Vous êtes sur la page 1sur 500

B)anc

8°Lb5S2~i

de

~Mf~

S~met,

ti.

i~~i

Â(l)

Y~

Antoine

RESTAURATIONFRANCAtSË.

~L~

~ot

('~

RESTAURATION

FRANÇAISE

t'AK

A. BLANC DE SAINT BONNET.

XOUVKt.t.KLPtTfox.

TOURNAI

V H. CA.STERMAN

PARIS

M.t.tROCM. HBKUBtt-ettUttt, Rue Bentptfte. M.

A

LEIPZIG

t-t.KtTTm.comUMtOMttmUt,

)!

v

OMMttMM, M.

Ti)H'it)''uit~«'i.

AV~msSEMEKTDE L'ËUITKt'n.

Ls momentest venudo rendrean

événements apportent une si sérieuseet

Lorsqu'ilparut pour la

<')-o!re que los

pubtio ce livre auquel los

si terrible connrm~x't).

première fois, personne n'aurait pu

désastres politiques, nnoneiers et morauxannon-

si cruellement frapper la

<'M par t'autsur. dussentsi tôt et

France et

ébranler l'Europe entière.

Co livre.

suscité pourproduire des convictions, estle premier

Francoqu'euepérissait parce

plus

socialisme qui s'avançait

classes nouvelles, los invitant,si ellesno vou-

périr la nation, à reveniraux principes de touto

la France que ses popu-

'lui ait publiquement déclaréà la

'ju'ttiie s'éloignait de Dieu Nous découvrantles lois les

profondes de la société, montrant le

d~&pour

Révolution devaient,non-seulement avorter,maisconduirela o'itiiiationà

détruire, expliquantpourquoi les tentativesde la

sa ruine, dénonçant tes erreurset les

maux qu'en-

tMH~Mntlos taient pas voir

vraie aristocratie,enfindéclarantà

lations allaientêtre arrêtéesdans leur accroissement, et qu'elle

prenait ette-méme,depuis bientôt un siêclo,Iec))emindu démom.

brementet de la

sur les questions que los événements sont venusbientôt vul-

captivité, cesfortes pages apportaient la lumière

Vt

.AV)!MtSSt!MEt<')'))X).'KU)T)!f;)t.

garder. mais sans nous arracherà nos chimèreset A notre situation. Personnealors ne voulaitcroire que ta Révolutionentière n'était qu'une masse d'erreurs. Ces erreurs étaient signalées, les vérités démontrées. tes

grands maux annoncés, et les plaies do ta société mises à décou.

vert ainsi que

ouvrir les yeux sur h

vraie monarchie, dès lors préserver la Francodu 2 Décembre et deht Kt-iedes malheursdans lesquels attaientla jeter ses erreurs économiques et politiques, cet ouvrage est rempli de

pages en quetque sorte prophétiques. En outre, il a laissésur

fa théoriedu cupita), do la

rhereditë,une trace profonde dansla science.Ondit maintenant

que An RM<a;«'a~ot! /faH;'<«M, donton no

d'hui d'cxomplaircs, semble inspiréepour tes circonstances

prosentes, et sa

tous tes esprits. C'étaittout arracherd'un seul coup à la Révolution, que de

démontrerd'unemanièresi

entièresur lu mérite, filsdo la liberté humaine.Quelleest en

effet la sourcedu capital, la sourcede la

losvrais moyens de les guérit'. Ecrit pour nous

grandeimposture, nousramenera la

propriété, de l'aristocratio et do

trouve plusaujour-

réimpression nous parait un serviceil rendrea

puissanteque la société repose tout

propriété! Le mérite.

viennent protépfr

Quette est la source de la duréeet de t'étévationdes familles,

):(sourcedes aristocraties? Le mérite. Que

les

produit et soutientla civilisation?Le mérite.Et d'où nait te

fois?Lesmérites acquis. Quiformeet étévenos maaurs. qui

tnérite?D'uneliberté plongeant ses

racines dans la religion

''hrétienne.Leslois sortantdes mœurs, les

et la vertudola Foi, lechristianismecontientle

dessociétés modernes, et notrecivilisationse trouveici

danstousses éléments, dans sa totalité.Ellose reconstruitsous

nos yeux telle que la

On n'avait pas encore répondu d'unemanièreaussi péren)- pt"ire Ala Révolution, en opposant les droitsdo la libertévori- t.)b!eà ceuxde la libertéfausse.Maisil fidiititen même temps montrerà ces droits légitimes, à ces familles, à cettebour- t;e"isie, a t'aristocratio, à la société,qo'eites perdaient lour

mœurs de la vertu,

force végétative

légitimée

Providencet'edino depuisquatorze siècles!

1

l,

)

r

AVHKTfSSKMKNfUEL'KDtTEUH.

V)t

leur

misèreles

que io vice et

avaient engendréspar terreur. Ajoutezqu'un te! livrefutécritil

héritage, parcoqu'ellesperdaient loursvertus; que

la

menaçait, parcequ'elles rivaient produitepar la luxe

l'envieallaientles dévorer, parcequ'elles tes

y a vingt.trois ans1

époque dont il venaitbriserles illusions. H y

lumières trop vives pour ne

pas éblouir. Cepen.

point dovue

ftfa. narrn ntt'a)(«!tnnffttttant )o!tp!tvaphto- nna k

Un ouvrage de cettenatureno pouvait être entièrementcom-

pris par uno substituaitdes

dantles esprits étevos, frappés da la grandeur du

et de l'assaut inattendulivréa la Révolution, accueillirentLa

/<!t<fa<<oM française avecun enthousiasmedontles traces

existentdans les comptes-rendus de

et ces diverses impressions vontnousservir icid'introducteurs et

la

presse. Ces jugements

d'interprètes.

Sans

cottnahro l'auteur,Monseigneur te Comtede Chambord

recevant l'ouvrage,qu'il avait déjà donnél'ordre

lui écrivit, en

de le (airevenir. Onne pouvait enfaireun plus bel etoge.

