Vous êtes sur la page 1sur 51

CHAPITRE I 

: LES PROVISONS

En raison du principe de prudence et de sincérité de compte,


comptablement il est nécessaire de constater les dépréciations
subies par les éléments d’actifs, lorsque cette dépréciation est
irréversible, on utilise pour les immobilisations amortissables la
technique de l’amortissement. Pour les immobilisations non
amortissables, il faudra réviser la valeur de l’actif. Lorsque la
perte de valeur n’est pas définitive et est susceptible
d’amélioration dans l’avenir on utilise la technique des
provisions.

Selon l’article 39-1 cinquièmement du CGI, le bénéfice


imposable est établi sous déduction des provisions constituées
en vue de faire face à des charges ou des pertes nettement
précisées et que des événements en cours rendent probables.
Il faut toutefois, que ces provisions aient été régulièrement
constaté dans les écritures comptables de l’exercice.

Ces dispositions mettent en évidence les conditions de


déduction des provisions (S1). Il conviendra de les développer
pour mieux comprendre le traitement fiscal des provisions. Il

1
K. LARIFLA DURO – Droit fiscal des affaires II – M1 droit privé – UA – 2021-2022

s’agira ensuite de s’intéresser aux mécanismes de la reprise


( S2) qui rend compte du caractère transitoire de la
dépréciation ou du risque. Pour terminer, les différentes
catégories de provision (S3) seront examinées pour mettre en
évidence certaines particularités.

Section 1 : Les conditions de déduction des provisions

Après avoir examiné les règles fiscales de déductibilité des


provisions (§1) nous nous pencherons sur l’incidence des règles
comptables (§2). En effet la question de l’alignement du droit
fiscal sur le comptable se pose avec une certaine acuité en
matière de provision.

§1 Les règles fiscales de déductibilité des provisions

L’article 39-1 cinquièmement pose des conditions de fond (A)


et de forme (B)

A. Les conditions de fond

Il faut que les pertes et les charges provisionnées soient


nettement précisées.
2
K. LARIFLA DURO – Droit fiscal des affaires II – M1 droit privé – UA – 2021-2022

C’est-à-dire qu’il faut une individualisation précise de l’élément


d’actif déprécié ou de la nature de la charge ou de la perte
attendu. De plus, le montant de la perte ou de la charge, doit
pouvoir être évalué avec une approximation suffisante.

La question s’est posée de savoir, s’il était possible de recourir


à des méthodes statistiques pour évaluer le montant de la
provision. Il ressort de la JCP, que les méthodes statistiques ne
sont admises qu’à la condition qu’il n’existe pas d’autres
méthodes d’évaluations. Par ailleurs, cette méthode statistique
doit reposer sur des données pertinentes. Toute détermination
forfaitaire est interdite. Enfin, l’évaluation statistique doit être
fondée sur des données tirées de l’expérience de l’entreprise.
En conséquence, en principe, les références statistiques
concernant un secteur ou une profession sont exclues sauf
dans l’hypothèse où l’entreprise n’est pas encore en mesure de
s’appuyer sur des données personnelles tirées de son
exploitation.

-Les pertes et les charges doivent trouver leur origine dans


l’exercice en cours
3
K. LARIFLA DURO – Droit fiscal des affaires II – M1 droit privé – UA – 2021-2022

Si l’évènement, est postérieur à la clôture de l’exercice la


provision n’est pas déductible en revanche si le fait générateur
est intervenu avant la clôture mais que l’entreprise n’a eu
connaissance la provision est déductible.
La question s’est posée de savoir, si on pouvait déduire une
provision a raison d’une perte ou d’une charge rendu probable
a raison d’un évènement survenu sur un exercice antérieur. Le
2 dec 1977 le conseil d’état a répondu positivement à propos
d’une provision pour dépréciation d’un portefeuille.
La jurisprudence a dû également préciser si des provisions
constituées pour des bons de réduction accordés lors d’une
vente initiale à valoir sur une vente ultérieure remplissait cette
condition et donc le 2 juin 2006 le conseil d’État a répondu
positivement. Ce faisant, le CE s’est aligné sur la position
comptable en considérant que l’évènement qui est à l’origine
de la charge pour l’entreprise est l’attribution du bon de
réduction et non son utilisation.

-Les pertes et les charges provisionnées doivent être


déductibles

4
K. LARIFLA DURO – Droit fiscal des affaires II – M1 droit privé – UA – 2021-2022

Cela signifie que on ne va pas pouvoir déduire une provision


constituer en prévision d’un investissement. L’application de
cette règle pose difficulté lorsque l’on est présence de
dépenses à réaliser sur des immobilisations. En effet, il faut
distinguer selon qu’il s’agit d’une dépense visant à maintenir
en état l’immobilisation qui elle est déductible ou d’une
dépense qui va augmenter la valeur de l’immobilisation qui,
elle, est une dépense immobilisable.
De même on ne peut pas déduire les provisions concernant
des charges qui ne relève pas de la gestion normale. Enfin, on
ne peut pas déduire les provisions qui vont porter sur des
charges qui sont expressément exclues du droit à déduction.
-Les pertes ou les charges doivent être probables

Elles ne doivent pas être éventuelle ou certaine. Qu’est-ce


qu’une probabilité suffisante  ? Il s’agit là d’une question
d’appréciation de fait des plus sensibles.

B. Les conditions de forme

Les provisions doivent être constatées dans les écritures


comptables de l’exercice. Elles doivent être également
déclarée sur le tableau des provisions qui est produit avec la
5
K. LARIFLA DURO – Droit fiscal des affaires II – M1 droit privé – UA – 2021-2022

déclaration de résultat. Notons, que l’absence de relevé


spécial des provisions n’entraine pas l’absence de
déductibilité. Elle est uniquement sanctionnée par le paiement
d’une amende fiscale.
Cette amende est de 5% des sommes non-déclarées. Elle peut
être ramenée à 1% lorsque les provisions omises sont
déductibles.

§2 : L’incidence des règles comptables

En comptabilité, la provision se définit comme le passif, dont


l’échéance ou le montant, n’est pas fixé de façon précise. Au
regard du droit comptable, le passif suppose une obligation de
l’entreprise qui entrainera une sortie de ressource sans
contrepartie équivalente de la part du créancier. Cette
définition diffère de celle retenue par le droit fiscal, ce qui peut
poser des difficultés d’appréciation.

Les questions d’harmonisation entre le droit fiscal et le droit


comptable ne s’arrête pas là. La jurisprudence a dû se
prononcer sur le point de savoir, s’il était possible de ne pas
déduire fiscalement une provision, régulièrement passée en
comptabilité, alors qu’aucune disposition fiscale ne l’imposait.
6
K. LARIFLA DURO – Droit fiscal des affaires II – M1 droit privé – UA – 2021-2022

Au départ, la réponse donnée par le conseil d’État a semblé


positive. En effet dans des arrêts rendus le 8 décembre
1963  ou encore le 12 février 1965, il a admis que la
constitution d’une provision était une faculté, pour une
entreprise et qui lui était loisible de ne pas l’exercer. Ensuite
dans des arrêts du 5 mars 1975 (société compagnie centrale)
ou le 10 décembre 2004 société Roissy film, il a affirmé que le
contribuable, pouvait n’exercer que partiellement sa faculté de
constituer une provision en la dotant pour un montant moins
important que celui qui était économiquement justifié. Enfin,
dans un arrêt rendu le 27 mai 1983, il a admis qu’une
entreprise peut dans un premier temps limiter le montant
d’une provision puis en augmenter le montant à la clôture des
exercices suivants et ce même si aucun évènement n’avait
influé sur la gravité du risque.

