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UNIVERSITE HASSAN II DE CASABLANCA

Faculté des sciences Aïn Chock

MASTER1 : Energies Renouvelables & Systèmes Energétique

- ERSE -

Biomasse Energie : Biocarburants

Effectué par : Propose par :


. CHARKAOUI Khaoula
Pr. TAHIRI Mouhammed
. KHEDIDEM Kaoutar

année universitaire : 2021/2022


Table des matières

Introduction générale.............................................................................................................................. 3
Chapitre 1 : Biomasse énergie ................................................................................................................. 4
I. Introduction : ................................................................................................................................... 5
II. Energie de la biomasse : .................................................................................................................. 5
II.1 Introduction : ........................................................................................................................... 5
II.2 Procédés de valorisation énergétique de la biomasse : .......................................................... 6
II.2.1 la méthanisation ou fermentation méthanique ou fermentation anaérobie : ............... 6
II.2.2 L’incinération : ................................................................................................................. 7
II.2.3 La gazéification : .............................................................................................................. 8
III. Potentiel énergétique mondial de la biomasse :......................................................................... 9
III.1 Potentiel énergétique mondial de la biomasse :..................................................................... 9
III.2 Potentiel énergétique marocain de la biomasse :................................................................. 10
Chapitre 2 : Biocarburant ...................................................................................................................... 11
I. Introduction : ................................................................................................................................. 12
II. Définitions : ................................................................................................................................... 12
II.1 Première génération : ........................................................................................................... 12
II.1.1 Les filières de première génération :............................................................................. 13
II.1.2 Les avantages et les inconvénients : ............................................................................. 15
II.2 Deuxième génération : .......................................................................................................... 16
II.2.1 Les filières de la 2eme génération :............................................................................... 16
II.3 Troisième génération : .......................................................................................................... 19
II.3.1 Les avantages et les inconvénients : ............................................................................. 21
Conclusion générale .............................................................................................................................. 22

1
Liste des figures

Figure 1:Synthèse des différentes voies de valorisation énergétique de la biomasse ................ 6

Figure 2 : Les étapes de la Méthanisation .................................................................................. 7

Figure 3 : les étapes de l’incinération ......................................................................................... 8

Figure 4 : Processus de gazéification ......................................................................................... 8

Figure 5 : Production d'électricité à partir de biocarburants et de déchets par source ............... 9

Figure 6 : La production mondiale de biocarburant ................................................................. 12

Figure 7 : Le processus de production du biodiesel ................................................................. 14

Figure 8 : Le processus de production du bioéthanol ............................................................... 15

Figure 9 : La procédure de la production de l’éthanol cellulosique ......................................... 17

Figure 10 : les utilisations des microalgues dans plusieurs domaines ..................................... 19

Figure 11 : schéma simplifié sur les étapes de la production du biocarburant de la 3ème

génération ................................................................................................................................. 19

Figure 12 :la production annuelle et l’application des biocarburant de la 3eme génération dans

le monde ................................................................................................................................... 21

Liste des tableaux

Tableau 1 :La production mondiale des différents types d’énergie ........................................... 5

Tableau 2 : Les différentes sources de biocarburant de la 1ergénération ................................. 13

Tableau 3 : les sources du biocarburant de la 3eme génération ................................................. 16

Tableau 4 : les différents procédés de prétraitement de la matière première ........................... 17

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Introduction générale

L'énergie biomasse est la forme d'énergie la plus ancienne utilisée par l'homme depuis

la découverte du feu à la préhistoire. Cette énergie permet de fabriquer de l'électricité grâce à

la chaleur dégagée par la combustion de ces matières (bois, végétaux, déchets agricoles,

ordures ménagères organiques) ou du biogaz issu de la fermentation de ces matières, dans des

centrales biomasse.

L'énergie biomasse n'émet presque pas de polluants et n'a pas d'impact sur l'effet de

serre. La quantité de CO2, un gaz à effet de serre, qu'elle rejette, correspond à la quantité

absorbée par les végétaux pendant leur croissance.