De son côte,

une feuille exceptionnclle en Franco, toujours

siècle par la supériorité de ses doctri-

au dessusde son

nes, L'UNIVERS, sans mieux connaitro fauteur, lui consacrait

troisPremiers.Paris (10, 12 et 14 mai 183t), com<ueu<;ant par

ces mots significatifs de sa part NousMOMt'e<o)<cMStuut

en~'f)' dansce livre, sorti d'uneâmevraiment catholique En lisantcesfortes pages, onadmirantla lumière qu'elles envoient au fonddo toutesles erreurset de tousles maux, nousnous disons Quel malheur qu'on ne veuilleni voirni entendre Exprimer la véritéavectant do puissance, et crier dansle désert! L'autourlui-môme, sachantbi~n que l'hommefaitcas uniquement de sa propresagesse, dit i toutinstant La parole est aux faits! Ce sont là désormaisnos docteurs; il faudra les

écouterou périr. Suivantle pieux écrivain, la grandeexpérience

do la

moraux, à

pas commentla société pourraéchapper à

cessedecreusersousses pieds. Ce livre, non-seutement apporte des conseilset des menaces, maist'6videnoesouverainedes lois qui gouvernent te monde.Les plaies sont à nu, tous les pro-

Révolutiontoucheà son terme.Sans exposer les faits

ne prendreque la situation économique, on ne voit

l'abimo qu'elle ne

t-Ut

AVERTtSSEMEUTDE L'ËftTËUR.

Mêmes sont déliés, toutes les questions rdsotuae. Après

démontra avec dos arguments irrMistibtesles vérités éoono-

miq'te'! que

lesfondements également divins de ta politique, et prouveque

e'ciit uniquement au point

hommes peuvent être rëettoment gouvernes. En cher.

chant dans quelle classeest le ma), fauteurconsacre à ta bour.

peaisio un

qui épouvantent. Le

que

nos erreursmoralesont cbrantces, l'autour oxpose

blêmes sont déliés, toutes les questions rdsotuas. Après

avoir

de vue de lour destinée spirituelle

les

chapitre d'uneforce et malheureusement d'unevérité

mal,ajouto.t-it. est rcligieux, Révo-

jution est religieuse, le remèdo est religieux, nousno guéri.

rons que retipieusemont. Suitalors un compte rendu formé

.)<; citations, et M.

peut donner qu'une idée

laquelle le philosophe chrétienburiuonotresituation.H faut

pMerchaque ligne

jourspuissante et

)) saitdonner un tour qui les ravive, et danslescoins inoxptorés

il réussit à jeter <teta

dans tes problèmes do la science économique les

esprit vraiment supérieur profonde et limpide; ses

transparentes. En

conséquencesqu'enveloppent tes

le plus souventavecun rare

tnm's les questionspendantes

tiht'rté ittimitee de l'homme, la formation do la société, l'art

gouverner, la république, ta royauté, ta toi, te droit divin, ta

d.j

la souverainetédu peuple, la

Roux-Lavergne continue: Notre analyse ne

imparfaite do la mate vigueur avec

et méditerchaque mot.Sa pensée est tuu.

son effortbien appuyé. Aux véritésconnues,

tumièro et de fétides aperçus. H montre

qualités d'un

le bon sens, la

pénétration, la vue

thèses métaphysiques sont formes<'<

quelquesphrases courtes, il fait toucherles

ptusgravesquestions, 11résout

bonheurde logique et d'expression

de l'Europe

solution conçue par uno conscience

tepitimitc. t'intaittibitité.etc., etc. L'ordredu jour

f."=tfit tout entier, avecune

<;at))"tique. Chacun puisera do généreuses persuasions danscet

respire le parfum d'unemâle vertu. L'heure pte-

ce secours on'ertaux amos par

une âme pleine de nobteoe et du

s'-nto donne un grandprix à

<m\rage qui

un esprit vigoureux et par

droiture. » Lecomte de Montatembort. après avoirdit toutce qu'il avait fait pourpropager l'ouvrage, écrivaita l'autour Votrelivre

de La /<<M~«)-«<«M/WMC(<M a étevé a tcur ptu~ haute puis.

AVRRTtMKMKMTDu t/KUtTE'tt. lx.

sancodansmon âme tous los sentiments quo

mon âme tous )os sentiments quo

m'avait inspirés

m'avait inftpires

votre précédente pubtication sur /,« ~o«<et«'.Je

déclarerce )iv)'ole

ait parudepuis le comtede Maistre.Jo lui ~rai

reproci)e d'être trop ptein. Votre langageest tropconcis, et

peut.

êtreavez-vouseu le tortde vouloirtout direà la fois. Mais je voux quo vousme teniez pour votraadmirateuret non pour

votreflatteur.Ceh dit, je

meSens ptus a l'aise pour vousdécla.

dontopublicationsur /,« ~o«<et«'Jon'hésitaoasÈ

n'hésite pas a

plus/<!MC, le ptus/b~ et le

pluspleinqui

volontiersle

rer que. selon moi, parmi nos contemporains, nul n'a vu de si

hautni plus loin <)uo vous. Je partage toutes vos convictions, toutesvos appréhensions, toutesvos répugnancesj'adhère piui.

nementà la

plus on vous, c'est 1

osé dirotoutela véritésur ht

l'aristocratie.C'étaitce dernier pointqu'il étaita lafoisle plus

plupartde vos jugements. Maisce quej'apprécie )o

courage sout, jusqu'àprésent, vousavea

bourgeoisie, sur to clergé, sur

esMntietet le

plus dinioutteen maitro,– Tout estlà tant

a

la

f'egajitén'est autre choseque laoonsecratton impie et mon<itrueuse

dol'orgueil, le salut socialsera impossible. Je vousfélicitode

la

di<ncitade toucher.Vousave~abordéla

qu'on n'aura pas

réussi

confondredans une réprobation communela Revotutionet

démocratie, tant qu'on n'aura pa~.reconuuque le cfo~Me de

profondesagesse des conseils quo vousadressMau clergé.

