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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

26/11/10 12:55

N° 351 Vendredi 26 Novembre 2010   Webmaster Archives     Par Samir Achehbar  
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26 Novembre 2010   Webmaster Archives     Par Samir Achehbar     Enquête sur les
  Par Samir Achehbar
 

Par Samir Achehbar

 
 
  Enquête sur les Forces armées royales
 

Enquête sur les Forces armées royales

 
 
  (DR)
 

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Vendredi 21 novembre 2008. Siège du Parlement. Salaheddine Mezouar, ministre de l’Economie et des Finances,

Vendredi 21 novembre 2008. Siège du Parlement. Salaheddine Mezouar, ministre de l’Economie et des Finances, a fait le déplacement à l’hémicycle pour son grand oral, devant les caméras des deux chaînes étatiques, venues immortaliser le moment.

deux chaînes étatiques, venues immortaliser le moment. Cette après-midi, l’argentier du royaume est là pour

Cette après-midi, l’argentier du royaume est là pour présenter aux députés de la première chambre la nouvelle Loi de Finances 2009, concluant plusieurs semaines de négociations entre le gouvernement et les commissions parlementaires. Les cadors des partis ont répondu présent à l’invitation : Fouad Ali El Himma est de la fête, Ahmed Zaïdi, président du groupe socialiste à la Chambre des représentants, aussi, sans oublier Mustapha Ramid, président du groupe du PJD, toujours aussi assidu. Après un long discours de présentation du “ministre de l’argent”, les votes commencent. Les négociations de dernière minute aussi. Ce n’est que tard, très tard, dans la soirée, que le président de la séance annonce le résultat des suffrages. Le projet de loi de la future Loi de Finances passe (presque) comme une lettre à la poste. Le texte, qui comprend en tout et pour tout 50 articles, a été adopté à la majorité (63 voix pour et 30 contre) par la Chambre des représentants.

 
et 30 contre) par la Chambre des représentants.   Jusque-là, rien de bien anormal. Sauf que
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Jusque-là, rien de bien anormal. Sauf que le diable se cache dans les détails. Dans la nouvelle Loi de Finances, le royaume a consacré une enveloppe de 34, 526 milliards de dirhams consacré à la Défense, soit environ 15% du budget de l’Etat. Du jamais vu dans les annales du Parlement. C’est que, depuis son accession au trône en 1999, le roi Mohammed VI a gâté son armée : son budget a été doublé rien que sur les deux dernières Lois de Finances, celles de 2008 et 2009. Il y a encore quatre ans, ce budget ne dépassait guère les 12 milliards de dirhams. Le Maroc s’est-il lancé dans une course à l’armement ? Quelle raison aurait-il de le faire ? S’agit-il de maintenir la “parité militaire” avec le voisin algérien ? De faire face à la montée du terrorisme ?

algérien ? De faire face à la montée du terrorisme ? Le coup de gueule royal

Le coup de gueule royal Août 2001, palais royal de Rabat. Mohammed VI, chef suprême des armées, réunit pour la première fois depuis son intronisation l’état-major des Forces armées royales (FAR). Pour leur baptême du feu, les généraux ainsi conviés ont droit à un cours magistral, donné par le roi himself : “Le roi a présenté à l’assistance un exposé détaillé sur l’état de santé de l’armée marocaine, s’attardant essentiellement sur ses faiblesses”, nous rapporte une source bien informée. Si le roi n’a pas mâché ses mots, c’est qu’il sait de quoi il parle. Il est loin d’être un novice en la matière. Du temps de son père, il a été le coordonnateur des FAR. Un poste stratégique qui lui a permis de se frotter de près à la réalité de ses troupes. La réalité en question : une armée vieillotte, des soldats mal formés, un matériel obsolète… C’est ce qu’on dit dans les chaumières, c’est un peu vrai, de plus en plus, sur le terrain. “Mohammed VI a dit ce jour-là ce qu’il n’a jamais pu dire lorsqu’il était prince héritier, c’était en quelque sorte l’heure de vérité, le moment de remettre les pendules à l’heure”, ajoute notre source. Mais le souverain ne s’est pas arrêté en si bon chemin.