De plus, la valorisation du biogaz en électricité évite l'émission de méthane, un autre

gaz à effet de serre, dans l'atmosphère. Il représente un potentiel énergétique très important,

en provenance principalement des décharges, mais aussi des boues d'épuration et des déchets

urbains et agricoles.

3
Chapitre 1 : Biomasse énergie

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I. Introduction :

Autant les organismes vivants que les humains ont besoin d’énergie pour
fonctionner et se développer. On parle d’énergie primaire pour désigner une énergie qui se
trouve naturellement sur Terre. Sous cette forme d’énergie, on regroupe aussi bien les
énergies dites renouvelables (inépuisables) que le pétrole, le gaz naturel, le charbon et le
nucléaire (qui sont des énergies dites non renouvelables). Ces dernières comptent pour 86%
de la production mondiale d’énergie. Les énergies renouvelables sont pour la plupart issues de
l’activité solaire à l’exception de l’énergie géothermique et marine. L’énergie secondaire
regroupe les formes d’énergie tels que l’électricité, l’essence, le kérosène ; ils sont obtenus à
partir de la transformation d’une énergie primaire. Les différentes formes d’énergie :

Energies primaires renouvelables production mondiale (Mtep)


Biomasse 1337
Hydraulique 321
Solaire
Marine 147
Eolienne
Energies primaires non renouvelables production mondiale (Mtep)
Pétrole 4198
Charbon 3878
Gaz 2848
Nucléaire 642
Tableau 1 :La production mondiale des différents types d’énergie

II. Energie de la biomasse :

II.1 Introduction :

La biomasse solide, liquide ou gazeuse produit de l’énergie pour différents usages


comme la chaleur, l’électricité, le biogaz ou les carburants.
Cette biomasse provient de la forêt, de l’agriculture (cultures dédiées, résidus de culture,
cultures intermédiaires et effluents d’élevage), de déchets (déchets verts ; biodéchets des
ménages ; déchets de la restauration, de la distribution, des industries agroalimentaires et de la
pêche ; déchets de la filière bois ; boues de stations d’épuration ; etc.)
La bioénergie est encore amenée à se développer fortement, sur la base de ressources
issues d’une gestion durable, en veillant soigneusement à contenir les impacts en termes de
qualité de l’air et dans le cadre d’une bonne articulation avec les usages autre que
énergétiques.

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Figure 1:Synthèse des différentes voies de valorisation énergétique de la biomasse

La biomasse est la seule source d’énergie renouvelable permettant de produire des carburants
gazeux, liquides et solides à même de remplacer les combustibles d’origine fossiles utilisés
dans le domaine du transport ou dans la production d’électricité et de chaleur. Les déchets
ménagers produits par le District d’Abidjan étant nuisibles pour l’environnement et nocifs
pour la population, nous avons trouvé utile de nous intéresser dans la suite de notre étude. La
partie valorisable énergiquement des déchets portera sur la matière organique.
Donc, nous ne nous intéresserons qu’à la matière organique présente dans ces déchets
solides ménagers (DSM). Elle sera assimilée à la biomasse humide du fait de la situation
géographique de la zone d’étude.

II.2 Procédés de valorisation énergétique de la biomasse :

La valorisation des déchets solides ménagers offre une deuxième vie aux déchets. En gestion
des déchets, la valorisation des déchets ou revalorisation est un ensemble de procédés par
lesquels on transforme un déchet matériel ou un produit en apparence inutile en un nouveau
matériau ou produit de qualité ou d’utilité supérieure. Dans notre cas, cette valorisation aura
un objectif énergétique. Il existe différentes voies de valorisation énergétique des déchets
ménagers .
II.2.1 la méthanisation ou fermentation méthanique ou fermentation anaérobie :

Est un processus de déjection anaérobie des déchets humides. Elle est une forme de
valorisation énergétique par la biodégradation de la matière organique des déchets conduisant
à la libération du biogaz. Le biogaz contient environ 50 à 70 % de méthane, fraction la plus

6
riche en énergie. Le déchet initial débarrassé de la fraction organique est appelé digestat,
fraction solide.

