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Le Pouvoir de la transaction

chez la douane marocaine

MS : Affaires Internationales : Management et droit de transport des


marchandises

Réalisé par : Année Universitaire : 2020/2021

BENALLOU Nouhaïla Encadrant : Mr. SILM


GOUDANI Yasser
OUDAD Youness
Introduction
L'Administration des Douanes et Impôts Indirects ou ADII, également connue sous le nom de
Douane marocaine, est une administration fiscale marocaine sous la tutelle du Ministère de l'Économie
et des Finances. L’Administration des Douanes et Impôts Indirects (ADII) accorde une importance
particulière au renforcement de l’éthique et à la lutte contre les risques de dérives. D’où l’instauration
d’une démarche en la matière qui a la particularité d’intégrer implicitement le processus global de
modernisation et de constituer un véritable catalyseur de changement de son environnement. Ainsi,
l’ADII a instauré différents directions parmi eux la direction de la prévention et du contentieux qui
regroupe différents divisions entre eux la division du contentieux sous un mécanisme lié au droit de
recours par le biais de la vulgarisation du barème transactionnel permettant l'uniformisation du
règlement des litiges et l’instauration de critères de suivi et d'évaluation ; des responsables contentieux
au niveau central et régional, ainsi qu’une dynamisation des procédures judiciaires et de recouvrement
forcé des créances douanières.

La transaction est un acte par lequel le délinquant reconnaît avoir commis une infraction et
s’engage à verser une somme déterminée, à titre de pénalité à l’Office des Changes et ce, en contrepartie
de l’abandon par celui-ci d’user de son droit de poursuite devant la justice à l’égard de l’assujetti.

L’ADII privilégie le règlement transactionnel des litiges pour raison de les dénouer en
garantissant les intérêts du Trésor, elle a enregistré en 2013 un taux de règlement à l’amiable de 74%
des affaires contentieuses.
Problématique
Dans quel mesure la transaction facilite le règlement des
contentieux en matière de douane marocaine ?
Plan
Partie 1 : Base juridique de la transaction en douane
marocaine
Section 1 : Arsenal juridique de la transaction en douane
Section 2 : Efficacité de la transaction en douane
Partie 2 : Effets et nullité de la transaction
Section 1 : Recours des usagers et nullité de la transaction

Section 2 : Effets de la transaction

CONCLUSION
Partie 1 : Base juridique de la transaction en douane
marocaine

Section 1 : Arsenal juridique de la transaction en douane


Le contrat de transaction est régi par les dispositions du droit civil (Art. 1098 à 1116 DOC).

- La transaction est un contrat par lequel les parties terminent ou préviennent une contestation
moyennant la renonciation de chacune d'elles à une partie de ses prétentions réciproques, ou la
cession qu'elle fait d'une valeur ou d'un droit à l'autre partie.
- Pour transiger, il faut avoir la capacité d'aliéner, à titre onéreux, les objets compris dans la
transaction.
- La transaction a pour effet d'éteindre définitivement les droits et les prétentions qui ont été l'objet
du contrat, et d'assurer à chacune des parties la propriété des choses qui lui ont été livrées et des
droits qui lui ont été reconnus par l'autre partie.

La transaction est régie dans la section VI : Extinction des droits de poursuite et de répression du code
du douane (de l’Article 273 à 277).

La transaction puise son origine légale de l’article 273 du code de douane qui stipule que
l’Administration a le droit de transiger avec les personnes poursuivies pour des infractions en matière de
douane et d’impôts indirects soit avant soit après jugement définitif.

- Lorsque la transaction devenue définitive intervient avant jugement définitif, elle éteint, à l’égard
des parties contractantes, l’action du ministère public (Ministre des Finances, Directeur Général,
Directeur Régional ou Chef de Circonscription) aussi bien que celle de l’administration.
- Lorsqu’elle intervient après un jugement définitif, la transaction laisse subsister l’emprisonnement
et la mesure de sûreté personnelle.

Elle ne devient définitive qu’après la ratification par le ministre des finances ou par le directeur de
l’administration et n’est susceptible d’aucun recours.
La transaction peut porter sur des remises partielles ou totales des amendes, confiscations et autres
sommes dues, mais ne peut, en aucun cas, porter sur les montants des droits et taxes normalement
exigibles.

Toutefois, lorsqu'elle comporte l'abandon des marchandises litigieuses au profit de l'administration,


le paiement des droits et taxes sur lesdites marchandises n'est pas dû.

