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11.

Intégrales dépendant d’un paramètre


Soient A une partie d’un espace vectoriel normé E de dimension finie et I un intervalle
 de R, K = R
ou C ; on considère f : A × I → K et on lui associe la fonction g : x → f (x, t) dt.
(x, t) → f (x, t) I

Pour t fixé dans I, on désigne par f (·, t) l’application partielle x → f (x, t), définie sur A.
f est dite continue par rapport à la première variable si et seulement si f (·, t) est continue sur A, pour
tout t de I.
Pour x fixé dans A, on désigne par f (x, ·) l’application partielle t → f (x, t), définie sur I.
f est dite continue par morceaux par rapport à la deuxième variable si et seulement si f (x, ·) est continue
par morceaux sur I, pour tout x de A.


I - Continuité sous le signe
Soit f : A × I → K telle que :
• f est continue par rapport à la première variable, continue par morceaux par rapport à la deuxième
variable ;
• il existe ϕ, continue par morceaux et intégrable sur I, vérifiant :
∀ (x, t) ∈ A × I |f (x, t)| ≤ ϕ (t) (hypothèse de domination).
Alors pour tout x de A, la fonction f (x, ·) est intégrable sur I et

g : x → f (x, t) dt est définie et continue sur A.
I


II - Dérivation sous le signe — Formule de Leibniz
Ici A est un intervalle de R. Soit f : A × I → K telle que :
• pour tout x de A, la fonction f (x, ·) est continue par morceaux et intégrable sur I ;
∂f
• f admet une première dérivée partielle vérifiant sur A×I les hypothèses du théorème précédent :
∂x
∂f
∗ est continue par rapport à la première variable, continue par morceaux par rapport à la
∂x
deuxième variable ;
∗ il existe ψ, continue par morceaux et intégrable sur I, vérifiant :
 
 ∂f 
∀ (x, t) ∈ A × I   (x, t) ≤ ψ (t) (hypothèse de domination).
∂x

Alors g : x → f (x, t) dt est définie et de classe C 1 sur A avec :
I

∂f
∀x ∈ A g′ (x) = (x, t) dt (formule de Leibniz).
I ∂x
NB : penser à réitérer pour les dérivées successives de g.

III - Remarques complémentaires (et pratiques)

1) Utilisation de sous-ensembles de A
Si l’hypothèse de domination semble difficile à satisfaire lorsque x décrit A tout entier, penser à appliquer
les théorèmes sur des sous-ensembles de A (par exemple sur tout segment inclus dans A lorsque A est
un intervalle) et conclure grâce au caractère local de la continuité et de la dérivabilité : si g est continue
(resp. C 1 ) sur tout segment de l’intervalle A, alors elle l’est sur A !
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2) Cas où I est un segment


Penser à dominer par une fonction constante !
Si f (fonction de deux variables) est continue sur un compact de R2 , elle est bornée.

3) Limites de g aux bornes de A



Le programme de MP ne comporte aucun théorème sur la limite éventuelle de g : x → f (x, t) dt en
I
une extrémité a ∈ R de l’intervalle A, n’appartenant pas à A.
Pour ce genre d’étude, au moins trois idées :
• majorer “à la main” ;
 
1
• faire apparaître une composition de limites, du genre F (x) = G lorsque x → +∞ ;
x
• caractérisation séquentielle de la limite : pour toute suite (xn )n∈N d’éléments deA convergeant
 vers
a, tâcher d’appliquer le théorème de convergence dominée à la suite de fonctions t → f (xn , t) n∈N :

 
si g (xn ) n∈N converge vers L = ℓ (t) dt, cela pour toute suite (xn )n∈N d’éléments de A, de limite
I
a, alors lim g = L.
a

IV - Application (hors programme) : théorème de division


Soient A un intervalle de R contenant 0, h : A → K de classe C k (k ≥ 1), et

 h (x) − h (0)
 si x ∈ A\ {0}
g : x → x .


h′ (0) si x = 0
Alors g est de classe C k−1 sur A, avec
1
∀j ∈ {1, . . . , k − 1} g (j) (0) = · h(j+1) (0) .
j+1
En effet, on constate que :  1
∀x ∈ A g (x) = h′ (tx) dt
0
et l’on applique le théorème de dérivation sous le signe .
Soit S un segment de A et f : (x, t) → h′ (xt).
Pour tout x de S, f (x, ·) est continue par morceaux et intégrable sur [0, 1] (car continue sur [0, 1]).
En outre f admet sur S × [0, 1] des dérivées partielles par rapport à x jusqu’à l’ordre k − 1, continues
par rapport à la première variable, continues par morceaux par rapport à la deuxième variable :
∂j f
∀j ∈ {1, . . . , k − 1} ∀ (x, t) ∈ S × [0, 1] (x, t) = tj h(j+1) (tx) .
∂xj
∂j f
h(j+1) , étant continue sur le segment S, y est bornée et donc est dominée par la fonction constante
 (j+1)  ∂xj
N∞ h , qui est bien continue par morceaux et intégrable sur [0, 1] !!
Ainsi, g est de classe C k−1 sur S, pour tout segment S de A, donc sur A.
La formule de Leibniz (réitérée) donne :
 1
(j)
∀j ∈ {1, . . . , k − 1} ∀x ∈ A g (x) = tj h(j+1) (tx) dt
0
d’où la valeur de g (j) (0).

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