 

Il a surpris ses “lieutenants” en leur dressant un topo très pointu sur les voisins : l’armée algérienne. La source de Mohammed VI ? Un gros rapport du Pentagone fourni gracieusement par l’allié américain. Le document révèle dans le moindre détail l’armement dont disposent les troupes de Abdelaziz Bouteflika, ses acquisitions des deux années précédentes (officielles ou non), ses mouvements sur le terrain… Réaction de l’assistance, médusée devant le speech technique du roi : “Tout le monde était gêné devant tant de précisions. Surtout les responsables de la DGED (renseignements extérieurs, aujourd’hui civils, longtemps assimilés à l’appareil militaire) et des renseignements militaires qui n’avaient jamais entendu parler de ce rapport”, nous confie ce haut gradé. Avant de donner congé à ses invités, Mohammed VI leur fait part de ses conclusions, sur le mode impératif : il faut développer et moderniser l’armée marocaine. Ce qui passe, entre autres, par un dopage de son budget.

Les FAR font leur marché Mohammed VI ne s’est pas contenté d’appeler à la mise à niveau et à l’augmentation du budget de ses troupes. Le chef d’état-major des FAR a également fixé les priorités de la grande muette. Il a tenu avant tout à “muscler” l’armée de l’air. Après de longues négociations qui ont fait couler beaucoup d’encre, le Maroc a lancé durant l’été 2008 une commande de 24 avions de chasse F-16 de dernière génération au constructeur américain Lockheed Martin, livrables à partir de 2011. Petite entorse à la règle, telle que nous l’a rapportée ce militaire de haut rang : “Les Américains nous ont déjà livré un exemplaire de ces F- 16, qui se trouve actuellement à la base aérienne de Kénitra. C’est une petite faveur, le but étant de nous familiariser avec ce nouveau type d’appareil”. Coût de la transaction globale : 2,3 milliards de dollars, dont 80% devraient être financés par l’Arabie Saoudite et les Emirats arabes unis. “Mais attention, ajoute

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notre source, des radars, un simulateur et des pièces de rechanges sont également compris, en plus des F-16, dans la facture globale de cette opération”.

La Marine royale a eu, elle aussi, droit à la bienveillance de son officier en chef. Equipée seulement de quelques modestes patrouilleurs avant l’arrivée de Mohammed VI sur le trône, la “Navy” marocaine peut aujourd’hui se targuer de posséder trois frégates, dont trois achetées à un consortium franco-italien, et quatre corvettes acquises en Espagne et aux Pays-Bas. En avril dernier, le Premier ministre français en personne, François Fillon, annonçait la conclusion d’un contrat entre Rabat et Paris pour l’acquisition d’une frégate multi missions (FREMM) d’un montant de 500 millions d’euros.

Pour accueillir tous ces nouveaux joujoux, Mohammed VI a annoncé le 24 mars dernier à Ksar Sghir, dans le nord du royaume, le lancement des travaux de la première base navale à usage strictement militaire du pays. D’un coût estimé à 1,39 milliard de dirhams, celui qui deviendra le plus important port militaire du Maroc ouvrira ses portes en 2010. “Aujourd’hui, explique cet expert en géostratégie, nous avons une marine digne de ce nom, qui se permet même de prendre part à des manœuvres internationales”. Pour ce qui est de l’armée de terre, l’essentiel a été avant tout de remettre sur pied le matériel existant. “Une bonne partie des tanks et des véhicules subissent les dégâts du temps (rouille). Tout ce matériel nécessite donc un entretien permanent, forcément coûteux”, explique notre expert, qui rappelle que le royaume a, entre autres, acquis dans la foulée “missiles, radars et divers systèmes de détection”.

