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ÉCOLE SUPÉRIEURE DE

TECHNOLOGIE DE
CASABLANCA

L'INFLUENCE DE LA CRISE
SANITAIRE SUR LA RENTABILITÉ
FINANCIÈRE DES ENTREPRISES

SANAA
BENDRIOUCH
REMERCIEMENT
Je tiens à remercier toutes les personnes qui ont contribué au succès de mon stage et
qui m’ont aidée lors de la rédaction de ce mémoire.
Je voudrais dans un premier temps remercier, mon encadrant de mémoire Mme
HEJAJI INSAF, professeur de management des organisations à l'EST pour sa
patience, sa disponibilité et surtout ses judicieux conseils, qui ont contribué à
alimenter ma réflexion.
Je remercie également toute l’équipe pédagogique de L'EST et les intervenants
professionnels responsables de ma formation, pour avoir assuré la partie théorique
de celle-ci.
Je tiens à remercier spécialement mon Directeur de la société DECODAR, Monsieur
BENGEBARA SAID, d’avoir accepté ma demande de stage, toujours disponible,
pour son temps, son aide, ses encouragements et ses conseils qui ont fait de cette
expérience une réussite.
RÉSUMÉ
Ce rapport a été réalisé dans le cadre de mon stage et afin de réussir mes études en
maîtrise en comptabilité audit et finance. Il traite la question comment assurer des
moyens efficaces de rentabilité d'uneentreprise en cas de crise sanitaire ?
Dans une première partie introduire les principales définitions cellesde rentabilité
tout d’abord.
Parler également de la crise sanitaire qui touche le monde entier et ses
conséquences sur la vie des entreprises, que ce soit au niveau organisationnel ou au
niveau des résultats chiffrés.
Une partie pourra être consacrée aux notions de fragilité et devulnérabilité des
entreprises. Comment la situation actuelle dans le monde affecte-t-elle le monde
professionnel?
Traiter ensuite de l'analyse des risques et de l'importance des méthodes de
diagnostics financiers à mettre en ouvre pour tenter d'amoindrir les conséquences
énormes de telles crises. Faire le lien évident avec la crise sanitaire actuelle et
donner des exemples d'entreprises qui ont mené des actions concrètes pour s'en
sortir au niveau financier.
PLAN
INTRODUCTION
PREMIERE PARTIE : ETUDE THEORIQUE SUR LA
RENTABILITE DES ENTREPRISES EN CAS DE CRISE
SANITAIRE

CHAPITRE I : NOTION SUR LA RENTABILITE

Section 1 : Définition de la rentabilité


Section 2 : Rôles
Section 3 : Catégories
Section 4 : Les ratios de rentabilité
Section 5 : Analyse du taux de rentabilité

CHAPITRE II : GENERALITE SUR LA NOTION DE


CRISE ET SES CONSEQUENCES SUR LA VIE DES
ENTREPRISES

Section 1 : La notion de crise sanitaire


Section 2 : Fragilité des entreprises durant la pandémie
Section 3 : Impact par secteur d’activité
Section 4 : Niveau des ventes
Section 5 : Les mesures financières prises par le gouvernement
pour faire face aux effets néfastes du covid-19
INTRODUCTION
Le premier semestre 2020 a connu l'avènement d'une crise sanitaire sans précédent
suite à la propagation de la pandémie Covid-19, tant au plan mondial que national.
Alors qu'initialement, la pandémie en Chine affectait un nombre limitéde chaînes
d'approvisionnement, ses effets se sont vite propagés à l'échelle mondiale avec une
combinaison de chocs d'offre et de demande touchant un grand nombre de secteurs
d'activités à l'échelle international.
La pandémie de Covid-19 a eu un impact très marqué sur la situation financière des
entreprises: elles ont connu une chute brutale de leur chiffre d'affaires, sans précédent
dans certains secteurs, ont dû réduire leurs charges et emprunter pour faire face à leurs
échéances.
Le dé-confinement est traduit naturellement par une reprise d'activité au fil des
réouvertures de sites. Néanmoins la persistance de la crise sanitaire a d'importantes
conséquences sur l'activité économique. De nombreux secteurs restent impactés
partiellement voire très fortement (secteur aérien, événementiel, tourisme, etc.).
Après deux mois de confinement et une pandémie loin d'être endiguée.Quels sont les
effets de la Covid-19 sur la rentabilité des entreprises ? Comment les entreprises ont
assuré des moyens efficaces face à cette crise?
PARTIE I : ETUDE THÉORIQUE SUR LA RENTABILITÉ DES
ENTREPRISES EN CAS DE CRISE SANITAIRE ET
FINANCIÈRE