Je vousfélicitesurtout d'avoirreconnula veritabtti origine de

nos maux dans la Renaissance,qui a déprave et bouJovoMM l'Europe chrétienne. J'apporterai un jour quelquesprouvas A l'appui de votre thèse, si Dieume permet d'achever l'ouvrage

pour

aura pour titre /oo'e de la

lequel j'amassedepuisquinze ans des matririaux, et qui

Moat~MneedM po~a'~Hte,

D'iei-ia,pHr-

ntettex-moi (t'espérerquojo pourraicompter sur votrecolla. boration, si je viens à bout. de concertavecM. Donoso

Certes et M. Louis Veuillot,d'établirun Recueildestinea coordonnertes travaux isotésdes défenseursde la société

contre la Rdvotution.Mais quand tnemo nousne réussirions pas

à

nous rapprocher ioi'bas, laissez-moivous prier de me compter désormais parmi ceux qui vousestimentet vous admirantle ptu! (La Hoche-ott-Breny, 28 octobre !85t.)

~«M ~)!'hp/!c-!< ~'M~«'«/)'o~Mc<'f<

X

AVtR'HiMHMMKT

t'R t.'KOtTKUR.

Dansune étudesérieuseet remplie deconsideratioMetevéea,

un critique éminent, aussi puissantparl'esthétique quepar ses jugements en matièrede philosophie, M.J. Barbeyd'Aurevilly

s'exprimait ainsidansL'ASSEMBLEEKATtON&t-E (4 juillet 1851),

après avoirdonnéune analyse do t'ouvrage u Je na puis que

signaler ici los grandeslignes de t'édince. Opulent d'aperçus,

et

Bonald, le tivrode la ~f~<tt<rf<<)'oH

vaste enseignement. Tousles problèmesque

posésdepuisquatro sièclesen

effrayante variété.Partidu dogme dela Chute, rameurconclut

à la

devons pas être emportés, non-seulement par la conquête et le

partage, mais par

de Dt'~K moderne,etargi de tous tef!antuentsd'idées qui ont

enné la penséepubliquedepuis S. Augustin, est une application

renouvelée du dogmecatholique aux

ligibles sanslui. Le christianisme,que notresociétémoderne

foulaitaux pieds, se relève et t'ecartocharitablement du chemin

du monde pourreprendre la chaine do la tradition au point où

ellefut interrompue. Eu sociale, dans les arts,

Jechristianisme va refairece

que la philosophie n'a pas fait, et

pensée,

politique, en métaphysique, on science

d'uneméthodetoutintérieure, tout idéelle, commedisait do

/<-<MC<e défraierait un

la Révolutiona

Europe y sontdébattus dansleur

monarchie légitime comme au dernier espoir, si nousne

lamisère et la faim.Son livre,espèce de Cité

faitsde l'histoire, inintel.

t

danstoute:!les directions dela

deslivrescomme celuideM. Saint-Bonnet, esprit naïf, annon-

cent que ce mouvementse produit danstes intelligencessupé-

rieures, et témoignent de cette

et deschoses par t'éternettevérité. – On a dit Que seraientà

reprise universelledes esprits

n

cette heure, avecleur

génie, des hommescommeS. Augustin,

renvoyait? On ne savait pas qu'on

commeils le furentà

Tertuttien, tous tes Pères, ou seulementBossuetvenant après

Voltaire, si la tombenousles

facedes philosophies et des sciences dernièrement créées, les

espritscatholiques se trouveraient prêts

toutesles

du catholicismeà connaitro de toutesles préoccupations de l'esprit humain,fauteur t'adémontréedans son livreavecune

grande force d'intelligence.Depuis L'~MO~ st<r :d~MMC~,

rienn'a

t

époques de l'histoire.Et cetteéternelle compétence t

été publié do plusimportant. Aureste, après l'Essai, il

AYtHt'nsstiMHN'rpKt.'XtXTKUM.

xt

(attaitunlivro pareilpourprendre sa place danscettesuccession d'oeuvres catholiques,qui. avecles années du monda, Msuivent

sans éteindra commeune

~nnnnnil nnnn nnnnrlnn an ninnn ~lena nalm ounnaoem.

splendiderangée deftombeaux. En

moins changés au berceau par les

euet, depuis M. de Lamonnais, nut hommedo la robusterace d'espritsqu'il avaitattestéeno s'étaitétevë pour nousconsoler

de sa chute.Enfants plus ou

révotutioM, co qui n'étaiten nous qu'instinct et

des

pas baisséun QMt

i'auteur. Il eonnaitbien son siècle, it n'a

éblouidevant ses orgueilleuses lumières; it lui a prouve, au contraire, avec quelle merveitteusofacilitéla foi M jouait dans

cetteécumedes

tions.Do toutesces sciences,la plus

en qui

politique, fut

état de choses,il était

n'étaient plus, et que M.do Lamennaisétait ptus bas que dansta

tombe, de voir

divine que ceux qui ont

doiventmettre leur gloire a interpréter.

croyance a pris

racines profondes dans notreraison sousla plume de

sciences, et suffisaità résoudretouteslos ques-

fausse, peut-être, et celle

l'opinion croyait avecle plusd'aveuglement, l'économie

fondée,et le socialismeen sortit.Dansun pareil

temps,puisque de Maistre et de Bonald

un grand talent catholiqueinvoquer cette vérité

l'intelligence do leur propregénie

l'aplomb que donnela doublerichesse do la foi

religieuse et do la conviction soicndftque, M.do Saint-Bonnet a,

deslos premièrespages, quelque chosedo candideet de hard,

qui fait penserque, dansces

sa légionthébaine, et qui

<'MM~!M c<M/îtMM M Dieu. La démocratie triomphe, dit.it, et je viens combattrela démocratie.Les aristocratiessont

repoussées, et je viensdire que ce sontelles qui ont crééles

Fort do

temps,l'intolligenco pourrait avoir

rappelle sa définitiondu génie </M<'

nations. L'industrie,los

proclamés, otjo viensdire

la fausse libertéet la Révolution s'annoncent, et je viensavec

ma conscienceseulocombattrela Révolution.

ces paroles, il me semble queje voisentrerdansl'arèneun jeuno

chrétiendes

banques, le crédit, tes emprunts sont

qu'ils ruineronttes peuples. Partout

"Quandje lis

premiers siècles,et cotte consciencesoulecontre

la Révolutionme fait l'olfotdo ces poitrines invinciblescontre

l'amphithéâtre. Aussi,

lesquelles s'écrasaientles lions de

malgré la puissance d'idées qui s'y révèle, et sa divisionentrois

XII A~ËRTtS~fiMfiNT f~ L'Ëbtt'EUtt.

