une commune multirisques. Les
entretiens étaient constitués d’une unique question afin de recueillir leur point de vue
en termes de forme et de fond sur le DICRIM de leur commune. Ces entretiens non
directifs ont ensuite été analysés quantitativement et qualitativement. L’analyse
quantitative lexicométrique du corpus a mis en évidence des éléments de représentation
sur les risques majeurs émanant des discours. L’analyse qualitative des entretiens a
permis de détecter différents biais cognitifs illustrant les biais étudiés par la psychologie
(déni, surconfiance, biais de confirmation…). Elle a également permis de lister des points
positifs, négatifs et d’amélioration suggérés par les habitants pour améliorer l’efficacité
du DICRIM. Une interprétation en termes d’éléments de communication est proposée.
Ces points pourront également être généralisés pour une amélioration d’autres DICRIM
et constituer ainsi une aide à la décision pour les collectivités en charge de la réalisation
de ces documents préventifs.

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Partie 4 : « Gestion du risque : Comment les habitants d’une commune multirisques
perçoivent-ils le Document d’Information Communale sur les Risques Majeurs ? »

Abstract

In France, the DICRIM (Document d'Information Communal sur les Risques Majeurs -
Communal Information Document on Major Risks) is a regulatory means of major
hazards communication, intended for the general public. It is elaborated with the aim of
contributing to the awareness and knowledge of phenomena and to bring to knowledge
the gestures and behaviours to adopt. This raises questions about how readers perceive
a particular DICRIM and their views on it. Exploratory survey was carried out among
inhabitants of a multi-risk commune. The interviews consisted of a single question to
gather their views in terms of form and substance of the DICRIM of their municipality.
The open, non-directive interviews were then analysed quantitatively and qualitatively.
The quantitative lexicometric analysis of the interviews revealed elements of
representation on the major risks stemming from the speeches. The qualitative analysis
of the interviews made it possible to detect different cognitive biases illustrating the
biases studied by psychology (denial, overconfidence, confirmation bias...). It also
permits to list positive, negative and improvement points suggested by the inhabitants
to improve the effectiveness of DICRIM. An interpretation in terms of communication
elements is proposed. These points could also be generalised to improve other DICRIMs
and thus constitute a decision-making aid for the authorities in charge of producing
these preventive documents.

Mots-clés : Perception, Information, Risques Majeurs, Représentation, Sensibilisation

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Partie 4 : « Gestion du risque : Comment les habitants d’une commune multirisques
perçoivent-ils le Document d’Information Communale sur les Risques Majeurs ? »

1) Introduction
La situation exceptionnelle des catastrophes suscite des comportements en rupture
avec les comportements du quotidien (Noto et al. 1994). Ces comportements se basent
sur la perception de la situation, mais aussi sur les représentations que l’on en a. La
perception constitue un « stimulus » entraînant l’actualisation de la représentation que
l’on se fait de la situation (Joffe 2003). La représentation est une activité cognitive, post-
perceptive, qui consiste soit à évoquer des objets en leur absence, soit, lorsqu'elle
s'accomplit en leur présence, à compléter la connaissance perceptive en se référant à
d'autres objets non actuellement perçus (Bailly, Chapuis, et Claval 1991). En contexte de
risque, cette représentation s’appuie sur la culture du risque que possède (ou non)
chaque personne et qui est alimentée par un certain nombre de processus cognitifs
(prise de conscience, connaissance, mémoire, acceptation)(Glatron 2009).

Nous souhaitons, en amont de la situation de catastrophe, étudier, comment des


habitants d’une commune multirisque perçoivent et se représentent les risques naturels
et industriels sur leur commune.

Les décisions sont souvent décrites comme issues d’un raisonnement logique et
rationnel. Mais les études de psychologie sont venues bousculer les postulats des
modèles formels du risque, lesquels considéraient que l’individu évalue les risques de
manière rationnelle et objective, c’est-à-dire que celui-ci retenait l’issue la plus favorable
et la plus adéquate ( Kahneman et Tversky 1979 ; Slovic 1987 ; Lichtenstein et Slovic
1971). D’après Slovic 1987, les probabilités des risques par exemple, ne semblent pas
jouer un rôle important dans la construction des perceptions des risques parmi la
population générale. L’évaluation des risques par les profanes diffère de celle des
experts et est influencée par des caractéristiques propres aux dangers. Contrairement
aux experts qui s'appuieraient sur des données « objectives » comme la probabilité
d'occurrence et la gravité des conséquences, les profanes ont tendance à percevoir les
risques à partir d'une multitude de caractéristiques (Slovic 1987). Les études sur la
préférence exprimée démontrent par exemple que des caractéristiques perçues comme
la familiarité, le contrôle, le potentiel catastrophique, l’équité et le niveau de
connaissance influenceraient la relation entre le risque perçu, les avantages perçus et
l’acceptation du risque . Lorsqu'une personne se sent vulnérable au risque, qu'elle se
sent privée et sans moyens de faire face au risque, elle a plus de difficulté à accepter le
risque et a tendance à se réfugier dans le déni de ce risque. Le déni fait partie d'un
ensemble de biais cognitifs (effet d'ancrage, de confiance excessive...) qui peuvent se
produire face au risque. Les biais cognitifs peuvent alors se substituer à la connaissance
du risque individuel en tant qu'acte de déni, qui consiste à banaliser le risque en cause et
s'apparente à un phénomène d'incrédulité (Weiss, Colbeau-Justin et Marchand 2006) ou

99
Partie 4 : « Gestion du risque : Comment les habitants d’une commune multirisques
perçoivent-ils le Document d’Information Communale sur les Risques Majeurs ? »

à une illusion de contrôle, qui consiste à croire qu'on a le contrôle ou l'influence sur des
événements externes ou aléatoires (Langer 1975).

(Slovic, Fischhoff, et Lichtenstein 1980, 1985) ont mis en évidence que le sentiment
de peur inspirée par un risque et le manque de connaissance associée à un risque étaient
les déterminants principaux du risque perçu. Cette connaissance peut notamment se
construire à partir d’informations reçues préventivement (Frochot, 2000).

Le terme « information » dont la définition ne fait pas consensus dans la littérature,


traduit deux concepts distincts : (i) les informations (ou une information) sont des
données mises en forme, elles peuvent être par exemple stockées dans un SIG
(Bougnoux 1995; Frochot 2000; Arnaud 2009) ; (ii) l’information, est un concept plus
général englobant une thématique ou un domaine et se rapprochant de la
communication (Brouste et Cotte 1999). Elle traduit le verbe « informer » c’est-à-dire
communiquer des informations. Dans cet article, nous nous intéresserons
essentiellement à cette deuxième acception en nous concentrant plus spécifiquement
sur la prévention des risques par la communication au moyen d’un support écrit. Depuis
que les sciences humaines étudient et analysent les processus de communication,
différents chercheurs, venus d’horizons variés, ont périodiquement tenté de les
formaliser à l’intérieur de modèles censés en présenter les éléments constitutifs de
façon schématique claire et fonctionnelle (Picard 1992). Il existe trois grands types de
modèles : les modèles « techniques », principalement axés sur les problèmes de la
transmission des signaux ; les modèles linguistiques, privilégiant le message ; et les
modèles psychosociologiques, envisageant plutôt la communication dans ses
mécanismes psychologiques et sociaux (Marc et Picard 1989).

Figure 16: Termes et processus de communication choisi à partir de l'analyse bibliographique

Pour nos travaux, nous retenons le processus représenté sous la forme d’un schéma
simplifié sur la Figure 5 qui est globalement semblable au modèle psychosociologique
proposé par (Berlo 1960). L’émetteur correspond à celui qui émet les informations. Les
informations sont donc transmises par un codage et se présentent sous la forme d’un
message. Ce dernier va être transmis par l’intermédiaire d’un canal de diffusion et
parvenir au récepteur qui va le décoder. Les interactions entre l’émetteur et le récepteur
ou l’intervention de l’environnement extérieur sont implicites au codage et décodage du
message. Il convient cependant de préciser que ce processus de communication
constitue une base qui tendra à se complexifier lorsqu’il s’agira de considérer les
nombreux facteurs pouvant intervenir tels que des biais cognitifs risquant par exemple
de bloquer l’appréhension du message par le récepteur.

100
Partie 4 : « Gestion du risque : Comment les habitants d’une commune multirisques
perçoivent-ils le Document d’Information Communale sur les Risques Majeurs ? »

La communication sur le risque est une forme d’expérience indirecte du risque et en


ce sens un moyen de renforcer son acceptation et l’implication individuelle des
populations exposées (Festinger 1957). Si l'information est transmise efficacement, les
personnes seront davantage enclines à adopter des comportements pertinents pendant
l'événement car elles auront une meilleure connaissance des risques associés et des
recommandations de sécurité pour une meilleure prévention des risques (Siegrist et
Cvetkovich 2000). (Kievik et Gutteling 2011) ont montré que la recherche
d'informations par les habitants semble coïncider avec l'intention de prendre des
mesures préventives. Fournir des informations réglementaires aux habitants peut
également conduire à une recherche d'informations supplémentaires (Hagemeier-Klose
et Wagner 2009). Par conséquent, le public doit être informé périodiquement des
dangers et des niveaux de risque auxquels il est exposé, ainsi que de l'évolution de sa
situation (United Nations 2006). Des communications adaptées sur les risques peuvent
ainsi participer à raviver une essentielle culture des risques tout en évitant d’éventuels
biais liés à des idées reçues ou des préférences. Comprendre les grands principes de la
communication sur le risque est de fait indispensable à la réussite des actions
entreprises. On peut ainsi s’interroger sur la manière dont le Grand Public en France
appréhende et perçoit les communications préventives sur les risques qui lui sont
adressées par l’Etat. Depuis octobre 1990, la réglementation française impose en effet
aux collectivités de mettre en œuvre différents dispositifs de communication (réunions
publiques, dossiers d’information, affiches…) afin de permettre à l’habitant d’être
conscient et informé des risques majeurs auxquels il peut être exposé. La
réglementation française a mis en place et actualise différents outils d’information
préventive des risques tels que le DICRIM (Document d’Information Communal sur les
Risques Majeurs), l’IAL (Information Acquéreur Locataire) ou les plans familiaux de
mise en sûreté.

Nous avons choisi d’analyser le DICRIM comme objet d’étude car il s’agit du principal
document réglementaire dédié au Grand Public qui synthétise l'ensemble des risques et
leur prévention à l’échelle d’une commune. En effet, les Mairies des communes soumises
à des risques sont tenues de fournir une information préventive aux habitants sous la
forme d’un DICRIM. Il est préparé par le maire sur la base du DDRM (Document
D’informations sur les Risques Majeurs) fourni par le Préfet (le DDRM recense
l'ensemble des informations essentielles sur les risques naturels et technologiques
majeurs au niveau de leur département). Les municipalités tenues de produire un
DICRIM sont celles pour lesquelles existe un Plan de Prévention des Risques et/ou celles
désignées par arrêté préfectoral en raison de leur exposition à un risque majeur
particulier. Les principales rubriques et informations à inclure dans le DICRIM sont
reprises dans la Maquette Nationale d'Application du Code de l'Environnement (articles
L 125 - 2 et R 125 - 9 à R 125 - 27) émis par le MTES (Ministère de l'Ecologie Solidaire et
de la Transition) (MEDDE 2013) .

101
Partie 4 : « Gestion du risque : Comment les habitants d’une commune multirisques
perçoivent-ils le Document d’Information Communale sur les Risques Majeurs ? »

Cependant, cette maquette ne fournit que des recommandations générales sur le fond
du DICRIM et aucune norme n’existe concernant son visuel ce qui mène à des documents
disparates en termes de contenu et de forme d’une commune à l’autre. Le DICRIM peut
être consulté par le public à l'Hôtel de Ville sous forme de document papier. Dans
certaines villes, il est également distribué directement dans les boîtes aux lettres des
habitants ou affiché sur le site web municipal sous forme numérisé ou plus rarement, en
mode interactif.

Quelques travaux de recherche existent à l’heure actuelle sur le DICRIM. (Gominet


2007) a par exemple mis en évidence le lien qu’il pouvait ou non y avoir entre les
connaissances des habitants sur les risques et le DICRIM récemment diffusé par les
mairies de ces communes. Ses résultats lui permettent de conclure sur la nécessité
d’évaluer la pertinence des DICRIM et leur efficacité pour la population. L’Etat a
également réalisé un ensemble d’entretiens auprès de différents acteurs du risque
permettant notamment de recueillir leurs points de vue sur le DICRIM et d’en mesurer
l’efficacité de sa diffusion (MAAF 2013). Dans le cadre d’un projet de recherche, deux
enquêtes ont été réalisées qui évaluent comment la carte inclue dans le DICRIM
interactif de Saint Etienne est perçue et comprise. Sur la base des résultats obtenus, des
préconisations de cartographie ont été proposées et une nouvelle carte interactive
améliorée a été élaborée (Chesneau, Clément, et Lieghio 2014; Chesneau et Clément
2013). Une étude a également été menée à l'échelle de la région PACA pour établir un
bilan de la mise en place des DICRIM et étudier les facteurs influençant leurs
réalisation/non réalisation (Pallares 2013). (Douvinet et al. 2013) ont réalisé une étude
sur les communes de 4 départements qui ont pour obligation d’informer leurs
administrés d’un DICRIM mettant en évidence qu’il n’y a pas de lien entre quantité et
conformité de DICRIM réalisés. Ils ont également observé une inégale implication des
acteurs locaux, un constat également identifié par (Dournel, Gralepois, et Douvinet
2015). Enfin, le fait d'avoir un DICRIM ne signifie pas que les municipalités fournissent
une bonne information préventive en vertu de la loi (Rode 2012). Dans un précédent
article, nous avons proposé une méthodologie systémique basée sur de la sûreté de
fonctionnement, permettant d’analyser le contenu d’un DICRIM. Cette méthode permet
de mettre en évidence les causes et les conséquences de défaillances éventuelles du
document et des rubriques qu’il contient, et d’identifier une liste d’éléments permettant
de détecter ses défaillances pour améliorer le DICRIM (Ferrer, Curt, et Tacnet 2018).

Cependant, ces travaux sur l’efficacité du DICRIM restent peu nombreux à l’heure
actuelle et plusieurs interrogations demeurent. Comment les personnes perçoivent-elles
le DICRIM de leur commune ? En connaissent-t-elles l’existence ? Que provoque sa
première lecture en termes de visualisation, de réactions, de commentaires mais aussi
en termes d’association ou de représentation ? Le DICRIM va-t-il permettre une prise de
conscience ou réactiver d’anciens souvenirs en lien avec le vécu de phénomènes passés ?
Quel est le point de vue des habitants sur le DICRIM en termes de visuel et de contenu
informatif ? Trouvent-ils ce mode de communication pertinent ? Quelles sont leurs
102
Partie 4 : « Gestion du risque : Comment les habitants d’une commune multirisques
perçoivent-ils le Document d’Information Communale sur les Risques Majeurs ? »

pistes d’amélioration ? Quels biais pouvons-nous détecter dans leurs discours ? Cet
article vise à répondre à ces questions à partir d’interviews passées auprès d’habitants
d’une commune.

L'article est structuré selon le plan suivant : en premier lieu est décrite la
méthodologie mise en œuvre, puis les résultats sont présentés et discutés suivant 3 axes
consacrés : à l’analyse quantitative des discours et du processus de communication, au
relevé des opinions des interviewés sur le document et à une mise en perspective des
entretiens par rapport aux biais cognitifs étudiés en psychologie. L'article se termine par
la conclusion et les perspectives.

2) Méthodologie mise en œuvre

Nous avons réalisé une enquête exploratoire auprès d’habitants d’une commune
soumise à des risques naturels et technologiques, et possédant un document
d’information communal sur les risques majeurs (DICRIM), afin d’identifier des
éléments clés se dégageant de la réalité du terrain. Elle permet également de conforter
les démarches proposées et résultats obtenus conceptuellement et de mettre en lumière
de possibles éléments (causes de défaillances, facteurs de réussite d’une
communication…) qui n’auraient pas été identifiés en recherches grises (Ferrer, Curt, et
Tacnet 2018).

2.1 Démarche

Les entretiens se sont déroulés entre juillet et septembre 2016, dans la ville de La
Ciotat, ville côtière du sud-est de la France.

Une première prise de contact a eu lieu avec la personne à interviewer puis les
entretiens ont été réalisées avec une durée moyenne de 1h. Les entretiens se sont
majoritairement déroulés au domicile de la personne interrogée. Il n’y a pas eu de
sollicitations extérieures pendant l’entretien risquant de biaiser l’entretien.

Une introduction générale a été faite en début d’enquête sans mention de la


thématique des « risques ». L’entretien s’est ensuite déroulé en deux temps : (1) une
première partie avec une seule question en ouverture, en donnant le DICRIM, pour
permettre à la personne de développer librement : « voici un document qui parle de
votre commune, pourriez-vous m’en donner votre point de vue aussi bien sur sa forme
que sur son fond ? » ; (2) une seconde partie semi-directive avec des questions posées en
lien avec le discours de la personne et/ou ceux des entretiens précédents. Le DICRIM a
été présenté à chaque personne en noir et blanc car il nous a été fourni ainsi à l’accueil
de la Mairie, puis en couleurs (disponible sur internet). La personne expose alors tout ce
qui lui traverse l’esprit à la lecture du document. L’interviewé est laissé libre de
s’exprimer sur ce que bon lui semble. L’enquêtrice ne fera que relancer la personne

103
Partie 4 : « Gestion du risque : Comment les habitants d’une commune multirisques
perçoivent-ils le Document d’Information Communale sur les Risques Majeurs ? »

l’invitant à poursuivre à partir de ses réponses, sans jamais donner son propre avis ni
orienter la discussion(Fenneteau 2015).

2.2 Panel de personnes interviewées

Une dizaine de personnes ont été interrogées respectant une variété de critères : âge
de 18 à 70 ans, homme et femme, différentes CSP et divers quartiers habités (bord de
mer, intérieur des terres, centre-ville…). Ces personnes ont été choisies par bouche à
oreille, afin de former un échantillon diversifié. La représentativité d'un échantillon de
sondage, qui consiste à reproduire, à l'échelle de l'échantillon, mais dans des
proportions identiques, les caractéristiques de la population totale au regard des
critères pertinents, n'a de sens que pour les grands nombres. Dans un échantillon
qualitatif, c'est l'individu qui est « représentatif », des groupes sociaux auxquels il
appartient, de la ou des cultures dans lesquelles il a baigné. Au niveau de l'échantillon,
parler de représentativité signifie donc simplement que l'on s'efforce de réunir des
personnes présentant toutes les caractéristiques pouvant engendrer des différences à
l'égard des représentations étudiées, sans tenir compte de leur nombre relatif dans la
population d'origine. C'est pourquoi (Donégani, Michelat, et Simon 1978) préfèrent
parler de « principe de diversification » de l’échantillon, plutôt que de représentativité.
L’entrevue a été enregistrée puis retranscrite en verbatim.

Une seule personne se souvenait avoir reçu et lu le DICRIM mais ignorait si elle le
possédait encore. Lors de la prise en main plusieurs personnes ont feuilleté le DICRIM
sans entrer dans le détail de son contenu puis se sont mises très rapidement à discuter
de ce qu’elles connaissaient des risques, de leur propre vécu. Lorsque la discussion se
centrait ensuite sur le document en lui-même une partie des personnes continuait à
feuilleter le DICRIM tout en le décrivant pour en donner leur point de vue. Parmi celles-
ci une part des personnes suivait l’ordre d’apparition des pages tandis que d’autres le
feuilletaient et en discutaient dans le désordre. Lors de la prise en main d’autres
personnes, peut-être peu coutumières de la question des risques ou plus intimidées ont
directement commencé la lecture du DICRIM certains le commentant en parallèle ou
d’autres attendant d’avoir fini leur lecture pour donner leur avis. Un élément
remarquable à noter lors de la prise en main du DICRIM est qu’une majorité des
interviewés ont passé l’édito sans le lire, ce qui sera discuté plus tard dans cet article.

2.3 Analyses

Une analyse de contenu a ensuite été réalisée avec le logiciel IRaMuTeQ sur les
entretiens complets. IRaMuTeQ, développé par Pierre Ratineau en 2008, est un logiciel
libre analyses statistiques sur des corpus texte et sur des tableaux individus/caractères.
Il repose sur le logiciel R et le langage python. Il nous faut signaler que seuls 2 mots des
discours, « voilà » et « après », ont été exclus du corpus avant traitement. En effet, le
terme « voilà » était un terme démonstratif induit par le mode de passation de

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Partie 4 : « Gestion du risque : Comment les habitants d’une commune multirisques
perçoivent-ils le Document d’Information Communale sur les Risques Majeurs ? »

l’entretien. Il n’apportait rien au contenu du discours mais avait plutôt tendance à en


biaiser les résultats. De même, le terme « après » était utilisé uniquement dans sa
signification synonyme à « néanmoins » ou « malgré ce qui vient d’être dit ». Sa présence
portant également à confusion dans les résultats nous avons pris le parti de le retirer du
corpus.

Une analyse qualitative des discours a également été conduite dans le but d’observer
d’éventuels biais cognitifs mis en évidence par les paroles des personnes. Des remarques
positives et négatives sur le document ainsi que des conseils sont également relevés et listés.

2.4 Matériel

La commune choisie pour réaliser cette enquête exploratoire est la commune de la


Ciotat. Il s’agit d’une commune de 34 063 habitants pour une densité de 1083 habitants
au km2 (INSEE 2014). La population a augmenté de +0.7% entre 2007 et 2012.

La commune de la Ciotat est soumise à 6 risques majeurs. Il s’agit par ordre


d’apparition dans le DICRIM : feux de forêt, inondations, mouvements de terrain,
séismes, transport de matières dangereuses et gazoduc haute pression. La Ciotat fait
l’objet d’un plan de prévention des risques prescrit par la préfecture des Bouches-du-
Rhône. Elle s’est également dotée d’un Plan Communal de Sauvegarde (PCS) permettant
la gestion des secours en cas d’occurrence d’un phénomène majeur. A été notamment
annexé à ce PCS, un DICRIM élaboré par la mairie en 2007. Il a été imprimé à 10000
exemplaires et diffusé en 2007 au sein de la population de la Ciotat.

Le DICRIM est constitué de 16 pages. Il contient une page de couverture (Figure 17),
un sommaire, un édito rédigé par le maire, 2 pages par risque pour les 6 risques de la
commune (mouvements de terrain et séismes sont présentés sur les 2 mêmes pages), et
des numéros utiles en fin de document. Deux couleurs majeures le composent, le rouge
et le jaune pâle.

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Partie 4 : « Gestion du risque : Comment les habitants d’une commune multirisques
perçoivent-ils le Document d’Information Communale sur les Risques Majeurs ? »

Figure 17 : Page de couverture du DICRIM de La Ciotat


(http://www.r7g.com/6344/p/4328/dicrim%203def.pdf)

En page 2, le sommaire liste les différentes rubriques sur chaque risque présent à La
Ciotat. En bas de pages sont également indiquées, en caractères majuscules, diverses
informations sur le DICRIM telles que le nombre d’exemplaires imprimés ou les noms
des personnes ayant participé à son élaboration.

Fait face au sommaire, un édito rédigé par le Maire et la photo de celui-ci. Cet édito
rappelle que le risque zéro n’existe pas, et que si les phénomènes extrêmes restent rares
il demeure important de rester informé pour éviter des comportements à risque
lorsqu’ils surviennent. Il mentionne également l’implication de la ville dans la gestion
des risques et le rôle du DICRIM.

Les pages suivant cet édito rassemblent des informations sur les risques présents sur
La Ciotat. Sur la page de gauche pour un type de risque, une cartographie du phénomène
est présente ainsi qu’un premier paragraphe en majuscules décrivant la nature du
phénomène. Un deuxième paragraphe détaille les dispositions réglementaires en lien
avec ce risque (Figure 18).

106
Partie 4 : « Gestion du risque : Comment les habitants d’une commune multirisques
perçoivent-ils le Document d’Information Communale sur les Risques Majeurs ? »

Figure 18 : Double page d'informations sur le risque inondation de La Ciotat issue du DICRIM
(http://www.r7g.com/6344/p/4328/dicrim%203def.pdf)

Pour chaque risque, sur la partie haute de la page de droite trois rubriques décrivent
la situation de la Ciotat vis-à-vis du phénomène, les origines de ce phénomène et quelle
prévention est organisée autour de celui-ci.

En partie basse de cette page se trouvent les consignes à suivre en cas de survenue du
phénomène concerné. Y sont associés des pictogrammes. Pour certains des phénomènes
traités, une photo est jointe à ces consignes mais sans lien avec le phénomène. Il s’agit
d’une photo aérienne de la ville. Les photos des phénomènes présentes dans le DICRIM
concernent uniquement les feux de forêt et les inondations et ne sont visibles qu’en
arrière-plan.

Suite à ces rubriques une double page termine le DICRIM. Elle fournit des numéros
utiles relatifs aux risques.

3) Analyses quantitatives du contenu des discours


Les traitements ont permis d’obtenir un nuage de mots, un dendrogramme, des
Analyses Factorielles des Correspondances (AFC) et des graphes de similitudes avec
halo. Nous présentons ici les résultats majeurs de notre analyse.

107
Partie 4 : « Gestion du risque : Comment les habitants d’une commune multirisques
perçoivent-ils le Document d’Information Communale sur les Risques Majeurs ? »

3.1 Analyses globales du corpus

Le corpus est composé de 10 discours issus de l’enquête. Il est constitué de 48264


occurrences soit le nombre total de mots présents dans le corpus, ici l’ensemble des
discours, et de 2416 formes. Le nombre de formes correspond aux formes de mots
trouvés différentes. Il est ainsi inférieur au nombre d’occurrences. Un peu plus de 40%
des formes sont des hapax (occurrences dont la fréquence est unique) et représentent
2% des occurrences. La moyenne des occurrences par texte est de 4826. Pour ce corpus,
les 10 formes actives (adjectifs, adverbes, noms communs et verbes) les plus fréquentes
sont les suivantes par ordre décroissant : « aller, être, voir, risque, penser, même, eau,
feu, Ciotat, était » (voir Figure 4). A titre d’exemple le mot « aller » apparait 368 fois, le
2ème mot, « être » apparait 294 fois et le 3ème (« voir ») 288 fois. On retrouve le terme
« risque » (266 fois) parmi ces mots principaux. Les formes « eau », « feu » (de forêt) et
« inondation » sont également très présentes ce qui traduit l’importance donnée à ces
aléas particuliers. La forme « truc » possède également une forte occurrence (124). Elle
est généralement utilisée dans des phrases ayant un lien direct avec les phénomènes
majoritairement en remplacement de terme spécifiques tels que « éboulements »,
« vallats», « gazoduc » voire « DICRIM ». Cela peut indiquer que les personnes ne sont
pas forcément coutumières de ce qui a trait aux phénomènes majeurs et qu’elles n’ont
pas l’habitude d’en parler, de l’expliciter. Pour ce qui est du terme « DICRIM », la
majorité des personnes ont découvert ce terme au moment de l’entretien ce qui peut
expliquer qu’il ne leur soit pas familier.

Figure 19 : Nuage de mots pour le corpus des entretiens de La Ciotat

La Figure 19 est un nuage de mots issus du corpus étudié représentant les fréquences
des formes en les corrélant à leur taille.

Si l’on s’intéresse maintenant aux cooccurrences des mots du corpus grâce à un


graphe de similitude avec halo (Figure 20) on peut voir apparaitre divers assemblages

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Partie 4 : « Gestion du risque : Comment les habitants d’une commune multirisques
perçoivent-ils le Document d’Information Communale sur les Risques Majeurs ? »

des termes entre eux. Tous les mots supérieurs à une fréquence d’apparition de 20 fois
ont été utilisés.

Figure 20 : Graphe des similitudes avec halos pour le corpus des entretiens de La Ciotat

On peut constater que les verbes « être » et « penser » possèdent un indice de


cooccurrence de 51. Les formes « être » et « risque » ont le même indice. Le plus fort
indice de cooccurrence concerne les verbes « être » et « aller » (54). Si l’on observe
ensuite les halos formés on peut en déduire différentes interprétations. Le groupe de
mots en vert dominé par les termes « penser » et « être » correspondent à la personne
dans sa perception. Le groupe en rouge correspond à la culture du risque de la personne
notamment ce qu’elle connait de La Ciotat, de sa maison et à sa mémoire du risque
(illustrée par « date », « année »…). Le groupe jaune, marqué par le terme majeur
« aller » représente la personne dans son action au moment de la survenue de

109
Partie 4 : « Gestion du risque : Comment les habitants d’une commune multirisques
perçoivent-ils le Document d’Information Communale sur les Risques Majeurs ? »

l’évènement. Ce groupe est lié au groupe bleu porté par l’eau. Cela montre que les
personnes visualisent le risque et particulièrement la phase de l’occurrence du
phénomène majoritairement à travers le risque d’inondation (terme apparaissant 94
fois dans les discours). Les 5 autres risques naturels et technologiques ne sont pas liés à
ce groupe. On les retrouve dans un autre ensemble de mots, représenté par le groupe en
violet, chapeauté par le terme « risque » et comprenant les séismes, les mouvements de
terrain, le gazoduc… Ces phénomènes semblent n’être que cités et ne renvoient pas à
une représentation très détaillée ou structurée. Le risque « incendie », représenté sur le
graphe par le patatoïde rose, se démarque de cet ensemble, tandis que les autres risques
sont seulement mentionnés. Toutefois même si une certaine attention a été portée sur ce
risque il n’a pour autant pas déclenché une mise en contexte avec beaucoup de détails
comme les inondations.

3.2 Constitution de classes

Le logiciel réalise une classification de Reinert qui est une classification Descendante
Hiérarchique de segments de textes à partir du tableau lexical entier (Reinert, 1983).
Elle permet de classer les formes dans des classes de formes regroupées selon leur
indépendance mesurée par un test au Chi². 1385 segments de texte ont été constitués
automatiquement avec une moyenne de 34 formes par segment. 1138 segments sur les
1385, soit 82%, ont été classés. Ce pourcentage étant supérieur à 60% on considère qu’il
s’agit d’une bonne qualité d’analyse. 4 classes ont été générées dans lesquelles les
segments sont répartis de façon équilibrée. Une fois la classification réalisée, l’objectif
est de définir le ou les domaines principaux auxquels réfèrent les classes à l’aide des
mots qui la composent, ces mots se distinguant ou au contraire se ressemblant.

110
Partie 4 : « Gestion du risque : Comment les habitants d’une commune multirisques
perçoivent-ils le Document d’Information Communale sur les Risques Majeurs ? »

Figure 21 : Dendrogramme du corpus des entretiens de La Ciotat

Sur le dendrogramme de la Figure 21, on peut observer que la classe 1 se distingue


des autres classes. Elle a le poids le plus fort (30.8 %). Elle rassemble une majorité de
mots (« pluie », « mer », « inonder »…) qui ont trait à l’ « eau » dont c’est d’ailleurs le mot
majeur. D’autres thèmes sont également présents comme par exemple des lieux
(parking, Marseille…). Cela renvoie à la représentation que se font les interviewés à
propos des risques. Une représentation qui serait générale et pas seulement liée à la
ville de La Ciotat. Par ailleurs, la corrélation majeure des mots au thème de l’« eau »
indique qu’il s’agit là de l’aléa principal discuté par les interviewés. Le risque inondation
n’est pourtant pas un risque plus accentué que les autres dans le DICRIM de La Ciotat.
Chaque phénomène est traité de façon identique dans le document. La Ciotat n’a pas non
plus connu de récentes inondations majeures qui pourraient expliquer cette fréquence
élevée. Pour autant, si l’on effectue un changement d’échelle et que l’on considère
l’hexagone dans son ensemble on peut constater que les inondations ont été les
principaux évènements qui ont touché la France ces deux dernières années, y compris
des événements géographiquement très proches dans le Var et les Alpes Maritimes
(Octobre 2015). Une crue majeure de la Seine en mai 2016 a également été fortement
médiatisée. Cet aléa ayant donc été très présent dans les médias, on peut penser que
ceux-ci ont pu provoquer une amplification du risque d’inondation pour les habitants de
la Ciotat, donc sans pour autant qu’il n’y ait eu de contact direct avec ce phénomène ; ce
type de comportement est signalé dans les travaux de (Joffe 2003; Slovic 1987), et ce malgré

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Partie 4 : « Gestion du risque : Comment les habitants d’une commune multirisques
perçoivent-ils le Document d’Information Communale sur les Risques Majeurs ? »

une enquête réalisée plusieurs mois plus tard, durant l’été 2016. Il s’agit d’un effet du
temps de mesure.