CHAPITRE I : NOTION SUR LA RENTABILITÉ


1. DÉFINITION DE LA RENTABILITÉ:
La rentabilité est généralement considérée comme l'une des références fondamentales
qui orientent les décisions et les comportements des entreprises. Elle est définie par le
rapport entre le résultat obtenu et lesmoyens mis en œuvre.
Selon Elie COHEN, le terme rentabilité est défini comme l'aptituded'une entreprise
pour sécréter un bénéfice.
Pour COLAISSE B, la rentabilité peut être définie comme « l'aptitudede l'entreprise à
secréter un résultat exprimé en unité monétaire».
D'après EGLEME J. PHILIPPS A. et RAULET C, la notion de rentabilité est liée
à celle de bénéfice et, d'une manière générale onpeut définir la rentabilité d'une
entreprise comme son aptitude à produire un bénéfice.
La rentabilité d'une entreprise s'apprécie donc en comparant un résultat et la valeur
des moyens mis en œuvre pour l'obtenir. Cettedéfinition fait référence à deux autres
notions :
L'efficacité :
L'efficacité est la capacité d'une entreprise à atteindre ses objectifs.Selon Philippe
CAMUS, une action est efficace si les objectifs sontatteints ; par exemple produire la
quantité demandée.
D'après ISABELE Calme et ALS, l'efficacité est définie comme l'atteinte des
objectifs par l'entreprise.
Pour Allain MIKOL et ALS, l'efficacité d'une entreprise a longtempsété perçue
comme un concept unidimensionnel et mesurée par un seul indicateur, en particulier
financier : chiffre d'affaires, profit, rentabilité.
D'après notre étude, nous avons compris par le terme efficacité que l'entreprise vise
à atteindre les objectifs qu'elle s'est fixée quel que soitle niveau des coûts engagés ou
les ressources utilisées. Donc, la mesure de l'efficacité d'une entreprise n'est que sa
façon d'atteindre sesobjectifs.
L'efficience :
L'efficience est l’aptitude d'une entreprise à atteindre ses objectifs enoptimisant ses
ressources.
En dehors du terme efficacité ISABELE Calme et ALS, définissentégalement
l'efficience comme la consommation des ressources pouratteindre l’objectif de façon
optimale.
Pour Philippe CAMUS, l'efficience implique en plus la notion de rendement, il
faut être efficace en combinant au mieux les moyensalloués, produire la quantité
demandée en optimisant les coûts.
Selon Amitaï ETZIONI cité par Allain MIKOL, l'efficience tient compte de la
façon dont les ressources disponibles sont utilisées.
L'efficience compare les résultats (prévus ou réalisés) aux moyens (prévus ou
réalisés).
En ce qui concerne l'efficience, nous avons compris que l'entreprise nevise
seulement pas à atteindre ses objectifs mais aussi de les atteindre aux moindres coûts.
C'est-à- dire que l'entreprise cherche pour son bien la façon dont elle peut utiliser
afin d'atteindre les objectifs lui assignés tout en dépensant des ressources moins
élevées.
L'efficacité et l'efficience sont des termes liés et complémentaires pourune entreprise.
L'atteinte de ses objectifs est l'un des succès au niveau de sa gestion par rapport aux
autres entreprises, et l'utilisation minimum de ses ressources dans sa perspective
d'atteindre ses objectifs, clarifie également l'entreprise comme celle qui applique
unebonne gestion.
2. RÔLES:
La rentabilité joue un rôle important dans la vie de l'entreprise:
* Elle assure la survie de l'entreprise;
* Elle permet à l'entreprise de préserver son indépendance financière.
3. CATÉGORIES:
Dans le cadre de calcul de la rentabilité, on distingue trois catégoriesde rentabilité,
il s'agit de :
La rentabilité économique:
Appelée aussi «rentabilité nette de l'investissement ».
Elle mesure la rentabilité des capitaux investis et est déterminéeuniquement avant
impôt.
Les capitaux investis représentent les moyens mis en œuvre par l'entreprise pour
assurer son activité. Ce sont les immobilisations et lebesoin en fonds de roulement
d'exploitation.
Selon Amiens PLANCHON, la rentabilité économique mesure lacapacité de
l'entreprise à s'enrichir.
D'après Elie COHEN, la rentabilité économique met en cause lerapport entre une
mesure du résultat et les actifs avancés afin de l'obtenir.
L'entreprise a besoin de l'ensemble de ses actifs pour générer ses bénéfices. Il est donc
important de mesurer la rentabilité qu'elle génèresur ses investissements.

