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Plan filaire 2020-2021

LE PLAN FILAIRE

1. Généralités
Dans ce chapitre, nous allons passer successivement par :
- une mise en évidence des enjeux du plan filaire, c'est-à-dire les problèmes qu'il aide à éviter ;
- une explication de son principe ainsi que de ses conventions graphiques spécifiques ;
- une description détaillée de la méthode de composition du plan filaire ;
- une présentation de son "successeur", le plan de structure.

2. Enjeux

2.1. Généralités
Dans la conception structurale, si on ne possède pas en profondeur le fonctionnement structural
de son projet (c'est-à-dire le trajet qui va être suivi par les charges au sein du bâtiment pour
rallier les fondations), on risque de faire pas moins de 3 types d'erreurs différentes. Détaillons-
les.

2.2. Une structure incomplète


Une première erreur consiste à oublier de placer des éléments structuraux, de sorte que des
parties de la structure "flottent en l'air" toutes seules….

Figure 2.2.1.i
Dans l'exemple ci-dessus, on aurait ainsi oublié de mettre en place d'autres colonnes pour
soutenir cette dalle, l'idée n'étant pas en réalité d'en faire un "super porte-à-faux" capable de
porter sur un seul point d'appui. Cela revient donc à peu près à concevoir, par erreur, quelque

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chose qui relève moins d'une structure légitime que d'un tapis volant…
À l'échelle d'un bâtiment, on risque ainsi de ne pas prévoir pour les charges un chemin vers les
fondations qui soit "complet"… avec tous les risques que cela entraîne. On peut comparer cela,
métaphoriquement, à une voie de chemin de fer dont les rails ne seraient pas bien alignés entre
eux… ce qui fait dérailler la locomotive.
Ou encore à une route où il y a un trou,
comme un effondrement de chaussée, dans
lequel un véhicule qui voudrait emprunter
cette voie tombera à coup sûr.
En pratique, dans ce cas de figure, l'ingénieur
intervenant plus tard sur le projet sera obligé
de :
- soit rajouter ces éléments manquants, sans
qu'il reste beaucoup de temps pour les
intégrer correctement à l'architecture ;
- soit compenser leur absence par des
Figure 2.2.2.ii surépaisseurs ailleurs dans la structure, ce
qui se soldera par un surcoût imprévu.

2.3. Une structure redondante


À l'inverse, on pourrait faire l'erreur de placer
des éléments structuraux en fait inutiles. Par
exemple, dans la structure ci-contre, on
pourrait se demander si les 6 colonnes sont
réellement nécessaires, vu leur entraxe réduit,
et si 4 ne suffiraient pas. L'enjeu ici est d'éviter
un gaspillage de matière et un encombrement
inutile.

2.4. Une non-superposition des éléments verticaux


Si on considère la structure dans son ensemble, et la superposition des étages successifs, le
risque existe également de ne pas correctement aligner les éléments verticaux les uns sur les
autres.

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Illustration : installation "Void to void" (Matias Faldbakken & Leander Djønne, 2014).
En quoi est-ce important ? Pour le découvrir,
comparons deux situations simples : la
première où une colonne a été positionnée
sans soin et tombe en plein milieu de la portée
d'une poutre (pouvant également représenter
symboliquement une dalle), et la seconde où
la colonne est au contraire alignée sur une
colonne à l'étage inférieur.

Figure 2.4.1.iii

non-superposition superposition

Afin de comprendre ce que cela implique pour la structure, utilisons l'analyse structurale pour
observer ce qui se passe au sein de celle-ci, en termes d'efforts internes et de déformation (voir
page suivante). Dans les schémas qui suivent, l'échelle des diagrammes est identique dans les
deux cas.
On observe que, dans le cas non superposé, le moment fléchissant dans la poutre ou dalle est
beaucoup plus élevé ; par conséquent, la flèche l'est aussi. Dès lors, il va falloir donner à cette
poutre ou dalle une épaisseur nettement plus importante, ce qui alourdira tout le
dimensionnement de la structure…

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non-superposition superposition

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2.5. Conclusion
Aucune de ces 3 erreurs possibles n'aurait pu être décelée (en tout cas aisément) en considérant
les habituels plans d'architecture. De même, les outils structuraux déjà vus (le fonctionnement
des structures et le prédimensionnement) n'auraient pu nous aider à cet égard. Pour la
conception structurale, nous avons donc besoin d'un autre outil, complémentaire à ceux déjà en
place : le plan filaire – déjà annoncé dans le cours de "Fonctionnement des structures 1", via le
tableau suivant :
étape → outils vu au cours de
1 esquisser une structure complète → le plan filaire Structures 3
choisir les caractéristiques
le "fonctionnement des Structures 2 et
2 macroscopiques des éléments →
structures" 3
structuraux
Structures 2
3 vérifier les dimensions secondaires → le prédimensionnement (sur base de
Structures 1)

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3. Principe
Les plans filaires visent à représenter schématiquement, par étage, le fonctionnement de toute
la structure d'un bâtiment, au sens : par où vont passer les charges, et dans quelle direction
(horizontale mais aussi verticale, via la combinaison des différents plans filaires d'une structure
entre eux). On se focalise ainsi, c'est évident, uniquement sur les éléments structuraux : tous les
autres types d'éléments (fenêtres, cloisons non porteuses, isolations, revêtements, ameublement,
etc.) sont écartés, par rapport aux plans d'architecture.
Ensuite, le plan filaire (et après lui le plan de structure, que l'on verra plus loin) va représenter
non pas, comme le plan d'architecture, tout ce qui se trouve au-dessus de la dalle d'un étage et
vient donc occuper son espace (murs, colonnes, ameublement, etc.), mais tout ce qui se trouve
EN-DESSOUS, pour la porter : murs, colonnes et poutres à l'étage inférieur.
Schématiquement, on pourrait ainsi dire que l'on continue à regarder vers le bas, ainsi que les
architectes le font (ce pour garder des plans filaires qui soient directement comparables avec ou
dérivables des plans d'architecture), mais que l'on fait comme si la dalle était translucide et que
l'on voyait, au travers, les éléments sous elle, qui la portent.

plan d'architecture plan filaire

En revanche, en ce qui concerne les conventions graphiques, on va représenter ces éléments


structuraux sous la dalle non en pointillés (comme on le ferait normalement sur un plan
d'architecture, pour des éléments "cachés"), mais en traits pleins, simplement pour bien les voir,

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puisque c'est cela qui nous intéresse ici.


En ce sens, on pourrait aussi dire que les plans
filaires représentent, à cet égard uniquement,
une vue depuis le BAS de la dalle considérée,
comme illustré ci-contre.
Remarque : pour autant, il ne s'agit pas
"réellement" d'une vue depuis le bas, sinon
par rapport aux plans d'architecture, il y aurait
une inversion des sens gauche-droite ou haut-
bas, compliquant leur mise en relation. " "
Le "changement de perspective", pour virtuel qu'il soit (puisqu'il ne concerne en réalité que les
conventions graphiques et non l'angle de vue), mène à une manière différente de "compter" les
étages dans leur désignation : le plan d'architecte d'un étage correspond, côté structure, à ce que
l'on appelle le "couvrant" de l'étage inférieur… Par exemple, au plan d'architecture du 1er étage
correspond le couvrant du rez.
Par exemple, si on compare schématiquement les deux types de plan dans l'exemple ci-dessus,
on obtient ceci :

"vue de type architectural" "vue de type structural"

er
plan filaire1 du 1er étage
plan (d'architecture) du 1 étage
= couvrant du rez

Le plan filaire permet ainsi de mettre en évidence que cette dalle rectangulaire porte sur 6
colonnes et 1 poutre (alors que dans un autre projet on aurait pu trouver 4 colonnes aux coins,

1
Dans ce schéma, on ne respecte pas encore les conventions graphiques, présentées au point suivant.

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ou 2 murs, etc.).

Ainsi :
- s'il n'y a pas de sous-sol et que la dalle du rez est posée directement sur le sol sur toute sa
surface (et non sur, par exemple, des semelles filantes), alors il n'y a pas de plan filaire du rez ;
- un bâtiment "rez + 1" a un plan filaire du premier étage et un plan filaire de la toiture. Sur le
plan filaire du premier, on retrouve la structure du plancher du premier et ses appuis, qui se
trouvent forcément au rez.

En termes de contenu, le plan filaire va viser à


représenter également les éléments
structuraux qui tombent sur la dalle
considérée, et donc lui transmettent une charge
(qui vient s'additionner à celle d'exploitation,
répartie sur la dalle en question). Par exemple,
considérons la situation ci-contre :

Le plan d'architecture du 1er étage ressemble à


la figure ci-contre. Cela nous instruit quant à
la disposition de l'espace, sans plus.

Passons au plan filaire. Comme les


conventions graphiques correspondent à une
vue depuis le bas, la colonne supérieure va être
considérée comme cachée derrière la dalle, et
donc représentée en pointillés ou en grisé.

On voit que cet aspect "grisé" permet aussi de ne pas confondre cette colonne, qui ne nous
intéresse ici que comme charge ponctuelle sur la dalle, avec les éléments porteurs de l'étage du
dessous, que le plan filaire vise justement à faire figurer.
Si on avait voulu obtenir cette vue synthétique à partir des plans d'architecture, il aurait fallu
combiner le plan du 1er avec celui du rez :

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Chose que l'on ne fait pas spontanément…

Remarque : a priori, on étudie via le plan filaire la transmission des charges verticales, c'est-à-
dire celles relatives à l'usage habituel du bâtiment, sous charges d'exploitation. Mais on pourrait
en faire un autre (alors en 3D) pour les charges horizontales cette fois, de manière à vérifier le
contreventement. En pratique, ce dernier est souvent rajouté sur le plan filaire même (cf. plus
loin).

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4. Conventions graphiques

4.1. Généralités
On retrouve sur les plans filaires 3 types d'information, qui sont représentés chacun avec leurs
propres conventions graphiques :
- les éléments structuraux ;
- le sens de portée des praticables ;
- les plans verticaux particuliers : joints et plans de conteventement.

4.2. Éléments structuraux


élément structural représentation graphique exemple

praticable polygone poché*


(trémie)

murs et voiles lignes pleines


poutres lignes traitillées
colonnes croix
* Utiliser des nuances de couleur pour représenter tout écart par rapport au plan horizontal :
décaissés, courbures et plissages, demi-niveaux, etc. Il peut également être utile de distinguer
entre les praticables qui sont intérieurs et extérieurs au bâtiment (pour la définition des sens de
portée, cf. plus loin).

Remarque : a priori, on n'indique pas dans le plan filaire l'épaisseur des éléments (notamment
des murs et poutres), car on reste sur une représentation schématique de la structure. C'est au
plan de structure qu'il appartiendra d'apporter plus tard ce genre d'information complémentaire.