La classe 4 est la classe survenant juste après la Classe 1 dans le dendrogramme et


représente quant à elle le moins de poids sur les 4 classes (19.1 %). Elle comporte de
nombreux verbes (« fermer le gaz », « écouter », « réagir »…). Ce sont essentiellement
des verbes liés à une temporalité « sur l’instant », aussi bien actifs comme « fermer » ou
« réagir » que passifs (« écouter », « recevoir »…). L’un des mots forts de la classe est le
mot « sécurité ». Elle possède également des termes en lien avec les enfants. On peut
déduire de ces observations que cette classe semble correspondre aux consignes à
suivre et aux actions réalisées au moment de la survenue d’un évènement majeur. Elle
traduit également pour qui l’on s’inquiète durant cet évènement avec une attention
semblant axée sur ses enfants plus que sur soi-même (« enfant » ; « école »).

Le dendrogramme se divise ensuite en deux branches distinguant les classes 2 et 3.


Les termes de la classe 3 semblent être en lien avec une description de documents tels
que les mots « plan », « photo », « carte », « symbole » ... On peut penser que cette classe
concerne les points de vue des interviewés sur le DICRIM, correspondant à la question
posée en début d’entretien. Le mot majeur de la classe « risque » confirme bien cette
hypothèse puisque le contenu du DICRIM porte sur les risques majeurs. Enfin la classe 2
semble plutôt être en lien avec la diffusion du document, c’est-à-dire située à une échelle
supérieure du processus d’information. Cela se traduit par des termes comme «
diffuser », « envoyer » ou « maire ». On a également un jugement qui semble être porté
sur cette information à travers les mots « utile » ou « intéressant » qui sont souvent
associé au terme se référant au DICRIM.

Par ailleurs, la classe 3 reflète les composants du DICRIM tandis que la classe 2 le
considère à une granularité supérieure à l’échelle d’une vue d’ensemble du processus de
communication. On peut effectuer un parallèle de ces observations au processus de
communication préventive (Figure 22).

Objet du Canal de
Emetteur Destinataire
message diffusion

Figure 22 : Processus de communication référant aux entretiens. Les couleurs correspondent


aux classes du dendrogramme (Figure 21). Vert : classe 2 ; Violet : classe 4 ; Bleu : classe 3 ; Rouge :
classe 1

A l’aide de la classification de Reinert on a pu observer que la classe 2 est en lien avec


la diffusion de l’information préventive ce que l’on peut corréler avec ce qui a trait à
l’Emetteur de l’information. La classe 4 correspondrait à l’Objet du message, c’est-à-dire
à son contenu informatif, car elles concernent notamment les consignes de
comportement misent en évidence avec les verbes tels que « fermer le gaz » « écouter la
radio » ou « respecter les consignes ». Le Canal de diffusion est représenté par la classe 3
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Partie 4 : « Gestion du risque : Comment les habitants d’une commune multirisques
perçoivent-ils le Document d’Information Communale sur les Risques Majeurs ? »

qui rassemble le point de vue des interviewés sur les aspects visuels du DICRIM
(« zone », « plan », « photo » …). Enfin le Destinataire peut être identifié dans la classe 1 à
travers la représentation des risques des interviewés. Ainsi tous les composants de ce
processus sont cités dans les discours des habitants.

3.3 Analyses factorielles des correspondances

On analyse en premier lieu l’AFC correspondant aux 4 classes que l’on vient de
décrire (Figure 23).

Figure 23 : Analyse factorielle des correspondances pour le corpus des entretiens de La Ciotat

La variance est expliquée à près de 75 % par les 2 premiers facteurs du graphe de


l’AFC. Ceux-ci sont choisis par le « critère de Kaiser », qui suggère de garder tous les axes
dont la valeur propre est supérieure à 1 i.e. la valeur propre moyenne. La représentation
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Partie 4 : « Gestion du risque : Comment les habitants d’une commune multirisques
perçoivent-ils le Document d’Information Communale sur les Risques Majeurs ? »

est donc plutôt bien partagée par l’ensemble de cet échantillon. On observe ensuite que
les classes couvrent les différents secteurs du graphe. Les classes 2 et 3 sont
superposées dans la partie supérieure gauche de l’AFC. La classe 1 est la seule classe à
être située dans la partie droite du graphe. Elle est opposée aux autres classes par
rapport à l’axe vertical mais pas sur le plan horizontal pour lequel elle est à 0. Enfin la
classe 4 est localisée en partie basse du graphe à gauche. Au vu de cette répartition on
peut interpréter le Facteur 1 comme représentant ce qui n’est pas contrôlable en partie
droite du graphe avec la classe 1 liée aux inondations et qui oppose ce qui est
contrôlable c’est-à-dire la prévention pour les classes 2 et 3 et les actions des personnes
pour la classe 4. Pour le second facteur nous proposons une distinction entre ce qui
requiert de l’ordre du privé en partie basse avec la classe 4, opposé à ce qui est de
l’ordre du public en partie haute avec les classes 2 et 3. La classe 1 échappe à cette
opposition puisqu’elle est située à 0 sur ce facteur. La classe 1 représentant le risque
inondation il n’est ni privé, ni public, il concerne chacun sans distinction.

Une nouvelle fois, à travers cette AFC on constate que le risque inondation l’a
entièrement emporté sur les autres risques dans les discours. Comme nous l’avons
explicité précédemment le temps de mesure peut expliquer cette prépondérance
(récents épisodes d’inondations ayant touché la France). Les personnes peuvent être
influencées par des souvenirs récents même lorsque l’évènement s’est produit loin de
chez eux (Kasperson et al. 2003). Il s’agit du phénomène d’amplification du risque. Cela
signifie que l’on peut voir des risques, dans un document par exemple, et pour autant
entièrement les évacuer, les laisser de côté car on n’y a pas été confronté directement ou
au travers des médias : c’est le cas dans notre travail pour le risque de transport de
matières dangereuses par exemple.

Pourtant, ce poids du risque inondation vis-à-vis les autres risques pose un problème
dans le sens où l’objet du cas d’étude porte sur un document multirisques, le DICRIM, qui
a vocation à informer préventivement la population sur l’ensemble des risques majeurs
menaçant La Ciotat.

Une autre AFC a été générée permettant de visualiser les variables qui possèdent le
plus d’occurrences dans telle ou telle classe. Cette AFC nous a essentiellement permis de
pouvoir justifier de la représentativité de notre échantillon car les variables se
répartissent relativement équitablement entre chaque classe. Il n’y a pas de réelles
tendances qui se dégagent par rapport aux critères d’échantillonnage. Si l’on reprend les
caractéristiques de chaque personne interviewée et que l’on leur associe leur classe on
obtient certaines informations sur cette répartition. On peut dire que le sexe et le
quartier habité n’a pas d’incidence sur le discours.

En premier lieu le sexe de la personne interrogée n’a visiblement aucun impact sur sa
position dans telle ou telle classe. Les 4 classes sont constituées équitablement
d’hommes et de femmes. De même, les quartiers habités diffèrent au sein de chaque
classe. Par contre, il semble y avoir un lien entre l’âge et le type de classe. En effet, la
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Partie 4 : « Gestion du risque : Comment les habitants d’une commune multirisques
perçoivent-ils le Document d’Information Communale sur les Risques Majeurs ? »

classe 3 est constituée majoritairement du 1er intervalle d’âge (18-35 ans), la classe 4 du
2ème (36-52 ans) et la classe 1 des personnes âgées de 53 à 70 ans. La classe 2 comporte
des personnes soit de 18-35 ans soit de 53-70 ans. On pourrait expliquer l’appartenance
des personnes de la classe d’âge la plus élevée à la classe 1 par le fait que celle-ci réfère à
la représentation du risque, notamment le risque lié à l’eau. Elle est donc notamment
constituée de la mémoire du risque. On peut ainsi penser que les personnes âgées ont
plus de souvenirs en lien avec des évènements naturels ou technologiques qu’ils ont pu
connaitre au cours de leur vie. La présence de personnes d’âge 36-52 ans dans la classe
4 pourrait s’expliquer par la part de responsabilité qu’ils pensent probablement avoir en
cas de survenue de ce type d’évènement. Il s’agit d’une part majeure de la classe active
de la population, qui a généralement des enfants scolarisés, ce qui peut donc expliquer
ce discours appuyé sur les comportements durant un phénomène, notamment pour ce
qui concerne les enfants. Enfin pour ce qui concerne les interrogés de 18-35 ans, ils
semblent plutôt s’être consacrés à l’objet direct de l’interview c’est-à-dire le document
en lui-même. Peut-être est-ce dû au fait que par leur jeune âge ces personnes ont une
représentation du risque moins fournie que les autres intervalles et qu’ils se sont donc
raccrochés à ce qu’ils avaient sous les yeux (le DICRIM) pour répondre. Au regard de
l’échantillon de petite taille, ces différentes analyses ne restent toutefois que des
suppositions ne pouvant être généralisées.

4) Mise en perspective des entretiens par rapport aux travaux sur la


perception du risque
Les entretiens conduits auprès des différents interviewés sont riches d’informations
sur leur perception du DICRIM mais également sur leur perception des risques majeurs.
Une analyse qualitative détaillée de leurs discours révèle des illustrations de biais
cognitifs décrits par les travaux de la psychologie. Dans tout traitement cognitif du
risque, il y a l’influence de divers facteurs psychologiques qui vont modifier
considérablement l’issue de l’évaluation (Leneveu et Laville 2012). Ces biais sont
présentés ci-après selon 3 grandes distinctions.

4.1 Les biais cognitifs issus des croyances et représentations pré-existantes

(Kahneman et Tversky 1979) puis (Slovic, Fischhoff, et Lichtenstein 1982)


soutiennent que les personnes fondent leur jugement sur des heuristiques à partir de
leur expérience, leurs habitudes ou les traditions culturelles leur permettant de se
constituer une représentation du risque. Concernant l’expérience, plusieurs des discours
mettent en évidence une grande importance accordée au vécu comme justification des
risques potentiels. Cette justification surpassant souvent l’information véhiculée par le
DICRIM. Sous prétexte qu’il vit depuis 50 ans à La Ciotat et qu’il n’y a jamais connu de
« gros sinistres avec paralysie de la ville et gros dégâts » un interviewé en déduit que les
risques sont faibles à la Ciotat mis à part quelques incendies ponctuels. De même, un
autre interviewé nous a déclaré qu’il n’a jamais entendu dire qu’il y ait eu « des
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Partie 4 : « Gestion du risque : Comment les habitants d’une commune multirisques
perçoivent-ils le Document d’Information Communale sur les Risques Majeurs ? »

personnes déclarées catastrophes naturelles pour les inondations ou les mouvements de


terrain à la Ciotat » donc qu’il ne pense pas y être confronté. Les informations du DICRIM
semblent donc en bonne partie supplantées par le vécu et les croyances.

(Lowrance 1976) soutient par exemple que les risques d’origine professionnelle
et/ou connus avec certitude sont plus facilement acceptables. Cette conception converge
avec celle de (Slovic 1987) pour qui un risque devient acceptable dès lors qu’il devient
familier. L’une des personnes interrogées a remis en cause certaines des consignes liées
au risque incendie. Cela peut être une surconfiance liée à son expérience des incendies
qu’elle a connus par de petits boulots d’été antérieurs. Une autre affirme que le seul
risque qui l’intéresse dans ce DICRIM c’est le gazoduc. Elle a notamment travaillé dans la
pétrochimie, c’est donc un sujet qui lui parle, un risque familier.

La majorité des interviewés accordent un crédit plus fort aux risques d’inondations et
de feux de forêt à la lecture du DICRIM. Ils s’attardent notamment plus longuement sur
ces deux risques et ont tendance à minimiser les autres. Ce comportement observable
pourrait indiquer un biais de disponibilité ou d’accessibilité. Le biais de la
disponibilité en mémoire consiste à porter un jugement sur une probabilité selon la
facilité avec laquelle des exemples viennent à l'esprit (Campbell et MacLeod 1993). Ce
biais peut, par exemple, amener à prendre pour fréquent un événement récent. Cela
rejoint les résultats mis en évidence par les analyses lexicométriques qui s’expliquaient
par une potentielle amplification des risques inondation et feux de forêt par les médias.
Ceux-ci semblent d’ailleurs jouer un rôle à ne pas négliger dans l’acquisition de la
connaissance sur les risques par les personnes. Plusieurs phrases issues des discours le
soulignent « quand il y a des inondations, ils expliquent ce qu’il faut faire ou ne pas
faire, des trucs qui à force de le répéter à la télévision, ça entre. Disons que je pense que
ça doit se faire automatiquement » ; « on a vu des images affolantes sur les inondations
ces derniers temps à la télé ».

Un point particulier relevé dans les discours concerne le risque lié aux attentats.
Plusieurs personnes les ont mentionnés, notamment en lien avec la présence du
gazoduc, craignant des malveillances sur celui-ci. Les attentats constituent un sujet
d’actualité régulièrement relayé par les médias et ils suscitent l’attention des personnes.
Il pourrait être intéressant de l’associer aux risques majeurs dans l’information
préventive où il pourrait constituer une porte d’entrée à l’intérêt des personnes pour les
autres risques.

De fait, au-delà de ces risques médiatisés, certains interviewés sont dubitatifs quant à
la présence des autres risques exposés par le DICRIM. Et cela induit donc une remise en
cause de ce qui est méconnu. L’ancrage de représentation accorde une probabilité plus
forte aux événements que l’on se représente plus facilement (Pomerol 2006). Un
habitant pense par exemple que le risque de mouvement de terrain est moins fort que
les risques d’inondations ou de feux de forêt, sans pour autant en être sûr ni posséder
d’argument pour le justifier. Une autre affirme que le risque de transports de matières
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Partie 4 : « Gestion du risque : Comment les habitants d’une commune multirisques
perçoivent-ils le Document d’Information Communale sur les Risques Majeurs ? »

dangereuses « ne lui parle pas vraiment » et elle en déduit donc qu’il doit s’agir d’un
risque assez rare, « ce serait être au mauvais endroit au mauvais moment ».

Au cours de leur découverte et de leur lecture commentée du DICRIM, les personnes


font également souvent un tri parmi les informations qu’elles ont sous les yeux, ne
mentionnant que celles qui confortent leur pensée. Cette tendance à chercher des
informations qui confirment nos idées (ou préjugés) est connue sous le nom de biais de
confirmation (Wason 1960). Ce biais nous pousse à interpréter des informations de
manière à ce qu’elles corroborent nos opinions et nos hypothèses. Inconsciemment,
nous éliminons celles qui les infirment et retenons ou donnons un poids important à
celles qui les confirment (Hogarth 1987; Skov et Sherman 1986). Ce biais de
confirmation peut nous faire persévérer dans l’erreur sans tenir compte des indices qui
contredisent notre opinion, car reconnaître que nous avons été défaillants, que nous
avons mal jugé une situation et que nous nous sommes entêtés est trop destructeur pour
l’image de soi (Leneveu et Laville 2012).

4.2 Les biais cognitifs et la confiance

Nous avons une confiance excessive en notre jugement et nous en surestimons


l’exactitude. Cette tendance à exagérément valoriser la précision de nos connaissances
et de notre jugement désigne l’excès de confiance ou de surconfiance (Kahneman 2011).
L’excès de confiance se retrouve régulièrement à travers les paroles de plusieurs
habitants. L’un d’eux se demande par exemple si le gazoduc existe vraiment, alors qu’il y
a une double page qui le démontre explicitement sous ses yeux. Comme il ne le connait
pas il doute de son existence. Il y a un conflit cognitif où les informations qu’il contient
en mémoire veulent prendre le pas sur les informations, pourtant officielles, qui lui sont
fournies sur le papier. Il finit ensuite par admettre son existence et avoue, de fait,
apprendre des choses. Certains font confiance au document comme on peut le voir avec
cette phrase d’un interviewé : « ceux qui ont fait le DICRIM ont fait des études, je vais pas
les contredire ». Leur confiance envers les acteurs de la prévention des risques se basent
aussi sur des expériences passées telle qu’une bonne gestion des feux d’origine
criminelle s’étant déclarés plusieurs étés successifs (2009-2011) dans un des parcs de la
ville (Parc du Mugel).

Cependant, pour au moins 1/3 de l’échantillon, il y a une défiance vis-à-vis du DICRIM


et plus largement de la compétence des institutionnels à gérer les risques. Pour (Slovic
2001) la confiance envers les personnes, les institutions et les industries responsables
de la gestion des risques est un paramètre important de la perception des risques.
D’après (Starr 1985) « l’acceptation de quel que risque que ce soit dépend plus de la
confiance du public en la gestion des risques que des aspects quantitatifs du risque ».
Les probabilités des risques par exemple ne semblent en effet pas jouer un rôle
important dans la construction des perceptions des risques parmi la population générale
(Slovic 1987). Et dans la mesure où la plupart des informations relatives aux risques

117
Partie 4 : « Gestion du risque : Comment les habitants d’une commune multirisques
perçoivent-ils le Document d’Information Communale sur les Risques Majeurs ? »

émanent moins d’expériences personnelles que de communications institutionnelles, les


individus sont contraints de se fier de plus en plus à ceux dont ils reçoivent l’information
sur le risque (Renn et Rohrmann 2000). Selon (Siegrist, Cvetkovich, et Roth 2000) la
confiance sociale est définie par la volonté de se fier aux institutions et/ou organismes
qui ont la responsabilité pour prendre des décisions et agir pour gérer les technologies,
l’environnement, et tout autre domaine de la santé et de la sécurité publique.

(Slovic 1993) affirme qu’une des principales raisons pour lesquelles la perception des
risques du public est élevée – notamment à propos des technologies – est la confiance
sociale, ou plus exactement le manque de confiance en soi. Lorsque les profanes n’ont
pas de connaissances détaillées nécessaires à l’estimation des risques ils se fient aux
opinions des experts et/ou des autorités gestionnaires pour juger. En revanche,
lorsqu’ils estiment avoir des connaissances adéquates pour estimer les risques, alors ils
effectuent leurs propres jugements sans se fier aux opinions des autres : les
connaissances personnelles viennent donc médiatiser l’influence de la confiance sociale
sur les jugements de risque (Chauvin et Hermand 2006).

Pour autant, concernant ici la question du DICRIM il y a de la part de plusieurs


interrogés une défiance quant à la fiabilité de son contenu. A travers le discours de
certains, on observe par exemple une remise en cause des données utilisées pour
réaliser les cartographies, sur la source non indiquée de ces données. D’après (Arnaud
2015) si les cartes scientifiques restent un outil fiable, il faut cependant, en tant que
lecteur responsable, vérifier la source des données cartographiées et la source de
production. Il y a aussi un doute sur la réelle mise en œuvre des études sur les
mouvements de terrain mentionnées. On constate aussi un problème de confiance par
rapport aux personnes ayant élaboré les cartes, aux choix qui ont été faits, « pourquoi les
zones à risque s’arrêtent-elles à tel endroit. Sur quoi c’est basé » … Deux personnes
semblent même n’accorder aucune légitimité scientifique au document, l’une propose
d’interroger les habitants sur les phénomènes déjà survenus sur la Ciotat indiquant que
les habitants pourraient peut-être « cibler vraiment le risque ». Une autre indique « il
faut s’adresser à des professionnels quoi » pour vérifier si les consignes présentes dans
le DICRIM sont justes. Les concepteurs du contenu du DICRIM ne sont pas connus et
semblent même parfois considérés comme des non-professionnels du risque. Cela met
en évidence un besoin évident de mentionner les sources des données utilisées et de la
qualité des personnes dont sont issues les différentes informations présentes dans le
document pour rassurer le lecteur sur la fiabilité de ce document.

Enfin pour ce qui est de la confiance, certains interviewés se placent à l’interface


entre confiance et défiance. Ils sont prêts à croire ce qui leur est présenté mais pour
plusieurs informations ils désirent en être témoins eux-mêmes. L’un d’eux semble se
méfier de toutes les actions de prévention de la mairie mais en même temps il est prêt à
aller les vérifier de lui-même. Ce n’est pas un rejet catégorique. Ce besoin de justification

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Partie 4 : « Gestion du risque : Comment les habitants d’une commune multirisques
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revient souvent dans les discours : « je veux voir ça de mes propres yeux sinon ce n’est
peut-être pas vrai ».

Ces questions sont délicates car nous l’avons constaté la défiance ou la méfiance ne
conduisent pas pour autant à une perception plus accrue du risque. C’est aussi un
constat fait par (Ronde et Hussler 2012) qui ont réalisé une enquête sur la perception du
risque nucléaire auprès d’habitants d’une commune soumise à ce risque : « Néanmoins,
il est remarquable de constater que le degré de confiance dans le discours des
institutions affecte négativement la perception du risque nucléaire (plus l’individu a
confiance, moins il perçoit de risque) sauf lorsque les individus sont localisés à
proximité immédiate d’une centrale (moins de 20km). » La localisation de l’habitation
des personnes est aussi un point majeur de la perception des risques des personnes.
Dans nos entretiens, nous avons remarqué que les interviewés considèrent
majoritairement le risque par rapport à la situation de leur logement. Nombreux ont été
ceux qui ont cherché leur lieu de vie sur les cartes du DICRIM, puis qui se sont rassurés
lorsqu’ils constataient qu’il ne se trouvait pas dans une zone à risques. L’une des
personnes a mentionné qu’elle se poserait des questions si elle habitait dans une « zone
comme ça ». Pourtant chaque phénomène peut également survenir lorsque la personne
n’est pas à son domicile mais sur son lieu de travail, en déplacement… Il y a donc
visiblement une inquiétude uniquement centrée sur le lieu de vie et non sur la personne
en elle-même. Il peut s’agir d’un biais d’optimisme personnel. Le biais d’optimisme est
une expression utilisée par (Kahneman 2011) pour décrire l’idée que « la plupart d’entre
nous voient le monde comme plus inoffensif qu'il n'est réellement ». Cet ancrage du
discours sur le lieu d’habitation pourrait aussi s’expliquer par la localisation des
interviews qui ont majoritairement eu lieu au domicile des personnes interrogées. Par
ailleurs, l'intérêt que porte chaque participant aux données représentées et à leur
localisation géographique conduit à retenir telle ou telle information (lieu d'habitation,
de travail, de loisirs) (Chesneau et Clément 2013).

On remarque aussi, notamment en lien avec cette focalisation sur la localisation du


logement, que plusieurs des habitants questionnés pensent que ce sont d’autres
personnes que ces risques peuvent toucher et non eux-mêmes. En apercevant la
rubrique sur les inondations, un interviewé nous indique qu’il ne pense pas que La
Ciotat soit vraiment confrontée aux inondations, à part les personnes qui habitent au
bord de la plage où l’eau ne s’évacue pas. Et donc d’après lui le DICRIM « c’est un
document bien mais pour les autres ». Il s’agit là d’un biais d’optimisme vis-à-vis des
autres. Il peut aussi s’agir là d’un biais de supériorité (P. Buunk et Van Yperen 1991),
c’est-à-dire la propension qu'ont les individus à se considérer comme meilleurs que la
moyenne sur presque tous les sujets.

Concernant ce rapport aux autres, plusieurs interviewés ont également fait montre
d’un biais de faux-consensus au cours de leur discours, qui consiste à croire que les
autres pensent ou agissent de la même façon que soi. Par exemple, l’un d’eux remet en

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Partie 4 : « Gestion du risque : Comment les habitants d’une commune multirisques
perçoivent-ils le Document d’Information Communale sur les Risques Majeurs ? »

cause certaines consignes de sécurité telle que celle consistant à ne pas téléphoner en
cas de feu de forêt. Il nous explique que même s’il ne faut pas le faire il appellera pour
prévenir sa famille et se dédouane en faisant référence à autrui pensant qu’il fera de
même. De même, une autre personne a reçu des informations sur les risques majeurs
par le biais de l’IAL (Information Acquéreur Locataire) lorsqu’elle a fait construire sa
maison. Il s’agit d’un document légal obligatoire sur les risques menaçant le terrain ou le
logement loué ou vendu fourni par le bailleur/vendeur. L’interviewé ne l’a pourtant pas
regardé plus que cela parce qu’il s’est dit que tout le monde construit donc c’est qu’il n’y
a pas de danger. Un autre encore dira aussi que « tout le monde le sait » en lisant les
consignes de sécurité.

120
Partie 4 : « Gestion du risque : Comment les habitants d’une commune multirisques
perçoivent-ils le Document d’Information Communale sur les Risques Majeurs ? »

4.3 Sous-estimation et méconnaissance des risques induisant des biais

Dans plusieurs des discours, on constate que la consigne interdisant d’aller chercher
ses enfants à l’école fait débat. Dans l’un d’eux, la personne pense qu’elle ira chercher
son enfant à l’école en cas de fortes pluies, mais s’il y a vraiment un risque qu’elle ne
prendra pas le risque de le mettre dans la voiture. On peut s’interroger sur cette notion
de seuil de risque, surtout qu’elle l’avait visiblement mal évalué par le passé quand sa
voiture s’était mise à flotter sur l’eau ruisselante, une expérience racontée un peu plus
tôt durant l’entretien. Ce seuil de risque perçu peut constituer un obstacle à la mise en
œuvre des consignes de sécurité. Cette même personne pense que c’est un réflexe d’aller
chercher ses enfants, et qu’il est compliqué de suivre la consigne qui est de ne justement pas
aller chercher ses enfants. On constate un besoin d’être informé sur la situation de l’enfant
pour être rassuré, aussi bien en prévention que pendant la crise si possible Cependant,
la famille possède une place majeure dans le système de connaissances formant la
représentation des personnes à laquelle il est difficile d’aller à l’encontre. On peut se
demander si cet instinct poussant à l’irrationnel pourrait être contré par l’information.

On retrouve une nouvelle fois un biais de supériorité pour cette question des enfants
avec des éléments de discours tels que « il faut que je le sauve », « on pense que la
solution c‘est nous ». En cas d’inondation, l’un des interviewé se dit être prêt à nager s’il
le faut pour aller voir si son fils va bien. Il s’agit d’une illusion de contrôle, qui consiste à
croire qu’on a le contrôle ou l’influence sur des événements extérieurs ou aléatoires
(Langer 1975). D’après (Slovic 1987) le contrôle est un des facteurs influençant la
perception des risques. Dans notre étude, cela prouve qu’il y a un besoin d’expliquer,
dans le DICRIM par exemple, la dangerosité que peuvent avoir les ruissellements, que
l’on ne peut pas « nager » sans se mettre en danger.

Nous observons une minimisation des risques connus, ou paraissant connus ici les
risques inondations et feux de forêt, qui n’est pas présente pour les risques inconnus. Il
s’agit du rôle joué par la familiarité (facteur de Slovic) : les risques familiers sont estimés
moins dangereux (on pense les connaitre, avoir plus de contrôle). Il y a par exemple
moins de remise en cause du risque Transports de Matières Dangereuses, c’est un risque
qui interpelle un peu plus mais qui dans un même temps suscite moins de discours. Ce
type d’évènements est beaucoup plus rarement relayé par les médias de masse que les
grands feux de forêt, les inondations, les séismes ou les accidents nucléaires (Lopez,
Régner, et Schleyer-Lindenmann 2015). Ce fait explique peut-être le manque de
structure et la pauvreté de la représentation associée à ce risque. L’une des personnes
m’explique qu’elle prendrait sans doute moins de risque face à ce phénomène : «c’est
pas quelque chose qu’on peut peut-être forcément combattre ». Pour les risques
Transport de Matières Dangereuses et gazoduc une interviewée a conscience d’exposer
son enfant à un danger si elle va le chercher, pour tout ce qui est polluant ou explosif

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Partie 4 : « Gestion du risque : Comment les habitants d’une commune multirisques
perçoivent-ils le Document d’Information Communale sur les Risques Majeurs ? »

(« Parce que si je ne suis plus là, mon petit n’a plus de maman ») mais pas pour ce qui est
de l’eau ou du feu.

On se heurte alors, fréquemment, à un phénomène qui pourrait être qualifié de sous-


estimation du risque, voire de déni et d’incrédulité de la part des populations (Chahraoui
et al. 2003 ; Weiss, Colbeau-Justin, et Marchand 2006). Le déni est un biais cognitif que
l’on voit apparaitre au travers des paroles de certains de nos interviewés. Deux d’entre
eux ont parcouru le document presque comme s’il s’agissait d’un catalogue de risques et
que c’était au lecteur de déterminer lequel pourrait survenir. Cette attitude est par
exemple mise en évidence par la phrase « ça je ne pense pas qu’il y en ait » à propos des
transports de matières dangereuses lorsque l’interviewé a découvert ce risque dans le
DICRIM. Un autre interviewé nous explique qu’il a une maison sans seuil, que l’eau
pourrait donc y entrer mais il ne sent pas concerné ni inquiet par rapport à ce
phénomène. Comme le montre cette citation : « je suis sûr que je ne serai jamais
inondé ». Sa fille nous expliquera pourtant plus tard qu’il a déjà eu de l’eau dans sa
maison. Pour un autre interviewé encore, à part le gazoduc dont le DICRIM lui apprend
l’existence, seul le risque des feux de forêt lui semble plausible parmi tous ceux
présentés dans le DICRIM. L’attitude de déni revient à trivialiser le risque encouru
(Weiss, Colbeau-Justin, et Marchand 2006).

Plusieurs interviewés possèdent par ailleurs des connaissances erronées ou


incomplètes sur les risques majeurs. L’un envisage par exemple une mauvaise façon
d’agir pour ce qui concerne le risque incendie, c’est-à-dire fuir alors qu’il faut au
contraire rester chez soi, sauf si les pompiers le demandent. Il faut toutefois rester
prudent sur cette affirmation puisque l’on sait que les réactions peuvent être totalement
différentes en situation qu’en simple visualisation en amont. Un autre raconte qu’un jour
il a circulé par temps d’orage avec 30cm d’eau, mais qu’il n’était pas inquiet « parce
qu’on voyait le sol ». Il affirme connaître les limites pour circuler en voiture en cas
d’inondation alors qu’il ne suffit parfois que de quelques cm d’eau pour qu’une voiture
se mette à flotter. Un autre pense que l’on peut rouler tant que l’eau n’atteint pas la
portière, ensuite le moteur risque d’être noyé. Concernant les inondations, on constate à
travers plusieurs des discours qu’elles sont souvent visualisées comme des inondations
de plaine, où l’eau monte lentement, et non comme des ruissellements parfois
torrentiels. Lorsqu’il visualise la carte des inondations un interviewé affirme
d’ailleurs : « comme tout est construit, tout est viabilisé, l’eau elle va ruisseler. Il y a pas
de risque d’inondation ». Pourtant la bétonisation des sols va certes entrainer des
ruissellements sur les pentes mais risque également d’entrainer une rapide montée des
eaux pouvant s’infiltrer dans les maisons proches des vallats. Les inondations sont
considérées par la majorité des interviewés, soit comme des inondations de plaine, soit
comme des inondations par submersion marine. La mer est d’ailleurs même considérée
comme une barrière de sécurité pour un habitant, qui recueillerait l’eau et l’empêcherait
de monter (« Les rivières avant qu’elles arrivent à la mer c’est loin, que nous la mer est
proche donc le risque est moindre »).
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Partie 4 : « Gestion du risque : Comment les habitants d’une commune multirisques
perçoivent-ils le Document d’Information Communale sur les Risques Majeurs ? »

Un autre constat inquiétant concerne l’alerte, un interviewé ne se sentant pas du tout


sensibilisé à celle-ci. Il connaît la sirène qui sonne chaque mois mais il ne sait pas ce
qu’elle signifie, si elle sonne une fois, deux fois, comment faut-il réagir...

Le risque avec ces méconnaissances c’est que les personnes peuvent compléter ces
informations manquantes à l’aide de généralités ou d’a priori, ce qui est une des
fonctions de la représentation. Par exemple, il y a une zone indiquée en rouge sur la
carte de la rubrique mouvement de terrain/séisme mais comme les deux phénomènes
ne sont pas distingués un habitant se demande quel phénomène cette zone désigne. Puis
il pense qu’il n’y a pas de séisme parce que ce n’est pas un convergent de plaques. Ce qui
est une erreur car certes il n’y a pas ou peu de séismes mais c’est parce qu’il n’y a pas de
failles. Le manque d’informations dans certaines parties du document entraîne à faire
des suppositions, à extrapoler ce qui peut induire en erreur.

4.4 L’impact des biais cognitifs sur le processus de communication préventive

Au moment du traitement des informations contenues dans le document, les biais


cognitives des lecteurs peuvent induire à valoriser certaines informations au détriment
d’autres ou empêcher de traiter ces informations (Glatron 2009). De plus, on parle de
déficits dans la gestion des informations sur les risques, à des degrés divers, en
supposant que l'esprit humain est analogue à une machine. Or les gens se posent des
questions et cherchent des réponses sur les questions qui les préoccupent, plutôt que de
simplement percevoir et traiter l'information qu'ils reçoivent (Moscovici 1984b). Dans
une récente réévaluation de ces travaux, (Slovic 2000) a déclaré : « Bien que la
perception du risque ait été perçue à l'origine comme une forme de traitement
délibératif et analytique de l'information, nous avons fini par reconnaître avec le temps à
quel point elle dépend fortement de la pensée intuitive et expérientielle, guidée par des
processus émotionnels et affectifs ». Il est par conséquent intéressant d’analyser, parmi
l’ensemble des biais que nous avons identifié au cours du traitement des discours de nos
interviewés, lesquels risquerait de constituer un blocage à l’appréhension de
l’information contenue dans le DICRIM par le destinataire ou au contraire pourrait
faciliter ce transfert d’information. La Figure 24 représente les différents biais
identifiés : (i) ceux contenus dans les cases rouges bloquent l’information, (ii) ceux des
cases vertes facilitent le transfert de l’information et (iii) ceux des cases orangées
peuvent faire l’un ou l’autre en fonction du contexte.