grandesparties, lu livrede la jKM<tW<~wt /)-«Mc<«Mest avant

tout un livre d'<}conon<io

politique. Voilàson caraeture,et c'est

qu'ilpoussera tres-toinsa fortune.Cette science,ht mieux

par in

portante des chimèresd'unsieote qui on a tant épouse, se dres- saitavec t'orgueit de la science dos sciencHB, tenantdaosle creux

de sa main,disait-elle, du pain et des Jouissancespour tous. L'etudier souscette doublefaco, ou de souveraine, ou d~fait accusateur, raccabiet'MttBle poids de ses impuissaMO!), faire maogHt' to Spttinxpar los probiemMqu'il a entantes, était un

but

nMme, et c'estcelui que Fauteura atteint.Le point décisifde sonlivre et sa destioeed'inttuencesontsurtoutdanscette partie où il prend la Révolution par lecôtéoùelle impose lu plus,par te probtema'dont eitoest si fiere.L'auteurno biaise point avec ello il nededoubie point t'hommo."Notre probtèmoéeononnque,dit-i). » est dansle problème de l'homme, et toutle probtemedo )'t)0)xn)e est dans te problème infini. Qu'est-cea dire. si ce u'tMt

qu'a ce premier mot toute t'economie potitique rëvotutionttait't' 11

1(

la /<M~M!'a/~M/<-an;'ntM LECAt'tTA) Lascience qui tnetle

but de l'hommesur te globeparait ici un défimonstrueuxa la 'to~tineohumaine. L'hommedit-il,n'a pas été entreposo sur cetteterre pourjouir, mai~ pourgrandirpar lu vertu, par te n'avaitet par l'obstaclo.Onne peutpas taire d'économie poli- tique exetUiitVenMtt pour fa terre. AuMin de;!tabuteuiies

qui

devaittetttct*un vigoureuxespritpénétré du ehristia-

Il

s'ceroute. ic On couprend atoMle titrede cette partie du livredo

Il

promenés de t.t :!cit')tce pontc)nporain' et sur ce point, la démonstrationnous parait irréfutable. M. Saint-Bonnet, ce

mystique, eom:ne no manquerontpas

de Cappetet' les docteurs

no croyaitqu'aux

es-~eience~ positives, xait les faitscunnnes'it

l,

t'.dts. Maistes faitslui ont appristour propre néant.L'autoura

pour lui les écrasantesexactitudesdet'histoire il estsurtout historien. Et il arrive un même tempsque co victorieux ).

défenseurde l'autorité, que cet nbsotutisto, commeon no peut

manquer ausside t'appetur, a donnesur la libertéhumaine la plus hauteet la plus tncrveitteusetheot'ieconnue Unjournattogitinnstctrès-répandu, L.\ Moo)-: (21juin 1851), disait, dansle foude sonenthousia'.m.i ft est honteux quo tes

u

AVKRDSSHMHNT M L'HOtTKUR.

\)f;

journaux consacrent )e tundido

6n<!t*ant le tundi du tonn'!)a!i fntnnnni! A <)<*m!jt.if.,h)n~

longues colonnes&de misérables

comptes rendus.tandis qu'ilsnégligent d'entretenirte publie

des productions du

génio contemporain. Pour protesterpar le

plus profondes

styleplus puissant no s'étaientmis au service

fait contrecette maniede ht

presse on gênerai, nouscrierons

A tous les chroniqueurs Avez-vous)t) La ~c-s~xw~M /)'a~. !'«:'M~Nous Mppetons co livreun chef-d'œuvre. Depuis te comte

do Maistre, jamais do plus grandes pensées. de

considérations, un

de la société.C'estle seultraité absolumentvictorieuxdet'etor.

nolloventacontreles erreurs mo<)ornexc'estte coup demassue

suscité par Dieu contretousles

le

ainsi, parce que.nous avonsla hardiessede notre enthousiasme.

Nousvoûtons qu'en dépit des futitih-sdu

renduil un livre qui,

livredenotre époque. 8

apôtres do ta Révolution.C'est

livre événementdans toutel'étenduedu terme.Nous parlons

siècle, hominago soit

nouste disonsdevant Dieu,est le premier

Bien qu'ici la doetrioasoit tout, on n'a

pas moins remarque ô

le

sontrendues.DansL'AMtDEt~ REHOto~ (n°'52tt, 53t6,533t), M. Adriende Coursonconsacretrois artictosà une

sérieusede

misen pratique,dit-i),)o consoilde Joubert,en écrivantavec

respect et sobriété.M.do Saint-Bonnetn'a pas teintsou style

<'ommola

bonheur d'expression et ta sobriétéavec lesquels tes idées

analyse l'ouvrage, et félicite l'autourdo sa concision."Haa

plupart desécrivainsdo sa province. A la calmesim-

que

l'écrivainest

plicité do son atturo, on no se douterait pas

si proche voisindu Poetodo Maçonet de l'auteurd'~Ut<MO<tM.

L'auteurdo ta J?M/<!to'~h'oM /)vtM{'<!t'M n)<!fne exagère sa

manière dansun sens opposé a celledo MM.de Lamartineet

Quinet.Endonnanta son stylo une extrême concision, it a

sans doute qu'il devait protesterpar son exempte contrela

plupart des livres publiésaujourd'hui et dans lesquelstes auteurs s'abandonnent au torrentdela

a

pensé

phrase.

Le CoaSAtttHtui-meme frappa rie ce

genrenouveau, s'expri-

Venet Parce que pensée se dégage a

tout instanten uneformule énergique et pittoresque,qui saisit

maitainsi par la plumeexpressive de M. fauteurso tientau plus profond du vrai,sa

XtV

AV){KT)~KM)!!<Tt'Et/E))n'KUR.