4.3. Sens de portée des praticables


Pour chaque "panneau" praticable ou de toiture, le sens de portée
est indiqué à l'aide d'une double demi-flèche du type suivant :

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Dans le cas d'un porte-à-faux, on peut utiliser


une demi-flèche, dirigée vers l'appui :

S'il y a continuité des sens de portée avec la


travée "arrière", on peut aussi faire dépasser
au-dessus de l'appui la double demi-flèche de
celle-ci :

Il peut être utile de compléter chaque (double)


demi-flèche de sens de portée par une double
flèche qui lui est perpendiculaire, afin d'indiquer
la largeur du panneau sur lequel ce sens de portée
s'applique :

4.4. Plans verticaux particuliers


Pour terminer, on peut rajouter sur le plan filaire, dans des couleurs différentes :
- les joints de dilatation ;
- les plans verticaux de contreventement (en utilisant éventuellement deux couleurs différentes
pour distinguer les deux directions perpendiculaires).

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4.5. Exemple synthétique

Figure 4.5.1.iv

("N" = noyau de contreventement)

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5. Méthode de composition

5.1. Généralités
Tout d'abord, on travaille du haut vers le bas : du plan de toiture au sous-sol. À chaque fois,
pour composer le plan filaire de l'étage considéré, plusieurs étapes sont à parcourir
successivement :
- établir la base du plan filaire ;
- vérifier la bonne superposition des éléments verticaux ;
- définir le sens de portée des praticables, et si nécessaire corriger à l'étage du dessous la
structure qui les porte ;
- rationnaliser le plan, si nécessaire ;
- vérifier si les portées des éléments horizontaux (poutres et dalles) semblent plausibles ;
- "toiletter" le plan.
Ensuite, on peut :
- assembler les plans filaires des différents étages successifs du bâtiments, en 3D ;
- disposer le contreventement.
Enfin, les résultats de ce processus peuvent être exploités pour la suite de la conception
architecturale.
Remarque : tout au long de cette démarche, on va être amené à ajuster les plans d'architecture
supérieur et/ou inférieur. Dans ce développement d'une structure "juste", il existe le risque
d'aboutir à un plan d'architecture qui aurait perdu ses qualités initiales. Pour éviter cela, il est
indispensable d'avoir les idées très claires quant au parti architectural, aux intentions que l'on a
pour ce projet, et d'opérer un dialogue constant entre la structure et l'architecture, qui
représentent deux manières complémentaires et interdépendantes de développer le projet. Il ne
s'agit donc pas d'un processus indépendant des plans d'architecture, et de l'architecture du
projet ! Que l'on ferait a posteriori, par exemple. Les choix opérés doivent viser la synergie
entre les logiques structurale et architecturale ; de sorte qu'à l'issue de ce processus,
l'architecture se retrouve non pas amoindrie mais au contraire fortifiée et enrichie.

5.2. Base
On part du plan d'architecture de l'étage considéré ; bien légender le plan sur lequel on travaille
(par exemple "plan filaire R+4" ou "couvrant R+3"). Indicativement, on travaille à une échelle
d'au moins 1/50 (1/100 pour de grandes portées).
Comme on l'a dit, le plan filaire ne reprendra que les éléments porteurs, donc tout ce qui n'est

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pas structural dans le plan d'architecture doit être écarté. On commencera ainsi par relever les
contours des dalles en présence. Il faut bien repérer toutes les trémies qui percent le praticable
(par exemple en pochant les pleins de la dalle et en laissant les trous en blanc), car il va falloir
vérifier que la structure s'en accommode. Enlever également les escaliers : ils porteront a priori
de manière indépendante, de palier à palier.
Ensuite, il faut distinguer de même les différences de niveau éventuelles entre panneaux de
plancher, et les représenter, par exemple via des nuances de pochage, de manière à se souvenir
que ces panneaux ne sont pas en continuité les uns avec les autres, car cela aura de l'importance
par la suite. On distinguera également entre panneaux intérieurs et extérieurs.


(EXT.)

(INT.)

Puis, superposer le calque en transparence au


plan d'architecture de l'étage inférieur, et
reporter les éléments structuraux déjà prévus
pour soutenir le plan considéré.
(Dans l'exemple ci-contre, on a considéré pour
simplifier que tous les étages avaient un plan
identique… ce qui en pratique n'est quasiment
jamais le cas.)

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On peut éventuellement inclure des cloisons, de manière prospective, si on voit qu'elles


pourraient sans problème devenir des murs porteurs (notamment, il faut vérifier qu'elles
correspondent à d'autres éléments structuraux plus bas, auxquelles elles pourraient se
superposer).

5.3. Vérifier la superposition des éléments verticaux


Revenir encore une fois au plan d'architecture correspondant à la dalle considérée, et reporter
en grisé sur le plan filaire la trace des éléments structuraux qui tombent sur celle-ci (et qui
constituent des charges ponctuelles et linéiques, qui se rajoutent aux charges surfaciques
habituelles sur les praticables).
Observer si toutes ces charges tombent bien sur des éléments porteurs à l'étage inférieur
(colonnes, murs, à la limite poutres), et qu'aucune n'aboutit dans la portée d'une dalle. S'il existe
une non-superposition avec les éléments qui portent la dalle, on a vu que cela engendrait des
efforts importants (et généralement inutiles) dans la structure ; il faut alors a priori régler le
problème, en déplaçant ou rajoutant des éléments structuraux à un étage ou l'autre. Tout écart à
ce principe doit avoir une justification architecturale forte.
Illustration : si on reprend l'exemple vu p. 8, la
découverte du décalage entre les colonnes au-
dessus et au-dessous de la dalle nous
amènerait à déplacer l'une ou l'autre pour les
faire coïncider dans le plan.

On évitera ainsi les retombées sur une simple poutre ou dalle, sauf cas exceptionnels, à gérer
en conséquence (poutre-cloison, etc.).
Remarque : ensuite, ne plus superposer le plan filaire sur le plan d'architecture, car c'est la
meilleure manière de se mélanger les pinceaux entre les éléments porteurs qui se trouvent sur
et sous le plateau. Par exemple, les colonnes que l'on apercevra sur le plan filaire du 1 er étage
se retrouvent en réalité sur les plans d'architecture du rez… On va continuer à travailler
uniquement sur le calque du plan filaire, même si on gardera les plans d'architecture à portée
de main.

5.4. Définir les axes


L'étape suivante consiste à se donner des repères sur l'ébauche de plan filaire obtenue. Ses
différents éléments, bords de praticables (y compris les trémies éventuelles) et éléments

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structuraux permettent de définir l'ensemble des axes dictant sa composition à ce stade.


En termes de convention graphique, on représente ces lignes directrices par des traits d'axe ;
attention à ainsi bien les distinguer des poutres, indiquées elles en traitillés, afin d'éviter toute
confusion. Dans leur développement, on n'est pas obligé de tracer les axes en travers de tout le
plan de l'étage : on peut aussi les limiter en ne les prolongeant pas au-delà du dernier appui
structural qu'ils rencontrent (sauf dans le cas d'un porte-à-faux).
On observe que les axes décomposent ainsi le praticable en "panneaux" potentiels,
généralement quadrangulaires.
Ensuite, les axes doivent être nommés : par exemple dans une direction avec des chiffres et
dans l'autre avec des lettres (souvent on met des chiffres dans la direction horizontale, et des
lettres en vertical, même si dans l'exemple illustratif c'est l'inverse qui a été fait).
Remarque fondamentale : le système doit être
le même pour tous les plateaux ! Cela
permettra de repérer précisément des
positions similaires (au sens : verticalement
superposées) à tous les étages, et de vérifier
si les éléments porteurs se superposent
correctement (continuité verticale) ou non.
Pour terminer, il faut coter le plan d'axe à axe
– ce qui nous donnera une idée, pour la suite,
des portées envisagées pour les "panneaux"
de dalle. (Dans l'exemple ci-contre, la
cotation est encore incomplète).

5.5. Définir le sens de portée des praticables

5.5.1. Généralités
L'objectif devient à présent de :
- choisir, pour chaque "panneau" de dalle, un sens de portée ;
- vérifier qu'il y a bien sous chaque panneau des éléments structuraux qui permettent de le
supporter selon le sens de portée choisi.
Détaillons ces 2 étapes.

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5.5.2. Choix du sens de portée


Tous les panneaux de dalle vont être passés en revue. Pour chacun, on va se demander dans
quel sens il serait le plus favorable qu'il porte. Les caractéristiques qui permettent de choisir ce
sens de portée sont multiples, et il faut apprendre à jongler avec elles.
Un premier élément de choix consiste en la présence ou non, à ce stade de la conception, de
murs (voire cloisons) ou poutres sur les bords du panneau. En particulier, on va essayer
d'exploiter comme appuis des pans de mur qui séparent des espaces entre lesquels une isolation
acoustique serait bienvenue (cf. le plan d'architecture de l'étage inférieur) : entre logements
mitoyens, entre espaces de jour et de nuit, autour d'un WC ou ascenseur, etc. En effet, si le mur
voit ainsi sa fonction porteuse confirmée, sa masse sera augmentée et contribuera à cette
isolation.
Exemple : on repère dans le plan d'architecture ci-dessous le mur entouré, qui constitue un
mitoyen entre deux logements distincts. On va donc essayer de l'exploiter dans le plan filaire
en tant mur porteur, tout comme les façades en haut et en bas du plan.

On essaiera ainsi de porter perpendiculairement à ces murs, quitte à les utiliser pour lancer un
porte-à-faux au-delà.
Autre élément de choix : les proportions du panneau de dalle considéré. Si celui-ci présente des
proportions plutôt carrées, le sens de portée importe peu du point de vue structural. On peut
même envisager de faire porter le panneau dans les deux sens à la fois (dalle bidirectionnelle),
en lui procurant des appuis le long de ses 4 côtés. Cela réduit les efforts et aboutit à une dalle
plus mince.

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ou ou

À l'inverse, si le panneau est plutôt de forme rectangulaire, on va essayer de le faire porter plutôt
dans la direction de sa largeur, de manière à limiter son épaisseur.

de préférence à éviter

Remarque : même si on donnait à un panneau


rectangulaire des appuis sur ses 4 côtés en
espérant que cela lui procure un
fonctionnement bidirectionnel, la dalle va tout
de même fonctionner en unidirectionnel selon
la plus petite portée, car celle-ci représente le
chemin le plus "raide", qui va s'activer en
premier…

Remarque : on observe que choisir a priori une trame carrée pour sa composition architecturale
ne représente alors pas nécessairement le meilleur choix : elle n'est pas plus utile qu'une autre
pour la structure (les panneaux peuvent être unidirectionnels et donc rectangulaires), tandis que
souvent elle est malaisée à gérer sur le plan architectural.