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Partie 4 : « Gestion du risque : Comment les habitants d’une commune multirisques
perçoivent-ils le Document d’Information Communale sur les Risques Majeurs ? »

Figure 24 : Impact des biais identifiés sur le transfert du message vers le destinataire dans le
processus de communication du DICRIM

Les biais pouvant constituer un blocage au traitement et à l’intégration de


l’information contenue dans le document d’information préventive sont le déni, le biais
de confirmation, la défiance envers les institutionnels, la confiance en soi, la défiance
envers le document, le biais de supériorité, l’illusion de contrôle, l’instinct familial, et les
méconnaissances/erreurs. Le biais de confirmation par exemple, c’est à dire la tendance
à chercher des informations qui confirment nos idées, entraine un tri inconscient de la
part des lecteurs parmi les informations qu’ils ont sous les yeux, ce qui est préjudiciable
selon le degré d’importance de l’information non considérée. Les biais d’optimisme
personnel et de supériorité par rapport aux autres peuvent également constituer un
blocage de l’information car les lecteurs vont penser que ce sont d’autres personnes qui
sont concernées par ces risques et non pas eux, et ne vont donc pas intégrer et accepter
les informations qu’ils lisent. L’on pourrait penser que la défiance envers les
institutionnels en charge des risques pousseraient les personnes à se renseigner eux-
mêmes sur les moyens d’assurer leur propre sécurité face aux risques mais ce n’est
pourtant pas le cas en général.

Parmi les biais identifiés un seul nous semble être majoritairement en faveur d’un
transfert efficace de l’information, le biais du risque familier. En effet, comme nous
l’avons vu précédemment les risques connus, d’origines professionnelles par exemple,
sont plus facilement acceptables. D’autres biais relevés peuvent avoir des conséquences
positives à la lecture du document mais ces conséquences peuvent aussi être négatives
selon le contexte ou les croyances pré-existantes de la personne. Il s’agit des biais de
disponibilité, d’ancrage de représentation, de confiance envers les institutionnels,
d’intérêt centré sur le lieu de vie et de minimisation des risques, symbolisés dans des
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Partie 4 : « Gestion du risque : Comment les habitants d’une commune multirisques
perçoivent-ils le Document d’Information Communale sur les Risques Majeurs ? »

cases orange sur la Figure 9. L’on pourrait par exemple penser que les personnes qui
font confiance aux institutionnels en charge des risques vont de fait plus facilement
croire ce qui est inscrit dans le DICRIM et donc l’intégrer plus facilement. Cependant, il a
été également constaté qu’une confiance accrue envers les institutionnels et
gestionnaires des risques entrainent une baisse de la vigilance des personnes envers les
risques puisqu’elles se fient entièrement à eux pour assurer leurs sécurités (Lopez,
Régner, et Schleyer-Lindenmann 2015). Les biais de disponibilité ou d’ancrage de
représentation dépendent du contexte de la personne. Si celle-ci a été récemment
exposée, de façon directe ou indirecte, à un risque en particulier elle sera plus encline à
en accepter des informations contenues dans le DICRIM. Mais dans un même temps ces
biais peuvent avoir tendance à exagérer l’ampleur d’un risque au détriment d’un autre
dans la façon dont la personne se les représente, que le document abonde ou non en son
sens.

Comme nous l’avons précisé précédemment, ces différents biais ne sont pas
exhaustifs et de nombreux autres peuvent survenir au cours de la lecture d’un DICRIM.
Ils demeureraient cependant intéressants de prendre en compte ces biais, même non
exhaustifs, dans l’amélioration du DICRIM pour en augmenter son efficacité.

5) Point de vue des interviewés sur le DICRIM et sur la gestion de


l’information préventive sur les Risques Majeurs
La passation de ces entretiens a permis de consigner l’opinion des personnes
questionnées sur le DICRIM en termes de critiques positives, négatives ou de points
d’amélioration. Nous tenons toutefois à rappeler que l’échantillon étant de petite taille
(10 personnes) et bien que satisfaisant pour des entretiens ouverts non directifs, il ne
saurait être représentatif de l’ensemble d’une population. Nous considérons les résultats
endorsés par une majorité de l’échantillon. Il existe une forte variabilité et créativité
dans les autres réponses qui sont à considérer avec précaution et mériteront
approfondissement dans de futurs travaux.

5.1 Points positifs relevés

En premier lieu, un certain nombre de points positifs ont été mentionnés par les
habitants (voir Tableau 13 en ANNEXES).

Un premier constat positif sur le DICRIM est qu’il est considéré presque
unanimement (mentionné par 9 habitants sur 10) comme étant un document
intéressant et utile qui permet de prendre conscience des risques. Ceci est une
information majeure à considérer, à l’heure où les DICRIM sont souvent décriés et
considérés comme étant un format de communication daté. Il semblerait que le format
d’une brochure en papier demeure pourtant largement apprécié par les personnes quels
que soient leur âge, leur sexe ou leur catégorie socio-professionnelle. Pour une bonne

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Partie 4 : « Gestion du risque : Comment les habitants d’une commune multirisques
perçoivent-ils le Document d’Information Communale sur les Risques Majeurs ? »

part des personnes il est appréciable que le document soit en format en A5 car il est
ainsi pratique à conserver, par exemple sur un coin de table, et à manipuler. Le nombre
de pages est également adapté (14 pages) et 2 pages par risque semblent constituer un
bon format de présentation de l’information (captation visuelle d’un coup d’œil).
Plusieurs personnes ont également été satisfaites d’apprendre l’existence du gazoduc.

Les interviewés ont également émis des commentaires positifs plus précis sur la
forme et le fond du DICRIM. Pour ce qui concerne la forme par exemple, 3 ont indiqué
que ce sont les cartes et les consignes de sécurité qui attire le plus l’attention. La quasi-
totalité des personnes ont préféré le DICRIM présenté en couleurs plutôt qu’en noir et
blanc, facilitant la lecture et permettant de mieux comprendre les informations
notamment concernant les cartes. Nous avons également fait ce constat durant
l’entretien, nous avons pu noter une remarquable différence d’appréhension de
l’information entre la lecture en noir et blanc puis la lecture en couleurs.

5.2 Points négatifs relevés

La même démarche a été suivie concernant les points négatifs du DICRIM relevés par
les habitants (voir Tableau 2 en ANNEXES). Le problème majeur réside dans le fait que
pour 8 personnes sur les 10 l’existence du document n’était pas connue avant
l’entretien. Cela confirme un enjeu majeur lié au DICRIM qui concerne son mode de
diffusion. Un autre problème concerne le fait que pour 4 personnes le DICRIM sera lu
seulement une fois puis au mieux conservé dans un coin et ne sera plus réouvert. Cinq
habitants pensent qu’ils ne le consulteront pas en cas de survenue d’un phénomène. Par
ailleurs les passages de texte sont trop nombreux et trop denses pour certains
interviewés : « trop d’informations tue l’information ». D’après eux, trop de texte risque
de repousser, de fatiguer le lecteur.

Ils concernent essentiellement un manque d’informations, de définitions de termes


par exemple pour ce qui est du risque Transport de Matières Dangereuses. Plusieurs
interrogations concernent également les cartes de risques, notamment leur
compréhension ce qui est problématique. Des remarques négatives sont faites sur l’édito
que plusieurs des interviewés disent sauter et ne pas lire, souvent par réflexe, parce que
le terme « édito » dissuade.

De nombreuses critiques négatives de forme ont également été faites par les
habitants. Pour certains les couleurs manquent de qualité ce qui donne un effet « daté »
au document. Les photos font également globalement consensus sur leur manque
d’intérêt par rapport au sujet. De même, les cartes sont critiquées dans le sens où elles
sont de mauvaise qualité d’après les habitants, et de trop petite taille, il semble difficile
de distinguer leurs informations et donc de les comprendre. Le paragraphe entièrement
en majuscules présent sous la carte est décrié par de nombreux interviewés et n’est
donc pas lu.

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Partie 4 : « Gestion du risque : Comment les habitants d’une commune multirisques
perçoivent-ils le Document d’Information Communale sur les Risques Majeurs ? »

5.3 Points d’amélioration suggérés

Ces critiques négatives de forme et de fond sont cependant à considérer positivement


car elles ont presque chaque fois été accompagnées de suggestions d’amélioration
proposées par les interviewés. C’est le cas des photos pour lesquelles ils conseillent de
mettre des photos d’évènements passés, de la commune si elles sont disponibles ou de
communes voisines pour des cas similaires. Pour ce qui est de cette question des
évènements passés plusieurs ont également émis le souhait de pouvoir en lire des
informations dans le DICRIM. Ceci permettrait un entretien de la mémoire du risque. Il
semble, par ailleurs, manquer des définitions de termes même généraux, par exemple
une définition claire du terme « risque » et de ce qu’il implique en début de DICRIM. Il
s’agit là d’ailleurs d’une exigence de la loi.

Les personnes interrogées ont également pris du recul sur le document et ont suggéré
des pistes d’amélioration sur le DICRIM mais également sur la diffusion de l’information
préventive dans son ensemble. Un extrait de celles-ci est présenté dans le Tableau 15 en
ANNEXES.

Assez logiquement, les interviewés sont plusieurs à penser qu’il faudrait que le
DICRIM soit réactualisé et diffusé dans chacune des boîtes aux lettres (le DICRIM ayant
été distribué une seule fois en 2007). Plusieurs proposent également qu’il soit inséré
dans le bulletin d’information mensuel actuellement diffusé sur internet et distribué par
la mairie dans toutes les boîtes aux lettres.

Et puis de nombreuses propositions ont été faites concernant l’ajout de format de


diffusion de cette information notamment un format numérique ou au moyen
d’exercices de simulation ce qui rejoint certaines préconisations actuelles faites en ce
sens notamment par l’état (MAAF 2013).

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Partie 4 : « Gestion du risque : Comment les habitants d’une commune multirisques
perçoivent-ils le Document d’Information Communale sur les Risques Majeurs ? »

6) Conclusion
La passation d’entretiens ouverts auprès d’habitants d’une commune multirisques a
permis de mettre en évidence des éléments sur la façon dont le DICRIM est appréhendé
à sa lecture et plus largement sur la représentation des risques majeurs des personnes.
A l’aide d’analyses lexicométriques des entretiens plusieurs constats ont pu être fait
comme par exemple la prédominance des aléas inondation et incendie dans le discours
des personnes ce qui pouvait s’expliquer par une amplification par les médias de
phénomènes récents. Les autres risques, inversement, étaient peu mentionnés par les
interviewés ce qui peut poser la question de l’efficacité du DICRIM qui présentent
chaque risque l’un après l’autre sans hiérarchie.

Le DICRIM est globalement bien reçu de la part des interviewés qui ont souligné son
intérêt et l’importance de le conserver sous ce format pour informer le Grand Public. Ce
sont essentiellement les éléments graphiques visuels qui suscitent leur attention tels
que les cartes et les consignes associées à leurs pictogrammes. Cependant, plusieurs
critiques ont également été émises à l’encontre du document concernant par exemple
son « effet daté » qui n’incite pas à la lecture ou un manque certain d’informations. Les
interviewés ont alors suggéré un certain nombre d’améliorations qu’il faudrait porter
aussi bien au document que plus largement à la diffusion de l’information préventive sur
les risques.

Les enquêtes que nous avons réalisées ont également permis de constater la présence
de nombreux biais cognitifs dans le discours des personnes sur les risques (déni,
surconfiance, biais de confirmation…). Ces biais peuvent constituer un frein dans
l’appréhension de l’information contenue dans le DICRIM ce qui pose problème en
termes d’efficacité. La communication doit faire en sorte de pouvoir contrer ces biais au
maximum. Une problématique majeure concerne par exemple la persuasion du respect
des consignes telle que celle de ne pas aller chercher ses enfants à l’école. Comment
persuader une personne d’aller à l’encontre de son instinct maternel ou paternel. Ces
persuasions pourraient par exemple passer par une communication engageante la
participation des personnes devenant alors acteur de leur propre sécurité (Weiss,
Girandola, et Colbeau-Justin 2011).

Tous ces éléments soulèvent la question de l’efficacité de cette information


préventive. Il faudrait dans un premier temps évaluer la conformité des dispositifs de
communication tels que les DICRIM en termes de respect de la loi, puis dans un
deuxième temps évaluer son efficacité en termes d’appréhension de la population. On
peut se demander si les DICRIM tels qu’ils existent actuellement parviennent à susciter
l’attention des lecteurs, à leur faire prendre conscience des risques, à approfondir leur
connaissance voire à provoquer un comportement adapté en cas de phénomène. Ces
évaluations que devrait pouvoir réaliser chaque mairie de façon systématique
pourraient notamment se baser sur une formalisation des avis des habitants recueillis.
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Partie 4 : « Gestion du risque : Comment les habitants d’une commune multirisques
perçoivent-ils le Document d’Information Communale sur les Risques Majeurs ? »

Il serait par ailleurs nécessaire que ces évaluations s’accompagnent d’améliorations


de la communication de l’information préventive. La communication d’informations par
le DICRIM devrait être associée à d’autres moyens de communication tels que les médias
télévisuels, semblant avoir un impact important ou les NTIC.

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Partie 4 : « Gestion du risque : Comment les habitants d’une commune multirisques
perçoivent-ils le Document d’Information Communale sur les Risques Majeurs ? »

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133
Partie 4 : « Gestion du risque : Comment les habitants d’une commune multirisques
perçoivent-ils le Document d’Information Communale sur les Risques Majeurs ? »

ANNEXES
Les Tableaux 1,2 et 3 présentés ci-après sont des extraits des tableaux construits à
partir des entretiens. Pour chaque aspect positif, négatif et suggestions d’amélioration 3
tableaux listant des points de vue ont été construit : (1) points de vue sur l’ensemble du
document ; (2) points de vue sur le fond du document ; (3) points de vue sur la forme du
document ; (4.) points de vue sur la gestion de la diffusion de l’information Le Tableau 1
présente un extrait de points de vue positifs sur l’ensemble du DICRIM. Les Tableaux 2
et 3 présentent respectivement un extrait des points de vue négatifs sur le fond du
DICRIM et de suggestions d’améliorations sur la forme du DICRIM.

Positifs Fréquence
(nombre
d’interviewés
ayant mentionné
l’élément)
Document intéressant, utile, permet d’apprendre des choses, 9
de prendre conscience
Le nombre de pages est satisfaisant (signifie rapide, clair) 6
2 pages par risque c’est bien 4
Le format en A5 est parfait, comme une notice qui ne prend 4
pas trop de place
(peux le laisser sur plan de travail, sur un table avec les
autres documents, accessible de suite, plus facile à
transporter)
En format papier, bon moyen d’informer les gens avant en 4
prévention
Le document a l’air plutôt bien fait 3
Si le document est reçu dans la boîte aux lettres alors il est lu 3
et conservé
Rubrique risque concise : titre, risque numéro 1, carte. 3
C’est beau 2
Sommaire bien aussi, permet de voir le nombre de pages 2
Double page en recto-verso appréciable pour ne pas qu’il y ait 2
trop de pages
Permet de voir qu’il y a quand même pas mal de zones à 2
risque
Peut contredire certaines idées reçues que l’on a sur la façon 1
d’agir
... ...
Tableau 13 : Extrait des points positifs relevés dans les entretiens

134
Partie 4 : « Gestion du risque : Comment les habitants d’une commune multirisques
perçoivent-ils le Document d’Information Communale sur les Risques Majeurs ? »

Négatifs Fréquence (nombre


d’interviewés ayant
mentionné
l’élément)
Manque de définitions 8
Manque de clarté dans certaines définitions 7
Ne savent pas comment la population est informée en cas de 4
phénomène
Manque de définition de termes « voie structurante… » 3
Amalgame entre cours d’eau en eau et temporaire, stagnation 3
des eaux pluviales
Définition du terme vallat
Edito : « truc qu’on ne lit jamais », un peu inutile, c’est la 3
tradition, « 1/10 pers doit le lire »,
Sauterai la page par réflexe
Même si ce n’était pas le maire qui l’a écrit, c’est juste le titre
« édito » qui dissuade
Pas de source sur les études réalisées notamment pour faire 2
les cartes et sur les données utilisées
Manque d’explications sur la façon dont les cartes sont faites 2
(détermination des zones à risque, à haut risque,…)
Consignes pour les incendies datées et qui « ne tiennent pas la 2
route »
Manque d’explications sur la façon de comprendre la carte 1
(que signifie zone à risque)
...
Tableau 14 : Extrait des points négatifs relevés sur le fond du DICRIM

135
Partie 4 : « Gestion du risque : Comment les habitants d’une commune multirisques
perçoivent-ils le Document d’Information Communale sur les Risques Majeurs ? »

Améliorations à porter Fréquence (nombre


d’interviewés ayant
mentionné
l’élément)
Distribuer le DICRIM dans toutes les boîtes aux lettres 5
Mettre les consignes téléchargeables sur le site internet de la 5
Mairie ou sur les réseaux sociaux type Facebook ou sur une
application mobile, par alertes mail ou sms
Réactualiser et affiner le DICRIM 3
Diffuser le DICRIM par le biais de la lettre d’information qui 3
est transmise actuellement par internet ou dans le bulletin
mensuel de la mairie, inséré à l’intérieur
Serait bien que le document soit récupérable à l’Office du 2
Tourisme ou différents endroits (chez le médecin…)
Il faudrait faire des simulations chaque année 2
Informer par la tv 2
Format numérique ça peut être mieux, en plus du format 1
papier (pas tout le monde qui se sert vraiment d’un
ordinateur)
... …
Tableau 15 Extrait du tableau listant des points d’amélioration suggérés pour la diffusion de
l’information préventive

136
L’Editorial du DICRIM : une porte d’entrée à la perception des risques des élus
communaux ?

L’Editorial du DICRIM : une porte d’entrée à la


perception des risques des élus communaux ?
Analyses lexicométriques d’éditos de DICRIM de la Région PACA

Statut de la « short communication » :


En préparation

Les travaux présentés dans l’article 2 ont permis d’obtenir l’opinion d’habitants d’une
commune multiriques sur le DICRIM de leur commune et des suggestions
d’amélioration. Les enquêtes ont également mené à l’obtention d’éléments de
représentation des personnes vis-à-vis du DICRIM et des risques majeurs en général. Ces
éléments ont mis en évidence des points interessants tels qu’une amplification de
risques non vécus par l’intermédiaire des médias, de déni ou de surconfiance face à la
menace ou encore d’une défiance envers la mairie pour une majorité d’entre eux. Les
Maires étant les émetteurs du DICRIM nous nous sommes alors interrogés sur leurs
propres perception et représentation de la prévention des risques majeurs. Afin de
donner de premiers éléments de réponses à cette question, nous avons réalisé de
nouvelles analyses lexicométriques en utilisant cette fois un corpus constitué d’éditos
présents dans les DICRIM de notre base de données (pour ceux qui présentent un
éditorial soit 21 sur 30). L’intêret des éditos réside dans le fait qu’il s’agit d’un texte
d’introduction du DICRIM dont la rédaction est entièrement laissée libre au Maire. De
fait, nous avons pensé que son contenu pouvait refléter des éléments sur sa
représentation des risques et de leur gestion. Il est en effet pertinent de s’interesser à
cette représentation car le degré d’implication des maires dans cette gestion peut avoir
un impact sur l’information préventive diffusée. Par ailleurs, puisqu’aucune directive
réglementaire n’existe pour l’édito, il était nécessaire d’obtenir des éléments qui nous
permettraient par la suite de construire les indicateurs de performance correspondant à
cette rubrique, ce que pouvait également apporter ces analyses lexicométriques.

137
L’Editorial du DICRIM : une porte d’entrée à la perception des risques des élus
communaux ?

1) Introduction
Le DICRIM constitue un moyen pour le maire d’informer la population sur les risques
majeurs menaçant sa commune et sur les mesures prises pour s’en prémunir. La
réglementation exige qu’il possède notamment un éditorial. Cette section constitue
généralement une introduction au DICRIM, présentant sa fonction mais aussi plus
largement les différents risques présents sur la commune ou un rappel de la nécessité
pour chacun de s’impliquer dans la prévention des risques. Il n’existe cependant pas
d’obligation ou de recommandations spécifiques quant au contenu de cette rubrique
dont la rédaction est donc laissée libre au maire. Généralement placée en début de
document, cet éditorial va ainsi pouvoir conditionner l’état d’esprit du récepteur dans la
poursuite de sa lecture. Cette rubrique est ainsi un élément important du processus de
communication généré par la diffusion de ce DICRIM. Aussi est-il pertinent de se
demander quelle représentation du maire sur les risques transparait de cet éditorial.
Dans cette optique, nous réalisons une analyse de discours sur les éditoriaux issus d’une
base de données de DICRIM de la région PACA.

2) Méthodes d’analyse
Pour définir les représentations sémantiques des éditoriaux présents dans les
DICRIM nous réalisons une analyse de discours, en utilisant la lexicométrie.

3) Résultats

3.1 Analyse comparée des textes du corpus

Le corpus est constitué de 21 éditos issus de DICRIM de la région PACA. Il est


constitué de 4510 occurrences et de 932 formes. Plus de 50% des formes sont des hapax
et ils représentent 11,49% des occurrences. La moyenne des occurrences par texte est
de 214.76. Pour ce corpus les 10 formes actives les plus fréquentes sont les suivantes
par ordre décroissant : risque, information, sécurité, document, majeur, commune,
communal, secours, prévention, naturel. A titre d’exemple le mot « risque » apparait 90
fois (de 2 à 8 fois), loin devant le 2ème mot, information qui apparait 37 fois. Les écarts
sont ensuite moins prononcés pour les termes qui suivent (sécurité=34 ; document=30 ;
majeur=28 ;…). Que le mot le plus fréquemment cité soit le mot « risque » n’a rien de
surprenant puisqu’il s’agit du thème principal que traite le document dont est issu
l’éditorial. De même pour les autres termes fréquents (« information », « document »,
« commune », « sécurité », « majeur », « prévention ») en lien direct avec le propos à
savoir la prévention des risques majeurs à travers un document communal et pour la
sécurité du grand public à qui il est destiné, et qui pour certains reprennent directement

138
L’Editorial du DICRIM : une porte d’entrée à la perception des risques des élus
communaux ?

le développé de l’acronyme DICRIM. La Figure 25 est un nuage de mots issus du corpus


étudié et représente visuellement ces fréquences.

Figure 25 : Nuage de mots issus du corpus des éditoriaux

On peut s’interroger sur le terme « naturel » majoritairement associé au mot risque,


qui devrait théoriquement être suivi de près par le terme « technologique » puisque le
document parle normalement de façon équivalente de ces deux types de risques
majeurs. Pour autant le terme « technologique » n’est classé qu’à la 16ème position par
ordre d’apparition en termes de fréquence et n’apparait que 15 fois. On peut alors
penser que les risques naturels sont plus souvent mentionnés dans les éditos
constituant le corpus mais peut-être est-ce simplement dû au fait que les villes dont ils
sont issus y sont plus sujettes.

Etonnamment, certains mots sont des hapax, tels que « agir », « alerter » , ou encore
« comportement » qui réfèrent au moment de la crise, ou bien les termes « apprendre »,
« comprendre » ou « expliquer » plus en lien avec la prévention . On aurait pensé
retrouver ces mots plus d’une seule fois au vu de leur lien fort avec le sujet.

Le graphe de similitudes présenté sur la Figure 26 a été élaboré à partir des mots
apparaissant 5 fois ou plus dans le corpus afin de rendre plus lisible le réseau. A
l’analyse du graphe on peut constater que le mot central est logiquement «Risque »
comme pour le nuage de mots.

139
L’Editorial du DICRIM : une porte d’entrée à la perception des risques des élus
communaux ?

Figure 26 : Graphe de similitudes pour les mots du corpus dont la fréquence est supérieure à 5

On peut constater que le terme central « risque » est majoritairement cooccurrent


avec les autres termes les plus fréquents observés précédemment dans le nuage de mots
(information (25), majeur (22), naturel (18), commune (22), documents (22)) puis dans
une proportion un peu moindre avec les termes « sécurité » avec un indice de
cooccurrence de 8 et « secours » (indice de 12). De ces premiers résultats, on peut en
déduire que les éditos semblent être essentiellement axés sur le document, sa fonction
et son contenu en lien avec la politique de prévention portée par la commune et
l’organisation des secours.

La Figure 27 représente le graphe des similitudes dont les indices de cooccurrence


des arêtes possèdent un seuil supérieur à 5. Cela permet de visualiser plus facilement
ces indices et donc les termes cooccurrents les uns par rapport aux autres.

140
L’Editorial du DICRIM : une porte d’entrée à la perception des risques des élus
communaux ?

Figure 27 : Graphe de similitude avec arêtes seuillées à >5

3.2 Constitution de classes : classification de Reinert

131 segments de texte ont été constitués avec une moyenne de 34 formes par
segment. 92 segments sur les 131 ont été classés ce qui donne 70% de classement de
segment. Ce pourcentage étant supérieur à 60% on peut dire qu’il s’agit d’une bonne
qualité d’analyse. 4 classes ont été générées dans lesquelles les segments sont répartis
de façon équilibrée. La classe 2 possède le plus fort pourcentage de segments classés
avec 22.8 % et la classe 3 le plus faible (17.4 %). Une fois la classification réalisée,
l’objectif est de définir le ou les domaines principaux auxquels réfèrent les classes à
l’aide des mots qui la composent, ces mots se distinguant ou au contraire se ressemblant.

141
L’Editorial du DICRIM : une porte d’entrée à la perception des risques des élus
communaux ?

Figure 28 : Dendrogramme issus du corpus des éditos

Sur le dendrogramme, on peut observer que la classe 5 est distinguée tout de suite. Si
l’on analyse la constitution des différents groupes de mots on peut en déduire que la
classe 5 relève plutôt de l’individu lui-même, c’est-à-dire le destinataire du DICRIM et
donc de l’édito. Cette déduction est appuyée par les termes « vie », « famille », « lire »,
« citoyen »… Cela concerne aussi ce que le destinataire doit faire du document
(« conserver », « lire »…) et se positionne plutôt en période hors événement. La classe 1
correspond à l’aléa justifié par les mots « naturel », « technologique », accident »… Dans
cette classe, la personne apparait en filigrane, mais de manière générale («conscience »,
« exposer »…). Les termes tels que « municipal », « ville » ou encore « prévention »
présents en classe 4 permettent d’en déduire qu’il s’agit d’un regroupement en lien avec
le maire, l’émetteur du message. Le message, c’est-à-dire le DICRIM, est représenté dans
la classe 2 (DICRIM, information, document, plan…). Enfin la classe 3 regroupe des
injonctions, des consignes caractéristiques de la période « événement » (« respecter »,
« conduite »…). Dans cette dernière classe, le terme « citoyen » est une nouvelle fois
mentionné. Il s’agit du citoyen visualisé durant la survenue d’un évènement. Il s’agit en
fait du citoyen mais tel qu’il est perçu par le maire, lorsqu’il est sous sa responsabilité
durant un évènement, tandis que le « citoyen » de la classe 5 concerne le citoyen durant
la phase précédent l’évènement, en prévention. Si l’on observe les mots majeurs de la
classe 5 on peut penser que c’est un discours qui représente le citoyen comme quelqu’un
142
L’Editorial du DICRIM : une porte d’entrée à la perception des risques des élus
communaux ?

qui doit être assez passif. Il s’agit de lire le document et de le conserver. Il n’y a pas
mention d’entrainement, d’exercice ou autres. Une nouvelle fois il ne s’agit ici que de
l’introduction du DICRIM et l’on peut donc penser que cet accent sera probablement fait
plus tard dans le document.

Sur le dendrogramme obtenu pour notre corpus (Figure 28) on voit par exemple que
le mot « risque » est réparti dans deux classes et n’a donc pas le même contexte
d’utilisation. Il est présent dans la classe 2 constituant le sujet du DICRIM et dans la
classe 1 où il correspond cette fois directement au phénomène. Le mot « document »
apparait également 2 fois concernant le DICRIM en lui-même dans la classe 2 et
concernant en classe 4 la mairie qui possède la responsabilité de l’élaborer et de le
mettre à disposition. Il s’agit également de l’un des termes les plus mentionnés
(occurrence de 30). Le terme « prévention, qui possède une fréquence d’apparition de
23, apparait également dans ces 2 classes. Probablement puisqu’il s’agit pour la mairie
de faire de la prévention sur les risques majeurs à travers le DICRIM. Le terme
« protéger » apparait dans les classes 3/1 car il s’agit de protéger la population contre
les phénomènes. Les classes 2 et 5 possèdent également un terme identique (territoire)
vraisemblablement parce que le DICRIM (classe 2) expose aux citoyens (classe 5) les
risques présents sur le territoire qu’ils habitent. Les termes « protéger » et « territoire »
apparaissent respectivement 10 et 12 fois dans le corpus.

Ces différentes classes peuvent être corrélées au processus de communication


préventive sur les risques tel que proposé dans la Figure 29. Si l’on reprend les
pourcentages de segments classés on a donc 18.5 % du contenu qui se réfère à
l’émetteur (le maire), 21.7% à l’objet du message (les phénomènes), 22.8% au canal de
diffusion (le DICRIM) et 37% au total pour le destinataire (le citoyen).

Destinataire

Objet du Canal de
Emetteur
message diffusion
Destinataire

Figure 29 : Processus de communication référant à l’édito. Les couleurs correspondent aux


classes du dendrogramme (Figure 28). Bleu : classe 4 ; Rouge : classe 1 ; Gris : classe 2 ; Vert : classe
3 ; Violet : classe 5

Le processus de communication de la Figure 29 représente le maire qui transmet des


informations au citoyen à travers le document. La classe 5 relève de l’ordre de
l’intime/privé. C’est l’individu en tant que Personne. La classe 3 relève également de
l’individu mais en tant que destinataire visualisé par le maire. Les autres classes sont de

143
L’Editorial du DICRIM : une porte d’entrée à la perception des risques des élus
communaux ?

l’ordre du public, bien plus présent que le privé. C’est ce qui a trait au discours officiel.
Chacun est dans sa posture.

3.3 Analyses factorielles des correspondances

La première AFC que l’on obtient concerne donc les 5 classes identifiées
précédemment (Figure 30). Les 2 facteurs résument 54.07 % de l’information.

Figure 30 : AFC du corpus des éditos réalisé à partir des 5 classes (facteurs 1 et 2)

La classe 4 (bleue) est celle située la plus à droite du graphe et elle est opposée à la
classe 5 (violette) selon l’axe vertical. La classe 5 est également opposée à la classe 1
(rouge) selon l’axe vertical. Les classes 2 (grise) et 4 correspondent à la réglementation,
à ce qui est mis en œuvre pour contrôler. La partie droite du graphe concernerait donc
tout ce qui a trait au contrôlable. Ces classes sont opposées à ce qui n’est pas sous
contrôle (partie gauche) c’est-à-dire l’aléa (rouge) et les personnes (violet). La partie
inférieure du graphe désigne l’Humain représenté par les classes caractérisées par le
144
L’Editorial du DICRIM : une porte d’entrée à la perception des risques des élus
communaux ?

citoyen et le maire. La partie supérieure désigne à l’inverse le non-Humain avec l’aléa et


l’information (classes 1 et 2). On observe que la classe 3 (verte) qui représente le
destinataire de l’information dans la phase ante événement est la plus dispersée et
couvre les 4 quadrants. Elle est donc répartie selon ces 4 dimensions avec une
propension plus forte pour le « contrôlable – non humain ». Le maire pense que le
citoyen (et surtout sa sécurité) pendant l’événement est sous sa responsabilité, sous son
contrôle alors que hors événement, il n’a pas moyen de le contrôler. Le maire envoie
donc le message qu’il « contrôle » le canal de diffusion et le citoyen pendant la crise mais
pas les aléas ni le citoyen avant l’événement. Ceci porte à réflexion dans le sens où même
si le maire est responsable de la sécurité du citoyen durant l’évènement, l’organisation
des secours va également être dépendante du comportement du citoyen. Et ce
comportement pourra notamment être conditionné par les informations qu’il aura
reçues en prévention hors évènement, tel que par l’intermédiaire du DICRIM et de cet
édito.

Par ailleurs, on peut observer sur le graphe que le citoyen semble être mis un peu à
l’écart (classe 5). Les classes 2,3 et 4 par contre sont ensemble. Dans les éditos l’accent
serait moins porté sur le citoyen lui-même (classe 5) que sur d’autres thématiques telles
que la fonction du DICRIM, les phénomènes qui peuvent se produire ou encore le rôle de
la mairie dans la prévention des risques. Mais ces contenus sont très éloignés de
l’Individu.