Figure 2 : Les étapes de la Méthanisation

II.2.2 L’incinération :

L’incinération avec récupération d’énergie consiste à transformer en vapeur sous pression la


chaleur dégagée par la combustion des déchets, vapeur qui est ensuite détendue dans un
turboalternateur produisant de l’électricité et, lorsque cela est possible, utilisée pour alimenter
un réseau de chaleur urbain ou des industriels avoisinants. Le statut d’opération de
valorisation énergétique n’est accordé qu’aux incinérateurs atteignant une performance
énergétique minimum.
L’incinération fait l’objet d’une surveillance et d’un encadrement par la réglementation qui
prévient ses effets sur l’environnement. Cette dernière encadre le traitement des fumées et des
résidus de traitement. Elle impose notamment le respect de valeurs limites d’émission
extrêmement strictes pour les principaux polluants libérés par les déchets.

7
Figure 3 : les étapes de l’incinération

II.2.3 La gazéification :

Est un procédé de traitement thermique utilisé pour transformer directement des matières
organiques sèches en un gaz composé essentiellement de monoxyde de carbone et de
l’hydrogène. Elle est une alternative appropriée à l’incinération et s’adresse en particulier aux
déchets solides et secs. Donc l’offre technologique inclut le séchage, la pyrolyse, la
torréfaction, la combustion ou encore la gazéification.

Figure 4 : Processus de gazéification

8
III. Potentiel énergétique mondial de la biomasse :

III.1 Potentiel énergétique mondial de la biomasse :

La biomasse, énergie dérivée de l'énergie solaire grâce à la photosynthèse des végétaux,


a longtemps été la principale source d'énergie de la société, et l'est encore dans les pays en
voie de développement. Dans le cadre d'une gestion durable des forêts, cette source d'énergie
renouvelable peut être neutre en carbone et donc constituer un élément de solution dans la
lutte contre l'effet de serre. Si l'on exclue l'énergie musculaire, la biomasse est principalement
utilisée sous forme de bois-énergie, de biogaz (à partir de déchets organiques le plus souvent)
et de biocarburant.
La production d'énergie électrique à l'aide de biomasse dans le monde représente environ
1800 de watts par seconde, soit 596 Térawatts heures par an.

Figure 5 : Production d'électricité à partir de biocarburants et de déchets par source

▪ Association des Economistes de l'Energie (AEE )estime que les pays européens qui
auront le plus fort potentiel de bioénergie agricole en 2020 sont la France,
l’Allemagne, l’Espagne, l’Italie, la Pologne et la Roumanie.
▪ selon qui la biomasse serait la 4ème source d'énergie après le charbon, le pétrole et le
gaz. >La production mondiale d'électricité à partir de biomasse devrait passer de 58
GW à 86 GW .
▪ en 2006, (selon l'observatoire des énergies renouvelables), la production électrique
d’origine renouvelable avait atteint 18,6% de la production mondiale d'électricité. Elle

9
était couverte à 89% par l’hydraulique et à 5,7% par la biomasse, le reste se partageant
entre l’éolien (3,5%), la géothermie (1,7%) et le solaire (0,2%).

III.2 Potentiel énergétique marocain de la biomasse :

Selon les conclusions de l'étude, le Maroc présente un total en énergie primaire estimé à
11.5 millions de mégawattheures par an (MWh/a), répartis sur trois secteurs clés à savoir les
déchets verts, l'agriculture, la foresterie et les eaux usées.
Concrètement, 6,6 millions de MWh/a du potentiel technique national est issu du secteur
agricole. 1.7 M MWh/a proviennent du secteur forestier. 3 M MWh/a du secteur des déchets.
tandis que 0,2 M MWh/a peuvent être générés à partir du secteur des eau usées.
En ce qui concerne la répartition de cette ressource au niveau national, la région Fès-
Meknès s'accapare 1,8 M MWh/a, suivie par les régions de Rabat-Salé-Kenitra, Marrakech-
Safi, Casablanca-Settat avec 1,3 M MWh/a chacune, tandis que la région de Tanger-Tétouan-
Al Hoceima regorge de 1,2 MWh/a.