Ensuite, la présence de baies vitrées doit également être prise en compte. En effet, on va
généralement essayer d'éviter de porter "contre" une baie vitrée, sinon il faudra placer une
poutre au-dessus de celle-ci, qui peut limiter la pénétration de lumière naturelle. Mais cette

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limitation peut aussi être recherchée sur une façade au sud, ou bien la poutre peut être retournée
en allège, tandis que les montants de châssis peuvent également être fusionnés avec des
colonnes portant cette poutre. Donc tout dépend du projet.
Dans notre exemple, on repère ainsi de grandes façades vitrées à gauche et à droit du plan ; on
va essayer, dans la mesure du possible, de porter parallèlement à elles.

On observera également les sens de portée des panneaux voisins. En effet, s'il est possible
d'aligner des panneaux qui portent dans le même sens à la suite les uns des autres, cela ouvre la
possibilité de créer une dalle continue sur plusieurs appuis, ce qui est favorable structuralement
parlant (efforts moindres, d'où une dalle moins épaisse et plus légère) :

Remarque : cela suppose évidemment que les panneaux considérés se situent au même niveau…
D'où l'utilité de la différence de pochage pour signaler lorsque ce n'est pas le cas.

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On peut ainsi être amené à passer outre la recherche de la plus petite largeur des panneaux :

Enfin, on se rappellera que la mise en continuité entre un panneau intérieur et un extérieur


entraîne un problème de pont thermique (cf. le cours ultérieur sur les coursives) – sans compter
qu'ils ne sont possiblement pas dans le même plan ! Car à l'extérieur il faut aussi placer en coupe
l'évacuation des eaux et, s'il s'agit d'une terrasse sur toit plat, l'isolation thermique… On peut
ainsi être amené à plutôt éviter ce genre de configuration.

5.5.3. Assurer les supports des dalles


Le sens de portée ayant été choisi, on peut vérifier, pour chaque panneau de dalle, s'il dispose
effectivement de deux lignes d'appui (murs ou poutres), de part et d'autre de sa travée (ou sur
ses 4 côtés s'il s'agit d'un panneau carré bidirectionnel).
Remarque : une dalle peut éventuellement porter directement sur des colonnes ; on développera
alors en son sein des bandes renforcées. Mais les aléas du projet risquent de retransformer
celles-ci en poutres qui dépassent effectivement de la dalle, particulièrement sur des portées

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importantes. Il peut donc être prudent de considérer par défaut la mise en place de poutres, ce
qui mènera à vérifier que leur tracé ne ruinerait pas, le cas échéant, la qualité d'espace sous la
dalle.
Le plan filaire permet ainsi de se rendre
compte s'il manque des appuis / éléments
verticaux ou non. Un exemple est illustré ci-
contre. Une telle configuration n'est pas
impossible à réaliser, mais, à l'évidence, cela
mènerait à des efforts très importants dans la
colonne et la dalle.
Exceptionnellement, un panneau peut ne disposer d'appuis que le long d'un seul de ses bords,
soit un porte-à-faux. Deux cas de figure peuvent se présenter ;
- le porte-à-faux porte perpendiculaire-
ment au panneau auquel il se rattache, et
constitue donc une console. Cette
situation, très défavorable, impose de se
limiter pour le porte-à-faux à une portée
la plus réduite possible.
- le porte-à-faux porte dans la continuité
du panneau auquel il se rattache. Ce cas
est à privilégier, comme on l'a vu plus
haut ; on prendra juste garde à ce que la
longueur du porte-à-faux se limite à
maximum la moitié de la portée de la
travée arrière, afin de limiter les efforts.

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Dans notre exemple d'illustration, on trouve


ainsi deux panneaux de dalle dont on connaît
l'appui d'un côté (mur) mais pas de l'autre
(trémie d'escalier). De plus, ces panneaux ne
peuvent tenir en porte-à-faux : l'un parce qu'il
est trop long par rapport à la travée arrière
(cas du panneau en bas à gauche), l'autre
parce que la travée arrière porte dans l'autre
sens et ne peut donc offrir de continuité de
portée (cas du panneau de droite).

Dans le cas où on ne trouve pas spontanément dans le plan filaire les appuis nécessaires, on est
donc amené, en tant que concepteur/trice, à en rajouter pour "compléter le tableau".
Le plus approprié consiste généralement à
ajouter une poutre, afin de préserver l'espace
libre prévu sous la dalle à cet endroit par
l'architecture.

Encore faut-il s'assurer que la démarcation visuelle créée par de telles "nouvelles" poutres
respecte la programmation de l'espace dessous. C'est-à-dire que la trame structurale et la trame
de composition architecturale doivent correspondre, sinon cela mène à la présence gênante
d'éléments structuraux dans les espaces : poutres passant au-dessus de canapés, tables, lits,
douches, en travers de couloirs (même si c'est moins grave), colonnes en plein milieu des
espaces, etc. En revanche, une poutre peut souligner la distinction entre un séjour et un coin
cuisine, par exemple.
Appliqué à notre exemple illustratif, cela donne :

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Enfin, il faut vérifier que ces poutres d'appui,


à leur tour, reposent bien sur au moins deux
supports : colonnes ou nez de murs. On évitera
d'appuyer une poutre sur une autre poutre,
pour limiter les efforts internes et donc le
poids.
(Exceptionnellement, on peut ne prévoir qu'un seul appui, créant ainsi une poutre-console. Mais
comme pour les dalles, vu les efforts importants qui s'y développent, la longueur doit en être
réduite au minimum.)
Bien sûr, cela suppose à chaque fois d'aller vérifier ce qu'implique, dans le plan d'architecture
de l'étage inférieur, l'adjonction de ces colonnes supplémentaires, et de procéder aux
ajustements nécessaires.

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Plan filaire 2020-2021

Appliqué à notre exemple illustratif, cela


donne :

Au final, on aura donc intégralement défini


comment les charges s'appliquant sur les
dalles sont transmises à l'étage inférieur.

5.6. Rationnaliser le plan


À ce stade, on peut se pencher sur les
éventuelles "agglomérations" d'axes. En
effet, un amas d'axes proches les uns des
autres dénote une géométrie compliquée des
dalles, qui est probablement inutile.

En particulier, des axes proches peuvent


indiquer la présence de panneaux dont la
largeur est trop fine, ce qui en fait des
éléments inutilement singuliers. On va alors
voir si on ne peut pas y étendre le
fonctionnement des dalles avoisinantes, ou
déplacer des éléments pour fusionner les axes
correspondants.

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Plan filaire 2020-2021

De même, des axes trop proches peuvent révéler des éléments verticaux contigus (par exemple
une colonne et un nez de mur), trahissant la présence entre eux d'une (très) petite portée, peu
efficace, appelant par exemple à un porte-à-faux. (Pas d'occurrence dans l'exemple
d'illustration.)
L'idée est alors, pour simplifier et rationnaliser la structure, d'essayer de fusionner des axes qui
sont proches, en déplaçant les éléments qui y sont alignés – cela toujours en accord avec
l'architecture des plans de part et d'autre de la dalle considérée. Idéalement, chaque axe devrait
ainsi se retrouver à passer par (au grand) minimum 2 éléments du plan filaire.

5.7. Vérifier si les portées des éléments horizontaux sont plausibles


À ce stade, on peut vérifier rapidement que les dimensions des portées ainsi définies
n'engendrent pas d'épaisseurs inconsidérées pour les éléments structuraux horizontaux. Cela
peut se faire en estimant rapidement ces épaisseurs par proportion ; pour les dalles, 1/25e (4 %)
de la portée, et pour les poutres, 1/10e de la portée. Des valeurs supérieures à certains seuils
usuels devraient alerter : par exemple, en béton armé, 30 cm pour les dalles, et 40 cm pour les
poutres. Le cas échéant, la portée incriminée doit être réduite, en insérant un appui
intermédiaire : pour les dalles, une poutre ou autre structure primaire ; pour les poutres, une
colonne.

À l'inverse, des portées significativement plus petites que dans le reste du plan indiquent
généralement une complication inutile, et appellent à une simplification, en s'inspirant dans
panneaux voisins :

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Plan filaire 2020-2021

5.8. Toilettage : y a-t-il des éléments inutiles ?


Le travail de définition du "chemin des charges" et de rationalisation du plan filaire ayant été
effectué, on peut alors repérer les éléments structuraux qui avaient été pressentis comme tels au
départ, mais qui au final s'avèrent ne servir à rien. Par exemple, une poutre ou un mur sous
l'intersection entre deux panneaux voisins, parallèle à leurs sens de portée, ne porte rien, et peut
donc être enlevé-e. Typiquement, on retrouve cette erreur dans la mise en place d'un double
réseau de poutres, en grille orthogonale, "pour être sûr", alors que les panneaux sont
unidirectionnels (par exemple parce qu'ils sont de forme rectangulaire)…
Exception : des éléments de façade non portants doivent à tout le moins être portés, et donc il
faut prévoir des poutres ou des murs dans la façade, même si ces éléments ne servent qu'à cela
et non à reprendre les planchers, et seront donc plus fins.

Th. VILQUIN @ ULB Architecture 26


Plan filaire 2020-2021

Autre exception : dans le cas d'un mur


perpendiculaire aux murs porteurs, le laisser
provisoirement (par exemple en trait fin),
pour se souvenir qu'il pourrait si nécessaire
faire partie du contreventement (cf. le point
correspondant plus loin). Il peut ainsi
subsister en tant que cloison non porteuse
mais contreventante, ou en tant que croix de
câbles, etc.

On peut donc éliminer ces éléments inutiles pour la structure. Cela n'empêche pas qu'ils puissent
demeurer en tant qu'éléments non-structuraux, et donc figurer dans le plan d'architecture :
typiquement, des murs présumés deviennent des cloisons non porteuses. Attention cependant à
la possible isolation acoustique qui demeure attendue de ces parois, et qui peut leur conférer
une épaisseur significative.
Du côté du plan filaire, il est possible que cette suppression vide de leur sens certains des axes,
que l'on peut dès lors ôter.

5.9. Assembler les différents plans filaires


Les plans filaires des différents étages sont ensuite utilement combinés en une axonométrie,
intégrant les éléments verticaux, pour offrir un aperçu complet de la structure du (corps de)
bâtiment. Pour la lisibilité, cette axonométrie sera éclatée verticalement par étage, les éléments
verticaux étant "collés" aux éléments horizontaux qu'ils supportent. Idéalement, cette

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Plan filaire 2020-2021

axonométrie est vue du bas, de manière que les dalles ne masquent pas les éléments qui les
soutiennent.