L’ambiguïté des formules retenues par ces arrêts a forgé la


conviction, selon laquelle le contribuable était libre ou non de
provisionner au regard du droit fiscal et ce indépendamment
du droit comptable. Pourtant, par un arrêt rendu le 23
décembre 2013 Foncière du Rond-Point, le conseil d’État a
clairement affirmé qu’une provision régulièrement constituée

7
K. LARIFLA DURO – Droit fiscal des affaires II – M1 droit privé – UA – 2021-2022

en comptabilité devait être déduite du résultat fiscal de


l’exercice  en l’absence de règles du droit fiscal s’y opposant.
Cet arrêt a été interprété comme un revirement de
jurisprudence par une partie de la doctrine. Mais à bien y
regarder on peut également considérer que c’est la première
fois, que le conseil d’État s’est prononcé réellement sur la
question. Dans les espèces précédentes il y avait eu dotation
fiscale et comptable de la provision même si la dotation fiscale
n’était que partielle.
Cet arrêt s’inscrit dans le cadre d’une jurisprudence qui entend
interpréter les règles fiscales à la lumière des règles
comptables lorsqu’il existe des doutes. L’ application de cette
JP ne va pas sans difficulté. En effet, l’obligation de déduire la
provision fiscalement, va soulever certaines interrogations
lorsque le contrôle de l’administration fiscale intervient après
coup. En effet, si le risque s’est réalisé ou a disparu, il faut
reprendre la provision qui normalement aurait dû être déduite.
Or, cela va entrainer un rehaussement du résultat ; ce qui pose
un problème au regard de la règle de l’intangibilité des bilans
ou encore de la règle de correction symétrique des bilans. Pour
ces différentes raisons le conseil d’état dans sa décision rendue
en Assemblée plénière le 5 décembre 2016 (SA Orange) est
venue encadrer cette possibilité de rehaussement offerte à
8
K. LARIFLA DURO – Droit fiscal des affaires II – M1 droit privé – UA – 2021-2022

l’administration fiscale. Par un arrêt en date du 19 juin 2017


société spie Batignolles, le Conseil d’État est venu préciser, le
régime applicable dans cette situation en cas d’erreur
comptable. En effet, il va aménager la solution de l’arrêt
« Foncière du Rond-point » afin qu’elle ne soit pas
nécessairement appliquée dans le cas d’une erreur comptable
involontaire. L’administration ou le contribuable peuvent
procéder aux corrections. En l’espèce une provision avait été
constituée à tort n’avait pas été déduite en conséquence la
reprise n’avait pas été prise en compte fiscalement également.

Section 2 - La reprise des provisions

Il faut distinguer deux situations  , celles des provisions


régulièrement constituées (§1) de celles qui ne le sont pas (§2)

§1 : La provision régulièrement constituée

Lorsqu’une provision régulièrement constituée devient sans


objet parce que la perte ou la charge s’est concrétisée ou
encore parce que le risque a disparu. La provision n’a plus lieu
d’exister. Il faut alors reprendre la provision.

9
K. LARIFLA DURO – Droit fiscal des affaires II – M1 droit privé – UA – 2021-2022

Si la constitution d’une provision est une charge, la reprise


d’une provision est un produit. La provision régulièrement
constituée est déductible fiscalement. Parallèlement la reprise
de la provision quant à elle est imposable. Dans une telle
hypothèse, le traitement fiscal et le traitement comptable étant
similaire il n’est pas nécessaire de retraiter le résultat
comptable pour arriver au résultat fiscal. Notons que lorsque la
perte ou la charge se réalise en plus de la reprise il faudra
constater la charge ou la perte.

§2 - La provision irrégulièrement constituée

La provision irrégulièrement constituée, n’est pas déductible


fiscalement. Il y a alors, une divergence entre le traitement
comptable ou le traitement fiscal. C’est la raison pour laquelle,
il faut procéder à des retraitements extracomptables. Ainsi,
alors que la provision aura été réintégrée au résultat
comptable, pour déterminer le résultat fiscal, la reprise, elle,
devra être déduite du résultat comptable pour parvenir au
résultat fiscal au cours de l’exercice où la provision devient sans
objet. Si l’entreprise ne procède pas à ses régularisations,
l’administration fiscale peut le faire de sa propre initiative.

10
K. LARIFLA DURO – Droit fiscal des affaires II – M1 droit privé – UA – 2021-2022

Lorsque cette reprise concerne des exercices prescrits,


l’administration est fondée a réintégré la reprise, dans les
bénéfices du premier exercice non prescrit voir en ce sens
conseil d’État 28 septembre 1984 (3 ans la prescription).

Section 3 - Les différentes catégories de provisions

Certaines provisions visent à remédier à la dépréciation des


éléments d’actifs (§1) les autres portent sur les risques et
charges (§2)

§1 - Les provisions pour dépréciation

1 - Les provisions pour dépréciation des immobilisations

Il y a dépréciation d’une immobilisation amortissable ou non


lorsque l’on constate que sa valeur actuelle est devenue
inférieure à sa VNC. Cette valeur actuelle correspond à la plus
élevée de la valeur vénale ou de la valeur d’usage. La valeur
vénale est le montant qui pourrait être obtenue à la date de la
clôture en cas de vente de l’actif dans des conditions normales

11
K. LARIFLA DURO – Droit fiscal des affaires II – M1 droit privé – UA – 2021-2022

de marché après déduction des couts de sortie. La valeur


d’usage est la valeur des avantages économiques futurs
attendus de l’utilisation de l’actif et de sa sortie (flux net
actualisés de trésorerie attendus de l’actif)

Par exemple, il a été jugé qu’une entreprise


cinématographique pouvait déduire une dépréciation des films
en se fondant sur les résultats décevants des 1ers mois
d’exploitation de ces films (CE, 10 déc. 2004, Dr. fisc. 2005, n°
13, comm. 320, concl. L. VALLÉE ; RJF 2/05, n° 118)
Pour être constatée la dépréciation doit être d’un montant
significatif. Fiscalement la provision n’est déductible que pour
la part concernant la différence entre la VNC et la valeur
probable de réalisation qui correspond à peu près à la valeur
vénale couts de sortie compris. En d’autres termes si on utilise
la valeur d’usage comptablement pour déterminer le montant
de la provision, il faudra éventuellement procéder à un
retraitement extra-comptable lors du calcul du RF.