La rentabilité économique= Résultat net de l'exercice Actif total

Une entreprise peut améliorer sa rentabilité économique de deux manières:


- Soit, à volume de ventes constant, en augmentant la marge réaliséesur chaque
produit ;
- Soit, à marge unitaire constante, en augmentant le montant desventes, c'est à
dire la rotation.
La rentabilité financière:
La finalité de l'entreprise est d'offrir une bonne rentabilité à ses actionnaires ; il
convient d'évaluer cette rentabilité par rapport auxcapitaux propres investis.
Les capitaux propres représentent l'ensemble des ressources risquéespar des associés
à la création de l'entreprise. Le résultat est la rémunération qu'ils tirent de ces
montants.
D'après GINGLINGER E., la rentabilité financière mesure la rentabilité de
l'entreprise du point de vue de chaque pourvoyeur de fond, que ce soit des
actionnaires ou des prêteurs. En ce qui concerne la rentabilité du point de vue des
actionnaires, il s'agit d'estimer le tauxde rémunération du capital financier, c'est-à-
dire la rentabilité d'investissement réalisé par les propriétaires de l'entreprise.
Pour Elie COHEN, la rentabilité financière met en jeu le rapport entre le résultat
global de l'exercice revenant aux propriétaires et le montant des capitaux propres
qu'ils ont investis dans l'entreprise.

Rentabilité financière= Résultat netCapitaux propres

Une entreprise peut améliorer la rentabilité financière servie auxassociés de deux


manières :
- Soit en améliorant la rentabilité économique dégagée par l'utilisationde l'actif,
- Soit en modifiant la composition du passif, dans le sens du recours plus grand à
des moyens financiers empruntés et une limitation relative des ressources
risquées par les associés.
La rentabilité d’exploitation:
Elle a trait à la politique de prix de l'entreprise et à la marge brutequ'elle prélève sur
le prix de revient des produits vendus.

Rentabilité d’exploitation = Excédent Brut d'Exploitation (EBE)Chiffre


d'Affaire

La rentabilité est le résultat de la politique générale d'une entreprise. Ainsi, pour juger
l'efficacité de la gestion, il sera normal de déterminercertains paramètres de gestion
appelés « ratios » de la rentabilité.
1. RATIOS DE LA RENTABILITÉ:
Définition:
Selon BRUNO S., le ratio est le rapport expressif entre deux grandeurs
caractéristiques (significatives) de la situation du potentielde l'activité ou de
rendement de l'entreprise. Ce rapport est dit expressif car à partir de deux données,
l'on peut établir une nouvelle information de nature différente.
Pour Pierre CONSO et COTTA A., les ratios peuvent servir à mesurer les
relations qui existent entre les éléments de la structure del'actif et du passif ou pour
apprécier l'équilibre entre le degré de liquidité et le degré d'exigibilité.
Objectifs:
L'objectif des ratios est d'apprécier la performance de l'activité ainsiqu'une mesure
relative de la rentabilité.
Sortes:
Dans le cadre de calcul de la rentabilité, on distingue les ratios suivants :

a. Ratio de la rentabilité d'exploitation:


A l’instar des autres ratios de rentabilité, les ratios de rentabilité ayantune relation
avec l’exploitation concernent des résultats bénéficiaires,car on ne peut parler de
ratios de rentabilité avec des résultats déficitaires.
Taux de marge commerciale:
Le taux de marge ou le ratio de marge commerciale concerne les entreprises ayant une
activité commerciale. L’examen de ce ratio permet d’apprécier le taux de marge
commerciale de l’entreprise et parconséquent sa stratégie commerciale. En effet, une
marge élevée permet d’engager des charges sans souci et un meilleur service
commercial. Cependant, une marge trop serrée ne permet pas à l’entreprise d’être à
l’aise dans l’engagement de ses charges.
Marge brute sur ventes en l’état / Ventes de marchandises
Par ailleurs, cet indicateur permet à l’entreprise de se comparer auxautres
entreprises du même secteur et de juger de sa performance commerciale par
rapport aux autres entreprises : soit aux meilleuressoit à la moyenne. Le suivi de
cet indicateur dans le temps permet d’apprécier la politique commerciale de
l’entreprise. En effet, une augmentation du taux de marge accompagnée d'une
diminution du produit des ventes de marchandises signifie que l’entreprise essaye
depréserver ses marges commerciales grâce à une augmentation du prix.Cette
action peut être délibérée ou non. Elle traduit probablement une stratégie de
différenciation ou de sélectivité de la clientèle. A contrario, un taux de marge en
chute accompagné d’une augmentationdu produit des ventes de marchandises ou
du chiffre d’affaires commercial, traduit probablement une baisse des prix en vue
d’un élargissement de la part de marché ou une stratégie de domination parles prix.
Le taux de valeur ajoutée:
Ce ratio mesure le degré d’intégration de l’entreprise. Il est plutôt utilisé par les
entreprises industrielles. Il permet d’établir une distinction entre les coûts des
facteurs de production externes et ceuxmis en œuvre par l’entreprise à elle-même.
Valeur ajoutée / (production + ventes de marchandises + subventionsd’exploitation)
Autrement dit :

Valeur ajoutée / Chiffre d’affaires (HT)

La valeur ajoutée peut être comparée même à la production à elleseule pour juger du
degré d’intégration de l’entreprise, lorsque l’entreprise n’exerce pas d’activité
commerciale.
Le taux d’Excédent Brut d’Exploitation:
Exprimé par le rapport suivant :

EBE / C.A (HT)

Ce ratio mesure le résultat dégagé par chaque 100 Dhs de chiffre d’affaires
indépendamment de la politique financière de l’entreprise,de la politique
d’investissement, des éléments non courants et de l’incidence de la fiscalité.
Le taux de rentabilité d’exploitation:
Par contre ce ratio, mesure le niveau de résultat d’exploitation dégagépar chaque 100
Dhs de chiffre d’affaires, avant toute incidence de la politique financière de
l’entreprise, des éléments non courants et de lafiscalité. Ce ratio s’exprime par le
rapport :
Résultat d’exploitation / C.A (HT)
Le taux de rentabilité commerciale:
Le dernier ratio de cette famille est celui qui détermine le niveau derésultat net dégagé
pour chaque 100 Dhs de chiffre d’affaires. Il s’exprime par le rapport :

Résultat net / C.A (HT)