otet eut taitQue!'onse demandacar ouatmystérieuxma

qui

tait quo fou M

demande par quel mystérieuxmoyen on

donnerainsidu retentissement, de la couleurot do t'ectat

peut

auxmotsles

sansrecouriraux eûets d'éloquence. Maisotudiextes

primordiatos, ot vous comprendrai! le mystère decettefacture

choses

plus simples, et commenton peut êtresi per<ua!if

sombreet puissante; ou plutôt lisez ce tivre; il vous ëpargnora

les longues nuitsdalaborieusesMchorehos.Quand on veutfaire

aimerun bon livre, on plante des jalons de papier a tous los

d'otite,puis onchoisitet l'oncite.Maisici la foret de

jalons devient trop touffue.D'ordinaireun autour causeun pou

passai

delui

votumode près de deuxcents chapitres dont chacun exprime

un décretde

il est impossible de frapper a l'unede cesdeuxcents portes sans

que toutesne

la Foi il

sur l'ordresocial, sur l'Aristocratie,etc., et il semble que l'on

recueille pas à pas la

monnaie da cotte pièce d'or. Un autre

et do beaucoup de chosesaccessoires. Ici nousavonsun

philosophie religieuse ou d'économie politique, et

s'ouvrentà la fois.Ainsil'autour n'expliquepas

la dépose au fondde toutesses idées, sur le capital,

publiciste,après avoir exposé brillammentla conception de

l'auteur, disait Nousnous apercevonsque nousn'avons point

parlé du

proportionssimples et monumentate:Une pensée si antique et si nouvelle emportait avec soi la perpétuité et la jeunesse de

sa forme. » Danst/ÛMMONPUBt-tQUE (1!! mai ISol), M. Nettementdécla-

rait ta Restaurption /aaf<!tM l'undeslivres tes plus remar-

quablesqu'il ait lus depuis longtemps, Il renferme l'exposition

la

style de ce livra. Commele fond, il est taillédans des

plusprofonde qu'on ait

présente. Jamais on n'a

encore vu de fêtât de notre société

M. Saint.

mieux prouvéqu'il fallait êtrechrétien.

non-seutementpour remplir des devoirs religieux, mais pour

assurerl'existence à

Bonnet,qui

est en

présente et un

vive lumière projetée sur la rouie

chseure oùnous marchons tous.Il y a dans l'enchainement des

idées de fauteur une logiquetroppuissante pour.qu'onpuisse y

devait paraitre; c'estune

notre civilisation. Le livrede

remonte si hautdansla construction dece monde,

mémo temps un livredecirconstance, un livre dol'heure

livre de t'avenir. Il parait à l'instant logique où il

i

j

AVRRTtSSKMRNTOR t.'KMTKUR.

XV

répondre, ot devant laquelle doivent s'inctinor tosctassesqu'it

accusedo contenirla sourcedu malet

reforme religieuse ot

faisant. jaillir d'un style qui

Livres saints, tifs prouvas et des

avecune

ni à l'indécision

qu'il exhorteà une

sociale. Car Il parle au nom de la vérité,

est commeun brillant refletdes

aperçus sur notre situation

puissance de précision qui ne laisse place ni au doute

grand

Après uneanalysebien comprisedu livre,

assisesdu

le judicieuxpuMiciste ajoute Teiiossontles

ouvrage dontnousne

sortela

ce que nous avions à dire, car cetteœuvreest

mémo en nouobornant à on

d'évitar tes lacunes.Dans cotteétude

intérêt, il y a

nuseration pour le

des nôtres, on mémo tempsque tes pluséloquentesleçons don.

nées aux classes supérieures.Ce sont celles-ci commedit

monde, qui

ont reçu le

fauteur, lorsque Dieua remisà nu les dlémcntsdu

dépôt des grandsdevoirs, et qui doiventformerune

nouvelle <t~<oeff!<<'< celle do la sainteté, la

nous rendrea ta

grande com-

socialed'unsi grand

unecharitéet une justiceégale, une

réussirons qu'à faireentrevoiren quelque

silhouette. Et cependant nous n'avons qu'entoura tout

complète; et

indiquer la portée, nous tachons

peuple, dontles fautesne sont que le calque

seule qui puisse

vie.Ncus adoptons sansréservetes excellentes

cette foi profonde

pansées do fauteur; nous avonsracontésonlivreavecunevive

sympathie. Ce que nous désirons,c'est que

et

langage d'un livre qui sembleêtre la

à la

suprême de l'Ecriture

cette parolepuissante fassent comprendre à tout ce peuple te

magnifique paraphrase

fois économique, politique et religieuse do cetteexhortation

Convertere,~cfKM~cm,etc vives critiques, les journaux inspirés

»

En

répandant les ptus

par la

style et de la pensée. Ce livre, a dit l'un d'eux,attribuantcette parole à un profondpenseur, ce livreest un volcan d'idées. » De nombreuxéclairssillonnentles nuages au milieu de ce sublime cataclysme. Unecontinuelle inspiration, un soutile pro. phélique semblent régner dans te volume entier.Aussiren- fertno-t-ittoutes lesbeautéset toustesdéfauts d'un pareil mode décomposition.

beautédes idées de l'autour.'rousont reconnula forcedu

Révolutionn'ont pu s'empêcher do rendre hommage à la

X~t

AVKKTtSSEMHNTttH t/EU!TBCR.

D'auH'esMtt.avuuéla grandeur de la conceptionpremière. Faisantla paraphrase d'unedos prinoipales idéesde l'autour Oui, vousavez raison, N'écrieavecsa vervehabituelleM. Pei-

letan, de

a créé l'homme à son tour. La richessen'est qu'une matière

convertie par fintetligoneo. Le capital est le

l'hommedansla servitude.I! est né d'une vierge, aussi; enfant

divin, il a pour mère une vortu.L'humanité n'a jamaispu

former du capital qu'enprélevant sur ses besoins, qu'en mettant

religieusement, commevousle dites, un secondsousur io

mier. Ce sou fécond,tombé jusqu'à nousdu hautdu temps, porto une larme, une souffrance,une affection, une goutte do sang et uneimmolationde notre génération, aioul par aïeul. 11 est pour chacunde nousun blasonde noblesse,qui continue l'histoireinéditedo notrefamille. L'épargne est une consom-

mation ajournée que la tempsporte de génération en génération. Jouissancesubstituéeet reportée sur l'avenir, l'épargne est donc plus grande devantDieu que la simple consommation.C'estune gtoire e))eest l'humbleimmortalitéde chaque famille.Par elle, le plus obscurtravailleur entre, soncentimeà la main, dans son éternité.Toute rédemption de la misère, toute naissance d'hommeà l'intelligencesupposepréatabtementt'épargne,qui Hréole capital et l'hommene peut valablement posséder sa liberté qu'après l'avoirachetéede la sorte.En celal'autour nous eut converti.si notreconversionn'eut pris l'avance sur son œuvre.Oui, le temps est venudo le crierà toutesles bornes ce peuple ne rédimerasa misère qu'avec un capital accumulé par sa propre économie, et prêcher l'épargne, c'est prêcher la