Les 45.93 % de l’information restant sont expliqués par l’AFC de la Figure 31.

145
L’Editorial du DICRIM : une porte d’entrée à la perception des risques des élus
communaux ?

Figure 31 : AFC du corpus des éditos réalisé à partir des 5 classes (facteurs 3 et 4)

Cette fois les classes 1, 3 et 4 opposent les classes 2 et 5 sur le plan horizontal et
seules les classes 3 et 4 s’opposent sur le plan vertical. On peut interpréter le plan
horizontal comme représentant l’identité des acteurs avec le maire en partie gauche et le
citoyen en partie droite. Concernant le facteur vertical on peut penser qu’il désigne une
temporalité avec en partie basse ce qui correspond plutôt à la phase de prévention avec
le DICRIM (classe 2) et le citoyen devant le lire et le conserver (classe 5) et la phase de
l’évènement en partie haute avec l’aléa (classe 1), le maire (classe 4) et le citoyen dont il
est responsable (classe 3). En effet le DICRIM est un document utile pour la phase de
prévention précédant le phénomène. Le citoyen doit le conserver pour éventuellement
le relire régulièrement mais il ne lui sera pas aisé de l’utiliser au moment de la survenue
d’une crise car il n’a pas été pensé pour cette utilisation. Ce qui explique sa position en
partie basse de l’AFC. Il conviendra donc de réfléchir à son amélioration afin qu’il puisse
être utilisé durant les 2 phases de risque.

La Figure 32 est une AFC présentant les éditos individuellement en fonction des 5
classes.

146
L’Editorial du DICRIM : une porte d’entrée à la perception des risques des élus
communaux ?

Figure 32 : AFC en fonction des variables (éditos)

On peut observer que c’est la classe 5 qui regroupe le plus d’éditos. Ce sont donc des
éditos plutôt axés sur le citoyen en phase de prévention lorsque celui-ci doit lire le
DICRIM. Les autres éditos sont répartis de façon homogène entre les différentes classes
et situés plutôt au centre des axes. Il ne semble pas y avoir de logique d’appartenance
aux différentes classes en termes de taille des villes ou de localisation géographique.

3.4 Confrontation avec l’analyse conceptuelle du DICRIM et de ses composants par les
méthodes de la sûreté de fonctionnement

La notion de conservation du DICRIM qui revient souvent dans la classe 5 se corrèle


bien avec les contraintes du DICRIM imposées par les milieux extérieurs à celui-ci
identifiées précédemment (cf. analyse fonctionnelle du DICRIM). C’est particulièrement
le cas des contraintes en lien avec l’habitant (avoir été reçu, avoir été conservé) mais
aussi pour ce qui a trait à persuader de son importance avec les termes
« précieusement », « attentivement »,… que l’on peut observer dans les éditos (classe 5).
147
L’Editorial du DICRIM : une porte d’entrée à la perception des risques des élus
communaux ?

On l’a vu concernant cette classe le citoyen n’est pas sous contrôle du maire, puisque
c’est la phase de prévention, mais le maire insiste malgré tout sur l’importance des
actions par ces adverbes.

Si l’on poursuit ce parallèle avec les résultats produits durant l’analyse système du
DICRIM on peut réaliser une comparaison entre les tableaux d’analyse fonctionnelle et
d’analyse des modes des défaillances et de leurs effets (AMDE) obtenus pour l’éditorial
du maire (composant 2). 2 fonctions techniques avaient été identifiées pour ce
composant. La première « informer pour faire prendre conscience du risque » se corrèle
bien avec les résultats lexicométriques puisque l’on a pu observer par exemple qu’une
classe entière est dédiée aux phénomènes majeurs. De plus, le terme « conscience » lui-
même est présent dans cette classe. La seconde fonction technique correspond à
l’acceptation du risque. Il n’y a pas de termes dans les classes qui vont en ce sens mais
une correspondance est trouvée dans les contraintes que doit respecter ce composant.
On ne considère pas ici les contraintes de forme puisqu’il s’agit ici d’une analyse de
contenu. Ainsi, pour ce qui est des contraintes de fond, l’une d’entre elles consiste à
rassurer le lecteur. C’est notamment par ce biais que l’acceptation du risque pourrait
avoir lieu. Cet aspect semble être couvert par l’édito dans le sens où l’on a vu que de
nombreuses informations sont fournies sur les politiques de prévention mises en œuvre
par la mairie (classes 2, 3, 4). Par ailleurs, on a également vu que le citoyen semblait
n’être encouragé qu’à lire et conserver le DICRIM. Peut-être est-ce comme si
indirectement le Maire voulait mettre en exergue le fait qu’il est chargé de la sécurité des
personnes en cas de survenue d’un phénomène, que tout est mis en œuvre par la
commune pour l’assurer et qu’il n’y a donc pas lieu de s’inquiéter. Une autre contrainte
concerne le fait de persuader le lecteur de la lecture du DICRIM, contrainte qui a déjà été
justifiée précédemment. Enfin deux autres contraintes concernent la fonction
(« Introduire la fonction d’un DICRIM ») et l’importance d’un DICRIM et plus
globalement de la gestion des risques (« Expliquer l’importance d’un DICRIM et de la
gestion des risques »), domaines qui sont également couverts comme nous l’avons vu
par les classes 2, 3 et 4.

Le tableau AMDE correspondant à l’éditorial reprend ces contraintes qui deviennent


alors des modes de défaillances lorsque les fonctions sont défaillantes. Des indicateurs
ont été listés afin de détecter ses défaillances. Ici encore nous ne tenons évidemment pas
compte des indicateurs liés à la forme du composant. Les indicateurs de fond sont une
nouvelle fois corrélés aux résultats lexicométriques. Par exemple, l’un des indicateurs de
fond concerne le type de vocabulaire utilisé qui se doit d’être « compréhensible par le
plus grand nombre ». La visualisation des termes du corpus qu’a notamment permis le
graphe des similitudes (Figure 26) permet de constater que ces termes sont issus d’un
langage courant vraisemblablement familier à toute personne susceptible de lire le
document. Il n’y a par exemple pas d’usage de termes trop spécifiques ou trop experts.

148
L’Editorial du DICRIM : une porte d’entrée à la perception des risques des élus
communaux ?

On peut donc dire que les résultats de l’analyse lexicométrique des éditos des DICRIM
obtenus se corrèlent assez significativement avec les résultats obtenus
conceptuellement par utilisation de la sûreté de fonctionnement.

4) Conclusion
Les analyses lexicométriques réalisées sur les éditos de notre base de données des
DICRIM PACA a permis différents constats. Le dendrogramme et l’AFC issus des analyses
ont mis en évidence la façon dont le Maire se représente le citoyen à travers les mots
employés dans l’édito. Le maire envoie donc le message qu’il « contrôle » le canal de
diffusion et le citoyen pendant la crise mais pas les aléas ni le citoyen avant l’événement.
Le citoyen apparait de deux façons différentes : en phase de prévention (« passif ») et en
phase de l’évènement (sous responsabilité). L’accent serait moins porté sur le citoyen
lui-même que sur d’autres thématiques telles que la fonction du DICRIM, les
phénomènes qui peuvent se produire ou encore le rôle de la mairie dans la prévention
des risques. Mais ces contenus sont très éloignés de l’Individu. Ceci porte à réflexion
dans le sens où même si le maire est responsable de la sécurité du citoyen durant
l’évènement, l’organisation des secours va également être dépendante du comportement
du citoyen. Et ce comportement pourra notamment être conditionné par les
informations qu’il aura reçues en prévention hors évènement, tel que par l’intermédiaire
du DICRIM et de cet édito.

Ces analyses sont bien sûr à considérer avec prudence dans le sens où elles ne
s’appliquent qu’à l’édito du DICRIM et non à l’intégralité du document (même si les
autres rubriques sont d’avantage cadrées par la loi en termes de contenu). Par ailleurs, il
s’agit des DICRIM issus d’une seule et même région, ce qui ne saurait être représentatif
de l’ensemble des représentations des maires de toute la France. Pour autant, ces
constats mènent à différentes interrogations qu’il serait intéressant d’investiguer dans le
futur. Il sera par exemple intéressant de questionner la perception des Maires sur la
place de l’information préventive dédiée au Grand Public dans la gestion des risques
majeurs, et plus généralement sur leur perception des risques en général.

149
L’Editorial du DICRIM : une porte d’entrée à la perception des risques des élus
communaux ?

150
Partie 5 : « Modèles d’évaluation de l’efficacité des documents réglementaires préventifs
sur les risques majeurs destinés au Grand Public – Le cas du DICRIM »

Partie 5 : « Modèles d’évaluation de l’efficacité


des documents réglementaires préventifs sur les
risques majeurs destinés au Grand Public – Le cas
du DICRIM »
Statut de l’article 3 :

En préparation pour soumission dans la revue Risk Analysis

Des élements de détection ont été obtenus à partir de la mise en œuvre de l’analyse
systémique. A partir de ceux-ci nous allons développer des indicateurs pertinents et
robustes. Si les éléments de détection réglementaires sont formalisés à partir des
directives de la loi, les éléments de détection de performance ont nécessité différentes
sources de données. La littérature étant peu riche, des experts de différents domaines de
compétence seront sollicités pour intégrer leurs connaissances à l’évaluation. Par
ailleurs, une partie des résultats obtenus à l’aide des enquêtes et des analyses
lexicométriques aidera également à la construction des indicateurs.

Des validations des indicateurs permettront de vérifier leur robustesse ou de les


améliorer le cas échéant. Les indicateurs seront ensuite agrégés sous la forme de deux
modèles pour évaluer la conformité et la performance des DICRIM. Les deux modèles
permettront également l’obtention de rétroactions permettant d’améliorer le DICRIM si
nécessaire.

151
Partie 5 : « Modèles d’évaluation de l’efficacité des documents réglementaires préventifs
sur les risques majeurs destinés au Grand Public – Le cas du DICRIM »

152
Partie 5 : « Modèles d’évaluation de l’efficacité des documents réglementaires préventifs
sur les risques majeurs destinés au Grand Public – Le cas du DICRIM »

Modèles d’évaluation de l’efficacité des documents


réglementaires préventifs sur les risques majeurs destinés au
Grand Public – Le cas du DICRIM

Laetitia Ferrer* Corinne Curt


Doctorante HDR Docteur-Ingénieur de
UR Recover Recherche
Irstea Aix en Provence UR Recover
3275, route de Cézanne -CS Irstea Aix en Provence
40061 3275, route de Cézanne
13100 Aix en Provence -CS 40061
CEDEX 5 France 13100 Aix en Provence
laetitia.ferrer@irstea.fr CEDEX 5 France
corinne.curt@irstea.fr

Article préparé en vue d’une soumission dans la revue Risk Analysis

Abstract
Preventive information to the public is one of the major challenges in the prevention
of major hazards. In France, the DICRIM (Document d'Information Communal sur les
Risques Majeurs; that means in English “Municipal Information Document on Major
Risks”) is currently the main regulatory risk communication tool for the General Public.
It is developed with the aim of contributing to awareness and knowledge of phenomena
and to bring to knowledge the actions and behaviours to adopt. One can then wonder
about its effectiveness in terms of appropriation by the population. This article presents
the development of indicators and 2 decision support models allowing respectively the
analysis of the compliance of a DICRIM based on its regulatory framework and the
analysis of the effectiveness of a DICRIM considering visual or content characteristics
that are not addressed by the law. The first model is constructed using Regulatory
Indicators. The second model is constructed with System Indicators for the entire
document and Substantive and Formal Component Indicators for the fields it contains.
Their aggregation provides efficiency scores and feedback on what is needed to be
improved within the DICRIM. The models have the advantage that they can be used by
town halls or design offices of any municipality without the need to call on experts or
significant human or financial resources .

153
Partie 5 : « Modèles d’évaluation de l’efficacité des documents réglementaires préventifs
sur les risques majeurs destinés au Grand Public – Le cas du DICRIM »

1) Introduction
Chaque année dans le monde, des phénomènes naturels et technologiques majeurs
causent des catastrophes sources d’importants dommages humains et matériels. Ces
évènements exceptionnels peuvent être à l’origine de comportements en rupture avec le
quotidien (Noto, Huguenard, et Larcan 1994). Ces comportements peuvent notamment
être conditionnés par l’information reçue en prévention. (Kievik et Gutteling 2011) ont
par exemple montré que la recherche d'informations par les citoyens semble coïncider
avec l'intention de prendre des mesures préventives (posséder chez soi un kit d’urgence,
suivre un cours de premier secours…). Fournir des informations réglementaires aux
citoyens peut également conduire à une recherche d'informations supplémentaires
(Hagemeier-Klose et Wagner 2009). Si l'information est transmise efficacement, les
personnes peuvent être davantage enclines à adopter des comportements pertinents
pendant l'événement car elles auront une meilleure connaissance des risques associés et
des recommandations de sécurité pour une meilleure prévention des risques (Siegrist et
Cvetkovich 2000). (Cutter 1993; Lindell et Perry 2004) ont étudié les réactions des
personnes face aux messages diffusés en période de crise et se sont posé la question de
savoir si les outils préventifs donnent aux citoyens les moyens de mieux connaître les
risques qui les concernent. Même si de possibles biais cognitifs existent lors d’une prise
de décision, illusion de contrôle (Langer 1975), biais d’optimisme (Kahneman 2011) ou
attitude de déni (Weiss, Colbeau-Justin, et Marchand 2006) ou à la réception de
l’information préventive au moment de sa lecture, empêchant ainsi une appréhension de
son contenu (Ferrer, Schleyer-Lindenmann, et Curt soumis), la communication
d’informations demeure un facteur majeur de la prévention des risques auprès de la
population. En effet, elle peut constituer une forme d’expérience indirecte du risque et
en ce sens un moyen de renforcer son acceptation et l’implication individuelle des
populations exposées (Festinger 1957). Cette sensibilisation constitue un enjeu à
l’échelle mondiale. Pour les Nations Unies, le public doit être informé périodiquement
des dangers et des niveaux de risque auxquels il est exposé, ainsi que de l'évolution de
sa situation (United Nations 2006). En France, depuis octobre 1990, la loi impose aux
collectivités de mettre en œuvre différents dispositifs de communication (documents
communaux, affiches, réunions…) afin de permettre au citoyen d’être conscient et
informé des risques majeurs auxquels il peut être exposé. Bien que des progrès
significatifs aient été réalisés (décrets récents, investissements des villes, augmentation
des ressources, etc.), certaines caractéristiques concernant l'information sur les risques
restent décevantes comme l'inégale mise en œuvre et le manque de contrôle de ces
ressources (IRMa et al. 2015), les différentes instructions comportementales d'un
document à l'autre, voire en référence au même phénomène (MAAF 2013), les
informations incomplètes sur les dangers auxquels la population est exposée, etc. Il est
ainsi très difficile d'établir si les outils de communication préventive atteignent leur
objectif d'appropriation par la population locale (AFPCN 2013). Dans cette optique, il
semble pertinent de fournir des outils d’aide à la décision permettant d’analyser
154
Partie 5 : « Modèles d’évaluation de l’efficacité des documents réglementaires préventifs
sur les risques majeurs destinés au Grand Public – Le cas du DICRIM »

l'efficacité de ces communications préventives et ce quels que soient la commune et les


risques concernés. On s’intéresse ici aux communications établies sous la forme d’un
document support et nous utilisons le DICRIM (Document d’Information Communal sur
les Risques Majeurs) comme cas d’étude pour la construction des outils d’aide à la
décision.

A l’échelle communale, le DICRIM est le principal outil de communication préventive


à destination du public. Il est établi par le Maire. Les principales rubriques et
informations à inclure dans le DICRIM sont définies dans la Maquette Nationale
d'Application du Code de l'Environnement (articles L 125 - 2 et R 125 - 9 à R 125 - 27)
émis par le MTES (Ministère de l'Ecologie Solidaire et de la Transition) (MEDDE 2013).
Cependant, cette maquette ne fournit que des recommandations très générales sur le
fond du DICRIM et aucune norme n’existe concernant son visuel ce qui mène à des
documents disparates en termes de contenu et de forme d’une commune à l’autre.
Quelques travaux de recherche existent à l’heure actuelle sur le DICRIM : nécessité
d’évaluer la pertinence des DICRIM et leur efficacité pour la population (Gominet 2007) ;
évaluation de l’efficacité de la réalisation et de la diffusion du DICRIM (Rode 2012);
(Pallares 2013) ; (Douvinet et al. 2013) (MAAF 2013), préconisations de cartographies
(Chesneau et Clément 2013; Chesneau, Clément, et Lieghio 2014)… Cependant, la
question d’une méthode d’évaluation robuste de l’efficacité du DICRIM perdure.
L'absence d'un cadre formel et détaillé pour leur forme et le manque de familiarité du
public rendent leur efficacité difficile à évaluer sans une approche rationnelle.
L’évaluation de l’efficacité des DICRIM et autres documents de communication des
risques constitue également un processus complexe car impliquant des concepts
interdisciplinaires (traitement de l'information, cognition, communication, etc.). Nos
travaux visent à proposer une telle méthode d’évaluation de l’efficacité en proposant des
outils génériques d’aide à la décision destinés aux communes en charge de sa réalisation.

L’efficacité est abordée selon deux aspects : (i) la conformité du document vis-à-vis de
la loi ; (ii) la performance qui étudie si les caractéristiques du document (en termes de
visuel et de contenu), non considérées par la loi, permettent au lecteur d’appréhender au
mieux les informations qu’il contient. Nous avons réalisé une pré-analyse basée sur des
méthodes issues de la Sûreté de Fonctionnement dont les résultats nous permettent de
structurer la recherche d’indicateurs et les modèles à élaborer (Ferrer, Curt, et Tacnet
2018). Nous nous focalisons dans cet article sur la phase de formalisation d’indicateurs
et d’agrégation. Le principe des méthodes à base de connaissance repose sur le recueil et
la formalisation des connaissances théoriques et heuristiques d’expert du domaine par
un cogniticien (Akerkar and Sajja, 2009 ; Booker and McNamara, 2004). Ces méthodes
ont la capacité de reproduire le raisonnement d’un expert et sont capables de raisonner
avec des connaissances d’origine et de nature diverses (Zwingelstein 1996). Un modèle à
base de connaissances offre de nombreux avantages. L’apport essentiel de cette
approche est que le système peut justifier à l’utilisateur des étapes intermédiaires de
calcul ou de raisonnement. Par ailleurs, une fois développé, il évite l’utilisation de
155
Partie 5 : « Modèles d’évaluation de l’efficacité des documents réglementaires préventifs
sur les risques majeurs destinés au Grand Public – Le cas du DICRIM »

moyens humains ou financier, est cohérent et offre une bonne représentation des
connaissances expertes (Bambara et al. 2015).

L'article est structuré selon le plan suivant : la démarche méthodologique est


présentée ; l’article expose ensuite les résultats pour l’analyse de la conformité
réglementaire du DICRIM ; puis sont présentés les résultats de construction du modèle
d’évaluation de performance du DICRIM.

2) Matériel et Méthodes

2.1 Matériel

Le DICRIM est établi par le Maire sur la base des informations contenues dans le
Document Départemental sur les Risques Majeurs (DDRM) établi par le Préfet et selon
les éléments fournis dans la maquette nationale du code de l’environnement. Le DDRM
répertorie l'ensemble des informations essentielles sur les risques naturels et
technologiques majeurs au niveau du département. Les municipalités tenues de
produire un DICRIM sont celles dans lesquelles il existe des Plans de Prévention des
Risques (qui réglementent le bâti en zone à risques) et/ou celles désignées par arrêté
préfectoral en raison de leur exposition à un risque majeur particulier. Les principales
rubriques et informations à inclure dans le DICRIM sont reprises dans la maquette
nationale du Code de l'Environnement. 11 risques majeurs sont considérés dans la
maquette : inondations, séismes, mouvements de terrain, feux de forêt, avalanches,
tempêtes/cyclones, éruptions volcaniques, ruptures de barrage, accidents nucléaires,
accidents industriels et risques miniers.

Le DICRIM peut être consulté par le public à l'Hôtel de Ville comme document papier.
Dans certaines villes, il est également distribué directement dans les boîtes aux lettres
des habitants ou affiché sur le site web municipal sous forme numérisée ou plus
rarement, en mode interactif.

2.2 Démarche proposée

La Figure 33 présente la démarche mise en œuvre pour l’évaluation de l’efficacité du


DICRIM.

156
Partie 5 : « Modèles d’évaluation de l’efficacité des documents réglementaires préventifs
sur les risques majeurs destinés au Grand Public – Le cas du DICRIM »

Figure 33 : Démarche proposée pour la construction de 2 modèles permettant


l'évaluation de la conformité et de la performance d'un DICRIM

Dans un précédent travail, des méthodes d'analyse systémique issues de la sûreté de


fonctionnement, fondées sur une analyse structurelle, fonctionnelle et dysfonctionnelle
du système étudié, ont été utilisées pour analyser le contenu de DICRIM de manière
générique (Ferrer, Curt, et Tacnet 2018). La mise en œuvre de l’analyse systémique a été
conduite à l’échelle du système (DICRIM) et à l’échelle de ses composants : la page de
couverture (Cp1), l’édito (Cp2), le sommaire (Cp3), la présentation du DICRIM et de la
prévention des risques majeurs en France (Cp4), le ou les composants risque (selon le
nombre de risques présent sur la commune donnée) (Cp5), l’affiche communale (Cp6),
« où s’informer pour en savoir plus » (Cp7), les numéros de téléphone d’urgence (Cp8)
et les équipements à avoir en permanence chez soi afin d’être prêt (Cp9). Ces méthodes
ont permis de mettre en évidence les causes et les conséquences de défaillances
éventuelles du document et des rubriques qu’il contient, et de répertorier les éléments
de détection permettant de détecter des dysfonctionnements.

157
Partie 5 : « Modèles d’évaluation de l’efficacité des documents réglementaires préventifs
sur les risques majeurs destinés au Grand Public – Le cas du DICRIM »

Deux types d’éléments de détection ont été identifiés durant la mise en œuvre de
l’analyse systémique :

 des éléments de détection de conformité du DICRIM vis-à-vis de la loi. Ces


éléments permettent une évaluation réglementaire. Il s’agit par exemple
d’éléments tels que « Utilisation des aléagrammes » ou « Mention des études
réalisées sur les inondations »

 des éléments de détection de performance à l’échelle du système d’une part et


à l’échelle des composants d’autre part, en considérant notamment la forme et
le fond des documents non pris en compte dans la réglementation. Il s’agit par
exemple de « Nombre de photos » ou de « Présence de phrases d’accroche ».

La sortie de l’analyse systémique est donc constituée par deux listes d’éléments de
détection (conformité et performance). Des regroupements sont nécessaires pour les
éléments de conformité afin de faciliter l’évaluation et de la rendre robuste. Il convient
ensuite de les formaliser sous la forme d’indicateurs, un indicateur étant une
information ou donnée formalisée de manière à rendre son utilisation répétable et
reproductible (Curt, Trystram, et Hossenlopp 2001). Ces indicateurs sont ensuite
agrégés pour former deux modèles distincts : l’un permettant d’obtenir des notes de
conformité et l’autre des notes de performance du DICRIM. Les modèles servent
également à obtenir des rétroactions à mettre en œuvre pour améliorer le DICRIM
évalué.

Les résultats présentés dans cet article montrent la formalisation des deux types
d’éléments de détection, leurs agrégations sous la forme des deux modèles distincts et
les rétroactions.

2.3 Développement d’indicateurs

L’objectif de la formalisation est d’obtenir une description non ambiguë des mesures
et évaluations. La formalisation des indicateurs comporte trois phases : l’identification,
la structuration et une phase de validation. L’identification consiste à déterminer les
informations employées pour évaluer l’efficacité. Par exemple s’agit-il de mesure de
couleurs du document, de nombre de pages, d’informations présentées… ? Les variables
d’entrée du modèle sont toutes les données que l’expert utilise pour évaluer l’efficacité,
il s’agit d’identifier ces différentes données et de les nommer. Dans notre cas, ces
variables ont été identifiées durant l’analyse systémique et sont disponibles sous la
forme d’éléments de détection qui sont à formaliser sous la forme d’indicateur. Les
indicateurs sont définis et structurés précisément dans le but de cadrer la méthode
d’évaluation. Nous appelons « indicateur » toute variable formalisée selon la grille
définie ci-après qui comporte (Curt, Peyras, et Boissier 2010; Curt, Trystram, et
Hossenlopp 2001) : (i) le nom de l’indicateur ; (ii) sa définition ; (iii) le mode opératoire
clairement explicité afin que tous les évaluateurs fassent une évaluation donnée selon le
158
Partie 5 : « Modèles d’évaluation de l’efficacité des documents réglementaires préventifs
sur les risques majeurs destinés au Grand Public – Le cas du DICRIM »

même protocole ; (iv) une échelle ou des catégories qui permettent de décrire les
différents états possibles de l’indicateur durant l’opération considérée ; (v) des
références comme points d’ancrage sur l’échelle ou qui permettent d’identifier les
catégories ; (vi) il décrit également le lieu de réalisation de la mesure ; (vii) et une
caractéristique de temps est également mentionnée.

Pour notre contexte d’étude la structure des grilles d’indicateur comporte ces mêmes
éléments sauf le mode opératoire et la caractéristique de temps : le mode opératoire est
le même pour tous les indicateurs, il est donc fourni dans un protocole général ; la
mesure permise par ces indicateurs ne comporte pas de temporalité ce qui explique
l’absence de caractéristique de temps.

Divers choix d’échelles sont possibles et ont été discutés dans le travail de (Curt,
Trystram, et Hossenlopp 2001). Nous utiliserons pour nos évaluations une échelle
unique identique pour chacun des indicateurs. Le choix d’une échelle unique entraîne
une vigilance particulière quant à la cohérence entre les différents indicateurs (Curt,
Peyras, et Boissier 2010). L’intérêt d’une même échelle est double : le risque d’erreur de
notation par confusion d’échelles n’existe pas et son utilisation simplifie les
combinaisons ultérieures car elle autorise, dans certains cas de figure, la combinaison
par une arithmétique simple de type « minimum », « maximum », somme...

Une échelle d’évaluation double est utilisée pour tous les indicateurs, constituée
d’une échelle d’intervalle et d’une échelle ordinale. Sous celle-ci chaque situation
pouvant être rencontrée correspond à une note. Par exemple, s’il manque un élément
comme la définition du risque majeur la note sera de 7 ce qui est tolérable. L’échelle est
bornée de 0 (Inacceptable) à 10 (Bon).

2.3.1 Indicateurs de conformité

Durant l’analyse systémique, les éléments de détection de conformité ont été listés à
partir de la Maquette Nationale du Code de l’Environnement. Une validation de ces
éléments a été réalisée sur une base de données d’une trentaine de DICRIM issus de la
Région Paca (Ferrer et al, 2018). Si la validation a démontré l’intérêt et l’utilité de cette
liste d’éléments, qui sont des éléments de présence/absence d’obligations
réglementaires, il est pertinent de mener des regroupements d’éléments de détection
puis de formaliser des indicateurs réglementaires pour les différents composants du
DICRIM qu’ils permettent de contrôler. Ces indicateurs sont codés « IRx » pour
« Indicateur Réglementaire » et x pour leur numéro. Les regroupements sont
notamment opérés en transformant un élément de détection en un jalon de l’échelle de
notation. Par exemple, 6 éléments de détection (Définition du risque majeur,
Articulation de l’information préventive réglementaire en France, Rôle et importance de
l’information préventive, Nécessité de l’implication de chaque citoyen...) permettent
d’évaluer la conformité du Composant 4 « Présentation du DICRIM ». Ces éléments
apparaissent dans les références de l’indicateur IR1 qui permet d’évaluer la présence
159
Partie 5 : « Modèles d’évaluation de l’efficacité des documents réglementaires préventifs
sur les risques majeurs destinés au Grand Public – Le cas du DICRIM »

des rubriques requises dans le composant donné, la note est donnée à IR1 en fonction du
nombre d’éléments présents ou non dans le composant 4.

Il conviendra dans de futurs travaux de réaliser une seconde validation pour vérifier
la robustesse de l’évaluation et la durée de sa mise en œuvre.

2.3.2 Indicateurs de performance

L’ensemble du document et le fond et la forme sont évalués à l’échelle des


composants du document. Ces 2 granularités d’évaluation ont été considérées car ce
sont généralement les 2 phases de découverte d’un DICRIM par le lecteur. Dans un
premier temps, le document est analysé superficiellement avant d’être ouvert et regardé
plus en détail. Cette 1ère étape du système est par ailleurs importante à considérer car sa
trop grande inefficacité pourrait bloquer la poursuite de la lecture et supprimer la
seconde étape. Chaque élément de détection a été attribué à un ou plusieurs composants
puis formalisé sous la forme d’un indicateur. Un même élément de détection a donc pu
engendrer plusieurs indicateurs. Il y a donc des Indicateurs Système codés ISx et des
Indicateurs Composants codés ICx.

Pour formaliser les indicateurs de performance c'est-à-dire fournir la définition et


définir les jalons de l’échelle, 4 sources sont utilisées : la littérature, des avis experts, les
avis des habitants issus d’une enquête exploratoire, l’analyse d’une base de données de
DICRIM et enfin une analyse spécifique portant sur la première page du document
(Figure 33). Dans un premier temps, nous avons recensé les recommandations
préconisées pour favoriser l’efficacité de la communication (issue des domaines des
Sciences de la Communication, de la Cartographie, de la Géographie du risque, de la
Sociologie, des Sciences Cognitives…) mais celles-ci sont peu nombreuses. Nous les
avons donc complétées à l’aide d’avis d’experts puis d’habitants. 3 experts en
communication, en aide à la décision et en prévention des risques ont été interrogés
permettant de recueillir des éléments pour constituer les jalons des indicateurs. En
parallèle, des éléments de discours d’habitants ont été utilisés issus d’une enquête
exploratoire menée sur une commune multi-risques (Ferrer, Schleyer-Lindenmann, et
Curt 2018). Les entretiens non-directifs étaient introduits avec le DICRIM de la
commune et à l’aide de l’unique question « voici un document qui parle de votre
commune, pourriez-vous m’en donner votre point de vue tant sur sa forme que sur son
fond ». Les résultats de cette enquête ont donc, entre autres, permis de relever les avis
positifs et négatifs des personnes interrogés à propos du DICRIM ainsi que des
suggestions d’amélioration. Le point de vue du Grand Public est à prendre en compte
avec attention car il s’agit de l’utilisateur futur du DICRIM. Plusieurs de ces points de vue
corroboraient avec les avis des experts ou la littérature, et des éléments non mentionnés
préalablement par ceux-ci ont permis d’affiner les jalons des indicateurs. Il s’agissait, par
exemple, du nombre de pages total ou par rubrique préconisé pour le document, de
données utiles à mentionner comme d’avantage de définitions, ou des suggestions de

160
Partie 5 : « Modèles d’évaluation de l’efficacité des documents réglementaires préventifs
sur les risques majeurs destinés au Grand Public – Le cas du DICRIM »

visuels plus attractifs. En cas d’informations manquantes issues des différentes sources,
l’utilisation d’une base de données composée d’une cinquantaine de DICRIM provenant
de toute la France et aux caractéristiques variées (nombre de pages, format de
présentation, quantité d’informations contenues…) a permis de réaliser des
extrapolations pour construire les définitions ou les échelles.

Une enquête spécifique a également été conduite pour alimenter certains indicateurs
liés à la page de couverture dont la subjectivité rendait difficile la construction. Dans le
questionnaire de cette enquête, 9 pages de couverture de DICRIM existants étaient
présentées, choisies sur la base de leur grande diversité de style de présentation : 2
pages pour leur visuel humoristique (DICRIM Humour1 et DICRIM Humour2), 2 pages
pour leur design moderne (DICRIM Moderne1 et DICRIM Moderne2), 1 page pour son
style épuré et simple (DICRIM Simple), 2 pages pour leur visuel inspirant un sentiment
de peur (DICRIM Peur1 et DICRIM Peur2), 1 page au design moderne avec une photo de
la commune (DICRIM Photo Commune) et 1 page au visuel un peu daté montrant un
camion de pompiers (DICRIM Daté).. Il a entre autres été demandé aux personnes de
choisir les 3 pages parmi les 9 qui retenaient le plus leur intérêt par ordre de préférence
et inversement celles qui leur plaisaient le moins. L’émotion ressentie à la visualisation
des différentes pages choisies a également été demandée. L’ensemble des questions du
questionnaire est disponible en annexes.

En construisant les grilles d’indicateur, une attention particulière a été accordée au


vocabulaire utilisé. Les grilles d’indicateurs doivent pouvoir être utilisables par tous les
services communaux ou bureaux d’étude qui en auront besoin sans nécessité
d’intervention d’experts. Le vocabulaire employé pour les jalons des indicateurs doit
donc être compréhensible par tous, tout en conservant l’expertise intacte.