Comptablement, cette dépréciation entraîne une modification


de la base amortissable et donc une révision du plan
d’amortissement à partir des exercices suivants celui où la
dépréciation été identifiée. Fiscalement pour pouvoir déduire
la différence entre la dotation sur la base amortissable initiale

12
K. LARIFLA DURO – Droit fiscal des affaires II – M1 droit privé – UA – 2021-2022


et la dotation sur la base amortissable après dépréciation, cette
dernière est comptabilisée en amortissement exceptionnel.

Exemple extrait de www.compta-facile.com

13
K. LARIFLA DURO – Droit fiscal des affaires II – M1 droit privé – UA – 2021-2022

Formule de calcul de l’année pour l’amortissement linéaire :

14
K. LARIFLA DURO – Droit fiscal des affaires II – M1 droit privé – UA – 2021-2022

Base x taux

Base = valeur d’entrée du bien (prix d’achat ou cout de


production)

Taux = 1/ nombre d’année d’amortissement

Dans l’exemple : Base = 50 000 taux = 1/5

Annuité = amortissement pratiqué chaque année

50 000x 15 / 5 = 10 000

VNC = valeur nette comptable = base - somme des


amortissements pratiqués

2 – Les provisions pour créances douteuses ou litigieuses

Aucun doute sur le statut de débiteur et sur l’existence me^me


de la créance mais le problème se pose sur l’exécution
(cf lances douteuses).

15
K. LARIFLA DURO – Droit fiscal des affaires II – M1 droit privé – UA – 2021-2022

Si le débiteur conteste l’existence même de la créance


(créance litigieuse).

Une créance est dite incertaine quand

Une créance peut être compromise pour différentes raisons.


Ainsi on distingue la créance douteuse de la créance litigieuse.

En cas de créance douteuse, ce n’est pas l’existence de la


créance qui est douteuse mais c’est son recouvrement qui est
douteux. Du fait de l’insolvabilité du débiteur, il existe un
risque d’impayé. C’est donc une créance certaine mais dont
l’entreprise a de bonnes raisons de penser que le
recouvrement est compromis.

En cas de créance litigieuse, il existe un désaccord entre le


créancier et le débiteur sur le montant ou l’existence même de
la créance. Tant que le litige n’est pas clos, la dépréciation peut
être maintenue. Il a été jugé que le risque d’un pourvoi en
cassation justifie le maintien d’une « provision pour
dépréciation de créance » dont l’existence a été reconnue par
un jugement de 1e instance puis confirmé en appel : CE, 12
oct. 1992, RJF, 12/92.

En revanche sont exclues, les créances incertaines et les


créances irrécouvrables.
16
K. LARIFLA DURO – Droit fiscal des affaires II – M1 droit privé – UA – 2021-2022

La créance incertaine dans son principe et dans son montant


est une créance simplement éventuelle. Elle ne doit ne doit pas
être comptabilisée tant que l’incertitude n’est pas levée.
Par exemple si une entreprise engage une action en
concurrence déloyale, elle ne peut pas enregistrer sa
potentielle créance indemnitaire tant qu’aucun jugement
n’aura constatée qu’elle est dans son bon droit.
La créance irrécouvrable est une perte définitive. A ce titre, elle
doit cesser de figurer au bilan.
Enfin il faut savoir que les provisions sur des créances
compromises doivent respecter 2 conditions pour être
déductibles :
- le risque de non recouvrement doit être nettement précisés.
- et des évènements en cours à la clôture doivent rendre
probable le risque de perte. A cet égard un simple retard de
paiement ne suffit pas mais l’existence de poursuite judiciaire
n’est pas nécessairement exigée.
Le recours à la méthode statistique peut à cet égard posé
quelques difficultés quant au respect de cette double condition
En principe le risque de non recouvrement s’apprécie créance
par créance mais le recours aux méthodes statistiques est
admis si elle est appropriée et suffisamment précise car
reposant sur les données de l’entreprise . Elle est pratiquée par
17
K. LARIFLA DURO – Droit fiscal des affaires II – M1 droit privé – UA – 2021-2022


les entreprises qui ont en générale un grand nombre de
factures de faibles valeur (ex : sté de location de voiture)
Par une décision du 17 février 2016 (n°377415, Sté Edition
Atlas), le Conseil d’Etat a encadré strictement la possibilité
qu’ont les entreprises de déprécier des créances en utilisant
une méthode statistique. « Les juges ont précisé que le recours
à la méthode statistique ne suffit pas à établir l’existence d’un
événement en cours à la clôture de l’exercice rendant la charge
ou la perte probable. En d’autres termes, il ne suffit pas que les
statistiques ressortent un risque d’impayé, il faut en plus
pouvoir prouver l’existence d’un événement en cours qui rende
la perte ou la charge probable. La méthode statistique ne
s’applique qu’aux créances pour lesquelles existe un risque
avéré de non-recouvrement, c’est-à-dire à minima un retard de
paiement (mais également l’existence d’une relance au titre
d’impayés survenus en cours d’exercice, la dégradation
financière du débiteur, l’engagement de procédures amiables,
etc.). L’événement en cours à la date de clôture ne se présume
pas, et ne saurait ainsi être caractérisé par de simples éléments
statistiques reposant sur l’existence d’incidents de paiement
lors d’exercices antérieurs. Les éléments statistiques servent à
quantifier le risque ; mais ne servent pas à le qualifier. ».

18
K. LARIFLA DURO – Droit fiscal des affaires II – M1 droit privé – UA – 2021-2022

On s'est demandé si on pouvait utiliser la méthode statistique


pour provisionner le risque de ne pas être payé. Non, car ça
revient à une évaluation, détermination forfaitaire. Néanmoins
c'est possible de recourir à la méthode statistique lorsqu'on est
dans une activité où on a énormément d'opérations de faible
valeur.

On

3 - Les provisions pour pertes sur stocks

Les stocks sont évalués à leur coût de revient ou d’après le


cours du jour de la date d’inventaire.

Si le cours du jour, à la date de l’inventaire, est inférieur au coût


de revient, l’entreprise doit constituer une provision qui sera
déductible fiscalement.

Il y a une évaluation des stocks à la fin de l’exercice et si il y a


une différence entre l’inventaire et le coût de ruent du stock
alors il faut faire un coût de revient.

§2 – Les provisions pour risque et charge

Il faut faire la distinction entre :

19
K. LARIFLA DURO – Droit fiscal des affaires II – M1 droit privé – UA – 2021-2022

-  Les charges à payer

- Les provisions
Fiscalement, les frais sont des charges à payer lorsqu’il s’agit
de dettes certaines dans leur principe et leur montant, mais
qui ne sont pas encore exigibles. Exemple : des intérêts
courus non encore échus (cad que la date de paiement n’est
pas encore arrivée à échéance).
Il en résulte une divergence entre le droit comptable et le
droit fiscal, car en droit comptable, il suffit qu’une dette soit
certaine sans son principe pour la considérer comme une
charge à payer, peu importe qu’il existe des incertitudes sur
son montant ou sur la date d’exigibilité.
Notons toutefois qu’à cet égard le CE fait preuve d’un certain
pragmatisme. « Faisant l’économie d’un formalisme excessif,
le Conseil d’Etat a jugé le 17 mars 2016 (n°381427, Sté
Sogetra) que la requalification par l’administration d’une
provision en dette certaine est sans incidence sur le résultat
imposable refusant ainsi de sanctionner une irrégularité
purement comptable n’ayant aucune incidence fiscale. »

Dans les développements qui vont suivre, nous nous


intéresserons aux provisions pour risque et charge les plus
courantes.