5.10. Disposer le contreventement


L'axonométrie est l'occasion aussi de représenter le contreventement, en distinguant les deux
directions perpendiculaires possibles (par exemple en utilisant une couleur différente suivant la
direction de reprise). On veillera à ce qu'il soit présent en quantité suffisante dans les plans,
correctement disposé en plan, et continu verticalement de haut en bas, jusqu'aux fondations.
Enfin, on peut vérifier si les murs laissés dans le plan filaire bien qu'inutiles pour reprendre les
charges verticales, sont exploités ou non dans ce contreventement. Si pas, ils deviennent
définitivement de simples cloisons (éventuellement acoustiques), et sont donc à ôter du plan
filaire.

5.11. Exploiter le résultat pour la suite de la conception


On peut à présent reporter les informations ainsi acquises (tous éléments structuraux et leurs
épaisseurs indicatives) sur les coupes et plans du bâtiment (dans les plans : poutres en
pointillés). Cela permet de vérifier une dernière fois qu'il n'y a pas de contre-indication avec
l'usage ou l'expression architecturale.
Exemple : projet d'une habitation à Prunode (4AD, s.d.).

Figure 5.11.1.v
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Plan filaire 2020-2021

6. Plus loin : le plan de structure

6.1. Principe
L'objectif du plan de structure est de représenter les mêmes choses que le plan filaire, avec les
mêmes conventions, mais cette fois de manière non plus schématique mais détaillée ; c'est-à-
dire qu'à présent les épaisseurs des éléments structuraux sont intégrées. Autre différence : on
inclut cette fois les escaliers, de manière à bien faire figurer l'ensemble des éléments
structuraux.
À la base, ce type de plan est établi par l'ingénieur, qui a justement pris en charge, via le
dimensionnement, la détermination de ces épaisseurs exactes, et cela en vue de la phase de
soumission. Mais il est également utile que l'architecte en trace lui-même une première version,
sur base du prédimensionnement qu'il aura établi, cela en tant qu'étape intermédiaire avant le
retour, mentionné au point 5.11 plus haut, aux plans d'architecture, où l'on insère la structure
ainsi précisée (notamment les poutres, en pointillés). Enfin, il est utile que l'architecte soit en
mesure de comprendre un plan de structure, afin de pouvoir dialoguer aisément avec son
ingénieur.

6.2. Conventions
Elles sont essentiellement les mêmes que pour le plan filaire. Notamment, les axes restent bien
centrés sur la structure, et non sur les murs à présent représentés avec leur épaisseur.
Les codes de dessin restent les
mêmes qu’en architecture : trait coupe
épais et hachures si coupé, fin si
vu, tillé si caché, etc. – en se
rappelant qu'on imagine qu'on
regarde du bas vers le haut ! Un
plan de
exemple est représenté ci-contre.
structure

Figure 6.2.1.vi

Cependant, on relève quelques spécificités propres au plan de structure :


- en plus des dimensions secondaires des éléments structuraux, on indiquera également leur
matériau, ainsi que le mode de mise en œuvre de celui-ci : CLT, maçonnerie, ossature bois,

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Plan filaire 2020-2021

hourdis (béton, CLT), gitage (bois), poutrains-claveaux, béton coulé sur place ou préfabriqué,
éléments bois assemblés sur place ou préfabriqués, etc. Ces informations se communiquent à
l'aide de codes graphiques ; un exemple est donné ci-dessous.
- le plan structural est éventuellement superposé au plan
d'architecture de l'étage supérieur, en grisé ;
- dans la dénomination des différents plans, on utilise
cette fois systématiquement l'appellation "couvrant" ou
"haut du xe étage".

Exemple de plan de structure au brouillon (il manque les


axes) : voir ci-dessous.

Figure 6.2.2.vii

Figure 6.2.3.viii

Exemple de plan de structure mis au propre, avec explications : voir page suivante. Remarquer

Th. VILQUIN @ ULB Architecture 30


Plan filaire 2020-2021

l'usage de diagonales en traitillés pour apporter aux éléments surfaciques (ici des dalles, mais
c'est également valable pour les murs dans les coupes : cf. fig. 6.2.6. plus loin) les informations
relatives à leur matériau et leur épaisseur. Remarque : dans cet exemple, les lignes verticales
régulières représentent les hourdis (et ne seraient peut-être pas indispensables dans un premier
plan de structure établi par l'architecte).

Figures 6.2.4.ix

Autre exemple de plan de structure mis au propre : voir page suivante.

Les plans de structure sont complétés par des coupes structurales, ainsi que des détails à une
échelle plus petite ; pour ces derniers, bien préciser si on se trouve en plan ou en coupe, pour

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Plan filaire 2020-2021

éviter toute confusion. Exemples : voir pages d'après.

Figure 6.2.5.x

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Plan filaire 2020-2021

Figure 6.2.6.xi

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Plan filaire 2020-2021

Figures 6.2.7.xii

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Plan filaire 2020-2021

Table des matières

1. Généralités .............................................................................................................................. 1
2. Enjeux..................................................................................................................................... 1
2.1. Généralités ....................................................................................................................... 1
2.2. Une structure incomplète ................................................................................................ 1
2.3. Une structure redondante ................................................................................................ 2
2.4. Une non-superposition des éléments verticaux ............................................................... 2
2.5. Conclusion ....................................................................................................................... 5
3. Principe................................................................................................................................... 6
4. Conventions graphiques ....................................................................................................... 10
4.1. Généralités ..................................................................................................................... 10
4.2. Éléments structuraux ..................................................................................................... 10
4.3. Sens de portée des praticables ....................................................................................... 10
4.4. Plans verticaux particuliers ........................................................................................... 11
4.5. Exemple synthétique ..................................................................................................... 12
5. Méthode de composition ...................................................................................................... 13
5.1. Généralités ..................................................................................................................... 13
5.2. Base ............................................................................................................................... 13
5.3. Vérifier la superposition des éléments verticaux .......................................................... 15
5.4. Définir les axes .............................................................................................................. 15
5.5. Définir le sens de portée des praticables ....................................................................... 16
5.5.1. Généralités .............................................................................................................. 16
5.5.2. Choix du sens de portée ......................................................................................... 17
5.5.3. Assurer les supports des dalles ............................................................................... 20
5.6. Rationnaliser le plan ...................................................................................................... 24
5.7. Vérifier si les portées des éléments horizontaux sont plausibles .................................. 25
5.8. Toilettage : y a-t-il des éléments inutiles ? .................................................................... 26
5.9. Assembler les différents plans filaires .......................................................................... 27
5.10. Disposer le contreventement ....................................................................................... 28
5.11. Exploiter le résultat pour la suite de la conception ..................................................... 28
6. Plus loin : le plan de structure .............................................................................................. 29
6.1. Principe.......................................................................................................................... 29
6.2. Conventions ................................................................................................................... 29

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Plan filaire 2020-2021

Iconographie

i
https://en.wikipedia.org/wiki/File:Vasnetsov_samolet.jpg, au 14-9-2020.
ii
www.tsb.gc.ca/ENG/rapports-reports/rail/2011/r11d0075/r11d0075.asp, au 16-10-2018.
iii
www.simonleegallery.com/artists/66-matias-faldbakken/installation_shots/image374, au 17-8-2020.
iv
PROVOST Michel, Cours de Fonctionnement des structures, ULB Architecture, automne 2015.
v
Page relative au projet sur le site de l'architecte, www.atelier4d.be/projets/habitation-privee, au 26-10-2020.
vi
Exemples aimablement transmis par ROSSIGNON Alexandre, ingénieur chez Ney, décembre 2019.
vii
Exemples aimablement transmis par ROSSIGNON Alexandre, ingénieur chez Ney, décembre 2019.
viii
NGUYEN Michaël, ingénieur chez JZH, dans un mail du 17-9-2019.
ix
Exemples aimablement transmis par ROSSIGNON Alexandre, ingénieur chez Ney, décembre 2019.
x
NGUYEN Michaël, ingénieur chez JZH, dans un mail du 17-9-2019.
xi
Exemples aimablement transmis par ROSSIGNON Alexandre, ingénieur chez Ney, décembre 2019.
xii
Exemples aimablement transmis par ROSSIGNON Alexandre, ingénieur chez Ney, décembre 2019.
xiii
https://villacavrois.blogspot.com/p/plans.html, au 16-10-2018.

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REPRENDRE UNE CHARGE LINÉIQUE LONGITUDINALE

1. Introduction
Nous arrivons ici sur la morphologie bien connue du mur porteur1. Remarquons cependant
d'emblée que théoriquement, il est également possible de reprendre une charge linéique non pas
en compression comme avec le mur, mais en traction, à l'aide d'une membrane verticale – tout
comme une charge verticale ponctuelle peut être reprise par une colonne ou par une suspente.
Exemple : projet étudiant "Cocoon" (Tanya
Shukstelinsky, 2013).

Figures 1.1.i

Mais un tel élément n'existe pratiquement pas, sans doute par suite de la trop faible résistance
présentée par les matériaux économiquement envisageables. Ce cas ne sera donc pas traité ici.

Comme pour les colonnes, le problème principal des murs est le flambement. Cela mène à
essayer de renforcer la résistance en flexion de la section transversale du mur, principalement

1
Angl. : (load)bearing wall.

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en travaillant la forme de celle-ci. Ensuite, un allègement supplémentaire peut être obtenu en


évidant le mur en élévation (si cela reste compatible avec sa fonction architecturale). Enfin, ces
deux stratégies peuvent être combinées entre elles.
Mais voyons d'abord quelques préliminaires.

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2. Préliminaires

2.1. Généralités
Nous soulignerons la distinction entre mur et voile, comparerons le recours aux murs à celui
aux colonnes, et rappellerons succinctement les matériaux et technologies applicables.

2.2. Mur ou voile ?


Ce n'est pas parce que l'on se trouve face à une surface verticale solide qu'il s'agit
nécessairement d'un mur travaillant en compression. En effet, il peut s'agir également de :
- un voile contre terre, soumis à une charge non pas longitudinale mais transversale ; celui-ci
travaille donc plutôt comme un praticable, qui aurait été pivoté à 90° pour l'amener à la
verticale ;
- un voile proprement dit, qui franchit une portée à l'étage inférieur au lieu d'être appuyé tout
au long de sa trace en pied, comme un mur l'est. Par conséquent, un voile est soumis non pas
à compression mais à flexion, puisqu'il y a un décalage horizontal entre la charge et les appuis.
Il est assimilable à une poutre qui aurait la hauteur de tout un étage ; on parle d'ailleurs parfois
de "poutre-cloison".