Le rêve d’une unité de production d’armes C’est clair, l’ambition (militaire), Mohammed VI n’en manque pas. Il voit même grand puisqu’on lui prête sérieusement l’intention de construire une unité industrielle dans les années à venir, pour produire munitions et armes légères. Concernant le volet de la formation (militaire, mais aussi intellectuelle) de ses troupes, le souverain n’a pas lésiné sur les moyens. D’après Mohamed Ghomari, professeur de sciences politiques à Casablanca et expert en stratégie militaire, “les FAR ont signé récemment des accords avec plusieurs facultés marocaines, dans des filières comme les sciences, les lettres ou le droit. Alors que, il y a encore deux ans, le nombre de militaires ayant fait des études supérieures était de 1966, aujourd’hui ils sont 4000”. Les plus chanceux des officiers, et surtout les plus brillants, sont même envoyés à l’étranger pour parfaire leur formation. Il y a quelques mois, la presse se faisait par exemple l’écho de l’arrivée au Maroc d’experts internationaux, notamment sud-américains, chargés de former 10 000 soldats aux techniques de guérilla. Cerise sur le gâteau, Mohammed VI aurait consenti une augmentation de 5% pour ses ouailles.

C’est un peu cela le nouveau style royal, imprimé par Mohammed VI, en totale rupture avec le passé et la gestion de l’armée hassanienne. Exemple : du temps de Hassan II, le noir dominait dans les transactions liées aux achats d’armes et une poignée de généraux, toujours les mêmes, allaient négocier et acheter des armes pour le compte du royaume. “A la fin des années 1970, le Maroc était sur le point d’acheter un navire de guerre abandonné par les Américains au Vietnam. Des officiels marocains ont même avancé l’argent, mais au final, le deal, une vraie catastrophe, a capoté, fort heureusement”, nous déclare cet expert en armement. D’après une source qui a préféré garder l’anonymat, comme la plupart des personnes consultées pour les besoins de l’enquête, “certains hauts gradés ont amassé de véritables fortunes personnelles en profitant de cette mauvaise gestion et de la générosité des commissions perçues sur les achats d’armes”. Raison d’un tel laisser-aller ? Hassan II, après les deux coups d’Etat orchestrés à chaque fois par de hauts gradés, a sans doute souhaité ménager la chèvre et le chou. “Servez-vous mais ne vous occupez pas de politique”, laissait-il clairement entendre à ses hommes de main.

Les priorités ne sont plus les mêmes, le contexte (interne surtout) non plus, et Mohammed VI, chose impensable du temps de l’ancien règne, n’a pas hésité, au gré des purges, à radier plusieurs hauts gradés de son armée. Aujourd’hui, il tient aussi à suivre de près les achats de son armée, effectués suite à des appels d’offres, ou à des négociations au plus haut niveau de l’Etat, comme cela a été le cas pour la frégate multi-missions (FREMM), commandée à la France après un accord au sommet entre Sarkozy et Mohammed VI. “Quand le souverain ne le peut pas, il lui arrive de charger son ami et patron de la DGED (Yassine Mansouri) de garder un œil vigilant sur ces transactions et de lui préparer des comptes-rendus personnels”.

Les voisins surarmés… vraiment ? Alors, faut-il conclure que le royaume s’est lancé dans une course effrénée à l’armement ? La question est posée. Pour Khalid Naciri, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, le budget de l’armée s’inscrit dans un trend haussier, à l’instar des autres secteurs. Parce qu’il le faut, et parce que les Algériens (en font de même) aussi. “Nous sommes dans un environnement géopolitique qu’il n’est nul besoin de vous décrire. Chez nos voisins, le trend est lui aussi haussier. En valeur absolue, leur budget est bien plus élevé. Nous avons une mission, c’est de protéger notre pays”, se justifie presque le porte- parole du gouvernement. C’est tout ? Non : “Le Maroc est un pays confronté à un environnement géopolitique tel qu’il ne peut rester les bras croisés. L’Algérie nous colle aux basques, elle fait une fixation obsessionnelle sur le Maroc. Nous ne sommes pas à un stade d’affrontement, mais nous ne sommes pas non plus dans une situation de calme plat”.