LAPRHssE (22juin 1851), )o capital, crée par l'homme,

remplaçant de

pre-

liberté!

mettez-vous pas

vous pas à tous te capital en communion?Se mettantalors

en contradiction avecl'essencedu principequ'il vient d'exposer si bien, lebrillantécrivainse perd dansle socialisme, et néan-

moins ajoute,

t'épargne à la portée ,do tous et ne donnez-

1 Mais,après avoir posé les prémisses,pourquoi ne

après un emportementinoxptiquabto contre le

christianisme J'ai réfuté rudement,je l'avoue, un hommedo

m'a donnéle premierl'exemple do la rudesse.Mais

jo regretterais cette critique si je devaisformerlà cetarticle.

bien

qui

AVRXTtMKMKNTpf!).'t)';T)!Utt.

XYt( 1

Le livrede la ~M<<H<fo</oM /hMc<~M est un livre vigoureu-

sementa;:r!t par un penseur habitueà porter son âme en pleine nature. Chaquepagerespire un agreste parfum de sincérité.On voit qu'été a ô<oméditéedevantDn'uet &la ehoteur de son

snteit et si

l'ombre dM vignobles et dosoliviersdu Midi.Le style est pro'

fbndontcntoriginat

pensée. Le comtedo Maistro revit, attendriet homaotsë à

elleneconvertit pastoujours la raison, elle provoque

it a constammentdo ces mouvementsim-

prévus,

parler à

Nousno pouvons citerici ni les ouvrages, ni toutestesétudes

ce livre. Pour rappeler tes ct~g'esqu'en

sérieuses inspiréespar

a fait la presse retigieuM et mpnarchique, il faudraitcitertous lesdéfonseura dela religion et do la société,La J?~<e, par

exemple, où la plumed'un écrivain distingue, M.G. do ta Tour,

enOt en trois articlesunesi intelligente analyse; ~bt<~a!

?bt</o<H?, la C<Mf~e<~ Midi',la Gazette de /.yot<, let j4tt'M~

vraisdrames de l'expression,qui vont non-soutemont t'Amo.mais encoret'ebranter. n

de la cAaf!'M. la ~tWo~ap/t.fcM//MK<?M, !<<?<'(fefO~rc, f~tM/Wt'M.comMt'M,? Ca~e~c Af ~aH~Kef/oc, etc., etc.!

et enun mot t'importante série des journauxqui reçoivent la

loyale et remarquableCorrespondanoc do M. de Saint-Cjteron.

Tous proolamentque t'auteur dcmontreaveoune vigueur et

unéclat singulier la

l'appellent

relevantce

le livre de la /i'e4<aMra</<M /attcat'M ddelarentquo l'autour

a pris, jeune encore, uneptaeo distinguéedansta grande ecote

véritable gituation. n Pendant que losuns

te contiuua'eur do M. de MiMtre les autres,

qu'ily a do courageux et vrai enseignement dans

des de Bonatd n

cathotique des deMaistreet

Maisalors, emportéeplusmpidement que jamaispar les pro- messesde la Révolution, ta Francesemltluitne pouvoir plus prêter t'oreitteà de si lumineuxavertiMements. Kous croyons doncfaire aujourd'hui une (cuvreutileet esscndeitement pra-

(1) Celivrea ou«"nti!Mnti<tsct)Mn)

<r<fM«r«tt<.

jusque d«t)tt<KtKmn'Unit.M. Browato*

!t"pt<mbM )S5).d«mm7!<t<t"

qui. toi'tnt M. doMo<tt)ttemtM-rt. est re:t)<r!t le plus AMimut do t'Aa~rMjUe. ta a

renduun<!omj'f trtt.MVMtet tr«t-')'tMinton

~"t

AVRKTtsSKMBKT DK h'<!t)tTHUt<.

ttqu6 comme déjà on ta disaità sa

publiant un

écrivait dernièrement &fauteur, sonétève < Votrelivrede la Restauration françaiseaura désormais son retentissement, par suite des événements qui sont venus

.al'

L.

première apparition. en

philosopbie t

livredontnotre eminent professeur de

jeter une lueursinistre, mais néee~eaire.surl'étatdes esprits.

Grâceà la hauteur

du jour, vous avezdevancévotre époque. Maisle moment est

venuoitl'on reconnaîtrala justesse de vosvueset la portée de vos doctrines. »

premieréditeur, ont

le défautd'avoir étéfaits par unhomme qui voitleschoses vraies

vingt ans

ans après, ils sontencore plus instructifs que les livresécrits

sous l'impression des

avantles plus éclairésd'entrenous. Et, même vingt

vousêtes p)ac<5pour traiter les

questions

Ses ouvrages, disaithardimentleur

faits présents. C'estla réNexion qui vient

philosophique,

également, lorsque, se plaçant au point do vue

on

ce livre de

t858, et dontle Président de la S.

disaitalors

compare les ouvragesproduitsptus.tard sur ta Conolle, à

L'Infaillibilité qui

paraissait dansL'M~Mfsdos

Congrdgation de L'/M<

L'ouvrage ferait honneur à quelquethéologien

dcptoyé la thèse catholique avec une in.

que ce fût.Arrivantà démontrerl'infaillibilité du Souverain

Pontife, l'auteura

telligence tout-à-fait horsligne' »

tt) M.l'abbèNoirot.

? MtfH'MMtM;t<tit.de1861.Voitla t<Mm«tMmtt4 Met ~ntMeni par )'-R. P. ModMx,SM'.deh 8. Conge. deL'M~.

AVANT-PROPOS.