Appelé également le taux de marge bénéficiaire, ce ratio constitue unecomposante du


ratio de rentabilité financière qui s’exprime par le rapport :
Résultat net / capitaux propres
b. Ratio de la rentabilité économique:
Les ratios de mesure de la rentabilité économique permettent de juger de la capacité de
l’entreprise à dégager des résultats (bénéficiaires) en mobilisant juste les capitaux
nécessaires à l’exercice de son activité.
ACTIF ECONOMIQUE = Immobilisations corporelles affectées à
l’exploitation
+ Immobilisations incorporelles affectées à l’exploitation (saufcharges
immobilisées)
+ Biens acquis en crédit-bail affectés à l’exploitation
+ Besoins de financement d’exploitation.
L’actif économique peut également être égal au :

Capitaux propres + dettes financières globales

La rentabilité économique découle de l’aptitude de l’entreprise à vendre et à


générer des marges et des résultats qui permettent au capital de l’entreprise son
renouvellement et sa rémunération.
La rentabilité économique nette exprimée par le rapport :

Résultat d’exploitation net d’impôt / Actif économique net


Enfin, la rentabilité économique globale se mesure par rapport à l’actif économique
net.
(Résultat d’exploitation +produits financiers)/Actif économique net
Les indicateurs de rentabilité économique permettent d’éclairer les investisseurs sur
la rémunération des capitaux nécessaires à l’exploitation. Or, ces indicateurs ne sont
pas significatifs pour tous lesutilisateurs de l’analyse financière. A titre d’exemple,
les apporteurs de capitaux sont intéressés par la rentabilité financière et plus
précisément par la rémunération que leur apporte l’activité dans sa globalité.
b. Ratio de la rentabilité financière:
Le calcul de la rentabilité financière permet d’apprécier la capacité de l’entreprise à
servir un résultat à ses actionnaires et à rémunérer ces derniers de façon à leur
compenser le risque encouru. Il s’exprime parle rapport :
Résultat net / capitaux propres
L’importance du ratio est appréciée en référence au taux moyen derendement des
placements à revenu fixe.
1. ANALYSE DU TAUX DE RENTABILITÉ :
Actif
Capitaux Propres
Rotation Rentabilité économique Rentabilité financière
Ventes
Résultat

Marge

Les Marges:
Une marge est une différence entre une valeur de vente et un coût. Le taux de
marge Résultat/Ventes est le rapport entre le bénéfice ouune marge réalisé et la
valeur des ventes ou chiffre d'affaire.
Ce taux augmente quand l'entreprise parvient à augmenter la marge réalisée sur
chaque produit vendu, soit en augmentant le prix de vente moyen, soit en limitant le
coût de revient moyen.
Les taux de rotation:
Le taux de rotation Ventes/Actif met en rapport le volume des ventesavec le total de
l'actif, c'est à dire l'ensemble des moyens mis en œuvre.
CHAPITRE II : GÉNÉRALITÉ SUR LA NOTION DE
CRISE ET SES CONSÉQUENCES SUR LA VIE DES
ENTREPRISES

