Vous êtes sur la page 1sur 18

Équations générales des écoulements

diphasiques : écritures globales et locales

1. RAPPELS MATHÉMATIQUES

2. Théorème de transport de Reynolds : Application à l’écoulement monophasique


2.1. Bilan de masse
2.2. Bilan de quantité de mouvement
2.3. Bilan d’énergie totale
2.4. Évolution de l’entropie
2.5. Écriture locale des bilans
2.5.1. Bilan de masse
2.5.2. Bilan de quantité de mouvement
2.5.3. Bilan d'énergie totale
2.5.4. Évolution de l'entropie

3. Principaux paramètres d'un écoulement diphasique

4. Application à l’écoulement diphasique


4.1. Écriture locale
4.1.1 Bilan de masse
4.1.2. Bilan de quantité de mouvement
4.1.3. Bilan d’énergie totale
4 .1.4. Évolution de l’entropie
4 .1.5. Écriture locale des bilans
4.2. Forme généralisée des équations locales de bilans

5. MODÉLISATION DES ÉCOULEMENTS DIPHASIQUES

1. RAPPELS MATHÉMATIQUES

Pour établir les équations locales des systèmes diphasiques, nous avons besoin de connaître
un certains nombre d’outils mathématiques.

1.1. Dérivée Particulaire :


Par définition, la dérivée particulaire est la dérivée par rapport au temps d’une grandeur liée à
une particule. La grandeur est dans le cas général de nature tensorielle. Cette dérivée est notée

le plus souvent par :

Dans le cas d’une grandeur scalaire , cette dérivée particulaire s’obtient immédiatement par
application du théorème de dérivation des fonctions composées :

si g est une grandeur scalaire, alors :

où on note ici :

où est un point matériel de coordonnées et est une base canonique de repère


orthonormé .

Pour une grandeur vectorielle , il suffit d’appliquer le résultat précédent pour chaque
composante (en adoptant la convention d’Einstein)

* : grandeur vectorielle  où :

2. Théorème de transport de Reynolds : Application à l’écoulement


monophasique

Objectif du Théorème de transport de Reynolds calcul des bilans globaux

Bilans globaux Principes physiques de la conservation ou d’évolution


Conservation de la masse Continuité
Conservation de la quantité de mouvement Principe Fond.
Dynamique

Conservation de l’énergie totale 1er Principe de la Thermo.

 Evolution de l’entropie 2nd Principe de la Thermo.

Bilans appliqués à des volumes de contrôle (v) constitués à chaque instant


par les mêmes éléments de matière.

Frontière de chaque volume de contrôle (v) :

imperméable à la matière

peut passer la quantité de mouvement sous forme de contraintes

peut passer l’énergie sous forme de flux de chaleur

2.1. Bilan de masse :

Théorème de transport de Reynolds f = masse volumique du fluide

Conservation de la masse 

2.2. Bilan de quantité de mouvement :

v : volume de contrôle de surface fermée

M : point matériel de (v) à l’instant t  2 types d’écritures


où :
* densité massique des forces extérieures exercées au point

* tenseur de contraintes en un point P :

* normale à une facette contenant le point P

Principe Fondamental de la Dynamique

2.3. Bilan d’énergie totale (1er Principe de la thermodynamique) :

où :
* vitesse de déplacement d’un point matériel M du volume de contrôle (v)

* masse volumique du fluide

* dépend du gradient de température :

Loi (linéaire) de Fourier :

- conductivité thermique du milieu (fluide)

- énergie interne du système

2.4. Évolution de l’entropie (2nd Principe de la thermodynamique) :

Inégalité de Clausius Duhem

où :

* température
* flux de chaleur

* entropie du système

* entropie créée par le système

2.5. Écriture locale des bilans :

2.5.1. Bilan de masse :

équation de continuité

2.5.2. Bilan de quantité de mouvement :

* Quantité de mouvement linéaire :

 : composantes du tenseur de contraintes

* Quantité de mouvement angulaire :


Tenseur symétrique

2.5.3. Bilan d’énergie totale (1er Principe) :

 : divergence

2.5.4. Évolution de l’entropie (2nd Principe) :

 : divergence

3. Principaux paramètres d'un écoulement diphasique

Dans tout ce qui suit, l'indice "l" se rapporte à la phase liquide et l'indice "g" se rapporte à la
phase gazeuse. Nous définissons les grandeurs utilisées en écoulement diphasique de la
manière suivante :

 Le taux de vide ou le taux de présence de gaz moyenné dans le temps en un point M


quelconque de la conduite, est :

où T est la durée de l'observation et est la fonction de présence de gaz définie par :


 Si le gaz occupe la surface dans la section A, alors le taux de vide global sur cette
dernière est défini par la moyenne spatiale :

où A est la section de la conduite.

 Les titres volumique () et massique (x) sont définis par :

où Q et M désignent respectivement les débits volumique et massique.