2.3. Des murs ou une ossature ?


On a parfois le choix, dans un projet, entre recourir à un système porteur composé de murs avec
celui de poteaux combinés à une enveloppe2. Comparons-les de manière générale, les avantages
de l'un étant les inconvénients de l'autre (voir page suivante).
En résumé, les murs remplissent une triple fonction : supporter, contreventer et cloisonner
l’espace. Pas mal pour une morphologie qui semble si basique…

2
On peut nuancer cette opposition entre les deux systèmes en relevant qu'avec les contraintes actuelles en termes
d'isolation thermique, acoustique, anti-feu, etc., une construction en ossature devient très relative, vu l'épaisseur
des parois qu'il faut rajouter. L'architecte suisse Andrea Deplazes parle dès lors de "système mixte" (DEPLAZES
Andrea, Construire l'architecture du matériau brut à l'édifice, un manuel, éd. Birkhäuser, 2008).

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champ avantages des poteaux avantages des murs


Permet plus facilement, le cas échéant, de s'adapter à un
support non horizontal (ex. : pente de sol pour l'écoulement
des eaux), pour un prix équivalent.
L'espace est plus aisé à transformer par la suite, ce qui rend (quoiqu'un voile puisse également être prévu avec des zones non
configuration
ce système mieux adapté à des surfaces commerciales. ou peu armées, où il sera aisé de réaliser des percements à
l'avenir)
Les percements dans les surfaces verticales (pour portes, Participe au cloisonnement architectural.
fenêtres) sont aisés à réaliser.
(À l'inverse, un ensemble de poteaux doit soit recourir au Peut contribuer aisément au contreventement, car on peut y
principe des nœuds encastrés, ce qui représente le système présumer l'existence de "diagonales résistantes" noyées dans la
contreventement
le moins efficace, soit nécessiter l'adjonction d'éléments masse (morphologie de type "diaphragme").
dédiés spécifiquement au contreventement).
(L'isolation thermique et acoustique doit être apportée par Apporte de l'isolation acoustique et de l'inertie thermique par sa
ailleurs, mais est aisée à insérer entre les colonnes.) masse, ce qui est apprécié notamment pour des logements, tant
physique du pour les murs intérieurs que pour des éléments de façades. C'est
bâtiment Morphologie facile à ventiler (pour éviter la condensation),
aussi intéressant notamment dans un climat chaud et sec.
ce qui la rend intéressante notamment dans un climat chaud
et humide.

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2.4. Matériaux et technologies

2.4.1. Généralités
Les colonnes, en requérant de leur matériau constitutif principalement une résistance à la
compression et accessoirement une certaine résistance à la flexion, pouvaient déjà être réalisées
dans un plus grand nombre de matériaux que les poutres, majoritairement soumises à flexion,
elles. À leur suite, les murs présentent de plus la particularité de répartir la charge transmise sur
une surface nettement plus importante que des pieds de colonnes ; la contrainte engendrée y est
donc significativement plus faible que dans des colonnes. Cela élargit encore l'éventail des
matériaux envisageables pour les réaliser ; par exemple la terre crue et le verre. Historiquement,
cela s'est marqué par le fait que l'arrivée de matériaux plus résistants a permis de passer à grande
échelle de murs à des colonnes dans des bâtiments courants. Par exemple : "Dans le projet
d'agrandissement du Königliche[s] Gewerbeinstitut à Berlin, que Schinkel réalise [1e moitié du
19e s.] en collaboration avec Beuth, il propose de remplacer tous les murs portants intérieurs
par une trame régulière de poteaux en fonte, en suivant le modèle des usines anglaises qu'il a
étudiées lors de son voyage en Angleterre en 1826."3 Plus tard, on connaît une évolution
similaire pour le béton, qui aboutit au système Domino du Corbusier, dépourvu de murs
porteurs.

Passons les différents matériaux envisageables en revue4. Nous commencerons par les
classiques terre cuite, pierre et béton, avant de passer à des alternatives plus récentes ; celles-ci
se tournent vers le low-tech (terre crue) ou au contraire vers le high-tech (CLT, verre).
Remarque : l'acier est absent de cette liste. En effet, sa haute résistance mènerait à des sections
très fines, fort exposées au voilement (pensons par exemple aux parois des containers
maritimes, qui doivent être ondulées – cf. plus loin pour cette technique) et peu isolantes, ce
qui en fait une option a priori peu favorable en architecture
Pour chaque matériau, la mise en œuvre peut consister en l'assemblage de petits éléments pour
réaliser un mur homogène, ou en la production directe d'un élément surfacique.

3
HAURI Raya, "Les colonnes selon Schinkel", in (Gargiani, 2008), p. 223.
4
Cette présentation ne se veut qu'un rappel rapide ; pour un aperçu plus complet, nous renvoyons à la série de
cours "Matériaux et construction".

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2.4.2. Terre cuite


Seulement par assemblage : briques maçonnées. On peut y assimiler les blocs en silico-calcaire5
et la pierre – une des techniques les plus anciennes : on retrouve déjà des murs en pierre dès
10.000 avant J.C. en Syrie et en Palestine6.
Néanmoins, en termes de production directe, on peut tout de même relever la préfabrication
d'éléments de façade en briques dans le chai Gantenbein à Fläsch en Suisse (Bearth & Deplazes
Architekten, Gramazio & Kohler7, 2006) (voir aussi photo page suivante).

Figure 2.4.2.1.ii

2.4.3. Béton
Assemblage : parpaings.
Production directe : béton coulé sur place ou semi-préfabriqué (pré-murs).

5
Par exemple www.xella.be/fr/produits-silka.php.
6
WIRINGER Frédéric, Technologie des matériaux et de la construction, syllabus ULB, Bruxelles, 2017, p. 114.
7
http://gramaziokohler.com/web/e/projekte/52.html, www.archdaily.com/260612/winery-gantenbein-gramazio-
kohler-bearth-deplazes-architekten.

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Figure 2.4.2.2.iii

2.4.4. Terre crue


Assemblage : adobes, briques de terre comprimée.
Production directe : pisé (éventuellement préfabriqué, sous forme de grands éléments8), bauge.
Exemple : maison de Martin Rauch à Schlins (Autriche) en pisé (2008).

Figure 2.4.4.1.iv

8
www.lehmtonerde.at/en/projects/project.php?pID=87.

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2.4.5. Bois
Assemblage : ossature légère, bois massif empilé, torchis (combinaison avec de la terre crue),
système PailleTech9 (combinaison avec de la paille et de l'argile), bois cordé.
Exemple : ancien bâtiment agricole en torchis, remonté au domaine de Bokrijk.

Figure 2.4.5.1.v

Production directe : voile en CLT.


Remarque : le poids linéaire important du CLT, vu sa massivité, devrait le réserver pour des
applications particulièrement exigeantes, telles que des poutres-cloisons, des murs devant
résister longtemps au feu ou encore des bâtiments de 5 étages ou plus.

2.4.6. Verre
Assemblage : les bouteilles de verre maçonnées.
Remarque : on pourrait penser aux briques de verre, mais celles-ci ne sont pas porteuses.
Production directe : plaques de verre.

9
www.pailletech.be/services/prefabs.

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Exemple en design : vitrine pour l'exposition


"Louis Kahn, The Power of Architecture" au
Nederlands ArchitectuurInstituut à
Rotterdam (2012). Les poutres qui
soutiennent la face supérieure s'appuient en
haut des faces latérales.

Figure 2.4.6.1.vi
Autant la face supérieure en flexion a besoin d'un support supplémentaire, soit une structure
primaire (plutôt que de s'épaissir démesurément), autant les faces verticales sont capables de
reprendre en compression la charge ponctuelle de l'extrémité des poutres de soutien et de la
diffuser jusqu'à leur ligne d'appui.

Exemple en architecture : temple de l'Amour


en Bourgogne (Dirk Jan Postel10, 2001).

Figure 2.4.6.2.vii

On peut rapprocher du verre un autre matériau, le plexiglas (plus exactement le


polyméthacrylate de métyle, en abrégé PMMA), plus isolant thermiquement, et productible en
grandes longueurs.
Exemple : "Hiroshima Hut"11 (Suppose Design Office, 2014) (voir photo page suivante).

10
https://web.archive.org/web/20100507031110/http://www.dirkjanpostel.nl/nl/projects/architectuur/projects/te
mple_de_l_amour_ii, www.kraaijvanger.nl/nl/projecten/temple-de-lamour.
11
www.suppose.jp/works/2014/11/post-164_e.html, www.archdaily.com/779568/hiroshima-hut-suppose-design-
office.

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Figure 2.4.6.3.viii

2.4.7. Autres matériaux


Assemblage : de nombreux éléments sont capables de reprendre de la compression et peuvent
être maçonnées (au ciment, au ciment-colle, au mortier de chaux, au mortier d'argile) ou
superposés ensemble :
- bouteilles en plastique remplies d'air et scellées (un exemple d'enveloppe en traction retenant
un remplissage résistant en compression, cf. ce concept vu pour les colonnes), maçonnées ou
insérées dans une gangue de terre ;
- blocs en plastique (recyclé) ;
- "des bidons en tôle remplis d’argile ou de limon adéquatement compacté pour en assurer la
stabilité élastique forment des murs très performants, entre autres en matière d’inertie
thermique, dans les déserts continentaux chauds. L’empaquetage d’agrégats12 dans des treillis,
comme pour les gabions, […] sont aussi des systèmes qui restent à développer pour de
nombreuses structures habitables."13.
- bottes de pailles14, assemblées selon la technique dite "Nebraska".
Exemple : maison EFH à Mergoscia en Suisse (Schmidt, 2018).

12
Éventuellement issus de structures en béton démolies.
13
SAMYN Philippe, "Structures innovatrices ?", annexe aux annales de la 4e European Conference on Steel and
Composite Structures Eurosteel, Maastricht, 2005.
14
Voir par exemple le Réseau français de construction en paille (rfcp.fr).

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Figure 2.4.7.1.ix

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Murs 2019-2020

3. Travail de la forme de la section transversale

3.1. Généralités
Les surfaces soumises à compression longitudinale se déforment. On appelle ce phénomène le
voilement. Il s'agit en fait du même genre de phénomène que le flambement, soit une déviation
transversale d'élément soumis à compression, mais auquel on a donné un autre nom pour le
distinguer de ce qui se passe pour les colonnes, éléments linéiques et non surfaciques.

Figure 3.1.1.x Figure 3.1.2.xi

Par exemple, ce phénomène est mis à profit


dans les étuis à CD en carton : on doit presser
longitudinalement pour faire s'écarter
transversalement les deux faces, et ainsi
pouvoir accéder au CD.