1. LA NOTION DE CRISE SANITAIRE

2. FRAGILITÉ DES ENTREPRISES DURANT


LAPANDÉMIE DE COVID-19
La crise sanitaire déclenchée par la pandémie de COVID-19 a conduit les pouvoirs
publics à prendre des mesures inédites pour contenir la propagation du virus. Les
fermetures administratives d’entreprises, lesquarantaines, les restrictions de
circulation et la distanciation sociale ont entraîné une mise à l'arrêt quasi-totale de
vastes pans des économies.
De nombreux secteurs d'activité ont vu leurs ventes s’effondrer. Dans le même
temps, les engagements financiers envers les fournisseurs, lesemployés, les prêteurs
et les investisseurs n’ont pas disparu, et les réserves de liquidités dans lesquelles les
entreprises puisent pour y faire face diminuent rapidement. L’inversion brutale des
prévisions derésultats des entreprises a nettement affaibli leurs anticipations en
termes de ratios de rentabilité et de couverture des intérêts.
Le fait qu’un grand nombre d’entreprises soient affectées simultanément constitue
un défi majeur. Les producteurs de biens ou services intermédiaires ont subi eux
aussi une chute de leurs ventes, même lorsque les mesures de confinement ne les
contraignent pas à semettre à l’arrêt. Alors que de nombreuses entreprises aux
différents maillons des chaînes d'approvisionnement pâtissent d’un manque de
liquidités, les pertes sur les crédits commerciaux pourraient s’accroîtreet renforcer
encore les pressions sur les flux de trésorerie.
Cette crise de liquidité pourrait se transformer en une crise de solvabilité des
entreprises à l'échelle mondiale. La diminution, sinon l'absence, de recettes sur
une période prolongée, de même que la moindre capacité des entreprises à faire
face à ce manque à gagner,pourraient compromettre leur viabilité à long terme et
entraîner desfermetures volontaires et des faillites.
Le capital humain et organisationnel subirait une érosion et pourrait disparaître avec
la défaillance d’entreprises qui, avant la pandémie, étaient rentables et disposaient
d'un bilan sain. Les chaînes de valeur mondiales seront perturbées si des entreprises
très intégrées disparaissent du marché. Le degré élevé d’incertitudes entourant la
trajectoire à venir de l’économie pèsera sur l’investissement des entreprises et la
demande des consommateurs. Dans ce contexte, unecrise de solvabilité des
entreprises pourrait produire des effets négatifsà long terme sur les économies en
freinant l’emploi, la productivité, lacroissance et le bien-être.
Le risque d’une crise financière est élevé. En l'absence d’une réponse vigoureuse des
pouvoirs publics, la multiplication des défaillances d’entreprise affaiblirait les bilans
des banques et des investisseurs institutionnels, ce qui pourrait conduire à une
fermeture des marchés de financement par la dette et les fonds propres, et amorcer une
spiralebaissière auto-entretenue au sein des entreprises, laquelle augmenterait
sensiblement les probabilités d’une crise. En outre, l'association de faillites touchant
un large éventail d’entreprises et du sauvetage d’entreprises systémiques par l’État
pourrait nuire à la concurrence, cequi affecterait la croissance future de la
productivité.

3. IMPACT PAR SECTEUR D’ACTIVITE


Le premier sondage d’envergure effectué fin avril par le HCP a révélé des
arrêts temporaires ou définitifs pour près de 6 entreprises sur 10 et une activité
réduite pour un cinquième des entreprises. Selon le HCP, qui a effectué un
sondage auprès de 4 000 entreprises, sur un univers estimé à 249 000 entreprises
actives, 57% des entreprises (soit près de 142 000 entreprises) avaient arrêté leur
activité de manière temporaire ou définitive au début du mois d’avril 2020..
Les très petites entreprises ont été plus fortement affectées par les arrêts
définitifs et par la baisse d’activité. Durant les premières années après leur
création, les arrêts d’activité définitifs avaient concerné 6 300 unités dont 4 536 très
petites entreprises, 1 638 petites et moyennes entreprises et 126 grandes entreprises.
Les arrêts d’activité temporaires avaient concerné 135000 entreprises. Les
entreprises ayant maintenu leur activité étaient au nombre de 107 123. Près de 53
500 entreprises avaient maintenu leur activité inchangée et 53 500 autres entreprises
avaient dû réduire leur activité. Sur ces 53 500, près de 42 800 entreprises avaient
réduit leur production de plus de 50%, et près de 10700 l’avaient réduite de moins
de 50%
En analysant les différents secteurs, il ressort que l'impact de la crise sanitaire
diffère d'un secteur à un autre.
Un constat évident en raison de l'hétérogénéité des secteurs et de leur spécificité

Le secteur des Télécoms se caractérise par une forte rentabilité qui dénote par
rapport aux benchmarks internationaux. Cette rentabilité a toutefois été en baisse
constante pendant la dernière décennie, suite à un environnement fortement
concurrentiel et au processus de maturation du marché intérieur qui a fini par
atteindre de forts taux de pénétration. Elle a permis par ailleurs au secteur d'assurer
un taux de distribution de dividendes très élevé, et d'utiliser l'effet de levier de
financer un cycle de croissance externe à international mené par IAM.