 Les vitesses débitantes du liquide et du gaz sont respectivement définies par :

 La vitesse massique totale est définie par :

 Les vitesses massiques du liquide et du gaz sont définies par :


 Si et sont respectivement les vitesses locales des phases liquide et gazeuse
moyennées sur les temps de résidence et en un point M donné de la conduite, la
vitesse de glissement en ce point est donnée par :

4. APPLICATION A L’ÉCOULEMENT DIPHASIQUE

En écoulements diphasiques, on utilise la même procédure que précédemment à laquelle on


rajoute les conditions d’interfaces des phases pour établir les équations des bilans globaux et
locaux.

À partir de l’écriture globale des bilans, le théorème de transport de Reynolds (Leibnitz) ainsi
que le théorème de Gauss (Ostrogradski) permettent l’obtention des équations locales
contenues dans l’intégrale de volume. Quant aux équations locales contenues dans l’intégrale
de surface, elle sont obtenues grâce aux conditions d’interface sur les grandeurs locales
appartenant à chaque phase de part et d’autre de chaque interface.

4.1. Écriture locale des bilans :

En écoulement diphasique, l’interface peut être considérée comme étant une surface de
discontinuité. L’établissement des équations de conservation d’un écoulement diphasique
nécessite la connaissance des équations de conservation généralisées pour l’écoulement
monophasique, ainsi que des conditions de saut au niveau de l’interface. Ces conditions de
saut dérivent des équations intégrales pour la masse et pour la quantité de mouvement.

Ces équations sont établies à partir d’un volume de contrôle v constant dans l’espace et dans
le temps, contenant deux constituants occupant deux volumes v1 et v2 séparés par une
interface perméable a i  t  tel que:

v1  v2  v
Volume de contrôle en écoulement diphasique.

volume total de contrôle

: de surface fermée (sans compter )

: de surface (sans compter )

Hypothèses:
- Pas d’échange de masse sur les surfaces en contact et

- : interface perméable  échange de masse entre et au travers cette interface

- 

4.1.1. Bilan de masse :

avec :

Pour les deux phases liquide et gaz, on a

Pour chaque phase, il y a conservation :

C’est à dire :

ou

où débit massique de la phase

Remarque :

Pas de glissement entre les phases Pas de transfert de masse entre les phases



4.1.2. Bilan de quantité de mouvement :

* Quantité de mouvement linéaire :


 tenseur de contraintes de la phase

Pour les deux phases liquide et gaz 

* Quantité de mouvement angulaire :

 transposé du tenseur de contraintes de la phase

4.1.3. Bilan d’énergie totale :

4.1.4. Evolution de l’entropie :

avec :

Conditions d’interface 

entropie générée par les conditions de l’interface

Sous leur forme intégrale, les équations en écoulements diphasiques s'écrivent comme
suit :
 
k =1,2
d
dt
Vk
ρ k .ψ k .dV =  
k =1,2 A
ρ k .ψ k .   
V k nk  .dA +
k

 ρ 
 

k =1,2V
k .φ k .dV 
k =1,2 A
n k J .dA +
 φ .dA
Ai
i

k k

avec

Conservation k  k i
Jk

Masse 1 0 0 0

Quantité de     0
vk F
Mouvement
Energie totale 1 2     0
uk  .v k q k  k  v k F  vk
2

3.2. Forme généralisée des équations locales de bilans :

* Équations locales 

 

* Conditions d’interface 
5. MODELISATION DES ECOULEMENTS DIPHASIQUES

Dans l'étude des écoulements diphasiques, les équations fondamentales reposent sur les
équations de bilans. Ces bilans peuvent être écrits soit de façon simplifiée (globale) soit de
façon locale.

Il est fréquent que le nombre de variables inconnues soit assez grand, malgré les
simplifications apportées au modèle de l’écoulement. La fermeture du système s’obtient en
ajoutant un certain nombre d’équations, et ce :

 en moyennant sur des sections partielles de l’écoulement (écoulement annulaire ou


stratifié).
 en utilisant les équations phasiques.
 en utilisant des relations expérimentales complémentaires, par exemple le coefficient de
frottement à la paroi.
 en utilisant un référentiel en mouvement.

en utilisant des relations faisant appel à des analogies connues.

Le terme modèle signifie un système d’équations décrivant une certaine vision de


l’écoulement diphasique.

Le choix d’un modèle est essentiellement un choix :

 des propriétés géométriques (ex : axisymétrie, interface cylindrique en écoulement


annulaire),
 des propriétés cinématiques (ex : pas de vitesse relative entre les phases)
 ou des propriétés thermiques (ex : conditions de saturation pour une phase ou pour les
deux).
La sélection d’une configuration cinématique et/ou thermique est équivalente à un choix de
solutions pour le modèle mathématique. Comme résultat, ceci implique des conditions de
compatibilité pour le système d’équations. Les premiers modèles utilisés en écoulement
diphasique étaient des modèles où certaines parties de la solution étaient imposées.
Cependant, les applications de plus en plus complexes de ces écoulements ont donné une forte
impulsion à la recherche concernant les modèles non sélectifs.