Figure 3.1.3.xii

Comme pour les colonnes, ce phénomène est déterminant dans le dimensionnement et donc la
conception des murs. De même, la lutte contre le voilement passe principalement par un travail
sur la forme de la section transversale (au sens de : s'écarter d'une section rectangulaire pleine),
visant à augmenter sa rigidité face à la flexion. Ce travail, consistant en la création de vides
dans la section transversale, peut mener à des profils de section ouverte ou fermée.
Remarque : ce chapitre peut parfois être confondu avec la problématique du contreventement,
car dans les deux cas on considère l'application d'une charge horizontale sur le mur. Cependant,

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Murs 2019-2020

il convient de comprendre que l'on considère en fait des charges différentes :


- dans le voilement, la force est d'origine parasite : elle dérive de charges verticales (le poids du
toit qui s'exerce au sommet des murs, le poids propre des murs), et est perpendiculaire au
mur ;
- en contreventement, l'effort est "nativement" horizontal (vent, séisme), et aligné sur le mur. Il
est aussi généralement plus intense.
Ces différences de direction et d'échelle mènent à des moyens de lutte distincts pour ces deux
phénomènes.

Remarque : le travail de profilage de la section du mur, qui va lui permettre d'être plus léger
tout en reprenant la charge verticale prescrite, va en revanche lui faire perdre des points sur les
plans de l'isolation acoustique et de l'inertie thermique, alors que ce sont des performances
souvent requises pour un mur (par exemple dans le cas d'un logement). Le cas échéant, il faut
veiller à combiner ces différentes exigences.

3.2. Profils fermés


Le principe consiste à inclure dans la section des perforations verticales, pour enlever de la
matière là où elle n'est pas utile pour le voilement et au contraire concentrer la matière sur les
2 faces du mur, quitte si nécessaire à augmenter son épaisseur totale.
Sur le plan technique, un avantage également est que l'on peut faire passer dans les cavités
gaines, tuyaux, conduits et câbles pour le chauffage, l’électricité et la plomberie, ou remplir
d'isolant thermique. Cela peut compenser l'augmentation d'épaisseur susdite.
La mise en œuvre de ce principe se décline dans les différents matériaux :

matériau mise en forme


Exemple : blocs allégé et creux de la firme Seac.

béton

Figure 3.2.1.xiii Figure 3.2.2.xiv

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Exemple : gamme Porotherm par


Wienerberger.
Voir aussi par exemple
brique15
www.briques.org.

Figure 3.2.3.xv
Exemple : blocs à coller légers de la
marque Silka.

silico-calcaire
(Silka)

Figure 3.2.4.xvi

Exemple : nouvelle presse à BTC machine d'Oskam16.

terre crue

Figures 3.2.5.xvii

Remarque : contrairement aux apparences, le système d'ossature légère en bois ne ressort pas
de cette morphologie, car les panneaux de part et d'autre du mur servent uniquement à combattre
le contreventement (et le flambement des montants) ; ils n'ont pas de fonction porteuse, celle-
ci étant entièrement dévolue à la série de "colonnes". On peut le voir dans la photo de chantier
suivante : la deuxième paroi n'a pas encore été mise en place, car l'isolant manque encore, et
pourtant le système tient déjà debout. Nous sommes bien face à un ensemble de colonnes.

15
En néerlandais, on parle de système snelbouw.
16
www.oskam-vf.com/persmachines%20-compressed%20earth%20block%20machines.html.

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Figure 3.2.6.xviii

À l'inverse, dans le théâtre de Vidy17 à Lausanne (Yves Weinand, 2017), on trouve bien un
système de panneau sandwich pour composer une géométrie plissée : 2 plaques de CLT de hêtre
de 45 mm d'épaisseur sont séparées par 21 cm d'isolant thermique mais toujours liaisonnées
entre elles, constituant bien un profil fermé.

Figure 3.2.7.xix Figure 3.2.8.xx

Enfin, comme on l'a vu pour les éléments de dalle, l'impression 3D de composites type béton

17
www.epfl.ch/labs/ibois/wp-content/uploads/2019/01/vidy_plaquette_pavillon.pdf.

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ouvre la voie à de nouveaux profilés fermés.


Exemple : Gaia House à Massa Lombardo (Wasp, 2018), en terre et déchets agricoles de
riziculture (on peut faire le lien avec la pratique antérieure de Fabrizio Carola). Dans ce cas le
mur n'est qu'auto-portant (des colonnes soutiennent le toit), mais ce principe pourrait être
appliqué pour une structure porteuse.

Les vides sont remplis de balle de riz pour


l'isolation thermique.

Figure 3.2.9.xxi Figure 3.2.10.xxii

3.3. Profils ouverts

3.3.1. Généralités
Illustration : une feuille de papier est impossible à faire tenir sur sa tranche sous le simple effet
de son poids propre, même en l'absence de courant d'air. En revanche, si par exemple on la plie,
cela fonctionne, alors que la charge (poids propre) n'a pas changé.

Figures 3.3.1.1.xxiii

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Créer un profil ouvert pour un mur peut se faire de deux manières :


- ajouter à un mur rectiligne des contreforts ou redents, soit des côtes épaissies disposées à
intervalles réguliers ;
- adopter pour le mur un profil en plan non-rectiligne : courbes, angles, plis, etc. – ce qui a
également pour effet, d'une certaine manière, d'"écarter la matière du centre" :

Figures 3.3.1.2.

Dans les deux cas, cela augmente la hauteur structurale du mur dans le plan horizontal, et par
conséquent la résistance à la flexion dans ce même plan (exactement comme on le fait pour un
toit plat pour résister à la flexion dans le plan vertical, par exemple). Cela permet de diminuer
la contrainte engendrée, donc l'épaisseur qu'il faut donner au mur, donc son poids.

Remarque : on pourrait relever qu'un tel travail géométrique allonge la trace du mur par rapport
à un rectiligne. On pourrait se demander si, même en tenant compte de l'amincissement de la
section obtenu, cela ne mène pas pour finir à un volume, et donc une consommation de matière,
plus élevé. Heureusement, le profil non rectiligne est si efficace que le bilan reste positif. Il y a
aussi le fait que l'allongement de la trace entraîne un étalement de la charge linéique sur une
plus longue ligne, et donc une diminution de la contrainte, ce qui réduit encore l'épaisseur de
mur nécessaire.

Explorons ces deux voies.

3.3.2. Contreforts et redents


Exemple dans le domaine de la sculpture : Exemple : église d'Agnos (XIXe s.). Elle
"Guillotine pour huit", un des "Stabiles" comprend un clocher-mur, élément souvent
d'Alexander Calder (1963), au Musée d'art rigidifié par des redents.
moderne, contemporain et brut de Lille. Les

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plats métalliques sont raidis par des ailettes en


contrefort, qui participent également bien sûr
de la plastique de l'objet.

Figure 3.3.2.1.xxiv Figure 3.3.2.2.xxv

3.3.3. Profil en plan non rectiligne

3.3.3.1. Généralités
En termes de modalités, l'écartement par rapport à la trace rectiligne peut se faire de plusieurs
manières.
Soit en version courbe : courbe simple, ou, par répétition, ondulation (alternance de courbes et
de contre-courbes).
Exemple en design : table "Tablecloth" (Bart Lens), en PMMA (voir photo page suivante).
Ou en version anguleuse : plier, ce qui, répété, mène à plisser.
Exemple : une feuille de papier plissée devient capable de supporter des livres (voir photos page
suivante). Remarquer le début de voilement des pans aux extrémités, et l'effet positif de la
multiplication du nombre de plis.

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Figure 3.3.3.1.1.xxviii

Figures 3.3.3.1.2.xxix

Remarque : si le mur considéré est en façade, l'allongement de sa trace en plan se traduit par
une plus grande surface de déperdition thermique, à isoler. Il faut donc vérifier qu'au niveau de
l'économie globale du projet, cette démarche morphologique reste avantageuse.

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Le choix entre ces différentes morphologies de profilé ouvert peut être fortement influencé par
le matériau, dont la technologie permettra plus ou moins aisément de réaliser l'une ou l'autre
forme. Ensuite, ces principes morphologiques peuvent être appliqués de manière uniforme sur
la hauteur du mur, ou de manière variable. Explorons-les.

3.3.3.2. Profil courbé18


Illustration : un emballage de boules de
Noël. La feuille de plastique qui le
compose est assez souple, mais rigidifiée
par sa mise en œuvre sous forme de
cylindre, dont la forme est assurée par le
couvercle.

Figure 3.3.3.2.1.xxx
Exemple dans le domaine du design : "La
petite bibliothèque" (Xavier Lust19, 2011).
Les montants présentent un galbe en plan,
ce qui permet de réduire l'épaisseur de la
tôle nécessaire, et allège le design. Ce
galbe se retrouve par ailleurs dans tout le
meuble : voir les "planches" et les coins
arrondis. Au niveau de l'effet sensible,
d'une part l'absence d'autres pièces telles
que des redents conserve au meuble une
apparence dépouillée, minimaliste,
pratique, et d'autre part les courbures
apportent un côté doux et agréable.

Figure 3.3.3.2.2.xxxi

18
On pourrait aussi penser à l'appellation "cintré", mais celle-ci qui présuppose que le profil était plat au départ et
a été forcé pour qu'il prenne une forme courbe, ce qui y engendre de la précontrainte. On préférera donc le terme
plus générique "profil courbé".
19
www.xavierlust.com.

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Exemple : les tulous de l'ethnie Hakka en Chine (à partir du XVe s.). Il s'agit de logements
collectifs fortifiés, multi-étagés (jusque 5), caractérisés par un plan en anneau (pour le type
yuanlou) et d'épais murs porteurs en terre crue. La forme arrondie contribue également à la
résistance aux séismes.

Figure 3.3.3.2.3.xxxii

Exemple : centre œcuménique (c'est-à-dire interconfessionnel) à Barcelone (Josep Benedito &


Agusti Mateos20, 1992).

Figure 3.3.3.2.4. xxxiii

20
https://rqparquitectura.com/projecte/centre-ecumenic-vila-olimpica.

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Figure 3.3.3.2.5.xxxiv

Identification du parti structural des murs


La morphologie se caractérise par le recours à des murs porteurs à trace
courbe. Le "cintrage" est appliqué ici de manière uniforme sur toute la
hauteur des murs. C'était d'autant plus important de les aider côté voilement
morphologie
qu'ils sont indépendants les uns des autres, au sens où ils ne se touchent pas,
ces interstices générant des failles servant aux accès et à l'éclairage naturel.
Les murs ne pouvaient donc se stabiliser l'un l'autre.
On se trouve probablement face à du béton, même si le revêtement calepiné
matériau
ne permet pas d'en juger directement.
Les murs semblent reliés entre eux par des étages de hauteur normale, mais
d'une part on peut s'attendre tout de même, vu le programme, à une salle de
célébration de hauteur importante, et de plus nous observons sur la gauche
dimensions
un pan de mur qui s'élève librement sur une hauteur équivalente à plusieurs
principales
étages.
D'autre part, le rayon de courbure des murs est de l'ordre de la hauteur du
bâtiment.