Le secteur BTP, comparé aux autres secteurs côtés, affiche la rentabilité la plus
faible, soit 10% en 2019 (contre 27% en 2008). Cette faible rentabilité reflète à
notre sens la crise que traverse le secteur immobilier depuis l'année 2011. En effet,
la faible demande en logements et en projets d'infrastructures, conjuguée à une
structure financière affaiblie par un fort levier, ont eu des effets négatifs sur
l'ensemble du secteur, impactant fortement les niveaux d'utilisation des outils
industriels (Ciments & Sidérurgie) et par ricochet leur profitabilité. Néanmoins,
l'année 2015 marque un nouveau tournant pour le secteur BTP en termes de
rentabilité, grâce aux plans de restructurations agressifs en termes de recapitalisation
et d'assainissement des Bilans.
Le secteur Industriel coté est un secteur très hétérogène en termes de nature
d'activité, de taille, ou de caractéristiques financières. Néanmoins nous nous
permettons de relever certaines observations d'ensemble.
L'analyse de ses indicateurs financiers révèle une rentabilité moyenne assez
comparable aux benchmarks internationaux. La forte rentabilité du sous-secteur
Énergie s'explique plutôt par la nature de l'activité au Maroc qui consiste
principalement en la distribution de carburants.

L'évolution de cette rentabilité au cours des dix dernières années reflète le


comportement d'un secteur assez tributaire de facteurs exogènes, tels que les prix
des intrants ou encore des cadres réglementaires avec l'effet de la décompensation.
Le secteur Industrie représenté à la bourse de Casablanca (hors les minières) reste
un secteur qui fait peu usage du levier financier, à l'image du faible taux
d'investissement.

Contrairement aux autres secteurs, les NTIC ont connu une bonne dynamique de
croissance ces dernières années. En effet, depuis 2011, le secteur connaît
globalement une tendance haussière de la rentabilité financière qui a profité de la
transformation digitale, du fort développement du paiement électronique couplé à
une gestion efficiente des charges. Nous soulignons tout de même que cette
rentabilité demeure fortement impactée par la conjoncture internationale du fait de
la nature de la clientèle du secteur et par l'effet de change. Par ailleurs, l'utilisation
du levier financier demeure faible, ce qui laisse de la marge pour un éventuel
recours à de la dette pour financer un effet d'échelle plus important ou
éventuellement de la croissance
Externe,

Le textile a souffert de manière drastique à cause de la fermeture de plusieurs


entreprises et usines, en raison de la faible compétitivité du textile marocain, des
problèmes d’approvisionnement et de l’absence de la demande étrangère, avec une
main d’œuvre qui s’estime à plus de 160 000 dans 1 200 entreprises. De même, les
approvisionnements au niveau du secteur sont fortement perturbés, du fait qu’une
grande partie des matières premières utilisées provient de l’Asie, et plus précisément
de la Chine. De l’autre côté, le secteur du textile atteste une baisse de la demande
européenne sur le textile et l’habillement, en l’occurrence de l’Espagne et de la
France qui ont absorbé près de 60% des exportations du secteur. Entraînant ainsi
une diminution des commandes de la part des fournisseurs, selon les déclarations du
président de l’Association Marocaine des Industries du Textile et de l’Habillement.
Ainsi, face à une demande en baisse dans le textile et dans un esprit marqué par les
principes de solidarité et d’union, plusieurs usines ont converti leur activité à la
production des masques de protection durant cette période de la pandémie. En effet
et suite à l’obligation de port des masques par les citoyens, le Ministère de
l’Industrie s’est fixé de réaliser une production quotidienne de 5 millions de
masques. Les masques de production 100% marocaine ont subi un contrôle de
conformité et répondent à la norme « NM/ST 21.5.200 » de l’Institut Marocain de
Normalisation (IMANOR).
Le transport aérien au Maroc est l’un des secteurs les plus affectés par les effets de
la pandémie du coronavirus à cause des mesures appliquées de précaution et de la
baisse de la demande, avec une perte estimée à 1.3 milliards de dollars, faisant ainsi
du Maroc le sixième pays le plus influencé au niveau du transport aérien dans la
région de l’Afrique-Moyen-Orient, tel que souligne les prévisions de l’Association
du transport aérien international (IATA). Faisant ainsi de la part de l’impact
potentiel sur le PIB estimé à 3.4 milliards de dollars en 2020. Il est lieu de préciser
que les transports routiers et ferroviaires seront également touchés largement, à
cause de l’interdiction de la circulation des véhicules et des transports de voyages
entre villes depuis le 24 Mars 2020. En vue de d’absorber le choc du Covid-19 et
limiter sa propagation, les autorités publiques ont pris une série de mesures
préventives.