Il y a quatre modèles basés sur des profils de vitesse imposés :

Modèle Modèle Modèle Modèle


unidimensionnel à bidimensionnel à une unidimensionnel à bidimensionnel à
une vitesse : vitesse : deux vitesses : deux vitesses :

Modèle Homogène. Modèle de Bankoff. Modèle de Wallis. Modèle de Zuber


& Findlay.

Le modèle à une dimension et à une vitesse est le plus simple. Il correspond au modèle
homogène. Il peut être amélioré de deux façons : en autorisant une distribution de vitesse
(modèle de Bankoff) ou en introduisant une vitesse relative entre les phases (modèle de
Wallis). Une combinaison de ces deux améliorations mène au modèle de Zuber & Findlay.
5.1.Modèle unidimensionnel à une vitesse (Modèle Homogène)
x x
Si WG et W L sont les vitesses locales des phases gaz et liquide, moyennées sur leurs

temps de résidence T G et T L , nous avons :


x x
WG  WL  constante sur la section droite de la conduite.
(1).

N.B.:

x 1
fk  .  f k .dt .
T k T 
k

La moyenne temporelle du débit de gaz s’écrit :

Q G   WG .dA  A .R G WG
AG

AG Surface occupée par le gaz à un instant donné.

A Surface totale de la section de la conduite.

WG Vitesse instantanée du gaz moyennée spatialement sur A G .

RG Fraction surfacique instantanée définie par :

A
RG  G .
A

Ainsi

et Q L  A .1  R G . W L .
x x
Q G  A .R G .W G

Et d’après (1), nous avons :


QG
R G   avec   .
QG  Q L
5.2 Modèle de Bankoff

Bankoff (1960) a supposé que les vitesses locales du liquide et du gaz étaient égales, et

que les distributions radiale de cette vitesse et de la fraction de temps  G sont données par
les relations suivantes :

1m
x x y x
WG  WL   .WC
R

1n TG
y
G    avec G  T
R L

y Distance à partir de la paroi.

R Rayon de la conduite.

x Vitesse dans l’axe de la conduite.


WC

m, n Constantes positives.

Il obtient alors :

R G  K .

où K est le paramètre d’Armand. Il est donné par :


2 .m  n  mn  . m  n  2 mn 
K 
n  1. 2 n  1. m  12 m  1 .

Bankoff (1960) a proposé la corrélation suivante :


K  0 . 71  0 . 00145  P (P en bar).
5.3 Modèle de Wallis
Wallis (1963) a supposé des profils plats pour les vitesses et la fraction de temps, mais il
a tenu compte de la vitesse relative entre les phases. Il a obtenu :


RG 
1 R G . W G x  W L x 
1
J

où J est le débit volumétrique du mélange défini par :


QG  Q L
J .
A

5.4 Modèle de Zuber & Findlay


x
Zuber & Findlay (1965) ont défini une vitesse de glissement locale W Gj par la
relation suivante :

1   G . W G 
x x x x
W Gj  WG  j   WL 
  .

Ainsi, ils obtiennent :



RG  ~
C 0  WGj J

avec

 G .j
C0 
 G . j , paramètre de distribution

x
 G . W Gj
~
W Gj  , vitesse de glissement pondérée.
G
REFERENCES

1. BAKER O. : « Simultaneous Flow of Oil and Gas », Oil & Gas Journal, July 26, pp. 185-
195, 1954.
2. DELHAYE J.M. Equations fondamentales des écoulements diphasiques. 1972.
3. DELHAYE J.M. , GIOT M. and RIETHMULLER M.L. : « Thermohydraulics of Two-
Phase Systems for Industrial Design and Nuclear Engineering », McGraw-Hill Book
Compagny, 1981.
4. FERSCHNEIDER G. : Ecoulements diphasiques gaz-liquide à poches et à bouchons en
conduites. Rev. de l’Inst. Franç. du Pétro. vol. 38, n° 2 Mars Avril
1983.
5. FITREMANN J.M. : Méthodes de calcul des écoulements diphasiques dans les conduites
horizontales. Rev. de l’Inst. Franç. du Pétro. vol. 30, n° 2 Mars Avril 1975.
6. MAC QUILLAN K.W.& WHALLEY P.B. : « Flow Patterns in Vertical Two-Phase
Flow », Int. J. Multiphase Flow, Vol.11, No.2, pp. 161-175 .1974.
7. MANDHANE J.M. , GREGORY G.A. and AZIZ K. : « A Flow Pattern Map for Gaz-
Liquid Flow in Horizontal Pipes », Int. J. Multiphase Flow, Vol.1, pp. 537-553. 1974.
8. Salhi, Y. Contribution théorique et expérimentale à l’étude des phénomènes de transition
d’unécoulement stratifié à l’écoulement poche/bouchon dans une conduite horizontale en
présence de singularité. Thèse de doctorat , U.S.T.H.B.
9. TAITEL Y. : « Flow Pattern Transition in Two-Phase Flow », 9th International Heat
Transfer Conference, pp. 237-254, 1990.
10. WALLIS G.B. : « One-Dimensional Two-Phase Flow. », McGraw-Hill Book
Compagny, 1969.

Vous aimerez peut-être aussi