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Double face

La paix !

Yoko Ono
Trois étages, 1 000 m2, le musée d’Art contemporain de Lyon
organise la première rétrospective consacrée à Yoko Ono
en France. Surnommée par John Lennon « l’artiste inconnue
la plus célèbre du monde », elle a inventé l’art conceptuel
tout en prônant la paix dans le monde. A 83 ans, elle continue à
décliner ses devises « Yes » et « Imagine » à travers des poèmes,
des installations, des films, des peintures, des chansons…

Par Sabrina vant ses yeux pour réinventer l’es- son défunt mari. Une réputation dont
Silamo
9 Oh non !
Yoko Ono crée des Word Paintings,
pace ou entrer dans des sacs pour
jouer avec la lumière, le parcours de
l’exposition finit par se transformer
elle se moque avec humour, allant
jusqu’à enregistrer en 2007 la chan-
son Yes, I’m a witch too.  8 Son
des injonctions peintes en noir sur en lassant terrain de jeu. ­influence sur la jeune génération ne
des panneaux blancs : « Respire », cesse de s’étendre. Au MAC de Lyon,
« Rêve », « Oublie ». Ces mots répétés
tels des mantras depuis l’époque hip-
pie ­a ccompagnent ses éternelles
8 Oh oui !
tous les plasticiens de la Biennale, de
François Morellet à Céleste Boursier-
En 1965, à New York, Yoko Ono, assise Mougenot, ont accepté de réactiver
campagnes pacifistes. Du Bed-In sur la scène du Carnegie Hall, invite l’exposition « Water Event », née en
(quand le couple Ono-Lennon, de son les spectateurs à s’emparer de ciseaux 1971 sur une déclaration de Yoko Ono :
lit nuptial, proteste contre la guerre pour découper ses vêtements. Avec « Nous sommes tous de l’eau dans diffé-
du Vietnam) aux Whish Trees, arbres cette expérience intitulée Cut Piece, rents récipients. » Quant aux musi-
sur lesquels les visiteurs accrochent non seulement elle devient une pion- ciens, soit ils revendiquent l’héritage
un vœu qui ­finit par rejoindre le mo- nière de l’art de la performance, mais vocal de la cheftaine du Plastic Ono
nument érigé en Islande en mémoire elle dénonce le regard de l’homme sur Band, comme Björk, soit ils enregis-
de John ­Lennon, Yoko Ono n’en finit le corps de la femme. Son militan- trent avec elle, tels Kim Gordon et
plus de prêcher de façon assez répéti- tisme pour le droit des femmes n’a Thurston Moore, de feu ­Sonic Youth,
tive l’amour et la paix. Et cela fait plus ­jamais faibli : à Lyon, Yoko Ono pré- ou remixent ses titres (Peaches, les
de cinquante ans que ça dure !  9 Yo- sente Arising, une installation consti- Flaming Lips ou Craig Armstrong) •
ko Ono propose des Instruction Pain- tuée de témoignages de victimes de Yoko Ono, « Lumière de l’aube », jusqu’au
tings, des œuvres qui n’existent violences.  8 Depuis l’assassinat du 10 juillet, MAC de Lyon, tél. : 04 72 69 17 17.
qu’avec la participation des visiteurs. créateur d’Imagine, Yoko Ono n’est www.mac-lyon.com
loran Stosskopf

Mais, à force de grimper à l’échelle plus la sorcière responsable de la sé-


« pour ­o bserver le ciel » (en l’occur- paration des Beatles mais serait
rence le plafond du musée), placer ­devenue la « veuve noire » qui veille,
une étiquette Space Transformer de- tel un grippe-sou, sur la fortune de

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