4. NIVEAU DES VENTES


Les enquêtes effectuées par la CGEM et le HCP convergent pour confirmer une
importante baisse des ventes. L’enquête effectuée par la CGEM, dont la majorité
des réponses (87%) provenait de TPME, définies dans ce cadre comme les entreprises
ayant un chiffre d’affaires inférieur à 75 millions de dirhams, a corroboré les résultats
de l’enquête du HCP menée deux semaines plus tôt. Ainsi, l’analyse de la variation
des ventes des entreprises sondées à travers cette enquête a révélé une baisse
significative de leur activité économique dès février 2020, 44% d’entre elles ayant
déclaré une baisse de leurs ventes en février 2020, contre 33% le mois précédent. En
mars 2020, 97% des entreprises avaient déclaré une baisse de leurs ventes, 47% des
entreprises ayant déclaré une baisse supérieure à 50%.
Les impacts sur la production des secteurs sont asymétriques. Les secteurs
déclarés « indispensables », notamment les télécommunications, les banques et
assurances, la fourniture d’eau, d’électricité et de gaz, et le secteur agroalimentaire,
ont maintenu un niveau d’activité supérieur à 66% du niveau habituel. On observe
une diminution des ventes supérieure à plus de 50% dans les services, les hôtels et
restaurants et dans le secteur des industries exportatrices (industries du textile et du
cuir, automobile et aéronautique). La baisse des chiffres d’affaires du secteur
commercial et des transports, corrélée à celle des autres secteurs, a été estimée à 43%.
Selon l’enquête TPME BIT-BAD, toutes les entreprises, selon leur branche
d’appartenance, et leur taille n’ont pas subi le même niveau de variation des
ventes. Pour un très petit nombre d’entreprises, voisin de 5% de l’ensemble,
notamment celles chargées des livraisons à domicile, le chiffre d’affaires a fortement
augmenté. Il n’a pas varié pour près de 9% des entreprises. En revanche, il a baissé
fortement de plus de 50% pour près de la moitié des unités observées et de -15% à
50% pour 30% des unités enquêtées. Aux deux extrêmes, les plus petites entreprises
et les plus grandes semblent avoir été moins affectées par les arrêts complets et avoir
subi des variations des ventes à la baisse moins grandes.

5. LES MESURES FINANCIERE PRISE PAR LE


GOUVERNEMENT POUR FAIRE FACE AUX EFFETS
NEFASTE DU COVID-19
Le gouvernement a adopté une série de mesures d’urgence visant à soutenir la
trésorerie des entreprises. Outre le soutien apporté par les banques centrales au
travers de leur politique monétaire, les autorités ont pris des mesures budgétaires
comprenant le financement direct et indirect des salaires (y compris l'augmentation de
la couverture et du taux de remplacement assuré par les allocations chômage, des
dispositifs de chômage partiel et des indemnités de chômage temporaires), des reports
d’impôt, des moratoires sur la dette et l’octroi de garanties de crédit.

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