Une phase de validation a ensuite été menée sur l’ensemble des indicateurs auprès de
5 experts en Prévention des risques. L’objectif était de validé le contenu des grilles, ainsi
que leur mise en œuvre (e.g. vérification de la durée d’évaluation). Les experts ont
évalué 3 DICRIM existants en situation réelle d’utilisation des grilles. Ces validations ont
permis de mettre en évidence des améliorations qu’il fallait porter à certains indicateurs
et de justifier de la robustesse de l’évaluation.

Il a été fourni à chaque expert un même dossier comprenant : le protocole du test ; les
grilles des indicateurs système et des indicateurs pour les composants ; 3 DICRIM
existant (D1=28 pages, 9 risques, visuel moderne et dense, D2=9 pages, 9 risques, visuel
daté et aéré ; D3=32 pages, 7 risques, visuel daté et dense) ; l’échelle de notation ; le
fichier Excel dans lequel ils devaient reporter leurs notes. Les experts devaient réaliser
l’évaluation des 3 DICRIM à l’aide des grilles d’indicateurs, se chronométrer pour chaque
évaluation et noter en parallèle les éventuelles difficultés qu’ils auraient eu ou les
suggestions de modification qu’ils avaient à faire sur telle ou telle grille. Pour chaque
DICRIM, 114 indicateurs étaient utilisés car il leur était demandé d’évaluer 2
composants risque (un risque naturel et un risque technologique définis dans le
161
Partie 5 : « Modèles d’évaluation de l’efficacité des documents réglementaires préventifs
sur les risques majeurs destinés au Grand Public – Le cas du DICRIM »

protocole de mesure). 3 séances de validation ont été réalisées auprès des mêmes
experts avec des améliorations d’indicateurs entre chaque séance. Pour interpréter les
résultats nous réalisons des traitements statistiques de calcul d’écart type pour analyser
les écarts de notation, de moyenne pour agréger les notes et d’ANOVA pour évaluer si les
écarts entre les évaluateurs sont significatifs.

2.4 Méthode de construction des modèles d’évaluation

Deux modèles ont été construits à partir des indicateurs formalisés. Le premier
modèle permet de contrôler si les DICRIM respectent la loi en termes de contenu. Nous
avons ensuite choisi de construire un second modèle qui propose une analyse plus fine,
avec une évaluation de la performance de la forme et du contenu du DICRIM qui ne sont
pas réglementés par la loi.

L’agrégation des indicateurs est actuellement réalisée par une moyenne pondérée.

Les données de sorties des deux modèles sont composées des notes attribuées par
chaque indicateur, de la note finale de conformité ou de performance, et de rétroactions
éventuelles à effectuer pour améliorer le DICRIM.

3) Evaluation de la conformité réglementaire des DICRIM


L’analyse systémique a mis en évidence 205 éléments de détection requis par la loi.
Le Tableau XVI indique, selon les composants du DICRIM, la répartition de ces éléments
et en regard les indicateurs, formalisés au nombre de 12 .

162
Partie 5 : « Modèles d’évaluation de l’efficacité des documents réglementaires préventifs
sur les risques majeurs destinés au Grand Public – Le cas du DICRIM »

Composant Nombre Indicateurs correspondants


d’éléments de
détection
réglementaires
Cp 1 : Page de couverture / /
Cp 2 : Edito 1 IR1 – Présence des rubriques
requises
Cp 3 : Sommaire 1 IR1 – Présence des rubriques
requises
Cp 4 : Présentation DICRIM 6 IR2 – Présentation du DICRIM

Cp 5 : Le ou les risques dans 193 IR3 – Présentation du risque n°x


la commune IR4 – Histoire du risque n°x
IR5 – Liste des enjeux concernés
pour le risque n°x
IR6 – Présentation des actions de
prévention pour le risque n°x
IR7 – Présentation des moyens
d’action de police et de protection
pour le risque n°x
IR8 – Préconisations en matière de
consignes de sécurité pour le risque
n°x
IR9 – Cartographie du risque n°x
IR10 – Mention des repères de crues
(en zone inondable)
IR11 - Mention des cavités
souterraines et marnières
Cp 6 : Affiche communale 1 IR12 – Affiche communale liée au
DICRIM
Cp 7 : Informations utiles 1 IR1 – Présence des rubriques
requises
Cp 8 : Numéros d’urgence 1 IR1 – Présence des rubriques
requises
Cp 9 : Equipements à 1 IR1 – Présence des rubriques
posséder chez soi requises
Tableau XVI : Répartition des éléments de détection et des indicateurs en fonction des
composants du DICRIM.

7 composants sur 9 ne font pas l’objet de requis dans la maquette si ce n’est leur
présence, (y compris la page de couverture non mentionnée) : leur analyse est menée
pour chacun par un élément de détection. Ils sont traduits par l’indicateur réglementaire
1 (IR1) qui considère la présence ou l’absence des composants demandés par la loi, sans
requis de contenu spécifique.

2 autres composants, Cp4 et Cp5 sont eux décrits par plusieurs éléments de détection.
Ainsi, Le Composant 4 présentant le DICRIM est caractérisé par 6 éléments de détection
qui ont été regroupés en un seul indicateur comme explicité dans la partie 2.3.
163
Partie 5 : « Modèles d’évaluation de l’efficacité des documents réglementaires préventifs
sur les risques majeurs destinés au Grand Public – Le cas du DICRIM »

Le Composant 5 dédié au risque est quant à lui caractérisé par 19 éléments de


détection (Symbolisation des pictogrammes, Mention du rôle des assurances pour le
risque considéré, Carte de l'aléa considéré respecte l’échelle 1/25 000,…) à multiplier
par 10 risques considérés par la loi ce qui donne 190 éléments de détection. Nous avons
également associé aux composants risque, 2 éléments de détection particuliers qui
décrivent les cavités souterraines (Prise en compte et délimitation des sites de cavités
souterraines sur une carte, Cartes réalisées à partir de la base de données sur les cavités
souterraines présentes sur le site du MEDDE) et 1 élément associé aux inondations
(Mention de la liste des repères de crues existants (crues historiques, nouvelles crues
exceptionnelles ou submersions marines)), soit 193 éléments au total pour le
Composant 5. Seul ce composant possède plusieurs grilles d’indicateurs réglementaires,
neuf au total, car il constitue une part importante de l’évaluation et possède un nombre
conséquent d’éléments de détection qu’il n’est pas possible d’évaluer en tant qu’un
indicateur unique puisqu’il renvoie à des dimensions différentes. Il se décline par
ailleurs pour chacun des risques présents dans la commune du DICRIM évalué.

7 indicateurs permettent d’évaluer la conformité du Composant 5 : Présentation du


risque x (IR3), histoire du risque x (IR4), Liste des enjeux concernés pour le risque x
(IR5), Présentation des actions de prévention pour le risque x (IR6), Présentation des
moyens d’action de police et de protection pour le risque x (IR7), Préconisations en
matière de consignes de sécurité pour le risque x (IR8), Cartographie du risque x (IR9). 2
indicateurs supplémentaires (IR10 et 11) concernent le cas particulier des cavités
souterraines et des repères de crues. La Figure 34 présente la grille d’indicateur
réglementaire relative aux consignes de sécurité (IR8).

164
Partie 5 : « Modèles d’évaluation de l’efficacité des documents réglementaires préventifs
sur les risques majeurs destinés au Grand Public – Le cas du DICRIM »

Nom IR8 – Préconisations en matière de consignes de sécurité pour


le risque X
Définition On s’attache à relever l’absence des éléments qui décrivent les
consignes de sécurité à suivre en cas de réalisation du phénomène
X : consignes préconisées dans la maquette et dans le DDRM ;
consignes distinguées selon les 3 phases « avant », « pendant »,
« après » ; symbolisation des pictogrammes ; mention des
consignes spécifiques au type de risque concerné
Cet indicateur est utilisé pour chacun des risques décrits dans le
DICRIM.

Echelle et
références

10 : les 4 éléments sont présents


7 : 3 éléments sur 4 sont présents
5 : 2 éléments sur 4 sont présents
2 : 1 élément sur les 4 est présent
0 : aucun élément n’est présent

Caractéristique de Dans la rubrique sur le risque n°X


lieu
Figure 34 : Grille de l’indicateur réglementaire « Préconisations en matière de consignes de
sécurité pour le risque X »

Tous les jalons des indicateurs réglementaires sont construits sur la base
présence/absence des éléments de détection

4) Evaluation de la performance des DICRIM


De façon similaire à l’analyse de la conformité, les éléments de détection de
performance uniquement listés actuellement doivent être formalisés en vue de rendre
l’évaluation robuste. Au total, 61 grilles d’indicateurs de performance ont été
construites.

4.1 Formalisation des indicateurs système dédiés à l’ensemble du DICRIM

Pour analyser l’efficacité du document dans son ensemble, 13 éléments de détection


ont été identifiés suite à l’analyse systémique. Ces 13 éléments sont directement
formalisés sous la forme d’indicateurs : Format du DICRIM, Impression visuelle
(couleurs ou noir et blanc), Nombre de pages total du DICRIM, Evaluation des
composants ajoutés, Evaluation du composant ajouté « carte multi-risques », Evaluation
du composant ajouté « Informations sur le système assurantiel », Typographie des textes
du DICRIM… A titre d’exemple, la Figure 35 présente IS1 .

165
Partie 5 : « Modèles d’évaluation de l’efficacité des documents réglementaires préventifs
sur les risques majeurs destinés au Grand Public – Le cas du DICRIM »

Nom IS1 – Format du DICRIM


Définition On s’attache à évaluer le format du DICRIM lorsqu’il est reçu
sous forme de livret
Echelle et
références
10 : A5
5 : A4
3 : A6

Caractéristique DICRIM global


de lieu
Figure 35 : Grille de l’indicateur système 1 « Format du DICRIM »

La note 10 est donnée à cet indicateur lorsque le DICRIM, dans sa forme papier, est
imprimé en format A5. En Marketing, il s’agit d’un format classique lorsque l’on veut
communiquer des informations sous la forme d’un livret. D’après l’Irma (2015), le choix
du format du document peut aussi contribuer à le rendre plus "maniable." Du point de
vue des personnes interviewées durant notre enquête, il s’agit également du format le
plus adapté comme le soulignaient les phrases « le format en A5 est parfait comme une
notice qui ne prend pas trop de place », « on peut le laisser sur le plan de travail ou sur
une table avec les autres documents, il est accessible de suite », « plus facile à
transporter ». Le format A4 est moins bien noté car plus encombrant. Il est cependant
mieux noté que le format A6 qui risque de se perdre plus facilement.

Comme vu précédemment, la loi impose un certain nombre de composants que doit


contenir le DICRIM et qui nous servent de base pour une part de nos analyses.
Cependant le Maire est laissé libre d’ajouter des rubriques dans son DICRIM s’il les juge
pertinentes pour transmettre de l’information préventive. L’indicateur IS9 permet
d’évaluer les principales rubriques ajoutées fréquemment rencontrées dans les DICRIM
de notre base de données. Parmi ces rubriques, il s’agit souvent de l’ajout d’une carte
multirisques, qui présente tous les aléas de la commune concernée sur une même carte.
Cette carte n’ayant donc aucune spécification réglementaire nous avons élaboré
l’indicateur système 11 pour en évaluer sa performance. Sa grille est présentée en
Figure 36.

166
Partie 5 : « Modèles d’évaluation de l’efficacité des documents réglementaires préventifs
sur les risques majeurs destinés au Grand Public – Le cas du DICRIM »

Nom IS11 – Evaluation du composant ajouté « carte multi-


risques »
Définition Si une carte avec plusieurs risques est présentée, cet indicateur
sert à évaluer son efficacité. Prière de ne le remplir qu’en cas de
présence de cette carte.
Echelle et
références

10 : La carte possède :
-une échelle suffisamment fine pour que l’observateur puisse
localiser des points d’intérêt tout en englobant la ville
entièrement
-une sémiologie adaptée afin que les zones d’extension de chaque
risque soient identifiables
-des couleurs pour chaque risque identiques à celles utilisées
dans chacune des cartes dédiées à un seul risque, présentes dans
les composants risque
-une netteté permettant une lisibilité claire
-une échelle informant clairement l’observateur sur la
signification de chaque figuré de la carte
-des informations véhiculées compréhensibles par le plus grand
nombre
7 : l’une des caractéristiques ci-dessus n’est pas respectée
5 : Deux des caractéristiques ci-dessus ne sont pas respectées
2 : Plus de deux des caractéristiques ci-dessus ne sont pas
respectées

Caractéristique de DICRIM global


lieu
Figure 36 : Grille de l’indicateur système 10 « Evaluation du composant ajouté « cartes multi-
risques »

Pour noter IS10, il s’agit d’évaluer un certain nombre des caractéristiques de la carte
(sémiologie, échelle, légende…). La note est déterminée en fonction du respect de ces
caractéristiques. Pour construire les jalons, nous avons utilisé plusieurs études de
l’efficacité des cartographies existantes dans la littérature comme la sémiotique avec par
exemple l'amélioration des couleurs (Chesneau 2006), ou l’analyse des zones d'intérêt
d'une image. (Judd, Durand et Torralba 2012) étudient, par exemple, la capacité des
modèles d'accentuation visuelle à prédire les zones d'intérêt d'une image. (Fabrikant,
Hespanha et Hegarty 2010) étudient l'impact de l'importance visuelle et de la formation
à la lecture cartographique sur l'efficacité d'une carte. L'utilisation d'un protocole
expérimental qui analyse les mouvements oculaires, la perception et la réponse aux
questions des volontaires sur différents types de cartes (Palka 2015), par exemple, a
montré que les cartes les plus utiles sont caractérisées par une quantité d'informations
qu'elles contiennent. L'emplacement des fixations lui a également permis de définir
quelles zones de la carte attirent l'œil avec leurs caractéristiques graphiques ou
167
Partie 5 : « Modèles d’évaluation de l’efficacité des documents réglementaires préventifs
sur les risques majeurs destinés au Grand Public – Le cas du DICRIM »

informationnelles. Arnaud (2015) a également mis en évidence des défaillances de


cartes présentes dans certains DICRIM, pour lesquelles il manque par exemple des
délimitations de communes, des légendes ou l’indicatif de ce que représente la carte en
termes de notion de risque (zonage des cartes d’aléas des PPR, ou zonage synthétique
issu du croisement d’aléas et de vulnérabilités). Les habitants que nous avons
interviewés ont également émis des suggestions d’amélioration des cartes
recommandant une attention particulière à la lisibilité de la carte et à la pertinence de
l’échelle afin que chacun puisse comprendre les informations transmises par la carte. La
cartographie constitue un élément du DICRIM particulièrement important à considérer
d’un point de vue efficacité car comme révélé dans la littérature (Judd, Durand, et
Torralba 2012; Fabrikant, Hespanha, et Hegarty 2010; Palka 2015) ainsi que dans notre
enquête elle est l’un des premiers points d’intérêts visuels du lecteur du DICRIM.

4.2 Formalisation des indicateurs fond et forme dédiés aux composants du DICRIM

Durant l’analyse systémique, 14 éléments de forme ont été identifiés : Style de


présentation, Elément représenté sur la photo, Résolution de la photo, Longueur du
composant, Pertinence de l’association des couleurs du texte et du fond, Nombre de
photos, Taille de la photo, Proportion entre illustrations, texte et whitespace,
Typographie des titres, Couleurs des titres, Structure du texte, Type de dessins, Type de
carte, Taille de la carte. Concernant le contenu, 6 éléments de fond ont été identifiés :
Adaptation du titre au contenu de la rubrique, Vocabulaire, Présence de phrases
d’accroche, Caractère synthétique des paragraphes, Utilité des données présentées,
Lisibilité des schémas. Pour leur formalisation, il convient cependant d’attribuer chacun
de ces éléments à chaque composant, si cela est justifié, pour évaluer sa performance. Au
total 48 indicateurs composants ont été formalisés permettant l’analyse du contenu et
du visuel du DICRIM. Les indicateurs possèdent le même nom que les éléments de
détection. Le Tableau XVII présente la répartition des éléments de détection pour
chaque composant (croix du tableau). Les croix du tableau sont plus nombreuses que le
nombre total de grilles d’indicateurs élaborés car un même indicateur peut être utilisé
pour plusieurs composants du DICRIM.

168
Partie 5 : « Modèles d’évaluation de l’efficacité des documents réglementaires préventifs
sur les risques majeurs destinés au Grand Public – Le cas du DICRIM »

Cp1 Cp2 Cp3 Cp4 Cp5 Cp6 Cp7 Cp8 Cp9

Style de X X X X X
présentation
Elément
représenté par la X X X X X
photo
Résolution de la X X X X X X
photo
Longueur du X X X X
composant
Pertinence de
l’association des X X X X X X X X
couleurs des
textes et du fond
Nombre de X X X X
photos
Taille de la photo X X X

Proportion entre
illustrations, X X X X
texte et
whitespace
Typographie des X X X X
Titres
Couleur des X
titres
Structure du X X X
texte
Type de dessins X X X X

Type de carte X

Taille de la carte X

Adaptation du
titre au contenu X X X X
de la rubrique
Vocabulaire X X X X

Présence de X X X X
phrases
169
Partie 5 : « Modèles d’évaluation de l’efficacité des documents réglementaires préventifs
sur les risques majeurs destinés au Grand Public – Le cas du DICRIM »

d’accroche
Caractère
synthétique des X X X X
paragraphes
Utilité des
données X X X X X X X
présentées
Lisibilité des X X
schémas
Tableau XVII : Répartition des éléments de détection en fonction des
composants

170
Partie 5 : « Modèles d’évaluation de l’efficacité des documents réglementaires préventifs
sur les risques majeurs destinés au Grand Public – Le cas du DICRIM »

On peut remarquer qu’aucun élément n’est utilisé pour l’ensemble des composants du
DICRIM. L’élément « Pertinence de l’association des couleurs des textes et du fond » est
le plus utilisé (7 composants). Certains éléments ne sont utilisés qu’une seule fois
comme par exemple l’élément « Taille de la carte » dans le composant risque ou
« couleurs des titres » dans le sommaire. Les titres constituent le contenu principal du
sommaire ce qui explique un indicateur dédié spécifiquement à leur couleur. La couleur
des titres des autres composants est traitée parmi d’autres caractéristiques de
typographie dans l’indicateur « Typographie des titres ». Le Composant Risque est celui
possédant le plus grand nombre d’éléments et donc d’indicateurs (19) ce qui n’est pas
étonnant car il regroupe toutes les rubriques des différents phénomènes et un grand
nombre d’informations. Evaluer l’ensemble des rubriques risque d’un DICRIM
entrainerait l’utilisation d’un nombre trop élevé d’indicateurs. Cependant, les rubriques
risque présentant généralement une homogénéité de présentation nous avons pris le
parti, dans la phase de validation, de demander une évaluation d’un composant risque
naturel et d’un composant risque technologique uniquement.

Un même élément de détection utilisé pour deux composants distincts peut être
identique mais peut également être différent dans la constitution de ses jalons parce
qu’adapté au composant qu’il permet d’évaluer. La

Figure 37 présente par exemple IC 10 « Elément représenté sur la photo » adapté au


composant « Edito ».

Nom IC10– Elément représenté par la photo


Définition Si présence d’une photo on s’attache à évaluer ce qu’elle
représente
Echelle et
références

10 : photo de la ville et/ou des enjeux et/ou des mesures de


protection
6 : photo de dégâts et/ou du phénomène et/ou du maire, autres
5 : photos des 2 types
Caractéristique de En début du DICRIM – Sur la page où se trouve l’édito
lieu

Figure 37 : Grille de l’indicateur composant de forme 10 « Elément représenté par la photo »


pour le composant Edito

La Figure 38 montre un exemple d’un autre indicateur « élément représenté par la


photo » mais adapté au Composant Risque 5.

171
Partie 5 : « Modèles d’évaluation de l’efficacité des documents réglementaires préventifs
sur les risques majeurs destinés au Grand Public – Le cas du DICRIM »

Nom IE34– Elément représenté par la photo


Définition Si présence d’une photo on s’attache à évaluer ce qu’elle
représente
Echelle et références

10 : Photo du phénomène et/ou photo de dégâts


8 : Photo du phénomène ou photo de dégâts et photos de
mesures de protection structurelles
6 : Photos de mesures de protection structurelles
5 : Photo de la ville et/ou des enjeux
4 : Autres

Caractéristique de lieu Pour chaque composant traitant d’un phénomène

Figure 38 : Grille de l'IC34 "Elément représenté par la photo" pour le composant Risque

Si le type d’évaluation est le même pour les 2 indicateurs les jalons qui composent
leurs échelles ne sont pas les mêmes. Ils sont adaptés au composant qu’ils permettent
d’évaluer.

4.2.1 Discussion sur les indicateurs composant de forme

Les illustrations sont indispensables dans un DICRIM (IRMa et al. 2015). Il est
cependant nécessaire de prêter attention à leur nature. La note attribuée va être
différente en fonction de ce qui est montré sur la photo. Dans IC10, présenté en

Figure 37, la note maximale est donnée pour les photos représentant la ville, les
enjeux ou les mesures de protection, afin d’illustrer les propos généralement tenus dans
les éditos qui visent à faire prendre conscience le lecteur mais également à le rassurer.
Une photo de dégâts ou de phénomène risque d’attirer l’attention du lecteur de façon
trop importante le faisant par exemple s’interroger sur la nature du phénomène
représenté alors que ce n’est pas l’objet de cette rubrique. Il est préférable que ces
photos interviennent plus tard dans le document, accompagnées d’informations sur le
phénomène, dans le Composant Risque (Cp5)(Figure 38). Dans cet indicateur, les photos
dédiées au phénomène ou aux dégâts sont alors privilégiées en note 10.

Le jalon 6 de IC10 se compose du cas particulier d’une photo du maire. Nous avons
pris le parti d’attribuer cette note sur la base des discours des habitants de notre
enquête. L’édito est un composant problématique car durant notre enquête il n’était
systématiquement pas lu par les lecteurs qui le considéraient comme « inutile » ou
simplement apparenté à une « tradition ». Leur rejet de cette rubrique semblait
également dû à une empreinte politique trop marquée de leur point de vue. Leur
défiance vis-à-vis de la Mairie semblait jouer en défaveur de la crédibilité du DICRIM.
Nous en avons alors conclu que l’Edito se doit de présenter le moindre visuel politique

172
Partie 5 : « Modèles d’évaluation de l’efficacité des documents réglementaires préventifs
sur les risques majeurs destinés au Grand Public – Le cas du DICRIM »

possible. Ce sont ces constatations qui nous ont permis d’établir les jalons de l’indicateur
IC10 notamment la note de 6.

Nous avons vu précédemment qu’un indicateur système (IS11) permet d’évaluer une
carte multirisques si un tel composant non prévu par la loi a été ajouté au DICRIM. Si une
carte par aléa est demandée par la loi pour chaque rubrique risque, elle ne possède que
peu d’exigences à part de posséder un fond IGN et être à l’échelle 1/25000ème. Durant
l’analyse systémique, nous avons donc identifié des éléments de détection permettant
d’évaluer la performance de ces cartes. Nous les avons formalisés ici en tenant compte
des éléments identifiés dans la littérature que nous avons mentionnés dans la section
4.1.

Au total, 31 indicateurs de forme ont été élaborés pour l’ensemble des composants.

4.2.2 Discussion sur les indicateurs composant de fond

17 indicateurs de fond ont été élaborés. La Figure 39 présente l’exemple de


l’indicateur de fond IC 38 « Utilité des données présentées » dédié au Composant Risque
(Cp5).

173
Partie 5 : « Modèles d’évaluation de l’efficacité des documents réglementaires préventifs
sur les risques majeurs destinés au Grand Public – Le cas du DICRIM »

Nom IC38 – Utilité des données présentées


Définition On s’attache à évaluer l’utilité du contenu du composant
Echelle et
références

10 : Le composant contient les éléments suivants : 1 Carte du


zonage de l’aléa (+ légende explicite) sur 1 page et Présentation du
phénomène et de son impact sur la commune avec mention
d’évènements passés et Mesures de protection et
Alerte/Organisation des secours sur ½ page et Consignes de
sécurité (Avant, Pendant et Après) sur ½ page
7 : Le nb de page diffère d’un élément à l’autre au sein du
composant
ou
il manque une légende explicite associée à la carte
5 : Il manque les mesures de protection
ou
il manque la carte
ou
la présentation du phénomène est présente mais il manque la
mention d’évènements passés sur la commune
3 : Il manque la présentation du phénomène et son impact ou les
consignes de sécurité sont présentes mais sans distinction des
phases avant/pendant/après
0 : Il manque les consignes de sécurité
ou
la présentation de l’alerte/organisation des secours
Caractéristique de Pour chaque composant traitant d’un phénomène
lieu
Figure 39 : Grille pour l’indicateur composant de fond 38 « Utilité des données présentées »
pour le composant Risque

Cet indicateur combine deux caractéristiques à évaluer que sont les informations
contenues dans la rubrique Risque et la longueur de chacun de ses paragraphes. Si la
longueur de cette rubrique est spécifiée par la loi (2-3 pages maximum), il n’y a pas
d’indications quant à la longueur des éléments qu’elle doit contenir. Sur la base de
connaissances expertes, nous avons donc précisé les longueurs que doivent faire les
différentes parties informatives du composant pour que celui-ci soit le plus efficace
possible en termes d’appréhension de l’information. Pour construire notre échelle nous
nous sommes basés sur une rubrique de 2 pages au vu du nombre d’informations déjà
conséquent que le DICRIM contient. 3 pages par risque risqueraient d’entrainer un
nombre de pages total du DICRIM trop important pouvant décourager le lecteur. Par
ailleurs, le DICRIM que nous avons présenté aux habitants interviewés pendant notre
enquête se composait de 2 pages opposées par risque ce qui était majoritairement
apprécié. Les notes diminuent en fonction de la longueur des paragraphes ou de la
nature des manques éventuels. La gestion de la personne au moment de la crise
174
Partie 5 : « Modèles d’évaluation de l’efficacité des documents réglementaires préventifs
sur les risques majeurs destinés au Grand Public – Le cas du DICRIM »

(comportement ou organisation de l’alerte ou des secours) étant une information


cruciale, des manques sur ce sujet entrainent une note de 0 pour cet indicateur.

La construction de l’indicateur de fond « Adaptation du titre au contenu de la


rubrique » dédié à l’édito a également pris en compte les éléments de discours de nos
enquêtes mentionnés dans la section 4.2.1. Le titre « Edito » était vu par les répondants
comme « un message politiquement correct ». Nous l’avons donc fait correspondre à une
note de 5. Ce sont les titres accrocheurs impliquant des termes liés à la « sécurité » et
impliquant le citoyen avec les termes « tous » et/ou « chacun » qui sont privilégiés par la
note de 10.

Suite à la formalisation de ces indicateurs il faut préciser que certains d’entre eux
possèdent des notions de subjectivité car une inévitable liberté de jugement est laissée à
l’évaluateur (p. ex. appréciation de couleurs).

4.3 Cas particulier de la page de couverture

Certaines caractéristiques du document ont été difficiles à formaliser de par la


subjectivité entrant en jeu dans leurs analyses. Ce fut notamment le cas de la page de
couverture des DICRIM. Aucune préconisation ni requis n’existent dans la loi pour celle-
ci ce qui mène à une très grande diversité de forme et de fond des DICRIM existant en
France. Afin de construire ces indicateurs, nous avions besoin d’obtenir une idée des
caractéristiques visuelles qui peuvent ou non avoir un impact sur le lecteur et pour
quelles raisons.

De fait, nous avons décidé de mener une enquête par questionnaire spécifiquement
dédiée au design de la page de couverture (voir questionnaire en annexe). Le
questionnaire a été réalisé auprès du personnel du site d’Irstea Aix en Provence. 91
personnes ont répondu au questionnaire dont 60% d’hommes et 40 % de femmes et des
tranches d’âges et de CSP équitablement réparties. Précisons que 60% des personnes ne
savaient pas ce qu’est un DICRIM avant de répondre à notre questionnaire.

La Figure 40 présente les 3 pages de couverture de DICRIM existants que les


répondants ont préférées parmi les 9 proposées.

175
Partie 5 : « Modèles d’évaluation de l’efficacité des documents réglementaires préventifs
sur les risques majeurs destinés au Grand Public – Le cas du DICRIM »

Figure 40 : Top 3 des pages de couverture de DICRIM préférés par les


répondants (avec hiérarchisation des choix)

Ce sont les visuels humoristiques qui ont été plébiscités par les répondants ainsi que
l’un des deux visuels modernes. Il faut cependant signaler que ce résultat correspond au
top 3 en considérant le classement effectué par les répondants Si l’on considère
uniquement les pages de couverture choisies en 1ère position, le DICRIM Moderne 1 est
remplacé par le DICRIM Peur1. Paradoxalement, celui-ci fait également partie des 2
DICRIM les moins appréciés (avec le DICRIM Simple). Il nous faut cependant préciser
que cette page de couverture possède en fait l’image d’un zombie sur le premier plan
d’une ville sombre, dans des tonalités de couleurs uniquement de niveaux de gris, et
dont le titre principal est « c’est l’heure DICRIM ». L’on peut penser que les personnes
l’ayant choisi en page préférée le perçoivent comme étant humoristique et ceux qui ne
l’ont pas aimé comme inspirant de la peur. Ceci a été confirmé par les réponses à la
question sur les émotions suscitées par les pages de couverture. Il s’agit d’un visuel que
l’on peut qualifier d’accrocheur mais pouvant l’être positivement comme négativement.

Ces résultats nous ont permis de construire la grille de l’indicateur IC1 « Style de
présentation » pour le Composant Page de couverture (CP1) présentée en Figure 41. La
description de chacun des jalons de la grille repose sur les résultats de l’enquête. Par
exemple, nous préconisons pour le jalon 10 un design se rapprochant des pages de
couverture plébiscitées, avec notamment la suggestion d’un visuel humoristique.
D’après certains auteurs, une façon d'accroître la perception du risque serait d'utiliser
des messages d'appel de la peur (Witte et Allen 2000 ; Kievik et al. 2009). Cependant
cette peur peut mener à une dissonance dans la perception du risque pouvant conduire
à des biais cognitifs (Festinger 1957) . Ceux-ci risquent alors de conduire à un rejet de la
communication. Au vu des résultats de notre enquête nous suggérons donc plutôt un
visuel basé sur l’humour plutôt que la peur pour la page de couverture.

176
Partie 5 : « Modèles d’évaluation de l’efficacité des documents réglementaires préventifs
sur les risques majeurs destinés au Grand Public – Le cas du DICRIM »

Nom IC1 – Style de présentation


Définition On s’attache à évaluer le style de présentation global qui émane
visuellement du composant
Echelle et
références

10 : dessin figuratif illustrant le but du DICRIM potentiellement


humoristique, qui divertit et éveille la curiosité
8 : visuel simple mais moderne et attractif avec un contraste de
couleurs, des pictogrammes colorés…
6 : visuel simple et pas moderne mais attractif avec un contraste de
couleurs, des pictogrammes colorés…
4 : visuel qui ne suscite pas l’intérêt, qui indiffère et/ou avec un
effet daté
2 : visuel qui choque ou qui brouille le message

Caractéristique de Sur la page de couverture


lieu
Figure 41 : Grille de l’indicateur composant de forme 1 « Style de présentation » pour la page de
couverture

4.4 Validation des grilles d’indicateurs de performance

Des séances de validation des indicateurs ont été réalisées auprès de 5 experts en
analyse des risques. L’analyse et la comparaison des résultats des experts ainsi que leurs
commentaires ont mis en évidence la nécessité d’apporter des modifications à certaines
des grilles qui possédaient quelques erreurs de construction, des problèmes d’échelle ou
de compréhension des jalons compliquant l’évaluation. Les notes obtenues durant la
3ème validation constituent les résultats finaux sur lesquels des analyses statistiques ont
été réalisées. Les écarts type ont notamment été calculés entre les notes des différents
évaluateurs pour un même indicateur afin de tester la reproductibilité de la notation.
Nous avons considéré qu’un écart type inférieur à 2 était acceptable.

Il persiste quelques écarts de notation avec un écart type supérieur à 2 suite à cette
3ème session : 25 indicateurs pour le D1 ; 19 pour le D2 ; et 22 pour le D3. Cela
représente 14 indicateurs différents pour le D1, 3 supplémentaires pour le D2 et 5 pour
le D3. Parmi ceux-ci 7 sont présents dans la notation des 3 DICRIM. On a donc 72%
d’indicateurs acceptables pour le D1, 79% pour le D2 et 76% pour le D3. Il est à préciser
qu’aucun évaluateur n’a noté de façon trop éloignée des autres. Ces écarts peuvent
s’expliquer ainsi :

20% (D1), 37% (D2), 32% (D3) de ces écarts sont dus à des erreurs humaines car les
réponses sont factuelles et n’impliquent pas de jugement (nombre de pages par
exemple).