Lorsqu'elle comporte la restitution des marchandises au profit du (ou des) délinquant(s) ou lorsqu'il
s'agit de marchandises litigieuses non saisies, les droits et taxes dus et non payés, au titre desdites
marchandises, doivent être acquittés.

Elle doit être constatée par écrit, sur papier timbré, en autant d'originaux qu'il y a de parties ayant
un intérêt distinct.

Ce droit est également reconnu à l’Administration par certains textes particuliers (réglementation des
changes, investissement (Décret 2-98-499 du 30/06/1998), régime du papier d’édition, etc....).

Section 2 : Efficacité de la transaction en douane


La transaction contient un engagement de l’auteur de l’infraction douanière à payer une amende
dite « transactionnelle » et éventuellement à abandonner les marchandises saisies.

Si le débiteur ne s’exécute pas spontanément, l’administration des Douanes disposera des voies de
recours classiques pour le recouvrement de la somme prévue à la transaction.

Au-delà des conséquences ordinaires des stipulations d’une transaction, la nature particulière de
la transaction douanière conduit à s’interroger sur ce qu’implique l’acceptation du débiteur quant à sa
culpabilité.

En effet, il ne fait guère de doute que « la conclusion de la transaction vaut reconnaissance de la


commission de l’infraction » (Poursuites et sanctions en droit pénal douanier, R.Cren, page 271).

En pratique, malgré les conséquences pécuniaires parfois importantes de l’accord à la transaction


(amende, abandon de marchandises équivalent à une confiscation), ainsi que ses implications en termes
de culpabilité, l’administration des douanes n’informe pas le contrevenant de son droit à l’assistance
d’un avocat.
Règlement des litiges Les litiges avec l'administration des douanes peuvent se régler en dehors
de toute action devant les tribunaux répressifs, par voie de règlement amiable. Le recours à la voie
transactionnelle implique l'accord des deux parties sur l'abandon des poursuites judiciaires. La
transaction est un contrat civil synallagmatique.

Partie 2 : Effets et nullité de la transaction


Pour pouvoir voir l’effet et la nullité de la transaction il faut tout d’abord parler de la ratification
donc c’est en application des dispositions des articles 274 et suivants du code et dans le cadre de la
délégation accordée, la ratification des transactions s’opère par la hiérarchie compte tenu de
l’importance de l'affaire.

Elle lie, alors, irrévocablement les parties et n’est susceptible d’aucun recours.

Section 1 : Recours des usagers et nullité de la transaction


Le redevable ou l’usager qui conteste les faits qui lui sont reprochés ou qui conteste le bien fondé
de la décision prise à son encontre conserve toute latitude pour demander l’arbitrage du supérieur
hiérarchique.

A cet effet, les réclamations doivent être examinées avec le plus grand soin et avec la célérité requise.

Lorsque l’Administration Centrale prescrit l’envoi d’un dossier contentieux pour examen ou
communique une réclamation pour renseignements, observations et avis, les chefs locaux, sauf
instructions contraires, sursoient à tout règlement transactionnel jusqu’à examen du dossier. Les dossiers
ou renseignements ainsi demandés sont communiqués dans les plus brefs délais par les moyens les plus
rapides (notamment par télécopie et par messagerie etc..).

Cependant, lorsqu’un éventuel retard est de nature à faire jouer la prescription, les mesures qui
s’imposent seront prises pour pallier cette situation par la voie appropriée.

Et puis comme tous les contrats, la transaction est soumise aux causes habituelles de nullité en
raison du défaut de consentement notamment à cause de l'incapacité des parties, l’erreur, la violence et
le dol.
Il y aura incapacité des parties si par exemple la transaction est souscrite par un délinquant qui
n’était pas capable de s’engager personnellement ou encore consentie à un délinquant par l’entremise
d’une personne non munie des pouvoirs pris à cet effet.

Section 2 : Effets de la transaction


Personne habile
Afin de permettre à l’Administration de se prémunir contre toute contestation éventuelle sur la
teneur des actes transactionnels souscrits, le service est invité à n’accorder une transaction comportant
l’abandon des marchandises et du moyen de transport saisis, qu’aux personnes habiles.

Ainsi, s’agissant aussi bien des préposés à la conduite que toute autre personne assurant la
conduite d’un véhicule ne lui appartenant pas, la clause d’abandon du moyen de transport, ne peut leur
être consentie qu’à l’appui d’une procuration dûment établie.