Le fait est que, en théorie militaire, chaque Etat dispose d’un ennemi potentiel. Pour ce qui est du Maroc, ils sont actuellement au nombre de quatre : l’Algérie, qui ne cache pas vraiment ses ambitions nucléaires, le Polisario, qui se dit capable d’atteindre Laâyoune ou Agadir (preuve qu’il dispose de missiles à longue portée), Al Qaïda, ou encore l’Espagne. Farfelu ? Inimaginable ? Pas sûr… D’après une enquête publiée par l’Institut royal des études stratégiques, créé par Mohammed VI en 2003, 85% de la population espagnole est persuadée que le prochain conflit armé de l’Espagne opposera le royaume de Juan Carlos à celui de Mohammed VI.

Qu’en est-il de l’Algérie voisine, dont le budget alloué à l’armée est largement supérieur au nôtre. 55 milliards de dirhams contre 34,6, cela fait une “petite” différence. “En stratégie militaire, il ne faut pas raisonner de manière manichéenne. Ce n’est pas parce que l’Algérie dépense un plafond donné que le Maroc doit en faire de même”, nuance le Professeur Abderrahmane El Mekkaoui, auteur d’une thèse à l’université de la Sorbonne à Paris (Théorie des jeux dans la guerre et la paix). Le chercheur embraye :

“Même si en 2006 le Maroc a fait parti des 20 premiers pays au monde dans le palmarès des budgets consacrés à l’armée, on ne peut pas parler de course à l’armement. Le Maroc est simplement dans une phase de renouvellement du matériel, qui a atteint un stade de désuétude avancé”. Enfin, si le pays de

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Bouteflika consacre 15% de son PNB à l’achat d’armement (contre 4,7% pour le Maroc), ce n’est pas seulement une démonstration de force à l’adresse du Maroc. “L’Algérie, longtemps victime d’une sorte d’embargo à cause de la guerre civile, se contentait du marché noir pour s’approvisionner en armes. La donne a changé et, aujourd’hui, les Algériens, malgré tout, ont beaucoup de retard à rattraper. Et puis, nos voisins ont plus peur de la Libye de Kadhafi, dont l’une des nombreuses lubies est de créer les Etats- Unis du Sahel, et des organisations terroristes que du Maroc”, conclut notre analyste.

On ne s’oppose pas à sa Majesté… Retour au Parlement. C’est là que Abderrahmane Sbaï, ministre délégué auprès du Premier ministre, chargé de l'administration de la Défense nationale, a présenté courant octobre le budget de l’armée aux membres de la commission des Affaires étrangères, de la Défense nationale et des Affaires islamiques. Détail cocasse, l’intitulé exact de ladite commission, créée par Hassan II à la fin des années 1970, révèle un champ d’(in)action pour le moins inattendu : elle chapeaute les questions se rapportant aux Affaires étrangères, à la Défense nationale, aux Anciens combattants, aux Affaires islamiques, aux Frontières, à la Culture et à la Communication, ou encore… aux Colonies. Au sein de la commission donc, les partis sont représentés au prorata du nombre de sièges dont ils disposent au parlement. Mais les candidats à la présidence de la commission chargée, entre autres, de la Défense ne se bousculent pas au portillon. “En fait, le parti le plus représenté dans le Parlement a le privilège de choisir en premier de présider une des 6 commissions parlementaires. Souvent, les élus jettent leur dévolu sur la commission des Finances, qui offre une grande marge de manœuvre. Cette année, elle est revenue à l’Istiqlal, qui était le premier à choisir, tandis que la coalition formée par le RNI et le PAM a choisi la commission de l’Intérieur”, rappelle l’économiste Najib Boulif, membre du PJD. Et de poursuivre : “Enfin, l’Union constitutionnelle a pris ce qu’il restait, à savoir la commission des Affaires étrangère, de la Défense nationale et des Affaires islamiques”.