177
Partie 5 : « Modèles d’évaluation de l’efficacité des documents réglementaires préventifs
sur les risques majeurs destinés au Grand Public – Le cas du DICRIM »

36% (D1), 26% (D2), 32% (D3) des écarts sont dus à des erreurs que l’on peut
attribuer à la formulation des jalons parfois trop ambigus ou complexes d’après les
retours des évaluateurs. Ces jalons ont été améliorés mais des contraintes de temps ne
nous ont pas permis de réaliser une 4ème session de validation, qu’il conviendra donc de
réaliser en perspective de ce travail.

On peut enfin attribuer ces écarts à la subjectivité des indicateurs concernés. Il s’agit
de 44% des notes à l’écart type supérieur à 2 pour D1, 42% pour D2 et 36% pour D3 :
par exemple les indicateurs « Pertinence de l’association des couleurs du texte et du
fond » ou « Résolution de la photo » qui font appel au jugement personnel de
l’évaluateur. Certains évaluent une résolution ou un contraste comme étant satisfaisant
tandis que d’autres sont plus sévères de par leur propre perception. S’agissant en grande
partie d’une évaluation visuelle de la communication il semble difficile de pouvoir éviter
totalement ce type de problèmes dans les notations.

Nous avons également fait la moyenne des notes de tous les IC, de tous les IS et la
moyenne globale IC +IS pour chaque évaluateur soit la performance de chaque DICRIM.
Le Tableau XVIII présente les moyennes obtenues par chaque évaluateur pour le DICRIM
1 (avec et sans prise en compte des indicateurs subjectifs). Les tableaux des DICRIM 2 et
3 sont présentés en Annexes. On ne constate pas de différence significative entre les
moyennes avec et sans les indicateurs subjectifs donc ils n’entachent pas l’évaluation
finale. On fait le choix de les conserver dans le modèle car ils demeurent des indicateurs
pertinents en termes d’efficacité de communication. Il conviendra dans de futurs travaux
de réfléchir à une précision et une amélioration des jalons de ces indicateurs pour
essayer de réduire cette subjectivité.

A1 B1 C1 D1 E1

Moyenne IC 5,8 6,3 6,8 7,2 7,5

Moyenne IC (Sans I-subj) 6,6 6,4 7 7,25 7,3

Moyenne IS 7,1 5,9 5,8 6 6,9

Moyenne IS (Sans I-subj) 7,1 5,9 5,8 6 6,9

Moyenne Totale 6,5 6,1 6,3 6,6 7,2

Moyenne Totale (Sans I-


subj) 6,9 6,1 6,4 6,6 7,1

Tableau XVIII : Moyennes des indicateurs composants, système et moyennes totales de chaque
évaluateur. Les colonnes indiquent chaque expert (de A à E).

178
Partie 5 : « Modèles d’évaluation de l’efficacité des documents réglementaires préventifs
sur les risques majeurs destinés au Grand Public – Le cas du DICRIM »

Le Tableau XIX montre les résultats d’ANOVA pour les 3 DICRIM où tous les
évaluateurs sont pris en compte mais où les indicateurs subjectifs n’ont pas été pris en
compte.

DICRIM Rapport F Probabilité


N°1 2.79 0.0262
N°2 0.87 0.4791
N°3 0.58 0.6739
Tableau XIX : Résultats du test d’ANOVA pour les 3 DICRIM

Le tableau d’ANOVA décompose la variance des données en deux composantes : une


composante inter-groupes et une composante intra-groupes. Le rapport F est un rapport
de l’estimation inter-groupes par rapport à l’estimation intra-groupes. Il est
respectivement de 0.87 et 0.58 pour les DICRIM 2 et 3. Comme la valeur de la probabilité
pour le test F est supérieure ou égale à 0.05 pour les 2 DICRIM (0.4791 et 0.6739) il n’y a
pas de différence statistiquement significative entre les moyennes des 5 évaluateurs au
niveau de signification de 5%. Pour le DICRIM 1 par contre, le rapport F est de 2.79 et la
probabilité de 0.0262. Cette probabilité étant cette fois inférieure à 0.05 il existe une
différence statistiquement significative entre les moyennes des évaluateurs. Les écarts
du DICRIM 1 peuvent s’expliquer par le fait que ce DICRIM possède de nombreuses
pages (~30) possédant chacune de nombreuses informations et au design hétérogène ce
qui a pu entrainer des erreurs de notation de la part des évaluateurs. Les résultats de
l’ANOVA bien que présentant une différence statistique restent donc malgré tout
acceptables.

Au regard de l’ensemble des résultats, ces sessions de validation permettent donc de


conclure sur la robustesse des indicateurs développés. Il convient de préciser que des
validations et des améliorations des grilles demeurent toujours possibles.

L’évaluation d’un premier DICRIM a pris en moyenne entre ¾ d’heure et 1 heure pour
l’ensemble des évaluateurs, ce temps se réduisant ensuite pour les DICRIM suivant sans
doute du fait de la prise en main de la méthode.

179
Partie 5 : « Modèles d’évaluation de l’efficacité des documents réglementaires préventifs
sur les risques majeurs destinés au Grand Public – Le cas du DICRIM »

4.5 Production des modèles d’évaluation

4.5.1 Modèle d’évaluation de la conformité du DICRIM

Les indicateurs réglementaires que nous avons proposés reposent sur des directives
de contenu imposées par la loi dans la Maquette Nationale du Code de l’Environnement.
Il n’existe pas dans cette maquette de priorisation de contenu entre l’un ou l’autre des
éléments demandés. Les indicateurs sont donc agrégés sans pondération à l’aide d’une
moyenne simple.

4.5.2 Modèle d’évaluation de la performance du DICRIM

Pour construire le modèle, une hiérarchie a été établie sur l’ensemble des indicateurs
à l’aide de poids qui ont été distribués pour chacun d’eux sur avis d’experts. En effet,
certains indicateurs permettent l’évaluation de caractéristiques de performance
majeures du DICRIM. Par exemple, si le visuel d’une rubrique repousse le lecteur (trop
de texte, peu d’espace blanc, couleurs inappropriées, illustrations de mauvaise qualité…)
même si les informations contenues sont pertinentes elles risquent de ne pas être
reçues. Inversement, un visuel qui favorise l’accès au texte peut être inutile si le texte est
incompréhensible de par son vocabulaire trop technique par exemple. Ce sont donc des
éléments majeurs à prendre en compte pour évaluer la performance des composants et
du document. D’autres caractéristiques sont importantes à considérer mais possèdent
un risque moindre de bloquer le transfert de l’information (type de papier utilisé,
couleurs des titres…). Les poids choisis sont de 0.5, 1 et 2. Ils sont présentés dans le
Tableau XX pour les indicateurs système. La même procédure a été effectuée pour les
indicateurs de chaque composant.

Poids 0,5 Poids 1 Poids 2

IS4 – IS3 – Format IS1 – Format du DICRIM


Orientation d’impression IS2 – Impression visuelle
IS5 – Type de IS7 – Forme du IS6 – Nombre de pages total du DICRIM
papier DICRIM IS8 – Type et Position des composants dans
IS11 – Carte le DICRIM
multirisque IS9 – Evaluation des composants ajoutés
IS12 – Informations IS10 – Typographie des textes du DICRIM
sur le système IS13 – L’alerte en cas de phénomène majeur
assurantiel
Tableau XX : tableau des poids attribués à chaque indicateur système

Les indicateurs sont ensuite agrégés par des moyennes pondérées. Le modèle de
performance se compose d’une moyenne pondérée des 48 IC ; d’une moyenne pondérée
des 13 IS puis d’une moyenne globale.
180
Partie 5 : « Modèles d’évaluation de l’efficacité des documents réglementaires préventifs
sur les risques majeurs destinés au Grand Public – Le cas du DICRIM »

La Figure 42 présente la structure de ce modèle.

Figure 42 : Modèle d’évaluation de la performance du DICRIM par agrégation des indicateurs

Nous avons calculé les moyennes pondérées des notes obtenues durant les sessions
de validation des indicateurs ce qui a engendré une baisse générale des moyennes
(environ 4.9, 4.7 et 5.1 pour les DICRIM 1, 2 et 3 en moyenne contre 6.5, 6.9 et 7 pour le
calcul de la moyenne non pondérée). Nous avons également pu observer que les écarts
entre les moyennes de chaque évaluateur pour chaque DICRIM se sont aussi réduits
étant maintenant tous inférieurs à 1 point d’écart. Cela montre que les écarts que nous
avions observés sont en partie à attribuer à des indicateurs qui ont une importance
moindre dans l’évaluation de la performance et/ou que les indicateurs qui avaient un
bon accord sont pondérés le plus fortement. Le modèle permet d’obtenir une valeur
chiffrée de performance globale du document ce qui est intéressant pour communiquer
sur le DICRIM.

Si cette note peut donner une estimation du degré de performance global du DICRIM
ce résultat n’est pas suffisant. Il convient en effet de savoir ce qu’il est possible de faire
pour remédier à un score jugé insuffisant. De fait, le modèle permet également de
proposer des rétroactions. De la note 0 à la note de 5 inclue, qui est l’échelon haut de
l’intervalle « Médiocre » de notre échelle double d’évaluation, le modèle propose les
actions à mettre en œuvre au niveau du composant ou du système selon l’indicateur
concerné. Ces améliorations seront à porter de sorte que l’indicateur atteigne la note de
10 lors d’une nouvelle évaluation, garantissant une meilleure performance du
composant ou du système donné. Par exemple, si l’Indicateur Système 13 « Typographie
des textes contenus dans le DICRIM » possède une note de 3 parce que l’usage du gras,
du souligné, de l’italique ou des couleurs vives est trop fréquent, le modèle suggèrera de

181
Partie 5 : « Modèles d’évaluation de l’efficacité des documents réglementaires préventifs
sur les risques majeurs destinés au Grand Public – Le cas du DICRIM »

réserver l’usage de ces caractéristiques graphiques uniquement aux mots ou groupes de


mots à accentuer.

Il est à préciser que le modèle reste évolutif et qu’il peut être complété, précisé et/ou
amélioré sans nécessité de changements majeurs dans le corps du modèle.

Conclusion
La formalisation des éléments de détection identifiés au cours d’une précédente
analyse systémique a permis l’élaboration d’indicateurs. Leurs grilles de description ont
été alimentées par plusieurs types de données d’entrée telles que des requis
réglementaires, la formalisation de connaissances expertes, des dires d’habitants
questionnés durant une enquête sur le DICRIM de leur commune ou la mise en œuvre
d’une enquête quantitative. Tous les indicateurs ont fait l’objet de sessions de validation
auprès de 5 experts qui ont évalué 3 DICRIM existant en situation réelle d’utilisation des
grilles. Ces validations ont permis de mettre en évidence des améliorations à porter à
certains indicateurs puis de justifier de la robustesse de l’évaluation. 2 modèles d’aide à
la décision ont ainsi été obtenus par agrégation de ces indicateurs : un modèle de
contrôle de conformité qui permet d’évaluer le respect de la loi et un modèle de
performance qui permet d’obtenir des notes de performance de l’ensemble du document
et de chacun des composants d’un DICRIM donné, tant sur sa forme que son fond, et de
proposer des rétroactions. Il convient de préciser que ce modèle constitue une première
approche et que s’il a montré des résultats positifs durant une session de validation il
conviendra de l’améliorer dans de futurs travaux. Il serait par exemple pertinent de
proposer une mise à jour des consignes de sécurité dans l’indicateur « Utilité des
données » du composant Risque en faisant appel à d’autres experts tels que des
pompiers ou des secouristes. En effet, certaines consignes manquent de notre point de
vue dans le DICRIM comme par exemple des instructions si l’on possède un smartphone,
puisqu’il s’agit d’un moyen très utilisé depuis peu pour obtenir de l’information.

Les modèles que nous proposons présentent cependant l’avantage de proposer une
structure d’indicateurs répétable et reproductible quel que soit le DICRIM à évaluer sans
qu’il ne soit nécessaire de faire appel à des moyens spécifiques pour les utiliser. Le
modèle d’évaluation de la performance possède par ailleurs des composantes
génériques qui seront facilement applicables à d’autres types d’outils de communication
sur les risques.

182
Partie 5 : « Modèles d’évaluation de l’efficacité des documents réglementaires préventifs
sur les risques majeurs destinés au Grand Public – Le cas du DICRIM »

Remerciements

Nous remercions la région PACA pour sa participation au financement de la thèse


dont sont issues les travaux de recherche présentés dans cet article.

Bibliographie
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183
Partie 5 : « Modèles d’évaluation de l’efficacité des documents réglementaires préventifs
sur les risques majeurs destinés au Grand Public – Le cas du DICRIM »

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naturelle ». Psychologie sociale de l’environnement., 145‑56.
Zwingelstein, G. 1996. La maintenance basée sur la fiabilité – Guide pratique d’application
de la RCM. Hermes. Paris.

184
Partie 6 – Discussion

Partie 6 – Discussion
Dans cette dernière partie nous synthétisons les apports académiques et
opérationnels obtenus dans nos travaux. Nous présentons également des perspectives
de recherche pour chacun des résultats. Tous ces éléments sont exposés suivant le
processus de communication Maire-DICRIM-Grand Public, qui est une version simplifiée
du processus de communication que nous avons proposé dans ce mémoire et qui
constitue la base de nos travaux de recherche (Figure 43).

Figure 43 : Processus de communication pour le cas du DICRIM

Nous choisissons de commencer notre discussion par le DICRIM qui constitue le cœur
de notre démarche et de nos principaux résultats.

1) Proposition d’évaluation et d’amélioration de l’efficacité des documents


d’information préventive

1.1 Apports académiques et opérationnels

Nos travaux visaient à fournir une démarche d’élaboration de deux outils d’aide à la
décision permettant l’évaluation de l’efficacité des documents d’information préventive
en termes d’appropriation par le Grand Public. La démarche croise des méthodes à
l’interface entre Sciences Pour l’Ingénieur (méthode de la sûreté de fonctionnement),
Sciences cognitives (modélisation de connaissances) et Sciences Humaines et Sociales
(interviews et analyse de discours). Un modèle d’évaluation de la conformité du contenu
d’un DICRIM donné en regard de la loi et un modèle d’évaluation de la performance d’un
DICRIM ont été obtenus sur la base d’agrégation d’indicateurs élaborés au cours de la
thèse. L’évaluation de la performance considère le DICRIM :

- dans son ensemble

- sous l’angle de sa forme par l’analyse du visuel de chaque rubrique du DICRIM

- sous l’angle de son fond par l’analyse du contenu de chaque rubrique du DICRIM

Les indicateurs sont au nombre de : 12 indicateurs de conformité ; 61 indicateurs de


performance dont 13 éléments système, et 48 indicateurs composant (31 indicateurs de
185
Partie 6 – Discussion

forme et 17 indicateurs de fond). Les indicateurs de conformité se basent sur un système


de notation de présence/absence de requis réglementaires issus de la Maquette
Nationale du Code de l’Environnement. Les indicateurs de performance ont été
construits à partir : (i) des résultats de la sûreté de fonctionnement, (ii) d’une analyse
bibliographique, (iii) de connaissances expertes, (iv) d’éléments d’interviews réalisées
durant la thèse auprès d’habitants d’une commune multirisques, (v) de résultats d’un
questionnaire sur la page de couverture du DICRIM. Tous les indicateurs sont évalués
sur une même échelle et selon la même structure de grille. Des validations avec 5
évaluateurs sur 3 DICRIM pour la performance (à l’aide d’un outil prototype de notation
et de calcul) et sur 30 DICRIM pour la conformité ont également été réalisées. Les sorties
du modèle de performance se composent également de rétroactions qui permettent de
connaitre à quel niveau du document il faut agir pour l’améliorer.

L’association Loi 1901 Cyprès et les 2 collectivités (Mairie et Préfecture) que nous
avons rencontrées ont été réceptives à notre démarche et à nos résultats les considérant
comme pertinents. L’intérêt des 2 modèles d’aide à la décision proposés réside en leur
mise en œuvre qui ne nécessite pas de moyens spécifiques à mettre en place. Un autre
intérêt concerne l’aspect générique de certains des résultats obtenus qui sont présentés
dans le Tableau 21 :

186
Partie 6 – Discussion

Génériques Génériques Génériques Spécifiques au


pour tout type pour outils de pour documents DICRIM
de document communication d’information
de sur les risques préventive sur
communication les risques
Procédure
générale de la X X X
démarche
Fonctions de
En partie En partie
service
Type de
X X
contraintes
Contraintes de
X X X
forme
Contraintes
X
réglementaires
Contraintes de
En partie En partie En partie
contenu
Eléments de
détection X
réglementaire
Eléments de
détection de X X
forme
Eléments de
détection de X X X
fond
Indicateurs
X
réglementaires
Indicateurs
En partie En partie
Système
Indicateurs de
En partie En partie
forme
Indicateurs de
En partie En partie En partie
fond
Résultats des
X X X
interviews
Résultat du
X
questionnaire
Tableau 21 : Aspects génériques des résultats de la thèse

Les documents de communication considérés dans la première colonne concernent


tout type de document destiné à communiquer des informations, même hors du champ
de la prévention du risque. Les outils de communication sur les risques concernent les
outils possédant une autre forme qu’un document tels qu’une réunion publique ou une
application mobile. La dernière colonne enfin ne concerne que les résultats dédiés
uniquement au DICRIM. Chaque résultat de la thèse s’applique à une ou plusieurs
187
Partie 6 – Discussion

colonnes. Par exemple, les contraintes de forme peuvent s’appliquer quel que soit le
contenu d’un document tant que celui-ci est conçu dans le but d’informer. Une réunion
publique tenue sur les risques (colonne outils de communication sur les risques)
pourrait posséder les mêmes fonctions de service que le DICRIM, comme par exemple la
fonction de service « fournir des informations pour maintenir la culture du risque ».
Parfois seulement quelques-uns des résultats sont génériques comme par exemple les
indicateurs de fond « Vocabulaire » ou « Utilité des données présentées » d’où le terme
« En partie ». Au final, ce tableau démontre le côté générique de la démarche et de ses
composantes et donc sa capacité d’application à d’autres outils de communication.

1.2 Perspectives académiques

1.2.1 Application de la démarche à d’autres documents de prévention

Comme nous venons de le montrer, l'approche que nous avons proposée pourrait être
appliquée à d'autres documents de prévention comme par exemple l’Information
Acquéreur Locataire (IAL). Pour rappel, il s’agit d’un document obligatoire fourni par les
bailleurs/vendeurs aux locataires/acheteurs pour les informer sur les risques majeurs
affectant le logement. Il n’existe pas de norme de conception de ce document ce qui
conduit, dans la majorité des cas, à des documents denses, au nombre de pages élevé
(environ 20), aux cartographies peu lisibles et à un aspect général peu attrayant. Comme
pour le DICRIM, on peut de fait s’interroger sur l’efficacité de l’IAL. Alors que son
obligation existe depuis 2006, (Grislain-Letrémy, Lahidji, et Mongin 2012) montrent que
le zonage d’inondabilité n’a pas eu d’effet notoire sur la dégradation des prix du foncier
malgré des variations ponctuelles. De même, (Mauroux 2015) a constaté que l’IAL n’a
pas eu d’effet notable sur le prix moyen au mètre carré des logements à l’échelle des 484
communes étudiées. Mais des constats positifs ont également été observés tels qu’une
réduction de la probabilité de vendre à des personnes ne résidant pas sur le lieu d’achat,
et donc vraisemblablement moins bien informées auparavant. L’IAL constitue donc un
document préventif d’information pertinent dont l’efficacité doit être évaluée et
améliorée. Notre approche et sa procédure générale, les types de contraintes, les
contraintes de forme, les éléments de détection et une partie des contraintes de contenu
et des indicateurs peuvent s'appliquer au cas de l’IAL. Les résultats des entretiens
pourraient également fournir des éléments permettant la construction des jalons des
indicateurs dédiés à l’IAL, certains des interviewés l’ayant mentionné dans leurs
discours

1.2.2 Proposition de révision des requis réglementaires

Les modèles que nous avons proposés se basent sur les requis réglementaires
imposés par la loi. Il conviendrait cependant de notre point de vue de revoir certains de
ces requis. La validation des DICRIM, à l’aide de nos éléments de détection
réglementaires, a par exemple mis en évidence qu’un certain nombre de requis étaient
188
Partie 6 – Discussion

absents dans une majorité des DICRIM. L’on peut donc s’interroger sur l’utilité de
certains d’entre eux. Nous avons par exemple constaté que les modalités d’assurance,
suite à une catastrophe naturelle ou technologique, ne sont que très rarement
mentionnées dans les DICRIM. Pourtant d’après la loi, elles sont censées être inscrites
dans chaque rubrique risque du document. A notre avis, si mentionner les assurances
est une composante majeure, sa présence dans chaque rubrique risque est superflu. Cela
surcharge ces rubriques qui contiennent déjà de nombreuses informations et qui, pour
rappel, ne doivent pas dépasser les 2 pages (ni être trop chargées visuellement) pour
conserver leur efficacité. Il conviendrait plutôt que les modalités d’assurance
apparaissent en début ou fin de document, sur une demi page (associée à d’autres
informations telles que les informations utiles ou les équipements à posséder chez soi)
et sous la forme d’un schéma clair présentant les différentes modalités pour chaque
phénomène. De notre point de vue, la question de la présentation des assurances dans le
DICRIM constitue un élément majeur à considérer car elle peut participer à la prise de
conscience des risques majeurs. En effet, le système d’assurance français substitue
insidieusement le confort de l'indemnisation à l'effort de protection(AFPCN et CEIET
2012). Pourtant selon les phénomènes il n’est pas garanti qu’une indemnisation soit
faite, ou bien de longs délais peuvent survenir avant qu’elle ne soit reçue. Par ailleurs, les
primes Catastrophes Naturelles (cf CCR 2016b) ont été multipliées par 3 en trente ans
(1,6 milliard en 2015). Le maintien de ces primes risque d’être compromis si la
fréquence des phénomènes s’accrue dans les années à venir. Comme nous l’avons
mentionné dans le chapitre problématique de ce mémoire, l’absence de couverture
assurantielle confère aux anglais une conscience et une culture du risque plus accrue
que ne possèdent les français (Tacnet 2004). Il faut donc prêter attention à la
présentation du système assurantiel français dans le DICRIM. Cette présentation se doit
d’expliciter son fonctionnement, mais également de préciser les conditions de
déclenchement de la garantie Cat-Nat et d’inciter à des comportements responsables.

De notre point de vue, les requis réglementant les comportements à adopter présents
dans le DICRIM devrait également être reconsidérés. Certaines consignes devraient par
exemple être remises au goût du jour comme par exemple préconiser de consulter les
réseaux sociaux des sites de la préfecture ou du gouvernement en cas de crise ou de
posséder chez soi une batterie de secours de smartphone chargée (consignes
préconisées sur le site internet du Ministère de l’Intérieur dans la rubrique « alerte »).
L’importance du respect sous-jacent de ces consignes devrait également être explicité
dans le DICRIM. Certaines personnes pourraient s’interroger à juste titre de la nécessité
d’actions demandées comme le fait de quitter son véhicule en cas d’inondation. La
pensée qu’elles sont à l’abri dans leur véhicule dont elles surévaluent la résistance face à
l’eau est encore commune et doit être réfutée à l’aide d’explicitations et/ou d’un schéma
clairs et adaptés. La recherche pourrait s’articuler sur ces questions d’utilité et de
pertinence des requis notamment pour ce qui a trait aux consignes avec par exemple la

189
Partie 6 – Discussion

mise en œuvre d’entretiens auprès d’experts en comportement, de pompiers ou de


secouristes.

En lien avec les comportements nous devons mentionner le cas des vigilances météo
diffusées par Météo France. S’agissant d’un dispositif actuel majeur de communication
de masse sur la survenue potentielle de phénomènes à court terme, nous l’avons intégré
dans notre proposition d’un DICRIM amélioré (voir 1.3.3). Nous nous interrogeons
cependant sur sa réelle efficacité vis-à-vis du Grand Public. Plusieurs questions de
recherche se posent : le système de communication peut-il être amélioré ? quelle réelle
différence entre les couleurs jaune « soyez attentifs » et orange « soyez vigilant » en
termes de comportements des personnes ? quel est leur perception de ce dispositif ?
Comment peut-on communiquer sur ses niveaux de vigilance pour qu’ils soient
respectés ? Des travaux commencent à apparaitre sur ces questionnements (De Oliveira
2010; Belin et Moulin 2016; Vinet, Boissier, et Defossez 2011). Nous pensons que
d’avantage de recherches doivent être réalisées à l’avenir pour que cette vigilance
météorologique puisse être ensuite présentée de la manière la plus efficace possible
dans le DICRIM amélioré.

Certains récents DICRIM contiennent une affiche dédiée aux attentats (DICRIM de
Honfleur, Boulogne-Billancourt, …). Nous considérons cet aspect avec réserve. Il est clair
que les attentats peuvent constituer un risque majeur notamment accru à l’heure où ces
lignes sont écrites, qui ne doit donc pas être négligé. Nous nous interrogeons cependant
sur sa place dans le DICRIM qui a déjà tendance à posséder un nombre conséquent
d’informations. Il ne s’agirait pas que ce trop-plein d’informations repousse le lecteur
qui pourrait être également déstabilisé sur les fonctions du document. Cependant, nous
avons vu durant notre enquête que les attentats constituent un sujet d’actualité qui
interpelle les individus. Peut-être pourrait-il constituer un point d’entrée accrocheur
pour intéresser le lecteur aux risques majeurs plus conventionnels et qui suscitent,
parfois à tort, moins de considération. Des travaux de recherche sur ce domaine ont été
menés ces dernières années (Beck 2003; Courbet et Fourquet-Courbet 2003), qu’il serait
intéressant de mettre en regard du DICRIM.

1.2.3 S’inspirer des campagnes de communication massives

Dans cet ordre d’idées, il sera pertinent dans de prochains travaux d’analyser ce qui
est mis en œuvre pour les différentes campagnes de sensibilisation aux autres risques
comme les campagnes contre le sida, la cigarette ou pour la sécurité routière. Une fois
encore les facteurs qui entrent en considération ne sont pas les mêmes. La
sensibilisation à la cigarette se heurte par exemple à la dépendance qu’entraine la
nicotine dans les organismes des fumeurs. A première vue, l’on pourrait croire que les
campagnes de sensibilisation relatives à la sécurité routière ont été efficaces notamment
pour celles sur la ceinture de sécurité, celle-ci ayant connu une augmentation
exponentielle de son utilisation. Pourtant, il est difficile de distinguer la place de ces
190
Partie 6 – Discussion

campagnes dans le changement de comportement des automobilistes. Si d’après les


enquêtes que mènent le gouvernement (à l’aide de l’institut TNS Sofres) suite à la
diffusion des messages ceux-ci sont efficaces, les verbalisations en cas de manquement à
cette obligation pourraient également être à l’origine de ces modifications de
comportement. Il y a de cela 20 ans déjà, (Rothengatter 1997) considérait que les
campagnes d’information utilisées comme mesures isolées ne pouvait constituer le
moyen le plus efficace de modifier le comportement des usagers de la route et qu’elles
devaient s’inscrire dans une stratégie globale devant englober l’environnement routier.
La crainte de la perte financière telle que les verbalisations pour le risque routier est un
champ d’investigation à explorer pour les risques majeurs. Il faudrait par exemple
informer davantage sur le coût financier que peut engendrer les dégâts de tel ou tel
phénomène sur des biens matériels comme une voiture ou une maison. Il faut également
s’appuyer sur le système assurantiel français en faisant comprendre aux personnes que
les remboursements ne sont pas toujours automatiques ni immédiats. Comme nous
l’avons vu précédemment, il s’agit de l’un des leviers de la mémoire des risques chez les
personnes soumises au risque inondation en Angleterre.

1.2.4 Amélioration et validation des modèles et des rétroactions

L’analyse de l’efficacité de l’information préventive implique d’étudier non seulement


le contenu du message mais aussi un volet plus subjectif d’interprétation de
l’information. Faire passer une information au statut de communication susceptible
d’être exploitée dans le cadre d’un processus de décision nécessite une approche
pluridisciplinaire (Merad 2010). Suivant les contextes, les individus, une même
information ne déclenchera pas les mêmes réactions. C’est sur ce point que les seules
approches quantitatives, analytiques issues notamment de la sûreté de fonctionnement
pourraient trouver leurs limites. Les difficultés de l’interdisciplinarité ne sont pas
étrangères au dilemme qui naît de l’idée que pour être convaincantes, et même « utiles »
à relever les défis sociaux que pose l’environnement, les sciences sociales doivent être «
scientifiques ». Dans ces conditions, difficile de ne pas sacrifier les spécificités des
sciences humaines et sociales dans l’exercice de l’interdisciplinarité (Patrick Pigeon et
Rebotier 2017) . Les systèmes de gestion de la connaissance tels que ceux que nous
proposons en la matière de nos modèles d'efficacité, tirent surtout leur justification
officielle de la nécessité d’intégrer le plus possible les bases de données et les
informations qui proviennent de la multiplication des institutions et des acteurs
qu’implique la prévention des désastres.(Patrick Pigeon et Rebotier 2017) Ces outils
sont nécessairement utiles, car on peut également démontrer que la segmentation
institutionnelle favorise les dommages et les désastres (Guezo et Pigeon 2014). Leur
élaboration demeure cependant un processus complexe. (Pahl-Wostl 2009) suggère une
évolution par une quête de l'amélioration, que peuvent permettre les rétroactions avec
une nécessaire balance entre top-down et bottom-up.

191
Partie 6 – Discussion

De fait, il sera également pertinent pour nos modèles de valider les rétroactions qu’ils
proposent. Il conviendra par exemple de mettre en place une campagne pour tester
auprès du Grand Public les DICRIM améliorés à l’aide des modèles par rapport aux
DICRIM initiaux. De récents travaux portent sur l’étude des mouvements oculaires
permettant de définir des zones d’intérêt d’une image (Fabrikant, Hespanha, et Hegarty
2010, Palka 2015, Judd, Durand et Torralba 2012). Dans ce mémoire, des éléments de
ces recherches pour la construction des jalons des indicateurs ont été utilisé. Pour de
plus amples améliorations de l’efficacité, il serait intéressant que de futurs travaux
utilisent ces méthodes pour analyser l'emplacement des fixations visuelles directement
sur le DICRIM, pourquoi pas sur les DICRIM améliorés.

1.3 Perspectives opérationnelles

1.3.1 Validation et implémentation des modèles

Pour améliorer le modèle d’efficacité il conviendra, dans de prochains travaux, de


réaliser des validations des grilles d’indicateur avec l’aide d’opérationnels travaillant
dans les bureaux d’études ou collectivités qui sont les destinataires de nos outils d’aide à
la décision.

Les modèles que nous avons obtenus sont actuellement proposés sous la forme de
tableaux et de feuilles de calcul Excel. Ces développements peuvent donner lieu à la
création d’un outil informatique, convivial. L’évaluateur évaluerait chaque indicateur
puis, un diagnostic de l’efficacité du document serait ensuite réalisé directement par le
modèle numérique puis les rétroactions possibles. Ainsi, l’outil informatique intégrerait
les relevés d’informations, proposerait le diagnostic et faciliterait la traçabilité des
résultats. L’utilisateur devra avoir des compétences en gestion des risques.

1.3.2 Proposition d’un arbre de décision des consignes de sécurité

Dans un autre ordre d’idées, nous pensons qu’il serait intéressant d’ajouter une
fonction supplémentaire au DICRIM. Nous l’avons vu, le DICRIM tel qu’il est conçu
actuellement a pour fonction d’informer les personnes en phase de prévention sur les
risques majeurs notamment sur les gestes qu’ils devront adopter en cas de survenue
d’un phénomène. Si le document peut tout à fait permettre aux personnes de prendre
conscience des risques, d’apprendre à mieux les connaitre ou de ne pas oublier qu’ils
existent au fil du temps (si le document est par exemple laissé à portée de vue sur un
coin de table) il nous semble pourtant difficile d’imaginer qu’il leur permettra de
connaitre les bons gestes en cas de phénomène. En effet, même en admettant que les
personnes ne soient confrontées à aucun biais cognitif négatif, il faudrait par ailleurs
qu’elles aient assimilé les nombreuses consignes pour chaque risque. Pour contrer cette
complexité, il serait donc intéressant de proposer une amélioration du document
permettant de faciliter l’accès aux consignes en cas de crise. Nous suggérons à titre
192
Partie 6 – Discussion

d’exemple d’améliorations, de positionner les consignes de sécurité sur la dernière page


du DICRIM qui pourrait être une page détachable à scotcher ou aimanter où on le
souhaite. Cette amélioration aurait le double avantage de maintenir l’image des risques
dans le quotidien des personnes puisqu’elles verraient chaque jour cette page, et
l’avantage au moment de la crise, de pouvoir s’y référer plus facilement sans la nécessité
de retrouver le DICRIM et de le parcourir. Pour que cette page détachable soit la plus
efficace possible, il s’agit de réfléchir à la manière de présenter les différentes consignes
de sécurité. Avec les consignes telles qu’elles sont généralement présentées
actuellement (listées par phénomène) il est en effet difficile de savoir si l’on peut être ou
non alerté par la sirène si tel phénomène survient et quels sont les gestes à tenir en
conséquence. De notre point de vue, il serait donc plus pertinent de présenter les
consignes en fonction de l’alerte, pourquoi pas sous la forme d’un logigramme qui
aiderait pas à pas l’individu à prendre une décision. La Figure 44 montre un exemple
d’une partie des informations que pourraient contenir l’arbre de décision, de leur
présentation et de leur articulation de ce à quoi pourrait ressembler ce logigramme.