20
K. LARIFLA DURO – Droit fiscal des affaires II – M1 droit privé – UA – 2021-2022



En fiscal, les charges à payées sont

En compta si la dette est certaine c’est considéré comme une


charge à payer. En pratique cela ne change rien c’est juste une
question d’affectation comptable.

1) Les provisions pour dépenses de personnel

En principe, les charges de personnel (gratifications, primes,


participation aux bénéfices) constituent des charges normales
et annuelles qui viennent en déduction du résultat imposable
au cours duquel elles ont été engagées.

Il faut toutefois qu’elles fassent l’objet d’un engagement ferme


de l’entreprise à l’égard de ses salariés quant à l’obligation de
payer. Dans le cas contraire, une provision peut être constituée
(CE 18 juin 1971).

Il existe des cas où la déductibilité n’est pas admise car


interdite par la loi. C’est le cas des provisions pour indemnités
de départ à la retraite. Ce sont des indemnités qui sont versées

21
K. LARIFLA DURO – Droit fiscal des affaires II – M1 droit privé – UA – 2021-2022

en fin de carrière dont le montant varie en fonction de


l’ancienneté et du niveau de rémunération du salarié (art 39-1

5e du CGI).

Les provisions pour indemnités de licenciement économique


sont elles aussi non déductibles. En revanche, lorsqu’il s’agit
d’un licenciement pour motif personnel, les indemnités à verser
peuvent être provisionnées si la décision de licenciement a été
prise avant la clôture de l’exercice.

2) Les provisions pour litiges

Les entreprises engagées dans un litige peuvent constituer une


provision afin de faire face à la charge probable qui en
résultera.
Le litige doit être déjà né à la clôture de l’exercice, ce qui
suppose l’existence d’une réclamation, d’une procédure de
rectification ou encore d’une action en justice entamée contre
l’entreprise (CE 7 aout 2008).

Peu importe l’issue, si le litige doit être né à la clôture, il ne


doit pas encore être tranché. On considère que le litige n’est
pas tranché tant que les recours dans l’ordre interne existent.

3) Les provisions pour prestations à fournir

22
K. LARIFLA DURO – Droit fiscal des affaires II – M1 droit privé – UA – 2021-2022

La provision peut porter sur des services liés à une prestation


ou à une vente déjà comptabilisée, pour faire face aux charges
directes ou indirectes restant à supporter.

• Les provisions sur les garanties accordées au client

Ainsi, les entreprises qui proposent des garanties dans le cadre


de contrats de vente ou de contrats d’entreprise peuvent
constituer des provisions qui en principe seront déductibles.

L’obligation de garantie peut résulter de la loi, d’une pratique


sectorielle, d’usage professionnel ou encore d’usage propre à
l’entreprise (CE 13 juill 2007). II n’est pas nécessaire qu’elle soit
contractualisée.

Par une décision SAS Conception d’architecture et d’urbanisme


du 12 oct 2018, le CE va se prononcer sur le calcul de la
provision constituée à raison du risque de mise en œuvre de la
garantie décennale, et ainsi proposer une solution qui ne
manque pas de soulever des interrogations.
En l’espèce, une agence d’architecture, avait souscrit une
assurance obligatoire, qui laissait à sa charge une franchise,
avait constitué à la clôture de chaque exercice, des provisions
pour se prémunir de la mise en jeu de sa garantie décennale.
Pour calculer le montant de la provision, elle tenait compte du

23
K. LARIFLA DURO – Droit fiscal des affaires II – M1 droit privé – UA – 2021-2022

montant de la franchise laissée à sa charge, mais également,


les frais salariaux correspondant au temps de travail consacré
par ses collaborateurs au suivi des dossiers de contentieux de
garantie décennale. L’administration fiscale a contesté la
déductibilité de la provision car, selon elle, les frais de
personnel étaient supportés par la société, même en l’absence
de contentieux. Donc, le CE, sans revenir sur la JP qui admet
dans le principe la déductibilité de la provision pour garantie
décennale (CE 13 jan 2006 Société Colas Midi Méditerranée), a
donné raison à l’administration fiscale, en mettant en avant le
caractère récurrent des charges de personnel prises en
compte. En effet, comme l’a souligné le rapporteur public dans
ses conclusions, les charges salariales exposées pour le suivi du
contentieux de la garantie décennale ne correspondent pas à
un surcoût de dépenses. Si l'on comprend bien ce
raisonnement, seul le paiement d'heures supplémentaires ou le
recrutement temporaire de personnels supplémentaires
justifierait une provision au même titre que le recours à un
prestataire extérieur.

Cette nouvelle JP sur les provisions pour garantie décennale,


fondée à bien y regarder sur le coût marginal (coût en sus qui
sera généré), semble donc remettre en cause la JP comptable

24
K. LARIFLA DURO – Droit fiscal des affaires II – M1 droit privé – UA – 2021-2022

de 1989 SA Thomson, selon laquelle le coût de revient d’une


dépense se calcule en prenant en compte toutes les charges
directes ou indirectes qui s’y rapportent. On peut se demander,
par ailleurs, si la présente décision est compatible avec la
jurisprudence résultant de la décision 15 novembre 1989 (CE,
7e et 9e ss-sect., 15 nov. 1989, n° 90844, SA Thomson CSF :
Dr. fisc. 1990, n° 30, comm. 1524, concl. O. Fouquet ; RJF
1/1990, n° 16). Par cette décision de principe, citée
incidemment dans les conclusions du rapporteur public, le
Conseil d'État avait jugé que le calcul de la provision
constituée pour tenir compte des charges futures résultant des
services et des fournitures, consécutifs à une vente, que
l'entreprise s'était engagée contractuellement à fournir après la
livraison du bien principal, devait prendre en compte non
seulement les coûts directs (coûts de production et main-
d'œuvre), mais également les coûts indirects (frais
administratifs, livraison- distribution, études et recherches),
c'est-à-dire des coûts dont on pourrait dire qu'ils seront
supportés par l'entreprise en tout état de cause. Ce précédent
était, du point de vue des règles comptables, parfaitement
orthodoxe. La seule différence de situation par rapport à la
présente espèce est qu'il s'agissait en 1989 d'une provision
destinée à couvrir des coûts de production, alors qu'en 2018 il
25
K. LARIFLA DURO – Droit fiscal des affaires II – M1 droit privé – UA – 2021-2022