Nousarrivonsà la dernièrecrise, à celleoù l'on cessede parlerdu salutdes gouvernementspour ne s'occuperque du salut suprême de la Société. Deshommesde bonnevolontése demandentoù est la vérité.L'ancienmondeest aboli la royauté est devenueun crime,la religion une ennemie, l'héréditéune injustice, la propriété un mal, et l'obéissanceun aSront. Deux principes se parta- gent lesâmes il fautsavoirSi /'E~Me doitsoumettre sesloisà ~tMMM <!M /«M!MeN,ou N /M'MBM.Sdoivent soumettreleurs opinions aux dogmesdefE~W?r Jamais questionplus pressante et plus malheu- reusen'a demandél'attentiondes esprits. La démocratie triomphe, et je vienscombattre la démocratie.Lesaristocratiessont repoussées, et

U

AVANT-PROPOS.

je viensdireque ce sontelles qui ontcrééles peu-

pies: les dogmes sont rejetés, et je viensdire que ce sontles dogmesqui ontcrééles aristocratieset le capital, ces deuxcolonnesdetoute Civilisation.

L'industrie,le crédit,les banques, les emprunts, sont proclamés, et je viensdire qu'ils ruinerontles peuples.Partout la fausselibertéet la Révolution s'annoncent, et je viens,avecma conscienceseule, combattrela Révolution Fondéesur deschimèreset soutenue part'impos* ture,ejte conduitles peuples à leur perte et l'hu- manitéà sa fin. Reniantlesvéritésdivineset installant partout l'orgueil, elle a pris de grands motsà nos langues,

elleen a

l'abride

Sociéténe nousvient plus d'on-Haut;la justice, le

bâti la Touroù l'hommeveutse mettreà Dieu!La loi n'est plus de Droitdivin,la

r

devoir, la Foi, la Souveraineté,tout émanede t'homme, toutremontedu peuple Onveut fonder Ii

en retournantaux sourcesde l'orgueil; on veut puiserlame là où il faut toujours la porter! On demandele progrès à la Classe que notre cor- ruption a laisséeen'arrière;on attendla justice et la paix de ceux qu'il fautarracherà la barbarieet au mal La Révolution française no ressembleà rien de ce qu'on a vu dans le passé.Jamais civilisation n'avait osé s'inscrirecontreles tois de la nature humaineet rompretout lienavecle Ciel.Leshom.

F

(

l

7

AVANT.PROPOS. messontvenusdire qu'ils n'existaient pluspar les loisde Dieu,mais par leurs propres lois; qu'Us ne voulaient pluss'unirentre eux par leurs devoirs, maisse mettreen rapportpar leurs droits.Ils se débattent depuissoixanteans pourque l'Etatsorte des dogmesduchristianisme,commeilssontsortis eux-mêmesde sa morale;ils prétendent vivreen sociétésans obéir, ne voulant plus payer d'une vertules bienfaitsdontDieucombleune Civilisa- tion. 0 sages, ô prudents,aujourd'hui un enfant auraitle droitdevous juger

Le lendemainde Février, l'auteurécrivaitces paroles:

La République s'estannoncéecommela forme d'unesociétéde chrétiens.Les faits dirontce que noussommes!Onn'a pas le gouvernementqu'on veut on a celui que l'on mérite. Si vous restez dansvotremal, vous passerez au despotisme; si vousvoulezla corruption, vous tomberezencore plus bas. Lesloisde la moraleet de l'histoiresont aussi inflexiblesque celles de la nature. Vous apprendrez à vos dépens les vérités que vousavez méconnues. Unediminutiond'autoriténo sauraitavoir lieu d'une part, s'il n'y a de l'autre une augmentation dovertu.La libertén'est que le droit de pouvoir faire plus de bien.Faites-encelui d'exécuter plus demal,et la loi qui conservele monde reprenant

la

!a

AVANT~PROPOS.

termedu sabre, viendrade nouveaucourber personnalité. Le pouvoir n'est qu'une barrière

dresséedevantJemal. Cen'est pas des mauxdela révolutionque nous auronsle plus à souffrir,maisdes mauxqui l'ont amenée.Tout pliait sousle paganisme, et la crois- sancede dix-huitsièclesdechristianismes'arrêtait. Quandles hommes perdent de vue les nécessités morales,Dieufait sortir la lumièredes nécessités d'un autre ordre! Si la Foi n'est plus reçuepar l'oreille,elle noussera enseignéepar ta faim.La Sociétérencontreraun empêchement danschacun de nos vices.II faudraen détruire un si l'on veut avancerd'un pas. Avantde changer vos gouvernements, il fallaitvous changer vous-mêmes. La loi ne décrète pas la vertu, et quand cetteder- nière est loin,le décretreste sans arme.Le jour est venuoù l'homme qui lancele mauvais exemple' aiguiseun poignard contrelui. Les barbaresne sont plus à nos portes, maisau-dedans,ce sont ceux que dix-huitsièctesdechristianismen'ont pu arracherà la vieillesouchedu monde!Nos vices ont partagé la Société; ils ont mis commedeux civilisationsl'une dans l'autre. Position unique dansl'histoire!la civilisationouvrirases propres flancs pour donner la bataille.Le christianisme constituerala Société moderne, ou la verra voler en éclats. Les faits économiques, avant peu, mettronttes

AVANT-PROPOS.

9

véritésà nu. Vosloisauronttout reconnu,toutcon- sacréet toutadministre,les moyens humainsseront tous employés;jamais armée plus nombreuse, jamaislégislationpluscomplète,jamais adminis- trationpluspuissante alors,arrivésau bout des causessecondes,vousviendrezvous brisercontre la cause première! Ce ne sera plus la Doctrine

méconnue que l'on entendra,ce ne sera plus la conscienceinécoutée qui criera.Les faits parleront )eur grande voix.La vérité quittera leshauteursde la parole; elleentreradansle pain que nous man- geons, dansle sang dont nous vivons; la lumière seradu feu!Les hommesse verrontentrela vérité

et la mort

auront-ils

l'esprit de choisir?

