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A RENTABILITÉ ÉCONOMIQUE DES
INVESTISSEMENTS
Pour les besoins de son activité, toute entreprise est conduite à réaliser des investissements.

Généralement défini comme une dépense certaine engagée dans le but d’obtenir des recettes futures qu’on
espère supérieures, l’investissement participe au processus de création de valeur de l’entreprise.

Lorsqu’une entreprise envisage de réaliser un investissement, il lui faut évaluer sa rentabilité économique, c’est-
à-dire mesurer le surplus éventuel qu’il dégage. Cette mesure sera faite indépendamment du mode de
financement car le choix des investissements s’effectue toujours dans l’hypothèse d’un financement sur fonds
propres.

 Pour évaluer cette rentabilité économique, il est nécessaire d’identifier et d’évaluer l’ensemble des flux
monétaires générés par l’investissement et, selon le critère retenu, d’accepter ou refuser un projet ou de choisir
entre plusieurs projets possibles. 

Cet investissement présente également un risque qu’il convient de mesurer. La décision d’investir comporte
donc un double enjeu défini par la création de valeur et le risque attaché au projet.

I. les flux générés par un investissement

II. l’analyse de la rentabilité d’un investissement

III. le choix entre plusieurs projets

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I. les flux générés par un investissement
1. Les principes

L’évaluation de la rentabilité économique d’un investissement doit se faire indépendamment des


modalités de financement de l’investissement.

En effet, il s’agit de mesurer les flux provenant d’un investissement dans le but d’évaluer sa rentabilité
économique, c’est-à-dire son efficacité qui est indépendante de l’origine des capitaux investis dans le
projet. Il convient donc d’exclure les flux du financement de l’investissement.

L’étude de la rentabilité économique d’un projet repose sur la comparaison entre le capital investi et
l’ensemble des flux de trésorerie générés par ce projet. Ces flux se composent comme suit :

2. Analyse des principes et conséquences


2.1. Les flux de trésorerie

La rentabilité économique d’un projet repose sur la comparaison des éléments suivants qu’il faut
déterminer :

– le montant du capital investi ; 

– le montant des flux nets de trésorerie générés par l’exploitation du projet ;

– la valeur résiduelle du projet

–le montant des flux nets de trésorerie du projet  

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Leur détermination appelle les remarques ou précisions suivantes :

Remarque :

La mise en place de l’investissement occasionne aussi des dépenses liées, par exemple, à l’installation du


matériel ou à la formation de personnel. Ces dépenses induites par la réalisation de l’investissement
doivent être prises en compte dans le montant du capital investi

2.2. La durée de vie du projet

La durée de vie retenue pour l’étude exerce une forte influence sur la rentabilité économique du projet.

Sa détermination peut reposer sur des données techniques (durée de vie probable des immobilisations) et
sur une approche économique faite par l’entreprise.

2.3. La prise en compte des flux

Chaque période de la durée de vie du projet doit prendre en compte les flux monétaires qui lui
correspondent. Ainsi : 

– la dépense d’investissement sera faite lors de la première année ;

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 – les flux nets de trésorerie générés par l’investissement seront réalisés lors de chacune des périodes
suivantes ; 

 la valeur résiduelle sera encaissée lors de la dernière période.


Par simplification, on considère :
 que les flux liés à l’acquisition sont réalisés en début d’année (acquisition, besoin en fonds de
roulement) ;
 que les flux liés à l’exploitation sont supposés se réaliser en fin d’exercice ; 
 que les flux générés par la fin de vie de l’investissement (cession, récupération du besoin en fonds
de roulement d’exploitation) sont générés en fin d’exercice.
 Les flux de début de période seront inscrits en fin de période précédente. Par exemple,
l’investissement qui est effectué en début de 1re période sera placé en fin de période 0.

La rentabilité du projet est étudiée sur cinq ans. Il est possible que le magasin poursuive son activité plus
longtemps, mais M. Bachir estime que la prévision devient totalement aléatoire au-delà de cette durée.

À l’issue des cinq ans, le terrain pourrait être revendu 279 000 Dhs et le magasin aurait une valeur
résiduelle égale à sa valeur comptable nette.

Afin de présenter son projet à M. Grégoire, M. Bachir souhaite évaluer l’ensemble des flux monétaires
générés par ce projet

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 quel est le montant de l’investissement initial ?
 Quels sont les autres flux nets de trésorerie générés par ce projet ?