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Analyse de la cohérence entre la morphologie et les autres éléments du parti structural


Morphologie et matériau : le béton coulé permet effectivement, moyennant des coffrages
adéquats, de créer de telles formes courbes. On comprend aussi mieux le nombre restreint de
courbures différentes dans le projet, et qu'un même mur présente presque à chaque fois une
courbure constante : cela permet de limiter le nombre de coffrages différents, ce qui coûte moins
cher et est plus simple à gérer sur chantier.
Remarque : c'est l'occasion de relever qu'au niveau du matériau, de telles formes courbes
peuvent vite revenir cher en béton, alors qu'elles restent abordables en CLT.
Morphologie et dimensions principales : les courbures sont limitées, parfois même peu
prononcées (voir la partie droite du plan), mais restent suffisantes pour avoir un effet
rigidificateur sur les murs.

Analyse de la relation entre la morphologie et le parti architectural


Morphologie et programme :
Fonction spirituelle générale :
À la base, déjà le fait d'opter pour des murs permet d'isoler l'intérieur du bâtiment du monde
extérieur, pour favoriser l'introspection (intimisation, isolation envers l'activité extérieure,
diminution de l'intensité lumineuse).
Cet effet est renforcé par les traces courbes :
- à l'extérieur : la courbure permet que les murs présentent une épaisseur plus mince que s'ils
avaient été droits, ce qui confère à l'ensemble une certaine légèreté, au sens d'un élan vers le
haut ; c'est cohérent avec le programme.
- à l'intérieur : les courbes créent une atmosphère enveloppante, centripète. De plus, elles
permettent de ne pas recourir à d'autres systèmes de stabilisation qui passent par le rajout
d'autres éléments, comme par exemple des redents. Il en ressort une certaine pureté formelle,
un dépouillement qui encore une fois convient bien à une fonction spirituelle.
Fonction œcuménique :
Les courbes en plan suggèrent la douceur et la concorde, tandis que la composition les
assemblant par paires opposées évoque deux mains rassemblées, ou un cocon. Tout cela
convient bien à la fonction œcuménique du bâtiment.
Morphologie et contexte interne : bien que la photographie ne nous permette pas de distinguer
clairement les autres éléments de la structure, il semble néanmoins que les praticables se
composent de dalles en béton plein d'épaisseur constante, et relèvent donc du même langage
structural que les murs (hormis la courbure transversale, bien sûr).

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Morphologie et contexte externe : par son aspect singulier, ce bâtiment se détache certainement
de son contexte urbain. Il attire ainsi l'attention sur lui, ce qui est cohérent avec sa fonction
publique et sa vocation à rassembler des usagers.

3.3.3.3. Profil ondulé


Exemple illustratif (car non porteur) : les "fruitmuren" aux Pays-Bas, à partir du 18e s. Ils se
basent sur le même principe que les arbres fruitiers palissés sur mur en France (par exemple les
pêches de Montreuil).
Mais les Hollandais pensent à donner au
mur une trace sinueuse, de manière à
pouvoir ne lui donner qu'une brique
d'épaisseur. Ces murs y sont appelés des
"slangenmuren" : des "murs-serpents". De
plus, les creux créent un encore meilleur
micro-climat – utile vu la latitude des Pays-
Bas.
Figure 3.3.3.3.1.xli

Figure 3.3.3.3.2.xlii

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Exemple : Casa da Música à Porto (OMA, 2005) – bien qu'encore une fois, la paroi ondulée ne
soit pas ici porteuse, seulement auto-porteuse. À l'origine, ces parois sont choisies surtout pour
contribuer à la qualité acoustique des salles de concert, bordées du même vitrage. Mais c'est
également repris en façade, où cela sert en plus à reprendre le vent.

Figure 3.3.3.3.3.xliii

Ce système a été repris au Museum aan de Stroom à Anvers (Neutelings-Riedijk, 2011) (voir
photo page suivante). Le chantier montre clairement que le verre n'est pas porteur (ce qui a
généré de grands porte-à-faux, mais qui bénéficient de toute la hauteur d'étage comme hauteur
structurale, profitant de ce que ces salles d'exposition doivent être occultées). L'ondulation sert
donc, statiquement, uniquement à reprendre les forces dues au vent et le voilement sous poids
propre. Par conséquent, il n'était pas besoin d'autres éléments, qui auraient encombré la vue,
tels que des châssis ; ne restent que des joints d'étanchéité et de dilatation verticaux, et des
structures primaires dans les zones de double hauteur.
Morphologie et programme : l'absence d'éléments obstruant la vue correspond bien à une idée
directrice du projet, qui consiste à offrir un nouveau point de vue (public) sur la ville et son port
(y compris pour les Anversois eux-mêmes), spiralant jusqu'en haut et permettant de balayer un
panorama à 360°. C'est particulièrement réussi, puisqu'en dépit de son esthétique très

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contemporaine, le bâtiment a été adopté par les habitants comme nouvel emblème de ce
quartier.
Cette spirale vitrée permet également au musée de devenir la nuit une sorte de belvédère, ce qui
participe de son rayonnement dans la ville.
Enfin, les distorsions locales de la vision dues à l'ondulation créent une expérience qui attire les
visiteurs.
Morphologie et contexte externe :
L'ondulation représente également un écho au
contexte marin (par opposition à un système
classique de redents en verre) vers lequel le
bâtiment projette les visiteurs. Cela fait écho
aux médaillons incrustés dans les parois
opaques, qui reprennent le réseau de voies
d'eau d'Anvers, ainsi qu'au nom même du
musée : "musée au fil de l'eau", "au bord du
cours d'eau" (ici l'embouchure de l'Escaut).
Morphologie et technologie : en revanche, on
peut relever le prix élevé de tels éléments
vitrés cintrés, et l'augmentation de la surface
de déperdition thermique, plus préoccupante
ici qu'à Porto.
Figure 3.3.3.3.4.xliv

À présent, si on considère une application de l'ondulation qui soit variée sur la hauteur, cela
mène généralement à définir une ligne horizontale où l'ondulation est annulée. Cette ligne peut
se trouver au sommet, en pied ou à mi-hauteur du mur. La ou les extrémités ondulée(s)
peu(ven)t être assimilée à un (des) encastrement(s). Comme pour les colonnes, un encastrement
en pied ou en tête améliore déjà grandement la résistance au flambement (ici le voilement), et
un double encastrement représente la rigidification maximale.
Exemple : église du Christ ouvrier à Atlántida (Uruguay) (Eladio Dieste, 1960) (voir photos
page suivante). Ici, la ligne droite se confond avec la base du mur.
Morphologie et programme : l'ondulation rend les murs capables de supporter le toit sans qu'il
y ait besoin d'appuis intermédiaires pour réduire la charge qui tomberait sur les façades ; de tels
appuis intermédiaires dans la nef auraient évidemment été peu pratiques pour le programme

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d'église.

(Le rectangle noir représente la trace au sol.)


Figures 3.3.3.3.5.xlviii

Morphologie et matériau :
Cette combinaison entre ondulation et brique est tout-à-fait positive : en effet, la rigidité
apportée par l'ondulation compense la résistance limitée de la terre cuite pour tout de même

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réaliser des éléments résistants de grande hauteur. Or la brique représentait sans doute un
matériau sensé, par son prix abordable et son origine probablement locale, dans le contexte de
l'Amérique latine des années '60, marqué par des conditions économiques instables. De la
contrainte économique découle ainsi l'ingéniosité structurale, intégrée ensuite à l'expression
architecturale. On peut comparer cette approche au travail d’autres architectes tels que Gaudí
(dont Dieste est l'un des disciples indirects) ou Fabrizio Caròla.
Morphologie et technologie :
Le petit module de la brique permet de construire assez aisément ces courbes complexes
(pensons aussi aux voussettes, par exemple) ‒ de même que les petites ouvertures dans le haut
des murs, qui permettent d'éclairer sans pour autant générer des vues vers l'extérieur, une
fonctionnalité appropriée pour un lieu de culte. Tout cela ne serait pas aisé à fabriquer en béton
coulé, par exemple.
Morphologie et contexte interne : les ondulations des murs font écho à la grande courbe de la
toiture en voûte (construite de plus dans le même matériau, la brique).

Exemple : Nomadic Museum à Mexico City (Simon Velez, 2008). Il s'agit de la plus grande
structure en bambou jamais réalisée. Ici, la ligne droite se trouve en haut du mur.

Figure 3.3.3.3.6.xlix

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Exemple : l'école paroissiale attenante à la


Sagrada Familia à Barcelone (Gaudí, 1909).
Là, la ligne droite se trouve à mi-hauteur, de
sorte que tant la base que le sommet du mur
soit ondulés, en un quinconce de conoïdes
Figure 3.3.3.3.7.l
alternées.
L'ensemble est construit en briques plates, typiques de la Catalogne.

Figure 3.3.3.3.8.li

Morphologie et programme :
- ces murs ondulés confèrent au bâtiment un aspect ludique, en accord avec la fonction d'accueil
d'enfants ;
- les ondulations contribuent à une bonne acoustique, ce qui participe de la qualité de ce lieu
d'enseignement.
Morphologie et matériau / technologie : l'efficacité de la forme permet de la réaliser en un
matériau bon marché mais relativement peu résistant, la brique.
Morphologie et technologie : la morphologie est tellement efficace qu'elle peut être construite
avec la brique posée sur chant… En revanche, on observe une association compliquée aux

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modules des fenêtres, qui, elles, restent planes et ne peuvent donc suivre le mouvement du mur.
Morphologie et contexte interne : exactement la même ondulation alternée et la même
technologie se retrouvent dans la toiture.

3.3.3.4. Profil plissé21


Exemple : église Sainte-Rita à Harelbeke (André Vlieghe, Paul de Meyer et Léon Stynen +
Setesco, 1966) (voir aussi photo page suivante). À l'intérieur, les côtes esquissent des rayons
qui montent vers la prise de vue zénithale, en une métaphore frappante de la fonction du lieu.

Figure 3.3.3.4.1.lii

On peut également penser au théâtre de Vidy, présenté au début du chapitre, où de plus les plis
contribuent à une bonne acoustique pour le lieu.

Ensuite, une application variée sur la hauteur du principe de plissage définit des triangles, qui
rappellent l'origami.
Exemple : salle de conférences / congrès de l'Unesco à Paris (Breuer, Nervi & Zehrfuss, 1953).