s’agissait non pas d'une provision destinée à couvrir le coût de


la réparation des malfaçons (qui constitue un coût de
production), mais d'une provision destinée à faire face au
remboursement par le maître d'œuvre à son assureur de la
franchise prévue par le contrat. Si l'entreprise avait choisi, d'un
commun accord avec son client, de réparer spontanément les
vices dont sa réalisation était entachée, sans faire jouer
l'assurance-construction qu'elle avait souscrite, la solution
aurait-elle été différente ? Ce nouveau critère des charges
« récurrentes » est-il conforme ou du moins compatible avec
les règles comptables qui s'appliquent aux provisions ?
En droit comptable l’approche marginale n’est utilisée que
pour faire le départ entre les charges directes et les charges
indirectes en sachant que seules les premières doivent être
prises en compte pour évaluer la provision. Pour ce qui est de
l’évaluation des charges directes qui est, elle est faite en
fonction du cout de revient.
Pour justifier la solution adoptée en 2018, le rapporteur public
a indiqué dans ses conclusions, sa volonté d’éviter un risque de
contagion à d’autres catégories de dépenses récurrentes.
En définitive, si cette JP, qui pour l’heure ne concerne que les
garanties décennales, et qui est incomptable avec les règles
comptables, devait être étendue, c’est toute la JP relative au
26
K. LARIFLA DURO – Droit fiscal des affaires II – M1 droit privé – UA – 2021-2022

calcul du coût de revient en matière de provision qui serait


remise en cause. Pb= Cette JP va dans le sens contraire de
l’alignement du D fiscal sur le droit comptable.
• Les provisions sur bons et réductions accordées au client
Au titre des provisions pour prestation à fournir, on peut
également citer celles constituées pour faire face aux bons et
réductions accordés aux clients non encore utilisés. Comme
nous l’avons déjà vu dans l’affaire Société Lever Fabergé rendu
par le CE le 2 juin 2006, ces provisions peuvent être
constituées à la clôture de l’exercice au cours duquel la vente
attachée au bon ou à la réduction a été conclue.

Dans un arrêt rendu le 1e oct 2018, le CE a précisé sa solution

en indiquant les modalités de l’évaluation de la provision. En


effet, le CE va considérer que le bon de réduction ne constitue
pas une réduction de prix de vente des articles à l’origine de
l’attribution du bon. Il va préciser que la valeur provisionnée doit
tenir compte de la probabilité d’utilisation effective de la réduction,
mais également de l’avantage accordé à par l’entreprise en échange.
En tout état de cause, le manque à gagner ne peut pas être pris en
compte.
L’avantage accordé sera évalué selon son coût de revient. S’il s’agit de
remboursement en espèces, la provision correspondra à la valeur
faciale du bon de réduction ou du chèque cadeau.

27
K. LARIFLA DURO – Droit fiscal des affaires II – M1 droit privé – UA – 2021-2022

4) Les provisions pour pertes relatives à des travaux en


cours
Une opération dont l’exécution s’échelonne sur plusieurs
exercices peut être déficitaire à la clôture de l’exercice. Une
provision pour pertes peut alors être dotée. Fiscalement, cette
provision n’est déductible qu’à hauteur de l’excédent du coût
de revient des travaux exécutés à la clôture au regard du prix
de vente compte tenu des révisions de prix acceptées. La
provision peut être déterminée de manière statistique en
appliquant au montant de la perte prévisionnelle le coefficient
d’exécution des travaux à la clôture de l’exercice.
Exemple:
En 2015, on effectue des travaux pour un prix de départ de 5
000 000 euros. La fin des travaux est prévue pour 2018.
En 2016, le coût prévisionnel des travaux est estimé à 6 000
000 euros. En fin 2016, les travaux déjà réalisés ont coûté 3
000 000 euros.
Le coefficient de réalisation des travaux se calcule de la
manière suivante :
Travaux réalisés / coût global des travaux.
Dans notre cas, on a 3/6 = 1/2.
La perte estimée à fin 2016 est donc :

28
K. LARIFLA DURO – Droit fiscal des affaires II – M1 droit privé – UA – 2021-2022



6 000 000 – 5 000 000 = 1 000 000 euros.


Le montant de la provision déductible est égal à :
Perte probable x coefficient.

Ici, on a 1 000 000 x 1/2 = 500 000 euros.

5) Les provisions réglementées

Ce sont des aides provisoires de l’Etat prévues par des textes


particuliers. Autrement dit, c’est un passif et une aide de
trésorerie en franchise d’impôt qui ne correspond ni à un risque
ni à une dépréciation. Parmi les provisions réglementées, on
trouve notamment les provisions pour hausse des prix ou
encore les provisions pour fluctuation de cours.

CHAPITRE II : LES + OU - VALUES


PROFESSIONNELLES

Y a 2 conceptions du bénéfice imposable :


- ce sont les bénéfices qui résultent d l’activité régulaière, tout
ce que st accessoire ou exceptionnel serait exclu

29
K. LARIFLA DURO – Droit fiscal des affaires II – M1 droit privé – UA – 2021-2022

- Tout rentre dans le bénéfice aussi bien l’activité régulière et


exceptionnelles ou accessoires
C’est la 2nd conception retenue par le droit positif dans
l’article 38 du CGI.
CSQC : bien ou perte résultant d cela cession d’éléments
d’actif entre dans la détermination du bénéfice de l’entreprise.
C’est + ou - value ont un caractère exceptionnel t n’entreront
pas dans le bénéfice courant. PAS CONFONDRE avec + ou -
values réalisées par les particuliers qui constituent un revenu
catégoriel à part dans la déclaration d’impôts.

Section 1 : Régime général aux + ou - values


professionnelles

§.1 : Le champ d’application

Il faut s’intéresser aux biens concernés et au fait générateur de


la + ou - value.

A. Les biens concernés

C’est sur un bien immobilisé cad que ça ne fait pas parti du


patrimoine personnel.
30
K. LARIFLA DURO – Droit fiscal des affaires II – M1 droit privé – UA – 2021-2022

1. Le principe

En application de l’article 39 duodecies, il s’agite d’éléments


qui font partis de l’actif immobilisé de l’entreprise et qui
n’appartiennent pas au patrimoine privé de l’exploitant quand
celui-ci es tune personne physique. La qualification d’actif
immobilisé découle de l’inscription du bien au bilan de
l’entreprise ou encore au tableau des immobilisation et des
amortissement pour les petites entreprises d’insensées de
fournir un bail. Ce critère est de JP constante (cf. C 24 mai
1967).

Selon cette dernière, l’exploitant n’a plus la liberté d’affecter à


l’entreprise des biens qui ne servent pas à son activité. Il existe
par ailleurs des raisons pratiques qui ont conduit
l’administration fiscale et le droit positif à proposer un certain
nombre d’aménagements.