Figure 44 : Logigramme de comportements en cas de survenue d'un phénomène

Il conviendra de penser le design de ce logigramme afin qu’il soit facilement


appréhendable par le Grand Public. Le design de ce logigramme pourrait s’inspirer des
affiches diffusées par l’Etat pour ce qui concerne les gestes à adopter en cas d’attentat
terroriste (Figure 45).

193
Partie 6 – Discussion

Figure 45 : Affiche informant des comportements à adopter en situation d'attentat terroriste


(Source : gouvernement.fr)

L’ancienne version du DICRIM de Pont-Saint-Esprit faite en 2013 contenait une


approche de présentation similaire (logigrammes) des décisions à prendre pour les
situations d’accident nucléaire, d’accident technologique avec nuage toxique et
principalement pour ce qui concerne les enfants à l’école. Il s’agissait de logigrammes
sans grand niveau de technicité visuelle mais dont la simplicité d’utilisation les rendait
tout de même efficaces de notre point de vue. Ces logigrammes n’ont cependant pas été
conservés dans la nouvelle version du DICRIM (2017) ce que nous trouvons
personnellement regrettable. Améliorés à l’aide des techniques de design actuelles, nous
pensons qu’ils auraient pu constituer une aide à la décision efficace pour les personnes.

À la suite des attentats survenus en France en janvier et novembre 2015, le ministère


de l’Intérieur a développé une application mobile d’alerte des populations sur
smartphone : « SAIP », pour Système d’alerte et d’information des populations. Cette
application prend en compte les attentats mais également tous les risques majeurs
naturels ou technologiques et délivre les messages de vigilance associés. Cette
application complète le dispositif d’alerte et d’information des populations (SAIP) déjà
existant (sirènes, messages radios préformatés…). Si cette application est une pertinente
initiative il conviendrait de s’assurer par des enquêtes si elle est connue et téléchargée
par le Grand Public. L’arbre de décision que nous proposons pourrait notamment être
utile en complément de cette application pour les personnes ne la possédant pas sur leur
téléphone.

194
Partie 6 – Discussion

1.3.3 Proposition d’un DICRIM 2.0 générique

Nous souhaitons également préconiser la réalisation d’une maquette de DICRIM que


l’Etat pourrait diffuser auprès de chaque mairie en charge de réaliser un DICRIM. Il
serait souhaitable que cette maquette combine le DICRIM et le PFMS (Figure 46). Une
brochure générique similaire a été proposée par le ministère de l’intérieur concernant
les Plans Particuliers de Mise en Sûreté (PPMS) qui permettent aux établissements
scolaires d’organiser leur gestion de la crise en prévention d’un risque.

Figure 46 : Brochure du PFMS fournie par l'Etat (risques-majeurs.info)

Nous pensons que le DICRIM devrait posséder le même traitement générique de mise
en œuvre. Lorsque l’on observe les 2 documents, le DICRIM présente comme le PFMS,
mais en moindre quantité, des éléments liés à la protection de la personne en cas de
crise mais inclue également de nombreux éléments sur la phase de prévention. C’est un
constat semblant assez logique puisque le Ministère de l’Intérieur (émetteur du PFMS)
est en charge de la Gestion de la crise là où le Ministère de la Transition Ecologique et
Solidaire (émetteur des directives du DICRIM) dirige plutôt la Prévention des risques.
Pour autant, les fonctions des DICRIM et PFMS étant malgré tout assez similaires l’utilité
de constituer deux documents semble superflue. Cela entraine un coût budgétaire plus
conséquent et risque de noyer le Grand Public dans un trop-plein d’informations
redondantes. Par ailleurs, les 2 documents possèdent des caractéristiques améliorables
de notre point de vue. Un élément particulièrement pertinent que possède cependant le
PFMS et que devrait conserver le nouveau document informatif hybride, concerne un
visuel efficace et ses rubriques à compléter par le foyer. Il s’agit d’un moyen pertinent
d’intéresser les personnes. Comme dit précédemment, la communication engageante est
un domaine actuel de réflexion dans la sensibilisation du Grand Public aux risques
majeurs (Weiss, Girandola, et Colbeau-Justin 2011). Nous proposons que la nouvelle

195
Partie 6 – Discussion

maquette de DICRIM possède des informations génériques imposées par l’Etat et


pouvant s’appliquer à n’importe quelle commune donnée. La maquette possèderait
également des zones vides à compléter par les Mairies selon leur contexte local. Enfin
quelques dernières zones resteraient à remplir par le Grand Public par rapport au
contexte de son foyer. Il faudra cependant veiller à ce que ces zones soient facilement
remplissables. Les contraintes de forme et de fond que nous avons identifiées pour les
DICRIM actuels s’appliqueraient également à cette nouvelle version.

Ce nouveau procédé de conception du DICRIM a pour avantage le fait que chaque ville
posséderait un DICRIM au même style de présentation. Cela permettrait d’une part
d’assurer une efficacité pour chaque DICRIM quelle que soit la ville mais également de
créer une familiarité chez le lecteur facilitant l’appropriation des informations s’il
change de ville.

2) Représentation des risques majeurs par le Grand Public : destinataire du


DICRIM

2.1 Apports académiques

Le Grand Public constitue le destinataire du DICRIM et représente donc une


composante majeure dans le processus de communication préventive sur les risques. La
passation d’entretiens ouverts auprès d’habitants d’une commune multirisques a permis
de mettre en évidence des éléments sur la façon dont le DICRIM est appréhendé à sa
lecture et plus largement sur la représentation des risques majeurs des personnes. A
l’aide d’analyses lexicométriques des entretiens, plusieurs constats ont pu être faits
comme par exemple la prédominance des aléas inondation et incendie dans le discours
des personnes ce qui pouvait s’expliquer notamment par une amplification, par les
médias, de phénomènes récents. Cette surexposition à ces deux phénomènes possède
l’avantage d’entretenir une mémoire de ces risques chez les personnes et une meilleure
connaissance de ceux-ci. Cependant, cette amplification peut également être un
préjudice car les autres phénomènes moins présents dans l’actualité risquent d’être
occultés. Cette surexposition peut également laisser croire aux personnes qu’il s’agit
d’un risque familier et qu’elles en connaissent donc tous les aspects ce qui n’est pas
forcément le cas. Il peut se produire une surconfiance vis-à-vis de ce risque, ou bien un
biais de confirmation, les personnes ne vont chercher que les informations qui
confirment celles qu’elles ont en tête, même si elles sont fausses, et réfuter celles qui les
contredisent. Les enquêtes que nous avons réalisées ont de fait permis de constater la
présence de nombreux biais cognitifs dans le discours des personnes sur les risques.
Nous avons ainsi relevé :

196
Partie 6 – Discussion

- des biais cognitifs issus des croyances et représentations pré-existantes : de


disponibilité, d’ancrage, de confirmation…

- des biais cognitifs liés à la confiance : optimisme, surconfiance, faux-consensus…

- des biais issus d’une sous-estimation et d’une méconnaissance des risques :


illusion de contrôle, minimisation, déni…

- les biais cognitifs qui favorisent ou bloquent le transfert de l’information

Ces biais sont malheureusement très souvent un frein dans l’appréhension de


l’information contenue dans le DICRIM ce qui pose problème en termes d’efficacité.

2.2 Perspectives académiques

2.2.1 Améliorer le traitement des biais

La communication doit faire en sorte de contrer les biais cognitifs. Il s’agit par
exemple que les personnes comprennent qu’une vie de plusieurs dizaines d’années en
un même lieu sans survenue d’un phénomène ne signifie pas qu’aucun phénomène ne se
produira jamais. Une autre problématique majeure concerne la persuasion du respect
des consignes telles que celle de ne pas aller chercher ses enfants à l’école. Comment
persuader une personne d’aller à l’encontre de son instinct maternel ou paternel ? Nous
pensons que l’un des enjeux des travaux de recherche futurs sur la thématique de la
communication sur les risques réside dans le traitement des biais. Il existe une
multitude de biais cognitifs et il serait trop ambitieux de prétendre à leur entière
maitrise. Pour autant, ceux-ci sont décrits de façon détaillée par les psychologues et il
serait intéressant par exemple de poursuivre le recensement de ceux qui peuvent
favoriser ou bloquer le passage de l’information. Par la suite, des études pourraient être
menées pour déterminer s’il est possible de construire la communication sur les risques
en fonction de ces biais.

Comme mentionné précédemment dans la section 1.3.4 il serait pertinent de


considérer les procédés mis en œuvre dans les campagnes de sensibilisation par la
communication de masse qui semblent être efficace comme la sécurité routière et
d’évaluer leur potentielle applicabilité à la communication sur les risques naturels et
technologiques. Des techniques de persuasion voire de « manipulation » pourraient
aussi être utilisées pour la prévention des risques, à l’instar de ce qui est utilisé en
marketing pour convaincre les clients d’acheter un produit, en gardant à l’esprit qu’il ne
s’agit pas là de vendre mais de faire prendre conscience et accepter, qui sont des
objectifs qui diffèrent.

197
Partie 6 – Discussion

2.2.2 Une communication ciblée vers les jeunes

Comme il semble complexe d’élaborer une seule communication de masse qui


impacterait l’ensemble de ses destinataires, plusieurs études de recherches récentes ont
conclu sur une nécessité de constituer différentes communications en fonction de
publics cibles (Sancho-Garnier 2007). Cependant, cette distinction en groupes est
complexe. Sur quels facteurs peut-on se baser pour constituer ces publics ?
Actuellement, c’est particulièrement l’âge qui est considéré comme facteur de
différenciation de ces groupes de destinataires. De plus en plus de villes conçoivent par
exemple des DICRIM jeunes à destination des enfants et des adolescents, comme les
villes de Paris, Nice, Clermond-Ferrand… Ces DICRIM sont souvent élaborés par les
enfants eux-mêmes dans les écoles ce qui permet de les sensibiliser aux risques. De
notre point de vue, les enfants constituent un public cible majeur dans la sensibilisation
du Grand Public car il est souvent plus facile de capter leur attention, étant souvent plus
curieux et ouverts sur les grandes questions du monde qui les entoure, que les adultes
(Sancho-Garnier 2007) . Par ailleurs, ils ont souvent à cœur de partager avec leurs
parents leurs connaissances nouvellement apprises lorsque celles-ci ont suscité leur
intérêt. Les enfants peuvent donc constituer un intermédiaire dans le processus de
communication préventive sur les risques. A l’école, la question des risques majeurs
peut également être traitée avec les élèves au cours de la tenue d’exercices de
simulation, s’inscrivant dans le cadre du PPMS dont nous avons parlé précédemment.
Les élèves peuvent également être associés à son élaboration. Par ailleurs, les risques
majeurs sont également traités dans les programmes scolaires essentiellement en
géographie et en SVT. (Dussaux 2014) ont réalisé une analyse des informations sur les
risques transmises dans différents manuels scolaires. Plusieurs constats assez
préoccupants ont émergé de leurs analyses tels qu’une place prépondérante du risque
naturel (certains phénomènes plus que d’autres) et un risque technologique minoré, des
causes anthropiques ignorées ou une prévention présentée majoritairement comme une
question technique. De notre point de vue, ces résultats et les questions qui en émanent
devraient être traitées avec le plus grand intérêt dans de futurs travaux.

2.3 Perspectives opérationnelles

Enfin un autre enjeu issu de la représentation du Grand Public vis-à-vis de la


communication sur les risques concerne la confiance accordée envers les institutionnels
notamment le Maire, émetteur du DICRIM. Il faut réussir à faire comprendre que les
données présentées sont fiables et qu’elles sont issues d’experts du risque, que les
lecteurs peuvent avoir confiance en la parole du Maire. A l’inverse la défiance envers
celui-ci risque de mener à un blocage vis-à-vis de l’information, même si la
communication de celle-ci est parfaitement conçue. Une amélioration pourrait être la
mention plus fréquente des sources des données notamment celles des cartes, ainsi
qu’une mention du statut des personnes ayant participé à l’élaboration du document.

198
Partie 6 – Discussion

3) Représentation des risques majeurs par le Maire : émetteur du DICRIM


Les analyses lexicométriques réalisées sur les éditos de notre base de données des
DICRIM PACA a permis différents constats. Similairement à ce qui a été observé par
(Dussaux 2017) dans les manuels scolaires, le terme « technologique » est bien moins
souvent utilisé que le terme « naturel » (pour des DICRIM comprenant les 2 types de
phénomènes). Le dendrogramme et l’AFC issus des analyses ont mis en évidence la façon
dont le Maire se représente le citoyen à travers les mots employés dans l’édito. Le maire
envoie donc le message qu’il « contrôle » le canal de diffusion et le citoyen pendant la
crise mais pas les aléas ni le citoyen avant l’événement. Le citoyen apparait de deux
façons différentes. Dans la première, il s’agit du citoyen en phase de prévention où il
semble considéré comme étant « passif » et quelque peu mis à l’écart. Ceci porte à
réflexion dans le sens où même si le maire est responsable de la sécurité du citoyen
durant l’évènement, l’organisation des secours va également être dépendante du
comportement du citoyen. Et ce comportement pourra notamment être conditionné par
les informations qu’il aura reçues en prévention hors évènement, tel que par
l’intermédiaire du DICRIM et de cet édito. La deuxième représentation du citoyen
concerne la phase de l’événement où il est considéré comme placé sous la responsabilité
du Maire. Dans les éditos l’accent serait moins porté sur le citoyen lui-même que sur
d’autres thématiques telles que la fonction du DICRIM, les phénomènes qui peuvent se
produire ou encore le rôle de la mairie dans la prévention des risques. Mais ces contenus
sont très éloignés de l’Individu.

Les mairies semblent se représenter un citoyen passif qui n’a pas à être acteur de sa
propre sécurité, qui doit se contenter de lire et conserver le DICRIM en prévention et de
se laisser faire en temps de crise. Cette vision est paradoxale car contraire aux messages
accrocheurs de début ou de fin d’édito (généralement « la sécurité est l’affaire de tous »
ou similaires) et elle n’abonde pas dans le sens des enjeux actuels de la prévention des
risques qui prônent un citoyen acteur de sa sécurité aussi bien en prévention qu’au
moment de la survenue du phénomène pour une meilleure gestion de ses risques
(UNISDR 2015 ; ANRN 2016). Il s’agit également d’une vision qui ne coïncide pas avec la
résilience, paradigme actuel qui incite à modifier les pensées et les comportements vis-
à-vis des risques (Dauphiné et Provitolo 2007; P. Pigeon 2012; Lhomme et al. 2014). La
résilience prône en effet le passage d’une gestion technique de résistance face aux
risques conduite uniquement par les institutionnelles et les experts, à une gestion
intégrée, rassemblant l’ensemble des acteurs qui vont chercher à vivre avec le risque
plutôt qu’à le combattre.

Toutes ces analyses sont bien sûr à considérer avec prudence dans le sens où elles ne
s’appliquent qu’à l’édito du DICRIM et non à l’intégralité du document (même si les
autres rubriques sont d’avantage cadrées par la loi en termes de contenu). Par ailleurs, il
s’agit des DICRIM issus d’une seule et même région, ce qui ne saurait être représentatif

199
Partie 6 – Discussion

de l’ensemble des représentations des maires de toute la France. Pour autant, ces
constats mènent à différentes interrogations qu’il serait intéressant d’investiguer dans le
futur. Le Maire peut organiser l’information préventive sur sa commune même si celle-ci
n’est pas explicitement désignée par la préfecture. Il dispose donc en théorie d’une
certaine liberté de manœuvre, et on peut analyser son engagement dans l’information
préventive comme un indicateur du passage des intentions à l’action, donc comme un
révélateur de l’effectivité de la mise en œuvre de l’information préventive (Becerra et
Peltier 2011). Mais ce recentrage des responsabilités sur le maire en matière de
planification et d’organisation de l’information sur les risques à l’échelle locale a-t-il
transformé la participation des élus à la prévention des risques ? Lorsque l’on observe le
nombre encore trop faible de DICRIM réalisés parmi les communes (Douvinet et al.
2013) qui en ont pourtant l’obligation, on peut s’interroger sur la perception des Maires
sur la place de l’information préventive dédiée au Grand Public dans la gestion des
risques majeurs, et plus généralement sur leur perception des risques en général (CEPRI
2008; De Oliveira 2010; Douvinet et al. 2011). Il pourrait être intéressant d’appliquer les
mêmes techniques d’enquêtes que nous avons utilisées auprès d’habitants dans ces
travaux de thèse, auprès de Maires de communes soumises à des risques majeurs. Des
entretiens non directifs puis des analyses lexicométriques pourraient permettre
d’obtenir des éléments de réponses sur ses questionnements. Des analyses de contenu
qualitatives pourraient également conduire à la mise en évidence de la présence de biais
cognitifs dans le discours des Maires, de façon similaire aux habitants. Nous pensons que
prendre en considération ces biais est d’une grande importance pour l’amélioration de
l’information préventive destinée au Grand Public. En effet, le Maire correspond à
l’émetteur du message dans le processus de communication du DICRIM. S’il fait montre
de biais négatifs (déni, minimisation du risque…) le transfert de l’information risque
d’en être impacté par une insuffisance d’efficacité voire par une absence complète de
communication. La prise de conscience du Grand Public par l’information préventive sur
les risques ne peut se faire sans une prise de conscience préalable du Maire. Tous ses
éléments pourraient alors permettre de réfléchir à la mise en place d’une information
préalable sur les risques destinée au Maire, que leur fourniraient l’Etat et/ou les
préfectures, pour que ceux-ci soient conscients de l’importance de sensibiliser au mieux
leurs administrés.

200
Partie 6 – Discussion

201
Conclusion générale

Conclusion générale
La sensibilisation du Grand Public aux risques majeurs est un enjeu actuel de leur
prévention et se fonde notamment sur la communication d’informations préventives.
Ces travaux de thèse ont porté sur la proposition de méthodes d’évaluation de l’efficacité
de documents à cette destination. Ils répondent aux besoins des collectivités et des
bureaux d’étude de disposer d’outils d’aide à la décision permettant d’évaluer le degré
de conformité et de performance des DICRIM sans nécessité de mise en œuvre de
moyens particuliers.

La démarche méthodologique que nous avons proposée est pluridisciplinaire et


croise des méthodes à l’interface entre Sciences Pour l’Ingénieur (méthode de la sûreté
de fonctionnement), Sciences cognitives (modélisation de connaissances) et Sciences
Humaines et Sociales (interviews et analyse de discours). Des connaissances et avis
d’experts ont été mobilisés tout au long du développement des modèles.

Les apports ont porté sur trois champs.

Les premiers résultats portent sur l’identification d’éléments de détection


d’évaluation de la conformité et de la performance d’un DICRIM à partir des méthodes
de la sûreté de fonctionnement (analyse fonctionnelle et analyse des modes de
défaillance et de leurs effets) classiquement employées sur des systèmes
technologiques. Nos travaux montrent que ce type de méthode peut s’appliquer à des
objets très différents. Les éléments de détection de conformité ont été validés sur une
base de données de DICRIM de la région PACA.

Des éléments de représentations cognitives d’élus et d’habitants vis-à-vis du DICRIM


et des risques majeurs en général ont également été obtenus à partir d’enquêtes et
d’analyses lexicométriques et psychologiques. Des opinions d’habitants sur le DICRIM de
leur commune et des suggestions d’amélioration ont également été relevées.

Trois types d’indicateurs (réglementaires, performance système et performance


composant) ont été produits à partir des éléments de détection et formalisés grâce à
l’intégration de connaissances issues de sources différentes : recueil auprès d’experts,
éléments issus des enquêtes auprès des habitants, analyse des éditoriaux, analyse de la
base des DICRIM, réalisation d’un questionnaire. Cette intégration était nécessaire afin
d’obtenir des indicateurs pertinents et décrits de manière à conduire à des évaluations
robustes. Enfin des modèles d’évaluation de la conformité et de la performance ont été
développés ainsi que des modèles de rétroaction.

En termes de perspectives, nous proposons à la fois des perspectives académiques et


opérationnelles pour le DICRIM objet central de ce travail, le Grand Public récepteur et
le Maire émetteur du DICRIM.

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210
Annexes

Annexes

ANNEXES 1 : Tableaux d’Analyses des Mode de


Défaillances et de leurs Effets

211
Annexes

Composant Fonction Mode de Causes Indicateur/ Effets


1 technique défaillance possibles de Détection possibles de
la défaillance la défaillance
Page de -Informer La fonction -Ne suscite -Présence L’habitant
couverture pour faire « Informer pas l’attention d’une ou n’est pas
prendre pour faire plusieurs intéressé et
conscience prendre -Ne persuade photos n’ouvre pas le
du risque conscience pas le -Type de DICRIM
du risque » récepteur de police
-Informer est l’examen du utilisée L’habitant ne
pour défaillante DICRIM -Nombre de conserve pas
favoriser couleurs le DICRIM
l’acceptation La fonction utilisées
du risque « Informer -Association L’habitant ne
pour des couleurs prend pas
favoriser pertinente conscience
l’acceptation -Position du des risques
du risque » titre, de la présents sur
ville et autre sa commune
si présence
L’habitant
n’accepte pas
les risques
présents sur
sa commune

L’habitant est
pris au
dépourvu au
moment de la
survenue d’un
phénomène et
n’a pas un
comportement
adapté

212
Annexes

Composant Fonction Mode de Causes Indicateur/ Effets


2 technique défaillance possibles de Détection possibles de
la défaillance la défaillance
Editorial -Informer La fonction -Ne suscite -Longueur du L’habitant ne
avec mot du pour faire « Informer pas l’attention texte consulte pas
maire prendre pour faire -Localisation cette rubrique
conscience prendre -Ne persuade dans le
du risque conscience pas le DICRIM L’habitant
du risque » récepteur de -Présence consulte cette
-Informer est l’examen du d’une ou rubrique mais
pour défaillante DICRIM plusieurs n’a pas envie
favoriser photos de poursuivre
l’acceptation La fonction -N’introduit -Type de sa lecture du
du risque « Informer pas la fonction police DICRIM
pour d’un DICRIM utilisée
favoriser -Nombre de L’habitant ne
l’acceptation -N’explique couleurs conserve pas
du risque » pas utilisées le DICRIM
l’importance -Association
du DICRIM des couleurs L’habitant ne
pertinente prend
--Etre conscience
explicitées des risques
avec un présents sur
vocabulaire sa commune
compréhensif
par le plus L’habitant
grand n’accepte pas
nombre les risques
présents sur
-Présence sa commune
d’une
introduction L’habitant est
sur la pris au
fonction d’un dépourvu au
DICRIM moment de la
- survenue d’un
L’importance phénomène et
du DICRIM n’a pas un
est comportement
mentionnée adapté

213
Annexes

Composant Fonction Mode de Causes Indicateur/ Effets


3 technique défaillance possibles de Détection possibles de
la défaillance la défaillance
Sommaire -Informer La fonction -Pas -Présence L’habitant ne
pour faire « Informer conçu/réalisé d’une ou consulte pas
prendre pour faire pour susciter plusieurs cette rubrique
conscience prendre l’attention photos
du risque conscience -Type de L’habitant
du risque » - Pas police consulte cette
-Informer est conçu/réalisé utilisée rubrique mais
pour défaillante de manière à -Nombre de n’a pas envie
améliorer la persuader le couleurs de poursuivre
connaissance La fonction récepteur de utilisées sa lecture du
sur les « Informer l’examen du -Association DICRIM
risques pour DICRIM des couleurs
majeurs améliorer la pertinente L’habitant ne
connaissance -Pas -Les titres prend
sur les conçu/réalisé sont clairs et conscience
risques de manière à pertinents des risques
majeurs » est exposer les - Nombre de présents sur
défaillante risques rubriques sa commune
existants sur présentes
la commune -Mention de L’habitant
au lecteur toutes les n’accepte pas
rubriques du les risques
DICRIM présents sur
-Nombre de sa commune
pages
contenues L’habitant est
dans le pris au
DICRIM dépourvu au
-Localisation moment de la
dans le survenue d’un
DICRIM phénomène et
n’a pas un
comportement
adapté

214
Annexes

Composant 4 Fonction Mode de Causes Indicateur/ Effets


technique défaillance possibles de Détection possibles de
la défaillance la
défaillance
Présentation Informer La fonction Les Indicateurs L’habitant
du DICRIM pour « Informer contraintes basées sur la n’a pas envie
et des risques alimenter pour faire imposées par réglementation de lire cette
majeurs la prendre la : rubrique
connaissa conscience réglementatio -Présentation
nce sur les du risque » n ne sont pas du rôle du L’habitant ne
risques est respectées DICRIM connait pas
défaillante -Définition du l’articulation
N’est pas risque majeur de
La fonction conçu/réalisé et des termes l’information
« Informer pour susciter qui le préventive
pour l’attention caractérisent dont le rôle
alimenter la -Liste des du DICRIM
connaissanc Les différents types
e sur les définitions et de risques L’habitant
risques » est rappels ne -Démonstration n’obtient pas
défaillante sont pas du rôle et de de
matérialisés l’importance de connaissance
par des l’information sur le risque
schémas préventive majeur
-Explications
sur L’habitant est
l’articulation pris au
de dépourvu au
l’information moment de la
préventive survenue
réglementaire d’un
en France phénomène et
-Rappel de la n’a pas un
nécessité de comportemen
l’implication t adapté
de chaque
citoyen
Autres :
-Présence de
schémas
synthétiques et
attractifs

215
Annexes

-Type de police
utilisée
-Nombre de
couleurs
utilisées
-Association
des couleurs
pertinente

216
Annexes

Composant 5 Fonction Mode de Causes Indicateur/ Effets


technique défaillance possibles de Détection possibles de
la défaillance la
défaillance
Présentation -Informer La fonction -La Indicateurs L’habitant
du risque pour faire « Informer réglementatio basées sur la n’a pas
dans la prendre pour faire n n’est pas réglementation envie de lire
commune conscience prendre respectée -Type de risque cette
du risque conscience (par exemple rubrique
du risque » -Les risques inondation par
-Informer est ne sont débordement, L’habitant
pour défaillante présentés qu’à ruissellement, ne connait
favoriser l’aide de texte submersion pas les
l’acceptati La fonction marine …) risques
on du « Informer - Description présents sur
risque pour du phénomène sa commune
favoriser -Histoire du
-Informer l’acceptation risque par L’habitant
pour du risque » mention des ne prend pas
alimenter est évènements les conscience
la défaillante plus marquants des risques
connaissan -Indication des qu’il encourt
ce sur les La fonction points touchés
risques « Informer de la commune L’habitant
pour -Liste des n’obtient pas
-Informer alimenter la enjeux de
pour connaissanc concernés connaissanc
maintenir e sur les (personnes, e sur le
la mémoire risques » est biens …) risque
du risque défaillante Autres : majeur
-Présence de
La fonction photos/schéma La mémoire
« Informer s du risque
pour -Qualité des n’est pas
maintenir la photos et maintenue
mémoire du schémas
risque » est -Type de police L’habitant
défaillante utilisée est surpris
-Nombre de par la
couleurs survenue
utilisées d’un risque
-Association majeur qu’il

217
Annexes

des couleurs ne connait


pertinente pas et peut
se mettre en
danger

218
Annexes

Composant Fonction Mode de Causes Indicateur/ Effets


6 technique défaillance possibles de Détection possibles
la défaillance de la
défaillance
Actions de -Informer La fonction -La Indicateurs L’habitant
prévention pour faire « Informer réglementation basées sur la n’a pas
au niveau prendre pour faire n’est pas réglementation : envie de
de la conscience prendre respectée -Mention des lire cette
commune du risque conscience études réalisées rubrique
du risque» -Les actions
-Informer est ne sont -Explications L’habitant
pour défaillante présentées sur la ne connait
favoriser qu’à l’aide de surveillance pas les
l’acceptation La fonction texte mise en place actions de
du risque « Informer prévention
pour -Description menées par
-Informer favoriser des travaux sa
pour l’acceptation pour réduire commune
maintenir la du risque » l’aléa ou la vis-à-vis
mémoire du est vulnérabilité des risques
risque défaillante des enjeux (par
exemple pour le L’habitant
-Informer La fonction risque ne prend
sur la « Informer inondation : pas
détection pour bassins de conscience
d’un maintenir la rétention, des risques
phénomène mémoire du curage des qu’il
risque » est fossés, encourt
défaillante amélioration de
la collecte des L’habitant
La fonction eaux …), n’accepte
« Informer pas le
sur la -Description risque
détection des dispositions
d’un d’aménagement L’habitant
phénomène » et d’urbanisme n’est pas
est (PPR, PLU …) rassuré vis-
défaillante à-vis des
-Mention des risques
actions
d’information et La
d’éducation mémoire

219
Annexes

menées du risque
n’est pas
Autres : maintenue
-Présence de
photos/schémas L’habitant
-Qualité des est surpris
photos et par la
schémas survenue
-Type de police d’un risque
utilisée majeur et
-Nombre de peut se
couleurs mettre en
utilisées danger
-Association
des couleurs
pertinente

Composant Fonction Mode de Causes Indicateur/ Effets


7 technique défaillance possibles de Détection possibles
la défaillance de la
défaillance
Actions de -Informer La fonction -La Indicateurs L’habitant
police et de pour « Informer réglementation basées sur la n’a pas
protection favoriser pour n’est pas réglementation : envie de lire
l’acceptation favoriser respectée -Description des cette
du risque l’acceptation moyens d’alerte rubrique
du risque » -Ne suscite de la population
- Informer est pas l’attention existants L’habitant
sur la défaillante -Exposer la ne connait
détection -Ne rassure fonction des pas les
d’un La fonction pas le lecteur plans de secours actions de
phénomène « Informer vis-à-vis des départementaux, protection
sur la risques Plan Communal existantes
détection de Sauvegarde, vis-à-vis des
d’un Plan Particulier risques
phénomène » de Mise en
est Sûreté dans les L’habitant
défaillante ERP, ne prend pas
-Expliciter conscience
l’importance des risques
220
Annexes

des mesures qu’il encourt


individuelles
-Mentionner le L’habitant
rôle des n’accepte
assurances pas le risque
Autres :
-Présence de L’habitant
schémas n’est pas
-Qualité des rassuré vis-
schémas à-vis des
-Type de police risques
utilisée
-Nombre de La mémoire
couleurs du risque
utilisées n’est pas
-Association maintenue
des couleurs
pertinente L’habitant
est surpris
par la
survenue
d’un
phénomène
car il ne
reconnait
pas les
moyens
d’alerte

L’habitant
se met en
danger

221
Annexes

Composant Fonction Mode de Causes Indicateur/ Effets


8 technique défaillance possibles de la Détection possibles
défaillance de la
défaillance
Consignes Faire La fonction -Obligations Indicateurs -L’habitant
de sécurité connaitre « Faire réglementaires basés sur la ne connait
générales les bons connaitre les non respectées réglementation : pas les bons
réflexes à bons réflexes réflexes à
adopter en à adopter en -Pas -Symbolisation adopter en
cas de cas de conçu/réalisé des cas de
réalisation réalisation pour susciter pictogrammes réalisation
d’un d’un l’attention d’un
phénomène phénomène » -Liste des phénomène
est gestes à faire
défaillante -Pas comme à ne pas - L’habitant
conçu/réalisé de faire a appris de
manière à mauvais
favoriser la Autres : réflexes
compréhension
et -L’habitant
l’enregistrement -Etre explicitées applique de
des infos avec un mauvaises
vocabulaire consignes
compréhensif lors de la
par le plus réalisation
grand nombre d’un
phénomène
-Exhaustivité
des consignes -L’habitant
transmet de
mauvaises
informations
par bouche à
oreille sur
les réflexes
à adopter

222
Annexes

Composant Fonction Mode de Causes Indicateur/ Effets


9 technique défaillance possibles de la Détection possibles
défaillance de la
défaillance
Consignes Faire La fonction Obligations Indicateurs -L’habitant
de sécurité connaitre « Faire réglementaires basés sur la ne connait
spécifiques les bons connaitre les non respectées réglementaire : pas les bons
à chaque réflexes à bons réflexes réflexes à
risque adopter en à adopter en Pas Consignes adopter en
cas de cas de conçu/réalisé préconisées cas de
réalisation réalisation pour susciter dans la réalisation
d’un d’un l’attention maquette et d’un
phénomène phénomène » dans le phénomène
est Pas DDRM non
défaillante conçu/réalisé de adaptées ou -L’habitant
manière à manquantes a appris de
persuader le mauvais
récepteur de -Ne sont pas réflexes
l’examen du symbolisées
DICRIM par des -L’habitant
pictogrammes applique de
Pas réglementaires mauvaises
conçu/réalisé de consignes
manière à -Lister aussi lors de la
favoriser la bien les gestes réalisation
compréhension à faire comme d’un
et à ne pas faire phénomène
l’enregistrement
des infos -Etre -L’habitant
distinguées transmet de
selon les 3 mauvaises
phases informations
« avant », par bouche à
« pendant », oreille sur
« après » les réflexes
à adopter
Autres :