3. Les flux de trésorerie du projet

À partir des données qui figurent dans l’étude faite par M. Bachir, on peut évaluer les différents flux de
trésorerie du projet.

3.1 L’investissement initial

Il est égal au coût d’acquisition des immobilisations, auquel s’ajoute le besoin en fonds de roulement
d’exploitation nécessaire, soit : 

Terrain : 186 000 

Magasin : 930 000

 Besoin en fonds de roulement : 120 000

 Investissement initial : 1 236 000

3.2 Les flux nets de trésorerie d’exploitation

Ils représentent la différence entre les produits supplémentaires encaissables et les charges
supplémentaires décaissables liés au projet.

 Elle sera calculée comme suit (en milliers de Dhs) :

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Remarque : les flux nets de trésorerie appelés en anglais « cash flows »

II. L’analyse de la rentabilité d’un investissement 

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1. Les principes

Il existe plusieurs critères de choix des investissements. On les définit généralement comme suit :

2. Analyse des principes et conséquences

Pour déterminer la valeur de chacun des critères, il faut procéder comme suit :

2.1 : Exemple : délai de récupération

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Projet A Projet B
Investissement 180 000 DH 220 000 DH
initial
Durée de vie 4 ans 4 ans
Recettes nettes 65 000 DH par an pendant 4 ans 90 000 DH (année 1)
85 000 DH (année 2)
72 000 DH (année 3)
50 000 DH (année 4)

Taux d'actualisation retenu : 12%.

Projet A Délai de récupération Délai de récupération actualisé

Années Recettes Cumul Recettes nettes actualisées Cumul


1 65 000 65 000 65 000 x 1,12 =58036 58 036
2 65 000 130 000 65 000 xl.12; = 51818 109 854
3 65 000 195 000 65 000 x 1,12 = 46 266 156 120
4 65 000 260 000 65 000 x 1.12 = 41 309 197 429

Projet B Délai de récupération Délai de récupération actualisé

Années Recettes Cumul Recettes nettes actualisées Cumul


1 90000 65 000 80375 80375
2 85000 130 000 67761 148118
3 72000 195 000 51248 199366
4 50000 260 000 31776 231142

• Projet A : Sans actualisation, l’investissement est couvert au cours de la troisième année

195 000 > 180 000 > 130 000.

À la fin de la deuxième année, l'entreprise a récupéré 130 000 DH: il reste à calculer le temps nécessaire pour
réaliser une recette nette de 50 000 DH (180 000 - 130 000) au cours de la troisième année. Sachant que la
recette nette annuelle s'élève à 65 000 DH et en supposant qu'elle est linéaire sur l'année considérée, il lui faudra
en

2 ans et (180000-130000/65000)*12 = 2 ans et 9 (Intégralement récupéré)

Avec actualisation à 12%. L’investissement est couvert au cours de la quatrième année.

Délai de récupération actualisé à 12 % :

3 ans et (180000-156120/41309) x 12= 3 ans et 7 mois.

• Projet B ; Délai de récupération  :


2 ans et (220000 - 1 75020/72000*12= 2 ans et 7 mois et demi.

Délai de récupération actualisé à 12 % :


3ans et ( 220000- 199366/ 31776) x 12= 3 ans 8 mois

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2.2 Exemple VAN et TIR :

Soit un projet d’investissement qui présente les caractéristiques suivantes : Capital investi : 10 000 DH Flux nets
de trésorerie générés par le projet : 2 000 DH la première année, 3 000 DH la deuxième année, 4 000 DH la
troisième année, 5 000 DH la quatrième et la cinquième année ; Coût du capital : 10 % On peut représenter les
flux et leur échelonnement dans le temps à l’aide du schéma suivant :

VAN du projet = -10 000 + 2 000*(1,10) –1 +3000*(1,10) –2 +4000*(1,10) –3 +5000* (1,10) –4 +5000*(1,10) –5

VAN = 3 822,45 Dhs

On cherche le TIR, c’est-à-dire le taux x tel que :

10 000 = 2 000*(1 + x) –1 +3000*(1 + x) –2 +4000*(1 + x) –3 +5000*(1 + x) –4 + 5 000 (1 + x) –5

La résolution de ce type d’équation peut être obtenue de plusieurs manières : 

 De façon empirique, en essayant des taux successifs, puis à l’aide d’une interpolation linéaire ;
 À l’aide de fonctions intégrées aux calculatrices ;
 À l’aide d’une application réalisée avec un tableur (Fonction TRI).