10
Chapitre 2 : Biocarburant

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I. Introduction :

Dans les débats internationaux portant sur le changement climatique et la sécurité énergétique,
les bioénergies sont apparues, dans un premier temps, comme une alternative séduisante. Elles
permettaient de remplacer partiellement les énergies fossiles tout en émettant moins de GES.
La flambée des cours du pétrole n’a fait que renforcer la volonté de certains pays d’investir
dans la recherche et la promotion de nouvelles sources d’énergie pour le transport, le
chauffage et la production d’électricité. Aujourd’hui, les biocarburants liquides sont devenus
la principale source d’énergie de substitution pour le secteur du transport, lequel demeure
encore largement dépendant du carburant traditionnel.

II. Définitions :

Carburant constitué de dérivés industriels tels que les gaz, alcools, éthers, huiles et esters
obtenus après transformation de produits d'origine végétale ou animale.

Figure 6 : La production mondiale de biocarburant

II.1 Première génération :

On distingue les biocarburants de première et de seconde génération. Plusieurs définitions


complémentaires coexistent. Une des plus importantes distingue les carburants issus de produits
alimentaires, des carburants issus de source lignocellulosiques (bois, feuilles, paille, etc.) ou de
déchets.
Ainsi la première génération de biocarburants repose sur l'utilisation des organes de réserve des
cultures :
• Les graines des céréales (blé, maïs) ou des oléagineux (colza, tournesol, jatropha),
• Les racines de la betterave ou la canne à sucre,
• Les fruits du palmier à huile.

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Les fruits du
Blé colza tournesol jatropha
palmier à huile

Tableau 2 : Les différentes sources de biocarburant de la 1ergénération

Ces organes de réserves des plantes stockent le sucre (betterave et canne), l'amidon (blé,
maïs), ou l'huile (colza, tournesol, palme, jatropha). Ces organes de réserves étant également
utilisés pour l'alimentation humaine, la production de biocarburants se fait en concurrence de
la production alimentaire.

II.1.1 Les filières de première génération :

II.1.1.1 Filière huile pour les véhicules diesel :

On cherche à adapter l'agrocarburant (par transformation chimique pour obtenir du biodiesel


par exemple) aux moteurs actuels, conçus pour fonctionner avec des dérivés du pétrole. C’est
la stratégie actuellement dominante mais elle n’a pas le meilleur bilan énergétique ni
environnemental.
Les huiles végétales s’obtiennent classiquement par simple pressage de graines oléagineuses,
le tournesol, le soja, etc. Des graisses animales ainsi que des huiles alimentaires usagées
peuvent également être utilisées à cet effet.
Deux grandes voies d'utilisation sont ouvertes :
_ L'huile végétale brute (HVB) peut être utilisée directement, dans les moteurs diesels, pure
ou en mélange, mais, notamment à cause de sa viscosité relativement élevée et d’un indice de
cétane (aptitude à l’auto-inflammation) trop faible, l'utilisation d'une fraction d'huile
importante nécessite l’adaptation des moteurs.
_ Le biodiesel obtenu par la transformation des triglycérides qui constituent les utilisés pour
l'alimentation humaine, la production de biocarburants se fait en concurrence de la production
alimentaire.