-Etre
explicitées
avec un
223
Annexes

vocabulaire
compréhensif
par le plus
grand nombre

224
Annexes

Composant Fonction Mode de Causes Indicateur/ Effets


10 technique défaillance possibles de Détection possibles de
la défaillance la défaillance
Cartographie -Informer La fonction Les cartes ne -Respecter -L’habitant
s au 1/25000 pour faire «Informer sont l’échelle ne parvient
du zonage prendre pour faire pas celles 1/25 000 pas à lire
réglementaire conscience prendre fournies -Posséder correctement
des aléas du risque conscience dans le une « la carte
du risque » DDRM résolution »
-Informer est nette -L’habitant
pour défaillante Pas -Posséder un n’identifie
favoriser conçu/réalisé fond de pas qu’il se
l’acceptatio La fonction pour susciter cartographie situe dans
n du risque « Informer l’attention IGN une zone
pour -Pas -Posséder soumise à un
-Informer favoriser conçu/réalisé des données aléa
pour l’acceptatio de manière à justes et
améliorer la n du persuader le complètes -L’habitant
connaissanc risque » est récepteur de (tous les n’apprend pas
e sur les défaillante l’examen du aléas quelles sont
risques DICRIM concernés) les zones
majeurs La fonction -Posséder soumises à un
« Informer -Pas une aléa
pour conçu/réalisé sémiologie
améliorer la de adaptée L’habitant est
connaissanc manière à -Modéliser pris au
e sur les favoriser la l'espace dépourvu au
risques compréhensio géographiqu moment de la
majeurs» est n des e afin qu'il survenue
défaillante informations réponde à d’un
l'utilisation phénomène et
prévue n’a pas un
-Association comportemen
des couleurs t adapté
pertinente
-Posséder
une légende
ordonnée et
explicite

225
Annexes

Composant Fonction Mode de Causes Indicateur/ Effets


11 technique défaillance possibles de Détection possibles
la défaillance de la
défaillance
Affiche Informer sur La fonction La -Présence de -L’habitant
communale la détection « Informer réglementation l’affiche dans le ignore
d’un sur la n’est pas DICRIM pour l’existence
phénomène détection respectée les cas cités des affiches
d’un dans la communales
Faire phénomène » réglementation
connaitre les est -Respect des -L’habitant
bons défaillante consignes est surpris
réflexes à imposées par le par la
adopter en La fonction code de survenue
cas de « Faire l’environnement d’un
réalisation connaitre les -Utilisation des phénomène
d’un bons réflexes aléagrammes car il ne
phénomène à adopter en reconnait
cas de pas les
réalisation moyens
d’un d’alerte
phénomène »
est
défaillante - L’habitant
ne connait
pas les bons
réflexes à
adopter en
cas de
réalisation
d’un
phénomène

226
Annexes

Composant Fonction Mode de Causes Indicateur/ Effets


12 technique défaillance possibles de Détection possibles de
la défaillance la défaillance
Les repères Informer La fonction Les Indicateurs L’habitant
de crue et pour faire « Informer obligations basés sur la ignore ce
plus hautes prendre pour faire réglementaire réglementation qu’est un
eaux conscience prendre s ne sont pas : repère de crue
connues en du risque conscience respectées
zone du risque » -Mention de la L’habitant ne
inondable Informer est N’est pas liste des repères connait pas la
pour défaillante conçu/réalisé de crues fonction d’un
alimenter pour susciter existants (crues repère de crue
la La fonction l’attention historiques, lorsqu’il en
connaissan « Informer nouvelles crues croise un
ce sur les pour exceptionnelles
risques alimenter la ou submersions L’habitant ne
connaissanc marines) prend pas
Informer e sur les conscience du
pour risques » est - leurs risque
alimenter défaillante localisations ne inondation et
la mémoire sont pas pas extension
du risque indiquées dans des autres
La fonction un tableau ou risques
« Informer une carte majeurs
pour
alimenter la Autres : La mémoire
mémoire du -Si carte, du risque
risque » est posséder une « n’est pas
défaillante résolution » maintenue
nette
-Posséder des L’habitant est
données justes pris au
et complètes dépourvu au
(tous les aléas moment de la
concernés) survenue d’un
- Si carte, phénomène et
posséder une n’a pas un
sémiologie comportemen
adaptée t adapté
- Si carte,
modéliser
l'espace

227
Annexes

géographique
afin qu'il
réponde à
l'utilisation
prévue
- Si carte,
posséder des
couleurs
harmonisées et
adaptés au
message
- Si carte,
posséder une
légende
ordonnée et
explicite

228
Annexes

Composant Fonction Mode de Causes Indicateur/ Effets


13 technique défaillance possibles de Détection possibles
la défaillance de la
défaillance
Cavités -Informer La fonction La Indicateurs L’habitant
souterraines pour faire « Informer réglementation basés sur la ne prend
et prendre pour faire n’est pas réglementation : pas
marnières conscience prendre respectée conscience
du risque conscience Prise en compte du risque
du risque » et délimitation
-Informer est des sites sur une L’habitant
pour défaillante carte ne sait pas
alimenter la où existe le
connaissance -Informer -Présence d’un risque lié
sur les pour fond de aux cavités
risques alimenter la cartographie souterraines
connaissance IGN et
sur les -Respect de marnières
risques l’échelle 1/25 sur sa
000 commune

-Réalisée à L’habitant
partir de la base est surpris
de données sur par la
les cavités survenue
souterraines du
présentes sur le phénomène
site du MEDDE et
est en
Autres : danger

-Possède une «
résolution »
nette
-Possède des
données justes
et complètes
(tous les aléas
concernés)
-Possède une
sémiologie
229
Annexes

adaptée
- Modélise
l'espace
géographique
afin qu'il
réponde à
l'utilisation
prévue
- Possède des
couleurs
harmonisées et
adaptés au
message
- Posséder une
légende
ordonnée et
explicite

230
Annexes

Composant Fonction Mode de Causes Indicateur/ Effets


14 technique défaillance possibles de Détection possibles de
la défaillance la
défaillance
Où -Informer -La fonction La Indicateur basé L’habitant
s’informer pour faire « Informer réglementation sur la ne prend pas
pour en prendre pour faire n’est pas réglementation : conscience
savoir plus conscience prendre respectée Mention de du risque
du risque conscience contacts,
du risque » N’est pas numéros de L’habitant
-Informer est conçu/réalisé téléphone et n’accepte
pour défaillante pour susciter liens internet pas le risque
favoriser l’attention
l’acceptation -La fonction Autre : La mémoire
du risque « Informer -Type de police du risque
pour utilisée n’est pas
-Informer favoriser -Nombre de maintenue
pour l’acceptation couleurs
favoriser la du risque » utilisées L’habitant
mémoire du est -Association ignore qu’il
risque défaillante des couleurs peut
pertinente s’informer
-Informer -La fonction d’une autre
sur la « Informer façon
détection pour
d’un favoriser la L’habitant
phénomène mémoire du n’alimente
risque » est pas sa
-Faire défaillante connaissance
connaitre les sur les
bons gestes -La fonction risques et sur
à tenir en « Informer leur
cas de sur la prévention
survenue détection
d’un d’un
phénomène phénomène »
est
défaillante

-La fonction
« Faire
231
Annexes

connaitre les
bons gestes à
tenir en cas
de survenue
d’un
phénomène »
est
défaillante

232
Annexes

Composant Fonction Mode de Causes Indicateur/ Effets


15 technique défaillance possibles de Détection possibles
la défaillance de la
défaillance
Numéros de -Informer La fonction La Indicateur basé L’habitant
téléphone sur la « Informer réglementation sur la ignore qui
d’urgence détection sur la n’est pas réglementation : contacter
d’un détection respectée -Mention des en cas
phénomène d’un numéros des d’urgence
phénomène » N’est pas contacts
-Faire est conçu/réalisé suivants : L’habitant
connaitre les défaillante pour susciter police, sapeurs- se met en
bons l’attention pompiers, danger
réflexes à La fonction Samu, EDF,
adopter en « Faire GDF…
cas de connaitre les Autres :
réalisation bons réflexes -Type de police
d’un à adopter en utilisée
phénomène cas de -Nombre de
réalisation couleurs
d’un utilisées
phénomène » -Association
est des couleurs
défaillante pertinente
-Expliquer les
phases où il est
ou non interdit
de téléphoner

233
Annexes

Composant Fonction Mode de Causes Indicateur/ Effets


16 technique défaillance possibles Détection possibles
de la de la
défaillance défaillance
Equipements Faire La fonction La Indicateur basé sur L’habitant
à avoir en connaitre « Faire réglementat la réglementation : ne possède
permanence les bons connaitre ion n’est -Mention de chacun pas tout ou
chez soi afin réflexes à les bons pas des partie des
d’être prêt adopter en réflexes à respectée équipements minim équipement
cas de adopter en um requis à sà
réalisation cas de N’est pas posséder chez soi : posséder
d’un réalisation conçu/réalis radio portable avec chez soi en
phénomèn d’un é pour piles de rechange, cas de
e phénomène susciter lampe de poche, survenue
» est l’attention eau potable, d’un
défaillante réserves phénomène
alimentaires,
matériel de L’habitant
confinement, est pris au
trousse de dépourvu et
pharmacie, papiers peut être en
personnels, danger
médicaments
urgents,
couvertures,
vêtements de
rechange
Autres :
-Explication de leur
utilité et de leur
importance en cas
de phénomène
-Présence de
schéma, de
pictogrammes

234
Annexes

ANNEXES 2 : Méthodes de traitement du logiciel


IraMuTeQ

235
Annexes

1. Pré-traitement ou Préparation du corpus

Pour produire les différents résultats le logiciel réalise une lemmatisation du corpus,
c’est-à-dire que les occurrences sont réduites à leur racine ; les verbes sont ramenés à
l'infinitif, les noms au singulier et les adjectifs au masculin singulier. Les occurrences
correspondent au nombre total de mots du corpus. Le nombre de formes correspond
aux formes de mots trouvés différentes. Il est ainsi inférieur au nombre d’occurrences.
Les formes actives correspondent aux adjectifs, adverbes, formes non reconnues, noms
communs et verbes. Les formes supplémentaires sont les mots outils c’est-à-dire des
mots de liaison ou des déterminants. Les hapax sont des occurrences dont la fréquence
est unique. Pour faciliter les analyses le corpus est segmenté. Faire des segments de
texte permet à IRaMuteQ de découper les textes longs (cas d’entretiens par exemple) en
unités plus petites (les segments de texte). Ce découpage peut se faire en fonction d’un
nombre d’occurrences (cas par défaut), d’un nombre de caractères ou de paragraphes.
Ici la segmentation est faite toutes les 40 occurrences.

2. Les différentes analyses réalisées

Nuage de mots : Il permet de visualiser quels sont les mots qui ont la plus forte
occurrence entre les différents éditoriaux. Plus les mots vont être inscrits en gros
caractères et centrés, plus leur fréquence d’apparition est forte et inversement.

Graphe de similitudes : Pour aller plus loin dans cette analyse de fréquence de mots,
nous étudions leurs cooccurrences. L’indice de cooccurrence correspond à une
apparition simultanée de deux ou plusieurs éléments ou classes d'éléments dans le
même discours. La cooccurrence est déterminée au niveau du segment de texte. Ainsi,
l’indice de cooccurrence correspond au comptage du nombre de segments dans lesquels
une forme est associée à une autre. Par exemple, un indice de cooccurrence de valeur «
10 » entre deux formes signifie que ces deux formes apparaissent ensemble dans 10
segments de texte.

Une analyse de réseaux de mots est réalisée à l’aide d’un graphe de similitudes. Cette
analyse met en œuvre les concepts de la théorie des graphes utilisés en Analyse des
Données Relationnelles (Analyse de réseaux). Dans notre analyse, classiquement, les
formes/mots sont les sommets du graphe et les arêtes représentent les cooccurrences
entre eux. Plus la taille des mots est grande, plus ils sont fréquents dans le corpus, plus
les liens/arêtes sont épais, plus les mots sont cooccurrents.

Classification : le nuage de mots et le graphe des similitudes permettent de


représenter tous les mots du corpus, et donc le message global porté par le discours sur
un même plan en 2D. Les dendrogrammes résultent d’un travail d’analyse plus
recherché sur un plan différent ; l’analyse est guidée par la génération d’une
classification. La classification de Reinert permet de classer les formes dans des classes
dans lesquelles les formes sont regroupées selon leur indépendance mesurée par un test
236
Annexes

au Chi².Une nouvelle fois la taille du caractère dans les classes dépend de la fréquence de
la forme.

AFC : L'AFC, basée sur des calculs d'inertie du nuage de mots que constitue un corpus,
fait davantage apparaître les oppositions ou rapprochements. Elle détermine pour cela
des facteurs (des vecteurs propres de la matrice d'inertie) sur lesquels les formes se
distribuent. À la notion d'appartenance à une classe se substitue ainsi celle de distance à
un axe d'inertie. Leurs représentations graphiques du nuage de point sont
bidimensionnelles, dans l'hyperplan défini par les deux premiers facteurs puis pour les
deux suivants.

237
Annexes

ANNEXES 3 : Tableaux de recensement des points


de vue positifs, négatifs et de suggestions
d’améliorations par les habitants interviewés

238
Annexes

1. Commentaires positifs et négatifs des interviewés

1.1 Commentaires positifs

1.1.1 Commentaires positifs généraux sur le document

Positifs Fréquence (nombre


d’interviewés ayant
donné l’élément)
Document intéressant, utile, permet d’apprendre des 9
choses, de prendre conscience
Le nombre de pages est satisfaisant 5
(signifie rapide, clair)
2 pages par risque c’est bien 4
Le format en A5 est parfait, comme une notice qui ne 4
prend pas trop de place
(peux le laisser sur plan de travail, sur un table avec les
autres documents, accessible de suite), plus facile à
transporter
En format papier, bon moyen d’informer les gens avant 4
en prévention
Le document a l’air plutôt bien fait 3
Si le document est reçu dans la boîte aux lettres alors il 3
est lu et conservé
Rubrique risque concise : titre, risque numéro 1, carte. 3
C’est beau 2
Sommaire bien aussi, permet de voir le nombre de pages 2
Double page en recto-verso appréciable pour ne pas qu’il 2
y est trop de pages
Permet de voir qu’il y a quand même pas mal de zones à 2
risque
Peut contredire certaines idées reçues que l’on a sur la 1
façon d’agir
1ère page classique tu sais tout de suite de quoi ça parle 1
Si reçu dans boite aux lettres sera parcouru et gardé 1
N’a pas souvenir de où le document a été rangé 1
En aurait parlé à d’autres personnes dont la maison est 1
jugée en terrain dangereux
239
Annexes

Pense que c’est dans l’ordre d’importance l’apparition 1


des risques et trouve ça bien
A reçu le document 1
Possible qu’il soit relu 1
C’est assez clair 1

1.1.2 Commentaires positifs sur le réglementaire

Positifs Fréquence (nombre


d’interviewés ayant
donné l’élément)
Mieux surveillés maintenant, bien 2
qu’ils ferment les massifs
C’est bien qu’il y ait un document 1
comme ça parce que signifie respect
de la loi
Beaucoup de progrès ont été fait en 1
40ans vis-à-vis des feux de forêt

1.1.3 Commentaires de forme positifs

Positifs Fréquence
(nombre
d’interviewés
ayant donné
l’élément)
Global Ce qui attire l’attention : carte, un 3
peu « Origine et Prévention » puis
consignes. Plus de temps passé sur
les consignes et la carte
N’est pas trop chargé visuellement 1
Couleurs Plus efficace en couleurs qu’en noir 8
et blanc, permettent de mieux
comprendre les informations, plus
facile à lire
Le rouge et le jaune « c’est bien » 1
Les 2 situations dans les consignes 1

240
Annexes

incendie (nature/à pied) ont des


couleurs différentes ce qui permet
de bien distinguer et donc de
savoir qu’il y a 2 contextes
différents pour réagir
Utilisation de la couleur 1
pertinente : bleu ce qu’il faut faire,
rouge ce qu’il ne faut pas faire
Photo Les photos aériennes de la ville 1
appuie le risque pour TMD et
gazoduc car on voit des maisons,
bâtiments, hyper concentrés donc
on se dit que ça pourrait être très
dangereux
Pas d’autres photos nécessaires 1
Pour le risque incendie 1
l’association entre la photo du feu
en arrière-plan, puis les couleurs
oranges, puis la mention risque n’1
suscite émotion
Carte Cartes bien faites malgré le noir et 3
blanc
C’est bien que les cartes aient 1
toujours la même échelle
Pictogrammes Les consignes écrites en gros et les 2
dessins attirent l’oeil
Pictogrammes associés aux 1
consignes appréciables

241
Annexes

1.1.4 Commentaires de fond positifs

Positifs Fréquence (nombre


d’interviewés ayant
donné l’élément)
Plusieurs informations utiles : numéros utiles, 2
consignes
Les consignes sont claires 1
Pense que ce sont des gens informés qui ont 1
fait la partie consignes
C’est bien d’indiquer les zones où l’on est 1
confronté aux risques
Le fond est intéressant 1

242
Annexes

1.2 Commentaires négatifs

1.2.1 Commentaires généraux négatifs sur le document

Négatifs Fréquence (nombre


d’interviewés ayant
donné l’élément)
Ne connait pas l’existence du DICRIM 8
Va au mieux être lu mais qu’une fois et au mieux garder mais 4
chez soi dans un coin. Sous cette forme pas suffisant
Pas consulté si phénomène car pas le temps 5
Trop d’informations tue l’information, risque d’être confus, 2
trop de texte risque de fatiguer voire repousser
N’a pas souvenir de la double page sur Gazoduc 1
Bien qu’il soit sur internet mais n’aurait pas l’idée d’aller sur 1
internet pour voir les risques de la Ciotat
Après avoir feuilleté le contenu pense que le risque incendie 1
est le seul plausible
N’intègre pas les informations sous les yeux car m’explique des 1
choses qui contredisent ce qui est dans le DICRIM
Reconnais que si on lui avait distribué ne l’aurait que 2
succinctement survolé
Pense être plus confronté au risque de pollution marine qu’au 1
reste
Ne garderait pas le DICRIM 1
Comme ne l’a pas reçu pense que la mairie ne l’a peut-être 1
diffusé qu’à ceux dont la maison était située en zone à
risque(s)
Pas convaincue qu’il puisse y avoir un mouvement de terrain à 1
La Ciotat
Le titre n’interpelle pas assez 1
Diffusé il y a trop longtemps 1
N’irait pas le chercher à la mairie 1
Format A5 on risque de le perdre chez soi 1

243
Annexes

1.2.2 Commentaires négatifs sur le réglementaire

Négatifs Fréquence (nombre


d’interviewés ayant
donné l’élément)
N’avais pas connaissance des autres risques présents sur la 1
Ciotat à part inondations et feux de foret
Les gens ne connaissent pas le système de fermeture des 1
massifs (couleurs)
Les vallats ne sont pas assez nettoyés, pourrait être dangereux 1
Pense que le document sert surtout à faire de la propagande 1
politique s’il n’y a pas d’exercices qui vont avec

1.2.3 Commentaires de forme négatifs

Négatifs Fréquence
(nombre
d’interviewés
ayant donné
l’élément)
Global Est perturbé par le fait que ce soit imprimé moitié sur une 2
page moitié sur l’autre pour ce qui est de la carte
Ne sait pas s’il y a une hiérarchisation dans la présentation 2
des différents risques de la Ciotat
Ne donne pas envie de lire 1
N’est pas attractif 1
Fait « daté » 1
Couleurs En noir et blanc confusion de ce qui est représenté sur la 2
carte pour les inondations (vallats)
En noir et blanc n’a pas vu les photos en arrière-plan 1
Les couleurs manquent de qualité au niveau des cartes, 1
dessins. Inquiétude pour les malvoyants
Manque de couleurs 1
Un peu trop de couleurs 1
Photo Nombreuses photos mais pas homogènes et pas adaptées 3
au sujet
Manque de qualité des photos 2
Photo sur les incendies cachée derrière, trop vilain. Si elle 1
244
Annexes

n’y était pas c’était pareil.


Carte Les cartes ne sont pas très « belles », on peut faire mieux 3
avec les outils actuels. Ses informations ne ressortent pas
assez
Ne parvient pas à lire les cartes, caractères trop petits 2
Les images ne sont pas « belles », donne le sentiment que 1
le document est « vieux »
Difficile de bien comprendre la limite des zones sur la 1
carte
Toutes les légendes ne sont pas uniformes et sont placées 1
à des endroits différents
Texte N’a pas lu le paragraphe en majuscules des rubriques 2
risque
La forme est à revoir (harmonie des polices, des 2
positions….)
Les éléments en rouge au détriment parfois de ce qui est 1
en noir
En noir et blanc les phases pendant/après dans les 1
consignes ne ressortent pas assez
Perturbé par le titre « Sommaire » qui est au milieu de la 1
page

1.2.4 Commentaires de fond négatifs

Négatifs Fréquence
(nombre
d’interviewés
ayant donné
l’élément)
Le risque TMD est mal défini/expliqué 4
Pour le risque TMD que signifie les termes « voie structurante… » 3
Amalgame entre cours d’eau en eau et temporaire, stagnation des eaux 3
pluviales
Définition du terme vallat
Editos : « truc qu’on ne lit jamais », un peu inutile, c’est la tradition, 3
« 1/10 pers doit le lire »,
Sauterai la page par réflexe
Même si ce n’était pas le maire qui l’a écrit, c’est juste le titre « édito »
qui dissuade

245
Annexes

Pas de source sur les études réalisées notamment pour faire les cartes 2
et sur les données utilisées
->pb de confiance (légitimité sci et tech)
Manque d’explications sur la façon dont les cartes sont faites 2
(détermination des zones à risque, à haut risque,…)
Consignes pour les incendies datées et qui « ne tiennent pas la route » 2
Pas d’infos sur les submersions marines 2
Ne savent pas où se trouve le lieu de regroupement 2
Pas d’infos sur la pollution de la mer 2
(station épuration, orages, pétroliers…)
« Origine du risque, source de chaleur » explications sur le phénomène 1
feu de forêt datées (avis d’experte)
Manque d’explications sur la façon de comprendre la carte (que signifie 1
zone à risque)
N’est pas convaincue 1
Comment la population est-elle informée lorsque le phénomène 1
survient ?
Pas de consignes sur l’alerte et s’il y a elle ne saute pas aux yeux
Ecouter la radio c’était bon pour il y a 40ans 1
Beaucoup de numéros sans doute un peu inutiles 1
Pb de confusion entre mouvements de terrain et séismes dans la même 1
rubrique
C’est un peu nébuleux (vocabulaire, cartes) 1
Certaines consignes, la personne aurait fait l’inverse tel que « rentrer 1
dans le bâtiment le plus proche » (pour incendie), ne semble pas
logique, idem du mal à comprendre les consignes du séisme « éloignez-
vous de la zone dangereuse/ rentrer dans le bâtiment »
« Ruissellement » n’est pas un terme qui fait dangereux, ne fait pas peur 1
Se demande s’il y a déjà eu des grosses inondations à la Ciotat 1
Signification : surveillance très régulière des mouvements déclarés ? De 1
quels mouvements ? Du sol ? De quoi ?
Pas d’informations sur les tornades 1
Ne sais pas s’il y a des usines dangereuses classées Seveso à La Ciotat 1
Se demande s’ils sont sur une faille : montre que le risque sismique est 1
très mal (voir pas du tout) explicité
N’a aucune info sur l’alerte, ce qui va le prévenir en cas de phénomène, 1
pas du tout sensibilisé
Pas d’explications sur le gazoduc en termes de propagation du 1
phénomène
Numéros de téléphone datés (jusqu’à 2006) 1
Les risques connus, ne sait pas s’ils sont « probables ou pas » 1
246
Annexes

Confusion, mauvaise interprétation de la consigne « ne pas allez 1


chercher ses enfants à l’école »
Confusion, mauvaise interprétation de la consigne « ne pas téléphoner » 1
(pour Gazoduc et TMD)
Manque l’indication « Évitez les parkings souterrains, abandonnez 1
votre voiture ».
Irait chercher son enfant à l’école, notamment par inconscience de la 1
dangerosité de certains phénomènes, et parce que pas informer sur les
dispositions prises par l’école pour ces situations-là.
Ne comprend pas le terme « strates » (risque incendie) 1
Doute/remise en cause de certaines consignes 1
Le 1er réflexe c’est de vouloir partir, fuir le phénomène 1

2. Suggestions d’améliorations :

Améliorations à porter Nombre


d’interviewés
qui ont fait
cette
remarque
DICRIM Le distribuer dans toutes les boîtes aux lettres 4
global Le réactualiser et l’affiner 3
Le diffuser par le biais de la lettre d’information qui est 3
transmise actuellement par internet ou dans le bulletin
mensuel de la mairie, inséré à l’intérieur
Mettre les consignes téléchargeables sur le site internet 3
de la Mairie ou sur les réseaux sociaux type Facebook ou
sur une application mobile
(->mieux facebook car plus rapide qu’une application
pendant un phénomène, surtout l’application n’est pas
téléchargée)
Mettre quelques photos de phénomènes plus parlantes 3
et visibles mais pas trop non plus pour ne pas capter
toute l’attention du lecteur (ruissellement, ravinages…)
Donner des brochures aux touristes avant l’été 2
Mieux en couleurs qu’en noir et blanc 2
Faire quelque chose pour que les gens retiennent les 2
informations, le distribuer tous les ans ou autres. Mais si
tous les ans faut qu’il soit différent tous les ans
247
Annexes

Serait bien que le document soit récupérable à l’Office 2


du Tourisme ou différents endroits (chez le médecin…)
Pendant la crise il faudrait des alertes mail ou sms 2
envoyés par la ville et reçu sur les téléphones pour les
consignes à suivre.
Applications, réseaux socio aussi. Plus on met de
moyens de diffusion plus on prévient les gens (signaler
leur existence à la fin du DICRIM)
Les cartes devraient être plus grandes, une échelle plus 2
importante
Les cartes devraient être plus lisibles 2
Explications sur la hiérarchie des risques, sur leur ordre 1
d’apparition dans le DICRIM. Le faire permettrait de
rassurer les personnes. Hiérarchiser en probabilité
d’occurrence, en probabilité de dommages.
Faire des brochures qui expliquent bien tout pour 1
chaque risque et bien spécifié qu’il existe.
Si diffusé dans le journal communal bien indiqué 1
« numéro spécial »
Format numérique ça peut être mieux, en plus du 1
format papier (pas tout le monde qui se sert vraiment
d’un ordinateur)
Le visuel mériterait d’être un peu retouché niveau 1
qualité mais pas besoin de beaucoup de « boulot »
Page détachable à mettre sur le frigo avec les consignes 1
et numéros : ok mais avec moins de numéros
Ordinateur moyen, téléphone plus pour les jeunes, 1
Garder en papier mais ça serait bien de le faire en livret
comme ça en couleurs
« Ce serait bien qu’il y ait un document qui soit vraiment 1
spécifique aux risques qu’on encourt sur la Ciotat »
Il faudrait une petite explication accompagnant la carte 1
pour expliquer ce qui détermine la différence entre zone
à risque et à haut risque
Faire de la publicité du DICRIM (envoyer prospectus, 1
l’afficher dans bâtiment….)
Doit attirer l’oeil 1
Définition de « plan d’urgence » 1
Pas dans un calendrier car ne sera pas sorti au dernier 1
moment
Homogénéisation des cartes 1

248
Annexes

Mettre en évidence qui est confronté au risque incendie 1


dans la Ciotat, pas que en fonction de zones à risque qui
devrait être défini. Notamment habitation en interface,
habitat-forêt où il y a le risque le plus haut
Pour convaincre qu’il y a bien des sismographes, mettre 1
une carte avec les points des capteurs
Rajouter le nom des zones sur les cartes, le nom des 1
quartiers (touristes)
Pas une carte multi risques, si on met les couches les 1
unes sur les autres on n’habite plus nulle part
Faire des cartes plus colorées 1
En noir et blanc il faudrait modifier les graphismes, par 1
exemple des points et des carrés au lieu de traits, pour
mieux distinguer
Photo Il faudrait une photo de précédents dégâts à la Ciotat 2
ainsi qu’une mention d’évènements antérieurs (petit
encadré avec nb victimes, date, coûts travaux….)
Il faudrait des photos sur la page de couverture. Une 2
photo d’inondation, une photo d’incendie, où les gens
sont cernés par les flammes pour que, pour que ça incite
à ouvrir…
Une photo qui montre des ruissellements pour le risque 1
inondation
Contenu Définir ce qu’est un risque, une vulnérabilité, une zone à 3
haut risque…
Devrait y avoir mention de la pollution de la mer 2
Dans les rubriques risques mettre le contenu du 1
paragraphe en majuscules
au-dessus de la carte en guise d’introduction
Indiquer s’il y a des périodes plus à risque 1
Indiquer ce que les gens peuvent faire déjà en 1
prévention, et pas uniquement la mairie
=(lien avec édito axé mairie), ou ne pas faire
Ne parle pas ou presque des ppr 1
Bien distinguer entre le risque chez soi et le risque peu 1
importe l’endroit où tu te trouves
Distinguer numéros utiles pendant le sinistre et après 1
Pas trop d’informations, mettre l’essentiel et des 1
éléments percutants, vraiment adaptées quelle que soit
le type de personne, très compréhensibles
Mettre des sites internet associés aux numéros utiles 1

249
Annexes

Mentionner un suivi des phénomènes passés de La 1


Ciotat
Il faudrait demander leur avis aux pompiers, s’adresser 1
à des professionnels
Mettre plus d’éléments scientifiques 1

Indiquer également les risques qui ne sont pas présents 1


sur La Ciotat pour rassurer (ex : submersion marine)
Rassurer à une échelle plus global (changement 1
climatique…)
Consignes Ajouter des informations sur le seuil à partir duquel 3
quand il pleut fort il ne faut pas prendre sa voiture pour
se déplacer quand ça peut être évité
Il faut aussi bien distinguer si le phénomène est en train 3
de se produire là où l’on se trouve soi-même, là où se
trouve l’enfant ou les 2
Indiquer où se trouve le lieu de regroupement 2
Pour inondation mettre dans les consignes : ne pas 2
entrer dans les parkings
Plutôt regarder votre tv ou votre portable qu’écouter la 1
radio
Bien distinguer ne téléphoner pas aux amis mais par 1
contre secours ça oui
Porter des précisions, est-ce que par exemple on a le 1
temps de suivre toutes les consignes durant le
phénomène (fermer ceci…)
Mieux formuler /expliquer les consignes 1
Devrait mettre plus de couleurs, ou bien du gras pour 1
bien faire ressortir les consignes qui sont le plus
important d’après elle
Couleurs Des tons de bleu et blanc plutôt que rouge seraient bien 1
pour s’accorder avec le logo de la ville de La Ciotat
Inondation Pour ruissellement il faudrait une photo avec un torrent 1
d’eau dans une rue, des voitures emportées….
Faire apparaitre de façon plus distinctive visuellement 1
qu’il y a des aménagements pour rassurer
Mieux définir les vallats 1
Transports Mettre des définitions des différents types de voies pour 5
de Matières TMD et s’il y a une hiérarchie pour chacune
Dangereuses
Incendie Faire le lien avec tous les sites qui existent, ex la 2
250
Annexes

préfecture avec les arrêtés.


Ajouter des liens vers ce qui existent en termes de 2
réseaux sociaux…
Clairière, écran rocher, mur : ne sert à rien 1
linge humide : difficile d’en avoir un dans la nature
Edito Plus utile si l’édito c’était une page intro avec 1
définitions, but du dicrim sans le mot « édito » qui est un
message politiquement correct
Il faudrait faire des simulations chaque année 2
Informer par la tv 2
Il faudrait une prévention sur le débroussaillement 1
avant l’été aussi
Bien que la mairie sensibilisent les gens tous les ans, par 1
sondage par exemple (comme on fait nous) pour
recueillir l’avis des personnes en termes de vécu
Un livre qui répertorie les risques, les catastrophes qu’il 1
y a déjà eu sur La Ciotat
Expliquer la prévention sur les massifs (évaluation 1
quotidienne)
Devrait faire d’autres trous comme celui du vallat de 1
Roubaud pour récupérer l’eau et éviter le ruissellement
Il faudrait mettre des drains plus importants pour éviter 1
que les égouts débordent
Faire comme la croix rouge qui a fait des démo sur la 1
plage

251

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