2. Les aménagements

Certains bien font parti de l’actif de l’entreprise même s’ils ne


sont pas inscrits au bilan ça rit ont nécessairement une
31
K. LARIFLA DURO – Droit fiscal des affaires II – M1 droit privé – UA – 2021-2022

utilisation professionnelle c’es tel cas ds éléments incorporel du


fonds de commerce (bail ou clientèle).
La JP admet la même solution pour les titres (actions
obligations…) non inscrits au bilan si par leur nature il
répondent à la qualification d ‘élément de l’actif immobilisé et
sont cédés après un délai de conservation de 2 ans.
Selon la doctrine administrative, les droit d propriété
intellectuelle industrielle font obligatoirement partie de l’actif
de l’entreprise dès lors qu’ils ont été de l’actif immobilisé…

sELON LES ART é38 et 39 duodecies le sindemnités versées à


un commerçant à titre d’indemnité de résiliation d’un contrat
de concession entrent dan sel bénéfice imposable
d’exploitation si elle sont pour objet de compenser le
préjudice résultant d’une perte de recette commerciale. En
revanche, ces indemnités constitueront des + value si elles ont
pour objet de compenser la perte d’un élément d’actif.

B. Les opérations concernées

Il s’agit de toute sortie du bilan d'un actif immobilisé. Cette


sortie peut se traduire juridiquement ou de façon matérielle
ainsi, sont concernés les transferts de propriété à titre gratuit
32
K. LARIFLA DURO – Droit fiscal des affaires II – M1 droit privé – UA – 2021-2022

ou onéreux, d’autres événements comme le changement


d’affectation d’un bien qui va disparaître du patrimoine
professionnel pour se retrouver dans le patrimoine privé ou
encore la mise au rebut de ce bien entrent dans les opérations
constitutives d’un fait générateur de +ou- value.
Il en va de même de la disparition matérielle du bien suite à un
sinistre.
Seules les + ou - values réalisées sont prises en compte. Les +
ou - values latentes ne sont pas traitées. Tout au plus, en cas
de - value latente pour respecter les principes de prudence et
de sincérité des comptes, des provisions pourront être
comptabilisées.
La date de réalisation de la sortie est important car elle influe
sur l’exercice de rattachement.
Ex : dans le cadre d’une cession la date de réalisation de la +
value est celle du transfert de propriété cad généralement la
date de conclusion du contrat.

§.2 : Les calculs de la PMV

Valeur de sortie - Valeur nette comptable.


Si résultat positif = plus value
Si résultat négatif = - value
33
K. LARIFLA DURO – Droit fiscal des affaires II – M1 droit privé – UA – 2021-2022

A. La valeur de sortie

1. En cas d’opération à titre onéreux


Peut être : prix de vente, valeur des parts ou actions (apport)
Montant d l’indemnité d’expropriation
Montant d’indemnité de résiliation du contrat de concession si
qualifiée d’immobilisation

2. En cas d’opération à titre gratuit

C’est la valeur actuelle du bien, sa valeur vénale

3. En cas de sinistre ou mise au rebut

La valeur est nulle, en revanche en cas de sinistre c’est


l’indemnité d’assurance qui sera valeur de sortie du bien.

B. La valeur nette comptable (VNC)

1. Bien amortissable

34
K. LARIFLA DURO – Droit fiscal des affaires II – M1 droit privé – UA – 2021-2022

Valeur d’origine - somme des amortissements pratiqués


déductibles fiscalement = VNC

2. Bien non amortissable

??????

§.3 : Le traitement fiscal des + ou - values

Le traitement fiscal diffère selon que les + ou - values sont


considérées comme étant à court terme ou à long terme

A. La détermination du long et court terme

2 critères :
- Le caractère amortissable ou non du bien
- La durée de détention du bien ; Lorsque l’on a un bien
(amortissable ou non) détenu depuis moins de 2 ans la +
value comme la - value sont à court terme. Lorsqu’un bien
amortissable est détenu depuis 2 ans ou plus la - value est à
court terme. En revanche, la + value est à court terme à
hauteur des amortissements pratiqués et. Long terme au-
delà.
35
K. LARIFLA DURO – Droit fiscal des affaires II – M1 droit privé – UA – 2021-2022

TABLEAU 1

Exemples :

Soit un matériel (machine-outil) amortissable


→ TABLEAU 2

Soit un matériel (machine-outil) amortissable


→ TABLEAU 3

Soit un FDC (non amortissable)


→ TABLEAU 4

B. Le régime d’imposition

1 – La compensation

Il faut procéder à une compensation entre les + value long


terme et les - value long terme ET les + ou - value court terme.
En pratique, cela revient à effectuer la somme algébrique des
+ ou- values de l’exercice appartenant à une même catégorie..

36
K. LARIFLA DURO – Droit fiscal des affaires II – M1 droit privé – UA – 2021-2022

le résultat de la compensation fera ressortir une + OU - value


nette court et long terme. Toute fois, pour certains biens avant
de procéder à une compensation ces de plus value long terme,
réalisée sur des immeubles bâtis ou non affectés à
l’exploitation d l’entreprise il faut pratiquer un abattement de
10% par année de détention au delà de la 5e année de
détention après 15 ans de détention les plus values longtemps
sont exonérés.

Exemple : Cas particulier des immeubles


Prenons l’exemple d’un immeuble acquis le 5 mars 2010 et
vendu le 5 mai 2019. L’entreprise r alise une PVLT de 40 000€.
La dur e de d tention de l’immeuble est de 9 ans et 2 mois.
Audel des 5 ans se sont coul s 4 ans. L’abattement sera
donc de 4x10% = 40%.
Pour la compensation, la PVLT sur l’immeuble ne sera prise en
compte que pour 40 000*40% = 16 000€.

2 - Le sort de la PMVNCT

37
K. LARIFLA DURO – Droit fiscal des affaires II – M1 droit privé – UA – 2021-2022







Ex : une entreprise qui r alise une PV nette CT de 60 000 € au


cours de l’exercice clos en 2018. Sur le plan fiscal, elle opte
pour son talement en 3 ans soit 20 000 € / an.
L’entreprise peut répartir cette PV par tiers, soit :
- En 2018 : imposition de 20 000€
- en 2019 : imposition de 20 000€
- en 2020 : imposition de 20 000 €

a - Le sort de la PVNCT

→ TABLEAU 5

b - Le sort de la MVNCT
????

3 - Le sort de la PMVNLT

a- Le sort de la MNVLT

L’article 39 quindecies I qui traite de la question. Les - values


nettes long terme sont uniquement imputables sur les PLVNL
réalisées au cours des 10 exercices suivants :

38
K. LARIFLA DURO – Droit fiscal des affaires II – M1 droit privé – UA – 2021-2022



En cas d’imputation de la - value nette long terme il faut


procéder à une intégration extra-comptable puisqu’elle est
comprise dans le résultat comptable de l’exercice mais ne doit
pas figurer dans le résultat fiscal.

b- Le sort de la PVNLT

Cette dernière est taxée de manière séparée à un taux réduit


de 12,8 % majoré des prélèvements sociaux qui représentent
17,2 % . Pour les exercices clos à compté du 1er janvier 2017.
Dans les DOM il est admis que les réductions prévues aux
articles 197 I 3en matière d’impôt sur le revenu sont également
applicable spor la taxation des + values nettes à long terme
réalisée par les entreprises qui exercent leur activités dans les
départements d’outre-mer.
Ces réductions sont de 30 % dans la limite de 2450 euros pour
la Guadeloupe la Martinique et la réunion et de 40% dans la
limite de 4050 euros pour la Guyane et Mayotte.