13
Figure 7 : Le processus de production du biodiesel

II.1.1.2 Filière alcool pour les véhicules à essence :

De nombreuses espèces végétales sont cultivées pour leur sucre : c'est le cas par exemple de la
canne à sucre, de la betterave sucrière, du maïs, du blé ou encore dernièrement de l'ulve
(laitue de mer).
_ Le bioéthanol est obtenu par fermentation de sucres (sucres simples, amidon hydrolysé) par
des levures du genre Saccharomyces.
_Le bioéthanol peut remplacer partiellement ou totalement l'essence. Il existe plusieurs types
de carburants contenant de l'éthanol la plupart sont des mélanges d'essence et d'éthanol à
différentes proportions.
On les désigne par la lettre E suivie du pourcentage d'éthanol dans le mélange : par exemple
du E85 représente un carburant contenant 85% d'éthanol et 15% d'essence. On trouve ainsi du
E5, E7, E10, E15, E20, E85, E95, E100 en fonction du pays dans lequel on se trouve et de
l'utilisation que l'on veut en faire.
_ L'éthyle-tertio-butyle-éther (ETBE) est un dérivé de l'éthanol. Il est obtenu par réaction
entre l'éthanol et l'isobutène (obtenu lors du raffinage du pétrole) et est utilisé comme additif à
hauteur de 15 % à l'essence.
L’ETBE aurait l’avantage d’être mieux adapté aux moteurs. En effet, l’incorporation directe
de l’éthanol à l'essence pose certaines difficultés techniques : le mélange essence/éthanol a
une pression de vapeur plus élevée et tolère mal la présence de traces d’eau. Néanmoins,
l'ETBE est moins vertueux pour l'environnement,
_ Le bio butanol (ou alcool butylique) est obtenu grâce à la bactérie Clostridium
acetobutylicum qui

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Possède un équipement enzymatique lui permettant de transformer les sucres en butanol-1. Du
dihydrogène, et d'autres molécules sont également produites acide acétique, acide
propionique, acétone, isopropanol et éthanol.

Figure 8 : Le processus de production du bioéthanol

II.1.2 Les avantages et les inconvénients :

a. Avantage :
• Réduction de la dépendance aux ressources pétrolières.
b. Inconvénient :
• Corrosion des moteurs
• Produits d'oxydation toxiques
• Consommation plus élevée avec le bioéthanol car pouvoir calorifique plus faible.
• Augmentation de la déforestation pour accueillir de nouvelles cultures destinées aux
biocarburants
• Renforcement de l'agriculture intensive et de la pollution
• compétition usage alimentaire et non alimentaire des végétaux : de nombreux pays qui
ne disposent pas d'un accès suffisant à la nourriture utilisent les terres agricoles pour la
fabrication de biocarburants, multiplication des émeutes de la faim.

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II.2 Deuxième génération :

Les biocarburants de 2ème génération sont obtenus à partir de biomasse sans


concurrence d'usage avec L’utilisation alimentaire : paille de céréales, miscanthus, bois et
résidus forestiers, et cultures dédiées. Il y a deux filières de production possibles: la filière
biochimique de production d'éthanol cellulosique et la filière thermochimique de production
de carburant diesel de synthèse BTL (Biomasse to Liquide).

Les pailles de céréales miscanthus bois et résidus forestiers

Tableau 3 : les sources du biocarburant de la 3eme génération

II.2.1 Les filières de la 2eme génération :

II.2.1.1 Production d’éthanol cellulosique

C’est la voie biochimique : Les procédés de production d’éthanol à partir de biomasse


lignocellulosique intègrent plusieurs considérations de base :
• la lignine ne peut être fermentée en éthanol,
• la matrice lignocellulosique doit être prétraitée pour rendre cellulose et hémicelluloses
hydrolysables,
• les fractions cellulosiques et hémi cellulosiques sont des sources potentielles de sucres
fermentescibles.
Par conséquent, le schéma générique du procédé comprend les principales opérations unitaires
suivantes :

16
Figure 9 : La procédure de la production de l’éthanol cellulosique

II.2.1.1.1 Le prétraitement :

Il ne s’agit pas du conditionnement du végétal proprement dit qui consiste généralement en


un broyage/découpage des matériaux fibreux, mais du traitement nécessaire pour rendre la
cellulose accessible à l’hydrolyse.
Les principaux procédés de prétraitement ont pour objectif :
• d’abaisser la teneur en lignine et hémicelluloses du substrat solide à traiter,
• d’augmenter la porosité de la matrice, en diminuant la cristallinité de la cellulose ou en
augmentant sa surface spécifique,
• de conjuguer les deux principes.