Calcul par tâtonnement :

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Lorsqu’on a recours à l’interpolation linéaire, on suppose une relation linéaire entre la VAN des flux et
le taux d’actualisation. L’interpolation linaire introduit donc un biais dans le calcul du TIR et c’est
pourquoi elle doit être utilisé pour un intervalle de taux d’actualisation assez proches du taux
recherché

3.3 Application : L’entreprise Grégoire

M. Bachir a présenté le projet à M. Grégoire. Celui-ci souhaite savoir si l’investissement propose une bonne
rentabilité économique. Habituellement, M. Grégoire considère qu’un projet est rentable s’il rapporte au  moins
12 %. M. Bachir souhaite mettre en œuvre l’ensemble des critères  utilisés couramment. Il a relevé dans les
dossiers que les critères suivants :

 le délai de récupération du capital investi ; 


 la valeur actuelle nette ;
 l’indice de profitabilité ;
 le taux interne de rentabilité.

 Il se propose de les valoriser avant de définir éventuellement celui qu’il  jugera le plus pertinent

Quelle est la valeur de chacun des critères de choix envisagés par le directeur financier ?

Comment analyser, selon chaque critère, la rentabilité du projet ?

2. Étude de la rentabilité du projet

À partir des flux nets de trésorerie dégagés par le projet, soit :

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b) Analyse de la rentabilité du projet

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Si on regroupe les différents critères, on obtient 

Le projet semble acceptable car :


 • l’investissement est récupéré environ 3 ans et 8 mois après avoir investi ;

 • la VAN est positive ; 

• les flux nets de trésorerie représentent environ 146 % du montant investi ; 


• le TIR est supérieur au taux attendu par le décideur (24,3 % > 12 %).

III. Le choix entre plusieurs projets


1. Les principes
Chaque critère présente des points forts et des points faibles :

2. Analyse des principes et conséquences

Chaque critère propose des caractéristiques particulières. Le décideur privilégiera celui ou ceux qui lui
conviennent : 

– un décideur pourra préférer un retour sur investissement le plus rapide possible dans un but de
renouvellement fréquent. Il retiendra plutôt le DRCI ; 

– un autre privilégiera la rentabilité globale du projet (il choisira la VAN) ou un taux de rendement minimal (il
choisira le TIR).

C’est donc le décideur qui définit le critère (ou les critères) qui lui paraît le plus pertinent.

APPLICATION

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L’entreprise Grégoire

1. Projets d’investissement envisagés

Quel est le projet à retenir selon chacun des critères ?

Comment le décideur va-t-il finalement choisir entre les 3 projets ?

2. Le choix de l’entreprise Grégoire

Les projets sont tous rentables. Ils répondent aux objectifs fixés par M. Grégoire (taux de rentabilité de 12 %
minimum). Chacun des projets peut donc être retenu

a) Classement par critère

Les critères donnent des résultats divergents. Il n’y a donc pas un projet à retenir sur l’ensemble des critères.

Le conflit de critères peut ici s’expliquer. En effet, le DRCI est un critère de liquidité qui n’exprime pas les mêmes
objectifs que les critères de rentabilité (VAN, Indice de profitabilité, TIR). Il est donc tout à fait possible qu’ils
suggèrent des décisions différentes.

b) Choix du décideur

Dans le cas présent, l’alternative est claire :

 si le décideur privilégie le retour sur investissement, il choisira le projet A ; 


 s’il privilégie la rentabilité, il choisira le projet C 

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Quelques définitions

1. Le besoin en fonds de roulement d’exploitation :

Son origine se trouve dans les décalages qui peuvent exister dans le cycle d’exploitation.

 Par exemple, si une entreprise commerciale voit son cycle d’exploitation caractérisé par les éléments suivants 

Il apparaît que le cycle d’exploitation fait naître un besoin de financement. De plus, ce besoin est durable dans la
mesure où les conditions de l’exploitation de cette entreprise sont elles-mêmes stables

2. L actualisation :

Le taux d’actualisation est retenu par l'entreprise pour évaluer la rentabilité économique de son investissement
dépendra pour partie du taux moyen de rémunération des capitaux investis dans l'entreprise et pour partie du
risque inhérent à tout investissement matériel.

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