Il est possible d’abaisser l’assiette de l’impot sur la + value


nette long terme en commençant par imputer sur cette +
VALUE NETTE LONG TERME :

39
K. LARIFLA DURO – Droit fiscal des affaires II – M1 droit privé – UA – 2021-2022

- Les MVNLT des 10 derniers exercices qui n’ont pas été


encore utilisés
- Le déficit de l’exercice ou re-portables des différents
exercices pas encore utilisés
Ces imputations ne sont possibles que dans le cadre d’activités
de même nature.
Dans ????

23 janv 2007; l’option pour l’imputation sur les MVNLT et les


déficits es tues décision de gestion opposable à
l’administration. En conséquence, l’entreprise peut tout à fait
décider de conserver intacte sont déficit dan sle cadre d’une
stratégie d’optimisation.

Exemple : La PVNLT est 10 000€


Le RC de l’exercice est de 5000€
Il existe une MVNLT de 5000 € non utilis s datant de 2
exercices (2ans).
En tout tat de cause pour calculer le RF imposable selon les
conditions de DC, il faudra d duire la PVNLT qui est d j
comprise dans le r sultat comptable en tant qu’op ration
exceptionnelle.
RF= 50 000 – 10 000 = - 5000€
40
K. LARIFLA DURO – Droit fiscal des affaires II – M1 droit privé – UA – 2021-2022








L’entreprise a plusieurs possibilit s :
- Soit elle utilise applique directement l’imposition s par e
taux r duit. Imposition des 10 000 au taux de 12,8%.
- Soit elle utilise uniquement le d ficit de l’exercice ou la
MVNLT. Elle imposera alors uniquement 5000€ au taux r duit
Soit enfin elle utilise la fois le d ficit et la MVNLT. Dans une
telle hypoth se, la PVNLT sera int gralement pong e (MVNLT
de N-2 + d ficit de l’exercice = 10000). Il n’y aura donc pas
d’imposition taux r duit.

C. Cas d’exonérations

Il existe plusieurs r gimes d’exon ration. Le principal concerne


les petites entreprises. Il s’adresse tout d’abord aux entreprises
dont les recettes ne d passent pas certains seuils. Par ailleurs,
il vise les PV. Elles doivent tre r alis es le cadre de leur
activit commerciale ou industrielle exerc e titre
professionnelle ; ce qui suppose une la participation
personnelle directe et continue de contribuable
l’exploitation. Enfin l’activit doit avoir t exerc e pendant au
moins 5 ans. Ce d lai est d compt partir du d but
d'activit , c'est- -dire de la date de cr ation ou d'acquisition
de la client le ou du fonds de commerce par le contribuable,
41
K. LARIFLA DURO – Droit fiscal des affaires II – M1 droit privé – UA – 2021-2022








































jusqu' la date de cl ture de l'exercice au titre duquel la plus-
value est r alis e
En application de ce r gime, le montant de l’exon ration est
plafonn . Ces plus-values sont ainsi exon r es pour :
- la totalit de leur montant, lorsque les recettes annuelles HT
sont inf rieures ou gales 250 000 € (activit s de vente) ou
90 000 € (autres activit s) ;
- une partie de leur montant, lorsque les recettes sont
comprises entre 250 000 € et 350 000 € (activit s de vente) ou
entre 90 000 € et 126 000 € (autres activit s) .
Pour calculer ces seuils, on recherche la moyenne des recettes
r alis es au titre des exercices clos au cours des deux ann es
civiles qui pr c dent l'exercice de r alisation des plus-values.
L'exon ration concerne les plus-values nettes d termin es
apr s compensation avec les moins-values de m me nature.

Section 2 : Régime spéciaux

A – Le r gime des l ments d’actif non utilis s pour les


besoins de l’activit

42
K. LARIFLA DURO – Droit fiscal des affaires II – M1 droit privé – UA – 2021-2022

































Pour les exercices clos jusqu’au 31 décembre 2011, les


entreprises relevant des BIC ou des BA bénéficiaient du
principe de la liberté d’affectation comptable. Ce principe était
aussi appelé théorie du bilan elle était issue d’une JP constante
du CE depuis le 24 mai 1967. Elle permettait d’inscrire au bilan
des vies qui n’étaient pas nécessaires à l’activité
professionnelle et par conséquent de prendre en compte elles
charges ou produits y afférent. Depuis le 1er janvier 2012 cette
théorie a été abandonnée sous réserve d’une tolérance de 5 à
10 %. Aussi, en application des articles 155 II 2 et 155 III 2 du
CGI lorsqu’une entreprises individuelle ou société de personne
soumise à un régime réel d’imposition relevant des BIC ou des
BA cède un actif immobilisé qui n’a pas été utilisé pendant la
totalité de sa période d’inscription à l’actif pour les seuls
besoins de l’activité professionnelle, le résultat de la cession
doit être ventilé en deux parties :
- La première fraction concerne la période d’affectation du
bien à l’exercice de l’activité de l’entreprise ; elle relève du
régime des PMV pro
- La seconde concerne la période où le bien n’es t’a affecté à
cette activité ; elle relève des règles d’impositions des PMV
privées

43
K. LARIFLA DURO – Droit fiscal des affaires II – M1 droit privé – UA – 2021-2022

Exemple
Immeuble acquis pour 200 000€ est inscrit au bilan. Il a affect
pendant les 3 premi res ann es l’exploitation de l’entreprise
puis ensuite une utilisation priv e (location). Il est c d au
bout de 5 ans au prix de 260 000€. Il est amorti en lin aire sur
20 ans.
Selon la doctrine administrative
Px de cession retrait
=
Prix de cession x (dur e totale d’utilisation des fins
professionnelles / dur e totale d’inscription l’actif)
+
valeur d’origine x (dur e totale d’utilisation des fins non
professionnelles / dur e totale d’inscription l'actif).
Le prix de cession retrait = 260 000 * 3/5 + 200 000*2/5= 236
000€

Selon la doctrine administrative, la valeur nette comptable de


l'immeuble retenue pour le calcul de la plus-value
professionnelle est gale ce montant major des
amortissements qui ont t r int gr s aux exercices au cours

44
K. LARIFLA DURO – Droit fiscal des affaires II – M1 droit privé – UA – 2021-2022




























desquels le bien n’ tait pas utilis aux fins de l’activit
professionnelle.
VNC = 200 000 – (3x200 000/20) = 200 000 – 30 000 = 170
000€ PV professionnelle = 236 000 – 170 000 = 66 000€

B – Le r gime des titres de portefeuille

1 - La nature des titres de portefeuille

Dans les entreprises soumises à l’IR l’application au titre de


portefeuille au titre des PMVP ne dépend pas de leur nature
mais du point de savoir si ces titres relèvent de l’actif
immobilisés cad si ils sont affectés aux besoins de l’entreprise.
Dans l’affirmative deux situation sont à envisager :
- Celle de la provision
- Celle de la cession