Broyage mécanique intense (fragments <2mm)


Procédés physiques Thermolyse (chauffage à T<300°C suivi d’une hydrolyse acide)
Thermo hydrolyse (cuisson sous forte pression à ~200°C pendant 15 à 60
minutes permettant la solubilisation de l’hémicellulose et de la lignine).
Explosion à la vapeur (injection de vapeur à haute pression pendant
Procédés physico-
quelques secondes suivi d’une détente brutale à pression atmosphérique).
chimiques
Explosion à la vapeur en conditions acides (identique à la précédente mais
en milieu acide).

Procédés d’oxydation chimique, notamment l’ozonolyse ou l’oxydation


humide.
Procédés chimiques Procédés biologiques mettant en œuvre des enzymes de type
peroxydase ou des champignons lignolytiques.
Tableau 4 : les différents procédés de prétraitement de la matière première

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II.2.1.1.2 L’hydrolyse :

Du fait de la structure de la cellulose, de sa cristallinité et de son association avec la


lignine et les hémicelluloses encore présents, même après l’étape de prétraitement, son
hydrolyse en monomères fermentescibles (glucose) est une opération difficile qui peut être
réalisée par deux méthodes :
Hydrolyse chimique catalysée par un acide ou hydrolyse enzymatique. L’hydrolyse
chimique se fait en deux étapes. La première est semblable au prétraitement par acide dilué et
permet de digérer les hémicelluloses et de solubiliser les sucres qui en sont issus. Après
séparation, la fraction solide contenant la cellulose est soumise à une nouvelle hydrolyse.
L’hydrolyse de la cellulose par des enzymes est souvent la voie préconisée pour l’obtention
des sucres fermentescibles pour les raisons suivantes :
• elle est plus économique,
• elle génère peu d’effluents à traiter,
• elle présente des perspectives d’amélioration beaucoup plus grandes que l’hydrolyse
chimique qui a fait l’objet de travaux depuis plusieurs dizaines d’années.

II.2.1.1.3 La fermentation éthanolique

Une fois la cellulose hydrolysée en glucose, celui-ci est fermenté de la même façon que le
glucose issu de l’amidon. Il demeure des problèmes spécifiques à l’utilisation de matériaux
lignocellulosiques comme substrat initial tels que :
• la fermentation des pentoses en éthanol (xylose issu des hémicelluloses),
• la présence de composés toxiques et inhibiteurs issus des hémicelluloses et de la
lignine,
• la possibilité d’effectuer l’hydrolyse enzymatique et la fermentation en une seule
étape.

II.2.1.1.4 La distillation

Les étapes de récupération de l’éthanol par distillation/rectification/déshydratation sont


identiques à celles des Procédés déjà éprouvés de production d’éthanol de 1ère génération.

18
II.3 Troisième génération :

Figure 10 : les utilisations des microalgues dans plusieurs domaines

Les biocarburants à partir de microalgues appelé "Algocarburant" est souvent présenté comme
le biocarburant de troisième génération. C'est probablement à partir des cultures de
microalgues, d'un point de vue théorique 30 à 100 fois plus efficaces que les oléagineux
terrestres, que des agrocarburants pourront être produits avec les meilleurs rendements,
rendant ainsi envisageable une production de masse, sans déforestation massive ni
concurrence avec les cultures alimentaires.

