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la Charte Nationale de la Déconcentration Administrative, pierre

angulaire de la régionalisation avancée

divers paragraphes pour débuter le sujet :


Au Maroc, le modèle de la déconcentration administrative constitue un
choix stratégique qui dévoile une vision globale sur le développement et la
gouvernance territoriale. C’est aussi un procédé désigné, ayant pour
objectifs de relever les différents défis politiques, économiques et sociaux,
d’une part, et de mieux répondre aux exigences et aspirations des citoyens,
d’autre part.
L’alternative de la déconcentration, lancée depuis l'indépendance et avec
des expériences manquant d’audace, est une référence constante d’une
portée quasi-permanente dans les discours royaux dont le contenu traduit
les efforts délibérés pour la modernisation de l'administration locale.
Ainsi, les discours de Feu le Roi Mohammed V ont-ils jeté les fondations de
la philosophie de la déconcentration administrative, consacrée
ultérieurement dans les discours de Feu le Roi Hassan II, qui ont insisté sur
la nécessité de s’investir dans le processus de réforme administrative, par
l’introduction d’une rénovation basée sur la déconcentration administrative,
s’inspirant, entre autres, des rencontres et débats nationaux sur les
collectivités locales, ainsi que sur les prescriptions incluses dans des plans
économiques.
S’inscrivent également, dans la même veine, les discours de Sa Majesté le
Roi Mohammed VI qui réitèrent, constamment, la nécessité de gagner les
chalenges de la déconcentration administrative, qui reste une question
prioritaire, compte tenu de l'ampleur des déséquilibres dont souffre
l'administration publique, les bas niveaux de qualité de la gestion
territoriale et, enfin, les nombreux dysfonctionnements qui constituent
indubitablement un obstacle majeur devant tous les efforts de réforme
entrepris en vue de rationaliser l’action publique nationale et locale,
consolider la politique de proximité territoriale et optimiser les services
publics locaux.
De cette présence intensive dans les discours royaux de la volonté de
réformer le système administratif par la mise en œuvre de la
déconcentration administrative, s’est dégagée une nouvelle conception de
l’organisation administrative et territoriale déconcentrée, dont l’objectif
principal est le renforcement des mécanismes de gouvernance moderne qui
reposent sur la rationalité, l'efficacité, l'efficience, l’évaluation de la
gestion…afin de parvenir à réaliser la justice territoriale.
Cependant, le cadre juridico- administratif de la décentralisation n'a pas
réussi et ce, depuis l'indépendance, à accompagner les initiatives impulsant
la déconcentration administrative à cause de la prépondérance de
l'administration centrale, qui demeure de mise au détriment des services
décentralisés, et inadéquate avec les structures administratives
décentralisées. Le système administratif marocain se caractérise, en effet,
par une mauvaise coordination et par l’absence d’harmonie et de
compatibilité entre les administrations centrales et les organes décentralisés
dans la conduite des divers projets et programmes au niveau local.
Il faut dire que les politiques publiques continuent à souffrir de l’absence de
répartition équitable des ressources humaines et des compétences,
verticalement entre les administrations centrales et territoriales et,
horizontalement, aux niveaux des administrations décentralisées et des
services déconcentrés; ce qui a fortement entravé l’itinéraire du
développement intégré et durable.
C’est dans ce contexte que le besoin s’est fait pressant pour une juste
adaptation de l’administration publique aux transformations démocratiques
que le Maroc a connu et aux autres évolutions dans le domaine de la
gouvernance. Ces mutations ont exigé la modernisation du système de
déconcentration administrative pour accompagner les processus et
chantiers de réforme déclenchés dans divers domaines (politique,
administratif, économique, social et culturel) et un perfectionnement de
l’organisation administrative qui s’appuie sur des choix stratégiques
encadrés par la Constitution de 2011, confortés par les discours royaux sur
la régionalisation avancée et couronnés par la promulgation de la Charte de
la déconcentration administrative le 26 décembre 2018.
Les points à retenir :

1- La déconcentration administrative des services de l’Etat est un système


d’organisation administrative accompagnant l’organisation territoriale
décentralisée du Royaume fondée sur la régionalisation avancée et un outil
principal pour la mise en œuvre de la politique générale de l’Etat au niveau
territorial.

2- Elle repose sur le transfert de compétences et de moyens et l’allocation de


crédits aux services déconcentrés au niveau territorial, en vue de leur
permettre d’accomplir les missions qui leur sont dévolues et de prendre
l’initiative dans un objectif d’efficacité et d’efficience.

3- La politique de déconcentration administrative est basée sur deux


principaux fondements: la région en tant qu’espace territorial approprié
pour la concrétisation de la politique nationale de déconcentration
administrative et le rôle central du wali de la région, en sa qualité de
représentant du pouvoir central au niveau régional, dans la coordination
des activités des services déconcentrés.

4- La déconcentration administrative des services de l’Etat a pour objectifs


d’assurer l’application optimale des orientations générales de la politique de
l’Etat en matière de réorganisation de ses services aux niveaux régional,
préfectoral ou provincial et fixer les missions dévolues à ces services,
d’asseoir la territorialisation des politiques publiques, d’accompagner
l’organisation territoriale décentralisée du Royaume et en assurer
l’efficience et l’efficacité et d’établir des bases solides et durables en vue de
renforcer la complémentarité des fonctions et des missions entre les
services déconcentrés de l’Etat et les organismes décentralisés.

5- La déconcentration administrative des services de l’Etat, aux niveaux


régional, préfectoral ou provincial, est basée sur une série de mécanismes,
dont la couverture équitable du territoire national en assurant une juste
répartition géographique des services déconcentrés de l’Etat, la subsidiarité
dans la répartition des missions et la détermination des attributions entre
les administrations centrales et les services déconcentrés qui en relèvent et
la position prééminente de la région dans l’organisation administrative
territoriale en tant qu’échelon intermédiaire dans l’organisation des
relations entre le niveau central et les autres niveaux territoriaux.

6- Les services déconcentrés de l’Etat au niveau régional veillent à la gestion


des services publics régionaux relevant de l’Etat, mettent en œuvre les
politiques publiques et concourent à l’élaboration et à l’exécution des
programmes et projets publics programmés au niveau de la région.

7- Les autorités gouvernementales concernées doivent prendre les mesures


nécessaires afin de doter les services déconcentrés qui leur sont rattachés de
prérogatives leur permettant de prendre l’initiative pour mettre en œuvre
les politiques publiques sectorielles dont ils ont la charge, de concevoir les
solutions susceptibles d’améliorer les prestations publiques rendues par
lesdits services aux usagers et de les mettre en œuvre dans le cadre des
attributions et des compétences qui leur sont dévolues.

8- Les autorités gouvernementales établissent, dans la limite de leurs


attributions, des programmes de formation et de formation continue pour le
développement des capacités des cadres en fonction dans les services
déconcentrés aux niveaux régional, préfectoral ou provincial.

9- Les services déconcentrés sont tenus de coopérer avec le Centre régional


d’investissement concerné en tant que guichet unique et d’entreprendre
toute action de coordination nécessaire avec lui, en vue de lui permettre
d’accomplir ses missions.

10- Pour la réalisation des objectifs prévus, le gouvernement œuvre, chaque


fois que nécessaire, à prendre toutes les mesures requises pour la révision
des textes législatifs et réglementaires en vigueur, notamment ceux se
rapportant à l’organisation des finances de l’Etat, à la comptabilité
publique, au contrôle des dépenses de l’Etat, à l’organisation et aux
attributions des départements ministériels, aux règles de délégation, à la
fonction publique et à la nomination aux postes de responsabilité.

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