21
Angl. : concertinaed wall ("mur en accordéon").

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Figure 3.3.3.4.2.liii Figure 3.3.3.4.3.liv

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4. Allègement du profil longitudinal

4.1. Généralités
Le travail du profil longitudinal peut s'effectuer en évidant le mur transversalement à sa surface,
et/ou en faisant varier son épaisseur sur sa hauteur.

4.2. Évidement en élévation

4.2.1. Généralités
Après avoir travaillé sur l'évidement de la section du mur, on peut à présent envisager celui de
la surface de celui-ci, horizontalement, pour alléger en ôtant de la matière qui n'est pas
indispensable. Autant cela peut être l'occasion de mieux faire circuler la lumière, autant cette
démarche annihile évidemment la fonction de cloison du mur. Si une isolation (thermique,
acoustique) est nécessaire, alors un revêtement supplémentaire devra s'en charger. Mais
contrairement à une ossature, qui travaille en rectangles, ici il est possible de considérer des
ouvertures non orthogonales, de sorte que le mur puisse potentiellement continuer à assurer une
fonction de contreventement.
On peut distinguer suivant que les ouvertures restent ponctuelles dans une surface de mur qui
demeure continue, ou que les ouvertures deviennent si prépondérantes que le "mur" ne se
résume plus qu'à un assemblage de barres rectilignes, comme un treillage.

4.2.2. Ouvertures dans un mur continu


La forme des ouvertures a un impact sur la
résistance du mur : le modèle en papier ci-joint
révèle l'avantage des formes arrondies. Autant
des angles génèrent des concentrations de
contraintes qui peuvent mener à des ruines
locales, autant les formes courbes
accompagnent mieux le flux des contraintes
plie d'ouvertures à les plis ignorent le
vers le bas.
ouvertures tracé des ouvertures
Figure 4.2.2.1.lvi

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4.2.3. Treillages

4.2.3.1. Généralités
Plusieurs schémas de treillage sont possibles. Une distinction importante est de voir si des
triangles restent définis par la structure (diagrids), de sorte que le contreventement puisse être
assuré par le mur, ou non (tessellations diverses).
Architecturalement, cette structure est généralement bien visible et participe pleinement de
l'expression du projet.

4.2.3.2. Diagrids22
Les ouvertures peuvent esquisser des droites qui vont de haut en bas, comme un assemblage de
colonnes croisées. On parle alors de diagrids, abréviation de diagonal grid23. La combinaison
avec des horizontales (par exemple la connexion à un plancher) permet de définir des triangles,
et donc cette morphologie peut demeurer contreventante.
Exemple : la yourte mongole traditionnelle.

Figure 4.2.3.2.1.lvii

Exemple : gymnase Blériot à Marignane (France) (Christophe Gullizi24, 2006) (voir photo page
suivante).

22
Références : COPPENOLLE Violaine & DIESENS Joëlle, L'usage de la typologie en réseau – Quand la peau se
veut structure, travail ISACF La Cambre, Bruxelles, 2006 ; ROELOFS Rick B. & VAN HERWIJNEN F., "Diagrids:
optimalisatie van gevelbuizen met diagonale kolommen", Bouwen met Staal, n° 207, février 2009.
23
En anglais, on parle également de trussed façade.
24
www.gulizzi.com/gymnase-bleriot.

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Le treillage définit une maille losangique carrée


à 45° et est composé de tubes d'acier. "Une
moitié des montants est réalisée en profil d'un
seul tenant de haut en bas, reprenant les flexions
locales et logeant les descentes d'eaux pluviales.
Ces montants reposent sur des appuis glissants,
cinq par façade, pour absorber les dilatations.
[…] Pour réduire les contraintes sur les tubes et
les nœuds, seuls les deux montants centraux
lviii
Figure 4.2.3.2.2.
sont soudés sur leur base, les autres reposant sur
des appuis glissants. […]
Les autres montants [ceux non continus] sont constitués de tronçons soudés de 2 mètres de long
qui ne travaillent qu'en compression."25 Le voilement, lui, est combattu par la résistance en
flexion des montants.
Morphologie et programme : cette morphologie de mur évidé était ici utile pour apporter de
l'éclairage naturel depuis les deux plus longues façades, tout en continuant à porter le toit dans
la petite largeur. D'autre part, l'aspect du diagrid entraîne un certain dynamisme, qui correspond
bien au programme sportif.
Morphologie et contexte interne : le réseau des façades trouve un écho dans celui au plafond…
mais qui s'avère malheureusement n'être qu'un lattis décoratif et non de la structure.

Une extension de ce principe peut résulter en un diagrid irrégulier.


Exemple : Serpentine Gallery à Londres
(Toyo Ito + Cecil Balmond / Arup, 2002).
Le réseau est généré par un algorithme
(répétition en spirale d'un carré). Les montants
se composent de fers plats, de section
rectangulaire. Cette forme peu favorable
structuralement parlant est rendue ici possible
par la multiplication des montants, qui
restreint la charge que chacun doit reprendre. Figure 4.2.3.2.3.lx

25
CONSTRUIRACIER, Gymnases et salles de sport, coll° Acier 10/50, 2012, p. 20.

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Comme la plupart des mailles ne sont pas triangulaires, le contreventement doit être assuré par
ailleurs ; ici, il se compose d'une série de diaphragmes fermant certaines des mailles, et
contribuant à abriter l'intérieur du pavillon.

4.2.3.3. Tessellations
Le mur peut également être évidé au point de former des mailles suivant un schéma plus ou
moins régulier, mais qui ne définit plus d'obliques qui vont de haut en bas comme des colonnes
inclinées. Dans ce cas, clairement le treillage ne pourrait assurer le contreventement qu'en
recourant à des nœuds encastrés, soit le système le plus lourd. C'est pourquoi on observe
fréquemment un autre système de contreventement, combiné avec le mur ajouré.
Exemple : pavillon à Bruges (Toyo Ito, 2002).
Le grillage est en nid d'abeille, soit des mailles
hexagonales, en aluminium déployé. Le
contreventement est dès lors assuré par
plaques pleines ovales qui parsèment la
structure, fonctionnant en tant que
diaphragmes. Elles sont appelées "îles
flottantes" et servent également à l'ombrage.

Figure 4.2.3.3.1.lxi

4.2.4. Évidement du profil


Le mur peut être aminci vers le haut, puisque
la charge due au poids propre s'accumule vers
le bas. Les ressauts peuvent éventuellement
servir à soutenir les planchers successifs.
Exemple : centre d’interprétation du
patrimoine archéologique à Dehlingen
(Nunc26, 2014).

Figure 4.2.4.1.lxii

26
www.nunc.fr/centre-d-interpretation-du-patrimoine-archeologique-de-Dehlingen-67-169.html.

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Figure 4.2.4.2.lxiii

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5. Combinaisons
Comme toujours, les différentes stratégies de (bonne) conception peuvent être combinées entre
elles.
Exemple : mur en claustra
de l'Antiquité romaine,
qui combine évidement
longitudinal et tracé en
zigzag.

Figure 5.1.lxiv

La combinaison d'évidements transversaux et longitudinaux crée des résilles spatiales, qui


peuvent prendre différentes géométries, mais souvent au détriment de la transparence visuelle.
Exemple : centre national de natation "Water Cube" à Pékin (PTW27 + Arup28, 2008).

Figure 5.2.lxv Figure 5.3.lxvi

27
www.ptw.com.au/ptw_project/watercube-national-swimming-centre.
28
www.arup.com/projects/chinese-national-aquatics-center.

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Le schéma utilisé est la partition de Weaire-Phelan, une structure optimale au sens où, pour un
assemblage de "bulles" de volume identique, elle en minimise la surface. La façade translucide
permet des économies sur l'éclairage et, par effet de serre, pré-chauffe l'atmosphère intérieure.
L'épaisseur notable du mur est mise à profit pour accueillir de l'isolation thermique (coussins
d'ETFE). Sur le plan architectural, l'aspect de "mousse" correspond bien sûr au programme.

Autre mise en œuvre de treillis 3D : le pinwheel grid ("grille en moulin à vent").


Exemple : atrium du Federation Square à Melbourne (Lab Architecture Studio, 1997).

Figure 5.4.lxvii

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6. Bibliographie
MUTTONI Aurelio, L'art des structures – Une introduction au fonctionnement des structures en
architecture, Presses polytechniques et universitaires romandes, Lausanne, 2004.

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iii
www.archdaily.com/260612/winery-gantenbein-gramazio-kohler-bearth-deplazes-
architekten/501f4a3728ba0d0242000054-winery-gantenbein-gramazio-kohler-bearth-deplazes-architekten-
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Photographie personnelle, novembre 2012.
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x
www.bioalaune.com/sites/default/files/styles/actus_bio_detail/public/canette_de_coca-
cola_ecrasee.jpg?itok=vEJ2sDGH, au 7-2-2017.
xi
www.gramme.be/unite9/pmwiki/uploads/Lexique/voilement.s.jpg, au 7-2-2017.
xii
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www.3dwasp.com/en/3d-printed-house-gaia, au 9-10-2019.
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www.dezeen.com/2019/02/27/gaia-wasp-3d-printed-house-biodegradable-video, au 9-10-2019.
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Photographie personnelle à une exposition au Botanique, novembre 2015.
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Photographie personnelle, février 2019.
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Photographie personnelle à une exposition au Botanique, novembre 2015.
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Page relative au projet sur le site web de l'architecte, http://rqparquitectura.com/wp-
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Photographie personnelle.
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www.dezeen.com/2017/08/16/studio-maks-marieke-kums-junya-ishigami-associates-park-vijversburg-
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Article relatif au projet sur Wikiarquitectura.com, https://en.wikiarquitectura.com/building/atlantida-church/,
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www.linternaute.com/savoir/grands-chantiers/06/actualites/images/koolhaas-serpentine-galerie-
londres/diaporama/3.jpg.
Th. VILQUIN @ ULB Architecture 40/41
Murs 2019-2020

lxi
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lxiii
Page relative au projet sur le site de l'architecte, www.nunc.fr/centre-d-interpretation-du-patrimoine-
archeologique-de-Dehlingen-67-169.html, au 26-12-2019.
lxiv
ACOCELLA Alfonso, L'architettura del mattone faccia a vista, éd. Laterconsult, Rome, 1989.
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Page relative au projet sur le site de l'architecte, www.ptw.com.au/ptw_project/watercube-national-swimming-
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lxvi
www.designbuild-network.com/projects/watercube/images/10-watercube.jpg.
lxvii
www.flickr.com/photos/ultrakml/403290304/sizes/o/.

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