Figure 11 : schéma simplifié sur les étapes de la production du biocarburant de la 3 ème génération

Les microalgues utilisent la photosynthèse pour fabriquer leur matière carbonée réduite, au
niveau des chloroplastes. Elles fixent le CO2 en carbohydrates grâce au pouvoir réducteur
accumulé et à une enzyme. Le pool de glycérate 3P ainsi constitué peut être utilisé dans la

19
cellule algale pour biosynthétiser des sucres (saccharose, cellulose, ...) ou des lipides (voie de
synthèse des triglycérides).
Les recherches menées partent du constant qu’en cas de carence en macronutriments (par
exemple en silicium pour les Diatomées, ou bien en azote), la croissance est ralentie et la voie
de biosynthèse des triglycérides est favorisée. Les algues croissent alors peu et accumulent en
proportion beaucoup de lipides.

Les deux principales méthodes de production utilisées sont les bassins de type « raceway » et
les photos bioréacteurs.
Les photos bioréacteurs les bassins de type « raceway »

des systèmes ouverts peu coûteux à faire


fonctionner mais du fait que ces bassins sont à
ciel ouvert, la productivité peut être affectée par des systèmes clos, ne souffrant pas de ces
des contaminations non désirées et la perte inconvénients. Leur coût bien plus élevé peut
d’eau par évaporation peut jouer un rôle être compensé par des productivités optimisées.
significatif.

Pour obtenir un rendement optimal en huile, la croissance des microalgues doit s'effectuer
avec une concentration en CO2 d'environ 13%. Ceci est possible à un coût très faible grâce à
un couplage avec une source de CO2, par exemple une centrale thermique au charbon, au gaz
naturel, au biogaz, ou à une unité de fermentation alcoolique. Cependant pour permettre à

20
cette technologie de se développer il faudra optimiser les procès de cultures et réduire les
coûts de production et augmenter les capacités de combustion du carburant.

Figure 12 :la production annuelle et l’application des biocarburant de la 3 eme génération dans le monde

II.3.1 Les avantages et les inconvénients :

a. Les avantages :
• Réduit les émissions de gaz à effet de serre.
• Anticipe l’épuisement des réserves mondiales de pétrole.
• Offre un débouché supplémentaire aux filières agricoles.
• Créé une filière de valorisation des déchets.
b. Les inconvénients :
• Sollicite encore des surfaces agricoles.
• Technologie pas encore aboutie.
• La matière première ne doit pas voyager du pays fournisseur au pays
producteur du biocarburant (empreinte carbone importante).

21
Conclusion générale

Les biocarburants offrent une alternative aux carburants classiques.

Cependant les biocarburants de 1ère généraation soulèvent de nombreux problèmes

environnementaux et éthiques, ils couvrent l'ensemble des carburants liquides, solides ou

gazeux produits à partir de la biomasse et destinés à une valorisation énergétique dans les

transports. Ils sont utilisés parfois sous forme d’additifs ou de complément aux carburants

fossiles suivants : gazole (incorporation en tant que biodiesel), essence (incorporation sous

forme d'éthanol ou d'ETBE2 lui-même produit à partir d'éthanol), au kérosène et aux

carburants gazeux. On distingue deux autres générations de biocarburants selon l'origine de la

biomasse utilisée et les procédés de transformation associés. La 2ème génération qui est basé

sur les pailles de céréales, miscanthus, bois et résidus forestiers, et cultures dédiées, Elles ont

l'avantage de ne pas être consommables par l'homme et de présenter un meilleur rendement

énergétique, ainsi que la 3ème génération qui est consacré à la production de l’énergie à partir

des microalgues.

Aujourd'hui, seule la première génération a atteint le stade industriel. Au contraire des

carburants de la 2ème génération ou 3eme génération restent à l’heure actuelle au stade de

l’expérimentation et de recherche. Leur production est surtout localisée en Amérique du Nord,

dans l’UE et plus modestement dans quelques pays émergents tels que le Brésil, la Chine,

l’Inde et la Thaïlande.

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