Effets de la transaction intervenue après jugement définitif


En vertu des dispositions de l’article 273 3ème du code, lorsqu’elle intervient après un jugement
définitif, la transaction laisse subsister l’emprisonnement et la mesure de sûreté personnelle prévue par
l’article 220 1° du code.

En revanche, le condamné qui subit la contrainte par corps obtient, en cas de transaction, sa libération
immédiate.

Effets à l’égard des parties contractantes


En vertu des dispositions de l’article 276 du code, la transaction devenue définitive, produit effet
à l’égard des seules parties contractantes. Toutefois, le recouvrement par l’Administration du montant
de ces condamnations ne peut être poursuivi que sous déduction de la part des coauteurs, complices et
intéressés à la fraude avec lesquels les transactions ont eu lieu.

Cependant, dans le cas ou plusieurs délinquants sont poursuivis et que l’un d’eux transige pour
son propre compte, les réserves d’usage, à l’encontre des autres coauteurs, complices et intéressés à la
fraude, seront insérées dans l’acte de transaction.
Effets à l’égard des coobligés
Les cautions sont tenues au même titre que les principaux obligés de payer les droits et taxes, les
pénalités pécuniaires et autres sommes dues par les redevables qu’ils ont cautionnés (Art. 230Code).

L’exécution par le principal obligé des termes de la transaction libère de plein droit la caution.

Inversement, l’exécution des termes de la transaction par la caution met fin au litige.

Toutefois en matière de régimes économiques en douane, les cautions bancaires et les assurances
ne portent que sur les droits et taxes dus. Ceci laisse donc subsister la créance sur le principal obligé
pour ce qui est des peines.

Effets à l’égard de la succession


Lorsque l’auteur d’une infraction vient à décéder avant d’avoir effectué le règlement des
amendes prononcées contre lui ou des transactions acceptées par lui, le recouvrement peut en être
poursuivi contre la succession, lorsque le partage de cette dernière n’a pas encore été effectué (Art. 265
Code).

Extinction de l’action publique- Désistement de l’Administration


Lorsque la transaction devenue définitive, intervient avant jugement définitif, elle éteint, l’action
publique à l’égard des parties contractantes (art. 273 alinéa 2 code). Ainsi lorsque la transaction
intervient après engagement des poursuites judiciaires, le désistement de l’administration sera
expressément porté à la connaissance de la juridiction compétente au moyen d’un écrit ad hoc.

Le désistement étant considéré juridiquement comme la renonciation à titre définitif à l’exercice


d’un droit en justice. Il importe, préalablement au dépôt de cet acte, de s’assurer que la partie poursuivie
s’est bien acquittée des obligations transactionnelles lui incombant (paiement des droits et taxes,
accomplissement des formalités du C.C.E.C. etc.)

Les frais de justice


En cas de transaction, les frais éventuels de justice ne peuvent, en aucun cas, être mis à la charge de
l’Administration (Art. 277 Code).
Conclusion

La transaction est une convention par laquelle l’administration


des douanes, agissant dans la limite de sa compétence, renonce à
poursuivre l’infraction douanière pour autant que la ou les
personnes impliquées se conforment à certaines conditions.
Les commissions des transactions se réunissent, au moins, une
fois par mois sur convocation de leur président. Les personnes
poursuivies pour infraction douanière, désirant bénéficier de la
procédure de transaction, doivent formuler une demande écrite.
Le capitaine de navire, le commandant d’aéronef et le voyageur,
peuvent solliciter verbalement la transaction. Dans ce cas, la
transaction définitive tient lieu du procès-verbal des douanes.
Toutefois, la transaction est exclue en cas d’infraction portant
sur des marchandises prohibées à l’importation ou à
l’exportation.
Webographie :

➢ Disponible sur :
http://www.douane.gov.ma/web/guest/rdii#http://www.douane.gov.ma/content/rdii/titres.jsf consulté le
01/12/2020

➢ Disponible sur :
https://www.finances.gov.ma/Publication/adii/2009/9643_rapport_adii08.pdf consulté le 06/12/2020

➢ Disponible sur :
http://www.douane.gov.ma/code/Histo_339_F.htm consulté le 04/12/2020

➢ Disponible sur :
https://rabat.eregulations.org/media/Doc%20maroc.pdf consulté le 04/12/2020

➢ Disponible sur :
https://www.village-justice.com/articles/saisie-douaniere-les-effets-regleemnt-transactionnel,27089.html
consulté le 05/12/2020

➢ Disponible sur :
http://www.amith.ma/portail/PDF/Charte_du_controle_et_du_contentieux_change_2012.pdf consulté le
06/12/2020

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