Visiblement, Abderrahmane Sbaï n’a pas eu trop de difficultés à “défendre” son enveloppe, ni à convaincre son monde. La preuve en chiffres : les 31 députés de la commission ont voté comme un seul homme : pour, à l’unanimité. Mohamed Ghomari, notre expert en stratégie militaire, et auteur d’une étude intitulée Polyvalence de l’armée, explique : “Tout comme le budget du Palais, le budget de l’armée n’est pas débattu. Certes, il y a un léger mieux par rapport au passé, car on sépare les postes comptables, entre ce qui est utilisé pour le budget de fonctionnement, et ce qui va aux équipements, mais ça s’arrête là”, martèle notre source. De fait, l’exposé de la Loi de Finances ne détaille nullement l’utilisation des ressources. “Quand un député interpelle le ministre délégué, il se voit opposée un : ‘Je m’informerai’, dans le meilleur des cas, et puis l’affaire est classée sans suite”, poursuit Ghomari.

Question : qu’en pensent les parlementaires membres de la commission, principaux concernés ? Réponse de la députée pjdéiste, Soumia Benkhaldoun, membre de ladite commission : “Le budget de l’armée est discuté comme tous les autres budgets. Nous pouvons interpeller le ministre délégué sur la situation des militaires, sur leurs conditions de travail. Il est vrai qu’on ne sait pas dans le détail ce qui est fait du budget, mais ce n’est pas valable uniquement pour l’armée. Lorsque les députés valident le budget de la Santé, ils ignorent le détail de ce qui est acheté dans les hôpitaux”. Azzedine Akesbi, secrétaire général sortant de Tranparency Maroc, livre un autre son de cloche : “Il existe une loi de règlement, censée vérifier que les budgets ont été utilisés à bon escient, mais pour ce qui se rapporte à la Défense, il n’y a pas de contrôle, ni a priori, ni a posteriori”. Pour la bonne gouvernance, il faudra repasser… Pour le Professeur Ghomari, l’armée, “objet de soins particuliers de la part du Palais qui la dote de moyens considérables”, a été élevée au rang de sacralité. La députée pjdéiste Soumia Benkhaldoun lui donne raison : “Qu’on soit de l’opposition ou non, on sait l’importance de l’armée, et on sait qui en est le chef suprême. On ne s’oppose pas à Sa Majesté, ni au régime”. Comme quoi, certains réflexes ont la peau dure.

Profil. (Presque) ministre de la Défense

En 1997, Abderrahmane Sbaï est récompensé pour bons et loyaux service rendus à l’administration en héritant du portefeuille de ministre délégué auprès du Premier ministre, chargé de l'Administration de la Défense nationale. Le poste a été créé par le défunt roi au lendemain du putsch de 1972, en remplacement du titre de ministre de la Défense. Diplômé de l'École nationale des sciences géographiques de Paris, notre (presque) ministre a occupé plusieurs postes à responsabilité au sein de la Direction de la conservation foncière et des travaux topographiques à Rabat, avant d’être nommé directeur des Affaires administratives au ministère de l'Agriculture, poste qu’il occupera jusqu'en 1983. Ce natif de Fès en 1940 a pris du galon progressivement pour devenir conseiller à la primature en 1986. En 1992, il est nommé secrétaire d'État auprès du Premier ministre, chargé des Affaires générales dans le gouvernement de Karim Lamrani, et hérite de la fonction de ministre délégué auprès du Premier ministre dans le gouvernement de Abdellatif Filali en 1994. L’homme, qui résiste à tous les remaniements ministériels, est reconduit dans ses fonctions de ministre délégué chargé de l'administration de la Défense nationale par Mohammed VI en 2000. Sbaï a un rôle de coordinateur entre le Parlement et les différents corps d’armée (terre, mer, air). Ce Monsieur de l’ombre est connu pour sa discrétion, certainement imposée par sa fonction. De ce fait, le représentant de la grande muette ne prend que très rarement la parole devant ses pairs, sauf quand il s’agit de questions sécuritaires. Assidu devant l’éternel, il est souvent le premier arrivé à tous les conseils de gouvernement, et siège non loin du Premier ministre. Une place protocolaire qui veut tout dire.

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