Depuisle jour où d'aussitristes paroles ont été dites,les faitsn'en ont que trop mûri la portée! Offronsle complément des pagesque lesévénements avaientlaissées interrompues. Deux annéesde méditationsn'ont que trop confirméle sentiment profondqui les a fait écrire.On devra pardonner la rapidité et peut-être l'accent que lesévénements ontmis dans.ma voix.Monâme n'a cesséd'être émue;ellen'a cesséd'être frappée du dénouement funeste auquel leurs théories conduisentmain- tenant les hommes.Et vous, Révolutionnaires, riendansce qui se passeaujourd'hui ne vient-il réveillerle soupçon dans votre conscience?De toutesles conséquencesqu'on veut tirer de vos

!0

AYANT-MMPOS.

doctrines,rien ne vousannonce-t-it qu'elles nous

apportent la malheur! Cependant, ta France se lassedes promesses dela Révolution Les principes sur lesquelsune nationa établi quatorze sièclesd'existence,viennentdemander compteaux idéesqui ne produisentque des ruines. Bien que vousnommiezAvenirla réunionde vos doctrines,permettezque l'ondécouvreà vos regards la conception immensesur laquelle se fondaitte Passé Et, s'ilest encorede l'inspiration chez les hommes, nousleurdemanderonsoù furentle génie et la plus haute conception Nousleur demande- rons si nous perdons le droit d'opposer la Lumière aux idées,et les principes de la Restauration/hM- ~Me à ceuxdela Révolution /)'~<!Me/

ftn~finaa f!an nA vftns ann~nM-t.i) n)t*<

2 Atri)t'50.

UVREPREMtEB

LE CAPITAL.

LE CAPITAL.

CHAPITREï.

Problème moral MveteppA dansle proMème économique.

Notre problèmeéconomique est dansle problème'de

l'homme,et toutle

problème infini.Partoutleshommesont

Ne songeantplos auxbiensduCiel,oncherchadesbiens

problèmede l'hommeest dansle

parlé de jouir.

présente. Ne croyezpas

surla terre. Ondit qu'unordrenouveause

que-ladouleurvas'affaiblir.L'âme s'accroit,la sensibilité

augmente. Plus près du Ciel,l'hommedoit s'y présenter plusgrand. L'existenceendehorsdeDieu s'expliquepar la liberté la liberté,par )'et!brtet par ladouteur.L'hommeestle produitdesa force ilestle filsdel'obstacle.

Retirerla docteur,ce seraitabolirlacréationmême. Quin'a pénétré la signification detroismots qui ontsix

milleans la Faim,le Travail,la Mort

chapitres dela Getlèsoaubsistent toujours.

1Les premiers

L'effortnous environne;la nature,toujoursprésente,

combat qu'cttootïro,qu'est.il

aubesoinnousledira.Elle

a côtéducombatlivrédansl'âme pourconquérir la per-

fection,e'est-a-diret'!nfini.

UVHKP'tRM'K".

Endehorsdel'infini,i) y a notreliberté.Bien qa'ettc

ait uncommencement, elle n'pose surla grande toi il faut

qu'elle soit par

luiestretiréetousles jours, afin que sonmoilui soit

propre. Lalibertéestl'enfantdel'elfort,ou de ladouleurIt,

bont~arest

ette.mèMC Sa première misede fonds

la substance parfaite'. Cettevérité

pour

éclateravisiblementdans l'époquequi commence.Elle

sortiracommela voixdetouslesfaits.Lesmotse~M'<,

</<w~et liberté, décomposent eux-mêmesle sensdece motTttAYA<L, notifié par lesévénements. L'avenir ne sera point commeon l'entend.L'homme

n'est pasentreposé sur la terre pourjouir,

mais pour

grandir. L'Infininousa envoyé l'existence; d'eternettes

lois s'accomplissent ici-bas. Pour que le mondeait unavenir,ilfaut que le christia- nismenesoit plus seulementdans quelquesâmes, mais qu'it éclateet surlesloiset danslesmeeurs.La production et la consommationdeviendrontun modechrétien.Car aucunedes deuxn'estle but. Ici-bas, toutn'est que moyenspourpréparer desâmesà t'tnfini. Le Globefournira quelques richessesde plus:jamais dansla proportion desbesoins.La répartition nofera pas ce qu'on attend.Ellesatisferamoinslesintérêts que la

population, croissantselonles

justice. Au reste, la

subsistances,viendraéterncttementse presser versleurs

verrala misèreelle ne

limitesextrêmes. Toujours on

peut êtrerestreinte quepar la vertu.

()} J~us-Chwtn'a fa' été uneseuleheuredans N'viesanaMutfrirde

la douleur:e'O y

Mnodonteappris.

avaitMn m<i))eu)- Mtoyeopour t'homu:e, Dieunoust'aurait toTATto.t XBJ.-c.

LE

CAPITAL.

iS

1.

Leshommesnedoivent pas

s'associer pourproduire

envuede plusconsommer, maisenvuede plus s'aimer. Avec l'amour, its comprendraient le grandmystère

de la libertéet de la

ici-bas pour la vieéternette.

On n'empruntepas au christianisme que ses mots, surtout pour les interpréter dansle sensdu paganisme!

Par ce faux,l'humanitéest

fraternité,préparant leshommes

attaquée. L'hommen'est pas

misence monde pour satisfaireses besoins, mais pour croitre par lesefforts que ceux-ciréveittontonsonâme. Car, c'estainsi qu'ilgrandit danst'être.Triste façon de former!'homme que de le tournerdu côté opposé à la saintetél

L'Économique entièrereviendrasurses paspour cette

véritéméconnue Letravailnefut point fait pour lesbesoins,autrement Dieuneleseut pascréés maislesbesoinsfurentfaits pour le travail.Aureste,le travailest la préparation indispensablepourempêcher la richessed'êtreun maten chacundenous Ecole païenne,quepensais-tu? Le plaisirn'est point offert poury céder, mais poury résister,et parcemoyen devenirlibre.

(i ) Larichesse aequiMpar letw<ti) moMtiee. <M:qtti~par tovu)ou t'~io. taj;e, elle corrompt.

ft n'y a de prodigueq~e celui qui n'<rien acquit. Par l'artadmirable<ta)a

création, la Mtitfactiondu besoina

pour condition l'effort,c'Mt-a-direle

développement de t'tmmtm-Ea sorte que la moralitése roratoeu lui en

nteme tempsque la rich''M9 en

terre qu'il n'aithit ce pas dansla Ciel,

forte qu'il ne peutaynoccrd'un j'as tur lu

1~

(~RBPttBtHBHf

CHAPITREIl.

Onn'a vu que le but temporel dela SecMM.

Un desgrands malheursdece temps est qu'on ait dità

l'homme qu'il étaitici pourjouir. Cettedunefatale que le gravierantique a jetée entraversfera manquer l'avéne- ment quepréparai<