EN matière fiscale on distingue les titres de participation des


titres d emplacement. Les second se définissent par la négative
.
Comptablement les titres de participation sont ceux dont la
procession durable est estimée utile à l’activité de l’entreprise
notamment parce qu’elle permet d’exerce rune influence sur la
45
K. LARIFLA DURO – Droit fiscal des affaires II – M1 droit privé – UA – 2021-2022





société émettrice ou encore parce qu’elle permet d’en assurer
le contrôle. Il existe des présomptions qui plaident en faveur
dune classification parmi les titres d participation tout d’abord,
l’art R.123-184 du code de commerce pose une présomption
en vertu de laquelle les titres représentants une fraction du
capital supérieure à 10% serait des titres de participation.
EN suite, l’inscription en compte de titres dans l’actif
immobilisé pose également une présomption.
Cependant, ce n’est qu’une présomption simple ça l’un des
critères essentiels est celui de l’utilité à l’activité.
Cette utilité est généralement matérialisée par l’influence
associée au droit politique, elle peut aussi s’illustrer dans un
pacte d’associés.
Notons que l’absence d’un exercice effectif de ses pouvoirs par
le détenteur des titres ne permet pas de remettre une cause la
qualification de titre d participation. Ainsi dans l’arrêt société
hyper primeur rendu par le CE 20 octobre 2020 a considéré
que des titres acquis dans le but de détenir une minorité de
blocage constituait des titres de participation même si les
associés n’en avait pas fait usage.

Il faut savoir enfin qu’il peut y avoir utilité sans influence.


me^me si cette situation est exceptionnelle.
46
K. LARIFLA DURO – Droit fiscal des affaires II – M1 droit privé – UA – 2021-2022

EN pratique, cette situation s’illustre dan les sociétés d’exercice


libéral (SEL) lorsque l’acquisition es titres de la SEL révèle
l’intention de favoriser son activité par c moyen. Ainsi par
exemple, dans un arrête rendue par le CE le 20 mai 2016 la
détention de titres de la SEL permettait aux chirurgiens
associés d’exercer leur activité professionnelle dans des
conditions privilégiée au sein d’établissement de santé d cela
société quelque soit la quotité détenue. C’est la raison pour
laquelle le CE a considéré que les parts de cette SELARL
comme des titres de participation.

2 – Les provisions sur titre de portefeuille

Les provisions sur les titres de participation ne sont pas


déductibles fiscalement mais sont soumises au régime des
MVLT et ce même si les titres sont détenus depuis - de 2 ans. Il
s’agit d’une exception qui permet d éprendre en compte le
résultat de cession latente; parallèlement les reprises de ces
provisions seront soumises au régimes des PVLT.
La dotation aux provision est une écriture temporelle tant que
le risque est potentiellement ?????

47
K. LARIFLA DURO – Droit fiscal des affaires II – M1 droit privé – UA – 2021-2022

3- Les cessions de titre de portefeuille


L’administration fiscale va considérer comme de l’actif
immobilisé tous les titres détenus depuis + 2 ans.
???????
En cas de cession les règles de rattachement au long terme ou
court terme sont les règles classiques étudiée pour les
immobilisations non amortissables.
La particularité tient à la position de l’administration fiscale qui
au delà de la nécessité que les titres soient affectés à
l’exploitation considèrent que sont de l’immobilisations les
titres suivants :
- Les titres détenus depuis + 2 ans ; l’opération donnera lieu à
une PMVL
- Les titres détenus depuis - 2 ans lorsque le portefeuille
contient des titres d même nature depuis au moins 2 ans ; on
parle de panachage, il y a aura une PMVLT pour les titres
détenus depuis 2 ans et + et une PMVCT our les titres
détenus depuis - de 2 ans. Les plus anciens sont vendus en
premier (PEPS)

C – Le r gime des indemnit s d’assurance ou d’expropriation

48
K. LARIFLA DURO – Droit fiscal des affaires II – M1 droit privé – UA – 2021-2022



La taxation de la plus value (PV) réalisée suite au versement


d’une indemnité d’assurance ou d’expropriation peut causer
des difficultés financières à l’entreprise dans la mesure où elle
devra réaliser de nouveaux investissement pour poursuivre son
activité

1 – L’ talement de la PVCT sur les biens amortissables


????????????????????????????????????

Ce calcul doit faire intervenir l’ensemble des biens détruits ou


expropriés peu importe qu’ils aient ou non donné lieu
individuellement à une PV ou MV CT.
Cela revent à retenir comme durée d’étalement la durée
pendant laquelle le bien en cause a été amorti.
Exemple ( Source BOFIP)
Soit une entreprise faisant l’objet d’un sinistre le 30/06/N. Les
indemnit s d'assurances sont r put es acquises au titre de
l'exercice clos le 31/12/N.
La PVNCT globale pour l’exercice est de 2 600 000€

49
K. LARIFLA DURO – Droit fiscal des affaires II – M1 droit privé – UA – 2021-2022





→ TABLEAU ILLUSTRATIONS CHIFFR2E 2

D termination de la plus-value court terme taler


- Plus-value nette court terme aff rente aux biens sinistr s :
125 000 + 2 800 000 + 890 000 = 3 815 000
La plus-value nette court terme ligible au dispositif
d’ talement sera toutefois plafonn e 2 600 000 (montant
global de la plus-value nette court terme de l’exercice pour
l'ensemble de l'activit de l'entreprise).
Dur e d' talement
- Total du prix de revient des immobilisations sinistr es : 200
000 + 4 000 000 + 1 200 000 = 5 400 000
- Dur e moyenne d'amortissement d j pratiqu e pond r e :
( 200 000x2,5 + 4 000 000x14 + 1 200 000x (9+1/12)) / 5 400
000 = 12,48 ans = arrondir = 13 ans si le résultat est supérieur
à 15 ans il faut revenir à 15 ans

Modalit s de r int gration


compter de l'exercice clos le 31/12/N+1, l'entreprise devra
r int grer dans ses r sultats imposables la somme de :
2 600 000 / 13 = 200 000

50
K. LARIFLA DURO – Droit fiscal des affaires II – M1 droit privé – UA – 2021-2022






























Cette r int gration s’effectuera ainsi sur 13 exercices


ind pendamment de leur dur e.
Un plafonnement serait intervenu si la dur e d’ talement
s' tait r v l e sup rieure 15 ans.

2- Le report d’imposition des PVLT

L’imposition de la PVNLT réalisée sur les indemnités perçues


suite à un sinistre ou une expropriation peut être différée de 2
ans. Le point de départ de ce délais coïncide Ave cla date de
réalisation de la PVNLT. Il s’agit donc de la date à laquelle
l’indemnité est allouée par la compagnie d’assurance ou par la
personne publique pour être plus précis, cette date est celle
du jugement qui fixe l’indemnité d’expropriation ou encore
ladite à laquelle l’indemnité d’assurée est certaine dans son
principe.
En c de cessation d’activité l’imposition de la plus valu doit être
immédiatement établie.

l ments comptables concernant les actifs objet du sinistre :

51
K. LARIFLA DURO – Droit fiscal des affaires II – M1 droit privé – UA – 2021-2022













Vous aimerez peut-être aussi